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Leçons sur la Parole de Dieu — Tome I (Leçons I-XII)

Précédées d'une Lettre à S. M. Albert, Roi des Belges. 2ᵉ édition. Texte intégral verbatim (763 pages).

Transcription intégrale et verbatim des 763 pages (Lettre au Roi, Notes de la Lettre, Avant-Propos, Leçons I à XII, Notes, Appendice sur les Sacrements, Annexes A/B/C, Table des matières), assemblée à partir de 24 relevés page à page. Scans absents de la numérisation (sans perte de contenu courant) : liminaires 00006-00010. Les figures et planches sont décrites au point où elles s'insèrent.

[page blanche — scan 00001]

p. (Avis / Errata)

AVIS AU LECTEUR. — On est prié de faire, avant la lecture, les corrections essentielles de nombre indiquées dans le tableau des errata.

ERRATA.

de la Lettre-Préface :

Page [9], avant-dernière ligne, supprimez la virgule après : Tels sont.

Page [26], ligne 9, fermez la parenthèse après : la Chronologie de Manéthon.

Page [29], ligne 18, au lieu de : des membres et de la Chronologie de l'Ecriture, lisez : des nombres, etc.

Page [62], ligne 5 (d'en bas), au lieu de : c'est pas elles, lisez : c'est par elles.

Page [70]), ligne 7, au lieu de : aujour'hui, lisez : aujourd'hui.

Page [82], ligne 10, au lieu de : le Romantisme, lisez : le Romanisme.

des Notes de la Lettre :

Page [139], ligne 2, au lieu de : d'un côté d'un angle donné α n abaisse, lisez : d'un côté d'un angle donné α on abaisse.

Page [139], ligne 4, au lieu de : BC', lisez : B'C'.

Page [139], lignes 14 et 15, au lieu de : BC'/AC', lisez : B'C'/AC'.

Page [139], fig. 3, le triangle ABC' doit être marqué : AB'C'.

Page [140], formule (1), au lieu de : CB = AB × k, lisez : CB = AC × k.

Page [140], ligne 11 (d'en bas), au lieu de : recontre, lisez : rencontre.

Page [142], ligne 5 (d'en bas), de la note, au lieu de : nous signaleorns, lisez : nous signalerons.

Page [147], ligne 12, au lieu de : on n'attend, lisez : ou n'attend.

Page [152], ligne 7, au lieu de : Il leur apaprtient, lisez : Il leur appartient.

Page [174], ligne 15 (d'en bas), au lieu de : celles de Léonistes, lisez : celle des Léonistes.

Page [180], ligne 8, au lieu de : on se révoltait, lisez : on se résolvait.

des Leçons :

Page 64, ligne 7 de la note (1), au lieu de : comme nous le reconnaîtront, lisez : comme nous le reconnaîtrons.

Page 70, ligne 2 de la note, au lieu de : μετρον, lisez : μετρον.

Page 88, ligne 8 (d'en bas), au lieu de : face, lisez : surface.

Page 98, ligne 11, au lieu de : le faut aujourd'hui connaître, lisez : le fait aujourd'hui connaître.

Page 123, ligne 3, au lieu de : conduit l'Ere chrétienne, lisez : conduit à l'Ere chrétienne.

p. (Errata, suite)

Page 150, ligne 2 (d'en bas), au lieu de : celles des Français, lisez : celle des Français.

Page 172, ligne 13 (d'en bas), au lieu de : Echézias, lisez : Ezéchias.

Page 181, ligne 11 (d'en bas), au lieu de : qu'il ne peut agir ici, lisez : qu'il ne se peut agir ici.

Page 209, ligne 7 (d'en bas), ouvrez la parenthèse devant : Reconstruction.

Page 214, fig. 13, au lieu de 316 entre les points b' et b, lisez : 516.

Page 225, ligne 7 (d'en bas), au lieu de : Ca si la Dispersion, lisez : Car si la Dispersion.

Page 226, formule de la ligne 12, au lieu de : 3696 = 7 + 528, lisez : 3696 = 7 × 528.

Page 226, ligne 15, au lieu de : Phophétie, lisez : Prophétie.

Page 241, ligne 9, au lieu de : Deux temps est demi, lisez : Deux temps et demi.

Page 265, ligne 14, fermez la parenthèse après : Semedi, lisez : Samedi.

Page 268, ligne 11 (d'en bas), au lieu de : Semedi, lisez : Samedi.

Page 276, ligne 2, au lieu de : Leurs interprétation, lisez : Leur interprétation.

Page 347, ligne 5, au lieu de : vu le le sujet, lisez : vu le sujet.

Page 351, ligne 5, au lieu de : Ναι ερχομαι ναιχυ, lisez : Ναι ερχομαι ναιχυ.

Page 372, ligne 3, au lieu de : raproche, lisez : rapproche.

Page 391, ligne 10 (d'en bas), au lieu de : tems, lisez : temps.

Page 404, ligne 4, au lieu de : groupes centraux de 44, lisez : groupes centraux de 4.

Page 409, ligne 5, au lieu de : Antipas = 642 + 246 + 888 (avec accolade sur 642 + 246), lisez : Antipas = 642 + 246 = 888.

Page 431, ligne 2, au lieu de : 123 = (Saint Saint Saint) héb. / 10, lisez :

Page 431, dernière ligne, au lieu de : 123 = (Saint Saint Saint) héb. / 10

lisez :

123 = (Saint Saint Saint) héb. / 10

Page 482 : ligne 13, au lieu de : ceui-ci, lisez : celui-ci.

Page 502, ligne 12 (d'en bas), au lieu de : 2180 — 7 = 2173, lisez : 2180 — 7 = 2173.

Page 522, ligne 4 (d'en bas), au lieu de : (Jean XXI, 18) = 14572, lisez : (Jean XXI, 18) = 14572.

Page 554, ligne 3 (d'en bas) de la note (1), au lieu de : 1400 — 777 = 2177, lisez : 1400 + 777 = 2177.

Fig. (scan 00004, half-title). Page de faux-titre : « LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU / PRÉCÉDÉES / D'UNE LETTRE A S. M. ALBERT, ROI DES BELGES ».

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Fig. (scan 00012, page de titre). Page de titre complète :

LEÇONS
SUR
LA PAROLE DE DIEU
PRÉCÉDÉES D'UNE
LETTRE A S. M. ALBERT, ROI DES BELGES
PAR
CH. LAGRANGE
Membre de l'Académie Royale de Belgique,
Professeur émérite de l'École Militaire,
Directeur honoraire à l'Observatoire Royal.
LEÇONS I-XII

La foi vient de ce qu'on entend ; et on entend par la Parole de Dieu.
Rom. x, 17
Docteurs de la Loi, vous avez pris la clef de la Science, vous n'êtes point entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui voulaient le faire.
Luc xi, 52.

2me ÉDITION
OFFICE DE PUBLICITÉ — Anc. Établissem. J. LEBÈGUE & Cie, Éditeurs, Société Coopérative, BRUXELLES  |  GEORGES THONE, Éditeur, LIÉGE

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LETTRE A S. M. ALBERT, ROI DES BELGES

(Titre de section, scan 00014 : « LETTRE / A / S. M. ALBERT, ROI DES BELGES ».)

[page blanche — scan 00015]

p. [7]

SIRE,

1. J'ai publié, au cours des vingt ans qui viennent de s'écouler (en 1893, en 1900), deux ouvrages (1) où se trouvent démontrés par des faits de nombre empruntés à l'Histoire chronolo-

(1) Afin de ne pas encombrer le texte courant de cette Lettre, les Notes indicatrices ou justificatives, d'ailleurs essentielles à connaître, ont été réunies et placées à la fin sous le titre NOTES DE LA LETTRE, en prenant pour argument d'ordre les §§ du texte auxquels elles se rapportent.

p. 8

gique, à la Géodésie, à la Géographie, — soit par des faits scientifiques positifs, indépendants de toute opinion particulière et qui s'imposent comme tels à l'attention de tous, — la valeur de la Bible, Livre mathématique ; et dès lors, par une conséquence certaine dans la nature du sujet, son caractère inspiré.

La portée profonde de cet ensemble de preuves n'est rien moins que la démonstration externe de la vérité du Christianisme, c'est-à-dire de la divinité du Christ, centre de l'Histoire et du Monde. Et cette démonstration de sa mission, c'est celle de l'état actuel de perdition de l'Humanité et de la nécessité du salut personnel.

2. Mes recherches ont été couronnées de succès. Sans doute elles n'étaient faites pour plaire ni à une science négatrice qui ignore l'Ecriture, ni à un Pouvoir spirituel terrestre qui, craignant l'Ecriture, la dérobe aux yeux du peuple, et que les résultats de ces recherches condamnent. Mais d'autres les ont suivies et vérifiées, et des hommes très compétents ont été amenés par elles à la connaissance de Jésus-Christ.

3. L'étude de ces travaux cependant, à raison d'une forme un peu condensée ou parce qu'elle

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fait appel à des données parfois trop spéciales, était mal à la portée de tout le monde. Je m'étais donc proposé d'exposer d'une manière plus accessible l'ensemble de mes résultats dans un Abrégé élémentaire.

Or, en y procédant, dès les premiers pas la question s'est transformée ; un point de vue non envisagé s'est offert, d'une originalité et d'un intérêt propres. La publication actuelle en est l'exposé, et c'est à ce titre qu'il lui est permis de se présenter comme un ouvrage nouveau.

4. Voici en quoi consiste ce point de vue particulier.

Dans les travaux antérieurs, l'argumentation s'étayait, outre la Bible, de données étrangères d'une tout autre nature. Mais n'était-il pas possible en isolant la Bible, de tirer d'elle seule les preuves mathématiques de son inspiration ? En d'autres termes, le simple lecteur du Livre, ne possédant et n'interrogeant que lui, — mais d'ailleurs sous la direction de l'auteur, qui, déjà instruit par une autre voie, lui fait découvrir à mesure dans la Bible ce qui s'y est, — ne pourrait-il recevoir de ce Livre la démonstration de son caractère révélé ?

Tels sont, la question posée et le problème résolu par le présent ouvrage, dont le titre

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« Leçons sur la Parole de Dieu » convient à l'objet que nous venons de définir.

5. Ces Leçons, dont la forme élémentaire, presque exagérée quand il s'agit de mathématiques, ne doit pas surprendre, puisqu'elles sont destinées à l'instruction de tous, proposent, tel qu'il est aujourd'hui entre les mains des Juifs (pour l'Ancien Testament), des Chrétiens (pour le Nouveau Testament), le document, unique dans son contenu, appelé par les Chrétiens la Bible, ou la Parole de Dieu. A ce document elles appliquent une méthode d'examen scientifique externe, et elles laissent à ses caractères systématiques de construction, plus forts que toutes les opinions puisqu'ils en sont indépendants, le soin de porter leurs conclusions.

Le volume actuel constitue la première partie de mon travail. C'est le sujet embrassé et dessiné par ses traits généraux de premier ordre. Vous pourrez juger qu'à eux seuls ces traits sont déjà suffisants pour résoudre notre problème ; ils concernent la constitution de la Bible en tant que recueil de Livres ; ensuite sa Chronologie, où se découvrent des périodes, réglées sur le même principe mathématique, celui du cercle, qui a présidé à la construction astronomique des cieux ; ils mettent après cela en évidence dans

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la Bible, la Loi historique de succession des Peuples chefs qui, au cours de l'Histoire générale, ont servi de conducteurs et de représentants au monde civilisé ; et guidés par cette Loi, ils assignent leur nature et leur rôle aux divers facteurs politiques et religieux qui sont intervenus et qui interviennent encore aujourd'hui dans cette Histoire. Enfin, par les nombres précis que contiennent les Livres prophétiques de l'Ecriture, ces faits généraux devancent le présent, tracent d'une manière unique et d'interprétation sans équivoque, le plan de l'Economie historique de l'Humanité, et déterminent la limite chronologique, relativement rapprochée de nous, de cette Economie. Cette limite, c'est l'époque d'un événement que la Bible annonce à travers toute son étendue : l'Etablissement du Règne du Christ, ou la Seconde Venue du Seigneur.

6. Tout cet ensemble, construit, non à priori, mais, d'une manière analytique et progressive, par la juxtaposition des données brutes du Livre, se trouve à postériori former un tout systématique. Le lecteur se convainc ainsi, par des preuves concordantes et accumulées, que ce tout est intentionnel.

7. Il est vrai que ce système n'est pas d'accord

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avec ce que les errements actuels porteraient à enseigner quant aux origines et aux fins de l'Histoire de l'Humanité ; mais il est ce qu'il est d'après la Bible elle-même et ses Nombres, et il est, avec la Bible, par conséquent avec le Christianisme, à prendre ou à laisser.

C'est précisément dans cette situation de fait et dans cette nécessité de choix qu'il puise toute sa puissance. Il ne s'y agit pas du vain intérêt d'une spéculation arithmétique : la personne du Christ, qui aujourd'hui plus que jamais est le point de concours, et partant de division des esprits, y est engagée. Dans le système mathématique établi par la Bible, il se trouve être en effet le centre et le repère de tout l'ensemble. De même, jusqu'ici, pour tout le monde, apparaissait-il comme le centre de l'Histoire positive.

8. Sous une autre face, soit au simple point de vue didactique et en dehors de toute dogmatique, l'ordre des faits que nous présentons est d'ailleurs de nature à intéresser ceux qui pensent, s'ils y considèrent l'évolution naturelle des applications de la recherche scientifique.

C'est la première fois, semble-t-il, que, dans le développement progressif de cette recherche, une méthode revêtue de la certitude propre à la Mathématique, conduit à la solution de pro-

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blèmes que leur nature paraissait devoir toujours dérober à la science positive. Ces problèmes, aujourd'hui comme depuis les siècles, préoccupent, à des titres qui font pâlir ceux de la spéculation savante, toutes les âmes d'hommes. De quelques semblants qu'ils se paient, jetés dans un Univers qu'ils ne comprennent pas, tous, car tous cherchent, sont mis par leur conscience et la Mort, en présence d'une Justice que cette conscience les contraint de redouter. Le champ de la connaissance vient ici à leur aide ; et vraisemblablement à aucune autre époque notre ordre de preuves ne s'est autant présenté comme nécessaire.

9. Il n'est donc pas inutile d'analyser de plus près la situation.

Ce qu'on appelle aujourd'hui la Science peut se définir : la connaissance des choses mesurables par des moyens externes. C'est sous la préoccupation exclusive de ce point de vue que tant d'esprits cultivés (on peut dire la majorité des hommes instruits de nos jours), ne croient plus à l'acquisition possible d'aucune certitude religieuse, et, vu l'inutilité de l'effort, n'accordent plus, dans cet ordre, aucun intérêt aux tentatives de solution. L'Athéisme serait un autre dogmatisme : ils relèguent donc, pour toute définition,

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la Religion et son problème, dans la région négative de l'Inconnaissable.

10. A côté d'eux et quoique sollicités par cette même influence, des esprits plus humains, et, dans le vrai sens, plus scientifiques, admettent que l'âme humaine, le sentiment du péché, le besoin de justice et d'expiation, sont des objets aussi légitimement accessibles à une observation intégrale que les phénomènes du monde extérieur ; ils sont portés par là à désirer la solution du problème, et leurs sentiments le résument même d'instinct en la personne du Christ ; mais un obstacle invincible les empêche cependant de croire : cette foi au Christ est liée à l'autorité d'un Livre, d'une conception particulière de l'Histoire de l'Humanité, impossible, ils le pensent sincèrement, à accepter comme étant la vérité.

Dans cet état de connaissance, ces esprits, s'ils ont assez de force pour être logiques et de vertu pour être sincères, ne croiront en réalité jamais. En effet, la mission et le caractère du Christ ne nous sont historiquement connus que par le Livre ; et le trait capital, inséparable de sa personne, qui définit ce Christ historique, c'est la sanction solennelle que lui-même ne cesse de formuler à l'égard de l'Autorité entière et abso-

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lue du Livre qui L'annonce. Or, une logique droite n'admettra jamais qu'elle ait ici, pour se libérer, le droit de supprimer telle ou telle partie compromettante d'un document auquel l'Homme qu'elle doit en même temps déclarer reconnaître pour le Fils de Dieu et une Personne de la Sainte Trinité, a ainsi rendu témoignage ; car ce témoignage il l'a rendu non seulement en présentant le Livre comme le fondement de la foi qu'on aurait en lui, mais en y croyant lui-même. Ceux dont nous parlons sont donc bien près de taxer d'hypocrisie une école qui, en proie aux mêmes difficultés intellectuelles qu'eux-mêmes, tout en invoquant la Parole de Dieu en a implicitement honte, la mutile, brûle le corps pour sauver l'âme de la doctrine ; et puisque en somme la sincérité devant Dieu est la première condition de la Religion, ils y réduisent, quant à eux, leur religion, — le regret qu'ils expriment de ne pouvoir croire, dans une Bible erronée, à l'histoire surnaturelle de Jésus-Christ demeurant leur seul acte de foi. Dans l'ordre des tendances dont nous faisons l'analyse, ces logiciens constituent un second terme bien défini.

11. Un troisième est signalé par l'Ecole que leur logique précisément venait de condamner. Ici, des instructeurs poussés par un besoin assez

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vague d'équilibre et de synthèse, prétendent conserver, quand même, et les idées émancipatrices courantes, et l'Ecriture, et Jésus-Christ ; mais ils proposent en réalité, sous le couvert de l'inspiration divine, le produit de leurs propres pensées, et la personne d'un Christ fait à l'image de leur idéal humain. Dans la classification des opinions, ces esprits à compromission, aujourd'hui si nombreux, sont représentés par les tendances de tout ordre du Modernisme et du Protestantisme libéral.

12. Enfin, dans cette classification, à l'extrême droite, — ceci nous transporte dans l'ordre de la Religion comme facteur social, — des hommes se trouvent qui ne regrettent nullement l'absence de preuves externes de l'Autorité de la Bible, suffisantes dans leur précision pour définir et instituer le Christianisme chez les Chrétiens individuels. Ceux-là tirent parti de l'incertitude, d'après eux indélébile, que comporterait cet enseignement propre de l'Ecriture, pour établir la nécessité d'une autorité extérieure humaine, qui, parlant directement de la part de Dieu, se substituerait au Livre de Dieu.

Sans doute, avouent-ils, ce Livre a pendant des siècles enseigné le Peuple Elu ; mais la lecture individuelle en devient désormais inutile,

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même dangereuse, par la contradiction qu'elle pourrait établir dans les esprits entre l'Enseignement écrit de Dieu et l'Enseignement de ses mandataires.

Ne nous arrêtons pas, pour le moment, à constater le manque de logique auquel à son tour est contrainte cette Autorité humaine. Elle est bien obligée de chercher à se légitimer d'abord elle-même en s'appuyant sur le Livre, et, sur ce point prétendu, elle le fait lire avec éclat ; mais ensuite elle le ferme et en défend la lecture pour se substituer à lui. La condition immorale et injustifiée du Salut, qu'elle impose, consiste à la croire désormais sur parole, et à s'abaisser devant elle dans la mesure où elle nous fait craindre la lumière directe de ce qui cependant est la vérité, puisque, de son propre aveu, c'est la Parole de Jésus-Christ.

13. Ainsi, d'une part rejet de l'Écriture au nom de ce qui s'appelle aujourd'hui la Science, de l'autre, étouffement de l'Écriture, et destruction de son influence légitime, par une Autorité humaine qui se substitue à l'Écriture pour parler au nom de Dieu, tels sont les facteurs d'opposition rencontrés sur son chemin par la thèse que nous défendons.

La fortune, en effet, Sire, de notre constatation

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mathématique n'est pas ordinaire. C'est une question de fait arithmétique, sans doute ; mais par la nature même des choses, c'est-à-dire parce que tout son fondement est la Bible, il ne lui est pas loisible de se confiner dans le refuge d'une spéculation purement philosophique. Qu'elle le veuille ou non, cette étude éveille, en sa pleine responsabilité, des puissances qui, les unes bien éloignées des questions religieuses, les autres de l'ordre mathématique, toutes d'une commune hostilité, avouée ou non, à l'Écriture, règnent ou sévissent dans l'état troublé de la société et du monde.

Dans la classification des opinions, ces puissances se définissent convenablement par leurs extrêmes, savoir d'une part par la Science négatrice, de l'autre par la Théocratie.

Nous venons de définir les obstacles ; nous avons maintenant à les approcher, pour les mieux connaître et évaluer nos chances.

14. Envisageons d'abord la Science, au nom de qui nous allons d'emblée rencontrer des contradicteurs.

Il est fort remarquable que ce qui s'y dresse en première ligne soit un élément de résistance qui la rapproche de son terme opposé, ou de la Théocratie proprement dite. Dans cette Science

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s'est glissée en effet, sous la forme populaire d'idées qui sont devenues de véritables dogmes, une Théocratie négative qui exerce sur les esprits l'autorité d'un pontificat. Une foule qui vit aujourd'hui de Science comme autrefois elle vivait, sans plus penser, de Religion, croit en cette Autorité. Sous sa direction, elle s'est persuadée que la Science a, relativement à l'origine de l'homme et à l'évolution de l'Univers, démontré certaines choses, établi définitivement des conceptions libératrices, alors qu'en réalité, les initiés le savent très bien, la Science n'a, sur ces grands sujets rien démontré du tout. Par cet effet de l'instruction, toutes les pensées de cette collectivité sont qu'il n'y a pas de Dieu. Une conception qui, comme la nôtre, prouve la Création, le Gouvernement de Dieu et la réalité étroite du Miracle, n'a d'autre accueil à attendre de ces idées courantes, prises même chez des hommes fort instruits et fort cultivés, que leur dédain pour une quantité négligeable ou leur irritation contre une absurdité.

15. S'il faut renoncer à se faire écouter par ceux qu'entraîne ce mouvement, il n'est cependant peut-être pas impossible de se faire entendre par ceux qui le dirigent ; car (on n'est en disant cela injuste envers personne), il est remarquable

p. 20

que, dans cet ordre, la conviction irréductible est en raison inverse du degré de science véritable. A ceux-là il suffira, croyons-nous, de faire observer que la certitude dogmatique qu'ils attribuent à leurs idées procède d'une déviation en dehors de leur propre méthode, c'est-à-dire de la confusion qu'ils font entre de prétendues certitudes et de simples opinions ; et que, par contre, des idées adverses qu'ils considèrent comme contradictoires à elles-mêmes ou absurdes, par exemple le Surnaturel et le Miracle, sont, au point de vue de la Raison consultée tranquillement, de véritables possibilités rationnelles. Qu'ils nous accordent donc le simple doute scientifique, conscient et équitable ; ce sera l'admission des faits que nous présentons, à leur examen réfléchi, et, vu la puissance de ces faits, cela suffira à notre objet.

16. Si nous gagnons ce premier point, nous pourrons d'ailleurs aller beaucoup plus loin. Une fois en contact avec la Science négatrice, nous découvrirons la fêlure par où s'introduit entre elle et nous, au plus profond, le divorce étonnant des conclusions. Nous disons « au plus profond », car, chose remarquable, peu connue, et qu'il faut attentivement signaler, il n'est nullement nécessaire pour le débat de conception

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doctrinale, de rester ici dans le champ irritant de la Religion, et le désaccord s'accuse tout aussi bien dans la région en apparence plus pacifique, et estimée plus positive, de la science du monde externe. Le même esprit, et les mêmes travers s'ils existent, doivent se manifester dans toutes les applications où ils interviennent; et l'observateur qui fait abandon provisoire du problème religieux, retrouve en effet partout les éléments hostiles qu'il pouvait croire écartés, quand, remontant l'ordre des sciences et envisageant d'une manière concrète leurs principes, il se trouve aux prises dans le milieu actuel, avec, par exemple, la Mathématique ou Science de la Grandeur abstraite, la Géométrie ou Science de l'Espace, la Mécanique ou Science de la Force dans l'Espace et le Temps.

Mais quelle est cette racine universelle de dissension qu'ainsi partout découvre l'application de la Méthode? Elle procède d'un fait capital qu'il nous importe de bien envisager, propre autant à l'ordre purement intellectuel de la Science qu'à l'ordre spirituel de la Révélation, et qui établit entre ces deux ordres, en apparence si différents et si éloignés, un trait profond de correspondance et d'intimité. Ce fait c'est, dans chacun d'eux, d'une part en la Raison, de l'autre en la Parole, l'existence d'une Autorité sans

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appel ; par suite aussi, dans chacun d'eux la rencontre du fini et de l'Infini : c'est-à-dire l'imposition à notre intelligence finie de conséquences, très certaines par l'Autorité sans appel du Maître, et néanmoins incompréhensibles pour nous. Le refus d'asservissement, traduit par une prétention déraisonnable à la compréhension, conduit alors, dans l'ordre intellectuel comme dans l'ordre spirituel, à déformer, amoindrir ou repousser la vérité. Le seul exemple suffirait, pour rester dans le domaine positif de la Science, du rejet qu'on fait aujourd'hui en Mathématique abstraite, de la notion de l'infini et de l'infiniment petit actuel fixe, — non pas seulement en tant qu'idées difficiles, mais à titre d'idées fausses et sans réalité, quoique la Raison fidèlement suivie les impose, et prouve leur validité par le fait concret même des solutions absurdes auxquelles leur réjection conduit. Il en est de même du mouvement d'idées qui, sous le nom de Métagéométrie, s'est constitué depuis environ un siècle pour faire mettre en doute la nature de l'Espace ou la Géométrie, mouvement remarquable par les travaux analytiques auxquels il a donné lieu, mais qui, au point de vue doctrinal, lequel est son objet propre, — et cela par des raisons accessibles à tous, — n'est cependant recevable, on le reconnaîtra, ni au point de vue

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de la méthode ni à celui de la rigueur du raisonnement.

17. L'établissement de ces derniers objets constituerait une digression qui, par la nature un peu spéciale de ses données, romprait ici non l'ordonnance mais la mesure peut-être de nos considérations d'ensemble. Comme, au sujet d'un ouvrage où tout est essentiellement question de fait, il faut néanmoins tenir à honneur de ne rien avancer qu'on ne prouve, j'en ai présenté la discussion dans la partie documentaire et justificative placée à la suite de cette Lettre.

J'estime, Sire, que la lecture de cette partie critique est très utile et ne s'éloigne pas autant qu'il pourrait d'abord le paraître de l'objet précis de mon livre. Elle fait en effet apercevoir qu'une pensée unique s'étend des premiers principes des sciences à la connaissance même de la destinée de l'homme, révélée dans l'Écriture et par le Christianisme, et pénètre tous les domaines de l'esprit humain ; et comprendre ainsi l'influence néfaste que des déviations scientifiques purement intellectuelles exercent, d'une manière réflexe, dans le domaine religieux proprement dit. Ces déviations procèdent en effet d'une tendance de principe à écarter l'homme individuel de la Raison comme Autorité sans appel, ce qui est

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équivalent à l'écarter de la vue directe de Dieu ; et elles constituent par là dans le milieu social une excellente préparation aux autres facteurs de réaction, ceux de la Théocratie, dont nous aurons bientôt à nous occuper.

18. Si, appuyés sur ces revendications de la Méthode, nous supposons écartées les fins de non recevoir de la Science à l'égard de notre thèse de théologie positive, la situation s'éclaircira et le procès apparaîtra relativement aisé.

Nous présentons en effet à cette Science une de ces données qui, d'après elle, seules peuvent servir de fondement à l'établissement d'une vérité, c'est-à-dire non pas une manière de voir, mais un fait externe. Elle aurait donc mauvaise grâce à dédaigner ce qui est de son domaine.

19. Mais, dira-t-on, à ce fait la Science n'en peut-elle opposer d'autres ? Ici l'auteur croit être fondé à dire qu'on ne peut objecter aucun fait adverse d'une autorité comparable. Il est en effet vis-à-vis de ses contradicteurs dans la situation d'un homme qui, à de vaines et divergentes estimations concernant les proportions

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d'un tracé de lignes viendrait opposer l'intangible solidité d'une proposition de géométrie.

Admettons un point de vue purement concret. La question traitée dans cet ouvrage se résume en une loi de développement de la vie de l'Humanité à la surface de la Terre ; et la Science accorde sans aucun doute que, pour le Temps comme pour l'Espace, le milieu où se déroule cette vie de l'Humanité et qui lui sert d'organisme ou de vêtement, est régi par des lois de nombre. Mais quelle connaissance positive possède-t-on aujourd'hui de ces conditions mathématiques ?

A quelque égard cette connaissance est complète quant à l'Espace, puisque la surface du Globe est tout entière connue et la Géographie une Science achevée ; mais qu'est-ce donc que l'on sait quant au Temps, c'est-à-dire en fait de Chronologie ?

Si l'on considère, aux origines, la formation progressive de la surface organisée du Globe, qui a précédé l'apparition de l'Homme, la Géologie établit l'ordre de succession des couches qui la constituent, mais elle ne connaît pas leurs époques ; et la discordance des déterminations individuelles est tellement exagérée qu'on ne peut pas même déduire de leur ensemble l'ordre de grandeur moyen de la durée qui nous en sépare.

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Il en est de même, si l'on envisage ensuite l'Histoire de l'Humanité, pour les déterminations chronologiques déduites par la Science actuelle, des indices qu'elle découvre dans l'exploration des lieux et les vestiges des premières civilisations; et quant aux témoignages écrits datant d'époques plus rapprochées, et relatifs à ces premiers temps (telle par exemple, pour l'histoire d'Égypte, la Chronologie de Manéthon, leur analyse, en montrant leur caractère de fabrication artificielle détruit leur autorité. Aussi, ce qui s'est produit pour la Géologie se répète-t-il aujourd'hui pour l'histoire de la première antiquité : le manque absolu de certitude s'imposant à mesure qu'on vit dans le contact des documents, on en est arrivé, en Histoire comme en Géologie, à se contenter de déterminer le mieux qu'on peut l'ordre de succession des événements, et l'on renonce à enseigner une chronologie absolue. La détermination de celle-ci, après tant d'efforts aussi ingénieux que stériles décourage, parce qu'elle est devenue inhabile à convaincre.

Peut-être pourrait-on espérer qu'au moins pour les temps de l'Histoire positive proprement dite, les déterminations chronologiques acquerront l'exactitude parfaite qu'y requiert leur connaissance. Mais si effectivement les écarts des déter-

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minations individuelles y deviennent de peu d'étendue, l'importance de ces écarts est multipliée par le fait même de la précision qu'on exige. L'exemple suffirait, sans parler d'autres événements historiques moins fondamentaux, de l'incertitude qui règne, et que mesurent des divergences relatives de plus de dix ans, sur la situation chronologique de celui qui sert d'Ere à notre computation du temps, savoir la Naissance de Jésus-Christ. En présence de cette incertitude, ce n'est certes pas un des résultats les moins importants du système mathématique de la Bible, de démontrer que l'Humanité ne commet aujourd'hui à cet égard aucune erreur. L'Année actuelle 1910 de notre computation vulgaire est bien la 1910e à partir de la Naissance du Sauveur.

D'après cet ensemble de considérations, on admettra peut-être volontiers que la nature scientifique précise des faits que nous apportons, nous met dans une situation avantageuse à l'égard de contradicteurs qui n'ont dans cet ordre de la certitude rationnelle, rien d'équivalent à nous opposer.

20. Après la Science négatrice, considérons maintenant le second de nos deux termes antagonistes, c'est-à-dire la Théocratie.

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Il s'agit des pouvoirs humains qui, en faussant la vérité spirituelle, se sont servis de sa puissance pour asservir l'Humanité à leur domination. Ici l'obstacle est plus redoutable : la vérité externe a contre elle non plus seulement l'amour-propre d'une opinion, mais la résistance d'un intérêt ; et quel intérêt que celui d'organisations appuyées sur les siècles, et dont une opinion est la condition d'existence !

La rencontre de la défense de la Bible et de cet ordre de pouvoirs, que désigne le nom de Théocratie, est d'ailleurs impossible à écarter, et cela par une raison décisive :

ces pouvoirs comptent au nombre des facteurs fondamentaux du plan historique tracé par la Bible elle-même ; elle attire instamment sur eux notre attention pour les condamner ; le voulût-on, on ne peut donc, dès qu'on ouvre la Bible, ni éviter d'en parler ni s'empêcher d'y rencontrer des adversaires.

21. Laissant aux faits le soin de se défendre, à cette Théocratie comme à la Science négatrice, on pourrait se contenter de dire : Prenez et lisez. Mais, ici comme là, des conceptions invétérées ont pris droit de cité, dont il importe, pour préparer le terrain, d'ébranler tout au moins le fondement usurpé ; et comme elles ont pour cause profonde et déterminante l'ignorance de la Bible,

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la meilleure méthode est de commencer par repérer, en quelques traits de force appropriés, l'enseignement de la Bible elle-même.

Ces repères sont des faits externes enseignés par elle dans l'ouvrage actuel ; aucun d'eux ne se présente donc ici sans sa justification. En les signalant, on s'adresse d'ailleurs à des idées et non à des hommes, et il en faut parler avec l'entière liberté qui seule est digne du sujet.

Voici, dans cet ordre, des faits fondamentaux qui devraient être connus de tout le monde.

22. La caractéristique de l'Économie historique actuelle, c'est, d'après la Bible, sous le nom d'iniquité cachée, l'existence d'un pouvoir religieux qui, commençant dès le temps des Apôtres, devait s'emparer de la direction du monde après le départ du Christ et jusqu'à la Seconde Venue. Or le résultat capital des membres et de la Chronologie de l'Écriture est d'identifier historiquement ce Pouvoir opposé à Christ, d'une manière si nette et si précise qu'on ne peut douter, avec le Catholicisme romain, personnifié par la Papauté.

Mentionnons quelques-uns des traits qui contraignent à cette conclusion.

23. L'Histoire générale, considérée dans le

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Foyer géographique qui a fait la loi au monde en lui transmettant l'acquis progressif de la civilisation, met en évidence une marche par étapes de l'Orient vers l'Occident, de la Chaldée, berceau de l'Humanité, à la limite de l'Europe (les Iles Britanniques), où l'Océan impose à ce progrès un arrêt physique.

Dix conducteurs, ou Dix Peuples Chefs, depuis le temps du Déluge ou des Noachides, jusqu'à la limite chronologique du 24e siècle qui doit assigner un terme à la puissance Anglo-Saxonne, jalonnent tout ce développement de l'Histoire. Chacun d'eux y détient, pendant une période quinquaséculaire, le sceptre du monde.

Ces Peuples Chefs sont :

1. Noachides (Déluge).
2. Assyriens.
3. Egyptiens.
4. Hébreux-Phéniciens.
5. Grecs.
6. Romains.
7. Franks.
8. Papauté.
9. France.
10. Angleterre.

Nous avons commencé en 1870 la période du 10e et dernier d'entre eux. Inaugurée aujourd'hui

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sous nos yeux par la prise de possession mondiale de la Terre, cette dernière période est celle de la préparation du monde à l'Établissement du Règne de Dieu, ce qui aura lieu quand le Christ reviendra à son Second Avènement.

24. Or, pour en venir précisément à notre objet, dans cette succession des 10 Peuples Chefs de l'Histoire, la Rome des Papes, dont la période de domination propre est ce qu'on appelle le Moyen-Age, n'est qu'un des termes ou chaînons. Elle n'est donc pas, comme elle le prétend, la Ville Eternelle, ou ce Règne de Dieu à la puissance duquel devrait obéir et sous lequel devait s'abaisser toute la Terre. De plus, elle occupe dans l'ordre de succession des puissances le numéro 8 ; et c'est donc bien elle que l'Ecriture désigne par la Bête de la Terre ou le Faux Prophète, en déclarant que celui-ci est le 8e Roi.

25. Mais il y a plus. 1° La valeur chronologique de la période quinquaséculaire de domination successive des Peuples Chefs, période dont la vérification de premier ordre peut être faite par tout homme instruit, s'il jette un coup d'œil sur la chronologie de l'Histoire générale, est elle-même donnée par la Bible. C'est celle qui se trouve, dans le Livre de Daniel, désignée sous le

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nom de Temps; et elle y sert précisément pour lui de mesure à la Vie des Peuples. Les nombres explicites de ce Livre font connaître cette durée avec une précision mathématique. 2° En connexion avec cette période, le Livre de Daniel annonce la venue du Faux Prophète, le présente comme un facteur fondamental de toute l'Histoire jusqu'à la Seconde Venue du Christ, et détermine les deux époques caractéristiques de son établissement spirituel.

Or ces deux époques chronologiques de Daniel se trouvent n'être autre chose que celles, distantes de cinq siècles et universellement connues, de Constantin et de Charlemagne (Concile de Nicée et Transfert du siège de l'Empire à Constantinople ; Partage de l'Empire frank, Traité de Verdun).

26. En même temps qu'elle repère et identifie ainsi les événements et les facteurs historiques, la Bible enseigne par son texte l'appréciation qu'il en faut porter. On apprend ainsi par elle que le Catholicisme romain est une idolâtrie et une imposture; et, d'une manière particulière et précise, que l'institution de la Messe, clef de voûte d'un système que cette institution résume, et dont elle assure la domination en répétant le Sacrifice de Christ, détruit en réalité l'efficace de

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ce sacrifice unique et éternel, et est aux yeux de Dieu un sacrilège.

27. En s'exprimant ainsi, devra-t-on faire appel à la Raison auprès d'hommes de sens droit, dont la manière de voir, invétérée par le milieu ou l'habitude, serait brutalement renversée par cet enseignement de l'Ecriture? Ils respectent l'Ecriture par tradition, mais, qu'il soit permis de le leur dire, ils n'en connaissent personnellement ni l'esprit ni l'autorité. S'ils sont assez maîtres d'eux-mêmes pour savoir regarder tranquillement les choses, ils se diront qu'en somme l'existence d'une vaste organisation de l'erreur servant de fondement et d'instrument de domination à un pouvoir terrestre, est une hypothèse possible, et même nullement invraisemblable; que, l'Ecriture nous prévenant qu'il en sera effectivement ainsi, ce qu'ils ont pris jusqu'ici, sans étudier par eux-mêmes cette Ecriture, pour la véritable religion, peut très bien n'être qu'une perversion du vrai Christianisme, que la séduction d'un Faux Prophète, qu'une iniquité cachée, si séduisante sous sa forme religieuse qu'elle serait capable de séduire les Elus mêmes. Et comment s'en étonner puisque, d'après l'Ecriture jusqu'au retour du Christ qu'il attend à sa Seconde Venue, le monde est sous le règne

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du « Prince de ce Monde », nécessairement dès lors le véritable instituteur de la Papauté et des idolâtries du Catholicisme romain.

28. Ces réflexions, nécessaires dans notre milieu, sont opportunes même dans ceux (la moitié de l'Europe) où, depuis la Réforme, on avait jugé les faits dans ce sens rigoureux de la Bible ; car partout. c'est-à-dire même là, aujourd'hui l'homme se croit plus sage que la Parole de Dieu, et il s'arroge le droit d'amender des enseignements qu'elle avait, seule sans doute, le droit sans appel de formuler comme elle l'entendait.

Le Faux Prophétisme sur lequel l'Ecriture attire notre attention avec une si pressante insistance, devient, par cette démonstration de l'Ecriture, aux yeux de tout homme instruit, sous une forme définie, un des facteurs fondamentaux du développement de l'Histoire, et du drame qui s'y déroule depuis la mort de Jésus-Christ.

29. Voilà un grand fait. Il en est un autre tout aussi capital d'après la Bible pour la compréhension de l'Histoire, mais insuffisamment connu aujourd'hui, même des vrais lecteurs du Livre. Son intérêt est primordial cependant au point de vue de nos temps et de leur politique, et nos

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Leçons le mettront tout particulièrement en évidence. Voici en quoi il consiste.

Tout le monde a entendu parler des Juifs et de leur existence séculaire ; mais dans le langage, et en réalité dans l'état moyen de la connaissance vulgaire, ce nom à travers toutes les époques, d'Abraham aux Romains, et des Romains jusqu'à nous, désigne et représente, à la manière d'un terme générique, les descendants d'Abraham.

C'est cependant là une grossière confusion. Les Juifs, dont le nom vient de Juda, désignent dans la Bible le Royaume de Juda, qui comprenait deux seulement des 12 Tribus d'Israël, savoir Juda et Benjamin ; les 10 autres Tribus formaient le Royaume d'Israël. Entre ces deux royaumes d'Israël et de Juda s'était partagée la puissance de Salomon. Jusqu'à sa mort, les 12 Tribus réunies avaient constitué un royaume unique.

30. Qu'est-il advenu de ces deux termes de la puissance hébraïque ? Le royaume ou la Maison d'Israël a disparu au milieu du 8e siècle avant notre ère, lors de la Dispersion des Israélites en Assyrie. Le royaume de Juda, ou la Maison de Juda, a cessé d'exister à la fin du siècle suivant, lors de la Captivité de Babylone, mais sans que les Juifs disparussent pour cela du champ de

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l'Histoire, où ils sont encore aujourd'hui plus vivants que jamais. Autorisés par Cyrus à revenir en Palestine pour y rebâtir le Temple de Jérusalem, soumis successivement aux Perses, aux rois de Syrie, aux Romains, et, après la venue du Christ, qu'ils rejettent, Jérusalem détruite par Titus, — ils sont dispersés parmi toutes les nations, mais en qualité de témoins toujours visibles. De nos jours, non seulement l'existence mais aussi la vitalité des Juifs se manifestent assez par le fait de l'Antisémitisme qui, sauf en Angleterre, a sévi dans toute l'Europe.

31. Cependant, et c'est le fait biblique capital que nous avons annoncé, d'après l'Écriture la Maison d'Israël ne doit pas plus en réalité disparaître, ne doit pas moins vivre que la Maison de Juda. Les 10 Tribus, ayant pour chef Ephraïm, doivent se retrouver dans l'Histoire. Elles doivent même y jouer comme puissance politique un rôle mondial bien plus important que celui des Juifs proprement dits, dispersés en tous lieux. Le Sionisme qui s'affirme et prend une forme de plus en plus concrète, témoigne sans doute de l'espérance croissante des Juifs de se voir un jour rétablis dans la Palestine; mais la réalisation de cette espérance est intimement liée par l'Écriture à l'existence d'Israël et à sa réap-

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parition : elle déclare que la Maison d'Israël et la Maison de Juda reviendront ensemble du « Pays du Nord » dans cette Terre Sainte.

32. Le Christ lui-même rend témoignage à l'existence politique future d'Israël, quand annonçant aux Juifs leur réjection, il leur déclare que le royaume de Dieu sera donné à une autre « Nation » qui en rapportera les fruits en sa saison. Puisque les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance, et qu'il est ici question du Peuple Élu, Héritage de Dieu ; puisqu'en outre il est annoncé dès le temps de Jacob que c'est Joseph (Ephraïm) qui détiendra la puissance mondiale ; puisque Saint Paul écrivant aux Romains avertit les Gentils de ne point s'enorgueillir, attendu que la réapparition d'Israël sera comme une résurrection pour le monde, — la Nation dont parle le Christ est la Maison d'Israël. Puisqu'en outre elle doit rapporter les fruits du royaume de Dieu, enlevé à la Maison de Juda, cette Nation, ou la Maison d'Israël, ne peut être qu'une nation chrétienne.

33. Or, les faits externes compulsés dans nos Leçons démontrent que cet Israël des 10 Tribus, ressuscité dans l'Histoire, et qui, d'après les données chronologiques de la Bible doit exister

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certainement comme tel aujourd'hui, n'est autre que le 10e et dernier Peuple chef de la série historique mentionnée plus haut, c'est-à-dire les Anglo-Saxons, à cette heure évidemment conducteurs et maîtres dans la possession mondiale de la Terre, et que d'ailleurs leur énergique individualité, leur étonnante réunion de facultés spéculatives et pratiques, leur ténacité et leur esprit d'exclusivisme national, enfin leur attachement à l'autorité de l'Ecriture prise comme un tout concret, rapprochent par une affinité fort remarquable des Juifs proprement dits.

34. Si l'idée d'un lien de descendance entre les Israélites et les Anglo-Saxons, étonne à première vue, cela ne peut provenir : d'abord que de ce que la lecture de la Bible est peu familière à notre esprit, car elle affirme clairement la survivance de la Maison d'Israël ou des Dix Tribus; ensuite, de ce que notre éducation classique, occupée presque uniquement des peuples latins et du bassin de la Méditerranée, nous laisse généralement dans l'ignorance de ce qu'on sait des Peuples du Nord, sur lesquels on possède cependant des données positives fort suffisantes pour que cette idée, de trop inattendue devienne fort naturelle.

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35. — On sait en effet historiquement, que les Israélites des Dix Tribus emmenées en Assyrie, n'y sont pas restés ; mais qu'ils ont, traversant les défilés de l'Euphrate et le Caucase, gagné le Nord de la Mer Noire et la région du Danube, en portant le nom de Sakai-Suna (Saxons). Au temps des Romains, on les retrouve, à travers la Germanie, sur les rives de l'Elbe ; c'est de là qu'unis aux Angles ils ont, à l'époque de l'Heptarchie, passé en Angleterre.

Il est très remarquable, et on peut citer en passant ce trait d'identité pris parmi beaucoup d'autres, que le nom British sont l'ensemble littéral des deux mots hébreux אִישׁ isch (homme) et בְּרִית brit (alliance), British signifiant ainsi l'Homme ou le Représentant de l'Alliance de Dieu.

La notion de la descendance israélite, qui apparaît déjà au 17e siècle en Angleterre, n'a plus cessé d'y exister, et depuis une cinquantaine d'années elle s'y affirme avec une énergie nouvelle par sa littérature et ses organes périodiques.

LES DEUX CONCEPTIONS DE L'HISTOIRE.

36. Nous venons, Sire, de définir deux grands faits historiques. On se trouve par eux en pré-

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sence de deux conceptions de l'Economie du Christianisme, entre lesquelles on a le devoir, impliquant une responsabilité morale, de choisir.

37. L'une est celle du Catholicisme romain. Elle prétend que lorsque le Christ a déclaré que son royaume n'est pas de ce monde, il a cependant ajouté : « n'est pas maintenant de ce monde » ; et que ce royaume effectivement a commencé seulement un peu plus tard, soit à Constantin, par la constitution du pouvoir temporel de l'Evêque de Rome ou du Pape, prince de ce monde ; qu'ainsi le devoir de tous, rois et peuples, est de se soumettre à l'autorité du Pape de Rome, représentant de Dieu sur la Terre et Vicaire de Jésus-Christ. Cette Autorité s'est substituée à l'autorité directe de la Bible, et elle considère la connaissance de celle-ci par le peuple comme son pire ennemi.

38. L'autre conception consiste à comprendre que le royaume de Christ n'est pas «maintenant» de ce monde, c'est-à-dire même après Constantin, même quand Charlemagne met l'Europe entre les mains de la Papauté, même quand les Papes font venir à Canossa les Empereurs, quand l'Inquisition et les Dominicains noient dans le sang ou étouffent dans les tortures les hommes

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qui prétendent, selon l'ordre de Jésus-Christ, s'en référer à la Parole de Dieu ; quand la Saint-Barthélemy, la Révocation de l'Edit de Nantes et la destruction des Jansénistes, ruinent dans la puissance morale de son génie, par des conséquences qu'elle subit sous nos yeux, l'une des plus nobles nations qui auront existé ; même aujourd'hui quand, d'autorité, la Papauté déverse l'outrage, et attaque dans leur honneur d'hommes et de chrétiens, les témoins courageux de Jésus-Christ qui, au temps de la Réforme, ont osé, Wiclef, Jean Huss, Luther, Calvin, faire lire le Livre de Dieu aux rois et aux peuples, et, par ce Livre, lui arracher la moitié du monde civilisé.

39. Cette autre conception voit en tout cela, conformément à l'Ecriture, non le royaume de Jésus-Christ, mais le royaume, annoncé par Lui, d'un tout autre Maître ; et elle sait, par l'Ecriture, que le Royaume de Dieu ne sera établi qu'à la Seconde Venue du Christ. Ainsi, pour elle, bien loin que l'Eglise de Jésus-Christ règne sous nos yeux, la durée d'attente de l'Humanité pensante jusqu'au Retour de Christ, et depuis la Première Venue, a pour raison d'être et pour objet propre l'enfantement de l'Eglise, ou de l'Assemblée de Jésus-Christ.

L'Eglise en effet, c'est le rassemblement des

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âmes d'hommes qui, affinés et préparés par Lui, lui serviront d'instruments dans le vrai Royaume de Dieu. Ce royaume sera établi sur la Terre aux temps de la Résurrection des morts, et il en sera alors effectivement et visiblement le Roi. Avant cela, l'état de cette Eglise de Christ est non le triomphe et le règne, mais l'épreuve ; ses vrais membres, dispersés ici et là, étrangers et voyageurs sur la Terre, pris dans tous les milieux (même dans celui de l'Eglise usurpatrice, mais où ils n'auront pas connu, dit l'Ecriture, « les profondeurs de Satan »), connus de Lui seul, ne constituent aucun organisme exclusif, visible au monde. Veut-on néanmoins un signe des associations humaines où, le plus vraisemblablement, se rencontreront ces membres de l'Eglise de Christ ? On le trouvera dans l'attachement et la fidélité à sa Parole, dans le principe directif (ainsi en était-il, au temps de la Réforme, du Protestantisme et de ses Eglises évangéliques) d'une conformité exclusive et étroite à l'Eglise primitive des Apôtres. Ceux-ci en effet ont été chargés par Jésus de la formation des Ecritures du Nouveau Testament en son sang, et, dès leur temps, il est commandé à l'Eglise de se tenir ferme à ce qu'elle a ainsi reçu dès le commencement (c'est-à-dire, à ces Ecritures).

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40. Il est évident aussi que, dans cette seconde conception seulement, occupe une place et a un sens le fait biblique de la réapparition des deux parties du Peuple Elu, d'Israël et de Juda, des Deux Témoins de Christ, l'un pour la Nouvelle, l'autre pour l'Ancienne Alliance, aux derniers temps de l'Histoire. Comment en effet, si l'Eglise romaine, qui ne veut pas de la diffusion de l'Ecriture, était le Règne de Dieu, Israël serait-il déclaré par l'Ecriture comblé, en ces derniers temps, des bénédictions de Dieu, et maître de la Terre, lui qui est le peuple de la Réforme ou du retour à l'Ecriture, et le principal facteur de la lutte contre Rome? Cette mission et sa qualité de Témoin, comme aussi celle de 10e et dernier peuple chef de la série historique, le désignent assez comme le Précurseur ou l'instrument préparateur d'un Règne qui n'est pas encore venu.

41. Mais il y a plus. Dans ce point de vue biblique qui attend le Règne et l'Eglise au Second Avènement, se découvre seulement aussi la signification réelle d'une parole du Seigneur universellement connue, sur laquelle, comme sur un roc, l'Eglise de Rome et la Papauté ont jusqu'ici prétendu établir leur institution divine. C'est celle de Jésus à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise (Assemblée des

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Elus), et les Portes du Hadès ne prévaudront point contre elle ». Cette déclaration, combinée avec l'affirmation que Pierre aurait fondé l'Eglise de Rome pour en être l'Evêque ou le premier Pape, déciderait victorieusement, assure-t-on, du mandat divin et unique de l'Eglise de Rome comme Eglise de Jésus-Christ. Mais c'est en réalité : l'ignorance de l'Ecriture et le dédain de son autorité externe (dédain intéressé et imprudemment témoigné par les commentateurs catholiques à l'égard du Livre des Actes) ; une falsification des données historiques ; enfin (c'est ici le point le plus simplement décisif du débat, et nous le verrons tout à l'heure, à lui seul il y jette une lumière complète) la reproduction faussée des paroles de Jésus dans sa déclaration à Pierre, concernant les « Portes de l'Enfer », — qui ont introduit et assuré cette prétention de l'Eglise de Rome.

Le plan historique de la Bible considéré dans la continuité d'existence du Peuple Elu jusqu'aux derniers temps de l'Histoire, fait connaître une ordonnance spirituelle bien différente. Il démontre, en premier lieu que ce système de l'Eglise romaine repose sur une erreur d'interprétation ; ensuite, cela résultait déjà du Livre de Daniel, qu'il a de toute façon pour base une imposture.

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Examinons successivement ces deux objets.

42. L'erreur d'interprétation des paroles du Seigneur par l'Eglise romaine. Le Peuple Elu comprenait 12 Tribus ; Jésus choisit 12 Apôtres ; voilà d'abord la raison d'être du nombre «douze» des Apôtres. La correspondance intentionnelle est d'ailleurs certaine, car le Seigneur déclare que, lors de l'établissement de son Règne, à son Second Avènement, quand il édifiera visiblement sur la Terre son Assemblée ou Eglise, « les 12 Apôtres seront sur 12 Trônes, jugeant les 12 Tribus d'Israël ».

43. Or, parmi les 12 Tribus, il y en avait une, celle de Juda (ou les Juifs), qui avait un rôle prééminent et désigné. Elle était le gardien de l'Ecriture ou de la Parole de Dieu ; elle était la souche de laquelle devait sortir Christ, le « Lion de la Tribu de Juda ». Il fallait donc, pour l'analogie, que, parmi les 12 Apôtres, il y en eût un (qui est Simon Pierre), particulièrement désigné aussi. Celui-là sera le représentant de Juda parmi les 12 Tribus dans l'édification de l'Eglise, laquelle édification aura lieu non pas dans les siècles qui vont suivre immédiatement la mort de Jésus, mais seulement à son Second Avènement. Et la preuve certaine de cette inten-

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tion du Seigneur, c'est, dans ses paroles mêmes à Pierre, la mention de la Résurrection des morts, contemporaine de ce Second Avènement. C'est le point décisif sur lequel tout à l'heure j'attirais d'avance votre attention.

« Tu es Pierre, et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise, et les Portes du Hadès ne prévaudront pas contre elle ». Or le Hadès (ou le Schéol des Hébreux) était le lieu d'attente des âmes après la mort. Par ces paroles si importantes et qu'on a si étrangement travesties en s'écartant de leur sens naturel et immédiat, — c'est-à-dire en remplaçant « portes du Hadès » par « portes de l'Enfer » et ensuite « portes de l'Enfer » par « Puissances du Mal », — le Seigneur déclare donc que les liens de la mort (les portes du Hadès, lieu où les Elus sont dans le sommeil de l'attente) n'auront pas le pouvoir de retenir ses Elus, et d'empêcher ainsi l'Edification de son Eglise.

Ainsi, même abstraction faite de la correspondance des Apôtres et des Tribus, de Pierre et de Juda, correspondance qui expliquait la prééminence future de Pierre, ces paroles sont suffisantes pour établir que l'événement de l'Edification de l'Eglise, dont le Seigneur parle au futur (j'édifierai mon Eglise) n'a lieu qu'à sa Seconde Venue.

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44. Dans ce qui précède, la correspondance de Pierre et de Juda résulte d'une vue analogique ; mais cette correspondance d'ailleurs est enseignée par l'Ecriture de la manière la plus positive et la plus concrète. Pierre est, en lui-même, c'est-à-dire par son reniement, un type marqué de Juda ou des Juifs ; en outre, et sans même envisager le Retour du Seigneur, dès après le Premier Avènement sa mission l'identifie avec eux, et par lui continue auprès d'eux la dispensation de Dieu ; car il est envoyé, non pas aux Gentils ou aux Nations (c'est Paul qui est choisi pour cela, en dehors des douze Apôtres), mais bien expressément aux Juifs.

Il en convient lui-même par un accord solennel avec Paul, quand, se donnant la main d'association, Pierre s'engage à aller vers les quartiers juifs, et Paul vers les Nations. Et en effet que voyons-nous, d'après l'Ecriture ? Paul atteint progressivement la Grèce, Rome, et trace son champ d'action jusqu'à la limite occidentale de l'Europe, l'Espagne ; tandis que Pierre, si intimement lié à Juda, reste en Palestine, et se retrouve à sa fin, d'après l'Ecriture crue sur parole, à Babylone (Séleucie Ctésiphon), qui était à cette époque une colonie florissante et un centre d'enseignement des Juifs. Il n'était donc certainement pas alors à Rome. Un autre trait concret

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bien frappant le confirme d'ailleurs : ceux auxquels il écrit sa dernière Épître, leur annonçant qu'il va périr et faisant allusion à celle que Paul leur a de son côté adressée, ne sont, d'après le passage de Paul cité par Pierre, que les Romains eux-mêmes.

45. Dans un admirable ensemble, l'Écriture nous montre donc les missions respectives des deux missionnaires Pierre et Paul, délimitant, d'une part par la Chaldée, de l'autre par l'extrémité occidentale de l'Europe, les termes qui embrassent et repèrent, de son commencement à sa fin, le progrès géographique des 10 Peuples chefs de l'Histoire.

46. Le lecteur qui croit à l'autorité de la Bible est donc assuré, en la lisant simplement et naturellement, que Pierre est, non l'Apôtre des Nations mais l'Apôtre des Juifs ; que si quelqu'un devait être Pape, c'est Saint Paul qui, on en est assuré, n'en aurait pas voulu, et non pas Pierre qui n'a pas été à Rome. Il n'y aurait pas été quand, en 61, Paul arrive à Rome ; il n'y était pas au temps de la mort de Paul ; et au temps de la sienne il n'y était pas non plus.

47. La base historique faussée de l'Église de

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Rome. Quel est donc, car en toute erreur on découvre quelque réalité, origine ou moyen, le fait historique qui, en contradiction flagrante avec la Bible, a permis au Faux Prophétisme romain d'enseigner, comme il le fait et comme on l'accepte sans y aller voir personnellement, que Pierre est venu à Rome en 42 sous Claude, et a été pendant 25 ans évêque de cette capitale du monde, et ainsi le premier pape?

48. Cette histoire est une tradition recueillie au IVe siècle seulement, c'est-à-dire précisément au temps de l'établissement de la Papauté. En suivant ligne à ligne, comme je l'ai fait, tous les écrits des premiers siècles dans les ouvrages originaux, on constate que dans le premier siècle et jusqu'au milieu du second, la notion non pas d'une primauté de Pierre, mais même seulement d'un chef unique ou d'une Papauté, n'existe pas dans l'Eglise ; elle lui est absolument étrangère. C'est du deuxième au troisième siècle que l'idée de la centralisation d'un pouvoir sacerdotal, à Rome comme le centre le plus puissant, ou centre d'une primauté, se fait jour dans des esprits cléricaux tels qu'Irénée à Lyon et Cyprien à Carthage. Par une connexion naturelle, cette tendance s'accompagne chez eux de la haine de

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ceux qui, pensant autrement, se tiennent à la doctrine spirituelle du siècle précédent et des Apôtres ; et ils les désignent, pour cette raison, sous le nom d'hérétiques. C'est exactement ce que fait encore Rome aujourd'hui à l'égard des Chrétiens qui refusent de reconnaître son autorité.

49. Au IVe siècle, Constantin met Rome entre les mains de l'évêque de Rome. Voilà l'origine de la Papauté. On avait trop d'intérêt temporel à être avec elle du côté du maître, pour qu'elle ne réussît pas. C'est à cette époque que les Protestants d'alors, ou les Vaudois, fidèles à l'Evangile de Jésus-Christ et repoussant le pouvoir nouveau, se réfugient avec la foi primitive dans leurs montagnes du Piémont ; ils y reparaîtront aux temps de l'Apogée de la puissance de l'Antichrist romain, comme les premiers témoins, ou martyrs, de la vérité évangélique. Ces Vaudois qui, on le sait, existent encore toujours dans ces mêmes montagnes, avec ce même Evangile des premiers temps, sont, pour le moins, aussi anciens que la Papauté. Les Chrétiens d'aujourd'hui ont donc à choisir entre eux et cette puissance-là, s'ils prétendent se rattacher à une Eglise qui ait la perpétuité de la foi.

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50. A cette époque mémorable de l'établissement du pouvoir temporel, et dès le siècle précédent d'ailleurs, on avait commencé à se servir des paroles de Jésus : « Tu es Pierre, et sur cette pierre j'édifierai mon Eglise », pour justifier l'établissement d'un centre et d'une primauté dans l'Eglise. Il était donc tout naturel, il devenait même nécessaire de penser que Pierre avait été le fondateur de l'Eglise de Rome, et son premier évêque. De cette manière, l'Eglise catholique ou universelle, instituée par Jésus-Christ, occupait le centre du monde politique.

Cela marchait tout seul. Bien plus, cela pouvait paraître historiquement d'autant plus indiqué, que la tradition existait d'un Simon, qui, précisément à l'époque 42 où l'on dit aujourd'hui que Simon Pierre serait arrivé à Rome pour en être le conducteur spirituel, était en effet, d'après des témoignages historiques tout autrement positifs que ceux qu'on allègue pour Pierre, venu à Rome sous Claude. Il se faisait passer pour un dieu. Il enseignait un faux christianisme, et il avait exercé une influence si considérable et si profonde, que ses doctrines et ses disciples, les Simoniens, mêlés aux chrétiens et semant dans l'Eglise des germes funestes d'erreurs, qui sont comme l'initiation de celles de Rome, persistèrent jusqu'après Constantin. Or

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on savait généralement que ce Simon avait été en Palestine en rapport avec Pierre ; et il était dès lors facile à la légende de transporter avec lui ce dernier à Rome.

L'homonyme, introducteur de Simon Pierre à Rome, qui, en fait, a ainsi fourni son fondement utile à l'Eglise catholique romaine, n'était autre en effet que ce Simon le Magicien qui, rencontrant Pierre à Samarie, avait voulu lui acheter le Saint Esprit pour de l'argent. C'est de lui qu'est venu le mot Simonie qui désigne ce genre de trafic ; et on ne peut écarter l'idée que c'est là en quelque sorte un signe de reconnaissance de sa base historique faussée mis aux yeux du monde sur l'Eglise temporelle dont nous interrogeons les ascendants. Car c'est une question de fait qu'aujourd'hui encore on y vend effectivement tous les jours le Saint Esprit et le Sang de Jésus-Christ pour de l'argent ; qu'avec de l'argent les riches peuvent, par ce Sang dont l'abondance est exactement mesurée à leurs ressources, racheter les peines qu'ils ont méritées et doivent subir, dans un Purgatoire que l'Ecriture n'a jamais connu.

51. Eusèbe, qu'on appelle au IVe siècle l'historien de l'Eglise, rapporte le voyage de Simon le Magicien à Rome ; il raconte la séduction que

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ce personnage exerçait sur le peuple ; ce Simon se prétendait être le Christ ressuscité. Mais la manière puérile et même ridicule dont, par une simple phrase et sans aucune préparation Eusèbe fait tout d'un coup comme à travers les airs courir à Rome, pour confondre ce Simon, Simon Pierre à qui on ne pensait pas, suffit pour montrer au lecteur de sens rassis que cette mention de Pierre ainsi introduite n'a aucun fondement historique et est inventée de toutes pièces.

La connexion et ensuite la fusion parallèle des deux Simon, explique au contraire très bien ce qui a réellement dû se passer, et l'origine de la tradition partagée.

Faussement attribuée de proche en proche et d'une manière intéressée à Simon Pierre (par une sorte de fraude pieuse et de nécessité historique qui voisine avec la manière cléricale déjà antérieure d'Irénée et de Cyprien), — et d'ailleurs en dehors de tout contrôle, car Eusèbe lui-même déclare en tête de son Livre que rien n'est plus obscur que ces premiers temps, — elle n'a été recueillie officiellement, comme pour les besoins de la cause, que trois siècles après l'événement.

Une fois l'idée introduite, elle a rapidement pris autorité par la collectivité d'adhésions qu'inspirait soit une foi enthousiaste et non avertie, soit l'esprit de système ; et cela même

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explique chez les écrivains de ces temps la forme de rhétorique déclamatoire, jamais de témoignage calme et positif, sous laquelle se fait l'appel au ralliement. Ils semblent se donner du courage, dans la mesure où ce qu'on désirait qui fût, n'était pas clair et n'était pas vrai. Cet état d'esprit est encore d'ailleurs celui des Catholiques actuels ; ils exaltent éloquemment la Papauté, mais n'aiment nullement que l'on en remue les origines.

La genèse du faux historique collectif est d'ailleurs ici d'autant plus aisée à comprendre que l'époque était pour ainsi dire inondée d'écrits fabriqués relatifs au temps des Apôtres. C'était dès lors l'application du même esprit de mensonge intéressé dont, cinq siècles plus tard, les Fausses Décrétales devaient offrir au monde un autre exemple, impossible, celui-ci, à contester. Or ce fait plus récent met à l'aise pour qu'on ne s'étonne nullement du fait plus ancien ; et c'est ce dont vous pourrez encore mieux juger, je pense, en parcourant, à la suite de cette Lettre, des remarques qui appuient sur la force de l'argument, en même temps qu'elles définissent de plus près l'œuvre historique de Simon le Magicien.

52. Nous venons d'exposer ce qui, d'après

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l'ensemble historique des documents, Bible et témoignages humains, constitue l'induction la plus probable concernant l'origine de la tradition papale romaine. Mais, cela constaté, un trait externe de la Parole de Dieu nous en confirme singulièrement la vérité, et seul nous permet d'ailleurs d'en apprécier le véritable poids. Ce n'est pas pour rien en effet que cette Écriture, où tout est intentionnel, et où les moindres détails ont de la profondeur, alors que, d'autre part, elle nous avait révélé l'existence dans l'Église d'une imposture cachée, a donné ici le même nom au Magicien et à l'Apôtre de Jésus-Christ. C'est évidemment pour attirer par là notre attention sur la confusion qu'on en ferait.

Elle a levé ainsi, pour ceux qui croient en elle, une partie du voile de cette iniquité cachée, dont elle fait commencer l'existence au temps même des Apôtres, et qui devait, d'une manière si funeste pour le Christianisme vrai, s'étendre sur toute l'histoire de l'Église et du monde. Son enseignement naturel et immédiat étant que Pierre n'est jamais allé à Rome, il était probable que quelque autre chose réelle avait favorisé la dénaturation de la vérité. Cette autre chose, l'Écriture, confirmant les vestiges de l'Histoire, a eu soin de nous l'indiquer.

Le premier pape de Rome, en tant que repéré

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par son assignation chronologique, n'est pas Simon Pierre mais bien Simon le Magicien, c'est-à-dire un imposteur ; dès lors le système Catholique romain, devenu imposture lui-même, croule avec le mensonge historique sur lequel il s'appuyait.

53. De cette origine historique de la Papauté, qui a ainsi à sa base une imposture, origine qui convient si bien avec le fait capital, annoncé par Jésus à Pierre, de l'Edification de sa véritable Eglise seulement à la Seconde Venue, l'Ecriture donne par ses nombres des confirmations précises qui seront exposées dans la continuation de ces Leçons ; et c'est certainement, Sire, un des traits les plus notables de son enseignement par faits externes, car, au point de vue pratique, c'est un des plus utiles pour nous.

Nous subissons l'influence délétère d'un culte perverti. Sous l'Ancienne Alliance, le crime du Peuple Elu, celui qui constamment provoquait la justice et amenait le châtiment, c'était de céder à l'attrait des cultes idolâtres, bien mieux faits, lui semblait-il, pour la nature humaine, et dont la séduction esthétique s'offrait si favorablement à lui en comparaison, avec la rigueur sans imagination de la Loi mosaïque.

Aujourd'hui, en condamnant sur cela les Juifs,

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ce qui ne nous coûte rien, nous sommes cependant encore toujours les mêmes, et tellement enclins à l'idolâtrie que pas plus qu'eux nous n'en mesurons l'énormité au regard des Lois éternelles.

Supposons un homme conscient, instruit par l'Écriture et qu'elle a mis en état de considérer froidement les faits ; il y a pour lui quelque chose d'effrayant, en entrant dans une de nos Cathédrales magnifiques, où toutes les ressources de l'Art semblent d'abord concourir à l'élévation des âmes et à la gloire de Dieu, à penser que sous la splendeur de ce vêtement se cachent une déformation de la vérité et un trafic des choses saintes, pratiqués par des hommes qui se donnent, pour les opérer, comme des mandataires de Jésus ; qu'enveloppées par cette splendeur comme d'une auréole, des idoles, malgré la défense formelle de Dieu, s'offrent de toutes parts, et que le Christ vivant, remplacé pour beaucoup par ces idoles dans leur confiance et dans leur recours religieux, est relégué, lui-même comme un fétiche, mais qui cette fois inspire la terreur, derrière le voile du Temple.

Qu'un tel état de choses procède, non de Christ, mais d'un autre Maître qu'il a chassé du Ciel et dont nous sommes naturellement les enfants, c'est ce qui est évident pour quiconque

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aura ainsi cherché à connaître Christ directement par l'Evangile. Un fait pratique d'ailleurs le prouve, plus fort que tous les paradoxes par lesquels on prétendrait excuser ces choses-là ; c'est que, pour l'âme prise aux suggestions de leur magie, le simple chrétien qui, sans le théâtre de l'Eglise et sans prêtres, nourri de la Parole, a trouvé en Christ, seul Médiateur, le salut et le pardon, et se tient à lui fermement, est un hérétique invétéré, qui ne doit s'attendre dans la vie à venir qu'à la colère éternelle de Dieu et à la réprobation du Christ lui-même. Cet état spirituel, aussi contraire à la raison qu'à la conscience, et dont chacun peut cependant vérifier la réalité en prenant pour sujet d'observation des catholiques romains assez audacieux pour pousser jusqu'au bout les conséquences de leur doctrine, démontre bien, disons-nous, par un fait, que les choses dont nous parlons ne peuvent pas être regardées comme les formes, d'ordre indifférent et non coupable en soi, d'un culte particulier ; elles sont très réellement l'expression d'un principe mauvais, qui pervertit dans ce qu'il a de plus essentiel, de plus profond et de plus nécessaire, le principe chrétien.

Il ne faut donc pas s'étonner que la Parole de Dieu soit à leur égard si sévère et trouble notre quiétude. Notre âme est ainsi faite qu'elle

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cherche volontiers un refuge et le sommeil dans une lumière tamisée et des ombres protectrices. Mais l'Ecriture nous arrache avec une bienfaisante violence à ce repos factice ; nous tirant au dehors, elle nous fait voir qu'à la lumière du vrai Soleil, les vitraux du Sanctuaire et leur fascination ne sont que du verre et du plomb. Ce n'est pas ce que nous aurions voulu ; notre nature déchue est tellement éloignée du vrai Dieu qu'il était à prévoir que la manifestation de sa volonté ne serait nullement séduisante.

La Lecture de la Bible au cours de l'Histoire.

54. Avant de poursuivre, il n'est peut-être pas inutile de légitimer le rang et le poids que revendiquent, au point de vue rationnel le plus élevé, des considérations positives et concrètes, et, si l'on veut, pénibles ou irritantes, comme celles qui viennent d'être présentées. L'insistance qui, dans ce débat, s'attache à la vue du Faux Prophétisme, déjà importune à plusieurs, paraîtra en effet à beaucoup, qui n'y verront qu'une discussion confessionnelle, de nature à amoindrir une étude essentielle des hauts problèmes de la destinée humaine. Nous répondrons qu'on s'en prenne donc à l'Ecriture elle-même, car c'est elle qui ordonne de cette manière dans un cadre

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étroit son idéal profond ; et si, dès lors, on veut critiquer l'Écriture, nous demanderons en même temps qu'on prenne bien garde à sa méthode, car ce n'est pas sans raison qu'elle agit ainsi.

Il ne faut jamais le perdre de vue en effet, le Christianisme s'adresse beaucoup plus à une situation de l'homme, qu'il ne constitue une théodicée, et son étroitesse concrète voulue envisage constamment l'issue d'un conflit actuel où notre intérêt personnel est engagé. Cette situation, ce conflit, l'Écriture par toutes ses voix nous en crie la gravité, et qu'il s'agit pour nous non de philosopher mais de vivre ; et c'est pour cela qu'elle contraint avant tout l'attention de l'Humanité sur les contingences douloureuses de ses jours courts et mauvais.

C'est donc dans cette vue, qui libère notre Raison en satisfaisant son besoin d'Infini par son besoin de Vérité, et qui nous défend nous-mêmes contre les préférences de notre esprit, qu'il faudra sans cesse, et pour ainsi dire jusqu'au dernier stage de nos réflexions, envisager et recevoir les enseignements de la Parole de Dieu.

Supposant ceci accordé, résumons-nous et poursuivons notre objet.

55. Deux grands faits bibliques nous ont mis

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en présence de deux conceptions de l'Economie du Christianisme entre lesquelles nous avons à choisir, soit qu'avec l'une nous considérions le Règne de Christ comme établi, sous la domination d'un homme qui est son représentant, soit qu'avec l'autre, pour laquelle cet homme est un imposteur, le Règne de Christ ne doive s'établir qu'à son Second Avènement.

Or un trait nous frappe en considérant ces deux termes du litige. Pour l'un comme pour l'autre, la Bible est une parole révélée et le fondement de la foi ; mais le premier fait tous ses efforts pour en étouffer la connaissance et persuader à ses adeptes qu'ils n'ont sur ce point à s'en référer qu'à lui ; et le second, au contraire, sûr de son fait, la répand à flots dans les masses, pour légitimer dans la lumière de la discussion la justesse de son point de vue.

Le droit du document à l'enseignement direct auprès des hommes individuels, est donc un objet de séparation caractéristique entre les deux parties. La solution du dissentiment ne peut se trouver que dans l'avis donné à son égard par le document lui-même.

Ouvrons donc le Livre, et quelle que soit la logique de cette situation au point de vue de l'une des deux parties en présence, puisqu'elle

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ne veut pas qu'on le lise, demandons-lui cependant ce qu'il en pense.

56. Comme on va le voir, le fait de l'ouverture, ou lecture de la Bible, envisagé à travers les siècles, pourrait servir d'argument à l'histoire de l'évolution des idées dans le progrès humain. Nous allons en repérer le tracé ; il fera d'ailleurs aussi ressortir en passant, par ses données chronologiques, le caractère purement terrestre et transitoire de la puissance qui s'oppose à la diffusion de l'Écriture et dont l'existence, d'après tout ce qu'on vient déjà d'exposer, a cependant une importance telle, qu'elle constitue la raison d'être et l'explication de l'Économie du monde entre les deux venues de Jésus-Christ.

57. Chez le Peuple Élu, dans l'Ancienne Alliance, toutes les paroles du Livre étaient lues à tout le peuple, et jusqu'aux enfants. Le fidèle israélite devait les méditer jour et nuit. Le Seigneur sans cesse y renvoie ses interlocuteurs : « Il est écrit, … vous avez lu » ; il ordonne de les sonder ; « c'est pas elles que l'on croit avoir la vie éternelle ». Après sa mort, dans l'Église, les Apôtres recommandent aux fidèles de lire les prophéties de l'Ancienne Alliance ; Pierre, dans les Écritures de la Nouvelle Alliance, se réfère

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auprès d’eux aux lettres que Paul leur a adressées ; on voit les auditeurs de celui-ci loués de ce qu’ils vérifiaient dans les Ecritures si tout ce qu’il leur disait y était conforme. De son côté, Paul recommande à ceux auxquels il écrit (des laïques, comme on dirait aujourd’hui) de faire lire ses lettres (c’est-à-dire ses Epîtres de notre Nouveau Testament) aux gens d’autres villes.

Parlant à Timothée, il témoigne que celui-ci était instruit dès son enfance dans la connaissance des Ecritures, et on voit que les femmes aussi bien que les hommes participaient à cette connaissance personnelle.

Jean s’adressant aux fidèles leur fait bien comprendre qu’ils n’ont pas besoin que personne les instruise, parce que l’Esprit qu’ils ont reçu les instruit lui-même, et que leur seule règle de conduite doit être de se tenir ferme à ce qu’ils ont reçu dès le commencement, c’est-à-dire à la Parole des Apôtres du Seigneur. Cette Parole, c’est le Nouveau Testament, auquel il est défendu de rien ajouter ni retrancher ; c’est la Parole à laquelle le Seigneur lui-même renvoie les fidèles, quand, après avoir prié pour ses Apôtres chargés de constituer le Canon du Nouveau Testament, il prie pour ceux qui croiront en Lui par cette Parole-là.

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58. Le fait que les Epîtres du Nouveau Testament sont adressées à des laïques, donne lieu dans le débat à une remarque instructive, bien à la portée de tous. Pour une Eglise que nous connaissons et qui est ici en cause, si on entre dans son point de vue ces Epîtres ne seraient autre chose que des Encycliques de ses premiers Papes adressées à tous les fidèles. Pourquoi donc est-il défendu aujourd’hui aux fidèles de lire ces premières encycliques (par exemple l’Encyclique de Saint Paul sur la Saint Cène, ou l’Encyclique aux Hébreux, condamnant le Sacrifice de la Messe), c’est-à-dire le Nouveau Testament ; et pourquoi ceux qui les lisent, les font lire et s’en nourrissent pour se conformer à la volonté infaillible de ces Papes, sont-ils traités d’hérétiques ? La réponse est si claire qu’elle ne sera jamais donnée par ceux dont nous parlons.

59. Après l’Eglise primitive, les trois premiers siècles jusqu’à Constantin sont encore penchés sur le Livre. Mais avec Constantin vient l’époque que Bossuet appelle la Paix de l’Eglise, parce que le Christianisme devenant religion d’Etat, et l’Eglise royaume de ce monde, une Autorité extérieure se substitue à l’Autorité spirituelle et libre de la Parole, propre à l’Eglise de Christ ; l’esprit d’idolâtrie obscurcit de ses ténèbres le

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culte en esprit et en vérité, celui où on ne doit plus adorer en tel ou tel lieu. On a de nouveau des dieux qui marchent devant soi ; le monde appelle le Pape de Rome le Père Saint, quoique Jésus ait dit : « N’appelez personne sur la Terre votre Père, car vous n’avez qu’un Père, qui est dans les Cieux » ; et on ne reçoit la religion que par l’intermédiaire divin des prêtres et des docteurs, quoique Jésus ait dit : « Que personne ne se fasse appeler Docteur, car vous n’avez qu’un Docteur, qui est Christ ».

En même temps, le Sacrifice de Christ est aboli, car il est remplacé par un Sacrifie mille fois répété comme ceux des Païens, quoique la Parole de Dieu déclare que « Christ n’est pas » offert plusieurs fois comme lorsque le sacri-» ficateur se présentait à l’autel lorsque le sang des » victimes, mais que Christ est offert une seule » fois, et paraîtra une seconde fois (à son » Second Avènement) à ceux qui l’attendent à » salut. »

60. Par une conséquence naturelle de ces déviations et de l’asservissement à une autorité extérieure, mandatrice de la vérité, les intermédiaires plus visibles entre l’homme et Dieu se sont multipliés. Ce n’est plus Christ qui est le Sauveur ; il y a des médiateurs tels que la Vierge

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et les Saints, plus près de nous et qui nous comprennent bien mieux, — quoiqu’il soit déclaré qu’ « il n’y a pas d’autre médiateur que » Christ entre Dieu et les hommes » ; et à ces médiateurs et à Dieu lui-même on dresse des simulacres devant lesquels on se prosterne, quoique le Second Commandement de Dieu, commandement dont la pérennité est solennellement déclarée, comme si l’Esprit de Dieu en prévoyait la violation, ait été, dans sa Parole : « Tu ne te feras aucune image taillée ni aucune » représentation, et tu ne te prosterneras point » devant elles ». Aussi ce Commandement de Dieu a-t-il, par un nouveau sacrilège, été tout simplement supprimé, et ce fait scandaleux est, pour cause, aussi ignoré du peuple que la Parole tout entière.

C’est pour cela que les Eglises catholiques inspirent tant de répulsion aux Juifs ; ils y retrouvent des temples d’idoles. Il suffirait donc, Sire, de se souvenir que Jésus-Christ, que Pierre, Paul et tous les Apôtres étaient Juifs, qu’ils avaient, en cette qualité de Juifs profondément pénétrés de la spiritualité de Dieu et de l’autorité des Ecritures, l’horreur de ces simulacres idolâtres condamnés par sa Loi, par l’Ecriture qui, déclare Jésus-Christ, « ne peut-être rejetée », pour être assuré que le Catholicisme, ainsi dés-

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avoué par Jésus lui-même, n’est certainement pas l’Eglise de Jésus-Christ.

61. Avec le pouvoir spirituel et humain qui se substitue à l’autorité directe du Livre, commence la période qu’on appelle le Moyen Age; c’est proprement celle de la domination temporelle de ce pouvoir, et en même temps de l’ignorance universelle du Livre de Dieu. La vraie connaissance de l’Ecriture ne se transmet pendant cette époque de ténèbres que chez ceux-là seulement que ce pouvoir désigne sous le nom d’hérétiques, l’hérésie paraissant presque toujours consister à ne pas participer à l’erreur et à la perversion de l’Eglise romaine. Dès la première époque de fondation de cette Eglise, celle de Constantin et de Sylvestre I, la trace et la filiation de Christ se retrouvent de cette manière chez les Vaudois. Comme nous l’avons déjà remarqué plus haut, ils sont alors, de façon manifeste, le rameau qui conserve la foi pure de l’Eglise primitive.

62. Cinq siècles après Constantin et le Concile de Nicée (ici va se révéler de façon évidente la loi de l’ondulation historique quinquaséculaire du Livre de Daniel), vient l’époque de Charlemagne et du Traité de Verdun, cette Seconde Epoque que Bossuet estime avec raison celle de

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l’établissement définitif de la puissance temporelle de la Papauté (alors, d’après Daniel, le Sacrifice continuel ayant, cinq siècles auparavant, été aboli de la manière qu’on a vu, l’Idole, où l’homme-Dieu, est définitivement assise dans le Sanctuaire).

63. Pendant les siècles en effet qui suivent cet établissement, se présente au monde le déploiement de cette puissance politique et spirituelle; obéissant à la Loi, elle a, comme tous les pouvoirs terrestres, ses guerres de conquêtes (les Croisades) en rapport avec son double caractère, et comme eux ses excès qui préparent sa décadence (c’est l’Inquisition, et, sous toutes formes, une persécution, où l’on retrouve encore en particulier comme témoins les Vaudois).

64. Mais cinq siècles après l’époque de Charlemagne, au XIVe siècle, cette puissance subit une première chute (les Papes à Avignon, Rienzi, Philippe le Bel, Wiclef); et en même temps on voit s’annoncer dans le Précurseur de la Réforme, Wiclef, chez les descendants du Peuple Elu, la résurrection du Livre de Dieu, dont la connaissance, depuis mille ans, était couverte aux yeux du monde.

65. Que seront les cinq siècles qui suivent? Ils

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vont être le développement et la conséquence de cette résurrection et de cette connaissance de la Bible. C’est l’époque de la Réforme, de la lutte des défenseurs du Livre contre la puissance qui le cache, le dénature et l’interdit. Ce sont les siècles des guerres de religion, c’est l’Histoire moderne ; c’est, sous l’influence de la Bible, c’est-à-dire du document dont l’examen a recommencé, avec le progrès dans l’exploration du monde et sa prise de possession par l’homme, la constitution et le magnifique développement de la science moderne.

66. La fin de ces cinq siècles conduit, au XIXe, à la seconde chute du Pouvoir temporel, assez marquée par la date fatidique 1870 qui a changé la face de l’Europe ; de telle sorte que de Constantin qui abandonne Rome à Sylvestre I, à Pie IX qui la restitue au Roi d’Italie, il y a 15 siècles, jalonnés, à cinq cents ans de distance, par Charlemagne et par Philippe le Bel. De même que la Rome antique, de Romulus à Constantin, avait vécu 2 fois 5 siècles, et s’est ensuite transformée en Bas-Empire (Empire d’Orient), lequel commence avec Constantin et finit 2 fois 5 siècles plus tard pour faire place à la domination turque (Andrinople, Capitale des Sultans en 1360), de même la Rome papale, de Constantin à Philippe

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le Bel (Wiclef, naissance de la Réforme), a vécu 2 fois 5 siècles en dominant le monde, puis a commencé sa vie de Bas-Empire.

La première période quinquaséculaire de ce Bas-Empire catholique, occupée par le triomphe de la Réforme chez les peuples qui détiennent aujourd’hui le sceptre du monde, vient de se terminer à la chute de 1870 ; son second terme, dans lequel nous sommes entrés ici depuis un demi-siècle, montre la lutte continuant, le Faux Prophétisme romain s’assagissant par des dehors plus évangéliques en apparence, comme il convient à son intérêt en présence des puissants du jour, mais, pour les esprits clairvoyants, sauvegardant toujours une même direction, et animé d’une même hostilité contre la diffusion du Livre de Dieu dont l’histoire est ici notre argument. Cette seconde phase ou période s’étendrait, par analogie avec le Bas-Empire romain, et par l’application de l’ondulation historique quinquaséculaire, jusqu’au 24e siècle.

67. La période de cette grande évolution du monde que nous venons de terminer, celle de la Réforme, présente dans notre histoire de la Lecture de la Bible un caractère digne à tous égards de l’attention du penseur. Elle n’a pas seulement été le retour à l’Evangile ; elle a vu

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naître aussi et se développer la science du monde externe.

Cela vient de ce qu’en réalité les Réformateurs ont été, par leur examen de la Bible, des hommes de science ; ils sont les précurseurs de ceux qui, après eux et instruits par eux, ont appliqué la même méthode d’investigation personnelle à la connaissance de la création physique. Et c’étaient bien des frères combattant dans des conditions de lutte toutes parallèles, les uns rejetant, pour se mettre devant la vérité de Dieu, les erreurs accumulées par les traditions séculaires d’un faux esprit, les autres, en présence de la Nature, les dogmes philosophiques et toutes les inventions de l’esprit, forgées en dehors d’une méthode vraie, soumise à l’Autorité divine de la Raison.

68. Si, au temps de cette résurrection spirituelle et scientifique, Luther a été l’ouvrier, et l’homme de l’action, Calvin a été tout particulièrement l’homme de science de la Réforme. Lisez, Sire, le livre de science qui s’appelle l’Institution chrétienne ; c’est la substance de l’Ecriture. Calvin définissant avec une précision mathématique la loi du déterminisme absolu dans la pensée et l’œuvre de Dieu, est un précurseur et un modèle de Newton définissant après lui, dans son étroitesse déterminée et son

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caractère absolu, la loi qui enserre l’édifice magnifique du ciel étoilé. On ne prête pas assez attention à cette éclosion simultanée, et comme de cause à effet, qui fait apparaître tout à coup, en créant l’histoire moderne, le retour à la Loi de Dieu ou à l’Evangile de Christ, et la révélation mathématique des Lois de la Création. Ces Lois, d’accord avec la pensée de l’Ecriture, semblent avoir une seconde fois jailli de la Parole.

69. Ces hommes de science, les Réformateurs, n’ont eu qu’à ouvrir le Livre à répandre par lui la lumière, pour voir s’envoler comme des oiseaux de nuit et se réfugier dans les ruines d’un passé compromis, les doctrines du prophétisme romain. Les Germains et les Anglo-Saxons, dont la puissance mondiale devait se substituer à celle du monde latin, ont compris cette lumière intégrale ; et c’est par elle qu’en dernière analyse ils ont transformé la Terre, dont le génie humain, scientifique et pratique, achève à notre époque de prendre possession.

70. En dépit ou à cause même de cette lumière, qui éclaire ou qui aveugle, la lutte cependant n’a pas cessé entre ce nouveau et magnifique facteur de l’économie historique et le pouvoir diminué du Faux Prophète. La tête blessée s’est relevée,

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et comme autrefois elle a blessé l’Ange au talon. C’est un fait fort significatif en effet que l’apparition simultanée de l’Ordre des Jésuites et de la Réforme. L’affirmation précise de la soumission absolue à une autorité humaine et temporelle, substituée à la Parole de Dieu, vient s’opposer à la soumission absolue à la Parole directe de Dieu à l’homme, avec, des deux parts, un caractère qui est propre à l’évolution du temps et sans lequel il ne serait plus possible de réussir : l’appui de la Science.

Il est vrai que les traits du parallélisme sont immédiatement significatifs aussi, quand on constate que la naissance et le développement de la science moderne ont eu pour berceau la Réforme, pour missionnaires des hérétiques tels que Képler et Newton, et que chez la partie adverse dont nous parlons, rien au contraire n’apparaît qui définisse le progrès dans l’ordre générateur de cette science de l’Univers.

En tout état de cause, la dualité des points de vue dans l’ordre religieux nous est un signe donné de deux tendances correspondantes, opposées l’une à l’autre dans l’ordre scientifique. Il y a deux manières de se servir de la science, savoir : soit en laissant à ses principes, indépendants de nous, le soin de s’enseigner par eux-mêmes aux esprits ; soit en en faussant les prin-

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cipes en vue de la domination des esprits ; et dans cette seconde voie, on peut travailler beaucoup et atteindre son but, mais nécessairement sans jamais parvenir à la connaissance de la vérité.

A notre époque, le conflit des deux directions, tant dans le domaine scientifique que dans le domaine religieux, est défini et manifeste.

71. Résumons maintenant notre examen.

Nous nous sommes demandé si l’enseignement direct, de l’Ecriture à l’homme individuel, était conforme à la volonté de Dieu. L’Ecriture nous a répondu affirmativement par des déclarations formelles, et l’Histoire par un fait : C’est par la Science, fruit de cet enseignement direct, que l’homme a assujetti la Terre. Telle est jusqu’à notre époque l’évolution des idées, et tel le stage historique qui nous porte.

72. Une situation nouvelle ouvre maintenant des temps nouveaux. La Bible a fait naître la Science et elle doit désormais, pour subsister, marcher de pair avec elle. Mais la Science est devenue de domaine vulgaire et individuel. Dans l’opinion de chacun, c’est elle seule qui aujourd’hui juge avec certitude et décide de la vérité.

Abondant dans cette voie, le monde a fini par

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soumettre à sa juridiction la Révélation elle-même. Telle est la caractéristique du jour qui s’est levé. La Bible, par un renversement qu’elle-même a provoqué, a échangé dans l’esprit public sa qualité d’Autorité intangible contre celle d’un objet de discussion scientifique.

73. Cet état des choses a mis le Faux Prophétisme dans une situation très difficile et dont les conséquences sont, comme nous allons le voir, considérables pour l’avenir du monde.

La seule solution à la fois possible et logique en présence des approches raisonnées de l’esprit humain, était, dès que l’on croit la Bible une Parole de Dieu, de la faire tout d’abord bien connaître au monde, c’est-à-dire d’en pénétrer les esprits individuels, comme fait le Protestantisme, lui laissant le soin de vaincre auprès d’eux, si elle est la vérité, et par la force propre de ses traits évidents d’inspiration, les opinions évolutives de la Science du jour. Mais ce moyen eût mis du même coup en lumière l’erreur du Catholicisme romain et sa contrefaçon de l’Ecriture, et il équivalait au suicide. Il fallait donc se rabattre sur autre chose. Ne pouvant, en plein jour, défendre scientifiquement la Bible, et opposer science individuelle à science individuelle, puisqu’on redoutait cette Bible elle-même

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comme un adversaire, l’idée devait venir de la déclarer vraie d’office, mais en en étouffant l’examen ; d’établir un divorce radical entre la Raison et la Foi, tout en affirmant qu’il ne peut exister au fond entre elles aucune dissension réelle, et de faire de l’adhésion aveugle à ces décisions une condition méritoire du Salut.

74. Mais de cette solution désespérée, et monstrueuse au point de vue de la raison, un inconvénient bien autrement grave et profond devait surgir, qui, depuis des siècles déjà, prépare l’affaiblissement de l’autorité catholique chez les peuples soumis à son action spirituelle. Cet inconvénient, c’est, par le mépris ou l’indifférence de la Religion, que ce genre de procédés inspire, de rendre ces peuples foncièrement antireligieux, et d’ébranler ainsi le point d’appui essentiel, et jusqu’à la propre condition d’existence, du pouvoir religieux qui s’en sert.

Examinons en effet ce qui arrive dans les milieux dont nous parlons. Si dans une masse inconsciente l’instinct religieux subsiste, la partie avertie et instruite de la société forme une aristocratie intellectuelle, qui, d’ailleurs tout aussi étrangère à la Bible que les déshérités du savoir, apprécie cependant très bien le caractère équivoque et paradoxal des prétentions du Faux

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Prophétisme, et les a définitivement classées. Mais trop légère, et en un sens trop ignorante pour descendre dans la région de la conscience chrétienne, et incapable d’examiner le Christianisme autrement qu’à travers ses préventions contre le Catholicisme romain qu’elle identifie avec lui, elle en arrive, en rejetant le Catholicisme, à rejeter l’idée même et le besoin de la Religion en général. Ainsi, par une conséquence dont il est l’auteur responsable, le Faux Prophétisme a élevé contre lui le rempart d’une incrédulité toujours grandissante, à mesure que le niveau intellectuel de la connaissance allait s’élevant; et, en déshonorant la religion, il a amené la destruction de l’instinct religieux sans lequel lui-même ne peut subsister.

Cet état des choses est assez caractéristique du monde latin moderne.

75. Mais ce dernier fait porte avec lui de nouvelles conséquences, et il en est une aussi singulière en elle-même qu’importante pour la compréhension de l’avenir du monde.

Le Faux Prophétisme ne pouvant, en sa qualité de religion, opérer que dans les milieux où le respect de la Religion existe, mais abandonné, comme on vient de le dire, par sa propre faute, de ceux dans lesquels il l’a détruit, est naturel-

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lement attiré à notre époque vers les plages hérétiques où, sous l’influence de la Bible, on croit encore à Dieu et à un ordre historique établi par Dieu. De là ses efforts visibles pour se faire accepter sous les beaux semblants de sa piété, dans le centre propre de la religion chrétienne évangélique, c’est-à-dire dans le monde anglo-saxon, ou, comme on l’a expliqué plus haut, chez le Peuple Elu lui-même, aujourd’hui ressuscité dans l’Histoire. On voit en effet de nos jours le Catholicisme romain, qui se sent péricliter ailleurs, tendre de toutes ses forces à s’infiltrer et à prendre droit de cité en Angleterre. Ces tentatives, à raison précisément de la descendance israélite, ont, dans le plan historique de l’Ecriture, une signification profonde dont le monde ne tardera pas à se rendre compte.

76. Quelle doit être vraisemblablement l’issue du conflit des deux éléments en présence, le Faux Prophétisme et la Parole de Dieu chez le Peuple Elu?

Nous savons tout d’abord par l’Ecriture que le Faux Prophétisme subsistera jusqu’à la fin des temps, c’est-à-dire jusqu’au Second Avènement du Seigneur; il est même essentiel de remarquer, quant à ses progrès et à ses victoires, que si nous avons pu qualifier d’échec son abandon par

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les milieux antichrétiens qu’il a formés, son œuvre de destruction dans ces milieux a été en réalité le triomphe de l’Esprit mauvais dont il est l’aveugle instrument ; ainsi son histoire passée est en réalité, pour cet Esprit, non une défaite mais un encouragement.

Il importe ensuite d’observer que, le Peuple Elu redevenant puissance politique, ce qui s’est passé sous l’Ancienne Alliance, où sa participation à la direction du monde comme Peuple chef a eu pour résultat caractéristique son idolâtrie, se reproduira vraisemblablement, le même fait dérivant de la même cause, sous la Nouvelle Alliance. La participation appelle la compromission, et un monde religieux où le lien étroit de la Parole de Dieu seulement se relâche devient aisément catholique, parce que l’homme est naturellement idolâtre.

77. En revêtant le Christianisme des oripeaux du Paganisme, le Faux Prophétisme romain a montré en effet qu’il connaissait profondément la nature humaine et le monde dit chrétien. A ce monde, depuis l’empreinte de Jésus, il faut plus que l’idéal trop puéril ou les institutions trop barbares des anciens ; mais il n’a pas renoncé pour cela à ses véritables dieux ; et la religion de la conscience du péché et de l’état de

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perdition, à mesure que le milieu civilisé se développe, progresse et en apparence devient meilleur, lui paraît presque fausse à force d’être sévère et désillusionnante. Le théâtre d’un vaste organisme qui se charge du salut du monde, et auquel il suffit d’acquiescer, non seulement pour être assuré de son salut individuel dans le monde à venir, mais pour recevoir dès maintenant des avantages tout autrement tangibles, porte au contraire en soi, avec le repos, une attraction séduisante. Enfin le Catholicisme romain avec ses manifestations extérieures, ses idoles, son Pape et sa Ville Eternelle, est un système bien visible, une conception populaire et simpliste, que combat désavantageusement la véritable conception de l’Economie du Christianisme, réservée par la Parole de Dieu à ceux qui croient avant tout à son Autorité.

Il est donc très vraisemblable que le Catholicisme romain détruira nationalement l’œuvre vivante de la Réforme chez le Peuple Elu, et, comme le dit l’Ecriture, réduira les « Témoins » à l’état de « corps morts », ou d’organismes sans vie spirituelle.

78. Mais d’ailleurs, pourquoi des inductions, et les signes ne sont-ils pas là de l’évolution spirituelle funeste dont nous parlons?

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Il avait été conforme au rôle de l’Angleterre comme Peuple Elu de répondre par une mise hors la loi aux entreprises du Faux Prophétisme romain. Un Wiclef, un Knox, un Milton, un Cromwell l’avaient compris. Mais, par des sentiments humanitaires et des convenances sociales qui ne sont qu’un manque de respect pour la vérité, — comme aussi par l’esprit papiste déguisé que porte en lui, vu son origine, l’Anglicanisme, en opposition avec les Dissidents et Non-Conformistes évangéliques, — la résistance a faibli avec la foi. La hiérarchie catholique a été rétablie en Angleterre en 1850 ; le Ritualisme y est un culte catholique non avoué. Un autre signe bien déterminé, c’est la suppression, presque certaine aujourd’hui et annoncée pour l’année prochaine 1911, dans le serment des Rois, — lesquels, d’après l’Ecriture, sont les descendants de David, de qui aussi est descendu Christ, — de la condamnation qui y figure du sacrifice antiscripturaire de la Messe, et de l’idolâtrie de la Vierge et des Saints ; ce sera avec la trahison du passé, celle de la Parole du Christ lui-même, et l’asservissement à une imposture.

Cette année 1911 qu’ainsi nous attendons, est d’ailleurs désignée d’une manière extrêmement remarquable dans le système des nombres de la Bible, et intimement reliée par eux à l’Ere des

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Nombres de Daniel (Epoque du Concile de Nicée et de Constantin). On ne se doutait guère, sans doute, au temps du Concile de Nicée, de l’importance capitale de cet événement dans le plan historique et prophétique de la Bible. Les années que nous traversons ne sont pas avec moins d’insistance signalées par elle.

A cette même direction des événements ici envisagée, se rapportent les efforts que tentent le Romantisme et les Humanitaires pour obtenir le Home Rule irlandais. Tout le fait prévoir, l’Irlande deviendra sur le flanc de l’Angleterre une citadelle de Rome, et, comme autrefois les Chananéens, une cause de chute pour le Peuple Elu qui n’aura pas su détruire leurs faux dieux.

79. Or toutes ces tendances qu’aujourd’hui nous observons, sont précisément celles qui préparent et définissent l’état de perversion spirituelle assigné par l’Ecriture aux temps qui précèdent le Second Avènement; cet état, elle l’annonce et elle le figure sous la forme du pouvoir spirituel terrestre de la Grande Babylone, ou de la Grande cité de Confusion des temps de la fin.

En ces temps-là, le monde possédant la Terre, et tout paraissant bien marcher comme dans ceux qui ont précédé le Déluge, il y aura, par

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la compromission et l’union du Peuple Elu, d’Israël et de Juda, avec le Faux Prophète, pour l’Eglise une détresse spirituelle, pour les Elus une séduction, telles qu’il n’y en aura jamais eu de semblables depuis qu’il y a des nations ; et seules peuvent, dans sa réalité et sa profondeur, faire comprendre cette situation les paroles du Seigneur quand il annonce ces choses : « Quand le Fils de l’Homme reviendra, croyez-vous qu’il trouve encore de la foi sur la Terre ? ». Une seconde fois il aura été trahi par les siens, et le Diable, une seconde fois, sera entré dans Judas.

C’est dans ces conditions du monde qu’arrivera le Second Avènement.

80. Telle est, Sire, nous conduisant à la fin de l’Economie historique, la conception de l’Histoire temporelle et spirituelle de l’Humanité, que la Bible présente et enseigne à ceux qui la lisent.

Enfants d’un milieu faussé, aveuglés par lui, il nous est malaisé peut-être de reconnaître le caractère profondément funeste d’un pouvoir spirituel puissant qui, sous les dehors d’une parfaite justice, comme ces Pharisiens bien vus du monde, sans cesse combattus par Jésus et qui l’ont mis à mort, pervertit des voies qui sont droites ; et qui nous séduit dans la mesure où nous sommes infidèles à une Charte donnée par

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une Parole. Cette Parole cependant nous a avertis. L’Histoire presque écoulée nous montre ce Pouvoir comme du doigt. C’est celui qui partout et toujours a persécuté ceux qui prétendaient se tenir à la Parole donnée. Il a si bien embrouillé les choses, agrippé les esprits par ses paradoxes et séduit les âmes par sa magie, qu’il est presque impossible, sans couper le nœud à l’épée, de revenir sur ses pas et de se dégager. Pratiquement le devoir est donc, pour chacun de nous, d’approuver, en nous rangeant de leur côté, ceux que l’Histoire nous montre avoir rejeté de cette manière les liens de l’erreur. Ces gens-là n’étaient pas des révoltés, mais bien les serviteurs fidèles du Maître.

81. Toutes ces réflexions, seule l’Autorité de la Bible, non celle de l’auteur, est assurément qualifiée pour les formuler. On les trouvera assez justifiées par l’examen de son livre. S’il proteste, car cela est vrai, qu’il ne s’agit en ceci que des idées et non des personnes, il est néanmoins inévitable que des âmes devant la valeur desquelles il n’a qu’à s’incliner, mais dont les plus chères convictions sont condamnées par l’Ecriture, se sentent froissées, et récusent, pour le moins comme une injustice, ce que l’Ecriture ordonne cependant de faire connaître. Il a assez exprimé

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dans ses ouvrages antérieurs les sentiments que cette situation lui fait éprouver, et il ne peut ici que les réitérer. Les vérités exposées sont la suite logique de ses premiers travaux, et, l’expérience de la vie le démontre à tout homme suffisamment observateur, nul ne choisit lui-même sa mission.

Les Difficultés intellectuelles du Christianisme et leur Solution en Christ.

82. Au reste, ceci introduirait pour chacun, après la considération des conditions historiques du Christianisme dans la collectivité humaine, celle de sa direction pédagogique à l’égard des individus. Et ici encore la pensée de l’homme est bien différente de celle qu’impose l’Écriture.

Pour beaucoup, l’idée de la Religion se confond avec celle d’une paix assurée à la fois intérieure et extérieure ; et il faut bien reconnaître que cette disposition optimiste n’est nullement conforme à l’esprit de la Parole.

83. Nous venons déjà de remarquer que l’étroitesse d’un conflit où notre personnalité est engagée, et qui nous met aux prises avec des adversaires de la vérité, définit, pour le Christianisme individuel, la situation externe. Mais il y a beau-

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coup plus. On aurait tort de se figurer que, même en écartant, si c’était possible, les considérations de milieu et d’action, le repos puisse exister dans la sereine contemplation de la vérité chrétienne prise en elle-même, car jamais problème n’a été mieux fait que le Christianisme pour troubler notre quiétude par les mystères insondables qu’y provoque la rencontre du fini et de l’Infini ; et la paix de l’esprit ne s’y soutient que par l’héroïsme courageux d’une Raison qui n’accepte ces mystères que parce qu’elle-même les prévoyait.

84. On peut dire que les obscurités insolubles dont nous parlons sont renfermées dans l’idée de la Toute-puissance de Dieu ; cette notion entraîne avec elle toutes les difficultés du Déterminisme absolu de la pensée divine. Si Dieu est Tout-puissant, tout ce qui est, est par sa Volonté, puisque si une seule chose était qui ne fût pas par sa volonté, il partagerait sa Puissance.

Ce Déterminisme n’est d’ailleurs pas une spéculation métaphysique qu’on puisse se croire le droit ou la possibilité de récuser en l’écartant. En dehors même de ses affirmations écrites formelles, la Bible y contraint par le fait externe du système de ses nombres ; ce système montre les événements et les hommes enserrés, avant

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même la Création, dans un ensemble mathématique.

85. On dira qu’aux yeux de la Raison, et pris en soi, le fait du déterminisme, pour être accepté, ne demande qu’une lumière à notre mesure. Comme on vient de le dire, il se confond avec l’idée de la Toute-Puissance de Dieu, puisque rien ne peut être qu’Il ne l’ait voulu être.

Mais ce qui soulève un problème insoluble, c’est, au nombre des réalités que nous constatons dans l’œuvre de Dieu, l’existence du Mal, c’est-à-dire la violation de ses Lois.

86. Toute l’encre que les théologiens ont répandue sur cette question n’a rien ajouté à son obscurité, tant elle nous dépasse naturellement. Les misérables compromissions par lesquelles on a tâché d’en atténuer le scandale, ne sont que des puérilités, auxquelles en effet un enfant répondrait (par exemple quand on dit que Dieu n’a pas voulu le Mal, mais qu’il l’a seulement permis ; comme si l’idée même qu’il le permet n’impliquait pas qu’il avait le pouvoir de l’empêcher, et que, s’il ne l’empêche pas, c’est donc qu’il le veut).

87. D’ailleurs l’Écriture enseigne nettement à

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travers toute son étendue ce déterminisme du Mal. Deux traits suffisent qui remémoreront tous les autres. Dans l’Ancien Testament, au sujet de l’ordre prédestiné qui règle toute l’œuvre de Dieu, il est déclaré que : « Toutes choses sont » faites de manière qu’elles s’entre-répondent, » et même le méchant pour le jour de la cala-» mité » ; et dans le Nouveau Testament, le Seigneur en personne nous déclare qu’ « Il ne se » peut qu’il n’arrive des scandales ; mais malheur » à celui par qui le scandale arrive ». Et ces déclarations explicites feraient défaut, que les faits externes enseignés par les nombres de la Bible se chargeraient d’une manière visible et effective de nous contraindre à cette redoutable vérité. Ainsi que le fait voir la Mathématique de l’Histoire, le lieu de la Chute de l’Homme était géographiquement désigné ; la date du Déluge qui devait punir les crimes de la première humanité était d’avance reliée à la loi du relief de la Terre ; — et la position du centre d’action du Faux Prophétisme (c’est-à-dire Rome) était géodésiquement repérée aussi sur la Terre géographique, par le nombre précis 666 que l’Écriture indique comme la Marque qui servira à faire reconnaître le Faux Prophète.

88. La réponse que fait la Bible aux tristesses

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irraisonnées ou à la révolte de l’esprit humain en présence de ces déclarations et de ces faits, c’est celle que la Raison interrogée ferait elle-même ; savoir qu’elle est finie, et qu’en présence de l’Infini, elle ne doit pas s’étonner de rencontrer des objets qui la dépassent en la confondant.

Dans l’Ancien Testament, le Livre de Job est celui de l’homme qui, créé juste, ne peut comprendre que, même tombé et pécheur, il soit coupable, puisque tout l’ordre des choses est l’œuvre de Dieu. Or il ne lui est répondu que par l’affirmation de l’Incompréhensibilité de Dieu pour l’esprit humain, et, (sous la forme du Béhémoth et du Léviathan, qui correspondent aux Bêtes de la Terre et de la Mer de l’Apocalypse), par la révélation que les Puissances du Mal elles-mêmes sont son œuvre magnifique.

Semblablement, dans le Nouveau Testament, l’homme moral est figuré, dans son rapport à Dieu, par l’argile dans la main du potier ; et à l’objection que l’homme avance dès lors contre Dieu : « De quoi donc se plaint-il ? », il est répondu : « Et toi, homme, qui es-tu pour contester avec Dieu » ; ce qui revient à rappeler à l’homme, par sa Raison, la vraie mesure et le vrai rapport des choses, qui est celui du fini à l’Infini. Ainsi, dans cet ordre, comme en mathématiques, c’est à la Raison, qui nous contraint sans nous per-

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mettre de comprendre, que nous devons savoir obéir.

89. Nous sommes donc personnellement engagés dans un système spirituel déterminé dont nous ne comprenons pas l'équité, et dont les lois sont aussi inéluctables et inexorables que celles dont l'Univers physique nous donne des exemples. Ces dernières lois, nous ne les récusons pas ; nous en considérons au contraire la connaissance comme la plus sublime des conquêtes. Il en doit être de même des autres. Dans le système spirituel, la loi inexorable est celle qui lie indissolublement le malheur du Mal ; qui par conséquent lie l'état de péché, d'où qu'il vienne, objet de fait qui nous sépare de Dieu, à cette inévitable conséquence, un malheur éternel et sans issue.

Tel est l'état des choses, et notre situation personnelle.

90. L'idée des lois immuables est bien profonde dans l'esprit humain ; elle n'était autre chez les Anciens non éclairés par la Révélation, que celle du Fatum ou du Destin aveugle, qu'ils mettaient par dessus tous les dieux. Et une vérité se cachait ainsi dans une erreur, car ce Destin auquel, pour eux, les dieux mêmes obéissaient. n'était qu'une autre révélation de ce qui, pour nous, est incom-

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préhensible en Dieu, et que notre Raison nous contraint de reconnaître et d'accepter dans les régions inaccessibles de Dieu lui-même.

91. C'est entouré de ces obscurités, que se présente, démontré par la réalité de l'ordre mathématique déterminé dont il fait partie, le fait transcendant qui est la substance et la définition du Christianisme, savoir que l'Être des Êtres, le Créateur sans lequel pas un atome ne pourrait continuer à exister, est descendu dans nos propres ténèbres pour les partager personnellement ; et pour cela s'est incarné dans le corps misérable de l'homme, a versé son sang au cours d'une agonie indicible par ses angoisses morales, et, plus fort que ses Lois, a détruit pour nous, en se vainquant en quelque sorte Lui-même, les conséquences fatales de la Mort et du Péché.

Ici même se révèle le Fatum ou le Destin, car il est écrit : « Il fallait que le Christ souffrît ».

92. Mais ce fait de la Rédemption ne supporte aucun rapprochement, au point de vue de la difficulté intellectuelle. avec les obstacles irréductibles qui d'abord s'étaient opposés à nous dans l'ordre de la Raison pure. En ce qu'il nous donne l'idée la plus sublime du caractère de Dieu, ce fait n'est pas une obscurité, c'est une

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lumière. Et nous nous rendons compte aussi que c'est la première, et jusqu'ici la seule, que nous rencontrons.

Or ce fait que la Rédemption est ainsi notre unique lumière, nous conduit à une conséquence capitale. Nous devons conclure de là en effet, que, dans l'ordre de la dispensation intellectuelle : Christ est ce qu'il y a en Dieu de compréhensible pour nous ; et de cette grande vue elle-même nous tirons immédiatement une autre conséquence encore plus importante, savoir : qu'il est contraire à la Raison, par conséquent, dans l'espèce du sujet, impie, de chercher Dieu en dehors de Jésus-Christ, puisque en effet, en dehors de Jésus-Christ le caractère de Dieu étant incompréhensible pour nous, si nous cherchons Dieu en dehors de Jésus-Christ nous ferons nécessairement dieu une image forgée par notre esprit, ce qui est la caractéristique propre de l'idolâtrie. Le caractère de Dieu, c'est le caractère de Jésus-Christ ; une preuve pratique se tirerait du seul fait que, lorsque nous pensons à Dieu et à l'organisation incompréhensible du monde, tout autre caractère parfait que nous lui attribuons nous porte, par des conséquences contradictoires irritantes, à blasphémer. Seul le caractère de Jésus-Christ ne suscite pas ce résultat.

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93. C'est par un écart en dehors du caractère de Jésus-Christ que nous avons, notamment, hérité de l'Antiquité païenne, par l'intermédiaire des Philosophes, l'idée antiscripturaire de l'impassibilité de Dieu. Le Maître souverain se trouve par là perdu, aux yeux de la majorité des Chrétiens, dans l'immuabilité d'un Paradis, comme autrefois il était relégué par les Anciens dans l'Empyrée. Or rien n'est plus opposé que cette conception humaine et dérisoire à la Vérité révélée. L'Ancien Testament déclare que «l'Eternel est en angoisse avec nous dans toutes nos » angoisses », et, dans la Nouvelle Alliance, le Christ définit le caractère de Dieu sous la forme où la douleur morale maîtrisée, d'autant plus poignante, auréole la suprême dignité, c'est-à-dire sous l'image auguste du Père.

94. L'idée de la compassion de Dieu, ou de la souffrance par Lui personnellement partagée, est la pensée qui ne monte pas au cœur de l'homme, en dehors du Christianisme. Cette conception profonde du caractère de Dieu est seule capable de nous le faire aimer. Ce n'est pas une invention philosophique. C'est la substance même et le secret de la Révélation. Le Père ne nous est connu que par Christ, Emmanuel ou Dieu avec nous. Christ a été l'homme de douleurs, et

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Christ est Dieu béni éternellement ; donc c'est Dieu béni éternellement qui est l'homme de douleurs. A ceux qui lui demandent de leur montrer le Père, il répond : « Celui qui m'a vu a vu le Père. … », et pour montrer dans son épreuve la part de l'Être Eternel : « Mon Père et Moi », dit-il encore, « travaillons à cette heure ».

« Dieu a tellement aimé le monde qu'il a » donné son fils unique afin que le monde ne » périsse point ». Donc l'Eternel s'est imposé un sacrifice tel que celui d'un Père qui donne son enfant. Ces mots disent, sans quoi ils n'ont pas de signification pour nous et ne peuvent nous émouvoir, que Dieu a eu le courage de s'imposer, par amour pour nous, la plus profonde des souffrances morales, une souffrance telle que, devant nos yeux, nous en contemplons une dans le Christ en Gethsémané. Si cette souffrance n'a pas été, si elle n'est pas actuellement encore, réelle, l'Esprit priant pour nous, le Fils, en Dieu, intercédant auprès du Père, le Christianisme n'a aucun sens. Mais que plus d'un chrétien s'interroge cependant et se demande si, quand il pense à Dieu, la figuration idolâtre qui se présente d'abord n'est pas celle d'une Impassibilité majestueuse extérieure à Christ, et qui n'a aucun rapport avec le vivant caractère de Christ, Dieu avec nous. Nous pouvons, quand nous ne nous

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tenons pas ferme à l'Écriture, être, à notre insu, bien éloignés de la vérité qui fait vivre.

Ne cherchons donc pas Dieu dans le vide des airs ; plus maîtres de notre pensée, ne le cherchons pas même sur la Terre à travers Jésus ; mais constamment, incessamment et uniquement, voyons-le en Jésus lui-même. Ainsi seulement nous apprendrons progressivement à connaître dans une relation personnelle le caractère de Dieu. En dehors de cela, nous nous adressons à des idoles.

95. Nous conclurons, avec solidité, de nos réflexions qu'en ce qui concerne les obscurités intellectuelles, insurmontables pour notre esprit fini, que présente l'idée de Dieu en conflit avec l'organisation du monde, l'enseignement du Christianisme doit, sans aucune atténuation, en définir le scandale, en suivant sur cela la méthode de l'Écriture elle-même, et les signaler comme la preuve la plus instructive et la plus utile pour notre édification spirituelle, de notre anéantissement devant la Toute-Puissance de Dieu. C'est la rencontre du fini et de l'Infini ; et dans cette solution énergique seule notre esprit trouve la paix.

Repoussés par ces ténèbres, cet enseignement doit ensuite, par cela même nous conduire à

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Christ ; car nous cherchons la lumière, et Christ est la seule lumière que nous trouvons dans tout l'ordre de l'Écriture et de la Création. Tout le reste est pour nous aussi certain qu'incompréhensible.

La conclusion dernière de cet enseignement sera donc, qu'en Christ, et en Christ seul, Dieu est compréhensible aux yeux ouverts et aux cœurs inclinés. La vérité et la charité s'y rencontrent et bannissent la crainte, et l'homme apprend à aimer Dieu.

C'est ce Christianisme orthodoxe, Sire, qui est la vérité ; que nous le voulions ou non, nous ne pouvons pas avoir, d'après les faits, une conception différente de l'ordre établi par Dieu.

96. La Raison, qui procède de l'Infini en ce qu'elle connaît ce qui la dépasse, nous contraint donc vers une portion limitée de connaissance qui nous est octroyée. Cette portion est bornée, ses conditions concrètes, ses voies étroites.

Nous savons avec certitude que, dans le système de l'Univers, les hommes pécheurs sont des créatures destinées à la perdition ; que, tous les hommes étant pécheurs et le malheur étant inséparable du mal, telle est la destinée de tous, quels qu'ils soient, car « Tous sont pécheurs et privés » de toute gloire devant Dieu », et « Devant Dieu

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» il n'y a pas acception de personnes ». Le sacrifice sanglant de Jésus-Christ était nécessaire pour qu'une partie des hommes, ceux qui iront à lui pour avoir la vie (car il y a des esprits qui résisteront indéfiniment à la vérité, et dont la perdition définitive et éternelle est donc juste), échappe à cette perdition déterminée.

Sans Jésus-Christ, la vie de l'homme pécheur est un malheur fatal, sans remède et sans issue.

Par Jésus-Christ, notre vie de péché est un malheur réparable.

Sans comprendre pourquoi cela est, nous savons que cela est. Les humanitaires sont optimistes ; ils sont aussi contents d'eux-mêmes que de l'Univers ; mais ils n'apportent aucune preuve ; tandis que, par la Bible, nous avons des preuves mathématiques et ces preuves démontrent que la vérité est au pôle opposé de leurs imaginations.

LE DEVOIR DU TÉMOIGNAGE.

97. Il reste une dernière face à envisager dans le procès didactique que nous venons de suivre. Un trait extrêmement remarquable ne doit pas en effet nous y échapper. Il consiste en ce qu'en résumant tout en Christ, il nous arrache à la contemplation intellectuelle, pour

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résumer aussi dans la vie et dans l'action notre vocation et notre devoir chrétiens.

Christ en effet ne s'est pas manifesté par une idée, mais par des actes, par la réalité concrète d'une lutte étroite avec le monde.

98. La contemplation et la connaissance, nous les possédons. La science prouve et délimite en rigueur mathématique la réalité de tous les fondements de l'Écriture. On niait le surnaturel et le Miracle, on ne voulait que des preuves externes et des mesures ; et voici que la Bible, ou le Livre de la Science de l'Homme et de Dieu, considérée dans ses seuls caractères de construction mathématique, dans sa connexion avec l'Univers externe, non seulement prouve la réalité du Miracle, mais apparaît elle-même, par ses nombres, comme étant un Miracle que des mathématiciens et des ingénieurs pourront contrôler, c'est-à-dire un Signe actuel, intentionnellement donné au monde de l'authenticité et de l'autorité de la Révélation.

99. La certitude est donc un fait accompli. Mais c'est ici que la Vérité nous attend. Après nous avoir tout donné, elle va nous demander quelque chose ; et ce quelque chose, puisque toute notre

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valeur est dans l'action, c'est d'être des témoins de la Vérité.

100. Cette injonction de la Vérité, Sire, qui se présente ainsi au dernier stage de nos réflexions, c'est d'ailleurs aussi le trait le plus impératif de la Doctrine même du Christ. Il nous a ordonné, ayant les yeux fixés sur lui, qui est le « Fidèle Témoin », de témoigner dans le monde pour la Vérité. Or la Vérité, qu'est-ce d'après lui? La Vérité c'est la Parole de Dieu. Il n'a cessé de lui rendre témoignage, et elle a rendu témoignage de lui.

De plus, si le Témoignage est un ordre : « Vous » me servirez de témoins jusqu'aux extrémités de » la Terre », il est une condition du salut : « Si tu » confesses le Seigneur Jésus de ta bouche… tu » seras sauvé ; on fait confession de la bouche pour » (obtenir) le salut »; et enfin le refus ou la dissimulation du témoignage entraîne la condamnation : « Si quelqu'un a honte de moi et de mes » paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui » quand il viendra dans sa gloire… »

101. Cet ordre de témoigner, et la forme qu'il revêt, car tout est voulu et précis dans l'Écriture, comportent des enseignements pratiques essentiels.

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D'abord cet ordre confirme, par son existence même, que, le monde étant plongé dans le mal, il y a chez lui hostilité de principe à la connaissance de la vérité, c'est-à-dire de la Parole, sans quoi il ne serait pas nécessaire de témoigner pour elle.

Le caractère personnel et universel de l'injonction montre ensuite que ce témoignage doit être toujours possible ; et cela implique qu'elle met chacun de nous en face des conditions ordinaires et déterminées de son existence de chaque jour, estimant que celles-ci nous imposeront assez d'elles mêmes, sans que nous ayons à les provoquer artificiellement les occasions et le devoir de porter notre témoignage.

Enfin, l'ordre de témoigner déclare que son objet est Christ et les Paroles de Christ, ce qui suppose, sans quoi il serait vide de sens, la connaissance personnelle de Jésus-Christ et de la Parole de Dieu.

102. Ces conditions, qui sont générales, semblent dictées particulièrement pour notre temps et notre milieu ; car l'acte, aussi clairement qu'impérieusement commandé, dans lequel elles résument leur accomplissement, y est à la portée de tout le monde. Cet acte c'est, puisque la Bible est la Parole de Dieu, c'est-à-dire la Vérité à

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laquelle nous sommes appelés à rendre témoignage, de lire la Bible, de la faire lire, de l'installer à notre foyer familial où nous en suivrons fidèlement les enseignements ; et, cela fait, par aucune de ces compromissions que le monde approuve, de ne lui laisser ignorer que nous agissons ainsi.

103. Le fait d'ouvrir pour le méditer, en nourrir nos âmes et lui obéir, le Livre qui, du consentement universel, est le fondement de la foi chrétienne, semble d'abord une chose si naturelle et si simple, qu'on ne s'aviserait pas d'y découvrir un acte dont l'accomplissement demande quelque courage en rencontrant quelque hostilité. Et cependant le fait monstrueux existe, qu'à raison du milieu où nous vivons, cette petite chose exigerait, de la part de beaucoup, un héroïsme continu tel, que leur conscience faiblit devant le danger, et la mesure du dommage temporel auquel ils s'exposeraient.

104. Il n'y a rien d'exagéré, Sire, dans cette constatation, et ce que je vais dire tout à l'heure le confirmera encore. Mais il est facile de concevoir qu'il n'en peut être autrement, quand on connaît l'Écriture. La Bible en effet, dès qu'on l'interroge personnellement et sincèrement, de-

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vient un éducateur d'une autorité telle qu'elle rend impossible pour l'homme droit, la continuation d'une compromission quelconque avec les déformations du principe chrétien et les idolâtries sacrilèges qu'elle condamne. Or le pouvoir terrestre que l'Histoire et l'Écriture nous ont appris à connaître, et qui a institué ces choses-là comme moyens de domination, sait si bien que la Bible est pour lui l'ennemi, qu'il emploie de manière courante la coercition des intérêts matériels pour étouffer dans les âmes le travail de l'Esprit Saint.

Cette opposition impie à la volonté de Christ met en œuvre des procédés variés, appropriés aux différentes classes du milieu social, et il est évident, quand on examine l'État des esprits dans notre pays, que ces efforts ne réussissent que trop.

105. Les faits concrets définissent le mieux une situation. Ceux que je vais dire peuvent vous la rendre personnellement plus frappante par le caractère plus familier des lieux.

A Ostende, où les circonstances me conduisent à vous écrire cette Lettre, il y a environ 120 protestants flamands. Leur isolement dans le milieu est en lui-même un élément favorable à l'atta-

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chement et à la foi. Ils ont une petite Eglise évangélique.

J'ai eu l'occasion d'y parler avec un colporteur flamand de la Bible, un de ces obscurs serviteurs de Jésus-Christ qui, dans cette Flandre Occidentale, autrefois si près, aujourd'hui si éloignée de la connaissance de l'Evangile, va dans les campagnes et les villages porter l'Evangile et annoncer Jésus-Christ. Il m'a parlé de l'hostilité à laquelle, lui, travailleur isolé, est en butte de la part d'un pouvoir religieux tout puissant ; il m'a dit d'autre part avec joie l'intérêt intime et profond que beaucoup de ces paysans flamands, éclairés par la Bible, prennent maintenant à sa lecture ; mais, c'est en se cachant et en la cachant. Car, observait-il : « ils n'osent pas témoigner leur foi, ce serait trop dangereux ».

Et je pensais, Sire, que, dans toute l'étendue de l'échelle sociale, on pourrait, par le temps qui court, en dire autant ; qu'il n'est hommes si élevés dans l'ordre de nos concitoyens et ayant contact, eux aussi, avec cette puissance-là, qui pourraient sans en souffrir quelque dommage, prendre la Bible, s'instituer, eux, pères de famille, prêtres chez eux ; commémorer avec leurs enfants, avec leurs fils dont ils veulent faire des hommes, le souvenir de la mort de Christ, comme il nous l'a cependant commandé à tous dans sa

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Sainte Cène ; que ces hommes ne pourraient, sans s'exposer à quelque tracas, s'unir, s'ils le voulaient, à leurs frères chrétiens dans une Eglise évangélique, où on suit fidèlement la Parole de Dieu, l'enseignement de Jésus et de ses Apôtres ; aller même seulement assister à une de ces réunions pour s'en rendre exactement compte, agir enfin en hommes libres devant Dieu, — sans devoir compter avec le pouvoir illicite de ceux qui dans leurs Cathédrales prétendent faire courber sous leur joug jusqu'au front de nos Rois ; et je me répétais la parole de l'humble colporteur, de ce serviteur courageux et fidèle de Jésus-Christ : « ils ne pourraient pas faire cela ; c'est trop dangereux ».

106. Telle est bien la situation, et elle dit tout.

Elle peut faire connaître à chacun, s'il veut tenter l'expérience personnelle, d'une fidélité courageuse à la Bible, de quel côté se trouvent l'erreur efficace, la séduction et la domination des âmes, que la Bible annonçait.

Elle nous autorisait bien aussi à dire que l'acte fondamental du Témoignage public que le Christ nous ordonne de rendre, est l'adhésion à la Parole de Dieu. Laissons à cette Parole elle-même le soin d'instruire dans toutes les conséquences que ce Témoignage emporte, ceux qui

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seront ainsi d'abord allés à elle ; et pour les encourager en présence des obstacles que le monde ne manquera pas de leur opposer, rappelons leur seulement les paroles de Celui dont l'approbation vaut mieux que la sienne : « Si quelqu'un a honte » de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme » aura honte de lui quand il viendra dans sa » gloire... Quiconque me reniera devant les » hommes, je le renierai aussi devant mon Père » qui est dans les cieux ».

107. Lisez donc la Bible, Sire, et approfondissez-en sans cesse la connaissance. L'ordre propre du sujet conduit, et une étude effective enseigne à en compulser personnellement les nombres, en suivant la voie que tracent dans cet ouvrage des faits externes uniquement tirés de la Bible elle-même.

Quand vous vous serez ainsi assuré par vous-même, en consultant toujours la Bible, de la parfaite validité des données, la conviction aussi s'imposera à votre esprit de l'interprétation unique qu'elles comportent.

108. Le travail actuel, en dehors de sa portée spirituelle supérieure, met en évidence des éléments de connaissance qui, à d'autres égards, quoique toujours d'une manière connexe, peuvent aussi vous intéresser.

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La Loi de l'Histoire, que la Bible repère par ses nombres et dont elle donne la période par le temps de Daniel, avait été découverte d'une manière entièrement indépendante de tout ceci, par un Officier sorti de l'une des premières promotions de notre Ecole militaire, de la même génération que Brialmont, Liagre, — le Major Brück. La période quinquaséculaire de 516 ans de Brück n'est autre que le Temps de 516 ans de Daniel.

Brück, Sire, est par cette Loi de l'Histoire un homme de génie dont la Patrie doit être fière ; et nul doute qu'un jour elle ne tienne à honneur de le reconnaître.

Un autre trait de l'œuvre de Brück n'est pas moins digne d'être cité, dans l'ensemble d'idées qui nous occupe. C'est la Loi quadrangulaire du relief de la Terre, fait géographique évident que mettent en œuvre, dans leurs données directrices, la Mathématique de l'Histoire et la Bible, et qui remplacera sans nul doute dans l'avenir l'extraordinaire et déraisonnable conception actuelle de la Terre tétraédrique, ou ce qu'on appelle la Théorie de Green.

Il est certainement remarquable que la Belgique, que notre Ecole militaire, ait été choisie pour foyer du développement d'idées actuel. Par la transmission d'acquis successifs et indépen-

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dants, ressortissant à un même centre d'enseignement, s'est constituée une synthèse, dans un ordre de vérités qui semblait devoir rester toujours inaccessible à la forme mathématique.

109. Convaincu, Sire, de la portée capitale de cet ensemble, et tout particulièrement de l'utilité du travail actuel, où, par ses seuls moyens, la Bible se démontre document surnaturel, donnant réponse par une voie scientifique aux problèmes fondamentaux qui tourmentent la pensée de l'homme, je me suis adressé à vous comme au premier de mes concitoyens, quoique ma pensée s'adresse à tous, puisque dans cet ordre l'intérêt est unique et le niveau égal.

Mais j'y ai été encouragé par l'estime personnelle qu'inspirent votre généreuse indépendance d'esprit et l'élévation des tendances que vous avez manifestées avant même d'être le premier d'entre nous.

Le fait d'être ainsi compris n'est pas une marque de noblesse dont il faille faire peu de cas.

Je vous demande donc, Sire, de lire cet ouvrage, certain qu'il est non seulement digne d'être médité, mais qu'il est aujourd'hui absolument nécessaire à ceux qui cherchent sincèrement la vérité; et moins par allusion au caractère

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mathématique concret des faits externes qui en font la substance et la force, que dans la pensée des conséquences qu'ils emportent pour chacun de nous, je Vous propose la parole de Celui qui est notre Maître à tous : « Jugez vous-même de ce qui est juste ».

Ostende, le 4 Juillet 1910.

Ch. LAGRANGE.

[page sans numéro — liste des Notes — scan 00116]

Suivant ce qui a été indiqué au bas de la page [7], les Notes ont pour en-têtes les §§ de la Lettre auxquels respectivement elles se rapportent. Voici la liste de ces §§.

§§   1                  |  §  60,  62,  68
     17, 19             |     76,  78,  79
     22, 24, 25, 26     |     87,  88
     31, 32, 35, 39     |     90,  91,  93,  94,  95,  96
     40, 41, 42, 43, 44, 47, 49  |  100, 105, 109.
     50, 51, 57, 58, 59 |

[page blanche — scan 00117]

[Notes de la Lettre — scan 00118]

NOTES DE LA LETTRE

§ I.

Sur la concordance qui existe entre la loi historique de Brück, la chronologie de la Bible et celle de la Grande Pyramide de Chéops, avec une interprétation nouvelle du plan prophétique de la Révélation. (Bruxelles, Hayez, 1 vol. in-8°, pp. 1-226, avec planches, 1893).

The Great Pyramid, by modern science an independent witness to the literal chronology of the Hebrew Bible and British Israel identity, in accordance with Brück's Law of the life of nations : with a new interpretation of the time prophecies of Daniel and St-John. (Édition anglaise de l'ouvrage précédent, contenant cinq appendices nouveaux par l'auteur, et une préface de M. Piazzi Smyth, Late astronomer royal for Scotland.) (Londres, Burnet and C°, 1 vol. in-8°, pp. XII-278, avec planches, 1894.)

Mathématique de l'Histoire (géométrie et cinématique). Lois de Brück. Chronologie géodésique de la Bible. 1 vol. gr. in-8°, 884 pages, 27 planches et figures. (Bruxelles, Kiessling, 1900).

§ 17.

SUR LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE ET LES DÉVIATIONS EN DEHORS DE CETTE MÉTHODE.

Nous disons que la tendance doctrinale de la Science négatrice, et les erreurs de faits introduites par elle dans des

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branches fondamentales de la Science du monde extérieur, procèdent de déviations en dehors de sa propre méthode de recherche. Comme nous allons le voir en traitant de la Grandeur mathématique et de la Géométrie, cette critique s'adresse, dès ces objets abstraits, à la mise en œuvre par cette Science de ses éléments méthodiques instrumentaux : observation et expérience. Mais nous avons tout d'abord à mettre en évidence un objet beaucoup plus général et plus caché, savoir l'oubli qu'elle témoigne de la véritable nature du principe premier sur lequel elle-même prétend fonder toutes ses déductions, et dont elle fait usage sans connaître la véritable portée dogmatique de son acceptation. Ce principe, c'est le Criterium de la Raison.

A. LA MÉTHODE.

a). Chacun peut observer sur lui-même (1) qu'à sa science, quelle qu'elle soit, reposant sur l'exercice de sa Raison, cette Raison constitue pour lui un Maître ; que c'est en outre un Maître sans appel, puisque, fût-ce pour la contredire ou pour la répudier, c'est encore et toujours d'elle-même à elle-même qu'il en faudrait appeler. C'est donc une Autorité telle que nous ne pouvons la rejeter sans nous condamner à ne plus avoir aucune pensée, pratiquement à ne plus prononcer un seul mot.

En nous élevant au-dessus de la Raison elle-même considérée comme contingence, nous dirons donc que le principe premier de la Science, c'est que nous avons un Maître.

La constatation personnelle de cette vérité, amenée ainsi pour chacun par une expérience directe, devrait être introduite

(1) Voir pour l'exposé de la Méthode de recherche, Étude sur le Système des forces du monde physique, p. 556. (Mém. de l'Académie, in-4°, t. XLVIII, 1892, pp. 1-728).

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à la base de l'Enseignement, où, la réflexion le fait comprendre, elle constituerait la démonstration pratique, immédiate et indélébile, de l'existence de Dieu (1). Pour le moment elle justifie déjà une partie de nos critiques, en prouvant que la notion d'un Dieu ou d'un Maître, dont la Science négatrice ne veut pas, est à la racine de la méthode dont elle prétend se servir rationnellement ; et cela de telle façon que, si elle récuse cette notion, elle est, sur tout le reste, logiquement réduite au silence.

b). Ceci posé que nous avons un Maître, et que ce Maître est sans appel, notre Science en effet est impossible sans l'adhésion de notre esprit à son autorité ; mais dès lors elle repose donc tout entière à son origine sur un Acte de foi, et tout son progrès comme toute sa Méthode consiste, en toute circonstance, à accepter des décisions sans appel, où qu'elles puissent le mener et à quoi qu'elles veuillent le contraindre. Cette condition de la Science s'appelle la Conscience intellectuelle, ou, si l'on veut, Sincérité.

c). Une conséquence naturelle quoique assez inattendue résulte de là, qui établit d'un coup la connexion entre la Science et la Religion ; à savoir qu'en Science, c'est-à-dire

(1) La Raison en effet n'est pas seulement un lien qui contraint les mouvements de la pensée. C'est une puissance d'un ordre supérieur à notre esprit, puisqu'elle lui commande. En ce qu'elle nous prouve ainsi que nous avons un Maître absolu et sans appel, c'est une forme de l'autorité d'un dieu, et par conséquent, comme nous le disons exactement, une démonstration de l'existence de Dieu.

L'expérience prouve d'ailleurs que qui reconnaît ainsi en sa Raison une Autorité extérieure, laquelle commande, approuve ou désapprouve, récompense ou punit par le remords intellectuel, croit nécessairement par là à l'existence de Dieu.

La difficulté de compréhension de cette vérité ne peut venir pour beaucoup que de ce que l'ordre intellectuel leur est moins familier que l'ordre moral ; car dans ce dernier, ils connaissent d'eux-mêmes pour la Conscience, ce que nous remarquons ici, dans l'autre, pour la Raison.

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dans le domaine en apparence le moins dépendant des dispositions de l'âme, c'est cependant une qualité du caractère qui, plus au fond que l'intelligence proprement dite, est mise en jeu par le jugement.

En d'autres termes, et quelque étrange que cela paraisse, il nous est impossible d'arriver à la vérité intellectuelle sans une lutte de nature morale. Cette lutte c'est celle de notre asservissement à l'Autorité de la Raison. Celle-ci nous contraint à nous courber, même lorsque ses ordres (notre nature finie étant faite non pour « comprendre » la vérité, mais pour être entourée et pénétrée par elle) sont entièrement opposés à ce que nous voudrions que soit le monde. Ce monde, nous ambitionnons toujours de le réduire à notre mesure et de l'enfermer en nous, et la Raison, sur ce point, contrarie sans cesse notre esprit fini.

d). Ne craignons pas de nous répéter en nous analysant sur ce point, tellement essentiel, qu'introduit dans nos Écoles, et sans sortir de leur domaine intellectuel, il y consacrerait le principe vrai de l'individualisme de l'homme devant Dieu. Apprendre à bien penser, disait Pascal, voilà le principe de la Morale : c'est évidemment parce que bien penser n'est autre chose que s'asservir. Celui qui après avoir interrogé la Raison, s'enorgueillit comme si cette Raison était lui, se fait lui-même Dieu, et est un pauvre homme. Celui qui sent que la Raison n'est pas lui, a déjà en cela découvert Dieu. Il faut donc rapprocher les deux ordres de l'Esprit et de la Charité ; il y a un héroïsme de l'esprit comme il y a un héroïsme de l'âme ; il ne nous est pas plus permis de choisir les opinions intellectuelles qui nous plaisent que de choisir la morale qui nous plaît. L'erreur prépare l'amoindrissement ; et si l'acte d'asservissement n'est pas signalé d'abord comme un devoir dans le domaine de l'esprit, il sera bien difficile de l'obtenir quand, ultérieurement, il sera question de la vérité spirituelle.

Nous dirons donc, en résumant pratiquement cette vue, que l'Autorité extérieure de la Raison (non de celle des autres, mais, pour chacun de nous, de sa Raison propre, et

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dussions-nous différer contradictoirement entre nous dans notre science) est la raison par laquelle l'Enseignement intellectuel est l'Éducateur du caractère ; et qu'il s'adresse et s'applique virtuellement, après ses objets propres (par exemple les Mathématiques), à des sujets d'un ordre tout autrement essentiel.

L'étroitesse et la puissance du principe de contrainte qui est à la base de la Science se prouvent d'ailleurs assez par la peine que l'on a à s'y conformer, et les différentes branches de la science du monde externe en offrent, dans les errements actuels, des exemples instructifs. Parmi elles, en les suivant dans leur ordre rationnel, se présentent d'abord comme les fondements du monde créé, la Science de la Grandeur abstraite ou la Mathématique, et la Géométrie ou Science de l'Espace, ces deux termes fondamentaux étant d'ailleurs essentiellement connexes, attendu que l'Espace, comme nous le remarquerons plus loin, est, dans la Création, la représentation et la réalisation des lois de la Grandeur abstraite ; et il se trouve que d'emblée aussi chacun de ces deux termes initiaux rend sensibles par un trait capital les déviations méthodiques que nous envisageons.

B) LA SCIENCE DE LA GRANDEUR ABSTRAITE.

a). Le premier de ces traits, propre aux Mathématiques, concerne la tendance tout actuelle à éliminer de la Science la notion de l'Infini, cette notion qui a été par Newton (1) et Leibniz la créatrice des Mathématiques modernes, et que, la découverte faite, on écarte ou dénie aujourd'hui, influencé par l'impossibilité de la figuration de l'Infini.

La cause de l'erreur est à certain égard puérile : on ne pèse pas la signification du mot « figuration » dont on fait usage.

(1) Newton et le Principe de la Limite (l'infiniment petit absolu). (Bull. de l'Acad. royale de Belgique, 1903, p. 659).

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Figurer un objet c'est en faire une figure, c'est-à-dire une représentation finie. Il s'agirait donc de représenter l'Infini, c'est-à-dire un objet que notre Raison nous impose, mais que nous ne pouvons définir que par la mention négative de n'être pas fini ou d'être In-Fini, par des éléments finis dont il est l'exclusion. Le rejet de l'Infini fondé sur la peine que fait à l'esprit l'impossibilité de la représentation ou de la figuration, et c'est bien le véritable motif de ce rejet dans la Science actuelle, constitue donc en soi une chose contradictoire à elle-même, ou ce qu'on appelle proprement une absurdité.

b). C'est surtout dans la question de l'Infiniment petit que le procès de la méthode rationnelle de recherche, que la nécessité de se soumettre à ce que la Raison nous contraint d'accepter, sous peine de déraisonner et de fausser toutes nos explications ultérieures dans l'enseignement, peut se mettre en évidence par des faits de nature à frapper le sens commun et à être universellement compris.

L'existence nécessaire de l'Infiniment petit se prouve par ce seul fait qu'à partir du néant ou de zéro il existe un premier état de la grandeur. Or cet état n'est pas fini puisqu'alors il y aurait des grandeurs moindres et qu'il ne serait pas le premier ; et il n'est pas zéro, puisqu'alors il n'existerait pas. Donc il existe et il n'est ni zéro ni fini. Voilà une réalité non figurable. Il faut lui donner un nom. On l'appelle Infiniment petit (1).

(1) Quand la Science actuelle définit l'infiniment petit : « une quantité variable qui a pour limite zéro », elle commet un non sens en confondant dans le langage la variabilité avec l'ordre de grandeur, c'est-à-dire en appelant infiniment petit une quantité toujours finie ; quand elle appelle Limite « une quantité dont on se rapproche toujours sans l'atteindre jamais », elle commet une faute de méthode en introduisant la notion du temps dans la conception de la grandeur ; et quand elle argue contre la réalité de l'infiniment petit qu'on peut toujours diviser une quantité finie, elle commet une faute de raisonnement, en concluant que parce qu'on ne peut pas ainsi l'atteindre, il n'existe pas.

Suivant ce qui est montré dans le texte, il suffirait à cette

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c). Il ne faudrait pas croire d'ailleurs qu'on se meut dans la région, indifférente pour beaucoup, de la pure abstraction. Des exemples que l'on me permettra ici d'emprunter à mon Cours de Calcul des Probabilités à l'École Militaire, et à quelques autres travaux (1), prouvent que cette notion abstraite est, en soi, nécessaire même dans des questions d'ordre pratique, et que sans elle les adversaires de l'Infini sont contraints à l'énoncé et à l'enseignement de solutions absurdes. De ces exemples, j'en citerai un à la portée de toute le monde. Si l'on demande en Artillerie quelle chance ou probabilité on a de toucher un point donné d'une cible, donnée théorique qui est la base de la formation des Tables de Tir, la réponse est que cette chance ou probabilité, qui existe évidemment, est un infiniment petit. Elle n'est pas nulle en effet puisqu'il peut arriver qu'on touche le point donné, et elle n'a cependant aucune grandeur finie, car il y a sur la cible un

Science de prendre les choses par l'autre bout, pour rencontrer l'infiniment petit non plus à l'extrémité inaccessible de sa course, mais sous le premier de ses pas. Ce ne sera plus la dernière, mais bien la première chose qui alors se présentera.

(1) Voir :

Étude sur le Système des forces du Monde physique ; Appendice, p. 649. (Mém. de l'Académie, in-4°, t. XLVIII, 1892, pp. 1-728).

Étude du principe de la Limite. Limites et Infiniment petits. Cas en défaut du principe de la Limite et remarque sur le symbole zéro. (Bull. de l'Académie, 1901, p. 549).

Réponse à une objection concernant l'infiniment petit absolu. (Ibid. 1903, p. 659).

La question de la Tangente : sur le fait que la tangente a non pas un point unique, mais une « multitude » de points en commun avec la courbe. (Ibid. 1903 ; p. 1033).

Réponse à une objection concernant l'infiniment petit absolu (Ibid. 1904, p. 13).

L'argument du Millionnaire et l'infiniment petit absolu. (Ibid. 1904, p. 102).

Réclamation de priorité au sujet d'un mémoire de M. G. Dar-

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nombre infini de points différents, dont le point donné, perdu au sein de cette multitude infinie, est l'un. La chance de le toucher est donc un infiniment petit.

Voilà donc bien un problème pratique qui met directement en présence de la notion nécessaire de l'Infiniment petit comme grandeur fixe et déterminée, servant de solution propre, à énoncer et à enseigner.

De même, et pour emprunter un autre exemple à une question célèbre dans l'Histoire du même Calcul, lorsqu'une aiguille se meut au hasard sur un cadran horizontal, la chance qu'on a de la voir s'arrêter sur un rayon donné du cercle n'est pas nulle, puisque cela peut arriver ; elle existe donc, elle n'est aucune grandeur finie, et elle est infiniment petite puisqu'il y a un nombre infini de rayons différents ; etc.

L'ordre remarquable des faits, très nombreux et appartenant à tous les domaines des sciences, qui démontrent ainsi, par un dilemme et une nécessité logique, la réalité de l'Infiniment petit actuel (in actu), faits dont les cas qui précèdent sont des exemples élémentaires et d'évident sens commun, n'a pas été depuis bien longtemps mis en évidence. D'abord non aperçus, ces faits, qui ne permettent plus de se retrancher dans la considération de rapports d'infiniment petits, rapports que pourraient dès lors remplacer des rapports de quantités finies, mais qui mettent en présence de l'Infiniment petit lui-même

win, suivie d'une Note sur le mécanisme élémentaire de la rotation d'un corps autour de son centre d'inertie et sur la notion de l'infiniment petit absolu. (Ibid. 1903 ; p. 341).

Résistance des matériaux. L'infiniment petit absolu et le Problème de la Flexion debout (un Chapitre de science appliquée mis au point par l'infiniment petit fixe. (Ibid. 1904, p. 907).

Le principe de la limite conduit, dans des problèmes classiques, aux relations absurdes 1 = ⁰⁄₀ et 1 = 0. Ce qui serait un Traité des Probabilités fondé sur le seul principe de la Limite. (Ibid. 1904, p. 923).

Etc.

[Figure : marge droite de la page — défaut de numérisation (ombre claire ovale sur le bord droit, sans contenu textuel).]

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comme solution définitive d'un problème, devaient singulièrement embarrasser les adversaires de l'idée d'Infini. Par exemple dans les deux cas de sens commun que nous avons mentionnés, il fallait, si l'on ne se rendait pas, conclure, par les faux principes actuels, que la probabilité de toucher le point de la cible, que celle de l'arrêt de l'Aiguille dans une direction donnée, etc., est égale à zéro, absurdité d'une nature telle qu'elle n'eût pu être ouvertement et publiquement formulée, et certainement encore moins enseignée.

d). Sans envisager d'autres cas analogues dans d'autres parties de la Science, cette épreuve et les faits précédents suffisent. Ils suffisent pour que tout le monde puisse se rendre compte, par le simple sens commun, que le rejet de l'Infini et de l'Infiniment petit, puisqu'il conduit à l'erreur, doit vicier en quelque chose à sa base métaphysique l'enseignement mathématique supérieur. Et en effet ces errements, considérés non plus dans les problèmes particuliers qui les dénoncent et les mettent en évidence, mais dans le cadre entier de l'Analyse, ont pour résultat irrémédiable d'y masquer complètement aux yeux des élèves la vraie raison du Calcul différentiel ; c'est-à-dire de leur enlever la vision claire de ce qu'ils font quand, par son moyen, ils résolvent un problème. Le Calcul différentiel et sa fécondité reposent :

1° Sur ce qu'il y a équivalence de principe entre les relations entre grandeurs finies et les relations entre leurs variations infiniment petites, de manière que qui connaît celles-ci connaît celles-là, et réciproquement ;

2° Sur ce qu'étant donné un problème, où les premières, c'est-à-dire les grandeurs finies qui sont l'objet de ce problème, sont inconnues, les secondes et leurs relations sont toujours connues par les conditions du problème.

On a ainsi une méthode toujours viable qui fait passer de l'infiniment petit connu au fini inconnu.

Mais pourquoi l'ordre infiniment petit est-il connu ?

p. 120

Cela vient de ce que, dans l'ordre infiniment petit, les relations entre les grandeurs sont rigoureusement linéaires, (les carrés des grandeurs n'existant pas, puisqu'ils seraient d'un ordre inférieur à celui du minimum de la grandeur), c'est-à-dire sont réductibles à la combinaison des opérations arithmétiques primitives sur la grandeur (par exemple en Géométrie, dans l'ordre infiniment petit, la géométrie des lignes courbes devient la géométrie rectiligne, dont nous savons établir les théorèmes et combiner les opérations; en Mécanique, pour tous les mouvements, dans l'infiniment petit on est ramené aux lois des forces d'intensité et de direction constantes, etc.). De ceci conviendront tous ceux qui ont fait personnellement une recherche indépendante en Mathématiques, en Géométrie, en Mécanique, en Physique mathématique; et cela est si vrai que de cette manière procèdent eux-mêmes, mais comme malgré eux, dans tout problème, les adversaires mêmes de l'Infiniment petit; car ils y raisonnent toujours directement sur des infiniment petits et nullement sur des rapports de grandeurs, sauf à affubler les résultats, après qu'ils ont été découverts, des ornements du principe mathématiquement absurde de la Limite par le zéro, zéro pour lequel plus rien n'existe. Il est vrai que cette affabulation ne réussit pas toujours; elle est parfois impossible. C'est précisément la force démonstrative des cas que j'ai signalés.

C'est donc en faisant travailler les élèves dans le champ, imposé par la nature des choses, de l'Infiniment petit actuel fixe, qu'ils peuvent seulement voir clair dans ce qu'ils font, prendre dès lors goût à un calcul qui, d'obscur et purement empirique, devient attrayant par la clarté de sa signification et de sa méthode, et se sentir outillés pour l'invention et la découverte scientifique personnelle (1).

(1) D'ailleurs la notion de l'Infiniment petit fixe devrait être introduite dès le commencement dans l'Enseignement. En Algèbre, par exemple, elle constitue le principe nécessaire de la Résolution des Equations.

p. [121]

C. LA SCIENCE DE L'ESPACE.

a). Le second exemple, lequel restera mémorable dans l'histoire des sciences, de ces déviations de la méthode, est celui de la Métagéométrie. Il s'agit d'un mouvement qui date aujourd'hui d'environ un siècle, et dont le but est d'enlever à la Géométrie, ou Science de l'Espace, le caractère de certitude absolue que jusqu'ici tous les géomètres, et d'instinct tous les hommes, lui ont attribué (1).

b). Pour arriver à cela on cherche à montrer qu'un même objet physique, savoir la ligne droite, définie, pour fixer les idées, par le fil tendu entre deux points, peut obéir à plusieurs systèmes différents de propriétés, également admissibles pour notre esprit, et entre lesquels il nous est dès lors impossible de choisir. Le seul moyen serait l'expérience, mais elle est ici trop délicate pour nos moyens d'observation. Or si un même objet géométrique peut obéir à plusieurs systèmes de lois également admissibles, on conclut qu'il y a donc plusieurs géométries différentes admissibles, et qu'il ne nous est pas plus possible d'être certains de la Géométrie usuelle que nous employons couramment comme ont fait tous les siècles, que d'être certains d'une hypothèse physique quelconque, par exemple de la vraie théorie de la Lumière, de l'Électricité, de la loi d'Attraction universelle, objets au sujet desquels nous n'avons et n'atteindrons jamais que des probabilités. La Géométrie avait paru jusqu'ici échapper à cette incertitude propre

(1) Voir :

Pour la Géométrie euclidienne. (Bull. de l'Académie, 1899, p. 506).

Sur une démonstration du Postulatum d'Euclide (la Métagéométrie et l'infiniment petit absolu). (Ibid. 1904, p. 26).

La droite plus courte distance et le carré de l'hypoténuse (une erreur de méthode dans la géométrie élémentaire) ; la notion de direction et sa nécessité. (Ibid. 1904, p. 458).

p. [122]

aux théories des autres éléments du monde physique. C'est, prétend-on, qu'on n'y avait pas regardé d'assez près : en réalité nous ne sommes pas plus certains des vraies lois de l'Espace (1) que des autres lois physiques.

c). On va voir cependant, par deux remarques, que cette opinion n'est nullement fondée et qu'elle procède, il faut bien le reconnaître, d'une faute à la fois d'observation, de raisonnement et de méthode.

d). Tout d'abord pour que la déduction fût juste, il faudrait qu'en envisageant l'objet physique appelé ligne droite et dont la considération est la base de tout ceci, on n'eût laissé échapper aucun de ses caractères. Or il est certain qu'on en laisse échapper, et cela par la raison simple qu'il existe dans l'espace trois lignes différentes qui possèdent en commun les caractères qu'on a empruntés à la ligne droite vulgaire ou fil tendu et qu'on avait seuls retenus (2). Il est donc certain

(1) Ni même, comme me l'ont dit des géomètres très compétents, que ces lois soient les mêmes partout, « que par exemple la Géométrie soit la même à Paris et à Bruxelles », manière de voir, semble-t-il, absurde (mathématiquement), puisque le « partout » implique l'existence d'un Espace unique, indépendant de ces variations de lois, et où celles-ci seraient ensuite parquées ici et . Or c'est de cet Espace-là qu'on parle ; et les géomètres qui professent cet aphorisme, font sans s'en rendre compte, usage de l'Espace homogène qu'ils révoquent.

(2) Comme le fait observer Beltrami (Essai d'interprétation de la Géométrie non euclidienne, Annales de l'École normale supérieure, 1re série, t. VI, 1869, p. 264), en répondant d'ailleurs aussi d'avance, comme par exemple p. 276, aux fins de non recevoir qu'on a depuis opposées à son appréciation, Lobatchefsky a travaillé à son insu, non sur un plan mais sur la surface de la Pseudosphère. On peut en inférer que si du temps de Lobatchefsky la pseudosphère avait été explicitement connue, la Métagéométrie et ses systèmes de Géométrie n'auraient jamais vu le jour.

D'ailleurs, la meilleure manière de se rendre compte du véritable sens de la Métagéométrie, consiste à faire, dans l'ordre his-

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que, parmi les caractères propres à cette ligne droite, il en est qu'on a oubliés. D'ailleurs l'oubli n'est pas difficile à réparer ; et cela même qu'on a oublié va nous permettre de mettre en évidence, d'une manière simple et universellement compréhensible, en quoi consiste l'erreur de la Métagéométrie. Nous prendrons pour exemple le système que l'on considère aujourd'hui comme son expression en quelque sorte définitive et victorieuse, système qui cependant, par la raison de sens commun que nous allons dire, serait impossible à enseigner publiquement.

1° Ce système pose d'abord en principe qu'il ne prétend, pour fonder la Géométrie, rien tirer que de l'observation et de l'expérience.

2° Il prend ensuite pour élément d'expérience la distance ou intervalle entre deux points, élément représenté par le fil tendu en ligne droite.

Mais

3° Il pose en outre en principe que cet élément est l'unique

torique, l'étude analytique des travaux originaux qui lui ont donné naissance ou la constituent (Legendre, Lobatchefsky, Gauss, Bolyai, Riemann, Helmholtz, et les modernes). On se convaincra ainsi qu'elle n'a d'autre matière que la famille de surfaces, plan, sphère, pseudosphère, de l'Espace unique euclidien ; et la nature des fins de non recevoir opposées, par l'effroyable confusion qu'on y constate des notions de volume, de surface, de ligne, est à sa manière bien utile pour confirmer encore dans cette opinion. C'est ainsi qu'au sujet de la sphère, on avance que si celle-ci a un centre, sa surface deux centres (pôles), dans la géométrie riemannienne, tout : ligne droite, sphère, espace a, toujours deux centres. Constatant que deux centres sont deux points, points qui sont donc situés dans l'Espace, nous avons le droit de rejeter cette idée comme moins que nulle, tant que ses auteurs n'auront pas défini (Riemann s'est bien senti tenu de définir l'Espace, et cet Espace n'a pas du tout deux centres ; c'est l'Espace euclidien), un Espace ayant pour centres deux de ses points.

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élément que présente et qu'impose la Géométrie, et que ce seul élément est nécessaire pour édifier la théorie de la Géométrie.

Or cette base 3°, sur laquelle ici tout repose, est dès son origine démentie par l'expérience elle-même, c'est-à-dire par le simple fait qu'à partir d'un même point il existe dans l'espace plusieurs distances égales distinctes, ou qu'on peut à partir d'un même point mener des lignes droites différentes. Soit AB le fil tendu. On peut le placer en AB′ = AB. Les deux distances AB, AB′ sont égales puisque l'objet physique n'a pas changé. Elles sont cependant distinctes. Il y a donc certainement quelque chose, — c'est-à-dire un élément spécifique qui n'est pas la distance, — qui, dans l'espace, détermine et définit cette distinction. A cet élément certainement existant il faut un nom : c'est l'orientation ou la direction. Quand cet élément est donné, la ligne droite correspondante est tout entière déterminée aussi. Ce que nous disons revient donc à ce fait aussi simple qu'incontestable que, pour déterminer la position d'un point B par rapport à un point A, la distance AB est insuffisante, et qu'il existe donc un autre élément spécifique nécessaire. On n'écartera jamais cela qu'en le passant sous silence ; car, tenant le fil tendu entre les doigts, on ne pourra par exemple jamais dire devant un auditoire d'élèves que la direction (définie cet élément nécessaire pour distinguer deux positions du fil quand on le fait tourner) est une donnée géométrique moins réelle que sa longueur.

Il est en outre essentiel d'observer que cet élément fondamental immédiat étant reconnu, parce qu'il est imposé, on est tenu de le considérer et de l'étudier ensuite en lui-même au même titre que la distance (1).

(1) Ceci pour répondre à des paradoxes de l'ordre suivant, que l'on trouve énoncés dans de savants traités de Métagéométrie, savoir : les angles ne sont pas des éléments géométriques ni fondamentaux ni même nécessaires puisque dans un triangle chaque

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Ceci signale donc une erreur d'observation qui est à la base de la Métagéométrie, et cette erreur seule suffirait à lui enlever toute autorité.

Voici maintenant une faute de raisonnement, amenée d'ailleurs par cette première erreur.

La notion de direction étant nécessaire, il est impossible aux nouveaux géomètres de ne pas en faire usage, mais, ce qui est grave, sans s'en rendre compte. C'est ce qu'on remarque chez tous. Tous font, d'une manière ou d'une autre, implicitement usage, sans le savoir, de la notion de direction qu'ils méconnaissent.

Dans le système qui nous occupe, par exemple, il faut pour déterminer un point, au moyen des seules distances, le rapporter par 4 distances aux sommets d'un tétraèdre de dimensions données, pris pour origine, et on remarquera tout d'abord, si l'on veut, que l'idée de ce tétraèdre déterminé dans l'Espace implique déjà elle-même la notion de direction, puisque, partant d'un sommet, un côté est nécessairement déterminé dans l'espace par quelque chose ; et qu'il ne servirait non plus à rien de dire que le tétraèdre est déterminé par quatre points déterminant des lignes droites, car encore une fois, l'idée même de cette dernière détermination implique un choix sans lequel elle ne serait pas nécessaire, ni même possible, dépendant d'un élément spécifique (toujours la direction), qui distingue toutes les droites passant par un de ces points, etc. Mais on accorderait aux Métagéomètres leurs 4 points initiaux, ou leurs 6 distances (côtés de tétraèdre),

angle peut être exprimé en fonction des côtés. Il faut laisser au lecteur l'appréciation de l'usage qu'on fait ici du théorème, c'est-à-dire d'une combinaison d'éléments spécifiques antérieurs, pour arriver à nier l'existence de principe de certains de ces éléments ; car il existe des distances, des directions et des angles, avant qu'il existe des triangles.

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qu'ils n'auraient rien gagné, et cela en vertu d'un fait beaucoup plus essentiel encore de leur système, à savoir qu'il leur faut en outre, de nécessité, attribuer à chacun de leurs points, tant ceux-là que ceux de tout l'Espace, une détermination par 3 coordonnées ou grandeurs propres (1), lesquelles grandeurs (qui sont des distances) appartiennent dans l'Espace à trois genres distincts et séparés. Or dans cette seule idée des coordonnées se dissimule de nouveau celle d'un élément spécifique (celui d'une séparation distincte entre les genres), qui n'est pas la distance ; et cela revient évidemment à dire que, par le seul fait de ses coordonnées, la Métagéométrie introduit sans s'en apercevoir la notion inévitable et inévitée de la direction ou orientation. Cela démontre en même temps combien il est faux de prétendre avec elle que la seule distance suffit à constituer un système de Géométrie, — puisqu'elle-même y contrevient ainsi inconsciemment.

Ainsi donc la notion de direction est bien nécessaire ; tellement que ceux qui la contestent en font usage.

Quand on restitue explicitement cet élément fondamental dont tout le monde se sert, les uns sciemment, les autres, c'est-à-dire la métagéométrie d'aujourd'hui, nous venons de le dire, implicitement, on trouve que le seul système auquel satisfait la ligne droite est le système euclidien, ou celui de

(1) On observera que l'introduction de ces coordonnées (x, y, z) constitue une définition de l'Espace en tant que système d'éléments (points) à 3 indices (ou nombres variant de — à + l'infini). La Métagéométrie prend ensuite pour objet unique, dans sa considération de ce système, c'est-à-dire dans cet Espace, une fonction des 6 coordonnées de 2 points ; cette fonction c'est la distance, et conclut qu'il y a ...3 Espaces, donc 3 Géométries, alors qu'elle avait seulement le droit de dire que, dans son unique Espace, qu'elle même vient de définir, ces 3 fonctions différentes existent simultanément ; et en effet on les retrouve toutes les trois dans

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notre géométrie usuelle. Il suffirait donc aux néo-géomètres de ne pas négliger une des données de leur problème pour se retrouver d'accord avec le sens commun vulgaire.

e). Que reste-t-il de cela et qu'enseigne donc en fait la Métagéométrie ? Le voici. Ce qu'elle montre ce n'est pas qu'il y ait plusieurs géométries, mais simplement, ce qu'il est naturel de prévoir, qu'il existe dans l'espace plusieurs espèces de lignes satisfaisant à certaines propriétés empruntées à la ligne droite physique, à la manière dont il y a plusieurs espèces de lignes dites coniques et appelées ellipses, paraboles, hyperboles, liées par un principe fondamental commun. C'est le seul intérêt, d'ailleurs très réel, mais qui n'est pas celui qu'on visait, que présente le paradoxe dont nous nous occupons. Les trois différentes espèces de lignes droites des nouveaux géomètres constituent dans l'espace trois espèces qui y résident simultanément, comme font les trois coniques, et la ligne droite joue dans ce système des trois espèces un rôle limite, analogue à celui que la parabole joue dans le système des coniques entre l'ellipse et l'hyperbole.

f). Mais ceci dit, qui met déjà les choses au point en signalant leur véritable état, il y a bien plus, et c'est l'objet de notre seconde remarque. Elle dispenserait, au besoin, de la première.

Nous venons de signaler une erreur d'observation, et une faute de raisonnement ; voici maintenant une erreur fondamentale de méthode.

l'Espace euclidien (dans la Géométrie analytique ordinaire). L'erreur du procédé n'est pas dans la Définition, laquelle est au fond celle de tout le monde, (il n'est pas possible d'en trouver deux) ; sans même parler de la conclusion, c'est essentiellement une erreur d'observation ; il n'y a aucune raison pour choisir dans l'Espace euclidien, comme objet de considération, la distance plutôt que l'orientation. Or ces deux objets simultanés ne laissent subsister que la Géométrie euclidienne.

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À supposer que les déductions des métagéomètres relatives à la ligne droite ou fil tendu soient viables, c'est-à-dire que notre observation de cet unique objet physique nous mette aujourd'hui à son égard en présence de trois théories également acceptables et entre lesquelles nous ne saurions pas encore décider (comme cela a lieu en Physique pour d'autres objets physiques), cela ne prouverait pas qu'il y a plusieurs Géométries, mais simplement qu'en Géométrie nous ne sommes pas encore au clair sur les vraies formules de la ligne droite ; et notre remarque consiste à signaler que les géomètres, en voulant ici former une théorie ont commis la faute fondamentale de ne pas songer à définir l'objet dont ils s'occupent, savoir la Géométrie elle-même. Or la Géométrie est la Science de l'Espace, et non pas la Science de la ligne droite. En étudiant la ligne droite et en passant ensuite à des conclusions relatives à l'Espace (conclusions dans lesquelles on envisage à l'aide de cette confusion des Espaces limités, des Espaces rentrants sur eux-mêmes, etc., etc.) ils ont implicitement introduit la définition suivante, qui est fausse et qu'ils n'auraient donc jamais formulée explicitement s'ils s'en étaient aperçus : La Géométrie est la Science de la Ligne droite (ou du fil tendu entre deux points). On voit aisément par là que le vrai critérium de la question était et est celui-ci : Pour pouvoir établir plusieurs géométries différentes (ce qu'on prétend faire aujourd'hui), il faudrait pouvoir définir plusieurs Espaces différents.

Or, dans les travaux des nouveaux géomètres, les traces de définition implicite de l'Espace que l'on rencontre montrent qu'ils n'ont jamais pu le définir que d'une seule manière, qui revient toujours au fond à celle de la Géométrie analytique ordinaire ; et ils ont simplement confirmé ainsi un fait essentiellement remarquable, savoir : la raison d'être du caractère singulier de certitude et d'évidence (1) que, seule entre

(1) Il faut bien remarquer que l'évidence n'est pas une justification invoquée par une adhésion arbitraire ; c'est une propriété

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toutes les autres branches de la Science du monde extérieur, présente la Géométrie, c'est qu'une seule définition ou une seule idée répond dans notre esprit à son objet. Pour admettre avec eux qu'il y a plusieurs Géométries, c'est-à-dire, comme ils disent, plusieurs Espaces possibles, nous n'avons qu'à attendre qu'ils nous présentent au moins deux définitions différentes de l'Espace.

g). A un autre point de vue, le paradoxe que nous combattons s'encourage d'ailleurs de la même tendance que nous avons constatée dans le cas des Mathématiques. Il procède encore toujours, au fond, du besoin de la figuration ; du fait que l'Espace, en dehors même de son infinité, se refusant à toute représentation sensible, il semble (ce qui est cependant contraire à la Raison, laquelle n'impose nullement cette restriction) ne pouvoir être une réalité objective du monde créé. C'est à raison de cette erreur que la Métagéométrie, renonçant à regarder l'objet dont elle prétend faire la théorie, est conduite, ainsi que nous venons de le dire, à présenter, en se faisant illusion à elle-même, comme propres à l'Espace, des résultats qui concernent en réalité seulement des objets particuliers contenus dans l'Espace (soit, dans l'espèce, une certaine famille de lignes existantes dans l'Espace). D'ailleurs, pour mettre encore mieux en évidence cette étonnante confu-

absolue qui a sa définition. L'évidence, c'est la propriété des objets auxquels répond dans notre esprit une unique possibilité rationnelle. L'évidence mathématique n'est pas une très grande probabilité ; c'est une certitude. Dès que nous pouvons faire un choix entre deux idées, même très inégalement probables, il n'y a pas évidence.

Cela revient à dire qu'en tout ordre, pour faire douter il faut présenter au moins deux solutions possibles. Ainsi quand d'illustres mathématiciens prétendent aujourd'hui qu'il y a doute sur ce que 2 et 2 font 4 (nous parlons littéralement, si on ne le croyait pas), nous n'avons qu'à attendre qu'ils nous présentent deux nombres différents comme résultats de leurs investigations. Sans cela le doute n'existe pas, puisqu'il n'y a qu'une solution.

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sion, il suffirait de demander à la Métagéométrie, puisqu'elle se refuse à définir l'Espace, d'au moins le définir elle-même. Or, de toute façon, elle serait par là prise dans ses propres errements. Car si elle se définit la Science d'une certaine espèce de lignes (ce qu'elle est en effet), elle renie son objet, qui, de son propre aveu, est la nature de l'Espace ; et si elle se définit, ce qui conviendrait, la Science de l'Espace, elle est obligée de définir l'objet dont elle s'occupe, c'est-à-dire l'Espace lui-même, ce qu'elle ne voulait pas.

h). Il faut conclure de là que tout ce qu'on a fondé sur la Métagéométrie pour ruiner la conception de l'Espace a priori, telle la conception de Newton, de Clarke, de Kant, non seulement est radicalement faux, mais confirme à sa manière, c'est-à-dire par un effort qui n'a pas réussi, l'indestructible certitude de l'objet qu'on attaque. Tout ce système n'est en réalité qu'une erreur de méthode, d'autant mieux définie et précisée qu'elle a été commise par des géomètres.

j). La Métagéométrie n'est d'ailleurs qu'un cas particulier du courant d'idées actuel qui, chez des esprits d'ailleurs fort distingués, entraînés à sa surface, consiste, en déraisonnant avec une profondeur qui stupéfie le public, à ruiner toutes les bases de la certitude, dans l'ordre, immuable cependant, de la pensée mathématique avant et depuis Newton, Descartes, Pascal et Leibniz (1).

(1) On trouve en Mécanique des déviations du même genre, par exemple dans la thèse de la « relativité », qui cherche à supprimer la notion du mouvement et de la force absolus. Ici encore, l'erreur vient de ce qu'on ne définit pas ce dont on parle, savoir tout d'abord le mouvement. Mais sa définition nécessiterait celle de l'Espace, et l'on sait déjà, par la Géométrie, qu'il n'en est plus question dans la dérive actuelle des idées.

La moindre erreur de la casuistique scientifique actuelle est de perdre totalement de vue, que les mots dont elle se sert ont un sens.

On a raison de dire, et tout le monde le sait, que nous n'obser-

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Cela passera et tient à l'époque que nous traversons dans l'ondulation historique. Mais il nous importait d'autant plus de le signaler, que la conception vraie de la Géométrie a la plus haute portée au point de vue des enseignements de la Bible. L'unité de cette science et le caractère propre de sa certitude proviennent, on vient de le constater, de l'impossibilité que l'on rencontre à donner plusieurs définitions différentes de l'Espace ; ils signalent donc l'existence d'une idée unique qui constitue sa définition. Or cette idée, qui se traduit d'une manière concrète, connue de tous, dans la Géométrie Analytique, laquelle est, par Descartes, et restera la vraie théorie de la Géométrie, c'est que l'Espace est dans le monde physique la réalisation ou l'écriture des Lois de la Grandeur

vons que des mouvements relatifs ; mais quand, avec de profondes autorités, (par exemple Duhamel : Les Méthodes dans les sciences de raisonnement, 4me partie, p. 225) on dit qu'il n'y a de réel que des mouvements relatifs, et que le mouvement absolu est imaginaire, on ne pense pas à ce qu'on dit, car cela signifierait qu'un point substantiel ne peut avoir de mouvement que s'il existe d'autres points substantiels ; ou encore que, par le seul fait de la suppression d'un point substantiel dans l'Univers, le mouvement d'un autre point indépendant de celui-là, ou est modifié ou n'existe plus.

Au reste, il suffit de constater les inconséquences de fait, auxquelles sont contraints bien malgré eux, les auteurs de ces paradoxes, pour juger à quel point ils sont enlisés dans l'erreur. Ainsi le même Duhamel si souvent invoqué par eux, après avoir nié l'existence du Temps, comme déjà l'Espace, et proclamé l'inanité de leur conception, dit que ce qu'on connaît, c'est seulement la « succession » des événements et les « intervalles » qui servent à les classer, intervalles qu'on exprime par des nombres ; et que, tout en protestant d'avance contre la réalité du Temps, il appellera ces intervalles « intervalles de temps », mais uniquement pour conserver le langage ordinaire (Ibid. p. 226). Bien plus, ayant ainsi nié le temps et sa nécessité de principe, on le voit introduire ce temps sous la forme d'une grandeur physique t variant de —∞ à +∞ dans ses propres formules ; comme si tout cela n'était pas reconnaître la nécessité effective de cela même qu'on est impuissant à rejeter que par des mots.

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abstraite (la Mathématique). Cette définition est adéquate à celle qu'en suivant le processus d'abstraction, on devrait donner en commençant les Cours de Géométrie, savoir : l'Espace est physiquement ce qui reste quand par la pensée on fait évanouir tous les phénomènes qui tiennent à la substance et à l'hétérogénéité des points physiques ; car en faisant disparaître toutes les formes sensibles de la grandeur, on reste en présence de la grandeur abstraite. (De cette définition on conclurait déjà immédiatement que l'Espace est continu, homogène et infini ; et même, comme on va le remarquer, qu'il est à trois dimensions). La raison de l'unité de la Géométrie c'est donc au fond l'unité de la Mathématique ; la certitude de celle-ci provient, tout aussi bien, de ce qu'il est impossible de la concevoir de deux manières différentes.

La portée de tout cela pour notre sujet, se mesurera assez en faisant réflexion que si l'Espace est une réalisation des lois mathématiques de la grandeur abstraite, c'est une des preuves les plus décisives de la vérité même de l'idée de Création. Un caractère concret et absolu de la correspondance est d'ailleurs remarquablement marqué par le nombre trois des dimensions de l'Espace réel, car ce nombre concret existe aussi dans les lois de la grandeur abstraite, par les trois espèces différentes qu'y présente la grandeur (1) ; enfin il est

(1) Sur la raison pour laquelle le nombre des dimensions de l'Espace est le nombre 3 (l'Espace est la réalisation des lois de la grandeur abstraite). (Bull. de l'Académie, 1904, p. 489).

Voir aussi sur le sujet : Mathématique de l'Histoire, §§ 159-164.

La réalisation remarquable des 3 espèces de grandeur au moyen des 3 dimensions, est frappante ; celle du principe même de la génération de la grandeur, savoir l'Infiniment petit absolu, ne l'est pas moins. Sans cette dernière notion, celle de l'existence de la tangente à une courbe, celle des différents ordres de contact (et, par corollaire, celle du mouvement rectiligne continué par inertie suivant la tangente, en Mécanique), n'ont aucun sens.

Cette notion seule aussi donne un sens à l'existence même des

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impossible, en présence de cette Écriture des vérités abstraites par les éléments du monde créé, de ne pas penser à l'existence de ce même nombre trois, révélée, dans l'ordonnance des réalités divines, par l'idée de la Trinité. Telle est dans ses profondeurs la véritable théorie de la Géométrie ; elle confirme, en lui donnant une sublimité insoupçonnée, la vérité immuable de la Géométrie euclidienne, celle des siècles.

k. Nous terminerons cette note sur la Géométrie en indiquant quel devrait être à notre sens, c'est-à-dire conformément à des principes que nous venons déjà, pensons-nous, de justifier, le premier chapitre d'un traité de Géométrie. C'est ce qui définit en substance l'enchaînement d'idées suivant.

1. La Géométrie est la science de l'Espace.

2. L'Espace, élément du monde créé, est physiquement ce qui reste quand, par la pensée, on fait évanouir tous les phénomènes qui tiennent à la substance, et à l'hétérogénéité des points physiques (notion aisée à présenter d'une manière élémentaire, par le fait du volume égal de substances différentes) (1).

lignes courbes, et fait entrevoir, en remontant aux conditions premières de leur génération, une connexion entre la constitution intime de l'Espace et les Nombres entiers. C'est ainsi, suivant la belle remarque du Professeur A. Dothey, que l'« infiniment petit absolu de cercle » ne peut (en employant ici l'analogie figurative de l'ordre fini) être qu'« un hexagone », ou que, dans l'infiniment petit, la circonférence est égale à 6 fois le rayon, la fraction indéfinie qui apparaît dans la valeur de 2 π caractérisant le passage de l'Infiniment petit au Fini.

Il résulte de là aussi que notre division sexagésimale du cercle repose, non pas sur une convention arbitraire, mais sur une donnée primitive de la Raison, et qu'elle nous est en elle-même présentée à travers les siècles comme un Signe du bien fondé de l'idée et de la réalité physique de l'Infiniment petit absolu.

(1) La Géométrie est ici abordée comme science physique, c'est-à-dire par la voie analytique de l'observation.

Au point de vue synthétique, c'est-à-dire si l'on fait la Théorie de la Géométrie, l'observation servant ensuite d'élément de vérification, les nos 1 et 2 doivent être formulés comme suit :

1. La Géométrie est la science de l'Espace.

2. L'Espace est la réalisation des lois de la grandeur abstraite.

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Conséquences : L'Espace est homogène, c'est-à-dire identique partout ; et, la discontinuité ou les limites impliquant l'hétérogénéité, il est continu et infini.

3. Le volume est une portion d'espace ; la surface est ce qui délimite un volume ; la ligne, ce qui délimite une portion de surface ; le point, ce qui délimite une portion de ligne.

4. La non identité des points introduit entre eux un élément de distinction nécessaire : la distance. Cet élément a pour représentation sensible le fil tendu entre deux points. La distance peut être nulle et elle peut exister ; elle est susceptible d'augmentation et de diminution. C'est une grandeur.

5. L'non identité de distances égales AB, AB′, AB″,... partant d'un même point A, introduit entre elles un élément de distinction nécessaire : l'orientation ou direction.

L'orientation de B par rapport à A est dite opposée à l'orientation de A par rapport à B.

Le point A est quelconque ; l'Espace est homogène ; le système des orientations est identique autour de tout point de l'Espace.

B est délimité par rapport à A par la Distance et l'Orientation (1).

6. Une orientation diffère d'une autre. La divergence ou écart, susceptible d'augmentation ou de diminution, est une grandeur. On l'appelle angle.

L'angle d'une orientation et de son opposée s'appelle : 2 droits.

Deux orientations dont l'angle est la moitié du précédent, ou 1 droit, sont dites perpendiculaires ou normales entre elles.

7. Une ligne dont les points ont pour orientation mutuelle une orientation donnée, ou son opposée, est une ligne droite.

8. Une droite AB est infinie, puisqu'il existe par rapport à B des points C d'orientation AB (homogénéité de l'Espace).

(1) Cete détermination est une Écriture de l'expression la plus générale de la Grandeur abstraite, savoir

G = ρe^(θ √−1)

Les deux éléments géométriques fondamentaux permettent de définir immédiatement la Sphère, en suivant la voie rationnelle qui consisterait à commencer la Géométrie par la « Géométrie dans l'Espace », et non, doctrinalement, par la « Géométrie plane ».

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Une droite AB ne peut revenir sur elle-même, c'est-à-dire B revenir en A, puisqu'alors l'orientation de la droite se confondrait avec son opposée.

Par deux points AB on ne peut mener qu'une droite. En effet, si l'on pouvait mener plusieurs droites AB, le point B aurait plusieurs orientations différentes par rapport à A.

Deux droites ne peuvent se couper qu'en un point, car sinon par deux points (points d'intersection) on pourrait mener deux droites différentes (1).

Deux systèmes de points de l'Espace (figures) sont dits égaux quand ils peuvent coïncider (par déplacement, c'est-à-dire succession de systèmes identiques).

9. Une surface dont les orientations mutuelles des points font un droit avec une orientation donnée, s'appelle un plan. L'Orientation donnée est la normale au plan. Au même plan appartient aussi bien pour normale l'orientation opposée (2).

Quand on fait passer la normale de son orientation sur l'orientation opposée, le plan (conservant un point fixe) vient se confondre avec lui-même. (Retournement).

L'Orientation du plan (Ensemble de toutes les orientations dans le plan, lesquelles sont représentées par les droites rayonnant dans le plan autour d'un point) est une donnée entièrement déterminée par l'Orientation de la normale au plan. La divergence d'orientation ou l'Angle de deux plans a pour mesure l'angle de leurs normales.

(1) Par la Droite et l'Angle, introduction directe de la définition du Cône (remarque analogue à celle du n° 5, en Note).

(2) Deux droites qui se coupent (ou une droite et un point, en joignant le point et un point de la droite) déterminent un plan.

Soient D, D′ les droites ; I, leur intersection ; α leur angle ; P, un plan passant par D ; dans P, D″ une droite passant par I et faisant α avec D. D′ est une génératrice du cône (D, α). En faisant tourner P autour de D, D″ viendra se confondre avec D′. Donc D, D′ déterminent un plan, qui est la position actuelle de P.

La normale à P est perpendiculaire à la fois à D et D′.

Deux plans se coupent suivant une droite. Soient N, N′ leurs deux normales ; D, la perpendiculaire commune à N, N′. D est une droite commune aux deux plans, c'est-à-dire est leur intersection.

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Considérons l'ensemble des plans P ayant une droite commune D (ensemble des positions du plan P tournant autour de D), et l'ensemble correspondant des normales, N, aux P, et par conséquent à D. Dans le système des P, un angle est la somme des composants, c'est-à-dire que les angles s'ajoutent. Il est donc de même dans le système des N, c'est-à-dire que dans le système des orientations normales à une orientation donnée, les angles s'ajoutent (et peuvent donc se servir de mesure par commun diviseur).

Or dans le plan toutes les orientations sont normales à une orientation donnée. Donc dans le plan les angles s'ajoutent.

10. La droite AB menée par deux points A et B du plan est tout entière dans le plan. Car un point C de la droite AB, ayant par rapport à A et B des orientations AB ou BA qui font 1 droit avec la normale, est, par définition, dans le plan.

[Les déductions précédentes tirées de la définition de l'Espace mettent en possession de la droite et du plan et permettent de tracer des figures dans le plan ; à une condition essentielle néanmoins : c'est de connaître les conditions de la rencontre ou de la non rencontre des droites dans le plan suivant leurs orientations. On sait que c'est l'impossibilité où l'on a été jusqu'ici d'établir ces conditions comme des théorèmes, qui a donné lieu à la branche actuelle de la Science qui s'intitule Métagéométrie, et qui, prenant texte de cette prétendue impossibilité estimée par elle impossibilité rationnelle, confondant en outre la science de l'espace avec la science de la ligne droite dans l'espace, croit pouvoir établir l'existence de plusieurs espaces, et, partant de plusieurs géométries. On sait aussi que cette impossibilité prétendue repose sur la nécessité d'acceptation d'une proposition prétendument aussi indémontrable, le Postulatum d'Euclide, savoir : « Dans un plan, étant donnés une droite et un point, on ne peut par le point mener qu'une seule droite ne rencontrant pas la droite donnée » (c'est-à-dire une seule parallèle).

La Métagéométrie fait erreur cependant ; et son erreur procède de ce que, tout en faisant aussi bien qu'Euclide usage implicite de la notion d'orientation ou direction, elle n'en tire pas ce qui y est. Elle-même ne procède en réalité que d'un raisonnement non continué. Comme on va le voir en effet, le Postulatum, sans aucun recours aux notions de limite ou d'infini, se démontre fort simplement au moyen des données classiques antérieures].

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LOIS DE LA RENCONTRE OU NON RENCONTRE DES DROITES DANS L'ESPACE ET DANS LE PLAN

11. Ces lois consistent dans les deux propositions fondamentales suivantes.

Pour abréger le langage, nous appellerons homodroites des droites de même orientation ou direction.

PROPOSITION A.

Deux homodroites ne se rencontrent pas.

En effet, si elles se rencontraient, on pourrait par un même point, le point de rencontre, mener deux droites différentes de même direction.

PROPOSITION B.

Deux non-homodroites du plan se rencontrent (1).

On démontre la Proposition B par une suite d'autres propositions.

Proposition I.D'un point A du plan on peut abaisser une perpendiculaire et une seule sur une droite D du plan.

Joignons AB (Fig. 1), B étant un point de D. Faisons l'angle α′ = DBA′ = DBA = α et BA′ = BA. Joignons AA′ : Je dis que AA′ coupe D.

[Fig. 1 — Triangle : la droite horizontale D porte les points B (à gauche) et D (à droite), avec les points o′ et o sur cette ligne entre eux. Le point A est au-dessus, le point A′ symétrique au-dessous. Les angles α et α′ sont marqués au sommet B. Fig. 1]

Remarquons d'abord que l'angle α ne peut devenir α′ qu'en passant pas zéro, c'est-à-dire que l'orientation BA ne peut devenir BA′ qu'en passant par l'orientation intermédiaire BD. Il en résulte qu'en passant de A à A′ en suivant une ligne, d'ailleurs quelconque, du plan, l'orientation de A par rapport à B, puisqu'elle devient celle de A′ par rapport à B, a passé par l'orientation BD. Donc A a passé sur D.

La démonstration se continue à la manière habituelle par retournement du plan (n° 9) et égalité des triangles (n° 8) ; et de même,

(1) Ces deux propositions ont pour génériques similaires dans l'Espace, les propositions suivantes :

1. Deux homoplans ne se rencontrent pas.

2. Deux non homoplans se rencontrent.

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quant à la perpendiculaire unique, par une autre perpendiculaire supposée AO′, l'égalité des triangles AOO′, A′OO′, et la ligne droite unique AA′. On peut dire aussi, en restant dans le plan, au sujet de la perpendiculaire unique : La perpendiculaire est unique, puisque si AO′ était perpendiculaire sur D, on pourrait par A mener deux droites différentes AO, AO′ de même orientation.

Corollaire. Une perpendiculaire AO à D coupe toutes les homodroites à D (auxquelles elle est nécessairement perpendiculaire). Car toutes les perpendiculaires menées par A aux homodroites à D ont la même direction, et elles se confondent donc avec la droite AO.

Proposition II. Un rectangle a pour mesure le produit de sa base par sa hauteur.

Remarque préliminaire. On peut sur ab former un rectangle abcd (cd homodroite à ab). Car si on élève sur les homodroites ac, bd, l'homodroite cd à ab menée par c est rencontrée par bd. Les quatre angles a, b, c, d sont droits comme formés par des homodroites, et les côtés opposés sont égaux (par l'égalité des triangles en menant la diagonale cb).

Ceci posé, la démonstration du théorème se fait de la manière habituelle ; il suffisait de montrer qu'on peut former des petits rectangles égaux, ou le diviseur commun des rectangles proposés que l'on compare.

Proposition III. Un triangle a pour mesure la moitié du produit de sa base par sa hauteur.

Par le sommet on mène une homodroite et une perpendiculaire à la base ; les perpendiculaires à la base menées par ses extrémités rencontrent l'homodroite. La décomposition des rectangles ainsi formés donne immédiatement le théorème.

Proposition IV. Le carré de l'hypothénuse d'un triangle rectangle est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.

Démonstration habituelle, puisqu'on peut former les carrés sur les trois côtés, et que la perpendiculaire à la base, menée par le sommet de l'angle droit, coupe le côté, homodroit à la base, du carré construit sur la base.

Remarque. On peut donc, sans démontrer le postulatum, établir la loi fondamentale des distances qu'exprime « le carré de l'hypothénuse ».

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Proposition V.Si (Fig. 2) de points quelconques B, B′,… d'un côté d'un angle donné α n abaisse sur l'autre côté des perpendiculaires BC, B C′,… on a

[Fig. 2 — Un angle de sommet A ; le côté inférieur horizontal porte les points c, c, C, c, C′ ; l'hypoténuse (autre côté) porte les points b, b, B, b, B′ de bas en haut. Un réseau de perpendiculaires et d'horizontales forme des rectangles et triangles égaux. Fig. 2]
BC      B'C'
---- = ----- = ... = k,
AC      AC'

rapport indépendant de la position des points B, B′,…

B, B′ étant deux points quelconques, soit Ab = bb = ... = Bb = ... = bB′ un commun diviseur de AB, AB′. Menons par les points de division des homodroites et des perpendiculaires à ACC′. Ces lignes se rencontrent et forment des triangles ou des rectangles égaux entre eux. Donc BC/AC et BC′/AC′ ont pour valeur commune le rapport d'une hauteur à une base de ces rectangles, et on a BC/AC = BC′/AC′. Soit AB=R une longueur donnée ; on définira k par le rapport k = BC/AC correspondant à AB=R. On aura donc aussi (Prop. IV).

      √(R² − AC²)
k = -------------
         AC

Chaque angle α (Fig. 3) donne lieu à une et une seule valeur de k, et deux angles différents, α, α′ donnent lieu à des k, k′ différents.

[Fig. 3 — Sommet A à gauche ; deux triangles rectangles partageant le sommet A : un grand triangle d'hypoténuse R atteignant le sommet B haut au-dessus de C′, et un autre d'hypoténuse R atteignant B au-dessus de c. La base horizontale porte A, C′, c. Les angles α et α′ sont marqués en A. Fig. 3]

Ayant AB=R, de B on ne peut abaisser qu'une perpendiculaire sur AC. Donc la valeur de AC, et par suite celle de k = √(R² − AC²) / AC est unique. De plus, pour que deux α, α′ différents donnent deux k, k′ égaux, il faudrait qu'ils donnent deux AC=AC′ égaux, et par conséquent deux BC = √(R² − AC²), BC′ = √(R² − AC′²) égaux.

Les AC, AC′ étant égaux, les deux perpendiculaires CB, C′B′

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coïncident ; les BC, B′C′ étant égaux, B′ coïnciderait avec B et par conséquent on aurait α′ = α, ce qui est contre la supposition.

Il en résulte réciproquement, qu'à une valeur de k donnée ne peuvent correspondre deux α différents. (Si donc on formait un tableau à deux colonnes, la première donnant la suite des valeurs de α′, la seconde celles du rapport k, à chaque terme de la première colonne correspondrait un nombre différent de la seconde, et réciproquement.

On arrive facilement après cela à la démonstration de la proposition fondamentale B.

Démonstration de la Proposition B. Soient (Fig. 4) D, D′ les droites d'orientations différentes. D'un point A de D′ abaissons AC perpendiculaire sur D, et soit D′AC = α, α étant < 1 droit. Portons sur D à partir de C

[Fig. 4 — D″ horizontale en haut à gauche aboutissant au point A en haut à droite ; D′ droite oblique partant de A vers le bas-gauche (point D′ marqué) ; D droite horizontale en bas, portant les points D (gauche), B, C (droite, sous A). Les angles α et α′ sont marqués au sommet A. Fig. 4]
(1)   CB = AB × k,

k étant le nombre correspondant à α. Joignons AB et soit BAC = α′. On aura dans ACB, où BC est la perpendiculaire abaissée de B sur AC :

(2)   BC = AC × k'.

k′ correspondant à α′. On aura donc en comparant (1) et (2), k=k′ ; donc α = α′ ; c'est-à-dire que D′ coïncide avec AB. Par conséquent D′ rencontre D. c. q. f. d.

12. Proposition VI (Postulatum d'Euclide).

Par le point A on ne peut mener qu'une parallèle à D.

En effet (Fig. 4), l'homodroite AD″ à D est, par les Propositions A et B, la seule droite passant par A (dans le plan) qui ne rencontre pas D.

Remarques. 1. La parallèle unique étant homodroite, on pourra désormais conserver seulement la dénomination de parallèle pour désigner la droite unique de même direction, tant dans le plan que dans l'espace, (où, chose à noter, c'est ce que désigne naturellement pour tout le monde l'idée du parallélisme, lequel éveille

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l'idée de même direction et non pas celle de non-rencontre. Celle-ci se dit commune à une infinité de lignes (1).

2. On voit par la Proposition V qu'on peut établir toute la Trigonométrie rectiligne sans passer par le Postulatum.

3. La proposition B est la condition nécessaire pour pouvoir tracer dans le plan des figures par intersection de lignes.

4. A partir du point que nous venons d'atteindre toute la Géométrie se continue sans ambiguïté. Elle se construit donc tout entière à priori, d'une manière concrète et dans l'ordre fini, par la considération des deux éléments fondamentaux distance et direction. Il suffisait pour arriver à cela de ne pas oublier un des deux éléments de la question (2).

Par eux se démontre d'une manière élémentaire le Postulatum, vérité estimée indémontrable pendant des siècles et qui, dans ces derniers temps, a donné lieu, par ce préjugé, sous le nom de Métagéométrie, à l'un des courants d'idées les plus ingénieusement faux dont l'histoire des mathématiques aura à faire mention.

Nous terminerons par une réflexion, à quelque égard opportune.

Nous réclamerions l'équité, si, sous l'influence des errements courants, on nous reprochait de remettre désespérément en question au sujet du Postulatum, la chose jugée. Ce qui est jugé, c'est qu'avec les éléments jusqu'ici empruntés à l'Espace et sur lesquels seuls on a toujours explicitement travaillé, la démonstration du Postulatum est illusoire. Ce qui n'est nullement jugé c'est qu'on ait pris de l'Espace tous ses éléments essentiels ; et l'on en peut bien douter quand on voit ceux qui le prétendent ne pas même chercher à définir leur objet propre, c'est-à-dire l'Espace lui-même, rejeter les angles, n'admettre que les distances, etc. On remarquera que c'est sur la position de principe de la question

(1) Ainsi, dans le langage géométrique actuel, quand par un point de l'espace nous menons la parallèle à une droite de l'espace, cela devrait vouloir dire une ligne droite qui ne rencontre pas la droite donnée, et équivaudrait à mener par un point une droite quelconque. Ce n'est sans doute pas ainsi qu'on le prend ; mais cela même montre à quel point c'est la notion de direction et non celle de rencontre qui occupe naturellement l'esprit quand on parle de parallélisme.

(2) Il est impossible de ne pas remarquer au sujet de l'accepta-

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que porte essentiellement notre thèse. Nous prétendons que la direction d'un fil tendu est une donnée de principe aussi essentielle que sa longueur. Qu'on nous tire d'embarras, si l'on peut, en nous démontrant que l'ouverture d'un compas n'est pas quelque chose d'aussi réellement géométrique que la longueur de ses branches, et (nous ne voulons pas croire qu'on nous le dénie parce que cette ouverture est vide), nous entreverrons peut-être le bien fondé des spéculations du jour. La notion d'orientation est sans doute incommode au point de vue de la figuration concrète, et nul doute qu'on n'arrive à la présenter mieux que nous ne sommes parvenu à le faire dans l'esquisse qui précède. Mais la question n'est pas là ; la question, c'est le fait d'existence d'un élément aussi essentiel et nécessaire que la distance, imposé par la Raison en présence de l'observation, et qui dès lors, compréhensible ou non en lui-même, ne peut plus être éliminé par les préférences et pour l'aise de notre esprit.

Il nous semble aussi que la notion, constituant la véritable théorie de la Géométrie, que l'Espace est une réalisation des lois de la Grandeur abstraite, devrait par son immense portée, fussent-ils même déjà embarqués dans la Métagéométrie, attirer l'attention de ceux qui pensent avec quelque profondeur.

tion de la distance et du rejet de la direction ou orientation, l'influence du besoin de figuration et de représentation sensible. La « distance », c'est la longueur d'objets matériels palpables ; l'« orientation ou direction », impalpable et invisible, paraît, à cause de cela, vague et métaphysique que l'autre déterminée et positive. Ainsi donc se même tendance sans justification rationnelle que l'on constatait déjà dans la science de la Grandeur au sujet de l'infiniment petit, se manifeste également ici. La seule chose à considérer pour qui veut en géométrie travailler avec sécurité, c'est que les deux éléments géométriques sont, avec la même nécessité, imposés par la Raison.

Dans la continuation de ces Leçons sur la Parole de Dieu, laquelle Parole renferme toute la Science, nous signalerons qu'on peut sur les mêmes principes fonder l'établissement de la Mécanique ; — notamment déduire d'un principe purement analytique, celui de la Puissance d'une condition, le Principe des vitesses virtuelles qui contient, on le sait, la Mécanique tout entière.

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D). LA SCIENCE DE LA SUBSTANCE ET DE LA FORCE.

a). Après avoir envisagé, dans la mesure compatible avec cet exposé, les deux termes fondamentaux de la Science, la Mathématique et la Géométrie, nous allons chercher à continuer par ses grandes lignes le tracé de la connaissance du monde extérieur, en compensant la brièveté sans nul doute un peu aride qui nous est imposée, par l'importance et l'intérêt des points de repère doctrinaux du sujet.

Celui-ci nous introduit maintenant dans le domaine de la substance et de la force. Ces agents, qui existent dans l'Espace, y sont les causes des phénomènes sensibles ; et dans la succession de branches de la Science, ils constituent par leurs lois la Mécanique et la Physique.

b). Dans ce nouveau champ, comme partout dans la Création, on découvre une construction ordonnée et essentiellement systématique. La méthode progressive de recherche conduit en effet en Physique (1) à la reconnaissance de deux forces fondamentales opposées dont le conflit produit, dans son ensemble, tout l'ordre des phénomènes, et dont les lois d'action sont liées aux propriétés les plus générales de l'Espace lui-même. Ces deux principes antagonistes sont :

la force d'Attraction universelle, qui agit sur des volumes (ou masses), et dont l'intensité est, à partir d'un point, en raison inverse des surfaces des sphères concentriques à ce point ;

la force de Répulsion universelle, qui agit sur des surfaces, et dont l'intensité est, à partir d'un point, en raison inverse des volumes des sphères concentriques à ce point.

On observera que par leurs expressions dépendantes du carré et du cube de la distance linéaire, ces deux forces fondamentales mettent de nouveau en évidence, dans la construction du monde, les trois premiers nombres premiers 1, 2, 3,

(1) Étude sur le Système des forces, etc. (Mém. de l'Acad. in-4°, t. XLVIII), pp. 556 et suivantes.

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déjà caractéristiques (voir plus haut, pp. 131-133) de la Mathématique, de la Géométrie, (comme aussi, par la Trinité, de l'ordonnance spirituelle de la Révélation).

La première de ces forces n'est autre que l'Attraction newtonienne, qui s'exerce entre toutes les particules de la substance-matière ; c'est elle qu'on voit, en Astronomie, régler le cours des astres ; et c'est assurément un autre signe de Création bien éclatant que le ciel soit par ses trajectoires, (ellipse, parabole, hyperbole), une écriture des équations du second degré. C'est certainement là un signe de la Parole, ou de la Seconde Personne, « par laquelle ont été faits les siècles ». (Héb. I, 2).

« par laquelle ont été faits les siècles ». (Héb. I, 2)

Il est bien intéressant de noter, au sujet des équations algébriques elles-mêmes, que chez elles aussi ce signe des trois premiers nombres premiers se manifeste. On sait que seules les équations du 1er au 4e degré sont résolubles sous la forme algébrique, c'est-à-dire que leurs racines exprimables par des fonctions algébriques [celles qui ne comprennent, en nombre fini, que les opérations simples addition, soustraction ; multiplication, division ; puissances, racines, comme on le voit par les formes bien connues des racines des équations du 2e, du 3e degré]. A partir du 5e degré une telle forme d'expression des racines est théoriquement impossible. Or, contrairement à ce que l'on pourrait penser d'après la mention des degrés 1, 2, 3, 4, ce n'est pas la considération de ce que les nombres naturels qui interviennent ici dans la détermination des conditions de résolution, mais bien celle des Nombres premiers [et le bloc 1, 2, 3, 4 (où 4 est le carré du centre 2 de 123), n'apparaît que parce qu'il est, dans la suite naturelle des nombres, le plus étendu qui contient les trois premiers nombres premiers à l'exclusion de tous les autres.

On peut noter en passant, au sujet du groupe 123, que c'est, dans la suite infinie des nombres, le seul groupe continu de nombres premiers. C'est donc comme tel un élément unique marqué du signe 3.

La seconde force, tout aussi universelle, mais celle-ci force de surface, est connue dans les phénomènes physiques sous

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le nom de pression. La loi élémentaire qui la définit plus haut se traduit immédiatement dans la Loi de la pression des gaz connue sous le nom de Loi de Boyle ou de Mariotte.

Cette loi a été découverte au XVIIe siècle comme la loi de Newton ; elle est tout aussi fondamentale au point de vue de la construction du monde et de sa conception mathématique ; mais sa véritable position, quant à l'universalité et à la portée de son principe élémentaire, n'est, à notre sens, nullement encore aperçue à l'heure actuelle.

La Loi de Newton en raison inverse du carré de la distance, et la Loi de Boyle-Mariotte en raison inverse du cube de la distance, apparues en même temps dans la Science, devraient donc, selon nous, sous ces formes mathématiques, et au même titre d'importance, être signifiées dans leur connexion en tête de l'enseignement de la Physique.

La force de répulsion universelle est une force à intensité variable, et cette intensité n'est autre chose que ce qu'on appelle en Physique la température absolue ; elle est fonction du travail effectué par la force de répulsion. C'est cette donnée qui introduit en Physique ce qu'on appelle la Théorie mécanique de la Chaleur.

c). Deux autres forces dérivées existent, qui se présentent comme résultant de la réaction, l'un sur l'autre, de ces deux principes fondamentaux d'Attraction et de Répulsion.

L'un est ce qu'on appelle l'Attraction moléculaire : c'est une Dépression interne, ou force de surface, agissant entre les éléments de la matière ;

l'autre est la Force électrique, qui présente un caractère de polarité ; cette polarité naît de la dissymétrie géométrique, mécanique ou physique des éléments en présence.

d). De l'action de ces quatre forces, les deux forces primitives et les deux forces dérivées, résulte, dans l'état actuel de nos connaissances, tout l'ordre des phénomènes que nous présente le monde physique.

e). Telle est, en dehors de toute hypothèse tendant à la figuration de l'essence même de ces forces, prétention qui

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serait déraisonnable et qui entache cependant encore sur bien des points la Physique actuelle, la conception ordonnée qui définit nécessairement aujourd'hui pour nous la construction du monde sensible. Une preuve pratique de sa validité, c'est qu'elle sert, quand on y regarde, de ralliement rationnel ou de terme de conciliation à toutes les théories actuelles. Beaucoup de celles-ci sans doute (par exemple la Théorie cinétique, au sujet de la Pression), cédant au besoin de la figuration, s'écartent et font des excursions dans un sens ou dans un autre ; mais toutes gravitent autour des idées mathématiques simples que cette conception exprime.

Elle introduit aussi, par ses notions de volume et de surface, la vue d'un partage de l'Espace par division finie et à l'infini (c'est-à-dire où les infiniment petits fixes substantiels diffèrent sont eux-mêmes des réalités spécifiques) en deux milieux : le milieu atomique et le milieu interatomique, ce dernier (le vide), qui agit sur les surfaces de l'autre, étant, avec des constantes propres, le siège des ondulations périodiques (lumineuses, calorifiques, électro-magnétiques) découvertes (depuis l'initiation de Descartes) par la Physique moderne ; en même temps que le milieu atomique subdivisé, considéré dans ses éléments infimes, constitue ce qu'on appelle l'Éther matériel (doué d'inertie), avec ses trajectoires corpusculaires découvertes (depuis l'initiation de Newton) par cette même Physique. L'idée de ces derniers éléments a été introduite d'abord par celle de l'Éther électrisé (1) (en opposition aux hypothèses peu rationnelles qui cherchaient à expliquer l'Électricité par l'Éther), et elle n'est autre que celle, plus récente et tout actuelle, des ions et des électrons.

E. CONSÉQUENCES DE LA FORME MATHÉMATIQUE DES LOIS PHYSIQUES.

a). Envisageons une des conséquences générales de cette acquisition mathématique intellectuelle de l'Univers.

(1) Étude du Système des Forces, §§ 144 et suivants.

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Les lois des forces physiques et de leurs effets ont des expressions mathématiques définies. Ces expressions, sans aucun besoin de figuration quant à la manière dont les actions se transmettent ou se réalisent, définissent pour nous l'ordonnance du monde physique ; et la Physique, non seulement la plus claire mais aussi la plus vraie, consiste à dire que si deux points s'attirent suivant telle loi, c'est par la volonté de Dieu. Sous l'empire de la préoccupation mathématique cependant, ce champ de la certitude rationnelle a été outrepassé ; le monde sensible tout entier a fini par revêtir aux yeux de l'esprit scientifique actuel, la forme d'un système où tout est calculable, on n'attend pour le devenir qu'un développement plus parfait de l'observation physique et de l'Analyse. Cette conception est devenue un dogme.

Bien plus, l'esprit éprouve tant de satisfaction à la clarté de la forme et de la démonstration mathématiques, que, succédant aux sciences de l'Univers physique où la mesure et les relations de nombre se présentent d'elles-mêmes comme expression normale, des branches de la connaissance par leur nature plus éloignées de cette réduction, par exemple l'étude de la vie des sociétés, des peuples, n'ont plus acquis chez lui droit de cité que dans la mesure où l'établissement de relations constantes, c'est-à-dire de lois, rendait possible pour elles cette même adaptation mathématique. Quant à celles qui décidément paraissaient à cet égard irréductibles, l'étude directe des facultés de l'âme et de l'esprit, ou la Philosophie, ou bien, parmi les hommes de science proprement dite, on a tenté de les assagir en les dénaturant, par exemple en réduisant la psychologie à la psychiâtrie et à la physiologie ; ou bien on s'est contenté de ne plus s'en occuper, renvoyant l'examen de ces choses-là aux temps meilleurs où les phénomènes de mécanique mathématique que certainement (on l'affirme) elles constituent, pourront être atteints, et leur complexité, aujourd'hui encore inextricable, enfin vaincue.

b). Tel est bien l'état actuel des errements dans le monde des hommes de science. Cette tendance est peut-être vraie ou

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excusable en un sens, savoir en ce qu'elle exprime, sous la forme particulière du déterminisme mathématique, la certitude que l'Univers est construit suivant un plan défini, et que le hasard, qui n'est que l'expression de notre ignorance, n'existe pas. Mais elle verse dans l'erreur, c'est-à-dire transgresse son aire légitime, quand elle pose implicitement comme article de foi scientifique, que le Déterminisme doit nécessairement se réaliser par des moyens et sous une forme concevables pour notre intelligence finie, et calculables par elle. L'idée du déterminisme n'implique en effet pas nécessairement, aux yeux de la Raison, celle de son expression mathématique ; celle-ci sans doute est la seule forme sous laquelle nous puissions le comprendre, mais son idée de principe constitue une notion bien plus générale.

c). Quoi qu'il en soit, le besoin de la figuration, aussi déraisonnable maintenant qu'il s'agit de la conception de l'Univers, qu'il l'était dans la science de la Grandeur quand il s'agissait de l'infini mathématique, et dans la Géométrie pour la notion d'orientation, a introduit comme une vérité dogmatique la conception simpliste et palpable de l'Univers-Horloge, c'est-à-dire la réduction de la Création à un mécanisme calculable pour notre intelligence finie ; et à ce décret on a d'ailleurs adjoint beaucoup d'autres choses : la quantité d'énergie totale du système est rigoureusement constante ; immuablement les forces réciproques agissantes entre les points sont égales, etc.

Tout cela cependant n'a de valeur que celle de simples propositions, ou d'idées possibles, dont les opposées sont tout aussi concevables et calculables ; qui, par conséquent, ne peuvent nullement être érigées en dogmes.

Mais il y a bien plus à dire : les propositions qui nous occupent, celles qu'on présente ainsi dans la science comme des vérités dogmatiques alors qu'elles ne sont que de simples hypothèses, sont vraisemblablement en elles-mêmes, dans la réalité, entièrement fausses ; ce ne sont que des approximations, mais non pas seulement à raison du doute doctrinal

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propre à toute hypothèse. En y regardant, elles se trouvent en opposition avec la conception absolue la plus probable que, dans l'état actuel de la Science, et au point de vue le plus positif, il conviendrait de formuler, — si l'on pensait à tout.

d). En n'oubliant rien en effet, il faut considérer qu'aujourd'hui les forces qui se présentent comme agissant sur les éléments du monde, se rangent en deux classes essentiellement distinctes pour notre raison : l'une, de forces physiques, que nous venons de considérer et qui sont en effet réductibles à la forme mathématique ; l'autre, de forces de volonté, nos Volontés, qui sont au contraire, pour nous, dans leur essence, irréductibles à cette forme. Ce qu'on est donc raisonnablement contraint de conclure et d'enseigner aujourd'hui, c'est (1) que l'Univers est un système soumis à des forces mathématiques, mais troublé incessamment par des forces non mathématiques, ces dernières se présentant comme faisant varier l'intensité des forces physiques proprement dites, c'est-à-dire comme créant ainsi réellement de l'énergie, etc.

Y pensons-nous bien en effet ? ce que nous savons de plus positivement certain aujourd'hui, c'est que, par la loi d'attraction de Newton, il n'est pas un de nos mouvements, lesquels dépendent de nos pensées, élément irréductible pour notre esprit à la forme mathématique, qui ne trouble et ne déplace toute les étoiles du ciel. Le travail matériel de l'Humanité à la surface de la Terre modifie son mouvement de rotation et la précession de l'Axe du Monde. Que l'un de nous ambitionne de troubler la marche du Soleil, il pourra la troubler en effet ; car il lui suffira d'un geste dans une direction déterminée pour accélérer ou pour retarder le mouvement de cet Astre dans le ciel.

Cela est mathématiquement certain.

(1) Étude sur le Système des forces, etc. (Mém. de l'Acad. in-4° t. XLVIII) pp. 631-648.

Une réflexion au sujet de la conception purement mécanique de l'Univers. (Ciel et Terre ; 8e année, 1887-1888, p. 345).

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La conception de l'Univers-Horloge n'est donc pas seulement abusivement hypothétique : elle est fausse. Au lieu d'un mécanisme aveugle, mathématiquement enserré par notre esprit dans une formule où tout dans le passé peut être calculé, et tout prévu dans l'avenir, il se présente à la science positive comme un organisme incessamment modifié, d'une manière non calculable, par une puissance d'un autre ordre, celle de l'Esprit.

C'est donc seulement en négligeant une partie des éléments du problème, que nous établissons la Physique mathématique. En réalité, il y a autre chose.

L'ordre de grandeur des effets miraculeux que nous produisons ainsi, trop réduit pour frapper le vulgaire qui ne pense pas, est de considération indifférente pour l'homme qui pense. Celui-ci sait qu'il ne s'agit pas, dans une conception de principe, de quantité mais bien de qualité. Mais le vulgaire lui-même tend à être frappé de cet état des choses, s'il remarque qu'à l'égard d'autres êtres, les effets troublants de notre volonté peuvent être énormes ; exemples : le brin de paille que nous tendons à l'insecte entraîné par le courant du ruisseau ; la fourmilière en pleine activité de laborieux travail, détruite par un de nos pas, etc. Pour ces êtres, les lois normales du monde extérieur ont été profondément troublées.

Notre conclusion doit donc être que nous vivons dans un monde miraculeux, c'est-à-dire dans un monde dont l'ordre naturel est celui d'une action des esprits signifiée par le moyen d'un instrument qui est le monde physique mathématique. Tel est, répétons-le, dans l'état actuel de la Science, et la Science prise en ce qu'elle a de plus positif, ce qu'elle nous enjoint de penser et d'enseigner comme définissant pour elle la conception de l'Univers.

F. LES SCIENCES DU MONDE ORGANIQUE. L'HOMME.

a). Par le fait des forces de nature non mathématique qu'elle introduit, cette conception nous amène d'elle-même, après que nous avons envisagé les Mathématiques, la Phy-

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sique, à la considération des branches de la Science qui concernent le monde organisé, et, par les végétaux et les animaux, s'élèvent jusqu'à l'Homme ; et cette progression enfin, à travers un ensemble magnifique où partout se manifeste encore comme élément de construction le Nombre, conduit à un sommet où, pour la Science et pour l'Homme, un Univers nouveau se révèle.

Si l'observation constate chez les animaux la pensée, le sentiment, la volonté, elle n'y reconnaît pas en effet l'existence d'un élément supérieur par lequel l'homme se distingue ici essentiellement, savoir celui par lequel il se juge lui-même, regarde en lui tout cela.

Cet élément, le premier d'une division tripartite par laquelle l'Écriture définit l'Homme fait à l'image de Dieu (le πνεῦμα (νοῦς), la ψυχή, le σῶμα ; l'esprit, l'âme, le corps), et où se retrouve encore le nombre divin 3, est le principe à la fois de sa perfectibilité, manifestée dans l'Humanité par le progrès continu et l'acquis civilisateur, et de sa responsabilité.

C'est la Conscience ; c'est le Bien et le Mal moral. C'est aussi, avec cette connaissance redoutable, la révélation d'une Justice de laquelle il dépend.

b). Ainsi l'Homme a parcouru en tâtonnant les dédales d'un vaste édifice ; mais quand il arrive au faîte, si le Firmament se découvre à ses yeux, un abîme est ouvert sous ses pas. Aussi l'on peut dire qu'à son stage définitif et le plus élevé l'intérêt de la Science se transforme en même temps que son point de vue. De purement intellectuel et passif, il devient essentiellement personnel. Il n'est plus question d'une pure conception philosophique, mais bien d'une situation morale et d'une action.

L'homme n'est plus simple spectateur. Il est engagé à la solde d'un Maître qui tout à l'heure était la Raison, qui maintenant devient la Conscience ; et, pour ne pas sortir de la direction purement intellectuelle de la Science, on peut dire ici que le premier de ces deux Maîtres lui ordonne d'obéir au second.

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c). C'est sous le jour de cette situation d'intérêt personnel, et cela en opposition avec les errements actuels, purement spéculatifs et indifférentistes dès qu'on arrive avec eux à l'homme moral individuel, que les branches de la science qui concernent l'histoire de la Terre et de l'Humanité devraient se présenter comme éducatrices dans l'enseignement supérieur. Il leur appartient de démontrer (le monde ne croit aujourd'hui nullement cela) qu'il s'agit réellement ici pour l'homme beaucoup moins de philosopher que de vivre ; et qu'à ce point de vue là seulement, et non dans celui d'une spéculation purement intellectuelle, elles méritent d'occuper leur rang d'élite dans la préoccupation scientifique. Elles sont en effet, par leur nature, le plus près d'un but que poursuit, d'une pensée unique où se résume toute la connaissance, savoir la destinée supérieure morale de l'homme, but et pensée sans lesquels, pour nous qui passons et ne vivons qu'un jour, la Science tout entière, aux yeux de la Raison, n'est qu'une vanité.

d). Cet enseignement éthique supérieur, d'après cela même qu'on vient d'exposer devra fonder sa solidité sur son caractère externe. Mais il lui reste dès lors, à raison même de la grandeur et de la proximité du but, à bien se rendre compte de sa puissance dans cet ordre, en analysant ses moyens. Examinons donc ce qui pourrait lui apprendre sur le drame de notre destinée, ne fût-ce qu'en assignant un cadre et des limites à l'Économie actuelle de l'Humanité, l'exploration de la Terre et le témoignage des hommes ; et puisque la forme mathématique est pour notre esprit le type de la certitude, recherchons les données de nombre que cette investigation peut nous faire rencontrer.

Ces données seront nombreuses, car, dans le vaste champ qui s'offre ici à nos regards, le Nombre se présente encore comme un régulateur de construction. C'est ce qui est évident, à travers tout le monde organique, par la structure arithmétique des végétaux, du corps des animaux et de l'homme ; et

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pour la Terre elle-même (1), demeure de l'Humanité, par la Loi quadrangulaire de son relief, ordonné suivant deux plans méridiens à angle droit. (Il est en outre extrêmement remarquable, comme nouveau signe du caractère systématique de l'ensemble que nous étudions, que c'est précisément au centre géométrique de cette Terre habitable que la Parole révélée a apparu et a réalisé son œuvre).

Les deux plans méridiens dont il s'agit sont :

1° le plan Asiatique-Américain passant par les centres des deux St Asiatique-Australien et Américain, savoir le Détroit de la Sonde et l'Isthme de Panama, exactement à 180° l'un de l'autre ;

2° le plan Européen-Africain, à 90° sur celui-là, sectionnant à son opposite le Détroit de Behring, et formant l'Axe du Pacifique. Ce dernier plan, qui est le plan médian de la Terre, constitue aussi l'Axe de l'étendue géographique où la Civilisation s'est progressivement développée, et qu'on peut appeler le Foyer de l'Histoire, du Golfe Persique à la limite occidentale de l'Europe, définie par les Iles Britanniques.

Dans cette enquête didactique, la mesure du Temps n'est pas moins instructive que celle de l'Espace. Les signes du Ciel la dispensent à la Terre par leurs périodes de différents ordres ; la durée de la vie de l'homme est mesurée ; celle-là même l'est des collectivités humaines qui, sous le nom de Peuples chefs, ont jalonné de l'Est à l'Ouest dans le Foyer de l'Histoire, en définissant celle-ci par leur succession, la marche de la Civilisation.

Enfin, si l'on envisage l'Humanité entière prise dans son unité, il est certain, par la Loi de Population, qu'elle a eu

(1) Sur le problème actuel de la Physique du Globe et les lois de Brück (Loi quadrangulaire du relief du Globe. Loi de l'Histoire). (Bull. de l'Académie, 1900, p. 1029). (Discours lu en Séance publique de Décembre 1900).

Étude du système des forces, etc., p. 413. (Mém. de l'Académie, in-4°, t. XLVIII).

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un commencement ; et il n'est pas moins certain, par cette même Loi, qu'elle tend vers un terme limite, puisque la surface de la Terre est constante et bornée, et que la population va sans cesse en croissant (1). Il existe donc aussi une durée déterminée qui mesure l'Économie intégrale de l'Histoire.

Ainsi, on peut l'affirmer, la vie de l'homme, des peuples, de l'Humanité, est soumise à des Lois mathématiques, et certaines données de celles-ci sont approximativement connues.

e). Néanmoins ces données, non contestables en elles-mêmes, semblent marquées dans leur mesure d'une indélébile imprécision ; bien plus, là-même où il ne s'agirait que de simple constatation empirique, comme dans la Chronologie historique, ce même défaut irrémédiable affecte les déterminations. Après avoir marché jusqu'ici, dans la suite des sciences, sur un terrain solide et bien éclairé, on se trouve donc maintenant en présence d'espaces incertains, dont les limites de partage restent indécises, et dont les extrémités se perdent dans les brumes d'appréciations ou sans autorité ou contradictoires. L'esquisse que nous traçons de cet état de choses dans le § 19 de la Lettre justifie, sans que nous ayons ici à la reproduire, ce que nous constatons en ce moment.

Mais s'il est vain de s'attarder à déplorer cette défection, il est extrêmement important de considérer en face le fait même de son existence, c'est-à-dire l'existence d'une sorte d'arrêt dans la progression lumineuse de la connaissance, pré-

(1) Voir sur ce sujet : Mathématique de l'Histoire, Appendice III ; ou Édition anglaise de la Concordance, Appendix IV, (1894).
Cette idée et nos résultats avaient vivement intéressé le Général Brialmont, qu'ils ont conduit à l'étude indépendante faite ensuite par lui-même, et exposée dans son Discours lu en Séance publique de la Classe des Sciences de notre Académie (Décembre, 1896) : De l'accroissement de la population et de ses effets dans l'avenir. (Bull. de l'Acad. 3e série, T. 32, no 12).

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cisément au point qu'il importerait le plus à l'homme de posséder ; soit ici, par la détermination sûre du plan de son histoire sur la Terre, une induction tout au moins quant à sa destinée morale. Nous étions en somme plus près de l'Homme et de Dieu dans la Mathématique et la Géométrie, qu'en envisageant maintenant directement dans l'Histoire l'Homme qui est notre objet (1).

f). Que faut-il faire pour sortir de cet état d'ignorance et d'impuissance ? Se contentera-t-on de dire qu'il convient d'attendre les progrès ultérieurs de la Science ? On aura raison si l'on entend par là non attente passive, mais l'examen méthodique et réfléchi de tous les moyens possibles d'acquisition de la vérité ; c'est peut-être d'une nouvelle erreur de Méthode commise dans l'appréciation rationnelle de ces moyens, que provient l'hiatus intellectuel dont nous nous occupons.

g). Or si nous nous plaçons à ce point de vue, nous découvrirons qu'il existe deux alternatives possibles, également admissibles aux yeux de la Raison, et qu'elle doit, suffisamment maîtresse d'elle-même, savoir également examiner :

1° l'acquisition de la vérité au moyen des seuls documents fournis par la connaissance humaine ;

2° son acquisition par un document dont nous gratifierait une Intelligence d'un ordre supérieur à la nôtre, document qui constituerait ainsi une mise en lumière par une Action extérieure à nous.

On peut considérer tous les efforts tentés jusqu'ici par la Science, comme une expérience faite sur la première de ces deux hypothèses. Cette expérience n'ayant pas réussi, il reste à examiner la seconde.

Or ici un document se trouve exister, qui offre d'emblée tous les caractères favorables à cette hypothèse restante, car

(1) On a fait depuis longtemps la remarque que les Mathématiciens ont en général l'esprit plus religieux que les Naturalistes.

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il embrasse dans son étendue toute la matière du sujet, et il n'est l'œuvre d'aucun homme en particulier, mais d'une collectivité de témoins indépendants, placés à distance sur le cours des siècles, animés cependant d'un même esprit.

En outre ce document, la Bible, est unique. Seul entre d'autres livres dits sacrés, qui auraient la prétention de nous faire connaître avec les origines ou les fins de l'Humanité, l'origine et la fin de l'Homme, il est, par les nombres dont ses pages sont pleines, comme enserré dans une armature mathématique ; et le système que celle-ci constitue, en lui-même et en tout état de cause élément externe accessible à l'examen scientifique, se trouve par sa connexion avec les données mathématiques propres de la construction de l'Univers, de telle nature qu'il démontre l'Inspiration de l'Écriture.

Si la Bible est telle qu'ici nous le disons, nous pouvons affirmer que la seconde hypothèse réussit, et c'est, nous l'avons annoncé, la thèse que démontre notre ouvrage.

Quant à la raison d'être d'un enseignement qui consiste à nous présenter ainsi une Parole révélée comme la seule voie par laquelle, pour la connaître, la Science pouvait se poursuivre et s'accomplir, elle ne sera pas difficile à comprendre si l'on fait attention aux vérités essentielles et d'ordre supérieur que cette Parole apporte. Il semble en effet qu'une sage prévoyance ait tout disposé pour nous rejeter, par notre besoin même de certitude intellectuelle, vers la vérité spirituelle qui seule nous est nécessaire.

G. Conclusion.

L'argument, élément directeur des considérations précédentes, est la fidélité étroite aux injonctions de la Méthode de recherche scientifique. On voit que celle-ci construit et ordonne tout l'édifice de la connaissance, en lui donnant pour base le principe expérimental de l'Autorité de la Raison, et pour couronnement la Révélation.

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Telle est la science intégrale qu'on peut et qu'à notre sens on devrait enseigner dans nos Écoles. Pour soutenir une vue opposée, la Science négatrice est tenue de suivre pas à pas cette même méthode, qui est la sienne comme la nôtre, et de montrer avec précision les bifurcations où nous-même aurions commis la faute de méconnaître et d'abandonner notre guide.

§ 19.

Voir notre travail Sur le Système mathématique des Nombres de Manéthon, Lecture faite en séance publique de l'Académie du 17 Décembre 1907 (Bull. de l'Acad. roy., 1907, Décembre). Ce travail est le résumé de l'analyse complète que nous avons faite des Chronologies Égyptienne, Chaldéenne, Chinoise et des Hindoux, aussi bien que des Chronologies du Pentateuque Samaritain et de la Version grecque de la Bible de Septante.

Voici une série de déterminations de la Naissance de J.-C. rapportée à la fondation de Rome (— 753), justifiant ce qui est dit de l'incertitude qui règne sur cet événement fondamental de l'Histoire.

P. de Middelbourg          An de Rome   756
Herwart  . . . . . . . . . . . . . .   754
Denys le Petit  . . . . . . . . . . .  753
Baronius   }
Scaliger   }   . . . . . . . . . . .   751
Vossius    }
Sulpice Sévère }
               }   . . . . . . . . .   750
Renan          }
Petau . . . . . . . . . . . . . . . .  749
Képler . . . . . . . . . . . . . . .   748
Mackinlay . . . . . . . . . . . . . .  745
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§ 22.

II Thess. II, 1-8. — Pour ce qui regarde l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, et notre réunion avec lui, nous vous prions, mes frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos pensées, et de ne point vous troubler par quelque inspiration, ou par des paroles, ou par quelque lettre [la Ire aux Thess.], comme de nous, comme si le jour de Christ était proche.
Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car ce jour-là ne viendra point que la révolte ne soit arrivée auparavant, et qu'on n'ait vu paraître l'homme de péché, le fils de perdition ; qui s'oppose et qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme un dieu dans le temple de Dieu, voulant passer pour un dieu. Ne vous souvient-il pas que je vous disais ces choses lorsque j'étais encore avec vous ? Et vous savez ce qui le retient présentement, afin qu'il ne soit manifesté que dans son temps. Car le mystère d'iniquité se forme déjà ; il faut seulement que celui qui lui fait obstacle présentement, soit détruit. Et alors paraîtra ce méchant, que le Seigneur détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il abolira par l'éclat de son avènement.

§ 24.

Apoc. XIII, 10-18. — Si quelqu'un mène en captivité, il ira lui-même en captivité ; si quelqu'une tue avec l'épée, il faut qu'il périsse lui-même par l'épée : c'est ici qu'est la patience et la foi des saints.
Puis je vis une autre bête monter de la terre, qui avait deux cornes semblables à celles de l'Agneau ; mais elle parlait comme le dragon. Elle exerçait toute la puissance de la première bête en sa présence, et elle obligeait la terre et ses habitants d'adorer la première bête, dont la plaie mortelle avait été guérie. Et elle faisait de grands prodiges, même jusqu'à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu'elle eut le pouvoir de faire en présence de la
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bête, commandant aux habitants de la terre de dresser une image à la bête, qui ayant reçu un coup mortel de l'épée, était encore en vie. Elle eut encore le pouvoir d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et de faire mettre à mort tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête. Et elle obligeait tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, de prendre une marque à la main droite, ou au front. Et personne ne pouvait acheter ni vendre, que celui qui avait la marque, ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom. C'est ici qu'est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six.
Apoc. XIX, 20. — Mais la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait fait devant elle des prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête, et qui avaient adoré son image ; ils furent tous deux jetés vifs dans l'étang ardent de feu et de soufre.
Apoc. XVII, 11. — Et la bête qui était, et qui n'est plus, est le huitième roi ; elle vient des sept, et elle s'en va à la perdition.

§§ 25, 26.

Dan. XII, 7, 11-12. — Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve ; il leva sa main droite et sa main gauche vers les cieux, et il jura par celui qui vit éternellement que ce sera pour un temps, des temps et la moitié d'un temps, et que, quand il aura achevé de briser la force du peuple saint, toutes ces choses seront accomplies.
Et, depuis le temps où cessera le sacrifice continuel et où l'on mettra l'abomination de la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. Heureux celui qui attendra, et qui atteindra jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours !

§ 31.

Jér. III, 18. — En ces jours-là, la maison de Juda mar-
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chera avec la maison d'Israël, et elles viendront ensemble, du pays du nord, au pays que j'ai donné en héritage à vos pères.

§ 32.

Matt. XXI, 43. — C'est pourquoi je vous dis que le royaume de Dieu vous sera ôté, et qu'il sera donné à une nation qui en rendra les fruits.
Gen. XLIX, 22-26. — Joseph est le rameau d'un arbre fertile, le rameau d'un arbre fertile près d'une source ; ses branches ont couvert la muraille. Des archers l'ont harcelé, lui ont lancé des traits et l'ont attaqué. Mais son arc est demeuré ferme, et ses bras et ses mains ont été renforcés par les mains du Puissant de Jacob, du lieu où réside le Berger, le Rocher d'Israël.
C'est l'ouvrage du Dieu de ton père, qui t'aidera, et du Tout-Puissant qui te bénira, des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions de l'abîme qui repose en bas, des bénédictions des mamelles et du sein maternel. Les bénédictions de ton père surpassent les bénédictions de ceux qui m'ont engendré. Jusqu'au terme des collines éternelles, elles seront sur la tête de Joseph, sur le front du prince de ses frères.
Rom. XI, 1-24. — Je demande donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Nullement ; car je suis moi-même Israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin. Dieu n'a point rejeté son peuple qu'il a connu auparavant. Ne savez-vous pas ce que l'Écriture rapporte d'Élie, comme il fit à Dieu cette plainte contre Israël : Seigneur ! ils ont tué tes prophètes, et ils ont démoli tes autels ; et je suis demeuré seul, et ils cherchent à m'ôter la vie ? Mais qu'est-ce que Dieu lui répondit ? Je me suis réservé sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Bahal. Il y en a donc aussi en ce temps qui ont été réservés, selon l'élection de la grâce. Que si c'est par la grâce, ce n'est plus par les œuvres ; autrement la grâce ne serait plus une grâce ; et si c'est par les œuvres, ce n'est plus par la grâce ; autrement les œuvres ne seraient plus des œuvres. Que dirons-nous donc ? C'est qu'Israël n'a point obtenu ce qu'il cherchait ;
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mais les élus l'ont obtenu, et les autres ont été endurcis ; selon qu'il est écrit : Dieu leur a donné un esprit d'étourdissement, des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne point entendre, jusqu'à ce jour. Et David dit : Que leur table leur devienne un filet et un piège ; qu'elle les fasse tomber et cela pour leur rétribution ; que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir ; et fais que leur dos soit continuellement courbé.
Je demande donc : Ont-ils tellement bronché qu'ils soient tombés pour toujours ? Nullement. Mais le salut a été annoncé aux gentils par leur chute, afin de les exciter à la jalousie. Or, si leur chute a fait la richesse du monde, et leur diminution la richesse des gentils, que ne fera pas la conversion de ce peuple entier ?
Car c'est à vous, gentils, que je parle, parce qu'étant l'apôtre des gentils, je rends mon ministère glorieux, pour donner, si je puis, de l'émulation à ceux qui sont de mon sang, et pour en sauver quelques-uns. Car si leur réjection est la réconciliation du monde, que sera leur rappel, sinon une résurrection d'entre les morts ?
Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. Que si quelques-unes des branches ont été retranchées, et toi, qui étais un olivier sauvage, as été enté en leur place, et as été fait participant de la racine et du suc de l'olivier, ne t'élève pas contre les branches ; que si tu t'élèves, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte. Tu diras : Les branches ont été retranchées, afin que j'y fusse enté. Cela est vrai ; elles ont été retranchées à cause de leur incrédulité ; et toi, tu subsistes par la foi : ne t'élève point par orgueil, mais crains. Car si Dieu n'a point épargné les branches naturelles, prends garde qu'il ne t'épargne pas non plus.
Considère donc et la bonté et la sévérité de Dieu : sa sévérité à l'égard de ceux qui sont tombés, et sa bonté envers toi, pourvu que tu persévères dans cette bonté ; autrement tu seras aussi retranché. Et quant à ceux-là, s'ils ne persévèrent pas dans leur incrédulité, ils seront encore entés ; car Dieu a le pouvoir de les enter de nouveau. Car si tu as
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été coupé de l'olivier qui de sa nature était sauvage, et si, contre l'ordre de la nature, tu as été enté sur l'olivier franc, combien plutôt les branches naturelles seront-elles entées sur leur propre olivier !

§ 35.

Voy. Sharon Turner, History of the Anglo-Saxons from the earliest period to the Norman conquest (6e édit., 1836), Book II, Ch. I. Cet ouvrage est l'un des « trois » qu'Aug. Thierry recommande spécialement aux lecteurs studieux dans son Histoire de la Conquête de l'Angleterre par les Normands ; et il en parle en particulier dans son : Dix ans d'Études historiques. L'historien, tout à fait étranger à l'idée de la descendance israélite, retrace la marche des Saxons à travers l'Asie et l'Europe. Il remonte avec eux jusqu'à l'Arménie. La soudure à l'origine, se retrouve alors pour nous dans des documents historiques fournis par les Hébreux eux-mêmes, savoir dans le IVe Livre d'Esdras (c'est un livre non canonique : on le trouvera dans la Bible de Martin. Amsterdam. 1722). Voici le passage relatif aux Dix tribus (desquelles il est, au même chapitre, annoncé qu'elles reviendront aux derniers temps). (IV Esd. XIII, 40-45). « Ce sont les 10 lignées

» qui furent menées en captivité hors de leurs terres du temps
» du roi Osée, que Salmanasar, Roi des Assyriens, mena
» prisonnier ; lequel aussi les transporta au delà du fleuve,
» et les mena en un pays étranger. Mais ayant pris conseil
» en eux-mêmes de laisser la multitude des Gentils, et de
» s'en aller en un pays plus reculé où jamais homme n'ha-
» bita, pour y garder au moins en ce lieu-là leurs lois, qu'ils
» avaient méprisées dans leur pays, ils entrèrent par les
» défilés du fleuve d'Euphrate…… il y avait un long chemin
» à faire par cette contrée-là : savoir d'un an et demi, et ce
» pays s'appelait Ar-Sareth ». [Sereth (Danube) ].

Voir aussi : Sur la certitude scientifique de la Bible et de son système prophétique, Conférence donnée à l'Union chré-

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tienne de Jeunes Gens de Bruxelles (27 Mai 1909), (Publiée dans le Bulletin mensuel de l'Union).

Voici à l'égard de la descendance israélite quelques données extraites d'un travail publié dans la Revue The Banner of Israel, 1903, p. 283. « En fait, la conscience de notre des-

» cendance hébraïque ne semble à aucune époque avoir
» entièrement disparu parmi nous. On trouve des indications
» de cela à travers toute notre histoire. Une des Lois d'Alfred-
» le-Grand était : Ne molestez pas les étrangers qui sont au
» milieu de vous, car vous avez été autrefois vous-mêmes
» étrangers dans le Pays d'Égypte ; et le Service du Couron-
» nement du roi Ethelred (en 979) est plein de références à ce
» même passé, comme par exemple dans l'invocation : Bénis,
» ô Seigneur, ce Prince élu afin qu'il puisse porter le sceptre
» de Salomon avec la simplicité de David. Pour parler de temps
» plus modernes, en 1660 les Quakers de Skipton publièrent
» un livre où ils soutiennent que les Anglais descendent des
» Tribus perdues d'Israël ; et en 1672, une brochure traduite
» du Hollandais parut qui défendait la même idée. Au 18e
» siècle on en retrouve des traces avec Richard Brothers. Au
» 19e, le premier qui enseigna cette doctrine fut Ralph Wedg-
» wood, dans son Book of Remembrance, 1814 ; et il a été
» suivi dans cette voie par John Wilson, Edward Hine,
» E. Bird, etc ».

§ 39 (37).

Jean XVIII, 36. — Jésus répondit : Mon règne n'est pas de ce monde. Si mon règne était de ce monde, mes gens combattraient, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon règne n'est point d'ici-bas.
Apoc. II, 24. — Mais je vous dis à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne retiennent pas cette doctrine, et qui n'ont point connu les profondeurs de Satan, comme on les appelle, que je ne mettrai point d'autre charge sur vous.

[Figure : petit ornement typographique de bas de page (cul-de-lampe) figurant un motif floral ou nuageux, sans légende.]

p. 164
Jean XVII, 20. — Or, je ne prie pas seulement pour eux ; mais je prie aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole.
I Jean I, 1-4. — Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons ouï, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie ; car la vie a été manifestée, et nous l'avons vue, et nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était avec le Père, et qui s'est manifestée à nous ; ce que nous avons vu, dis-je et ce que nous avons ouï, c'est ce que nous vous annonçons, afin que vous ayez communion avec nous, et que nous ayons tous communion avec le Père et avec Jésus-Christ, son Fils. Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit parfaite.
I Jean II, 24. — Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure donc en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père.
II Pi. I, 16. — Car ce n'est point en suivant des fables composées avec artifice, que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ; mais c'est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux.

§ 40.

Apoc. XI, 3. — Mais je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser durant douze cent soixante jours, étant vêtus de sacs.

§ 41.

Matt. XVI, 18. — Et moi je te dis aussi que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du Hadès ne prévaudront point contre elle.

Voir par exemple, au sujet des apologistes catholiques l'ouvrage : Défense de l'Église, par l'Abbé Gorini (2 vol. in 8°,

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Lyon, 1853), T. II, p. 423. Cet auteur n'aurait pas parlé comme il l'a fait, s'il avait connu les faits qui, dans la Bible mathématique, démontrent que le Livre des Actes est, dans ses moindres détails, une partie intégrante parfaite de la Parole de Dieu.

Déjà au IVe siècle, on voit Jérôme s'en prendre, au sujet de Pierre, au Livre des Actes ; par exemple dans son commentaire sur l'Épître aux Galates, où il dit que Luc (l'auteur des Actes) y a totalement oublié de dire que Pierre, après son séjour à Antioche, est allé à Rome.

§ 42.

Matt. XIX, 28. — Et Jésus leur dit : Je vous dis en vérité, à vous qui m'avez suivi, que lorsque le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire, dans le renouvellement qui doit arriver, vous aussi serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël.

§ 43.

Gen. XLIX, 10. — Le sceptre ne s'écartera point de Juda, ni le bâton de législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Silo (repos, pacificateur) ; à lui, l'obéissance des peuples !
Ps. LXXVIII, 68-72. — Il choisit la tribu de Juda ; la montagne de Sion qu'il aime. Il bâtit son sanctuaire comme les lieux très hauts, comme la terre qu'il a fondée pour toujours. Il choisit David son serviteur, et le prit des parcs des brebis. Il l'amena d'auprès de celles qui allaitent, pour paître Jacob, son peuple, et Israël, son héritage. Alors David les fit paître suivant l'intégrité de son cœur, et les conduisit par la sagesse de ses mains.
Apoc. V, 5. — Et un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici, le lion qui est issu de la tribu de Juda et de la race de David, a vaincu pour ouvrir le livre et en délier les sept sceaux.
p. 166

§ 44.

Gal. II, 6-9. — Pour ce qui est de ceux qui sont les plus considérés (il ne m'importe point quels ils ont été autrefois, car Dieu n'a point acception de personnes), ceux, dis-je, qui sont les plus considérés ne m'ont rien communiqué. Au contraire, quand ils virent que la charge de prêcher l'évangile aux incirconcis m'avait été confiée, comme celle de le prêcher aux circoncis l'avait été à Pierre (car celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre des Juifs, a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre des gentils) ; Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, ayant reconnu la grâce qui m'avait été donnée, me donnèrent à moi et à Barnabas, la main d'association, afin que nous allassions vers les gentils, et eux vers les Juifs.
I Pi. V, 13. — L'Église qui est à Babylone, et qui est élue avec vous, et Marc, mon fils, vous saluent.

La convention par laquelle Paul est Apôtre des Gentils et Pierre Apôtre des Juifs a lieu, en + 54, lors de l'Assemblée de Jérusalem (Act. XV). A partir de là, Pierre disparaît du récit des Actes. On le retrouve à Antioche, en Gal. II, (Antioche était sur la route de Babylone) ; et à Babylone, en I Pi. V. Tout le reste du Livre des Actes est occupé par les voyages de Paul, à l'Occident. La preuve directe, d'ailleurs, que la convention des Apôtres portait sur la distinction des régions géographiques, c'est le fait que Paul, partout où il passe s'adresse aussi bien directement aux Juifs. Voyez, par exemple, Act. XVII, 1-3 (Thessalonique) ; XXVIII, 17-23 (Rome) ; etc.

Il y a deux objets à considérer à l'égard de la mission des Apôtres : 1° Au point de vue de l'économie spirituelle de l'Écriture, Paul, choisi en dehors des 12 Apôtres, est chargé de révéler l'existence de l'Église comme Corps de Christ (ce qu'il appelle « mon Évangile », Rom. II, 16), corps pris de toute tribu, langue, nation, etc., et Paul est par là d'une ma-

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nière spéciale et caractéristique l'Apôtre des Gentils ou des Nations ; Pierre au contraire reste le Pasteur du Peuple Élu ; 2° il y a ensuite, dans l'ordonnance externe de leurs missions, un partage des charges qui doit convenir avec la répartition théorique précédente ; c'est cette nouvelle condition distributive, dépendante du milieu géographique, qui constitue proprement l'objet de leur convention. Puisque dans le développement de l'Histoire c'est la Grèce, c'est Rome, l'Espagne, c'est l'Occident qui constitue les Gentils ou les Nations, et qui appelle l'Église avec les temps nouveaux, c'est Paul qui aura pour champ de travail l'Occident. Par le seul fait que le Pape de Rome est essentiellement un Apôtre des Gentils, et que son Église, c'est son ambition avouée, est l'Église des Nations, il est évident qu'il n'a jamais été le successeur de l'Apôtre Pierre.

Au sujet des destinataires de la Seconde Épître de Pierre, destinataires que l'Écriture désigne, disons-nous, comme étant les Romains, voyez les passages : II Pi. III, 9, 15 ; Rom. II, 4, 5 ; III, 24 ; XV, 5.

II Pi. III, 9, 15. — Le Seigneur ne retarde point l'exécution de sa promesse, comme quelques-uns croient qu'il y ait du retardement ; mais il use de patience envers nous, ne voulant point qu'aucun périsse, mais voulant que tous viennent à la repentance.
Et croyez que la longue patience de notre Seigneur est pour votre salut, comme Paul, notre frère bien-aimé, vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.
Rom. II, 4-5. — Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de son long support, ne considérant pas que la bonté de Dieu te convie à la repentance ? Mais par ton endurcissement et par ton cœur impénitent tu t'amasses la colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu.
Rom. III, 24. — [Jésus-Christ] que Dieu avait destiné pour être une victime propitiatoire par la foi en son sang,
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afin de faire paraître sa justice par le pardon des péchés commis auparavant pendant le temps de la patience de Dieu.
Rom. XV, 5. — Que le Dieu de patience et de consolation vous fasse donc la grâce d'avoir, les uns et les autres, un même sentiment selon Jésus-Christ !

L'Épître aux Romains est en effet la seule des Épîtres de Paul où il parle de la « Patience de Dieu ». Ceux auxquels Pierre écrit sa Seconde Épître, en leur rappelant que Paul leur a écrit au sujet de la « Patience de Dieu », ne sont donc autres que les Romains.

Les commentateurs se sont beaucoup occupés, au sujet des traits évidents de rapprochement entre les Épîtres de Pierre et l'Épître de Paul aux Romains, de la question d'authenticité ou priorité des documents ; mais ils ont totalement négligé d'examiner si la connexion de ces Épîtres des Apôtres n'avait pas, dans la structure de la Bible considérée comme la Parole de Dieu et l'œuvre du Saint Esprit, un objet d'instruction supérieure déterminé. Le résultat que nous venons de signaler prouve, par son importance même, à quel point ce dernier point de vue, lequel seul d'ailleurs donne, ici comme ailleurs, un intérêt sérieux à la Bible, est nécessaire et essentiel.

Il est visible que dans cette Épître de Pierre (II Pi)., épître qu'il présente (II Pi. III, 1) comme le complément d'une « autre » écrite par lui aux mêmes, cette « autre » est, non pas I Pi. (désignée nominativement Première Épître de Pierre), mais bien celle de Jude, ou de Juda, équivalente pour le fond et la forme à II Pi. (comparez l'Épître de Jude à II Pi. II). Identifié par sa rédaction avec « Jude » dont il fait sienne l'Épître, Pierre est ainsi de nouveau désigné pour l'Écriture, dans son système analogique, comme le représentant de « Juda ». Tous les traits externes dans l'Écriture sont significatifs, et, comme on va le voir, celui-ci a, dans le point de vue géographique qui nous préoccupe, une portée capitale.

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En se liant en effet ainsi à Jude, et d'une manière telle qu'il se déclare son compagnon d'œuvre dans les mêmes lieux, Pierre confirme en même temps pour nous, par un véritable trait de lumière, qu'il est bien à Babylone. Car on sait que Jude prêcha l'Évangile en Judée, en Samarie, en Syrie, à Édesse ou Urfa (vallée de l'Euphrate), et en Mésopotamie sur les bords du Tigre et de l'Euphrate, — et cela retrace précisément, si Pierre est son compagnon d'œuvre, l'itinéraire prévu de Pierre venant de Jérusalem à Antioche, puis gagnant à l'Est la Vallée de l'Euphrate et Babylone, Séleucie-Ctésiphon.

On croit que Jude souffrit le Martyre en Mésopotamie ; d'autres disent en Perse. Les Arméniens l'honorent comme leur Apôtre, et, suivant quelques références, il aurait été mis en croix en Arménie et percé de flèches. Le supplice de Pierre annoncé par Jésus est aussi la mise en croix.

Examinons maintenant le signe constitué par la connexion historique de Simon (qui est aussi le nom de Pierre) et de Jude.

Il convient d'abord de signaler à ce sujet l'union intime que les anciens Martyrologes établissent entre « Simon » et « Jude » dont la Fête est célébrée le même jour, [union consacrée de nos jours mêmes d'ailleurs, comme par exemple en témoigne le recueil officiel des Hymnes de l'Église anglicane]. Ce « Simon » est généralement considéré comme étant l'Apôtre Simon Zélote ; mais les données géographiques, si elles concernaient cette unique personnalité seraient malaisées à concilier. Tandis que, d'après les uns, Simon aurait évangélisé l'Égypte, la Cyrénaïque, et serait passé en Angleterre, les autres prétendent qu'il est mort en Perse en même temps que Jude, et d'ailleurs toujours, du supplice de la croix.

[Pietro della Valle, qui visita au XVIIe siècle les ruines de Babylone et de Ctésiphon (Voyages de P. della Valle, Paris, 1661, in 4°, cités dans la Babylonie de Hoefer, p. 235) rappelle

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qu'il existe un Saint Siméon Martyr, évêque de Ctésiphon-Séleucie].

On peut retenir pour le moins, d'après tout cela, que les deux noms de Simon, ou Siméon (lequel se rapproche plus de la forme hébraïque), et de Jude se trouvent conjoints dans le souvenir historique, et qu'en Orient une même tradition les unit ou les identifie. Or cela étant, il est impossible, dans le point de vue qui regarde vraiment la Bible comme la Parole de Dieu, que le trait suivant ne soit pas considéré comme un nouveau signe donné de cette union intime de Pierre et de Jude en Orient : à savoir qu'en tête de la Seconde Épître de Pierre (II Pi. I, 1) où Pierre annonce qu'il va périr, Pierre est expressément désigné par le nom de Syméon ou Simon (voy. l'original grec).

Mais il y a bien plus. La désignation intentionnelle qui nous occupe porte ici sur la substitution particulière elle-même du nom de « Syméon » à « Simon » : grâce à cette substitution, l'Écriture repère d'une manière cachée, comme on va le voir, toute l'histoire géographique de Pierre.

En effet ce nom de Syméon (II Pi. I, 1) ne figure, appliqué à la personne de Pierre, qu'une seule autre fois dans toute l'étendue du Nouveau Testament ; et cette autre mention unique a lieu : la dernière fois où il est question de Pierre dans le Livre des Actes, soit en Act. XV, 14. Or cette disposition unique est un signe de reconnaissance aussi évident que marqué ; il est destiné à nous confirmer que Pierre, volontairement abandonné au récit historique à Jérusalem, est bien retrouvé par lui (c'est-à-dire en II Pi., tant par la connexion de Jude et de Siméon que par l'identité de II Pi. avec Jude) en Orient.

Plus généralement un semblable fait constitue, après tout ce que fera dans ce même ordre connaître notre ouvrage, une démonstration frappante du sens intentionnel profond des moindres détails de l'Écriture ; il met en évidence la légèreté funeste avec laquelle on y dédaigne aujourd'hui, comme sans importance, des particularités intentionnelles qui sont dans la

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réalité de véritables traits de lumière. (C'est par une négligence de cet ordre que nos traductions courantes ne voient, ici même, aucun mal à écrire dans II Pi. I, 1, Simon Pierre au lieu de Syméon Pierre, ainsi que le veut cependant l'original ; et de même, en Act. XV, 14).

Le signe précédent est simplement constitué par le rapprochement de passages caractéristiques propres à la rédaction du texte biblique. Mais, cela dit, la structure géométrique externe du Livre se charge de donner de ce Signe, c'est-à-dire du caractère intentionnel des deux mentions uniques du nom « Syméon » en Act. XV, 14 et II Pi. I, 1, une démonstration certaine, par une mesure mathématique.

En considérant que l'intervalle entre les deux passages dont il s'agit, repéré par les deux versets dans l'étendue courante du texte de la Bible, est en fait par sa désignation même, [désignation intentionnelle que nous venons de reconnaître et qui a transporté pour nous Pierre de la Judée dans la Babylonie] marqué de l'Esprit de Dieu, nous nous sommes demandé si dès lors il n'exprimerait pas arithmétiquement, c'est-à-dire par sa valeur numérique en nombre de versets sur l'Échelle des versets de la Bible, la valeur numérique des noms des deux lieux (voy. XIe Leçon, et Appendice n° 25), Jérusalem et Babylone, qui répondent, en qualité de termes géographiques, à son commencement et à sa fin. Or nous avons immédiatement reconnu dans cet ordre de recherche l'existence de la relation suivante, dont l'énoncé, après l'induction qui l'a amenée, se passe de commentaire ; savoir

(7.7.7.) + [Act. XV, 14 — II Pi. 1, I] + (7.7.7.)

      = (Jérusalem) + (Syméon) + (Babylone).

On a pour les éléments numériques qui établissent cette

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formule (voir pour l'intelligence de tout ceci les lieux de référence de notre ouvrage cités plus haut) :

Act. XV, 14 . n° d'ordre (Échelle du Nouv. Test.) .   4314
II Pi. I, 1  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   7334
                                                      ----
        Distance [Act. XV, 14 — II Pi. I, 1]      =   3020
(Jérusalem) Ιεροσολυμα . . . . . . . . . . . .   =    926
(Babylone)  Βαβυλων . . . . . . . . . . . . . .   =   1285
(Syméon)    Συμεων . . . . . . . . . . . . . . .   =   1495

Les considérations précédentes se résument : 1° dans la démonstration, donnée par le passage de Paul que mentionne Pierre, que la Seconde Épître de Pierre, écrite à l'époque de sa mort, est adressée aux Romains, ce qui élimine l'idée que Pierre soit alors à Rome ; 2° dans la connexion intime d'œuvre de Pierre et de Jude, prouvée par l'allusion directe (II Pi. III, 1) de Pierre à la Lettre de Jude, lettre qu'il fait sienne et qui est en effet identique à celle (II Pi.) qui porte explicitement son nom et où il redit les mêmes instructions.

Nous pensons que cette connexion d'œuvre, si bien justifiée par le contenu comparé des deux Épîtres, n'a encore jamais été signalée, et qu'elle est cependant, par l'union intime des deux Apôtres, un trait de lumière pour l'histoire géographique de Pierre, puisque celle de Jude est bien connue.

La diversité des lieux de l'Orient classique qui se disputent Jude est d'ailleurs favorable aussi à l'idée que, sous ce nom, qui, par Juda, désigne aussi bien Pierre, se cache une personnalité collective. L'Orient, où doit retourner le Peuple Élu, serait ainsi rempli de Simon Pierre, comme l'Occident l'est de Paul ; et l'on découvre en outre dans cette disposition voilée une des conditions de possibilité de l'iniquité cachée

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qui, en s'emparant du nom de Pierre, devait naître et se développer dans l'Occident, pour y supplanter l'œuvre de Paul.

§ 47.

Voyez l'Annuaire Pontifical catholique (Annuaire de 1905, p. 34).

§ 49.

L'Histoire des Vaudois est, dans nos milieux, généralement fort peu enseignée, et, quand elle l'est, sous l'influence d'idées courantes qui ne voient en eux que des hérétiques du XIIe siècle, c'est d'une manière aussi superficielle qu'en elle-même inexacte. Or cela est d'autant plus regrettable qu'aucun autre objet peut-être ne mérite autant d'être signalé à l'attention de l'Histoire générale. De même en effet que seule l'ignorance du Nouveau Testament permet au monde de se laisser dire par l'Église romaine qu'elle est la dépositaire des doctrines du Christ et des Apôtres, de même l'ignorance de l'Histoire des Chrétiens Vaudois permet seule de laisser cette Église arguer d'une Antiquité d'après elle sans partage, Antiquité qu'elle oppose sans cesse comme un argument sans réplique à la prétendue nouveauté de la protestation évangélique. Si le « Protestantisme », par le seul fait qu'il est identique à l'Église primitive, est, dans la réalité, plus ancien que le Catholicisme romain, c'est qu'il n'est pas seulement dès lors en principe ; jamais non plus il n'a cessé d'exister comme manifestation historique. Une simple réflexion de sens commun et l'expérience chrétienne suffiraient déjà pour faire comprendre l'impossibilité que la doctrine du Christ, telle que nous l'a conservée le Nouveau Testament, une fois saisie, comprise et vécue, ait pu cesser d'exister, et ne se soit pas transmise dans le monde, ne fût-ce que par quelques témoins isolés. Mais, par les Vaudois,

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ce fait moralement certain se vérifie historiquement d'une manière concrète et définie.

La vue exprimée dans l'Essai sur les Mœurs (Ch. XLV) qu'il y eut toujours un petit troupeau à côté du grand : « Ceux

» qu'on appelait manichéens, ceux qu'on nomma depuis
» Albigeois, Vaudois, Lollards, et qui reparurent si souvent
» sous tant d'autres noms, étaient des restes des premiers
» chrétiens des Gaules, attachés à plusieurs anciens usages
» que la cour Romaine changea depuis », se justifie ici en se

précisant. Non seulement, on est d'accord avec cette vue, les Vaudois remontent par une tradition populaire jusqu'au temps des Apôtres (en particulier, Saint Paul), mais, d'une manière historique définie, tant les Vaudois du Piémont que ceux de Bohême, de Moravie, etc. ont constamment déclaré qu'ils tiennent leur vue de Léon, confrère et contemporain de Sylvestre, évêque de Rome, sous l'Empereur Constantin-le-Grand. On a la confirmation de ces données par le témoignage même des Inquisiteurs romains chargés d'extirper l'hérésie Vaudoise. Ce Léon qui protestait ainsi au IVe siècle contre l'établissement de la Papauté et les erreurs de Rome, est classé par les Catholiques comme un hérésiarque, et sa secte, celles de Léonistes comme une des plus pernicieuses, à cause de son apparence de piété, et de sa pureté de mœurs. (Voy. sur le fait historique si capital des Vaudois : The Waldenses or Protestant Valleys, by William Beattie, London, 1836 ; et comme ouvrage particulièrement documenté, et où l'on trouve reproduits plusieurs des écrits des anciens Vaudois : Histoire de l'Église vaudoise depuis son origine, et des Vaudois du Piémont jusqu'à nos jours, par A. Monastier, 2 vol. Paris, Toulouse, 1847).

On trouve d'intéressants détails sur les rapports entre nos Provinces et les Vaudois, dans l'ouvrage, très documenté aussi : Le Protestantisme belge avant, pendant et après les troubles du XVIe siècle, considérations historiques par un Belge ; Bruxelles, Amsterdam, 1856).

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Rien ne met mieux en évidence que le fait, ou ignoré ou méconnu, des anciens Vaudois, la manière dont, par l'influence du système mensonger du Catholicisme romain, l'enseignement classique, même dit libéral, est aujourd'hui tronqué et faussé dans les milieux qui, comme le nôtre, ont reçu l'empreinte de ce système. On peut dire sans nulle exagération que le Catholicisme, qui a réussi à fausser les enseignements de la Bible, a non moins réussi à fausser l'enseignement populaire de l'Histoire elle-même, et cela auprès de ceux-là même qui lui sont les plus hostiles et qui s'en croient intellectuellement les plus indépendants.

§ 50.

Act. VIII, 9-24. — Or, il y avait auparavant dans la même ville un homme, nommé Simon, qui exerçait la magie, et remplissait d'étonnement le peuple de Samarie, se faisant passer pour un grand personnage. Tous lui étaient attachés, depuis le plus petit jusqu'au plus grand ; et ils disaient : Celui-ci est la grande puissance de Dieu. Et ils étaient attachés à lui, parce que depuis longtemps il leur avait renversé l'esprit par ses enchantements. Mais quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait ce qui concerne le royaume de Dieu et le nom de Jésus-Christ, ils furent baptisés, tant les hommes que les femmes. Et Simon lui-même crut aussi ; et après avoir été baptisé, il ne quittait point Philippe ; et voyant les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il était tout hors de lui-même.
Cependant les apôtres qui étaient à Jérusalem ayant appris que ceux de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, lui envoyèrent Pierre et Jean ; qui, y étant descendus, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit ; car il n'était point encore descendu sur aucun d'eux ; mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors les apôtres leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit.
Mais Simon, voyant que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, leur offrit de l'argent, et leur dit : Donnez-moi aussi ce pouvoir, que tous ceux à
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qui j'imposerai les mains reçoivent le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait avec de l'argent. Tu n'as point de part ni rien à prétendre en cette affaire ; car ton cœur n'est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de cette méchanceté et prie Dieu, afin que, s'il est possible, cette pensée de ton cœur te soit pardonnée. Car je vois que tu es dans un fiel très amer et dans les liens de l'iniquité. Alors Simon répondit, et leur dit : Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit.

Sur la popularité de Simon le Magicien a Rome.

On racontait même (Irénée, Justin, etc.) qu'on lui avait élevé sur les bords du Tibre une statue avec l'inscription : « A Simon le Dieu saint ». Ce dernier fait est, non sans raison, contesté comme peu vraisemblable par des écrivains modernes, qui y voient une confusion avec l'inscription approchante d'une statue élevée au même lieu à une divinité païenne. Mais, dans ce dernier cas, le fait serait peut-être encore plus démonstratif de l'importance attribuée par les premiers siècles à Simon le Magicien, puisqu'une identification aurait pu s'établir entre lui et un dieu déjà consacré par un monument populaire.

§ 51.

Sur le Témoignage d'Eusèbe.

(Voir Eusèbe, Histoire de l'Église, Liv. II, Ch. XIV).

Au reste, pour qui serait tenté d'accuser ici la conscience historique d'Eusèbe, un fait essentiel est à connaître ; savoir, l'existence à son époque d'une multitude d'écrits apocryphes relatifs aux premiers temps, écrits dont presque tous sont reconnus par la critique, catholique ou autre, supposés, inauthentiques, plusieurs fabriqués de toutes pièces ; tels sont

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notamment, datant seulement du IVe siècle, les livres attribués au Pape Clément contemporain de Pierre, et où l'on puisait en détail toutes les preuves de l'autorité de principe de l'Église de Rome. Eusèbe était donc entouré de faux. Et si l'on doutait de la possibilité d'une atmosphère de mensonge historique ainsi accumulée au cours de quelques siècles, dans ces temps éloignés, — sans contrôle et sans critique, comme eux-mêmes les écrivains du IVe siècle (Eusèbe) en témoignent, — on n'aurait qu'à prendre pour exemple, celui-ci incontesté de l'usage du faux historique dans cette même Église, les écrits fabriqués par elle du VIIIe au XIe siècle, attribués aux premiers papes et qui, Fausses Décrétales, démontraient et établissaient les droits de sa puissance temporelle. Dans ce cas retentissant d'ailleurs, comme dans notre question actuelle, l'usage du faux n'était possible que grâce à un fondement renfermant quelque chose de vrai : telle la fausse Donation de Constantin pouvait paraître vraie, puisque, en fait historique, Constantin avait mis Rome entre les mains de l'Évêque de Rome. Or si, de cette affaire jugée on remonte cinq siècles jusqu'à une époque où nul tribunal public n'existait, on n'aura plus aucun motif de s'étonner d'y rencontrer un état de choses analogue. Si on a pu tromper sciemment le monde du VIIIe au XIe siècle, pourquoi pas, et pour le même motif, du IIe au IVe ? et bien plus aisément, semble-t-il, à en juger par l'ignorance ou l'incertitude générales que trahit sur ces commencements historiques tout l'ensemble des témoignages contemporains les moins suspects et les plus recevables.

L'argument analogique des Fausses Décrétales est donc très instructif en ce que, traitant de mince courant d'opinion, il donne de lui-même son coefficient à la valeur des revendications qui nous occupent, soit, pour en revenir précisément à notre objet, à la Fondation de l'Église romaine par Simon Pierre, intimement connexe du souvenir de Simon le Magicien à Rome.

L'autorité historique d'Eusèbe, nous venons de le remarquer, se détruit ici par l'attitude du texte d'Eusèbe lui-même,

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et la conclusion que nous présentons est justifiée par cette attitude, comme par l'esprit du temps et l'état des esprits.

Sur l'apparition au IVe siècle seulement de l'histoire du Pontificat de Pierre a Rome, et sur la personne et les disciples de Simon le Magicien.

On peut trouver immédiatement dans les ouvrages actuels, catholiques ou autres, la confirmation de cette apparition tardive. Voyez, par exemple : Chronologie de Dreyss, Paris 1883 (cath.). An 42. « Saint Pierre... suivant une tradition recueillie par Eusèbe et saint Jérôme » [IVe siècle] « vient à Rome et y établit le siège de l'Église catholique ou universelle. » [Jérôme d'ailleurs se réfère à Eusèbe ; (de Vir. Illust. Procœm.)].

Nous exposerons dans la suite de ces Leçons, avec toute l'étendue requise, les pièces du procès de ces commencements de l'Église. Pour le moment, à qui voudrait trouver abusive et hors de poids l'idée de l'influence de Simon le Magicien dans l'origine de la théocratie romaine, on est en droit de faire observer que ce serait par manque d'examen réel. Cela est au contraire un fait fondamental dans son histoire. Pour les historiens de l'Église, Pierre n'est censé à Rome vers 42, pour y commencer son pontificat, que parce que Simon le Magicien y est venu s'établir et y imposer son autorité spirituelle. Mais tandis que Simon le Magicien vient à Rome par la voie historique, Pierre y vient dans une phrase pour confondre ce grand imposteur. On n'a qu'à lire là-dessus le Chap. XIV d'Eusèbe (Livre II). Il est donc pour le moins hors de question que c'est Simon le Magicien qui a fourni l'occasion de faire venir Simon Pierre à Rome, et que de toute façon il y a une intime connexion historique entre les deux.

D'ailleurs à tous égards Simon le Magicien est un personnage historique considérable. Une preuve de son influence à Rome à côté de Saint Paul, se tire du fait que les sectateurs de Pierre, ennemis de Paul, identifiaient Saint Paul avec

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Simon le Magicien. Les disciples et les doctrines de Simon subsistent jusqu'aux temps de Constantin. Simon se disait être Dieu et le Christ ; il menait avec lui une femme qu'il disait la Mère de toutes choses ; il faisait des sacrifices au Père, sans lesquels on ne pouvait être sauvé, et rendait un culte idolâtre aux Anges, etc., amorçant ainsi pour ainsi dire tous les éléments de perversion de l'idolâtrie catholique romaine. On le fait mourir à Rome sous Néron à la même époque qui est traditionnellement attribuée à Pierre. Ses sectateurs, les Simoniens, suivaient fidèlement ces doctrines, adoraient Simon, c'est-à-dire le Christ, et adoraient la Femme, faisaient profession extérieure du Christianisme, donnaient et recevaient le Baptême, étaient mêlés dans l'Église parmi les Chrétiens. Cela persista jusqu'au IVe ou au Ve siècle. (Voir sur tout cela Eusèbe, Histoire de l'Église, Liv. II, Ch. XIII, XIV ; Dom Calmet, Dictionnaire de la Bible, Art. Simon le Magicien ; Simoniens). On voit donc que Simon avait réellement fondé à Rome une Église, chrétienne de nom, et que les deux courants parallèles de ses sectateurs et des disciples de Paul y sont au même titre marqués historiquement, tandis qu'on ne peut rien trouver d'historiquement analogue à l'égard de la personne de Pierre. Pour Simon Pierre le titre historique n'existe pas ; c'est pour cela qu'on a dû l'inventer ; et ce qui est fâcheusement manifeste, ce titre est le décalque de celui de Simon le Magicien.

Le souvenir de ce dernier avait laissé une profonde empreinte. Au VIIe siècle, en Angleterre, dans les luttes de l'Église chrétienne celtique primitive contre les émissaires de Rome (vers 666), émissaires dont cette Église évangélique repousse avec horreur les prétentions, on voit réapparaître comme argument (contre elle, comme autrefois contre Paul) la « Tonsure de Simon le Magicien ». (Voy. Lavisse et Rambaud, Histoire générale, T. I, p. 259).

D'après l'Évêque syrien Moïse Bar-Cepha (Xe siècle) (Voy. : De Paradiso commentarius a Mose Bar-Cepha Syro,

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traduit en latin par Masius, Anvers 1569 ; pp. 200-207), il existait encore des Simoniens au Xe siècle.

Il est intéressant de rapprocher ce que nous savons aujourd'hui, de ce qui préoccupait les esprits aux temps de la Réforme. C'était alors sur l'incompatibilité de la doctrine que l'on décidait seulement de l'autorité de Rome, et ses revendications historiques, quoique dès lors contestées, paraissaient, à ce point de vue supérieur, assez indifférentes. On se révoltait même à faire bon marché, en cherchant à en affaiblir l'accent, de la désignation, évidente cependant, de la prééminence de Pierre. Sous l'influence des errements séculaires, l'idée persistait en effet d'une édification actuelle visible de l'Église de Christ, et, dans ce point de vue, cette désignation était, en fait, importune. Or cette dernière remarque suffit à prouver que si la seule considération de l'enseignement spirituel était suffisante alors, — elle l'est sans doute encore aujourd'hui, — pour définir la voie de la vérité, elle ne l'était pas ni pour défendre efficacement la vérité contre la puissance de l'erreur, ni même pour assurer l'équilibre parfait de la foi chez ceux qui avaient restitué la Foi au monde. Un ordre de preuves faisait donc encore défaut. C'est celui qui constitue l'objet actuel de nos études. Comme le montre tout cet ouvrage, et l'ensemble même de nos déductions présentes, il repose à la fois sur la connaissance de la Loi de l'Histoire, et sur la certitude de l'Autorité externe absolue de l'Écriture, considérée, jusque dans ses moindres détails, comme un signe surnaturel ordonné de Dieu.

Sur le Témoignage de l'Antiquité relatif a Pierre.

Après tout ce qui précède, ce n'est point cependant se redire de chercher à apprécier dans son ensemble la situation de l'observateur indépendant en présence des errements courants ; car, en dépit de tout, ceux-ci prétendent trouver dans une

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quasi-notoriété du Témoignage de l'Antiquité la preuve, quoi qu'on en ait victorieuse, de la fondation de l'Église romaine par l'Apôtre Pierre.

Quand, encore sous l'influence de l'opinion traditionnelle qui croit ainsi à ce témoignage unanime, on aborde personnellement l'examen de la question par celle des documents, on se figure donc que vraisemblablement le fait matériel restera, et que seuls pourront être critiqués l'interprétation que lui prête et le parti qu'en tire l'Église romaine pour fonder son autorité. Mais, l'examen fait, on reste stupéfait de la fragilité ou du caractère illusoire des arguments sur lesquels s'étaie un si grand objet. Le procédé des apologistes catholiques consiste à citer avec emphase, comme les signes d'un état de notoriété publique, les phrases éparses de certains écrivains des premiers siècles, en présentant ces écrivains comme des témoins indépendants. Cela produit un certain effet quand on n'est pas averti. Si l'on va au fond des choses, cependant, on constate que ces déclarations fugitives ne sont que des reproductions les unes des autres, et qu'il ne reste pour origine définitive de toutes que des on-dits extrêmement sujets à caution, attribués à des personnages historiquement équivoques eux-mêmes, tels que Papias et Jean le Prêtre, personnages desquels on ne possède d'ailleurs pas un seul écrit. En considérant ensuite en elles-mêmes les phrases éparses invoquées pour arguments, on est frappé :

1° du fait que la fondation de l'Église de Rome par Pierre n'est nulle part, dans ces témoignages pris tels quels, naturellement enseignée à la manière d'un fait historique. Comme Irénée, on ajoute le nom de Pierre à celui de Paul, dont la mission historique est si notoire et qui est ici évidemment le personnage gênant : ou, avec Cyprien, on fonde une sorte de dogme sur la parole « Tu es Pierre », pour montrer ce que l'Histoire a « dû » être ; ou on invoque un certain Denys, Évêque de Corinthe, qui, écrivant aux Romains, pour rehausser son église leur aurait fait savoir que Corinthe et Rome sont sur le même pied, attendu que Pierre et Paul ont semé

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ensemble dans la ville de Corinthe la doctrine de l'Évangile, qu'ils ont ensuite passé ensemble en Italie et y ont confirmé cette même doctrine par leur mort : ceci en contradiction formelle avec le Livre des Actes, dont on fait une fois de plus bon marché ; 2° du fait qu'arrivé au IVe siècle, Eusèbe en commençant son Histoire et considérant ce qu'il possède pour documents, déclare qu'on ne trouve en tout cela que de faibles lueurs qui paraissent de loin au milieu des ténèbres de la nuit, et qu'il choisira ce qu'il croira pouvoir servir à son sujet ; et en outre qu'aujourd'hui même les documents déjà si problématiques en eux-mêmes par lesquels on arrive à une conception historique tout à fait en opposition avec celle qui ressort de la lecture naturelle de l'Écriture, sont pris, pour être conservés, dans une collection d'autres documents de la même antiquité (environ soixante-dix) la plupart reconnus fabriqués, faux et insoutenables, et desquels pour distinguer les prétendus authentiques entre un choix, on n'a en réalité aucun critérium ferme. [Voir le recueil (catholique) de Cotelier, Anvers 1700]. De telles conditions, qui sont généralement ignorées du lecteur des apologies romaines, enlèveraient évidemment à celles-ci, si elles étaient en même temps enseignées, tout droit à la moindre imposition d'autorité.

Il est donc essentiel, chez nous, en présence des affirmations habiles des Apologistes, d'être au courant de la situation, c'est-à-dire des données vraies de la question, pour les leur rappeler sans cesse dans les occasions.

On voit par tout cela, et pour en revenir à notre difficulté, à quoi se réduit pour les Chrétiens instruits et conséquents, la valeur ou le prestige de ce qu'on appelle le « Témoignage de l'Antiquité ». En réalité ce « Témoignage », pris suivant ce terme, n'existe pas. Mais ce qui existe c'est, les quatre premiers siècles écoulés, la répétition d'une affirmation intéressée, — et dont le bien fondé semble au monde se justifier par l'existence extérieure même d'une puissante Église — si constante devant ce monde non armé pour le contrôler, qu'il a fini par y croire.

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On ne peut d'ailleurs s'empêcher, en constatant cet état faussé des choses dès les premiers siècles, et en constatant le phénomène historique dans toute sa continuité, de penser aux autres manifestations du même esprit d'imposture qui ont suivi cette première application dans le cours des temps, déjà mentionnées mais que l'on peut bien rappeler encore ici ; telles : ces Fausses Décrétales, fabriquées de toutes pièces du VIIIe au XIe siècle, attribuées aux premiers Papes pour mieux asseoir l'autorité de la Papauté, et dont la fraude, forcément reconnue ou avouée aujourd'hui, n'a été clairement établie qu'au temps de la Réforme (1) ; dans l'enseignement, la falsification méthodique de l'Histoire qui a réussi notamment à faire passer pour des novateurs du XIIe siècle, les Vaudois, en réalité descendants de l'Église primitive, Vaudois qui remontent et se retrouvent explicitement, pour le moins, jusqu'au temps de Constantin et de l'établissement de la Papauté ; parallèlement à cette déformation de l'Histoire, l'enseignement falsifié et déformé de la Bible, que pour cette raison, et non pour une autre, on n'ose laisser lire, et en

(1) Le fait des Fausses Décrétales est de connaissance historique courante ; mais, dans l'ordre des faux matériels, d'autres, moins connus, sont plus impressionnants encore peut-être, parce qu'ils sont plus près de nous. Tel est, au XVIIe siècle, le Nouveau Testament volontairement falsifié par l'introduction dans son texte courant des doctrines de Rome. (Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus-Christ, traduit du latin en français par les théologiens de Louvain), publié en France (Bordeaux 1686) par les soins et avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique romaine.
L'énormité du fait, à raison de la réprobation qu'il éveillait, a ensuite effrayé cette autorité elle-même. On a cherché à faire disparaître ce livre scandaleux, aujourd'hui devenu extrêmement rare. L'Angleterre, dans ses bibliothèques officielles, en possède encore quatre exemplaires. Voir, pour des extraits, (Messe, Purgatoire, Pélerinages, etc.), l'ouvrage de C. Malan, précieux compendium de faits précis : « Pourrai-je jamais entrer dans l'Église romaine, etc. ». (4e édit. Bruxelles, 1854, pp. I-XI, 1-544), p. 56, d'où ces données sont tirées.

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outre, signe notoire de l'impuissance de leur argumentation, le procédé systématique de calomnie des Apologistes romains contre les Réformateurs et la Réforme. Tout cela procède d'un même courant et tend à la réalisation de la même œuvre ; et les traits modernes et indiscutés de ce faux historique continu, ne sont pas faits pour donner confiance dans des prétentions plus anciennes, lesquelles ne bénéficient que de l'obscurité qui enveloppe leurs origines.

§ 57.

Deut. VI, 6-9. — Et ces commandements que je te prescris aujourd'hui, seront dans ton cœur ; tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu te tiendras dans ta maison, quand tu marcheras en chemin, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras ; et tu les lieras comme un signe sur ta main, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux ; tu les écriras aussi sur les poteaux de ta maison, et sur tes portes.
Deut. XI, 18-20. — Mettez donc mes paroles que voici dans votre cœur et dans votre âme ; liez-les comme un signe sur votre main, et qu'elles soient comme des fronteaux entre vos yeux ; et enseignez-les à vos enfants, en en parlant quand tu te tiens dans ta maison, quand tu marches par le chemin, quand tu te couches et quand tu te lèves. Tu les écriras aussi sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.
Jos. VIII, 34-35. — Après cela, Josué lut toutes les paroles de la loi, la bénédiction et la malédiction, selon tout ce qui est écrit dans le livre de la loi. Il n'y eut rien de tout ce que Moïse avait commandé que Josué ne lût en présence de toute l'assemblée d'Israël, des femmes, des petits enfants et des étrangers qui marchaient au milieu d'eux.
Ps. LXXVIII, 5-6. — Il établit un témoignage en Jacob ; il mit en Israël une loi, qu'il ordonna à nos pères de faire connaître à leurs enfants.
Ps. I, 2. — Mais, qui prend son plaisir dans la loi de l'Éternel, et médite sa loi jour et nuit.
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Matt. IV, 1-11. — Alors Jésus fut emmené par l'Esprit dans un désert pour être tenté par le diable. Et après qu'il eût jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Et le tentateur, s'étant approché de lui, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus répondit, et dit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas seulement de pain, mais il vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alors le diable le mena dans la ville sainte, et le mit sur le haut du temple ; et il lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit qu'il ordonnera à ses anges d'avoir soin de toi ; et ils te porteront leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre quelque pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Le diable le mena encore sur une montagne fort haute, et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire ; et il lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si, en te prosternant, tu m'adores. Alors Jésus lui dit : Retire-toi Satan ! car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa ; et aussitôt des anges vinrent et le servirent.
Luc. X, 26. — Jésus lui dit : Qu'est-ce qui est écrit dans la loi, et qu'y lis-tu ?
Matt. XXIV, 15. — Quand donc vous verrez dans le lieu saint l'abomination qui cause la désolation, et dont le prophète Daniel a parlé (que celui qui le lit y fasse attention).
Jean V, 39. — Sondez les Écritures ; car c'est par elles que vous croyez avoir la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi.
Rom. XV, 4-5. — Or, toutes les choses qui ont été écrites autrefois, ont été écrites pour notre instruction, afin que par la patience et par la consolation que les Écritures nous donnent, nous retenions notre espérance. Que le Dieu de patience et de consolation vous fasse donc la grâce d'avoir, les uns et les autres, un même sentiment selon Jésus-Christ !
II Pi. I, 19. — Nous avons aussi la parole des prophètes, qui est très ferme, à laquelle vous faites bien de vous attacher, et qui était comme une lampe qui éclairait dans un
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lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commençât à luire, et que l'étoile du matin se levât dans vos cœurs.
II Pi. III, 15. — Et croyez que la longue patience de notre Seigneur est pour votre salut, comme Paul, notre frère bien-aimé, vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.
Act. XVII, 11. — Ceux-ci eurent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; et ils reçurent la parole avec beaucoup de promptitude, examinant tous les jours les Écritures, pour savoir si ce qu'on leur disait y était conforme.
Col. IV, 16. — Et après que cette lettre aura été lue parmi vous, faites qu'on la lise aussi dans l'Église des Laodicéens, et que vous lisiez aussi celle qu'on vous enverra de Laodicée.
II Tim. III, 14-15. — Pour toi, demeure ferme dans les choses que tu as apprises et qui t'ont été confiées, sachant de qui tu les as apprises ; et que tu as dès ton enfance la connaissance des saintes Lettres, qui peuvent t'instruire pour le salut, par la foi qui est en Jésus-Christ.
II Tim. I, 5. — Rappelant aussi le souvenir de la foi sincère qui est en toi, et qui a été auparavant en Loïs, ton aïeule, et en Eunice ta mère, et je suis persuadé qu'elle est aussi en toi.
II Jean, 1-2. — L'ancien : à la dame élue, et à ses enfants, que j'aime véritablement ; et ce n'est pas moi seul qui les aime, mais aussi tous ceux qui ont connu la vérité ; et cela à cause de la vérité qui demeure en nous, et qui sera avec nous éternellement.
I Jean II, 27. — Mais l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous instruise ; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et exempte de mensonge, vous demeurerez en lui, selon qu'elle vous a enseigné.
I Jean II, 24. — Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure donc en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père.
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I Jean I, 1-4. — Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons ouï, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie ; car la vie a été manifestée, et nous l'avons vue, et nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle qui était avec le Père, et qui s'est manifestée à nous ; ce que nous avons vu, dis-je, et ce que nous avons ouï, c'est ce que nous vous annonçons, afin que vous ayez communion avec nous, et que nous ayons tous communion avec le Père et avec Jésus-Christ, son Fils. Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit parfaite.
Apoc. XXII, 18-19. — Or, je proteste à quiconque écoute les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu fera venir sur lui les plaies écrites dans ce livre ; et si quelqu'un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part du livre de vie, et de la sainte ville, et de tout ce qui est écrit dans ce livre.
Jean XVII, 20. — Or, je ne prie pas seulement pour eux ; mais je prie aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole.

§§ 58, 59.

Matt. XXVI, 26-29. — Et comme ils mangeaient, Jésus prit du pain, et ayant rendu grâces, il le rompit, et le donna à ses disciples, et dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Ayant aussi pris la coupe, et rendu grâces, il la leur donna, disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, lequel est répandu pour plusieurs en rémission des péchés. Or, je vous dis que désormais je ne boirai point de ce fruit de la vigne, jusqu'à ce jour auquel je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.
I Cor. XI, 23-29. — Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai aussi enseigné : c'est que le Seigneur Jésus, la nuit qu'il fut livré, prit du pain ; et ayant rendu grâces, il le rompit, et dit : Prenez, mangez : ceci est mon corps qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même aussi, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe
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est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez de cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne.
C'est pourquoi quiconque mangera de ce pain, ou boira de la coupe du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe ; car celui qui en mange et qui en boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant point le corps du Seigneur.
Héb. IX, 24-28. — Car Christ n'est point entré dans le sanctuaire fait de la main des hommes, et qui n'était que la figure du véritable ; mais il est entré dans le ciel même pour comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. Ce n'est pas qu'il s'offre plusieurs fois lui-même, comme le souverain sacrificateur entre dans le lieu très saint, chaque année, avec d'autre sang que le sien ; autrement il aurait fallu qu'il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde ; mais à présent, dans la consommation des siècles, il a paru une fois pour abolir le péché, s'étant offert lui-même en sacrifice. Et comme il est ordonné que tous les hommes meurent une fois, après quoi suit le jugement ; de même aussi Christ, ayant été offert une fois pour ôter les péchés de plusieurs, paraîtra une seconde fois sans péché à ceux qui l'attendent pour obtenir le salut.
Héb. X, 14-18. — Car par une seule oblation il a amené pour toujours à la perfection ceux qui sont sanctifiés.
Et c'est ce que le Saint-Esprit nous déclare aussi ; car après avoir dit : Voici l'alliance que je ferai avec eux quand ces jours-là seront arrivés, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leurs entendements ; il ajoute : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. Or, où la rémission des péchés est accordée, il n'est plus besoin d'oblation pour le péché.
Matt. XXIII, 9. — Et n'appelez personne sur la terre
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votre père, car vous n'avez qu'un seul Père, savoir celui qui est dans les cieux.
Matt. XXIII, 10. — Et ne vous faites point appeler docteurs ; car vous n'avez qu'un seul Docteur, qui est le Christ.

§ 60.

I Tim. II, 5. — Car il y a un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, homme.
Ex. XX, 4-5-6. — Tu ne te feras point d'image taillée, ni aucune ressemblance des choses qui sont là-haut dans les cieux, ni ici-bas sur la terre, ni dans les eaux sous la terre ; tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point ; car je suis l'Éternel, ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait miséricorde jusqu'à mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.

Pour avoir quand même Dix Commandements, en supprimant celui-ci, on a divisé en deux parties le 10e Commandement. Voir là-dessus le Catéchisme du Concile de Trente, 3me partie.

Jean X, 35. — Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu était adressée, et si l'Écriture ne peut être rejetée.
Rom. IX, 6. — Cependant il n'est pas possible que la parole de Dieu soit anéantie.
Matt. V, 18. — Car je vous dis en vérité que jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, il n'y aura rien dans la loi qui ne s'accomplisse, jusqu'à un seul iota et à un seul trait de lettre.

§ 62.

Dan. XI, 31-39. — Et des forces se lèveront de sa part, elles profaneront le sanctuaire, la forteresse, et feront cesser le sacrifice continuel, et mettront l'abomination qui cause la désolation. Il séduira par des flatteries les prévaricateurs
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de l'alliance ; mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu prendra courage et agira. Et ceux du peuple qui seront intelligents en instruiront plusieurs ; mais il y en aura qui tomberont par l'épée et par la flamme, par la captivité et par le pillage, pendant un certain temps. Et lorsqu'ils seront renversés, ils seront un peu secourus ; et plusieurs se joindront à eux par hypocrisie. Et parmi les intelligents, quelques-uns seront renversés, afin qu'il y en ait qui soient éprouvés, purifiés et blanchis, jusqu'au temps de la fin, car elle ne viendra qu'au temps marqué.
Le roi fera tout ce qu'il voudra ; et il s'enorgueillira et s'élèvera au-dessus de tout dieu ; il proférera des choses étranges contre le Dieu des dieux ; et il prospérera jusqu'à ce que la colère soit consommée, car ce qui est décrété sera exécuté. Il n'aura égard ni aux dieux de ses pères, ni à l'amour des femmes ; il n'aura égard à aucun dieu ; car il s'élèvera au-dessus de tout. Mais, à la place, il honorera le dieu des forteresses. Il honorera avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses et avec les choses les plus désirables, un dieu que n'ont pas connu ses pères. Et il agira ainsi dans les forteresses pour le dieu inconnu qu'il aura connu ; à ceux qui le reconnaîtront, il multipliera la gloire ; il les fera dominer sur plusieurs et leur partagera le pays en récompense.
II Thess. II, 3-4. — Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car ce jour-là ne viendra point que la révolte ne soit arrivée auparavant, et qu'on n'ait vu paraître l'homme de péché, le fils de perdition ; qui s'oppose et qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme un dieu dans le temple de Dieu, voulant passer pour un dieu.
Apoc. XIII, 15-18. — Elle eut encore le pouvoir d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et de faire mettre à mort tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête. Et elle obligeait tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, de prendre une marque à la main droite, ou au front. Et personne ne pouvait acheter ni vendre, que celui qui avait la marque, ou le
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nom de la bête, ou le nombre de son nom. C'est ici qu'est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six.

§ 68.

Institution de la Religion chrétienne, par Jean Calvin, Nouvelle édition. Genève et Paris, 1888.

§ 76.

II Thess. II, 8-12. — Et alors paraîtra ce méchant, que le Seigneur détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il abolira par l'éclat de son avènement. Ce méchant viendra avec la force de Satan, avec toute sorte de puissance, avec des signes, et de faux miracles, et avec toutes les séductions qui portent à l'iniquité ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont point reçu l'amour de la vérité, pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra un esprit qui donnera efficace à l'erreur, en sorte qu'ils croiront au mensonge ; afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui se sont plu dans l'injustice, soient condamnés.
Apoc. II, 21-25. — Et je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît de ses impudicités ; et elle ne s'est point repentie. Voici, je vais la mettre au lit ; et ceux qui commettent adultère avec elle seront dans une grande affliction, s'ils ne se repentent de leurs actions ; et je ferai mourir ses enfants ; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres. Mais je vous dis à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne retiennent pas cette doctrine, et qui n'ont point connu les profondeurs de Satan, comme on les appelle, que je ne mettrai point d'autre charge sur vous. Mais retenez seulement ce que vous avez, jusqu'à ce que je vienne.
p. 192

§ 78.

Sur l'année 1911.

Nous disons que cette année 1911 est remarquablement liée à l'Ère des Nombres de Daniel. Elle est en effet exactement distante de cette Ère 327 (voy. la VIIIe Leçon), de 3 périodes prophétiques de 528 ans (voy. IIIe Leçon).

On a

327 + 3 × 528 = 1911.

On voit d'ailleurs dans la Concordance (1893), où se trouve établi (Concordance, Figure III) le diagramme chronologique de la Grande Pyramide, diagramme qui reproduit identiquement la Chronologie de la Bible, que l'année 1911 [inscrite sur le diagramme par le nombre chronologique 1910,7 (point D de la Fig. III)], n'est autre chose que la fin de la phase historique mesurée par la longueur BD du Grand Degré. Le centre de gravité de celui-ci tombe sur la date fatidique 1870.

Suivant une vue émise dans la Mathématique de l'Histoire (pp. 697-699, en Note), il y a une analogie entre la disposition géographique, en Occident, de l'Angleterre et des puissances voisines, considérées dans leurs tendances sociales et religieuses, et celle, en Orient, de la Palestine, ou de la Terre propre du Peuple Élu, et de ses voisins immédiats mentionnés par la Bible. Dans cette analogie de transport du Peuple Élu, l'Irlande correspond aux Cananéens.

À l'occasion de la correspondance de l'Angleterre et du Peuple Élu, l'objet du § 78 de la Lettre rend intéressante une autre remarque encore.

L'apparition extraordinaire de Cromwell, destructeur de l'élément « cananéen » envisagé ici sous toutes ses formes analogiques, apparition qui le présente comme un Josué chré-

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tien, répond chronologiquement, dans le système mathématique de la Bible, à celle de Josué détruisant à Gabaon la coalition des rois cananéens. La victoire définitive de Cromwell (Worcester, 1651) correspond exactement, par l'intervalle de 6 périodes de 520 ans, périodes propres à la succession historique des Peuples chefs, à Gabaon, — 1469 (voy. Xe Leçon), ou à la victoire de Josué. On a en effet

— 1469 + 6 × 520 = 1651.

[La mort de Cromwell (1658) répondrait aussi à celle de Josué, placée par la Bible en — 1461 (= 4 × 365 ¼). On a

— 1461 + 3120 = 1659.]

Puisque nos remarques chronologiques nous portent ici dans le champ concret même des événements, il n'est pas inutile de faire quelque réflexion sur le procès tout particulier et très caractéristique du mouvement religieux en Angleterre, et sur la lutte qu'y ont présentée, et par laquelle se dessinent encore aujourd'hui, les divers courants d'opinion.

Un caractère, propre et unique, signale en Angleterre, le mouvement de la Réforme, et puise à la fois sa signification et son intérêt dans la conception biblique des Anglo-Saxons Peuple élu, et dans l'annonce de leur compromission aux derniers temps avec le Faux Prophète romain.

Tout d'abord, le mouvement proprement évangélique de la Réforme en Europe et dans le monde, prend son origine en Angleterre même, c'est-à-dire avec Wiclef, et se continue et s'étend partout par des hommes de foi tels que Tyndale, Huss, Luther, Calvin, Knox, les Non-Conformistes, les Puritains, etc. Mais, dans ce développement, quand, au XVIe siècle, la vérité préparée éclate, et que, par la réaction du Faux Prophétisme menacé, la lutte externe, ou historique proprement dite, de la vérité contre l'erreur commence, en Angleterre aussi, et là seulement, un courant parallèle d'un ordre spécial se dessine. Il va consister à constituer en système

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théocratique (c'est-à-dire dans l'Anglicanisme), la religion du Peuple élu. Or ce système emprunte à la racine ses éléments de construction au Faux Prophétisme lui-même. Comme on l'a souvent remarqué, Henri VIII n'est pas un protestant. Quand paraît Luther, il défend contre lui Rome et les Sacrements de l'Église de Rome (la Transsubstantiation) dans un écrit théologique qui lui vaut du Pape le titre de Défenseur de la Foi. Autorisé par un Pape à un mariage considéré comme irrégulier, brouillé avec un autre sur une question de divorce scandaleux et des intérêts politiques, il s'attribue les prétentions de son adversaire, au Pape-Roi substitue le Roi-Pape, et devient lui-même le répresseur sanglant de la Réforme évangélique. Or cet effroyable mélange de théologie casuiste, de désordre et de cruauté, de persécution et de sang, d'union et de désunion avec le Faux Prophète, est certainement, mis ainsi à l'origine du mouvement, un signe donné au monde du terme final dans lequel ce mouvement doit s'épanouir en constituant la Grande Babylone de l'Écriture. Il est vrai que, sous l'action toujours présente du courant évangélique Non-Conformiste, Dissident, Presbytérien, etc., l'Anglicanisme s'est progressivement assagi et doctrinalement purifié ; mais le mal de principe subsiste, et l'on a vu, et l'on verra, les souverains, Chefs de l'Église, compter des Catholiques romains ou des Catholiques romains déguisés, préparant la soudure future de l'Anglicanisme et de Rome, comme les Rois de Juda comptaient autrefois des adorateurs de Baal et des infidèles à la Loi de Dieu. C'est non point par l'Anglicanisme lui-même, mais bien par l'influence et sous la pression de l'esprit profondément évangélique du peuple, que se sont imposées progressivement des déclarations explicites de répudiation des erreurs de Rome ; elles ont été requises d'abord des Magistrats, enfin des Souverains eux-mêmes, pour prévenir l'accession au trône de créatures de la Papauté ; et les termes de la Déclaration royale jusqu'ici existants sont à cet égard tellement précis, qu'ils rendent, semble-t-il, moralement impossible l'emploi d'une restriction mentale. Mais il n'en serait

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pas de même, ainsi qu'on l'a fait observer au cours des débats actuels que la situation provoque, si cette Déclaration se bornait au simple engagement général de rester fidèle au Protestantisme. Ici la restriction pourrait trouver son lieu. Des catholiques peuvent adhérer au protestantisme en tant qu'il n'est pas (c'est un fait), opposé au Christianisme, et considérer qu'une dissimulation est, dans l'espèce, méritoire, puisqu'elle leur permettra, plus tard, de parfaire la vérité au sein d'un peuple d'hérétiques.

Notre milieu moderne comprendra peut-être par là l'intérêt profond qui s'attache pour des Chrétiens conscients à cette question de la « Royal Déclaration », et l'émoi qu'elle provoque en Angleterre chez ceux qui, instruits par le passé, redoutent l'avenir. Nous ne savons que trop, par la Bible, à quel point ces esprits droits ont raison d'appréhender ainsi la veulerie du temps présent, si clémente à l'audace habile du Papisme ; car ce n'est certes pas pour rien que cette année 1911, si proche de nous, est, comme nous le signalons tout d'abord, reliée d'une manière définie à l'Ère des Nombres de Daniel relatifs au Faux Prophétisme romain.

§ 79.

Apoc. XVII, 5-6. — Et sur ton front était écrit ce nom mystérieux : La grande Babylone, la mère des impudicités et des abominations de la terre. Je vis cette femme enivrée du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus ; et la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement.
Apoc. XVIII, 2. — Et il cria avec force et à haute voix, et dit : Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone ; et elle est devenue la demeure des démons et le repaire de tout esprit immonde, et de tout oiseau immonde et duquel on a horreur.
Matt. XXIV, 37-39. — Mais comme il en était dans les jours de Noé, il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme ; car comme dans les jours avant le déluge les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et donnaient
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en mariage, jusqu'au jour que Noé entra dans l'arche ; et qu'ils ne pensèrent au déluge que lorsqu'il vint, et qu'il les emporta tous ; il en sera aussi de même à l'avènement du Fils de l'homme.

Matt. XXIV, 21, 22. — Car il y aura une grande affliction, telle que depuis le commencement du monde jusqu'à présent il n'y en a point eu, et qu'il n'y en aura jamais de semblable. Que si ces jours-là n'avaient pas été abrégés, personne n'échapperait ; mais ils seront abrégés à cause des élus.
Luc XVIII, 7, 8. — Et Dieu ne vengera-t-il point ses élus qui crient à lui jour et nuit, quoiqu'il diffère sa vengeance ? Je vous dis qu'il les vengera bientôt. Mais quand le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre ?
Luc XXII, 3. — Mais Satan entra dans Judas, surnommé Iscariot, qui était du nombre des douze apôtres.

§ 87.

Prov. XVI, 4. — L'Éternel a fait toutes choses en sorte qu'elles répondent l'une à l'autre, et même le méchant pour le jour de la calamité.
Luc XVII, 1. — Jésus dit aussi à ses disciples : Il ne se peut faire qu'il n'arrive des scandales ; toutefois malheur à celui par qui ils arrivent !
Matt. XVIII, 7. — Malheur au monde à cause des scandales ! car il est nécessaire qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive !

Mathématique de l'Histoire, §§ 81, 92 ; §§ 49, 93 ; § 42.

§ 88.

Job I, 1. — Il y avait dans le pays d'Uts un homme dont le nom était Job ; cet homme était intègre, droit, craignant Dieu et se détournant du mal.
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Job XL, 1-10, 14. — Et l'Éternel répondit à Job du sein de la tempête et dit :
Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t'interrogerai, et tu m'instruiras.
Est-ce que tu voudrais anéantir ma justice ? me condamner pour te justifier ? As-tu un bras comme celui de Dieu ; tonnes-tu de la voix, comme lui ? Pare-toi donc de magnificence et de grandeur ; et revêts-toi de majesté et de gloire. Répands les fureurs de ta colère ;... d'un regard abaisse tous les orgueilleux, et écrase les méchants sur place. Cache-les tous ensemble dans la poudre, et enferme leur visage dans les ténèbres. Alors, moi aussi, je te louerai, car ta main t'aura aidé. Vois donc le Béhémoth que j'ai fait aussi bien que toi ;... c'est le chef-d'œuvre de Dieu, son créateur lui a donné son épée.
Job XL, 20-23. — Tu tireras le Léviathan avec un hameçon ? et tu serreras sa langue avec une corde ? Mettras-tu un jonc dans ses narines, perceras-tu sa joue avec un crochet ? T'adressera-t-il beaucoup de prières, et te dira-t-il de douces paroles ? Fera-t-il un accord avec toi, et le prendras-tu pour esclave à toujours ?
Job XLI, 1-12, 24, 25. — Il n'y a point d'homme si hardi qui l'ose réveiller, et qui se tiendra debout devant moi ? Qui m'a fait des avances ! et je lui rendrai. Tout ce qui est sous les cieux est à moi.
Je ne me tairai pas sur ses membres, sur ses forces, et sur la beauté de sa stature. Qui a soulevé le dessus de son vêtement ? Qui est entré dans sa double mâchoire ? Qui a ouvert les portes de sa gueule ? La terreur est autour de ses dents. Ses puissants boucliers sont superbes ; ils sont fermés, étroitement scellés. Ils se touchent l'un l'autre, le vent ne passe point entre eux. Ils sont adhérents l'un à l'autre ; ils se tiennent, ils ne se séparent point.
Ses éternûments jettent un éclat de lumière, et ses yeux sont comme les paupières de l'aurore. De sa bouche sortent des lueurs, s'échappent des étincelles de feu. De ses narines sort une fumée, comme d'un vase qui bout, ou d'une
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chaudière. Son souffle enflammerait des charbons, et une flamme sort de sa gueule.
Il n'a pas son pareil sur la terre ; il a été fait pour ne rien craindre. Il regarde tout ce qui est élevé ; il est roi des plus fiers animaux.
Rom. IX, 18-23. — Il fait donc miséricorde à qui il veut, et il endurcit celui qu'il veut.
Mais tu me diras : Pourquoi se plaint-il encore ? car qui est-ce qui peut résister à sa volonté ? Mais plutôt, toi, homme ! qui es-tu, pour contester avec Dieu ? Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Pourquoi m'as-tu fait ainsi ? Un potier n'a-t-il pas le pouvoir de faire d'une même masse de terre un vaisseau pour des usages plus honorables, et un autre vaisseau pour des usages vils ? Et qu'y a-t-il à dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience les vaisseaux de colère disposés à la perdition ; et pour faire connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu'il a préparés pour la gloire.

§ 90.

Rom. I, 18, 19. — Car la colère de Dieu se déclare du ciel contre toute l'impiété et l'injustice des hommes qui suppriment la vérité injustement ; parce que ce qu'on peut connaître de Dieu a été manifesté parmi eux, Dieu le leur ayant manifesté.
Job XXXVII, 23. — Le Tout-Puissant ! nous ne pouvons l'atteindre ; il est sublime en puissance, en droit, en justice ; il n'opprime personne.
Rom. XI, 33. — O profondeur des richesses, et de la sagesse, et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables, et que ses voies sont incompréhensibles !
I Tim. VI, 16. — qui seul possède l'immortalité, et qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n'a vu, ni ne peut voir, à qui appartiennent l'honneur et la puissance éternelle. Amen !
p. 199

§ 91.

Luc XXIV, 26. — Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire ?
Act. XXVI, 23. — que le Christ devait souffrir et qu'étant ressuscité le premier d'entre les morts, il devait annoncer la lumière à ce peuple et aux gentils.

§ 93.

Ésaïe LXIII, 9. — Dans toutes leurs détresses il a été en détresse, et l'ange de sa face les a délivrés ; lui-même il les a rachetés dans son amour et dans sa miséricorde ; il les a soutenus, et les a portés sans cesse aux jours d'autrefois.
Matt. VI, 9. — Vous donc priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux, ton nom soit sanctifié.
Jean XX, 17. — Va vers mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.

§ 94.

Matt. I, 23. — Voici, une vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et on le nommera EMMANUEL, ce qui signifie : DIEU AVEC NOUS.
Ésaïe VII, 14. — C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la Vierge sera enceinte ; elle enfantera un fils, et lui donnera le nom d'Emmanuel (Dieu avec nous).
Ésaïe LIII, 3. — méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs et connaissant la souffrance ; comme un homme devant qui on se couvre le visage ; si méprisé que nous n'en faisions aucun cas.
Rom. IX, 5. — qui descendent des pères, et de qui est sorti, selon la chair, Christ, qui est Dieu au-dessus de toutes choses, béni éternellement. Amen !
Jean XIV, 9. — Jésus lui répondit : Il y a si longtemps
p. [200]
que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu ! Philippe, celui qui m'a vu, a vu mon Père. Comment donc dis-tu : Montre-nous le Père ?
Jean V, 17. — Mais Jésus leur dit : Mon Père travaille jusqu'à présent, et je travaille aussi.
Jean III, 16. — Car Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.
I Jean IV, 16. — Et nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous l'avons cru. Dieu est charité ; et celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
Rom. VIII, 26. — Et même aussi l'esprit nous soulage dans nos faiblesses ; car nous ne savons pas ce que nous devons demander pour prier comme il faut ; mais l'esprit lui-même intercède pour nous par des soupirs qui ne se peuvent exprimer.
I Jean II, 1. — Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point ; que si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, savoir, Jésus-Christ, le Juste.

§ 95.

I Jean IV, 18. — Il n'y a point de crainte dans la charité, mais la parfaite charité bannit la crainte ; car la crainte est accompagnée de peine, et celui qui craint n'est pas parfait dans la charité.

§ 96.

Rom. III, 10. — selon qu'il est écrit : Il n'y a point de juste, non pas même un seul.
Rom. III, 22. — la justice, dis-je, de Dieu, qui est par la foi en Jésus-Christ, en tous ceux et sur tous ceux qui croient ; car il n'y a point de distinction, puisque tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu.
Éph. VI, 9. — Et vous, maîtres, usez-en de même envers
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eux, et modérez les menaces, sachant que vous avez, aussi bien qu'eux, le même Maître dans le ciel, et que devant lui il n'y a point d'acception de personnes.
I Pi. I, 17. — Et si vous invoquez comme votre Père celui qui, sans faire acception de personnes, juge selon les œuvres de chacun, conduisez-vous avec crainte durant le temps de votre séjour sur la terre.

§ 100.

Jean XVII, 17. — Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité.
Act. I, 8. — Mais vous recevrez la vertu du Saint-Esprit, qui descendra sur vous ; et vous me servirez de témoins, tant à Jérusalem que dans toute la Judée, et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Rom. X, 9, 10. — car si tu confesses le Seigneur Jésus de bouche, et que tu croies dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé ; parce qu'on croit du cœur pour obtenir la justice, et que l'on fait confession de la bouche pour obtenir le salut.
Luc IX, 26. — Car si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges.
Matt. X, 32, 33. — Quiconque donc me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père qui est aux cieux.
Mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est aux cieux.

§ 105.

On sait généralement très peu, et trop peu, chez nous, que nos provinces aujourd'hui les plus abâtardies au point de vue religieux, ont été au cours de l'Histoire un des refuges les plus glorieux des témoins de la foi évangélique. Pour ne parler

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que de la Flandre Occidentale dont il est question dans notre texte, Ypres (qui devait être plus tard le berceau du Jansénisme), avait dès le XIIe siècle donné asile aux Vaudois, peut-être à Pierre de Vaux lui-même. La persécution papiste les y poursuivit ; un grand nombre y furent brûlés. Les Vaudois répandirent une version flamande du Nouveau Testament. Au XIVe siècle, Wiclef, précurseur de la Réforme, et lui-même instruit par le mouvement Vaudois, annonça la doctrine évangélique à Bruges pendant plus d'une année ; ses disciples se multiplièrent, et dès lors ne cessèrent d'être connus dans la plupart de nos provinces. Au XVIe siècle, on peut dire que la Réforme avait libéré la Flandre ; elle y régnait notamment à Ypres, Dixmude, Poperinghe, Nieuport où il n'y avait presque plus de catholiques, embrassait tout le Veurne Ambacht, etc. L'extirpation de la vérité par le fer et le feu sous d'Albe et Farnèse a détruit tout cela ; et dans cette région aujourd'hui si asservie, plus rien ne subsiste de la lumière qui l'avait visitée, et non pas même la vague lueur du souvenir historique.

§ 109.

Luc XII, 57. — Et pourquoi ne jugez-vous pas aussi par vous-mêmes de ce qui est juste ?

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

La foi vient de ce qu'on entend ; et on entend par la Parole de Dieu.
Rom. X, 17.
Docteurs de la Loi, vous avez pris la clé de la Science, vous n'êtes point entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui voulaient le faire.
Luc XI, 52.

AVANT-PROPOS

I. La Bible est le Livre où nous puisons l'aliment de notre vie morale et religieuse.

Mais la Bible est aussi un Livre d'Histoire ; la Bible est un Livre dont toutes les pages, pour ainsi dire, sont parsemées de nombres ; la Bible est un Livre construit dans toutes ses parties suivant un plan déterminé.

II. Dans le premier de ces points de vue la Bible présente les éléments d'une science interne, celle de l'expérience religieuse. Dans le second, ceux d'une science externe, c'est-à-dire d'une Science proprement dite, dont les données et les résultats se constatent et se vérifient par le seul examen de faits extérieurs à nous.

III. Les adversaires du Christianisme l'attaquent malaisément dans le premier point de vue, parce qu'il se concentre et se résume en la personne du Christ, fait vivant plus fort que des arguments, et personnalité plus haute que ses

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contradicteurs. C'est donc placé au second point de vue qu'ils s'attachent à détruire l'autorité de l'Écriture, espérant entraîner dans la ruine des erreurs d'ordre externe dont ils prétendent la convaincre, celle de la vérité spirituelle dont elle est le corps et le vêtement.

IV. Les Leçons qu'on va lire ont pour objet de montrer que cette seconde position d'attaque non seulement se dérobe sous leurs pas comme la première, mais qu'on peut les en déloger au moyen de leurs propres armes, maniées non plus comme ils font en tous sens et sans ordre, mais dans l'ordre déterminé et judicieux de la méthode scientifique.

La forme sèche et, sans nul doute, au point de vue littéraire, peu attrayante de leur rédaction ne doit ni étonner ni rebuter le lecteur. Elle convient à un exposé dont toute la force consiste en une computation de faits auxquels on laisse le soin de parler par eux-mêmes. Il conviendra de les lire et de les étudier en suivant parallèlement la Bible, pour y vérifier l'exactitude des données et des déductions.

La Bible, dans le consentement des diverses communions chrétiennes, est unique quant à sa composition en ce qui concerne le Nouveau Testament. En ce qui concerne l'Ancien Testament, le Catholicisme y a ajouté au XVIe siècle, pour y

p. 5

puiser des arguments en faveur de ses doctrines, quelques livres apocryphes qui n'ont jamais fait partie des écrits canoniques des Juifs. Comme la Bible déclare que les Oracles de Dieu leur ont été confiés (Rom. III, 2) et qu'à ces oracles il est défendu de rien ajouter (Deut. IV, 2 ; XII, 32 ; aussi Apoc. XXII, 18, 19), ces additions apocryphes doivent être rejetées, comme contraires à la volonté de Dieu.

La forme vraie et normale de la Bible c'est donc l'Ancien Testament des Juifs, suivi du Nouveau Testament.

C'est sous cette forme normale que la Bible, d'accord avec l'Antiquité et la Réforme, a été publiée par la Société Biblique britannique et étrangère, et qu'elle existe aujourd'hui par ses soins en plus de trois cents langues et écritures différentes (1).

(1) On peut se la procurer à des prix extrêmement modiques dans les dépôts de cette Société, et le plus facilement dans les librairies évangéliques. Nous recommandons comme commode par son format et son impression la version d'Ostervald, in-16° (Paris, rue de Clichy, 58), 777 pp. pour l'Ancien Testament, 1056 pp. pour la Bible entière. C'est celle dont nous nous sommes couramment servi, tout en la soumettant elle-même au contrôle des textes originaux. Voir pour les travaux de la Société Biblique (fondée en 1804) et les spécimens des langues écrites, l'opuscule The Gospel in Many Tongues, Centenary Edition, London 1904.

p. 6

V. Nos Leçons sont, sous leur forme condensée, le précis de conférences-leçons données en 1910 et 1911 au Temple évangélique de l'Observatoire, à Bruxelles.

La Neuvième mentionne une formule arithmétique, qui embrasse en le vérifiant tout l'ordre du système historique et prophétique de la Bible, d'abord établi. Cette formule est due à M. le Commandant d'État-Major E. Galet, dont elle est une découverte propre ; à ma demande il a bien voulu en rédiger l'exposition et la déduction, telles qu'elles se trouvent reproduites sous la forme d'une Note à la fin de cette Neuvième Leçon.

Ce m'est aussi une vive satisfaction de pouvoir remercier ici mes amis MM. O. Hamelryck, ancien officier du Génie, et le Professeur A. Dothey, ancien officier d'Artillerie, pour le concours qu'ils ont bien voulu m'apporter dans la révision et la correction des épreuves de ces Leçons.

Dans un but d'instruction, et pour la facilité du lecteur, on a généralement reproduit in-extenso et mis en vedette dans le texte, mais dans un plus petit caractère qui ne rompt pas la continuité de lecture du texte proprement dit, les passages cités de la Bible. (On sait que dans ces passages les mots en italiques sont, en dehors de l'original littéral, introduits pour la clarté de la traduction).

PREMIÈRE LEÇON

CONSTITUTION GÉNÉRALE ET CONSTRUCTION SYSTÉMATIQUE DE LA BIBLE

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1. Si la Bible est la parole de Dieu, nous devons nous attendre à ce qu'elle présente dans sa constitution externe les caractères d'ordre et de mesure que nous reconnaissons être propres aux œuvres de Dieu dans toute la Création.

2. Nous prenons le document tel qu'à l'époque actuelle de notre examen il se présente et se propose en fait à l'Église de Christ.

3. Parmi les grands traits de la construction de la Bible, le premier et le plus général à consi-

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dérer est la subdivision du tout qu'elle constitue, en parties.

4. La Bible se divise tout d'abord en deux groupes d'écrits, qui sont l'Ancien et le Nouveau Testament.

Chacun de ces groupes est ensuite divisé en Livres. Voici le tableau de ces Livres pour chacun des deux groupes mis en parallèle, c'est-à-dire pour toute la Bible. (Tableau I, ci-contre).

5. On voit par ce tableau que :

Le nombre total des livres est 66 = 3 × 22 ; 22 est le nombre des lettres de l'Alphabet hébreu ; et le recours à l'alphabet, base de l'Écriture, est ici d'autant plus certain et de plus grand poids dans son caractère intentionnel appliqué à la Bible entière, qu'il est mis en œuvre, d'une manière connue de tous, dans plusieurs des écrits qui sont des parties de la Bible : il suffit de citer à cet égard un seul exemple, savoir le Psaume 119 (voyez ce Psaume).

6. Les 3 groupes de 22 dont se compose l'ensemble 66 = 3 × 22, sont d'ailleurs eux-mêmes mis en évidence dans la construction de la Bible. On a d'abord deux groupes de 22 fournis par les deux cases C des 22 livres de doctrine et de prophétie de l'Ancien et du Nouveau Testament ;

TABLEAU I

[Figure : grand tableau encadré à deux colonnes, comparant l'Ancien Testament (à gauche) et le Nouveau Testament (à droite), les cases A, B, C étant mises en parallèle ; des accolades regroupent les livres bibliques et indiquent leur nombre.]

ANCIEN TESTAMENTNOUVEAU TESTAMENT
A) — 5 : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome } (La Loi) (Moïse) (La Pâque)A) — 5 : Matthieu, Marc, Luc, Jean, Actes } (La Grâce) (Christ) (L'Agneau de Dieu)
B) — 12 : Josué, Juges, Ruth, I Samuel, II Samuel, I Rois, II Rois, I Chroniques, II Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther } Les 12 livres historiques ou l'Histoire des 12 Tribus comme Peuple.B) (Case vide). — [Au contenu de la case B de l'Ancien Testament devrait correspondre ici, dans le parallélisme des deux Testaments, parallélisme mis en évidence par les cases AA, CC, l'Histoire externe de l'Église de Jésus-Christ. Mais la case est vide.]
C) — 5 : Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique ; 5 : Ésaïe, Jérémie, Lamentations, Ézéchiel, Daniel ; 12 : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie } 22 livres de doctrine et de prophétie. — (annonce la 1re venue)C) — 14 : Romains, I Corinthiens, II Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, I Thessaloniciens, II Thessaloniciens, I Timothée, II Timothée, Tite, Philémon, Hébreux } 2 × 7 Épîtres de Paul ; 7 : Jacques, I Pierre, II Pierre, I Jean, II Jean, III Jean, Jude } 7 Épîtres des autres Apôtres ; 1 : Apocalypse (annonce la 2e venue) } 22 livres de doctrine et de prophétie.
Mal. IV, 5. — Voici, je vais vous envoyer Élie, le prophète, avant que le jour grand et redoutable de l'Éternel vienne.
Matt. XI, 13, 14. — Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu'à Jean. Et si vous voulez recevoir ce que je dis, il est cet Élie qui devait venir.
Apoc. XXII, 12. — Or, voici, je vais venir bientôt et j'ai mon salaire avec moi, pour rendre à chacun selon ses œuvres.
Apoc. XXII, 20. — Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Oui, Seigneur Jésus ! viens.
p. 10

et le troisième groupe est celui des 5 + 12 + 5 = 22 livres, unis par leur caractère historique, des cases A et B dans les deux Testaments.

COMPARAISON ET PARALLÉLISME DES DEUX TESTAMENTS

Cases A du Tableau

7. En tête de chacun des deux Testaments se trouve (dans les cases A) un Pentateuque (recueil de 5 livres) formé, pour l'Ancien Testament, par les 5 livres de Moïse ; pour le Nouveau, par les 4 Évangiles et le Livre des Actes. Ces Pentateuques représentent : la Loi donnée par Moïse, la Grâce et la vérité venues par Jésus-Christ.

Jean I, 17. — Car la loi a été donnée par Moïse ; mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Il y a un trait de correspondance remarquable entre les fins des deux documents ; c'est celui de la disparition, au point de vue de la connaissance historique, de Moïse, le Législateur, dont personne n'a connu le tombeau,

Deut. XXXIV, 6. — Et il l'ensevelit dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor ; et personne n'a connu son tombeau jusqu'à aujourd'hui.

et de Paul, l'Apôtre de la Grâce, que la fin brus-

p. 11

que du Livre des Actes fait disparaître historiquement, en nous laissant dans une ignorance didactique totale de ses dernières années.

Act. XXVIII, 30, 31. — Mais Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu'il avait louée, où il recevait tous ceux qui le venaient voir ; prêchant le règne de Dieu, et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus-Christ, avec toute liberté et sans aucun empêchement.

Cases B du Tableau

8. Celle de l'Ancien Testament comprend 12 Livres historiques constituant, depuis la Loi, l'Histoire des 12 Tribus ou du Peuple Élu. Celle du Nouveau Testament, qui devrait par analogie renfermer l'Histoire externe de l'Église depuis l'Évangile, est vide. Ce fait est significatif et capital. Il enseigne que dans l'Économie actuelle et jusqu'à l'Établissement du Règne de Christ où les 12 Apôtres seront sur 12 trônes, jugeant les 12 Tribus,

Matt. XIX, 28. — Et Jésus leur dit : Je vous dis en vérité, à vous qui m'avez suivi, que lorsque le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire, dans le renouvellement qui doit arriver, vous aussi serez assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël.

l'Église, ou le Corps de Christ, n'est représentée par aucun organisme historique particulier et visible au monde.

p. 12

9. On comprend aussi par ce parallélisme des 12 Apôtres et des 12 Tribus la raison d'être et le sens de la primauté de Pierre. Elle correspond pour Pierre entre les 12 Apôtres.

Matt. XVI, 17-19. — Et Jésus lui répondit : Tu es heureux, Simon, fils de Jona ; car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis aussi que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du Hadès [lieu d'emprisonnement d'attente, après la mort et avant la résurrection] ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.

à celle de Juda entre les 12 fils d'Israël.

Gen. XLIX, 8, 10. — Toi, Juda, tes frères te loueront : ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les fils de ton père se prosterneront devant toi.
Le sceptre ne s'écartera point de Juda, ni le bâton de législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Silo (repos, pacificateur) ; à lui l'obéissance des peuples !

Christ n'édifiera visiblement son Église qu'en venant régner à sa seconde Venue, comme l'indique assez dans ses paroles, par le Hadès et ses portes qui n'auront pas de force contre eux (1),

(1) Sous l'influence de la tradition et de la préoccupation d'une église terrestre actuelle, la Réforme elle-même a laissé passer le vrai sens, et nos versions ordinaires portent encore « les portes de l'Enfer », par où l'on entend les « puissances

p. 13

la Résurrection des Élus qui aura lieu à ce second Avènement ; et c'est bien sur Pierre, c'est-à-dire sur le Juda chrétien, ou sur le correspondant figuratif de Juda dans l'ordre chrétien qu'Il l'édifiera, car de toute façon le Salut vient des Juifs, (c'est-à-dire de Juda).

Jean IV, 22. — Vous adorez ce que vous ne connaissez point ; pour nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

du mal », au lieu de « les portes du Hadès » qui disent ce qu'elles disent.

L'erreur de traduction et de sens a cependant déjà été signalée. Ainsi dans le commentaire de Bonnet (2e édit., Lausanne, Bridel) on lit sur Matt. XVI, 18 :

Matt. XVI, 18. — «... je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. »

« Le séjour des morts (gr. Hadès, le lieu invisible...) est considéré [ici] comme une forteresse ayant des portes si fermes, que nul n'en peut ressortir. Comp. Job XXXVIII, 17 ; Ésaïe XXXVIII, 10 ; Ps. IX, 14)... Toutes les interprétations qui supposent ici un combat de la puissance des ténèbres contre l'Église faussent l'image ; des portes n'attaquent pas,... De plus, il ne faut pas, comme dans nos versions ordinaires, confondre le Hadès, séjour des morts, avec l'enfer. »

Voilà qui est exact. Mais, à côté de ce commentaire si judicieux, on voit encore paraître la puissance de l'idée traditionnelle, qui se traduit par l'interprétation forcée suivante (insérée dans les pointillés (...) de notre citation) :

(I) « ... Or, Jésus affirme que l'édifice de son Église sera plus ferme encore [que la « forteresse » figurative du séjour des morts], et qu'elle ne périra jamais. »

(II) « ... [des portes n'attaquent pas], mais ces portes de

p. 14

C'est de cette donnée que le Catholicisme romain ou la Papauté, s'est emparé en en faussant le sens, sens cependant non équivoque, pour régner sur le monde. Mais dans le Livre de Dieu, à la place ou devrait apparaître visible au monde cette prétendue Église de Jésus-Christ, qui se donne elle-même comme étant la suite et le rem-

(suite de note) la mort [celles du Hadès] s'ouvrent pour engloutir des victimes, et elles n'engloutiront jamais l'Église : celle-ci ne mourra point. »

Il est difficile, croyons-nous, d'inventer quelque chose de plus forcé et de plus faux, c'est-à-dire de plus contraire au sens naturel du texte.

(I) Cette idée supprime toute notion de lutte entre l'Église et le Hadès. Le Hadès, soit disant « forteresse », est simplement pris par comparaison, (et comme pourrait-être aussi bien, et pensons-nous, beaucoup mieux quelque autre objet fixe), pour type de la solidité de l'Église.

(II) Des portes ferment et prévalent en résistant, soit contre qui veut entrer, soit contre qui veut sortir. Ici on déclare qu'elles n'« engloutiront » jamais l'Église, ce qui n'a de sens que si l'Église faisait tous ses efforts pour entrer dans le Hadès et que les portes de celui-ci résistent et prévalent contre elle. On veut dire que le mal n'aura pas raison de l'Église, mais l'image est un non-sens et conduit à une absurdité.

L'interprétation rationnelle est unique. C'est que l'Église, ou les Élus emprisonnés dans le Hadès, fait tous ses efforts pour en sortir, et en brisera effectivement les portes à la Résurrection. C'est la Résurrection de Apoc. XX, 6 « Heureux et saint celui qui a part à la première résurrection », celle des Élus ou de l'Église.

p. 15placement du Judaïsme de la première Case B, la Case B correspondante est vide.

Dans le Nouveau Testament lui-même, sans parler du rapprochement des traits de caractère entre Pierre et Juda (les Juifs) qui abandonnent Christ ou trahissent leur Maître, on a pour autre signe externe de la correspondance entre Pierre et Juda la quasi-identité de fond et de forme entre l'Épître de Jude (Juda) et II Pierre. (Comparez particulièrement Jude et II Pierre II). Telle est certainement la raison d'être de la singulière identité de ces deux Épîtres. Et enfin, ce qui prouve plus directement que toute autre chose le rapport entre Pierre et Juda, c'est que Pierre est non pas l'Apôtre des Nations mais bien l'Apôtre des Juifs.

GAL. II, 7, 8, 9. — Au contraire, quand ils virent que la charge de prêcher l'évangile aux incirconcis m'avait été confiée, comme celle de le prêcher aux circoncis l'avait été à Pierre (car celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre des Juifs, a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre des gentils) ; Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, ayant reconnu la grâce qui m'avait été donnée, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d'association, afin que nous allassions vers les gentils, et eux vers les Juifs.

Cases C du Tableau.

10. Elles comprennent dans chacun des Testaments 22 Livres de doctrine et de prophétie, —

p. 16le dernier des 22 livres annonçant dans l'Ancien Testament (Malachie) la Première Venue ; et dans le Nouveau Testament (l'Apocalypse ou Révélation), la Seconde Venue de Christ.

Pour Malachie et la Première Venue, il suffit de rappeler Mal. IV, qui est le dernier chapitre du dernier Livre de l'Ancien Testament, et les versets cités dans le Tableau ; pour l'Apocalypse et la Seconde Venue, indépendamment du sens général de ce Livre, son dernier Chapitre XXII. C'est ce caractère de l'Apocalypse d'être le Livre de Celui qui vient, qui donne le sens et l'explication des paroles de Jésus à Pierre dans Jean XXI, 20-23. « Si je veux qu'il (Jean) demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe. Toi, suis moi. » Elles font allusion à la Révélation dont Jean devait être l'objet. Cette Révélation, qui embrasse tout le champ de l'Histoire, devait, à la fin du premier siècle, clôturer le Canon des Écritures.

11. Le Nouveau Testament est constitué par les Cases A et C. Ces cases, dans l'Ancien Testament, constituent la Loi (Moïse) et les Prophètes.

Luc XVI, 29, 31. — Abraham lui répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu'ils les écoutent. Et Abraham lui dit : S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seraient pas non plus persuadés, quand même quelqu'un des morts ressusciterait.

p. 17Ainsi, en mettant en parallèle d'une part la Loi (Moïse) et les Prophètes (Luc. XVI, 29, 31) et d'autre part l'Evangile et les Ecrits Apostoliques, on a :

      A      +        C
{ Loi de Moïse + 22 livres doctrinaux = 27 = 3 × 3 × 3 livres canoniques
                                                            doctrinaux.
      A      +        C
{ Évˢ. de J.-C. + 22 livres doctrinaux = 27 = 3 × 3 × 3 livres canoniques
                                                            doctrinaux.

Quant au nombre des écrivains inspirés, indicateurs des Livres, dans ces mêmes deux documents (AC) on a :

TABLEAU II.

      ANCIENNE ALLIANCE              |        NOUVELLE ALLIANCE
                                      |
        ( Moïse                      |          ( Matthieu
        ( Job                        |          ( Marc
   4    ( David (Psaumes)            |    4     ( Luc
        (              ( Proverbes   |          ( Jean
        ( Salomon      ( Ecclésiaste |          (
        (              ( Cantique    |          (              ) 2 × 4
        ( Ésaïe              ) 5 × 4 |          ( Paul         )
   4    ( Jérémie            )       |          ( Jacques      )
 grands ( Ézéchiel           )       |    4     ( Pierre       )
prophètes( Daniel            )       |          ( Jude         )
 3 × 4  ( Osée                       |
 petits ( à                          |
prophètes( Malachie                  |

Nombre total des écrivains inspirés = 4 × 7.

p. 18Ce qui ne peut laisser de doute sur le caractère intentionnel du multiple remarquable de 4, savoir 7 × 4, pour le nombre total, c'est que, ainsi que le montre le tableau, ce multiple total est subdivisé en multiples partiels de 4 dans les deux Testaments, savoir 5 × 4 pour l'Ancien et 2 × 4 pour le Nouveau Testament [1].

(Note de la page 18). [1] Les esprits analystes inféreront tout de suite que si une ordonnance systématique préside dans la Bible à sa composition en Portions et en Livres, l'ordonnance doit se poursuivre dans les subdivisions des ordres suivants, en Chapitres, en Versets, etc. Nous constaterons plus tard qu'il en est effectivement ainsi et que cette ordonnance normale intégrale nous est tout entière enseignée. Pour le moment, nous devons procéder par les traits de premier ordre.

12. Observation sur l'Épître aux Hébreux. Le résultat précédent suppose que l'auteur de l'Épître aux Hébreux, dont le nom n'est pas donné explicitement dans l'Écriture, se trouve parmi les écrivains du Nouveau Testament dont nous avons cité les noms. Le caractère systématique de ce résultat, qui ne peut être l'effet du hasard, est en lui-même une preuve de la justesse de cette supposition.

En se reportant à la Case C du tableau I du Nouveau Testament, on voit ensuite les nombres enseigner que l'auteur de cette épître est vraisemblablement Paul, car, si cette hypothèse est

p. 19fondée, les 21 = 3 × 7 Épîtres du Nouveau Testament se divisent en 14 = 2 × 7 Épîtres de Paul, et en 7 Épîtres des autres apôtres écrivains, nouveau résultat systématique frappant.

Il reste à voir si une preuve directe qu'il en est bien ainsi n'est pas fournie autrement encore, et s'il ne suffit pas de lire et de suivre fidèlement les indications données par le texte même des Épîtres pour résoudre très simplement la question.

Cette preuve existe en effet. La solution se trouve dans le signe de reconnaissance que Paul a eu soin de donner de l'authenticité de ses lettres. Ce signe existe dans chacune des siennes et ne figure au contraire dans aucune de celles des autres écrivains des Épîtres. Il est indiqué par lui dans sa seconde épître aux Thessaloniciens, en ces termes (II Thess. III, 17, 18) : « La salu­tation qui est de la propre main de moi, Paul, et qui est un signe dans toutes mes épîtres, c'est que j'écris ainsi : La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen » [2].

(Note de la page 19). [2] La traduction donnée ici est celle de la Bible de Martin. Elle se distingue de toutes les autres en ce que, grâce à sa ponctuation, seule elle a un sens clair. La traduction littérale (Voyez la suite p. 21).

p. 20Il suffit donc, pour reconnaître les Épîtres de Paul, de faire le tableau des formules de salutation qui figurent à la fin des Épîtres du Nouveau Testament. Le voici :

FORMULES FINALES DES ÉPÎTRES

  1. (Rom. (XVI, 24).) La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen.
  2. I Cor (XVI, 23). La grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec vous.
  3. II Cor. (XIII,13). La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soient avec vous tous. Amen.
  4. Gal. (VI. 18). Mes frères, que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen.
  5. Eph. (VI, 24). Que la grâce soit avec ceux qui aiment Notre-Seigneur Jésus-Christ avec pureté. Amen.
  6. Philip. (IV,23). La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen.
  7. Coloss. (IV, 18). La grâce soit avec vous. Amen.
  8. I Thess. (V, 28). La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous. Amen.
  9. II Thess. (III,18). La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen.
  10. I Tim. (VI, 21). La grâce soit avec toi. Amen.
  11. II Tim. (IV. 22). Le Seigneur Jésus-Christ soit avec ton esprit. La grâce soit avec vous (tous). Amen.
  12. II Tim. (IV, 22). La grâce soit avec vous tous. Amen.
  13. Philém. (25). La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen.
  14. Hébr. (XIII,25). La grâce soit avec vous tous. Amen.
  1. Jacques (pas de formule).
  2. I Pi. (V, 14). La paix soit avec vous tous qui êtes en Jésus-Christ. Amen.
p. 21
  1. II PI. (III, 18). Croissez dans la grâce et dans la connaissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui soit gloire et maintenant et dans toute l'éternité. Amen.
  2. I JEAN (V, 21). Mes petits enfants gardez-vous des idoles. Amen.
  3. II JEAN (13). Les enfants de ta sœur élue te saluent. Amen.
  4. III JEAN (15). La paix soit avec toi. Les amis te saluent. Salue les amis chacun en particulier.
  5. JUDE (25). (pas de formule de salutation.)

mot à mot de l'original grec est : « La salutation de la mienne main de Paul, laquelle salutation est un signe dans chaque épître : [ou ;] ainsi j'écris. La grâce du Seigneur de nous Jésus-Christ avec tous vous. Amen. »

Il est certain d'après cela que c'est la forme de la salutation et non point l'écriture de Paul (comme le disent des commentateurs), qui est le signe.

On doit bien observer en outre, dans une compréhension intelligente de la Bible comme Parole de Dieu, qu'il n'en pouvait être autrement, puisque l'écriture de Paul nous est parfaitement inconnue, et que cette Parole, ayant jugé nécessaire de nous donner un signe de reconnaissance, ce signe, s'il avait consisté dans l'écriture de Paul, aurait manqué son effet. D'ailleurs la nécessité de ce signe suppose l'existence d'épîtres anonymes. Une, et une seule, est telle entre les 21 Épîtres. C'est l'Épître aux Hébreux. Tout le débat concernant son auteur a toujours porté sur Paul. Or elle est marquée du signe indiqué comme devant faire reconnaître Paul. La conclusion est donc certaine.

Si nous avions en main un document systématique laissé par Newton, Pascal et Leibniz, nous ne douterions pas qu'ils n'aient su ce qu'ils voulaient, et nous suivrions avec confiance leurs indications.

Et ici !

p. 22On voit que seul entre tous les autres auteurs des Épîtres, Paul, l'Apôtre de la Grâce et lui-même l'œuvre de la Grâce, emploie la formule de bénédiction renfermant le mot grâce qu'il a expressément indiquée, et que la 14ᵉ et dernière épître, adressée aux Hébreux, ne fait en rien exception. La formule est, pour cette épître, littéralement identique avec celles d'autres épîtres de Paul, et même peut-on dire identique avec celle de II Thessaloniciens où le signe de reconnaissance est indiqué.

Exemples :

COLOSSIENS.La grâce soit avec vous. Amen.
II THESSALONICIENSLa grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen.
TITE.La grâce soit avec vous tous. Amen.
HÉBREUX.La grâce soit avec vous tous. Amen.

En connexion avec cela, on peut observer que les Hébreux ne sont mentionnés que deux fois dans les Épîtres du Nouveau Testament (II Cor. XI, 22 ; Philip. III, 5) et les deux fois par Paul pour dire qu'il leur appartient, ce qui signale bien la préoccupation de son esprit à leur égard, et ce qui, en tout cas, est encore pour nous un signe).

II COR. XI, 22. — Sont-ils Hébreux ? je le suis aussi. Sont-ils Israélites ? je le suis aussi. Sont-ils de la postérité d'Abraham ? j'en suis aussi.

PHILIP. III, 5. — Moi qui ai été circoncis le huitième jour, qui suis de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu descendu des Hébreux, pharisien en ce qui regarde la loi.

p. 23

13. Le fait que Paul est cité nominativement en tête des 13 premières Épîtres, c'est-à-dire en

Rom. I, 1; I Cor. I, 1; II Cor. I, 1; Gal. I, 1; Eph. I, 1; Philip. I, 1; Col. I, 1; I Th. I, 1; II Th. I, 1; I Tim. I, 1; II Tim. I, 1; Tite, I, 1; Phil. I;

et n'est au contraire pas cité nominativement dans l'Épître aux Hébreux, est d'ailleurs significatif du fait que Paul a sans doute bien reçu pour charge distributive d'aller vers les Gentils (les Nations) et non pas vers ceux de la Circoncision (Gal. II, 7-9; versets cités au § 9); mais qu'en réalité, parmi ces Nations, existent d'une manière cachée les Hébreux (il n'est pas dit les Juifs) par la Maison d'Israël (descendance israélite des Anglo-Saxons). C'est là un fait historique que notre étude de la Parole de Dieu mettra en pleine évidence. Il est donc tout naturel et dans l'ordre que Paul couronne ses épîtres aux Nations en s'adressant aux Hébreux ou à la racine d'Abraham et de Jacob.

DEUXIÈME LEÇON

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE

p. 25

14. L'objet systématique qui se présente après la Constitution générale de la Bible, c'est la Chronologie de la Bible.

La Chronologie est la détermination des dates des événements.

L'Histoire de l'Humanité commence dans la Bible à la naissance (Création) d'Adam. C'est donc à partir de là qu'il convient de compter d'abord les années.

15. Voici à grands traits les éléments que l'Écriture met pour cela à notre disposition.

La Genèse ou le Premier livre de Moïse fournit une suite chronologique ininterrompue de la naissance d'Adam.

GEN. V, 1. → Voici le livre de la postérité d'Adam. Au jour où Dieu créa l'homme, il le fit à la ressemblance de Dieu.

à l'arrivée de Jacob en Égypte.

GEN. XLVII, 5-11. → Et Pharaon parla ainsi à Joseph: Ton père et tes frères sont venus vers toi ; le pays d'Égypte est à ta disposition ; fais habiter ton père et tes frères dans le meilleur endroit du pays ; qu'ils demeurent dans le pays de p. 26Gossen. Et si tu connais qu'il y ait parmi eux des hommes capables, tu les établiras chefs de troupeaux sur ce qui m'appartient.

Alors Joseph amena Jacob, son père, et le présenta à Pharaon. Et Jacob bénit Pharaon. Et Pharaon dit à Jacob : A combien s'élèvent les jours des années de ta vie ? Et Jacob répondit à Pharaon : Les jours des années de mes pèlerinages sont de cent trente ans ; les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais, et ils n'ont point atteint les jours des années de la vie de mes pères, du temps de leurs pèlerinages. Et Jacob bénit Pharaon, puis il sortit de devant Pharaon.

Et Joseph assigna une demeure à son père et à ses frères, et il leur donna une possession au pays d'Égypte, dans le meilleur endroit du pays, dans le pays de Ramsès, comme l'avait ordonné Pharaon.

Deux termes fondamentaux relient ensuite cette première période aux temps des Rois, c'est-à-dire à Salomon ; savoir :

1° 430 ans écoulés depuis l'arrivée des enfants d'Israël, c'est-à-dire de Jacob et de ses fils, en Égypte, jusqu'à la sortie d'Égypte ou l'Exode ;

EXODE XII, 40, 41. — Or, le séjour que les enfants d'Israël firent en Égypte fut de quatre cent trente ans. Il arriva donc, au bout de quatre cent trente ans, et il arriva, en ce même jour, que toutes les armées de l'Éternel sortirent du pays d'Égypte.

2° 480 ans comptés après l'Exode jusqu'à la 4ᵉ année comprise du règne de Salomon.

I ROIS VI, I. — Or, Salomon bâtit la maison de l'Éternel la quatre-cent-quatre-vingtième année après que les enfants d'Israël furent sortis du pays d'Égypte, la quatrième année de son règne sur Israël, au mois de Ziv, qui est le second mois.

p. 27

À partir de Salomon, les Livres des Rois donnent ensuite d'une manière continue et séparément les chronologies des deux royaumes d'Israël et de Juda ; entre ces royaumes se partage, par Jéroboam et Roboam, à la mort de Salomon, la puissance de Salomon.

I ROIS, XII, 20-24. — Aussitôt que tout Israël eut appris que Jéroboam était de retour ils l'envoyèrent appeler dans l'assemblée, et ils l'établirent roi sur tout Israël. Aucune tribu ne suivit la maison de David, que la seule tribu de Juda. (Voyez I ROIS, XI, 30-32).

Roboam, étant arrivé à Jérusalem, assembla toute la maison de Juda et la tribu de Benjamin, cent quatre-vingt mille hommes de guerre choisis, pour combattre contre la maison d'Israël, pour ramener le royaume à Roboam, fils de Salomon. Mais la parole de Dieu fut adressée à Shémaeja, homme de Dieu, en ces termes : Parle à Roboam, fils de Salomon, roi de Juda, et à toute la maison de Juda et de Benjamin, et au reste du peuple, et dis-leur : Ainsi a dit l'Éternel : Vous ne monterez point et vous ne combattrez point contre vos frères, les enfants d'Israël. Retournez-vous-en chacun dans sa maison, car ceci vient de moi. Et ils obéirent à la parole de l'Éternel, et ils s'en retournèrent, selon la parole de l'Éternel.

Cette chronologie se termine : pour le royaume d'Israël (la maison d'Israël ou les 10 tribus) à la captivité d'Israël en Assyrie, sous Salmanasar ;

II ROIS, XVII, 3, 6. — Salmanéser, roi des Assyriens, monta contre lui ; et Osée lui fut assujetti, et il lui envoyait un tribut.

La neuvième année d'Osée, le roi des Assyriens prit Samarie ; et il transporta les Israélites en Assyrie, et les fit habiter à Chalach et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes.

p. 28

pour le royaume de Juda [la Maison de Juda (Juda et Benjamin)] à la captivité de Juda à Babylone sous Nébucadnetsar.

II ROIS XXV, 1, 2, 7, 22. — Et il arriva la neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, que Nébucadnetsar, roi de Babylone, vint contre Jérusalem, lui et toute son armée ; il campa contre elle et ils bâtirent des forts tout autour. Or, la ville fut assiégée jusqu'à la onzième année du roi Sédécias.

On égorgea les fils de Sédécias en sa présence ; après quoi, on creva les yeux de Sédécias, on le lia de chaînes d'airain, et on le mena à Babylone.

Ainsi Juda fut transporté hors de son pays. Quant au peuple qui était demeuré de reste au pays de Juda et que Nébucadnetsar, roi de Babylone, y avait laissé, il lui donna pour gouverneur Guédalia, fils d'Achikam, fils de Shaphan.

A partir de sa captivité en Assyrie, la Maison d'Israël disparaît aux yeux de l'Histoire. La chronologie se continue par la Maison de Juda. La captivité de Juda a une durée de 70 ans ; après quoi par l'Édit de Cyrus, la première année du règne de Cyrus, les Juifs reviennent à Jérusalem pour y rebâtir le Temple.

JÉR. XXIX, 10. — Car ainsi a dit l'Éternel : Dès que soixante et dix ans seront accomplis pour Babylone, je vous visiterai et j'accomplirai ma bonne parole à votre égard, pour vous faire retourner en ce lieu.

DAN. IX, 1, 2. — La première année de Darius, fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, qui avait été établi sur le royaume des Caldéens, la première année de son règne, moi, Daniel, je compris par les livres que le nombre des années dont l'Éternel avait parlé au prophète Jérémie, pour finir les désolations de Jérusalem, était de soixante et dix ans.

p. 29

II Chr. XXXVI, 22, 23 ; Esd. I, 1, 2. — Mais, la première année de Cyrus, roi de Perse, afin que la parole de l'Éternel prononcée par Jérémie fût accomplie, l'Éternel reveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit publier par tout son royaume, et même par écrit, un édit portant : Ainsi a dit Cyrus, roi de Perse : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et lui-même m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. Qui d'entre vous est de son peuple ? Que l'Éternel, son Dieu, soit avec lui, et qu'il monte !

Plus tard par l'Edit d'Artaxerxès (Longuemain), la vingtième année de son règne, ils y rebâtissent la ville.

Néh. I, 1-3. — Paroles de Néhémie, fils de Hacalia.

Il arriva au mois de Kisleu, la vingtième année (du règne d'Artaxerxès), comme j'étais à Suse, la capitale, que Hanani, l'un de mes frères, et quelques gens arrivèrent de Juda ; et je m'enquis d'eux touchant les Juifs réchappés, qui étaient de reste de la captivité, et touchant Jérusalem. Et ils me dirent : Ceux qui sont restés de la captivité sont là, dans la province, dans une grande misère et dans l'opprobre ; la muraille de Jérusalem est en ruine, et ses portes ont été consumées par le feu.

Néh. II, 1-8. — Et il arriva au mois de Nissan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, que je pris le vin et le présentai au roi. Or, devant lui, je n'étais jamais triste. Mais le roi me dit : Pourquoi as-tu mauvais visage, puisque tu n'es point malade ? Cela ne vient que de quelque tristesse de cœur. Alors je craignis fort ; et je répondis au roi : Que le roi vive à jamais ! Comment n'aurais-je pas mauvais visage, quand la ville, lieu des tombeaux de mes pères demeure désolée, et ses portes ont été consumées par le feu ? Et le roi me dit : Que me demandes-tu ? Alors, je priai le Dieu des cieux ; puis je dis au roi : Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur t'est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville des tombeaux de p. 30mes pères, pour la rebâtir. Et le roi, ainsi que sa femme, qui était assise auprès de lui, me dit : Combien durerait ton voyage, et quand reviendrais-tu ? Je lui précisai le temps, et le roi trouva bon de m'envoyer. Et je dis au roi : Si le roi le trouve bon, qu'on me donne des lettres pour les gouverneurs d'au delà du fleuve, afin qu'ils me laissent passer jusqu'à ce que j'arrive en Juda ; et des lettres pour Asaph, le garde du parc du roi, afin qu'il me donne du bois pour la charpente des portes de la forteresse, attenant à la maison de Dieu, pour les murailles de la ville et pour la maison dans laquelle j'entrerai. Et le roi me l'accorda selon que la bonne main de mon Dieu était sur moi.

16. Il résulte de ce qui précède que la Bible offre une chronologie unique et continue, de la Naissance d'Adam à l'Edit de Cyrus. Or la date de ce dernier événement est connue par l'Histoire ; c'est 536 avant l'Ere chrétienne. Pour avoir l'année de la Naissance d'Adam avant J.-C., il suffit donc d'ajouter à 536 le nombre d'années, donné par la Bible, compté de cette naissance jusqu'à l'Edit de Cyrus.

17. Nous verrons plus tard que la chronologie depuis l'Edit de Cyrus jusqu'aux temps de Jésus-Christ peut d'ailleurs être établie par la Bible seule, sans aucun recours à une donnée historique indépendante, comme est cette année 536 de l'Edit de Cyrus, et cela au moyen des nombres historiques de Daniel.

p. 31

Mais pour le moment, abordant le sujet par la voie la plus pratique et la plus simple, nous procéderons comme il vient d'être dit, c'est-à-dire en nous appuyant sur la date historique connue 536.

18. Nous avons donc, suivant le tracé général qui vient d'être exposé, à compter dans la Bible la suite des années à partir de la Naissance d'Adam. Les tableaux suivants font connaître cette computation, telle que chacun peut l'établir pour son compte en copiant les nombres de sa Bible.

La Naissance d'Adam et la Mort de Salomon délimitent (Tabl. III) un espace de 3185 ans.

Il faut après cela compter les durées des règnes des rois d'Israël et de Juda, règnes qui succèdent dans les deux royaumes d'Israël et de

p. 32

TABLEAU III.

Les 10 Patriarches Antédiluviens.

                                                        À PARTIR DE LA
GEN. v.                                                NAISSANCE D'ADAM
  »   3   1. Adam        engendre Seth,  étant âgé de 130 ans      130
  »   6   2. Seth         »    Enosh         »        105          235
  »   9   3. Enosh        »    Kénan         »         90          325
  »  12   4. Kénan        »    Mahalaléel    »         70          395
  »  15   5. Mahalaléel   »    Jéred         »         65          460
  »  18   6. Jéred        »    Hénoc         »        162          622
  »  21   7. Hénoc        »    Méthushélah   »         65          687
  »  25   8. Méthushélah  »    Lémec         »        187          874
  »  28   9. Lémec        »    Noé           »        182         1056
                                ( Sem
  »  32  10. Noé          »     ( Cham                500         1556
                                ( Japhet

GEN. VII, 6. Le Déluge. Il a lieu quand Noé est âgé de 600 ans     1656

Les 10 Patriarches Postdiluviens.

GEN. XI.
  »  10   1. Sem         engendre Arphacsad, 2 ans après le Déluge. 1658
  »  12   2. Arphacsad    »    Shélach, étant âgé de 35 ans       1693
  »  14   3. Shélach      »    Héber         »         30         1723
  »  16   4. Héber        »    Péleg         »         34         1757
  »  18   5. Péleg        »    Réhu          »         30         1787
  »  20   6. Réhu         »    Sérug         »         32         1819
  »  22   7. Sérug        »    Nachor        »         30         1849
  »  24   8. Nachor       »    Tharé         »         29         1878
  »  26   9. Tharé        »    Abraham       »         70         1948
XXI,  5  10. Abraham      »    Isaac         »        100         2048
GEN. XXV, 26. Isaac engendre  Jacob, étant âgé de  60 ans   2108

XLVII, 9.     Arrivée de Jacob et de ses fils en Egypte ;
Jacob est âgé de. . . . . . . . 130   2238

EX. XII, 40-41. Durée du séjour en Egypte (au bout de
430 ans, en ce même jour) . . . . 430   Dernier des 430 ans   2668

Année de l'Exode . . . . . . . . . . . . . . . . . .   2669

I ROIS VI, 1. De l'année de l'Exode à la 4ᵉ année du
règne de Salomon . . . . . . . . 480   3149

(la 480ᵉ année après que les enfants d'Israël sont sortis d'Egypte, c'est-à-dire après l'année de l'Exode, puisqu'on compte par années, est la 4ᵉ année du règne de Salomon).

I ROIS XI, 42. Salomon règne 40 ans. Restent, après
la 4ᵉ année . . . . . . . . . . 36   Dern. année de Salomon   3185
p. 33

Juda à celui de Salomon [3] (p. 34). Voici le tableau de ces règnes :

TABLEAU IV.

ROIS D'ISRAËLROIS DE JUDA
I Rois XIV, 20 Jéroboam22I Rois XIV, 21 Roboam17
XV, 25 Nadab2XV, 2 Abija3
XV, 33 Bahasa24XV, 10 Asa41
XVI, 8 Éla2XXII, 42 Josaphat25
XVI, 15 Zimri (7 jours)»II Rois VIII, 17 Joram8
XVI, 23 Omri12VIII, 26 Achazia1
XVI, 29 Achab22XI, 3 Athalie6
XXII, 52 Achazia2XII, 1 Joas40
II Rois III, 1 Joram12XIV, 2 Amatzia29
X, 36 Jéhu28XV, 2 Hosias52
XIII, 1 Joachaz17XV, 33 Jotham16
XIII, 10 Joas16XVI, 2 Achaz16
XIV, 23 Jéroboam41XVIII, 2 Ézéchias29
XV, 8 Zacharie (6 mois)»XXI, 1 Manassé55
XV, 13 Sallum (1 mois)»XXI, 19 Amon2
XV, 17 Ménahem10XXII, 1 Josias31
XV, 23 Pékachia2XXIII, 31 Joachaz (3 mois)»
XV, 27 Pékach20XXIII, 36 Joakim11
XVII, 1 Hosée9XXIV, 8 Joakin (3 mois)»
XXIV, 18 Sédécias11
Durée totale des règnes de Jéroboam à Hosée241Durée totale des règnes de Roboam à Sédécias393
p. 34

Nous aurons donc, en continuant le Tableau chronologique général :

Dernière année de Salomon       3185 │ Dernière année de Salomon          3185
Durée des règnes des rois            │ Durée des règnes des rois
  d'Israël ( = 241 (                 │   de Juda ( = 393 (
Fin du Royaume d'Israël ou           │ Captivité de Juda . . . .          3578
  Dispersion des 10 Tribus      3426 │ Durée de la captivité = 70
                                      │   (Jér. xxv, 11, 12 ; Dan. ix, 2)
                                      │ Dernière année de la Captivité .   3648
                                      │ Nombre d'années de l'Ère chrétienne
                                      │   à l'Édit de Cyrus = 536
                                      │ Ère chrétienne . . . .             4184

19. Il suit de ces nombres que la Naissance d'Adam a eu lieu 4184 ans avant l'Ère chrétienne. Si donc on retranche de 4184 le temps écoulé

(Note de la page 33). [3] La computation des règnes des rois d'Israël et de Juda a été considérée jusqu'ici comme la croix des chronologistes. Elle est sans équivoque cependant quand on suit rationnellement la méthode d'examen. En effet, la suite des durées de règne est donnée pour Israël ; elle est aussi donnée pour Juda. On a donc deux documents séparés qui font foi. Tout le mal que se donnent les chronologistes vient uniquement de ce que, en outre, le texte mentionne certaines années de certains rois d'Israël comme correspondantes dans le temps à certaines années de certains rois de Juda, et de ce que,

p. 35

entre la Naissance d'Adam et un fait historique mentionné dans le Tableau chronologique, c'est-à-dire le nombre d'années indiqué pour ce fait par le Tableau, on aura le temps qui sépare ce même fait de l'Ère chrétienne. On trouve ainsi par exemple, en considérant les événements les plus fondamentaux :

                                          AVANT L'ÈRE CHRÉTIENNE
Naissance d'Adam  . . . .                       4184
Déluge  . . . . . . . =  4184-1656 =            2528
Exode  . . . . . . . =  4184-2668 =            1516
Dernière année du règne
   de Salomon . . . l'an  4184-3184 =          1000
Fin du règne de Salomon =  4184-3185 =          999
Fin du royaume d'Israël ou
   Dispersion des 10 Tribus =  4184-3426 =      758
Captivité de Juda . . =  4184-3578 =            606

Ces données fondamentales se remémorent aisément en suivant une voie inverse, c'est-à-dire en remontant dans le passé à partir de l'Edit de Cyrus. On a :

les deux listes ayant été d'abord littéralement transcrites (comme on doit le faire), on trouve que ces correspondances indiquées sont parfois en défaut. Or, dans la méthode scientifique, le fait de l'indication de ces correspondances dans le texte, indication qui n'était pas nécessaire à l'établissement de la chronologie des règnes, constitue un fait de second ordre qui ne peut rien changer au fait de premier ordre constitué par l'établissement primitif des deux listes. Scientifiquement, ce fait de second ordre doit être étudié, après celui-là, pour

p. 36

TABLEAU V.

Édit de Cyrus . . . . . . . . . .                536
70 ans de captivité . . . . . . .                 70
                                                 -----
Captivité de Juda . . . . . . . .                606
Durée des règnes des rois de Juda .              393
                                                 -----
1re année de Roboam . . . . . . .                999      1re année de Jéroboam   999
Dernière année de Salomon . . . .               1000      Durée des rois d'Israël  241
4e année du règne de 40 ans de
    Salomon . . . . . . . . . . .               1036      Dispersion des 10 Tribus 758
Cette année est la 480e comptée après
    celle de l'Exode . . . . . . .                479
                                                 -----
La première des 480 années est donc .           1515
Exode . . . . . . . . . . . . . .               1516
Séjour en Égypte . . . . . . . .                 430
                                                 -----
Arrivée en Égypte . . . . . . . .               1946
Age de Jacob à cette arrivée . . .                130
                                                 -----
{ Naissance de Jacob . . . . . . .              2076
{ Age d'Isaac . . . . . . . . . .                  60
                                                 -----
{ Naissance d'Isaac . . . . . . .               2136
{ Age d'Abraham . . . . . . . . .                 100
                                                 -----
Naissance d'Abram . . . . . . . .               2236
De la naissance d'Abram à celle
    d'Arphacsad . . . . . . . . .                 290
                                                 -----
{ Naissance d'Arphacsad . . . . .               2526
{ 2 ans après le Déluge . . . . .                   2
                                                 -----
{ Déluge . . . . . . . . . . . .                2528
{ Noé âgé de . . . . . . . . . .                  600
                                                 -----
Naissance de Noé . . . . . . . .                3128
De la Naissance de Noé à celle d'Adam           1056
                                                 -----
Naissance d'Adam . . . . . . . .                4184

p. 37Nous étudierons dans la Leçon suivante les caractères systématiques remarquables de ces nombres historiques fondamentaux. L'objet de la Leçon actuelle était le fait capital que la Chronologie Biblique existe, et que chacun peut l'établir très simplement pour son compte en suivant sa Bible.

NOTE (suite) [p. 37] : son compte ; et la première chose à faire à son égard est de dresser le tableau des écarts arithmétiques manifestés par les correspondances dont il s'agit, pour voir si, loin d'être des erreurs, ils ne constitueraient pas au contraire un ensemble systématique qui démontre qu'ils sont intentionnels. Or on découvre à première vue, et c'est ce que nous exposerons dans la suite de ces Leçons, qu'il en est effectivement ainsi.

Il n'est pas inutile de signaler dès à présent ce résultat au lecteur, et de l'avertir que les prétendues « erreurs » des Livres des Rois, qu'on a pris l'habitude d'opposer d'une manière classique à l'autorité externe de l'Écriture, constituent au contraire, comme il s'en rendra compte plus tard, une des preuves les plus décisives de l'inspiration intégrale de sa composition.

p. 39TROISIÈME LEÇON

CARACTÈRES SYSTÉMATIQUES DE LA CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE

20. Récapitulons la chronologie des événements fondamentaux, établie dans la Leçon précédente.

Nous aurons :

TABLEAU VI.

a) Édit de Cyrus . . . . . — 536
b) Captivité de Juda . . . — 606
c) Dispersion des 10 Tribus
   ou fin du royaume d'Israël — 758  (= 1516/2)
   ⎧ Dernière année du règne
   ⎪    de Salomon . . . . — 1000
d) ⎨ 1re année des 480 ans
   ⎪   qui rattachent l'Exode
   ⎩   au règne de Salomon — 1515
e) Exode . . . . . . . . — 1516  (= 2 × 758)
f) Déluge . . . . . . . — 2528  ⎰ (Différence = 600
                                 ⎱  GEN. VII, 6)
g) Naissance de Noé . . — 3128  ⎰ (Différence = 1056
h) Naissance d'Adam . . — 4184  ⎱    = 2 × 528)

p. 40Nous marquons les dates, comptées à partir de l'Ère chrétienne, dans le passé, du signe —; on l'énonce « moins » pour indiquer qu'on revient sur ses pas dans l'ordre des temps, ou qu'on retranche les nombres d'années indiqués, du temps auquel on était arrivé à l'Ère chrétienne.

21. Ce qui frappe dès l'abord la vue dans ce Tableau c'est le fait que la dernière année du règne de Salomon (nombre d), point de séparation historique où se constituent les deux royaumes d'Israël et de Juda, [dont les nombres précédents a) b) c) s'occupent] est le nombre fondamental

10 × 10 × 10 = 10³ = 1000;

en outre, qu'au delà, les nombres millénaires 1516 = 1000 + 516, 2528 = 2000 + 528, de l'Exode, du Déluge, sont similaires par les parties quinquaséculaires qui les caractérisent et qui surmontent leurs bases entières de mille; qu'enfin le nombre millénaire limite du Tableau est égal à un nombre entier de parties quinquaséculaires analogues aux précédentes, puisque 4184 = 8 fois 523; et que l'avant-dernier nombre, ou la Naissance de Noé, est lui-même distant de celui-là de 2 × 528. Cette observation d'ensemble sur l'insistance systématique de ces durées un peu supé-p. 41rieures à 5 siècles, conduit donc, partant comme base du nombre de séparation remarquable 1000 du Tableau, à envisager d'abord, en les prenant pour argument, le bloc ou groupe d) à h) qu'elles caractérisent.

REMARQUES SUR LES NOMBRES d) à h).

Nous attirerons d'abord l'attention du lecteur sur le nombre f) du Déluge, savoir

2528 = 2000 + 528 = 2 × 1000 + 528,

parce que la durée ou période quinquaséculaire qu'il met en évidence, est

528 = 2 × 2 × 2 × 66 = 2³ × 66,

multiple remarquable du nombre total 66 des Livres de la Bible, considéré dans la 1re Leçon, et cela par le facteur symbolique

2 × 2 × 2 = 2³.

Le caractère intentionnel de cette indication d'une période 528 s'affirme, si l'on fait attention au fait que nous mentionnions déjà tout à l'heure, p. 42que l'espace entre les naissances d'Adam et de Noé, c'est-à-dire des Pères des mondes anté et postdiluvien, est égal à

$$1056 = 2 \times 528.$$

Si l'on applique ensuite au nombre e) de l'Exode, c'est-à-dire à 1516, la même voie d'examen, c'est-à-dire si on l'écrit

$$1516 = 1000 + 516,$$

on lui voit, par la même analogie, mettre en évidence une période égale à

$$516.$$

En résumé, les deux événements fondamentaux du Déluge et de l'Exode, par leurs nombres

$$2528 = 2000 + 528$$ $$1516 = 1000 + 516$$

rapprochés de la base de computation 1000 de la dernière année de Salomon, nous mettent en présence des deux périodes

$$528$$ $$516.$$

p. 43Or nous allons voir que la réalité intentionnelle de ces deux périodes 528, 516, ainsi vraisemblablement en évidence dans le tableau général de la chronologie biblique, est mise ensuite hors de doute par le Livre du Prophète Daniel.

Toutes les visions du Livre de Daniel sont en effet encadrées entre deux révélations, dont la première fait connaître la période.

528,

et la dernière, sous le nom de temps de Daniel, la période

516.

22. Première révélation de Daniel. La statue.

On voit en Dan. II, 1, 3, 31. 32, 38 et III, 1.

DAN. II, 1, 3, 31, 32, 38; III, 1. — Or, la seconde année du règne de Nébucadnetsar, Nébucadnetsar eut des songes ; et son esprit fut troublé, et son sommeil interrompu.

Alors le roi leur dit : J'ai eu un songe ; et mon esprit s'est agité pour connaître ce songe.

O roi ! tu regardais, et tu voyais une grande statue ; cette statue était immense et d'une splendeur extraordinaire ; elle était debout devant toi, et son aspect était terrible. La tête de la statue était d'or fin ; sa poitrine et ses bras étaient d'argent ; son ventre et ses hanches étaient d'airain.

Il a remis entre tes mains les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, en quelque lieu qu'ils habitent, et il t'a fait dominer sur eux tous ; c'est toi qui es la tête d'or.

Le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la plaine de Dura, dans la province de Babylone.

p. 44que le roi de Babylone Nébucadnetsar ayant eu un songe, le songe de la Statue, et Daniel ayant révélé au roi que le roi était désigné par la tête d'or de cette Statue, Nébucadnetsar fit élever une statue d'or dont

la hauteur était de 60 coudées ; la largeur, de 6 coudées (1).

[Figure : (Fig. 1), légende en haut à gauche du dessin. Perspective d'un parallélépipède rectangle vertical (la statue), à base carrée, posé au centre d'une ellipse figurant l'horizon vu en perspective. Cotes portées : au sommet, trois indications « 6 » (arête arrière et les deux arêtes obliques descendant vers les angles supérieurs) ; angles supérieurs marqués A (à gauche) et B (à droite) ; les arêtes verticales sont cotées « 60 » à trois reprises (arête verticale gauche, arête verticale avant à droite, arête de profondeur à droite) ; angles inférieurs marqués C (à gauche) et D (à droite). L'ellipse de base porte deux flèches indiquant un sens de parcours et la légende en écriture cursive « Cycle ou Période ».]

Il suit de ces dimensions (le fait même du nombre unique donné pour la largeur enseignant que les deux dimensions horizontales sont égales), qu'ainsi que le montre la figure (Fig. 1) le contour ABCD d'une face verticale de la statue est égal à

60 + 6 + 60 + 6 = 2 × 66 = 132 ;

et que par conséquent, si on fait le tour du monument, on compte, par les 4 faces,

NOTE (1) [p. 44] : Voyez, au sujet de cette désignation de grandeurs, la Note A à la fin de cette Leçon.

p. 45

$$4 \times 132 = 528.$$

C'est la période 528.

23. Dernière révélation de Daniel. Les Temps de Daniel.

On voit en Dan. XII, 6, 7, 8, 11,

DAN. XII, 6, 7, 8, 11. — Et on dit à l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve : Quand sera la fin de ces merveilles ? Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve ; il leva sa main droite et sa main gauche vers les cieux, et il jura par celui qui vit éternellement que ce sera pour un temps, des temps et la moitié d'un temps, et que, quand il aura achevé de briser la force du peuple saint, toutes ces choses seront accomplies. Et moi j'entendis, mais je ne compris pas. Et je dis : Mon Seigneur, quelle sera l'issue de ces choses ?

Et, depuis le temps où cessera le sacrifice continuel et où l'on mettra l'abomination de la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours.

que Daniel ayant reçu la révélation de ce qui arrivera à la fin de l'histoire de l'Humanité, et demandant « Quand sera la fin de ces merveilles ? » il lui est répondu que ce sera après « temps » (sing.), « temps » (plur.) (pluralité prise dans la suite 2, 3, 4, ... etc.), « et un demi » (temps) ; et que, n'ayant pas compris, et réitérant sa demande, il lui est dit : « depuis le temps, auquel le sacrifice continuel aura cessé..., il y aura 1290 jours ». La première solution qui nous est proposée, quant à la pluralité « temps », est la pluralité 2 ; c'est donc celle que nous devons examiner tout d'abord. Elle nous met en présence p. 46de 1 + 2 1/2 = 3 1/2 temps (1). Le mot (יום) traduit dans nos Bibles par jour a en hébreu des acceptions variées, englobées dans l'acception générique : unité de temps.

Or il suffit de superposer ces deux déclarations, dont l'objet est identique, pour connaître la valeur du temps de Daniel.

En effet, chacune d'elles met d'abord en tête 1 temps (verset 11) ; la première compte ensuite dans la solution qui nous est proposée, 2 1/2 temps, et la seconde 1290 unités ; on se trouve donc en présence de deux systèmes équivalents, savoir :

PREMIÈRE DÉCLARATION        SECONDE DÉCLARATION
      1 temps                     1 temps
      2 1/2 temps                 1290.

Il s'ensuit que

2 1/2 temps valent 1290 ;

2 fois 2 1/2 temps, ou 5 temps, valent 2 × 1290 = 2580 ;

et par conséquent

1 temps = 2580/5 = 516.

D'ailleurs l'unité de temps n'est vraisemblablement ni le siècle, — ce qui conduirait à un

NOTE (1) [p. 46] : En outre cette solution est certaine. Voyez, à la fin de la Leçon, la Note B.

p. 47résultat hors de proportion avec l'ordre de grandeur du plus grand espace du Tableau chronologique, lequel d'Adam à Jésus-Christ ne compte que quatre mille d'années, — ni le jour, ni le mois, — ce qui serait inadéquat à l'ordre de grandeur même du sujet. Cette unité est donc l'Année (1) ; et une raison concrète le confirme, et en quelque sorte ici nous le démontre, c'est que dans le Tableau chronologique les périodes 516, 528, etc., nous sont déjà présentées comme mesurées en années.

On a donc

1 temps = 516 ans,

24. On peut conclure légitimement après cela que les nombres e) f) de notre tableau chronologique, savoir 1516 et 2528, (l'Exode et le Déluge),

NOTE (1) [p. 47] : Voir, en connexion, EZÉCH. IV, 5, 6,

EZÉCH. IV, 5, 6. — Car je te compterai les années de leur iniquité pour un nombre égal de jours, savoir, trois cent quatre-vingt-dix jours, durant lesquels tu porteras l'iniquité de la maison d'Israël. Quand tu auras accompli ces jours-là, tu te coucheras en second lieu sur ton côté droit, et tu porteras l'iniquité de la maison de Juda pendant quarante jours, un jour pour une année ; car je te compte un jour pour la durée d'une année.

où le « jour » est expressément donné pour mesure d'une année, ce qui est un signe de l'identification ou de la correspondance scripturaire légitime du « Jour » et de l'Année.

p. 48mettent intentionnellement en évidence des périodes quinquaséculaires, périodes qui ne sont autres que les deux périodes fondamentales 516 et 528 de Daniel.

Il nous reste à examiner le dernier nombre h), ou la Naissance d'Adam origine de l'Histoire [nombre h) duquel g), ou la Naissance de Noé, (3128 = 3000 + 2'), est séparé. comme on l'a déjà remarqué, par l'espace de temps 2 × 528].

La première observation qui se présente quand on considère le bloc f) g) h) du monde antédiluvien, c'est que le tableau y met en évidence, concernant toutes les trois ce monde, 3 périodes de 528 ans, savoir les 2 × 528 = 1056 d'Adam à Noé, et les 528 propres à la date 2528 = 2000 + 528 du Déluge ; de telle sorte que les 4184, d'Adam à l'Ere chrétienne, se trouvent décomposés suivant la formule :

4184 = 2 × 528 + 600 + 528 + 2000 = 3 × 528 + 2600,

c'est-à-dire encore, en suivant l'analogie, et mettant le dernier résidu lui-même sous forme de périodes quinquaséculaires :

4184 = 3 × 528 + 5 × 520,

ce qui met en évidence une nouvelle période de 520 ans.

p. 4925. Cette période forme avec les deux périodes 516, 528, précédemment reconnues, le système

                   ⎧  516  ⎫
Différence         ⎪       ⎪   Différ. 4
                   ⎨  520  ⎬
= 12 = 3 × 4       ⎪       ⎪   Différ. 8 = 2 × 4.
                   ⎩  528  ⎭

Nous reconnaîtrons dans la suite de notre étude que ces 3 périodes quinquaséculaires 516, 520, 528 sont les trois périodes prophétiques fondamentales de la Bible.

26. L'intervalle 4184 d'Adam à l'Ere chrétienne se compose, on vient de le dire, de 3 périodes de 528 ans et de 5 périodes de 520 ans, et on a

$$4184 = 3 × 528 + 5 × 520.$$

Mais cela enseigne en même temps, et plus généralement, que 4184 comprend (3 + 5 =) 8 périodes quinquaséculaires, (3 de l'espèce 528 et 5 de l'espèce 520), et conduit à se demander si ce nombre millénaire ne se décomposerait pas en 8 périodes quinquaséculaires toutes égales entre elles. Cela a lieu effectivement, car 4184 est divisible par 8 et l'on a

$$4184 = 8 × 523.$$

Or cette dernière période quinquaséculaire 523 ainsi découverte est, en elle-même, un nombre très remarquable; car 1° c'est un nombre qui n'est p. 50divisible par aucun autre (sauf par l'unité 1, mise ici hors de cause) ou ce qu'on appelle un Nombre premier (il n'en était pas de même pour les périodes précédentes 516, 520, 528, toutes décomposables en facteurs et qui donnent

516 = 2² × 3 × 43 = 6 × 86
520 = 2³ × 5 × 13
528 × 2⁴ × 3 × 11 = 6 × 88) ;

et 2° il occupe dans la suite des Nombres premiers, ainsi que nous allons l'expliquer, un rang particulier et intentionnel ; dans cette suite des Nombres premiers, il est en effet le 100e.

Nous nous sommes imposé pour règle que le lecteur puisse tout vérifier par lui-même et pour son compte, soit par les passages cités de la Bible, soit, pour les résultats de nombre, par un simple calcul arithmétique ; nous allons lui rendre la besogne facile par quelques considérations élémentaires.

Tout le monde connaît pratiquement déjà des Nombres premiers, c'est-à-dire des nombres qui ne sont exactement divisibles par aucun autre nombre. Tel est par exemple le nombre 19, qu'on ne peut diviser exactement ni par 2, ni par 3, ni par 4, ni par 5, etc. Tels sont encore les nombres 11, 17, et d'autres semblables.

Ces Nombres premiers peuvent assez bien se p. 51comparer, dans l'édifice arithmétique auquel les différents nombres entiers

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 etc. etc.,

servent d'éléments de construction, à des briques indestructibles qu'il est impossible de casser par division, tandis que d'autres de ces briques fictives, tels les nombres 8, 9, 15, etc., pourraient être brisées respectivement en 2 ou 4, 3, 3 ou 5, etc., autres briques égales entre elles. C'est ainsi que

 8 = 2 fois 4, ou 4 fois 2,
 9 = 3 fois 3,
15 = 3 fois 5, ou 5 fois 3,
     etc.

Or il est très facile pour le lecteur de former, en l'extrayant de la suite des nombres

1 2 3 4 5 etc.,

qu'on appelle la suite naturelle des nombres, la liste des Nombres premiers, ou ce qu'on appelle la Table des Nombres premiers.

1 ou l'unité est évidemment un Nombre premier, puisqu'on ne peut le diviser exactement par aucun autre ;

2 est aussi un Nombre premier, puisque (l'unité ou 1 qui divise indifféremment tous les nombres étant mise hors de cause comme diviseur) il n'y a aucun autre nombre qui le divise ;

p. 52il en est de même de 3 ;

4 n'est pas premier, car il est divisible par 2 ;

5 est premier ;

6 n'est pas premier, car il est divisible par 2 et par 3 ;

7 est premier, car il n'est divisible ni par 2, ni par 3, ni par 4, ni par 5, ni par 6, c'est-à-dire par aucun autre nombre ;

Etc., etc.

La Table des Nombres premiers commence donc par 1, 2, 3, 5, 7,…

Voici d'ailleurs (non la plus rapide, mais c'est la plus compréhensible pour tous) une règle pratique pour former cette Table, et la continuer aussi loin qu'on voudra dans la suite croissante des nombres.

Ecrivez la suite naturelle des nombres

1 2 3 4 5 6 ……

Partant de 2, marchez de deux en deux et biffez les nombres, c'est-à-dire 4, 6, 8,… ;

Partant de 3, marchez de trois en trois et biffez les nombres, c'est-à-dire 6, 9, 12,… ;

Partant de 4, marchez de quatre en quatre et biffez les nombres, c'est-à-dire 8, 12, 16,… ;

Partant de 5, marchez de cinq en cinq et biffez les nombres, c'est-à-dire 10, 15, 20,… ;

et ainsi de suite.

p. 53Ces opérations effectuées, faites la liste des nombres non biffés. Cette liste est celle des Nombres premiers.

En procédant ainsi, on a en effet éliminé de la suite des nombres tous les multiples de 2, de 3, de 4, de 5, etc., c'est-à-dire tous les nombres divisibles par 2, par 3, par 4, par 5 etc. Il ne reste donc que les nombres qui ne sont divisibles par aucun autre, c'est-à-dire les Nombres premiers. Dans l'Antiquité comme de nos jours, l'étude de ces nombres a toujours constitué un des objets capitaux de la considération mathématique. Au — IIIe siècle, Eratosthènes les déterminait déjà par un procédé dérivé de la règle rudimentaire qu'on vient de formuler (1).

NOTE (1) [p. 53] : Une loi mathématique des Nombres Premiers est la suivante : Un nombre est ou n'est pas premier suivant que le produit de ceux qui le précèdent, augmenté d'une unité est ou n'est pas divisible par ce nombre. Ainsi, 1, 2, 3, 5, 7, 11, … sont premiers, car

0+1
─── = 1,
 1

1+1
─── = 1,
 2

1×2+1
───── = 1,
  3

1×2×3×4+1
───────── = 5,
    5

1×2×3×4×5×6+1
───────────── = 103,
      7

1×2×3 ... ×10+1
─────────────── = 329891,  etc.;
      11

mais 4, par exemple, n'est pas premier, car

1×2×3+1     7
─────── = ─── .
   4        4

(Il est remarquable que les quotients exacts 1, 1, 1, 5, 103, 329891, correspondants à 1, 2, 3, 5, 7, 11 soient eux-mêmes des nombres premiers. 13, ou le 7e Nombre Premier, est le premier de la série pour lequel cela n'a pas lieu ; car 1 × 2 × …. × 11 × 12 + 1 est divisible par le carré de 13 ou par 13 × 13 = 169).

p. 54Voici, formée d'accord avec cette règle, la Table des 100 premiers Nombres premiers.

TABLE DES NOMBRES PREMIERS (de 1 à 523).

N° d'ordreNombres premiersN° d'ordreNombres premiersN° d'ordreNombres premiers
113513969337
223614970347
333715171349
453815772353
573916373359
6114016774367
7134117375373
8174217976379
9194318177383
10234419178389
11294519379397
12314619780401
13374719981409
14414821182419
15434922383421
16475022784431
17535122985433
18595223386439
19615323987443
20675424188449
21715525189457
22735625790461
23795726391463
24835826992467
25895927193479
26976027794487
271016128195491
281036228396499
291076329397503
301096430798509
311136531199521
3212766313100523
3313167317
3413768331

p. 55On voit que 523 est bien le 100e nombre premier. Si on désigne par

P₁ P₂ P₃ etc.

respectivement le premier, le deuxième, le troisième, … etc., nombre premier, on a

523 = P₁₀₀,

et

4184 = 8 × 523 = 8 × P₁₀₀ = 2 × 2 × 2 × P₁₀₀ = 2³ × P₁₀₀.

La durée 4184 d'Adam à l'Ère chrétienne est donc un nombre en lui-même essentiellement remarquable.

On a d'ailleurs aussi, ce qui après cela est très caractéristique :

D'Adam au Déluge, 1656 = 72 × 23
= 2³ × 3² × 23
= 2³ × 3² × P₁₀
Du Déluge à l'Ère chrétienne, 2528 = 32 × 79
= 2⁵ × P₂₃ ;

c'est-à-dire l'ensemble systématique :

Adam à Christ          = 8 × 523 = 2³ × P₁₀₀
Monde antédiluvien     = 72 × 23 = 2³ × 3² × P₁₀
Monde postdiluvien
   jusqu'à Christ       = 2⁵ × P₂₃ = 2²⁺³ × P₂₃.

27. La forme remarquable

p. 56

4184 = 8 × 523 = 8 fois P₁₀₀

de la durée d'Adam à l'Ère chrétienne, de l'Adam terrestre à l'Adam céleste,

I COR. XV, 45, 47, 49. — Suivant qu'il est écrit : Le premier homme, Adam, a été fait avec une âme vivante ; mais le dernier Adam est un Esprit vivifiant.

Le premier homme, étant de la terre, est terrestre ; et le second homme, qui est le Seigneur, est du ciel.

Et comme nous avons porté l'image de celui qui est terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste.

en montrant que cette durée est mesurée et jalonnée par 8 termes indestructibles (c'est-à-dire par 8 fois le nombre premier 523 = P₁₀₀), fait découvrir le sens des 8 jours que, sous l'Ancienne Alliance, on attendait avant de circoncire l'enfant mâle et de le marquer ainsi du signe de l'Alliance de Dieu.

GEN. XVII, 10-12. — Voici mon alliance que vous garderez, et qui sera entre moi et vous, et ta postérité après toi ; c'est que tout mâle sera circoncis. Et vous circoncirez votre chair, et ce sera un signe d'alliance entre moi et vous. À l'âge de huit jours, tout mâle sera circoncis parmi vous, dans vos générations, tant celui qui est né dans la maison que celui qui, acheté à prix d'argent de quelque étranger que ce soit, n'est point de ta race.

De ce signe Jésus lui-même a été marqué le 8e jour.

LUC II, 21. — Quand les huit jours furent accomplis pour circoncire l'enfant, il fut appelé JÉSUS, qui est le nom qui lui avait été donné par l'ange avant qu'il fût conçu dans le sein de sa mère.

p. 57Cette circoncision était, par la marque sanglante d'une effusion de sang qui rejette l'impureté, le signe aussi, marqué dans la chair, du Sacrifice sanglant de Christ par lequel seul peut être opérée la véritable circoncision du cœur ; le signe du sang qui seul nous purifie de tout péché (1).

28. Il nous reste à considérer, sous la lettre d) du Tableau VI, dans le nombre 1515 = 1000 + 515 qui désigne la première année, — 1515, des 480 ans de l'Exode à la 4e année du règne de Salomon, la période 515 que ce nombre, par la même règle d'analogie que précédemment, met en évidence. La seule qualité de premier terme des 480 ans ne serait pas suffisante peut-être pour justifier la mention spéciale de l'année — 1515. Mais aussi

NOTE (1) [p. 57] : Voir sur le lien systématique entre la Circoncision et le Baptême, la Note C à la fin de cette Leçon.

La correspondance qui vient d'être constatée entre les 8 jours qui s'étendaient de la naissance de l'enfant à sa circoncision, et les 8 périodes quinquaséculaires qui séparent Adam de Christ, nous confirme aussi que les jours proprement dits servent de signes dans l'Écriture à la figuration ou à rappel de périodes séculaires. Un exemple fondamental s'en trouve dans les jours mêmes de notre semaine, lesquels sont pris pour signes et rappel des périodes séculaires qui constituent les jours de Création, ou les périodes de la formation géologique de la Terre.

p. 58sa présence dans le Tableau VI se justifie-t-elle par une tout autre raison, celle-ci décisive et qui consiste dans la manière dont la Bible rattache l'Exode à la Genèse. Voici en effet comment par ce lien, la Bible attire d'une manière toute spéciale notre attention sur l'année — 1515.

Le Genèse comprend tous les temps d'Adam au commencement du séjour en Egypte; l'Exode commence à la Sortie d'Egypte avec Moïse. Il y a donc dans le récit historique, quand on passe de la Genèse à l'Exode, une page blanche ou un espace chronologique vide.

Or, la date la plus avancée dans le temps mentionnée par la Genèse est, dans son dernier verset (Gen. L, 26), celle de la mort de Joseph, à l'âge de 110 ans.

Gen. L, 26. — Puis Joseph mourut, âgé de cent dix ans; et on l'embauma, et on le mit dans un cercueil en Egypte.

Cette date est — 1875. Il est aisé de l'établir.

En effet, Joseph étant âgé de 30 ans, 7 années d'abondance surviennent,

Gen. XLI, 46, 47. — Or, Joseph était âgé de trente ans quand il se présenta devant Pharaon, roi d'Egypte. Joseph sortit donc de devant Pharaon, et parcourut tout le pays d'Egypte.

Et la terre rapporta à pleines mains durant les sept années d'abondance.

ce qui conduit pour lui à l'âge 37.

7 années de famine alors commencent.

p. 59
Gen. XLI, 53, 54. — Alors finirent les sept années de l'abondance qu'il y eut au pays d'Égypte. Et les sept années de famine commencèrent à venir, comme Joseph l'avait dit. Et la famine fut dans tous les pays ; mais dans tout le pays d'Égypte, il y avait du pain.

On en compte 2, puis Jacob et ses fils descendent en Égypte.

Gen. XLV, 6. — Car voici deux ans que la famine est sur la terre, et pendant cinq ans encore il n'y aura ni labour, ni moisson.
Gen. XLVI, 1-6. — Et Israël partit, avec tout ce qui lui appartenait, et vint à Béer-Shéba, et offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. Et Dieu parla à Israël dans les visions de la nuit, et il dit : Jacob, Jacob ! Et il répondit : Me voici. Puis il dit : Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Égypte ; car je t'y ferai devenir une grande nation. Je descendrai avec toi en Égypte, et je t'en ferai aussi infailliblement remonter ; et Joseph mettra sa main sur tes yeux.
Alors Jacob partit de Béer-Shéba, et les fils d'Israël mirent Jacob, leur père, et leurs petits enfants, et leurs femmes, sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour le porter. Ils emmenèrent aussi leur bétail et le bien qu'ils avaient acquis au pays de Canaan. Et Jacob et toute sa famille avec lui vinrent en Égypte.

Or cet événement, ou le commencement du séjour en Égypte, a pour date — 1946, et Joseph a alors, d'après ce qui précède, 37 + 2 = 39 ans. Donc on a :

pour la Naissance de Joseph, — 1946 — 39 = — 1985 ;

et puisqu'il vit 110 ans, on a :

pour la Mort de Joseph, — 1985 + 110 = — 1875.

p. 60

— 1875 est donc la date la plus avancée mentionnée par la Genèse. C'est d'ailleurs le nombre remarquable 1875 = 3 × (25)².

Or de ce point final au point initial — 1515 des 480 ans qui conduisent à Salomon, il y a

12 × 30 = 360 ans,

c'est-à-dire, à raison d'une année pour un jour, (voir, en connexion, Ézéch. IV, 6, cité § 23, en note), un espace égal à une année de 12 mois de 30 jours. (Le nombre 360 désigne aussi, comme on le sait, le nombre des degrés de la circonférence du cercle).

On a bien en effet

— 1875 + 360 = — 1515.

Tel est le fait annoncé qui met en évidence d'une manière particulière, par un élément astronomique et géométrique, le nombre 1515 ; et la nature de ce fait donne lieu de penser que la période quinquaséculaire 515, présentée par le nombre 1515 au moyen du même procédé qui a été usité pour les autres périodes, savoir par la forme

1515 = 1000 + 515,

est une période en relation avec la durée de l'Année solaire. On reconnaîtra dans la Leçon suivante que cette induction se trouve justifiée.

p. 61

Pour fixer les idées, nous désignerons spécialement dès maintenant cette période sous le nom de période quinquaséculaire physique.

29. Remarques sur les nombres a) b) c).

Après ces données fondamentales relatives au groupe des nombres d) à h) du Tableau VI, il nous reste à présenter quelques remarques sur le groupe a) b) c) qui commençait ce Tableau.

La chronologie biblique nous a conduits d'une manière suivie de la Naissance d'Adam h) jusqu'à la date a) de l'Édit de Cyrus. Cette dernière date indique qu'au delà du groupe chronologique biblique h) à a), il reste un intervalle de 536 ans jusqu'à l'Ère chrétienne. Nous avons admis ce nombre 536 en tant que donnée bien établie par l'histoire profane. Mais il est en lui-même significatif de la vie de Jésus-Christ qui lui sert de terme, et il confirme ainsi par lui-même son exactitude. La vie de Jésus-Christ est de 33 ans et demi. Or on a

536 = 2 × 2 × 2 × 2 × 33½ .

Qu'une telle relation existe n'a d'ailleurs nul lieu d'étonner. Elle est au contraire naturelle et significative dans l'ordre du sujet, puisque Cyrus, qui ordonne de rebâtir le Temple, est, dans l'Écriture, un type de Christ.

p. 62
Ésaïe XLIV, 28. — qui dis de Cyrus : Il est mon pasteur, il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : Sois rebâtie, et au temple : Tu seras fondé :
XLV, 1. — Ainsi a dit l'Éternel à son oint, à Cyrus, que j'ai pris par la main droite, pour terrasser devant lui les nations et délier les ceintures des rois, pour ouvrir les portes devant lui, tellement qu'elles ne soient plus fermées.

Le mode d'écriture des Mathématiques modernes pour exprimer le produit des 4 facteurs 2, peut rendre l'expression encore plus frappante à l'égard de Christ ou du Fils de Dieu comme seconde personne de la Sainte Trinité. Au lieu d'écrire ce produit sous la forme

2 × 2 × 2 × 2,

on l'écrit en effet plus simplement

2 × 2 × 2 × 2 = 2⁴,

le nombre 4 mis au-dessus et à droite de 2, indiquant qu'il faut faire le produit de 4 facteurs égaux à 2. Mais on a, par le même mode d'écriture,

4 = 2 × 2 = 2²,

puisque 4 est le produit de 2 facteurs égaux à 2. Donc, en remplaçant 4 par 2², on aura

2 × 2 × 2 × 2 = 2^(2²),
p. 63

et par conséquent, pour le nombre a),

a) 536 = 2^(2²) × 33½,

résultat dont le symbolisme est expressif.

On a ensuite pour le nombre b), 70 étant la durée de la captivité de Juda, 7, le nombre divin (1), 10 = 2 × 5 le nombre de l'activité humaine (les mains de l'Homme) :

b) 606 = 536 + 70 = 2^(2²) × 33½ + 10 × 7.

Le nombre c) enfin, ainsi qu'on en voit la remarque inscrite au Tableau VI, fait connaître que la Dispersion des 10 Tribus, ou la disparition de la Maison d'Israël aux yeux du monde dans le Désert de l'histoire, est exactement à mi-chemin entre l'Ère chrétienne et l'Exode, événement qui constituait la disparition d'Israël aux yeux des Égyptiens dans le Désert géographique du Sinaï.

(1) Voir parmi de multiples exemples :
Prov. IX, 1. — La sagesse a bâti sa maison ; elle a taillé ses sept colonnes.
Apoc. V, 6. — Je regardai donc, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui était comme immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.

p. 64

On a bien en effet

2 × 758 = 1516 (1).

30. Nous terminerons cette Leçon par une remarque essentielle pour la science chronologique.

L'Ère chrétienne est le commencement d'une certaine année de l'Histoire ; ce commencement est aujourd'hui distant de nous, soit à la fin de

(1) L'analogie et le parallélisme s'étendent même aux 40 ans dans le Désert,
Nomb. XXXII, 13. — Ainsi la colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël : et il les fit errer dans le désert quarante ans, jusqu'à ce que toute la génération qui avait fait ce qui est mauvais aux yeux de l'Éternel eût été consumée.
qui suivent l'Exode. Car si, comme nous le reconnaîtront plus tard, l'Israël dispersé des 10 Tribus se retrouve aujourd'hui dans les Anglo-Saxons (le peuple de la Réforme) et si, dans cet ordre d'idées, l'Établissement des Anglais en Égypte en 1882 marque le retour du peuple Élu, dispersé en — 758, vers sa région d'origine, ou l'Orient prophétique, il se trouve qu'en effet la durée 758 + 1882 = 2640 de son exil se mesure par 40 unités d'un caractère prophétique significatif. On a en effet
758 + 1882 = 40 × 66 = 40 × 528⁄(2 × 2 × 2).
L'unité est ici le nombre 66 qu'on a vu dès l'abord (1re Leçon) désigner le nombre des Livres de la Révélation, et c'est aussi le sous-multiple remarquable 528⁄(2 × 2 × 2) de la période prophétique de 528 ans découverte ensuite (§ 22) dans le Livre de Daniel.

p. 65

1910, de 1910 ans ; cette année initiale est l'an 1 de notre computation chronologique ; et nous admettons que la Naissance de Jésus a eu lieu au commencement de cet An 1. La critique est néanmoins divisée à cet égard. Pour les uns, Jésus serait réellement né quelques années après cet An 1, c'est-à-dire depuis moins de 1910 ans ; pour les autres, quelques années avant. Une opinion assez généralement acceptée pour le moment serait que le Sauveur est né 4 ans avant notre Ère, c'est-à-dire que l'année actuelle, 1910, rapportée à la naissance de Jésus devrait être désignée non par 1910 mais par 1914 (1). C'est pour cette raison aussi que ceux qui, d'ailleurs d'une manière arbitraire et sans justification scientifique, posent en principe que la naissance d'Adam a eu lieu 4000 ans exactement avant celle de Jésus, adoptent pour la date de la naissance d'Adam rapportée à notre Ère, — 4004.

Or les faits systématiques que la chronologie biblique vient de nous révéler, résolvent d'eux-mêmes la question.

(1) Une des dernières et récentes de ces déterminations variées changerait maintenant ces 4 années en 8 années. Toute la peine qu'on se donne ainsi montre simplement, par la discordance des résultats, que la question est insoluble en dehors de l'autorité mathématique de l'Écriture.

p. 66

Ces faits se sont mis en évidence par des nombres rapportés à notre Ère. Mais, d'autre part, ces faits, par leur nature même, se rapportent aussi à la Naissance de Jésus. Cela démontre donc que notre origine de computation du temps coïncide bien avec ce dernier événement, c'est-à-dire qu'il n'y a en réalité aucune erreur dans la computation usuelle universellement admise aujourd'hui.

L'Ère chrétienne conventionnelle (contrairement à des opinions critiques divergentes et également autorisées, mais qui par leur autorité même se détruisent les unes les autres) coïncide bien avec la Naissance de Jésus-Christ.

NOTES DE LA TROISIÈME LEÇON

Note A (§ 22).

SUR LA STATUE (DAN. III, 1).

On objecte que pour la Statue de Dan. III, 1 on a bien la hauteur et la largeur (60 et 6), mais non la profondeur. L'objection serait fondée si une face particulière du monument était indiquée. La nature même de l'indication enseigne

p. 67

qu'il s'agit indifféremment des quatre faces. L'homme intelligent à qui un homme sachant ce qu'il veut donnerait comme valables et suffisantes les indications du texte, conclura rationnellement et ne pourra conclure qu'à l'égalité des faces.

L'interprétation géométrique que nous avons présentée, des nombres donnés tels quels, est donc certaine, et c'est tout ce qui importe.

L'appréciation de la convenance de ces nombres avec l'objet qu'ils concernent, c'est-à-dire la Statue, est une autre question.

Le rapport 60/6 = 10/1 de la hauteur à la largeur ne s'appliquant pas au corps humain, on a proposé comme hypothèse de comprendre dans la hauteur, 60, celle d'un piédestal supportant la Statue, ce qui permettrait d'attribuer à celle-ci une hauteur relativement moindre. Mais outre que cette idée s'accorde mal avec la profondeur et la précision que nous constatons dans tous les traits de l'Écriture, elle est en contradiction avec le sens même du mot (צלם) (tselem) qui, dans le texte, désigne la Statue ; car il s'agit ici d'une ressemblance propre [comme dans « Dieu créa l'homme à son image » (Gen. I, 27) où ce même mot se trouve ; comme en Dan. II, 31-33 où il désigne le corps de l'homme considéré de la tête aux pieds].

p. 68

La solution de la difficulté est indiquée par le texte lui-même ; car Nébucadnetsar est la Tête d'or de la statue. Or, dans l'homme normal, la hauteur, la largeur et la profondeur (l'épaisseur) de la Tête (le globe crânien) sont égales entre elles et constituent une unité égale au 1/10 de la hauteur du corps. Ainsi un homme de 1ᵐ70 a, pour les trois dimensions de sa tête, 17 centimètres.

C'est parce que le centre supérieur intelligent ou la tête est ainsi dans l'homme normal le 1/10 de la stature totale du corps, que le texte prend cette donnée comme unité fondamentale ; ou inversement, et plus justement, lui-même nous la révèle comme étant l'élément constitutif de la stature de l'homme. (Ceci doit être rapproché de la considération des 10 Peuples chefs dont nous verrons plus loin (6e leçon) la série mesurer toute l'Histoire de l'Humanité, le Peuple élu se retrouvant comme 10e peuple chef à la tête de celle-ci).

Note B (§ 23).

Sur les 3 ½ Temps de Daniel (XII, 7).

1. Le choix de la pluralité 2 est certain. En effet, un choix est imposé par la Sagesse absolue de celui qui écrit, et elle ne le désigne pas explicitement ; dès lors la probabilité mathématique

p. 69

de la première solution rencontrée dans l'ordre rationnel, est égale à la certitude.

2. Cette déduction rationnelle conduit au nombre canonique 3 ½, moitié du nombre divin 7. L'Écriture offre plusieurs exemples de ce même nombre. Voyez :

Apoc. XI, 2Les « 42 mois » = 3 ½ × 12 mois ;
» XI, 3 ; XII, 6.Les « 1260 jours » = 3 ½ × 360 jours ;
» XI, 9, 11.Les « 3 ½ jours ».
Luc IV, 25 ; Jacq. V, 17.Les « 3 ans et 6 mois ».
Dan. IV, 16. 23, 32.Les « 7 temps » = 2 × 3 ½ temps.

Remarques sur le mot « temps ». En XII, 7, le mot temps est מועד. En XII, 11, le mot « depuis le temps » est ומעת, où intervient le mot עת temps.

עד signifie plus particulièrement éternité, perpétuité.

Il est remarquable que les mots concernant le temps aient pour caractéristique générique la lettre ע = 70, 7 étant le nombre divin. (On sait, et nous verrons plus tard (XIme Leçon), qu'en hébreu les lettres de l'alphabet servent de chiffres). En VII, 25, le « jusque un temps, des temps et la moitié d'un temps » est

p. 70

עד־עדן ועדנין ופלג עדן,

où figure le mot

עדן temps

En VII, 12 le « jusque un temps et un temps » (traduction de Martin) est

עד־זמן ועדן,

où figurent successivement les mots

זמן = temps et עדן = temps.

La traduction classique un temps et un temps est donc en VII, 12 entièrement justifiée.

Note C (§ 27).

SUR LA CIRCONCISION ET LE BAPTÊME.

Le parallélisme des deux Testaments et la règle d'analogie de la foi que nous enseigne Paul

Rom. XII, 6. (1) C'est pourquoi, puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été donnée, que celui qui a le don de prophétie, l'exerce selon l'analogie de la foi.

(1) Beaucoup de nos traductions rendent par le même mot mesure les mots grecs μετρον de XII, 3, et αναλογια de XII, 6

p. 71

nous conduisent à considérer la connexion des deux signes de la Circoncision et du Baptême, c'est-à-dire du Sang et de l'Eau, sous les deux Alliances. Ces deux signes sont unis en Christ, du côté de qui, dans son Sacrifice rédempteur, il sortit du Sang et de l'Eau.

Jean XIX, 34. — Mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.

Ce sont aussi le Sang et l'Eau, la Circoncision et le Baptême, qui, sur la Terre, rendent témoignage, après le Baptême de l'Esprit. (Il y a deux Baptêmes, celui de l'Esprit, celui de l'Eau ;

Matt. III, 11. — Pour moi, je vous baptise d'eau pour vous porter à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de lui porter les souliers : c'est lui qui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu).

(et ces trois, l'Esprit, l'Eau et le Sang rendent témoignage.

I Jean V, 8. — Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre ; savoir : l'esprit, l'eau et le sang ; et ces trois-là se rapportent à un).

de telle sorte que l'enseignement profond de ce dernier verset, et qui vise toute l'ordonnance de l'Écriture, doit alors presque certainement échapper au lecteur.

p. 72

Christ lui-même a été marqué de ces trois signes, la Circoncision, le Baptême de l'Eau et le Baptême de l'Esprit.

Ce groupe tripartite de l'Esprit, du Sang, de l'Eau, correspond, dans l'ordre des fluides, aux trois parties de la structure de l'Homme, savoir l'Esprit, l'Âme et le Corps.

I Thess. V, 23. — Or, le Dieu de paix veuille lui-même vous sanctifier parfaitement, et que tout ce qui est en vous l'esprit, l'âme, et le corps, soit conservé irrépréhensible pour l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ !

Le Sang est un fluide organique vivant, et l'Âme de toute chair est dans son Sang.

Lév. XVII, 11. — car l'âme de la chair est dans le sang ; je vous l'ai donné sur l'autel, pour faire l'expiation pour vos âmes ; car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation.
Deut. XII, 23. — Seulement, garde-toi de manger le sang ; car le sang c'est l'âme, et tu ne mangeras point l'âme avec la chair.

L'Eau est un fluide minéral inorganique, constituant une grande partie (7/10) de la matière du Corps ; et c'est certainement à cause de cette figuration inorganique du Corps par l'Eau, que l'Eau est choisie pour signe d'Alliance dans la nouvelle Économie qu'institue Christ, car celle-ci a pour objet final en ce qui concerne l'Homme la Résurrection des Corps. C'est ce qu'exprimait bien l'Ensevelissement et la Résurrection dans le Baptême par immersion.

p. 73

QUATRIÈME LEÇON

ORIGINE ET SIGNIFICATION DES PÉRIODES QUINQUASÉCULAIRES MISES EN ÉVIDENCE PAR LA CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE.

31. Les périodes quinquaséculaires, c'est-à-dire d'environ cinq siècles, que la Chronologie générale, d'Adam à l'Ère chrétienne, vient de mettre en évidence, sont, en suivant l'ordre d'importance des idées :

1° La période 523, 100e Nombre premier, donnée par la durée

4184 = 8 × 523

d'Adam à Christ ;

2° Le groupe des 3 périodes

⎧ 528
⎨ 520
⎩ 516,

dont la dernière, 516, est le Temps de la dernière Vision de Daniel (Dan. XII) ;

p. 74

3° La période physique 515.

On se rappellera que le terme qui sert de base à la mise en évidence de ces périodes dans le Tableau chronologique, est constitué par les 1000 ans de Salomon à Jésus-Christ.

32. Quelle est la signification de cet ensemble caractéristique de périodes quinquaséculaires ?

1° Tout d'abord, par la nature même du sujet, ce sont des durées propres au développement historique de l'Humanité ;

2° Ces durées se répètent en s'ajoutant, comme on le voit par l'exemple des 4184 = 8 × 523 ;

3° Elles concernent la vie des Peuples, ou des puissances politiques historiques ; car Daniel qui, comme il le dit lui-même (VII, 17, 23), représente ces puissances sous la forme d'organismes animaux ou Bêtes,

Dan. VII, 17, 23. — Ces quatre grandes bêtes sont quatre rois qui s'élèveront de la terre.
Il me parla ainsi : La quatrième bête est un quatrième royaume qui existera sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, et la foulera et la brisera.

assigne à la vie de ces « Bêtes » une durée de un temps et un temps (traduction de Martin).

Dan. VII, 12. — Quant aux autres bêtes, la domination leur fut aussi ôtée, quoiqu'une longue vie leur eût été accordée jusqu'à un temps et un temps.
p. 75

(Il y a bien dans l'original hébreu une succession de deux mots dont chacun signifie temps. Voir la Note B de la 3me Leçon.)

Ces durées enfin ont un caractère périodique, c'est-à-dire le caractère des choses qui reproduisent régulièrement la même succession de phases (comme par exemple les jours avec leurs matins et soirs, les années avec leurs saisons) ; cela est enseigné par l'exemple de la période 528, que nous fait découvrir le Livre de Daniel d'une manière certainement à cet égard intentionnelle, en nous faisant tourner en cercle autour de la Statue (§ 23).

33. Si l'on réfléchit maintenant à ce que le phénomène historique auquel ces durées quinquaséculaires se rapportent a lieu à la surface d'un globe, c'est-à-dire notre Terre, dont la forme en sphère, dont les lignes fondamentales telles que l'Équateur, les Méridiens, dont les mouvements de rotation sur lui-même (le Jour), de révolution autour du Soleil (l'Année), sont tous construits d'après l'idée du cercle, on sera d'autant plus porté à supposer qu'il existe une connexion entre les nombres qui mesurent nos périodes quinquaséculaires et ceux qui règlent les proportions de cette figure géométrique.

Une vue plus générale confirme cette induc-

p. 76

tion. Ce n'est pas seulement la Terre et ses mouvements qui sont réglés sur la notion du Cercle : il en est ainsi, dans toute l'étendue de l'Univers physique au sein duquel nous sommes plongés, aussi loin que notre observation y peut pénétrer. Toutes les Planètes du système solaire tournent sur elles-mêmes et tournent autour du Soleil. Les globes plus petits qu'on appelle Satellites tournent autour des Planètes ; ainsi notre Lune, qui est le satellite de la Terre, tourne autour de celle-ci dans la durée que nous appelons le Mois. Le Soleil lui-même, centre du système dont notre Terre fait partie, se meut en entraînant ce système avec lui, autour d'un point situé dans les Étoiles ; et il n'est pas enfin jusqu'à ces amas vaporeux que nous appelons les Nébuleuses, et qui sont séparés de nous par des distances immensurables, qui ne manifestent dans leurs formes la construction circulaire, et n'évoquent l'idée des mouvements de rotation et de révolution qui en dérivent naturellement.

Si d'une part le Monde physique qui frappe nos yeux, de l'autre la Parole de Dieu qui s'adresse à nos esprits, sont l'œuvre d'un même Dieu créateur, on doit s'attendre à retrouver dans la construction externe de celle-ci l'empreinte de la même main qui a construit celui-là. Il s'agit ici, des deux parts, de nombres et de périodes ;

p. 77

dès lors, de la mise en œuvre des mêmes éléments fondamentaux. Or ceux-ci, dans l'espèce de la question, et par la vue du Ciel, sont les propriétés fondamentales du Cercle.

34. Examinons donc ce qu'il y a de plus général dans la construction du cercle et dans les nombres qui règlent la proportion de ses parties, pour rechercher ensuite s'il n'existe pas une connexion entre ces nombres et nos périodes quinquaséculaires, déjà connues. Conformément au but de ces Leçons, nous le ferons sous une forme accessible à tous.

[Figure : Fig. 2 — Cercle de centre C, coupé par le diamètre horizontal AB (A à gauche, B à droite). Sur la circonférence : D au sommet, E à la base ; sur l'arc inférieur gauche, entre A et E, les points G (juste sous A) puis F (plus bas, entre G et E). À l'extérieur du cercle, au-dessus de A, une flèche courbe allant de bas en haut vers D, marquée f, indiquant le sens dans lequel se trace la circonférence.]

Tous le monde sait qu'on trace un cercle en mettant (Fig. 2) en un point C, qu'on appellera le centre du cercle, la pointe d'un compas, et en faisant tourner autour de ce point l'autre pointe A portant une plume ou un crayon. On décrit ainsi la ligne ADBEA qu'on appelle la circonférence du cercle et dont tous les points sont évidemment à la même distance du centre C, puisque cette distance est celle, toujours la même, des deux pointes du compas. Cette distance s'appelle le rayon du cercle ; et si on traverse le cercle, comme le montre la figure, par une ligne droite

p. 78

ACB passant par son centre C, la ligne AB, limitée par le cercle et égale à 2 fois le rayon, s'appelle le diamètre du cercle.

On voit que si l'on se donne le rayon CA du cercle, ou, ce qui revient au même, le diamètre ACB égal à 2 fois le rayon, le cercle est entièrement connu et déterminé. Il suffit en effet de faire tourner sur la feuille de papier le rayon CA autour du point fixe ou centre C, ou, tout d'une pièce, le diamètre ACB autour de son point fixe C, pour que ces lignes tracent la surface, pour que les points A ou B décrivent la circonférence du cercle, en revenant, après le tour accompli, dans les positions qu'ils occupaient au départ.

Le rayon ou le diamètre étant donné par sa longueur, soit par exemple le diamètre ACB égal à 1 mètre, l'idée qui vient d'abord à l'esprit est de se demander combien de mètres il y aurait dans la circonférence (ADBEA), ou quelle est la longueur du pourtour du cercle.

Voici le moyen que chacun pourrait employer pour son compte, en vue de résoudre cette question. Prenons un fil de 1m de longueur. Ce fil sera, dans le cas que nous considérons ici, égal au diamètre ACB, que nous avons vu égal à 1m. En partant de A, dans le sens ADBE, et portant le fil sur la circonférence, en le courbant

p. 79

convenablement, nous constaterons que nous pouvons l'y porter 3 fois avant de revenir à notre point de départ A. Nous arrivons ainsi à un point F, et il y a un reste FA pour achever la circonférence entière. Évaluons FA en dixièmes de mètres, ou décimètres. Nous constaterons que nous pouvons encore porter à partir de F, 1 décimètre. Nous arrivons ainsi à un point G, et il y a un reste GA. Évaluant ce reste en centièmes de mètre, ou centimètres, nous verrons que nous pouvons encore porter sur GA, 4 centimètres. En procédant ensuite d'une manière analogue par millimètres, puis, s'il est possible encore, par dixièmes de millimètre, et ainsi de suite, nous trouverons ainsi que la longueur de la circonférence d'un cercle ayant un diamètre de 1m, est égale à

3 mètres + 1 décim. + 4 cent. + 1 millim. + 5 dixièmes de millim. + etc.,

c'est-à-dire, sous forme de nombre décimal, à

3ᵐ,1415…

Si le diamètre du cercle, au lieu d'être égal à 1m, avait été de 2, 3, 4,…, 1000, … mètres, la circonférence aurait été aussi 2, 3, 4, … 1000, … fois plus grande, c'est-à-dire que le rapport de la circonférence au diamètre reste le même, quelle que soit la grandeur du cercle.

p. 80

Puisque, pour un diamètre de 1m, la circonférence vaut 3m, 1415…, il s'ensuit dès lors que le nombre qui représente la circonférence d'un cercle comparée à son diamètre, est

3, 1415…

On désigne ce nombre, ou le rapport de la circonférence au diamètre, par la lettre grecque π, qu'on prononce pi. On a donc

π = 3, 1415……

En poussant la recherche des décimales successives encore plus loin, on aurait

π = 3, 1415926…,

(soit, avec 4 décimales, le nombre pratique 3,1416) ; et on obtiendra la valeur de π d'autant plus exacte qu'on calculera ainsi plus de décimales. La valeur exacte correspond à un nombre infini de décimales ou chiffres successifs.

Le procédé qui précède est un procédé purement matériel et technique. On démontre en mathématique que la valeur de π est donnée, d'une manière théorique qui permet de calculer autant de décimales que l'on veut, par l'expression suivante, due à l'illustre mathématicien Leibniz, savoir

π = 4 × (1 − ⅓ + ⅕ − ⅐ + ...).

p. 81LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

Les fractions ⅓, ⅕, ⅐, ⅑, 1/11, etc., qu'on voit figurer dans cette formule ont pour dénominateurs les nombres impairs successifs 3, 5, 7, 9, 11, etc., et il faudrait les écrire toutes à l'infini. Elles sont marquées alternativement des signes — et + de la soustraction et de l'addition.

Ainsi on obtiendra π, en retranchant de 1 la fraction ⅓, en ajoutant au résultat ⅕, en retranchant du nouveau résultat obtenu ⅐, en ajoutant ⅑, en retranchant 1/11, etc. ; et, cela fait, en multipliant le dernier résultat obtenu par le nombre 4. Plus on aura été loin dans le calcul de 1 — ⅓ + ⅕ — ⅐ + ..., plus la valeur trouvée se rapprochera de π, c'est-à-dire de π = 3,1415926..., et elle donnerait exactement π si on prenait un nombre de fractions ⅓, ⅕, ⅐, ... infini.

Chacun peut s'assurer par lui-même, par un calcul d'arithmétique facile et qui ne donnerait que la peine d'être fort long, que la formule donne bien π = 3,14159...

35. Voyons maintenant quelle relation il y a entre ce nombre

π = 3,14159...

qui exprime le nombre de fois que le diamètre d'un cercle est compris dans sa circonférence, p. 82et les périodes quinquaséculaires de la Bible. On a

π = 3,14159…,

ou

π = 4 × (1 − ⅓ + ⅕ − ⅐ + …) ;

Circonférence = 3,14159… fois le Diamètre,

ou

Circonférence = le Diamètre × 3,14159… ;

et nos Périodes sont :

Périodes quinquaséculaires
{
523 (100ᵉ Nombre Premier
520
528
516
515 (Période physique).
}

Un mot sur l'ordre dans lequel nous venons d'écrire ces périodes :

523, Nombre premier, est la période fondamentale qui mesure le temps d'Adam à Christ [4184 = (2 × 2 × 2) × 523] ; la période 520 a été mise en évidence aussi par la décomposition de 4184 en périodes, ce qui la rapproche de la précédente ; les périodes 528, 516, données respecti- p. 83vement par la première et par la dernière des visions du Livre de Daniel, forment à cause de cela, dans la Bible, un groupe particulier ; les 3 périodes 520, 528, 516, se distinguent d'ailleurs en commun de la période fondamentale 523, en ce qu'elles ne sont pas des Nombres premiers. Quant à 515, cette dernière période a été mise à part par une indication spéciale qui l'a montrée en connexion avec la mesure de l'Année (§ 28).

On va voir que cet ordre de disposition, en lui-même systématique, s'accorde avec l'ordre de déduction théorique que nous avons maintenant à exposer.

36. Période fondamentale 523.

La période 523 est l'entier de la division de

1000 π

par le produit 6 = 1 × 2 × 3 des trois premiers nombres premiers, c'est-à-dire, d'après notre notation antérieure, l'entier de

1000 π
────────────
P₁ × P₂ × P₃

On a en effet

1000 π       3141,59..
──────  =  ──────────  = 523,59…
   6            6

Autrement : p. 84LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

(Fig. 3) La période 523 est égale à la circonférence décrite sur le diamètre

1000     10 × 10 × 10
──── = ────────────────
  6       1 × 2 × 3

[Figure : cercle légendé « (Fig. 3) » au-dessus. Sur l'arc supérieur du cercle sont inscrits, de gauche à droite, les chiffres « 5 », « 2 » (au sommet) et « 3 », composant ensemble le nombre 523. À l'intérieur du cercle, sur la ligne du diamètre horizontal, figure l'inscription « 10 × 10 × 10 / 1 × 2 × 3 » ; les extrémités gauche et droite de ce diamètre sont marquées chacune d'une petite flèche.]

Ce diamètre caractéristique est celui d'une circonférence égale par son nombre entier à 523.

37. Groupe des Périodes 520, 528, 516.

Une fois en possession de la signification de la période fondamentale 523, il est facile de découvrir la manière systématique dont le groupe des 3 autres périodes s'y rattache.

On a

π = 4 ( 1 − ⅓ + ⅕ − ⅐ + ⅑ − 1/11 + … ).

Or on remarque immédiatement que dans cette formule les trois nombres 3, 5, 7, c'est-à-dire les 3 premiers dénominateurs des fractions successives, correspondantes à la suite indéfinie des nombres impairs, désignent un groupe mis à part.

Ces 3 nombres impairs successifs 3, 5, 7, sont en effet aussi 3 Nombres premiers successifs, et leur groupe ternaire est bien mis à part, puisque p. 85le nombre impair suivant, 9 = 3 × 3, n'est plus un nombre premier.

De plus, le nombre 3 est marqué du signe — ; le nombre 5 est marqué du signe + ; le nombre 7 est marqué du signe —.

Ces 3 nombres se présentent ainsi comme mesurant 3 modifications successives à faire subir à la période fondamentale 523, déjà établie.

Or en les appliquant à ce premier nombre fondamental, on trouve

523 — 3 = 520 \
523 + 5 = 528  }
523 — 7 = 516, /

ce qui n'est précisément autre chose que le groupe de nos trois autres périodes.

38. Période 515. Pour nous guider dans la recherche d'une connexion entre cette période et le nombre π = 3,14159…, nous avons déjà, comme nous l'avons vu (§ 29), l'indication particulière de sa relation avec la durée de l'Année. Quant à la valeur même du nombre 515, on a

515 = 5 × 103 = 5 P₂₈,

ou

5 fois le 28ᵉ = (4 × 7)ᵉ Nombre premier. p. 86LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

L'Année est égale à 365 jours plus une fraction de jour égale à environ ¼ de jour, ou plus exactement à 0,242… de jour ; cela donne pour valeur de l'année le nombre

365,242…

De plus l'Année se partage, comme tout le monde le sait, et d'ailleurs d'une manière non pas conventionnelle, mais déterminée au contraire par les lois astronomiques, en 4 Saisons : Printemps, Été, Automne, Hiver ; et l'on a pour valeur moyenne d'une saison

365,242… / 4 = 91,31 …

[Figure : (Fig. 4) — Un carré dans lequel est inscrit un cercle, tangent aux quatre côtés du carré. Aux quatre points de tangence (extrémités des deux axes perpendiculaires du cercle) : A en haut, A à gauche, B à droite, B en bas. Le long de chacun des quatre rayons (du centre à chaque point de tangence) figure la valeur « 91,31 ». Au centre du cercle, un point marqué « 103 · P » avec, en dessous, « 4×7 ».]

Ce partage de l'Année en 4 parties, distinctes les unes des autres, se figure naturellement (Fig. 4) par le tracé d'un carré : chaque côté vaudra 365,242… / 4 = 91,31…, et le pourtour total, 365,242… ou l'Année entière.

Ce carré, que nous appellerons le carré annuel, est donc une figuration de l'Année qui dérive de l'existence des 4 Saisons. p. 87LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU. — 87

Mais chacun sait que ce n'est pas en suivant un carré, mais bien en cercle que le Soleil décrit sa course annuelle autour de la Terre ; d'autre part, l'élément à considérer dans un carré, après son contour ou périmètre, c'est sa surface. (Celle-ci est facile à évaluer. Si, par exemple, l'unité est le mètre, chaque côté valant 91ᵐ,31, cette surface sera, en mètres carrés, 91ᵐ,31 × 91ᵐ,31 = 8337ᵐᶜ,5161).

Nous sommes donc conduits par la combinaison de ces deux idées, — celle du cercle et celle de la surface du carré, — à construire, pour revenir du carré au cercle du Soleil, un cercle ayant la même surface que le carré.

Ce cercle existe et, comme l'indique la figure, il coupe les coins du carré annuel ; (s'il l'entourait, en effet, sa surface serait plus grande que celle du carré, et s'il était intérieur au carré, sa surface serait plus petite).

Supposons ce cercle ABBA construit. Comme nous allons le voir, la période 515 est égale à 5 fois le diamètre AB de ce cercle équivalent au carré.

Sous une autre forme, puisque

515 = 5 × 103,

cela revient à dire que le diamètre AB du cercle p. 88équivalent au carré annuel est égal à 103, c'est-à-dire égal au 28ᵉ = (4 × 7)ⁱᵉᵐᵉ nombre premier, ou à P₄ₓ₇.

En résumé on a :

Période 515 = 5 × AB = 5P₂₈

et

AB = P₂₈ = P₄ₓ₇ = 103.

39. Pour nous assurer qu'il en est ainsi, nous devons savoir mesurer la surface d'un cercle.

[Figure : (Fig. 5) — Un carré abcd (sommets : a en haut à gauche, b en haut à droite, c en bas à gauche, d en bas à droite) circonscrit à un cercle. Le cercle passe par les points D (en haut), B (à droite), E (en bas) et A (à gauche) ; C est le centre, situé sur la droite horizontale A C B, qui matérialise le diamètre AB. Légende : « (Fig. 5) ».]

L'idée la plus simple qui se présente à cet égard, quand on considère (Fig. 5) un cercle ADBE de diamètre AB, c'est de comparer sa face à la surface du carré abcd circonscrit au cercle et dont les côtés sont égaux au diamètre AB.

Si AB est égal à 1ᵐ, 2ᵐ, 3ᵐ, … N mètres, la surface abcd sera égale à 1ᵐ × 1ᵐ = 1ᵐ², 2ᵐ × 2ᵐ = 4ᵐ², … Nᵐ × Nᵐ = N² mètres carrés.

Il est évident que le cercle, étant compris dans p. 89le carré a une surface moindre, c'est-à-dire n'est qu'une fraction de la surface du carré. Un moyen pratique et simple, à la portée de tous, de mesurer cette fraction, serait de découper dans une même feuille de papier un carré et un cercle égaux à ceux de la figure, et de les peser à une balance, ou au pèse-lettre, car les poids sont évidemment, pour le même papier, proportionnels aux surfaces. On trouvera ainsi que le poids du cercle est toujours égal à 0,785… du poids du carré ; que, par exemple, si le carré pèse 100 grammes, le cercle pèse 78 ᵍʳ 5. La surface du cercle ADBE est donc égale à 0,785… de celle du carré abcd, c'est-à-dire du carré construit sur le diamètre du cercle.

Par conséquent, si N est le nombre de mètres qui mesure AB, on aura pour la surface du cercle, en mètres carrés :

Surface ADBE = 0,785… de (N × N)ᵐᵉᵗʳᵉˢ ᶜᵃʳʳᵉˢ.

Mais cette fraction 0,785… n'est autre chose que le ¼ du nombre π = 3,14159… ; car

π/4 = 0,785…,

et on démontre en effet en mathématiques qu'on a bien :

Surface du cercle ADBE = Surf. du carré abcd × ¼π.
p. 90

Comme nous savons, par la formule de Leibniz, que

π = 4 (1 − 1/3 + 1/5 − 1/7 + …),

il s'ensuit que

π/4 = 1 − 1/3 + 1/5 − 1/7 + … ,

et par conséquent que :

Surface du cercle ADBE = Surface du carré abcd × (1 − 1/3 + 1/5 − 1/7 + …).

Cela revient à dire que, prenant un carré abcd dont la surface est connue, par exemple évaluée en mètres carrés, si l'on retranche de cette surface son tiers, puis qu'on ajoute son cinquième, puis qu'on retranche son septième, et ainsi de suite indéfiniment, en suivant la liste des nombres impairs, on obtiendra finalement, en mètres carrés, la surface du cercle inscrit ADBE.

40. Après cette digression nécessaire relative à la mesure de la surface du cercle, revenons à notre objet, savoir à notre étude de la période 515 = 5 × 103. Comme on l'a vu (§ 38), cet objet se réduisait à vérifier que, si on construit un carré de côté

91,31 … = 365,242…/4
p. 91

égal au quart de l'Année 365,242..., le cercle, égal en surface à ce carré, — c'est-à-dire, si l'on prend, toujours pour fixer les idées, le mètre pour unité, le cercle de surface

91ᵐ,31 ... × 91ᵐ,31 ... = 8337ᵐ²,5161 ..., —

a pour diamètre le cinquième 103 de 515, soit donc ici pour diamètre 103ᵐ.

Or effectivement c'est bien 103ᵐ qui mesure en nombre entier de mètres, le diamètre de ce cercle ; car 102 serait trop petit et 104 serait trop grand. C'est ce que montrent les valeurs suivantes de la surface du cercle, calculées pour les diamètres 102, 103, 104, d'après ce que nous avons dit au § 39.

DIAMÈTRESURFACE DU CERCLE
102(102 × 102)ᵐ² × π/4 = 8171ᵐ²,28
103(103 × 103)ᵐ² × π/4 = 8332ᵐ²,29
104(104 × 104)ᵐ² × π/4 = 8494ᵐ²,87
Surface du carré annuel = (365,242/4 × 365,242/4)ᵐ² = 8337ᵐ²,6

103, ou le 28ᵉ Nombre premier, est donc bien, en nombre entier, le diamètre du cercle dont la surface égale celle du carré annuel.

p. 92

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

Voici d'ailleurs avec ses décimales la valeur de ce diamètre :

Diamètre = 103,033.

La valeur correspondante de la période quinquaséculaire est alors :

Période = 5 × 103,033 = 515,165.

Nous verrons plus tard que ces décimales interviennent dans les calculs systématiques de la Bible ; pour le moment nous n'avions qu'à reconnaître la signification de la période 515, donnée d'abord telle quelle par la Chronologie de la Bible en nombre entier d'années.

41. Nous résumerons comme suit, en les réunissant, les résultats précédents.

a) Périodes quinquaséculaires mises en évidence par la Chronologie de la Bible :

Période fondamentale   523
                      ⎧ 516
Périodes              ⎨ 520
prophétiques          ⎩ 528
Période physique       515.
p. 93

b) On a :

Rapport de la circonférence du Cercle au Diamètre ou π = 3,1415926 …

Formule de Leibniz :

π = 4 (1 − 1/3 + 1/5 − 1/7 + 1/9 − 1/11 + etc.)

c) 523 est l'entier obtenu en divisant

1000 fois π

par 6. On a en effet

100 × π / 6 = 1000 × 3,14159… / 6 = 3141,59… / 6 = 523,59 …

d) On a ensuite, au moyen des trois Nombres premiers 3, 5, 7, mis en évidence dans la formule de π :

⎧ 520 = 523 − 3
⎨ 528 = 523 + 5
⎩ 516 = 523 − 7.

e) Période physique 515. On a 515 = 5 × 103, 103 étant le 28ᵉ = (4 × 7)ᵉ Nombre premier.

Si on met (Fig. 6) l'année 365,24… = 4 × 91,31.. en carré ABCD (pour désigner ses 4 saisons), p. 94LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

[Figure : (Fig. 6) — Un carré ABCD (A en haut à gauche, B en haut à droite, D en bas à gauche, C en bas à droite) dans lequel est inscrit un cercle de centre G. Le côté supérieur du carré porte l'indication « 91,31 » ; le côté inférieur porte également « 91,31 ». Une ligne horizontale médiane joint K (milieu du côté gauche) à L (milieu du côté droit) en passant par le centre, coté « 103 = 515/5 » (fraction 515 sur 5), avec la lettre G inscrite juste au-dessous de ce diamètre.]

puis qu'on construise le cercle G dont la surface est égale à la surface ABCD de ce carré annuel, le diamètre KL de ce cercle est égal à 103 = 515/5 ; ou encore, la période 515 est égale à 5 fois le diamètre KL.

Observation. Avec les décimales, on a KL = 103,033 et 5 × KL = 515,165.

Les calculs de la Bible tiennent compte, comme nous le verrons plus tard (XIe Leçon), de ces décimales.

42. Comme tous ces résultats systématiques ne sauraient être l'effet du hasard, nous sommes autorisés à conclure que les périodes quinquaséculaires mises d'emblée en évidence par la Chronologie générale de la Bible (1), et que Daniel p. 95désigne sous le nom générique de temps, reposent sur la mesure mathématique du Cercle, c'est-à-dire sur le célèbre nombre π, rapport de la circonférence au diamètre. A nous se révèle donc, dans la Parole de Dieu, la même Puissance qui a réglé les lois du cours des astres, et une même pensée d'ordre se retrouve dans des ouvrages qui sont de la même main.

Dans la Note placée à la suite de cette Leçon et qui concerne la Terre et la situation de l'Homme dans l'Univers, on voit d'ailleurs que le procédé mis plus haut en œuvre pour déterminer des périodes par la division simple d'un multiple simple de π, est appliqué à ce qui concerne la Terre dans le monde physique astronomique. Si les périodes quinquaséculaires de la Bible ont pour forme type l'expression 1000 π / 6, la Révolution de la Terre en fonction de sa Rotation, c'est-à-dire l'Année, a en effet pour forme l'expression 700 π / 6.

fait d'une semblable portée. La Chronologie biblique sans doute est un fait externe, en lui-même indépendant et univoque. Mais, en tous cas, nous l'avons compulsée et imprimée en dehors de la préoccupation des faits théoriques systématiques qu'elle-même nous révèle aujourd'hui.

p. 96

NOTE DE LA QUATRIÈME LEÇON

REMARQUE SUR LE NOMBRE ENTIER DE TOURS, 366, QUE LA TERRE FAIT SUR SON AXE EN UNE ANNÉE, ET SUR LE CARACTÈRE UNIQUE PROPRE A LA TERRE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE
LA SITUATION DE L'HOMME DANS L'UNIVERS.

Le nombre des jours solaires de l'année est 365 ; c'est le nombre de fois que le soleil passe devant nous à midi en un an. Mais en réalité la Terre a fait dans le même temps sur elle-même 366 tours ou rotations.

Le nombre 365 est en relation avec nos périodes quinquaséculaires.

Il est tout d'abord en relation directe avec la période physique 515 (§ 38).

En outre le système des périodes prophétiques,

   ⎧ 523 ⎫
   ⎪ 516 ⎪
   ⎨ 520 ⎬
   ⎩ 528 ⎭
   2087 = 4 × 521,75 ;

a pour valeur moyenne 521,75 ; or 7 × 521,75 = 3652,25 = 10 × 365,225.

p. 97

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

Quant au nombre 366, il est donné par la forme 700 π / 6. On a en effet :

700 π
────── = 7 × 314,159… / 6 = 7 × 52,359… = 7 × 523,59…/10 = 366,513.
  6

Les périodes quinquaséculaires avaient pour forme type l'expression 1000 π / 6.

Le nombre 366 des rotations de la Terre sur son axe en un an est donc directement déduit de π par le multiplicateur divin 7 et par le même diviseur 6 que les périodes quinquaséculaires.

Or la Terre est la seule planète du système solaire pour laquelle cela a lieu. Elle est donc désignée dans ce système par un signe intentionnel divin. C'est ce que fait voir le tableau suivant.

PLANÈTES.Nombre entier de rotations de la Planète contenues dans sa révolution autour du Soleil, c'est-à-dire dans son année.
Mercure* . .87
Vénus* . .230(Nombre théorique entier)
Terre . .366 . . .(700 π / 6) = 366.
Mars . .669
Jupiter . .10477
Saturne . .25213
(Non visibles à l'œil humain.) Uranus** . .(64987)
Neptune** . .(131702)

(*) Si d'après d'autres observations on admettait l'égalité de la rotation et de la révolution, les nombres du tableau seraient égaux à à l'unité.

(**) Rotations estimées par induction.

p. 98

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

Entre toutes les planètes du système, la Terre, ou la troisième planète, (3 étant le signe de la Trinité) se trouvant ainsi repérée, envisageons maintenant sa situation et celle de l'Homme dans l'ensemble de la Création.

Comme il a fait remarquer il y a quelques années (1) un illustre naturaliste, Wallace, dans l'ordre historique le collaborateur de Darwin, l'Homme est, en fait, au centre de l'univers astronomique tel que la science la plus positive nous le faut aujourd'hui connaître.

Suivons les vicissitudes qui ont présidé à l'acquisition de ce grand résultat, concernant la situation élective de l'Homme.

À s'instruire d'après les apparences immédiates, la Terre et l'Homme sont. pour le simple observateur terrestre, au centre de l'Univers. Le ciel entier en effet, Soleil, Lune, Planètes, Etoiles tourne autour de lui dans une sphère au centre de laquelle il se trouve placé.

Cet observateur pouvait d'après cela se croire d'abord immobile au centre de tout. La mesure des mouvements et des distances lui a cependant démontré par la suite que la Terre est, dans le p. 99système solaire, une planète qui tourne autour du Soleil, en même temps que d'autres planètes.

Nous venons de reconnaître qu'elle a dans cette collectivité une désignation providentielle unique. Néanmoins, l'Homme, que l'Écriture présente comme le Chef de la Création, était détrôné, par cette découverte d'une subordination de la Terre, de sa situation apparemment centrale. Un argument s'en est tiré contre le Christianisme ; argument sans nul doute à courte vue dans le point de vue spirituel, puisqu'il n'y a rationnellement aucune connexion nécessaire entre l'ordre de la grandeur physique et l'ordre surnaturel de la « Charité » (1) ; difficulté néanmoins et obstacle à vaincre, pour qui, cherchant la synthèse et l'unité dans l'œuvre de Dieu, trouve plus naturel de voir se révéler le couronnement de cette œuvre en un centre géométrique qu'elle environne de sa splendeur.

Les progrès prochains de la science n'étaient d'ailleurs pas faits pour rassurer cet esprit d'ordre de l'homme croyant.

Si la Terre n'est qu'un grain de poussière perdu dans l'immensité, et que seule maintient dans une étroite orbite l'attraction du Soleil, le Soleil p. 100LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

lui-même n'est qu'une Etoile, c'est-à-dire un point lumineux perdu dans le groupe dispersé d'une multitude d'autres. C'est cette multitude que nous contemplons dans le cours des nuits, brillante au Firmament.

Attendons cependant les observations ultérieures.

Tout ce groupe ou amas d'Etoiles qui constitue notre Ciel Etoilé et au sein duquel, avec notre Soleil, nous nous trouvons ainsi placés, occupe lui-même un certain lieu dans l'Espace infini. Quelle est la forme générale que ce groupe immense affecte, c'est-a-dire la forme sous laquelle le verrait un observateur placé, en dehors de lui, dans cet Espace infini, à une distance suffisamment grande pour l'embrasser tout entier dans sa vue extérieure ? La question, qui ne peut être résolue par nous de cette manière directe, puisque nous sommes placés à l'intérieur de l'amas étoilé dont il s'agit, peut l'être cependant d'une manière tout aussi sûre, quoique médiate, par d'autres observations.

Les choses en effet sont arrangées de telle sorte que notre amas d'étoiles dessine lui-même pour nous, par les apparences lumineuses qu'il offre à tout œil humain placé à son intérieur, la forme qu'il revêt extérieurement.

Voici comment cela se fait. Tout le monde connaît et a pu admirer pendant les belles nuits, l'an- p. 101neau vaporeux qu'on appelle la Voie Lactée, et qui fait le tour du ciel, comme à travers les Etoiles. On a pu croire tout d'abord que cet anneau vaporeux, d'accord avec son apparence, était effectivement formé d'une vapeur ou nébulosité. Mais en réalité il n'en est pas ainsi. Dans les forts instruments la Voie Lactée se révèle formée d'une multitude d'étoiles, aussi distinctes les unes des autres que toutes les autres étoiles du ciel. Si toutes ses étoiles ensemble paraissent à notre œil former un tout continu et de teinte uniforme, c'est par un simple effet de perspective qui, en les accumulant sur notre rayon visuel dans cette région circulaire du ciel, juxtapose et fait se rejoindre leurs images individuelles étalées sur notre rétine. Une analogie est offerte ici par l'image d'une forêt. Quand la forêt est vue de très loin, ses arbres se confondent dans un tout unique et continu; qu'on se rapproche cependant, qu'on pénètre dans cette forêt : on se trouve en présence d'objets distincts, séparés dans l'espace qu'ils occupent par des intervalles considérables.

Quelle synthèse évoque donc le fait de la Voie Lactée ? Il signifie que tout autour de nous (Fig. 7), dans le plan HACBH d'un grand cercle de la Sphère, qu'elle détermine et dans lequel nous sommes placés, les étoiles se trouvent accumulées. Dans la direction perpendiculaire CF, p. 102CG au contraire, il y a le moindre nombre d'étoiles visibles ; enfin si, dans diverses directions inclinées sur la Voie Lactée AB,—soient CD′ CD″ CE′ CE″ — on compte les nombres d'étoiles visibles (par exemple si on compte leur nombre sur une même surface de la sphère, surface prise pour unité, ce nombre représentant ce qu'on appelle la densité du ciel en étoiles), on trouve que depuis les deux minimums d'étoiles aux pôles D, E de la Voie Lactée, jusque dans le plan ACB de cette Voie Lactée où le nombre des étoiles est maximum, ce nombre, ou densité, est graduellement croissant. Tout l'amas d'étoiles de notre firmament forme donc un ensemble systématique ayant pour plan fondamental de symétrie la Voie Lactée,

(Fig. 7).

[Figure : Figure 7. Diagramme en étoile à rayons multiples issus d'un point central C. Un axe vertical passe par C, marqué F en haut et G en bas. Un axe horizontal H—H traverse la figure de part et d'autre de C, coupant une figure en forme de lentille (amande), symbolisant la Voie Lactée vue par la tranche, en ses deux sommets A (à gauche) et B (à droite). De C partent de nombreuses droites obliques qui coupent l'arc supérieur de la lentille (du côté de F) aux points, de gauche à droite, D″, D′, D, D′, D″, et qui coupent symétriquement l'arc inférieur (du côté de G) aux points E″, E′, E, E′, E″. Ces droites obliques correspondent aux directions CD′, CD″, CE′, CE″ citées dans le texte, D et E étant les pôles de la Voie Lactée.]

p. 103

— et la conception la plus naturelle de cet ensemble c'est qu'il est allongé tout autour de nous suivant le plan de cette Voie Lactée où notre rayon visuel y traverse une épaisseur d'étoiles maximum, aplati au contraire dans la direction perpendiculaire à ce plan, de manière que l'œil n'y rencontre qu'un minimum de ces étoiles.

La forme simple qui correspond à cette distribution est, comme l'indique la Figure 7, la forme lenticulaire ABDE.

Voilà ce qui a lieu. Mais une conséquence capitale en découle qui fixe immédiatement notre attention ; c'est que le seul fait de l'apparence sous laquelle se présente à nous la Voie Lactée prouve que nous sommes au centre de cet immense système de mondes suspendu sur le néant.

Pour qu'en effet nous voyions la Voie Lactée AB sous l'aspect de ce grand cercle nébuleux qui fait autour de nous le tour du ciel, il faut que nous soyons dans le plan AB de ce cercle ; et pour qu'il nous apparaisse, comme cela a lieu, égal tout autour de nous, il faut que nous soyons en sa partie centrale C. L'observateur, par exemple, qui serait placé en A ou en B pour prendre des cas extrêmes, ne verrait l'amas d'étoiles ADBE que d'un seul côté du ciel, et la nébulosité apparente de la Voie Lactée que dans une seule direction, et non pas, comme cela a lieu pour nous,

p. 104

tout autour de lui. L'égalité des apparences en tous sens n'a lieu qu'en C.

La Science positive nous conduit donc aujourd'hui à constater que nous sommes au centre de notre Univers d'étoiles ; et si un peu d'observation, réduite d'abord au système solaire, nous avait d'abord éloignés du point de vue externe immédiat de la Révélation, plus d'observation nous y ramène.

Mais là ne se borne pas l'enseignement de l'observation de l'Univers ; en étendant son champ d'exploration cette observation va donner à notre conclusion une ampleur plus imposante encore et plus inattendue. Ce champ d'exploration du ciel est celui des Nébuleuses.

Lorsque prolongeant la vision au moyen de puissants instruments au delà de la sphère des étoiles de notre amas ADBE, on sonde, bien en dehors de cet amas, les profondeurs immensurables de l'Espace, on les trouve parsemées, comme si de prodigieuses gouttes de matière y avaient été jetées, d'amas nébuleux.

Les uns ne sont, comme notre propre groupe stellaire, que des amas d'étoiles distinctes les unes des autres, et qui ne donnent lieu à l'apparence laiteuse continue de leur ensemble que par l'accumulation de leurs lumières individuelles

p. 105

juxtaposées dans l'éloignement ; les autres au contraire paraissent exister à l'état nébuleux (vaporeux) proprement dit. Ces divers amas ou Nébuleuses affectent des formes variées, soit circulaires, soit en spirale, soit lenticulaires, etc.

On est dès lors conduit à la conception suivante :

Notre propre amas lenticulaire d'étoiles n'est lui-même dans l'Espace infini qu'une Nébuleuse ; il est perdu dans cet espace au sein d'une multitude d'autres amas analogues ; de telle sorte qu'un observateur placé dans l'un de ces amas extérieurs et sondant l'Espace à travers les étoiles de son propre ciel étoilé (formé par les étoiles de la Nébuleuse-amas d'étoiles dont il fait lui-même partie), apercevrait notre propre Amas comme une Nébuleuse de forme aplatie lenticulaire, perdue pour lui aussi au fond de son ciel, dans les profondeurs inaccessibles de l'Étendue.

Mais que devient, dans cette conception plus large encore de la construction des Cieux, notre première conclusion relative à la situation centrale de l'Homme dans l'Univers ? A première vue on pourrait penser que si cette situation est centrale dans notre propre amas d'étoiles, la situation de cet amas lui-même dans l'ensemble

p. 106

de tous les autres est quelconque et ne présentera plus rien de systématique. Or l'observation positive dément de nouveau cette induction de notre esprit, toujours enclin, dans les errements actuels des idées, à supposer, quand il s'agit de l'Homme, le caractère fortuit et sans finalité particulière des données qui le concernent dans le plan total de l'Univers. Cette observation montre en effet, et tout au contraire, que notre propre amas d'étoiles ABDE occupe au sein de toutes les Nébuleuses qui peuplent l'Espace une situation unique ; c'est-à-dire que tout l'ensemble de ces Nébuleuses est ordonné géométriquement, quant à sa distribution dans l'Espace, par rapport à notre propre Nébuleuse, c'est-à-dire par rapport à son plan fondamental HABH, ou à la Voie Lactée, et aux pôles F, G de la Voie Lactée. Le caractère le plus général de cette distribution, celui qui la définit d'abord, c'est que le nombre des nébuleuses proprement dites est maximum dans la direction CF, CG, des pôles de la Voie Lactée, c'est-à-dire dans la direction perpendiculaire au plan de la Voie Lactée, et va à partir de là en diminuant, pour atteindre son minimum tout autour de nous dans le plan HH de la Voie Lactée ; et que pour les Nébuleuses-amas d'Étoiles, le nombre maximum est au contraire

p. 107

dans la Voie Lactée, et le minimum dans la région de ses pôles (1).

Concluons : d'après ce que la Science la plus positive a établi aujourd'hui par la seule observation des faits, l'Homme, conformément à l'interprétation la plus naturelle, et la plus satisfaisante aussi pour notre esprit, de la Révélation, est au centre de l'Univers physique, de même qu'il est à la fois le centre et le couronnement de la Création dans l'ordre spirituel.

Observation. Ce qui précède est assurément une des plus belles illustrations de cette déclaration de la Parole : « Les Cieux racontent la gloire

(1) Voir : Flammarion, Astronomie populaire, Liv. 6, Ch. X, (p. 831) ; Paris 1890. — Ch. André, Traité d'Astronomie stellaire, Ch. XXI, §§ 511 et 512 ; Paris 1900. Voici dans ce dernier ouvrage, donnée par le tableau à la fin du § 511, la densité du ciel en Amas et Nébuleuses.

                        | Nombre d'Amas       | Nombre de Nébuleuses
                        | par unité de surface | par unité de surface
Nord de la Voie lactée  |        2,4           |        13
Voie lactée             |        9,5           |        2,4
Sud de la Voie lactée   |        1,4           |        10

Le lecteur ne peut mieux faire pour se rendre compte de la solidité de nos conclusions que de prendre connaissance des critiques par lesquelles on a tenté de les éviter. Voir par exemple : Bull. de la Société Astronomique de France, Juin 1903, p. 260. C. Flammarion. La Terre et l'Homme dans l'Univers ; où l'auteur confirme explicitement tous les faits que nous citons, faits qui emportent la conclusion.

p. 108

» de Dieu, et l'Étendue donne à connaître l'ouvrage de ses mains » (Ps. XIX, 1), car cette déclaration a moins pour objet d'évoquer l'impression idéale qui réside dans la vue du ciel que la connaissance positive de la Création.

Il est une certaine tendance piétiste qui affecte de considérer la Science proprement dite comme un élément étranger, en quelque sorte comme un trouble-fête, dans l'étude et la compréhension utile de la Parole de Dieu ; mais cette tendance dissimule, sous les apparences de la piété (II Tim. III, 5), la vanité de l'ignorance ; et il n'est pas inutile de prémunir contre elle les croyants qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.

Si « par l'intelligence l'Éternel a construit les cieux » (Prov. III, 19), ce n'est pas un luxe, c'est un devoir chrétien que de chercher de toute la force de notre intelligence à comprendre l'œuvre de Dieu. Il nous est commandé, — c'est le premier et le plus grand commandement, — d'aimer l'Éternel non seulement « de tout notre cœur, et » de toute notre âme » mais aussi « de toute notre » pensée » (Matt. XXII, 37) (1).

C'est à cause de cela que la Science commande

(1) Ce sujet mériterait d'être développé dans la prédication.

p. 109

toute la reconnaissance des défenseurs de Jésus-Christ.

Si les résultats que nous venons de signaler ont frappé quelques esprits et ont fait du bien à quelques âmes, il importe en effet de savoir que, pour les acquérir, il a fallu des siècles de pensée mathématique ; et, conduit par cette pensée, après des essais de tout genre, le labeur écrasant des observations précises. Il a fallu en effet pour cela Copernic, Képler, Newton, la Mécanique céleste, la Géodésie ; et, pour sonder enfin les cieux et découvrir les Nébuleuses, la théorie de l'Optique mise au service des merveilleux instruments d'Herschel. Tout cela ne serait-il pas aussi l'œuvre de Dieu !

L'avertissement que nous formulons ici au sujet de l'étude du Ciel physique, où tout est réglé d'après les lois des nombres, s'applique non moins bien, et sans doute, vu la tendance piétiste hostile que nous signalions et sur le terrain de laquelle nous pénétrons ici encore plus délibérément, d'une manière plus nécessaire encore, à l'étude de la Bible elle-même, pour ceux qui la considèrent comme la Parole de Dieu. Là non plus on ne peut empêcher qu'en fait ce Livre soit tout entier une œuvre extérieure de nombre ; c'est aussi par l'Intelligence que l'Eternel l'a

p. 110

ainsi construit ; et si nos esprits sont d'accord avec nos lèvres quand celles-ci l'appellent la « Parole de Dieu », il ne nous est pas plus permis de mépriser l'ordonnance numérique qui forme en quelque sorte l'ossature ou le corps géométrique de cette Ecriture, que de fermer les yeux, devant le Firmament, à la distribution géométrique des Etoiles.

Sur la Loi quadrangulaire du relief de la Terre.

Non seulement la situation de l'Homme est centrale dans l'Univers, mais, sur la Terre elle-même, l'apparition de l'Homme et le développement du principe spirituel dont il est le dépositaire dans la Création, occupent une situation centrale. C'est ce qu'établissent les caractères systématiques de la distribution des continents, ou de la partie habitable de la surface terrestre, caractères qui définissent la loi du relief de la Terre.

D'accord avec les indications de la Bible elle-même, qui conçoit la Terre d'après le type quadrangulaire (voyez à cet égard les passages de la Bible : Ezéchiel VII, 2 et Apoc. VII, 1 sur les « quatre coins de la Terre »), la loi dont il s'agit existe en effet, et peut être appelée la Loi quadrangulaire du relief. Voici, sous une forme con-

p. 111

crête simple, en quoi elle consiste. Supposons un observateur situé à l'intérieur de la Terre, placé suivant l'axe des pôles la tête vers le Pôle Nord, et regardant, du côté de l'ensemble continental Europe-Afrique, le Méridien central qui constitue l'Axe Européen-Africain. S'il étend les bras, son bras gauche sera dirigé vers le détroit de la Sonde, c'est-à-dire sur le centre de l'S méridien formé par le continent Asiatique-Australien, et son bras droit vers l'Isthme de Panama, c'est-à-dire sur le centre de l'S méridien formé par le continent double Américain ; l'Isthme de Panama et le Détroit de la Sonde sont en effet sur la surface de la Terre exactement à 180° de longitude l'un de l'autre, et chacun d'eux est à 90° de l'axe central de l'Europe-Afrique.

En arrière de notre observateur se trouve l'hémisphère aqueux constitué par l'immense étendue de l'Océan Pacifique ; cette étendue a pour axe (cette ligne correspondrait dans notre figuration à l'épine dorsale de l'observateur), le méridien qui traverse, à l'opposite de l'Europe, entre l'Amérique et l'Asie, le Détroit de Behring. Les contours de ces deux derniers continents sont symétriques par rapport à cet axe.

Or il résulte de tout cela que l'Axe Européen-Africain est l'Axe de symétrie de tout le systè-

p. 112

me du relief de la Terre, lequel se trouve ordonné, comme on vient de le voir, par rapport à deux plans méridiens à angle droit ; et puisque sur la Terre la plage géographique qui s'étend en longitude de l'antique Chaldée aux Iles Britanniques, de Babylone à Londres, — plage qui a été et est encore ce qu'on peut appeler dans l'Histoire de l'Humanité, le foyer de la civilisation, le lieu d'où, par l'influence de l'Esprit, cette civilisation a rayonné sur le reste du monde, — a elle-même pour axe cet axe méridien de l'Europe et de la Terre, il s'ensuit que sur notre Globe aussi, pris isolément, l'Homme et le Christ ont été placés au centre du système géométrique qui le constitue.

p. 113

CINQUIÈME LEÇON

VÉRIFICATION DE LA CHRONOLOGIE PRÉCÉDENTE, D'ADAM A JÉSUS-CHRIST, PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE LA BIBLE.

43. Ce qui précède a consisté dans l'établissement de la Chronologie biblique d'Adam à l'Ere chrétienne, par l'addition des durées successives mentionnées dans l'Ancien Testament et dont l'ensemble constitue cette étendue du temps. Les nombres ainsi obtenus, nombres qui rapportent les événements à l'Ere chrétienne ou à la Naissance de Jésus-Christ, ont ensuite mis en évidence, dans la construction de cette chronologie, des traits systématiques intentionnels. Une connexion intime avec les lois de la science mathématique démontre avec certitude leur caractère révélé.

Nous avons maintenant à signaler des traits particuliers de vérification, donnés toujours par la Bible, et qui ont pour objet de confirmer encore l'exactitude et le caractère inspiré de cette chronologie.

p. 114

44. Les 777 ans d'Esaïe. Celui que nous avons tout d'abord à mentionner se manifeste en tête du groupe des Livres prophétiques proprement dits de l'Ancien Testament, c'est-à-dire dans le Livre d'Esaïe ; il a rapport à la première date historique citée dans ce Livre, date qui inaugure par conséquent le système des nombres chronologiques de tout le groupe des prophètes.

Cette date est indiquée en Esaïe VI, 1-3. On y lit :

« L'année en laquelle mourut le roi Hosias, je vis le Seigneur séant sur un trône haut et élevé… Les Séraphins se tenaient au-dessus de lui… Et ils criaient l'un à l'autre et disaient : Saint, Saint, Saint est l'Eternel des armées !… »

La suite du Chapitre VI et le Chapitre VII présentent cette vision comme l'introduction d'une vue sur les temps à venir, vue qui annonce la Naissance de Christ (VII, 14). « … Voici, une Vierge sera enceinte, et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel (Dieu avec nous) ».

Le fait de nombre que nous avons à considérer ici consiste dans la connexion entre la dernière année d'Hosias et la triple répétition « Saint, Saint, Saint » du mot Saint par les Séraphins qui proclament la gloire de l'Eternel trois fois saint.

7 est le chiffre divin. Les mots Saint Saint p. 115 Saint, qui désignent la Sainte Trinité, ont donc pour figuration arithmétique le nombre (1)

777,

et ce nombre divin est d'autant plus expressif que l'Ecriture désigne expressément par le nombre

666

l'esprit du Faux Prophète, ou le divin corrompu par l'humain.

APOC. XIII, 18. — C'est ici qu'est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six.

Puisque le Prophète contemple devant lui les temps jusqu'à Christ, il semble que ces 777 désignent les 777 ans qu'il a devant lui jusqu'à la naissance du Sauveur. Il s'ensuivrait que l'année où il se trouve ou qu'il termine à l'origine

(1) On a demandé pourquoi je juxtapose les 7 dans la notation chiffrée de la Trinité (Saint, Saint, Saint), au lieu de les totaliser, soit donc pourquoi 777 au lieu de 21. Je réponds 1°) que 777 est en correspondance directe de signe avec Saint Saint Saint ; 2°) que l'addition 21 non seulement constitue une opération non indiquée, mais qu'elle fait disparaître le signe de la figuration ; 3°) enfin que le signe 777 est indiqué en nombre par l'Écriture elle-même, dans l'analogie du nombre 666.

p. 116

de ces 777 ans, c'est-à-dire la dernière année du roi Hosias, est l'an — 778.

Cela considéré, calculons d'autre part dans notre Chronologie, établie indépendamment de tout ceci, la dernière année d'Hosias, ou encore le temps qui s'écoule entre sa mort et la naissance de Jésus.

La 1re année des rois de Juda, c'est-à-dire la 1re année de Roboam, est

— 999

(autre signe de répétition des chiffres, qui est à rapprocher de ce qui précède).

On a ensuite pour la somme des règnes, de Roboam à Hosias :

Roboam . . . . . . . . . . . .    17
Abijam . . . . . . . . . . . .     3
Asa . . . . . . . . . . . . .     41
Josaphat . . . . . . . . . .      25
Joram . . . . . . . . . . . .      8
Achazia . . . . . . . . . . .      1
Athalie . . . . . . . . . . .      6
Joas . . . . . . . . . . . . .    40
Amatsia . . . . . . . . . . .     29
Hazaria ou Hosias . . . . . . .   52
                                 ───
Somme des règnes . . . . . . =   222

(nombre à triple répétition de chiffres, de nouveau significative).

p. 117

On a donc :

1re année des Rois de Juda  . . . . . .  — 999
Somme des règnes de Roboam à Hosias . . .  — 222

1re année après la dernière — 778 du roi  Hosias — 777
Intervalle entre l'année origine mentionnée par
   la Prophétie, et la Naissance de Christ . . .   777.

Ce résultat, par sa précision et après tout ce qui a été dit, constitue une preuve admirable et qui se passe de commentaires.

Il en résulte aussi, ceci est fort important, que, sans aucun recours à l'histoire profane, puisque la chronologie biblique se suit sans interruption d'Adam à Hosias la Bible établit tous les temps historiques d'Adam à Christ ; et puisqu'il en est de même d'Hosias à l'Edit de Cyrus, qu'elle-même fait connaître, pour cet Edit, la date historique, autrement enseignée déjà, — 536 de cet Edit.

45. Les 70 Semaines de Daniel. Le second point que nous voulons signaler est ce qui, dans la prophétie des 70 semaines, prophétie célèbre et connue de tous les lecteurs de la Bible, concerne les temps de Cyrus à Jésus-Christ, et y comble les lacunes apparentes de la Chronologie. Suivons d'abord les termes de cette prophétie.

On lit dans le Chapitre IX de Daniel, que Daniel étant arrivé à une certaine année qu'il appelle la 1re année de Darius le Mède, (l'oncle de Cyrus, qui avec lui avait pris Babylone),

p. 118

DAN. IX, 1. — La 1re année de Darius, fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, qui avait été établi sur le royaume des Caldéens.

et sachant par le livre de Jérémie

DAN. IX, 2. — La 1re année, dis-je, de son règne, moi, Daniel, ayant entendu par les livres que le nombre des années duquel l'Eternel avait parlé au prophète Jérémie pour finir les désolations de Jérusalem, était de septante ans.

JÉR. XXV, 11, 12. — Et tout ce pays sera une ruine, un désert ; et ces nations seront asservies au roi de Babylone pendant soixante et dix ans. Et il arrivera, quand les soixante et dix ans seront accomplis, que je punirai le roi de Babylone et cette nation, dit l'Éternel, à cause de leurs iniquités ; je punirai le pays des Caldéens, je le réduirai en des désolations éternelles.

JÉR. XXIX, 10. — Car ainsi a dit l'Éternel : Dès que soixante et dix ans seront accomplis pour Babylone, je vous visiterai, et j'accomplirai ma bonne parole à votre égard, pour vous faire retourner en ce lieu.

que la Captivité de Juda à Babylone devait prendre fin au bout de 70 ans de cette Captivité, prie le Seigneur d'avoir en effet pitié de son peuple et d'accomplir sa promesse.

Après avoir remonté dans ses supplications l'histoire du Peuple élu jusqu'à Moïse et la sortie d'Égypte,

p. 119

DAN. IX, 11, 15. — Tout Israël a transgressé ta loi, et s'est détourné pour ne point écouter ta voix. Et la malédiction et les serments, qui sont écrits dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, ont fondu sur nous, parce que nous avons péché contre lui.
Or maintenant, Seigneur notre Dieu, qui as tiré ton peuple du pays d'Égypte par ta main puissante, et qui t'es acquis un nom tel qu'il est aujourd'hui, nous avons péché, nous avons agi méchamment !

il demande à Dieu la reconstruction du Temple de Jérusalem (ton sanctuaire qui est désolé).

DAN. IX, 17. — Et maintenant écoute, ô notre Dieu ! la requête de ton serviteur et ses supplications ; et, pour l'amour du Seigneur, fais luire ta face sur ton sanctuaire désolé.

D'ailleurs les temps sont là, et le temps presse ; (verset 19) « Seigneur, exauce ; Seigneur, pardonne ; Seigneur, sois attentif et opère : à cause de toi-même, ô mon Dieu, ne tarde point,… ». C'est à cette prière qu'il est effectivement répondu par l'Édit de Cyrus, — 536.

ESD. I, 1, 2. — La première année du règne de Cyrus, roi de Perse, afin que la parole de l'Éternel, prononcée par Jérémie fût accomplie, l'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit publier par tout son royaume, et même par écrit, un édit portant : Ainsi a dit Cyrus, roi de Perse : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et lui-même m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda.

L'Histoire place la prise de Babylone 2 ans avant l'Édit de Cyrus, soit en — 538. Cyaxare ou

p. 120

Darius le Mède, oncle de Cyrus, règne d'abord seul ou avec lui, et Cyrus est seul roi en — 536, qui est ainsi la 1re année de son règne. Comme le règne de Darius le Mède commence après la prise de Babylone (— 538), la 1re année de son règne ne peut être que — 538 ou — 537.

Ces dates s'accordent entièrement avec le caractère pressant de la prière de Daniel, évidemment placé à la limite des 70 années de captivité et lorsque le moment d'agir, annoncé par le changement de la situation politique, est venu pour l'Eternel : (19) « A cause de toi-même, ô mon Dieu, ne tarde point,… ».

C'est dans ces circonstances que la Parole de Dieu, sortie dès le commencement des supplications de Daniel,

DAN. IX, 23. — Lorsque tu commençais à prier, la parole est sortie et je suis venu te l'annoncer, parce que tu es un bien-aimé ; fais donc attention à la parole, et comprends la vision.

lui est déclarée par un envoyé, Gabriel,

DAN. IX, 21. — je parlais encore dans ma prière, quand cet homme, Gabriel, que j'avais vu en vision auparavant, vint à moi d'un vol rapide vers le temps de l'oblation du soir.

au temps de l'oblation du soir (cette dernière désignation de temps est l'un des principaux élé-

p. 121

ments de la vérification chronologique que nous préparons ici, et nous en verrons plus loin le sens) (§ 47). Voici cette déclaration :

DAN. IX, 24-27. — Soixante et dix semaines sont déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour enfermer la rébellion, pour sceller les péchés, pour expier l'iniquité, pour amener la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le Saint des saints. Sache-le donc et comprends : depuis l'émission de la parole ordonnant de retourner et de rebâtir Jérusalem, jusqu'au Christ, le Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines : les places et les fossés seront rétablis, mais en un temps fâcheux. Et après les soixante-deux semaines, le Christ sera retranché, et non pour lui. Et le peuple d'un conducteur qui viendra, détruira la ville et le sanctuaire, et la fin en sera avec ce débordement ; les désolations sont déterminées jusqu'au terme de la guerre. Il confirmera l'alliance avec plusieurs pendant une semaine ; et, à la moitié de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l'oblation ; et sur l'aile des abominations viendra le désolateur, jusqu'à ce que la ruine qui a été déterminée fonde sur le désolé.

(24) « Il y a 70 semaines déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte… » ; (25) « … depuis que la parole sera sortie… pour rebâtir Jérusalem, jusqu'au Christ (Oint) conducteur », « il y a 7 semaines et 62 semaines,… » ; (26) « … après ces 62 semaines, le Christ sera retranché, et non pas pour soi… » ; (27) « … il confirmera l'alliance à plusieurs en une semaine, et à la moitié de cette semaine il fera cesser le sacrifice et l'oblation ;… ».

p. 122

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

Voyons d'abord comment ces nombres font connaître la date de l'Edit d'Artaxerxès.

Les semaines dont il est ici question ne peuvent être, par la nature même du sujet, que des semaines d'années. L'ordre de rebâtir Jérusalem est donné par Artaxerxès (Longuemain) la 20e année de son règne.

NÉH. II, 1, 5, 8. — Et il arriva, au mois de Nissan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, que je pris le vin et le présentai au roi. Or, devant lui, je n'étais jamais triste. Alors, je priai le Dieu des cieux ; puis je dis au roi : Si le roi te trouve bon, et si ton serviteur t'est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville des tombeaux de mes pères, pour la rebâtir… et des lettres pour Asaph, le garde du parc du roi, afin qu'il me donne du bois pour la charpente des portes de la forteresse, attenant à la maison de Dieu, pour les murailles de la ville et pour la maison dans laquelle j'entrerai. Et le roi me l'accorda selon que la bonne main de mon Dieu était sur moi.

Daniel nous dit donc que depuis la 20e année du règne d'Artaxerxès jusqu'à l'entrée de Christ dans son Ministère (comme Conducteur), c'est-à-dire jusqu'à l'an +30 après l'Ere chrétienne,

LUC. III, 23. — Et Jésus était alors âgé d'environ trente ans.

il y a :

7 + 62 semaines, c'est-à-dire 69 semaines d'années, ou
69 × 7 = 483 ans.
p. 123

En reculant dans le passé de 483 ans à partir de + 30, on doit d'abord compter 30 ans, ce qui conduit l'Ere chrétienne, et il reste 483—30 = 453 ans à compter dans le passé à partir de cette ère. D'après les nombres de Daniel, on a donc pour la 20e année, ou pour l'Edit d'Artaxerxès :

453.

46. Cette date confirme certaines données de l'Histoire profane, et est réciproquement confirmée par elles. Voici comment. Les Grecs comptaient le temps par des espaces de quatre ans appelés Olympiades. L'origine des Olympiades, c'est-à-dire la 1re année de la première Olympiade, est l'année

—776 ;

la 2e année de la 1re Olympiade est — 775 ; la 3e, — 774 ; la 4e, — 773. Alors commence la 2e Olympiade, dont la 1re année est — 772, la 2e — 771, etc. ; et ainsi de suite. Or, d'après Thucydide (Guerre du Péloponèse, Livre I, § 137), c'est tout au commencement du règne d'Artaxerxès que Thémistocle, banni et quittant la Grèce, écrivit à ce roi. D'autre part la Chronique d'Eusèbe assigne à ce bannissement de Thémistocle la dernière année de la 76e Olympiade. Il

p. 124

suit donc de ces données comparées d'Eusèbe et de Thucydide que le commencement du règne d'Artaxerxès Longuemain est situé vers la fin de la 76e Olympiade.

76 Olympiades valent 4 × 76 = 304. En retranchant cette durée de 776, on a 776 — 304 = 472 ; d'où pour la 1re année de la 77e Olympiade,

— 472 ;

ou, pour la dernière année de la 76e Olympiade,

— 473.

C'est donc là, en suivant Thucydide et Eusèbe, qu'il faut placer la 1re année du règne d'Artaxerxès.

Mais si on a

1re année du règne = — 473, — 472,
on a : 20e année du règne = — 454, — 453,

ce qui est précisément la détermination fournie plus haut par les nombres de Daniel et par l'âge de 30 ans assigné par Luc à l'entrée de Jésus dans son Ministère.

Si cette concordance de résultats est intéressante, ce qui précède a cependant pour plus grande utilité de faire saisir l'immense différence qui existe, au point de vue de la certitude,

p. 125 entre les voies très différentes qui s'y rencontrent aussi heureusement. L'une des voies, ou ce qu'on appelle l'Histoire, n'a, dans ces siècles éloignés, d'autre appui et d'autre point de départ que des témoignages isolés, dont les erreurs individuelles peuvent se reporter tout entières sur les résultats. L'autre, celle de la Bible, consiste à montrer que les faits sont enchâssés dans un système, dont chacun des traits intentionnels, à mesure qu'ils se découvrent, devient un nouveau témoin de l'autorité du tout ; et c'est cette autorité du tout qui se transporte alors, en les revêtant, aux faits individuels eux-mêmes.

On pourrait assez bien comparer ces deux modes de preuves à la démonstration d'une proposition complexe de géométrie : d'une part par des mesures directes que quelqu'un, par occasion, aurait faites sur la figure ; de l'autre par une déduction suivie montrant que cette proposition est une conséquence nécessaire dans le corps intégrant de toutes les autres propositions déjà établies. Il est évident que la certitude serait plus grande, elle serait d'un tout autre ordre, dans ce second cas que dans le premier.

47. Revenons à notre sujet. On vient de constater que l'Écriture, en partant de l'an + 30, et en p. 126 remontant de 69 semaines de Daniel dans le passé, fait connaître la date

— 453

de l'Édit d'Artaxerxès concernant la reconstruction de la ville de Jérusalem.

D'autre part, nous avons vu dès le commencement de notre étude chronologique, que la Bible donne, par une suite ininterrompue d'années, le temps qui s'écoule d'Adam à l'Édit de Cyrus concernant la reconstruction du Temple.

Tous les temps, d'Adam à Christ, seraient donc connus si l'Écriture nous faisait connaître le chaînon restant, et en apparence non soudé par elle, qui constitue l'intervalle entre les deux Édits.

Mais, il suffit de suivre avec attention le Chapitre IX de Daniel, ou les passages cités que nous en avons extraits plus haut, pour constater que la Bible donne aussi à l'égard de cet intervalle une désignation de temps. Cette désignation c'est (voy. les citations § 45) la mention (IX, 21) de ce temps de l'oblation du soir qui s'écoule du commencement des supplications de Daniel (23), placé comme on l'a vu à la veille de l'Édit de Cyrus, jusqu'à la déclaration de l'envoyé Gabriel concernant les semaines, déclaration qui prend pour ère de ces semaines l'Édit d'Artaxerxès.

p. 127 Que signifie cette oblation du soir ? Dans la nature et l'ordre de grandeur du sujet, puisque Daniel dans ses supplications remonte à Moïse et à la sortie d'Égypte (11, 15), moment de l'Institution de la Pâque, et voit annoncer au milieu de la 70e semaine qui suit les 69, c'est-à-dire au milieu de la semaine 31 à 37 ou en 33 ¹⁄₂, le Sacrifice de Christ qui est la vraie Pâque et la vraie oblation (IX, 27), l'« oblation du soir » de IX, 21 ne peut désigner que la Pâque, qui était en effet une telle oblation ; et le temps de l'oblation du soir doit désigner la durée assignée au temps de la solennité de la Pâque par l'Institution mosaïque de cette fête.

Cette institution se trouve définie au Chapitre XII de l'Exode. L'Agneau (ou la Pâque) était égorgé le soir d'un jour (le 14e jour du 1er mois) ;

Ex. XII, 6. — Et vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois, et toute la communauté d'Israël assemblée l'égorgera entre les deux soirs.

au matin suivant il n'en devait rien rester.

Ex. XII, 10. — Vous n'en laisserez rien de reste jusqu'au matin ; et ce qui en restera au matin, vous le brûlerez au feu.

Ensuite pendant 7 jours, on mangeait des pains sans levain ;

p. 128

Ex. XII, 15. — Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain ; et dès le premier jour, vous ôterez le levain de vos maisons ; car toute personne qui mangera du pain levé, depuis le premier jour jusqu'au septième, sera retranchée d'Israël.

et ces pains sans levain étaient mangés le soir (c'est-à-dire, à chacune des 7 fois, après les 12 heures de jour) ; (1).

Ex. XII, 18. — Au premier mois, au quatorzième jour du mois, vous mangerez, le soir, des pains sans levain, jusqu'au vingt et unième jour du mois, au soir.

Au 1er et au 7e jour, de saintes convocations marquaient les limites de la fête.

Ex. XII, 16. — Au premier jour, il y aura une sainte convocation ; vous en aurez aussi une au septième jour. Il ne se fera aucune œuvre en ces jours-là ; on vous apprêtera seulement ce que chaque personne doit manger.

Le « temps de l'oblation du soir », c'est-à-dire le temps consacré à la célébration de la Pâque p. 129 (ou du sacrifice de l'Agneau, fait une fois pour toutes avant le premier des 7 jours), était donc de 7 fois 12 heures de jour, c'est-à-dire

7 × 12 = 84,

qui, dans l'ordre des unités de temps du Livre de Daniel, font 84 ans. Si cette interprétation est exacte, il faut donc qu'en ajoutant dans le passé ces 84 ans à la date connue — 453 de l'Édit d'Artaxerxès, on retrouve la date — 538 ou — 537, attribuée plus haut (§ 45) par d'autres considérations à l'époque des supplications de Daniel. Or on a effectivement :

453 + 84 = 537,

c'est-à-dire (voyez plus haut, § 45) l'année même — 537 qui est la dernière des 70 années de captivité, et qui précède celle, — 536, de l'Édit de Cyrus (1).

Il n'y a donc en réalité pas une seule lacune dans toute la chronologie biblique d'Adam à Jésus-Christ.

(1) Il serait permis de supposer, d'après cela, que l'expression « 1re année de Darius le Mède » désigne la 1re année du règne de Darius rencontrée dans son règne en prenant pour ère l'Édit de Cyrus, et en marchant vers le passé. Cette 1re année rencontrée est en effet — 537 ; et l'expression de Daniel signifierait qu'il se trouvait dans la dernière des 70 années de captivité, c'est-à-dire dans celle qui devait terminer cette captivité.

p. 130 48. Sans vouloir surcharger le sujet, nous devons cependant terminer cette Leçon en mentionnant, en connexion avec ce qui précède, un trait qui met bien en évidence l'admirable correspondance et le caractère intentionnel de toutes les parties de l'Écriture.

Nous venons de voir se combler par une indication prophétique, le vide apparent que présentait la Chronologie de la Bible entre les deux blocs bien déterminés des 69 semaines de Daniel et des temps d'Adam à l'Édit de Cyrus. Existe-t-il dans la Bible un signe destiné à nous confirmer que ce vide intentionnel est bien de 84 ans, ou, ce qui revient au même, que, pour faire disparaître la discontinuité entre les deux blocs, il faudrait reculer le premier de 84 ans dans le passé, de manière à ce qu'il vienne alors toucher le second ? Ce signe consisterait, en arrivant aux temps de Christ, à nous mentionner, en outre de l'Ère chrétienne ou de la Naissance de Jésus, une Ère qui se trouverait (voyez la Fig. 8) à 84 ans en deçà de cette Ère chrétienne, soit en

— 84.
(Fig. 8).

[Figure 8 : Diagramme linéaire représentant un axe chronologique horizontal. Deux arcs en pointillés, chacun surmonté de la mention « 84 », relient des paires de repères sur cet axe. De gauche à droite, les repères portés sur la ligne : « -537 », « -453 », « -84 » et « 0 » (ce dernier annoté « Ère Chrétienne »). Le premier arc pointillé relie -537 à -453 ; le second arc pointillé relie -84 à 0 (Ère Chrétienne).]

Or il se trouve qu'une telle ère est en effet p. 131 précisément indiquée lors de la Naissance de Jésus-Christ. Elle l'est, et cette indication trouve seulement, semble-t-il, en cela une raison d'être, dans le fait mentionné en Luc II, 37, 38,

Luc II, 37, 38. — Elle était veuve, âgée d'environ quatre-vingt-quatre ans ; et elle ne sortait point du temple, servant Dieu nuit et jour en jeûnes et en prières. Étant donc survenue en ce même instant, elle louait aussi le Seigneur, et elle parlait de Jésus à tous ceux de Jérusalem qui attendaient la délivrance d'Israël.

des 84 ans d'âge d'Anne la Prophétesse lors de cette naissance du Sauveur qui devait être la délivrance d'Israël : car d'après cela, la naissance d'Anne marque précisément la date

— 84.

Cette interprétation des 84 ans d'Anne est encore confirmée en ce que les facteurs 7 et 12 par lesquels ce nombre 84 = 7 × 12 a été introduit dans notre computation de l'« oblation du soir » de Daniel, c'est-à-dire les deux nombres 7 et 12, sont mentionnés dans le texte de Luc, où ils encadrent, en II, 36 et II, 42, les 84 ans du verset II, 37, et la Pâque du verset II, 41.

Luc II, 36. — Il y avait aussi Anne la prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser ; elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu avec son mari sept ans depuis qu'elle l'avait épousé étant vierge.
Luc II, 42. — Et quand il eut atteint l'âge de douze ans, ils montèrent à Jérusalem, selon la coutume de la fête.

p. 132

Luc II, 41. — Or, son père et sa mère allaient tous les ans à Jérusalem à la fête de Pâque.

On a donc l'ensemble systématique :

⎰  II, 36 .... 7
⎱  II, 37 .... 84 = 7 × 12  ⎰
⎰  II, 41     la Pâque       ⎱
⎱  II, 42     12.

Il est en outre fait mention en II, 43,

Luc II, 43. — Lorsque les jours de la fête furent achevés, comme ils s'en retournaient, l'enfant Jésus demeura dans Jérusalem ; et Joseph et sa mère ne s'en aperçurent point.

de l'accomplissement des jours de cette fête de Pâque, ce qui rapproche encore ces textes de notre interprétation de celui de Daniel. Tout cela est remarquable.

49. Observation digressive. On peut se demander pourquoi, alors que certaines parties de l'échelle chronologique sont immédiatement occupées dans la Bible par des nombres d'années explicitement donnés, d'autres ne sont mesurées qu'à travers le voile de l'expression prophétique.

Une des raisons de cette disposition défective, c'est de faire pressentir l'existence, aux temps marqués d'une science externe positive, de données nouvelles, concrètes et immédiates, qui me- p. 133 sureront directement et d'une manière visible tous les temps de l'Histoire. Ces données mettront irréfutablement en évidence, même pour l'œil du corps, la science divine renfermée dans l'Écriture. Or nous verrons que ces nouveaux éléments, nécessaires à une connaissance immédiate et parfaite, sont révélés, d'ailleurs toujours en partant de la Bible elle-même, par l'étude du passage d'Ésaïe XIX, 19, 20 : « En ce jour-là il y aura un Autel à l'Éternel au milieu du pays d'Égypte et un Monument élevé à l'Éternel sur sa frontière ; et ce sera pour l'Éternel des armées un Signe et un Témoignage dans le pays d'Égypte » ; et que ce Monument, qui est un Autel à l'Éternel, n'est autre que la Grande Pyramide d'Égypte, monument hébreu et non égyptien.

Placé (Fig. 9) au sommet du Delta, c'est-à-dire au centre du cercle dont un secteur d'environ 90° constitue cette partie de la Basse Égypte, ce Monument est en effet sur la frontière de ce secteur ou du pays, et cependant au milieu du pays, puisqu'il est placé au centre du cercle.

[Figure 9 : Un cercle tracé en pointillé représente la Basse Égypte. À l'intérieur du cercle, en haut, suivant la courbure de celui-ci, la légende « Méditerranée ». Un secteur triangulaire (en traits pleins), à sommet dirigé vers le bas, s'ouvre vers le haut jusqu'à deux points du cercle ; à l'intérieur de ce secteur figure le mot « Delta ». Sous la pointe du secteur, à l'intérieur du cercle, la légende « Pyramide », marquant l'emplacement du Monument.]

p. 134 Nous n'avons d'ailleurs pas ici à anticiper davantage sur cet objet. Il sera étudié plus tard et constituera l'interprétation d'Ésaïe XIX, 19, 20, en tant que signe et témoignage donnés par la Parole même de Dieu. Nous devons poursuivre, avant tout, l'étude proprement dite de la Bible.

p. 135 SIXIÈME LEÇON

PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM À JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE LA BIBLE. INTRODUCTION : TRACÉ DE L'HISTOIRE GÉNÉRALE D'APRÈS LA BIBLE. SA MARCHE QUINQUASÉCULAIRE.

50. Il résulte des Leçons précédentes que la Chronologie de la Bible, d'Adam à Jésus-Christ, forme un tout systématique, solidement lié dans ses parties.

La Bible continue cette Chronologie dans l'avenir, au moyen des nombres que contiennent ses livres prophétiques. Nous aurons à considérer tout particulièrement pour cet objet, les Nombres de Daniel.

Mais il convient avant d'entrer dans le corps du sujet, de noter, en suivant la Bible et le cours de ses livres, les données par lesquelles elle y trace, ou y suit parallèlement, l'Histoire générale de l'Humanité et des Peuples.

p. 136 51. Le Déluge a lieu en — 2528. Il y a sur la Terre entière, au commencement du monde post-diluvien, 8 personnes, savoir : Noé et ses 3 fils, Sem, Cham et Japhet, et leurs quatre femmes.

Gen. VII, 23. — Tous les êtres qui étaient sur la surface de la terre furent exterminés, depuis les hommes jusqu'aux bêtes, jusqu'aux reptiles, et jusqu'aux oiseaux des cieux, et ils furent exterminés de dessus la terre. Il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche.
VIII, 16, 18. — Sors de l'arche, toi, ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi.
IX, 18. — Et les fils de Noé qui sortirent de l'arche, furent Sem, Cham et Japhet.
I, PI, III, 20. — Qui avaient été autrefois désobéissants, lorsque, du temps de Noé, la patience de Dieu attendait pour la dernière fois, pendant que l'arche se bâtissait, dans laquelle un petit nombre, savoir, huit personnes furent sauvées au travers de l'eau.

C'est par eux qu'a été peuplée toute la Terre.

Gen. IX, 19. — Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est par eux que fut peuplée toute la terre.

Comme nous le verrons plus tard, le calcul montre qu'en effet, au taux moyen d'accroissement de la population du globe constaté de nos jours, 8 individus vivant en — 2528 ont dû produire, de — 2528 à l'époque actuelle, le milliard et demi d'individus qui existent aujourd'hui sur la Terre (1).

(1) On peut dès maintenant consulter sur ce sujet la Mathématique de l'Histoire, Appendice III.

p. 137 Le berceau de notre Humanité, le lieu où commence l'Histoire, est l'Arménie.

GEN. VIII, 4. — Et au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat.

Les hommes, formant un premier groupe que nous appellerons les Noachides, du nom de Noé, descendent dans la plaine de l'Euphrate et du Tigre, le pays de Shinear,

GEN. XI, 2. — Mais il arriva qu'étant partis du côté de l'Orient, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear, et ils y demeurèrent.

et y construisent une Ville (Babel) et une Tour (la Tour de Babel ; Babylone).

GEN. XI, 4, 9. — Et ils dirent : Allons, bâtissons-nous une ville et une tour, dont le sommet soit dans les cieux, et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre. C'est pourquoi son nom fut appelé Babel (confusion) ; car l'Éternel les dispersa sur toute la face de la terre.

52. Ce lieu, Babel ou Babylone (confusion), est le centre de dispersion des hommes sur toute la face de la Terre, et le lieu aussi de la formation des langues ; car avant cela tous les hommes, c'est-à-dire notre groupe des Noachides, avaient le même langage.

GEN. XI, 1, 8. Or, toute la terre avait le même langage et les mêmes mots. Allons, descendons et confondons là leur p. 138 langage, en sorte qu'ils n'entendent point le langage l'un de l'autre. Et l'Éternel les dispersa de là sur la face de toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville.

C'est à ce grand fait de l'Ancien Testament que répond, dans le Nouveau, le Don des langues à la Pentecôte.

ACT. II, 3, 4, 8-11. — Et ils virent paraître des langues séparées les unes des autres, qui étaient comme de feu, et qui se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit ; et ils commencèrent à parler des langues étrangères, selon que l'esprit les faisait parler.
Comment donc les entendons-nous parler chacun la propre langue du pays où nous sommes nés ? Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Égypte, les quartiers de la Libye, qui est près de Cyrène et ceux qui sont venus de Rome ; tant Juifs que Prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler en nos langues des choses magnifiques de Dieu.

Des Noachides sont sorties toutes les nations de la Terre après le Déluge ;

GEN. X, 32. — Telles sont les familles des fils de Noé, selon leurs générations, dans leurs nations ; et c'est d'eux que sont sorties les nations de la terre après le déluge.

et le Chapitre X de la Genèse trace le tableau de leur Dispersion, et de la formation des Nations (1).

(1) L'idée de la formation des peuples par dispersion à partir d'un centre unique, est, prise en elle-même, confirmée par les conclusions de l'ethnologie actuelle.

p. 139 L'époque de cette Dispersion ou du Partage de la Terre entre les peuples, est fixée explicitement par la Bible au temps de Péleg (dont le nom signifie partage).

GEN. X, 25. — Et à Héber il naquit deux fils : le nom de l'un est Péleg (partage), car en son temps la terre fut partagée ; et le nom de son frère Jockthan.
GEN. XI, 10-16. — Voici les descendants de Sem : Sem, âgé de cent ans, engendra Arphacsad, deux ans après le déluge. Et Sem, après qu'il eut engendré Arphacsad, vécut cinq cents ans, et il engendra des fils et des filles.
Et Arphacsad vécut trente-cinq ans, et engendra Shélach. Et Arphacsad, après qu'il eut engendré Shélach, vécut quatre cent trois ans, et il engendra des fils et des filles.
Et Shélach vécut trente ans, et engendra Héber. Et Shélach, après qu'il eut engendré Héber, vécut quatre cent trois ans, et il engendra des fils et des filles.
Et Héber vécut trente-quatre ans, et engendra Péleg.

On a :

à partir de la 1re année après le Déluge, c'est-à-dire à partir de l'année — 2527 comprise,

(Naissances)  Arphacsad  .  .            1
              Shélach  .  .  .  1 + 35 = 36 = 6 × 6
              Héber  .  .  .  .  36 + 30 = 66
              Péleg  .  .  .  .  66 + 34 = 100.

Entre l'année — 2528 du Déluge et la première année de Péleg, il y a donc (Fig. 10) un bloc caractéristique de 100 ans.

(FIG. 10).

[Figure 10 : Diagramme vertical. En haut, une barre horizontale hachurée annotée « An — 2528 ». Une ligne pointillée verticale, portant l'indication « 100 » et se terminant par une flèche pointant vers le bas, la relie à une seconde barre horizontale hachurée en bas, annotée « 1re Année de Péleg ».]

Le calcul vérifie, comme nous le verrons plus tard, que, d'après les lois de progression de la popula- p. 140 tion, cet espace de temps convient à la formation d'une multitude de l'ordre de grandeur que supposent la fondation de Babel et la dispersion des hommes sur la surface de la Terre à partir de ce foyer de formation, donnant naissance aux différents peuples.

53. Nous venons de voir les Noachides fonder Babylone. Le premier fondateur d'empire après la Dispersion, est Nimrod, « qui commença à être puissant sur la Terre ».

GEN. X, 8. — Et Cush engendra Nimrod, qui commença à être puissant sur la terre.

Il sort de Babel et va fonder Ninive, en Assyrie.

GEN. X, 10-12. — Le commencement de son royaume fut Babel, Erec, Accad et Calné, dans le pays de Shinear. De ce pays-là il sortit en Assyrie, et il bâtit Ninive, Réhoboth-Ir, Calach et Résen, entre Ninive et Calach ; c'est la grande ville.

Il marche donc pour cela en longitude vers l'Ouest. C'est le fondateur du premier empire assyrien.

54. Après ces deux indications explicites sur les fondations de Babylone et de Ninive (Noachides et Assyriens), et ayant ainsi amorcé la suite des puissances dont la succession constitue notre Histoire générale, la Bible ne s'occupe plus p. 141 de l'histoire particulière de ces puissances que d'une manière en quelque sorte parallèle. Elle prend dès lors pour axe de l'économie historique l'histoire du Peuple Élu, c'est-à-dire du peuple dépositaire de la Révélation, et duquel devait sortir le Christ, centre moral de l'Histoire.

Cette disposition historique de la Bible est explicitement signalée par la Bible elle-même. On lit en effet au Deutéronome (Deut. XXXII, 7, 8, 9) :

« Souviens-toi des jours d'autrefois ; considère les années d'âge en âge ; . Quand le Très-haut donnait leur lot aux nations, quand il séparait les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples selon le nombre des enfants d'Israël ; car la portion de l'Éternel, c'est son peuple ; Jacob est le lot de son héritage ».

55. Suivons donc, dans l'histoire du peuple élu, les traces des autres peuples.

Abram sort de la ville d'Ur en Chaldée, et, marchant vers l'Ouest, gagne le pays de Canaan.

(GEN. XI, 31.) — Et Tharé prit Abram son fils, et Lot, fils de Haran, son petit-fils, et Saraï sa belle-fille, femme d'Abram son fils, et ils sortirent ensemble d'Ur des Chaldéens, pour aller au pays de Canaan. Et ils vinrent jusqu'à Charan et ils y demeurèrent.
(GEN. XII, 5, 6.) — Et Abram prit Saraï sa femme, et Lot, fils de son frère, et tout le bien qu'ils avaient gagné, et les p. 142 personnes qu'ils avaient acquises à Charan, et ils sortirent pour aller au pays de Canaan ; et ils arrivèrent au pays de Canaan. Et Abram traversa le pays jusqu'au lieu de Sichem, jusqu'au chêne de Moré. Or, les Cananéens étaient alors dans le pays.

Il le traverse et descend en Égypte,

Gen. XII, 10. — Or, il y eut une famine dans le pays, et Abram descendit en Égypte pour y séjourner ; car la famine était grande dans le pays.

où la Bible nous met ainsi en présence du Premier Empire Égyptien, contemporain du Premier Empire Assyrien. La date du voyage d'Abram en Égypte est donnée par le texte de la Bible. En effet, Abram revenu d'Égypte habite dans le pays de Canaan :

Gen. XIII, 12. — Abram habita dans le pays de Canaan, et Lot habita dans les villes de la plaine, et dressa ses tentes jusqu'à Sodome.

Ismaël y naît après 10 ans de ce séjour, et Abram a alors 86 ans ;

Gen. XVI, 3, 16. — Et Saraï, femme d'Abram, prit Agar, l'Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à Abram, son mari, après qu'il eut demeuré dix ans au pays de Canaan.
Or, Abram était âgé de quatre-vingt-six ans, quand Agar enfanta Ismaël à Abram.

donc il avait 86 — 10 = 76 ans au commencement de son habitation en Canaan et au retour de sa descente en Égypte. Mais il avait 75 ans p. 143

GEN. XII, 4. — Et Abram s'en alla comme l'Éternel le lui avait dit, et Lot alla avec lui. Et Abram était âgé de soixante et quinze ans quand il sortit de Charan.

avant de descendre en Égypte. Donc le voyage en Égypte a lieu quand Abram a 75 ans ; et comme il est né en — 2236, ce voyage en Égypte a lieu (puisque 2236 — 75 = 2161) en

— 2161.

C'est bien l'époque du Premier Empire égyptien, et même celle de la 4e Dynastie ; et cette date appartient en outre au règne de Chéops, le roi sous lequel fut construite la Grande Pyramide (1).

56. Le tracé historique se continue dans l'histoire du peuple élu, par la filiation d'Abraham, d'Isaac, de Jacob (Israël), qui en — 1946 arrive en Égypte, et y commence avec ses 12 fils les 430 ans de séjour des Israélites.

Ces Israélites sont sans nul doute les Hycsos ou Rois pasteurs, dont les historiens païens nous ont conservé le souvenir en les représentant comme des Barbares ; cette appréciation n'est probablement qu'un témoignage en faveur de la

(1) Voir notre travail sur la Chronologie de Manéthon (Bull. de l'Acad. roy. de Belg. 1907, Décembre). Abram est certainement le Pasteur Philition (Philistins) dont Hérodote fait mention au sujet de la Pyramide (Hérod. Livre II, § 128).

p. 144 foi rude et solide d'hommes qui, croyant à l'Éternel, non seulement étaient incapables de composer avec la corruption spirituelle d'un milieu idolâtre, mais qui vraisemblablement y provoquaient la réaction par une généreuse et jalouse défense des droits de la vérité. On trouve quelque chose d'analogue bien des siècles plus tard. Les annalistes du paganisme catholique-romain ont été pour nous les annalistes aussi des Vaudois et des autres prétendus hérétiques ; ils nous les ont présentés sous des couleurs faussées ; et cependant à travers leurs données défavorables et tendancieuses nous découvrons des caractères qui sont, dans de telles conditions, autant d'hommages éclatants rendus à ces véritables représentants historiques de l'Église de Christ.

57. La fin du séjour en Égypte nous conduit dans la Bible, avec Moïse (— 1516, Exode) et Josué (— 1476, fin des 40 ans au Désert), aux temps du Second Empire égyptien, celui des Aménophis-Ramsès. On remarquera que du premier groupe, Abraham, Isaac, Jacob,

   ⎰ — 2261 ⎱
   ⎱ — 1946 ⎰,

au second, Moïse, Josué,

   ⎰ — 1516 ⎱
   ⎱ — 1476 ⎰,

p. 145 groupes qui répondent au Premier et au Second Empire égyptien, le premier étant d'ailleurs aussi contemporain du Premier Empire assyrien, s'étend une durée moyenne de 5 siècles. Ceci nous rappelle les périodes quinquaséculaires mises en évidence dans les Leçons précédentes par le tableau chronologique de la Bible et par les temps de Daniel, et est de nature à nous confirmer que ces périodes sont des laps de temps qui concernent les lois de la vie des peuples.

58. Après Josué, la Bible continue l'histoire du Peuple Élu en traversant sa période de régime républicain sous les Juges, jusqu'au temps où, méconnaissant sa véritable mission, et contrairement au vœu de Dieu, ce peuple prétend constituer, lui aussi, un chaînon dans la suite des puissances terrestres dont la succession repère l'Histoire générale. Il préfigure ainsi ce qui, sous la Nouvelle Alliance, se représentera, quand le Prince de ce monde s'emparera de l'Église pour en faire, sous la forme de la Papauté, un des chaînons de cette suite de puissances. Cette préfiguration est d'un profond enseignement.

Le Peuple Élu, au lieu du seul Roi des Rois, institue donc pour régner sur lui des rois terrestres ; il s'allie en outre avec des peuples étrangers ; avec des étrangers il détermine et occupe p. 146 cette période Hébraïque-Phénicienne dont la zone d'action s'étend bien en dehors des frontières étroites de Canaan ; le centre de gravité géographique de cette zone, par une extension qui embrasse tout le bassin de la Méditerranée, marque une nouvelle étape de cette marche vers l'Ouest qui, de Babylone à l'Assyrie, à l'Égypte, avait déjà caractérisé le progrès de l'histoire du Monde.

L'époque de la phase brillante ou d'apogée de la période Hébraïque-Phénicienne est, chez les Hébreux, le règne de Salomon. Chez les Phéniciens (Tyr et Sidon), elle est caractérisée par un terme moins étroit. Pour ne prendre, parmi les règnes remarquables qui lui appartiennent, que ceux de rois mentionnés par la Bible, nous pouvons la déterminer chronologiquement par Hiram, le roi de Tyr contemporain de Salomon,

I Rois v, 12. — L'Éternel donna donc de la sagesse à Salomon, comme il le lui en avait parlé. Et il y eut paix entre Hiram et Salomon, et ils traitèrent alliance ensemble.

et par Ethbaal, roi de Sidon, dont la fille Jésabel fut la femme d'Achab, roi d'Israël.

I Rois xvi, 31. — Et comme si c'eût été peu de chose pour lui d'imiter les péchés de Jéroboam, fils de Nébat, il prit pour femme Jésabel, fille d'Ethbaal, roi des Sidoniens ; puis il alla et servit Baal, et se prosterna devant lui.

Achab commençant son règne en — (999—62)

p. 147

=—937, on peut repérer cette phase par les nombres

      { Salomon {
      { Hiram   {  — 1019 (centre du règne de Salomon)
      { Ethbaal    -- 957.

Or en comparant ce groupe au groupe

      { Moïse — 1516 (Exode)
      { Josué — 1476 (Fin du séjour au Désert),

groupe qui désigne dans le temps la position du Second Empire Egyptien (XVIIIe Dyn.), on constate de nouveau qu’entre ces deux phases brillantes ou Apogées des Egyptiens et des Hébreux-Phéniciens, s’étend une durée de 5 siècles.

La constatation, par la simple analyse de l’Histoire, de laps de temps quinquaséculaires caractéristiques de son évolution, confirme bien qu’une loi de l’Histoire est définie, et intentionnellement enseignée, par les périodes de notre Chronologie ou par les temps quinquaséculaires de Daniel. Et l’induction qu’il s’agit d’une Loi, va se changer en certitude, si l’on aborde maintenant les temps historiques dont la Chronologie profane est la mieux connue. Sans abandonner pour un moment la Bible, qui pointe parallèlement son développement, nous allons voir la série quinquaséculaire prolongée repérer, sans équivoque possible, des époques célèbres universellement connues, c’est-à-dire désignées d’elles-

p. 148

mêmes par l’Histoire générale ; celle-ci nous les rappelle par des dénominations classiques. Ces époques sont les phases brillantes ou Apogées des Peuples chefs qui se sont succédé en se transmettant l’acquis de la civilisation.

59. Le peuple en effet qui, dans la succession dont il s’agit, tant au point de vue géographique de la marche du mouvement civilisateur vers l’Ouest, qu’au point de vue politique et social, se présente après les Hébreux-Phéniciens, est le Peuple grec, que nous retrouvons dans le Livre de Daniel (Javan ; Dan. VIII, 21). Son Apogée est assez connu sous le nom de Siècle de Périclès ; il a pour date repère le milieu du 5e siècle avant notre ère, soit — 450. Or, en rapprochant cette date repère du groupe précédent, on a

                          { Salomon
Hébreux-Phéniciens . .    { Hiram      — 1019
                          { Ethbaal    —  937
   Grecs . . . .   Siècle de Périclès  —  450 ;

et entre ces deux groupes il y a bien un intervalle de 5 siècles.

60. De même, tant au point de vue du mouvement de progression géographique vers l’Ouest qu’au point de vue politique, les Romains, que nous rejoignons dans l’Evangile au temps de

p. 149

Jésus-Christ, ont succédé aux Grecs dans la conduite du monde. Leur phase d’Apogée est cet Âge d’Or de l’Empire romain, que couronne le Siècle des Flaviens et des Antonins ; une date moyenne de repère est + 80 (Titus-Trajan ; étendue maximum de l’Empire ; Paix romaine), ou l’an 80 après l’Ère chrétienne. On a donc ici, en comparant :

{  Grecs . . . Siècle de Périclès . . . . . . — 450
{  Romains . . Âge d’Or, de l’Empire romain . + 80,

et l’intervalle mesure de nouveau une période de 5 siècles.

61. Après les Romains, tout le monde sait que ce n’est pas vers l’Orient, mais bien dans la partie occidentale de l’Europe, qu’il faut chercher les peuples nouveaux, — ceux qui, sous l’influence du Christianisme, seront les facteurs de notre civilisation moderne. La progression du mouvement géographique vers l’Ouest se manifeste donc encore, et c’est là que nous devons trouver les repères et les jalons de la continuation de l’Histoire générale.

62. Rome finit quand Constantin, qui fait le Christianisme religion d’État, après avoir, en 325, assemblé le Concile de Nicée où se fixent le

p. 150

dogme catholique et la discipline ecclésiastique, transporte en 329-330 le siège de l’Empire à Constantinople. On remarquera que cette époque mémorable 325-330 de la fin de Rome, est à 2 périodes de 5 siècles de la fondation -- 754 de Rome, ce qui met une fois de plus en évidence le caractère quinquaséculaire de l’ondulation politique des peuples.

Le peuple qui dans l’Occident apparaît après les Romains, sont les Franks (Germains) (leur repère géographique est Francfort). La centralisation de la puissance des Franks, constituant un Apogée à leur ondulation politique, a lieu sous Clotaire II, Dagobert, soit à la date repère moyenne

+ 598.

En rapprochant cet Apogée du précédent, celui des Romains, on a

) Romains  +  80 (Age d’Or, Flaviens, Antonins)
) Franks   + 598 (Centralisation de la puissance des Franks);

et entre ces Apogées s’étend encore une fois une durée de 5 siècles.

63. La période des Franks se termine par le grand éclat de Charlemagne (Sacré empereur en + 800 ; Traité de Verdun, + 843), comme, deux périodes quinquaséculaires plus tard, celles des Français se terminera par celui de Napoléon

p. 151

(Sacré empereur en 1804) ; comme deux périodes et quatre périodes auparavant. Alexandre avait terminé les Grecs, et Ramsès-Meïamoun les Égyptiens. Le partage de son empire en 843, au Traité de Verdun, met l’Europe aux mains d’un nouveau pouvoir politique, la Puissance temporelle des Papes ou la Papauté. Ce pouvoir aura des milices monacales, les grands ordres religieux ; des guerres de conquête, les Croisades ; et la réalité de son apparition, tant au point de vue d’une mission propre qu’à celui d’une position déterminée dans le temps, se vérifie par le fait d’une phase caractéristique à laquelle l’Histoire a donné le nom de Moyen-Age. Ce Moyen-Age est scientifiquement mesuré par deux périodes quinquaséculaires, savoir l’une,

                          { du temps de Constantin    325
                          {                           330
                          { au Traité de Verdun,
                          {    partage de l’Empire    843 ;
                          {    de Charlemagne

l’autre,

        { du Traité de Verdun . . . . . . . . . 843
        { au commencement du XIVe siècle, Chute du Pouvoir temporel,   { 1305
        { Papes à Avignon (1305), Rienzi                               { 1347.
        { à Rome (1347), Philippe-le-Bel,                              {
        { Communes, etc.
p. 152

Ces nombres sont tellement de l’Histoire vraie qu’ils servent de fondement, assurément non équivoque, à Bossuet dans son Discours sur l’Histoire universelle. « Constantin ou la Paix de l’Eglise », « Charlemagne ou l’établissement du nouvel empire », repèrent pour Bossuet, qui leur donne ces Titres, les deux « Epoques » (la 11e et la 12e et dernière de sa suite des temps) qui établissent le Pouvoir temporel de la Papauté.

On y lit (1) :

« Constantin le Grand, Prince sage et victorieux, embrassa publiquement le Christianisme.
» XIe Epoque. … La Croix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l’Empire. La paix fut donnée à l’Eglise. Constantin la combla d’honneurs et de biens. En ce temps Constantin assembla à Nicée le premier Concile Général,… Les prêtres de l’Eglise romaine envoyés par le Pape Saint Sylvestre, précédèrent tous les Evêques dans cette assemblée,… Constantin y prit séance, et en reçut les décisions comme un oracle du ciel ».
» XIIe Epoque. Enfin l’an 800 de Notre Sei-

(1) Édition 1763, Amsterdam; pp : 81, 109.

p. 153
» gneur, ce grand protecteur de Rome et de l’Italie, ou pour mieux dire de toute l’Eglise et de toute la Chrétienté, élu Empereur par les Romains sans qu’il y pensât, et couronné par le Pape Léon III, qui avait porté le peuple romain à ce choix, devint le fondateur du nouvel empire et de la grandeur temporelle du Saint-Siège. »

Des deux périodes quinquaséculaires qui mesurent le Moyen-Age et qui ont été signalées plus haut, c’est la seconde qui concerne particulièrement cette grandeur temporelle. Son Apogée (Calixte II, 1119 ; Innocent III, 1198), rapproché de l’Apogée précédent, celui des Franks, donne

        Franks  .  .  .  .      598
{       Papauté .  .  .  .  {   1119
                            {   1198 ;

et entre eux s’écoule de nouveau un intervalle de 5 siècles.

Quant à la plage géographique d’action de la Rome papale, il est visible que son centre de gravité avance encore vers l’Occident qu’elle envahit, comme quatre périodes quinquaséculaires auparavant les Cananéens-Phéniciens, compagnons des Hébreux, avaient étendu leur action

p. 154

dans tout le bassin de la Méditerranée, à l’Occident de leurs frontières conventionnelles.

64. Si 843, ou le Traité de Verdun, marque le commencement de la Puissance Papale proprement dite, et le commencement du XIVe siècle sa fin, ce commencement du XIVe siècle inaugure aussi une nouvelle période quinquaséculaire, qui, au point de vue religieux, est celle de la Réforme. Son précurseur Wiclef apparaît en 1324-84. Cette période quinquaséculaire, qui se termine à notre propre époque, a d’ailleurs été aussi une époque de rénovation dans tous les domaines d’activité de l’homme, dans le progrès scientifique comme dans le progrès social. Son œuvre appartient à la France. Commencée avec Philippe-le-Bel et le souffle de liberté des Communes, elle s’est terminée par le grand éclat de Napoléon qui, en ébranlant tout l’édifice politique, a épanché sur l’Europe l’acquis de la Révolution française. Son Apogée est consacré par l’Histoire. C’est ce qu’on appelle le Siècle de Louis XIV.

En y choisissant pour repère, car on ne saurait en détacher Richelieu, 1630 (moyenne de Richelieu-Louis XIV), ou, si l’on veut une date plus avancée, soit 1650, milieu du XVIIe siècle soit même 1670, ce qui importe peu pour notre objet actuel, et comparant à l’Apogée précédent de la

p. 155

Papauté; on aura

Papauté . . .   {  1119
                {  1198
                {  1630
Français . . .  {  1650
                   1670.

On voit qu’entre ces deux groupes existe de nouveau, conformément à la Loi qui se dessine et se confirme de plus en plus, un espace de 5 siècles.

65. S’il fallait prendre une date de repère pour limite de cette période de la France comme Peuple chef, aucune sans nul doute ne pourrait être mieux choisie, par un souvenir qui est présent à l’esprit du monde, que l’époque fatidique de 1870. De celle-ci date un nouvel état d’équilibre de l’Europe, et la mise en évidence de la suprématie de nouveaux facteurs dans son gouvernement politique.

Deux de ces facteurs sont évidents : c’est l’Angleterre et c’est l’Allemagne.

La progression des termes de la Loi vers l’Occident indique que, dans la suite des Peuples, l’Angleterre est celui qui doit succéder à la France. Mais, en dehors de cet argument externe, la situation politique et les caractères des deux facteurs en présence parleraient assez haut d’eux-mêmes pour justifier éloquemment cette

p. 156

première induction. Sans doute tous les deux participent d’un même sang et à une même œuvre, car ils sont Saxons et ils ont fait la Réforme. Mais ces deux frères, comme autrefois Jacob et Esaü, ont néanmoins reçu des dons bien différents ; il est trop visible à tous les yeux que si Esaü a pu sembler un instant être le premier, Jacob aujourd’hui le supplante dans cette prétention ; et que cet Esaü qui jalouse Jacob, cherche à lui barrer la route sans avoir son génie.

Tous les arguments concourent donc vers ceci que l’Angleterre est le nouveau Peuple chef.

Il est en outre un fait de l’ordre le plus concret, mais par cela même le plus frappant, fait qui nous ferait rentrer dans l’ordre historique le plus particulier aussi de la Bible propre au Peuple Elu, qui apparaît ici comme une confirmation et de cette prééminence, et de l’idée que l’assimilation de Jacob et de l’Angleterre est plus qu’une simple comparaison ; qu’elle repose au contraire sur une filiation par descendance et dérive d’un véritable lien du sang. Ce fait, extraordinaire chez le peuple le plus positif et le premier des peuples civilisés des temps modernes, c’est que, enchâssée dans la Chaire du Couronnement des Rois d’Angleterre, se trouve sous le nom de Pierre ou Oreiller de Jacob (Jacob’s Pillow), la Pierre sur laquelle à Béthel reposant sa tête,

p. 157

Jacob vit en songe l’Échelle qui appuyée sur la Terre, avait son autre extrémité perdue dans le Ciel ;

GEN. XXVIII, 10-22. — Mais Jacob partit de Béer-Shéba et s’en alla à Charan. Et il arriva en un lieu où il passa la nuit, parce que le Soleil était couché. Il prit donc une des pierres du lieu, en fit son chevet, et se coucha en ce lieu-là. Alors il eut un songe ; et voici, une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait aux cieux ; et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par elle. Et voici, l’Éternel se tenait au-dessus d’elle, et il dit : Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac ; la terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Et ta postérité sera comme la poussière de la terre ; et tu te répandras à l’Occident et à l’Orient, au Nord et au Midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité. Et voici, je suis avec toi, et je te garderai partout où tu iras ; et je te ramènerai en ce pays ; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie fait ce que je t’ai dit. Et Jacob s’éveilla de son sommeil et dit : Certainement, l’Éternel est en ce lieu-ci, et je n’en savais rien ! Et il eut peur, et dit : Que ce lieu est redoutable ! C’est ici la maison de Dieu, et c’est ici la porte des cieux ! Et Jacob se leva de bon matin, et prit la pierre dont il avait fait son chevet, et la dressa en monument, et il versa de l’huile sur son sommet. Et il appela ce lieu-là Béthel (maison de Dieu), tandis qu’auparavant la ville s’appelait Luz. Et Jacob fit un vœu, en disant : Si Dieu est avec moi et me garde dans ce voyage que je fais, et me donne du pain pour manger et des habits pour me vêtir, et que je retourne en paix à la maison de mon père, l’Éternel sera mon Dieu ; et cette pierre que j’ai dressée en monument, sera la maison de Dieu ; et tout ce que tu m’accorderas, je t’en donnerai fidèlement la dîme.

c’est-à-dire cette Échelle des temps sur laquelle les Envoyés de Dieu mesurent et règlent, dans l’Économie de l’Histoire, la réalisation d’un plan

p. 158

divin qui établit une communication entre l’homme et Dieu.

66. Quoi qu’il en soit, pour le moment, de l’idée de la Descendance israélite des Anglo-Saxons introduite par les remarques précédentes, idée qui s’éclaircira plus tard en se confirmant, si l’Angleterre est le Peuple chef qui suit la France, sa période, quinquaséculaire de conduite du monde, commencée, d’après ce qui précède, en 1870, a pour limite, d’après la Loi historique, et par l’adjonction brute de 5 siècles.

1870 + 500 = 2370, soit le courant du XXIVe siècle ;

et son Apogée, obtenu par cette adjonction brute de 5 siècles aux nombres du groupe qui a repéré l’Apogée français, sera désigné par les époques comparées :

                       {  1630
France . . . .         {  1650
                       {  1670
                       {  2130
Angleterre. . .        {  2150
                       {  2170.

soit le courant du XXIIe siècle.

67. Ici intervient une remarque capitale concernant tout l’ensemble historique qui vient d’être parcouru. La Loi historique de succession des Peuples chefs a deux caractéristiques de premier

p. 159

ordre, savoir : 1° son caractère périodique quinquaséculaire ; 2° physiquement, sur la Terre, le déplacement des centres d’action de l’Est vers l’Ouest. La période actuelle appartient à l’Angleterre qui, tout à l’Occident de l’Europe, a le rôle prépondérant dans la direction politique du monde ; et d’après le 2°, la limite physique imposée au déplacement du centre de civilisation par le contour océanique du continent européen, doit, avec l’Angleterre, imposer un terme à l’évolution des peuples ; par conséquent, si la Loi répond à une réalité, elle-même signale, par l’arrêt physique de son progrès, la mise à part, dans le plan chronologique, d’un ensemble de siècles qui mesure, de la Chaldée aux côtes de l’Océan Atlantique, des Noachides aux Anglais, tout le développement de l’Histoire.

En d’autres termes encore, si l’Angleterre, à raison de sa situation géographique, est le dernier terme de la série des peuples (l’induction relative au lien des Anglo-Saxons et d’Israël s’accorderait singulièrement avec cette vue), la limite géographique doit assigner, par la Loi quinquaséculaire de succession, une limite chronologique aussi à l’Economie historique actuelle ; et cette limite chronologique ne peut être autre que celle à laquelle nous venons d’arriver (XXIVe siècle) en traversant progressivement toute l’Histoire depuis ses origines.

p. 160

68. En résumant la vue générale que la Bible nous a ainsi conduits à jeter sur le cours de l’Histoire, nous voyons donc (Tabl. VII) celle-ci constituée, des Noachides aux Anglais, et si nous suivons la marche progressive des centres de

TABLEAU VII

TABLEAU DES PEUPLES CHEFS (APOGÉES).

Dates par la période quinquaséculaire intermédiaire de 520 ans.

 1. Noachides  . . .  —  2528 (Déluge)  .  — 2528

 2. Assyriens  . . .  — { 2161   . . .  — 2008
                         1946 }

 3. Égyptiens  . . .  — { 1516   . . .  — 1488
                         1476 }

 4. Hébreux-Phéniciens - { 1019   . . .  —  968
                           937 }

 5. Grecs  . . .  —      450      . . .  —  448
 6. Romains  . . .  +     80      . . .  +   72
 7. Franks  . . .  +     598      . . .  +  592

 8. Papauté . . .  + { 1119       . . .  + 1112
                       1198 }

 9. France  . . .  + { 1630
                       1650 }     . . .  + 1632
                       1670

10. Angleterre  . . + { 2130
                        2150 }    . . .  + 2152
                        2170
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civilisation de l’Orient à l’Occident, par 10 Peuples chefs dont les Apogées se suivent à 5 siècles de distance.

Nous plaçons la date du Déluge en face des Noachides, parce qu’en reculant de 5 siècles sur l’époque assignée aux Assyriens, on tombe précisément sur les temps du Déluge, qui repère ainsi le temps de leur Apogée. Et cette idée de la destruction du peuple au moment de son Apogée, ou de son maximum de développement et de prospérité sociale, est dans l’ordre, puisque c’est précisément ce facteur de prospérité qui provoque la corruption morale et spirituelle, dont le Déluge, dans l’ordre prédestiné de Dieu, était ici le châtiment.

Il est très important d’observer que la Bible, qui prend pour axe de l’Histoire, l’Histoire du Peuple Élu, mais qui a suivi parallèlement la succession des Peuples Chefs, a soin de nous certifier celle-ci par un trait de son dernier Livre, l’Apocalypse. Après avoir parlé des 7 premières puissances de la série, dont la 6e (les Romains) existe comme elle le dit, au temps de St-Jean, elle déclare que la huitième, le 8e Roi,

(n) Apoc. XVII, 10, 11. — Et ce sont aussi sept rois, dont cinq sont tombés ; il en reste un, et l’autre n’est point encore venu ; et quand il sera venu, il ne durera qu’un peu de temps . Et la bête qui était, et qui n’est plus, est le huitième roi ; elle vient des sept, et elle s’en va à la perdition.

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désigne la Bête de la Terre ou le Faux Prophète.

APOC. XIII, 14-17. — Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’elle eut le pouvoir de faire en présence de la bête, commandant aux habitants de la terre de dresser une image à la bête, qui, ayant reçu un coup mortel de l’épée, était encore en vie. Elle eut encore le pouvoir d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et de faire mettre à mort tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête. Et elle obligeait tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, de prendre une marque à la main droite, ou au front. Et personne ne pouvait acheter ni vendre, que celui qui avait la marque, ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom.
APOC. XIX, 20. — Mais la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait fait devant elle des prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête, et qui avaient adoré son image ; ils furent tous deux jetés vifs dans l’étang ardent de feu et de soufre.

Or dans la suite des 10 Puissances conductrices du monde, ce Faux Prophète, ou la Papauté, est bien en effet la 8e.

Les dates du Tableau prises telles quelles, doivent comprendre entre elles 9 périodes quinquaséculaires. On aurait d’après cela, pour l’évaluation brute d’une période :

2528 + 2170     4698
----------- = ------ = 522,
     9            9

ce qui est entièrement de l’ordre des périodes quinquaséculaires, ou temps de Daniel,

   { 528
   { 520
   { 516
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qui ont antérieurement, avec précision, été mesurées par la Bible.

69. De toute cette analyse nous pouvons conclure avec certitude que les périodes quinquaséculaires mises d’emblée en évidence dans la Chronologie de la Bible, et que mesurent les temps de Daniel, n’y sont autre chose que la mise en évidence aussi de la Loi Mathématique de l’Histoire (1).

(1) Pour plus de détails sur cette loi et les phases de sa période, voir « Concordance », ch. I, et « Mathématique de l’Histoire », pp. 129 et suivantes.

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SEPTIÈME LEÇON

PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D’ADAM A JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE LA BIBLE. LE RETOUR DU PEUPLE ÉLU DANS LA RÉGION ORIGINE DE L’HISTOIRE. LE SIGNE D’ÉZÉCHIAS. LA LÉGITIMITÉ DE LA RECHERCHE DU SECOND AVÈNEMENT.

70. La Leçon précédente nous a mis en possession d’une mesure de l’économie historique, jalonnée par périodes quinquaséculaires. La détermination exacte de sa limite, en prenant l’année chronologique pour unité, va nous être donnée maintenant par les Nombres du Livre de Daniel.

Le Prophète choisi pour la faire connaître, est, par un signe caractéristique évidemment intentionnel, placé (à Babylone) au Foyer origine de l’Histoire. Ce Prophète, Daniel, est un membre du Peuple Élu. Quoique son point de vue embrasse toute l’Humanité, c’est, à travers l’Humanité, la destinée de ce Peuple qui reste son principe directeur. A raison de cela il convient, avant

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d’aborder l’examen arithmétique des Nombres de Daniel, de revenir avec la Bible à l’Histoire du Peuple Élu, qu’elle prend pour axe de l’Histoire générale du monde.

Cette histoire du Peuple Élu nous a conduits jusqu’au temps où, uni aux Phéniciens (§ 58), il forme avec eux un des chaînons de la suite historique normale des Peuples chefs, suite que nous venons d’établir.

Elle se continue, à partir de là, à travers les Livres des Rois, par les histoires séparées et parallèles des deux Royaumes ou Maisons d’Israël (ou des 10 Tribus) et de Juda, jusqu’à l’époque où Israël est emmené captif à Ninive, en Assyrie (— 758), Juda captif à Babylone (—606), c’est-à-dire dans les deux villes, Ninive et Babylone, qui, dès l’origine, lors de la Dispersion, et de la Formation des Nations, avaient été intentionnellement mentionnées (§§ 51, 53).

71. Israël et Juda sont ces Deux Témoins de Christ (Apoc. XI)

APOC. XI, 3, 4, 7, 11, 12. — Mais je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser durant douze cent soixante jours, étant vêtus de sacs. Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui sont toujours en la présence du Seigneur de la terre.
Et quand ils auront achevé de rendre leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, et les vaincra, et les tuera.
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Mais après ces trois jours et demi, l’Esprit de vie envoyé de Dieu entra en eux ; et ils se relevèrent sur leurs pieds, et une grande crainte saisit ceux qui les virent. Après cela, ils entendirent une forte voix qui venait du ciel, et qui leur dit : Montez ici ; et ils montèrent au ciel dans une nuée, et leurs ennemis les virent.

qui, subsistant toujours, se retrouveront à la fin de l’Histoire, ou au terme de l’Économie à laquelle nous appartenons. Ils sont représentés aux côtés de Christ dans la Transfiguration,

MATT. XVII, 1-3. (MARC, IX ; LUC IX). — Six jours après, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean, son frère, et les mena sur une haute montagne, à part. Et il fut transfiguré en leur présence ; son visage devint resplendissant comme le soleil, et ses habits devinrent éclatants comme la lumière. En même temps Moïse et Élie apparurent, qui s’entretenaient avec lui.

savoir : Juda par Moïse, de l’œuvre écrite duquel il a été le dépositaire et qu’il a continuée par ses écrivains inspirés ; Israël, par Élie, le Prophète de la Maison d’Israël, qui, non plus que le peuple d’Iraël, ne nous a laissé d’écrits (1).

(1) Remarquons en passant, à ce sujet, la correspondance étroite de différentes parties de l’Écriture. C’est parce que Pierre, Jacques et Jean avaient reçu nominativement leur ministère d’aller vers ceux de la Circoncision (le Peuple Élu) (GAL. II, 7 ; JACQ. I, 1),

GAL. II, 9. — Jacques, Cephas (Pierre) et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, ayant reconnu la grâce qui m’avait été donnée, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la
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main d’association, afin que nous allassions vers les gentils, et eux vers les Juifs.

qu’ils sont appelés à contempler Jésus environné de Moïse et d’Élie sur la Sainte montagne.

II Pi. i, 16-18. — Car ce n’est point en suivant des fables composées avec artifice, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ; mais c’est comme ayant vu sa majesté de nos propres yeux. Car il reçut de Dieu le Père cet honneur et cette gloire, lorsque cette voix lui fut adressée du milieu de la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Et nous entendîmes cette voix envoyée du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne.

A partir de sa captivité en Assyrie, Israël disparaît du champ historique (nous verrons plus tard qu’en réalité il se retrouve dans la descendance des Anglo-Saxons). Juda au contraire subsiste et continue à être visiblement l’instrument de Dieu pour la conservation de la Parole. Il revient en Palestine, reconstruit le Temple avec Zorobabel, la ville même de Jérusalem avec Néhémie traverse la phase de prééminence de la civilisation grecque ; et après avoir, à raison de sa fidélité comme témoin du Dieu vivant, subi la persécution sous Antiochus Epiphane, devenu tributaire de Rome il voit naître, enseigner et mourir au milieu de lui, sans le comprendre, le Christ annoncé par ses Prophètes.

Jérusalem enfin détruite en + 70 par Titus, il

p. 169est définitivement dispersé, comme autrefois Israël, parmi les Nations ; mais c'est pour y rester, toujours vivant devant le monde, l'irrécusable témoin d'une vérité qu'il méconnaît.

72. Au point de vue externe de la Dispensation historique, ce qui frappe notre attention dans le double fait auquel nous venons d'arriver, celui des deux captivités de Juda et d'Israël à Babylone et en Assyrie, c'est (§ 70) qu'ils sont, par ce recul géographique, reconduits dans la région origine de tout le progrès de l'Histoire à la surface de la Terre. Il en résulte que durant la Captivité, lorsque le Prophète Daniel, ainsi placé à Babylone dans cette région origine, trace, comme il l'explique lui-même, sous la figuration des Bêtes (Dan. VII), le tableau de la succession des puissances terrestres, en partant de la Babylone de son temps pour passer par les Médo-Perses aux Grecs, et de là à Rome, non seulement il rejoint ainsi (dès les Grecs) la suite normale de tous les Peuples chefs, mais il remémore virtuellement aussi le tracé complet de toute cette suite normale, depuis la Babylone des premiers temps, sur le lieu géographique de laquelle il se trouve et où cette suite commençait, jusqu'à la fin des temps.

p. 17073. Cette disposition d'une sorte de recommencement de l'Histoire par le Peuple Élu, a pour objet de le présenter dans la Bible non pas seulement comme choisi pour une mission spéciale, mais, par dessus cela, comme un représentant de l'Humanité, ou comme l'homme moyen qui la personnifie. (Nous reconnaîtrons plus tard d'ailleurs que cette notion est nécessaire à l'interprétation complète du Livre de Daniel).

74. Mais il y a plus à dire, et la personnification prend une portée spirituelle profonde par les circonstances dans lesquelles se trouve alors ce Peuple de Dieu. Israël et Juda ont péché contre Dieu en entrant dans le concert des Nations, en s'alliant avec le monde. Ils en sont l'un et l'autre arrachés par la brusque destruction de leur puissance terrestre et par le fait brutal de la captivité, l'un pour disparaître oublié, l'autre pour ne plus subsister que comme un témoin humilié et douloureux. Mais cette violence est charité ; car c'est seulement dans et par l'épreuve que l'âme de l'homme s'affine et peut porter son fruit. Israël et Juda sont donc bien à ce moment de leur histoire les représentants de chacun de nous dans son être spirituel. Comme l'Adam terrestre, ils sont tombés par l'orgueil qui est la racine du péché ; il faut que, dans une humilia-

p. 171tion qui les régénère, ils naissent de nouveau, et recommencent une vie entièrement différente de celle qui a précédé. S'ils ont compris Dieu, sa sévérité leur paraîtra une grâce, et la soumission à sa pensée une libération.

75. Revenons maintenant à la considération des faits externes et de leur enseignement, et demandons-nous si quelque assurance évidente ne nous est pas donnée que cette idée du recommencement et de la régénération est bien liée, dans l'intention de l'Ecriture, au fait d'un recul géographique qui atteint la région origine de l'Humanité. Nous trouverons cette Economie directrice affirmée par un signe solennel ; et en cela même nous découvrirons que ce signe ou Miracle, jusqu'ici pierre d'achoppement parce qu'il n'est pas compris, a, dans le plan intégral de l'Ecriture, une raison d'être et une portée insoupçonnées.

Ce signe, c'est celui qui est accordé à Juda dans la personne de son roi Ezéchias, quand Juda, près, semble-t-il, de disparaître comme Israël, Ezéchias étant malade à la mort et Esaïe annonçant la Captivité de Babylone,

II Rois XVIII, 9-13 ; XX, 1, 16, 17. — Or il arriva, la quatrième année du roi Ezéchias, qui était la septième d'Osée, fils d'Ela, roi d'Israël, que Salmanéser, roi des Assyriens, monta contre Samarie et l'assiégea. Au bout de trois ans,

p. 172ils la prirent ; la sixième année du règne d'Ézéchias, qui était la neuvième d'Osée, roi d'Israël, Samarie fut prise. Et le roi des Assyriens transporta les Israélites en Assyrie, et il les établit à Chalach et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes, parce qu'ils n'avaient point écouté la voix de l'Éternel, leur Dieu, mais qu'ils avaient transgressé son alliance, et qu'ils n'avaient ni écouté ni fait rien de ce qu'avait ordonné Moïse, serviteur de l'Éternel.

Or, la quatorzième année du roi Ézéchias, Sanchérib, roi d'Assyrie, monta contre toutes les villes fortes de Juda, et les prit.

Lorsque le roi Ézéchias eut entendu ces choses, il déchira ses vêtements, il se couvrit d'un sac, et entra dans la maison de l'Éternel.

Alors, Ésaïe dit à Ézéchias : Écoute la parole de l'Éternel : Voici, les jours viennent où tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé dans leurs trésors jusqu'à ce jour, sera emporté à Babylone. Il n'en demeurera rien de reste, dit l'Éternel

le Roi demande, en sa personne, un signe qu'Israël qui semble perdu, que Juda, espérant contre l'espérance, ne périront point cependant.

II Rois xx, 8-10. — Or, Ézéchias avait dit à Ésaïe : Quel est le signe que l'Éternel me guérira, et qu'au troisième jour je monterai à la maison de l'Éternel ? Et Ésaïe répondit : Ceci te sera, de la part de l'Éternel, le signe que l'Éternel accomplira la parole qu'il a prononcée : L'ombre avancera-t-elle de dix degrés, ou reculera-t-elle de dix degrés ? Et Ézéchias dit : C'est peu de chose que l'ombre avance de dix degrés ; non, mais que l'ombre rétrograde de dix degrés.

L'Ombre alors

II Rois xx, 11. — Et Ésaïe, le Prophète, cria à l'Éternel, qui fit rétrograder de dix degrés l'ombre, par les degrés qu'elle avait descendus sur le cadran d'Achaz.

p. 173rétrograde de 10 degrés au Cadran solaire d'Achaz, c'est-à-dire du roi de Juda dont le règne avait marqué à son avènement, — 761, la Dispersion — 758 des 10 Tribus d'Israël (arrivée trois ans plus tard ; comp. II Rois XX, 8, « au 3ᵉ Jour »).

Le Soleil dans sa course diurne marche dans le ciel de l'Orient à l'Occident, c'est-à-dire de gauche à droite quand on regarde le Sud (ou la direction du Soleil à midi). L'ombre portée sur le Cadran par la tige fixe, ou Style du Cadran, avance sur ce Cadran à mesure que le Soleil avance dans le ciel. Si l'ombre rétrograde, c'est que le Soleil rétrograde ou retourne de l'Occident vers l'Orient, ou vers les lieux situés à l'Est de celui où on se trouve.

Ezéchias est en Palestine, la Terre des 12 Tribus ; la rétrogradation est de 10 degrés. Or cette mesure de 10 degrés est précisément la différence de 10 degrés de longitude qui embrasse sur la Terre la Palestine et la région de Ninive-Babylone (1). On a en effet :

(1) On peut, quoique cela ne soit ici nullement nécessaire, puisque la Bible s'adresse à nous, rappeler qu'à l'époque d'Ezéchias la division sexagésimale du cercle en degrés était de connaissance commune.

p. 174

                          LONG. DE GREENWICH.
           ⎧ Gaza (1) . . . . .  34° 29′  ⎫
           ⎪ Jérusalem . . . . . 35  15   ⎪
(Palestine)⎨ Damas . . . . . . . 36  20   ⎬ 10° ;
           ⎪ Ninive . . . . . .  43  10   ⎪
           ⎩ Babylone . . . . .  44  29   ⎭

et ce qui en outre prouve que le fait de la rétrogradation solaire est lié, dans l'intention de l'Écriture, à cette mesure géographique, c'est la mention particulière qu'elle fait des envoyés de Babylone, qui vinrent s'informer auprès d'Ezéchias du miracle qui était arrivé sur la Terre.

II CHR. XXXII, 31. — Toutefois, lorsque les chefs de Babylone envoyèrent des messagers vers lui pour s'informer du prodige qui était arrivé sur la terre, Dieu l'abandonna pour l'éprouver, afin de connaître tout ce qui était dans son cœur.

Le signe de la rétrogradation donné au Peuple Elu, dans la personne d'Ezéchias, en témoignage de guérison et de salut, signifie donc que la dure épreuve de la Captivité, qui devait marquer pour ce peuple le commencement d'une nouvelle exis-

(1) ACT. VIII, 26. — Et un ange du Seigneur parla à Philippe, et lui dit : Lève-toi et va du côté du midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza la déserte.
(Gaza, point limite ouest de la Palestine.)
Nos nombres donnent exactement 10° par la différence de leurs déterminations, qui ont été tout à fait indépendantes. Cette rigueur n'était nullement nécessaire pour l'objet actuel.

p. 175tence, était en réalité un témoignage de la miséricorde de Dieu.

Le lecteur réfléchi, s'il a bien présent à l'esprit tout l'ensemble systématique de faits externes que nous avons parcouru jusqu'ici, ensemble qui révèle déjà d'une manière démonstrative la Bible comme l'œuvre particulière et intentionnelle d'une puissance intelligente et consciente, supérieure à celle de l'homme, conclura de la manière systématique dont le Signe d'Ézéchias se trouve relié à cet ensemble, que la réalité du Miracle peut se démontrer par des preuves externes d'ordre mathématique ; la répugnance, en quelque manière insurmontable, que les errements actuels de notre esprit lui opposent, n'est que l'effet d'une éducation qui interdit de raisonner avec le calme qu'il faudrait.

76. Après cette analyse de l'ordre et du plan historiques relatifs au Peuple Élu, nous avons, comme nous l'avons annoncé (§ 70), à compléter maintenant la Chronologie de la Bible par les nombres de Daniel. Ce prolongement de la Chronologie aura pour résultat de la constituer à travers tous les temps de l'Histoire, d'Adam au Règne de Christ ; ce règne est inauguré par la Seconde Venue, terme suprême de l'Économie actuelle annoncé par toute l'Écriture, et ce terme

p. 176va être enseigné par des nombres précis. Mais, par cela même, une considération préalable s'impose encore, d'une importance capitale à raison de certains errements théologiques courants.

Il importe en effet, pour sauvegarder à notre esprit une entière liberté dans l'examen scientifique du document de Daniel, d'écarter l'idée préconçue qu'il y aurait incompatibilité entre la recherche des temps à venir concernant l'Etablissement du Royaume de Dieu, et certains passages par lesquels l'Ecriture nous déclarerait l'impossibilité de leur détermination. Tel est le passage Marc XIII, 32-37, où il semblerait à première vue que cette connaissance historique est refusée au Seigneur lui-même.

MARC. XIII, 32-37. — Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, personne ne le sait, non pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais seulement le Père.

Prenez garde à vous, veillez et priez : car vous ne savez quand ce temps viendra. Il en est comme d'un homme qui, allant en voyage, laisse sa maison, et en donne la conduite à ses serviteurs, marquant à chacun sa tâche, et qui ordonne au portier d'être vigilant. Veillez donc car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra ; si ce sera le soir, ou à minuit, ou à l'heure que le coq chante, ou le matin ; de peur qu'arrivant tout à coup, il ne vous trouve endormis. Or, ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez.

Notre réponse sera qu'il faut, pour résoudre ce point, laisser parler la Parole de Dieu tout entière.

p. 177Tout d'abord, le Livre de Daniel (Chap. XII) nous annonce que les indications précises de nombre qu'il nous donne concernant ce temps de la fin, après avoir été longtemps incomprises seront comprises à une époque déterminée. « Mais toi, Daniel, ferme ces paroles et scelle ce livre jusqu'au temps déterminé où plusieurs le parcourront et la science sera augmentée » (XII, 4). « Ce que j'entendis bien, mais je ne le compris point, et je dis : mon Seigneur, quelle sera l'issue de ces choses ? Et il me dit : Va, Daniel ; car ces paroles sont closes et scellées jusqu'au temps marqué » (XII, 8, 9).

Cette époque annoncée n'était pas encore venue au temps des Apôtres, après la résurrection du Seigneur et avant qu'ils reçussent le Saint-Esprit ; car lorsqu'ils lui demandent, lors de l'annonce qu'il leur fait du Baptême du Saint Esprit : « Seigneur, sera-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? », il leur répond : « Ce n'est pas à vous de savoir les temps ou les moments dont le Père a réservé la disposition à sa propre puissance » (Act. I, 5-7). Plus tard cependant, Jean, celui qui, selon la volonté de Christ, est demeuré « jusqu'à ce qu'il vienne »,

(JEAN XXI, 22, 23.) — Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi. Ce qui fit courir le bruit parmi les frères que ce disci-

p. 178ple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit : Il ne mourra point ; mais il avait seulement dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?

reçoit dans l'Apocalypse et nous transmet la vision des temps jusqu'à la Seconde Venue du Seigneur et jusqu'à l'Etablissement de son Règne ; car l'Apocalypse est (Apoc. I, 1) : « La Révélation de Jésus-Christ, qu'il a reçue de Dieu pour faire connaître à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt ». « Ecris », dit-il à Jean, « les choses que tu as vues, celles qui sont, et celles qui doivent arriver à l'avenir » (Apoc. I, 19).

Et de fait l'Apocalypse nous conduit, d'accord avec Daniel, à l'Avènement de Christ et à la Résurrection des morts, en jalonnant toute sa prophétie par des indications de nombre.

On voit par tout cela que si la Parole de Dieu est une, et le Canon des Ecritures déterminé, la connaissance ou la compréhension progressive de cette Parole par les hommes est ordonnée suivant un plan déterminé.

D'autre part, une ordonnance voulue de la connaissance se retrouve aussi en Christ, c'est-à-dire dans les profondeurs mystérieuses du fait de l'union du Dieu éternel avec l'Homme. Sans qu'on cherche d'abord à déterminer en quoi peut ici consister pour le Fils de l'Homme la non

p. 179connaissance, il est déclaré qu'une mesure de non connaissance lui est imposée. Jésus, parlant à ses disciples de la Venue du Fils de l'Homme sur les nuées à la fin de l'Économie actuelle, et de la nécessité pour eux de veiller et d'être toujours prêts, déclare que : « Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, personne ne le sait, non pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais seulement le Père » (Marc XIII, 32). Et cependant le Fils est l'ordonnateur de la vérité et de la connaissance : dans ce même temps de son ministère et de son humiliation terrestre, il leur annonce qu'après qu'il les aura quittés, « il leur enverra de la part du Père l'Esprit de vérité qui procède du Père » (Jean XV, 26).

JEAN XV, 26. — Mais lorsque le Consolateur sera venu, lequel je vous enverrai de la part de mon Père, savoir, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, c'est lui qui rendra témoignage de moi.

« Le Consolateur qui est le Saint-Esprit, que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses » (Jean XIV, 26).

JEAN XIV, 26. — Mais le Consolateur, qui est le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous remettra en mémoire toutes celles que je vous ai dites.

p. 180Enfin quand plus tard il apparaît à ses disciples dans son corps glorifié par la Résurrection, encore sur la Terre et avant son élévation au ciel dans l'Ascension,

ACT. 1, 9. — Et après qu'il eut dit ces paroles, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée l'emporta de devant leurs yeux.

il leur déclare, comme déjà on l'a expliqué plus haut, qu'il viendra (Jean XXI, 22, 23) après cette Élévation, pour dire, dans le dernier écrit qui couronne et termine la Parole de Dieu (l'Apocalypse de St-Jean), lui-même le Révélateur des choses qui doivent arriver jusqu'à la fin du Monde.

Arrêtons-nous d'abord un instant pour faire réflexion sur un enseignement profond que comporte à notre égard cette ordonnance relative au fait mystérieux de l'Incarnation et de la Rédemption. Elle nous montre le Fils de Dieu descendant, dans la sujétion d'un abaissement volontaire, à ne vouloir être que ce que nous sommes, et à partager, aussi bien que nos misères morales, lui qui était sans péché et la Lumière du monde, les doutes, les luttes et les ténèbres de notre état de connaissance déchue, ténèbres qui sont, elles aussi, un châtiment du péché.

La déclaration que « même le Fils » ne connait pas (Marc XIII, 32), dont par un manque d'intelligence spirituelle on a voulu tirer une preuve

p. 181de la non divinité de Jésus-Christ dans le sens vrai et absolu, est donc, dans cette vue, une preuve resplendissante au contraire de cette divinité.

Mais cette considération fondamentale étant établie, il nous importe de bien nous rendre compte, d'après les paroles du Seigneur, dans quelle mesure et à quel objet s'applique cette déclaration de l'Écriture ; et nous pouvons être tout assurés qu'il ne s'agit pas en ceci d'un degré de connaissance qui, dans notre prétention à connaître les temps de la Seconde Venue, refusé à Jésus-Christ nous ferait en quelque chose connaître ce que Jésus-Christ vivant avec nous n'a pas connu. La solution vraie sera telle qu'elle accroîtra encore sa grandeur à nos yeux. C'est dire qu'il ne peut agir ici d'une simple donnée de science historique externe. Il ne peut être question, d'accord avec ce que nous venions d'induire généralement, que d'une participation volontaire du Fils à une croix de notre vie morale.

Or, comme on va le reconnaître, la croix que le Fils condescend ici à porter avec nous, et pour nous devant le Père, c'est l'état d'incertitude ou d'angoisse de nos existences de chaque jour, c'est notre ignorance absolue de l'instant toujours menaçant de notre mort, « le Roi des épouvante-

p. 182ments » comme parle l'Ecriture, et pour chacun de nous la fin de tout.

Il est certain en effet, par les paroles mêmes du Seigneur, que la non connaissance dont il s'agit ne vise pas, en ce qui concerne la Seconde Venue, l'événement historique lui-même, puisqu'il a soin de signaler à ses disciples, dans la suite des temps, des événements qui montreront que ce ne sera pas encore la fin :

Marc XIII, 7. — Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne vous troublez point, car il faut que ces choses arrivent ; mais ce ne sera pas encore la fin.

de leur dire qu'il faudra, avant cela, que l'Evangile ait été prêché à toutes les nations ;

Marc XIII, 10. — Mais il faut que l'Évangile soit auparavant prêché à toutes les nations.

qu'il faut lire à cet égard avec attention le prophète Daniel,

Marc XIII, 14. — Or, quand vous verrez l'abomination qui cause la désolation, et dont le prophète Daniel a parlé, établie où elle ne doit pas être (que celui qui le lit y fasse attention) ; alors que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient sur les montagnes.

— qui nous donne, sur le sujet, des indications précises de nombre, — et observer ainsi progressivement les événements, pour savoir, au temps voulu où ils arriveront, que le Seigneur est proche et à la porte.

p. 183Marc XIII, 28, 29. — Apprenez ceci par la comparaison d'un figuier : Quand ses branches commencent à être tendres, et qu'il pousse des feuilles, vous connaissez que l'été est proche. Vous aussi de même, quand vous verrez que ces choses arriveront, sachez qu'il est proche et à la porte.

Par conséquent, et c'est ce que montre bien l'ordre et la suite du discours (vers. 32-37, cités plus haut), la non connaissance du Fils (32) concerne précisément ici la mort de ses Élus ; et on comprend d'ailleurs seulement dans ce point de vue l'avertissement solennel, adressé à chacun d'avoir à veiller (Marc XIII, 37), « car vous ne savez », leur dit-il, « à quelle heure » (matin, soir, heure que le coq chante) (Marc XIII, 35) « votre Seigneur doit venir. »

Matt. XXIV, 42. — Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur doit venir.

Si l'on fait abstraction en effet, comme on doit le faire au point de vue de la destinée spirituelle d'un homme, du temps qui s'écoule entre sa mort et sa résurrection, laquelle aura lieu à l'Avènement du Seigneur, les instants de cette mort et de cet Avènement se confondent ; d'ailleurs ceux qui sont morts dorment.

Dan. XII, 2. — Et plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre et une infamie éternelle.

p. 184I Thess. IV, 15. — Car nous vous déclarons ceci par la parole du Seigneur : c'est que nous les vivants, les restants sur la terre à la venue du Seigneur, nous ne préviendrons point les dormants. (Martin ; c'est le terme de l'original.)

et dans le sommeil on perd la notion du temps ; et par conséquent, pour l'individu, la connaissance de l'époque du Second Avènement dans le plan de l'Histoire, n'enlève rien à l'indécision absolue qui subsiste pour lui, à raison de sa mort, quant à l'époque de sa mise en présence du Seigneur (1).

La détermination historique du Second Avènement, si elle nous révèle d'une manière plus claire le plan de Dieu dans l'Écriture, si elle donne une base plus ferme à notre foi, ne peut donc influer en rien sur l'état d'attente et de veille incessante que nous commande, comme à

(1) Non seulement cette interprétation paraît seule digne du sujet, mais elle est seule, en fait, valable. Dira-t-on par exemple, pour expliquer le texte, que si le Seigneur peut comme nous connaître l'époque chronologique de la Seconde Venue, le texte veut dire qu'il n'en connaît cependant pas, dans son année future connue et déterminée, la date exacte, le jour, l'heure, etc. Mais cette idée, un peu puérile, ne tient même pas, considérée en elle-même. Car connaissant dans la suite des temps l'époque du Second Avènement, le Seigneur saurait qu'alors ceux auxquels il parle actuellement seront morts depuis longtemps. Comment donc pourrait-il leur dire d'attendre historiquement cette Venue d'heure en heure et d'instant en instant ?

p. 185chaque seconde, l'incertitude toujours subsistante de la vie.

D'ailleurs cette dualité de points de vue, savoir celui de l'individu et celui de l'Humanité collective, est bien ce qui préside, en ce qui concerne le Second Avènement, tant aux enseignements des écrivains du Nouveau Testament qu'à ceux du Discours prophétique du Seigneur lui-même (Matt. XXIV, 4-XXV, 30 ; Marc XIII, 5-37 ; Luc XXI, 8-36) ; car les signes des temps, signes avant l'accomplissement desquels le Second Avènement n'aura pas lieu, y sont aussi non moins explicitement signalés.

Un exemple remarquable s'en trouve dans l'avertissement que donne Paul à ceux de son temps, dans II Thess. II, 1-12, concernant « l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui » (vers. 1).

(1) II Thess. II, 1-12. — Pour ce qui regarde l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, et notre réunion avec lui, nous vous prions, mes frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos pensées, et de ne point vous troubler par quelque inspiration, ou par des paroles, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de notre part, comme si le jour de Christ était proche. Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car ce jour-là ne viendra point que la révolte ne soit arrivée auparavant, et qu'on n'ait vu paraître l'homme de péché, le fils de perdition ; qui s'oppose et qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu, ou qu'on adore, jusqu'à s'asseoir comme un Dieu dans le temple de

p. 186Dieu, voulant passer pour un Dieu. Ne vous souvient-il pas que je vous disais ces choses lorsque j'étais encore avec vous ? Et vous savez ce qui le retient présentement, afin qu'il ne soit manifesté que dans son temps. Car le mystère d'iniquité se forme déjà ; il faut seulement que celui qui lui fait obstacle présentement, soit détruit. Et alors paraîtra ce méchant, que le Seigneur détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il abolira par l'éclat de son avènement. Ce méchant viendra avec la force de Satan, avec toute sorte de puissance, avec des signes, et de faux miracles, et avec toutes les séductions qui portent à l'iniquité ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont point reçu l'amour de la vérité, pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra un esprit qui donnera efficace à l'erreur, en sorte qu'ils croiront au mensonge ; afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui se sont plu dans l'injustice, soient condamnés.

Il les prie de ne pas se laisser ébranler facilement dans leurs pensées « comme si le jour de Christ était proche » (2). Car ce jour-là ne viendra point, dit-il, que la révolte ne soit arrivée auparavant, et qu'on n'ait vu paraître celui qui s'asseoira comme un Dieu dans le temple de Dieu, voulant passer pour un Dieu (3-4). Il viendra avec toute sorte de puissance, avec des signes et de faux miracles, et séduira ceux qui n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés (9-10). Cette iniquité cachée (le mystère d'iniquité) se forme déjà (7) ; mais ce Faux Prophète (la Papauté) ne sera manifesté qu'en son temps (6), lorsque celui qui lui fait encore obstacle présentement, (c'est-à-dire le Peuple chef actuel

p. 187ou l'Empire romain), disparaîtra pour lui céder la place (6, 7).

Nous concluons de tout cela, ou de l'enseignement de l'Ecriture elle-même, que nous pouvons avec une entière confiance, c'est-à-dire avec la certitude de nous conformer à sa véritable intention, computer les nombres qu'elle nous offre, pour la détermination précise de tous les temps de l'Histoire, et pour celle même du Second Avènement du Seigneur ; ou, si l'on veut serrer d'aussi près qu'on peut la mesure des données de l'Ecriture, d'un événement capital qui sert de repère dans l'Ecriture aux temps de cet Avènement, et dont elle va nous calculer l'époque avec une précision chronologique.

HUITIÈME LEÇON

p. 189

PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE LA BIBLE. LES NOMBRES DE DANIEL JUSQU'AU SECOND AVÈNEMENT.

77. Nous avons établi dans la Leçon précédente la légitimité de la recherche chronologique du Second Avènement. Abordons maintenant l'examen du document de Daniel qui concerne ce grand objet.

Ce document fixe nos idées par des nombres donnés d'une manière nette dans trois parties distinctes, savoir les Chapitres VIII, IX et X-XI-XII. Ces parties sont distinctes comme l'indiquent d'une manière externe les trois dates (VIII, 1 ; IX, 1 ; X, 1)

DAN. VIII, 1. — La troisième année du roi Belshatsar, moi, Daniel, j'eus une vision, outre celle que j'avais eue auparavant.

DAN. IX, 1. — La première année de Darius, fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, qui avait été établi sur le royaume des Caldéens.

DAN. X, 1. — La troisième année de Cyrus, roi de Perse, une parole fut révélée à Daniel, qu'on nommait Beltshatsar, et cette parole est véritable et annonce un grand combat. Et il comprit la parole, et il eut l'intelligence de la vision.

p. 190qui les repèrent par la même formule (1).

En même temps ces trois parties constituent trois documents ayant un objet général commun. Cela peut se montrer, avant toute analyse continue et détaillée de chacune d'elles, par le Tableau du parallélisme et de l'analogie de leurs traits caractéristiques. Voyez le Tableau VIII ci-contre.

Les deux déclarations AA qui se trouvent en tête des colonnes IX et (X-XI-XII) se rapportent toutes deux au but final et suprême de l'Economie historique actuelle, savoir la Venue de Christ en son Règne.

Les cases BCD dans les trois documents concernent des faits politiques liés à une profanation religieuse, — le sacrifice continuel ôté ; le sanctuaire détruit, souillé ; l'abomination (l'idole) substituée au vrai Dieu ; — et ayant pour conséquence la désolation et la ruine. Les cases B définissent ces faits ; les cases C annoncent, les cases D donnent à leur égard, des mesures chronologiques.

Les cases E enfin témoignent que le terme final envisagé par les trois documents dans leur vue historique, après la période de trouble qu'ils dépeignent, est l'Avènement du Règne de Dieu.

(1) La mention de la 1re année de Darius le Mède en XI, 1 n'est pas une mention chronologique de Daniel, mais fait partie du discours courant de Celui qui parle à Daniel.

p. 191

TABLEAU VIII.

LIVRE DE DANIEL

VIIIIXX-XI-XII
A) Il est question de « 70 semaines déterminées pour abolir le crime, consumer le péché, amener la justice des siècles, accomplir la vision et la prophétie et oindre le Saint des Saints » (24).A) Le chapitre XII annonce « après un temps de détresse tel qu'il n'y en a point eu depuis qu'il y a des nations jusqu'à ce temps là » (1), la Résurrection des morts (2) et le règne des justes ressuscités (3).
B) Il est question dans ce chapitre d'une puissance qui « ôte le sacrifice continuel et détruit le sanctuaire » (11).B) « Le peuple d'un conducteur qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et des désolations déterminées arriveront » (26).B) (XI, 30, 31) Avec les apostats de la Sainte Alliance on souillera le sanctuaire, on fera cesser le sacrifice continuel, et on y mettra l'abomination qui causera la désolation.
C) « Jusqu'à quand » est-il dit, « durera cette vision » (13).C) « La parole est sortie dès le commencement des prières. Écoute donc la parole, et comprends la vision » (23).C) « jusqu'à quand sera la fin de ces merveilles » (XII, 6).
D) « touchant le sacrifice continuel et le péché qui cause la désolation, pour livrer le sanctuaire et l'armée à être foulés aux pieds » (13). Il est répondu : « Jusqu'à 2300 soirs et matins » (14).D) (25, 26) Les 7 + 62 semaines. Puis : « Dans une semaine l'alliance sera confirmée à plusieurs ; à la moitié de cette semaine on fera cesser le sacrifice et l'oblation » ; puis par le moyen des ailes abominables qui causeront la désolation, la ruine fondra sur le désolé » (27).D) Il est répondu que ce sera après 3 ½ temps « et « lorsque la force du peuple saint sera dispersée, toutes ces choses seront accomplies » (XII, 7). D'ailleurs « depuis le temps que le sacrifice continuel aura cessé et qu'on aura mis l'abomination de la désolation (XI, 30, 31), il y aura 1290 jours (XII, 11).
E) « après quoi le sanctuaire sera purifié » (14).E) La fin de la dispensation est : « accomplir la vision et la prophétie et oindre le Saint des Saints » (24).E) « Heureux » est-il ajouté « celui qui attendra et atteindra 1335 jours » (XII, 12).
p. 192

78. Nous réitérerons ici ce que déjà nous avions dit en passant au § 23. Le mot hébreu que dans ces documents on traduit par jour, désigne généralement une unité de temps. Il a par exemple les acceptions : soit de jour proprement dit (12 heures de jour), soit de jour désignant à la fois le jour et la nuit (24 heures), soit en général de temps. L'unité de temps la plus naturelle à prendre dans l'évaluation des durées historiques étant l'année, c'est elle que nous devons d'abord envisager. (Nous verrons d'ailleurs ci-après (§ 95) la signification de la désignation particulière des soirs et matins pour les 2300 ans de Dan. VIII).

79. Ceci posé, les deux documents VIII et X-XI-XII nous renseignent comme se terminant à la fin de la phase de tribulation B C D :

l'un, (VIII), une durée de 2300 ans ;
l'autre, (X-XI-XII), une durée de 1290 ans.

(Comme nous l'avons déjà vu dans une Leçon précédente (§ 23), ces derniers 1290 ans sont la valeur des 2 ½ temps qui font partie des 3 ½ temps de XII, 7, et que Daniel partage explicitement en 1 + (2 + ½).

Ces deux durées ayant la même limite chronologique, il en résulte que si l'on connaissait (Fig. 11) la date (a) où commencent les 2300 ans,

p. 193

tout serait fixé et connu dans leur ensemble, puisqu'il suffirait alors de

(Fig. 11).

                    2300
   a |________________________________| c
                              b
                          1290

retrancher 1290 de la date c où les 2300 se terminent, pour avoir la date b où les 1290 commencent.

Or il se trouve que précisément la situation dans l'Histoire de ce commencement a des 2300 ans du Chapitre VIII, est donnée d'une manière tout à fait explicite. Les peuples sont dans ce Chapitre désignés par leurs noms historiques.

80. Dans sa Vision en effet Daniel se trouve placé en Perse (Elam).

Dan. VIII, 2. — J'eus une vision, et il arriva, comme je regardais, que j'étais à Suse, la capitale, dans la province d'Elam, et, dans ma vision, je me trouvais près du fleuve Ulaï.

Il voit sous la forme d'un Bélier, ayant deux cornes inégales parce que les Perses étaient prédominants, la puissance Médo-Perse.

Dan. VIII, 3, 20. — Je levai les yeux, je regardai, et voici, un bélier se tenait devant le fleuve ; et il avait deux cornes, et ces deux cornes étaient hautes, mais l'une était plus haute que l'autre, et la plus haute s'éleva la dernière.
Le bélier que tu as vu, qui avait deux cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses.
p. 194

en lutte contre les puissances placées géographiquement par rapport à elle dans la direction moyenne de l'Occident ; et il observe le progrès de cette puissance.

Dan. VIII, 4. — Et je vis le bélier qui frappait de ses cornes vers l'occident, vers le nord et vers le midi ; et aucune bête ne pouvait subsister devant lui, et il n'y avait personne qui délivrât de sa puissance ; mais il faisait tout ce qu'il voulait, et il devint grand.

Il assiste au conflit de la Perse avec la puissance grecque (la Grèce ; Javan),

Dan. VIII, 5, 21. — Et comme je regardais attentivement, voici, un bouc venait de l'occident, parcourant toute la terre sans toucher le sol ; ce bouc avait une corne considérable entre les yeux. … ; et le bouc velu, c'est le roi de Javan ; et la grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi.

ayant à sa tête le premier Roi (21) (de l'Empire macédonien ; Alexandre), et figurée par un Bouc (5), qui a une grande corne, qui vient de l'Occident, et qui parcourt la surface de la Terre comme s'il ne touchait pas le sol (5), pour marquer la rapidité de l'Expédition d'Alexandre vers l'Orient, à travers la Perse et jusqu'à l'Indus, et le caractère foudroyant (6, 7)

Dan. VIII, 6, 7. — Il vint jusqu'au bélier qui avait les deux cornes, et que j'avais vu se tenant devant le fleuve ; et il courut contre lui dans la fureur de sa force. Et je le vis atteindre le bélier ; et, s'irritant contre lui, il le heurta et
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brisa ses deux cornes ; et le bélier n'avait pas la force de lui résister ; il le jeta à terre et le foula aux pieds, et il n'y eut personne qui délivrât le bélier de sa puissance.

des conquêtes du héros macédonien (mort à Babylone en — 323).

Daniel voit ensuite cette imposante mais éphémère puissance tomber, et la Monarchie macédonienne, dont Alexandre était le Premier Roi (21), ou la grande corne (5), partagée entre ses généraux en quatre royaumes (8, 22).

Dan. VIII, 8, 22. — Et le bouc grandit extrêmement ; mais quand il fut puissant, sa grande corne se brisa, et, à sa place, il en surgit quatre considérables, vers les quatre vents des cieux. — Et cette corne s'étant brisée, les quatre cornes qui se sont élevées à sa place sont quatre rois qui s'élèveront de cette nation, mais ils n'auront pas sa force.

La grande corne est ainsi remplacée par quatre autres (8), qui sont en effet, (en — 301), comme cela est bien connu par l'Histoire classique :

1. Macédoine et Grèce . . . . .  (Cassandre)
2. Thrace et Bithynie . . . . .  (Lisimaque)
3. Égypte, Palestine et Arabie . .  (Ptolémée)
4. Syrie, Babylonie et Perse . . .  (Séleucus).

Ces royaumes seront tous les quatre absorbés plus tard par l'Empire romain.

81. A cela succède en (9-12) ou (23-25),

p. 196
Dan. VIII, 9-12. — Et de l'une d'elles surgit une petite corne qui s'agrandit beaucoup vers le midi, vers l'orient, et vers le pays de gloire. Et elle grandit jusqu'à l'armée des cieux, et elle fit tomber à terre une partie de l'armée des étoiles, et les foula aux pieds. Elle s'éleva même jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice continuel et abattit la demeure de son sanctuaire. Et un certain temps lui fut donné (Martin) (1), à cause de la déloyauté contre le sacrifice continuel, et la corne jeta la vérité par terre, et elle agit et prospéra.
Dan. VIII, 23-25. — Et à la fin de leur règne, quand les pécheurs auront comblé la mesure, il s'élèvera un roi au visage audacieux et entendu dans l'artifice. Sa puissance s'accroîtra, mais non pas par sa propre force. Il fera des ravages extraordinaires ; il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints, et, par son habileté, il fera réussir la fraude dans sa main. Il s'enorgueillira dans son cœur, et à l'improviste il fera périr beaucoup de gens ; il s'élèvera contre le Prince des princes ; mais il sera brisé sans le secours d'aucune main.

une persécution religieuse dirigée contre le Peuple élu, par un roi, la petite corne, issu de la suite des rois précédents, et sorti de l'un des quatre royaumes mentionnés.

Ce fait historique, universellement connu, est la persécution des Juifs par Antiochus Epiphane, roi de Syrie, qui appartient à la qua-

(1) Le mot צָבָא signifie temps déterminé, temps de service (comme en Job. VII, 1, « l'homme a un temps de service, un service de soldat, sur la terre »), temps assigné pour une action ; certaines versions le traduisent armée, puissance, etc. Les deux sens du mot sont connexes.

p. 197

trième des monarchies de la liste précédente. Antiochus en effet, comme le dit VIII, 9, dirige ses agressions contre l'Égypte, (le midi), vers la Babylonie et la Perse (l'Orient), et dans la Palestine (le pays de la gloire).

Antiochus, après avoir été mis sur le trône par les factions, à la suite de l'assassinat de son frère Séleucus par Héliodore, en — 175, a sa première année de règne en — 174. En — 171, au milieu de la semaine d'années — 174 à — 168, il envahit l'Égypte ; en — 168, il profane le Temple de Jérusalem et entre dans le Sanctuaire. Il contraint les Juifs à l'impiété. Il meurt au milieu de la semaine suivante, en — 164.

On trouve au Livre des Macchabées (II Macch. Chap. V-IX), le détail des profanations et de la persécution d'Antiochus.

82. Ce qui, dans le plan de la Bible, donne à ce fait une importance capitale, c'est qu'il constitue, à travers l'Histoire, la première manifestation d'une persécution contre le Peuple de Dieu par une cause qui est l'Impiété, et qui procédant d'une volonté mauvaise prétend contraindre par la violence le peuple à l'Impiété. C'est le prélude et l'annonce aussi dans l'Histoire, des persécutions de cet ordre dont seront l'objet, sous la Nouvelle Alliance, les serviteurs de Jésus-Christ.

p. 198

Aussi verrons-nous plus tard, dans notre étude de la Prophétie, cette persécution du Peuple Élu sous l'Ancienne Alliance, être présentée comme correspondante à la persécution de l'Eglise de Christ par le Faux Prophète catholique-romain durant la Nouvelle Alliance ; et Antiochus Epiphane d'une part, la Papauté de l'autre se trouver désignés dans la Bible, comme des manifestations du même ordre de l'Esprit du Mal.

Cela même explique d'ailleurs, dans le Chapitre VIII, comment, après qu'on a vu, aux versets 10-12, mentionné le fait historique de la Profanation du Temple par Antiochus, il est question (13) d'une vision qui s'étend après cela sur un temps historique déterminé (jusqu'à quand durera la vision, etc.),

Dan. VIII, 13. — Et j'entendis parler un saint, et un autre saint dit à celui qui parlait : Jusques à quand durera la vision du sacrifice continuel et du péché qui cause la désolation, qui livre le sanctuaire et l'armée pour être foulés aux pieds ?

temps très étendu comme le dit le verset 26, et qui n'est autre, ainsi que cela est déclaré (26, 14),

Dan. VIII, 26, 14. — La vision des soirs et des matins, qui a été dite, est véritable. Mais toi, scelle la vision, car elle se rapporte à un temps éloigné. Et il me dit : Jusqu'à deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifié.

que les 2300 ans, ceux dont nous avons mainte-

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nant à nous occuper au point de vue chronologique.

83. Le fait historique propre à Antiochus, c'est-à-dire la profanation du Temple, a lieu, avons-nous dit, d'accord avec ce qui est connu par l'Histoire, en

— 168.

La première année des 2300 ans qui suivent ce fait, car cette succession s'accorde avec l'intention des paroles : « le temps que durera la vision », est

— 167.

Les 2300 ans conduisent donc, à partir de — 167, qui est leur première année, à la date

— 167 + 2300 = + 2133 ;

c'est-à-dire qu'il faut d'abord décompter 167 ans pour arriver à l'Ère chrétienne, et qu'il reste, au-delà, 2133 ans.

La dernière année des 2300 ans est donc l'an 2133 après notre Ère ; et nous devons tout de suite faire la réflexion, qui ne peut manquer de frapper aussi le lecteur attentif, que nous sommes ainsi conduits à cette même limite du XXIIe

p. 200

siècle, à laquelle nous avait déjà précédemment amenés la Loi de l'Histoire (§§ 66, 68).

84. Passons maintenant aux nombres du document X-XII de Daniel.

D'après ce qu'on a vu (§ 79), et d'après ce qu'on vient de découvrir, la dernière année des 1290 ans du Chapitre XII, qui est la même que celle des 2300, puisqu'ils ont la même limite, est

2133.

Le commencement de ces 1290 (ou celui des 2 ½ temps de Daniel) est donc

2133 — 1290 = + 843 ;

et si l'on retranche encore un temps, ou 516 ans, on a pour le commencement des 3 ½ temps du Chapitre XII de Daniel, lesquels valent ensemble 3 ½ × 516 = 1806 ans,

843 — 516 = 327.

Or ces deux dates 843, 327, sont des dates historiques fondamentales, puisqu'elles ne sont autres que les dates célèbres de Constantin et de Charlemagne qui établissent la puissance de la Papauté. Il suffirait s'il en était besoin, et pour en avoir un témoignage non équivoque, de rap-

p. 201

peler ici les passages antérieurement cités de Bossuet (§ 63). La première est celle

843

du Traité de Verdun ou du partage de l'Empire de Charlemagne, qui met l'Europe entre les mains de la Papauté ; l'autre,

327 = (325 + 329) / 2,

est exactement le centre des deux dates, caractéristiques au point de vue spirituel et au point de vue politique, du Concile de Nicée et du Transfert du siège de l'Empire à Constantinople, dates auxquelles Constantin inaugure ainsi la puissance spirituelle et temporelle de l'Évêque de Rome ou du Pape (Sylvestre I).

85. Ceci est un résultat chronologique indépendant de toute appréciation particulière des faits considérés en eux-mêmes. Il reste à savoir ce que l'Écriture pense de ceux-ci. Or son appréciation est nette ; pour elle (XII, 11),

Dan. XII, 11. — Et, depuis le temps où cessera le sacrifice continuel et où l'on mettra l'abomination de la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours.

ce temps de Daniel (le premier des 3 ½ temps) qui part de Constantin et aboutit à Charlema-

p. 202

gne, et qui est historiquement celui de l'institution et de l'établissement du pouvoir de la Papauté, est celui aussi où par l'institution du sacrifice continuel et toujours répété de la Messe, on aura aboli le vrai Sacrifice, continuel parce qu'il est unique, de Christ.

Héb. IX, 11, 12. — Mais Christ, le souverain sacrificateur des biens à venir, ayant passé par un tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'a point été fait de main, c'est-à-dire, qui n'a pas été construit par les hommes, est entré une seule fois dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs ou des veaux, mais avec son propre sang, nous ayant obtenu une rédemption éternelle.
Héb. IX, 24-28. — Car Christ n'est point entré dans le sanctuaire fait de la main des hommes, et qui n'était que le figure du véritable ; mais il est entré dans le ciel même pour comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu. Ce n'est pas qu'il s'offre plusieurs fois lui-même, comme le souverain sacrificateur entre dans le lieu très saint, avec d'autre sang que le sien ; autrement il aurait fallu qu'il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde ; mais à présent, dans la consommation des siècles, il a paru une fois pour abolir le péché, s'étant offert lui même en sacrifice. Et comme il est ordonné que tous les hommes meurent une fois, après quoi suit le jugement ; de même aussi Christ, ayant été offert une fois pour ôter les péchés de plusieurs, paraîtra une seconde fois sans péché à ceux qui l'attendent pour obtenir le salut.
Héb. X, 10-18. — Et c'est par cette volonté que nous sommes sanctifiés, savoir, par l'oblation du corps de Jésus-Christ, laquelle a été faite une seule fois.
Tout sacrificateur donc assiste chaque jour, faisant le service, et offrant plusieurs fois les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés ; mais celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour tou-
p. 203
jours à la droite de Dieu, attendant ce qui reste encore, qui est que ses ennemis soient réduits à lui servir de marchepied. Car par une seule oblation il a amené pour toujours à la perfection ceux qui sont sanctifiés. Et c'est ce que le Saint-Esprit nous déclare aussi ; car après avoir dit : Voici l'alliance que je ferai avec eux quand ces jours-là seront arrivés, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leurs entendements ; il ajoute : Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. Or, où la rémission des péchés est accordée, il n'est plus besoin d'oblation pour le péché.

et sous la forme du Pape, Vicaire et représentant de Dieu (l'Image de Apoc. XIII), mis dans le temple une Idole (l'Abomination).

86. Les résultats auxquels nous conduisent ainsi les 1290 ans de Dan. XII, en partant des 2300 de Dan. VIII appuyés sur la date — 167 d'Antiochus, confirment bien aussi d'eux-mêmes la connexion qui existe dans la pensée divine, et dans la comparaison des deux Alliances, entre Antiochus et la Papauté (§ 82).

Mais tout ceci repose sur la détermination de cette date d'Antiochus. Sans doute, cette date est solidement établie par l'Histoire ; il importe néanmoins d'examiner, à raison de la gravité des conséquences qui s'en déduisent, si la Bible, par ses seuls moyens, n'a pas eu soin de nous en ménager une vérification.

Or nous allons voir que cette vérification existe.

p. 204

Tout d'abord, le point de départ des 2300 ans, savoir

— 168 (Profanation du Temple),
— 167 (1re année des 2300),

constitue en lui-même un nombre systématique, nombre d'autant plus remarquable qu'il est relié aux temps de Christ par le même moyen qui avait été mis en œuvre précédemment pour la date de l'Edit de Cyrus, — 536.

On avait (§ 29)

536 = 16 × 33 ½ = 2 × 2 × 2 × 2 × 33 ½ = 2^(2^2) × 33 ½.

Or on a aussi, du centre de l'année — 168 de la Profanation, à l'Ere chrétienne,

167 ½ = 167,5 = 5 × 33 ½ ;

ou encore, de ce centre de la Profanation à la Mort de Christ :

6 × 33 ½ = 1 × 2 × 3 × 33 ½.

Nous allons constater ensuite que, de même que, dans le Chapitre IX de Daniel, l'intervalle chronologique entre l'Edit de Cyrus et l'Edit d'Artaxerxès s'est trouvé mesuré par la mention et la figuration prophétique du temps de l'obla-

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tion du soir (1), de même, dans le Chapitre VIII, il suffit de recueillir les mentions analogues d'intervalles de temps, pour y voir calculée la date d'Antiochus.

87. Si nous faisons tout d'abord attention à ce que l'objet général du Chapitre VIII est celui de la persécution du Peuple saint pour sa Foi, par le monde au sein duquel l'a jeté le châtiment de la Captivité, — d'abord captivité d'Israël, ensuite de Juda, — nous concevons qu'au point de vue spirituel et prophétique, la Vision embrasse tous les temps de l'état d'humiliation de ce Peuple Elu dans le monde, c'est-à-dire, compte chronologiquement à partir de la Captivité et de la Dispersion, — 758, d'Israël ; et cette induction s'accorde d'ailleurs, elle est même indiquée par lui, avec le fait que le Prophète se place ici dans la province d'Elam (la Perse ou la Médie), où, aussi bien qu'en Assyrie, comme on le lit en II Rois, XVII, 6, (aussi II Rois XVIII, 11), les Tribus d'Israël, avaient été alors dispersées.

(1) Il faut remarquer aussi que 168 = 2 × 84, ce qui place l'Ère d'Anne la Prophétesse (§ 48), en arrière de l'Ère chrétienne au centre de l'espace Antiochus-Ère chrétienne ; et que 168 = 7 × 24 reproduit justement, en jours de 24 heures, en « soirs et matins », la durée de la Pâque ou le « temps de l'Oblation du soir » de Dan. IX, 21.

p. 206
II Rois, XVII, 6. — La neuvième année d'Osée, le roi des Assyriens prit Samarie ; et il transporta les Israélites en Assyrie, et les fit habiter à Chalach et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes.

Cela observé, cherchons au cours du texte, les indications de mesures de temps qu'il contient avant celle des 2300 ans de VIII, 14. Nous en trouverons deux, savoir :

1° En VIII, 12 celle d'un temps donné (traduction de Martin ; c'est le mot צבא (1), que nous prendrons le plus vraisemblablement de 528 ans en considérant que, jusqu'à ce Chapitre VIII du Livre de Daniel, le seul temps donné est le temps 528 de la Statue (III, 1) (§ 22). Cela nous signalera donc un intervalle de

528 ans ;
Dan. VIII, 12. — Et un certain temps lui fut donné, à cause de la déloyauté contre le sacrifice continuel, et la corne jeta la vérité par terre, et elle agit et prospéra.

2° En VIII, 13, nous trouvons en outre la mention singulière d' « un Saint qui parle et d'un Saint qui lui répond », ou de l'Esprit répondant à la Parole (le Saint qui parle), termes dans lesquels sans doute on ne songerait pas à chercher une indication de nombre ou de temps, si

(1) Voyez la note du § 81.

p. 207

l'on ne savait déjà (§ 44) que, dans un autre prophète, le Prophète Esaïe, le terme « Saint, Saint, Saint » désigne le nombre

777 ;
Dan. VIII, 13. — Et j'entendis parler un saint, et un autre saint dit à celui qui parlait : Jusques à quand durera la vision du sacrifice continuel et du péché qui cause la désolation, qui livre le sanctuaire et l'armée pour être foulés aux pieds ?

mais qui, cela étant donné, permet de passer au nombre dans ce nouveau cas comme dans le premier (1).

Or il suffit ici comme toujours, de suivre avec fidélité les indications d'ordre mathématique du texte, pour trouver le nombre.

D'après ce qui précède, en effet, les deux ter-

(1) Nous trouvons dans des Commentaires entièrement indépendants de notre ordre d'arguments, une vérification remarquable tant de notre interprétation suivant laquelle le « Saint qui parle » est la Parole ou le Fils de Dieu, que de ce que notre texte implique une détermination de nombre. Dans la Bible de Scott (Scott's Holy Bible, London, 1852), l'auteur observe (sur Dan. VIII, 13) que le mot hébreu traduit dans notre verset par « celui qui parlait », dans la version anglaise « that certain (saint) », signifie « The Numberer of Secrets » ou « The Wonderful Numberer », c'est-à-dire « celui qui compte, dénombre les choses cachées », et qu'il ne peut être question en cela que du Fils de Dieu.

p. 208

mes que le texte met en présence et qui doivent composer le nombre, sont, dans 777,

70 et 7.

Mais l'Esprit « répond » à la Parole ; 7 doit donc être pris dans le sens régressif, celui de la voix qui revient, c'est-à-dire être soustractif (1).

D'après cette indication, le nombre est

70 — 7 = 63.

Or les deux laps de temps 1° et 2°, 528 et 63, ainsi indiqués par le texte, constituent bien l'intervalle entre le commencement — 758 (rappelé plus haut) de la Dispersion et de la Captivité, et le commencement — 167 des 2300 ans, ou la date d'Antiochus. Car on a

528 + 63 = 591,

et

— 758 + 591 = — 167.

(1) Car en Mathématiques, ce qui est une notion très simple, l'idée des deux directions contraires qu'évoque ici notre texte, est intimement liée à celle de l'addition et de la soustraction. Ainsi, si j'avance de 10 mètres dans une direction en additionnant ainsi 10 mètres, puis que j'avance dans la direction inverse (ou en revenant en arrière), de 3 mètres par exemple, c'est comme si je soustrayais ensuite 3 mètres.

p. 209

88. Une autre considération enfin, d'une très grande portée par la correspondance chronologique qu'elle établit entre les temps de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance, vérifie la date d'Antiochus par celle même, + 2133, établie comme on va le voir par cette correspondance, à laquelle conduisaient, appuyés d'abord sur cette date d'Antiochus, les 2300 ans du Chapitre VIII.

2133, on vient de le voir, est une limite assignée par la Prophétie aux temps de l'Economie historique actuelle ou postérieure à Christ. Mais, d'autre part, l'Economie historique antérieure à Christ a aussi, dans l'Ancien Testament, une limite marquée. Elle est limitée dans cette première partie de la Révélation, par le groupe spécifié de « 12 ans »

Néh. v, 14. — Et même, depuis le jour auquel le roi m'avait condamné d'être leur gouverneur au pays de Juda, depuis la vingtième année jusqu'à la trente-deuxième année du roi Artaxerxès, l'espace de douze ans, moi et mes frères nous n'avons point pris ce qui était assigné au gouverneur pour sa table.

qui s'étend de l'Edit d'Artaxerxès Reconstruction de la Ville, la 20e année de son règne) à sa 32e année (Réformation de Néhémie), c'est-à-dire de — 453 à — 453 + 12 = — 441. (— 441 est donc le point extrême cité par l'Ancien Testament dans le cours du temps ; et 441 = 3 × 3 × 7 × 7 = 32 × 72).

p. 210

Le centre du groupe spécifié de 12 ans, ainsi placé comme une borne ou terme, à la fin chronologique de l'Ancienne Alliance, est donc (Fig. 12)

— 453 + 12/6  ou  — (453 + 441)/2 = — 894/2 = — 447.

(Fig. 12).

                       2300
                  Centre
                  (843)
   12
  447 |________(— 167)__________________| 2133
              5 × 516 = 2 × 1290

Or, entre ces deux limites — 447 et + 2133 des deux Economies, il y a exactement 5 temps de 516 ans de Daniel, c'est-à-dire 2580 ans = 2 × 1290 ans. On a bien en effet :

447 + 2133 = 2580 = 5 × 516 ;

ce qui revient à dire que la limite 2133 est déterminée par la Bible sans aucun recours à la date d'Antiochus, et que par conséquent, au moyen des 2300 ans, cette dernière est déterminée également. Ce fait remarquable est d'ailleurs d'autant plus certain et significatif que le groupe des 5 temps était déjà indiqué par Daniel au moyen des 2 ½ temps ou 1290 ans qui en sont la moitié, à la manière dont 7 temps sont indiqués par la mention de 3 ½ temps qui en sont la moitié.

p. 211

Le centre de ces 5 temps n'est autre (conformément à ce qui a été dit au § 84) que la date historique classique + 843. On a

843 + 1290 = 2133

et

843 — 1290 = — 447.

(On remarquera aussi que — 447 est à 4 × 70 de la date — 167 d'Antiochus.

447 — 167 = 280 = 4 × 70).

Ainsi, en résumé : en ajoutant les 5 temps = 2 × 1290 de Daniel (XII) à la fin — 447 de l'Ancienne Alliance, on a — 447 + 2580 = 2133 ; et, en revenant en arrière des 2300 du Chapitre VIII, on a 2133 — 2300 = — 167, c'est-à-dire la date d'Antiochus, qui se trouve ainsi directement déterminée par la Bible.

89. Observation. — Si le résultat précédent confirme la date d'Antiochus, il a une portée plus générale et d'ordre plus capital encore peut-être, savoir d'introduire l'existence d'une correspondance à 5 périodes quinquaséculaires de distance, entre les temps de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance. C'est ce qu'on peut montrer en comparant dans ces deux Alliances quelques points repère remarquables.

p. 212

Par exemple, la date — 2528 (= 5 × 505,6) du Déluge, met d'elle-même en correspondance, dans cette vue de liaison par 5 périodes, le commencement du monde postdiluvien et le commencement du monde chrétien.

L'inauguration de la Prophétie (— 777), les temps de la Dispersion (— 758) et de la Captivité (— 606), correspondent semblablement ainsi à l'époque actuelle (XIXe et XXe siècles).

(777 + 1800 = 2577 = 5 × 515,4 ; 606 + 1900 = 2506 = 5 × 501,2).

Enfin, comme nous venons de le voir (§ 88), mais d'ailleurs avec une précision qui était alors nécessaire au sujet, la fin chronologique de l'Ancien Testament, interrompu 4 siècles et demi avant Jésus-Christ, correspond, par ces 5 périodes, à la limite qu'assigne la Prophétie de Daniel à l'Economie historique actuelle, c'est-à-dire au XXIIe siècle de notre Ere (1). Et une dernière remarque sur laquelle, après tout cela, on ne saurait assez insister, car elle scelle et confirme la validité de tout l'ensemble, c'est que :

(1) Les cinq périodes de transposition des temps sont indiquées d'ailleurs directement en És. XIX, 18, par les « 5 Villes » ; celles-ci font allusion aux Villes de l'Apocalypse (Épîtres au 7 Églises [Apoc. I-III]), lesquelles y désignent chacune, comme nous le verrons plus loin (§ 101), une phase de l'Histoire de l'Église d'une durée quinquaséculaire.

p. 213

Cette dernière limite du XXIIe siècle, si bien accusée par les nombres prophétiques, est aussi celle que les données géographiques et la Loi quinquaséculaire de la succession des peuples chefs, par 10 Peuples chefs, de la Chaldée à la Grande Bretagne (§ 68), avaient assignée d'abord de leur côté, par une voie entièrement indépendante, à ces temps de la fin.

90. Revenons maintenant à l'ordre précis de notre sujet.

Nous pouvons considérer comme irrécusablement établie, aussi bien par la Prophétie que par l'Histoire, la date d'Antiochus, et par conséquent considérer comme établi le système chronologique qui en dépendait. C'est celui de toute l'Économie historique de la Bible, jusqu'aux derniers temps.

Mais les cases E du Tableau comparatif des documents font suivre l'ensemble de ce système, qui a ainsi pour limite 2133, d'une dernière phase dont la mesure chronologique est donnée par le 3e document, au Chap. XII de Daniel. Cette phase constitue une extension du terme commun 2133 des 2300 et des 1290 ans, par la continuation de ces derniers jusqu'à 1335 ans. « Heureux », dit Daniel (XII, 12), « celui qui », les 1290 ans écoulés (car c'est ce qu'impliquent les mots attendre,

p. 214

atteindre), « attendra, et atteindra 1335 ans ». Cette extension est donc de

1335 — 1290 = 45 ans,

et elle conduit à la limite chronologique

2133 + 45 = 2178 ans,

ou à l'an 2178 de notre Ère. Le schéma suivant (Fig. 13) synthétise toutes ces données.

(Fig. 13).

                          2300
                                    1290
                        376                    45
  a              b'           b              c        d
 — 167         327         843            2133  2178
(Antiochus)  (Constantin) (Charlemagne)
p. 215

NEUVIÈME LEÇON

PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE DANIEL : LES 70 SEMAINES OU LES DEUX VENUES DE CHRIST.

91. Ce qui précède est le résultat de la combinaison du premier et du troisième document de Daniel (Tableau VIII). Il nous faut maintenant envisager le deuxième, c'est-à-dire le système des 70 semaines de Daniel au Chapitre IX.

Il y est dit à Daniel : « Il y a 70 semaines » déterminées sur ton peuple et ta ville sainte » pour accomplir la justice des siècles, clore la » vision et la prophétie et oindre le Saint des » Saints ». Puis vient la décomposition de cet ensemble de semaines ; et, tout d'abord à cet égard, la mesure d'un groupe de 69 semaines, qui, vu l'ordre de grandeur de leur objet, sont des Semaines d'années. Elles conduisent, à partir de l'ordre de rebâtir la ville de Jérusalem, donné par Artaxerxès, jusqu'au ministère public de Jésus, en + 30. « Écoute et comprends la vision :

p. 216

» Depuis que la parole sera sortie ordonnant de » reconstruire Jérusalem, jusqu'au Christ (Oint) » Conducteur, il y a 7 semaines et 62 semaines » (qui font 69 semaines ; la raison du partage subsidiaire en 7 et 62 va être examinée tout à l'heure). « Puis, au milieu d'une semaine il sera » retranché, mais non pas pour soi ».

D'après cela, et comme on l'a déjà vu (Ve Leçon), les 70 Semaines, prises comme semaines d'années, conduisent de l'Édit d'Artaxerxès, — 453, d'abord par 7 + 62 = 69 semaines indiquées, à

— 453 + 69 × 7 = — 453 + 483 = + 30.

ou au commencement du ministère de Jésus ; puis, par une 70e semaine, de 31 à 37, au milieu de laquelle le Christ est retranché, au Sacrifice rédempteur, en

30 + 3 ½ = + 33 ½.

Mais cette interprétation, en elle-même rigoureusement exacte, et qui concerne la Première Venue de Christ, n'est qu'une partie de l'interprétation intégrale ; car les 70 Semaines sont déclarées déterminées de manière à accomplir la Justice des siècles, clore la Vision et la Prophétie et oindre le Saint des Saints.

Or, 1° l'Onction désigne non pas seulement la Sacrificature, mais aussi la Royauté,

p. 217
Lév. viii, 12. — Il versa aussi de l'huile d'onction sur la tête d'Aaron, et l'oignit pour le consacrer.
I Sam. xvi, 13. — Alors Samuel prit la corne d'huile, et l'oignit au milieu de ses frères, et depuis ce jour-là l'Esprit de l'Éternel saisit David. Puis, Samuel se leva et s'en alla à Rama.

c'est-à-dire désigne les deux Venues de Christ (l'Oint) comme Sacrificateur à la Première et comme Roi à la Seconde ; et, 2° il est certain que la Première Venue ne clôt pas la Vision et la Prophétie, puisqu'après la Première Venue de Christ l'Apocalypse apparaît, qui est une Prophétie embrassant dans sa vision, avec le passé, tous les temps de l'Histoire ultérieure, auxquels elle donne pour terme la Seconde Venue du Sauveur.

La Prophétie des 70 semaines concerne donc aussi bien la Seconde Venue que la Première. Les indications contenues dans la prophétie et qui concernent cette Seconde Venue, se reconnaîtront d'ailleurs par une règle évidente et simple : ce sont celles qui, dans cette prophétie, ne sont pas nécessaires à la détermination de la Première Venue.

92. Or il existe une indication de cette espèce. C'est la subdivision particulière en 7 et 62, des 69 semaines d'années. L'évaluation totale de celles-ci était en effet suffisante et seule nécessaire pour mesurer le temps de la Première Ve-

p. 218

nue du Christ comme Conducteur en + 30, compté à partir de l'Édit d'Artaxerxès, — 453, s'il n'avait été question que de cette Première Venue.

Par la règle précitée, il faut donc conclure que le signe des 7 semaines supputées d'abord dans les 69, concerne la Seconde Venue (1).

Ces 7 semaines font 7 × 7 = 49 ans, qui, comptés à partir de A (Fig. 14), ou — 453 (Édit d'Artaxerxès), conduisent en B, à

— 453 + 49 = — 404 ;

(1) Le fait que nous examinons constitue une véritable leçon pour les commentateurs dans l'interprétation de la Parole de Dieu. D'après la ponctuation du texte hébreu, il faudrait lire plus exactement : « Jusqu'à l'Oint Conducteur, sept semaines ; et 62 semaines, etc.... Après les 62 semaines l'Oint sera retranché, etc... ». (Voyez les traductions du mot à mot latin de Walton ; de la Bible annotée de Neuchâtel, et de son commentaire.) La critique moderniste tire parti de cette mise à part de l'Oint Conducteur et des 7 semaines pour dénier ici le sens prophétique et son application à Christ. Les commentateurs chrétiens (voyez Bible annotée de Neuchâtel, commentaire sur Dan. IX, 25) sont portés à mettre en doute l'autorité d'une ponctuation qui « peut avoir été influencée (chez les juifs) « par le désir d'échapper aux conséquences » que les chrétiens tiraient en faveur du passage en faveur de la dignité messianique de Jésus ». En présence de l'interprétation à laquelle nous allons nous-mêmes être conduits, ces exemples démontreront le danger de toute présomption opposée à l'autorité externe plénière de l'Écriture. La mise à part des 7 semaines est à dessein accentuée, précisément pour marquer

p. 219

(Fig. 14).

                                       2 temps = 2 × 1290 = 2580
                                                                  70e Sem.
  A          49          B                                C       E       D
 — 453                — 404                              2176    2180

c'est-à-dire qu'elles fixent là, ou en — 404, un point B du temps qui concerne ce terme de l'Histoire. Voilà ce que nous savons certainement.

Mais nous sommes en outre déjà en possession d'un principe de transposition des temps. Nous avons vu en effet (§§ 88, 89) que la correspondance chronologique de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance, et tout particulièrement la correspondance entre les temps de la fin, dans l'Ancienne Alliance, et les temps de la fin dans la Nouvelle Alliance, s'établit par un intervalle de

qu'elles ont une destination particulière en connexion, à la Seconde Venue, avec l'Oint-Roi, ou proprement Conducteur visible ou Chef du monde, sans que d'ailleurs les 7 + 62 s'appliquent moins à l'Oint Conducteur spirituel. Cette mise à part a donc un sens profond, nécessaire au sujet.

L'embarras des commentateurs provient en outre de l'idée préconçue que la prophétie de Daniel concerne seulement la Première Venue. Comme l'envisage très justement le commentaire de Neuchâtel, la véritable difficulté du texte réside dans la subdivision des 69 semaines en 7 et 62. Nous ne croyons pas que l'idée des deux Venues de Christ, si nettement impliquée cependant dans le texte, et qui éclaire tout, ait été jusqu'ici proposée.

p. 220

5 temps. Dans le document de Daniel, cet intervalle est indiqué : c'est celui que constituent les 2 × 2 ½ temps, ou les 2 × 1290 = 2580 ans de Dan. XII, ou 5 × 516.

On a d'après cela pour la date C correspondante, dans les temps de la fin, à — 404 dans l'Ancienne Alliance, ou à notre point de repère B des 7 semaines :

— 404 + 2580 = + 2176.

La désignation des 7 semaines ou de la date — 404 avait donc bien pour intention de conduire aux temps « heureux » de la fin, déjà connus autrement, avec le repère 2178, par Dan. XII. (Il nous importe d'avertir d'ailleurs que la divergence 2176, 2178, n'est nullement une erreur, mais est voulue. C'est ce que la suite nous démontrera.)

93. Suivons maintenant, d'une manière comparative, le procédé de computation de Daniel appliqué aux deux Venues du Christ (Oint) Conducteur.

Il y a jusqu'à lui, est-il dit, à partir de — 453, Édit d'Artaxerxès :

7 + 62 Semaines.
p. 221

Les 7 Semaines conduisent donc d'abord (Fig. 15) à un point B du temps, commun aux deux computations, savoir :

— 453 + 49 = — 404.

(Fig. 15).

                                            5 temps = 2 × 1290                       70e Sem.
  A                    B                                                    C       E       D
 — 453              — 404                                                  2176    2180
                       \
                        \ 62 Sem. = 434                        70e Sem.
                         \                                F       H       G
                                                           30      34

On a ensuite, conformément aux déductions qui précèdent :

             (1re Venue)
— 404 + 62 semaines = — 404 + 434 = + 30 (point F).
             (IIe Venue)
— 404 + 5 temps = — 404 + 2580 = + 2176 (point C).

Reste, dans la Prophétie, la mention d'une 70e Semaine.

Lors de la 1re Venue, au milieu de cette Semaine le Christ est retranché ; c'est le Sacrifice de Christ et l'Ascension, après 3 ½ ans point H).

Pour la 2e Venue, pour laquelle nous savons, ainsi qu'il est déclaré aux Apôtres en l'an

p. 222

30 + 3 ½ (Act. I, 11), qu'il reviendra du Ciel comme il est monté au Ciel,

Act. i, 11. — Et leur dirent: Hommes galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé d'avec vous dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'y avez vu monter.

l'analogie indique de prendre aussi pour repère le milieu (E) de la 70e Semaine, ou les 3 ½ ans de cette semaine.

On a donc pour les dates chronologiques repères des deux événements :

             Ire Venue
+ 30 + 3 ½ = 33 ½ , ou le centre de l'an + 34 (H).
             IIe Venue
+ 2176 + 3 ½ = 2179 ½ , ou le centre de l'an + 2180 (E).

94. Or, cette déduction étant établie, on constate que la date découverte 2180 est, prise en elle-même, un nombre chronologique éminemment remarquable ; et après tant de vérifications et de concordances systématiques, déjà suffisantes pour éliminer tout doute raisonnable, elle va de nouveau témoigner, par de grands traits de premier ordre, de l'inébranlable solidité du système arithmétique de l'Écriture.

Nous en citerons trois. Le premier a rapport

p. 223

à la relation de cette date avec la date du Déluge et celle d'Antiochus. Le deuxième a rapport à sa relation avec l'époque de la Loi, ou de l'Exode. Le dernier, constituant une formule découverte par M. le Commandant d'État Major E. Galet, lie d'un même coup cette date finale aux deux plus grands événements de l'Histoire du Monde, savoir la Naissance d'Adam et la Première Venue, de manière à embrasser ainsi dans une seule vue de nombre, toute la Vie et toute l'Histoire de l'Humanité.

95.L'apparition d'Antiochus, ou son arrivée au trône en — 174, commencement de la semaine de Profanation, — 174 à — 168, est exactement à égale distance du Déluge,2528, et de la limite + 2180 de Daniel.

On a en effet (Fig. 16)

(2180 + 2528)/2 = 4708/2 = 2354,

et

— 2528 + 2354 = — 174 )
  2180 — 2354 = — 174 )

(Fig. 16).

                          1600 Stades
  A            D                          C                        B
 — 2528      — 2428                     — 174                    2180
       100
p. 224

Cette situation centrale d'Antiochus dans l'économie postdiluvienne est un signe confirmatif décisif de l'importance qui lui est attribuée dans le plan spirituel prophétique. Elle explique aussi d'elle-même la mention « soir et matin » qui accompagne l'indication des 2300 ans de Dan. VIII ; cette expression signifie, d'accord avec l'ordonnance précédente, qu'il faut, à partir de l'époque d'Antiochus, compter cette durée tant dans le passé que vers l'avenir.

96. Cette première vérification est intimement liée à une autre qui va nous donner le sens d'un passage jusqu'ici entièrement inexpliqué de l'Écriture. Il s'agit des

1600 stades

qui, dans l'Apocalypse (dont nous étudierons le plan dans la XIIe Leçon),

Apoc. xiv, 20. — Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et il sortit de la cuve du sang qui allait jusqu'aux freins des chevaux dans l'étendue de mille six cents stades.

mesurent les temps des Nations (les Chevaux de Apoc. VI) à travers toute l'Histoire jusqu'à la Seconde Venue.

On a

1 stade = 600 pieds = 600 × 12 pouces ;
p. 225

et par conséquent, en coudées de 25 pouces qui sont la mesure de la coudée sacrée des Hébreux, égale d'après Ezéchiel

Ez. xl, 5. — Et voici, il y avait un mur extérieur, entourant la maison de tous côtés. Et l'homme qui avait à la main une canne à mesurer de six coudées, chaque coudée mesurant une palme de plus que la coudée usuelle, mesura la largeur de la construction, qui était d'une canne, et la hauteur, qui était d'une canne.

à la coudée commune (20 pouces) plus une palme (5 pouces),

1 stade = (600 × 12 / 25) coudées = 24 × 12 coudées = 288 coudées ;

d'où

1600 stades = 1600 × 288 coudées = 16 × 288 fois 100 coudées
            = 4608 fois 100 coudées.

Or ces 4608 (l'unité de 100 coudées convenant bien ici à l'ampleur de la mesure et du sujet) donnent effectivement, en années, l'espace chronologique qu'ils sont destinés à mesurer dans l'interprétation du texte. Ça si la Dispersion ou la Formation des Nations (Péleg) est repérée, comme on l'a vu (§ 52), par un espace de 100 ans après le Déluge, ce qui conduit à la date — 2528 + 100 = — 2428, on a bien, de la Formation des Nations à la limite + 2180 du temps actuel,

2428 + 2180 = 4608.
p. 226

(Ce sont donc ces 4608 = 2 × 2304 qui sont l'origine de l'espace des 2300 ans, « soirs et matins », d'Antiochus, au Chapitre VIII de Daniel.)

(Nous verrons dans la suite s'expliquer la raison d'être même des différences de second ordre, telles que de 2300 et 2304, etc. Il s'agit ici des lois des termes de premier ordre.)

97.La limite 2180 de Daniel est distante de 7 périodes ou temps de 528 ans, de l'Exode ou de la Loi du Sinaï.

On a en effet :

Exode                 — 1516 )
Limite de Daniel      + 2180 ) Intervalle = 1516 + 2180 = 3696 = 7 × 528.

98. Ce résultat est capital en ce qu'il nous révèle l'existence d'une Semaine de 7 temps, bien convenable dans son espèce à la Prophétie du Chap. IX, prophétie dans laquelle en effet Daniel remonte dans son souvenir toute la vie du Peuple Élu jusqu'à la Sortie d'Égypte, et de là étend ensuite sa Vision jusqu'aux Derniers temps de l'Histoire. L'existence de cette Semaine spécifique s'accorde aussi, dans la Déclaration propre à l'Institution des 70 Semaines, avec la manière dont 69 Semaines y sont explicitement dénom-

p. 227

brées, et dont « une semaine », — qui peut être, soit une 70e semaine de 7 années, soit tout aussi bien une semaine formée au moyen d'une unité de temps différente, — est ensuite signalée.

99. Prise comme une 70e semaine de 7 ans, cette Semaine isolée concerne, on l'a vu (§ 93), chacune des deux Venues du Christ Conducteur. En ce qui se rapporte particulièrement à la Première Venue, c'est bien après les 69 semaines que le Christ est retranché au milieu de la 70e, et que le Peuple d'un « Conducteur qui viendra », c'est-à-dire les Romains, ou le peuple où paraîtra plus tard la Papauté, « Conducteur » opposé à Christ, détruit, sous Titus, en + 70, la Ville et le Sanctuaire.

100. Prise comme la Semaine de 7 temps de 528 ans qui vient d'être signalée par les Nombres de Daniel et la Chronologie de la Bible, la 70e semaine mise à part satisfait non moins exactement à la déclaration prophétique. Car c'est en effet au milieu de cette Semaine, c'est-à-dire au temps de Constantin, que le « Conducteur » opposé à Christ, ou la Papauté, fait, par son propre établissement et par l'Institution progressive du sacrifice antiscripturaire de la Messe, clef de voûte

p. 228

de l'édifice catholique, et sans lequel il s'écroulerait tout entier, cesser en réalité le Sacrifice et l'Oblation uniques de Christ, faits une seule fois (Hébr. IX, 12, 28) (voir les citations, § 85).

On a en effet pour le milieu de la Semaine des 7 temps de 528, puisque

(7 × 528)/2 = 3696/2 = 1848,

la date

— 1516 + 1848 = + 332,

ce qui conduit bien à l'époque de cet établissement du Faux Prophète par Constantin, ou à la première des deux Époques de Bossuet (voir § 63).

101. Enfin c'est aussi pendant cette Semaine, la Semaine de 7 temps, que, d'après la déclaration prophétique prise dans toutes ses acceptions, le vrai Conducteur, c'est-à-dire le Christ Conducteur, confirme l'Alliance à plusieurs ; et ces plusieurs, vu l'ordre de grandeur de ces temps, ne peuvent désigner que des groupements d'hommes, c'est-à-dire, puisqu'il s'agit de l'Alliance de Christ, que des phases successives de l'Histoire de l'Église.

Or l'assimilation conduit ici directement à identifier cette durée de 7 temps, qui commence

p. 229

à la Loi et qui s'étend jusqu'à la Seconde Venue, avec la succession chronologique des 7 Églises auxquelles sont adressés les 7 Messages ou Épîtres de l'Apocalypse (Apoc. II, III).

On se confirme immédiatement dans cette vue par la considération des fins des deux termes de comparaison : de ces Églises, la 7e, l'Église de Laodicée, est bien celle des temps de tiédeur et d'indifférence où nous vivons, et d'ailleurs elle se place elle-même au temps où le Seigneur est à la porte et frappe.

Luc xviii, 8. — ... quand le Fils de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre ?
Apoc. iii, 20. — Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi.
Matt. xxiv, 33. — Vous aussi de même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche et à la porte.

Cette situation morale et ces paroles prouvent bien que la 7e Église se termine à la 2e Venue.

A ces 7 Églises, qui désignent des phases successives de l'Histoire de l'Église, correspondent, d'après le résultat numérique que précède (§ 97), des périodes successives de 528 ans. La première commence à l'Exode, — 1516, et concerne le Mosaïsme, des temps de Moïse à ceux de Salomon.

Nous n'entrerons pas dès à présent dans une

p. 230

analyse détaillée de cette succession (1) ; mais nous mentionnerons, comme preuve générale de la justesse de notre interprétation actuelle, un grand trait, tout à fait capital : celui de la subdivision des 7 Églises en deux groupes de 3 et de 4, — le premier de Moïse à Jésus-Christ (— 1516 à + 68), le second concernant les temps postérieurs à Christ (+ 68 à + 2180), — indiquée par la disposition même du texte des 7 Épîtres aux 7 Églises.

Voici en quoi ce trait consiste. Chaque Épître se termine par une Promesse qu'accompagnent les mots d'Avertissement : Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises. Or, dans le groupe 1, 2, 3, ou jusqu'à Christ, l'Avertissement A précède la Promesse P ; tandis que dans le groupe 4, 5, 6, 7, ou après Christ, l'Avertissement A suit la Promesse P. Si la série des 7 Églises de l'Apocalypse a un plan chronologique, et si notre interprétation de ce plan est juste, on devait s'attendre à ce qu'un signe indiquât la grande subdivision historique des temps avant et après la 1re Venue. Or ce signe, on le voit, existe indubitablement, et il est éminemment remarquable en ce qu'il ressort, non d'un détail, mais de la construction d'ensemble du système des Épîtres. Nous le mettons en évidence, d'après ce qui vient d'être dit, dans le Tableau suivant.

(1) Voyez à cet égard la Concordance, §§ 104-117.

p. 231

TABLEAU IX.

ÉGLISES — PÉRIODES DE 528 ANS — A = AVERTISSEMENT ; P = PROMESSE

ÉglisesPériodes de 528 ansRéf.Texte
1. Ephèse— 1516 à — 988
Centre — 1252
(II, 7)AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises :
PA celui qui vaincra je lui donnerai à manger de l'arbre de vie qui est au milieu du paradis de Dieu.
2. Smyrne— 988 à — 460
Centre — 724
(II, 11)AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises :
PCelui qui vaincra ne recevra aucun dommage de la mort seconde.
3. Pergame— 460 à + 68
Centre — 196
(II, 17)AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises :
PA celui qui vaincra je lui donnerai à manger de la manne cachée ; et je lui donnerai un caillou blanc, sur lequel sera écrit un nouveau nom, que personne ne connaît que celui qui le reçoit.
4. Thyatire+ 68 à 596
Centre + 332
(II, 26-29)PA celui qui aura vaincu et qui aura gardé mes œuvres jusqu'à la fin, je lui donnerai puissance sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer et elles seront brisées comme les vases d'un potier, ainsi que j'en ai moi-même reçu le pouvoir de mon Père ; et je lui donnerai l'étoile du matin.
AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
5. Sardes596 à 1124
Centre + 860
(III, 5, 6)PCelui qui vaincra sera vêtu de vêtements blancs, et je n'effacerai point son nom du livre de vie ; mais je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.
AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
6. Philadelphie1124 à 1652
Centre 1388
(III, 12, 13)PCelui qui vaincra je le ferai être une colonne dans le temple de mon Dieu et il n'en sortira jamais ; et j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la cité de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du Ciel venant de mon Dieu, et mon nouveau nom.
AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
7. Laodicée1652 à 2180
Centre 1916
(III, 21, 22)PCelui qui vaincra je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi-même j'ai vaincu et suis assis avec mon Père sur son trône.
AQue celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.
p. 232

102. 3° Formule du Commt E. Galet.

Cette formule embrasse dans une seule vue tous les temps, de la Naissance d'Adam, — 4184, à la Seconde Venue, + 2180, en les repérant par la Première Venue, + 30.

Dans la Note qui termine cette Leçon, M. Galet en expose lui-même en détail la déduction et la justification. Pour le moment, nous la donnons telle quelle, et prise en elle-même. Elle constitue un fait éclatant. Il démontre que la durée — 4184 à + 2180 assignée par la Bible à toute l'Histoire de l'Humanité jusqu'au Règne de Christ, synthétise un ensemble unique et définitif.

Le temps 516 de Daniel est divisible par 6 = 1 × 2 × 3, et donne l'unité de temps 516/6 = 86. Or la durée d'Adam à la Première Venue (au Christ Conducteur de Daniel IX, 25), savoir

4184 + 30 = 4214,

et la durée de la Première Venue à la Seconde Venue, savoir

2180 — 30 = 2150,

sont toutes les deux des multiples de 86, et donnent les quotients essentiellement remarquables

p. 233
4214/86 = 49 = 7 × 7,

2150/86 = 25 = 5 × 5 ;

de manière qu'on a

Durée d'Adam à la Première Venue = 7 × 7 × 516/(1×2×3)
Durée de la Première à la Seconde Venue = 5 × 5 × 516/(1×2×3).

On a par conséquent aussi, pour tous les temps de l'Humanité actuelle :

(7² + 5²)/(1 × 2 × 3) × 516.

1, 2, 3, 5, 7, sont les 5 premiers Nombres Premiers.

7 + 5 = 12, et 7² + 5² = 2 × 37, 37, ou le 13e Nombre Premier, étant la fin de la 70e Semaine d'années de Daniel, et désignant ainsi le temps terrestre de Christ.

(Voir à la page suivante le schéma général des données prophétiques.)

p. 234

TABLEAU SCHÉMATIQUE RÉSUMANT LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE DANIEL VIII-XII.

TABLEAU X.

La page se compose de quatre schémas chronologiques tracés à la main sur des lignes-axes, avec arcs en pointillé ou en tirets reliant les dates.

I.

       Semaine                                                          2300
       d'Antiochus
  — 174  à  — 168½                                                                    45
  0      A                D          516 =        B    1290 = 2½ temps    C        E
        — 167            327       1 Temps       843                    2133     2178
      Antiochus       Constantin            Charlemagne

II.

                          5 × 33½
       167½                                              33½
  — 168  — 167                                  Ère            Mort
                                            Chrétienne       de Christ

III.

                  2 × 1290 = 5 × 516 = 5 temps
       12
  — 453 — 447 — 441       — 167       Milieu 843                          2133
  Fin de l'Ancien
  Testament
  (Néh. V, 14)                                    2300

IV.

                                                        2e Venue
                                                        70e Sem.
  A    7 sem   B          5 temps = 2 × 1290      C    E      D
 — 453  49   — 404                              2176  2180
  Édit                62 Sem = 434      1re Venue
  d'Artaxerxès                          70e Sem.
                            F           H        G
                            30          34

Les 70 Semaines de Daniel et les deux Venues de Christ

p. 235

NOTE DE LA NEUVIÈME LEÇON.

Relation Mathématique embrassant les Temps de l'Histoire, de la Naissance d'Adam aux Deux Venues de Christ, par M. le Commandant E. Galet.

1. Il a été établi, d'après la Chronologie de la Bible, que la date la plus reculée à laquelle elle conduit dans le passé, est la naissance d'Adam, en 4184 avant Jésus-Christ. Cette année marque le Commencement de l'Humanité.

Il a été établi aussi que, dans l'avenir, la date la plus éloignée à laquelle conduit la prophétie, est l'année + 2180. Cette date est définie de la manière suivante au Chapitre IX de Daniel ; alors :

« L'infidélité sera abolie, le péché sera consu- » mé ; la justice des siècles sera amenée, le sceau » sera mis à la vision et à la prophétie et le saint » des saints sera oint. »

Il en résulte que la date + 2180 marque la fin de l'ère actuelle de l'humanité, puisqu'alors l'infidélité et le péché n'existeront plus ; elle marque aussi la Seconde Venue de Christ, car le Saint des Saints sera oint.

En résumé, la Vie de l'humanité, encadrée

p. 236

entre ces deux dates extrêmes, a une durée égale à 4184 + 2180 = 6364 ans.

2. Dans cette durée de 6364 ans formant la vie de l'humanité, quel est, pour le chrétien, l'événement principal qui s'est présenté, tant par son objet que par ses conséquences historiques ? Tout le monde sera d'accord là-dessus ; c'est la Première Venue de Christ, dont l'objet a été de sauver le monde, et dont les conséquences historiques ont été immenses.

3. Il ressort clairement des passages suivants de l'Ecriture, que la Première Venue ne s'est pas présentée au hasard des événements, mais bien en un temps marqué, entièrement déterminé.

Le prophète Esaïe parlant de la 1re Venue de Christ, dit (XL, 2, 3) :

« Parlez à Jérusalem selon son cœur et lui » criez que son temps marqué est accompli, que » son iniquité est tenue pour acquittée. »

« La voix de celui qui crie au désert est : Pré- » parez le chemin de l'Eternel. »

Saint Paul, dans l'Epître aux Romains (V. 6), dit : « Christ est mort en son temps pour nous » ;

dans I Tim. II, 6 : « Christ s'est donné soi-même » en rançon pour tous, témoignage qui a été rendu en son propre temps » ;

dans Tite I, 3 : « Dieu a manifesté l'espérance de la vie éternelle en son propre temps ».

p. 237

Il résulte de ces quelques passages de l'Ecriture que Christ est venu en un temps marqué, déterminé, et ce sont précisément les marques de son temps que nous nous proposons de rechercher.

4. Dans l'espace de 6364 ans que comprend la vie de l'Humanité, Christ a paru sur la terre du commencement de l'an 1, année de sa naissance, jusqu'à l'an 34 (33 ½), année de sa mort.

Quelle est l'année qui forme repère pour marquer sa Venue ?

Cette année nous est donnée par Daniel au Chapitre IX, 25 : « Tu sauras donc et tu entendras » que depuis la sortie de la parole portant qu'on » s'en retourne et qu'on rebâtisse Jérusalem, » jusqu'au Christ, le Conducteur, il y a sept » semaines et soixante deux semaines ».

Or l'Edit d'Artaxerxès portant qu'on s'en retourne de la Captivité et qu'on rebâtisse Jérusalem, est en l'an — 453. Les 69 semaines de Daniel qui séparent cet Edit de Christ, font 69 × 7 = 483 ans. Si on ajoute ces 483 ans à l'année — 453, on arrive pour la venue de Christ comme Conducteur à l'an + 30.

Daniel n'annonce donc pas la venue de Christ le Conducteur pour l'an 1, mais bien pour l'an 30. Cela s'explique parfaitement.

Dans l'Evangile de Saint Luc (III, 21, 22, 23), nous lisons :

p. 238

« Or il arriva que comme tout le peuple était » baptisé, Jésus aussi étant baptisé et priant, le » ciel s'ouvrit. Et le Saint-Esprit descendit sur » lui sous forme corporelle, comme celle d'une » colombe, et il y eut une voix du ciel qui lui » dit : Tu es mon Fils bien aimé ; j'ai pris en » toi mon bon plaisir.

»Et Jésus commençait d'avoir environ 30 ans.»

Ainsi donc l'an 30, le Saint-Esprit descend sur Jésus ; c'est alors qu'il commence sa prédication.

Il ne faut donc pas s'étonner si les nombres de Daniel conduisent à l'an 30 pour marquer la venue de Christ comme Conducteur, puisque l'an 30 est celui de la naissance spirituelle de Jésus, tandis que l'an 1 est celui de sa naissance corporelle.

Et la première dépasse d'autant la seconde que l'esprit est supérieur au corps, comme Jésus lui-même nous le déclare dans l'Evangile de Saint Jean (VI, 63) : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair » ne profite de rien. Mes paroles sont esprit et » vie. »

D'ailleurs, pour qu'il ne reste aucun doute sur l'importance de l'an + 30, c'est immédiatement après avoir dit que Jésus avait 30 ans, que Luc commence la généalogie de Christ comme Fils de Dieu :

p. 239

« Et Jésus commençait d'avoir environ 30 ans, fils, comme on l'estimait, de Joseph, de Héli,... d'Adam, de Dieu. »

L'an 30 auquel les nombres de Daniel conduisent pour marquer la venue de Christ comme Conducteur, est donc le temps marqué de sa naissance spirituelle.

5. La Première Venue de Christ en l'an + 30, divise les temps de l'Humanité qui s'étendent de — 4184 à + 2180, en deux périodes :

La première, celle des temps avant Christ, comprend 4184 + 30 = 4214 ans ; la seconde, celle des temps après Christ, comprend 2180 — 30 = 2150 ans.

Ce sont ces deux périodes, qui lient la Venue de Christ au commencement et à la fin de l'humanité, que nous allons étudier, afin de rechercher les marques du temps de Christ, annoncées par l'Ecriture.

6. Pour mesurer les durées 4214 et 2150 ans, qui précèdent et suivent Christ, il faut d'abord connaître les unités de mesure.

Recherchons donc des unités de temps employées par la Bible. Ces unités correspondent aux phénomènes physiques périodiques.

La première unité de temps est le jour, cor-

p. 240

respondant à la durée de la rotation de la Terre sur elle-même, premier phénomène périodique.

La deuxième unité de temps est l'année, correspondante à la durée de la révolution de la Terre autour du Soleil, autre phénomène physique périodique.

La troisième unité de temps correspond à la durée de la vie d'un peuple, troisième phénomène périodique. Les peuples se succèdent à la surface de la Terre. Comme les individus, ils naissent, vivent et meurent. La durée de la vie des peuples est constante.

La valeur de cette unité est donnée par Daniel au Chapitre VII, 12. Dans ce Chapitre, Daniel voit en vision quatre grandes Bêtes, dont les trois premières sont des bêtes normales, et dont la quatrième est une bête anormale.

Ces Bêtes sont des peuples ou puissances politiques, comme il est dit au Chapitre VII, 17 :

« Ces quatre grandes Bêtes sont quatre rois qui s'élèveront de la Terre. »

D'ailleurs ce mode de figuration des peuples par des bêtes est fréquent chez Daniel ; on le retrouve au Chapitre VIII, où il figure les Médo-Perses par le Bélier, et les Grecs par le Bouc.

(Dan. VIII, 20 et 21) : « Le bélier que tu as vu, ce sont les rois des Mèdes et des Perses, et le bouc velu c'est le roi de Javan ».
p. 241

La durée de la vie des Bêtes ou peuples est indiquée en VII, 12 :

« Une longue vie a été donnée aux autres bêtes » (aux bêtes normales) « jusqu'à un temps et un temps. »

Or la valeur du temps est également donnée par Daniel, puisqu'au Chapitre XII, 11, il dit en substance :

« Deux temps et demi valent 1290 ans » ; ce qui donne 516 ans pour la valeur du temps.

Il en résulte que la durée de la vie d'un peuple est de 2 × 516 = 1032 ans.

Telles sont toutes les unités de temps employées par la Bible : le jour, l'année et ([par le temps], pour les peuples dans l'Histoire) le double temps, correspondant respectivement à la rotation de la Terre, à sa révolution autour du Soleil et à la durée de la vie d'un peuple.

A ces unités de temps viennent s'adjoindre des sous-multiples.

De même que le mètre présente des sous-multiples qui sont le décimètre, le centimètre, etc., de même les unités de temps de la Bible présentent ici chacune un sous-multiple. Mais, pour le mètre, les sous-multiples s'obtiennent en le divisant par 10, 100, etc.; pour nos unités bibliques les sous-multiples s'obtiennent en divisant les unités de temps par 12. Ainsi le jour divisé par

p. 242
12 donne l'heure ; l'année divisée par 12 donne
le mois ; le double temps divisé par 12 donne
l'heure de la vie d'un peuple, égale à  1032/12 = 86
ans.

Telles sont les unités de temps de la Bible : le jour et l'heure, l'année et le mois, le double temps et, par analogie, l'heure de vie d'un peuple.

7. Or la 1re Venue de Christ est liée à la venue d'Adam en ce qu'il s'écoule 49 heures de vie d'un peuple entre ces deux venues.

En effet, 4214 = 49 × 86 = 7 × 7 × 86.

La 1re Venue de Christ est de même liée à la Seconde Venue ou à la fin de l'Humanité, en ce qu'il s'écoule 25 heures de vie d'un peuple entre ces deux venues.

En effet, 2150 = 25 × 86 = 5 × 5 × 86.

Telles sont les liaisons existant, d'une part entre la Première Venue et l'Apparition de l'Humanité, d'autre part entre la Première et la Seconde Venue.

8. Ces liaisons systématiques ont un caractère particulièrement remarquable à raison de l'usage qu'elles font des deux nombres symboliques, divin et humain, 7 et 5. Ce symbolisme donne lieu à quelques réflexions, car les deux périodes dont nous nous occupons sont en effet essentiel-

p. 243

lement différentes, en ce qui concerne les rapports de Dieu et de l'Humanité.

Dans la première, celle qui précède Christ, celle qui se mesure par 7 × 7 heures, nous voyons une intervention directe et continue de Dieu dans l'Humanité. Il suffit pour le montrer de citer les noms de Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Josué, Salomon, David et les Prophètes.

Dans la seconde période, celle qui suit Christ, celle que mesurent 5 × 5 heures, l'Humanité, qui a reçu dans la Parole sa nourriture morale, ne voit plus l'intervention directe de Dieu ; elle paraît abandonnée à elle-même.

9. Il est à remarquer que les temps qui terminent ces deux périodes sont identiques : ce sont des temps d'angoisse, de détresse morale, où la colère de Dieu est arrivée à son comble par suite du mal répandu ; où l'Humanité est, si l'on peut s'exprimer ainsi, moralement usée.

En effet, pour la fin de la première période, Daniel dit (Chap. IX, 25) :

« Tu sauras donc et tu entendras que depuis » la sortie de la parole portant que l'on s'en re- » tourne et qu'on rebâtisse Jérusalem, jusques » au Christ le Conducteur, il y a sept semaines » et 62 semaines, et les places et la brèche seront » rebâties, et cela en un temps d'angoisse. »
p. 244

L'Apocalypse, parlant des temps qui précèdent la 1re Venue, dit (VI, 12-17) :

« Quand il eut ouvert le 6e sceau, le soleil devint » noir, la lune devint toute comme du sang et » les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, et le » ciel se retira comme un livre qu'on roule. » Et les rois de la Terre, les princes, les riches, » les capitaines, les puissants, tout esclave et » tout homme libre, se cachèrent dans les caver- » nes et entre les rochers des montagnes ; et ils » disaient aux montagnes et aux rochers : Tom- » bez sur nous et cachez nous de devant la face » de celui qui est assis sur le trône et de devant » la colère de l'Agneau ; car la grande journée » de sa colère est venue, et qui est-ce qui pourra » subsister. »

Pour la fin de la 2e période, Matthieu, parlant des derniers temps dit (XXIV, 21) :

« Il y aura une grande affliction, telle qu'il n'y » en a point eu de semblable depuis le commen- » cement du monde jusques à maintenant, ni il » n'y en aura plus de telle. » Et si ces jours n'eussent été abrégés, il n'y » eut personne de sauvé ; mais à cause des élus, » ces jours là seront abrégés. Or aussitôt après » l'affliction de ces jours-là, le soleil deviendra » obscur, et la lune ne donnera point sa lumière,
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» et les étoiles du ciel et les vertus des cieux se- » ront ébranlées. » Et alors le signe du Fils de l'homme paraîtra » dans le ciel. »

Les deux périodes se terminent donc de manière identique par un temps d'angoisse et de détresse morale, où l'humanité semble avoir épuisé toute sa force spirituelle.

« Quand la force du peuple saint sera dispersée, tout sera accompli » (Dan. XII, 7).

9. Il y a donc en ce qui concerne la conduite de l'Humanité dans le temps des lois mathématiques bien définies ; nous venons d'en signaler une.

Il ne faut d'ailleurs pas s'en étonner ; il faudrait plutôt s'étonner du contraire, c'est-à-dire d'un marche fortuite de l'Humanité. En effet :

Dans la création inorganique, dans le monde extérieur à l'Humanité, nous trouvons partout des lois mathématiques. Les astres qui circulent dans l'immensité ne marchent pas au hasard ; les agents physiques qui les travaillent, électricité, lumière, chaleur, y règlent aussi leurs actions suivant des lois mathématiques déterminées. Or cette création inorganique fait partie intégrante de la Parole, comme il est dit au commencement de l'Evangile de Saint Jean :

« Au commencement était la Parole, et la Pa-
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role était avec Dieu, et cette Parole était Dieu, Toutes choses ont été faites par elle, et sans elle rien de ce qui a été fait n'a été fait. »

Nous sommes instruits par le modèle du monde, que la Parole elle-même met sous nos yeux ; et nous devons conclure que si la marche de l'Humanité n'avait pas ses lois, l'œuvre de la Parole manquerait d'unité.

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DIXIÈME LEÇON

LES DEUX DATES 2178 ET 2180 DE DANIEL.
LES SEMAINES D'ADAM ET LES SEMAINES DE CHRIST.
LES SEMAINES DE MOÏSE.
LE SIGNE DE JOSUÉ. — LA QUESTION DU DIMANCHE.
LE CHAPITRE VII DE DANIEL.

103. La date 2180 de Daniel que nous venons d'étudier est donnée par lui, comme on l'a vu, au moyen du repère des 7 semaines prises d'abord dans les 69 semaines du Chapitre IX. (Dan. IX, 25.)

La date 2178, qui se rapporte également à la Seconde Venue, est donnée par les 1335 ans du Chapitre XII. (Dan. XII, 12.)

Nous allons reconnaître, dans le fait de ce groupe de dates conjuguées, une des preuves les plus profondes du caractère inspiré du système des nombres de l'Ecriture.

104. Les deux dates 2178, 2180 délimitent un groupe de trois années, savoir :

2178, 2179, 2180.
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Ce groupe est remarquable :

1° Parce qu'il a pour centre le nombre premier 2179, lequel est distant de la fin 37 des 70 Semaines de Daniel d'un multiple de 7. On a

2179 — 37 = 2142 = 7 × 306 = 32 × 7 × 34,

où d'ailleurs 34 est l'année de la Mort de Christ et de sa Résurrection, ou le centre de la 70e Semaine.

2° Parce qu'il rappelle par analogie, en signalant ainsi la Seconde Venue par un groupe de 3 Années, le groupe des 3 jours pendant lesquels Christ, à la Première Venue, est dans le sein de la Terre, de sa Mort à sa Résurrection.

MATT. XII, 40. — Car comme Jonas fut dans le ventre d'un grand poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits.

Cette idée de disparition est d'ailleurs symboliquement confirmée par les nombres, c'est-à-dire par le fait que du commencement de la Chronologie, ou de la Naissance d'Adam, — 4184, au terme final marqué par le Nombre premier 2179, il y a une durée égale à

4184 + 2179 = 6363 = 32 × 707,

707 n'étant autre chose que le nombre divin 777

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duquel a disparu la Seconde Personne de la Sainte Trinité.

3° Enfin on peut observer que 2179, Nombre premier, est relié à 2528, origine du monde post-diluvien, par la période fondamentale 523, laquelle, on l'a déjà remarqué, est le 100e Nombre premier ; car on a

2528 + 2179 = 4707 = 32 × 523.

105. Les Semaines d'Adam. Dans les remarques précédentes, le trait décisif à retenir c'est que le Système des groupes de 7 ans ou Semaines d'années qu'elles signalent à travers toute l'étendue des temps, n'est autre que, ou coïncide avec, le Système des 70 Semaines d'années de Daniel, prolongé de part et d'autre à travers le temps.

En effet, la première semaine de Daniel commence à l'Edit d'Artaxerxès,

— 453.

De là à la Naissance d'Adam, — 4184, il y a

4184 — 453 = 3731 = 7 × 533 ans ;     )
et de — 453 à + 2179 il y a            } (533 + 376 = 909).
453 + 2179 = 2632 = 7 × 376 ans.      )

Puisque les Semaines de Daniel étendues à toute la chronologie commencent à Adam, nous

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les appellerons, considérées dans ce point de vue général, les Semaines d'Adam.

106. Analysons les conséquences de cette subdivision septénaire du temps.

Si les années chronologiques se succèdent par Semaines, chacune occupe, dans sa Semaine, un certain jour désigné ; elles se trouvent donc naturellement dénommées, à travers les Semaines d'années, par les noms des jours successifs de la Semaine proprement dite.

Le premier jour de la semaine hébraïque est notre Dimanche (ou notre Jour de repos actuel), et son septième jour le Sabbat (repos), ou notre Samedi. Examinons les traits remarquables de cette correspondance des années et des jours.

L'année — 4184 de la Naissance d'Adam étant la première d'une Semaine est un Dimanche (1er jour de la semaine hébraïque) (1).

(1) Ce fait que la première année de l'Histoire chronologique de l'Homme est le premier jour d'une Semaine, est capital comme vérification de l'ensemble systématique de l'Ecriture, car c'est l'idée qui suivait naturellement de la lecture de la Bible. En effet, cette Histoire commence, en Gen. II, 4, et suiv., immédiatement après la Semaine de Création que termine en Gen. II, 2, 3, son septième jour ou Sabbat (Samedi) (quelle que soit d'ailleurs la valeur de l'unité de temps désignée par le Jour de Création). On peut donc dire que la Semaine de Création elle-même est une Semaine de Daniel, et on découvre une raison pour laquelle il fallait que la première année — 4184 se trouvât être ainsi un Dimanche.

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Comme 4184 = 7 × 597 + 5, on compte d'Adam à l'Ere chrétienne un nombre entier de semaines plus 5 jours ; par conséquent l'an + 1, ou la première année de Christ, est le 6e jour d'une semaine d'Adam, c'est-à-dire que l'An + 1 est un Vendredi. Ainsi la Naissance de Christ marque, dans cette analogie des Jours, le premier instant d'un Vendredi (jour qui est aussi, dans la Semaine de la Passion, le jour de sa Mort).

L'an + 2 est un Samedi ; l'an + 3, un Dimanche, jour de la Résurrection. Les 3 premières années de l'Ere chrétienne ou

1, 2, 3,

que désignent les 3 premiers Nombres Premiers, sont donc

un Vendredi, un Samedi, un Dimanche ;

c'est-à-dire que ce groupe de 3 années, ainsi appuyé à la Naissance de Christ, désigne la Première Venue par les 3 jours de la Passion à la Résurrection.

Ceci, déjà fort remarquable et significatif, le devient encore bien plus si l'on observe ensuite que la même circonstance se reproduit à la Seconde Venue pour le groupe des 3 années de Daniel :

2178, 2179, 2180.
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En effet, puisque, d'après ce qui précède, 2179 est un Sabbat ou Samedi, il s'ensuit bien que ces 3 années désignent aussi

un Vendredi, un Samedi, un Dimanche.

La raison d'être des deux dates 2178, 2180 de Daniel était donc de mettre en évidence, à la Seconde Venue, par le groupe des 3 années qu'elles limitent, les 3 jours de la Passion à la Résurrection propres à la Première Venue.

(D'un tel fait on tire inversement et a posteriori l'assurance que c'est bien le Vendredi d'une Semaine qu'a eu lieu la Mort de Christ, comme c'est un Dimanche qu'a eu lieu sa Résurrection.)

L'intervalle entre les deux groupes

1, 2, 3, et 2178, 2179, 2180,

est d'ailleurs en lui-même digne de remarque, car il vaut

2178 — 1  )
2179 — 2  } = 2177 = 3 × 700 + 77,
2180 — 3  )

le nombre 77 mis à part désignant le Fils et l'Esprit, issu et procédant du Père (les deux

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Saints de Dan. VIII, 13), et la Trinité en Dieu étant désignée par 3 × 700.

Cet intervalle est aussi égal à 311 semaines de 7 années, 311 étant le 65e = 5 × 13e Nombre premier, où 5 est le nombre humain et 13 le signe de l'œuvre du Fils de l'Homme uni aux 12 Tribus du Peuple Elu, ou aux 12 Apôtres qui leur correspondent dans la nouvelle économie depuis Jésus-Christ. Nous verrons bientôt (XIe Leçon) que ce nombre 13 est aussi un signe immédiat de Jéhovah.

107. Les Semaines de Christ. La semaine chrétienne est, sur l'échelle des jours, en avance d'un jour sur la semaine hébraïque, — le Dimanche, notre jour de repos, et par cela même le 7e jour de notre Semaine, étant le jour après le Samedi, ou Sabbat hébreu.

Nous disons que le Dimanche, par le fait même qu'il est notre jour de repos, est le 7e jour de notre Semaine chrétienne.

Notre insistance sur ce point n'est nullement abusive. Suivant des errements assez répandus, le Dimanche passe pour être le Premier jour de notre semaine.

Cela provient sans nul doute, par la puissance des mots (car il faut bien reconnaître que cette manière de voir a proprement pour cause un

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manque de réflexion), de ce que, dans le récit de la Passion, la Résurrection, origine de notre Dimanche, arrive le premier jour de la semaine hébraïque.

MATT. XXVIII, 1. — Après que le sabbat fut passé, comme le premier jour de la semaine commençait à luire, Marie-Magdeleine et l'autre Marie vinrent pour voir le sépulcre.

MARC XVI, 9. — Or, Jésus, étant ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, apparut premièrement à Marie-Magdeleine, de laquelle il avait chassé sept démons.

C'est cette expression verbale qui a pris force de loi. Mais il suffit de regarder l'Ecriture pour se convaincre qu'on introduit ainsi une idée inconciliable avec elle. Que fait-on en effet ? On conserve la semaine hébraïque, puisque celle-ci continue à coïncider dans le temps avec les 7 jours de la nôtre, mais en faisant de son 7e jour, ou repos, un jour de travail, et de son premier jour de travail, le jour de repos ; c'est-à-dire que l'on viole l'institution de principe de la Semaine, oubliant que cette institution n'est rien moins que le IVe Commandement de Dieu dans le Décalogue.

EX. XX, 8-11. — Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier ; tu travailleras six jours, et tu feras toute ton œuvre ; mais le septième jour est le repos de l'Eternel, ton Dieu ; tu ne feras aucune œuvre en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bé-

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tail, ni l'étranger qui est dans tes portes ; car l'Eternel a fait en six jours les cieux et la terre, la mer et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé le septième jour ; c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié.

Cette considération doit, croyons-nous, avoir raison auprès des Chrétiens. Il ne s'agit pas simplement, si l'on était tenté de le dire, de quelque prescription cultuelle indifférente. De quelque façon que l'on place la Semaine dans la suite des jours, le Jour du repos doit, en principe, y être le 7e.

108. Tachons de suivre historiquement les traces de la notion du Dimanche.

Nous pouvons déjà être bien assurés par ce qu'on vient de dire que jamais les Apôtres, en leur qualité d'Israélites, n'ont pu songer à commencer une Semaine par le Jour du repos.

A travers le Nouveau Testament (Actes et Epîtres), on voit d'abord persister, évidemment par la mémoire de la Résurrection, la préoccupation du premier jour de la semaine hébraïque,

ACT. XX, 7. — Et le premier jour de la semaine, les disciples étant assemblés pour rompre le pain, Paul, devant partir le lendemain, leur fit un discours qu'il étendit jusqu'à minuit.

I COR. XVI, 2. — C'est que, chaque premier jour de la semaine, chacun de vous mette a part chez soi, et rassemble ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas que je sois arrivé pour faire les collectes.

p. 256

jusqu'à ce qu'enfin l'Apocalypse consacre le Jour du Seigneur, ou le Dimanche.

APOC. I, 10. — Et je fus ravi en esprit un jour de dimanche, et j'entendis derrière moi une voix éclatante, comme le son d'une trompette, qui disait : Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier.

109. Voici des traces ultérieures de son institution.

On trouve, dans des écrits estimés contemporains de l'Eglise primitive, quelques indications précieuses sur la manière dont était alors envisagé le jour consacré du Dimanche à l'égard de la Semaine hébraïque. On lit par exemple dans l'Epître de Barnabas, § XV : « Nous passons dans la joie le 8e jour, qui fut celui auquel Jésus-Christ ressuscita d'entre les morts » (1). Le Dimanche est donc présenté ici comme étant une prolongation de la Semaine ou de son Sabbat, c'est-à-dire qu'il est placé à la fin et non au commencement.

On trouve au même lieu une autre preuve de cela, dans l'idée qui y est exposée que « la durée » de toutes choses sera de six jours, c'est-à-dire de » six mille ans, et que lorsque le Fils de Dieu » viendra mettre fin au règne de l'iniquité, c'est

(1) Livres apocryphes, Paris, 1742, Tom. II (Nouveau Testament), p. 49.

p. 257
» alors qu'il entrera dans le repos parfait du » septième jour » (1).

Il est évident que, pour ceux qui parlent ainsi, l'idée de placer le repos au commencement de la Semaine n'existe pas.

Enfin, la même notion du Dimanche fin de semaine, se révèle dans les circonstances qui, sous Constantin, en 321 (2), accompagnent sa prescription officielle du repos du Dimanche ; car il joignit le Dimanche au Samedi. « Il ordonna que le Samedi et le Dimanche seraient fêtés en l'honneur… des mystères que Dieu a eu agréable d'accomplir en ces jours-là » (3).

Il n'est pas douteux, d'après cela, que le recul d'un jour de la nouvelle semaine sur l'ancienne s'est opéré progressivement par la désuétude du

(1) Loc. cit. p. 48. Y voir p. 47, en note, les citations qui prouvent, du Livre apocryphe IV Esdras, à Irénée, Jérôme, Augustin, etc., l'existence de l'idée universelle que l'Économie historique du monde, d'Adam à la Seconde Venue, est de six mille ans.

(2) Chronologie de Dreyss, T. I. p. 159. Mon éminent confrère M. Théophile Durand, qui a attiré mon attention sur cet établissement officiel du Dimanche, m'a fait remarquer aussi que 321 est à un nombre entier de Semaines de +34. On a 321 — 34 = 7 × 41.

(3) Eusèbe, « Vie de Constantin », liv. IV, chap. 18, 19 ; trad. Cousin, Paris, 1686, T. I, 2e partie, p. 152.

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Sabbat juif, — et certain pour notre objet, et d'accord avec l'Ecriture, que le Dimanche, aussi bien historiquement que théoriquement, est le dernier jour de notre semaine.

110. Le terrain éclairci sur ce point, nous avons maintenant, suivant notre méthode d'examen, à constater, en tant que fait, la différence actuellement tranchée des deux Semaines hébraïque et chrétienne. Ce fait va nous donner un exemple de la manière dont, en quelque sorte trop près de nous, les enseignements les plus éloquents passent inaperçus. Comme nous allons le voir, c'est là en effet l'un des traits de signe les plus capitaux et les moins compris de toute l'Economie de la Révélation.

Sa raison d'être n'est rien moins que celle-ci : enseigner qu'à raison de la Chute, le Septième Jour de la Création (le Sabbat), qui devait être un jour de repos, est encore un jour de travail. C'est ce Jour de travail, le Jour de l'Humanité, qui, encore pour nous un « Samedi », constitue l'Economie historique actuelle, ou « Aujourd'hui » ; et le véritable Jour du Repos est différé, et reculé sur le « Dimanche », ou « Demain ». Celui-ci ne commencera qu'à l'Avènement du Règne de Christ.

Le temps actuel est bien encore un Jour de

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travail. Christ dit expressément en effet qu'à l'heure actuelle Il travaille et que son Père travaille.

JEAN V, 17. — Mais Jésus leur dit : Mon Père travaille jusqu'à présent, et je travaille aussi.

111. On aurait tort d'ailleurs de croire que cette grande notion biblique ne puisse s'atteindre, comme nous venons de le faire, que par induction. L'Écriture l'expose explicitement au Chapitre IV de l'Épître aux Hébreux. Dieu, y est-il dit, ayant achevé l'ouvrage de la création du monde (IV, 3), et son repos étant ensuite le septième jour (4), déclare cependant, dans la justice de sa colère, qu'à cause de l'infidélité des hommes (1, 2, 6), ils n'entreront pas dans ce repos (3, 5) ; et il détermine, sous le nom d' « Aujourd'hui », c'est-à-dire du Temps présent, un nouveau jour qui, remplaçant ce repos non réalisé, est encore un jour d'épreuve et d'attente (7). Comme néanmoins les élus (3, 6) doivent à quelque époque entrer effectivement dans le repos de Dieu, il s'ensuit qu'il y a donc pour eux à attendre, au delà du Jour présent ainsi redevenu jour de travail, un autre repos de Sabbat (un sabbatisme [grec]) (8). Ce repos, c'est celui dont notre Dimanche est le signe. Le Samedi, ou le temps présent « Aujourd'hui », est, de Sabbat qu'il devait être, redevenu Jour de travail.

p. 260

HÉB. IV, 1-7. — Craignons donc que quelqu'un d'entre vous, venant à négliger la promesse d'entrer dans son repos, ne s'en trouve exclu ; car elle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux ; mais cette parole ne leur servit de rien, parce qu'elle n'était pas accompagnée de la foi dans ceux qui l'entendirent. Pour nous qui avons cru, nous entrerons dans le repos, suivant ce qu'il a dit : C'est pourquoi j'ai juré dans ma colère : Si jamais ils entrent dans mon repos ! et cela après avoir achevé l'ouvrage de la création du monde ; car l'Écriture parle ainsi en quelque endroit touchant le septième jour : Dieu se reposa le septième jour, après avoir achevé tous ses ouvrages. Et encore dans cet autre endroit : S'ils entrent dans mon repos !

Puis que quelques-uns doivent y entrer, et que ceux à qui il avait été premièrement annoncé n'y entrèrent pas à cause de leur incrédulité ; il détermine de nouveau un certain jour, par ce mot : Aujourd'hui : Aujourd'hui, si longtemps après, comme il a été dit ci-devant : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez point vos cœurs.

HÉB. IV, 9-11. — Il reste donc encore un repos de sabbat (un sabbatisme) pour le peuple de Dieu.

Car celui qui est entré dans son repos, se repose après ses œuvres, comme Dieu après les siennes.

Efforçons-nous donc d'entrer dans ce repos, de peur que quelqu'un de nous ne tombe dans une semblable rébellion.

112. Mais ce Chapitre IV de l'Épître aux Hébreux nous conduit encore bien plus loin dans l'interprétation intégrale de la Parole ; car l'Apôtre, après avoir exposé son enseignement, le confirme et le définit ensuite d'une manière concrète en rappelant le signe physique du nouveau jour de repos donné dans l'Ancienne Alliance par l'Arrêt du Soleil à la voix de Josué, qui est un type de Jésus.

p. 261

Pour montrer cela, suivons son progrès d'idées. En Héb. III, et en parallélisme avec la situation de l'Humanité dont il sera question en Héb. IV, il commence par retracer l'histoire du Peuple élu, conduit d'emblée par Moïse vers le repos de la Terre Promise, puis brusquement arrêté aux frontières de celle-ci, et, à cause de son infidélité, rejeté sans rémission par l'ordre de Dieu, dans le Désert (Nomb. XIV, 30-35). — quelques-uns seulement de cette génération, comme Josué et Caleb, les représentants d'Israël et de Juda (Nomb. XIII, 7, 9; XIV, 38), devant passer le Jourdain. (Ils figurent ici les deux témoins de Apoc. XI, 3.)

HÉB. III, 7-19. — C'est pourquoi, comme dit le Saint-Esprit : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, n'endurcissez point vos cœurs, comme il arriva lorsqu'on m'irrita, au jour de la tentation dans le désert, où vos pères me tentèrent, et m'éprouvèrent, et virent mes œuvres pendant quarante ans. C'est pourquoi je fus indigné contre cette génération, et je dis : Leur cœur s'égare toujours, et ils n'ont point connu mes voies. Aussi jurai-je ceci dans ma colère : Si jamais ils entrent dans mon repos ! Mes frères, prenez garde qu'il n'y ait en quelqu'un de vous un cœur mauvais et incrédule, qui vous fasse abandonner le Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, pendant qu'il est dit : Aujourd'hui ; de peur que quelqu'un de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché. Car nous avons été faits participants de Christ, pourvu que nous conservions jusqu'à la fin ce qui nous soutient dès le commencement ; pendant qu'il est dit : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, n'endurcissez point vos

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cœurs, comme il arriva lorsqu'on l'irrita. Car quelques-uns de ceux qui l'entendirent, l'irritèrent ; non pas pourtant tous ceux qui sortirent d'Égypte sous la conduite de Moïse. Mais contre qui Dieu fut-il indigné pendant quarante ans ? Ne fut-ce pas contre ceux qui péchèrent, dont les corps tombèrent morts dans le désert ? Et qui sont ceux à qui il jura qu'ils n'entreraient point dans son repos, si ce n'est ceux qui s'étaient rebellés ? Nous voyons donc qu'il n'y purent entrer à cause de leur incrédulité.

113. Le repos promis par Moïse est donc retiré et différé, jusqu'à ce que Josué ou Jésus, vainqueur et dominateur de la Terre Promise, conquière aux Élus par sa victoire un nouveau repos ; à ce repos la génération périe dans son incrédulité ne participe pas. Or c'est la succession de ces deux Repos, celui de Moïse et celui de Josué, qui est signifiée par le signe solaire du jour de repos supplémentaire, ou par l'Arrêt du Soleil de Josué ; et il en est en effet spécifié par le texte (Héb. IV, 8) que ce signe n'aurait aucun sens si le Repos acquis par Josué se confondait avec le Repos d'abord promis au Peuple par Moïse, et qui n'a pas été réalisé ni pour Moïse ni par ce Peuple.

HÉB. IV, 8. (1). — Car si Josué les eût introduits dans le

(1) Ici se place une observation intéressante, laquelle répond à une objection. Du fait que, dans la revue des témoins et des vainqueurs par la foi, de l'Ancienne Alliance, présentée par le Chapitre XI de l'Épître aux Hébreux, Josué n'est pas cité, on a voulu tirer un argument contre le caractère

p. 263

repos (celui qui avait été d'abord promis) il ne parlerait pas après cela (en le signifiant par son signe solaire) d'un autre jour.

Mais dès lors, le Miracle de Josué, c'est dans l'Economie la plus générale de l'Ecriture, le signe éclatant de l'institution du Dimanche, et par conséquent de la Semaine de Christ, en avance d'un jour, dans l'échelle des jours, sur la Semaine hébraïque ou Semaine d'Adam.

Inversement, le fait de la substitution d'une semaine à l'autre, assigne une situation dominante au Miracle de Josué dans la dispensation surnaturelle de la Bible, et devient une preuve de la réalité de ce Miracle.

114. Ce qui précède est fondé sur la seule analyse du texte de l'Ecriture ; on voit que d'après elle le changement du jour du repos a un sens profond ; à côté des Semaines d'Adam, il y a bien les Semaines de Christ.

Nous avons à chercher maintenant dans notre Chronologie de la Bible les signes numériques confirmatifs de cette institution nouvelle des Semaines de Christ (nos semaines actuelles).

effectif de son Miracle. Mais on voit par ce qui est ici exposé qu'il n'a nullement été oublié par cette Épître, et qu'il a au contraire été omis à dessein dans la liste de XI, pour être mis, en IV, en plus vive lumière, par son isolement même dans un sujet d'ordre supérieur.

p. 264

Déjà nous avons remarqué (§ 106) que la limite 2180 de Daniel relative à la Seconde Venue est le 7e jour, ou le Dimanche de l'une d'entre elles. Nous allons reconnaître maintenant que toutes ces semaines, à travers les temps, sont depuis l'Ère chrétienne marquée du chiffre divin 7.

Commençons par rappeler que, dans la Semaine de Création, le centre de cette Semaine, ou son 4e Jour, est celui auquel apparaît le Soleil ; que Christ est le Soleil de Justice qui porte la santé dans ses rayons,

MAL. IV, 2, 3. — Mais pour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de justice, et la santé sera dans ses rayons, et vous sortirez et bondirez comme les veaux d'une étable. Et vous foulerez les méchants, car ils seront comme de la cendre sous la plante de vos pieds, au jour que je prépare, a dit l'Éternel des armées.

et que dans la Chronologie il accomplit le 4e Mille des 6 Mille d'années qui mesurent l'Économie historique (1).

(1) Voir p. 257, Note (1), au sujet de l'idée universelle d'une économie du monde de six Mille ans. Notre chronologie a confirmé cette tradition en la précisant. Ces six Mille ans sont (§ 128) les six Périodes Millénaires de 1056 = 2 × 528 ans, constituant les « 12 heures du jour » dont parle le Seigneur, qui s'étendent de la Chute à la Seconde Venue. On peut remarquer quant au symbolisme du Soleil au

p. 265

Cela observé, le signe dont nous parlons est celui-ci :

Grâce à leur recul d'un jour, les Semaines de Christ sont, depuis l'Ere chrétienne, celles dont les centres (quatrième jour ou Jeudi) sont les multiples successifs de 7.

En effet, l'an + 1 étant un Vendredi, l'an + 7 est un Jeudi ; et de même sont des Jeudis les années 14, 21, 28, etc…

Il suffit donc pour connaître les années qui sont les centres, ou les Jeudis, des Semaines de Christ, de chercher celles qui sont divisibles par 7. C'est ainsi que 1911 = 7 × 273 est un Jeudi. (1893, 1900, 1907, etc., sont des Dimanches.)

Avant Christ au contraire, cela n'a pas lieu. Les multiples de 7, (— 7, — 14, — 21…) sont des Vendredis, lesquels ne sont les centres ni de Semaines d'Adam (centre = Mercredi), ni de Semaines de Christ (centre = Jeudi).

Il y a donc ici un signe caractéristique de la réalité de ces dernières semaines, puisqu'il n'aurait pas lieu si elles n'avaient pas reculé d'un

« 4e jour » et de Christ au « 4e Mille », et si l'on veut presser les termes, que le « 4e Mille » se terminant en + 68, il comprend l'Apparition terrestre entière de Christ. L'annonce du Soleil de Justice par Malachie (— 460) lui appartient également.

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jour sur la semaine hébraïque ; c'est-à-dire encore, en nous reportant à nos considérations initiales (§ 107), si, conservant en fait cette dernière semaine, on s'était permis, en violant un commandement de Dieu, de changer en Dimanche (repos) le 1er jour de cette semaine hébraïque.

115. Un autre trait existe en outre, de la réalité de la semaine chrétienne, et s'il n'est pas plus remarquable, il est peut-être plus frappant en ce qu'il concerne, non plus la suite des années, mais celle même des jours, et se rapporte directement au Dimanche lui-même. Il consiste en ce que, dans la suite des jours depuis l'Ere chrétienne, c'est-à-dire en comptant pour « jour 1 » dans la suite 1, 2, 3, etc. des jours, le 1er Janvier de l'An + 1, les Dimanches ou 7es jours de nos semaines sont, dans notre calendrier actuel, les multiples de 7.

Cela revient évidemment à constater que, dans notre calendrier, le 1er Janvier de l'an + 1 est un Lundi. Or c'est ce que chacun peut facilement vérifier, d'après ce que nous allons dire.

Il suffit pour résoudre la question de savoir compter le nombre de jours compris dans un certain nombre d'années donné à partir de l'Ere chrétienne. Supposons, par exemple, que nous connaissions le nombre de jours du 1er Janvier de

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l'An 1 au 31 Décembre 1910, c'est-à-dire le nombre de jours compris dans les 1910 années écoulées depuis l'Ere chrétienne. (Nous savons d'ailleurs que le 31 Décembre 1910 est un Samedi.) En divisant notre nombre de jours par 7, nous aurons un quotient égal au nombre de semaines entières qu'il contient, et un reste moindre que 7. En défalquant, à partir du 31 décembre 1910, ce nombre entier de semaines, le dernier jour du groupe de jours indiqué par le reste sera un Samedi ; par conséquent on connaîtra aussi le nom du 1er jour de ce groupe, ou celui du 1er Janvier de l'An 1. Or la règle du calendrier, règle qui nous permet d'évaluer notre nombre total de jours, est celle-ci :

1° Pour chaque année on a à compter d'abord 365 jours. On aura donc ici un nombre de jours

365 × 1910 =                                  697 150

2° Tous les 4 ans, on ajoute un jour ; les années correspondantes 4, 8, 12, 16, etc., sont dites bissextiles. Comme 1910 = 4 × 477 + 2, on a donc à ajouter 477 jours pour les 477 années bissextiles qui terminent les 477 groupes de 4 ans, soit

                                              477
        ─────────
Cela (1° et 2°) donne un total de jours        697 627

3° Les années 100, 200, 300, qui devraient être bissextiles d'après 2° (puisqu'elles sont divisibles par 4), ne le sont pas ; de même en est-il de

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              Report                          697 627
        500,  600,  700;
        900, 1000, 1100;
       1300, 1400, 1500;
       1700, 1800, 1900;
       2100, 2200, 2300, etc.;

c'est-à-dire de toutes les années séculaires (ce qui veut dire formées d'un nombre entier de siècles), quand leur nombre de siècles n'est pas divisible par 4. On a donc ici à défalquer 5 × 3 = 15 jours

                                              — 15

et il reste . . . . . . . . . . . . . . . 697 612.

Le nombre total de jours écoulés du 1er Janvier + 1 au 31 Décembre 1910 est donc

697612 jours.

Or

697612 = 7 × 99658 + 6.

Puisque le 31 Décembre 1910 est un Samedi, le 6e Jour à partir du 1er Janvier + 1 est aussi un Samedi ; par conséquent, en rétrogradant de 6 jours, on a

1er Janvier An + 1 = Lundi ;

et dès lors les jours 7, 14, 21, 28, 35, 42,… etc., ou les multiples de 7 dans la suite des jours, sont des Dimanches. Le 1er Janvier 1911 par exemple, qui est un Dimanche, est le jour

697613 = 7 × 99659

depuis l'Ere chrétienne.

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En suivant les idées précédentes, on établit facilement la formule qui donne, pour une année quelconque N, (dans notre application on avait N = 1910), contenant un nombre de siècles S (nous avions S = 19), le nombre de jours J compté de l'Ere chrétienne au 31 Décembre de l'année N. On aura (1)

J = 365 N + (N/4)quotient — 3 (S/4)quotient — (S/4)reste.

Au moyen de cette formule on trouve aisément le nom du jour 31 décembre d'une année quelconque N, et par suite le jour d'une date quelconque de cette année.

Soit, pour une application qui nous donnera une nouvelle vérification par un nouveau signe, à déterminer le dernier jour de l'année limite 2180 de Daniel.

On aura

N = 2180
N = 4 × 545
S = 21
S = 4 × 5 + 1 ;

(1) La notation (N/4)quotient, ou (S/4)quotient, signifie qu'il faut diviser N, ou S, par 4 et prendre le quotient. (S/4)reste signifie qu'il faut prendre le reste de la division de S par 4.

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d'où, pour le nombre de jours de l'Ere chrétienne au 31 Décembre 2180 :

J = 365 × 2180 + 545 — 3 × 5 — 1 = 796229,

ou

J = 7 × 113747.

Il suit de là que le dernier jour de 2180, année qui, dans les Semaines d'années est elle-même un Dimanche, est un Dimanche ou le 7e jour d'une semaine, comme le Premier jour de l'An + 1 était un Lundi ou le 1er jour de la semaine.

116. Tous ces signes accumulés (1) rendent indubitable l'institution de notre Dimanche ou de la Semaine de Christ dans l'économie de la Révélation. Cela montre aussi que notre Calendrier, qui est d'accord avec la valeur de l'Année solaire, mais qui, à l'égard de la correspondance du rang et des noms des jours, fut établi (au XVIe siècle) dans des circonstances, semble-t-il, fortuites, est lui-même un signe ou Miracle. Il démontre à lui seul l'existence d'un gouvernement surnaturel de Dieu, dont les hommes ne sont que les inconscients instruments.

(1) Voir en outre sur les Noms et l'Ordre des noms des jours dans la Semaine de Christ, la Note A à la fin de cette Leçon.

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L'intérêt de ces faits remarquables doit, à raison de leur caractère d'autorité externe et sans appel, se révéler aux esprits attentifs sous un autre aspect encore. Ce caractère est seul capable, en imposant une solution, de faire disparaître entre chrétiens des désunions intellectuelles, funestes dans leurs effets. On voit les nombres résoudre la question de principe qui divise certaines églises, savoir si, d'une manière absolue il est permis de changer le jour de repos, d'adopter un autre jour que le Sabbat juif actuel. Ils démontrent, présentés par l'Ecriture elle-même, que l'institution de la nouvelle semaine religieuse est conforme à la volonté de Dieu, que par conséquent les Chrétiens Sabbatistes sont dans l'erreur. Cet exemple particulier est un argument suffisant contre les Chrétiens qui dédaigneraient en général, comme de portée purement spéculative l'ordre externe de nos recherches. La preuve mathématique s'offre ici comme le seul moyen de faire disparaître une cause de dissension, autrement irréductible ; par conséquent, en assurant l'union, elle contribue à l'édification dans ce que celle-ci a de plus pratique.

On trouve aussi dans de tels faits le seul moyen de répondre péremptoirement à certaines objections de l'Eglise de Rome. Celle-ci, pour convaincre le Protestantisme de la nécessité de re-

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courir à la tradition, lui a précisément opposé le fait de l'adoption du Dimanche par les Protestants sans textes justificatifs de l'Écriture, de cette Écriture qu'ils prétendent prendre cependant pour unique règle de leur Foi. Or, dit cette Église, si l'on est contraint à l'autorité de la Tradition sur un point, pourquoi pas sur tous?

Nous pouvons répondre maintenant ; et, en nous instruisant nous-mêmes, renvoyer nos contradicteurs, une fois de plus, à l'autorité de l'Écriture.

117. Résumons notre progrès d'idées. Nous avons constaté que les Semaines d'années de Daniel ne sont qu'un tronçon d'un système plus vaste ; que, prolongées dans le passé et vers l'avenir, elles repèrent d'Adam à la Seconde Venue toute la Chronologie de la Bible, et prennent dès lors plus convenablement le nom de Semaines d'Adam. A côté d'elles nous avons reconnu l'existence des Semaines de Christ, reculées d'un jour par rapport aux premières, et caractérisées par l'institution du Dimanche.

Tous ces résultats démontrent surabondamment dans la Bible l'existence de Semainesl'année est prise pour unité ; mais c'est par une concordance de résultats, et à postériori. Il nous reste à signaler que la Bible enseigne explicite-

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ment, dans les Livres de Moïse, à compter ainsi le temps par Semaines d'années, et, fait capital qui scelle la certitude de tout ce qui précède, que le nouveau système de semaines qu'elle établit d'une manière indépendante, coïncide exactement, dans notre Chronologie, avec le Système des Semaines d'Adam et de Daniel.

118. Les Semaines de Moïse.

Les ordonnances de Moïse, c'est-à-dire la Bible, instituent, disons-nous, explicitement le mode de mesure du temps par Semaines d'années. Cette institution explicite commence à l'Entrée des Hébreux dans la Terre Promise. On la trouve enseignée au Chapitre XXV du Lévitique.

LÉVITIQUE XXV, 1-22. — L'Éternel parla aussi à Moïse sur la montagne de Sinaï, en disant : Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés au pays que je vous donne, la terre se reposera ; ce sera un sabbat à l'Éternel. Pendant six ans tu sèmeras ton champ, et pendant six ans tu tailleras ta vigne et tu en recueilleras le produit. Mais la septième année sera un sabbat de repos pour la terre, un sabbat à l'Éternel ; tu ne sèmeras point ton champ, et tu ne tailleras point ta vigne, tu ne moissonneras point ce qui de ta moisson repoussera de soi-même, et tu ne vendangeras point les raisins de ta vigne non taillée ; ce sera une année de repos pour la terre. Mais ce que la terre produira l'année du sabbat, vous servira de nourriture, à toi, à ton serviteur, à ta servante, à ton mercenaire et à l'étranger qui séjourne avec toi, à ton bétail et aux animaux qui sont dans ton pays ; tout son produit servira de nourriture.
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Tu compteras aussi sept semaines d'années, sept fois sept ans ; et les jours de ces sept semaines d'années seront quarante-neuf ans ; puis tu feras sonner la trompette d'un son éclatant, le dixième jour du septième mois ; au jour des expiations, vous ferez sonner la trompette par tout votre pays. Et vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants. Ce sera pour vous le jubilé, et vous rentrerez chacun de vous dans sa possession et vous retournerez chacun dans sa famille. La cinquantième année sera pour vous le jubilé ; vous ne sèmerez point, et ne moissonnerez point ce que la terre rapportera d'elle-même, et vous ne vendangerez point la vigne non taillée ; car c'est le jubilé : il vous sera sacré ; vous mangerez le produit des champs. Et cette année du jubilé, chacun de vous retournera dans sa possession. Or, si vous faites une vente à votre prochain, ou si vous achetez quelque chose à votre prochain, que nul de vous ne fasse tort à son frère. Tu achèteras de ton prochain d'après le nombre des années écoulées depuis le jubilé : et il te vendra d'après le nombre des années de rapport. Selon qu'il y aura plus d'années, tu augmenteras le prix, et selon qu'il y aura moins d'années, tu diminueras le prix ; car c'est le nombre des récoltes qu'il te vend. Que nul de vous ne fasse tort à son prochain ; mais crains ton Dieu, car je suis l'Éternel, votre Dieu. Exécutez mes ordonnances, observez mes lois et pratiquez-les ; et vous habiterez en sécurité dans le pays. Et la terre vous donnera ses fruits, vous mangerez à satiété, et vous y habiterez en sécurité. Si vous dites : Que mangerons-nous la septième année, si nous ne semons point, et si nous ne recueillons pas notre récolte ? Je vous enverrai ma bénédiction la sixième année, et elle donnera une récolte pour les trois ans. Et vous sèmerez la huitième année, et vous mangerez de l'ancienne récolte ; jusqu'à la neuvième année, jusqu'à ce que sa récolte soit venue, vous mangerez de l'ancienne.

Suivons dans leur ordre les différents traits de ces commandements.

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119. Le premier que nous rencontrons dans l'analyse du document donne d'emblée la démonstration du fait capital que nous annoncions. Il consiste (verset 2) en ce que, d'après Moïse, l'année de l'entrée au pays après les 40 années de séjour au Désert

DEUT. XXIX, 5. — Et je vous ai conduits quarante ans dans le désert, sans que vos vêtements se soient usés sur vous, et sans que ton soulier se soit usé sur ton pied.

est une année sabbatique, ou un Samedi. Il faut donc, pour notre vérification, que cette année, qui est connue par notre Chronologie, soit aussi un Samedi dans le Système de Semaines de Daniel et d'Adam. Or cela a lieu. Puisque l'Exode a lieu en — 1516, notre année est

— 1516 + 40 = — 1476 ;

et — 1476 est effectivement un Sabbat ou Samedi, puisque — 1477, multiple de 7 (§ 114), est un Vendredi.

Les Semaines de Moïse sont donc identiquement superposées aux Semaines de Daniel et d'Adam.

120. Deux autres traits font suite à celui-là dans l'ordonnance de notre texte.

1° En (3, 4) est comptée, après l'année sabbatique origine, — 1476, qui vient d'être spécifiée,

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une Semaine d'années terminée par un nouveau Sabbat ou Samedi. Cette Semaine court de —1475 à — 1469, — 1469 étant un Samedi.

Après cela encore (8-13), sont comptées 7 Semaines, qui font 49 ans, suivies d'une 50e année appelée le Jubilé. (Cette 50e année désignée, qui est un Dimanche, serait à elle seule une preuve de l'institution biblique du Dimanche.)

Tel est, si l'on peut s'exprimer ainsi, l'amorçage, ou la fixation chronologique du système des Semaines d'années de Moïse et du système des Jubilés, ou de périodes de 50 ans.

Examinons successivement ces nouvelles données.

121. L'année sabbatique — 1469 et le Miracle de Josué. L'institution du Dimanche.

On va voir que le repère historique du Sabbat — 1469 est nettement spécifié par le texte du Livre de Josué, et conduit directement à la Bataille de Gabaon, ou au double jour de repos de Josué. Voici comment. Moïse avait donné l'ordre de lire à chaque année sabbatique, c'est-à-dire la 7e année de chaque Semaine d'années, le Livre de la Loi à tout le peuple réuni.

DEUT. XXXI, 7-13. — Puis Moïse appela Josué et lui dit, devant tout Israël : Fortifie-toi et prends courage ; car tu entreras avec ce peuple au pays que l'Éternel a juré à leurs
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pères de leur donner, et c'est toi qui les en mettras en possession. C'est l'Éternel qui marche devant toi ; il sera lui-même avec toi ; il ne te laissera point et ne t'abandonnera point ; ne crains point et ne sois point effrayé. Et Moïse écrivit cette loi, et la donna aux sacrificateurs, enfants de Lévi, qui portaient l'arche de l'alliance de l'Éternel, et à tous les anciens d'Israël. Et Moïse leur commanda, en disant : Au bout de sept ans, à l'époque de l'année de relâche, à la fête des tabernacles, quand tout Israël viendra pour comparaître devant l'Éternel, ton Dieu, au lieu qu'il choisira, tu liras cette loi devant tout Israël, de manière qu'ils l'entendent. Rassemble le peuple, les hommes, les femmes et les enfants, et ton étranger qui sera dans tes portes, afin qu'ils entendent, et qu'ils apprennent à craindre l'Éternel, votre Dieu, et qu'ils prennent garde de faire toutes les paroles de cette loi ; et que leurs enfants qui n'en ont pas eu connaissance entendent, et apprennent à craindre l'Éternel, votre Dieu, tous les jours que vous serez vivants sur la terre que vous allez posséder après avoir passé le Jourdain.

Or c'est ce que fait Josué, conformément à cet ordre de Moïse, quand, après sa première campagne qui se termine par la destruction de la ville d'Aï, il bâtit un autel à l'Éternel sur le mont Ebal et fait la lecture solennelle de toutes les paroles de la Loi à tout le peuple.

JOSUÉ VIII, 28-35. — Josué brûla donc Aï, et la réduisit en un monceau perpétuel de ruines, jusqu'à ce jour. Il pendit au bois le roi d'Aï, jusqu'au soir ; mais au coucher du soleil, Josué commanda qu'on descendît son cadavre du bois ; et on le jeta à l'entrée de la porte de la ville, et on éleva sur lui un grand monceau de pierres, qui est demeuré jusqu'à ce jour. Alors, Josué bâtit un autel à l'Éternel, le Dieu d'Israël, sur le mont Ebal, comme Moïse, serviteur de l'Éternel,
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l'avait commandé aux enfants d'Israël, ainsi qu'il est écrit dans le livre de la loi de Moïse, un autel de pierres brutes, sur lesquelles on n'avait point levé le fer. Ils y offrirent des holocaustes à l'Éternel, et ils présentèrent des sacrifices de prospérités. Il écrivit aussi là, sur les pierres, une copie de la loi de Moïse, que celui-ci avait écrite devant les enfants d'Israël. Et tout Israël, et ses anciens, et ses officiers, et ses juges, se tenaient des deux côtés de l'arche, devant les sacrificateurs, les Lévites, qui portaient l'arche de l'alliance de l'Éternel ; les étrangers y étaient aussi bien que les Israélites, une moitié du côté du mont de Garizim, et l'autre moitié du côté du mont Ébal, comme Moïse, serviteur de l'Éternel, l'avait précédemment commandé, pour bénir le peuple d'Israël. Après cela, Josué lut toutes les paroles de la loi, la bénédiction et la malédiction, selon tout ce qui est écrit dans le livre de la loi. Il n'y eut rien de tout ce que Moïse avait commandé que Josué le lût en présence de toute l'assemblée d'Israël, des femmes, des petits enfants et des étrangers qui marchaient au milieu d'eux.

Nous avons donc à constater un fait de premier ordre ; l'année dans laquelle on se trouvait lors de cette lecture est connue ; Josué se conformant à l'ordre de Moïse, elle ne peut être autre que l'année sabbatique — 1469 (1).

(1) On peut appuyer en passant, par la circonstance que le Roi d'Aï fut descendu du bois, et par le rapprochement avec Jean XIX, 31,

JEAN XIX, 31. — Or, les juifs, de peur que les corps ne demeurassent sur la croix le jour du sabbat (car c'en était la préparation, et ce sabbat était un jour fort solennel), prièrent Pilate de leur faire rompre les jambes, et qu'on les ôtât.

l'idée que le jour de la lecture de la Loi était lui-même un Sabbat.

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Mais c'est immédiatement après cela.

JOS. X, 1, 2, et suiv. — Dès qu'Adoni-Tsédek, roi de Jérusalem, apprit que Josué s'était emparé d'Aï, et qu'il l'avait vouée à l'interdit, qu'il avait traité Aï et son roi comme il avait traité Jérico et son roi et que les habitants de Gabaon avaient fait la paix avec les Israélites, et qu'ils étaient parmi eux, il craignit fort, parce que Gabaon était une grande ville, comme l'une des villes royales ; car elle était plus grande qu'Aï, et tous ses hommes étaient vaillants ; etc.

qu'a lieu la victoire définitive de Josué à la Bataille de Gabaon (Jos. X), où le Soleil, s'arrêtant au milieu du ciel, double par son retard la durée du jour, c'est-à-dire ajoute un jour à la durée des jours.

JOS. X, 12-14. — Alors, Josué parla à l'Éternel le jour où l'Éternel livra l'Amoréen aux enfants d'Israël, et il dit, en présence d'Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi lune, sur la vallée d'Ajalon ! Et le soleil s'arrêta, et la lune aussi, jusqu'à ce que la nation se fût vengée de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? [Voir Note B, à la fin de cette Leçon]. Le soleil s'arrêta au milieu des cieux, et ne se hâta point de se coucher, environ un jour entier. Il n'y a point eu de jour comme celui-là, ni avant ni après, où l'Éternel ait exaucé la voix d'un homme ; car l'Éternel combattait pour Israël.

Puisqu'on avait été conduit à l'Année sabbatique — 1469, ou au « Samedi », le jour ajouté désigne le « Dimanche », et le Miracle de Josué, qui est un type de Jésus, n'est donc autre chose (conformément à ce que nous avons déjà vu en analysant le Chapitre IV de l'Épître aux Hébreux), que le signe solennel du déplacement d'un jour, par lequel le Jour de repos de la Nou-

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velle Alliance succède au Jour de repos de l'Ancienne Alliance.

122. Cette interprétation et le rôle capital du Miracle de Josué dans toute l'Économie biblique se trouvent en outre confirmés par la manière dont l'époque sabbatique dont nous nous occupons se trouve reliée aux données les plus générales de notre Chronologie.

Considérons en effet, comme fait Daniel (§ 106) pour ses trois années

2178 . . . . . Vendredi,
2179 . . . . . Samedi,
2180 . . . . . Dimanche,

caractéristiques du Second avènement, le groupe canonique, Vendredi, Samedi, Dimanche (des trois jours de la Passion), qui se présente également ici, savoir :

— 1470 . . . . Vendredi,
— 1469 . . . . Samedi,
— 1468 . . . . Dimanche (1).

(1) Il est remarquable que les trois jours canoniques Vendredi, Samedi, Dimanche, soient respectivement les jours de repos des trois rameaux bibliques de l'Islam (par Ismaël), du Judaïsme (par Isaac), du Christianisme (par le Fils de David). Les Arabes d'ailleurs rattachent leur Vendredi, jour de repos, à la Bataille de Gabaon, qu'ils disent avoir eu lieu ce jour-là ; ils appellent Josué « Joschova ». (d'Herbelot, Bibliothèque orientale. Maestricht 1776, p. 457, col. 2, au mot Joschova.)

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Nous allons voir que les deux termes extrêmes de ce groupe, — 1468 Dimanche, — 1470 Vendredi, sont liés par les signes du Soleil et de la Rotation de la Terre, c'est-à-dire par les éléments physiques du Miracle de Josué, à la Première et à la Seconde Venue.

Voyons d'abord le terme — 1468, Dimanche.

Le retard du jour de Josué fait, par ses signes extérieurs, intervenir la Rotation de la Terre, puisque ce n'est pas seulement le Soleil, mais aussi la Lune, c'est-à-dire tout le ciel qui s'arrête dans son mouvement diurne ; or c'est ce qu'on voit indiqué par le nombre chronologique même de ce Dimanche, ou par sa distance à l'Ère chrétienne (Première Venue) ; car

1468 = 4 × 367,

et

367 = 366 + 1 = (Nombre annuel de rotations de la Terre sur son axe)
+ 1.

Envisageons maintenant le premier terme — 1470, Vendredi.

Ce multiple de 7 est en lui-même fort remarquable, car il est égal à

1470 = 49 × 30 = (7.7) × 30,
p. 282

où 30 est l'Âge de Jésus à son entrée dans son Ministère ; mais il est en outre relié à la Seconde Venue, 2180, par un signe solaire tellement démonstratif qu'il dispensera de tout commentaire quant à son caractère intentionnel. On a en effet pour la durée qu'embrassent les deux limites — 1470 et + 2180 :

1470 + 2180 = 3650 = 10 × 365,

365 étant le nombre des jours de l'Année solaire (1).

123. Tout ceci observé, et la connexion entre l'époque sabbatique que nous considérons, le Miracle de Josué et l'institution du Dimanche ou Repos de Christ, étant mise hors de doute, il reste à voir comment il faut interpréter ce signe de Josué au point de vue du système septénaire des Années et de leur représentation par les Jours successifs de la Semaine.

Cette interprétation est simple. — 1469 est une Année sabbatique ; le Samedi est prolongé d'un jour ; il faut donc, dans l'analogie des années et des jours, compter deux fois l'an — 1469.

(1) Un autre signe solaire, bien remarquable aussi et que nous retrouverons en étudiant la chronologie du Livre des Juges, c'est que la mort de Josué a lieu en — 1461 = — 4 × 365 14.

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D'autre part, comme le prouvent nos nombres chronologiques, la succession septénaire des années se poursuit régulièrement à travers toute la suite chronologique des années, d'Adam à Moïse, à Daniel et à la Seconde Venue, de telle sorte que l'année — 1468 est un Dimanche. On est donc, par l'acceptation immédiate des données du Miracle, en présence du groupe

      ⎧ — 1469 Sabbat
(J) ⎨ — 1469 Dimanche, ou Jour supplémentaire de Josué
      ⎩ — 1468 Dimanche.

124. Considérons maintenant ce qui suit dans notre texte concernant le système des Jubilés, ou dernières années de périodes (du même nom) instituées de 50 = 7 × 7 + 1 années.

Ici se met en évidence une donnée des plus remarquables. Elle consiste en ce que, d'après l'ordre naturel de ce texte, ce système a pour origine chronologique précisément l'époque de la conquête de la Terre promise que nous venons de déterminer, c'est-à-dire la Bataille de Gabaon et l'Arrêt du Soleil de Josué.

Nous allons d'ailleurs trouver dans l'Écriture l'éclatante confirmation que telle est bien l'origine des Jubilés. Il nous faut pour cela suivre à travers le temps la destinée de cette Institution de Moïse.

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La tradition rabbinique est d'accord avec ce que nous venons d'établir, pour dire que la conquête a duré sept ans ; et ses périodes sabbatiques coïncident avec les nôtres, car, mettant encore 7 ans pour le partage du pays, elle assigne pour première année sabbatique effective la 21e après l'Entrée en Canaan (1). Mais c'est un fait bien remarquable qu'à travers toute la Bible et l'histoire des Israélites, on ne trouve ensuite, après Josué, pas de trace de l'observation ni de l'Année sabbatique, ni du Jubilé.

Cette défection est l'accomplissement de ce qu'avait annoncé Moïse lui-même, que le peuple serait infidèle à ses lois, et qu'il faudrait pour l'accomplissement des Sabbats de la Terre, que la Terre se repose forcément, lorsque le peuple, indigne, en aurait été arraché par la Captivité.

LÉV. XXVI, 34, 35. — Alors la terre s'acquittera de ses sabbats, tout le temps qu'elle sera désolée, et que vous serez dans le pays de vos ennemis ; alors la terre se reposera et s'acquittera de ses sabbats. Tout le temps qu'elle sera désolée, elle se reposera, parce qu'elle ne s'était pas reposée dans vos sabbats, pendant que vous l'habitiez. LÉV. XXVI, 43. — Car le pays sera abandonné par eux, et il jouira de ses sabbats, tant qu'il sera dévasté loin d'eux ; et ils subiront la peine de leur iniquité, parce qu'ils auront méprisé mes ordonnances et que leur âme a eu mes lois en aversion.

(1) Munk, Palestine, p. 185 ; Bible annotée de Neuchâtel Lév. XXV, 1-7.

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Cela s'accorde aussi avec l'engagement qu'on voit prendre au peuple, après la Captivité, d'observer enfin les commandements de Moïse et ses Sabbats.

NÉH. X, 28-31. — Et le reste du peuple, les sacrificateurs, les Lévites, les portiers, les chantres, les Néthiniens et tous ceux qui s'étaient séparés des peuples de ces pays pour observer la loi de Dieu, leurs femmes, leurs fils et leurs filles, tous ceux qui étaient capables de connaissance et d'intelligence se joignirent à leurs frères, les plus considérables d'entre eux, et s'engagèrent par imprécation et serment à marcher dans la loi de Dieu, qui avait été donnée par Moïse, serviteur de Dieu, à garder et à faire tous les commandements de l'Éternel, notre Seigneur, ses ordonnances et ses lois ; à ne pas donner nos filles aux peuples du pays, et à ne point prendre leurs filles pour nos fils ; et à ne prendre rien au jour du sabbat, ni dans un autre jour consacré, des peuples du pays qui apportent des marchandises et toutes sortes de denrées, le jour du sabbat, pour les vendre, et à faire relâche la septième année, et à faire remise de toute dette.

Il semble qu'effectivement à partir de là on observa au moins les Années sabbatiques. On trouve celles-ci mentionnées aux temps d'Antiochus dans le Livre des Macchabées (1).

On ne peut donc, en suivant les données historiques de la Bible, trouver, s'il en existe, de vérification de l'origine des Jubilés, fixée plus haut

(1) I Macc. VI, 49, 53… Ils sortirent de la ville parce qu'ils n'avaient pas de vivres… à cause que c'était alors le Sabbat de la Terre… ; il n'y avait point de vivres dans les greniers parce que c'était la 7e année…

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par notre groupe (J) de Josué (§ 123), que dans la matière du Nouveau Testament.

125. Puisque Josué est le type de Jésus, il est d'ailleurs naturel, en traversant les temps, de porter nos regards sur ceux de la Nouvelle Alliance, et l'on peut observer que le fait même de l'absence de toute indication du Jubilé avant Jésus, est en lui-même un signe que l'institution du Jubilé, de la 50e année ou du Dimanche, se rapporte à Lui.

Or ici se présente effectivement un trait démonstratif de premier ordre : dès l'ouverture de ces temps nouveaux de Christ, nous est donnée l'indication d'une année de Jubilé, dans les paroles que Jésus prononce à Nazareth en inaugurant son ministère :

LUC IV, 16-19. — Et Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé ; et il entra, selon sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et il se leva pour lire. Et on lui présenta le livre du prophète Ésaïe ; et ayant ouvert le livre, il trouva l'endroit où il était écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi, c'est pourquoi il m'a oint ; il m'a envoyé pour annoncer l'évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour publier la liberté aux captifs, et le recouvrement de la vue aux aveugles ; pour renvoyer libres ceux qui sont dans l'oppression et pour publier l'année favorable du Seigneur.

Le sentiment général des commentateurs est que « l'année favorable du Seigneur » désigne

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une année de Jubilé ; et il suffit de se mettre à la place des Juifs auxquels parle le Seigneur, ou, quant à nous, de comparer ses paroles à celles de l'institution du Jubilé dans Lév. XXV, 8-19, pour être certain qu'effectivement le terme qu'il emploie ici ne peut dans leur esprit et dans le nôtre désigner autre chose. Or Luc, qui rapporte le fait évangélique dont nous nous occupons, vient de dire (III, 23) que Jésus avait environ 30 ans ; c'était l'âge exigé de ceux qui se présentaient au service du Tabernacle (Nomb. IV, 3). Puisque Jésus avait 30 ans, on était dans l'an 31, ou la première année du ministère de Jésus. L'induction à tirer de là, est que cette époque, ainsi donnée, doit repérer un Jubilé.

On constate tout d'abord immédiatement que les années 30, 31, constituent un Sabbat et un Dimanche, car l'an 28, multiple de 7, est un Jeudi (§ 114).

On a donc ici en parallélisme avec (J) (§ 123), le groupe

         ⎧ + 30 . . . . . Sabbat
(J)' ⎨ + 31 . . . . Dimanche.

Or, dans ce groupe, +31 désigne bien en outre un Jubilé, car les deux groupes (J) (J)' délimitent 30 périodes cinquantenaires ou 30 × 50 = 1500

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ans. On a en effet, dans ces groupes, du Sabbat écoulé, — 1469, au Dimanche, +31, compris :

1469 + 31 = 1500 = 30 × 50 ;

et il est essentiel de remarquer que la rigueur du calcul fait intervenir ici d'une manière nécessaire, comme Dimanche après le Sabbat de Josué, le Jour supplémentaire du repos (groupe [J]), institué par le Miracle de Josué précisément comme signe du Jour de repos de Christ.

Ce résultat met hors de doute que la Bataille de Gabaon et l'Arrêt du Soleil étaient bien, dans l'ordonnance inspirée de Moïse, l'origine des périodes de Jubilé manifestées en Christ, comme ils étaient déjà un signe de l'Institution du Dimanche.

126. Il nous reste à voir, à titre de question connexe, si dans le point de vue de la correspondance des Années chronologiques et des Jours de la Semaine, la 70e Semaine de Daniel, considérée comme formée de périodes quinquaséculaires, et que nous avons en effet vue (§ 101) reproduire de cette façon, par la période de 528 ans, la succession des 7 Églises de l'Apocalypse, ne présenterait pas à son tour des caractères systématiques. Nous allons constater qu'il en est effectivement ainsi.

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Puisque + 2180, limite des 7 périodes de 528 ans des Épîtres aux 7 Eglises, est un Dimanche, ce qu'indique d'ailleurs en Apoc. I, 10,

APOC. I, 10. — Et je fus ravi en esprit, un jour de dimanche, et j'entendis derrière moi une voix éclatante, comme le son d'une trompette.

la mention du Jour de Dimanche, où Jean a la Vision qui les concerne et qui a pour couronnement la Seconde Venue, il s'ensuit que l'Exode, — 1516, qui commence cette durée de 7 × 528 = 3696 ans, ou de 528 Semaines, est un Lundi ou le 1er Jour de la Semaine de Christ ; de telle sorte que cette durée de 7 périodes est englobée, par sa première et sa dernière année, dans une semaine de Christ.

Dans le fait même que — 1516, commencement de cette durée, est ainsi un Lundi, on trouve, en passant, une nouvelle confirmation très claire de ce que le Lundi est le premier jour, et le Dimanche le 7e de notre semaine.

Il est intéressant de remarquer aussi que puisque

528 = 7 × 75 + 3,

si une période 528 commence par un Vendredi, elle finit par un Dimanche. Or c'est ce qui arrive, et ce qui n'arrive que, pour la 7e et dernière période des 7 Eglises. Cette dernière période a pour années limites :

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1653 . . . . . Vendredi,
2180 . . . . . Dimanche ;

et qu'elle soit la seule pour laquelle cette circonstance se présente, c'est ce qu'on voit par le tableau suivant des jours des première et dernière années de chacune des 7 Églises.

TABLEAU XI.

ÉGLISES

  I  { —1516  Lundi     }  . . . . . . . 1
     { — 989  Mercredi  }

 II  { — 988  Jeudi     }  . . . . . . . 4
     { — 461  Samedi    }

III  { — 460  Dimanche  }  . . . . . . . 7
     { + 68   Mardi     }  Lundi . . . . 1

 IV  { + 69   Mercredi  }  Jeudi . . . . 4
     {   596  Vendredi  }

  V  { + 597  Samedi    }  Dimanche . . 7
     {  1124  Lundi     }  . . . . . . . 1

 VI  { +1125  Mardi     }
     {  1652  Jeudi     }  . . . . . . . 4

VII  { +1653  Vendredi  }
     {  2180  Dimanche  }  . . . . . . . 7

En même temps que ce Tableau justifie ce que nous venons de dire sur le signe particulier qui

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caractérise la 7e Eglise, il montre que le système des 7 Eglises est mesuré par 3 Semaines que jalonnent les jours 1, 4, 7. La première de ces Semaines, marquée par les années initiales des périodes I II III, comprend les temps de l'Ancien Testament, de la Loi au dernier des prophètes, Malachie, ou les 2 premières Eglises, Ephèse et Smyrne ; la 3e, marquée par les années finales des périodes V VI VII, comprend les 2 dernières Eglises, Philadelphie et Laodicée, c'est-à-dire, comme le montrent les dates, la phase du grand réveil évangélique qui, depuis les Vaudois et par le mouvement de la Réforme, a succédé à la puissance manifeste externe du Faux Prophétisme romain. Entre ces deux semaines extrêmes existe une semaine dont les jours 1, 4, 7 sont les jours intermédiaires entre les jours limites des périodes III IV V. Cette semaine signale les temps des éléments de réaction, caractérisés, sous l'Ancienne Alliance, par Antiochus, sous la Nouvelle Alliance par le Faux Prophétisme romain.

127. Les 2 ans systématiques de l'Ecriture. Le groupe systématique des 3 ans de Christ mis en évidence par les deux nombres 2178 et 2180 de Daniel, signale aussi, d'une manière équivalente, par leur différence, un déplacement de 2 ans. Or ce déplacement de 2 ans, dont l'origine dans nos

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déductions actuelles est donc l'idée des 3 ans, ou des 3 jours (Vendredi, Samedi, Dimanche) de la Passion à la Résurrection de Christ, se trouve rappelé à travers toute l'Écriture ; il est marqué, comme un signe, aux époques de ses points de repère fondamentaux, de manière à indiquer l'emploi intentionnel, dans son système de nombres, d'un terme opératoire de computation égal à 2 ans.

Voici l'énumération de ces 2 Ans canoniques :

a) A l'origine du monde postdiluvien, les 2 Ans d'Arphacsad (né 2 ans après le Déluge) :

GEN. XI, 10. — Voici les descendants de Sem : Sem, âgé de cent ans, engendra Arphacsad, deux ans après le déluge.

b) A l'Exode, la division des 40 ans au Désert en 2 ans (Kadès Barnéa) et 38 ;

NOMB. I, 1. — L'Éternel parla à Moïse, au désert de Sinaï, dans le tabernacle d'assignation, au premier jour du second mois, la seconde année de leur sortie du pays d'Égypte. NOMB. IX, 1. — L'Éternel parla aussi à Moïse, au désert de Sinaï, au premier mois de la seconde année après leur sortie du pays d'Égypte. NOMB. XIV, 30. — Vous n'entrerez pas au pays au sujet duquel j'ai levé ma main, jurant de vous y faire habiter : excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun, DEUT. II, 14. — Or, le temps que nous avons marché, depuis Kadès-Barnéa, jusqu'au passage du torrent de Zéred, a été de trente-huit ans, jusqu'à ce que toute la génération des gens de guerre ait été consumée du milieu du camp, comme l'Éternel le leur avait juré.
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c) A l'Entrée de la Prophétie, avec Esaïe

ÉS. VI, 1-4. — L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de son vêtement remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, et chacun d'eux avait six ailes : de deux ils couvraient leur face, de deux ils couvraient leurs pieds, et de deux ils volaient. Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! Les fondements des seuils furent ébranlés par la voix de celui qui criait, et la maison fut remplie de fumée.

dans sa vision du Temple de l'Eternel et du tremblement de terre qui en ébranle les colonnes (c'est le tremblement de terre de Zacharie, aux jours du roi Hosias),

ZACH. XIV, 5. — Et vous fuirez dans la vallée de mes montagnes ; car la vallée des montagnes atteindra jusqu'à Atsal ; vous fuirez, comme vous vous enfuîtes devant le tremblement de terre, aux jours d'Ozias, roi de Juda. Alors l'Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints seront avec toi.

les « 2 Ans avant le tremblement de terre » d'Amos I, 1 :

AMOS I, 1. — Les paroles d'Amos, qui était d'entre les pâtres de Thékoa, lesquelles lui furent révélées touchant Israël aux jours d'Ozias, roi de Juda, et de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, deux ans avant le tremblement de terre.

d) A l'origine du monde chrétien, les 2 Ans du Massacre des Innocents ;

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MATT. II, 16. — Alors Hérode, voyant que les mages s'étaient moqués de lui, fut fort en colère ; et ayant envoyé ses gens, il mit à mort tous les enfants qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, depuis ceux de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s'était exactement informé des mages.

e) A la fin de la partie historique de la Bible, ou du Livre des Actes, les 2 Ans de séjour de Paul à Rome :

ACT. XXVIII, 30. — Mais Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu'il avait louée, où il recevait tous ceux qui le venaient voir.

f) A la fin de l'Économie historique actuelle enfin, par les deux nombres de Daniel, les 2 Ans du déplacement de l'un de ces nombres sur l'autre.

128. L'application de l'élément de computation ainsi indiqué, à l'origine même de toute la Chronologie, ou au — 4184 d'Adam, fournit, d'une manière indirecte mais démonstrative, une autre mise en évidence du caractère intentionnel de ces 2 Ans de déplacement. Si, de même que 2178 est déplacé en 2180 vers l'avenir, on déplace par symétrie, en comparant les deux limites du système chronologique, — 4184 en — 4186 vers le passé, et qu'à partir de cette naissance figurative, — 4186, de l'Adam terrestre, opposée à la réapparition + 2180 de l'Adam céleste, on compte les

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30 ans qui conduisent le Fils de l'Homme à la Tentation,

LUC III, 23, 38. — Et Jésus était alors âgé d'environ trente ans, et il était comme on le croyait, fils de Joseph, … de Caïnan, d'Énos, de Seth, d'Adam, de Dieu. LUC IV, 1, 2. — Jésus, étant plein du Saint-Esprit, revint des bords du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert. Et il fut tenté par le diable pendant quarante jours, et il ne mangea rien durant ces jours-là ; mais après qu'ils furent passés, il eut faim.

on a, pour la Tentation d'Adam :

— 4186 + 30 = — 4156.

Or ce nombre chronologique est distant de — 1516, ou de la Loi, de 5 périodes prophétiques de 528 ans ; car on a

4156 — 1516 = 2640 = 5 × 528 ;

et par conséquent, puisque de la Loi à la Seconde Venue, 2180, il y a

1516 + 2180 = 3696 = 7 × 528,

on a de la Tentation d'Adam, ou de la Chute, à la Seconde Venue :

(5 + 7) × 528 = 12 × 528.

Ce sont les 12 heures du Jour de l'Humanité dont parle Christ.

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JEAN XI, 9. — Jésus répondit : N'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde.

Nous verrons, dans la continuation de ces Leçons, que ces 12 heures, qui font 6336 ans, ne sont autre chose que la valeur du Jour de Création du Chapitre Ier de la Genèse, ce qui fait remonter l'origine de la formation géologique organisée du Globe à 42 mille ans environ avant notre Ere, si l'on considère la Naissance d'Adam comme marquant la fin du VIe Jour, et l'Economie historique actuelle, ou le Jour de l'Humanité, comme le VIIe Jour ou Sabbat (celui qui est redevenu Jour de travail à raison de la Chute) (1).

Cette donnée fera connaître la Chronologie géologique, qui jusqu'ici n'existe pas. La science en effet, ne sait actuellement rien à ce sujet, même approximativement quant à l'ordre de grandeur des durées.

129. A un point de vue plus élevé et plus gé-

(1) Comparez sur ce sujet la Mathématique de l'Histoire, §§ 99 et suivants, Tabl. XLVI, XLVIII, XLIX. Les cercles de la Chronologie géodésique y mettent en évidence, comme signe, la Semaine de Christ, c'est-à-dire : le Jour actuel ou VIe Jour, commençant à Adam et se terminant à la Seconde Venue, et le VIIe Jour ou le Dimanche inaugurant le Règne de Christ ; et le repère origine des jours est alors reporté à 36 mille ans avant notre Ère.

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néral encore, le choix du nombre 2 et sa persistance à travers tout le champ de l'Écriture, constituent un signe symbolique de Christ comme Seconde Personne de la Trinité ; et le fait que ce nombre mesure un déplacement chronologique, appelle de lui-même l'attention sur l'idée des temps abrégés de la fin

MATT. XXIV, 22. — Que si ces jours-là n'avaient pas été abrégés, personne n'échapperait ; mais ils seront abrégés à cause des élus. MARC XIII, 20. — Et si le Seigneur n'avait abrégé ces jours-là, personne n'échapperait ; mais il a abrégé ces jours à cause des élus qu'il a élus.

lors de l'Établissement du règne de Christ.

Le temps abrégé et son indication par le nombre 2 sont singulièrement manifestés par le fait que les nombres finals 2178, 2180 de Daniel repèrent le 22e siècle, tandis que, d'après la Loi quinquaséculaire historique de la succession des Peuples Chefs, la fin légale, c'est-à-dire conforme à la Loi, de la période du 10e et dernier d'entre eux, qui est l'Angleterre (Anglo-Saxons), repère le 24e siècle.

En prenant en effet, d'après ce qui a été exposé, pour repère du commencement de cette dernière période la date fatidique 1870, on arrive, en y ajoutant la période historique quinquaséculaire ou le temps 516 de Daniel, à la limite

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1870 + 516 = 2386,

c'est-à-dire au 24e siècle.

La date 1870, assez désignée d'elle-même comme repère de constitution de l'Europe actuelle, et de l'Angleterre comme Peuple chef, est d'ailleurs remarquable aussi, en rapport avec l'histoire du Peuple Élu, en ce qu'elle est à 5 années de 360 ans, de la Destruction de Jérusalem, ou de la Dispersion des Juifs, par Titus en + 70 ;

70 + 5 × 360 = 1870 ;

et quant au 2386 auquel cette date conduit, ce repère final de la période du 10e et dernier Peuple chef de l'Economie historique est un nombre plus remarquable encore, car il assigne à cette Economie, prise dans toute son étendue, une durée égale à

4184 + 2386 = 6570 = 18 × 365,

ou

3 × (1.2.3.) fois 365.

On découvre du même coup dans ces grands nombres une raison d'être du nombre 66 des Livres de la Bible, laquelle mesure ainsi, par lui, toute la Révélation ; car ce nombre est aussi, en siècles, la mesure de toute l'Humanité. On a en effet :

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Avant Christ . . . . . . . 42 siècles
Après Christ . . . . . . . 24 siècles
                              ─────────
Durée totale . . . . 66 siècles.

130. On vient de remarquer que la Seconde Venue, au 22e Siècle, est en avance sur la fin légale, au 24e Siècle, de la période du dernier peuple chef, de

2 Siècles,

ce qui montre clairement le nombre 2 en connexion avec le temps abrégé de la fin.

Mais les nombres absolus 22 et 24 sont d'ailleurs en eux-mêmes significatifs à un autre égard, savoir en ce qui concerne la forme écrite de la Bible ; car 22 est le nombre des lettres de l'alphabet hébreu, ou de la langue de l'Ancien Testament, et 24 le nombre des lettres de l'alphabet grec, ou de la langue du Nouveau Testament (1).

(1) Nous ferons dès maintenant remarquer aussi, quoique nous exposions cela plus loin (XIe Leçon), que l'Hébreu s'écrit de droite à gauche, ou vers le Passé, et le Grec de gauche à droite ou vers l'Avenir ; de telle sorte que les Deux Testaments enseignent directement par un signe externe, que Christ est le foyer de l'histoire spirituelle, et la Première Venue le point fondamental de séparation des temps.

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Ce changement de

22 = 11 × 2

en

24 = 12 × 2

est marqué également, à la séparation des deux Alliances, en ce que, les Apôtres ayant été réduits au nombre de 11 par la trahison de Judas (les Juifs, ou l'Ancienne Alliance), ce nombre est changé en celui de 12 (ils présentent pour cela 2 hommes),

ACT. I, 23-26. — Alors ils en présentèrent deux : Joseph, appelé Barsabas, surnommé Juste, et Matthias. Et priant, ils dirent : Toi, Seigneur, qui connais les cœurs de tous, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi ; afin qu'il prenne part au ministère et à l'apostolat que Judas a abandonné pour s'en aller en son lieu. Et ils jetèrent le sort sur eux ; et le sort tomba sur Matthias, qui d'un commun accord fut mis au rang des onze apôtres.

au moment où ils vont recevoir le don de l'Esprit nouveau et celui des Langues.

Enfin, s'il y a 24 siècles de l'Ère chrétienne à la fin historique du Peuple Élu dans la Nouvelle Alliance, et 24 lettres dans le Grec de Saint Paul, il y a 22 siècles dans le passé, de cette Ère à l'Ancienne Alliance de Dieu avec Abraham, et 22 lettres dans l'Hébreu d'Abraham. On aperçoit donc, dans le plan divin, une raison d'être même à la différence des deux langues dans lesquelles

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devaient être écrits, par les hommes inspirés de Dieu, les deux grands recueils dont se compose l'Écriture.

131. Le Chapitre VII de Daniel.

Les déterminations précises obtenues par les nombres des trois documents que constituent les Chapitres VIII à XII, vont nous donner maintenant d'une manière certaine l'interprétation de la première Vision de Daniel contenue dans le Chapitre VII de son Livre. Cette vision est une grande vue jetée sur toute l'étendue du monde postdiluvien.

Elle sert de préface aux trois autres Visions. Son objet capital est de mettre en évidence, dans toute cette étendue des temps, en prenant pour argument de principe l'histoire spirituelle de l'Humanité, par conséquent la vie du Peuple Élu, l'importance de la grande apostasie qui, au temps du Prince de ce monde, c'est-à-dire entre la Première et la Seconde Venue de Christ, établira son royaume sur la Terre pour séduire les élus, et empêcher la formation de l'Église spirituelle.

Les limites de la Vision sont : d'une part le cataclysme tellurique du Déluge, car les quatre vents des cieux qui donnaient sur la grande mer

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(VII, 1, 2), à rapprocher de Gen. VIII, 1-3, sup-

DAN. VII, 1, 2. — La première année de Belshatsar, roi de Babylone, Daniel, étant sur sa couche, eut un songe et des visions en sa tête. Puis il écrivit le songe : il en dit le sommaire. Daniel prit la parole, et dit : Je regardais, dans ma vision, pendant la nuit, et voici, les quatre vents des cieux se levèrent avec impétuosité sur la grande mer. GEN. VIII, 1-3. — Or, Dieu se souvint de Noé et de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l'arche. Et Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux s'arrêtèrent. Et les sources de l'abîme et les bondes des cieux se fermèrent ; et la pluie fut retenue des cieux. Et les eaux se retirèrent de dessus la terre ; elles allèrent se retirant ; et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours.

posent une mer qui, regardant tous les cieux, recouvre toute la Terre ; de l'autre, le Jugement de la fin (9, 10).

DAN. VII, 9, 10. — Je regardais, jusqu'à ce que des trônes furent placés, et que l'Ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure. Son trône était comme des flammes de feu ; ses roues, comme un feu ardent. Un fleuve de feu sortait et se répandait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient devant lui. Le jugement se tint, et les livres furent ouverts.

et la Seconde Venue (13, 14).

DAN. VII, 13, 14. — Je regardais, dans ces visions de la nuit, et je vis comme le Fils de l'homme qui venait sur les nuées des cieux, et il vint jusqu'à l'Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. Et on lui donna la domination, la gloire et le règne, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera point détruit.
p. 303

132. Entre ces limites se présentent en se succédant dans la Vision, quatre puissances (3, 4-7, 17),

DAN. VII, 3-7, 17. — Et quatre grandes bêtes montèrent de la mer, différentes l'une de l'autre. La première était comme un lion, et avait des ailes d'aigle ; je regardais jusqu'au moment où ses ailes furent arrachées, et elle fut élevée de terre, et dressée sur ses pieds comme un homme, et où un cœur d'homme lui fut donné. Et voici, une seconde bête semblable à un ours ; elle se tenait sur un côté, et avait trois côtes dans sa gueule, entre les dents, et on lui disait : Lève-toi, mange beaucoup de chair. Après cela je regardais, et voici, une autre était semblable à un léopard, et avait sur le dos quatre ailes d'oiseau ; cette bête avait quatre têtes, et la domination lui fut donnée. Après cela je regardais dans mes visions de la nuit, et voici, une quatrième bête, terrible, épouvantable et extraordinairement forte. Elle avait de grandes dents de fer ; elle mangeait, elle brisait et foulait aux pieds ce qui restait ; elle était différente de toutes les bêtes qui l'avaient précédée, et elle avait dix cornes. Ces quatre grandes bêtes sont quatre rois qui s'élèveront sur la Terre.

les trois premières (4-6) mentionnées sous la figuration d'organismes animaux, lesquels désignent normalement les collectivités de l'homme naturel, la 4e, différente de toutes celles qui avaient été avant elles, et offrant un caractère anormal et monstrueux (7, 19).

DAN. VII, 19. — Alors je voulus savoir la vérité touchant la quatrième bête, qui était différente de toutes les autres et extraordinairement terrible, dont les dents étaient de fer et les ongles d'airain, qui mangeait, brisait et foulait aux pieds ce qui restait.
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Ce caractère différent et normal est expliqué en ce que la dernière puissance apporte avec elle, sous la forme de la Petite corne (8, 11, 20, 21),

DAN. 8, 11, 20, 21. — Je considérais les cornes, et voici, une autre petite corne sort au milieu d'elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant elle. Et voici, cette corne avait des yeux comme des yeux d'homme, et une bouche qui proférait de grandes choses.

Je regardais alors, à cause du bruit des paroles orgueilleuses que la corne proférait ; je regardais jusqu'à ce que la bête fut tuée et que son corps périt, et qu'elle fut livrée au feu pour être brûlée. — et touchant les dix cornes qui étaient sur sa tête, et touchant l'autre corne qui était sortie et devant laquelle trois étaient tombées, cette corne qui avait des yeux et une bouche qui proférait de grandes choses, et qui avait une plus grande apparence que les autres. Je regardais comment cette corne faisait la guerre aux saints, et prévalait sur eux.

le pouvoir politique et spirituel impie (24, 25)

DAN. VII, 24, 25. — Mais les dix cornes sont dix rois qui s'élèveront de ce royaume ; et un autre s'élèvera derrière eux, qui sera différent des premiers, et il abattra trois rois. Il prononcera des paroles contre le Souverain, il opprimera les saints du Souverain, et pensera à changer les temps et la loi ; et les saints seront livrés en sa main pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps.

d'un Faux Prophète (8, 25), ennemi de Dieu et qui persécute ses véritables serviteurs (25).

C'est ce pouvoir impie et séducteur qui, au cours de toute cette vision de l'Histoire, est l'objet capital sur lequel notre attention est attirée ; et pour le repérer chronologiquement dans cette

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étendue, le texte du document nous donne une indication de temps.

Il est dit que les Saints seront livrés en la main de ce Pouvoir pendant 3 ½ temps (1), que limitent le Jugement et l'Etablissement du Règne de Christ (22, 26, 27).

DAN. VII, 22, 26, 27. — Jusqu'à ce que l'Ancien des jours fut venu et que le jugement fut donné aux saints du Souverain, et que le temps arriva où les saints entrèrent en possession du royaume.

Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, pour la détruire et la faire périr jusqu'à la fin. Et le règne, et la domination et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Souverain. Son royaume est un royaume éternel, et toutes les dominations le serviront et lui obéiront.

Au point où nous sommes placés dans le Livre de Daniel, c'est-à-dire au Chapitre VII de ce Livre, le temps qui a déjà été mesuré est la période prophétique de 528 ans donnée par la Statue (§ 22) au Chapitre III ; et sa mise en œuvre s'accorde avec ce que la période de 528 ans est celle de la suite des 7 Eglises (§ 101), et qu'il est ici question des Saints. D'après cela, on conclura que 3 ½ temps valent

3 ½ × 528 = 1848 ;

(1) Voir § 23 et la Note B, 3e Leçon

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et cette durée, retranchée des dates connues 2178, 2180, du Second Avènement, conduit aux dates

2178 — 1848 = 330 (Constantin)
2180 — 1848 = 332 (centre de Thyatire) (§ 101),

qui ne sont autres que celles de l'Etablissement de la Papauté. C'est donc le Faux Prophète romain qui désigne la Petite corne de la Vision.

(On peut remarquer que, puisqu'on a 329 = 47 × 7, c'est-à-dire un multiple de 7, 329 est un Jeudi, et que par conséquent

330 et 332, comme 2178 et 2180,

sont un Vendredi et un Dimanche.)

Les paroles adressées dans Apoc. II, 20 à Thyatire, c'est-à-dire à l'Eglise dont la période a précisément pour centre 332, (§ 101), confirment bien aussi qu'il s'agit de l'Eglise du Faux Prophète romain. « J'ai ceci contre toi : la femme » Jésabel qui se dit Prophétesse enseigne et sé- » duit mes serviteurs en leur fait manger des » choses sacrifiées aux idoles » (comme signe » externe, la Messe).

133. La quatrième Bête, de laquelle procède ce Faux Prophétisme romain par l'action politique de Constantin, et dont le pouvoir mondial dévore toute la Terre (23),

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DAN. VII, 23. — Il me parla donc ainsi : la quatrième bête sera un quatrième royaume sur la Terre, lequel sera différent de tous les royaumes, et dévorera toute la Terre, et la foulera, et la brisera.

est évidemment l'Empire romain.

La 3e et la 2e, si nous rétrogradons à partir de là dans l'Histoire, s'identifient ensuite nettement avec les Grecs et les Médo-Perses. Il suffit pour s'en rendre compte de les comparer au Bouc (VIII, 5) et au Bélier (VIII, 3) du Chapitre VIII, qui, comme on l'a vu (§ 80) dans l'analyse du Chapitre VIII de Daniel, représentent respectivement ces dernières puissances ; c'est la reproduction, sous une autre forme, des mêmes caractères. Le Léopard agile à ailes d'oiseau et à quatre têtes (VII, 6), c'est le Bouc qui ne touche pas le sol (VIII, 5), et dont la corne se partage en quatre cornes (VIII, 8). D'après l'interprétation du Chapitre VIII, ce Léopard c'est donc les Grecs. L'Ours, qui se lève sur un côté et qui tient comme un trophée de victoire trois crocs entre ses dents (VII, 5), c'est le Bélier, dont l'une des cornes est plus haute que l'autre (VIII, 3), et qui attaque avec ses cornes dans les trois directions de l'Occident, de l'Aquilon et du Midi (VIII, 4). C'est donc les Médo-Perses que cet Ours figure.

134. Il reste à comprendre la signification de la première bête (VII, 4).

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Or, en suivant l'Histoire, on conclut naturellement qu'il s'agit de Babylone, conquise par les Médo-Perses (la deuxième Bête) ; leur puissance a succédé à la sienne ; et l'on arrive d'ailleurs au même résultat en considérant que Daniel est situé dans sa Vision à l'aurore du monde postdiluvien (2), qu'il assiste à la formation des empires (3) et qu'il doit contempler dès lors tout d'abord la puissance de Babel (Gen. X, 10, 11).

Interprétons maintenant le détail de la figuration de la Première Bête ; et pour cela rappelons-nous (§ 72) que si Daniel a été rejeté par la Captivité à Babel, c'est-à-dire à l'origine géographique de l'Histoire, c'est pour en recommencer prophétiquement le cours, son objet étant l'Economie spirituelle de l'Humanité, et son argument la destinée du Peuple Elu dont il partage l'état actuel d'épreuve.

Dans ce point de vue de Daniel, ce qui caractérise Babel ou Babylone c'est de fondre sa personnalité dans celle du Peuple Elu qu'elle a absorbé, et de la rédemption duquel, par le châtiment de l'Exil, elle a été l'instrument dans les mains de Dieu. Sa figuration va donc être celle du Peuple Elu lui-même.

Or celui-ci, par sa souillure avec l'Esprit d'idolâtrie des nations, a encouru la réjection de Dieu. C'est pour cela que le Lion reçoit les Ailes de

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l'Aigle, c'est-à-dire du premier des oiseaux impurs (Lév. XI, 13 ; Deut. XIV, 12) ; et c'est seulement aussi lorsque, par le châtiment bienfaisant de Dieu ces Ailes orgueilleuses ont été lamentablement détruites (4), que la Bête prend l'apparence d'un homme, se redresse sur ses pieds, et se sent un cœur d'homme (4). (Par une transfiguration analogue, Nébucadnetzar, au Chapitre IV de Daniel, est pris lui-même pour type du Peuple Élu à travers tous les temps.)

135. Voici donc en résumé la vue prophétique du Chapitre VII.

Daniel, se reportant au Déluge comme origine, refait l'Histoire en prenant pour argument le Peuple Élu. Mais du premier coup, l'identité de la région géographique initiale de l'Histoire et de la région où avec les siens il se trouve effectivement placé, lui fait, par les lieux, identifier les temps. Il efface le passé, qui ne rappellerait que la compromission de son Peuple avec le monde, pour ne le contempler que dans la grandeur de son abaissement de l'heure présente, et diriger les regards de ce peuple vers le terme final de l'Établissement du Règne de Dieu ; et dans ce but, traversant les temps en identifiant la Babel antique et la Babel présente, par les Médo-Perses il rejoint aux Grecs la série normale des 10 Peu-

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ples chefs qui jalonnent l'Économie historique du Déluge à la Seconde Venue. Quand il arrive aux Romains, dont la puissance mondiale englobe pour la première fois, du Golfe Persique à l'Atlantique, tout le foyer de l'Histoire générale, en même temps qu'il voit cette quatrième Bête embrasser ainsi dans sa région géographique toute l'histoire passée et toute l'histoire à venir des 10 Peuples chefs, (raison pour laquelle elle est couronnée de 10 cornes), il lui refuse cependant le caractère normal de la figuration Animale : il a aperçu, sous la forme d'une puissance politique particulière, la Petite corne, l'infusion d'un Esprit jusqu'alors inconnu aux Païens eux-mêmes, savoir l'esprit du Faux Prophétisme qui s'est emparé des armes de Dieu, pour, en réalité, faire la guerre à Dieu.

136. Dans ce coup d'œil général de Daniel, les 10 cornes ou puissances que porte la Quatrième Bête (7) ne sont donc autre chose que les

10 Peuples chefs de la Loi historique.

Tous, en effet, ont été embrassés géographiquement par l'Empire romain ; et tous, venus dans la série avant ou après les Romains proprement dits, existant ou devant ressusciter (24)

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[et Apoc. XVII, 12] à la fin de l'Économie actuelle (comme nous le voyons aujourd'hui même pour l'Égypte, la Palestine, l'Assyrie, etc.),

Apoc. XVII, 12. — Et les dix cornes que tu as vues, sont dix rois qui n'ont pas encore commencé à régner ; mais ils recevront la puissance comme rois, avec la bête, pour un peu de temps.

sont, englobés dans son aire, représentés par ce premier empire mondial.

La Petite corne, d'abord petite (8), ayant ensuite (20) plus d'apparence que les autres, est bien le Faux Prophète, appuyé sur le pouvoir de Rome, qui pense pouvoir changer les temps et la loi (la Loi historique) (VII, 25) en se donnant pour un pouvoir éternel, alors qu'il n'est en réalité qu'un des chaînons dans la série. Cette Corne s'est introduite derrière (24) (de préférence à après ; le terme hébreu veut aussi dire derrière) les 10 Cornes normales, parmi elles (8) ; et son influence dominatrice de Faux Prophète occupe, dans la série des 10, trois places, car 3 Cornes sont arrachées devant elle (8), ou tombent devant elle (20), ou sont abattues, abaissées ou humiliées par elle (24) (tous ces termes traduisent l'original).

Or, comme ce règne spirituel dure jusqu'à la fin de la série (21, 22), les trois places ou numéros

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d'ordre dont il s'agit sont, en partant du dernier et rétrogradant, les numéros

10, 9, 8 ;

et, par conséquent, la première de ces places étant le numéro 8, le Faux Prophète est bien, comme le dit l'Apocalypse,

Apoc. XVII, 11. — Et la bête qui était, et qui n'est plus, est le huitième roi ; elle vient des sept, et elle s'en va à la perdition.

Le 8e Roi,

ou la Papauté.

137. On peut juger, par la désignation que lui donne ainsi Daniel en tête de toute sa Prophétie, de l'importance de ce pouvoir dans l'Histoire générale, comme facteur de démoralisation spirituelle. Peut-être pourrait-on hésiter à cet égard en présence de la piété individuelle de membres particuliers de l'Eglise qui est ainsi désignée. Toute hésitation cesse quand on considère le rôle et le caractère de ses conducteurs attitrés, et leur influence historique débilitante sur les peuples qui ont particulièrement subi leur esclavage spirituel.

Ce jugement est celui même de la Parole de Dieu. On n'a qu'à lire, pour s'en convaincre, les

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paroles qui sont adressées à Thyatire et à Sardes dans Apoc. II, 18-25 ; III, 1-4, car la situation chronologique de ces Églises dans la Semaine des 7 Églises, indique assez, par sa superposition historique, qu'il s'agit de la Papauté et du Moyen-Age. L'influence de ces Églises s'exercera jusqu'au Retour du Seigneur (Apoc. II, 24, 25 ; III, 3).

Apoc. II, 18-25. — Écris aussi à l'ange de l'Église de Thyatire :

Voici ce que dit le Fils de Dieu, qui a les yeux comme une flamme de feu, et les pieds semblables à l'airain le plus luisant : Je connais tes œuvres, ta charité, ton service, ta foi, et ta patience ; et je sais que tes dernières œuvres surpassent les premières. Mais j'ai certaines choses contre toi : c'est que tu souffres que la femme Jésabel, qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes serviteurs, pour les engager dans la fornication, et leur faire manger des choses sacrifiées aux idoles. Et je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît de ses impudicités ; et elle ne s'est point repentie. Voici, je vais la mettre au lit ; et ceux qui commettent adultère avec elle seront dans une grande affliction, s'ils ne se repentent de leurs actions ; et je ferai mourir ses enfants ; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres. Mais je vous dis à vous, et aux autres qui sont à Thyatire, à tous ceux qui ne retiennent pas cette doctrine, et qui n'ont point connu les profondeurs de Satan, comme on les appelle, que je ne mettrai point d'autre charge sur vous. Mais retenez seulement ce que vous avez, jusqu'à ce que je vienne.

Apoc. III, 1-4. — Écris aussi à l'ange de l'Église de Sardes ;

Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres : tu as la réputation

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d'être vivant, mais tu es mort. Sois vigilant, et affermis le reste qui va mourir ; car je n'ai point trouvé tes œuvres parfaites devant Dieu. Souviens-toi donc de ce que tu as reçu, et de ce que tu as entendu, et le garde, et te repens. Que si tu ne veilles pas, je viendrai à toi, comme un larron vient, et tu ne sauras point à quelle heure je viendrai à toi. Toutefois tu as aussi à Sardes quelque peu de personnes qui n'ont point souillé leurs vêtements, et qui marcheront avec moi en vêtements blancs, car ils en sont dignes.

NOTES DE LA DIXIÈME LEÇON.

Note A.

SUR LES NOMS ET L'ORDRE DES NOMS DES JOURS DANS LA SEMAINE DE CHRIST.

En connexion avec ce qui a été dit, §§ 107-116, et constituant un nouveau signe, se présente la considération intéressante de la constitution organique de notre Semaine chrétienne, prise en elle-même.

Les noms des jours de la semaine sont ceux des 7 corps célestes mobiles dans le Ciel, vus par l'œil humain. Ces astres sont le Soleil, la Lune, et les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Ces 7 corps lumineux mobiles sur le firmament, ont été connus de tout temps par les Anciens, qui les appelaient généralement Pla-

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nètes ou Astres errants. Les jours de notre semaine ont les numéros d'ordre et, d'après ces astres, les noms suivants :

1  Lundi    . . . . .  Jour de la Lune
2  Mardi    . . . . .  »   Mars
3  Mercredi . . . . .  »   Mercure
4  Jeudi    . . . . .  »   Jupiter
5  Vendredi . . . . .  »   Vénus
6  Samedi   . . . . .  »   Saturne
   Dimanche
7  Sunday   . . . . .  Jour du Soleil.
   Sonntag

Cet ordre n'est ni celui de la grandeur des globes, ni celui de leurs éclats. Il paraît d'abord arbitraire et on a beaucoup disserté sur son origine (1). Or on peut lui assigner une raison scientifique et biblique bien déterminée qui, dans notre ordre d'idées, se justifie par sa portée même, et est digne de sujet.

(1) Il nous serait facile de montrer que les explications qu'on reproduit d'après les Anciens (Romains et Grecs), — fondées soit sur les 24 heures du jour successivement présidées par les 7 divinités planétaires, soit sur les intervalles musicaux, la consonnance de quarte dans le sens rétrograde donnant le même résultat que notre groupe quinternaire, ou la « quinte », dans le sens direct, — ne sont que des déformations du terme rationnel qui définit notre solution, et s'y ramènent. Nous les retrouvons formulées, sous d'autres formes, comme des conséquences, dans nos propres déductions. La série des

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Les 7 corps célestes dont il s'agit se rangent géométriquement, en partant de l'idée la plus importante dans l'ordre rationnel, suivant la grandeur des orbites qu'ils décrivent (le Soleil, en mouvement relatif autour de la Terre), orbites qu'on peut regarder comme des cercles. Cet ordre des cercles est d'ailleurs aussi celui des Durées de Révolution des Astres. C'est donc un élément fondamental.

La Lune décrit le plus petit cercle, et Saturne le plus grand. L'ordre des cercles est, de ce plus petit à ce plus grand :

  I       II      III      IV      V      VI       VII
Lune  Mercure  Vénus  Soleil  Mars  Jupiter  Saturne.

Remarquons que, dans cette ordonnance géométrique des 7 termes, le Soleil (qui correspond par son orbite à la Terre) occupe le centre ou le numéro quatre, de même que, dans la Semaine de Création, il apparaît au 4e Jour ou au centre de la Semaine, et que, dans l'ordre des temps, Christ est apparu au 4e mille d'années (voir § 114).

(1) Astres considérée par les Anciens et sur laquelle ils fondaient leurs explications — c'est-à-dire l'ordre des Astres d'après leurs distances à la Terre dans le Système géocentrique de Ptolémée, — se trouve d'ailleurs être la même que notre série physique ci-après établie sur d'autres raisons.

Toutes ces spéculations des Anciens mettent donc en présence d'un système arithmétique unique dont il s'agit seulement de découvrir le principe rationnel de construction.

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L'ordre géométrique précédent n'est pas non plus celui des jours de notre Semaine. Mais, on peut l'induire rationnellement, c'est parce qu'il restait à signifier cette Semaine en tant que destinée à régler le travail de l'Homme et son jour de repos ; or on va voir que la disposition particulière qu'elle présente quant à l'ordre des astres, est effectivement, par l'emploi du nombre humain 5 (1) introduit dans la suite géométrique septenaire dont il s'agit, un signe de cette destination propre.

Cela est d'abord enseigné analytiquement par le fait lui-même de l'ordre des jours, donné tel quel et pris comme un signe. On constate tout de suite (voyez la suite des astres) que, puisque Lundi correspond à la Lune, I, et Mardi à Mars, V, les deux jours consécutifs Lundi-Mardi font compter I II III IV V, c'est-à-dire repèrent et constituent dans la série des astres un groupe de 5 termes, tel qu'il y serait jaugé et signifié (les 5 doigts) par l'ouverture de la Main de l'Homme, dont le travail lie entre eux les jours. De même en est-il pour les deux jours consécutifs Mardi-Mercredi, correspondant à Mars et Mercure, lesquels font compter (en recommençant la série des

(1) 5 (la Main de l'Homme et son activité) ; 7 est le nombre divin.

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astres quand elle est terminée, ou plus commodément en la mettant préalablement en cercle), le groupe de 5, V VI VII I II. La même chose se produit pour les jours consécutifs suivants ; de telle sorte que la suite des noms des jours de la Semaine est, en fait, le signe immédiat du nombre 5 dans le groupe septenaire ou divin des Astres.

Cette règle, constatée analytiquement, se justifie et s'affirme a priori dans la conception biblique. Si le système arithmétique de la Semaine est institué par Dieu, il doit procéder d'un principe rationnel enseigné par l'Institution même de la Semaine, c'est-à-dire par l'idée des 6 Jours de travail suivis du Jour de repos.

Considérons les jours de travail. Le symbole du travail, c'est la Main de l'Homme, et son signe arithmétique le plus simple dans l'ordre rationnel, est le nombre 5. On est donc assuré, à l'égard de la première solution à tenter dans l'ordre rationnel, que l'instrument de la détermination des jours de travail dans la série des astres, y sera le Nombre 5.

Une autre donnée rationnelle est en outre imposée en ce qui concerne l'usage de la série des astres : c'est de suivre cette série dans l'ordre mathématique et naturel croissant de la gran-

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deur physique qui sert d'argument à son établissement.

On ne trouvera pas d'autres conditions rationnelles plus simples. Elles sont donc certainement à mettre en œuvre. Quant à la manière de se servir du nombre 5, puisque les astres repérés doivent être un signe de la Main, ou du travail, l'idée la plus naturelle est de leur faire repérer deux à deux les extrémités de la Main supposée jauger la série des astres, de telle manière que par là aussi chacun d'eux serve successivement de point d'appui à chacune de ces extrémités.

En appliquant la règle ainsi enseignée par la figuration de la Main placée sur la série des astres, de ces Astres qui ont été mis dans le Ciel (7) pour servir de signes (Gen. I, 14), et qui nous dispensent d'après cette règle la peine (5) de chaque jour (Matt. VI, 34), nous obtiendrons, en revenant au point de départ, I (le plus petit cercle [Lune]), la suite des 7 chaînons ou groupes quinternaires :

      (1)   I    II    III   IV    V
      (2)   V    VI    VII   I     II
      (3)   II   III   IV    V     VI
(a)   (4)   VI   VII   I     II    III
      (5)   III  IV    V     VI    VII
      (6)   VII  I     II    III   IV
      (7)   IV   V     VI    VII   I,
p. 320

dont les termes repères

  I     V    II    VI    III   VII    IV
 (1)   (2)  (3)   (4)   (5)   (6)    (7)

donnent par leur succession :

      (1)   I Lune . . . . . . Lundi
      (2)   V Mars . . . . . . Mardi
      (3)   II Mercure . . . . Mercredi
(b)   (4)   VI Jupiter . . . . Jeudi
      (5)   III Vénus . . . . . Vendredi
      (6)   VII Saturne . . . . Samedi
      (7)   IV Soleil . . . . . Dimanche ;

c'est-à-dire, en parcourant dans le tableau (a) des groupes quintenaires, 6 Jauges de travail, l'ordre des jours de notre Semaine. Il se termine par le Soleil qui est le signe du repos en ce que, dans la série des 7 Astres, il occupe le centre ou le point d'équilibre, et qui, nous le savons, est physiquement aussi le centre ou point de repos du système solaire. Cet ordre, loin d'être arbitraire, est donc au contraire fondé sur une donnée physique et sur un élément biblique bien déterminés ; et il est, continuellement proposé à notre attention, le signe éclatant de la combinaison ordonnée de l'Humain et du Divin dans l'Institution de la Semaine.

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En parcourant la série des 7 astres dans le sens rétrograde, c'est-à-dire du plus grand cercle VII, Saturne, au plus petit I, Lune, on obtient un nouveau résultat singulièrement confirmatif de la désignation intentionnelle du nombre 5. En partant d'un astre, soit Mars (Mardi) auquel on donnera le numéro 1, et numérotant la série, le premier multiple de 5 qui tombe sur l'astre du jour suivant, Mercredi, c'est-à-dire sur Mercure, est le carré 5, 5×5=25 ; de manière que, dans le sens rétrograde, en prenant pour jauge non plus 5, mais son carré 25, on retrouve également l'ordre des jours de notre semaine.

Une conséquence fort remarquable enfin suit de tout cela, qui doit attirer notre attention ; c'est que le nombre 12 (= 1.2.3 × 2), qui règle la subdivision du jour en heures, n'est lui-même nullement arbitraire non plus : il est lié à la constitution de la Semaine. (Nous observons d'ailleurs que le nombre de subdivision doit être pair, vu la division physique quaternaire du Jour.)

Si en effet on parcourt la série des 7 astres en partant de l'un d'eux et en les numérotant, — soit de Mercure (Mercredi) auquel on donnera le numéro 1, — le premier multiple de 2, c'est-à-dire le premier numéro ou nombre pair qui tombera

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sur le jour suivant (Jeudi), soit ici sur l'astre Jupiter, est le nombre 12. On aura en effet, en comptant ainsi :

        ⎧  1 Mercure   Mercredi 1
        ⎪  2 Vénus
   (5)  ⎨  3 Soleil
        ⎪  4 Mars
        ⎩  5 Jupiter   (Jeudi) 5
        ⎧  6 Saturne
        ⎪  7 Lune
        ⎪  8 Mercure
   (7)  ⎨  9 Vénus
        ⎪ 10 Soleil
        ⎪ 11 Mars
        ⎩ 12 Jupiter   Jeudi 12.

On constate aussi que ce même lendemain (Jeudi) partage le groupe pair 12 qu'il vient de déterminer, dans les deux groupes canoniques impairs 5 + 7 = 12.

Si d'autre part on marche dans le sens rétrograde, le premier multiple de 12 que, dans la numérotation, l'on compte en arrivant à ce jour suivant, ou avant de commencer (ce qu'on peut considérer comme indiquant l'accomplissement d'un tout), c'est-à-dire en tombant sur le rang qui le précède immédiatement, est 2 × 12 = 24 ; de telle sorte que, dans le sens rétrograde, les jours

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successifs de la Semaine partagent la série continue des 7 astres en groupes de 24 (ils marquent aussi dans chacun de ces groupes, pris comme ensemble de 24 heures, ses 8 veilles de 3 heures).

Il n'y a, semble-t-il, aucun doute, d'après ces observations, sur ce que la division sexagésimale du jour, et l'ordonnance des jours de la Semaine, appartiennent à un même ensemble systématique. Cet ensemble est un signe de la destination propre de la Semaine comme élément régulateur et dispensateur du travail (5) de l'homme, dans une durée divinement instituée par Dieu (7).

Note B.

SUR LE « LIVRE DU JUSTE » DE JOSUÉ X, 13.

Les commentateurs en général supposent qu'il s'agit simplement ici d'un recueil de poèmes ou de chroniques hébraïques, d'ailleurs tout à fait inconnu. Cette interprétation est certainement fausse si la Bible est la Parole de Dieu, puisqu'il s'agirait d'une indication n'ayant pour nous aucune utilité, et par conséquent en elle-même sans raison d'être. On en juge fort différemment quand on se place au point de vue de la dignité du sujet et du contenu même du texte. Ce texte

p. 324

se compose de deux affirmations de l'Arrêt du Soleil, encadrant la déclaration : « Cela n'est-il pas écrit au Livre du Juste ? », (ou « Ainsi il est écrit au Livre du Juste »). Quel est ce Juste ? Ce Juste (désigné par le 14e = 2 × 7e mot du verset hébreu, et signifié, nous le verrons, par d'autres preuves externes dans la suite de ces Leçons) est Jésus, le Fils de Dieu ; et son Livre n'est autre chose que la Parole de Dieu ; c'est-à-dire que le verset X, 13, qui nous déclare le fait même du miracle, nous affirme qu'il est réel puisqu'il est écrit dans la Parole de Dieu ou le Livre du Juste, Christ.

C'est dans ce même sens que doivent être interprétées : la mention du Livre du Juste (à propos de l'Oint de l'Eternel) en II Samuel I, 18, et celle du Livre des Guerres de l'Eternel en Nomb. XXI, 14. Nous verrons plus tard que toutes ces indications sont liées entre elles d'une manière systématique.

Au reste, nous trouvons notre interprétation justifiée, en substance, par celle (de commentateurs hébreux) qui voit dans le Livre du Juste, « le livre du juste, de Moïse, le Pentateuque ». (Sander et Trenel, au mot ישר.)

En Josué X, 14, l' « Homme » dont l'Eternel écoute la voix, une fois dans toute l'étendue du

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temps, « ni avant ni après », pour retarder l'accomplissement des temps et Lui assurer la victoire sur les puissances du Mal, est le Fils de l'Homme, Christ.

Note C.

SUR LA CONSTITUTION DE L'ANNÉE EN MOIS.

Si la Semaine est, par l'ordre astronomique de ses Jours, un signe de l'Institution divine du travail, l'Année est, par la disposition de ses 12 Mois, un signe, toujours proposé à notre attention aussi, de l'Economie historique de l'Humanité.

Cette Economie, comme l'a établi la Chronologie de la Bible, est mesurée par 12 périodes quinquaséculaires (les « 12 heures du Jour » dont parle le Seigneur).

Si l'analogie des deux termes que nous comparons, ainsi déjà caractérisés l'un et l'autre par le même nombre 12, est fondée, un trait de vérification de premier ordre doit immédiatement se présenter, savoir le partage de l'Année, considérée dans sa constitution en Mois, en deux parties, répondant :

la première, par les 8 premiers mois, aux 8 périodes ou aux 4 Mille d'Années d'Adam à Christ ;

p. 326

la seconde, par les 4 derniers Mois, aux 4 périodes ou 2 Mille d'Années qui s'étendent, après Christ, jusqu'à la Seconde Venue.

Or ce signe démonstratif et distinctif existe et il est assez connu. Il consiste dans le fait que :

les 8 premiers Mois de l'Année sont désignés par des Noms ; tandis que les 4 derniers (Septembre, Octobre, Novembre, Décembre, de : Septem = 7, Octo = 8, Novem = 9, Décem = 10) le sont par des Nombres.

(Cette division est d'ailleurs, par la nature de ses deux signes, bien caractéristique de l'opposition entre l'esprit du monde païen et celui du culte en esprit et en vérité qui devait suivre Christ.)

Les Nombres propres à la seconde partie de l'Année sont significatifs. Le premier Mois (Septembre) commençant les temps depuis Christ (1re Venue), porte le Nombre divin 7 ; le dernier Mois (Décembre), qui aboutit à la Seconde Venue, laquelle est le terme historique de la durée totale des 10 Peuples chefs qui, des Noachides aux Anglo-Saxons, mesure toute l'Histoire, porte le Nombre 10.

Ces grands traits suffiraient déjà pour démontrer la réalité intentionnelle de l'analogie.

p. 327

Celle-ci s'affirme encore si l'on poursuit l'examen.

Le groupe des 10 Mois ou des 10 Peuples, a pour numéro 1 le Mois de Mars. Or cette origine est effectivement et à tous égards un repère. Il consiste :

1° En ce que Mars est le mois de l'Equinoxe du Printemps, lequel introduit ainsi, par un signe physique, comme le fait aussi la Bible (Gen. VIII, 21, 22), le monde postdiluvien ;

2° Si l'on considère la construction de l'Année en Mois, dans le fait qu'initialement (au temps de Romulus), Mars était le premier des Mois de l'Année qui portait un Nom, — Janvier et Février constituant un espace sans désignation nominale ;

3° Dans la brisure constituée par le minimum de 28 jours du Mois de Février.

Les deux Mois initiaux Janvier et Février (institués plus tard par Numa, et qui sont toujours encore séparés du reste de l'Année par la brisure de Février) correspondent aux deux périodes quinquaséculaires (1056 = 2 × 528) qui séparent les Naissances d'Adam et de Noé.

Ces traits relatifs à la construction de l'Année en Mois relèvent d'ailleurs d'une considération plus générale : la phase historique qui embrasse cette construction progressive n'est autre que

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celle du prophétisme, d'Esaïe à l'Ere chrétienne. Considérons le fait dans son ensemble.

La fondation de Rome marque le commencement de cette phase.

Romulus institue 10 Mois en commençant par Mars ; de ces 10, il y en a, dans notre analogie, 6 jusqu'à l'Ere chrétienne (1).

Il donne des noms aux 4 premiers Mois (2).

Ces 4 Mois, Mars, Avril, Mai, Juin, forment d'ailleurs un groupe signifié astronomiquement, car Mars signale l'Equinoxe et Juin le Solstice. Comme, dans la suite des 10 Peuples chefs, le 4e est le Peuple Elu, Juin, le 4e Mois, le Mois du Solstice, lui correspond et recouvre la période quinquaséculaire de Moïse (Josué, l'Arrêt du Soleil) à Salomon. Quant aux Mille ans de Salomon à Christ, ou aux deux périodes quinquaséculaires de Juillet et Août, elles restent vides de noms, et s'appellent d'abord simplement les Mois 5 et 6 ; et de même en est-il pour les Mille ans initiaux (Janvier, Février) qui, au commencement de l'Année, s'étendent d'Adam à Noé.

(1) De même dans l'Apocalypse, ainsi que nous le verrons, 6 Sceaux se comptent du Déluge à Christ.

(2) De même, dans l'Apocalypse, les 4 premiers Sceaux sont désignés par les 4 Conducteurs (Apoc. VI).

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Ainsi tous les temps antérieurs à Christ sont partagés systématiquement par l'établissement historique du Calendrier, en rapport avec la destinée prophétique du Peuple élu et de l'Humanité, au cours de la période du prophétisme proprement dit.

Mais il fallait qu'à la 1re Venue un signe générique définitif existât de la séparation radicale qu'elle introduit dans l'histoire de l'Humanité entre le passé et l'avenir. Ce signe est celui que nous avions commencé par observer et qui concerne, dans l'Année, les deux groupes de Noms et de Nombres.

Il s'est établi dans l'Histoire d'une manière systématique, savoir : vers le commencement de la phase prophétique, par l'introduction des noms de Janvier et de Février par Numa ; et à la fin, au moment où Christ va paraître, par ceux de Juillet et d'Août, par César et Auguste, lesquels prophétisent ainsi, dans l'imposition et par la nature même de ces Noms, l'accomplissement des temps et la Venue du Roi des Rois (1).

Observation. — Les considérations que nous

(1) La mention par l'Ecriture du nom de César Auguste lors de la Naissance de Jésus-Christ, est, dans cette vue, un signe confirmatif de plus.

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venons de présenter au sujet de l'Année, sont, s'il est possible, plus encore que notre établissement proprement dit du caractère inspiré de la Bible, en opposition avec les tendances et les errements courants, attendu qu'elles leur présentent plus directement le Surnaturel comme élément d'ordre actuel. Sous l'impression des faits bibliques accumulés, on concédera peut-être qu'un souffle fatidique a animé l'esprit des anciens prophètes ; et l'éloignement, par un mirage, rendra cette acceptation moins importune ; mais, par manière de dire, on voudra se réserver au moins les temps modernes ; tout ici, on le pense, est essentiellement positif et dégagé du Miracle. L'idée que la computation usuelle du temps chez nos nations civilisées, cette computation qu'imprime tous les ans le Bureau des Longitudes, est, relativement à la marche historique du monde, un signe actuel, donné à l'Humanité par le Dieu des Juifs, et que ce dieu, pour l'établir, a agi sur les Rois et les Empereurs romains, d'Esaïe au temps de Jésus-Christ, paraîtra donc constituer une association de termes qui ne mérite pas l'aumône d'un examen.

Mais c'est précisément dans la mesure où des faits, lesquels font la règle aux opinions, paraissent plus choquants et plus opposés aux tendan-

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ces du jour qu'il y faut plus insister ; celui dont nous nous occupons peut mettre en évidence d'une manière en quelque sorte brutale mais d'autant plus impressive, par l'accueil que lui réservent diverses tendances, le divorce des points de vue de la Science et de la Religion révélée. Le lecteur impartial s'éclairera, sans autre commentaire, au simple énoncé des directions respectives de celles-ci.

Pour la première, l'idée même n'existe pas que ce que l'on appelle les singularités de notre computation du temps, soit autre chose que l'apport incohérent et fortuit d'institutions humaines, dont nous subissons ataviquement les erreurs ou les ignorances, — et le préjugé prohibe l'examen.

L'homme instruit par l'Ecriture est rendu beaucoup plus prudent. En considérant que tous les temps sont enfermés par elle dans un système arithmétique déterminé, il estime non seulement vraisemblable mais encore tout à fait rationnel, que la même Puissance directrice qui s'est montrée agissante pendant quatre mille ans, se révèle agissante aussi au cours des deux mille qui parfont le champ historique du monde. Au cas particulier qui nous occupe, étant donné que notre époque est celle de la Connaissance, annoncée par la Prophétie, rien n'est pour lui plus na-

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turel et mieux dans l'ordre que de voir la computation mathématique imposée, à cette époque, à l'Humanité civilisée, se présenter comme un signe évident de la présence toujours actuelle de ce Pouvoir ordonnateur et régulateur.

Un des caractères de notre Xe Leçon est de rendre particulièrement sensible, par des signes qui procèdent jusqu'à nous et qui engagent jusqu'à nos institutions sociales, la réalité de ce Pouvoir surnaturel ; et de mettre ainsi en évidence, — s'étendant des principes scientifiques abstraits par lesquels notre Raison nous mettait déjà en présence de l'Autorité de Dieu, aux dispositions les plus concrètes de notre activité extérieure, déterminées par cette même Autorité, — une ordonnance étroite où nous sommes intéressés, et à laquelle nous sommes moralement contraints de nous soumettre.

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ONZIEME LEÇON

LA BIBLE COMME LIVRE ÉCRIT EN NOMBRES.
LES PAROLES FATIDIQUES
« MANÉ, THÉCEL, PHARÈS » DU LIVRE DE DANIEL.
LE LANGAGE SYMBOLIQUE CHIFFRÉ, EXEMPLES DE DÉMONSTRATION.

138. Nous nous proposons dans cette Leçon de faire connaître une donnée nouvelle, l'une des plus capitales de la Bible pour la démonstration de son Inspiration. Elle consiste dans le fait suivant.

La Bible est écrite en Hébreu (Anc. Test.), en Grec (Nouv. Test.). Or, dans ces langues, les lettres de l'Alphabet étaient tout aussi bien les chiffres dont se servaient les Hébreux et les Grecs. Il en résulte que :

La Bible est tout aussi bien pour le lecteur qui l'ouvre, un Livre de chiffres qu'un Livre de lettres.

p. 334

Dans ce qui précède, nous avions constaté déjà que l'architecture externe de la Bible est toute construite d'après les lois du nombre ; il est tout naturel de penser que si ce Livre est, par dessus cela, écrit matériellement en nombres, c'est-à-dire nous présente matériellement des nombres imprimés pour la lecture immédiate de nos yeux, ces nombres visibles renferment un enseignement, et que nous sommes invités à les compter. C'est de cette induction que nous nous proposons de poursuivre ici l'examen.

139. Il faut tout d'abord pour cela que nous connaissions les nombres que représentent les lettres de l'alphabet. L'Ancien Testament, rappelions-nous, est écrit en hébreu, le Nouveau en grec. Chacun peut se procurer ces livres à très bon marché, depuis que la Société Biblique a répandu dans le monde par milliers d'exemplaires et en toutes langues les Saintes Ecritures. Chacun pourra donc aussi vérifier pour son compte les calculs arithmétiques simples que nous allons présenter.

Les Tableaux suivants font connaître, pour l'Hébreu et le Grec, les lettres de l'Alphabet et leurs valeurs numériques. Autant qu'il est possible, nous avons reproduit en français, avec les noms des lettres, les sons qu'elles représentent.

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Alphabet hébreu. 22 lettres.

LETTRES  | LETTRES FINALES        | NOMS    | SONS           | VALEURS NUMÉRIQUES
         | (à la fin des mots)    |         |                |
א        |                        | Alèph   | a (esprit doux)| 1
ב        |                        | Bêth    | b              | 2
ג        |                        | Guimel  | g              | 3
ד        |                        | Dàlèth  | d              | 4
ה        |                        | Hè      | h              | 5
ו        |                        | Wàu     | v              | 6
ז        |                        | Zaïn    | z              | 7
ח        |                        | Heth    | h              | 8
ט        |                        | Tèth    | t              | 9
י        |                        | Jòd     | y              | 10
כ        | ך                      | Kàph    | k              | 20
ל        |                        | Làmèd   | l              | 30
מ        | ם                      | Mèm     | m              | 40
נ        | ן                      | Nùn     | n              | 50
ס        |                        | Sàmèch  | s              | 60
ע        |                        | Aïn     | (aspiration)   | 70
פ        | ף                      | Pè      | p ou f         | 80
צ        | ץ                      | Tsadé   | s ou ts        | 90
ק        |                        | Qòph    | q              | 100
ר        |                        | Resch   | r              | 200
ש        |                        | Sin     | s ou ch        | 300
ת        |                        | Tàu     | t              | 400

L'Hébreu s'écrit de droite à gauche, c'est-à-dire que, dans un mot, les lettres se suivent de droite à gauche, que dans le texte les mots se suivent de droite à gauche, et que la pagination du livre marche de la fin du volume (à notre droite quand nous l'ouvrons) au commencement (ou à la gauche du lecteur).

p. 336

Alphabet grec. 24 lettres.

LETTRES (Majuscules)          | NOMS     | SONS    | VALEURS NUMÉRIQUES
Α   α                         | Alpha    | a       | 1
Β   β  ϐ                      | Bêta     | b       | 2
Γ   γ                         | Gamma    | g       | 3
Δ   δ                         | Delta    | d       | 4
Ε   ε                         | Epsilon  | e       | 5
Ζ   ζ                         | Dzêta    | dz      | 7
Η   η                         | Êta      | è       | 8
Θ   θ  ϑ                      | Thêta    | th      | 9
Ι   ι                         | Iota     | i       | 10
Κ   κ                         | Kappa    | k, c    | 20
Λ   λ                         | Lambda   | l       | 30
Μ   μ                         | Mu       | m       | 40
Ν   ν                         | Nu       | n       | 50
Ξ   ξ                         | Xi       | x (cs)  | 60
Ο   ο                         | Omicron  | o       | 70
Π   π                         | Pi       | p       | 80
Ρ   ρ                         | Rô       | r       | 100
Σ   σ  ς                      | Sigma    | s       | 200
Τ   τ                         | Tau      | t       | 300
Υ   υ                         | Upsilon  | u       | 400
Φ   φ                         | Phi      | Ph, f   | 500
Χ   χ                         | Khi      | kh      | 600
Ψ   ψ                         | Psi      | ps      | 700
Ω   ω                         | Oméga    | ô       | 800

Le chiffre 6 est représenté par le caractère particulier ϛ (sti), et la dizaine 90 par ϟ (coppa).

Le Grec s'écrit et se lit de gauche à droite, comme dans nos livres ordinaires.

p. 337

On remarquera, (comme déjà nous l'avons fait observer en passant § 130), que le sens négatif, ou de droite à gauche, pour l'Ancien Testament, et le sens positif, ou de gauche à droite, pour le Nouveau Testament, sont un signe qui montre, par la direction vers le Passé avant Christ, par la direction vers l'Avenir après Christ, qu'il est vraiment le centre de l'Ecriture et de l'Histoire du Monde. Telle est certainement la raison d'être du changement de signe ou de direction dans l'écriture des deux langages dont se sert la Bible.

Ceci peut nous enseigner aussi que la direction dans laquelle on lit une suite de lettres ou de chiffres est, dans la Bible, un élément intentionnel d'enseignement.

140. Quand donc nous ouvrons une Bible, répétons-le, nous avons bien devant nous à notre disposition des nombres aussi bien que des lettres.

Dans l'ordre des déductions rationnelles, l'opération la plus simple à faire d'abord sur ces nombres est l'opération fondamentale des mathématiques, savoir l'Addition. Si donc, considérant un mot, nous prenons pour chaque lettre de ce mot sa valeur numérique donnée par l'Alphabet, la somme des valeurs numériques de toutes les lettres représentera ce qu'on appelle la valeur

p. 338

numérique du mot. De même, la somme des valeurs numériques des mots d'un verset, sera la valeur numérique du verset.

De telles valeurs numériques constituent des nombres dont les caractères peuvent être significatifs ou vérificatifs de telle ou telle idée en connexion avec le texte qui les a fait connaître.

141. Prenons pour exemple de cette manière d'opérer, et pour donner tout de suite une preuve du caractère intentionnel du langage chiffré de la Bible, le nom de Jésus, qui s'écrit en grec Ἰησοῦς (Ièsous) (voyez par exemple Matt. I, 16 ; c'est le 12e mot du verset).

Il est dit en Philip. II, 9 que Dieu a donné à Jésus « un nom qui est au dessus de tout nom » (aussi Eph. I, 21). Le nom est donc une désignation, une marque, un signe. De même, comme on le voit par le nombre 666 de Apoc. XIII, 18, en est-il du nombre du nom. Or on a, dans l'alphabet grec :

Ι        10
η         8
σ       200
ο        70
υ       400
ς       200
       ─────
Somme   888 ;
p. 339

d'où, pour la valeur numérique de Jésus en grec :

(Jésus) grec = 888,

nombre évidemment remarquable si on le rapproche du nombre analogue, explicitement énoncé, 666, du Faux Prophète dans l'Apocalypse (Apoc. XIII, 18), et du nombre 777 que nous avons vu, par le moyen de notre chronologie, intimement lié dans Esaïe (Es. VI, 3) à la notion de la Sainte Trinité (888 est au-dessus de ce dernier nombre 777).

On a aussi, au moyen de notre notation antérieure (§ 26) :

(Jésus)gr. = 888 = 24 × 37 = 24 × P13 = 2³ × 3 P13 = 2¹ × 3 P7

Soit encore le nom de Christ, qui s'écrit en grec Χριστος (Christos), (voy. en Matt. I, 16, le dernier mot du verset). On aura :

Χ         600
ρ         100
ι          10
σ         200
τ         300
ο          70
ς         200
        ─────────
Somme    1480 = 5 × 2³ × 37
p. 340

ou

(Christ)gr. = 2³ × 5 × 37 = 2³ × 5 P7

Ce nombre met bien en évidence la Seconde Personne de la Sainte Trinité, unie à l'élément humain, 5, et le temps terrestre 37 du Fils de l'Homme, intervalle entre la Naissance de Jésus et la fin de la 70e Semaine de Daniel, au milieu de laquelle a lieu le Sacrifice rédempteur.

L'analogie des deux noms en outre est remarquable. On a

(Jésus)gr. = 2³ × 3 × 37 et (Christ)gr. = 2³ × 5 × 37 ;

et cela donne aussi

(Jésus-Christ)gr. = 64 × 37 = 1¹·²·³ × P7 = (111/3) × 3 × 777.

Prenons maintenant, en hébreu, le nom de Jéhovah (ou Jahveh) (Voyez par exemple, Gen. II, 4 ; c'est le 8e mot, celui que nos versions y traduisent par (« l'Eternel »). Ce nom s'écrit יהוה et on a, dans l'alphabet hébreu :

י = 10
ה =  5
ו =  6
ה =  5
─────────
Somme = 26 = 2 × 13 = 2 fois le 7e Nombre premier.
p. 341

Ainsi on a

(Jéhovah)héb. = 26 = 2 × 13 = 2 × P7.

Le nombre fatidique 13 est assez connu par le groupe de Christ et de ses 12 Apôtres ; quant à la forme 2 × P7, elle est (ici, et comparez Jésus et Christ [en grec]) significative de la Seconde personne, 7 étant le nombre divin.

Soit encore le nom Elohim (ou Dieu), (la forme du pluriel (im) impliquant la pluralité des Personnes ou la Trinité). On le trouvera dans le premier verset de la Bible (Gen. I, 1). Ce verset a 7 mots et Elohim (ou Dieu) est le 3e.

Ce nom s'écrit אלהים et on a, dans l'alphabet hébreu :

א =   1
ל =  30
ה =   5
י =  10
ם =  40
        ―――
Somme  =  86

On a donc

(Élohim)héb = 86.

Avec Jéhovah ce nom donne pour Jéhovah

p. 342

Elohim (que nos versions traduisent, comme en Gen. II, 4, « l'Eternel Dieu ») :

(l'Éternel Dieu, Gen. II, 4) ou (Jéhovah Élohim)héb.

= 26 + 86 = 112 = 7 × 222 ;

mais pris isolément, et étant donné ce que nous savons déjà par les Leçons antérieures, il a pour notre ordre d'idées une signification décisive, car il n'est autre que le facteur fondamental

86 = 516 / (1 × 2 × 3)

qui intervient dans la belle formule du Commt Galet (§ 102, IXe Leçon) reliant Adam aux deux Venues de Christ, savoir :

{ 4184 + 30 = (7 × 7) × 86
{ 2180 − 30 = (5 × 5) × 86 ;

et, d'une manière immédiate, il signifie que le Temps 516 de Daniel (XII) est égal à

1 × 2 × 3 × (Élohim)héb.

142. La considération de ce Temps de Daniel, dont il est question en Daniel XII, va d'ailleurs

p. 343

nous offrir une preuve décisive de la réalité du caractère intentionnel de la valeur numérique des mots dans le texte de la Bible, en même temps qu'elle nous confirmera que la valeur chronologique de ce Temps est bien égale à 516.

Rappelons brièvement à cette intention, la déduction qui, sous la conduite du texte, nous avait amenés à cette détermination 516. En Dan. XII, 7 est indiquée une durée de 3 ½ Temps dont la limite sert de point de repère dans la période finale de l'Histoire. En XII, 11, d'après notre interprétation, les mots « depuis le temps » désignent l'écoulement du premier des 3 temps, c'est-à-dire une durée de 1 temps ; et comme après cela le texte déclare qu'il reste 1290, il s'ensuit que 2 ½ temps valent 1290, ou que la valeur du Temps est 516.

Dans ces conditions il est bien évident que si le mot hébreu traduit par « depuis le Temps », (c'est le premier mot du verset XII, 11, savoir ומעת), avait précisément pour valeur numérique 516, et reproduisait ainsi la durée que le texte lui fait indiquer, ce serait une preuve certaine non seulement de la réalité du principe de l'écriture chiffrée, mais aussi de la justesse de notre interprétation et de l'exactitude mathématique de l'évaluation 516 du Temps de Daniel.

p. 344

Or il en est ainsi. On a dans l'alphabet hébreu :

ו =    6
מ =   40
ע =   70
ת =  400
        ─────
Somme = 516,

résultat qui se passe de commentaires.

On peut rester confondu en présence d'une Intelligence, dépassant évidemment notre compréhension humaine, telle qu'elle a pu combiner les signes écrits des mots d'une langue de manière à satisfaire, dans le texte d'un livre, aux conditions multiples d'un plan mathématique défini. Contentons-nous de reconnaître le degré supérieur de certitude que ces moyens, qui nous dépassent, produisent dans notre esprit, non seulement en ce qui concerne la matière enseignée, mais aussi quant à l'existence, et à la présence effective, du Dieu qui nous parle.

143. Une des marques les plus certaines de la vérité, c'est d'ailleurs que, plus on l'approfondit, plus on en multiplie les épreuves, plus on vit avec elle, et plus elle paraît certaine. Les quel-

p. 345ques faits précédents sont déjà probants. En voici un qui, en nous ramenant encore au Livre de Daniel, doit maintenant attirer particulièrement notre attention. C'est un exemple d'écriture chiffrée ; c'en est un aussi de la nécessité de cette écriture pour donner un sens à des passages de la Bible jusqu'ici restés sans explication. Il a en outre l'avantage de rappeler un souvenir populaire et universellement connu.

Il s'agit du célèbre « Mané Thécel Pharès », c'est-à-dire des mots fatidiques écrits par une main sur la muraille du palais, au moment où va s'écrouler la puissance babylonienne de Nébucadnetsar-Belshatsar (Dan. V, 1-31). Les passages principaux à rappeler pour notre objet sont Dan. V, 1-5 ; 17-31.

DAN. V, 1-5. — Le roi Belshatsar donna un grand festin à ses mille grands seigneurs, et en présence de ces mille il but du vin. Belshatsar, animé par le goût du vin, ordonna qu'on apportât les vases d'or et d'argent que Nébucadnetsar, son père, avait enlevés du temple de Jérusalem, afin que le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines y bussent. Alors on apporta les vases d'or qui avaient été enlevés du temple, de la maison de Dieu, à Jérusalem ; et le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines y burent. Ils burent du vin et ils louèrent les dieux d'or et d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre.

A ce moment-là, on vit sortir les doigts d'une main d'homme, et ils écrivirent vis-à-vis du chandelier, sur l'enduit de la muraille du palais royal ; et le roi vit cette partie de main qui écrivait.

p. 346DAN. V, 17-31. — Alors Daniel répondit, et dit devant le roi : Que tes dons te demeurent, et fais à un autre tes présents ; toutefois, je lirai l'écriture au roi, et je lui en donnerai l'interprétation. O roi ! le Dieu souverain avait donné à Nébucadnetsar, ton père, la royauté et la grandeur, la gloire et la magnificence. Et à cause de la grandeur qu'il lui avait donnée, tous les peuples, nations et langues tremblaient devant lui et le redoutaient. Il faisait mourir ceux qu'il voulait, et il laissait la vie à ceux à qui il voulait. Il élevait ceux qu'il voulait, et abaissait ceux qu'il voulait. Mais son cœur s'étant élevé et son esprit s'étant affermi dans l'orgueil, il fut renversé de son trône royal et dépouillé de sa gloire ; il fut chassé du milieu des enfants des hommes ; son cœur fut rendu semblable à celui des bêtes, et son habitation fut avec les ânes sauvages ; il fut nourri d'herbe comme les bœufs, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce qu'il reconnût que le Dieu souverain domine sur le règne des hommes, et qu'il y établit qui il lui plaît. Et toi aussi, Belshatsar, son fils, tu n'as point humilié ton cœur, quoique tu susses toutes ces choses. Mais tu t'es élevé contre le Seigneur des cieux, et on a apporté les vases de sa maison devant toi, et vous y avez bu du vin, toi et tes grands, tes femmes et tes concubines, et tu as loué les dieux d'argent, d'or, d'airain, de fer, de bois et de pierre, qui ne voient, ni entendent, ni ne connaissent, et tu n'as pas glorifié le Dieu qui a dans sa main ton souffle et toutes tes voies. C'est alors qu'a été envoyée de sa part cette partie de main et que cette écriture a été tracée. Voici l'écriture qui a été tracée : MÉNÉ, MÉNÉ, THÉKEL UPHARSIN (Compté, compté ; pesé et divisé). Et voici l'interprétation de ces paroles : MÉNÉ : Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. THÉKEL : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. PÉRÈS : ton royaume a été divisé, et donné aux Mèdes et aux Perses.

Alors, sur l'ordre de Belshatsar, on revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d'or, et on publia qu'il serait le troisième dans le gouvernement du royaume.

Dans cette même nuit, Belshatsar, roi des Caldéens, fut tué. Et Darius, le Mède, prit possession du royaume, étant âgé de soixante-deux ans.

p. 347144. Il s'agit de la chute d'un empire. Cette circonstance semble indiquer déjà, dans l'ordre de notre sujet, que ces mots ont trait à la vie des peuples, c'est-à-dire sans doute aux périodes historiques ou temps de Daniel. Leurs interprétation par Daniel (V, 26-28) enseigne en effet tout de suite qu'ils ont un sens mathématique de nombre et de mesure. « Dieu a calculé ton règne » et il y a mis fin ; tu as été pesé dans la balance » et tu as été trouvé léger ; ton royaume a été » divisé et il a été donné aux Mèdes et aux Perses ». Le mot Perse, ou Pérès (פרס), signifie diviser, division; et Mède est apparenté au mot Mesure (מדרה).

Or nous allons voir qu'en effet les mots fatidiques adressés, devant Belshatsar, à la puissance des Babyloniens, et les noms Nébucadnetsar-Belshatsar qui désignent cette puissance, mesurent par leurs valeurs numériques tout l'ensemble de nos périodes historiques quinquaséculaires.

Cet ensemble comprend, comme la Bible nous l'a appris, outre la période générale et fondamentale 523, le système des périodes.

 516
 520  (périodes prophétiques)
 528
 515  (période physique).
p. 348145. Or tout d'abord : la période de base 523 est mesurée par les noms mêmes de Nébucad-netsar-Belshatsar, devant lesquels les autres périodes vont être écrites.

On a en effet, pour les valeurs numériques de ces noms (au moyen de notre alphabet hébreu) :

                  ⎧  50 ⎫
                  ⎪   2 ⎪
                  ⎪   6 ⎪
   נבוכדנאצר      ⎪  20 ⎪
   (Nébucadnetsar)⎨   4 ⎬ = 423
   (Dan. I, 1)    ⎪  50 ⎪
                  ⎪   1 ⎪
                  ⎪  90 ⎪
                  ⎩ 200 ⎭

                  ⎧   2 ⎫
   כלשאצר         ⎪  30 ⎪
   (Belshatsar)   ⎪ 300 ⎪
   (Dan. V, 1)    ⎨   1 ⎬ = 623;
                  ⎪  90 ⎪
                  ⎩ 200 ⎭

et par conséquent

(Nebucadnetsar)héb. + (Belshatsar)héb. = 1046 = 2 × 523.

(Nous reviendrons plus loin (§ 146) sur la disposition symétrique des deux noms individuels 423 et 623, laquelle conduit à d'importantes conséquences).

Venons maintenant aux mots fatidiques proprement dits de V, 25-28. Ces mots sont au nombre de 7, savoir :

  1      2      3        4         5      6       7
Méné,  Méné,  Thékel, Upharsin ; Méné, Thékel, Pérès,
p. 349lesquels signifient, comme on vient de le dire, les idées mathématiques : compter, peser, diviser. Or on a pour leurs valeurs numériques
            1.  מנא   { 40        }
                (Méné) { 50        } =  91
                       {  1        }

            2.  מנא   { 40        }
                (Méné) { 50        } =  91
                       {  1        }

    V, 25   3.  תקל   { 400       }
                (Thékel){ 100      } = 530
                       { 30        }

                       {  6        }
                       { 80        }
            4.  ופרסין { 200       } = 406      } = 2079
                (Upharsin){ 60     }
                       { 10        }
                       { 50        }

    V, 26   5.  מנא   { 40        }
                (Méné) { 50        } =  91
                       {  1        }

    V, 27   6.  תקל   { 400       }
                (Thékel){ 100      } = 530      } avec 2079 = 3³ × 77.
                       { 30        }

    V, 28   7.  פרס   { 80        }
                (Pérès){ 200       } = 340
                       { 60        }

et on a aussi

        515  }
        516  }
        520  } = 2079
        528  }

Les 7 mots, partagés en deux groupes canoniques de 4 (ce qui est écrit sur la muraille [25])

p. 350et de 3 (l'interprétation de Daniel [26-28]), donnent donc bien par leur somme, laquelle est d'ailleurs le nombre éminemment remarquable.
3³ × 77

comme symbolisme de la Seconde Personne de la Sainte Trinité, la somme des quatre périodes historiques quinquaséculaires.

Tels sont donc le sens et la raison d'être, jusqu'ici inconnus, des mots choisis par l'écriture mystérieuse et tracés devant Belshatsar. C'est pour nous la preuve absolue de la justesse parfaite de nos déductions antérieures, fondées sur notre confiance dans l'enseignement de la Parole de Dieu (1).

146. Nous avons annoncé (§ 145) une remarque au sujet de la disposition symétrique des noms de Nébucadnetsar et de Belshatsar, dont la somme donne

2 × 523,

(1) La puissance de la certitude est ici d'autant plus grande pour nous, que notre système de périodes 515, 516, 520, 528 avait été établi dans la Concordance, 1893, à une époque où nous ne soupçonnions pas dans la Bible l'existence d'une écriture chiffrée.

p. 351et qui constituent le système symétrique :
(Nébucadnetsar)héb. = 423 = 523 − 100 ⎫
(Belshatsar)héb.    = 623 = 523 + 100 ⎭

Cette disposition symétrique met en évidence le nombre 100. Or ce nombre est, vu le le sujet, significatif. 100 n'est autre chose en effet que la valeur numérique du mot « jours » (comme en Dan. XII, 11, le mot « jours », dans les « 1290 jours »).

On a en effet en hébreu

ימים   ⎧ 10 ⎫
(jours) ⎪ 40 ⎪ = 100.
        ⎨ 10 ⎬
        ⎩ 40 ⎭

Cette apparition numérique du mot « jours » dans une écriture chiffrée relative à des périodes de temps, est remarquable ; la forme systématique qu'elle revêt ici a pour objet un enseignement nécessaire. Les deux Noms nous signalent par leurs deux formules où intervient le mot « jours », les applications de deux Règles de computation mises en usage dans la Bible chiffrée, pour procéder à des évaluations de temps.

La première règle donne :

(Nébucadnetsar)héb. + 100 = 523 ;
p. 352c'est-à-dire la forme

(Nébucadnetsar) (jours) = 523 ;

d'où

Règle I. Etant donné un texte T, le laps de temps X qu'il exprime est la valeur numérique de (T jours).

X = (T jours) :

ce qui revient à écrire

X = (T) + 100.

La seconde règle donne

(Belshatsar)héb. = 523 + 100,

c'est-à-dire la forme

(Belshatsar)héb. = 523 (jours) ;

d'où

Règle II. Etant donné un texte T, le laps de temps X qu'il exprime est donné par

(T) = (X jours) ;

ce qui revient à écrire

X = (T) — 100.

Nous allons rencontrer tout à l'heure, dans le Livre de Daniel, deux applications capitales de ces deux règles qu'il nous enseigne.

p. 353147. Les 7 mots fatidiques présentés à la puissance babylonienne, laquelle par
(Nébucadnetsar + Belshatsar) / 2 = 523

mesure la période fondamentale 523, mesurent, on vient de le voir, l'ensemble ou le total de nos autres périodes

   ⎧ 515
   ⎨ 516
   ⎩ 520
     528.

Parmi ces dernières, il en est une, savoir 516, qui de même a été séparément donnée en Dan. XII, 11 par une écriture chiffrée (§ 142). Le fait d'une indication séparée existe donc jusqu'à présent pour nous, pour les deux périodes 523 et 516. Il est intéressant d'examiner si les périodes restantes ne sont pas aussi de leur côté indiquées séparément par une semblable écriture, dans le Livre de Daniel. Or on va voir qu'il en est ainsi ; et ces vérifications multipliées du langage chiffré ne feront que confirmer une certitude qui existe déjà raisonnablement après ce qui précède.

148. Période 520. Le trait de l'écriture chiffrée qui désigne cette période est de tout premier ordre.

p. 354Le ministère de Daniel à Babylone a deux phases, celle des Babyloniens, celle des Médo-Perses (Dan. I-V et Dan. VI ; Dan. VII, VIII et Dan. IX-XII). La première a pour représentants Nébucadnetsar et Belshatsar ; la seconde, Darius et Cyrus.

On a vu qu'on a

(Nébucadnetsar + Belshatsar)héb. = 2 × 523 ;

or on a aussi

(Darius + Cyrus)héb. = 2 × 520 ;

ce qui signale donc la période 520 par la même construction, analogue et parallèle, que la période 523. Telle est la disposition remarquable et évidemment démonstrative que nous annoncions.

On a en effet (voy. par exemple Esd. I, 1 ; Dan. VI, 28 ; pour ce dernier verset, il faut faire attention que, dans le mot Cyrus, il y a un וֹ intercalé, qui provient de la liaison du discours) pour les noms Darius et Cyrus (Dictionnaire de Sander et Trenel, pp. 129, 304) :

                ⎧   4 ⎫
   דריוש        ⎪ 200 ⎪
  (Darius)      ⎨  10 ⎬ = 520
                ⎪   6 ⎪
                ⎩ 300 ⎭

                ⎧  20 ⎫
   כרש          ⎪ 200 ⎬ = 520 ;
  (Cyrus)       ⎩ 300 ⎭

d'où

(Darius + Cyrus)héb. = 2 × 520.

p. 355149. Période 515. Cette période est donnée, comme aussi de nouveau 516, et en outre la valeur physique exacte 515, 165 (voy. § 41) comprise entre 515 et 516, par l'écriture chiffrée du verset Dan. VII, 12, c'est-à-dire, dans ce verset, par le texte suivant T qui concerne une indication de temps, savoir :

T = « quoiqu'une longue vie leur eut été donnée » (aux autres Bêtes) « jusqu'à un temps et un temps ».

Voici le tableau des valeurs numériques qui composent ce texte T.

(1) וארכה          ⎧   6                       (5) עד          ⎧  70 ⎫
    (quoiqu'une      ⎪   1                          (jusque)     ⎩   4 ⎭ 74
     longue)         ⎨ 200 ⎬ 232
                     ⎪  20                              זמן       ⎧   7
                     ⎩   5                          (un temps)   ⎨  40 ⎬ 97
                                                                 ⎩  50

(2) בחיין          ⎧   2
    (vie)            ⎪   8                       (6) ויערן       ⎧   6
                     ⎨  10 ⎬ 80                     (et un        ⎪  70 ⎫
                     ⎪  10                           temps)       ⎨   4   130
                     ⎩  50                                        ⎩  50 ⎭

(3) יהיבת          ⎧  10                                              ────
    (eut été          ⎪   5                                             301
     donnée)         ⎨  10 ⎬ 427
                     ⎪   2
                     ⎩ 400

(4) להון           ⎧  30
    (à elles)        ⎪   5
                     ⎨   6 ⎬ 91
                     ⎩  50
                  ─────
                    830

(T) = 830 + 301 = 1131

p. 356Considérons d'abord la valeur numérique

(t) = (jusque un temps et un temps) = 301

qui concerne d'après ce texte lui-même (par le mot temps) les durées quinquaséculaires de Daniel. Nous remarquons immédiatement que

(t) = 7 × 516/12,

ce qui signale, en la rappelant, la période 516.

Faisons maintenant attention au contexte. Daniel vient, en Dan. VII, 11 (verset précédent), de contempler la Bête ou le Faux Prophète (la Corne) subsistant jusqu'à la fin des temps (8, 9), c'est-à-dire jusqu'au 2178 de Dan. XII, 11, 12, pour enfin être détruite ; cela arrivera après les 3 ½ temps de Dan. VII, 25, lesquels, d'après notre interprétation antérieure (§ 132), font 3 ½ × 528 = 1848, et cette durée ramène dans le passé sa vue sur la date origine 2178 — 1848 = 330 de Constantin et de la Papauté.

C'est dans ces conditions qu'il constate, en Dan. VII, 12, c'est-à-dire dans notre verset actuel, que la domination est enlevée aux autres Bêtes, quoique la vie leur eût été accordée « jusques à un temps et un temps ». Il a donc devant les yeux : d'abord l'origine de la Bête, 330, à laquelle il vient d'être ramené ; puis, la durée de vie

p. 357accordée aux autres Bêtes, égale, d'après notre texte, à

(t) = 301.

La succession de ces nombres, ainsi proposée, constitue devant lui le nombre

[Figure : une flèche horizontale pointant vers la gauche, dessinée au-dessus du nombre]

330301 ;

et ce nombre, de la fin des temps où Daniel a été conduit, étant élu dans le passé, ou dans le sens indiqué par la flèche, s'écrit

103033 = 2 × 51516,5,

c'est-à-dire reproduit, avec ses décimales exactes, la période physique

515,165.

516 et 515,165 ayant été ainsi indiqués par la partie du texte

ι = jusqu'à un temps et un temps,

515 lui-même va enfin l'être par tout l'ensemble de notre texte T, savoir :

T = quoiqu'une longue vie leur eut été donnée, jusqu'à un temps et un temps.

p. 358En désignant en effet par X la durée que veut enseigner ce texte, et appliquant la Règle II du § 146, nous aurons

(T) = (X jours).

c'est-à-dire

1131 = X + 100,

d'où

X = 1031 = 515 + 516,

ou le temps et le temps (comprenant dans leurs limites le 515,165) annoncés par notre verset.

150. Période 528. Il nous reste à examiner une dernière période, celle de 528 ans.

D'après notre interprétation, ce qui la concerne c'est le verset Dan. VII, 25, qui mentionne les 3 ½ temps d'influence du Faux Prophète représenté par la Petite Corne de la Quatrième Bête. Nous avons été conduits (§ 132) à mesurer ces 3 ½ temps par

3 ½ × 528,

p. 359moitié d'un tout complet de 7 temps de 528.

Cela rappelé, voici le calcul de la valeur numérique (T) de ce verset VII, 25.

Dan VII, 25.

[Figure : grand tableau de gématrie à trois colonnes. Pour chaque mot du verset araméen, le mot hébreu (à droite), sa traduction française (entre parenthèses, sous le mot), la valeur numérique de chacune de ses lettres (accolade verticale reliant les chiffres empilés) et le total du mot (à gauche de l'accolade).]

Colonne 1
Mot hébreu(traduction)Valeurs des lettresTotal
וּמִלִּין(Et des paroles)6 / 40 / 30 / 10 / 50136
לְצַד(contre)30 / 90 / 4124
עִלָּיָא(le Souverain)70 / 30 / 10 / 1111
יְמַלִּל(il prononcera)10 / 40 / 30 / 30110
וּלְקַדִּישֵׁי(et les Saints)6 / 30 / 100 / 4 / 10 / 300 / 10460
עֶלְיוֹנִין(du Souverain)70 / 30 / 10 / 6 / 50 / 10 / 50226
יְבַלֵּא(il opprimera)10 / 2 / 30 / 143

Sous-total colonne 1 : 1210

Colonne 2
Mot hébreu(traduction)Valeurs des lettresTotal
וְיִסְבַּר(et pensera)6 / 10 / 60 / 2 / 200278
לְהַשְׁנָיָה(changer)30 / 5 / 300 / 50 / 10 / 5400
זִמְנִין(les temps)7 / 40 / 50 / 10 / 50157
וְדָת(et la loi)6 / 4 / 400410
וְיִתְיַהֲבוּן(et [les Saints] seront livrés)6 / 10 / 400 / 10 / 5 / 2 / 6 / 50489
בִּידֵהּ(en sa main)2 / 10 / 4 / 521

Sous-total colonne 2 : 1755

Colonne 3
Mot hébreu(traduction)Valeurs des lettresTotal
עַד(jusque)70 / 474
עִדָּן(un temps)70 / 4 / 50124
וְעִדָּנִין(des temps) [2 temps]6 / 70 / 4 / 50 / 10 / 50190
וּפְלַג(et moitié)6 / 80 / 30 / 3119
עִדָּן(d'un temps)70 / 4 / 50124

Sous-total colonne 3 : 631

(T) = 1210 + 1755 + 631 = 3596.

p. 360Notre texte T est ici le verset VII, 25. Or en désignant par X la durée que veut enseigner ce texte, et appliquant la Règle I du § 146, nous aurons

X = (T jours) ;

c'est-à-dire, après ce qu'on sait de l'interprétation de ce verset qui met en œuvre les 3 ½ temps de 528 ans, le résultat, décisif pour désigner la période de 528 ans :

X = 3596 + 100 = 3696 = 7 × 528.

151. Il est hors de doute par tout cela que le Livre de Daniel, qui mesure, par les mots fatidiques du « Mané, Thécel, Pharès » apparus à Belshatsar, tout l'ensemble systématique des périodes quinquaséculaires, les mesure aussi chacune en détail ; et ce seul exemple donnerait la certitude de l'existence intentionnelle du langage chiffré de l'Écriture.

D'ailleurs à mesure qu'on poursuit l'investigation dans cette voie si nouvelle, la certitude s'accumule. Des traits de la Bible, en apparence indifférents, se révèlent dans ce point de vue, comme cela devait être, intentionnels et déterminés, et trouvent seulement là une justification. Nous mentionnerons le suivant, qui fait décou-

p. 361vrir dans le langage chiffré la seule explication concevable de l'existence de certains noms, ou changements de nom, que l'on trouve dans l'Écriture.

Il s'agit du fait qu'à Daniel est, par la volonté de Nébucadnetsar, imposé le nom de Belteshatsar (V, 12).

Ce changement de nom de Daniel est rappelé à Belshatsar dans la nuit même où il va être tué. Darius le Mède s'emparant de Babylone et la puissance des Babyloniens faisant place à celle des Médo-Perses (VII, 30, 31) ; d'autre part, c'est à ce même point du temps, la chute de Babylone, la Première année de Darius le Mède (IX, 1), année que nous avons (§ 47) reconnue être

— 537,

que Daniel, dans la prophétie des 70 Semaines (IX, 24-27), annonce la Venue du Christ et la détermine chronologiquement.

Or Nébucadnetsar, en changeant Daniel en Belteshatsar, n'a fait que prophétiser lui-même cette Venue du Christ, tout en confirmant en outre la Chronologie de la Bible ; car la marque ou le signe que par ce changement il a mis sur Daniel, c'est précisément le temps 537 qui s'écoule entre la chute de son Empire et la venue

p. 362du Roi des Rois. Cette marque, en effet, c'est ce qu'il faut ajouter à Daniel pour faire Belteshatsar.

Or on a

דניאל          ⎫
(Daniel)    4  ⎪
            50 ⎬ = 95   ⎫
            10 ⎪        ⎪
             1 ⎪        ⎪
            30 ⎭        ⎬  632 − 95 = 537
                        ⎪
בלטשאצר         ⎫        ⎪
(Belteshatsar) 2 ⎪        ⎪
            30  ⎪        ⎪
             9  ⎬ = 632 ⎭
           300  ⎪
             1  ⎪
            90  ⎪
           200  ⎭

(Belteshatsar) = (Daniel) + 537,

ce qui justifie, sans autre commentaire, la déduction précédente.

152. Sur le langage symbolique chiffré de l'Écriture.

Tout ce qui précède a concerné le fait concret proprement dit de l'écriture chiffrée de la Bible, c'est-à-dire de la substitution aux lettres de l'alphabet qui composent les mots, des chiffres qu'elles représentent aussi bien dans l'usage courant, en hébreu et en grec.

Mais, à côté de cela, la Bible se sert également des nombres en tant que signes symboliques des idées qu'exprime le texte.

Un exemple immédiat nous en est donné par

p. 363le Nombre symbolique explicite 666 de Apoc. XIII, 18, qui désigne, dans le Faux Prophète, l'esprit de confusion de l'Humain et du Divin ; un autre, en connexion intime avec celui-là, est offert en Esaïe VI, 3, par la représentation de l'évocation « Saint, Saint, Saint est l'Eternel des armées », au moyen du nombre symbolique 777, nombre explicitement écrit ensuite par la Chronologie, que réciproquement il confirme (voy. § 44) ; de même en est-il (§ 87) en Daniel VIII, 13, de l'emploi du nombre 70, et du nombre 7 pris en sens inverse ou soustractivement, pour exprimer l'idée du Saint (la Parole) qui parle, et du Saint (l'Esprit) qui lui répond ; de même encore (§ 29), dans l'expression 536 = 2^(2^2) × 33 ⅓ du laps de temps chronologique qui sépare l'Edit de Cyrus de la Naissance de Jésus-Christ, du terme 2^(2^2) qui figure l'idée de la Seconde Personne de la Sainte Trinité ; etc.

Dans le langage symbolique chiffré, les nombres ne sont donc plus les valeurs numériques des mots, mais bien la figuration des idées du texte.

153. Au point où nous en sommes de notre considération du Livre de Daniel. un des plus beaux exemples de l'application de ce mode

p. 364d'écriture va nous être fourni par la prophétie des 70 Semaines du Chapitre IX.

Il s'agit du verset Dan. IX, 24 : « Il y a sep- » tante semaines déterminées sur ton peuple et » sur ta sainte ville, pour abolir l'infidélité, con- » sumer le péché, faire propitiation pour l'ini- » quité; pour amener la justice des siècles, pour » mettre le sceau à la vision et à la prophétie, » et pour oindre le Saint des Saints ».

Ce verset, le premier de l'enseignement donné à Daniel par l'Envoyé de Dieu, concerne les deux Venues du Seigneur et embrasse dans sa vue tous les temps de la Vision et de la Prophétie.

Formons le tableau des valeurs numériques des mots, et de l'ensemble du verset (voir ci-contre).

Les mots « sur ton peuple », « et sur la ville » sont réunis dans le tableau par des accolades, parce que dans le texte ils forment des mots à trait d'union (maqqeph); ceci rend compte de notre numérotation des mots. Ils sont donc au nombre de 21 = 3 × 7, et ils marchent, d'après la suite des idées du texte, par groupes (groupes indiqués par les accolades qui réunissent, à droite, les valeurs numériques des mots) formant les systèmes :

3 et 3 ;
2, 2, 2 (se rapportant à la Ire Venue) ;
3, 3, 3 (se rapportant à la IIe Venue).

DAN. IX, 24.

[Figure : grand tableau de gématrie sur deux colonnes, sans texte de commentaire — chaque entrée numérotée de (1) à (21) donne le mot hébreu, sa traduction française entre parenthèses, la décomposition en valeurs numériques de chacune de ses lettres (accolade verticale), puis la somme totale du mot (seconde accolade). Les entrées (4) et (5) regroupent chacune deux mots hébreux sous un même numéro, avec leur somme propre à chacun ; une grande accolade extérieure relie certains groupes de lignes entre elles.]

Colonne de gauche

(1)  שבעים    (Semaines)              300 / 2 / 70 / 10 / 40      } 422
(2)  שבעים    (septante)              300 / 2 / 70 / 10 / 40      } 422
(3)  נחתך     (déterminées)           50 / 8 / 400 / 20           } 478
(4)  על       (sur)                   70 / 30                     } 100
     עמך      (ton peuple)            70 / 40 / 20                } 130
(5)  ועל      (et sur)                6 / 70 / 30                 } 106
     עיר      (la ville)              70 / 10 / 200               } 280
(6)  קדשך     (de ta sainteté)        100 / 4 / 300 / 20          } 424
(7)  לכלא     (pour abolir)           30 / 20 / 30 / 1            } 81
(8)  הפשע     (la prévarication)      5 / 80 / 300 / 70           } 455
(9)  ולחתם    (pour consumer)         6 / 30 / 8 / 400 / 40       } 484
(10) חטאות    (le péché)              8 / 9 / 1 / 6 / 400         } 424

Colonne de droite

(11) ולכפר    (pour expier)           6 / 30 / 20 / 80 / 200      } 336
(12) עון      (l'iniquité)            70 / 6 / 50                 } 126
(13) ולהביא   (pour amener)           6 / 30 / 5 / 2 / 10 / 1     } 54
(14) צדק      (la justice)            90 / 4 / 100                } 194
(15) עלמים    (des siècles)           70 / 30 / 40 / 10 / 40      } 190
(16) ולחתם    (pour accomplir)        6 / 30 / 8 / 400 / 40       } 484
(17) חזון     (la vision)             8 / 7 / 6 / 50              } 71
(18) ונביא    (et la prophétie)       6 / 50 / 2 / 10 / 1         } 69
(19) ולמשח    (et pour oindre)        6 / 30 / 40 / 300 / 8       } 384
(20) קדש      (le Saint)              100 / 4 / 300               } 404
(21) קדשים    (des Saints)            100 / 4 / 300 / 10 / 40     } 454
p. 366Le verset renferme 96 = 12 × 8 = 12 × 2³ = 2² × (1. 2. 3) lettres. Son texte T a pour valeur numérique, total des valeurs des mots :

(T) = 6572.

154. Ce qui nous frappe dès l'abord dans cette valeur intégrale d'un verset qui, comme le dit son texte, envisage toute l'étendue de la Vision, de la Prophétie, et l'Accomplissement des Siècles, c'est qu'elle se confond, à première vue, avec l'étendue totale de l'Economie historique déterminée, § 129, de la Naissance d'Adam, —4184, à la fin + 2386 de la période du 10e et dernier peuple, laquelle étendue mesure le nombre, en lui-même essentiellement remarquable, comme on le découvre a posteriori :

4184 + 2386 = 6570 = 3 × (1.2.3) × 365.

Le rapprochement dont nous parlons est celui des deux nombres (T) = 6572 et 6570; et l'on va voir à quel point leur différence est elle-même significative. Cette différence 6572 — 6570 est égale à 2; par conséquent (T), ou la valeur numérique de notre verset, portée à partir de la limite 2386 de l'Histoire, a son point initial à 2 unités de temps en arrière de la Naissance d'Adam. Or

p. 367

nous allons reconnaître que cette différence, insuffisante pour infirmer l'identification des deux évaluations (T) = 6572 et 6570 en tant que termes de premier ordre, est bien intentionnelle, et que son objet est précisément de nous donner, par le verset IX, 24, une preuve de l'exactitude des deux déterminations 2178 et 2180 de Daniel relatives au Second Avènement.

L'existence, dans le nombre abstrait (T) = 6570 + 2, de 2 unités, lesquelles, dans l'espèce, deviennent des unités de temps, mais qui n'étaient nullement avant cela par elles-mêmes des années, unités qui se reportent, dans la chronologie, avant Adam, attirent naturellement notre attention sur le fait que, dans la Bible, on trouve effectivement indiquées, avant Adam, des unités de temps. Ce sont les 6 Jours de Création.

Il n'y a donc aucun doute que, dans une œuvre parfaite et où tout est voulu, nos 2 unités supplémentaires représentent les deux derniers Jours de Création, c'est-à-dire le 6e et le 5e, de manière à faire coïncider l'origine de (T) avec l'accomplissement du 4e Jour (Gen. I, 14-19), celui de l'Apparition du Soleil. Le Soleil est apparu à la Terre le 4e Jour, comme Christ a paru dans l'Histoire à l'accomplissement du 4e Mille, Christ que notre verset appelle « la Justice des siècles » et

p. 368

Malachie (Mal. IV, 2) « le Soleil de Justice qui » porte la santé dans ses rayons » ; notre verset confirme même cela par sa valeur numérique, puisqu'elle s'écrit

(T) = 2 + 3 × (1. 2. 3) × 365,

et rappelle, par l'année solaire 365, l'établissement astronomique du 4e Jour.

Mais si ce repère remarquable nous est ainsi assigné dans la suite des 6 Jours, il est impossible que nous n'envisagions pas aussi l'origine première de ceux-ci, c'est-à-dire leur groupe tout entier ; et il suffit d'ailleurs de lire avec attention le verset pour voir que lui-même nous enseigne à le faire.

Il évoque en effet devant nous, par l'accomplissement de la Vision et de la Prophétie, la vue de l'Écriture tout entière, et dès lors littéralement aussi la révélation constituée par le Premier Chapitre de la Genèse : celui-ci est réellement une prophétie vers le passé et une vision, puisqu'il enseigne des faits antérieurs à l'existence du premier homme.

Cela revient à dire que notre verset Dan. IX, 24 propose à notre considération, par sa valeur numérique, non pas un nombre unique, mais bien un groupe de deux nombres, savoir, d'après ce qui précède :

p. 369
(T) = 2 + 3 × (1. 2. 3) × 365 = 6572

(T)′ = 6 + 3 × (1. 2. 3) × 365 = 6576 ,

le second nous conduisant à l'origine de toute la Révélation. (Il est égal à

(T)′ = 3 × 2² × 137 = 3 × 2² × P₃₄,

P34 désignant le 34e Nombre premier, et 34 la vie terrestre de Christ ou de la Parole de Dieu.)

155. Cela posé, décomposons maintenant le verset Dan. IX, 24 d'après la suite des idées qu'il exprime, au moyen du langage symbolique chiffré, en lui attribuant successivement pour valeur numérique totale chacune des valeurs (T) (T)′ qu'il vient de nous enseigner. Nous obtiendrons l'ordre systématique suivant :

DAN. IX, 24
Valeur (T)Valeur (T)′
(1) — (3)Septante Semaines . . . .7 × 707 × 70
(4) — (6)Ton peuple et ta ville sainte ; la Dispensation de Moïse à Jésus-Christ (IX, 15, 16) . . . . .15161516
(7) — (12) (1re Venue)La propitiation par le Conducteur Oint [Christ] marqué du signe divin 7, en + 30 (IX, 25)30 × 730 × 7
(13) — (21) (IIe Venue)La venue de la Justice des siècles, l'accomplissement de la Vision et de la Prophétie . .XX′
p. 370

On en déduit, pour déterminer les nombres X, X′ désignatifs de la Seconde Venue, les équations ou relations :

{ 490 + 1516 + 210 + X  = (T)  = 6572
{ 490 + 1516 + 210 + X′ = (T)′ = 6576 ;

lesquelles donnent

{ X  = 4356 = 2 × 2178
{ X′ = 4360 = 2 × 2180,

c'est-à-dire pour la Seconde Venue (indiquée par le facteur 2) les deux nombres 2178, 2180 de Daniel.

156. L'étude du verset Dan. IX, 24 dont la valeur numérique est (T) = 6572, vient de nous montrer celle-ci décomposée, dans l'intention de l'Écriture, sous la forme

(T) = 2 + 6570,

c'est-à-dire en tant qu'addition de deux nombres abstraits qui, sous les espèces de la durée, désignent : l'un, 2 de ces espaces de temps qui constituent les Jours de Création ; l'autre, 6570 ans.

Nous devons en conclure que dans le langage chiffré de l'Écriture, la Règle suivante est mise

p. 371

en œuvre (nous la désignons par le numéro d'ordre III, à la suite des deux Règles I, II déjà formulées § 146).

Règle III. La valeur numérique (T) d'un texte T de l'Écriture peut désigner un nombre complexe, c'est-à-dire, en mathématiques, une somme d'unités d'espèces différentes.

Observation concernant notre énoncé de Règles pour la lecture chiffrée de l'Écriture.

On fera attention à ce que les Règles énoncées, I et II (§ 146), et III, ne sont pas introduites arbitrairement. Elles sont le résultat immédiat de l'enseignement de l'Écriture fidèlement suivi, c'est-à-dire l'expression de faits, d'abord présentés tels quels par l'Écriture elle-même, et révélés au cours naturel de la recherche.

157. Un exemple de la Règle III peut être avantageusement mentionné ici à la suite du précédent ; il est bien dans notre sujet ; il a aussi pour objet immédiat la Seconde Venue.

Il s'agit, dans le verset Apoc. XXII, 20 de l'Apocalypse, lequel est l'avant-dernier de l'Écriture, et qui a pour texte littéral :

« Dit le Témoin de ces choses : Oui je viens

p. 372

» bientôt. Amen, oui viens, Seigneur Jésus », des mots, annonçant la Seconde Venue :

t {  Ναι  ερχομαι  ταχυ
  {  « Oui, je viens bientôt ».

Comme chacun peut s'en assurer en faisant la somme de ses 14 = 2 × 7 lettres au moyen des valeurs de l'Alphabet grec, le texte t a pour valeur numérique

(t) = 8 + 2180,

formule qui embrasse par le nombre complexe

(t) = 8   (Périodes de 523 ans,        + 2180  (ans, de l'Ère chrétienne
           d'Adam à Christ ; le Ré-             au second Avènement.)
           dempteur est promis dès
           Gen. III, 15.)

toute l'étendue des temps de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les trois mots suivants :

t′ {  αμην  ναι  ερχου
   {  « Amen, oui viens ».

confirment qu'il s'agit de la Seconde Venue, car ils donnent, par leurs 12 lettres, la valeur numérique

(t′) = 1335,
p. 373

c'est-à-dire les 1335 ans qui, dans Dan. XII, 12, conduisent à la Seconde Venue : « Heureux celui » qui attendra et qui atteindra jusqu'à 1335 » jours ». D'ailleurs, le texte intégral T du verset enseigne bien par ses nombres qu'il s'agit de la Venue du Seigneur, car il réunit dans une admirable formule, d'un symbolisme expressif, la Ire Venue, 34, et la IIe Venue, 2180 (voy. § 93).

On a pour ce texte de 12 mots, ici reproduit pour que chacun puisse en faire aisément le calcul :

Λεγει ο μαρτυρων ταυτα  Ναι ερχομαι ταχυ
Dit le  Témoin  de ces choses : Oui je viens bientôt.

αμην ναι ερχου  Κυριε  Ιησου.
Amen oui viens Seigneur Jésus.

Il a pour valeur numérique (T) = 7662, et donne la formule annoncée

(T) = (Amen)/3 × 34 + (Amen)/33 × 2180,
      [Ire Venue]        [IIe Venue]

en faisant attention que (Amen) = 3 × 33.

158. Nous joindrons à ceci deux autres exemples remarquables de la détermination du Second Avènement : l'un en Act. I, 11, quand les disciples réunis et assistant à l'Ascension du Sauveur, l'An 34, reçoivent des Anges l'annonce

p. 374

de son retour divin en 2180 ; l'autre, à l'occasion de l'institution de la Sainte Cène en I Cor. XI, 26, où l'époque 33 ½ (Mort du Seigneur) correspond à 2179 ½, conformément aux Nombres de Daniel (voy. § 93).

Les accolades qui encadrent les textes signifient qu'il faut les remplacer par leurs valeurs numériques mentionnées en titre au-dessus d'eux.

On a (1) :

(ACT. I, 11) = 17300

{ et leur dirent : Hommes galiléens pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé d'avec vous dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous l'avez vu monter au ciel. } = 5 × 12 × 34 + 7 × 2180

(I COR. XI, 26) = 10864

33 ½ + { Car toutes les fois que vous mangerez de ce pain et que vous boirez de cette coupe, vous annoncerez la Mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. } = 5 × 2179 ½.

Le symbolisme des nombres est remarquable

(1) Nouveau Testament grec. Cologne, 1871 (Texte reçu, Elzevier 1624) ; édition couramment suivie dans cet ouvrage.
(Act. I, 11). Le verset commence aux mots οι και ειπον et finit par les mots εις τον ουρανον.
(I Cor. XI, 26). Le verset commence aux mots οσακις γαρ et se termine par αν ελθη.

p. 375

dans son parallélisme avec le texte. Ainsi, pour Act. I, 11 : les Douze (12), hommes (5), contemplent l'Ascension de Jésus en l'an 34 (34) ; il leur est annoncé qu'il reviendra du ciel (7) à la Seconde Venue (2180). Pour I Cor. XI, 26 : la mort du Seigneur a eu lieu (33 ½) ; à partir de là, l'acte humain (5) de la Sainte Cène s'accomplira jusqu'à la Seconde Venue (2179 ½). En considérant l'ensemble des deux versets, insistons sur la remarque que, entièrement d'accord avec les nombres de Daniel relatifs à la 1re et à la 2e Venue (voir IXe Leçon, § 93), 2180 correspond à 34, et 2179 ½ à ce ½. Cela est particulièrement significatif de la précision du symbolisme et de la réalité de son intention.

159. Voici encore enfin, dans ce sujet d'une si haute portée pour la démonstration de l'inspiration plénière de l'Écriture, deux autres exemples, intéressants par leurs objets empruntés aux deux Testaments, savoir : dans l'Ancien Testament, celui de la Marque de Caïn, en Gen. IV ; dans le Nouveau, celui de la Signature de Paul dans l'Épître aux Hébreux (voy. 1re Leçon).

160. La Marque de Caïn. On lit en Gen. IV que Caïn et Abel ayant fait chacun une oblation à l'Éternel (3, 4), celle de Caïn est rejetée (5).

p. 376

Caïn irrité tue Abel (5, 8). Dès lors la Terre le maudira ; il y sera vagabond et fugitif (11, 12). Caïn, désespéré, se voit poursuivi par la vengeance de tous. « Il arrivera que quiconque me trouvera, me tuera » (14). L'Éternel alors déclare (15) : « Si quelqu'un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. Et l'Éternel mit à Caïn un signe, afin que quiconque le trouverait ne le tuât point ».

Examinons, d'après le texte, quelle est la nature de ce signe.

Tout d'abord ce signe est, en soi, un signe de miséricorde ; d'autre part, la mention du chiffre 7 dans la déclaration de l'Éternel conduit naturellement à penser qu'il a une figuration numérique.

Cette induction est singulièrement appuyée par ce qui succède à ce texte même. On voit (en 23, 24) le descendant impie de Caïn, Lémec, blasphémer en déclarant qu'il tuera, et que « si Caïn est vengé 7 fois, Lémec le sera 77 fois ». Et cette mention numérique en rapport avec Caïn et Lémec est en outre accentuée de la manière la plus décisive en ce que plus loin encore, en Gen. V, 31, le Lémec de la descendance pieuse de Seth est marqué, par la durée de sa vie, du nombre 777.

Ce nombre 777, qui est celui de la Sainte Tri-

p. 377

nité, rappelle de lui-même l'attention sur le nombre analogue 666, donné également par la Bible (Apoc. XIII, 18) et qui y désigne l'esprit du Faux Prophète, ou le faux culte réprouvé de Dieu ; et cela fait naturellement observer que ce même nombre 666 convient aussi bien pour désignation à Caïn, puisque le crime de Caïn et sa réprobation ont précisément pour origine un acte religieux sacrilège devant Dieu.

Rapprochons ces données.

La Marque de Miséricorde mise sur Caïn, ou sur le pécheur, ne peut être que celle du Fils de Dieu ou de l'Expiateur du péché ; c'est donc le signe de la Seconde Personne de la Sainte Trinité, 777 ; et puisque Caïn a déjà pour marque 666, celle que l'Éternel met sur lui est l'effacement du chiffre 6 central de 666, par le chiffre 7, central de 777 et figuratif de la Seconde Personne.

On conclut donc des nombres, explicitement donnés, du texte de l'Écriture, la désignation :

Marque de Caïn  . . . . . .  676.

[Il est intéressant de se reporter ici à l'écriture même de la marque de la Bête dans l'Apocalypse (Apoc. XIII, 17, 18). Cette marque écrite est

χξϛ

qui figure graphiquement Christ traversé par le

p. 378

Serpent, idée qui répondrait à la figuration chiffrée 767.]

Cette déduction, fondée sur les données explicites mêmes du texte, étant établie, voyons si le système mathématique de l'Écriture ne nous en offre pas des vérifications.

Ces vérifications sont multiples.

1° Vérification par la valeur numérique du nom de Jéhovah. Jéhovah (יהוה) est le mot que nos versions traduisent par l'Éternel. Ce mot a pour valeur numérique, ainsi que nous l'avons déjà vu (§ 141),

(Jéhovah)héb. = 26.

Dans la déclaration (Gen. IV, 15) par laquelle l'Éternel affirme que Caïn sera vengé, ce dont, comme témoignage, Il donne un signe, ce nom Jéhovah de l'Éternel scellant sa promesse par son témoignage, est mentionné 2 fois ; et l'idée du témoignage qu'il se rend ainsi correspond dès lors à celle de la multiplication de ce nom par lui-même.

Or cette forme du témoignage reproduit en effet la Marque de Caïn, car on a

26 × 26 = 676,

ou la désignation :

Marque de Caïn. . . 676 = (Jéhovah) × (Jéhovah).
p. 379

2° Vérification chronologique. La naissance de Seth a lieu en 130 d'Adam. En suivant les événements mentionnés (Gen. IV, 25), et comptant avec la Bible par années, on a :

Naissance de Seth  . . . . .  130
Conception de Seth . . . . .  129 (= 516/4)
Mort d'Abel  . . . . . . .    120 (= 2⁵).

De la Malédiction et de la Marque de miséricorde 676 mise sur Caïn, à la Venue du Christ expiateur, il y a donc :

4184 — 128 = 4056 ans.

Or

4056 = 6 × 676.

3° Vérification par la correspondance entre le dernier verset concernant Caïn, (Gen. IV, 25), celui où il est remplacé par Seth, et celui (Luc III, 21) de la Grâce mise sur Christ âgé de 30 ans et commençant, avec son Ministère, la 70e Semaine de Daniel, 31 à 37. On a pour les numéros d'ordre des deux versets dans l'Écriture (1) :

(1) Voyez, au sujet de cet ordre de données, ce qui est dit dans l'Appendice à la fin de ce volume (Appendice, n° 25).

p. 380
(1) Gen. IV, 25 . . . . . . . 105
(2) Luc III, 21 . . . . . . . 25117.

La distance de ces versets sur l'échelle des versets est donc

(2) — (1) = 25012.

Or

25012 = 37 × 676.

4° Vérification par la valeur numérique des mots « Marque de Caïn » en Gen. IV, 15. Dans l'Hébreu, les mots « à Caïn un signe », de la phrase « l'Éternel mit à Caïn un signe », sont exprimés par les deux mots :

לקין
(à Caïn)

את
(signe, ou marque)

On a, en hébreu, les valeurs numériques :

{ (à)      = 30
{ (Caïn)   = 100 + 10 + 50 = 160
  (Marque) = 1 + 6 + 400 = 407.

Cela donne d'abord : (Marque Caïn) = 567 ; et cette suite de 3 chiffres, de l'humain 5 au divin 7, est déjà significative.

p. 381

Reste l'indication (à) = 30, qui, avec ce premier nombre symbolique, va reproduire la marque 676. Cette indication est évidemment, dans l'ordre du sujet, le signe de la Grâce indélébile, mise sur le Christ Expiateur (voyez le 3e et Luc III, 23) en + 30.

Or le 30e Nombre premier (élément indestructible), ou P30, est 109. Et l'on a bien en effet :

567 + P₃₀ = 676.

161. La signature de Paul.

On lit en II Thess. III, 17, 18 :

(17) « La salutation qui est de la propre main de moi Paul, et qui est un signe dans toutes mes épîtres, c'est que j'écris ainsi ;
(18) » La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous, Amen. »

Et on lit en Héb. XIII, 25 : « La grâce soit avec vous tous. Amen. »

Dans la 1re Leçon, § 12, nous avons reconnu que le signe d'authenticité de ses Épîtres par le vœu de la Grâce de Christ, ainsi stipulé par Paul, est en effet propre à ses 13 Épîtres nominales, et à la 14e Épître qu'on lui a longtemps attribuée, l'Épître aux Hébreux ; d'où il fallait conclure que Paul est bien aussi l'auteur de cette

p. 382

dernière Épître. L'Écriture chiffrée va nous donner maintenant à cet égard une confirmation décisive, et cela au moyen de ce même nombre 30 présenté par la Bible (Luc. III, 21-23 ; Baptême de Jésus) comme désignation de la Grâce qui est en Christ, et que nous venons de voir mis en œuvre au sujet de la Marque de Caïn (§ 160, 3°, 4°), et plus haut déjà dans la prophétie de Daniel, § 155.

La salutation Héb. XIII, 25 de l'Épître aux Hébreux a pour valeur numérique en grec :

(Héb. XIII, 25) = 3935

Supposons que cette salutation soit de Paul. Elle dispensera tout d'abord la Grâce de Christ, désignée dans l'écriture chiffrée par le nombre 30 ; on devra donc écrire :

(Héb. XIII, 25) = 3935 = 30 + 3905 = 30 + 5 × 781,

c'est-à-dire « la Grâce » plus un multiple de 5 (la main de l'homme, ou de l'écrivain), mettant en évidence le nombre

781.

Dans de telles conditions il n'y a aucun doute que si ce nombre 781 était la valeur numérique du nom de Paul ( Παυλος ), ce serait une preuve certaine que Paul est l'auteur de l'Épître aux

p. 383

Hébreux. Or c'est ce qui a lieu en effet. On a bien en grec :

(Paul) (Παῦλος) = 80 + 1 + 400 + 30 + 70 + 200 = 781.

162. Après cette analyse de textes empruntés aux deux Alliances, nous ne pouvons mieux terminer cette Leçon qu'en mentionnant un trait qui embrasse l'Écriture dans toute son étendue, et qui, établissant une relation systématique entre son premier et son dernier verset, Gen. I, 1 et Apoc. XXII, 21, est comme un sceau visible mis sur l'unité de la Révélation.

Nous y sommes amenés par le fait que Christ, la Parole de Dieu, se figure Lui-même par l'écriture du Commencement et de la Fin, par la Première et la Dernière lettre, par l'Alpha et l'Oméga.

Apoc. I, 8 : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, le » Commencement et la Fin, dit le Seigneur, qui » est, et qui était, et qui sera, le Tout-Puissant ».

Apoc. XXII, 13 : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, » le Premier et le Dernier, le Commencement et » la Fin ».

Et déjà dans l'Ancien Testament :

Ésaïe XLIV, 6 : « Ainsi a dit l'Éternel, le roi » d'Israël et son Rédempteur, l'Éternel des ar- » mées : Je suis le Premier et le Dernier, et il n'y a point d'autre Dieu que moi ».

p. 384

Ésaïe XLVIII, 12 : « Écoutez-moi, ô Jacob ; Israël, que j'ai appelé ; c'est moi, c'est moi qui suis le Premier, et je suis aussi le Dernier ».

163. On a pour le Premier Verset de l'Écriture ou Gen. I, 1, qui se lit avec l'Hébreu de droite à gauche :

(3)(2)(1)
אלהיםבראבראשית
DieucréaDans leur principe ; ou dans
[le pluriel Élohim désignant la pluralité des Personnes.] leur commencement, leur principe (1)
(7)(6)(5)(4)
הארץואתהשמיםאת
Terreet laCieuxles

Le verset a 7 mots, et il contient 28 = 4 × 7 lettres.

Les 7 mots sont partagés en deux groupes de 3 et 4 ; le premier groupe (1) (2) (3) concerne

(1) Des deux traductions du mot (1), savoir : 1° « Au commencement » (qu'on applique vulgairement au temps), et 2° « Dans leur commencement, dans leur principe » (ce qui s'applique à l'ordre progressif des choses), la seconde est incontestablement la meilleure, non seulement parce que le mot (1) renferme déjà par ברא (créer) l'idée de la Création ou des choses créées, mais parce que l'idée d'un commence-

p. 385

l'acte de création des principes ; le second (4) (5) (6) (7), l'effet de cette création.

Chacun de ces groupes contient 14 = 2 × 7 lettres, ou la moitié du nombre total 28 des lettres.

Mais, ainsi déjà distincts, leur trait de séparation fondamental c'est que le mot (3) est « Dieu » (la pluralité exprimée par Elohim étant en outre définie, par ce chiffre 3, comme étant la Trinité) ; et que le mot (7) qui termine cette Semaine de mots est « la Terre », demeure de l'Homme, lequel est désigné par là comme le terme suprême de la Création.

Or cela étant posé, c'est-à-dire l'attention étant nettement fixée par l'ordonnance du texte T du verset, sur les Nombres 3 et 7, on trouve pour sa valeur numérique (T) :

(T) = 2701 = 37 × 73,

c'est-à-dire le produit des deux Nombres pre-

ment du Temps est contradictoire à elle-même, puisque ce Commencement existerait quelque part dans le Temps. Le Temps et l'Espace, avec leurs caractères infinis en tous sens, sont eux-mêmes des choses créées ; ils font partie de la Création. Ils n'impliquent en effet en rien comme notion nécessaire l'idée de l'Être ; c'est-à-dire que, supposés non existants, rien ne serait changé à l'idée de l'existence de Dieu.

p. 386

miers 37 et 73, formés respectivement au moyen de 3 et 7, 7 et 3. (On a aussi (T) = P₂ P₁.₂.₃ × P₇ .)

164. Considérons maintenant le dernier verset de l'Écriture, savoir : Apoc. XXII, 21 : « La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen ».

La détermination de la valeur numérique de ce verset s'est accompagnée pour nous de circonstances particulières qui l'ont rendue singulièrement impressive. Or il ne faut nullement craindre de mentionner des circonstances remarquables, pour concrètes et extérieures qu'elles soient, lorsque, par le fait qu'elles éliminent toute idée de hasard, elles interviennent en réalité scientifiquement dans le poids de la preuve véricatrice. Cela excuse et, je pense, autorise le détail que je vais faire connaître.

Au cours d'une promenade, un soir de l'année 1909 (le 7 juillet), comme je m'entretenais avec le Commandant Hamelryck de résultats démonstratifs auxquels m'avaient conduit les valeurs numériques du Premier verset de l'Écriture et des versets suivants, il me dit : « Faites le » calcul pour le Dernier verset de l'Écriture. Il » devra vous donner toute la vie de l'Humanité, » de la Naissance d'Adam, — 4184, à la fin, » 2386, de l'échelle chronologique ».

p. 387

Rentré chez moi, je fais ce calcul et trouve immédiatement ce qui suit (la date du 7 juillet 1909 est inscrite sur ma feuille de calcul) :

          (1)   (2)   (3)    (4)       (5)     (6)    (7)
Apoc.   { Η   χαρις  του   Κυριου  ημων  Ιησου  Χριστου
XXII,21 { La  grâce  du    Seigneur  de nous Jésus-  Christ
        {
        {  (8)    (9)    (10)   (11)
        { μετα  παντων  υμων  αμην
        { avec   tous    vous   Amen

Le verset a 49 = 7 × 7 lettres.

De ses 11 mots, le groupe des 7 premiers, qui se termine par Christ, annonce l'Onction par la Grâce ; le 7e mot ou Christ ( Χριστου ) est le seul qui, dans tout le verset, ait 7 lettres (7 est d'ailleurs le nombre maximum des lettres d'un mot dans ce verset), et la valeur numérique de ce 7e mot et un multiple remarquable de 7 puisque

(Χριστου) = 1680 = 24 × 70.

Le groupe final des 4 mots « avec vous tous, Amen » propose ensuite cette Grâce à tous les hommes.

Le texte du verset se compose donc d'emblée d'une partie caractérisée par le nombre divin 7, suivie d'une partie qui désigne toute l'Humanité.

p. 388

Calculons maintenant sa valeur numérique totale. Comme chacun peut s'en assurer par une addition facile, au moyen des valeurs des lettres de l'Alphabet grec, elle vaut

(T) = 8971 ;

or ce nombre se décompose effectivement comme suit :

(T) = 7 × (7.7.7) + (4184 + 2386),

ce qui prouve combien était exacte l'induction dont nous venons de faire mention.

165. Envisageons maintenant simultanément les deux versets, le Premier et le Dernier de la Parole de Dieu, versets que nous venons d'étudier séparément, et cherchons dans l'Écriture les traits numériques qu'elle nous donne d'un ensemble systématique qu'ils constitueraient.

1° Nous en trouvons un indiqué comme donnée de temps par Apoc. I, 8, qui, entre l'Alpha et l'Oméga, le Commencement et la Fin, place la durée du passé, du présent, de l'avenir : « Je suis » l'Alpha et l'Oméga, le Commencement et la » Fin, dit le Seigneur, qui est, et qui était et » qui sera ». Or le nombre concret qui figure cette durée nous est aussi donné, car lorsqu'en XIX, 11-16 paraît celui qui est « le Fidèle et le

p. 389

Véritable », « la Parole de Dieu », « le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs », il est dit (XX, 4-6) que son Règne avec ses Élus, ceux qui ont rendu témoignage à la Parole, est de 1000 ans. Le trait numérique explicitement donné comme reliant l'Alpha à l'Oméga est donc le nombre 1000 = 10³.

2° A un point de vue de fait concret, du Premier au Dernier verset s'étend toute l'Écriture, qui est aussi bien la Parole de Dieu ; et cette étendue de l'Écriture peut être figurée par un nombre propre à sa construction, soit, pour nous servir de ce que nous connaissons déjà, le nombre de ses Livres, que nous avons reconnu dans la 1re Leçon être égal à 66 = 528/8 ; et qui, chose remarquable, est aussi, en siècles, la durée totale de l'Humanité, puisqu'elle vaut (voy. § 129)

Avant Christ  . . . . . . 42 siècles
Après Christ  . . . . . . 24 siècles
                 TOTAL . . . 66 siècles.

166. Envisageons le premier point de vue, celui de la donnée de temps. Nous avons trouvé pour valeurs numériques du Premier et du Dernier versets :

{ (Gen. I, 1)      = 2701
{ (Apoc. XXII, 21) = 8971.
p. 390

Or en reliant cette fin à ce commencement par l'étendue 1000 du Règne, on a l'ensemble systématique :

L'Alpha                                      L'Oméga
Le commencement                              La Fin
1er verset              1000              Dern. verset
|---------------|----------------------|----------------|
Gen. I, 1        Le Règne de Christ (Apoc.)   Apoc. XXII, 21

lequel donne pour valeur numérique le résultat éminemment remarquable :

Θ = 2701 + 1000 + 8971 = 12672 = 24 × 528.

167. Envisageons le second point de vue, celui de la constitution de la Bible.

Comme nous l'avons déjà fait observer, l'idée du passé et de l'avenir y est figurée par le sens respectivement de droite à gauche, de gauche à droite, de l'écriture en hébreu et en grec. Le Premier et le Dernier versets, l'un en hébreu, l'autre en grec, sont donc distincts entre eux non seulement par les valeurs numériques absolues de leurs textes respectifs, mais encore par le sens, par la direction dans laquelle ces valeurs ont été computées lors de l'addition des lettres. En tenant compte de cette nouvelle condition, (elle est indiquée par la direction des flèches du

p. 391

schéma suivant), on aura donc l'ensemble systématique :

(Hébreu)        Nombre des Livres de la Bible        (Grec)
←----------                                      ----------→
1er verset                  528                      Dern. verset
                    66 = -------
                          2x2x2
|---------------|----------------------------|----------------|
Gen. I, 1          Étendue de la Parole de Dieu     Apoc. XXII, 21

Mais, en mathématiques, cette différence des directions dans la computation correspond aux signes — et + de la Soustraction et de l'Addition. Cette computation revient donc, au lieu de la somme des versets extrêmes à prendre leur différence. L'ensemble systématique constitué dans le second point de vue a donc pour valeur numérique :

Θ' = — 2701 + 66 + 8971 = 6336,

et ce résultat, surtout quand on le rapproche de celui qu'a donné le premier point de vue, n'est pas moins remarquable, par la persistance de la période 528, manifestée jusque dans le nombre 66 = 528/8 ; car on a :

+ 6336 = 12 × 528,

comme on avait

+ 12672 = 24 × 528 ;

ou

       Θ
Θ' = ---.
       2
p. 392

168. Ainsi la main de Moïse traçant le premier verset de la Genèse, et celle de Saint Jean écrivant le dernier de l'Apocalypse, ont été guidées par la même Volonté intelligente qui révélait à Daniel la période prophétique de 528 ans.

Ce fait et les précédents suffisent pour nous donner l'assurance que le langage chiffré de la Bible est une réalité, et pour que nous puissions avec sécurité faire usage de ce moyen d'enseignement qu'elle nous offre, au cours de l'étude que nous avons à poursuivre.

p. 393

DOUZIÈME LEÇON

L'APOCALYPSE OU LA RÉVÉLATION DE JÉSUS-CHRIST.

169. L'Apocalypse est (Apoc. I, 1) « La révélation de Jésus-Christ, qu'il a reçue de Dieu pour faire connaître à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt ». L'avenir d'ailleurs ne peut être connu et compris que par le passé ; celui qui parle est (I, 8) « L'Alpha et l'Oméga, le com- » mencement et la fin, dit le Seigneur, qui est, » et qui était, et qui sera, le Tout puissant ». Aussi la vue prophétique de l'Apocalypse s'étend-elle (I, 19) sur tout le passé, « les choses qui sont », et sur tout le futur, « les choses qui doivent arriver », de l'Humanité (1).

Le premier objet à considérer est la détermination du plan du Livre par ses caractères externes, à titre d'indicateur de son plan spirituel.

(1) La notion erronée qu'il ne s'agit dans l'Apocalypse que des temps à partir de l'Ère chrétienne est la cause qui jusqu'ici a rendu impossible une interprétation digne du sujet, ou même (Voyez la suite de la Note, p. 395).

p. 394

Ce plan externe, ou la construction du Livre, est tracé par le Tableau suivant.

TABLEAU XII.

                       PLAN DE L'APOCALYPSE
------------------------------------------------------------------------
        I . . Adresse aux 7 Églises                              )
       II . . . . . . . . . . . . }                              } 3
      III . . . . . . . . . . . . } Lettres aux 7 Églises        )
   7 {  IV . . Trône. 24 Anciens. Arc-en-ciel (Déluge)           )
        V . . . . . Le livre écrit fermé de 7 Sceaux             } 4
       VI . . . . . 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e Sceaux               )
      VII . × Les 144000 marqués de toutes les tribus d'Israël  )
     VIII . . . Ouverture du 7e Sceau. 1er 2e 3e 4e Trompettes   )
       IX . . . . . . . 5e et 6e Trompettes  1er et 2e Malheurs  )
        X . . { Le Petit Livre (X = XX/2     7 Tonnerres         )
              { X, 7. Au jour de la 7e Trompette                 } 4
   7 {        { la prophétie accomplie                           )
       XI . . (XI = XXII/2  « Mesure le Temple de                )
              Dieu » ; 2 Témoins. 7e Trompette 3e Malheur        )
      XII . . . . { La Femme (l'Église) . . . . . . . . }        )
     XIII . . . . { La Bête de la Mer, de la Terre. 666.}        } 3
      XIV . × Les 144000 ayant le nom de l'Agneau. (7 Tonnerres) 1600 stades
              Cantique nouveau. Agneau
              sur Sion. Évangile éternel.
        XV . Les 7 coupes                                        )
       XVI . Les 7 coupes versées                                )
      XVII . . . . . . . { Grande Prostituée. Étonnement de      )
   6 {                   { Jean. 8e Roi.                          } 7
     XVIII . . . . . . . { Description de sa ruine.              )
       XIX . Le Fidèle et Véritable. Cheval blanc. Bête et Faux Prophète.
              Étang de feu et soufre.                            )
        XX . Satan lié pour 1000 ans. Dernière révolte et jugement dernier.
(Sabbat)   XXI . Cieux nouveaux et Terre nouvelle. Sainte Jérusalem ; aux
                  12 portes les 12 Tribus d'Israël.
(Dimanche) XXII . Arbre de vie. Le Trône de Dieu et de l'Agneau. XXII, 16,
                  20, 21 : Jésus, Jésus, Jésus-Christ.
p. 395

170. On voit immédiatement par ce Tableau que les 22 Chapitres de l'Apocalypse sont divisés en 3 Semaines, caractérisées respectivement par les 7 Sceaux, les 7 Trompettes et les 7 Coupes, — la dernière Semaine ayant pour Jour de repos indiqué, soit, comme Semaine d'Adam, en XXI, le Sabbat, ainsi que le marque dans ce Chapitre la Sainte Jérusalem, portant sur ses 12 portes les noms des 12 Tribus ;

APOC. XXI, 10, 12. — Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la grande cité, la sainte Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu.
Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes, et douze auges aux portes, sur lesquelles il y avait des noms écrits, qui sont les noms des douzes tribus des enfants d'Israël.

soit, comme Semaine de Christ, en XXII, le Dimanche, ainsi que le marque le Trône de Dieu et de l'Agneau,

simplement effective. Il est évident, par exemple, et sans chercher plus loin, que depuis Christ l'Histoire générale ne présente aucun événement qui puisse servir de repère à la séparation solennelle des 7 Sceaux et des 7 Trompettes ; c'est-à-dire qu'on osât appeler « l'ouverture du 7e Sceau » ou « le Sceau du Dieu vivant ». De même, dans ce point de vue, la séparation des 7 Églises en deux groupes de 3 et de 4 ne trouve aucune explication ; etc.

p. 396
APOC. XXII, 1, 3. — Après cela, l'ange me fit voir un fleuve d'eau vive, clair comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau.
Il n'y aura plus d'anathème ; mais Dieu et l'Agneau y auront leur trône, et ses serviteurs le serviront.

et la mention explicite de Jésus-Christ.

APOC. XXII, 16, 20, 21. — Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les Églises.
Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Oui, Seigneur Jésus ! viens.
La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous ! Amen !

D'ailleurs, la lecture courante successive des deux chapitres XXI, XXII fait reconnaître d'elle-même, dans la nature générale des figurations, leur correspondance respective avec l'Ancienne et la Nouvelle Alliance.

171. La 1re Semaine, I-VII, est divisée en deux groupes de 3 et 4. Le premier, I-III, concerne, par l'Adresse et les Lettres aux 7 Eglises, l'histoire des 7 phases de l'Eglise qui s'étendent de l'Exode ou de la Loi (—1516), à la Seconde Venue (+ 2180). C'est ce que nous avons déjà exposé en étudiant le Livre de Daniel (§ 101). (Voir, au sujet de cette conception et du signe du nom « Antipas », Apoc. II, 13, la Note A à la fin de

p. 397

cette Leçon). Le second groupe, IV-VII, commence, au centre IV de la Semaine, par la vision du Trône de Dieu, surmonté de l'Arc-en-ciel, signe du Déluge à l'origine du monde postdiluvien,

GEN. IX, 12-17. — Et Dieu dit : Voici le signe de l'alliance que je mets entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à toujours : Je mets mon arc dans les nuées, et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre. Et il arrivera que, lorsque j'amasserai des nuées sur la terre et que l'arc paraîtra dans les nuées, je me souviendrai de mon alliance, qui existe entre moi et vous et tout être vivant, de toute chair ; et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. L'arc sera donc dans les nuées, et je le regarderai pour me souvenir de l'alliance éternelle entre Dieu et tout être vivant, en quelque chair qui soit sur la terre. Et Dieu dit à Noé : C'est là le signe de l'alliance que j'ai établie entre moi et toute chair qui est sur la terre.

et environné par 24 Anciens que leur nom désigne comme représentant le monde antédiluvien. Le nombre 24 rend cette figuration intentionnelle indubitable, attendu que le nombre des personnes désignées par la Bible, appartenant seulement au monde antédiluvien, est précisément égal à 24. C'est ce que prouve le Tableau XIII (p. 392).

Un semblable trait systématique de construction n'est assurément pas l'une des moindres preuves de l'inspiration plénière de l'Ecriture.

p. 398

La vision du Chapitre IV nous transporte donc bien à l'origine du monde postdiluvien.

172. On voit ensuite, en V, dans la main droite de celui qui est assis sur le trône, un Livre scellé de sept sceaux.

APOC. V, 1. — Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux.

C'est le livre de l'Histoire, Histoire dont Christ est le centre, et que seul il peut expliquer ; car seul l'Agneau immolé

APOC. V, 6. — Je regardai donc, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui était comme immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.

peut ouvrir le Livre et en rompre les sceaux.

p. 399

TABLEAU XIII

LES « 24 ANCIENS » OU LE MONDE ANTÉDILUVIEN

PERSONNES MENTIONNÉESPASSAGES DE LA GENÈSE
1. AdamIV, 1.
2. ÈveIV, 1.
3. CaïnIV, 1.
4. AbelIV, 2.
5. Femme de CaïnIV, 17.
6. Hénoc
7. Hirad
8. MéhujaelIV, 18.
9. MéthusçaelIV, 18.
10. LémecIV, 18.
11. HadaIV, 19.
12. TsillaIV, 19.
13. JabalIV, 20.
14. JubalIV, 21.
15. Tubal-CaïnIV, 22.
16. NahamaIV, 22.
17. SethIV, 25.
18. ÉnosIV, 26.
19. KénanV, 9.
20. MahalaléelV, 12.
21. JéredV, 15.
22. HénocV, 18.
23. MéthuselaV, 21.
24. LémecV, 25.

(En regard du groupe 5, à la hauteur de IV, 17 :) (Caïn est le seul, avec Adam, dont il est dit qu'il connut sa femme, laquelle devient ainsi une personne désignée.)

APOC. V, 5. — Et un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici, le lion qui est issu de la tribu de Juda et de la race de David, a vaincu pour ouvrir le livre et en délier les sept sceaux.
p. 400

Les 6 premiers sceaux sont successivement ouverts par lui en VI, et repèrent l'Histoire par la suite des Peuples chefs, des Assyriens aux Grecs, à Antiochus, aux Romains ; puis, en VII, 2, le 7e Sceau, non encore ouvert, est annoncé comme « le sceau du Dieu vivant ».

APOC. VII, 2. — Je vis ensuite un autre ange qui montait du côté de l'orient, tenant le sceau du Dieu vivant ; et il cria à haute voix aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de nuire à la terre et à la mer.

L'ouverture du 7e Sceau marquera donc la Venue du Fils de l'Homme, car « le Père, qui est Dieu, l'a marqué de son Sceau ».

JEAN VI, 27. — Travaillez pour avoir, non la nourriture qui périt, mais celle qui demeure jusqu'à la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera ; car le Père, qui est Dieu, l'a marqué de son sceau.

La 1re Semaine se termine par conséquent à l'Ere chrétienne ; et ce qui montre bien encore qu'il s'agit en elle du monde avant Christ, ou de l'Ancienne Alliance, c'est que les Elus de Dieu y sont figurés par 144000 marqués, ou 12 × 12000 marqués, pris d'entre toutes les Tribus des fils d'Israël, ou des représentants de l'Ancienne Alliance.

APOC. VII, 4. — Et il leur dit : Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu.
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Et j'entends que le nombre de ceux qui avaient été marqués était de cent quarante-quatre mille, marqués d'entre toutes les tribus des enfants d'Israël : de la tribu de Juda, douze mille marqués ; de la tribu de Ruben, douze mille marqués ; de la tribu de Gad, douze mille marqués ; de la tribu d'Ascer, douze mille marqués ; de la tribu de Nephtali, douze mille marqués ; de la tribu de Manassé, douze mille marqués ; de la tribu de Siméon, douze mille marqués ; de la tribu de Lévi, douze mille marqués ; de la tribu d'Issacar, douze mille marqués ; de la tribu de Zabulon, douze mille marqués ; de la tribu de Joseph, douze mille marqués ; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués.

173. La seconde Semaine, VIII-XIV, commence donc à la Première Venue de Christ, et concerne le monde après Christ.

Le 7e Sceau, ou le sceau du Dieu vivant par lequel elle s'ouvre, comprend 7 Trompettes,

Apoc. VIII, 1, 2. — Quand l'Agneau eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel d'environ une demi-heure.
Et je vis les sept anges qui assistent devant Dieu, auxquels on donna sept trompettes.

qui, à la manière d'autant de hérauts, vont annoncer, par les événements de l'économie historique actuelle depuis l'Ere chrétienne, la Seconde Venue ; et celle-ci arrive à la 7e Trompette.

Apoc. XI, 15. — Le septième ange donc sonna de la trompette : et de grandes voix se firent entendre dans le ciel, qui disaient : Les royaumes du monde sont soumis à notre Seigneur et à son Christ, et il règnera aux siècles des siècles.
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Cette limite historique marque le milieu de la Seconde Semaine, comme le Déluge, ou le commencement du Livre scellé, avait marqué le milieu IV de la Première Semaine. On voit en effet en VIII, IX, se succéder les Trompettes de 1 à 6 ; puis, en X (X, 7),

Apoc. X, 7. — Mais qu'aux jours où le septième ange ferait entendre sa voix, et sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu serait accompli, comme il l'a déclaré à ses serviteurs les prophètes.

être annoncé « qu'aux jours où le 7e ange ferait entendre sa voix et sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplirait, comme il l'a annoncé à ses serviteurs les prophètes » ; enfin en XI (XI, 15) quand le 7e ange sonne de la trompette, « de grandes voix se firent entendre dans le ciel, qui disaient : L'empire du monde a été remis à notre Seigneur et à son Christ, et il règnera aux siècles des siècles ». C'est de cette trompette que parle Paul dans I Thess. IV, 16, quand il dit au sujet de l'Avènement du Seigneur : « Le Seigneur lui-même descendra du ciel, au signal donné à la voix d'un Archange et avec la trompette de Dieu, et ceux qui sont morts en Christ ressusciteront premièrement ».

174. La seconde Semaine est, comme le montre le Tableau XII, partagée en deux groupes de 4

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et de 3. Le premier groupe, celui des 4 chapitres, VIII-XI, est constitué par les 7 trompettes. Le second groupe, celui des 3 chapitres, XII-XIV, concerne, comme l'indique dans le Tableau la nature de son sujet, l'histoire spirituelle de l'Eglise.

En XII (XII, 1)

APOC. XII, 1. — Il parut aussi un grand signe dans le ciel ; savoir, une femme revêtue du soleil, et qui avait la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

paraît celle-ci sous la figure de la Femme, entourée du Soleil (le Soleil de Justice, Christ, Mal. IV, 2), ayant sous ses pieds la Lune (la Synagogue ou l'Eglise dans la nuit qui a précédé Christ), et ornée de la couronne d'alliance de 12 étoiles (les 12 Tribus dans l'Ancienne Alliance ; les 12 Apôtres dans la Nouvelle).

L'Eglise enfante dans la douleur des enfants à Christ ;

APOC. XII, 2. — Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et souffrant les douleurs de l'enfantement.

et c'est dans le désert, et non dans la possession du royaume, qu'au cours de l'Economie présente elle est gardée du monde par la puissance de Dieu.

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APOC. XII, 6. — Et la femme s'enfuit dans un désert, où Dieu lui avait préparé un lieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.

175. Mais en même tems, en XIII, on voit sortir de la Mer des peuples, et s'établir sur la Terre, sous la forme des Bêtes de la Mer

APOC. XIII, 1. — Alors je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes un nom de blasphème.

et de la Terre,

APOC. XIII, 11. — Puis je vis une autre bête monter de la terre, qui avait deux cornes semblables à celles de l'Agneau ; mais elle parlait comme le dragon.

la puissance politique et religieuse d'un faux prophète chrétien, prenant les apparences de l'Agneau mais parlant en réalité avec l'astuce du Dragon (XIII, 11) pour séduire les habitants de la Terre.

APOC. XIII, 14. — Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu'elle eut le pouvoir de faire en présence de la bête, commandant aux habitants de la terre de dresser une image à la bête, qui, ayant reçu un coup mortel de l'épée, était encore en vie.

Cette puissance religieuse (la Bête de la Terre) s'assujettit la puissance politique (la Bête de la Mer), celle de l'Empire romain, qui semblait détruite et qui ressuscite.

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Apoc. XIII, 12. — Elle exerçait toute la puissance de la première bête en sa présence, et elle obligeait la terre et ses habitants d'adorer la première bête, dont la plaie avait été guérie.

et lui fait instituer, sous la forme d'une Idole (l'Image d'un chef terrestre), un Roi faux prophète (XIII, 14, 15),

Apoc. XIII, 15. — Elle eut encore le pouvoir d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et de faire mettre à mort tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête.

au nom duquel elle impose à tous, grands ou petits, l'esclavage des actes et même de la pensée (la main et le front).

Apoc. XIII, 16, 17. — Et elle obligeait tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, de prendre une marque à la main droite, ou au front.
Et personne ne pouvait acheter ni vendre, qui celui qui avait la marque, ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom.

La désignation numérique de cette puissance de Satan, qui a pour représentant de premier ordre, dans l'économie des événements historiques, la Papauté ou l'Eglise romaine, est le nombre 666,

Apoc. XIII, 18. — C'est ici qu'est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six.

c'est-à-dire l'humain normal 555 corrompu, aspirant au divin, 777.

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Nous sommes invités à compter avec intelligence ce nombre donné, 666, et nous verrons plus tard à quels résultats décisifs, confirmatifs de l'identification historique qui précède, conduit en effet cette computation (1).

176. Enfin, après la vision de ce pouvoir corrupteur de l'œuvre de Christ, XIV nous montre, chantant un cantique nouveau,

APOC. XIV, 3. — Et qui chantaient comme un cantique nouveau devant le trône et devant les quatre animaux et les vieillards ; et personne ne pouvait apprendre le cantique, que ces cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre.

celui de la Nouvelle Alliance, la véritable Eglise ou le Corps de Christ,

EPH. I, 22, 23. — Et il a mis toutes choses sous ses pieds, et l'a établi sur toutes choses, pour être le chef de l'Église, qui est son corps, et l'accomplissement de celui qui accomplit tout en tous.

formée de ceux qui le connaissent personnellement et n'ont pas besoin que personne les instruise ; car ils sont les Oints de Dieu par le Baptême de l'Esprit (Apoc. XIV, 3 ; I Jean II, 27).

(1) Voyez déjà Mathématique de l'Histoire, §§ 41-43.

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I JEAN II, 27. — Mais l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous instruise ; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et exempte de mensonge, vous demeurerez en lui, selon qu'elle vous a enseigné.

Ces Élus de l'économie après Christ sont désignés, en cette fin XIV de la Seconde Semaine, et en parallélisme avec ceux de l'économie avant Christ à la fin VII de la Première Semaine, par le nombre 144000 ;

APOC. XIV, I. — Je regardai ensuite, et je vis l'Agneau qui était sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes qui avaient le nom de son Père écrit sur leurs fronts.

mais ici, ils ne sont plus figurés comme choisis d'entre les 12 Tribus d'Israël (signe de l'Ancienne Alliance), mais bien comme étant avec l'Agneau et ayant le nom de son Père écrit sur leurs fronts (XIV, 1). C'est la Nouvelle Alliance.

Il est impossible que l'homme indépendant et de bonne foi ne soit pas frappé, à la lecture successive des chapitres XIII et XIV, de la manière exacte dont ils correspondent au Système papal catholique romain et à l'esprit de la Réforme ou du Protestantisme.

177. Quant à la limite chronologique de cette histoire spirituelle de l'Église renfermée dans

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le groupe de 3, XII-XIV, elle est, comme celle du groupe 4 de l'histoire politique, la Seconde Venue. Car en son dernier verset, XIV, 20,

Apoc. XIV, 20. — Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et il sortit de la cuve du sang qui allait jusqu'aux freins des chevaux dans l'étendue de mille six cents stades.

XIV nous conduit, par les 1600 stades, qui valent, nous l'avons vu à propos du Livre de Daniel (§ 87), 4608 ans, à la fin d'une durée de 4608 ans qui recouvre le cours sanglant de l'Histoire des nations depuis leur formation. Or cette formation a lieu 100 ans après le Déluge, en — 2528 + 100 = — 2428 ; et on a

— 2428 + 4608 = + 2180,

ce qui est l'Epoque de la Seconde Venue, déterminée par Daniel.

178. Un caractère capital du Tableau XII que nous venons de parcourir dans ses grandes lignes, consiste en ce que les deux premières Semaines forment un ensemble systématique.

La première est divisée en deux groupes de 3 et 4 ; la seconde est divisée en deux groupes de 4 et 3 ; de manière à déterminer l'ensemble symétrique

3   4   |   4   3.
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Les deux groupes extrêmes de 3 concernent tous les deux, comme nous l'avons vu, l'histoire spirituelle de l'Eglise, et conduisent chacun à la Seconde Venue, 2180. Ils encadrent les deux groupes centraux de 4, le premier de ceux-ci mesurant les temps avant Christ, ou du Déluge à l'Ere chrétienne, le second, les temps après Christ, ou de la Première à la Seconde Venue. Leur tout, depuis le Déluge — 2528, se termine donc aussi à la Seconde Venue 2180, et s'étend de centre à centre des deux Semaines. [On peut d'ailleurs remarquer que l'étendue chronologique de ces 8 termes, ou des 7 intervalles qu'ils déterminent, présente la division à la fois par 8 et par 7. Car, en la prenant des 2 ans d'Arphacsad (§ 127), qui donnent

2528 — 2 = 2526,

aux 2 ans avant 2180, qui donnent le nombre de Daniel 2180 — 2 = 2178, on a

2526 + 2178 = 4704 = 7 × 7 × 8 × 12,

soit

8 fois (7 × 7) × 12

ou

7 fois 2³ × 7 × 12].
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Les 144000 qui terminent chacune des deux Semaines constituent un signe systématique de leur disposition intentionnelle qui se passe de commentaire. Observons enfin, et en rapport avec tout l'ensemble de l'Apocalypse, que la Seconde Venue au Chapitre XI (7e Trompette), est au centre

XXII
———  = XI
 2

de tout le Livre, dont elle est en effet, nous le savons, l'objet essentiel, capital et définitif.

179. Considérons maintenant la 3e Semaine. Elle forme bien un système mis à part. Ses 6 jours de travail, XV-XX, sont partagés en 3 groupes de 2, correspondant respectivement :

XV-XVI, aux Coupes, par lesquelles est consommée la colère de Dieu ;

APOC. XV, 1. — Je vis après cela dans le ciel un autre prodige grand et admirable : sept anges qui avaient les sept dernières plaies ; car c'est par elles que la colère de Dieu doit finir.

XVII-XVIII, au jugement et à la ruine de la Grande Prostituée ou de la Femme assise sur la Bête ;

APOC. XVII, 1-3. — Alors l'un des sept anges qui avaient les sept coupes vint me parler, et me dit : Viens, je te montrerai la condamnation de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux ; avec laquelle les rois de la terre se sont prostitués, et les habitants de la terre ont été enivrés du vin de son impudicité. Et il me transporta en esprit
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dans un désert ; et je vis une femme assise sur une bête de couleur d'écarlate, pleine de noms de blasphème, et qui avait sept têtes et dix cornes.

XIX-XX, à l'établissement définitif du Royaume de Dieu et au jugement dernier.

Apoc. XIX, 1. — Après cela, j'entendis dans le ciel une grande voix, comme d'une multitude de personnes qui disaient : Halléluïah ! Le salut, la gloire, l'honneur et la puissance appartiennent au Seigneur, notre Dieu.
Apoc. XX, 12-15. — Je vis aussi les morts, grands et petits, qui se tenaient debout devant Dieu ; et les livres furent ouverts, et on ouvrit un autre livre qui est le livre de vie ; et les morts furent jugés selon leurs œuvres, par ce qui était écrit dans les livres ; et la mer rendit les morts qui étaient en elle ; la mort et le sépulcre rendirent aussi les morts qui y étaient, et chacun fut jugé selon ses œuvres.
Et la mort et le sépulcre furent jetés dans l'étang de feu : c'est la seconde mort. Et quiconque ne fut pas trouvé dans le livre de vie, fut jeté dans l'étang en feu.

Les Coupes sont comprises dans la 7e Trompette, qui les annonce comme étant le 3e Malheur de XI, 14, 15 (nous parlerons tout à l'heure du groupe particulier des 3 Malheurs que signale notre Tableau) ;

Apoc. XI, 14, 15. — Le second malheur est passé ; voici le troisième malheur qui viendra bientôt.
Le septième ange donc sonna de la trompette ; et de grandes voix se firent entendre dans le ciel, qui disaient : Les royaumes du monde sont soumis à notre Seigneur et à son Christ, et il règnera aux siècles des siècles.

et c'est ce qu'on vérifie par le fait suivant :

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Quand, en XI, 15, le 7e Ange a sonné de la Trompette, il est dit que

XI, 18  .  .  La colère de Dieu est venue ;
   19  .  .  et il se fit des éclairs,
              des voix et des tonnerres,
              et un tremblement de terre,
              et une forte grêle ;
Apoc. XI, 18, 19. — Les nations s'étaient irritées ; mais ta colère est venue, et le temps est arrivé que tu dois juger les morts, et rendre la récompense à tes serviteurs les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et détruire ceux qui ont corrompu la terre.
Alors le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel, et l'arche de son alliance fut vue dans son temple ; et il se fit des éclairs, et des voix, et des tonnerres, et un tremblement de terre, et il y eut une grosse grêle.

et on voit, d'autre part, que :

XV, 1 ; XVI, 1   Par les Coupes doit se consom-
                  mer la colère de Dieu ;
XVI, 17  .  .  .  et après la 7e Coupe
     18  .  .  .  il y eut des voix, des tonnerres,
                  des éclairs,
                  et un tremblement de terre,
     21  .  .  .  et il tomba sur les hommes une
                  grosse grêle.
Apoc. XV, 1 ; XVI, 1, 17, 18, 21. — Je vis après cela dans le ciel un autre prodige grand et admirable : sept anges qui avaient les sept dernières plaies ; car c'est par elles que la colère de Dieu doit finir.
Alors j'entendis une grande voix qui venait du temple, et qui disait aux sept anges : Allez, et versez sur la terre les coupes de la colère de Dieu.
Le septième ange versa sa coupe dans l'air ; et il sortit
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du temple du ciel une grande voix qui venait du trône, et qui disait : C'en est fait. Et il se fit des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre ; un si grand tremblement, qu'il n'y en eut jamais de pareil depuis qu'il y a des hommes sur la terre.
Et il tomba du ciel sur les hommes une grosse grêle du poids d'un talent ; et les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, parce que la plaie qu'elle causa fut fort grande.

Ainsi les 7 Trompettes sont comprises dans le 7e Sceau, et les 7 Coupes dans la 7e Trompette, de telle sorte que toutes les dispensations de Dieu forment un tout enchaîné et progressif, contenu en puissance dans le Livre scellé qu'a ouvert l'Agneau immolé.

Apoc. V, 3, 4, 6-9. — Et il n'y avait personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, qui pût ouvrir le livre ni regarder dedans. Et je pleurais beaucoup, parce qu'il ne s'était trouvé personne qui fût digne d'ouvrir le livre, ni de le lire, ni de regarder dedans.
Je regardai donc, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui était là comme immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.
Et il s'avança, et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
Et quand il eut pris le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu nous as rachetés à Dieu par ton sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation.
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180. On voit au groupe XVII-XVIII de la Grande Prostituée ou de la Grande Babylone des derniers temps,

Apoc. XVII, 4, 5. — Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles ; elle avait à la main une coupe d'or pleine des abominations et de la souillure de ses impudicités. Et sur son front était écrit ce nom mystérieux : La grande Babylone, la mère des impudicités et des abominations de la terre.

Jean saisi d'étonnement

Apoc. XVII, 6. — Je vis cette femme enivrée du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus ; et la voyant je fus saisi d'un grand étonnement.

en voyant cette Femme enivrée du sang des Saints et du sang des Témoins ou Martyrs de Jésus. C'est qu'en effet il voit cette Femme dans le Désert,

Apoc. XVII, 3. — Et il me transporta en esprit dans un désert ; et je vis une femme assise sur une bête de couleur d'écarlate, pleine de noms de blasphème, et qui avait sept têtes et dix cornes.

c'est-à-dire dans le Désert où la Femme, ou l'Eglise de Christ, en XII, 6, avait été gardée du monde par le soin de Dieu.

Apoc. XII, 6. — Et la femme s'enfuit dans un désert, où Dieu lui avait préparé un lieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours,
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Son étonnement vient donc de ce qu'il ne s'attendait pas à retrouver l'Eglise sous la figure d'une Prostituée. Mais il aurait pu se souvenir cependant

Apoc. XVII, 7. — Et l'ange me dit : Pourquoi t'étonnes-tu ? Je te découvrirai le mystère de la femme, et de la bête qui la porte, et qui a sept têtes et dix cornes.

que la Femme de XII avait reçu les deux ailes de l'Aigle,

Apoc. XII, 14. — Mais deux ailes d'un grand aigle furent données à la femme pour s'envoler de devant le serpent au désert, en son lieu, où elle est nourrie un temps, et des temps, et la moitié d'un temps.

c'est-à-dire du premier des oiseaux impurs,

Lév. XI, 13. — Et voici parmi les oiseaux ceux que vous tiendrez pour abominables ; on ne les mangera pas, c'est une abomination : l'aigle, l'orfraie et le vautour.

pour s'envoler en son lieu, ce qui rappelle assez les ailes d'aigle attachées au Lion, par lesquelles Daniel (Dan. VII, 4) nous a représenté l'esprit d'idolâtrie d'Israël et de Juda, ou du Peuple Elu, provoquant le châtiment nécessaire de leur exil. Comme, d'après les Prophètes, les Maisons d'Israël et de Juda doivent se retrouver aux derniers temps de l'Histoire,

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Jér. III, 18. — En ces jours-là, la maison de Juda marchera avec la maison d'Israël, et elles viendront ensemble, du pays du nord, au pays que j'ai donné en héritage à vos pères.

et comme, d'autre part, d'après la Loi des Peuples chefs, le 10e et dernier d'entre eux est désigné par les Anglo-Saxons, c'est-à-dire par le Peuple de la Réforme ou du retour à l'Evangile, nous sommes conduits par une induction naturelle à penser que la Grande Babylone, ou la grande cité de Confusion, puissance politique des derniers temps, a rapport à la fois au Peuple Elu et aux Anglo-Saxons dans leur compromission avec le Faux Prophète romain. Ce qui justifie bien cette interprétation, c'est que la Bête sur laquelle la Femme est assise est le 8e Roi,

Apoc. XVII, 3, 11. — Et il me transporta en esprit dans un désert ; et je vis une femme assise sur une bête de couleur d'écarlate, pleine de noms de blasphème, et qui avait sept têtes et dix cornes.
Et la bête qui était, et qui n'est plus, est le huitième roi ; elle vient des sept, et elle s'en va à la perdition.

c'est-à-dire le 8e Roi de la suite des 10 Peuples chefs, c'est-à-dire la Papauté. Nous laisserons pour le moment cette induction telle qu'elle est.

181. Le 3e groupe de 2 termes (XIX-XX), et le Jour de repos (XXI ou XXII) en rapport avec les Semaines d'Adam et de Christ, n'amènent pas,

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pour le moment aussi, c'est-à-dire dans l'ordre du tracé général par lequel nous repérons ici l'Apocalypse, de remarques particulières. Il ne nous reste qu'à examiner les autres traits de cet ordre général que mentionne encore notre Tableau.

Nous trouvons d'abord à cet égard la mention des 3 Malheurs de IX-XI, lesquels, comme l'indique VIII, 13,

Apoc. VIII, 13. — Alors je regardai ; et j'entendis un ange qui volait par le milieu du ciel, disant à haute voix : Malheur ! malheur ! malheur aux habitants de la terre, à cause du son des trompettes des trois anges qui doivent encore sonner !

sont des désignations spéciales des Trompettes 5, 6, 7, et servent dès lors à partager les 7 Trompettes en deux groupes de 4 et 3.

Le 3e Malheur correspond à la 7e Trompette ou aux temps de la fin ; il n'intervient donc pas encore pour nous, c'est-à-dire à notre époque qui l'attend, dans l'identification historique. Mais il n'en est pas de même pour le 1er et le 2e Malheurs.

Les événements funestes qu'ils figurent sont présentés comme venant en quelque sorte fondre sur le cours normal de l'Histoire, désigné par la succession des Trompettes, mais cependant en s'y incorporant systématiquement ; et nous

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n'avons d'autre part qu'à regarder l'Histoire générale, pour y reconnaître effectivement l'introduction dans le Foyer historique normal, de deux facteurs politiques et religieux manifestant ces caractères, savoir le mouvement Arabe et le mouvement Turc. L'importance de ces éléments d'implantation est d'ailleurs capitale au point de vue de l'Histoire du Peuple Élu et de toute l'économie historique, actuelle et à venir ; car c'est par eux que les régions de l'Orient prophétique, que la Terre même où doivent retourner Israël et Juda (Jér. III, 18), ont été occupées, et c'est eux qui barrent la route au reflux de la civilisation européenne, et à ce que celle-ci a d'acquis chrétien.

L'analyse détaillée des traits du Chapitre IX où ces deux mouvements sont respectivement décrits, affermirait de façon décisive la justesse de leur identification historique. Pour le moment, nous nous contenterons du fait, en lui-même suffisant pour rendre l'induction rationnelle, de l'existence effective, parallèle dans le tableau de l'Histoire et dans l'Apocalypse, de deux plaies politiques, sociales et religieuses, venues du dehors ; auxquelles convient dans l'Histoire comme dans l'Apocalypse le nom de Malheurs ; et qui, dans l'une comme dans l'au-

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tre, se réunissent en quelque sorte dans un même chapitre ; et on va voir en restant sur ce terrain, c'est-à-dire dans la vue générale de traits que leur simplicité d'aspect rend d'autant plus probants, que l'identification historique s'affermit encore chronologiquement par une dernière donnée de notre Tableau. Il s'agit de l'apparition, au chapitre X, du Petit Livre que tient dans sa main un Ange descendu du ciel.

Apoc. X, 1, 2. — Alors je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel, environné d'une nuée ; il y avait un arc-en-ciel sur sa tête, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. Il tenait à la main un petit livre ouvert ; et il mit le pied droit sur la mer, et le gauche sur la terre.

182. Le Petit Livre est, comme le Livre Scellé, et de la même façon (par l'Arc-en-ciel) (X, 1), daté du Déluge ; et d'un trait il traverse d'abord toute l'étendue des temps pour faire connaître sa limite finale qui est la 7e Trompette ou le Second Avènement.

Apoc. X, 7. — Mais qu'aux jours où le septième ange ferait entendre sa voix, et sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu serait accompli, comme il l'a déclaré à ses serviteurs les prophètes.

C'est un Livre de Prophétie, car lorsque Jean s'en est assimilé la substance, il doit prophétiser sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois.

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Apoc. X, 11. — Alors il me dit : il faut que tu prophétises encore touchant plusieurs peuples, plusieurs nations et plusieurs langues, et plusieurs rois.

Enfin ce Petit Livre, qui représente ainsi, dans l'ordre entier des dispensations de Dieu, une région définie, celle de la Prophétie proprement dite, est, dans la main de l'Ange un Livre ouvert (X, 2), c'est-à-dire le Livre de la Connaissance. Or cela rappelle immédiatement que, dans Daniel, le Livre de la Prophétie, d'abord scellé, sera ouvert et parcouru à une époque déterminée, et la connaissance ou la science augmentée.

Dan. XII, 4. — Et toi, Daniel, cache tes paroles et scelle ce livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs le parcourront, et la science sera augmentée.

D'autre part l'apparition, dans le Livre d'histoire de l'Apocalypse, de ce Livre ouvert de la Prophétie, étant située en X, elle succède aux deux Malheurs de son Chapitre IX ; et si le second de ces Malheurs désigne le mouvement Turc, ou le 14-15e siècle, cette apparition a précisément pour époque celle de la Réforme ou du retour à l'Evangile de Christ.

183. La base sur laquelle Jean est appelé à fonder la connaissance renfermée dans le Livre, est d'ailleurs, cela est dit immédiatement en XI, 1,

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Apoc. XI, 1. — Alors on me donna une canne semblable à un bâton à mesurer ; et l'ange, s'étant présenté, me dit : Lève-toi, et mesure le temple de Dieu, et l'autel, et ceux qui y adorent.

la mesure mathématique de l'Univers ; or si l'on fait attention que la Réforme a précisément été la voie qui, en ramenant l'esprit de l'homme à l'examen de la Parole de Dieu, a donné naissance, par une méthode rationnelle d'examen et de recherche, à notre Science actuelle, à ce progrès magnifique qui par Copernic, Képler et Newton, Descartes, Pascal et Leibniz, en a fondé les bases, assuré l'édifice et construit l'état de connaissance du Ciel et de la Terre dont nous nous faisons gloire aujourd'hui, on trouvera dans ce fait de la mesure mathématique de XI, 1, la preuve à posteriori la plus frappante du bien fondé de l'interprétation historique que nous présentons.

Cette preuve est de plus fort instructive en tant que justification de notre direction d'idées dans l'étude de l'Ecriture. La démonstration la plus décisive de l'Inspiration de la Bible doit être donnée de nos jours, à ceux qui cherchent, par la science des faits externes.

184. Un trait non moins instructif montre cependant, en même temps, que cette connaissance

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restera voilée pour les hommes qui ne chercheront pas la vérité selon l'esprit de Dieu ; ce fait, c'est que, lorsque les 7 Tonnerres, manifestés comme résumant la substance du Livre (X, 3) ont fait entendre leurs voix, et que Jean s'apprête à écrire, c'est-à-dire à rendre visible et évident à tous les yeux ce qu'il a entendu et connu quant à la destinée du monde, l'ordre lui est donné de n'écrire point cependant ces choses ;

Apoc. X, 4. — Et il s'écria à haute voix, comme un lion qui rugit ; et après qu'il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j'allais écrire ce que j'avais ouï ; mais j'entendis du ciel une voix qui me disait : Tiens secrètes les choses que les sept tonnerres ont dites, et ne les écris point.

elles ne sont découvertes que d'une manière élective, en XIV à la fin de la Seconde Semaine, à ceux qui ont le nom de Dieu écrit sur leurs fronts. Voici ce qui établit cette correspondance entre X et XIV.

Le Petit Livre part du Déluge et signale les 7 Tonnerres ; or en XIV, après qu'il a été fait mention des grosses eaux et d'un grand tonnerre,

Apoc. XIV, 2. — Et j'entendis une voix qui venait du ciel, semblable à un bruit de grosses eaux et au bruit d'un grand tonnerre, et j'entendis une voix de joueurs de harpes qui touchaient leurs harpes.
p. 423

7 Anges ou Envoyés de Dieu, en XIV, 6, 8, 9, 14, 15, 17, 18, annoncent les dispensations qui dans les derniers temps accompagnent la manifestation de Christ et de ses rachetés (Christ, IV, est au centre).

Apoc. XIV, 6, 8, 9, 14-18. —
I   Après cela, je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, portant l'évangile éternel, pour l'annoncer à ceux qui habitent sur la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple.
II   Et un autre ange le suivit, qui disait : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone, cette grande ville, parce qu'elle a fait boire à toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité.
III   Et un troisième ange les suivit, et disait d'une voix forte : Si quelqu'un adore la bête et son image, et s'il en prend la marque au front, ou à la main.
IV   Je regardai encore, et voici une nuée blanche, et sur la nuée quelqu'un assis, qui ressemblait au Fils de l'homme ; il avait sur la tête une couronne d'or, et une faux tranchante à la main.
V   Et un autre ange sortit du temple, criant d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Jette ta faux et moissonne ; car le temps de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mûre. Alors celui qui était assis sur la nuée jeta sa faux sur la terre, et la terre fut moissonnée.
VI   Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant aussi une faux tranchante.
VII   Et un autre ange sortit de devant l'autel, qui avait le pouvoir sur le feu ; et il cria, en poussant un grand cri, à celui qui avait la faux tranchante, et lui dit : Jette ta faux tranchante et vendange les grappes de la vigne de la terre ; car les raisins en sont mûrs.
p. 424

Or comme, d'après toute l'analyse qui a précédé, le Chapitre XIV, qui suit le Chapitre XIII du Faux Prophète, est celui de l'époque de la Réforme, on ne doutera pas que les 7 Tonnerres, dont les révélations, dans un plan rationnel et complet, devaient être connues des Elus de Dieu, ne se retrouvent en effet ici.

Cette disposition est donc la Leçon profonde de l'ignorance dans laquelle le monde restera, en dépit de l'accumulation des preuves scientifiques les plus fortes qui aient jamais existé, de vérités qui, maintenant sans prétexte à révocation pour défaut de forme mathématique, devraient convaincre sa raison si elles étaient capables de vaincre son cœur.

La même pensée se retrouve en XI, 1, 2 ; il est dit au Prophète : « Mesure le Temple de Dieu (l'Univers) et l'Autel (la Terre) et ceux qui y adorent (l'ordre, le plan spirituel de l'Humanité) ; mais quant au parvis extérieur du Temple, laisse-le et ne le mesure point ; car il a été abandonné aux Gentils », c'est-à-dire à ceux qui, épuisant leurs pas dans de prétendues sciences, produit de leurs imaginations humaines et qui dérivent au fond d'une résistance à la vérité, (telles en Mathématiques les fausses idées de la Limite, la réjection de l'Infiniment petit actuel,

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la Métagéométrie ; en Géologie, en Anthropologie, en Histoire, en Sociologie, etc., les fausses chronologies et tous les romans scientifiques), errent autour du Temple sans jamais pénétrer au centre de la Vérité.

185. Les 7 Tonnerres annoncent la Grande Tribulation de la fin, comme les précurseurs d'un orage éloigné ; la défense de les écrire, et leur reproduction voilée au Chapitre XIV, renferment la leçon spirituelle dont il vient d'être question ; mais leur déplacement historique de X à XIV, où ils aboutissent en XIV, 20 à la Seconde Venue, est un signe aussi de l'acquis progressif d'une science qui, s'affirmant virtuellement tout entière dans la Parole de Dieu à l'Epoque de la Réforme, ne devait cependant produire son fruit qu'aux derniers temps. Depuis la Réforme, les Mathématiques, l'Astronomie, la Géodésie, la Géologie, la Science et l'Histoire, ont dû progressivement s'établir et se développer, avant que le procédé de mesure du Temple ait pu être appliqué à la Parole même, dont la mesure suppose en effet la connaissance de toutes ces mesures antérieures ; et si l'on fait attention que l'époque déterminée, assignée par Daniel à la connaissance (Dan. XII, 4), a pour désignation

p. 426
         1                       516
2133 — ---  temps = 2133 — ----- = 1875,
         2                        2

qui est précisément l'époque actuelle, distante de 5 siècles de celle des précurseurs de la Réforme au XIVe siècle, on reconnaîtra la parfaite convenance qu'il y avait à ce que la révélation faite à Jean, et d'abord entièrement comprise par lui, fût déplacée dans ses effets jusqu'à la fin de la Seconde Semaine de l'Apocalypse.

186. Tout ceci fait connaître la raison d'être et définit l'esprit didactique du Petit Livre. Quant à l'argument de principe de son contenu, on voit au Chapitre XI qu'il est l'histoire des deux Témoins de Dieu, c'est-à-dire d'Israël et de Juda, (c'est eux qu'on trouve représentés dans la Transfiguration [Matt. XVII, 1-3] par leurs deux prophètes nationaux Elie et Moïse) ; et l'amertume de Jean

Apoc. X, 10. — Je pris donc le petit livre de la main de l'ange, et je le dévorai, et il était doux dans ma bouche comme du miel ; mais quand je l'eus avalé, il me causa de l'amertume dans le ventre.

quand il s'est assimilé la matière de la prophétie, vient de ce qu'à la fin de l'économie actuelle, ces Témoins, par leur compromission avec le Faux Prophète, verront s'annihiler leur vie spirituelle, de vivants deviendront morts (XI, 7), et offriront au monde, qui sans nul doute saluera en cela un grand progrès humanitaire (XI, 10), le spec-

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tacle lamentable de leurs organismes spirituellement inertes (XI, 8).

Apoc. XI, 7-10. — Et quand ils auront achevé de rendre leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, et les vaincra, et les tuera ; et leurs corps morts demeureront étendus dans les places de la grande cité, qui est appelée spirituellement Sodome et Égypte, où notre Seigneur a été crucifié.
Et les gens de divers peuples, et de diverses tribus, langues et nations, verront leurs corps morts pendant trois jours et demi, et ne permettront pas que leurs corps morts soient mis dans le sépulcre. Et les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, et s'abandonneront à la joie, et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes auront tourmenté les habitants de la terre.

« Où sera le cadavre, là s'assembleront les aigles » (Matt. XXIV, 28), c'est-à-dire toutes les formes de l'esprit impur et destructeur.

Cette interprétation de l'histoire des Deux Témoins s'accorde entièrement avec l'induction que nous avons tirée plus haut (§ 180) concernant la connexion ou la compromission entre Israël et Juda et la Grande Babylone, ou la Prostituée des derniers temps.

187. Le tracé que nous venons de faire du plan de l'Apocalypse, résumé dans le Tableau XII qui est l'enseignement externe du Livre lui-même, en met hors de doute le caractère inspiré (1). Il

(1) Ce tableau XII est un Fait qui, par son caractère immédiat et irrécusable, par la grandeur de ses traits, par l'intérêt aussi de son sujet, l'Histoire de l'Humanité, prouve de la

p. 428

suffit aussi à sa compréhension ; car, les points de repère étant ainsi fixés, les points d'ordre inférieur, ou les détails, se mettent d'eux-mêmes à leur place dans l'identification historique. Mais avant de poursuivre cette analyse plus minutieuse, il nous importe d'étudier, en vue non seulement de l'Apocalypse, mais de tous les écrits prophétiques de la Bible, une question capitale dont la solution est absolument nécessaire à leur compréhension, savoir précisément cette question des deux Témoins, ou des Maisons de Juda et d'Israël, où nous laissaient nos dernières considérations.

Juda et Israël sont, dans le plan divin, les deux facteurs fondamentaux de l'Histoire ; et c'est dans le vaste champ de celle-ci que nous avons à les suivre de plus près maintenant, en nous tenant toujours fermement à notre conducteur, qui est la Parole de Dieu.

manière la plus directe et la plus aisée l'existence, dans la Bible, d'un plan de construction externe inspiré. Il constitue un argument court, pratique et convaincant, on ne peut l'opposer à toutes les fins de non recevoir hostiles.
C'est aussi à quelque égard un refuge pour ceux qui, en présence des caractères étonnants d'inspiration offerts par la construction de détails infimes de l'Écriture, s'effrayeraient de croire à ce qui, reconnu cependant certain, est extraordinaire. Par sa simplicité même, ce Tableau non récusable est ici un garant, et il ne permet pas qu'on s'étonne de la perfection du détail de l'œuvre tout entière.

p. 429

NOTES DE LA DOUZIÈME LEÇON.

Note A (§ 171).

Sur la construction du système des 7 Épîtres de l'Apocalypse et la désignation de Christ par le nom « Antipas » de Apoc. II, 13.

Une vérification de la justesse de notre interprétation du système des Epîtres aux Eglises (Apoc. II, III), est offerte par l'écriture chiffrée, et trop remarquable pour que nous ne la mentionnions pas. Le trait capital du système des 7 Epîtres est leur partage en deux groupes de 3 et 4, déterminé par la Première Venue. Dans la Concordance (1893), c'est-à-dire à une époque où nous ne soupçonnions pas l'existence de l'écriture chiffrée, nous avions conclu (Concordance, § 112) de la seule analyse du texte des Epîtres, que le « Fidèle Témoin », désigné dans la lettre à Pergame (la 3e Eglise) par le nom « Antipas »,

Apoc. II, 13. — Je connais tes œuvres, et le lieu où tu habites, savoir, où Satan a son trône ; et que tu retiens mon nom, et que tu n'as point renoncé ma foi, non pas même lorsque Antipas, mon fidèle martyr, a été mis à mort parmi vous, où Satan habite.
p. 430

n'est autre que Jésus, ce qui justifiait de manière démonstrative la conception dont il s'agit. « C'est lui », disions-nous, « qui est ce fidèle témoin, cet Antipas (αντι contre, πας chacun), cet homme opposé à tout homme, ou cet homme auquel chacun est opposé ; celui que chacun rencontre une fois au moins dans sa vie, parce qu'il est la véritable lumière qui éclaire, qui ensuite, par l'Esprit saint, convainc de péché tout homme venant dans ce monde. »

Cette double opposition est d'ailleurs bien figurée par le trait de notre texte qui caractérise (Apoc. II, 12) Celui qui la propose, c'est-à-dire par l'épée à deux tranchants, celle de la Parole de Dieu (Apoc. I, 16), laquelle Parole est en effet (Apoc. III, 14 ; XIX, 11, 13) le Témoin Fidèle et Véritable. Or la construction chiffrée du nom Antipas est le signe éclatant de cette idée.

Tout d'abord ce nom a

7 lettres,

c'est-à-dire qu'il est marqué du signe divin ; et quant à sa valeur numérique, elle vaut :

(Antipas) (Αντιπας) = 1 + 50 + 300 + 10 + 80 + 1 + 200 = 642 ;

nombre qui, en appliquant l'idée du « double

p. 431

tranchant » ou de l' « opposition », donne :

                  <—      —>
[Antipas]  =  642  +  246  +  888,

ce qui n'est autre chose que Jésus. On a :

(Jésus) gr. = .  .  .  .  .  888.

Comme on l'aura observé tout de suite d'ailleurs, les deux nombres inverse (Antipas) 642, et direct 246, sont les multiples, par 2 qui exprime la Seconde Personne, des nombres inverse et direct

      <—     —>
      321  et  123

figuratifs de la Trinité ; et ces derniers sont, à tout égard, en cela éminemment remarquables, car 123 n'est autre chose qu'une expression de l'évocation « Saint Saint Saint » de la Trinité en Esaïe VI, 3.

On a en effet :

(Saint) (קדוש) = 100 + 4 + 6 + 300 = 410 ;

et par conséquent

123 = (Saint Saint Saint) héb.
          —————————————————
                    10
p. 432

Mais il y a plus encore : le dénominateur 10 = 2 × 5 qui sert ici de mesure dans la Trinité, et qui est le signe de l'Homme, conduit à penser que le mot

(Saint)héb. = 410

doit désigner Christ, ou l'Homme de Dieu.

On se confirme d'abord dans cette induction en remarquant que

(Saint)héb. = 10 × 41 = 10 × P14 = (2 × 5) × P(2×7) ,

signe évident de la Parole (2 × 7) faite Homme (2 × 5) ; et après cela une preuve décisive et admirable apparaît, d'autant plus impressive qu'elle met en œuvre nos propres moyens actuels d'expression, en reliant ainsi d'une manière sensible le présent au passé ; c'est que :

dans notre alphabet moderne [ayant pour type l'Alphabet anglais (1), celui du Peuple

(1) On peut être assuré que, toutes les langues ayant été formées par l'Éternel, en — 2428, lors de la Dispersion de Babel, chacun de ces merveilleux instruments de la pensée a, comme cela a lieu de tous les sons eux-mêmes, tous ses caractères de construction fondés sur des données systématiques de nombre. Ce que nous constatons déjà ici pour trois langages différents (cette constatation est en elle-même la preuve du Miracle dont il s'agit), doit vraisemblablement exister pour tous.

p. 433

élu, à 26 lettres (26 = Jéhovah héb. )] auquel on applique le système des valeurs numériques des lettres (savoir 1, 2, …9, 10, 20 …90, 100, 200, etc.), on a :

Christ = 410,
comme on avait dans l'hébreu
(Saint)héb. = 410 ;

ce qui revient à dire que Christ était annoncé dans Esaïe, par l'écriture inspirée

(Saint)héb. = Christ.

Cela porte à chercher de même, dans son expression littérale actuelle, après celle de Christ la valeur du nom Antipas. Elle donne

Antipas = 431 = P12×7,

nouvelle identification remarquable d'Antipas avec l'Envoyé divin (7) du Peuple élu marqué du signe des 12 Tribus, des 12 Apôtres ; et à cet égard, plus manifestement encore on a

Antipas = Christ + (7 + 7 + 7).

Cette forme elle-même se vérifie par une autre

p. 434

analogue, tirée de la comparaison des deux passages :

Apoc. I, 5 : « et par Jésus-Christ, le fidèle témoin » ;
Apoc. II, 3 : « Antipas, mon fidèle témoin » ;

qui désignent clairement Antipas comme étant Christ.

Si l'on fait attention que Christ est ici présenté comme celui qui nous a donné la grâce et la paix (I, 4) et qui nous a lavés de nos péchés par son sang (I, 6), la vue sera attirée sur la Crucifixion, et aussi sur l'esprit pharisaïque de faux prophétisme que l'œuvre de Christ a eu pour ennemi, et qui a été le facteur humain déterminant de sa Mort. Cet esprit a pour nombre figuratif 666 (Apoc. XIII, 18), et ce nombre, sous la forme analogique de la formule précédente, amène l'écriture 6 + 6 + 6.

Or on a

(Antipas)gr. × 4 = (et par Jésus-Christ)gr. + (6 + 6 + 6) ;

c'est-à-dire que la crucifixion d'Antipas [4, numériquement et graphiquement, signe de la Croix (1)] est bien le sacrifice de Jésus-Christ rejeté par les corrupteurs spirituels de son peuple.

(1) Nos chiffres sont formés par la combinaison de la droite (verticale, horizontale, oblique) et du cercle (et demi-cercle). 4 est le seul chiffre présentant deux droites qui se coupent, c'est-à-dire la croix.

p. 435

Il est certainement démontré par tous ces traits intentionnels et concourants que l'Antipas de Apoc. II, 13 désigne Jésus-Christ.

Nous terminerons par une remarque particulièrement importante à raison de son enseignement.

Il est dit qu'Antipas « a été mis à mort parmi vous, là où Satan habite » : c'est-à-dire sur la Terre, puisque Satan est le Prince de ce monde.

Il est intéressant d'examiner, à côté du nom Antipas ( Ἀντίπας ), le nom Satan ( Σατανᾶς ) de ce dominateur adverse.

Or on remarque tout d'abord que ce nom comme celui d'Antipas (et comme Christ, Χριστός ), a

7 lettres ;

et quant à sa valeur numérique, elle donne

(Satan) Σατανᾶς = 753 = 410 + 343 = | (Saint)héb. |
                                     |    ou      | + (7.7.7).
                                     |  Christ    |

Ainsi, en rapprochant les deux noms, Antipas et Satan, on a les deux formules :

|         | (Saint)héb. |
| Antipas = |    ou      | + (7 + 7 + 7)
|         |  Christ    |
|         | (Saint)héb. |
| (Satan)gr. = |    ou      | + (7 × 7 × 7) ;
|         |  Christ    |
p. 436

ce qui nous enseigne que la forme type supérieure sous laquelle Satan se présente au monde est dans ses éléments, tous divins, identique à la forme propre du Christ lui-même ; les deux apparences externes étant si évidemment semblables, qu'il faut l'œil exercé de celui qui scrute par l'esprit la lettre de la Parole, pour les distinguer, et, des deux traces, choisir la seule qui conduit à la vie.

Note B.

SUR LES DEUX ORDRES DE LA CONNAISSANCE, L'INTELLECTUEL ET LE SPIRITUEL.

Si l'Apocalypse embrasse dans sa vue toute l'Histoire du Monde, son objet propre est plus particulièrement la lutte de la lumière et des ténèbres, de la vérité et de l'erreur, au cours de cette période qui s'étend de la première à la Seconde Venue, et pendant laquelle, Christ nous ayant quittés, et la puissante intelligence de Satan régnant sur le monde en prenant, quand il est nécessaire, jusqu'aux apparences de Christ, l'appel se fait des hommes qui constitueront l'Assemblée, ou l'Eglise, de Christ lors de l'établissement de son Règne.

p. 437

Le point de vue sous lequel la matière de cet ouvrage conduit à envisager cette lutte est celui de la Connaissance intellectuelle. Dans ce point de vue, ce n'est plus d'une foi aveugle et méritoire que dépend la classification des âmes, mais bien de l'acceptation ou du rejet d'une vérité très claire, destinés à servir, par les esprits, d'éléments de sélection entre les âmes.

On en cela, au fond, nulle contradiction.

Les dispositions requises pour atteindre et recevoir la vérité intellectuelle ne diffèrent pas en principe de celles qui sont le fondement de la connaissance dans le domaine spirituel lui-même ; c'est-à-dire que le divorce est impossible de la Raison et de la Conscience, et que dès lors les deux ordres 1° de la vérité et de l'erreur, 2° du bien et du mal, sont indissolublement unis ; nos tendances dans l'un sont les indices sûrs de nos tendances dans l'autre. Mais dès lors aussi, dans le premier comme dans le second, nous avons à résoudre un dilemme, et à faire un choix qui intéresse notre destinée personnelle et qui doit nous juger. Si, comme le prouvent les faits mathématiques accumulés par la Bible, le Gouvernement de Dieu est une réalité, il est évident, par exemple, que notre Science moderne n'est pas seulement une erreur, mais que c'est aussi un mal moral. Dieu seul est : et tous les erre-

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ments intellectuels de cette Science équivalent, pratiquement et en fait, et sans même qu'on ait à prononcer ce nom, à dire qu'il n'y a pas de Dieu.

Il suit également de cette correspondance des deux ordres qu'il n'est pas nécessaire de rester dans le champ spirituel de la Religion pour démontrer l'état de déchéance de l'Humanité, sa séparation d'avec Dieu et sa perdition. L'ordre intellectuel, à sa manière, en porte tout aussi bien les caractères. Le péché s'y montre même d'autant plus manifeste et certain qu'il s'y identifie spécifiquement avec l'orgueil, — ou avec la révolte du fini contre l'Infini, — qui est la racine de tout péché ; et si l'on trouvait abusif ou exagéré le poids que nous attribuons ici à ce qu'on appellera des opinions intellectuelles, nous répondrons que c'est par manque de vue ; car c'est, en fait, la puissance d'une opinion intellectuelle concrète qui nous conduit aujourd'hui à repousser le Fils de Dieu.

Ce point de vue est donc d'une gravité exceptionnelle. Il nous rappelle de lui-même que, dans les profondeurs de la Bible, la chute de l'homme, la séparation d'avec Dieu, sont intimement connexes d'une tentative de domination de l'homme et d'égalité de l'homme à Dieu par la Science, et que la résistance à la Vérité sous prétexte de

p. 439

science y constitue proprement le caractère de Satan ou de l'Esprit du Mal. Chez l'homme, c'est cette même résistance intellectuelle, froide et raisonnée, — résistance qui fait taire la voix de condamnation contre elle élevée dans chaque raison par chaque conscience, — qui constitue le péché irrémissible ou le péché contre l'Esprit dont parle l'Ecriture, celui qui ne peut être pardonné (1). On se ferait d'ailleurs étrangement

(1) On sait les méditations auxquelles a donné lieu chez les théologiens cette troublante question du péché irrémissible. Une marche rationnelle paraît cependant conduire simplement à sa solution. Ce péché irrémissible sera connu, et non autrement, si l'Écriture nous présente comme tel un certain péché déterminé. Or il en est un, et un seul, qu'elle nous représente avec ce caractère : c'est le péché de Satan, le père du mensonge, de celui qui se met en travers de la vérité [le Diable ; du grec « dia » à travers (1) ], — de celui auquel, donc à son péché, il n'est point pardonné.

Cette interprétation se trouve directement justifiée par les paroles du Seigneur aux Pharisiens en Matt. XII, 22-32. Leur péché n'est pas proprement dans l'outrage, qu'ils lui font ; il consiste en ce que, le sachant et le voulant, ils mentent à la Vérité, par la haine de la vérité qui les condamne.

(1) διά, à travers ; βαλλω, jetter, atteindre, frapper, etc. ; διάβολος, calomniateur.

On peut observer, en rapport avec la Note A de cette Leçon, que l'on a pour le mot Diable (grec), qui a 2 × 2 × 2 lettres (Apoc. XX, 2 :

(Diable)gr. = (3.3.3) × (Élohim)héb.
                          ─────────
                           1.2.3.

relation remarquable en rapport avec notre sujet (la Science), puisqu'elle montre l'Esprit du Mal se revêtant des apparences du Dieu créateur (Élohim). (Comparez le nom « Satan », Note A).

p. 440

illusion en pensant qu'il s'agit en ceci de quelque exception désespérée. Le mensonge à Dieu et à nous-mêmes nous remplit pour ainsi dire tout entiers, et tout au moins les sentiers qui conduisent au lieu funeste marquent de leur réprobation l'empreinte de tous nos pas. Dans l'Eglise même, comme dans la Science, on peut, en éteignant l'Esprit, faire menteur le témoignage que l'on s'y rend, et, dans l'humilité comme dans la superbe, mettre, ou laisser mettre, pour sauver des idoles, le boisseau sur la vraie lumière.

Cette seule tendance est déjà en elle-même un acte ; la consommation de ses conséquences est irrémissible par sa nature même. Toute faute éloigne de Dieu ; mais ce péché c'est l'éloignement lui-même. Notre conscience et l'observation ratifient d'ailleurs ici le jugement redoutable de la Parole : la résistance à la vérité est en effet le seul péché à l'égard duquel, nous mêmes introduits comme juges, nous nous trouvons dans l'impossibilité rationnelle de formuler seulement une excuse.

p. 441

APPENDICE

LA QUESTION DU BAPTÊME ET DE LA SAINTE CÈNE. L'ONCTION. LES SACREMEMTS. LE CULTE.

1. Le fait que la Nouvelle Alliance a institué, pour être pratiqués dans toute l'étendue de l'économie actuelle, des signes matériels ou actes externes accompagnant la dispensation de la Grâce, et constituant pour nous les éléments d'un culte, est démontré avec une entière clarté et une parfaite certitude par l'institution de la Sainte Cène. Ce fait concret détruirait tout d'abord l'opinion suivant laquelle, parce que nous ne sommes plus sous la Loi, mais sous la Grâce, tout signe et toute ordonnance externes seraient abolis.

LES DEUX BAPTÊMES.

2. La question du Baptême est plus complexe que celle de la Sainte Cène. On voit par l'institution du Baptême qu'il existe deux Baptêmes, le Baptême de l'Eau, le Baptême du Saint-Esprit.

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Matt. III, 11. — « Pour moi je vous baptise » d'eau en (signe de) repentance ; mais celui qui » vient après moi est plus puissant que moi… ; » C'est lui qui vous baptisera du Saint-Esprit et » de feu. »
Marc I, 7, 8. — « Il en vient un après moi qui » est plus puissant que moi… je vous ai baptisés » d'eau… Il vous baptisera du Saint-Esprit. »
Luc III, 16. — « Pour moi je vous baptise » d'eau ; mais il en vient un plus puissant que » moi… C'est lui qui vous baptisera du Saint-» Esprit et de feu. »
Jean I, 26, 27, 31, 33. — « Pour moi je baptise » d'eau ; mais il y en a un au milieu de vous » que vous ne connaissez point ; … C'est celui » qui vient après moi… Et pour moi je ne le » connaissais point ; mais afin qu'il soit mani-» festé à Israël, je suis venu, à cause de cela, » baptiser d'eau… Celui qui m'a envoyé baptiser » d'eau m'avait dit : Celui sur qui tu verras » l'Esprit descendre, et se fixer sur lui, c'est celui » qui baptise du Saint-Esprit. »

La distinction entre les deux Baptêmes est encore marquée en Jean III, 22, 26 ; IV, 1, 2, où l'on voit, comme cela est expressément spécifié en IV, 2, que ceux qui venaient vers Jésus pour recevoir le Baptême d'eau étaient baptisés par ses disciples, mais que Jésus ne baptisait pas

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lui-même. Il y avait donc deux Baptêmes, et c'est pourquoi on voit en Héb. VI, 2, Paul parler de la Doctrine des Baptêmes.

3. Des paroles de l'institution du Baptême par Jean, il faut immédiatement rapprocher celles de l'institution du Baptême par Jésus en Matt. XXVIII, 18-20 ; Marc XVI, 15-16 ; Luc XXIV, 46-49 ; savoir :

Matt. XXVIII, 18-20. — « Et Jésus, s'approchant, leur parla, et leur dit : Toute puissance m'est donnée dans le Ciel et sur la Terre. Allez donc, et instruisez toutes les nations, les » (c'est-à-dire, dans l'original, les individus pris dans ces nations et non pas les nations au sens collectif) « baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; et leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici, je suis toujours avec vous jusqu'à la fin du monde. Amen. »
Marc XVI, 15, 16. — « Et il leur dit : Allez-vous-en par tout le monde, et prêchez l'évangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira point, sera condamné. »
Luc XXIV, 46-49. — « Et il leur dit : C'est ainsi qu'il est écrit, et qu'il fallait que le Christ
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» souffrit, et qu'il ressuscitât des morts le troi-» sième jour ; et qu'on prêchât en son nom la » repentance et la rémission des péchés parmi » toutes les nations, en commençant par Jéru-» salem. Or vous êtes témoins de ces choses ; et » voici, je vais vous envoyer ce que mon Père » vous a promis. En attendant, demeurez dans » la ville de Jérusalem jusqu'à ce que vous soyez » revêtus de la vertu d'en haut. »

4. Il y a une progression d'idées remarquable dans la suite de ces trois déclarations.

Dans la première et la deuxième, le Baptême, par le mot baptiser qui y figure, est explicitement ordonné ; mais, dans la première, de manière qu'il peut être pris à la fois du Baptême de l'Eau et du Baptême de l'Esprit ; et dans la deuxième, de telle sorte qu'il ne peut plus être pris que du Baptême de l'Esprit, puisqu'il y constitue une condition nécessaire du salut, et qu'on peut aisément imaginer une multitude de cas où, une conversion réelle ayant lieu, le Baptême d'Eau est matériellement impossible. Tel est l'exemple du brigand sur la croix (Luc XXIII, 40-43), qui croit et reçoit seulement de la bouche de Christ le Baptême de l'Esprit. On peut comparer, par opposition. Simon le Magicien, qui, après avoir cru, est baptisé d'eau, mais n'est certainement

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pas alors régénéré et sauvé, puisqu'il veut acheter le Saint-Esprit (Act. VIII, 13, 18-23).

Dans la troisième déclaration enfin, celle de Luc, le terme baptiser n'est plus employé ; et seulement, par la repentance et la rémission des péchés, sont proposés les états spirituels qui correspondent au Baptême de l'Eau et au Baptême de l'Esprit.

C'est dans le même sens que plus loin encore, en Jean III, 5, Jésus fait à Nicodème la déclaration suivante : « En vérité, en vérité je te dis que » si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne » peut entrer dans le royaume de Dieu ». L'Eau et l'Esprit évoquent évidemment ici dans la pensée le Baptême de l'Eau et le Baptême de l'Esprit ; mais Jésus n'emploie pas le terme baptiser, précisément pour écarter l'idée du rite de l'Eau, alors que néanmoins il fait allusion, au sujet de la nécessité de la nouvelle naissance, qu'il venait d'affirmer (III, 3), et qu'il confirme ici par le mot « naître », à la repentance (signifiée par le Baptême d'Eau) comme élément spirituel préparatoire, nécessaire au Baptême efficace de l'Esprit.

5. Nous concluons tout d'abord avec sécurité de ces déclarations de l'Ecriture, qu'au point de vue absolu des conditions nécessaires du salut, le Baptême de l'Esprit est nécessaire, et est le

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seul nécessaire (Marc XVI, 16). C'est la Nouvelle naissance. Mais, pour ce Baptême lui-même, aucun rite extérieur n'est nécessaire, suivant ces paroles de Jésus (Jean III, 8) : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient ni où il va. Il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit ». S'il en était autrement en effet, nous connaîtrions les membres de l'Eglise, ou du Corps de Christ, contrairement à d'autres paroles (Apoc. II, 17) concernant « le nom nouveau que personne ne connaît que celui qui le reçoit », et en II Tim. II, 19 : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ».

LA SAINTE CÈNE.

6. La non nécessité d'aucun rite ou acte extérieur au point de vue absolu des conditions nécessaires du salut, se confirme par analogie, en dehors du Baptême, par ce qui est déclaré concernant la Sainte Cène.

Il faut naître de nouveau (Jean III, 3), naître d'eau et d'esprit (III, 5), nous a-t-il été dit. Mais pour ensuite vivre, il faut manger et boire ; et la nourriture nécessaire, c'est de manger la chair et boire le sang du Fils de l'homme.

Jean VI, 53-57. — « En vérité, en vérité je vous » le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de
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» l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous » n'aurez point la vie en vous mêmes. Celui qui » mange ma chair, et qui boit mon sang, a la vie » éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. » Car ma chair est véritablement une nourriture, » et mon sang est véritablement un breuvage. » Celui qui mange ma chair, et qui boit mon » sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme » le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que je » vis par le Père, ainsi celui qui me mangera » vivra par moi ».

Cette manducation est donc une condition nécessaire effective de la vie éternelle et de la Résurrection.

Il y a cependant aussi un acte extérieur institué pour manger et boire, par le pain et par le vin, ce corps et ce sang de Christ (Matt. XXVI, 26-29 ; Marc XIV, 22-25 ; Luc XXII, 19, 20). C'est la Sainte Cène.

Or il est aisé d'imaginer une multitude de circonstances de lieu, de temps, de conditions physiques, etc., où l'accomplissement de cet acte extérieur est impossible. Donc il n'est pas nécessaire dans le sens mathématique du mot ; (on peut remarquer en passant que, s'il l'était, il le serait au même titre que le Baptême extérieur, et il faudrait conférer l'Eucharistie aussi bien que le Baptême aux nouveaux-nés. Il y a en cela, dans

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les Eglises où l'on affirme le caractère nécessaire absolu du Baptême extérieur et la Transsubstantiation, une contradiction logique qui est la marque de l'erreur. Dans ces Eglises, pour être fidèle, d'après elles-mêmes, aux paroles du Chrïst, il faudrait aussi bien administrer l'Eucharistie que le Baptême à tout homme venant dans ce monde, et donner le Pain et le Vin dans la bouche aussi bien que mettre l'Eau sur la tête, aux petits enfants).

Cela posé, puisque l'acte extérieur institué n'est pas « nécessaire », il s'ensuit que la condition, déclarée « nécessaire », de la vie éternelle et de la résurrection, de manger le corps et de boire le sang du Fils de l'Homme, est un acte réel, mais essentiellement d'ordre spirituel, soustrait, comme le Baptême de l'Esprit, à toute ordonnance extérieure. On observe à cet égard dans les Evangélistes, concernant la Sainte Cène, une progression analogue à celle que nous avons remarquée d'abord concernant le Baptême. Car les trois premiers, et, parmi eux, Luc déjà dans des termes différents de ceux plus concrets de Matthieu et de Marc, font seuls mention de l'institution extérieure, tandis que Jean n'en dit plus rien.

Une observation intervient cependant dès maintenant dans cette vue systématique de l'acte

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extérieur institué, non efficacement nécessaire, et de l'acte spirituel réel et seul nécessaire, importante pour donner satisfaction à notre raison, si elle était tentée d'attribuer à cette ordonnance une partie en quelque sorte inutile.

Nous croyons peu aux réalités spirituelles, à raison de leur nature, non sensible, et intangible ; les faits physiques au contraire sont pour nous le type de l'indiscutable réalité. Il faut donc considérer ici les signes extérieurs non comme une simple figuration, tracée par nous-mêmes et surérogatoire comme il semble aujourd'hui à beaucoup, de ce qu'intérieurement nous saurions très bien ; mais comme étant une écriture de Dieu, par laquelle Il nous déclare, à chaque fois, que la réalité de l'acte spirituel intérieur, réalité que nous voyons et connaissons mal, est égale à celle de l'acte matériel que nous voyons et dont nous ne doutons pas. Dans ce point de vue vrai, le signe extérieur devient lui-même surnaturel, puisqu'il est écrit devant nos yeux par la main de Dieu lui-même, comme les signes s'étaient dans l'Ancienne Alliance ; et l'idée, facilement déprimante par son caractère vain, du pur symbolisme, fait place de toute manière à celle des réalités sacrées, c'est-à-dire à la certitude du Saint Esprit, mettant lui-même un sceau visible sur sa présence réelle.

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7. La véritable preuve de l'erreur de la Transsubstantiation se trouve dans la condamnation scripturaire du sacrifice de la Messe. La considération précédente sur le caractère par lui-même non efficacement nécessaire, parce qu'il peut être impossible, de l'acte extérieur, suffit pour démontrer la fausseté de l'idée de la Transsubstantiation. Car si celle-ci était vraie, l'acte de s'assimiler par la manducation physique la substance même de l'Éternel Tout Puissant venu en chair, aurait une efficace propre telle dans son caractère infini, qu'il établirait une différence de nature et d'essence entre ceux qui pourraient le réaliser matériellement et ceux qui ne le pourraient pas. Il deviendrait ainsi, par sa nature même, à la fois nécessaire et impossible. Donc il aurait un fondement impossible, c'est-à-dire que l'idée en est fausse.

D'ailleurs, ceci posé, qui constitue l'examen du sens du sacrement par les conditions que lui-même impose rationnellement à sa destination, une autre voie, sur le point qui nous occupe rendrait en quelque sorte toute autre discussion oiseuse. Cette voie est celle même de l'enseignement exposé dans nos Leçons.

Elle nous a montré la Messe condamnée dans le Livre de Daniel comme une abomination ido-

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lâtre, dans l'Épître aux Hébreux comme un principe absolument faux. Or la condamnation de la Messe est rigoureusement égale à celle de la Transsubstantiation, puisqu'il est certain que l'oblation du corps de Christ comme Agneau de Dieu, — de ce corps dont il est dit (Héb. X, 5-7) : « C'est pourquoi Jésus-Christ entrant dans le » monde, dit : Tu n'as point voulu de sacrifice » ni d'offrande, mais tu m'as formé un corps. Tu » n'as point pris plaisir aux holaucaustes ni aux » sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit : Me » voici ; je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté, » comme il est écrit de moi dans le livre », — que l'Adoration de ce corps, ne seraient pas seulement permises, elles seraient ordonnées si ce Corps, c'est-à-dire Jésus ressuscité, existait parmi nous. Lui-même s'est laissé adorer. Il est donc incontestable qu'ici encore l'Ecriture fournit par des faits externes, c'est-à-dire par son appréciation de l'institution historique de la Messe, la solution de l'obscur litige sur la Transsubstantiation qui a rempli des siècles.

Si le pain et le vin sont Jésus-Christ, il faudrait en effet adorer le pain et le vin, c'est-à-dire Jésus-Christ que l'Ecriture ordonne d'adorer (Héb. I, 6) ; or cela, ou la Messe, est condamné par l'Ecriture comme une idolâtrie. L'Hostie est donc bien

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certainement une Idole et non point Jésus-Christ. On ne détruira jamais cet argument.

Ainsi, de même que les déclarations relatives au Baptême démontrent fausse l'idée que le sacrement soit, comme le veut le Faux Prophétisme, un opus operatum, un acte de physique ou de chimie matérielle qui constitue la condition du salut, de même celle qui concerne la Messe démontre fausse cette idée de la Transsubtantiation matérielle, qui, dans le Faux Prophétisme, a transformé le Christianisme en un Fétichisme contraire à la volonté de Dieu.

8. A un autre point de vue, la non nécessité d'actes extérieurs quelconques (Baptême ou Sainte Cène comme actes extérieurs) pour le salut, c'est-à-dire pour la Nouvelle naissance, la Résurrection et la Vie éternelle, a une portée essentielle pour l'Eglise jusqu'au retour de Christ. Car si aucun acte humain extérieur, aucun rite n'est nécessaire, l'institution d'une caste d'hommes nécessaires au salut et à l'obtention de la vie éternelle, c'est-à-dire de Prêtres, hommes revêtus d'une puissance surnaturelle, pour réaliser ces actes et conférer leur efficace, est non fondée. Une société d'hommes qui assume cette prétention est donc une fausse Eglise, et, conscients ou non, une société d'imposteurs spirituels.

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9. La gravité de l'influence néfaste attribuée à une telle institution par l'Écriture, (comme cela se voit au sens très concret dans le Livre de Daniel), ne provient pas seulement de la compromission qui s'établit fatalement par cette Institution entre des intérêts spirituels et les intérêts d'une politique terrestre, mais de ce qu'elle vicie radicalement, ou réduit même à néant, le principe absolu et essentiel de la régénération et de la vie éternelle par la seule puissance de l'Esprit qui souffle où il veut ; ou, en d'autres termes, la communication directe et immédiate de l'âme avec Dieu, en tant que condition unique, nécessaire et suffisante, du salut.

Par nos temps de tiédeur et de sommeil spirituel, cette gravité ne frappe guère certains chrétiens évangéliques ; beaucoup traitent tout cela avec une indulgente charité, par exemple le Sacrifice de la Messe, parce qu'inconsidérément ils se sont mis hors d'état de mesurer, dans ce qu'ils appellent ici un rite, le principe antichrétien d'où il procède et les effets antichrétiens qu'il produit. Il n'en était pas ainsi aux temps de clairvoyance et d'énergie de la Réformation ; et les martyrs qui, sur les galères du Roi, payaient de leur vie le refus de se courber devant l'Hostie qu'on y élevait devant eux, étaient sans doute de meilleurs appréciateurs.

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Si le devoir des chrétiens serait de combattre ouvertement aujourd'hui les institutions sacramentelles du Catholicisme romain, ce n'est donc nullement par l'effet d'un sectarisme étroit, mais bien par une vue profonde, quoique d'ailleurs le monde ne le comprenne pas, du mal de principe, destructeur de la vraie voie du salut des âmes, qui se cache, d'autant plus dangereux, dans une idolâtrie toute masquée des apparences de la vraie piété.

LE SENS ET L'ENSEIGNEMENT PRATIQUE PROFOND DES SIGNES EXTÉRIEURS DU BAPTÊME ET DE LA SAINTE CÈNE.

10. Voilà des premiers points capitaux acquis, essentiels à la nature de l'Eglise ou Corps de Christ, et à sa vie spirituelle et éternelle.

Tâchons maintenant d'interpréter le sens profond des signes extérieurs qu'a institués le Seigneur, tant pour nous rendre vives et présentes, à la manière d'un système d'éducation, les vérités spirituelles (voir n° 6, à la fin), que pour régler d'une manière mesurée à notre nature tout entière, Esprit, Ame et Corps, la dispensation de la Grâce.

11. Des hommes spirituels à l'excès peuvent être tentés de rejeter toute règle externe. Nous savons que leur spiritualité est fausse et qu'ils

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sont dans l'erreur, par le seul fait que le Seigneur en a jugé autrement qu'eux. Mais, au simple point de vue humain, ce qu'on peut dire de plus fort contre leur mentalité c'est qu'ils sont peu raisonnables, c'est-à-dire qu'ils connaissent mal leur mesure. L'homme n'est ni ange ni bête. La vie humaine, telle qu'elle nous est imposée, est, par toutes ses conditions d'activité, soumise au nombre, à l'espace, au temps. C'est plutôt par l'ordre de ses pensées que par une pensée directe que l'homme captive la vérité, et pour dominer cet ordre lui-même il est contraint de se le signifier par des signes qu'il emprunte au monde extérieur. Quant à l'acquis de sa pensée, c'est seulement par de tels signes ordonnés, écriture ou parole, qu'il peut le communiquer à ses semblables.

Bien plus, la vérité spirituelle a ce trait particulier de n'exister réellement dans l'homme individuel, que lorsqu'elle se manifeste par des signes extérieurs qui sont ses actes. Et, dans ce même ordre, il n'est pas inutile de rappeler à des chrétiens que l'Être des Êtres, dans ce qu'il a de plus infini et incompréhensible, ne s'est fait connaître à eux que par un signe, savoir la personne d'un Homme agissant au milieu des hommes, et scellant par des actes extérieurs l'autorité de sa pensée et de sa parole.

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12. Il est clair que si telle est notre leçon et tel notre modèle, nous sommes avant tout appelés à l'action, c'est-à-dire avant même de bien penser, appelés à bien vivre ; et s'il est vrai, comme a dit Pascal, qu'apprendre à bien penser est le principe de la morale, c'est seulement à bien vivre que nous reconnaissons que vraiment nous pensons juste.

Pour être, il nous faut donc agir. Le culte rationnel institué par Dieu est la vie spirituelle signifiée par la vie externe. C'est donc en celle-ci qu'il nous faut chercher les signes et la figuration du Culte.

Parmi les actes de la vie externe, il en est qui, tenant à la fois de la noblesse et de l'humilité de notre condition, constituent en quelque sorte la trame et le tissu de notre activité supérieure. Ce sont ceux qui s'adressant à l'entretien et à la vie du corps, instrument nécessaire de cette manifestation plus élevée, nous rappellent d'une manière rythmique et ordonnée, l'économie extérieure, voulue de Dieu, de laquelle nous faisons partie.

Il faut deux choses au corps pour subsister : se protéger contre l'impureté du milieu ; restituer la perte d'énergie incessamment dépensée par sa propre activité. L'Eau remplit le premier

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objet, en revêtant le corps de pureté ; les éléments simples de la nutrition (dans l'Écriture, le Pain et le Vin, éléments solide et liquide) définissent et accomplissent le second.

13. C'est à ces éléments simples de l'usage et de la nécessité de la vie, que répondent les ordonnances du Baptême et de la Sainte Cène ; le Baptême est une initiation par purification, et la Cène désigne un entretien continu de la vraie vie ou vie spirituelle.

14. La Sainte Cène. Il n'y a pas de difficulté quant à la pratique de la Sainte Cène, si simplement rapportée dans les Evangiles et dont Saint Paul nous a redit les instructions ; et le sens touchant du signe est simple aussi. Si à la veille de sa mort l'un de nous, dont le souvenir ne se perdra jamais dans nos cœurs, nous avait demandé de nous souvenir de lui, ce dernier soir encore présent avec nous au repas du soir, chaque fois que dans la suite des jours nous serions ainsi réunis, sans nul doute nous ne l'oublierions pas ; et souvent, sinon tous les jours, sans beaucoup de paroles, ou par un simple regard qui dirait et rappellerait plus que ne feraient des paroles, avant de nous lever de cette table qui signifie le foyer et l'union, nous nous partagerions le pain de sa pensée et de son souvenir.

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Or c'est Christ qui a demandé cela de nous en nous appelant ses Amis.

Que des disciples de Jésus-Christ se réunissent nombreux, en telle ou telle occasion plus solennelle, que le plus autorisé parmi eux préside leur assemblée, rappelle l'institution du souvenir sacré, la grâce qui y est attachée, rompe le pain et le distribue avec la coupe, rien n'est plus naturel et dans l'ordre des choses. Mais il ne faut pas que cette disposition convenable et ordonnée ait au moindre degré pour effet chez des chrétiens vrais, de créer dans leur esprit l'impression d'une distinction de principe, laïque contre clerc ou inversement, entre un Temple où il se réunissent un certain nombre de fois et le monde où ils vivent toujours. Toute maison où il y a des chrétiens est l'Eglise ; tous sont sacrificateurs. Que le père, le chef de famille, au repas du soir rappelle aux siens les paroles et le sens de l'institution. La commémoration sera vraiment la Cène du Seigneur. Elle redira sa mort et annoncera son Retour au milieu des siens. D'ailleurs le pain et le vin désignent les aliments les plus simples de la faim et de la soif. Ils ne sont pas, pris en eux-mêmes dans leurs espèces particulières, nécessaires, et il s'agit donc, par eux, des aliments usuels quels qu'ils soient, variables avec les lieux, les temps, les circonstances, etc.

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Cela est certain, attendu que, s'il en était autrement, encore une fois il pourrait être impossible à des disciples de Christ d'obéir à la demande qu'il leur a faite ou à l'ordre qu'il leur a laissé, et de recevoir la grâce spéciale qui s'attache à cette commune union d'eux tous avec lui.

15. Le Baptême. Examinons maintenant la question du Baptême. Il n'y a pas de doute que si les chrétiens sont partagés relativement au mode et à l'ordonnance du Baptême, cela provient surtout en principe d'une sorte de préjugé ou d'ignorance populaire qui rend presque impossible de séparer l'idée de Baptême de celle du Baptême d'eau, c'est-à-dire du Baptême de Jean, quoique l'Ecriture enseigne clairement que le véritable Baptême, le seul nécessaire est le Baptême de Jésus ou Baptême de l'Esprit.

16. Un premier effet de cette tendance, ou de la seule préoccupation du Baptême de l'eau, est de faire considérer le Baptême en général (c'est ici en effet ce qu'était le Baptême de Jean) comme le signe d'une initiation et d'une consécration par le témoignage conscient et public de celui qui le demande et en est l'objet ; et de faire perdre de vue que le Baptême de l'Esprit est tout au contraire une grâce de régénération spirituelle

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efficace reçue, une réalité spirituelle nécessaire au Salut. On allait à Jean pour être baptisé par lui en signe de repentance. Mais les Apôtres allaient aux nations pour les enseigner en en baptisant les membres. Il y a donc entre le signe extérieur de repentance de l'eau, et l'action efficace de régénération de l'Esprit, entre l'acte personnel de celui qui demande et l'état passif de celui qui reçoit, c'est-à-dire entre les deux Baptêmes, une opposition qui constitue une distinction radicale de principe.

17. Le Baptême des petits enfants. Le Baptême et la Circoncision. Un second effet de la tendance mal avertie que nous analysons est, pour cette même raison qui réduit la notion du Baptême à la considération du Baptême de Jean, c'est-à-dire à celle d'un témoignage conscient de repentance, donné par l'adulte en pleine possession de lui-même, de rejeter comme antiscripturaire le Baptême des petits enfants, oubliant tout d'abord que ce Baptême des enfants peut aussi bien s'entendre du Baptême de l'Esprit.

Mais examinons de plus près la valeur de l'argument.

En premier lieu, la raison que des Chrétiens allèguent de l'inconscience personnelle des petits enfants, est détruite par l'Ecriture ; celle-ci

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prouve par un fait mémorable qu'une grâce efficace de régénération peut être accordée à des êtres inconscients de l'acte qui la leur confère; et ce fait c'est celui de l'effusion de l'Esprit par le Seigneur lui-même sur de petits enfants inconscients, quand il leur a imposé ses mains divines et les a bénis.

Cette départition de l'Esprit à des petits enfants, se retrouve d'ailleurs aussi dans ce que Saint Paul déclare qu'une grâce spéciale est accordée aux enfants des fidèles, même si un seul des deux conjoints est fidèle. Il déclare que, par principe, leurs enfants sont saints. (Il y a ici une réalité spirituelle ; elle correspond, dans la Nouvelle Alliance, à la bénédiction qui, sous l'Ancienne Alliance, fut accordée non seulement à Abraham mais à sa semence, à sa postérité, lors de l'établissement du signe d'alliance de la Circoncision.)

En second lieu, il suit de cette effusion ou de ce Baptême de l'Esprit à l'égard des petits enfants, que, d'après l'Ecriture encore, rien ne peut interdire de leur conférer à fortiori le Baptême d'Eau. Il suffit pour cela de citer les paroles de Pierre, au sujet de ceux qui avaient d'abord reçu le Saint-Esprit, en Act. X, 47 : « Puisque ceux-ci ont reçu le Saint-Esprit, qu'est-ce donc qui pourrait les empêcher de recevoir aussi l'eau du Baptême ».

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En troisième lieu, on doit pour décider plus directement encore du Baptême des petits enfants, appuyer sur l'analogie, dans les deux Alliances, du Baptême et de la Circoncision, analogie dont nous venons déjà de dire un mot en passant.

18. La Circoncision était un signe imposé aux nouveaux-nés. Or cette Circoncision (le Sang) et le Baptême (l'Eau) sont, dans le système de l'Écriture, étroitement reliés par les deux Testaments. C'est ce que démontre à lui seul le fait, en dehors de cela inexpliqué, et qui doit cependant avoir une profonde signification d'après la manière dont l'Apôtre Jean y insiste, du sang et de l'eau sortis du côté du Seigneur sur la croix ; blessé pour nos iniquités par la lance de ses bourreaux, il témoigne ainsi qu'il réunit en lui les deux Alliances de la Loi et de la Grâce.

Un trait bien considérable et décisif de cette ordonnance des signes dans les deux Alliances, c'est en outre le fait que le Seigneur lui-même, chez lequel la régénération n'avait pas de lieu, a été soumis à la Circoncision, au Baptême d'Eau et, avec le signe de la Colombe, au Baptême de l'Esprit. C'étaient les signes du témoignage de Dieu, conformément à ce que dit l'Apôtre Jean (I Jean V, 8) : « Il y en a trois sur la Terre

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» qui rendent témoignage, savoir l'Esprit, l'Eau » et le Sang, et ces trois se rapportent à un ».

La réponse du Seigneur à Jean-Baptiste, quand celui-ci a objecté que ce n'est pas le Seigneur qui a besoin de Baptême (Matt. III, 15), est remarquable pour confirmer qu'il s'agit pour Lui d'affirmer par son témoignage l'ordre établi par Dieu : « Laisse faire pour le moment, et accom-» plir toute justice » ; c'est-à-dire, laisse-moi me conformer à toute cette ordonnance externe voulue de Dieu, et établie en vue de l'homme pécheur dont j'ai pris sur moi les iniquités et pour lequel je me présente devant Lui.

19. Qu'on rapproche l'ordre donné à Abraham de circoncire dans tous ses descendants le Peuple élu, et l'ordre donné aux Apôtres d'Enseigner toutes les Nations, les (c'est-à-dire leurs membres individuels) baptisant au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit, on sera en présence d'une ordonnance systématique de signes extérieurs, qui s'étend à toute l'économie de l'Ecriture.

20. Les différences spécifiques caractéristiques entre les deux sacrements n'ont rien à faire dans le fait systématique même dont nous nous occupons et qui consiste en ce que chacune des deux Alliances possède un signe d'initiation, l'un

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propre au Peuple élu selon la chair, l'autre au Peuple élu selon l'Esprit (peuple dont les membres sont pris dans Toutes les Nations). Mais néanmoins les différences elles-mêmes et les rapprochements sont en eux-mêmes ici fort instructifs. Sous l'Ancienne Alliance, le signe n'est imprimé qu'au mâle, mais par cela même, puisque c'est lui qui contient la vie, il est donné à toute sa postérité. Sous la Nouvelle Alliance, où « il n'y a plus d'homme ni de femme » (Gal. III, 28), parce qu'on est sous la loi de l'Esprit, le signe est imprimé, également et indépendamment, à l'homme et à la femme, mais celle-ci continue à dépendre de l'homme, qui est son Chef (I Cor. XI, 3).

Sous l'Ancienne Alliance comme sous la Nouvelle, une grâce est accordée, une alliance conclue, dont des petits enfants encore inconscients sont personnellement l'objet. Sous l'Ancienne Alliance, l'alliance conclue avec Abraham appartient à sa semence, à sa postérité ; sous la Nouvelle Alliance de même, car « les enfants des fidèles sont saints », et cela par principe, même si un des conjoints est infidèle.

Dans l'Ancienne Alliance, ce sont d'abord des adultes conscients qui reçoivent le signe ; Abraham se circoncit lui-même sur l'ordre de Dieu, et circoncit tous les hommes de sa maison.

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Mais ensuite tous les nouveaux-nés seront circoncis. De même, dans la Nouvelle Alliance, ce sont d'abord des adultes qui reçoivent le Baptême, en signe de repentance, en venant à Jean-Baptiste ; mais plus tard des petits enfants encore non conscients reçoivent, les premiers et avant les Apôtres eux-mêmes, un Baptême (celui de l'Esprit, qui, comme on vient de le voir par l'Écriture, implique et légitime celui de l'Eau), des mains de Jésus lui-même. Jésus ne baptisait pas d'Eau.

21. D'ailleurs, dans la suite du Nouveau Testament, partout le double caractère du Baptême se met en évidence : d'une part comme acte conscient, témoignage solennel et consécration d'une foi personnellement acquise, d'une autre comme dispensation de grâce accordée à cette foi et atteignant même par elle d'autres âmes. Il suffit pour expliquer ceci et le justifier, de citer les exemples du geôlier de Philippes, qui croit et est incontinent baptisé et sauvé avec tous les siens (Act. XVI, 29-33) ; de Lydie, qui croit puis est baptisée avec sa famille (Act. XVI, 14, 15). Et il était inutile ici de spécifier, ce que d'ailleurs rationnellement on peut et doit même supposer d'après les termes, que dans ces familles

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existaient des petits enfants, puisque, encore une fois, on sait par l'acte personnel du Seigneur qu'ils pouvaient recevoir le Baptême de l'Esprit, et que dès lors, selon la parole de Pierre, rien assurément n'interdisait de les marquer du signe de l'eau.

22. En résumé on voit qu'on est loin par tout cela de la réduction exclusive que des Chrétiens croient devoir faire du Baptême, à l'acte personnel et longuement médité par le croyant, au témoignage de l'homme fait devant le monde, constituant en même temps devant Dieu la consécration solennelle de sa foi. Une pareille conception ne pourrait résulter que d'une analyse tout à fait incomplète de l'ensemble de l'Écriture et de ses enseignements. Il y a sans nul doute cela, c'est-à-dire l'individualisme, ou l'homme seul devant Dieu, et c'est la racine ; mais il y a aussi, et c'est au fond l'idée de « l'Église », un grand fait, celui de la communication de la grâce de Dieu, aux âmes même inconscientes, par le moyen de la communion et de l'influence réciproque des âmes.

23. La manière d'administrer le Baptême. La manière de conférer le Baptême d'eau est aussi une question qui partage les chrétiens, et elle se

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rattache, par un côté, à l'esprit d'exclusivisme qui vient de nous occuper. Il est des chrétiens en effet, qui toujours sous la préoccupation du Baptême de Jean, et sans même faire attention au fait, essentiel cependant et qui dispenserait du reste, que ce Baptême de Jean n'est nulle part commandé par l'Écriture, ne considèrent le Baptême comme réel que s'il est opéré par submersion. Cette opinion est fausse, tant parce que l'eau, comme on l'a vu, n'est qu'un signe, que par la raison qu'avec cette condition imposée le Baptême serait, dans une multitude de cas dépendant des temps, des lieux, des circonstances ou de l'état personnel des individus, rendu impossible. Au reste, il est facile de confirmer cette certitude par la manière même dont le terme baptiser est proposé dans l'Écriture. Baptiser signifie proprement plonger, mais vient d'un verbe qui signifie aussi baigner, teindre, laver; d'où, figurément, le sens : entourer, pénétrer d'une influence. C'est ainsi que dans les paroles de Jean-Baptiste, quand il dit « je vous baptise d'eau... un plus grand que moi vous baptisera du Saint-Esprit et de feu », c'est le même verbe et la même préposition qui sont employés. Cette

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préposition peut signifier soit « avec, par le moyen de », soit « dans » (1).

24. Jésus dit qu'il doit être baptisé d'un baptême que ses disciples ne pourraient porter (Matt. XX, 22). Paul dit que les Israélites ont été baptisés en la nuée et en la mer (I Cor. X, 2), terme impropre s'il s'agit d'un recouvrement par le milieu, puisqu'ils n'ont été recouverts ni par la nuée qui les précédait comme un signe, ni par les eaux de la mer. Enfin on pourrait relever dans le récit des Actes, des faits où il paraît évident, d'après les circonstances, que le Baptême d'eau n'a pas été conféré par l'immersion du corps; par exemple (Act. XVI, 26, 33) celui du geôlier de Philippes qui, subitement converti pendant la nuit du tremblement de terre, est incontinent baptisé à cette même heure avec tous les siens par Paul, quand précisément il vient d'apporter de l'eau pour laver les blessures de Paul et de son compagnon (2). Mais, en dehors de ces considérations, la raison qui nous donne la certitude de la non nécessité du Baptême d'eau

(1) Verbes βαπτιζω, βαπτω; préposition εν. Le mot βαπτισμος (βαπτισμα, baptême) désigne chez les Juifs l'ablution légale.

(2) Voir, d'accord avec ceci, Scott's Holy Bible sur Act. XVI, 33.

p. 469

par immersion, est celle qui a été dite, qu'avec cette condition le signe lui-même pourrait être impossible.

Les preuves externes données par la construction de la Bible, concernant l'institution du Baptême et de la Sainte Cène.

25. Tout ce qui précède repose sur la compréhension de l'ensemble de l'enseignement de l'Écriture. Mais d'ailleurs ces questions ont une telle importance pour ceux qui désirent se conformer à la véritable intention de Dieu, que la Bible a eu soin de nous confirmer par des données externes, indépendantes de toutes nos appréciations individuelles, que cette intention est bien telle que nous la dégageons naturellement de cet ensemble de sa lecture. En faisant connaître ces preuves nous anticipons, à vrai dire, sur l'ordre rationnel et progressif des matières de nos Leçons ; mais nous pouvons cependant, en tout intérêt pour notre objet, déroger à cet ordre dans cet Appendice.

Il s'agit de la construction systématique de la Bible dont nous avons trouvé des preuves déjà dès notre 1re Leçon, et que nous avons annoncée alors devoir s'étendre de la composition en Livres, à celle même de la Bible en Chapitres et en Versets. La forme normale de cette construc-

p. 470

tion, forme que nous désignerons par le nom de Bible signifiée, se trouve conforme à celle de l'édition mentionnée en note dans notre Avant-Propos (1). L'application que nous allons faire définira bien, d'elle même, ce nouvel ordre d'enseignement.

26. Dans notre question du Baptême, deux points renferment et résument en eux tout le débat ; savoir :

1° Le lien systématique des deux signes d'alliance de la Circoncision (Gen. XVII, 10) et du Baptême de Christ (Matt. XXVIII, 19), testifié par le fait du sang et de l'eau (Jean XIX, 34) sortant du côté du Christ, qui scelle ainsi en lui les deux Testaments ;

2° La connexion entre le Baptême de Christ (Matt. XXVIII, 19) et l'Imposition des mains et

(1) On peut se rendre compte maintenant de l'intérêt des indications de nombre ici présentées, et qui sont de véritables signes consacrant à cet égard cette édition particulière, celle dont, sans connaître tout ceci, nous nous étions couramment servi. Pour l'Ancien Testament, le nombre « 777 » des pages, après ce que nous avons vu dès la Ve Leçon, se passe de commentaire ; et le nombre total 1056 pour la Bible entière, ou pour les 2 Testaments, n'est autre que le double

1056 = 2 × 528

de la période prophétique 528 qui domine le système des cycles de Daniel.

p. 471

la Bénédiction de Christ aux petits enfants ; les passages concernant ce dernier objet, qui suivent dans le Nouveau Testament l'Institution (Matt. XXVIII, 19) du Baptême, sont Marc X, 16 et Luc XVIII, 15.

27. Considérons d'abord le premier point (n° 26, 1°).

Les trois versets ont respectivement pour situations dans la Bible signifiée, échelle des Chapitres et échelle des Versets :

                                  Chapitres  Versets
(1) (Circoncision) . . Gen. XVII, 10     17       408
(2) (Baptême) . . . . Matt. XXVIII, 19  808     24283
(3) (Sang et Eau) . . Jean XIX, 34      867     26930

C'est le signe (3) du sang et de l'eau qui sert ici de base à la compréhension. Christ sur la Croix attire tous les hommes à soi, rapproche et unit en lui les deux Alliances. Avec le Baptême (2), institué par Lui, (3) forme dans le Nouveau Testament le bloc de base

(3) (2) = 26930 — 24283 = 2647.

Or en attirant à Lui l'Ancienne Alliance de 2 fois Jéhovah = 2 × 26 (voy. XIe Leçon § 141), pour fusionner les Deux Testaments, il amène (1) à la distance de (3) :

p. 472
(3) (1) = 26930 — (408 + 2 × 26) = 26470 = 10 × 2647,

c'est-à-dire

(3) (1) = 10 × (3) (2).

Ceci constitue sans doute déjà un lien intentionnel entre les trois versets ; mais ce lien est rendu ensuite indubitable par la considération, parallèle à celle qui précède, des nombres intégraux comptés par les points de repère relatifs à (1) (2) (3), tant en Chapitres qu'en Versets. Ces nombres intégraux sont

(1) Gen. XVII, 10 . . .      17 + 408 = 425
(2) Matt. XXVIII, 19 . .    808 + 24283 = 25091
(3 Jean XIX, 34 . . . .     867 + 26930 = 27797

(3) forme avec (2) le bloc de base

(3) (2) = 27797 — 25091 = 2706.

Or, Christ attirant à Lui l'Ancienne Alliance de 12 fois Jéhovah = 12 × 26, pour marquer la fusion des deux alliances par les 12 Tribus, les 12 Apôtres, (1) vient à la distance de (3) :

(3) (1) = 27797 — (425 + 12 × 26) = 27060 = 10 × 2706,

c'est-à-dire

(3) (1) = 10 × (3) (2),

comme dans la première computation.

p. 473

Il y a donc non seulement signe donné par chacun des deux modes de mesure, mais aussi identité de forme de ce signe dans tous les deux. Une pareille disposition, qui ne peut être attribuée au hasard, est une preuve certaine de la correspondance du Baptême et de la Circoncision.

28. Examinons maintenant le second point (n° 26, 2°), celui du Baptême des petits enfants. Les Versets ont pour situation sur l'échelle des versets du Nouveau Testament, auquel proprement ici la question appartient :

(1) (Baptême) Matt. XXVIII, 19 . . . . .  1070
(2) (Petits enfants, imposition des mains et
    bénédiction) Marc X, 16 . . . . . . . 1461
(3) (Petits enfants pour être touchés par lui)
    Luc XVIII, 15 . . . . . . . . . . . . 2561.

(2), ou l'imposition des mains et la bénédiction du Seigneur, exprime bien qu'il s'agit de l'effusion de l'Esprit venant de Celui qui est le « Soleil de Justice portant la santé dans ses rayons », car

(2) = 1461 = 4 × 365 ¼ = 2² × 365 ¼,

symbolisme ici particulièrement touchant, si l'on se rappelle le Seigneur prenant les petits enfants et les entourant de ses bras divins.

p. 474

(3) enseigne que le Baptême des enfants allant à Jésus est bien équivalent :

au Baptême de l'adulte, baptême que Luc signifie par l'âge 30 de Jésus lors de son Baptême;

au Baptême de l'Esprit signifié en (2) = 4 × 365 ¼ ;

enfin au Baptême institué en (1) = 1070 ; car

(3) = 2561 = 30 + 4 × 365 ¼ + 1070.

Il ne peut donc rester aucun doute sur ce que le Baptême des petits enfants est dans l'intention de Dieu, et conforme à sa volonté.

29. Ces preuves externes, confirmatives de tout ce qui avait précédé, sont de nature à nous donner une entière sécurité par une entière certitude. Nous conclurons donc que puisque les enfants des fidèles sont saints, c'est-à-dire reçoivent par leur seule naissance une grâce et un privilège, ils doivent, dans l'ordonnance normale de la vie chrétienne, être présentés au Seigneur pour entrer dans son Alliance ; nous devons lui demander pour eux le Baptême de l'Esprit, avec le signe de repentance de l'eau comme effacement de la faute cachée qu'ils portent en eux par la transmission du péché. Ce Baptême des petits enfants, puisque tous les chrétiens sont sacrifi-

p. 475

cateurs, tous, et les parents eux-mêmes, peuvent le conférer. Ne pas faire cela serait, répétons-le, oublier que le Seigneur a Lui-même appelé à lui les petits enfants pour les bénir, avec un signe visible qu'il les prenait sous sa garde et protection dès le commencement d'une vie dont nul ne connaît d'avance les épreuves.

Quant à l'homme conscient qui, né en dehors de tout milieu chrétien et n'ayant donc jamais été l'objet d'une semblable présentation, arrive à connaître Christ, il n'est pas nécessaire de lui enseigner que son premier devoir est de témoigner devant le monde qu'il est disciple de Christ, et, puisque Dieu a institué un signe, de s'y soumettre, lui homme fait, aussi comme un enfant.

30. Nous avons déjà dit (plus haut, n° 14, et Mathématique de l'Histoire, §§ 231-236) ce que nous pensions de la manière dont les chrétiens doivent répondre à l'ordre et au désir du Seigneur en ce qui concerne la Sainte Cène, question qui ne présentait pas les mêmes difficultés que celle du Baptême. Mais la Bible signifiée confirme d'une manière trop remarquable pour que nous n'en disions pas ici un mot, la conclusion à laquelle nous avons été conduits quant à l'erreur de la Transsubstantiation. Elle fait cela en rapprochant des pas-

p. 476

sages du Nouveau Testament que nous allons signaler, par le signe 666 du Faux Prophète, les deux versets (Dan. XI, 31 et Dan. XII, 11) de Daniel où le sacrifice unique et vrai de Christ est déclaré aboli par l'institution du faux sacrifice de la Messe. Voici ces passages :

1° Les deux passages (Héb. VI, 17 et Héb. VII, 21, 22) de l'Épître aux Hébreux relatifs aux deux serments de Dieu instituant la sacrificature de Jésus quant au pain et au vin, ou Jésus Sacrificateur éternellement selon l'ordre de Melchisédec (Gen. XIV, 18) ;

2° L'institution de l'Eucharistie (14 versets) (Matt. XXVI, 17-30).

Voyons d'abord le premier point concernant l'Épître aux Hébreux. Les deux versets de Daniel forment un bloc de 26 versets; 26 = (Jéhovah). De même en est-il, dans cette Épître, du bloc des versets qu'on vient de mentionner; ce dernier bloc de 26 = (Jéhovah), contient 7 fois le nom de Melchisédec et 2 fois le nom de Jésus, lequel couronne le 26e et dernier verset. Or la distance de ces deux blocs est, de verset à verset sur l'échelle des versets de la Bible, égale à

12 fois 666.
p. 477

On a en effet sur l'échelle des versets :

Dan. XI, 31    22136  }
Héb. VI, 17    30128  }  Différence = 7992 = 12 × 666

Dan. XII, 11   22161  }
Héb. VII, 22   30153  }  Différence = 7992 = 12 × 666.

Chacun sait d'ailleurs que l'Épître aux Hébreux est consacrée à l'établissement de la Sacrificature de Christ et à la condamnation du sacrifice de la Messe, et qu'elle constitue, avec cette condamnation de la Messe, la destruction de tout le système catholique romain ou du Faux Prophétisme, 666.

Considérons maintenant le second point relatif à l'Institution de l'Eucharistie par Jésus lui-même.

Cette Institution forme un bloc de 14 = 2 × 7 versets. Or ce bloc est distant du bloc des deux versets de Daniel, de centre à centre, de

3 fois 666.

On a en effet sur l'échelle des versets, pour les numéros d'ordre des passages indiqués :

Dan. XI, 31    22136  }
Dan. XII, 11   22161  }  Centre du bloc 22148  }  Distance =
                                              }  1998 = 3 × 666.
Matt. XXVI, 17 24140  }
Matt. XXVI, 30 24153  }  Centre du bloc 24146  }
p. 478

Cela veut dire que l'interprétation littérale et charnelle des paroles de l'institution « Ceci est mon corps, etc. » par le Faux Prophète, est l'abolition du sacrifice, continuel parce qu'il est unique, de Christ.

En réunissant ces données on obtient (p. 479) l'ensemble schématique suivant, assurément fort éloquent.

Telles sont les assurances que, par des signes visibles irrécusables, la Parole de Dieu nous donne de l'interprétation qu'un lecteur, non prévenu par un faux système, tirera toujours naturellement de ce que disent son texte et son esprit. C'est cette interprétation naturelle que nous avions d'abord présentée. Dieu nous donne maintenant un signe surnaturel visible qu'en nous y conformant nous accomplissons bien sa volonté.

p. 479
Héb.            26 versets            Héb.
                (Jéhovah)

   |--------------------------------------|
   |                                      |
12 |                                      | 12
×  |                                      | ×
666|              Matt. 14 = 2 × 7 Matt.  | 666
   |              |===============|       |
   |                  3 × 666             |
   |                  (pointillé)         |
   |--------------------------------------|
Dan.            26 versets            Dan.

L'ensemble systématique des signes extérieurs ou sacrements dans l'Écriture. Ancienne Alliance et Nouvelle Alliance.

31. Nos données positives sont d'ailleurs d'accord avec ce qu'enseignerait naturellement aussi l'Analogie de la Foi. On a, entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance, la correspondance systématique de signes ou sacrements :

ANCIENNE ALLIANCE        NOUVELLE ALLIANCE
| Circoncision           | Baptême
|   (sang)               |   (eau)
| Pâque                  | Sainte Cène
|   (Agneau)             |
|   (pain)               |   (pain)
|   (herbes amères)      |   (vin)
p. 480

Le sang est exclu de la Nouvelle Alliance ; elle rétablit l'ordre primitif d'avant la Chute, ordre où la nourriture normale de l'homme était prise seulement du règne végétal, (Gen. I, 29). L'ordonnance des signes institués par Christ sous la Nouvelle Alliance fait donc intervenir :

1° Le règne inorganique . . . (eau)
2° Le règne organique végétal
   sous la forme où l'esprit de
   l'homme (le Fils de l'homme)
   le prépare à l'homme . . . (le pain et le vin).

Or cette Analogie conduit ensuite d'elle-même à observer que, dans cet ensemble ordonné, un terme manque quant à la représentation complète du règne végétal ; c'est celui de ce règne sous la forme immédiate où le Dieu créateur (Elohim) l'a institué pour l'homme ; et que cette forme cependant existe et nous est représentée effectivement : dans l'Ancienne Alliance, par l'Huile de l'Onction des Sacrificateurs et des Rois ; et dans la Nouvelle Alliance par cette même Huile d'Onction dont la Parole de Dieu nous ordonne d'oindre (Jacq. V. 14) les Elus regardant à la Résurrection, lesquels sont tout aussi bien en effet Sacrificateurs et Rois (I Pi II, 5-9 ; Apoc. I, 6 ; V, 10 ; XX, 6).

p. 481

L'Analogie de la Foi nous mettra dès lors en présence non pas des deux seuls signes de Christ (le Baptême et la Sainte Cène), mais de trois signes institués par la Parole de Dieu, savoir :

ANCIENNE ALLIANCE        NOUVELLE ALLIANCE
  I. Circoncision         Baptême
 II. Pàque                Sainte Cène
III. Onction             Onction.

Un trait capital à signaler au sujet de l'Onction, c'est que dans l'Eglise (l'Eglise primitive) elle a disparu en tant que signe de la Prêtrise, puisqu'il n'y a plus de prêtres, mais s'est transportée aux Elus de Christ, qui sont ses Sacrificateurs, et dès maintenant et dans son Règne à venir.

32. Le troisième Sacrement. L'Onction. Dans les errements actuels, on n'accorde aucune importance à cette mention de l'Onction par l'Epître de Jacques, et elle est bien plutôt considérée comme un détail assez importun et dont il vaut mieux ne pas parler. Il est évident cependant, par la simple vue générale qui précède, que cette mention doit avoir un sens très profond, et il devrait nous suffire pour en être convaincus, du fait qu'elle se trouve dans la Parole, non d'un

p. 482

homme mais de Dieu. Nous allons voir que la Raison encore ici ne nous trompe pas.

L'Onction d'Aaron comme sacrificateur est enseignée en Lév. VIII, 12 ; celle de David comme roi, en I Sam. XVI, 13.

La dernière mention de l'Huile dans l'Ecriture est précisément celle de Jacques (V, 14) concernant l'Onction des Elus, et on peut observer que c'est seulement après cela qu'il est parlé d'eux dans cette Ecriture comme sacrificateurs et comme rois. Les passages sont I Pi. II, 5-9 ; Apoc. I, 6 ; V, 10 ; aussi XX, 6.

Un autre trait nous frappe, celui-ci dans l'Epître même de Jacques. Le signe de l'Onction est donné à ceux auxquels, sous l'avertissement de la maladie, est rappelée leur comparution toujours imminente devant le Seigneur, lors de la Résurrection à laquelle doivent avoir part les Elus. C'est certainement, dans son sens profond, à quoi fait allusion dans Jacq. V, 15 le terme de l'original, « le Seigneur le relèvera », (« éveiller », « réveiller », « ressusciter »). Or, immédiatement après que l'efficacité de la prière pour la guérison du pécheur vient, à l'occasion de cette onction, d'être affirmée (V, 16), l'exemple d'Elie est rappelé (V, 17), lequel exemple a trait (I Rois XVII, 1 et suiv.) à la veuve de Sarepta, que le

p. 483

Prophète sauva pendant la famine par le moyen de la cruche d'huile inexhaustible, et dont il ressuscita le fils. Cet exemple d'Elie n'a donc pas pour seul objet de rappeler l'efficacité de la prière ; il a plus encore pour intention, en rappelant l'Huile inexhaustible, d'enseigner que l'Huile de l'Onction est un gage de la Vie éternelle.

En présence de ces correspondances remarquables, un autre trait encore enfin nous attire dans la parole inspirée de Jacques, parce qu'il concerne l'ordre particulier ou mathématique de nos arguments. C'est la mention, faite au sujet d'Elie, de ces 3 ans et demi pendant lesquels il y eut sécheresse sur la Terre.

Ces 3 ½ ans ont certainement à cette place une raison d'être dans la Parole de Dieu ; et l'existence d'une telle donnée numérique dans le sujet nous conduit d'elle-même à envisager celui-ci dans l'ordonnance arithmétique de ses versets.

33. Considérons d'abord les mentions des Elus comme sacrificateurs et rois, qui suivent dans l'Écriture le passage de l'Épître de Jacques relatif à leur Onction, aux versets dont nous avons parlé plus haut (n° 32). On a pour les positions de ces versets sur l'échelle des versets de la Bible :

p. 484
  (1)    Jacq. V. 14. . . 30435  (Onction)
| (2)    I Pi. II. 5. . . 30471  (sacrificateurs
|             9. . . . .  30475   et rois)
| (3)    Apoc. I, 6. . .  30771  (rois et sacrificateurs)
| (4)    Apoc. V, 10. . . 30857  (rois et sacrificateurs)
| (5)    Apoc. XX, 6. . . 31113.

Examinons les traits de ce tableau. On a d'abord

(5) — (4) = 256 = 2^(2×2×2)   [ce qui se rapporte au Règne de Christ (XX, 6)] ;

on a ensuite

(4) — (3) = 86 = (Élohim),

ce qui met en évidence le nom du Dieu créateur invoqué par Élie ;

on a plus loin, pour le bloc formé par (3) (2),

(3) (2) = 30771 — 30470 = 301 = 3 ½ × 86 = 3 ½ (Élohim),

ce qui met en évidence les 3 ½ ans de l'invocation d'Élie ;

entre (1) et (2) enfin, il y a une distance

35 = 5 × 7,

qui marque l'association (5) spirituelle (7) de Jacques et Pierre dans notre sujet.

Jusqu'ici, nous voyons donc la sacrificature royale des Élus repérer par ses mentions succes-

p. 485

sives : en (3) (4) l'unité (Élohim) ; en (2) (3), par les 3 ½ (Élohim), les 3 ½ ans d'Élie. Les deux passages (1) et (2) de Jacques et de Pierre étant reliés par le signe divin d'association 5 × 7, et les 3 ½ (Élohim) faisant suite à (2), ce qui conduit au point B du schéma qui va suivre, faisons, en induisant de cette idée d'association un ensemble symétrique des passages, précéder maintenant (1) de ce même espace 3 ½ (Élohim) = 301. Nous arriverons, en A, en deçà de (1) dans l'échelle des versets, en

30435 — 301 = 30134,

c'est-à-dire au verset

Héb. VII, 3 = 30134.

Or c'est précisément ici le verset qui termine la consécration, Héb. VII, 1-3, de Melchisédec (ou Christ) comme sacrificateur et roi. Ainsi l'ensemble symétrique AB que nous soupçonnions est intentionnel et existe ; on le voit en AB du schéma.

                  2⁵ × 777
              x·······················x   3¼ (Élohim) Jac.   Pi.   3¼ (Élohim)
  |--|--|·······························|========|---|=================|
  a  c  b                             A       x·····x               B
                                              5 × 7

Ce premier résultat, par le fait qu'il retrouve, liés à la sacrificature des Élus, les 3 ½ ans cités

p. 486

par Jacques, rendrait déjà manifeste que l'Onction de Jacques a rapport à cette sacrificature. Mais après cela une preuve directe, et encore plus frappante, serait le fait d'une relation immédiate entre la disposition que nous venons de découvrir, et celle de l'Onction de la Sacrificature historique (Aaron) et de la Royauté (David) dans l'Ancien Testament.

Or on va voir que cette relation immédiate existe, et cela d'une manière qui, en mettant en évidence le nombre divin 777 de la Trinité trois fois sainte, prouve en même temps que le signe de l'Onction, 3e signe divin, forme bien, dans l'intention de Dieu, un système ternaire avec les deux autres signes du Baptême et de la Sainte Cène.

On a en effet pour les positions a, b des deux versets de l'Onction d'Aaron et de David :

| Sacrificature (Aaron). . . Lév. VIII, 12  2930
| Royauté (David) . . . . . I Sam. XVI, 13  7609;

d'où, pour la moyenne c de leur groupe, 5269,5.

Or, de ce centre c de la sacrificature royale historique au centre du verset origine A du système de la sacrificature royale spirituelle que nous venons de trouver, il y a une distance

p. 487
30133,5 — 5269,5 = 24864 = 32 × 777,

ou

2⁵ × 777,

résultat qui, après l'induction qui l'a amené, se passe de commentaire.

L'ordonnance mathématique de la Bible nécessaire pour résoudre la question des sacrements et définir leur système. L'idée du sacrement.

34. Les faits que nous venons d'exposer démontrent de nouveau que la Bible est, jusque dans la structure externe de ses moindres parties, construite sous une forme normale mathématique ; ils démontrent en particulier que ce système mathématique est nécessaire même à la solution de questions telles que celle des sacrements, dont la considération a toujours été une cause de dissension entre les chrétiens.

Nous avions déjà vu cette voie mathématique résoudre la question du Baptême des enfants et celle de la Transsubstantiation. Ici, elle vient de démontrer aux Eglises évangéliques la réalité de l'institution d'un 3e sacrement, celui de l'Onction, dans l'ordre inspiré de l'Ecriture.

Cette introduction d'une forme scripturaire mathématique et ordonnée, dans le domaine des

p. 488

dispensations de la Grâce, fait aussi discerner ce qu'il y a de vrai et ce qu'il y a de faux dans le système, semblablement ordonné et défini, des sacrements d'autres Eglises.

Ce qui est vrai, c'est sans doute qu'un ordre extérieur déterminé existe, voulu de Dieu : mais nous devons le chercher uniquement dans sa Parole.

Le SACREMENT est un acte accompagné d'un signe extérieur, institué par la Parole de Dieu et commandé par elle, pour la dispensation et la réception d'une Grâce.

Il n'y a, conformément à cette définition, que trois sacrements dans la Nouvelle Alliance. Le BAPTÊME et la SAINTE CÈNE, qui ont rapport à la repentance, à la régénération et à la vie éternelle, sont commandés par la bouche de Jésus-Christ lui-même, dont ils signifient l'œuvre actuelle. L'ONCTION, qui, par la considération de la Sacrificature et de la Royauté, se rapporte au Règne des Élus et à la Seconde Venue, est commandée par le Saint-Esprit dictant la Parole.

La dispensation de l'Esprit par « l'imposition des mains », qui a donné naissance dans l'Église de Rome à la « Confirmation » et à l'« Ordination, » [laquelle devrait alors aussi bien être conférée à tous les chrétiens, puisque tous sont « prêtres » (et ils reçoivent cette Imposition déjà au Baptême, qui est le Baptême de l'Esprit) ], n'est pas ordonnée comme sacrement. De même aucun sacrement n'est institué pour la « confession des péchés des uns aux autres » (le devoir de la « Confession » à tel homme qualifié n'existe d'ailleurs pas dans l'Écriture) ; ni pour l'« absolution ou la condamnation des péchés » par l'Esprit ou la Parole ; ni pour le « Mariage ».

p. 489

Que la grâce de Dieu et sa bénédiction soient manifestement appelées par nous, que ce recours s'affirme surtout dans les actes les plus solennels, c'est l'application d'une règle, d'un sentiment que ratifiera toujours la conscience chrétienne, et qui aussi bien devrait s'appliquer à toutes les circonstances de la vie. A ce point de vue, l'usage du « Sacrement » est, ou doit être, en quelque sorte continu. Mais, en fait, la Parole de Dieu n'institue d'une manière systématique, en en commandant la réalisation pratique, que trois signes extérieurs ; et la raison de ces trois signes se comprend très bien, car ils concernent, par dessus toutes les contingences humaines, les idées fondamentales, propres à la Première et à la Seconde Venue, dans lesquelles se résume la destinée de l'homme par sa vie en Christ.

Ce qui est vrai encore à l'égard des Sacrements, c'est que des Grâces spéciales, donc des réalités effectives, y sont dispensées. Ce qui est faux, c'est que les signes extérieurs qui définissent cet ordre dispensent la Grâce par leur vertu physique propre, et en soient dès lors la condition nécessaire : cela serait contraire à l'Ecriture, qui déclare que l'Esprit souffle où il veut, que nul n'en connaît le chemin et que nul ne connaît les Elus.

L'idée du Sacrement n'est d'ailleurs pas différente de celle des moyens de notre propre esprit dans son action sur d'autres esprits. Notre parole, par exemple, les vibrations mathématiques

p. 490

qu'elle détermine et que l'air transmet, vibrations dont l'ordonnance mécanique fait l'éveil et l'émotion d'autres âmes, sont un Sacrement. Elles donnent la vie, elles transmettent la pensée et la vérité. Elles ne sont cependant en elles-mêmes ni la Vérité, ni la Pensée, ni la Vie.

Les Sacrements, comme le monde physique tout entier, sont une écriture ; et l'Ecriture elle-même, ou la Bible, est un sacrement qui nous communique l'Esprit de Dieu vivant. La Bible est la Parole de Dieu mais n'est évidemment pas, en tant que Livre matériel, son Esprit lui-même, non plus que, dans ce même sens, le pain de l'Eucharistie n'est le Corps matériel de Christ.

Le Culte.

35. Il nous reste, pour terminer ces considérations, à faire quelque réflexion sur la notion générale du Culte, sur la signification qu'elle a et la place qu'elle occupe dans la vie normale et ordonnée des chrétiens. Mathématiquement, on peut soutenir que tout culte, c'est-à-dire toute manifestation extérieure de nos certitudes, est inutile, et que la régénération spirituelle interne est seule la chose nécessaire. Mais, au point de vue de la vérité de notre nature, cette attitude mathématique, maintenue exempte de reproche est impossible.

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Nous sommes nés pour l'action ; nous n'estimons vraiment un homme que si ses convictions se manifestent par des actes ; et nous ne nous estimons nous-mêmes que si nous sommes, devant le monde, les défenseurs de notre pensée.

Or le Culte est le témoignage et la défense publique de notre pensée religieuse, c'est-à-dire un témoignage que nous rendons à Dieu. En sa qualité d'acte, il est plus fort que toutes les paroles. Il nous défend aussi contre nous-mêmes ; il nous empêche de partager entre Dieu et Mammon, de faire deux parts de notre personnalité, également bien vus d'un côté par des croyants qui approuvent notre foi, et d'un autre par une monde auquel nous craindrions de la faire vraiment connaître. Le culte est donc, d'une manière très pratique et utile pour la vie morale, une école de courage. Il s'agit de prendre loyalement, devant et contre le monde, le parti de Jésus-Christ.

Mais à un autre point de vue, plus profond, le Culte n'a pas la seule valeur de notre témoignage. Les ordonnances établies par la volonté du Seigneur, qui sans doute nous connaît mieux que nous mêmes, ordonnances qui, nous l'avons remarqué, ne sont qu'une mesure simple et comme le cadre naturel de notre existence à travers les jours, sont des moyens, appropriés à

p. 492

notre nature, par lesquels la grâce, nécessaire à l'entretien de notre vie spirituelle, nous est départie ; et, de témoignage que nous rendions à Dieu, le culte devient un témoignage que Dieu nous accorde. La régénération, la nouvelle naissance, est la condition seule nécessaire du salut ; on le sait ; c'est la différence de niveau, de potentiel, la pression sans l'existence de laquelle les eaux vives ne pourraient jamais se répandre et fertiliser la terre stérile. Mais encore faut-il qu'une main intelligente, à la fois donne cours à ces eaux bienfaisantes, et les dirige, avec la mesure voulue, par les différentes plages du terrain.

36. Tout est ordonné dans l'œuvre de Dieu. Il est vrai que l'Esprit souffle où il veut ; nul n'en connaît le chemin ; toute condition concrète peut sembler importune à la vie de l'esprit. Mais la règle n'est pas la contrainte ; notre nature tend au désordre : nous avons besoin d'ordre et de mesure ; et ici, comme dans le plus beau des Arts, dans celui que l'Écriture a consacré à la louange de l'Éternel, le Rythme est la condition de l'Idéal.

p. 493

ANNEXE

A.) Sur la mathématique biblique comme élément critique des textes. Analyse des versets Jean V, 4 et I Jean V, 7 que rejette la critique moderne.

Les manuscrits (intégraux ou partiels) qui constituent pour nous les originaux du Nouveau Testament datent du IVe au Xe siècle. Il n'y en a littéralement pas deux entièrement d'accord. (1). Tous, ou tous moins un, sont donc affectés d'erreur ; et comme le vrai, s'il existe, n'est pas connu, le doute subsiste pour chacun en particulier. La Critique est donc dans l'impossibilité absolue de nous faire connaître avec certitude la Parole de Dieu. En fait, nous ne pouvons être assurés par elle de la vérité d'aucun fait, parole ou acte particuliers rapportés par les Évangiles ; et dans ces conditions, étant donné un livre aussi

(1) Voir : A. Rilliet, Les Livres du Nouveau Testament, Paris, Genève, 1858 ; Avertissement, p. IX. Lortsch, Histoire de la Bible en France, suivie de fragments relatifs à l'Histoire générale de la Bible, Paris, Genève, 1910.

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extraordinaire dans son contenu, les droits à l'acceptation intégrale par une raison de sens rassis ne sont pas seulement nuls : ils deviennent négatifs.

Si la Parole de Dieu est une réalité, il faut donc de toute nécessité qu'une ordonnance de signes surnaturels institués par Dieu existe, qui nous la définisse et nous la fasse reconnaître ; et sans nul doute l'impuissance même, inhérente à la mise en œuvre des données du problème par la science humaine proprement dite, était destinée à nous prouver la nécessité de cet ordre surnaturel et à nous le faire rechercher.

Or, tout cet ouvrage le démontre, cet ordre cherché consiste dans un système de conditions mathématiques, revêtant, comme telles, la forme type de la clarté, et auxquelles doivent satisfaire, des plus générales aux plus particulières, et jusqu'à considérer la constitution des mots en lettres, les éléments externes de construction de la Bible.

On prévoit par là le temps où la Critique, aussi inapte aujourd'hui pour la Bible à déterminer les textes, qu'elle l'est pour l'Histoire à reconstituer le Passé, deviendra à l'égard de l'une et de l'autre une science mathématique ; et cela met la Raison à l'aise pour accepter, en en considérant la raison d'être et l'objet, l'extraordinaire

p. 495

combinaison du langage et des nombres qui constitue la trame et le tissu de l'Écriture. De la même manière qu'en Astronomie nous jugeons de la valeur des observations anciennes par leur accord avec le ciel maintenant calculable et calculé, de même on reconnaîtra l'Inspiration de tel ou tel passage d'un manuscrit, à son existence, comme terme nécessaire d'une loi, dans le système mathématique connu de la Révélation.

A ce système mathématique correspond une forme externe idéale et normale de l'Écriture, conforme à la volonté de Dieu (1).

Comme le démontrent les Leçons qu'on vient d'étudier, ce système mathématique normal se trouve d'ailleurs enseigné par la Bible au moyen d'un ensemble de données numériques sans équivoque, d'une part assez générales, d'une autre assez nombreuses et assez particulières pour que ce système puisse être dès à présent considéré comme connu, et qu'il ne reste plus qu'à poursuivre dans les détails le tracé d'un canevas déjà rigoureusement déterminé.

Il y a plus : si l'on veut bien y faire attention,

(1) Cela répond à ce qui est dit dans l'Ancienne Alliance des Tables de la Loi, destinées à être contenues dans l'Arche d'Alliance, dont les dimensions étaient données.

p. 496

dans notre livre déjà le procédé de critique mathématique dont nous nous occupons a produit ses fruits. Tel verset controversé par la Critique moderne s'est, sans qu'aucun doute puisse subsister, démontré être inspiré. Le seul exemple suffirait du dernier verset, Apoc. XXII, 21, de l'Apocalypse, savoir, conformément au texte jusqu'ici reçu : « La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ avec vous tous. Amen », lequel nous a donné par sa valeur numérique la formule si décisive du § 164. La liaison de ce verset avec le premier verset de la Genèse (§§ 165-168) démontre non moins victorieusement que sa rédaction est inspirée. Il n'est donc pas permis d'y rien changer. Certains critiques (1) cependant remplacent maintenant cette forme par la lecture « Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous », en détruisant ainsi, sans en soupçonner la portée, une preuve capitale de l'inspiration de la véritable Parole de Dieu.

D'autres exemples offerts dans nos Leçons par d'autres versets justifieraient en la confirmant la crainte avec laquelle doit être envisagée par les Chrétiens toute modification de texte dépendante de l'incertitude inhérente aux inductions

(1) Suivis par la toute récente Version synodale (Paris, 1911).

p. 497

d'une science purement humaine ; et cet avertissement est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, en présence d'un courant croissant qui porte à considérer la forme traditionnelle admise au temps de la Réforme, forme qui s'accorde d'ailleurs avec celle que la Vulgate nous avait transmise à travers les siècles, comme une rédaction dénuée de véritable autorité scientifique, et par conséquent destinée à se transformer sous l'œil averti de la Critique actuelle.

D'après tout l'ensemble des résultats auxquels a jusqu'ici conduit notre Méthode mathématique, aussi certaine dans son principe et ses déductions que la Critique l'est peu dans les siens, ce texte traditionnel, ou « Texte reçu », apparaît tout au contraire comme nous ayant apporté, à l'époque de la Connaissance de Daniel, qui est la nôtre, et sous la direction surnaturelle de Dieu agissant sur les hommes au cours des temps, la Parole inspirée fixée dès le commencement par les écrivains autorisés du Nouveau Testament. En tout état de cause, c'est cette forme jusqu'ici reçue par l'Eglise de Jésus-Christ qui, d'elle-même et sans aucune sollicitation, s'est d'emblée révélée comme un monument mathématique inspiré. Il faudrait donc pour nous en écarter qu'on nous opposât des preuves tout au moins du même ordre d'autorité rationnelle.

p. 498

Cette Note est moins destinée à engager un nouveau sujet, par sa nature beaucoup trop étendu, qu'à signaler une situation et un danger. Nous la terminerons cependant par quelques exemples, plus éloquents en leur qualité d'objets de fait, que toutes les considérations d'ensemble, et qui vont démontrer à quel point la Critique moderne, avec toute sa science, peut faire erreur dans l'appréciation des passages inspirés ou non inspirés de l'Ecriture.

Le premier de ces exemples est particulièrement intéressant en ce qu'il met en évidence, dans les raisons propres à faire rejeter un verset de la Bible, l'influence des préjugés scientifiques du jour contre le Surnaturel.

Il s'agit du verset Jean V, 4 concernant l'Ange de l'Eternel qui descendait dans le réservoir de Béthesda pour en agiter l'eau.

Une critique, d'ailleurs croyante, n'éprouve aujourd'hui aucun déplaisir à accepter l'idée libératrice qu'il ne s'agit pas là de surnaturel, mais bien plutôt de la fraude pieuse ou de l'ignorance d'un copiste, donnant un caractère surnaturel au simple fait d'une fontaine intermittente.

Le Commentaire de Bonnet, la révision du texte d'Ostervald de 1894 suppriment le verset ; la version Synodale (1911) le signale comme suspect. Mais si un verset est suspect dans l'Ecri-

p. 499

ture, où tout est extraordinaire, en est-il un seul qui ne le devienne pas ? En quoi le fait que la Critique n'en dise encore rien, prouve-t-il qu'il ne soit pas suspect en lui-même ? et jusqu'où ira cette réduction de l'Écriture à la mesure de l'opinion raisonnable du jour ?

Voyons donc si, dans le point de vue qui envisage sérieusement la Bible comme la Parole de Dieu, notre manière de voir moderniste ne pourrait pas, à l'égard de notre objet de controverse, changer du tout au tout.

Envisageons d'abord pour cela la structure de l'histoire de Jésus et du paralytique, et celle du Chapitre V auquel elle appartient.

Cette histoire se divise comme suit :

Une première semaine de versets 1-7, au centre de laquelle est le verset Jean V, 4, et qui se termine par la rencontre de Jésus et du malade et la confession (7) par celui-ci de son impuissance à se guérir lui-même. Cela correspond évidemment, dans l'analogie de la dispensation historique, à la 1re Venue du Seigneur.

Une deuxième semaine 8-14, celle de la guérison de l'homme par Jésus, laquelle commence (8) et finit (14) par les deux paroles de Jésus qu'elle con-

p. 500

tient, savoir (8) l'ordre de se relever d'entre les morts : « Lève-toi, emporte ton lit et marche », et (14) l'ordre de persévérer jusqu'à la fin : « Voilà, tu as été guéri : ne pèche plus désormais, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire ». Cette seconde rencontre avec Jésus correspond à la IIe Venue, marquée aussi dans le texte par la crainte du jugement.

Une troisième semaine 15-21, celle du témoignage des élus et de la puissance de Résurrection du Fils de Dieu, laquelle commence (15) par le témoignage, rendu devant le monde (les Juifs), par le malade, que c'est Jésus qui l'a guéri, et qui se termine (21) par la déclaration de Jésus au monde que « comme le Père ressuscite les morts et leur donne la vie, de même aussi le Fils donne la vie à ceux qu'il veut » (comme il l'a rendue au paralytique).

Après ce groupe de 21 = 3 × 7 versets, le Chapitre en contient encore

26 = (Jéhovah)héb.

Ils sont tout entiers occupés par une seconde

p. 501

partie du discours du Seigneur. Ce second groupe de 26 est une vue historique qui, du sommet de la Seconde Venue, de la Résurrection et du Jugement, où l'on vient de parvenir, embrasse toute l'Histoire des Eglises, en rétrogradant à travers elle jusqu'à Moïse ; c'est ce que d'ailleurs vérifie le repère de la 1re Venue, ou la mention de Jean (versets 32 à 36 : 32 + 362 = 34), qui coupe le bloc des 26, au verset 34, en deux parties égales (21 + 262 = 34), 34 indiquant en outre l'Année de la Rédemption.

De ces faits systématiques de construction résulte déjà une première preuve en faveur du verset V, 4, car il occupe, comme centre de la première semaine, une place nécessaire et déterminée, ce qui suffirait à démontrer qu'il ne doit pas disparaître.

Le sens messianique est d'ailleurs ici évident. Béthesda signifie « Maison de Charité », « Maison de secours » ; le réservoir est près de la Porte des Brebis (V, 1) parce que Jésus est « la porte » (X, 9) des « brebis » (X, 1).

L'Ange ou l'Envoyé qui agite l'eau, laquelle ainsi guérit (V, 4), est Christ Lui-même qui rend l'eau (la repentance) vivante en vie éternelle ; et celui qui sans tarder (V, 4) entend sa voix (« Aujourd'hui si vous entendez sa voix » n'en-

p. 502

durcissez point votre cœur », Ps. XCV, 8) est celui qui est guéri.

Cela considéré, envisageons maintenant les indications de nombre enseignées par le texte.

Nous allons y trouver la confirmation mathématique précise du caractère inspiré que nous pressentons.

Considérons pour cela la première semaine de 7 versets dont V, 4 est le centre.

(V, 2, 4)  Le réservoir a 5 portes. L'angle de l'Éternel
           ou (Jéhovah)héb. = 26, entre par elles, ce
           qui donne, pour les 5 entrées, 26 × 5 ; ou
           en réduisant ce nombre en temps, au
           moyen de (jours)héb. = 100, puisqu'il s'agit
           d'une vue sur l'histoire de l'Humanité,

                28 × 5 × 100 =  . . . .   13000

(V, 5)     Le paralytique attend 38 ans ; soit  . . .      38

(V, 7)     termine la 1re semaine. (14) repère la IIe
           Venue, ou 2180. Au verset (7) répond donc
           le nombre 2180 — 7 = 2173  . . . . .    2173
           lequel dans la chronologie, est un Di-
           manche ; et c'est en effet un « Jour de sabbat
           (repos) », V, 16), que Jésus avait guéri la
           maladie.

   Ces nombres, ainsi enseignés à travers les jours de
la semaine, donnent la somme . . . . . . .       15211
   Or cette somme n'est autre chose que la valeur nu-
mérique du verset (V, 4),
centre de cette semaine. On a en effet, pour cette
valeur en grec :

                (Jean V, 4)gr. =  . . . . . .     15211
p. 503

Le verset a

27 = 3³ mots

et

135 = 5 × 27 = 5 × 3³ lettres.

Ces 135 lettres sont donc choisies de manière à satisfaire par leur somme à la reproduction intégrale des indications des 7 versets de la semaine ; d'ailleurs ces indications supposent la connaissance du nombre 2180 de Daniel relatif à la Seconde Venue ; et parmi elles le nombre si particulier 38, explicitement donné par le texte, serait à lui seul la preuve, et comme la pierre de touche du caractère intentionnel de la disposition des données.

Mais il y a bien plus. Nous venons d'être conduits par le système de construction du texte en semaines à attribuer le nombre 2173 au verset (7) qui termine la première semaine.

Or pour confirmer l'importance de notre verset central (V, 4), et qu'il concentre en quelque sorte en lui toute l'ordonnance des 7 jours de cette semaine, sa valeur numérique 15211, qu'on vient de déterminer, offre la relation suivante,

p. 504

après ce qui précède plus éloquente qu'aucun commentaire, savoir :

(Jean V, 4) = 15211 = 7 × 2173.

De pareils faits éliminant toute idée de hasard, on conclut avec certitude que le verset Jean V, 4 est inspiré, et fait partie intégrante de la Parole de Dieu.

Les considérations suivantes relatives à la situation du verset sur l'échelle des versets de la Bible, ne sont pas moins décisives pour établir cette conclusion.

Tout d'abord, sur l'échelle du Nouveau Testament, sa situation est remarquable, car il y a pour numéro d'ordre

3072 = 24 × 2⁷.

Quant au numéro d'ordre sur l'échelle totale des versets de la Bible, il est à la fois l'indicateur du contenu intellectuel du verset et de sa valeur numérique.

Le verset a, sur cette échelle totale, pour numéro d'ordre

26285.
p. 505

Cherchons, quant à son contenu intellectuel, la figuration symbolique chiffrée du verset.

   L' « Ange », ou le Fils de Dieu, seconde personne
de la Trinité                                          77
entre dans le réservoir aux 5 portes « en un certain
temps » qu'il est (voy. plus haut) 2173, ce qui donne
5 × 2173 =                                          10865
   Il agite l'eau, c'est-à-dire les temps avant Christ,
mesurés par les 8 périodes quinquaséculaires de 528
ans d'Adam à Christ (§ 128), en la pénétrant par son
esprit, ce qui donne (toujours par les 5 entrées)
   8 × 528
─────────────  =                                      132
2×2×2×2×2

   La figuration du sens du texte du verset est donc,
par la somme des trois nombres précédents .  .   11074
   Sa valeur numérique est, d'autre part .  .  .  15211

   Or l'ensemble, ou la somme de ces deux nombres,  26285
n'est autre chose, à partir du premier verset de la
Genèse, que l'indicateur ou le numéro d'ordre  .  26285
du verset (Jean V, 4) qui les fait connaître.

La construction externe de la Bible (division en versets, etc.), ou ce que nous avons appelé la Bible signifiée (voy. Appendice, § 25), est celle du Texte reçu (Ostervald), dont nous nous sommes couramment servi dès le commencement de nos recherches (voy. Avant-Propos, p. 5), avant de même soupçonner l'existence d'une telle construction en tant qu'élément destiné à un enseignement spirituel.

Il importe de prévenir de même la Critique moderne, et ce sera notre second exemple, que le

p. 506

verset I Jean V, 7, si capital comme affirmation nette de la Sainte Trinité, et qu'elle supprime, sans plus, du texte reçu (voy. par exemple la Version synodale, 1911) est entièrement inspiré. Il est d'ailleurs en intime connexion, dans le système mathématique de l'Écriture, avec les deux autres versets relatifs à la Sainte Trinité, savoir Esaïe VI, 3 et Matt. XXVIII, 19.

Ce verset I Jean V, 7 « car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, la Parole, et le Saint Esprit ; et ces trois-là sont un », a pour valeur numérique en grec :

(I Jean V, 7)gr. = 9861.

Or cette valeur n'est autre chose que l'expression du contenu intellectuel du verset traduit en langage symbolique chiffré ; savoir :

Il y en a trois (3) qui
rendent témoignage dans
le ciel (7)  . . . . . (3.3.3) × (7.7.7)        = 9261
le Père, la Parole et le
Saint Esprit (1, 2 et 3),
et ces trois-là sont Un
(100 ou l'Unité de trois
chiffres)  . . . . . . (1.2.3) × 100            = 600

   On a donc :
Contenu intellectuel, ou Somme des deux nombres = 9861
Valeur numérique du verset . . . . . . .  =     9861
p. 507

Le verset a 22 mots, ce qui porte l'attention sur l'alphabet hébreu de 22 lettres ; et il a 86 lettres, c'est-à-dire que, par sa construction même, il mesure la pluralité de Personnes désignée par le pluriel

(Élohim)héb. = 86

du premier verset de la Genèse (Gen. I, 1). Inversement, cette connexion même démontre que la Pluralité dont il s'agit dans ce premier verset de l'Ecriture est bien la Trinité.

Les paroles de notre verset : « Le Père, le Fils et le Saint Esprit » définissent les Personnes en Dieu. Il est naturel d'induire que leur valeur numérique constituera un élément indivisible, c'est-à-dire, dans l'espèce, un Nombre Premier. Or il en est effectivement ainsi. On a pour cette valeur :

(le Père, le Fils et le Saint-Esprit)gr. = 2113, Nombre Premier

Ce nombre [son numéro d'ordre dans la suite des Nombres premiers est formé d'éléments humains, ce qui convient, l'Homme étant fait à l'image de Dieu : on a 2113 = P10 × 2⁵] désigne par ses quatre chiffres l'Unité et les Nombres 1, 2, 3 ; la somme de ces chiffres est en outre égale au nombre divin 7.

D'après ces indications, la valeur numérique

p. 508

de notre texte semble devoir annoncer à la fois l'Unité de Dieu et l'existence des trois Personnes divines. Or on a effectivement, et cela d'une manière qui distingue nettement l'idée de l'Unité de l'Etre de celle des Personnes, figurées par les chiffres 1, 2, 3 :

(le Père, le Fils et le Saint Esprit)gr. = 2113 =
= (Un)gr. + (1.2.3.) × (7.7.7.).

[(Un) gr., ou εν, qui est le 21e = 3 × 7e mot du verset, est égal à 55].

Examinons maintenant ce qui concerne notre verset quant à sa situation dans la construction externe de la Bible.

Son numéro d'ordre, ou son indicateur sur l'échelle des versets du Nouveau Testament, est

[I Jean V, 7] = 7485 ;

et, dans ce Livre de la Nouvelle Alliance, c'est Jésus « l'Amen, le Témoin véritable » (Apoc. III, 16) qui doit rendre témoignage de la vérité du verset.

   Notre indicateur [I Jean V, 7] = 7485 désigne le
verset .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .   7485
   (Jésus) gr. = 888 doit rendre témoignage à son ensei-
gnement trinitaire, par les trois chiffres 8 de son nom ;
il est l' « Amen » = 3 × 33 = 99. On aura ainsi
        (8 + 8 + 8) × (Amen)  .  .  .  .  .  .  .  .  2376.
   L'indication que le verset est la vérité est donc, par
la somme des deux nombres précédents .  .  .       9861
   Or cette marque de Vérité s'applique au contenu
intégral du verset, puisqu'elle n'est autre que la va-
leur numérique de celui-ci : (I Jean V, 7) .  .  .  9861
p. 509

Comparons ensuite, dans cette même vue de position, notre verset aux deux autres versets de la Bible relatifs à la Sainte Trinité, savoir :

(Ésaïe VI, 3) « Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, Saint, Saint est l'Éternel des armées. Toute la terre est pleine de sa gloire. »

et

(Matt. XXVIII, 19) « Allez donc, et instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. »

Les numéros d'ordre ou les indicateurs des trois versets sur l'échelle totale des versets de la Bible sont :

[Ésaïe VI, 3]     = 17841
[Matt. XXVIII, 19] = 24283
[I Jean V, 7]     = 30698.

Or ces trois situations sont en connexion systématique directe. Si, pour indiquer qu'il s'agit de la Trinité, on relie par le signe 3. 3. 3 de la Trinité les deux indicateurs extrêmes, Esaïe et Jean, l'indicateur intermédiaire, Matthieu, est exactement au centre du système trinitaire qu'ainsi ils déterminent ; c'est-à-dire que l'on a exactement :

[Ésaïe VI, 3] + 3. 3. 3 + [I Jean V, 7]
─────────────────────────────────────── = [Matt. XXVIII, 19].
                  2
p. 510

Envisageons enfin notre verset (le 7e de I Jean V) dans sa connexion avec le premier verset de la Genèse. Nous avons vu que, par ses 86 lettres, il mesure la pluralité 3 (Trinité)

(Élohim) = 86

de Gen. I, 1 (c'est le 3e mot de ce verset de 7 mots).

Or le bloc de 30698 versets que ces deux versets extrêmes déterminent, a pour centre

306982 = 15349,

lequel n'est autre que le

3e verset

du

86e Psaume.

Il ne peut y avoir d'après tout cela aucun doute sur ce que le verset I Jean V, 7 est inspiré, et fait partie de la Bible en tant que Parole de Dieu.

L'intérêt des faits arithmétiques que nous venons de présenter est grand, mais moins encore comme application d'une méthode de critique d'un ordre nouveau, que par la démonstra-

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tion absolue qu'ils apportent, de l'erreur, dans la méthode et les errements critiques actuels (1).

L'indifférentisme, affecté, sous prétexte de largeur spirituelle, à l'égard du caractère absolu de la Parole écrite, et professé aujourd'hui par des conducteurs d'âmes, est une tendance que ces preuves nouvelles condamnent sans rémission. En cela elles accomplissent une œuvre très utile. Dans l'Eglise en effet, cette tendance de leurs conducteurs a pour résultat fatal de dé-

(1) Voir au sujet du verset I Jean V, 7, loc. cit. : Rilliet, Épîtres catholiques, p. 37 ; Lortsch, p. 278.
Le procédé de la Critique consiste à conserver, dans un ensemble d'observations, ce qui concorde assez bien et forme un terme moyen, et à rejeter ce qui paraît trop sporadique. Mais ce concours d'observations en lui-même ne prouve nullement que le terme moyen qu'il constitue, résultat de causes diverses qui ont agi pendant au moins quatre siècles, soit authentique. Au fond c'est ici traiter le fait comme un fait humain, recourir à la tradition et supprimer Dieu. Au point de vue scientifique, c'est ne pas tenir compte d'une hypothèse possible, savoir la direction historique surnaturelle de l'Esprit de Dieu. Or cette hypothèse, nous venons de la restituer et de la démontrer vraie par des preuves géométriques indépendantes ; et l'on peut être assuré que ces passages controversés, aussi capitaux que ceux dont nous venons de parler, s'offrent à notre temps entouré de doutes non résolubles par des moyens humains, cela même était voulu et préparé dans un ordre prédestiné, pour nous contraindre à cette voie nouvelle d'investigation, en nous en démontrant à la fois la nécessité et la puissance.

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truire la confiance chez ceux qui pensent, et d'anémier la foi chez ceux que, sans plus penser, maintient encore l'esprit religieux.

Si l'on demande la raison d'être d'un ordre, à la fois ouvert et caché, de preuves, qui, lumière pour les uns restera dédaigné par les autres, nous répondrons, avec l'Ecriture, qu'elle procède de la Justice de Dieu. Il n'est parlé au monde qu'en paraboles. « Pourquoi », demandent les disciples au Seigneur, « leur parles-tu en paraboles ? » Et il leur répond : « Parce qu'il » vous est donné de connaître les mystères du » royaume des cieux ; mais cela ne leur est point » donné. Car on donnera à celui qui a... Mais » pour celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce » qu'il a. C'est à cause de cela que je leur parle » en paraboles, parce qu'en voyant ils ne voient » point, et qu'en entendant ils n'entendent et » ne comprennent point... Car le cœur de ce peu- » ple est appesanti... ils ont fermé les yeux, afin » qu'ils n'aperçoivent pas de leurs yeux... et » qu'ils ne comprennent pas du cœur, et qu'ils » ne se convertissent pas, et que je ne les gué- » risse pas. Mais pour vous, vous êtes heureux » d'avoir des yeux qui voient et des oreilles qui » entendent. » (Matt. XIII, 10-16).

Ce n'est pas à nous qu'il appartient de donner

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une forme à la Vérité. Sur ce point comme sur tout le reste, tels que nous sommes, et qu'elle nous plaise ou qu'elle nous déplaise, ce qu'il nous importe de connaître avant tout, c'est, sans avoir à la juger, la Volonté de Dieu.

B.) Sur la mathématique biblique comme élément critique des faits historiques.

La fondation de l'Eglise de Rome et la mort de Pierre.

1° Par sa Chronologie, cavenas mathématique déterminé, la Bible assigne avec certitude aux événements leurs repères dans le temps. Elle rectifie ainsi des erreurs courantes qui, tant en elles-mêmes que par le lien intime des histoires particulières des différents peuples, affectent l'ordonnance entière des faits historiques.

Il convient de citer parmi ces erreurs :

la plus capitale d'entre-elles, savoir l'admission, officielle aujourd'hui, d'un écart entre notre Ere chrétienne et la Naissance de J. C. ; cet écart n'existe pas ;

les dates fautives d'événements tels que « la 20e Année d'Artaxerxès », « la Fin du royaume d'Israël », « la Fin du règne de Salomon », — qui, pour le moment généralement admises — 445, — 721, — 976, sont en réalité — 453, —758, — 1000 ;

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la date de l'Exode, — 1516, qui réagit sur toute l'Histoire d'Egypte ;

enfin, se rapportant à notre état social, l'erreur des tentatives de réforme de notre Calendrier, lequel, sous sa forme actuelle, est un élément inspiré, voulu de Dieu.

2° Par la nature mathématique remarquable des nombres chronologiques inspirés que la Bible assigne à certains événements, elle en vérifie la réalité ; tels sont :

pour ceux qui ont osé les nier en dépit de l'évidence historique, l'existence même et les faits fondamentaux de la vie de Jésus-Christ ;

le Déluge universel (— 2528), événement assurément aussi important pour la Géologie et la Physique du Globe que pour l'Histoire ;

la Création de l'Homme (— 4184), qui impose aux spéculations évolutionnistes une condition mathématique singulièrement inattendue.

3° Enfin, par le concours de ses nombres systématiques de divers ordres, la Bible ou découvre ou élucide des faits historiques, soit inaperçus soit controversés.

A la première de ces deux classes se rapporterait la « Descendance israélite des Anglo-Saxons » ; l'examen de ce fait ne peut prendre place que dans la suite de ces Leçons ;

mais à la seconde appartient une question qui

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se prête, dans la présente Annexe, à servir d'exemple et d'application ; essentiellement liée à l'Histoire de l'Eglise de Christ, elle ressort, semble-t-il, plus directement aussi au conflit d'idées qui nous a particulièrement occupés dans cet ouvrage. Il s'agit 1° de la venue de l'Apôtre Pierre à Rome comme fondateur d'une Eglise, et 2° de la question de la Mort de Pierre, soit à Rome comme le prétend l'Eglise de Rome, soit à Babylone, comme l'enseigne naturellement l'Ecriture.

A vrai dire, nous ne pouvons non plus, vu son étendue, exposer complètement ici cette seconde question, mentionner toutes les preuves mathématiques dont le concours a confirmé pour nous sa solution certaine. Nous voulons seulement à son occasion, par quelques faits, les uns que nous nous bornerons à signaler, d'autres que nous allons établir, rendre certaine pour l'observateur attentif et indépendant, l'existence d'une voie critique nouvelle, d'autant plus digne d'attention que le problème auquel nous allons l'appliquer est définitivement classé aujourd'hui comme insoluble, et qu'elle se présente donc à tous égards comme nécessaire ; d'ailleurs l'importance capitale du sujet nous contraint à elle seule vers cette seule lumière qui reste et qui nous est proposée.

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Commençons, pour nous orienter, par délimiter nettement la matière du débat, et rappelons d'abord la solution naturelle qui se dégage de la lecture des documents écrits.

Il s'agit :

1° du fait que Pierre serait venu à Rome en l'An 42 pour y fonder l'Eglise de Rome, et de son pontificat dans cette ville pendant 25 ans ;

2° du fait de sa mort à Rome sous Néron, en supposant que, d'une manière brusque tout à la fin de son existence, il soit venu à Rome après le premier séjour de Paul, et avant le retour de Paul dans cette ville.

Sur le premier point, il y a, selon toute vraisemblance, invention : c'est une histoire sans fondement documentaire, liée au fait historique vrai de la venue et de l'apostolat de Simon le Magicien à Rome.

En présence de cette imposture, qui est la base et la ruine du Catholicisme romain, le second fait deviendrait à peu près indifférent. Mais ce second fait lui-même ne repose sur aucun document valable : nulle part il n'est acquis ni produit à la manière d'un fait historique.

Voilà pour les autorités d'ordre humain.

Si l'on se place au point de vue de l'autorité absolue de la Parole de Dieu, les deux faits sont controuvés : le premier, par le récit des Actes

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relatif à l'apostolat de Paul, et par la spécification précise que Pierre et Paul avaient des champs géographiques d'action qui s'excluaient ; le second, par cela même, et en outre par la Lettre (II Pi.) que Pierre, sur le point de périr conformément à ce que le Seigneur lui avait prédit, écrit aux Romains ; enfin par l'unification que cette Lettre établit entre l'œuvre de Pierre et celle de Jude, cette dernière étant bien connue comme ayant concerné la région origine de l'Histoire (Arménie, Mésopotamie, etc.).

Supposons néanmoins que, sous le prestige d'une tradition non discutée, on considère cette solution scripturaire comme encore insuffisante. Un dernier recours subsistera dans le témoignage indépendant des données systématiques externes de l'Ecriture.

Or on y trouve tout d'abord un grand trait de construction qui rend en quelque sorte visible géographiquement la répartition du travail missionnaire des Apôtres. Ce trait c'est l'ordre de succession même de l'ensemble des Epîtres, ordre qui repère des lieux disposés de l'Occident à l'Orient, de manière à embrasser, de l'extrémité atlantique de l'Europe à la Mésopotamie, tout le foyer de l'Histoire. Ainsi, la liste commence par l'Epître aux Romains, où Paul étend son plan d'action jusqu'à l'Espagne. Viennent

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ensuite, des Corinthiens aux Hébreux, la Grèce, l'Asie mineure, la Crête (Tite) ; et, ramené dès lors en Palestine (par les Hébreux), on y retrouve, conformément aux Actes, Jacques, Pierre et Jean. Enfin à l'extrémité orientale de la liste se trouve Jude, que l'on sait historiquement être en effet l'Apôtre de l'Arménie, de la Babylonie (comme d'ailleurs aussi Pierre dans I Pi.), etc. ; et la connexion d'œuvre de Pierre et de Jude, prouvée par l'identité de II Pi. et de Jude, achève de fixer nos yeux sur cette région géographique limite, tout en nous confirmant qu'elle est bien celle de l'activité de Pierre.

Signalé par ce grand trait de premier ordre, ce point de vue géographique, étudié dans ses détails se confirme d'ailleurs de telle sorte qu'il est impossible de récuser son caractère intentionnel : on découvre, par exemple, que les distances géographiques entre les centres d'action mentionnés, tels Jérusalem, Antioche, Rome, Athènes, Babylone, sont mesurées par les distances entre leurs mentions sur l'échelle des versets ; par où il est certain que la Babylone où se trouve Pierre en I Pi. est bien la Babylone géographique des bords du Tigre et de l'Euphrate.

Tous ces signes externes confirment donc que Paul est l'Apôtre de l'Occident et Pierre l'Apôtre de l'Orient ; et tandis que les Epîtres de Paul

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marchent, des Romains aux Hébreux, de l'Ouest à l'Est, les deux Epîtres de Pierre jalonnent au contraire la carte de l'Est à l'Ouest, car la première est adressée à l'Asie mineure et la seconde aux Romains.

Il est d'ailleurs très intéressant de faire observer que la distribution systématique des Epîtres constitue un argument également fort pour notre objet, dans des points de vue opposés. Si cette distribution est surnaturelle, c'est-à-dire voulue et dictée par l'Esprit de Dieu, l'argument, vu la nature de son autorité, est sans appel ; et si, pour échapper à cette contrainte on veut qu'elle ne soit pas surnaturelle, elle devient pour beaucoup encore plus impressionnante ; car elle témoignerait d'un consentement unanime, plus solide que les revendications de telle ou telle église, par lequel, aux origines, on aurait sans discussion, dans une vue naturelle, situé Paul à l'Occident et Pierre en Orient.

En tout état de cause, ceci suffit déjà pour faire entrevoir que la question de la mission et des voyages de Pierre, estimée jusqu'ici insoluble, pourrait au contraire, par un ordre d'arguments non encore aperçu, devenir très claire et se résoudre avec une certitude mathématique.

Nous allons montrer maintenant qu'il en est de même du problème d'ordre spirituel des pré-

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tentions de l'Eglise de Rome au point de vue de la doctrine et des institutions, institutions et doctrine qu'elle tiendrait de Jésus-Christ sous la direction de Pierre ; et qu'envisagée sous cette nouvelle face, la question conduit comme d'elle-même à la solution des deux points précis de notre sujet, savoir : la Fondation de l'Eglise romaine par Pierre et la Mort de Pierre à Rome. On s'éclaire en effet singulièrement sur tous ces points par l'analyse mathématique de paroles qu'adresse à Pierre le Seigneur lui-même ; de ces paroles prophétiques la véritable intention paraît d'ailleurs n'avoir jamais été soupçonnée. Il s'agit du verset Jean XXI, 18 :

« En vérité, en vérité je te le dis : Lorsque tu » étais jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais » où tu voulais ; mais lorsque tu seras vieux, tu » étendras tes mains, et un autre te ceindra, et » te mènera où tu ne voudrais pas. »

Ces paroles ont sans nul doute un sens relatif à la mort de Pierre, comme il en témoigne lui-même en II Pi. I, 14 ; mais, sans s'arrêter à ce que l'insistance, et presque l'ironie amère des termes y présenterait d'inutilement pénible s'il ne s'y agissait que de cela, ces termes ne conviennent nullement au simple fait de la crucifixion de Pierre. Tout d'abord en effet, ils ne s'appliquent pas du tout au point de vue littéral,

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s'il s'agit proprement de la mise en croix de Pierre, car ils diraient littéralement qu'après cette mise en croix on le mènera où il ne voudrait pas ; ensuite, on ne comprend nullement alors non plus la raison d'être de ce double « Amen » solennel qui correspond à la division du discours en deux parties concernant respectivement la jeunesse et la vieillesse de Pierre ; et enfin Pierre, bien loin de se conformer à l'ordre que lui donne Jésus, en terminant ses paroles (Jean XXI, 19), d'avoir à « le suivre », serait dépeint comme traîné à la mort dans le sentiment d'une résistance impuissante et l'amer regret de la vie ; ce qui ne s'accorde ni avec son caractère ni avec la repentance de son reniement, et ce qui est démenti, en fait, en II Pierre, par son attitude à l'approche de sa fin. On doit convenir aussi qu'on comprend mal dans les paroles solennelles du Seigneur le souci de la désignation spéciale du bourreau de Pierre (« un autre »), et d'autant moins que le Seigneur déjà (Jean V, 43) avait parlé prophétiquement sous ce même terme (« un autre ») d'une puissance adverse qui supplanterait aux hommes sa divine autorité.

Tout concourt donc à faire penser qu'il s'agit ici d'une vue prophétique ; que, sous la figure de la « jeunesse » et de la « vieillesse » de Pierre,

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cette vue embrasse la vie des élus et de l'Humanité, l'Ancienne et la Nouvelle Alliance ; et que « l'Autre » qui lie Pierre, le crucifie et le mène où jamais il n'eût voulu aller, est ce facteur de réaction du Faux Prophétisme qui joue un rôle fondamental dans les vues prophétiques de Daniel, et qui en effet s'est emparé de Pierre et de sa situation prééminente dans l'ordre spirituel, instituée par le Seigneur lui-même, pour crucifier à nouveau Jésus-Christ et asservir le monde à la domination de Satan.

Sous l'Ancienne Alliance, l'Eglise était l'homme libre qui va où il veut, c'est-à-dire qui se lie et se crucifie lui-même pour obéir à la Loi de Dieu ; sous la Nouvelle Alliance, elle est sous l'esclavage de l'acte et de la pensée (la Main et le Front de Apoc. XIII, 16), et l'Eglise, au nom et sous l'autorité usurpée de Pierre, est liée par un Autre et conduite où elle ne voudrait pas.

Examinons maintenant si notre verset, par des signes externes, ne confirmera par cette induction.

Le verset a pour valeur numérique

(Jean XXI, 18) = 14572,

nombre qui par ses chiffres attire de lui-même notre attention sur le verset

(Dan. IX, 24) = 6572,
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celui de la prophétie des 70 Semaines, lequel, nous le savons (§ 153), embrasse toute la vie de l'Humanité. Cela confirme déjà notre induction sur ce qu'il en est vraisemblablement de même de Jean XXI, 18, qui s'écrit sous la forme remarquable

(Jean XXI, 18) = (4.4.4) × (5.5.5) + 6572,

forme tout à fait adéquate à son sens supposé, puisque le nombre 5 y désigne la main de l'homme, et 4, numériquement et graphiquement, la Croix (voir Note A, XIIe Leçon) ; et l'on se confirme dans cette dernière remarque en observant que le mot « mains » (χείρας), dans le texte « tu étendras tes mains », a pour valeur.

(mains) = (4.4) × (5.5) + 516,

516 étant, comme on le sait, la période de Daniel annoncée en Dan. XII, 7 par Celui qui étend ses deux mains vers le ciel.

Cette période est d'ailleurs celle qui s'écoule de l'une à l'autre des deux époques historiques fondamentales de Daniel, et pendant laquelle s'est accompli l'institution du Sacrifice de la Messe, institution dont on connaît aussi l'interprétation par le Livre de Daniel. Or on a dans

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notre alphabet actuel, celui de l'époque de la Connaissance :

Sacrifice de la messe = 516.

Cela porte ensuite la vue sur les deux époques elles-mêmes. Or le verset Dan. IX, 24, qui a pour limites (comme on l'a vu, § 155) 2178 et 2180, donne pour déterminations de la première de ces deux époques (§ 132) : 330 et 332, dont la moyenne est

330 + 332
——————— = 331 ;
   2

et d'autre part, dans notre texte, le facteur qui agit à la première époque est cet « un autre » (αλλος), qui ceint ou lie, pour conduire « où on ne voudrait pas », c'est-à-dire à la seconde époque, où le mal sera consommé. Or on a effectivement :

(un autre) = 331.

Il reste à vérifier la seconde époque, ou 843, origine des nombres de Dan. XII, 11, 12.

Cette époque appartient à la « vieillesse de Pierre », ou à la Nouvelle Alliance. La « jeunesse » est mesurée par l'Ancienne Alliance. Suivons dans cet ordre le progrès du Peuple élu. Les 12 Tribus (12) conduites par la Parole (7) et l'Es-

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prit (7), reçoivent en 1516 au Sinaï la Loi de Dieu (7), ce qui donne le développement

12 × (7.7) + 1516 × 7 ;

et le résultat intégral 11200 de celui-ci est significatif, car il a pour forme.

12 × (7.7) + 1516 × 7 = (4.4) × 700.

ce qui met de nouveau en évidence le temps où les élus « se lient eux-mêmes » (4.4) à la Loi de Dieu (700, Première Personne, caractéristique de l'Ancien Testament).

Ce qui reste du verset, savoir

14572 — 11200 = 3372,

concerne dès lors la Nouvelle Alliance, c'est-à-dire, dans l'ordre de notre sujet, les temps où « un autre » lie les élus et les conduit à la réprobation repérée par la seconde date 843 de Daniel. Or, effectivement et tout d'abord, le nombre 3372 renferme un et un seul facteur 4 ; et il fait bien connaître par ce facteur la seconde date 843 ; car on a

3372 = 4 × 843.
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Il est donc hors de doute que les paroles du verset Jean XXI, 18 sont, dans la bouche du Seigneur lui-même, la désignation et la condamnation du Faux Prophétisme romain.

Enfin il n'y a aucun doute non plus sur ce que le nombre 666 de la Bête et du Faux Prophète est signalé par notre verset, et qu'il désigne en même temps au moyen de ce nombre la date origine 327 des 3 ½ temps de Dan. XII, 7, distante de 843 du premier temps de 516 ans.

Rappelons-nous en effet que le verset de Daniel, (Dan. IX, 24) = 6572, commence sa vue de l'Histoire au 4e Jour de Création écoulé, c'est-à-dire après le verset Gen. I, 19. Or, de là jusqu'à notre verset Jean XXI, 18, il y a, sur l'échelle des versets de la Bible, un nombre de versets

26986 — 19 = 26967 ;

et l'on a :

26967 = 327 + (2.5) × 4 × 666 ;

et en outre, de Dan. IX, 24 à Jean XXI, 18, il y a sur l'échelle des versets une distance

26986 — 22081 = 4905 = (1.3.5) × 327,

ce qui justifie mathématiquement la connexion

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entre les deux versets, en vérifiant par une indication propre et isolée la première date fondamentale de Daniel.

Il nous reste à voir comment l'appréciation ainsi mathématiquement démontrée de Jésus à l'égard de l'Eglise de Rome, décide de la solution de nos deux points historiques proprement dits.

Or tout d'abord, cette appréciation, si capitale au point de vue des doctrines de cette Eglise, ne l'est pas moins en ce qu'elle démontre que Pierre n'en est pas le fondateur. En effet, Jésus a, d'une part déclaré qu'il édifierait son Eglise sur Pierre (Matt. XVI, 18) ; d'une autre (Jean X, 4, 5), que ses brebis le connaissent, le suivent ; qu'elles ne suivront pas un étranger, mais qu'au contraire elles le fuiront. On ne peut donc pas même arranger les choses en disant que, le Seigneur ayant chargé Pierre de fonder l'Eglise romaine (son Eglise), il lui annoncerait simplement en Jean XXI, 18 que cette Eglise se corrompra, et suivra la voix d'un Autre.

Un premier point est donc certain : Pierre n'a pas fondé l'Eglise de Rome, et le Seigneur, historiquement aussi bien que doctrinalement, a désavoué le Catholicisme romain.

Reste comme fait historique, mais après cela en quelque sorte accidentel et indifférent, le

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second point ou la question de la mort de Pierre à Rome.

Or ici encore, après toutes les données qui sur cela répondaient négativement, l'Ecriture nous réserve, par ce même verset Jean XXI, 18, un signe externe démonstratif que Pierre est bien mort à Babylone.

Il est évident qu'un tel signe pourrait résider dans la connexion intime établie entre Pierre et un homme auquel il serait annoncé dans l'Ecriture qu'il ira de Jérusalem à Babylone et qu'il y mourra. Or un tel homme existe : c'est Sédécias. Les situations de Sédécias et de Pierre sont parallèles : l'un termine les Juifs avant la Captivité, comme l'autre avant la Dispersion. Comme Jésus à Pierre, Jérémie (Jér. XXXIV, 2 et suiv.) annonce à Sédécias sa fin. Il mourra, mais non pas par l'épée, et il mourra dans la paix ; et Pierre mourra sur la croix, dans la Paix de Christ : « Suis-moi ».

Le nom de Sédécias est marqué du signe de la Trinité (Elohim) : on a

(Sédécias)héb. = 215 = 5 × (Elohim)/2 :

et Pierre est Sédécias marqué du Signe de la Trinité et de la Crucifixion : on a

(Pierre)gr = 755 = (Sédécias)héb. + (3.3.3) × 4.5).
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Ces premières correspondances étant constatées, examinons maintenant la situation, sur l'échelle des versets de la Bible, des passages qui les concernent, c'est-à-dire

(1) les paroles de Jérémie à Sédécias (Jér. XXXIV, 2) ;
(2) celles de Jésus à Pierre (Jean XXI, 18) ; et
(3) la mention de Pierre à Babylone (I Pi. V, 13).

On a pour les numéros d'ordre de ces trois versets :

(1)     Jér. XXXIV, 2      19872
(2)     Jean XXI,  18      26987
(3)     I Pi. V, 13        30545.

Or l'intervalle entre (2) et (3), c'est-à-dire le bloc de versets intercalé, est égal à

30544 — 26987 = 3557 (Nombre premier) ;

et l'intervalle entre (1) et (2), ou le bloc intercalé, est égal à

26986 — 19872 = 7114 = 2 × 3557 ;

de manière qu'on a la distribution schématique suivante

(1) A            m            B (2) C            D (3)
|---[--------------------------]----[--------------]|
        2 × 3557                       3557
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laquelle démontre mathématiquement la connexion entre Pierre et Sédécias, et constitue l'indication de la mort de Pierre à Babylone par celle de la mort de Sédécias à Babylone ; car on est certain par un tel ensemble inspiré, que le lieu, annoncé par le Seigneur en (2), où Pierre sera supplicié, est enseigné par le système (1) (3), c'est-à-dire est la Babylone géographique de (1), où Pierre se trouve en (3).

Un dernier trait le confirme encore : Si l'on considère le point m, milieu de AB et point de division des espaces premiers 3557, point qui, par rapport à Sédécias, représente Babylone, comme D est Babylone pour Pierre, ce point m (Babylone) concerne de nouveau aussi Pierre. En m en effet se termine le petit épisode isolé, composé des deux versets Matt. VIII, 14, 15, où Jésus vient dans la maison de Pierre ; car on a sur le schéma

     m = B — 3557 = 26986 — 3557 = 23429   ⎫
et                                          ⎬
     Matt. VIII, 15        = 23429.         ⎭

On peut se demander enfin si la « tente » de (II Pi. I, 13), c'est-à-dire le lieu où se trouve Pierre quand il va périr ainsi que Jésus le lui

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a annoncé (II Pi. I, 14), n'est pas indiquée par les nombres comme étant la « Babylone » de (I Pi. V, 13), où, comme Jésus, il va être crucifié.

Or, tout d'abord, on remarque que les deux versets sont, l'un et l'autre, marqués du nombre 13 = (Jéhovah)/2, et, en accord avec cela, à distance l'un de l'autre, sur l'échelle des versets, de

13 = (Jéhovah)/2 ;

et, quant aux valeurs numériques des mots « tente » et « Babylone » de nos deux versets, elles donnent, conformément à notre induction, la relation

(tente) = (Babylone) + 4 × 33 1/2,

ce qui signifie que le lieu où Pierre se trouve à l'époque de sa mort est bien Babylone, où, comme son Maître (33 1/2), il va être crucifié (4).

Nous pouvons, après tout cela, résumer en connaissance de cause la situation du chercheur indépendant, à l'égard de l'objet capital dont on vient de s'occuper.

I. Un des arguments les plus rassurants pour lui en présence de l'issue probable de ce débat, c'est le fait de la fragilité et de l'incertitude que les Catholiques romains eux-mêmes, d'Eusèbe, l'historien de l'Église au IVe siècle, à l'Annuaire

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pontifical d'aujourd'hui, sont obligés de reconnaître dans les données relatives à la fondation de l'Église de Rome et à ses premiers temps (1).

II. Un second fait du même ordre, conséquence du premier, c'est leur tendance à écarter la vue du monde de la préoccupation de ces commencements importants, pour la porter d'un coup,

(1) Eusèbe, Histoire de l'Église (trad. Cousin, Paris, 1686), Liv. I, Ch. I : « J'ai à faire des excuses de la hardiesse de cette entreprise… et à prier Dieu de m'y conduire comme dans un chemin désert… On n'y trouve point d'autres traces que des relations particulières que quelques-uns nous ont laissées de ce qu'ils se sont fait en leur temps, et sont comme de faibles lumières qui paraissent de loin, et qui découvrent au milieu de la nuit le chemin qu'on peut tenir sans danger. Parmi ce qu'ils ont dit en divers endroits de leurs écrits, je choisirai ce que je croirai pouvoir servir à mon sujet, et je le ramasserai comme des fleurs dont je ferai un bouquet,…». Annuaire Pontifical catholique, Paris, 1905, p. 39 : « La liste que nous venons de donner montre abondamment l'incertitude qui enveloppe la chronologie des premiers pontifes de l'Église. Ces obscurités et ces incertitudes n'existent pas sans une permission de la Providence, car si Dieu l'avait voulu, il nous aurait fait transmettre la liste des premiers pasteurs de l'Église avec autant de certitude qu'il nous a permis d'avoir les fastes consulaires de l'ancienne Rome, bien moins importants que cette succession des pontifes. Malgré tous les efforts des savants, il est peu probable que l'on arrive à dissiper ces obscurités, et il faudra nous résigner très probablement à un léger nuage envelopper toujours les origines historiques de l'Église. Elle a été fondée sur Pierre, a reçu les divines promesses, n'a pu vivre et se développer qu'en vertu de l'assistance continuelle de Dieu, et cela suffit à un chrétien ».

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comme œuvre de fait, sur l'édifice social et doctrinal imposant d'une Eglise qui, dominant le monde, a rempli des siècles. Mais l'Ecriture par ses enseignements généraux immédiats, de Daniel à S. Paul et à l'Apocalypse, porte aussi instamment notre vue sur ce même édifice, à la différence près que c'est pour nous en écarter par l'incompatibilité des doctrines. Aujourd'hui sous les voûtes d'une Cathédrale un Lacordaire crie au monde, en le renvoyant à l'autorité de cette Eglise dominatrice : « Adore, et tais-toi »; et l'Esprit de Jésus-Christ, comme autrefois sa parole aux disciples admirant le Temple, nous dit : « Est-ce là ce que vous regardez? ».

III. On se trouve donc d'abord en présence :

1° d'une incertitude, avouée, quant à leurs droits justificatifs, par ceux-là mêmes qui élèvent de si hautes prétentions, et en sont réduits en fait à se prêcher eux-mêmes;

2° d'une contradiction indéniable et irrécusable entre leur système, doctrinal et historique, et celui de la Parole de Dieu.

Le dilemme est par là défini, et sa solution déjà imposée : Un chrétien conscient doit sortir ou s'écarter de Rome.

IV. Cela veut dire que, pour l'homme instruit par l'Ecriture, les raisons sont d'elles-mêmes

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claires, simples et suffisantes, qui décident d'abord de la conduite pratique à tenir. Mais un dernier ordre de preuves était encore nécessaire qui, en établissant l'équilibre entier de la connaissance, affermît la Foi par la vue, et jusqu'à leurs derniers retranchements fournît des armes à la vérité contre toutes les formes de l'erreur. Cet ordre, c'est celui qu'il nous a été donné d'exposer dans cet ouvrage et dont la question fondamentale qui nous occupe vient ici même de nous offrir l'application.

Ainsi l'œil avait exploré le Ciel, et la lentille décelé la place de l'objet; nul doute sur le lieu. Restait la mise au point. Dans la certitude de sa clarté géométrique, celle-ci nous confirme l'assurance que, dans notre appréciation de ce que nous croyons être l'erreur, nous n'avions pas commis une injustice.

C). SUR UN SIGNE REMARQUABLE DE LA NAISSANCE SURNATURELLE DE JÉSUS-CHRIST DONNÉ PAR LA BIBLE MATHÉMATIQUE.

L'Ancien Testament contient dès l'Origine, en Gen. III, 15, la promesse du Rédempteur; cette promesse est précisée en tête de la Prophétie, Esaïe VII, 14. Elle est enfin réalisée dans le Nouveau Testament, en Jésus, conçu du Saint Esprit, né d'une Vierge, Matt. I, 21. Les trois

p. 535

versets ont pour numéros d'ordre sur l'Echelle des versets de la « Bible signifiée » (voy. Appendice n° 25, p. 470)

(1)     Gen. III, 15         71
(2)     Esaïe VII, 14      17865
(3)     Matt. I, 21        23234.

Or on a pour la distance (2) (3)

(2) (3) = 23234 — 17865 = 5369 = 7 × 767,

767 ayant le symbolisme indiqué p. 371 ; de plus le bloc (1) (2) des deux promesses de l'A. T. a pour mesure

bloc (1) (2) = 17865 — 70 = 5 × 3559 = 5 × P500 ;

et par conséquent la position absolue (3), dans la Bible, de la déclaration de la conception par le Saint Esprit est égale au bloc des deux promesses de l'Ancienne Alliance plus

23234 — 17795 = 5439 = 7 × 777.

Un tel signe présenté par la construction externe de l'Ecriture est en lui-même un objet surnaturel, et il est, par cela même, la démonstration du caractère surnaturel aussi du fait historique auquel il se rapporte, savoir la venue en chair du Fils de Dieu.

Ce même ordre de relations vérifie le trait fon-

p. 536

damental du plan de l'Apocalypse suivant lequel l'ouverture du 7e Sceau (Apoc. VIII, 1) correspond à la Naissance de Jésus ou à la 1re Venue. On a

(4)     Apoc. VIII, 1       30896 ;

d'où

(3) (4) = 30896 — 23234 = 3 × 10³ + 6 × 777 ;

et de (4) au centre de Matt. I (Venue de Jésus-Christ), soit (Matt. I, 1 + Matt. I, 25)/2 = (23214 + 23238)/2 = 23226, on a

(4) — 23226 = 30896 — 23226 = 10 + 767.

Enfin le signe direct suivant est donné : le centre du groupe « Sceau du Dieu vivant » (7e sceau) (Apoc. VII, 2) et « 144000 mille marqués » (Apoc. VII, 3-8 ; à rapprocher de I Matt. 21), a pour n° d'ordre sur l'Echelle des versets du N. T. précisément le nombre auquel nous venons d'arriver, c'est-à-dire (7667 + 7673)/2 ou

7670 = 10 × 767.

C'est le verset Apoc. VII, 5, qui commence la Marque par la Tribu de Juda.

p. 537

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

                       LETTRE AU ROI.

1-2   [7]   Rappel d'ouvrages antérieurs.
3-7   [8]   Raison d'être et définition de l'ouvrage actuel.
8-13  [12]  Classification des tendances auxquelles il s'adresse.
14-17 [18]  La Science. Une direction de principe faussée dans les
            errements méthodiques actuels de la Science
            négatrice. La Raison comme Autorité sans appel
            extérieure à nous. Existence d'une science unique
            embrassant les Sciences proprement dites et la
            Révélation. Renvoi à l'analyse de ce sujet, en An-
            nexe à la fin de la Lettre (*).
18-19 [24]  Puissance des faits systématiques présentés dans cet
            ouvrage, opposée aux données d'opinion de
            la Science actuelle. La Chronologie.
20-21 [27]  La Théocratie. La Théocratie est d'après la Bible
            un élément fondamental de l'Histoire.
22-28 [29]  Le Faux Prophétisme romain. La Loi de l'His-
            toire. Le temps de Daniel. L'appréciation de
            l'Ecriture.
29-35 [34]  L'Histoire du Peuple Élu. Israël et Juda. Descen-
            dance israélite des Anglo-Saxons.
(*) Voir Notes de la Lettre, sous le § 17.

       SUR LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE ET LES DÉVIATIONS
              EN DEHORS DE CETTE MÉTHODE.

A. La Méthode.
B. La Science de la Grandeur abstraite.
C. La Science de l'Espace.
   (La Métagéométrie ; la notion de direction ; le Postulatum d'Euclide).
D. La Science de la Substance et de la Force.
   (La Physique).
E. Conséquences de la forme mathématique des lois physiques.
F. Les Sciences du monde organique. L'Homme.
   (L'état d'ignorance de l'Homme arrivé au stage le plus haut et le
   plus essentiel de la connaissance. Les deux voies possibles de solu-
   tion. La Révélation).
G. Conclusion.
p. 538
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

39          LES DEUX CONCEPTIONS DE L'HISTOIRE.

36-40 [39]  Deux conceptions entre lesquelles il faut choisir.
41-53 [43]  La parole : « Tu es Pierre et sur cette pierre j'édi-
            fierai mon Église ». L'origine et la nature de la
            Papauté. D'après l'Écriture, le système papal est
            une imposture.
      [59]      LA LECTURE DE LA BIBLE AU COURS DE
                          L'HISTOIRE.
54    [59]  Point de vue supérieur sous lequel l'enseignement
            actuel doit être envisagé.
55-58 [60]  L'Ancienne Alliance et l'Église primitive.
59-61 [64]  L'Époque de Constantin et du Concile de Nicée.
            La filiation de l'Église par les Vaudois.
62-63 [67]  L'Époque de Charlemagne et du Traité de Verdun.
64    [68]  La chute de la Papauté et les précurseurs de la
            Réforme.
65-75 [68]  Les 5 siècles de la Réforme. La Réforme et la
            Science moderne.
76-81 [78]  L'issue du conflit et la Fin de l'Histoire.
      [85]      LES DIFFICULTÉS INTELLECTUELLES
                       DU CHRISTIANISME.
                  ET LEUR SOLUTION EN CHRIST.
82-90 [85]  Le Déterminisme et l'essence incompréhensible de
            Dieu.
91-93 [91]  Christ, ou ce qui est compréhensible en Dieu.
94-95 [93]  La doctrine du Christ ou l'idée profonde du Chris-
            tianisme.
96    [96]  Ce que nous savons.
      [97]          LE DEVOIR DU TÉMOIGNAGE.
97-109 [97] Notre Témoignage est compris tout entier dans
            notre confession publique de la Bible, c'est-à-dire
            de la Parole de Dieu.
                   NOTES DE LA LETTRE.
      [111]  § 1. § 17.
      [157]  § 19.
      [158]  § 22. § 24.
      [159]  § 25. § 26. § 31
      [160]  § 32.
      [162]  § 35.
      [163]  § 39 (37).
      [164]  § 40. § 41
p. 539
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

      [165]  § 42. § 43.
      [166]  § 44 (1).
      [173]  § 47. § 49.
      [175]  § 50.
      [176]  § 51.
      [184]  § 57.
      [187]  § 58. § 59.
      [189]  § 60. § 62.
      [191]  § 68. § 76.
      [192]  § 78.
      [195]  § 79.
      [196]  § 87. § 88.
      [198]  § 90
      [199]  § 91. § 93. § 94.
      [200]  § 95. § 96.
      [201]  § 100. § 105.
      [202]  § 109.

(1) La Bible signifiée et l'Écriture chiffrée de la Bible (voy. XIe Leçon et Appendice n° 25) apportent une confirmation externe bien remarquable des conclusions auxquelles nous sommes arrivés concernant la connexion intime entre Pierre et Jude.
Le passage de II Pierre où Pierre, qui vient de reproduire dans II Pi. II la Lettre de Jude, fait allusion à cette Lettre en désignant sa Lettre actuelle II Pi.) comme une « seconde épître » est le verset II Pi. III, 1.
Nous nous sommes demandé si la distance de ce verset à l'Épître de Jude, c'est-à-dire, sur l'échelle des versets, la distance entre II Pi. III, 1, et Jude 1, ne reproduirait pas la valeur numérique du nom de Pierre, soit (Pierre) = 755. Or, cette induction faite, nous avons trouvé la relation suivante, où l'emploi du nombre 5 comme signe de la main de l'Homme ou de l'écrivain, est à rapprocher, comme analogie de procédé, de l'application de ce même nombre dans l'exemple (voy. XIe Leçon, § 161) de la Signature de Paul.
On a : II Pi. III, 1 (n° d'ordre sur l'échelle des versets

du N. T.                                  =  7377
Jude 1                                    =  7528
                                  Diff.   =   151

D'où :

Dist. (II Pi. III, 1 — Jude 1) = (Pierre)gr./5

Cette relation qui marque Pierre du signe de l'écrivain (5), démontrerait à elle seule :

1° L'authenticité de la Seconde Épître de Pierre ;
2° La connexion intime de l'œuvre et des écrits de Pierre et de Jude.

p. 540
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

              LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU.

3           Avant-Propos.
7                       LEÇON I.
                  CONSTITUTION GÉNÉRALE
          ET CONSTRUCTION SYSTÉMATIQUE DE LA BIBLE.
1-6   7     Constitution de la Bible en 2 groupes (Testaments),
            et 66 Livres . . . . . . . . . . . . . . .   Tableau I, p. 9.
      10    Comparaison et Parallélisme des deux Testaments.
7     10    Cases A du Tableau. Les deux Pentateuques, dans
            les deux Testaments.
8-9   11    Cases B du Tableau. L'Histoire du Peuple élu
            dans l'Ancien Testament. Dans le Nouveau, la
            case B est vide, l'Église n'étant représentée dans
            l'Histoire par aucun organisme visible. Le sens
            de la parole : « Tu es Pierre… je bâtirai mon
            Église ». Le Hadès.
10-11 15    Cases C du Tableau. Les 22 Livres de doctrine et
            prophétie de chaque Testament. Nombre des
            écrivains inspirés . . . . . . . . . . . . . Tabl. II, p. 17.
12-13 18    L'Épître aux Hébreux est de Paul. Le signe de
            reconnaissance. Connexion avec la Descendance
            israélite des Anglo-Saxons.
                        LEÇON II.
25          CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE.
14-17 25    Éléments d'une Chronologie continue offerts par le
            texte historique de la Bible, d'Adam à l'Edit de
            Cyrus, — 536.
18-19 31    Computation de cette Chronologie . . . . .  Tabl. III. p. 32.
                                                        Tabl. IV, p. 33.
      34    En Note, remarque sur le caractère systématique
            des prétendues erreurs des Livres des Rois . . Tabl. V, p. 36.
                       LEÇON III.
39          CARACTÈRES SYSTÉMATIQUES
            DE LA CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE.
20    39    Récapitulation des dates des événements fondamen-
            taux . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  Tabl. VI, p. 39.
21    40    Mise en évidence par le Tableau chronologique d'un
            ensemble de périodes quinquaséculaires Les pé-
            riodes 528 et 516 indiquées par le Déluge et
            l'Exode. Ces périodes sont données par le Livre
            de Daniel.
p. 541
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

22    43    La période de 528 ans. La Statue de Daniel . .  Figure 1, p. 44.
23    45    La période de 516 ans. Les temps de Daniel.
24-25 47    Les 3 périodes formant système : 516, 520, 528.
26    49    Les temps d'Adam à Christ mesurent 8 fois 523,   Table des Nom-
            Nombre premier . . . . . . . . . . . . . .     bres premiers,
                                                            p. 54.
27    56    Analogie entre les 8 périodes 523 d'Adam à Christ
            et les 8 jours de la Circoncision.
28    57    La période physique 515 mise en évidence par les
            360 ans entre la Mort de Joseph, — 1875, et la
            première année, — 1515, des 480 ans de l'Exode
            à la Fondation du Temple.
29    61    Caractère systématique des dates — 536, — 606,
            — 758, de l'Edit de Cyrus, de la Captivité de
            Juda, de la Dispersion d'Israël.
30    61    Les résultats systématiques qui précèdent démon-
            trent que notre Ère vulgaire coïncide bien avec la
            Naissance de J.-C.
66                NOTES DE LA LEÇON III.
66    Note A (§ 22). Sur la Statue (Dan. III, 1).
68    Note B (§ 23). Sur les 3 1/2 Temps de Daniel (XII, 7.
70    Note C (§ 27). Sur la Circoncision et le Baptême.
                       LEÇON IV.
73          ORIGINE ET SIGNIFICATION DES PÉRIODES QUINQUA-
            SÉCULAIRES MISES EN ÉVIDENCE PAR
            LA CHRONOLOGIE GÉNÉRALE DE LA BIBLE.
31    73    Récapitulation des Périodes quinquaséculaires, sa-
            voir :
            1° la période fondamentale 523, Nombre premier;
            2° le groupe des 3 périodes 528, 520, 516; 3° la
            période physique 515.
32-33 74    Signification de cet ensemble de périodes. Induction
            tirée de l'analogie du monde physique. Leur con-
            nexion avec le Cercle, comme élément régulateur.
34    77    Le Cercle. Le Nombre π = 3,1415926…
            ou π = 4 (1 — 1/3 + 1/5 — 1/7 + …),     Figure 2, p. 77.
            rapport de la Circonférence au Diamètre du Cer-
            cle.
35-36 81    Les Périodes. La Période fondamentale 523 est l'en-
            tier de la division de 1000 π par 6 . . . . .  Figure 3, p. 84.
p. 542
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

37    84    Les périodes 516, 520, 528 sont déduites de 523 au
            moyen des trois nombres premiers 3, 5, 7 indi-
            qués par la formule théorique de π.
38-40 85    La période physique 515 est égale à 5 fois le dia-    Figure 4, p. 86.
            mètre du cercle de même surface que le carré de   Figure 5, p. 88.
            périmètre 365, 242… (durée de l'Année).
41-42 92    Récapitulation. Les périodes chronologiques de la    Figure 6, p. 94.
            Bible (temps de Daniel) reposent sur la mesure
            mathématique du Cercle, comme les périodes as-
            tronomiques.
96                 NOTE DE LA LEÇON IV.
96    Remarque sur le Nombre entier de tours, 366, que
      la Terre fait sur son Axe en une Année, et sur le
      caractère unique propre à la Terre dans le Sys-
      tème solaire. La situation de l'Homme dans l'Uni-
      vers (1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  Figure 7, p. 102.
110   Sur la Loi quadrangulaire du Relief de la Terre.
      L'Homme et le Christ. La Révélation a pour foyer
      géographique d'apparition le centre du système
      géographique terrestre.
113                     LEÇON V.
            VÉRIFICATION DE LA CHRONOLOGIE PRÉCÉDENTE,
            D'ADAM A JÉSUS-CHRIST, PAR LES NOMBRES
                  PROPHÉTIQUES DE LA BIBLE.
43    113   La Chronologie de la Bible étant établie, et son in-
            spiration déjà prouvée par ce qui précède, des
            traits de vérification plus particuliers et décisifs
            se présentent.
44    114   Les 777 ans d'Ésaïe, et l'évocation « Saint, Saint,
            Saint » (Ésaïe VI, 1-3).
45    117   Les 70 Semaines de Daniel. Leur ère — 453, 20e
            année d'Artaxerxès-Longuemain.
46    123   Accord de cette détermination avec des données
            historiques de Thucydide et d'Eusèbe. Poids
            comparés des enseignements systématiques de

(1) Aux preuves qui sont ici données de la situation privilégiée et centrale de l'Homme dans l'Univers, il convient de joindre celles qui sont exposées dans la Mathématique de l'Histoire, pp. 503, 522, etc., et qui montrent que la distribution des Étoiles dans le Ciel, ou les Constellations, constitue un système intentionnel de signes ayant pour objet l'Histoire de l'Homme.

p. 543
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

      la Bible et des témoignages historiques propre-
      ment dits.
47    125   Signification et mesure (7 × 12 = 84) du « temps
            de l'oblation du soir » de Dan. IX, 21 par l'Insti-
            tution mosaïque de la Pâque. Il n'y a au fond
            pas de lacune dans la chronologie continue de la
            Bible, d'Adam à J.-C.
48    130   Signe confirmatif des 84 ans de Dan. IX, 21 par les   Figure 8, p. 130.
            84 ans de Luc II, 37 (Anne la Prophétesse).
49    132   Observation digressive sur le caractère implicite de
            certains espaces chronologiques de la Bible. Les
            versets Ésaïe XIX, 19, 20 et la Grande Pyramide.  Figure 9, p. 133.
135                     LEÇON VI.
            PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A
            JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES
            DE LA BIBLE. INTRODUCTION : TRACÉ DE L'HIS-
            TOIRE GÉNÉRALE D'APRÈS LA BIBLE. SA MARCHE
            QUINQUASÉCULAIRE.
50-51 135   Tracé de l'Histoire générale d'après la Bible. Le
            Déluge, — 2528. L'Arménie, berceau de l'Huma-
            nité postdiluvienne. Le pays de Shinéar. Babel.
            Les Noachides.
52    137   Dispersion. Formation des Langues, — 2428. Les
            100 ans entre le Déluge et Péleg . . . . . .  Fig. 10, p. 139.
53    140   Les Assyriens. Ninive. Nimrod.
54    140   L'axe de l'Histoire est l'histoire du Peuple Élu.
55-57 141   Les Égyptiens. Descente d'Abram en Égypte, —
            2161 ; 1er Empire égyptien. Moïse, — 1516 Exode;
            Josué, — 1476 Fin des 40 ans au Désert; IIe Empire
            égyptien.
58    145   Les Hébreux-Phéniciens. Salomon, Hiram, Eth-
            baal.
59    148   Les Grecs Javan, Dan. VIII, 21. Siècle de Périclès.
60    148   Les Romains. Le temple de l'Évangile et du Christ.
            Age d'or de l'Empire romain.
61-62 149   Les Franks. Constantin à Charlemagne.
            325-330 (Concile de Nicée, Constantinople).
            843 (Traité de Verdun).
            598 (Centralisation de la puissance franke).
63    150   La Papauté. Le Moyen-Age. La puissance tempo-
            relle; Charlemagne à Philippe le Bel; Wiclef (Ré-
            forme). Apogée de la Papauté, 1119-1198. Les
p. 544
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

      deux Époques de Bossuet, Constantin, Charle-
      magne.
64    154   La France. XIVe au XIXe siècle. Siècle de Louis
            XIV, Apogée, 1630-1670.
65-66 155   La date fatidique 1870. L'Angleterre, non l'Alle-
            magne, Peuple Chef après la France. Jacob et
            Esaü. Pierre de Jacob, à Londres. La Loi histo-
            rique assigne à l'Apogée Anglais le XXIIe siècle;
            à la fin de la période de domination Anglo-
            Saxonne, le XXIVe siècle.
67-68 158   Caractéristiques de premier ordre de la Loi histo-     Tabl. VII, p. 160
            rique de succession des Peuples chefs : 1° Pé-
            riode quinquaséculaire; 2° limite physique, d'où
            limite chronologique du déplacement des centres
            d'action de l'Est à l'Ouest. Série intégrale de 10
            Peuples Chefs constituant toute l'Histoire, des
            Noachides aux Anglais. La Papauté est le 8e Roi
            ou le Faux Prophète de Apoc. XVII, 10, 11 ;
            XIX, 20.
69    163   Les périodes quinquaséculaires ou Temps de Da-
            niel, de la Chronologie biblique, ne sont autre
            chose que la mise en évidence par la Bible de la
            Loi mathématique de l'Histoire.
165                     LEÇON VII.
            PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A
            JÉSUS-CHRIST PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES
            DE LA BIBLE. LE RETOUR DU PEUPLE ÉLU DANS
            LA RÉGION ORIGINE DE L'HISTOIRE. LE SIGNE
            D'ÉZÉCHIAS. LA LÉGITIMITÉ DE LA RECHERCHE DU
            SECOND AVÈNEMENT.
70    165   La détermination de la Limite chronologique de
            l'Économie historique actuelle est donnée par le
            Livre de Daniel. Daniel est placé à Babylone,
            c'est-à-dire au Foyer origine de l'Histoire.
71    166   Israël et Juda, les Deux Témoins de Christ.
72    169   Daniel, représentant du Peuple Élu, et placé à Ba-
            bylone, recommence en quelque sorte l'Histoire
            à son origine ; dans sa vue prophétique des Ba-
            byloniens, des Médo-Perses, des Grecs, des Ro-
            mains, il rejoint, aux Grecs, la chaîne historique
            normale des 10 Peuples Chefs qui constituent
            l'Histoire, et poursuit ensuite celle-ci jusqu'à sa
            fin.
p. 545
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

73-74 170   Le Peuple Élu représentant de l'Humanité ; et,
            dans son état d'épreuve, représentant de chacun
            de nous dans son spirituel.
75    171   Le Signe d'Ézéchias. La Rétrogradation des 10
            Degrés de l'Ombre au Cadran d'Achaz. C'est le
            signe du recul géographique du Peuple Élu, re-
            jeté au Foyer origine de l'Histoire. Il y a 10
            Degrés de longitude de la Babylonie à la Pales-
            tine.
76    175   Le terme limite assigné par Daniel à l'Économie
            historique, est la Seconde Venue. Légitimité
            d'une fixation chronologique de la Seconde Ve-
            nue. La solution des difficultés apparentes que
            présentent à cet égard certains passages du Nou-
            veau Testament, se trouve dans l'existence du
            double point de vue suivant, savoir :
            1° La Seconde Venue, événement historique propre-
            ment dit ;
            2° La Seconde Venue en tant qu'elle constitue, pour
            chacun de nous, notre mise en présence du Sei-
            gneur, laquelle dépend de l'instant entièrement
            incertain de notre mort.
189                    LEÇON VIII.
            PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A
            J.-C. PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE LA
            BIBLE. LES NOMBRES DE DANIEL JUSQU'AU SE-
            COND AVÈNEMENT.
77-78 189   La détermination chronologique des temps de la
            Fin résulte de l'examen comparé des 3 documents
            de Daniel constitués par les Chapitres VIII, IX     Tab. VIII, p. 191
            et X-XI-XII. Observation relative au mot « jour »,
            chez Daniel.
79    192   Les documents I et III font connaître : l'un, une      Fig. 11, p. 193.
            durée de 2300 ans, l'autre une durée de 1290 ans,
            ayant la même limite chronologique. Or le com-
            mencement des 2300 va être fixé explicitement
            par Daniel, dans l'Histoire ; on connaîtra donc
            aussi le fait historique qui marque le commence-
            ment des 1290.
80-81 193   Vue historique de Daniel (Ch. VIII) qui, par les
            Médo-Perses, les Grecs (Alexandre), les Rois de
            Syrie, conduit à la date — 168 d'Antiochus, ou à
            l'origine des 2300 ans.
p. 546
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

82    197   Importance du fait de la persécution d'Antiochus
            dans le plan historique de la Bible. Correspon-
            dance avec la persécution du Faux Prophétisme
            sous la Nouvelle Alliance.
83    199   Les 2300 conduisent à la limite chronologique + 2133
            après l'Ère chrétienne.
84    200   Le commencement des 1290 est dès lors + 843 (Char-
            lemagne), et celui des 3 1/2 temps de Dan. XII,
            + 327 (Constantin).
85    201   Appréciation de ces résultats par l'Écriture. La
            Messe, abolition du Sacrifice unique et continuel
            de Christ. La Papauté est une Idolâtrie.
86-87 203   Détermination absolue de la Date d'Antiochus par
            la Bible, indépendamment du recours à l'Histoire
            profane ; notamment par les deux « Saints » de
            Dan. VIII, 13.
88    209   Vérification fondée sur la constatation qu'une du-    Fig. 12, p. 210.
            rée de 5 × 516 = 2 × 1290 ou 5 temps, s'étend     (Erratum : dans
            de la limite chronologique — 447 de l'Ancien Tes-  la formule, lire
            tament, à la limite + 2133 de Daniel. Considérant  12/2 au lieu de 15/2).
            cet intervalle de 5 temps comme une donnée théo-
            rique intentionnelle, on peut déterminer la date
            2133 en partant de — 447, et indépendamment de
            celle d'Antiochus ; et la date d'Antiochus est
            alors elle-même déterminée en reculant dans le
            passé, de 2300 ans.
89    211   Remarque capitale sur le fait général d'une corres-
            pondance, à 5 périodes quinquaséculaires de dis-
            tance, entre les temps de l'Ancienne et de la Nou-
            velle Alliance ; et sur ce que la limite du XXIIe
            siècle, assignée par Daniel à l'Histoire, concorde
            avec celle des données géographiques et la
            Loi quinquaséculaire de succession des Peuples,
            avaient assigné de leur côté, par une voie entiè-
            rement indépendante, à ces temps de la fin.
90    213   Extension par le document III de Daniel (Dan.
            XII) de la limite 2133 jusqu'à la date extrême +
            2178.
            Résumé schématique des résultats . . . . . . Fig. 13, p. 214.
p. 547
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

215                     LEÇON IX.
            PROLONGEMENT DE LA CHRONOLOGIE D'ADAM A
            J.-C. PAR LES NOMBRES PROPHÉTIQUES DE DANIEL.
            LES 70 SEMAINES OU LES DEUX VENUES DE
            CHRIST.
91    215   La prophétie des 70 semaines concerne non pas seu-
            lement la Première, mais bien les Deux Venues
            de Christ.
92-93 217   Les 7 et 62 semaines. Détermination parallèle des    Fig. 14, p. 219.
            deux Venues ; 34 et 2180.                          Fig. 15, p. 221.
94    222   Trois vérifications remarquables de la date 2180,
            Seconde Venue.
95    223   1° L'Apparition — 174 d'Antiochus est à égale dis-   Fig. 16, p. 223.
            tance du Déluge — 2528 et de la limite + 2180 de
            Daniel.
96    224   Signification des 1600 stades de Apoc. XIV, 20.
97    226   2° Il y a 7 × 528 ans de l'Exode à la limite 2180.
98-100 226  La semaine de 7 Temps, ayant pour centre la date
            332 du Faux prophète.
101   228   La semaine de 7 temps de 528 ans est la semaine
            des 7 Églises de l'Apocalypse . . . . . . . . Tab. IX, p. 231.
102   232   3° Formule du Commandant Galet.                      Tableau schéma-
            D'Adam à la Ire Venue il y a 7.7 × 516/6 . . .  tique X résu-
            De la Ire à la IIe Venue, il y a 5.5 × 516/6 .  mant les Nom-
                                                               bres de Daniel,
                                                               p. 234.
235              NOTE DE LA LEÇON IX.
      RELATION MATHÉMATIQUE EMBRASSANT LES TEMPS
      DE L'HISTOIRE, DE LA NAISSANCE D'ADAM AUX
      DEUX VENUES DE CHRIST, PAR M. LE COMMt
      E. GALET.
247                     LEÇON X.
            LES DEUX DATES 2178 ET 2180 DE DANIEL. LES
            SEMAINES D'ADAM ET LES SEMAINES DE CHRIST.
            LES SEMAINES DE MOÏSE. LE SIGNE DE JOSUÉ. LA
            QUESTION DU DIMANCHE. LE CHAPITRE VII DE
            DANIEL.
103-104 247 Les deux dates 2178 et 2180 de Daniel et le
            groupe de 3 années 2178, 2179, 2180.
p. 548
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

105   249   Les Semaines d'Adam. Les semaines de Daniel
            étendues à travers le temps commencent en —
            4184 d'Adam, et peuvent donc prendre la dési-
            gnation plus générale de Semaines d'Adam. Dans
            l'analogie des années de la semaine, — 4184 est un
            Dimanche, 1er jour de la semaine hébraïque.
106   250   Les années 1, 2, 3 et de même 2178, 2179, 2180 sont
            un Vendredi, un Samedi, un Dimanche.
107   253   Les Semaines de Christ. Le Dimanche est notre
            jours de repos, et par cela même, en vertu du
            IVe Commandement de Dieu, le 7e jour de notre
            semaine.
108-109 255 Confirmation de cette donnée rationnelle par l'his-
            torique de l'institution du Dimanche.
110   258   Signification dogmatique du Dimanche. Le 7e jour
            de la semaine de Création, qui devait être un
            Sabbat (repos) ou Samedi, est encore, à raison
            de la Chute, un jour de travail (ce Jour, c'est
            l'Économie historique actuelle jusqu'à la IIe Venue),
            et le Repos est différé et reculé sur le Di-
            manche (qui commencera à la seconde Venue).
            Le recul du Repos sur le Dimanche est un
            signe constant de la Chute et de la Rédemption.
111   259   Confirmation explicite par l'Épître aux Hébreux,
            Chap. IV.
112-113 260 Le Chapitre IV de l'Épître aux Hébreux et l'Arrêt
            du Soleil de Josué. La Miracle de Josué, signe
            de l'Institution du Dimanche ou des Semaines de
            Christ.
114   263   Signes numériques donnés par la Chronologie, de
            la réalité intentionnelle des Semaines de Christ.
            Les centres des Semaines d'Années de Christ
            (Jeudis) sont, depuis l'Ère Chrétienne, des années
            multiples de 7.
115   266   Dans la suite des Jours, les Dimanches de nos Se-
            maines de Jours, sont, en partant du 1er Janvier
            de l'An I, les jours multiples de 7 dans notre
            Calendrier.
116   270   Utilité de ces faits externes au point de vue de la
            vie et de l'édification dans les Églises.
117   272   Récapitulation du sujet. Les semaines de Daniel et
            d'Adam coïncident.
118-119 273 Les Semaines d'Années de Moïse. Elles coïncident
            avec les semaines de Daniel et d'Adam.
p. 549
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

120   275   Continuation de l'institution de Moïse. L'Année
            sabbatique — 1469. L'institution des Jubilés ou
            périodes de 50 ans.
121   276   L'Année sabbatique — 1469 et le Miracle de Josué.
            L'institution du Dimanche.
122   280   Relation entre l'époque — 1470, — 1469, — 1468
            (Vendredi, Samedi, Dimanche) du Miracle de Jo-
            sué et l'époque limite 2178, 2179, 2180 (Vendredi,
            Samedi, Dimanche) de Daniel, par l'intermé-
            diaire du nombre de jours de l'année solaire.
123   282   Ordonnance numérique du Signe de Josué dans la
            correspondance des années et des Jours. Groupe J.
                ⎧ — 1469  Sabbat.
            (J) ⎨ — 1469  Dimanche, ou Jour supplémentaire
                ⎪            de Josué.
                ⎩ — 1468  Dimanche.
124   283   Les Jubilés. Ils ont pour Ère la Bataille de Gabaon
            et l'Arrêt du Soleil de Josué. L'inobservation
            historique des Années sabbatiques annoncée par
            Moïse. Pas de trace du Jubilé sous l'Ancienne
            Alliance.
125   286   L'« Année favorable » du Seigneur de Luc IV, 19,
            An 31, doit repérer un Jubilé. On a effectivement
            le groupe
                 ⎧ 30  Sabbat
            (J') ⎨ 31  Dimanche;
            et en comparant au groupe (J) (§ 123).
            1469 + 31 = 1500 = 30 × 50 ou 50 Jubilés.
126   288   Correspondance systématique des années et des
            Jours dans la Semaine des 7 Églises . . . . . Tab. XI, p. 290.
127   291   Les 2 ans systématiques de l'Écriture. Leurs mentions
            à travers la Bible.
128   294   Les 12 périodes de 528 ans, ou 12 heures de Jour de
            l'Humanité. Le Jour de Création de 6336 ans.
129   296   Le Nombre 2 comme signe dogmatique. Le temps
            abrégé de la fin de la IIe Venue au 22e siècle. La
            limite 2386 du 24e siècle. La relation 4184 + 2386 =
            18 × 365. Les 42 et 24 siècles avant et après Christ,
            constituant 66 siècles, nombre des Livres de la
            Bible.
130   299   Les nombres absolus 22, 24, désignatifs des deux
            Testaments par les nombres de lettres des deux
            alphabets hébreu et grec.
p. 550
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

131   301   Le Chapitre VII de Daniel. C'est une grande vue
            jetée sur toute l'étendue du monde postdiluvien,
            et qui sert de préface aux visions, déjà envisagées,
            des Chapitres VIII à XII.
132   303   Entre les limites de la Vision, 4 puissances : les 3
            premières, organismes animaux normaux ; la 4e,
            anormale et monstrueuse (le Faux Prophète). Les
            3 1/2 temps de 528 ans, ayant pour origine l'épo-
            que de constitution du Faux prophétisme (Cons-
            tantin). Thyatire ; la Messe.
133   306   Identification des Bêtes 4, 3, 2 ; Romains, Grecs,
            Médo-Perses.
134-135 307 Identification de la Première Bête. C'est Babylone,
            mais considérée comme le foyer origine de l'His-
            toire, duquel Daniel part pour retracer toute
            l'Histoire, en sa qualité de représentant du Peu-
            ple Élu.
136   310   Les 10 Cornes ou puissances portées par la 4e Bête,
            puissance mondiale, désignent les 10 Peuples
            Chefs de la Loi historique. La Papauté ou le Faux
            Prophète, 8e Roi.
137   312   Importance du Faux Prophétisme dans le Plan his-
            torique. Jugement porté à son égard par la Parole
            de Dieu (Thyatire et Sardes).
314               NOTES DE LA LEÇON X.
314   Note A. Sur les Noms et l'ordre des Noms des
      Jours dans la Semaine de Christ.
323   Note B. Sur le Livre du Juste de Josué X, 13.
325   Note C. Sur la constitution de l'Année en mois.
326   Observation sur le Calendrier comme signe surna-
      turel actuel.
333                     LEÇON XI
            LA BIBLE COMME LIVRE ÉCRIT EN NOMBRES. LES
            PAROLES FATIDIQUES « MANÉ, THÉCEL, PHARÈS »
            DU LIVRE DE DANIEL. LE LANGAGE SYMBOLIQUE
            CHIFFRÉ. EXEMPLES DE DÉMONSTRATION.
138   333   La Bible est tout aussi bien pour le lecteur qui
            l'ouvre un livre de chiffres qu'un livre de lettres.
139   334   Valeurs numériques des lettres en Hébreu et en      Alphabet hébreu
            Grec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .       p. 335.
p. 551
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

      Sens opposés de l'écriture en hébreu et en grec, ou   Alphabet grec,
      dans les deux Testaments, comme signes du            p. 336.
      Passé et de l'Avenir dont le Christ est le centre.
140   337   Opération arithmétique la plus simple, celle qu'il
            faut opérer d'abord : l'Addition. Valeur numé-
            rique d'un mot ; d'un verset.
141   338   Valeurs numériques des noms Jésus, Christ, Jého-
            vah, Élohim. Relation entre Élohim et le temps
            516 de Daniel.
142   342   Vérification de la valeur 516 de Daniel par la va-
            leur du mot hébreu « depuis le temps » de Dan.
            XII, 11.
143-144 344 Le « Mané Thécel Pharès » du Livre de Daniel.
            Caractère mathématique de ces mots fatidiques.
            Avec les noms de Nébucadnetsar-Belshatsar, ou
            de la Puissance Babylonienne, devant laquelle ils
            sont proposés, ils mesurent par leurs valeurs nu-
            mériques tout l'ensemble des périodes historiques
            quinquaséculaires.
145   348   La période de base 523 est mesurée par les noms
            de Nébucadnetsar-Belshatsar. Les 7 mots fati-
            diques, partagés en deux groupes canoniques de
            4 et 3, donnent, par leur somme, la somme des
            quatre périodes 515, 516, 520, 528.
146   350   Deux règles de computation (Règle I et Règle II,
            p. 352) tirées de la disposition symétrique des
            noms Nébucadnetsar, Belshatsar, et du mot jours
            = 100.
147   353   Parmi les périodes, 523 (§ 145) et 516 (§ 142) ont
            été données séparément par l'Écriture chiffrée.
            Il va en être de même pour les autres périodes
            du système.
148   353   La période 520 est donnée par les noms Darius-Cy-
            rus, comme 523 par Nébucadnetsar-Belshatsar.
149   355   La période 515, donnée (aussi avec des décimales :
            515, 165) par l'écriture chiffrée du verset Dan.
            VII, 12.
150   358   La période 528 donnée par l'écriture chiffrée du ver-
            set Dan. VII, 25.
151   360   Par le changement du nom Daniel en Belteshatsar,
            Nébucadnetsar mesure la durée 537 qui s'écoule
            de la Prophétie de Daniel (chute de l'Empire ba-
            bylonien) à la Venue de Christ.
p. 552
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

152   362   Sur le langage symbolique chiffré de l'Écriture.
            Les nombres sont ici employés en tant que signes
            symboliques des idées du texte.
153-155 363 Étude du verset Dan. IX, 24, concernant les 70
            Semaines qui déterminent les deux Venues. Re-
            production des deux Nombres 2178, 2180 de
            Daniel.
156   370   Indication par le calcul précédent d'une troisième
            règle (Règle III, p. 371) pour la computation des
            textes (nombres complexes).
157   371   Application de la Règle III dans le verset Apoc.
            XXII, 20, avant-dernier de l'Écriture, et forme
            remarquable de la valeur numérique totale de ce
            verset.
158   373   Deux autres exemples remarquables de vérification
            du Second Avènement donnés par les versets
            Act. I, 11 et I Cor. XI, 26.
159   375   Deux exemples empruntés aux deux Testaments ;
            La Marque de Caïn ; La Signature de Paul.
160   375   La Marque de Caïn, en Gen. IV.
161   381   La Signature de Paul, en Héb. XIII, 25.
162   383   On va maintenant envisager l'Écriture dans toute
            son étendue, c'est-à-dire par son premier et son
            dernier versets, et prouver son unité par l'exis-
            tence d'une relation mathématique définie entre
            ces termes limites extrêmes.
163   384   Le premier verset de l'Écriture, Gen. I, 1. Sa cons-
            truction et sa valeur numérique. 2701 = 37 × 73.
164   386   Le dernier verset de l'Écriture, Apoc. XXII, 21.
            Circonstances qui ont amené son examen. Sa cons-
            truction et sa valeur numérique. 7 × (7.7.7.) +
            (4184 + 2386).
165   388   Le premier et le dernier versets envisagés simulta-
            nément. Deux points de vue constituant leur en-
            semble systématique.
166   389   Le premier point de vue : la donnée de temps ou le   Schéma, p. 390.
            Règne de 1000 ans. L'ensemble 24 × 528.
167   390   Le second point de vue : l'étendue de la Bible, ou   Schéma, p. 391.
            le Nombre 66 des Livres. L'ensemble 12 × 528.
168   392   Unité de l'Inspiration biblique, et réalité du lan-
            gage chiffré comme moyen d'interprétation.
p. 553
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

393                     LEÇON XII.
            L'APOCALYPSE OU LA RÉVÉLATION DE
                     JÉSUS-CRHIST.
169   393   L'Apocalypse envisage tous les temps de l'Huma-
            nité, et non point seulement les temps depuis
            Christ. Plan de l'Apocalypse . . . . . . . . Tabl. XII, p. 394.
170   395   Les 22 chapitres divisés en 3 Semaines (7 Sceaux,
            7 Trompettes, 7 Coupes). La dernière semaine
            est : soit Semaine d'Adam, avec pour repos le Sab-
            bat (Chap. XXI) ; soit Semaine de Christ, avec
            pour repos le Dimanche (Chap. XXII).
171-172 396 La Ire semaine divisée en deux groupes : de 3 (I-
            III, Lettres aux 7 Églises ; — 1516 à 2180, His-     Tab. XIII, p. 399.
            toire de l'Église), et de 4 (IV-VII, du Déluge, —    [5me et 6me Sceaux,
            2528, à Christ).                                     Antiochus, Romains,
            Les 24 Anciens ou le monde antédiluvien . . . .     pas de Chevaux,
            Le 7e Sceau, sceau du Dieu vivant . . . . . .   ni Animaux ;
            Les 144000 marqués. (Ancienne Alliance).            caractère anormal à
                                                                rapprocher de
                                                                Dan. VII, p. 310].
173-174 401 La IIe semaine partagée en deux groupes : de 4
            (VIII-XI, l'Histoire, de la 1re à la 2e Venue ;
            7 Trompettes), et 3 (XII-XIV, Histoire spiri-
            tuelle de l'Église, au cours du même temps).
175   404   Le Faux Prophétisme. La Papauté. Les Bêtes de la
            Mer et de la Terre. Le Nombre 666. (Chap. XIII).
176   406   L'Église de Christ. Les 144000 marqués.
            La Réforme (Chap. XIV).
177   407   Limite chronologique, 2180, de l'Histoire spiri-
            tuelle de l'Église (XII-XIV), donnée par les 1600
            stades de XIV, 20.
178   408   Ensemble systématique des deux premières Se-
            maines, constitué par leurs groupes respectifs de
            3, 4 et 4, 3. Les 144000 qui les terminent l'une et
            l'autre.
179   410   La IIIe Semaine ; 6 jours de travail (XV-XX) par-
            tagés en 3 groupes de 2 : XV-XVI, les 7 Coupes;
            XVII-XVIII, jugement et ruine de la Grande
            Prostituée ; XIX-XX, établissement du Royaume
            et Jugement dernier. Les 7 Coupes comprises
            dans la 7e Trompette, et les 7 Trompettes dans le
            7e Sceau. Unité du Livre de l'Apocalypse.
180   414   Au groupe XVII-XVIII, Étonnement de Jean.
            L'Église (XII, 6) retrouvée sous la figure d'une
p. 554
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

      Prostituée. Le Peuple Élu. Israël et Juda, Bri-
      tish-Israël.
181   416   Le 3e groupe (XIX-XX) et les Jours de repos
            (XXI ou XXII) d'Adam et Christ. Avec eux se
            termine le plan général, Tableau XII, et l'Apo-
            calypse. Reste à examiner d'autres traits géné-
            riques fondamentaux, d'ordre connexe au plan
            général de l'Histoire tracé par les données précé-
            dentes. Les 3 Malheurs (Apoc. VIII, 13), dési-
            gnations spéciales des Trompettes 5, 6, 7. Les
            Malheurs 1 et 2 désignent les mouvements Arabe
            et Turc (1).

(1) Suivant la remarque de M. A. Dothey, les Malheurs 1 et 2 étant connus, on connaît aussi par une induction naturelle, tout au moins l'espèce du Malheur 3, qui doit être un événement historique de même nature, et, dans cette vue spécifique, tout fait présumer que le 3e Malheur de l'Apocalypse consistera dans le mouvement de l'Extrême-Orient (Japonais, Chinois), [à la préparation duquel, aujourd'hui même, nous assistons], contre le foyer normal de l'Histoire, celui des Peuples chefs et de l'œuvre de la Révélation. Ce qui rend cette induction d'autant plus intéressante, c'est, dans les éléments progressifs de réaction, l'éloignement de plus en plus marqué qui s'y accuse, du Dieu vivant de la Bible. Des Arabes, facteur proprement religieux et d'ailleurs encore sémite, on passe à l'élément Turc, plus politique que religieux, pour aboutir chez les Extrême-Orientaux dont il est question, à la mort des âmes, soit dans le théisme impuissant, soit dans l'athéisme pratique.
D'ailleurs, les 3 Malheurs sont équidistants et forment système chronologique. En effet, (voy. XIIe Leçon, § 181) le 1er Malheur est le Mouvement arabe, repéré pour l'Hégire, 622 ; le IIe Malheur correspond aux temps de la fin où à la 7e Trompette (Apoc. XI, 14, 15), et est ainsi repéré par le nombre de Daniel 2178 (VIIIe Leçon, § 90). Or on a (622 + 2178)/2 = 1400, ou précisément l'époque du IIe Malheur ou du Mouvement turc (Andrinople, 1360 ; Constantinople, 1453).
Mais il y a plus ; les nombres chronologiques qui concernent les 3 Malheurs les repèrent par un ensemble systématique absolu, dont le terme d'équidistance est le nombre divin 777. Nous venons de trouver le Malheur II repéré à partir de l'Ère chrétienne par le nombre (622 + 2178)/2 = 1400 = 2 × 700, et l'on a

      1400 — 777 = 623 (Malheur I) (622 + 1)
      1400 — 777 = 2177 (Malheur III) (2178 — 1).
[On remarque aussi que 622 = 2 × 311 (Nombre premier)
      et 2177 = 7 × 311].
p. 555
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

182-183 419 Le Petit Livre ouvert ou le Livre de la Connais-
            sance. Son objet historique s'étend du Déluge au
            Second Avènement. Son apparition historique
            après le Second Malheur, désigne l'Époque de
            la Réforme. Sa base de connaissance est la Me-
            sure mathématique de l'Univers.
184   421   La connaissance scientifique elle-même du plan di-
            vin est départie par grâce aux Élus. Le monde ne
            comprendra pas. Les 7 Tonnerres (X, 3). La
            défense de les écrire, et leur reproduction en
            Apoc. XIV.
185   425   Signification historique et dogmatique du déplace-
            ment des 7 Tonnerres de X en XIV. L'Époque de
            la Connaissance de Daniel (Dan. XII, 4) a pour
            désignation 1875.
186   426   L'argument de principe du Petit Livre est l'His-
            toire des Deux Témoins, Israël et Juda. L'amer-
            tume de Jean. La Grande Cité de Confusion des
            temps de la fin.
187   427   Le tableau XII comme moyen simple de prouver
            l'Inspiration à la fois de l'Apocalypse et, après
            qu'on a vu, de la Bible tout entière.
429              NOTES DE LA LEÇON XII.
429   Note A. (§ 171). Sur la construction du système
      des 7 Épîtres de l'Apocalypse et la désignation
      de Christ par le nom Antipas de Apoc. II, 13.
436   Note B. Sur les deux ordres de la Connaissance,
      l'intellectuel et le spirituel.

L'enseignement supérieur d'une remarque telle que celle-ci, c'est, littéralement, de nous révéler combien, pour la science de l'ordre réel des choses et du plan qu'il convient de leur attribuer dans cet ordre, notre point de vue humain est ou insuffisant ou faux. Il répugne évidemment aux errements actuels de nos esprits, et nous ne comprenons nullement, qu'il faille attribuer tant d'importance aux trois fluctuations historiques dont il vient d'être question, et de les voir marquées, dans les décrets éternels, du nombre divin et mystérieux 777 de la Trinité. Mais cela nous prouve simplement que toute notre connaissance n'est que de lueurs ; et ces lueurs apparaissent à la surface d'un abîme dont nous ne soupçonnons pas la profondeur.

p. 556
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

441         APPENDICE. LA QUESTION DU BAPTÊME
              ET DE LA SAINTE CÈNE. L'ONCTION.
                LES SACREMENTS. LE CULTE.
1     441   Sous la Nouvelle comme sous l'Ancienne Alliance,
            il y a des signes et une ordonnance externe éta-
            blis.
441                 LES DEUX BAPTÊMES.
2-4   441   Les deux Baptêmes. Le Baptême d'Eau, le Bap-
            tême de l'Esprit.
5     445   Au point de vue absolu des conditions nécessaires
            du Salut, le Baptême de l'Esprit nécessaire, et
            seul nécessaire.
446                 LA SAINTE CÈNE.
6     446   L'acte réel de la manducation spirituelle est l'acte
            nécessaire et seul nécessaire, dans l'Institution de
            la Sainte Cène. Importance du signe extérieur
            comme écriture de Dieu.
7     450   La véritable preuve de l'erreur de la Transsub-
            stantation se trouve dans la condamnation scrip-
            turaire du sacrifice de la Messe.
8-9   452   Connexion de la non-nécessité des actes sacramen-
            taux extérieurs, avec l'erreur de l'institution de
            la Prêtrise, ou du Prêtre, homme surnaturel.
454         LE SENS ET L'ENSEIGNEMENT PRATIQUE PROFOND
            DES SIGNES EXTÉRIEURS DU BAPTÊME ET DE LA
                       SAINTE CÈNE.
10-13 454   Signes extérieurs institués par le Seigneur. L'eau.
            Le Pain. Le vin. Leur intention. Leur significa-
            tion.
14    457   La Sainte Cène. Le pain et le Vin ne sont pas en
            eux-mêmes, dans leurs espèces particulières, né-
            cessaires.
15-16 459   Le Baptême. Baptême de Jean. Baptême de l'Es-
            prit.
17-22 460   Le Baptême des petits enfants. Le Baptême et la
            Circoncision.
23-24 466   La manière d'administrer le Baptême.
p. 557
§§   Pages.                                              Tableaux et Figures.

469         LES PREUVES EXTERNES DONNÉES PAR LA CONS-
            TRUCTION DE LA BIBLE, CONCERNANT L'INSTITU-
            TION DU BAPTÊME ET DE LA SAINTE CÈNE.
25    469   La Bible signifiée.
26-29 470   Le Baptême. Le lien systématique de la Circonci-
            sion et du Baptême. Le Baptême des petits en-
            fants.
30    475   La Sainte Cène ; Daniel ; Matthieu ; Hébreux . .  Schéma p. 479
479         L'ENSEMBLE SYSTÉMATIQUE DES SIGNES EXTÉ-
            RIEURS OU SACREMENTS DANS L'ÉCRITURE. AN-
            CIENNE ALLIANCE ET NOUVELLE ALLIANCE.
31    479   Analogie systématique des Sacrements dans les
            Deux Alliances.
32-33 481   Le troisième sacrement. L'Onction.
            Démonstration de son Institution. . . . . .  Schéma p. 485
487         L'ORDONNANCE MATHÉMATIQUE DE LA BIBLE NÉ-
            CESSAIRE POUR RÉSOUDRE LA QUESTION DES
            SACREMENTS ET DÉFINIR LEUR SYSTÈME. L'IDÉE
            DU SACREMENT.
34    487   Définition du Sacrement.
35-36 490   Le Culte.
493                     ANNEXE.
493   A) Sur la mathématique biblique comme élément
         critique des textes. Analyse des versets Jean V,
         4 et I Jean V, 7 que rejette la critique moderne.
513   B) Sur la mathématique biblique comme élément
         critique des faits historiques. La fondation de
         l'Église de Rome et la Mort de Pierre . . . .  Schéma p. 529
534   C) Sur un signe remarquable de la Naissance sur-
         naturelle de Jésus-Christ donné par la Bible
         mathématique.