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Leçons sur la Parole de Dieu — Tome II (Leçons XIII à XX)

Première Partie du Tome II. Texte intégral verbatim (621 pages).

Transcription intégrale et verbatim des 621 pages (Avant-Propos, Errata, Leçons XIII à XX — « La Bible signifiée », l'Histoire du Peuple élu, les deux Témoins —, Notes et Table analytique des matières), assemblée à partir de 20 relevés page à page. Les versets, la gématrie hébraïque/grecque et tous les tableaux de dénombrement sont reproduits exactement. Les figures sont décrites au point où elles s'insèrent.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

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LEÇONS

SUR

LA PAROLE DE DIEU

PRÉCÉDÉES D'UNE

LETTRE A S. M. ALBERT, ROI DES BELGES

PAR

CH. LAGRANGE

Membre de l'Académie Royale de Belgique,
Professeur émérite de l'École Militaire,
Directeur honoraire de l'Observatoire Royal.

TOME II
LEÇONS XIII à XXV.

La Bible signifiée
Les Deux Maisons d'Israël et de Juda
Israël et les Anglo=Saxons

PREMIÈRE PARTIE (LEÇONS XIII à XX)

La foi vient de ce qu'on entend ; et on entend par la Parole de Dieu.
ROM. X, 17.

Docteurs de la Loi, vous avez pris la clef de la Science, vous n'êtes point entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui voulaient le faire.
LUC, XI, 52.

OFFICE DE PUBLICITÉ
ANC. ÉTABLISSEM. J. LEBÈGUE & Cie
ÉDITEURS
Société Coopérative
BRUXELLES

GEORGES THONE
ÉDITEUR
LIÉGE

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AVANT-PROPOS

p. II

Bible et l'autorité de la Révélation; et ce qui, dans cet ordre, de prime abord appelle l'attention est la science de l'Histoire, ou la connaissance du plan du développement de l'Humanité à la surface du Globe. Or, d'après la Bible, l'axe de l'Histoire est l'existence d'un Peuple élu (le Peuple hébreu) choisi entre tous pour être le dépositaire de la Révélation de Dieu à l'Homme, et ce peuple, apparu aux origines de l'Histoire, doit subsister jusqu'à son accomplissement lors de la Seconde Venue du Messie. La science historique humaine est tout-à-fait aveugle sur ce point. Elle connaît les « Juifs »; elle ne sait pas que le Peuple élu (les Hébreux) est aujourd'hui, sous nos yeux, présent au monde dans la race Anglo-Saxonne, celle qui a fait la Réforme, ou le Retour à l'Evangile et à la connaissance des Ecritures de Dieu. Il importait donc d'étudier avec soin, dans les Ecritures, toutes les données progressives qui établissent et assurent ce point capital, et c'est ce qui fait l'objet de premier ordre de cette seconde partie de nos recherches.

On ne saurait d'ailleurs douter que la présentation de cette Etude vienne tout-à-fait à son heure. L'époque actuelle est l'une des plus extraordinaires de l'Histoire, en ce qu'elle réalise sous nos yeux dans les événements, l'accomplis-

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sement absolu des Prophéties relatives au Retour du Peuple élu en Palestine (le Sionisme), et nous montre, dans l'Angleterre et les États-Unis, les représentants de la Maison d'Israël ; du même sang que les Juifs proprement dits, ces groupes ethniques constituent aujourd'hui, avec eux, le Peuple hébreu élu. C'est ce Peuple élu qui, dans la période historique actuelle, est le Peuple-Chef ; et, en ce moment même, dans le reflux de la civilisation chrétienne vers les régions de l'Orient prophétique, nous constatons les efforts progressifs de sa mission pour arriver à la domination mondiale de la Terre.

Le facteur adverse de premier ordre qui s'oppose à la réalisation de cette mission est celui du Faux Prophétisme, dont la Papauté est le représentant officiel attitré. Une vue historique de l'évolution du Peuple élu est donc en intime connexion avec ce qu'on appelle l'Histoire de l'Église, et cela explique et justifie que, dans cet écrit, une part ait été réservée à cette dernière Histoire.

Le texte de notre travail est celui d'un manuscrit terminé avant la Guerre (en 1913) et que nous avons reproduit ici dans son intégrité sans aucun changement. Cette circonstance est de nature à augmenter encore, aux yeux du lec-

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teur, l'intérêt que présente la confrontation des événements actuels avec les déductions que nous avons tirées du plan prophétique de l'Écriture.

En terminant ce court Avant-Propos, nous n'avons pas à réitérer ce que nous pensons, au point de vue spirituel, de l'utilité d'un ordre de recherche positif tel que celui que poursuit et continue ce nouvel Ouvrage.

Nous nous sommes déjà suffisamment expliqué à cet égard dans tous nos travaux antérieurs.

Il est entendu qu'une seule chose est nécessaire, et que cette chose-là, ne peut nous être donnée, par la Grâce de Dieu, que par l'Esprit de Dieu. Mais refuser les moyens, tous fondés sur sa Parole, par lesquels Dieu aplanit notre chemin pour nous rapprocher de Lui, c'est, avec une étonnante présomption, rien moins qu'un manque de Foi ; c'est, en nous ignorant nous-mêmes, ignorer aussi la puissance des obstacles intellectuels que, dans le monde troublé où nous vivons, l'Ennemi des âmes, par une Science « faussement ainsi nommée », oppose à la connaissance effective et personnelle du Sauveur Lui-même.

31 octobre 1922.

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

TREIZIÈME LEÇON

LA BIBLE SIGNIFIÉE

p. 2

188. Au cours des XII leçons que renferme le premier Volume de cet ouvrage (1), on a établi le caractère systématique de la Chronologie de la Bible, de la Genèse à Daniel et à l'Apocalypse, et démontré par là l'unité de plan du Livre. On a rencontré un grand nombre de traits remarquables, suffisants pour démontrer déjà aussi que, dans sa structure externe (composition en parties, rédaction du texte, etc.), ce Livre, tel qu'il se propose aujourd'hui à la connaissance de l'Homme, est l'œuvre plénière du Saint Esprit.

(1) Leçons sur la Parole de Dieu, précédées d'une lettre à S. M. ALBERT, Roi des Belges. Leçons I-XII. Bruxelles, 1910.

C'est par l'examen plus précis de ce second point (structure externe proprement dite) que nous commencerons nos nouvelles recherches.

189. Synthétisons les faits déjà recueillis. Dès la Leçon I, des remarques générales ont été faites concernant le nombre des livres de la Bible, la composition comparée des deux Testaments, le système numériquement réparti des écrivains (historiens, prophètes, etc.) indicateurs des livres qu'ils contiennent.

Plus loin (Leçon XI), nous avons reconnu, sans doute possible, que les mots mêmes du texte sont ainsi choisis dans la Bible que leurs valeurs numériques (les lettres de l'alphabet en hébreu et en grec désignant aussi bien des chiffres) satisfont à des conditions mathématiques intentionnelles. C'était vérifier la déclaration du Seigneur, suivant laquelle il n'est pas un trait de lettre de l'Écriture qui ne doive recevoir son accomplissement.

MATT. v, 18 Car je vous dis en vérité que jusqu'à ce que le ciel et la terre passent, il n'y aura rien dans la loi qui ne s'accomplisse, jusqu'à un seul iota et à un seul trait de lettre.

Enfin, dans l'ordre intermédiaire entre ces termes extrêmes, — composition générale en

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Livres, construction en mots et lettres, — s'est révélée également la construction systématique de la Bible en Chapitres, Versets (Voy. Vol. I, pp. 470, 472 et suiv., 509, 534, etc.).

De cet ensemble de données, naturellement introduites par l'Analyse progressive du Document, un fait capital et d'ordre supérieur se dégage, que l'on peut envisager dans son principe, antérieurement à tout essai de détermination plus concrète; savoir :

« Il doit exister une forme normale de construction externe de la Bible en Parties, Livres, » Chapitres, Versets, Mots, Lettres, etc., conforme à la Volonté, et Ouvrage, du Saint » Esprit. »

C'est cette forme idéale, certainement existante, que nous avons désignée (Vol. I, p. 470) par le nom de « Bible signifiée », et qui va faire l'objet de la présente Leçon. A supposer une telle forme de la Bible connue, il est manifeste qu'en présentant comme inspirés des éléments techniques, des nombres imprimés (tels, par exemple, les numéros des versets), elle constituerait une voie de démonstration aussi impressive par sa nature concrète surnaturelle, que pénétrante comme instrument de découverte.

p. 4

190. Pour nous personnellement, la solution la plus probable du problème ainsi posé est évidemment le document concret qui, se trouvant entre nos mains, est venu, par des traits partiels, nous révéler d'abord l'existence d'une semblable forme ; c'est-à-dire le texte et l'édition de la Bible dont, sans aucune idée préconçue, et avant même de soupçonner l'existence de ce nouvel ordre de signes, il nous avait été donné de nous servir couramment pour notre étude de la Parole. Comme déjà nous l'avons dit (Vol. I, pp. 470, 497), il s'agit, quant au texte du N. T., (l'A. T. étant fixé et hors de cause) du texte traditionnel appelé Texte reçu, consacré au temps de la Réforme, et antérieur aux déformations que la Critique moderne a fait progressivement subir à cette partie de l'Écriture ; et la disposition du texte (pour toute la Bible) est celle, non moins connue, de la version de Martin-Ostervald, citée dès notre Avant-Propos (Vol. I, p. 5). (Elle a paru en 1881).

La formation externe de la Bible telle qu'aujourd'hui nous la possédons, appartient d'ailleurs précisément à la Phase de l'Histoire des Églises de l'Apocalypse qui prépare et accomplit la Réforme ou le retour à la Parole de Dieu. En

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effet, cette phase, désignée par Philadelphie ou la 6e Eglise, celle qui garde la Parole (Apoc. III, 8-10), s'étend, comme on l'a vu (Vol. I, p. 231, et Concordance, pp. 155, 165), de 1124 à 1652 ; or la division de la Bible en Chapitres remonte à Langton en 1250 environ, et la subdivision en Versets est due à Robert Estienne (1551). (1).

191. Ces données, ainsi historiquement préparées, ont concouru dans la formation de notre Bible signifiée. Mais l'idée de la structure externe se manifeste dans celle-ci sous un autre aspect encore, savoir : la pagination (et même le format). Quoique nous ayons déjà touché en passant (voy. Vol. I, pp. 5, 470) aux signes surnaturels directs qui nous ont été donnés sur ce point, ils sont trop remarquables pour ne pas être signalés de nouveau avec insistance : ces signes établissent en effet que, jusque dans le choix de l'exemplaire matériel de la Bible qui nous a servi, la main de Dieu a conduit le serviteur indigne. De nos yeux nous avons vu, et touché

(1) LORTSCH, Histoire de la Bible, etc. Paris, Genève, 1910. pp. 30, 73.

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de nos mains un Miracle ; et ce signe, il nous est, à tous égards, ordonné de ne pas le taire.

Ce signe ou miracle, d'ailleurs chacun peut le contrôler ou l'obtenir pour lui-même : il est offert par des nombres, imprimés dans un livre actuel, propriété de tous. Voici en quoi il consiste :

S'il fallait caractériser par deux éléments numériques le système mathématique qui enserre le plan prophétique et historique de l'Écriture enseigné dans nos Leçons, on n'en saurait, semble-t-il, trouver de mieux qualifiés : d'une part que le Nombre symbolique 777 du Dieu trois fois Saint, annoncé dès l'ouverture de la Prophétie dans l'Ancien Testament (voy. Vol. I, p. 114) ; d'une autre, que la Période prophétique et historique de 528 ans, qui domine le système des périodes quinquaséculaires de la Bible (Vol. I, pp. 43, 48, 92, etc.), et qui mesure les phases de l'Histoire de l'Église (Les 7 Églises de l'Apoc. II, III ; voy. Vol. I, p. 231), en la conduisant jusqu'à la Seconde Venue de Jésus-Christ.

Or, dans l'édition particulière de la Bible dont nous avons fait usage (édition indiquée Vol. I, p. 5), le dernier feuillet de l'Ancien Testament porte le nombre

p. 7
                777   (1),

et le dernier feuillet du Nouveau Testament le nombre

        1056 = 2 × 528.

1056 étant le nombre des pages du volume entier.

Il y a donc bien ici un signe qui concerne, dans son objet, non plus la partition des idées, mais la construction même du Livre quant à sa subdivision géométrique, et jusqu'aux dimensions de ses caractères typographiques. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un signe physique matériel, ou d'un Miracle proprement dit.

(1) Le nombre 777 est en outre intentionnellement isolé : dans la pagination, les pages 778, 779, 780 ne portent pas de nombres imprimés.

Cette dernière indication mise à la fin de l'A. T. est d'ailleurs d'autant plus frappante que, sur l'Echelle des Chapitres de la Bible, les 4 Chapitres du dernier Livre (Malachie) ont précisément pour nos d'ordre

        777, 778, 779, 780,

et ainsi le no imprimé de la page ne reparaît que sur la première page (781) du N. T. où il est le même que celui (781) du premier Chapitre de ce N. T.

C'est tout semblablement qu'à la fin du N. T. il y a une relation entre la dernière page et le no d'ordre du dernier Chapitre. La dernière page porte le nombre imprimé 1056 = 2 × 528, et le dernier Chapitre a pour no d'ordre 1040 = 2 × 520, 520 étant la période centrale du système des périodes prophétiques 528, 520, 516.

p. 8

Une preuve de cet ordre, — un fait vu de nos yeux et que le lecteur peut constater aussi bien que nous, — amenée, sans que nous l'eussions soupçonnée et après les multiples et décisifs traits de vérification que nous possédions déjà, constituera, pensons-nous, pour tout homme maître de sa pensée, la démonstration certaine de notre induction relative à la Bible signifiée. Cette démonstration, comme autrefois les signes visibles accordés au Disciple incrédule (Jean XX, 25, 27), est de telle nature qu'elle nous rend aussi bien assurés de l'Inspiration surnaturelle interne du Livre que nous lisons et feuilletons. (¹).

(1) Il faut observer, au point de vue de l'édification, que les signes surnaturels dont nous venons de nous occuper n'auraient pu nous être donnés (parce que leurs nombres, par exemple le 777, le 528, n'auraient pu être compris) sans la connaissance préalable du système mathématique de l'Ecriture, et que celui-ci n'aurait jamais été découvert en dehors de la foi à l'Inspiration plénière de cette Ecriture. Il y a donc ici ceci une illustration remarquable de la déclaration de l'Epître aux Hébreux :

Héb. XI, 1-2. Or, la foi est une vive représentation des choses qu'on espère, et une démonstration de celles qu'on ne voit point.

Car par elle les anciens ont obtenu un Témoignage.

suivant laquelle la Foi est le moyen et la condition des signes accordés par Dieu à l'Homme.

Observons, en passant, au sujet de ce dernier passage, que nos

p. 9

192. Au point de vue pratique, c'est-à-dire en tant que nous préparons un instrument de recherche pour notre étude de la Parole de Dieu, notre travail doit consister d'abord à dresser l'Echelle des Livres, des Chapitres et des Versets de la Bible signifiée, ou la suite des numéros d'ordre de ces divers éléments, à travers toute la Bible. Il importe en effet de pouvoir mesurer avec facilité, soit les positions absolues des passages du texte biblique, soit les relations de position de passages différents. L'Echelle de l'Ancien Testament forme la première partie de cette Echelle totale, ou de la Bible entière. Arrivés au Nouveau Testament, il y a lieu de computer, parallèlement à la première, une nouvelle Echelle, propre à cette seconde partie du Document.

Le tableau suivant (Tableau XIV) fait connaître : la suite des Livres et des Chapitres de la

traductions courantes dénaturent le vrai sens du texte original en y intercalant, devant le mot « témoignage », le mot bon, qui n'est nullement dans cet original. Elles font dire à celui-ci que, par la Foi, les Anciens ont obtenu un bon témoignage, c'est-à-dire ont acquis les louanges de la postérité, alors que le texte déclare que, par la Foi, ils ont obtenu un témoignage de Dieu. Ce dernier sens d'ailleurs ressortirait de lui-même de tous les exemples de l'A. T. qui sont ensuite mentionnés à l'appui dans le Chapitre Heb. XI.

p. 10

Bible signifiée ; pour chacun des Chapitres, le nombre de ses versets ; d'où, pour chacun des Livres et des Chapitres, et dans chaque Chapitre pour son dernier Verset, le no d'ordre sur les Echelles dont il vient d'être question.

Au moyen de ces données, le lecteur pourra très facilement inscrire dans sa Bible, comme nous l'avons fait nous-même dans notre exemplaire courant, outre les nos d'ordre des Livres et Chapitres, ceux des Versets, de 10 en 10, à travers toute l'étendue du Livre.

TABLEAU XIV.

ANCIEN TESTAMENT

Livres   | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
Genèse   |     1      |     1     |     1      |  31  |   31
         |            |     2     |     2      |  25  |   56
         |            |     3     |     3      |  24  |   80
         |            |     4     |     4      |  26  |  106
         |            |     5     |     5      |  32  |  138
         |            |     6     |     6      |  22  |  160
         |            |     7     |     7      |  24  |  184
         |            |     8     |     8      |  22  |  206
         |            |     9     |     9      |  29  |  235
         |            |    10     |    10      |  32  |  267
         |            |    11     |    11      |  32  |  299
p. 11
Livres | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    12     |    12      |  20  |  319
       |            |    13     |    13      |  18  |  337
       |            |    14     |    14      |  24  |  361
       |            |    15     |    15      |  21  |  382
       |            |    16     |    16      |  16  |  398
       |            |    17     |    17      |  27  |  425
       |            |    18     |    18      |  33  |  458
       |            |    19     |    19      |  38  |  496
       |            |    20     |    20      |  18  |  514
       |            |    21     |    21      |  34  |  548
       |            |    22     |    22      |  24  |  572
       |            |    23     |    23      |  20  |  592
       |            |    24     |    24      |  67  |  659
       |            |    25     |    25      |  34  |  693
       |            |    26     |    26      |  35  |  728
       |            |    27     |    27      |  46  |  774
       |            |    28     |    28      |  22  |  796
       |            |    29     |    29      |  35  |  831
       |            |    30     |    30      |  43  |  874
       |            |    31     |    31      |  55  |  929
       |            |    32     |    32      |  32  |  961
       |            |    33     |    33      |  20  |  981
       |            |    34     |    34      |  31  | 1012
       |            |    35     |    35      |  29  | 1041
       |            |    36     |    36      |  43  | 1084
       |            |    37     |    37      |  36  | 1120
       |            |    38     |    38      |  30  | 1150
       |            |    39     |    39      |  23  | 1173
       |            |    40     |    40      |  23  | 1196
       |            |    41     |    41      |  57  | 1253
       |            |    42     |    42      |  38  | 1291
       |            |    43     |    43      |  34  | 1325
       |            |    44     |    44      |  34  | 1359
p. 12
Livres | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    45     |    45      |  28  | 1387
       |            |    46     |    46      |  34  | 1421
       |            |    47     |    47      |  31  | 1452
       |            |    48     |    48      |  22  | 1474
       |            |    49     |    49      |  33  | 1507
       |            |    50     |    50      |  26  | 1533
Exode  |     2      |     1     |    51      |  22  | 1555
       |            |     2     |    52      |  25  | 1580
       |            |     3     |    53      |  22  | 1602
       |            |     4     |    54      |  31  | 1633
       |            |     5     |    55      |  23  | 1656
       |            |     6     |    56      |  30  | 1686
       |            |     7     |    57      |  25  | 1711
       |            |     8     |    58      |  32  | 1743
       |            |     9     |    59      |  35  | 1778
       |            |    10     |    60      |  29  | 1807
       |            |    11     |    61      |  10  | 1817
       |            |    12     |    62      |  51  | 1868
       |            |    13     |    63      |  22  | 1890
       |            |    14     |    64      |  31  | 1921
       |            |    15     |    65      |  27  | 1948
       |            |    16     |    66      |  36  | 1984
       |            |    17     |    67      |  16  | 2000
       |            |    18     |    68      |  27  | 2027
       |            |    19     |    69      |  25  | 2052
       |            |    20     |    70      |  26  | 2078
       |            |    21     |    71      |  36  | 2114
       |            |    22     |    72      |  31  | 2145
       |            |    23     |    73      |  33  | 2178
       |            |    24     |    74      |  18  | 2196
       |            |    25     |    75      |  40  | 2236
       |            |    26     |    76      |  37  | 2273
       |            |    27     |    77      |  21  | 2294
p. 13
Livres    | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
          |            |    28     |    78      |  43  | 2337
          |            |    29     |    79      |  46  | 2383
          |            |    30     |    80      |  38  | 2421
          |            |    31     |    81      |  18  | 2439
          |            |    32     |    82      |  35  | 2474
          |            |    33     |    83      |  23  | 2497
          |            |    34     |    84      |  35  | 2532
          |            |    35     |    85      |  35  | 2567
          |            |    36     |    86      |  38  | 2605
          |            |    37     |    87      |  29  | 2634
          |            |    38     |    88      |  31  | 2665
          |            |    39     |    89      |  43  | 2708
          |            |    40     |    90      |  38  | 2746
Lévitique |     3      |     1     |    91      |  17  | 2763
          |            |     2     |    92      |  16  | 2779
          |            |     3     |    93      |  17  | 2796
          |            |     4     |    94      |  35  | 2831
          |            |     5     |    95      |  19  | 2850
          |            |     6     |    96      |  30  | 2880
          |            |     7     |    97      |  38  | 2918
          |            |     8     |    98      |  36  | 2954
          |            |     9     |    99      |  24  | 2978
          |            |    10     |   100      |  20  | 2998
          |            |    11     |   101      |  47  | 3045
          |            |    12     |   102      |   8  | 3053
          |            |    13     |   103      |  59  | 3112
          |            |    14     |   104      |  57  | 3169
          |            |    15     |   105      |  33  | 3202
          |            |    16     |   106      |  34  | 3236
          |            |    17     |   107      |  16  | 3252
          |            |    18     |   108      |  30  | 3282
          |            |    19     |   109      |  37  | 3319
          |            |    20     |   110      |  27  | 3346
p. 14
Livres   | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
         |            |    21     |   111      |  24  | 3370
         |            |    22     |   112      |  33  | 3403
         |            |    23     |   113      |  44  | 3447
         |            |    24     |   114      |  23  | 3470
         |            |    25     |   115      |  55  | 3525
         |            |    26     |   116      |  46  | 3571
         |            |    27     |   117      |  34  | 3605
Nombres  |     4      |     1     |   118      |  54  | 3659
         |            |     2     |   119      |  34  | 3693
         |            |     3     |   120      |  51  | 3744
         |            |     4     |   121      |  49  | 3793
         |            |     5     |   122      |  31  | 3824
         |            |     6     |   123      |  27  | 3851
         |            |     7     |   124      |  89  | 3940
         |            |     8     |   125      |  26  | 3966
         |            |     9     |   126      |  23  | 3989
         |            |    10     |   127      |  36  | 4025
         |            |    11     |   128      |  35  | 4060
         |            |    12     |   129      |  15  | 4075
         |            |    13     |   130      |  34  | 4109
         |            |    14     |   131      |  45  | 4154
         |            |    15     |   132      |  41  | 4195
         |            |    16     |   133      |  50  | 4245
         |            |    17     |   134      |  13  | 4258
         |            |    18     |   135      |  32  | 4290
         |            |    19     |   136      |  22  | 4312
         |            |    20     |   137      |  29  | 4341
         |            |    21     |   138      |  35  | 4376
         |            |    22     |   139      |  41  | 4417
         |            |    23     |   140      |  30  | 4447
         |            |    24     |   141      |  25  | 4472
         |            |    25     |   142      |  18  | 4490
         |            |    26     |   143      |  65  | 4555
p. 15
Livres      | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
            |            |    27     |   144      |  23  | 4578
            |            |    28     |   145      |  31  | 4609
            |            |    29     |   146      |  39  | 4648
            |            |    30     |   147      |  17  | 4665
            |            |    31     |   148      |  54  | 4719
            |            |    32     |   149      |  42  | 4761
            |            |    33     |   150      |  56  | 4817
            |            |    34     |   151      |  29  | 4846
            |            |    35     |   152      |  34  | 4880
            |            |    36     |   153      |  13  | 4893
Deutéronome |     5      |     1     |   154      |  46  | 4939
            |            |     2     |   155      |  37  | 4976
            |            |     3     |   156      |  29  | 5005
            |            |     4     |   157      |  49  | 5054
            |            |     5     |   158      |  33  | 5087
            |            |     6     |   159      |  25  | 5112
            |            |     7     |   160      |  26  | 5138
            |            |     8     |   161      |  20  | 5158
            |            |     9     |   162      |  29  | 5187
            |            |    10     |   163      |  22  | 5209
            |            |    11     |   164      |  32  | 5241
            |            |    12     |   165      |  32  | 5273
            |            |    13     |   166      |  18  | 5291
            |            |    14     |   167      |  29  | 5320
            |            |    15     |   168      |  23  | 5343
            |            |    16     |   169      |  22  | 5365
            |            |    17     |   170      |  20  | 5385
            |            |    18     |   171      |  22  | 5407
            |            |    19     |   172      |  21  | 5428
            |            |    20     |   173      |  20  | 5448
            |            |    21     |   174      |  23  | 5471
            |            |    22     |   175      |  30  | 5501
            |            |    23     |   176      |  25  | 5526
p. 16
Livres | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    24     |   177      |  22  | 5548
       |            |    25     |   178      |  19  | 5567
       |            |    26     |   179      |  19  | 5586
       |            |    27     |   180      |  26  | 5612
       |            |    28     |   181      |  68  | 5680
       |            |    29     |   182      |  29  | 5709
       |            |    30     |   183      |  20  | 5729
       |            |    31     |   184      |  30  | 5759
       |            |    32     |   185      |  52  | 5811
       |            |    33     |   186      |  29  | 5840
       |            |    34     |   187      |  12  | 5852
Josué  |     6      |     1     |   188      |  18  | 5870
       |            |     2     |   189      |  24  | 5894
       |            |     3     |   190      |  17  | 5911
       |            |     4     |   191      |  24  | 5935
       |            |     5     |   192      |  15  | 5950
       |            |     6     |   193      |  27  | 5977
       |            |     7     |   194      |  26  | 6003
       |            |     8     |   195      |  35  | 6038
       |            |     9     |   196      |  27  | 6065
       |            |    10     |   197      |  43  | 6108
       |            |    11     |   198      |  23  | 6131
       |            |    12     |   199      |  24  | 6155
       |            |    13     |   200      |  33  | 6188
       |            |    14     |   201      |  15  | 6203
       |            |    15     |   202      |  63  | 6266
       |            |    16     |   203      |  10  | 6276
       |            |    17     |   204      |  18  | 6294
       |            |    18     |   205      |  28  | 6322
       |            |    19     |   206      |  51  | 6373
       |            |    20     |   207      |   9  | 6382
       |            |    21     |   208      |  45  | 6427
       |            |    22     |   209      |  34  | 6461
p. 17
Livres     | No d'ordre | Chapitres | No d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale No d'ordre du dernier verset du Chapitre
           |            |    23     |   210      |  16  | 6477
           |            |    24     |   211      |  33  | 6510
Juges      |     7      |     1     |   212      |  36  | 6546
           |            |     2     |   213      |  23  | 6569
           |            |     3     |   214      |  31  | 6600
           |            |     4     |   215      |  24  | 6624
           |            |     5     |   216      |  31  | 6655
           |            |     6     |   217      |  40  | 6695
           |            |     7     |   218      |  25  | 6720
           |            |     8     |   219      |  35  | 6755
           |            |     9     |   220      |  57  | 6812
           |            |    10     |   221      |  18  | 6830
           |            |    11     |   222      |  40  | 6870
           |            |    12     |   223      |  15  | 6885
           |            |    13     |   224      |  25  | 6910
           |            |    14     |   225      |  20  | 6930
           |            |    15     |   226      |  20  | 6950
           |            |    16     |   227      |  31  | 6981
           |            |    17     |   228      |  13  | 6994
           |            |    18     |   229      |  31  | 7025
           |            |    19     |   230      |  30  | 7055
           |            |    20     |   231      |  48  | 7103
           |            |    21     |   232      |  25  | 7128
Ruth       |     8      |     1     |   233      |  22  | 7150
           |            |     2     |   234      |  23  | 7173
           |            |     3     |   235      |  18  | 7191
           |            |     4     |   236      |  22  | 7213
I. Samuel  |     9      |     1     |   237      |  28  | 7241
           |            |     2     |   238      |  36  | 7277
           |            |     3     |   239      |  21  | 7298
           |            |     4     |   240      |  22  | 7320
           |            |     5     |   241      |  12  | 7332
           |            |     6     |   242      |  21  | 7353
p. 18

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres        | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
              |            |     7     |    243     |        17         | 7370
              |            |     8     |    244     |        22         | 7392
              |            |     9     |    245     |        27         | 7419
              |            |    10     |    246     |        27         | 7446
              |            |    11     |    247     |        15         | 7461
              |            |    12     |    248     |        25         | 7486
              |            |    13     |    249     |        23         | 7509
              |            |    14     |    250     |        52         | 7561
              |            |    15     |    251     |        35         | 7596
              |            |    16     |    252     |        23         | 7619
              |            |    17     |    253     |        58         | 7677
              |            |    18     |    254     |        30         | 7707
              |            |    19     |    255     |        24         | 7731
              |            |    20     |    256     |        43         | 7774
              |            |    21     |    257     |        15         | 7789
              |            |    22     |    258     |        23         | 7812
              |            |    23     |    259     |        28         | 7840
              |            |    24     |    260     |        23         | 7863
              |            |    25     |    261     |        44         | 7907
              |            |    26     |    262     |        25         | 7932
              |            |    27     |    263     |        12         | 7944
              |            |    28     |    264     |        25         | 7969
              |            |    29     |    265     |        11         | 7980
              |            |    30     |    266     |        31         | 8011
              |            |    31     |    267     |        13         | 8024
II. Samuel.   |    10      |     1     |    268     |        27         | 8051
              |            |     2     |    269     |        32         | 8083
              |            |     3     |    270     |        39         | 8122
              |            |     4     |    271     |        12         | 8134
              |            |     5     |    272     |        25         | 8159
              |            |     6     |    273     |        23         | 8182
              |            |     7     |    274     |        29         | 8211
              |            |     8     |    275     |        18         | 8229
p. 19

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres        | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
              |            |     9     |    276     |        13         | 8242
              |            |    10     |    277     |        19         | 8261
              |            |    11     |    278     |        27         | 8288
              |            |    12     |    279     |        31         | 8319
              |            |    13     |    280     |        39         | 8358
              |            |    14     |    281     |        33         | 8391
              |            |    15     |    282     |        37         | 8428
              |            |    16     |    283     |        23         | 8451
              |            |    17     |    284     |        29         | 8480
              |            |    18     |    285     |        33         | 8513
              |            |    19     |    286     |        43         | 8556
              |            |    20     |    287     |        26         | 8582
              |            |    21     |    288     |        22         | 8604
              |            |    22     |    289     |        51         | 8655
              |            |    23     |    290     |        39         | 8694
              |            |    24     |    291     |        25         | 8719
I. Rois.      |    11      |     1     |    292     |        53         | 8772
              |            |     2     |    293     |        46         | 8818
              |            |     3     |    294     |        28         | 8846
              |            |     4     |    295     |        34         | 8880
              |            |     5     |    296     |        18         | 8898
              |            |     6     |    297     |        38         | 8936
              |            |     7     |    298     |        51         | 8987
              |            |     8     |    299     |        66         | 9053
              |            |     9     |    300     |        28         | 9081
              |            |    10     |    301     |        29         | 9110
              |            |    11     |    302     |        43         | 9153
              |            |    12     |    303     |        33         | 9186
              |            |    13     |    304     |        34         | 9220
              |            |    14     |    305     |        31         | 9251
              |            |    15     |    306     |        34         | 9285
              |            |    16     |    307     |        34         | 9319
              |            |    17     |    308     |        24         | 9343
p. 20

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres          | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
                |            |    18     |    309     |        46         | 9389
                |            |    19     |    310     |        21         | 9410
                |            |    20     |    311     |        43         | 9453
                |            |    21     |    312     |        29         | 9482
                |            |    22     |    313     |        54         | 9536
II. Rois.       |    12      |     1     |    314     |        18         | 9554
                |            |     2     |    315     |        25         | 9579
                |            |     3     |    316     |        27         | 9606
                |            |     4     |    317     |        44         | 9650
                |            |     5     |    318     |        27         | 9677
                |            |     6     |    319     |        33         | 9710
                |            |     7     |    320     |        20         | 9730
                |            |     8     |    321     |        29         | 9759
                |            |     9     |    322     |        37         | 9796
                |            |    10     |    323     |        36         | 9832
                |            |    11     |    324     |        21         | 9853
                |            |    12     |    325     |        21         | 9874
                |            |    13     |    326     |        25         | 9899
                |            |    14     |    327     |        29         | 9928
                |            |    15     |    328     |        38         | 9966
                |            |    16     |    329     |        20         | 9986
                |            |    17     |    330     |        41         | 10027
                |            |    18     |    331     |        37         | 10064
                |            |    19     |    332     |        37         | 10101
                |            |    20     |    333     |        21         | 10122
                |            |    21     |    334     |        26         | 10148
                |            |    22     |    335     |        20         | 10168
                |            |    23     |    336     |        37         | 10205
                |            |    24     |    337     |        20         | 10225
                |            |    25     |    338     |        30         | 10255
I. Chroniques.  |    13      |     1     |    339     |        54         | 10309
                |            |     2     |    340     |        55         | 10364
                |            |     3     |    341     |        24         | 10388
p. 21

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres          | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
                |            |     4     |    342     |        43         | 10431
                |            |     5     |    343     |        26         | 10457
                |            |     6     |    344     |        81         | 10538
                |            |     7     |    345     |        40         | 10578
                |            |     8     |    346     |        40         | 10618
                |            |     9     |    347     |        44         | 10662
                |            |    10     |    348     |        14         | 10676
                |            |    11     |    349     |        47         | 10723
                |            |    12     |    350     |        40         | 10763
                |            |    13     |    351     |        14         | 10777
                |            |    14     |    352     |        17         | 10794
                |            |    15     |    353     |        29         | 10823
                |            |    16     |    354     |        43         | 10866
                |            |    17     |    355     |        27         | 10893
                |            |    18     |    356     |        17         | 10910
                |            |    19     |    357     |        19         | 10929
                |            |    20     |    358     |         8         | 10937
                |            |    21     |    359     |        30         | 10967
                |            |    22     |    360     |        19         | 10986
                |            |    23     |    361     |        32         | 11018
                |            |    24     |    362     |        31         | 11049
                |            |    25     |    363     |        31         | 11080
                |            |    26     |    364     |        32         | 11112
                |            |    27     |    365     |        34         | 11146
                |            |    28     |    366     |        21         | 11167
                |            |    29     |    367     |        30         | 11197
II. Chroniques. |    14      |     1     |    368     |        17         | 11214
                |            |     2     |    369     |        18         | 11232
                |            |     3     |    370     |        17         | 11249
                |            |     4     |    371     |        22         | 11271
                |            |     5     |    372     |        14         | 11285
                |            |     6     |    373     |        42         | 11327
                |            |     7     |    374     |        22         | 11349
p. 22

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres   | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
         |            |     8     |    375     |        18         | 11367
         |            |     9     |    376     |        31         | 11398
         |            |    10     |    377     |        19         | 11417
         |            |    11     |    378     |        23         | 11440
         |            |    12     |    379     |        16         | 11456
         |            |    13     |    380     |        22         | 11478
         |            |    14     |    381     |        15         | 11493
         |            |    15     |    382     |        19         | 11512
         |            |    16     |    383     |        14         | 11526
         |            |    17     |    384     |        19         | 11545
         |            |    18     |    385     |        34         | 11579
         |            |    19     |    386     |        11         | 11590
         |            |    20     |    387     |        37         | 11627
         |            |    21     |    388     |        20         | 11647
         |            |    22     |    389     |        12         | 11659
         |            |    23     |    390     |        21         | 11680
         |            |    24     |    391     |        27         | 11707
         |            |    25     |    392     |        28         | 11735
         |            |    26     |    393     |        23         | 11758
         |            |    27     |    394     |         9         | 11767
         |            |    28     |    395     |        27         | 11794
         |            |    29     |    396     |        36         | 11830
         |            |    30     |    397     |        27         | 11857
         |            |    31     |    398     |        21         | 11878
         |            |    32     |    399     |        33         | 11911
         |            |    33     |    400     |        25         | 11936
         |            |    34     |    401     |        33         | 11969
         |            |    35     |    402     |        27         | 11996
         |            |    36     |    403     |        23         | 12019
Esdras.  |    15      |     1     |    404     |        11         | 12030
         |            |     2     |    405     |        70         | 12100
         |            |     3     |    406     |        13         | 12113
         |            |     4     |    407     |        24         | 12137
p. 23

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres    | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
          |            |     5     |    408     |        17         | 12154
          |            |     6     |    409     |        22         | 12176
          |            |     7     |    410     |        28         | 12204
          |            |     8     |    411     |        36         | 12240
          |            |     9     |    412     |        15         | 12255
          |            |    10     |    413     |        44         | 12299
Néhémie.  |    16      |     1     |    414     |        11         | 12310
          |            |     2     |    415     |        20         | 12330
          |            |     3     |    416     |        32         | 12362
          |            |     4     |    417     |        23         | 12385
          |            |     5     |    418     |        19         | 12404
          |            |     6     |    419     |        19         | 12423
          |            |     7     |    420     |        73         | 12496
          |            |     8     |    421     |        18         | 12514
          |            |     9     |    422     |        38         | 12552
          |            |    10     |    423     |        39         | 12591
          |            |    11     |    424     |        36         | 12627
          |            |    12     |    425     |        47         | 12674
          |            |    13     |    426     |        31         | 12705
Esther.   |    17      |     1     |    427     |        22         | 12727
          |            |     2     |    428     |        23         | 12750
          |            |     3     |    429     |        15         | 12765
          |            |     4     |    430     |        17         | 12782
          |            |     5     |    431     |        14         | 12796
          |            |     6     |    432     |        14         | 12810
          |            |     7     |    433     |        10         | 12820
          |            |     8     |    434     |        17         | 12837
          |            |     9     |    435     |        32         | 12869
          |            |    10     |    436     |         3         | 12872
Job.      |    18      |     1     |    437     |        22         | 12894
          |            |     2     |    438     |        13         | 12907
          |            |     3     |    439     |        26         | 12933
          |            |     4     |    440     |        21         | 12954

PAROLE DE DIEU   3

p. 24

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |     5     |    441     |        27         | 12981
       |            |     6     |    442     |        30         | 13011
       |            |     7     |    443     |        21         | 13032
       |            |     8     |    444     |        22         | 13054
       |            |     9     |    445     |        35         | 13089
       |            |    10     |    446     |        22         | 13111
       |            |    11     |    447     |        20         | 13131
       |            |    12     |    448     |        25         | 13156
       |            |    13     |    449     |        28         | 13184
       |            |    14     |    450     |        22         | 13206
       |            |    15     |    451     |        35         | 13241
       |            |    16     |    452     |        22         | 13263
       |            |    17     |    453     |        16         | 13279
       |            |    18     |    454     |        21         | 13300
       |            |    19     |    455     |        29         | 13329
       |            |    20     |    456     |        29         | 13358
       |            |    21     |    457     |        34         | 13392
       |            |    22     |    458     |        30         | 13422
       |            |    23     |    459     |        17         | 13439
       |            |    24     |    460     |        25         | 13464
       |            |    25     |    461     |         6         | 13470
       |            |    26     |    462     |        14         | 13484
       |            |    27     |    463     |        23         | 13507
       |            |    28     |    464     |        28         | 13535
       |            |    29     |    465     |        25         | 13560
       |            |    30     |    466     |        31         | 13591
       |            |    31     |    467     |        40         | 13631
       |            |    32     |    468     |        22         | 13653
       |            |    33     |    469     |        33         | 13686
       |            |    34     |    470     |        37         | 13723
       |            |    35     |    471     |        16         | 13739
       |            |    36     |    472     |        33         | 13772
       |            |    37     |    473     |        24         | 13796
p. 25

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres   | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
         |            |    38     |    474     |        38         | 13834
         |            |    39     |    475     |        38         | 13872
         |            |    40     |    476     |        28         | 13900
         |            |    41     |    477     |        25         | 13925
         |            |    42     |    478     |        17         | 13942
Psaumes  |    19      |   1 (1)  |    479     |                   |
         |            |     1     |           |         6         | 13948
         |            |     2     |           |        12         | 13960
         |            |     3     |           |         9         | 13969
         |            |     4     |           |         9         | 13978
         |            |     5     |           |        13         | 13991
         |            |     6     |           |        11         | 14002
         |            |     7     |           |        18         | 14020
         |            |     8     |           |        10         | 14030
         |            |     9     |           |        21         | 14051
         |            |    10     |           |        18         | 14069
         |            |    11     |           |         7         | 14076
         |            |    12     |           |         9         | 14085
         |            |    13     |           |         6         | 14091
         |            |    14     |           |         7         | 14098
         |            |    15     |           |         5         | 14103
         |            |    16     |           |        11         | 14114

(1) Le Livre des Psaumes n'est pas divisé en Chapitres. Comme les autres Livres qui sont dans ce même cas, il ne compte donc qu'un Chapitre unique (c'est ce que nous avons admis d'emblée dans notre recherche, avant même d'en connaître les résultats). et nous constaterons à postériori qu'en suivant cette règle littérale on est d'accord avec l'intention de la construction mathématique de la Bible. La détermination des nombres de Versets de la Bible est d'ailleurs évidemment indépendante de cette distinction.

p. 26

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    17     |           |        15         | 14129
       |            |    18     |           |        51         | 14180
       |            |    19     |           |        15         | 14195
       |            |    20     |           |        10         | 14205
       |            |    21     |           |        14         | 14219
       |            |    22     |           |        32         | 14251
       |            |    23     |           |         6         | 14257
       |            |    24     |           |        10         | 14267
       |            |    25     |           |        22         | 14289
       |            |    26     |           |        12         | 14301
       |            |    27     |           |        14         | 14315
       |            |    28     |           |         9         | 14324
       |            |    29     |           |        11         | 14335
       |            |    30     |           |        13         | 14348
       |            |    31     |           |        25         | 14373
       |            |    32     |           |        11         | 14384
       |            |    33     |           |        22         | 14406
       |            |    34     |           |        23         | 14429
       |            |    35     |           |        28         | 14457
       |            |    36     |           |        13         | 14470
       |            |    37     |           |        40         | 14510
       |            |    38     |           |        23         | 14533
       |            |    39     |           |        14         | 14547
       |            |    40     |           |        18         | 14565
       |            |    41     |           |        14         | 14579
       |            |    42     |           |        12         | 14591
       |            |    43     |           |         5         | 14596
       |            |    44     |           |        27         | 14623
       |            |    45     |           |        18         | 14641
       |            |    46     |           |        12         | 14653
       |            |    47     |           |        10         | 14663
       |            |    48     |           |        15         | 14678
       |            |    49     |           |        21         | 14699
p. 27

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    50     |           |        23         | 14722
       |            |    51     |           |        21         | 14743
       |            |    52     |           |        11         | 14754
       |            |    53     |           |         7         | 14761
       |            |    54     |           |         9         | 14770
       |            |    55     |           |        24         | 14794
       |            |    56     |           |        14         | 14808
       |            |    57     |           |        12         | 14820
       |            |    58     |           |        12         | 14832
       |            |    59     |           |        18         | 14850
       |            |    60     |           |        14         | 14864
       |            |    61     |           |         9         | 14873
       |            |    62     |           |        13         | 14886
       |            |    63     |           |        12         | 14898
       |            |    64     |           |        11         | 14909
       |            |    65     |           |        14         | 14923
       |            |    66     |           |        20         | 14943
       |            |    67     |           |         8         | 14951
       |            |    68     |           |        36         | 14987
       |            |    69     |           |        37         | 15024
       |            |    70     |           |         6         | 15030
       |            |    71     |           |        24         | 15054
       |            |    72     |           |        20         | 15074
       |            |    73     |           |        28         | 15102
       |            |    74     |           |        23         | 15125
       |            |    75     |           |        11         | 15136
       |            |    76     |           |        13         | 15149
       |            |    77     |           |        21         | 15170
       |            |    78     |           |        72         | 15242
       |            |    79     |           |        13         | 15255
       |            |    80     |           |        20         | 15275
       |            |    81     |           |        17         | 15292
       |            |    82     |           |         8         | 15300
p. 28

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    83     |           |        19         | 15319
       |            |    84     |           |        13         | 15332
       |            |    85     |           |        14         | 15346
       |            |    86     |           |        17         | 15363
       |            |    87     |           |         7         | 15370
       |            |    88     |           |        19         | 15389
       |            |    89     |           |        53         | 15442
       |            |    90     |           |        17         | 15459
       |            |    91     |           |        16         | 15475
       |            |    92     |           |        16         | 15491
       |            |    93     |           |         5         | 15496
       |            |    94     |           |        23         | 15519
       |            |    95     |           |        11         | 15530
       |            |    96     |           |        13         | 15543
       |            |    97     |           |        12         | 15555
       |            |    98     |           |         9         | 15564
       |            |    99     |           |         9         | 15573
       |            |   100     |           |         5         | 15578
       |            |   101     |           |         8         | 15586
       |            |   102     |           |        29         | 15615
       |            |   103     |           |        22         | 15637
       |            |   104     |           |        35         | 15672
       |            |   105     |           |        45         | 15717
       |            |   106     |           |        48         | 15765
       |            |   107     |           |        43         | 15808
       |            |   108     |           |        14         | 15822
       |            |   109     |           |        31         | 15853
       |            |   110     |           |         7         | 15860
       |            |   111     |           |        10         | 15870
       |            |   112     |           |        10         | 15880
       |            |   113     |           |         9         | 15889
       |            |   114     |           |         8         | 15897
       |            |   115     |           |        18         | 15915
p. 29

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |   116     |           |        19         | 15934
       |            |   117     |           |         2         | 15936
       |            |   118     |           |        29         | 15965
       |            |   119     |           |       176         | 16141
       |            |   120     |           |         7         | 16148
       |            |   121     |           |         8         | 16156
       |            |   122     |           |         9         | 16165
       |            |   123     |           |         4         | 16169
       |            |   124     |           |         8         | 16177
       |            |   125     |           |         5         | 16182
       |            |   126     |           |         6         | 16188
       |            |   127     |           |         5         | 16193
       |            |   128     |           |         6         | 16199
       |            |   129     |           |         8         | 16207
       |            |   130     |           |         8         | 16215
       |            |   131     |           |         3         | 16218
       |            |   132     |           |        18         | 16236
       |            |   133     |           |         3         | 16239
       |            |   134     |           |         3         | 16242
       |            |   135     |           |        21         | 16263
       |            |   136     |           |        26         | 16289
       |            |   137     |           |         9         | 16298
       |            |   138     |           |         8         | 16306
       |            |   139     |           |        24         | 16330
       |            |   140     |           |        14         | 16344
       |            |   141     |           |        10         | 16354
       |            |   142     |           |         8         | 16362
       |            |   143     |           |        12         | 16374
       |            |   144     |           |        15         | 16389
       |            |   145     |           |        21         | 16410
       |            |   146     |           |        10         | 16420
       |            |   147     |           |        20         | 16440
       |            |   148     |           |        14         | 16454
p. 30

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres     | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
           |            |   149     |           |         9         | 16463
           |            |   150     |           |         6         | 16469
Proverbes. |    20      |     1     |    480     |        33         | 16502
           |            |     2     |    481     |        22         | 16524
           |            |     3     |    482     |        35         | 16559
           |            |     4     |    383     |        27         | 16586
           |            |     5     |    484     |        23         | 16609
           |            |     6     |    485     |        35         | 16644
           |            |     7     |    486     |        27         | 16671
           |            |     8     |    487     |        36         | 16707
           |            |     9     |    488     |        18         | 16725
           |            |    10     |    489     |        32         | 16757
           |            |    11     |    490     |        31         | 16788
           |            |    12     |    491     |        28         | 16816
           |            |    13     |    492     |        25         | 16841
           |            |    14     |    493     |        35         | 16876
           |            |    15     |    494     |        33         | 16909
           |            |    16     |    495     |        33         | 16942
           |            |    17     |    496     |        28         | 16970
           |            |    18     |    497     |        24         | 16994
           |            |    19     |    498     |        29         | 17023
           |            |    20     |    499     |        30         | 17053
           |            |    21     |    500     |        31         | 17084
           |            |    22     |    501     |        29         | 17113
           |            |    23     |    502     |        35         | 17148
           |            |    24     |    503     |        34         | 17182
           |            |    25     |    504     |        28         | 17210
           |            |    26     |    505     |        28         | 17238
           |            |    27     |    506     |        27         | 17265
           |            |    28     |    507     |        28         | 17293
           |            |    29     |    508     |        27         | 17320
           |            |    30     |    509     |        33         | 17353
           |            |    31     |    510     |        31         | 17384
p. 31

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres       | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
Ecclésiaste. |    21      |     1     |    511     |        18         | 17402
             |            |     2     |    512     |        26         | 17428
             |            |     3     |    513     |        22         | 17450
             |            |     4     |    514     |        16         | 17466
             |            |     5     |    515     |        20         | 17486
             |            |     6     |    516     |        12         | 17498
             |            |     7     |    517     |        29         | 17527
             |            |     8     |    518     |        17         | 17544
             |            |     9     |    519     |        18         | 17562
             |            |    10     |    520     |        20         | 17582
             |            |    11     |    521     |         8         | 17590
             |            |    12     |    522     |        16         | 17606
Canti.       |    22      |     1     |    523     |        17         | 17623
             |            |     2     |    524     |        17         | 17640
             |            |     3     |    525     |        11         | 17651
             |            |     4     |    526     |        16         | 17667
             |            |     5     |    527     |        16         | 17683
             |            |     6     |    528     |        13         | 17696
             |            |     7     |    529     |        13         | 17709
             |            |     8     |    530     |        14         | 17723
Esaïe.       |    23      |     1     |    531     |        31         | 17754
             |            |     2     |    532     |        22         | 17776
             |            |     3     |    533     |        26         | 17802
             |            |     4     |    534     |         6         | 17808
             |            |     5     |    535     |        30         | 17838
             |            |     6     |    536     |        13         | 17851
             |            |     7     |    537     |        25         | 17876
             |            |     8     |    538     |        23         | 17899
             |            |     9     |    539     |        20         | 17919
             |            |    10     |    540     |        34         | 17953
             |            |    11     |    541     |        16         | 17969
             |            |    12     |    542     |         6         | 17975
             |            |    13     |    543     |        22         | 17997
p. 32

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    14     |    544     |        32         | 18029
       |            |    15     |    545     |         9         | 18038
       |            |    16     |    546     |        14         | 18052
       |            |    17     |    547     |        14         | 18066
       |            |    18     |    548     |         7         | 18073
       |            |    19     |    549     |        25         | 18098
       |            |    20     |    550     |         6         | 18104
       |            |    21     |    551     |        17         | 18121
       |            |    22     |    552     |        25         | 18146
       |            |    23     |    553     |        18         | 18164
       |            |    24     |    554     |        23         | 18187
       |            |    25     |    555     |        12         | 18199
       |            |    26     |    556     |        21         | 18220
       |            |    27     |    557     |        13         | 18233
       |            |    28     |    558     |        29         | 18262
       |            |    29     |    559     |        24         | 18286
       |            |    30     |    560     |        33         | 18319
       |            |    31     |    561     |         9         | 18328
       |            |    32     |    562     |        20         | 18348
       |            |    33     |    563     |        24         | 18372
       |            |    34     |    564     |        17         | 18389
       |            |    35     |    565     |        10         | 18399
       |            |    36     |    566     |        22         | 18421
       |            |    37     |    567     |        38         | 18459
       |            |    38     |    568     |        22         | 18481
       |            |    39     |    569     |         8         | 18489
       |            |    40     |    570     |        31         | 18520
       |            |    41     |    571     |        29         | 18549
       |            |    42     |    572     |        25         | 18574
       |            |    43     |    573     |        28         | 18602
       |            |    44     |    574     |        28         | 18630
       |            |    45     |    575     |        25         | 18655
       |            |    46     |    576     |        13         | 18668
p. 33

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres   | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
         |            |    47     |    577     |        15         | 18683
         |            |    48     |    578     |        22         | 18705
         |            |    49     |    579     |        26         | 18731
         |            |    50     |    580     |        11         | 18742
         |            |    51     |    581     |        23         | 18765
         |            |    52     |    582     |        15         | 18780
         |            |    53     |    583     |        12         | 18792
         |            |    54     |    584     |        17         | 18809
         |            |    55     |    585     |        13         | 18822
         |            |    56     |    586     |        12         | 18834
         |            |    57     |    587     |        21         | 18855
         |            |    58     |    588     |        14         | 18869
         |            |    59     |    589     |        21         | 18899
         |            |    60     |    590     |        22         | 18912
         |            |    61     |    591     |        11         | 18923
         |            |    62     |    592     |        12         | 18935
         |            |    63     |    593     |        19         | 18954
         |            |    64     |    594     |        12         | 18966
         |            |    65     |    595     |        25         | 18991
         |            |    66     |    596     |        24         | 19015
Jérémie. |    24      |     1     |    597     |        19         | 19034
         |            |     2     |    598     |        37         | 19071
         |            |     3     |    599     |        25         | 19096
         |            |     4     |    600     |        31         | 19127
         |            |     5     |    601     |        31         | 19158
         |            |     6     |    602     |        30         | 19188
         |            |     7     |    603     |        34         | 19222
         |            |     8     |    604     |        22         | 19244
         |            |     9     |    605     |        26         | 19270
         |            |    10     |    606     |        25         | 19295
         |            |    11     |    607     |        23         | 19318
         |            |    12     |    608     |        17         | 19335
         |            |    13     |    609     |        27         | 19362
p. 34

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
       |            |    14     |    610     |        22         | 19384
       |            |    15     |    611     |        21         | 19405
       |            |    16     |    612     |        21         | 19426
       |            |    17     |    613     |        27         | 19453
       |            |    18     |    614     |        23         | 19476
       |            |    19     |    615     |        15         | 19491
       |            |    20     |    616     |        18         | 19509
       |            |    21     |    617     |        14         | 19523
       |            |    22     |    618     |        30         | 19553
       |            |    23     |    619     |        40         | 19593
       |            |    24     |    620     |        10         | 19603
       |            |    25     |    621     |        38         | 19641
       |            |    26     |    622     |        24         | 19665
       |            |    27     |    623     |        22         | 19687
       |            |    28     |    624     |        17         | 19704
       |            |    29     |    625     |        32         | 19736
       |            |    30     |    626     |        24         | 19760
       |            |    31     |    627     |        40         | 19800
       |            |    32     |    628     |        44         | 19844
       |            |    33     |    629     |        26         | 19670
       |            |    34     |    630     |        22         | 19892
       |            |    35     |    631     |        19         | 19911
       |            |    36     |    632     |        32         | 19943
       |            |    37     |    633     |        21         | 19964
       |            |    38     |    634     |        28         | 19992
       |            |    39     |    635     |        18         | 20010
       |            |    40     |    636     |        16         | 20026
       |            |    41     |    637     |        18         | 20044
       |            |    42     |    638     |        22         | 20066
       |            |    43     |    639     |        13         | 20079
       |            |    44     |    640     |        30         | 20109
       |            |    45     |    641     |         5         | 20114
       |            |    46     |    642     |        28         | 20142
p. 35

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres        | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
              |            |    47     |    643     |         7         | 20149
              |            |    48     |    644     |        47         | 20196
              |            |    49     |    645     |        39         | 20235
              |            |    50     |    646     |        46         | 20281
              |            |    51     |    647     |        64         | 20345
              |            |    52     |    648     |        34         | 20379
Lamentations  |    25      |     1     |    649     |        22         | 20401
              |            |     2     |    650     |        22         | 20423
              |            |     3     |    651     |        66         | 20489
              |            |     4     |    652     |        22         | 20511
              |            |     5     |    653     |        22         | 20533
Ezechiel.     |    26      |     1     |    654     |        28         | 20561
              |            |     2     |    655     |        10         | 20571
              |            |     3     |    656     |        27         | 20598
              |            |     4     |    657     |        17         | 20615
              |            |     5     |    658     |        17         | 20632
              |            |     6     |    659     |        14         | 20646
              |            |     7     |    660     |        27         | 20673
              |            |     8     |    661     |        18         | 20691
              |            |     9     |    662     |        11         | 20702
              |            |    10     |    663     |        22         | 20724
              |            |    11     |    664     |        25         | 20749
              |            |    12     |    665     |        28         | 20777
              |            |    13     |    666     |        23         | 20800
              |            |    14     |    667     |        23         | 20823
              |            |    15     |    668     |         8         | 20831
              |            |    16     |    669     |        63         | 20894
              |            |    17     |    670     |        24         | 20918
              |            |    18     |    671     |        32         | 20950
              |            |    19     |    672     |        14         | 20964
              |            |    20     |    673     |        44         | 21008
              |            |    21     |    674     |        37         | 21045
              |            |    22     |    675     |        31         | 21076
p. 36

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres  | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
        |            |    23     |    676     |        49         | 21125
        |            |    24     |    677     |        27         | 21152
        |            |    25     |    678     |        17         | 21169
        |            |    26     |    679     |        21         | 21190
        |            |    27     |    680     |        36         | 21226
        |            |    28     |    681     |        26         | 21252
        |            |    29     |    682     |        21         | 21273
        |            |    30     |    683     |        26         | 21299
        |            |    31     |    684     |        18         | 21317
        |            |    32     |    685     |        32         | 21349
        |            |    33     |    686     |        33         | 21382
        |            |    34     |    687     |        31         | 21413
        |            |    35     |    688     |        15         | 21428
        |            |    36     |    689     |        38         | 21466
        |            |    37     |    690     |        28         | 21494
        |            |    38     |    691     |        23         | 21517
        |            |    39     |    692     |        29         | 21546
        |            |    40     |    693     |        49         | 21595
        |            |    41     |    694     |        26         | 21621
        |            |    42     |    695     |        20         | 21641
        |            |    43     |    696     |        27         | 21668
        |            |    44     |    697     |        31         | 21699
        |            |    45     |    698     |        25         | 21724
        |            |    46     |    699     |        24         | 21748
        |            |    47     |    700     |        23         | 21771
        |            |    48     |    701     |        35         | 21806
Daniel. |    27      |     1     |    702     |        21         | 21827
        |            |     2     |    703     |        49         | 21876
        |            |     3     |    704     |        30         | 21906
        |            |     4     |    705     |        37         | 21943
        |            |     5     |    706     |        31         | 21974
        |            |     6     |    707     |        28         | 22002
        |            |     7     |    708     |        28         | 22030
p. 37

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres  | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
        |            |     8     |    709     |        27         | 22057
        |            |     9     |    710     |        27         | 22084
        |            |    10     |    711     |        21         | 22105
        |            |    11     |    712     |        45         | 22150
        |            |    12     |    713     |        13         | 22163
Ozée.   |    28      |     1     |    714     |        11         | 22174
        |            |     2     |    715     |        23         | 22197
        |            |     3     |    716     |         5         | 22202
        |            |     4     |    717     |        19         | 22221
        |            |     5     |    718     |        15         | 22236
        |            |     6     |    719     |        11         | 22247
        |            |     7     |    720     |        16         | 22263
        |            |     8     |    721     |        14         | 22277
        |            |     9     |    722     |        17         | 22294
        |            |    10     |    723     |        15         | 22309
        |            |    11     |    724     |        11         | 22320
        |            |    12     |    725     |        15         | 22335
        |            |    13     |    726     |        16         | 22351
        |            |    14     |    727     |         9         | 22360
Joël    |    29      |     1     |    728     |        20         | 22380
        |            |     2     |    729     |        32         | 22412
        |            |     3     |    730     |        21         | 22433
Amos.   |    30      |     1     |    731     |        15         | 22448
        |            |     2     |    732     |        16         | 22464
        |            |     3     |    733     |        15         | 22479
        |            |     4     |    734     |        13         | 22492
        |            |     5     |    735     |        27         | 22519
        |            |     6     |    736     |        14         | 22533
        |            |     7     |    737     |        17         | 22550
        |            |     8     |    738     |        14         | 22564
        |            |     9     |    739     |        15         | 22579
Abdias. |    31      |     1     |    740     |        21         | 22600
Jonas.  |    32      |     1     |    741     |        16         | 22616
p. 38

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres     | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
           |            |     2     |    742     |        11         | 22627
           |            |     3     |    743     |        10         | 22637
           |            |     4     |    744     |        11         | 22648
Michée.    |    33      |     1     |    745     |        16         | 22664
           |            |     2     |    746     |        13         | 22677
           |            |     3     |    747     |        12         | 22689
           |            |     4     |    748     |        13         | 22702
           |            |     5     |    749     |        15         | 22717
           |            |     6     |    750     |        16         | 22733
           |            |     7     |    751     |        20         | 22753
Nahum.     |    34      |     1     |    752     |        15         | 22768
           |            |     2     |    753     |        13         | 22781
           |            |     3     |    754     |        19         | 22800
Habaduc.   |    35      |     1     |    755     |        17         | 22817
           |            |     2     |    756     |        20         | 22837
           |            |     3     |    757     |        19         | 22856
Sophonie.  |    36      |     1     |    758     |        18         | 22874
           |            |     2     |    759     |        15         | 22889
           |            |     3     |    760     |        20         | 22909
Aggée.     |    37      |     1     |    761     |        15         | 22924
           |            |     2     |    762     |        23         | 22947
Zacharie.  |    38      |     1     |    763     |        21         | 22968
           |            |     2     |    764     |        13         | 22981
           |            |     3     |    765     |        10         | 22991
           |            |     4     |    766     |        14         | 23005
           |            |     5     |    767     |        11         | 23016
           |            |     6     |    768     |        15         | 23031
           |            |     7     |    769     |        14         | 23045
           |            |     8     |    770     |        23         | 23068
           |            |     9     |    771     |        17         | 23085
           |            |    10     |    772     |        12         | 23097
           |            |    11     |    773     |        17         | 23114
           |            |    12     |    774     |        14         | 23128
p. 39

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres     | N° d'ordre | Chapitres | N° d'ordre | Nombre de versets | Echelle totale N° d'ordre du dernier verset du Chapitre
           |            |    13     |    775     |         9         | 23137
           |            |    14     |    776     |        21         | 23158
Malachie.  |    39      |     1     |    777     |        14         | 23172
           |            |     2     |    778     |        17         | 23189
           |            |     3     |    779     |        18         | 23207
           |            |     4     |    780     |         6         | 23213

NOUVEAU TESTAMENT

Livres     | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
Matthieu.  |    40    |    1    |    1    |    781    |    1    |    25   |    23238    |    25
           |          |         |    2    |    782    |    2    |    23   |    23261    |    48
           |          |         |    3    |    783    |    3    |    17   |    23278    |    65
           |          |         |    4    |    784    |    4    |    25   |    23303    |    90
           |          |         |    5    |    785    |    5    |    48   |    23351    |   138
           |          |         |    6    |    786    |    6    |    34   |    23385    |   172
           |          |         |    7    |    787    |    7    |    29   |    23414    |   201
           |          |         |    8    |    788    |    8    |    34   |    23448    |   235
           |          |         |    9    |    789    |    9    |    38   |    23486    |   273
           |          |         |   10    |    790    |   10    |    42   |    23528    |   315
           |          |         |   11    |    791    |   11    |    30   |    23558    |   345
           |          |         |   12    |    792    |   12    |    50   |    23608    |   395
           |          |         |   13    |    793    |   13    |    58   |    23666    |   453
           |          |         |   14    |    794    |   14    |    36   |    23702    |   489
           |          |         |   15    |    795    |   15    |    39   |    23741    |   528
           |          |         |   16    |    796    |   16    |    28   |    23769    |   556

PAROLE DE DIEU   4

p. 40

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres  | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
        |          |         |   17    |    797    |   17    |    27   |    23796    |   583
        |          |         |   18    |    798    |   18    |    35   |    23831    |   618
        |          |         |   19    |    799    |   19    |    30   |    23861    |   648
        |          |         |   20    |    800    |   20    |    34   |    23895    |   682
        |          |         |   21    |    801    |   21    |    46   |    23941    |   728
        |          |         |   22    |    802    |   22    |    46   |    23987    |   774
        |          |         |   23    |    803    |   23    |    39   |    24026    |   813
        |          |         |   24    |    804    |   24    |    51   |    24077    |   864
        |          |         |   25    |    805    |   25    |    46   |    24123    |   910
        |          |         |   26    |    806    |   26    |    75   |    24198    |   985
        |          |         |   27    |    807    |   27    |    66   |    24264    |  1051
        |          |         |   28    |    808    |   28    |    20   |    24284    |  1071
Marc.   |    41    |    2    |    1    |    809    |   29    |    45   |    24329    |  1116
        |          |         |    2    |    810    |   30    |    28   |    24357    |  1144
        |          |         |    3    |    811    |   31    |    35   |    24392    |  1179
        |          |         |    4    |    812    |   32    |    41   |    24433    |  1220
        |          |         |    5    |    813    |   33    |    43   |    24476    |  1263
        |          |         |    6    |    814    |   34    |    56   |    24532    |  1319
        |          |         |    7    |    815    |   35    |    37   |    24569    |  1356
        |          |         |    8    |    816    |   36    |    38   |    24607    |  1394
        |          |         |    9    |    817    |   37    |    51   |    24658    |  1445
        |          |         |   10    |    818    |   38    |    53   |    24711    |  1498
        |          |         |   11    |    819    |   39    |    33   |    24744    |  1531
        |          |         |   12    |    820    |   40    |    44   |    24788    |  1575
        |          |         |   13    |    821    |   41    |    37   |    24825    |  1612
        |          |         |   14    |    822    |   42    |    72   |    24897    |  1684
        |          |         |   15    |    823    |   43    |    47   |    24944    |  1731
        |          |         |   16    |    824    |   44    |    20   |    24964    |  1751
Luc.    |    42    |    3    |    1    |    825    |   45    |    80   |    25044    |  1831
        |          |         |    2    |    826    |   46    |    52   |    25096    |  1883
p. 41

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
       |          |         |    3    |    827    |   47    |    38   |    25134    |  1921
       |          |         |    4    |    828    |   48    |    44   |    25178    |  1965
       |          |         |    5    |    829    |   49    |    39   |    25217    |  2004
       |          |         |    6    |    830    |   50    |    49   |    25266    |  2053
       |          |         |    7    |    831    |   51    |    50   |    25316    |  2103
       |          |         |    8    |    832    |   52    |    56   |    25372    |  2159
       |          |         |    9    |    833    |   53    |    62   |    25434    |  2221
       |          |         |   10    |    834    |   54    |    42   |    25476    |  2263
       |          |         |   11    |    835    |   55    |    54   |    25530    |  2317
       |          |         |   12    |    836    |   56    |    59   |    25589    |  2376
       |          |         |   13    |    837    |   57    |    35   |    25624    |  2411
       |          |         |   14    |    838    |   58    |    35   |    25659    |  2446
       |          |         |   15    |    839    |   59    |    32   |    25691    |  2478
       |          |         |   16    |    840    |   60    |    31   |    25722    |  2509
       |          |         |   17    |    841    |   61    |    37   |    25759    |  2546
       |          |         |   18    |    842    |   62    |    43   |    25802    |  2589
       |          |         |   19    |    843    |   63    |    48   |    25850    |  2637
       |          |         |   20    |    844    |   64    |    47   |    25897    |  2684
       |          |         |   21    |    845    |   65    |    38   |    25935    |  2722
       |          |         |   22    |    846    |   66    |    71   |    26006    |  2793
       |          |         |   23    |    847    |   67    |    56   |    26062    |  2849
       |          |         |   24    |    848    |   68    |    53   |    26115    |  2902
Jean.  |    43    |    4    |    1    |    849    |   69    |    51   |    26166    |  2953
       |          |         |    2    |    850    |   70    |    25   |    26191    |  2978
       |          |         |    3    |    851    |   71    |    36   |    26227    |  3014
       |          |         |    4    |    852    |   72    |    54   |    26281    |  3068
       |          |         |    5    |    853    |   73    |    47   |    26328    |  3115
       |          |         |    6    |    854    |   74    |    71   |    26399    |  3186
       |          |         |    7    |    855    |   75    |    53   |    26452    |  3239
       |          |         |    8    |    856    |   76    |    59   |    26511    |  3298
       |          |         |    9    |    857    |   77    |    41   |    26552    |  3339
p. 42

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres  | Numéros (Echelle de la Bible) | N.T. du Echelle | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
        |          |         |   10    |    858    |   78    |    42   |    26594    |  3381
        |          |         |   11    |    859    |   79    |    57   |    26651    |  3438
        |          |         |   12    |    860    |   80    |    50   |    26701    |  3488
        |          |         |   13    |    861    |   81    |    38   |    26739    |  3526
        |          |         |   14    |    862    |   82    |    31   |    26770    |  3557
        |          |         |   15    |    863    |   83    |    27   |    26797    |  3584
        |          |         |   16    |    864    |   84    |    33   |    26830    |  3617
        |          |         |   17    |    865    |   85    |    26   |    26856    |  3643
        |          |         |   18    |    866    |   86    |    40   |    26896    |  3683
        |          |         |   19    |    867    |   87    |    42   |    26938    |  3725
        |          |         |   20    |    868    |   88    |    31   |    26969    |  3756
        |          |         |   21    |    869    |   89    |    25   |    26994    |  3781
Actes.  |    44    |    5    |    1    |    870    |   90    |    26   |    27020    |  3807
        |          |         |    2    |    871    |   91    |    47   |    27067    |  3854
        |          |         |    3    |    872    |   92    |    26   |    27093    |  3880
        |          |         |    4    |    873    |   93    |    37   |    27130    |  3917
        |          |         |    5    |    874    |   94    |    42   |    27172    |  3959
        |          |         |    6    |    875    |   95    |    15   |    27187    |  3974
        |          |         |    7    |    876    |   96    |    60   |    27247    |  4034
        |          |         |    8    |    877    |   97    |    40   |    27287    |  4074
        |          |         |    9    |    878    |   98    |    43   |    27330    |  4117
        |          |         |   10    |    879    |   99    |    48   |    27378    |  4165
        |          |         |   11    |    880    |  100    |    30   |    27408    |  4195
        |          |         |   12    |    881    |  101    |    25   |    27433    |  4220
        |          |         |   13    |    882    |  102    |    52   |    27485    |  4272
        |          |         |   14    |    883    |  103    |    28   |    27513    |  4300
        |          |         |   15    |    884    |  104    |    41   |    27554    |  4341
        |          |         |   16    |    885    |  105    |    40   |    27594    |  4381
        |          |         |   17    |    886    |  106    |    34   |    27628    |  4415
        |          |         |   18    |    887    |  107    |    28   |    27656    |  4443
        |          |         |   19    |    888    |  108    |    40   |    27696    |  4483
p. 43

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres          | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
                |          |         |   20    |    889    |  109    |    38   |    27734    |  4521
                |          |         |   21    |    890    |  110    |    40   |    27774    |  4561
                |          |         |   22    |    891    |  111    |    30   |    27804    |  4591
                |          |         |   23    |    892    |  112    |    35   |    27839    |  4626
                |          |         |   24    |    893    |  113    |    27   |    27866    |  4653
                |          |         |   25    |    894    |  114    |    27   |    27893    |  4680
                |          |         |   26    |    895    |  115    |    32   |    27925    |  4712
                |          |         |   27    |    896    |  116    |    44   |    27969    |  4756
                |          |         |   28    |    897    |  117    |    31   |    28000    |  4787
Romains.        |    45    |    6    |    1    |    898    |  118    |    32   |    28032    |  4819
                |          |         |    2    |    899    |  119    |    29   |    28061    |  4848
                |          |         |    3    |    900    |  120    |    30   |    28091    |  4878
                |          |         |    4    |    901    |  121    |    25   |    28116    |  4903
                |          |         |    5    |    902    |  122    |    21   |    28137    |  4924
                |          |         |    6    |    903    |  123    |    23   |    28160    |  4947
                |          |         |    7    |    904    |  124    |    25   |    28185    |  4972
                |          |         |    8    |    905    |  125    |    39   |    28224    |  5011
                |          |         |    9    |    906    |  126    |    33   |    28257    |  5044
                |          |         |   10    |    907    |  127    |    21   |    28278    |  5065
                |          |         |   11    |    908    |  128    |    36   |    28314    |  5101
                |          |         |   12    |    909    |  129    |    21   |    28335    |  5122
                |          |         |   13    |    910    |  130    |    14   |    28349    |  5136
                |          |         |   14    |    911    |  131    |    23   |    28372    |  5159
                |          |         |   15    |    912    |  132    |    33   |    28405    |  5192
                |          |         |   16    |    913    |  133    |    27   |    28432    |  5219
I. Corinthiens. |    46    |    7    |    1    |    914    |  134    |    31   |    28463    |  5250
                |          |         |    2    |    915    |  135    |    16   |    28479    |  5266
                |          |         |    3    |    916    |  136    |    22   |    28501    |  5288
                |          |         |    4    |    917    |  137    |    21   |    28522    |  5309
                |          |         |    5    |    918    |  138    |    13   |    28535    |  5322
                |          |         |    6    |    919    |  139    |    20   |    28555    |  5342
p. 44

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres           | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
                 |          |         |    7    |    920    |  140    |    40   |    28595    |  5382
                 |          |         |    8    |    921    |  141    |    13   |    28608    |  5395
                 |          |         |    9    |    922    |  142    |    27   |    28635    |  5422
                 |          |         |   10    |    923    |  143    |    33   |    28668    |  5455
                 |          |         |   11    |    924    |  144    |    34   |    28702    |  5489
                 |          |         |   12    |    925    |  145    |    31   |    28733    |  5520
                 |          |         |   13    |    926    |  146    |    13   |    28746    |  5533
                 |          |         |   14    |    927    |  147    |    40   |    28786    |  5573
                 |          |         |   15    |    928    |  148    |    58   |    28844    |  5631
                 |          |         |   16    |    929    |  149    |    24   |    28868    |  5655
II. Corinthiens. |    47    |    8    |    1    |    930    |  150    |    24   |    28892    |  5679
                 |          |         |    2    |    931    |  151    |    17   |    28909    |  5696
                 |          |         |    3    |    932    |  152    |    18   |    28927    |  5714
                 |          |         |    4    |    933    |  153    |    18   |    28945    |  5732
                 |          |         |    5    |    934    |  154    |    21   |    28966    |  5753
                 |          |         |    6    |    935    |  155    |    18   |    28984    |  5771
                 |          |         |    7    |    936    |  156    |    16   |    29000    |  5787
                 |          |         |    8    |    937    |  157    |    24   |    29024    |  5811
                 |          |         |    9    |    938    |  158    |    15   |    29039    |  5826
                 |          |         |   10    |    939    |  159    |    18   |    29057    |  5844
                 |          |         |   11    |    940    |  160    |    33   |    29090    |  5877
                 |          |         |   12    |    941    |  161    |    21   |    29111    |  5898
                 |          |         |   13    |    942    |  162    |    13   |    29124    |  5911
Galates.         |    48    |    9    |    1    |    943    |  163    |    24   |    29148    |  5935
                 |          |         |    2    |    944    |  164    |    21   |    29169    |  5956
                 |          |         |    3    |    945    |  165    |    29   |    29198    |  5985
                 |          |         |    4    |    946    |  166    |    31   |    29229    |  6016
                 |          |         |    5    |    947    |  167    |    26   |    29255    |  6042
                 |          |         |    6    |    948    |  168    |    18   |    29273    |  6060
Ephésiens.       |    49    |   10    |    1    |    949    |  169    |    23   |    29296    |  6083
p. 45

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres              | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
                    |          |         |    2    |    950    |  170    |    22   |    29318    |  6105
                    |          |         |    3    |    951    |  171    |    21   |    29339    |  6126
                    |          |         |    4    |    952    |  172    |    32   |    29371    |  6158
                    |          |         |    5    |    953    |  173    |    33   |    29404    |  6191
                    |          |         |    6    |    954    |  174    |    24   |    29428    |  6215
Philippiens         |    50    |   11    |    1    |    955    |  175    |    30   |    29458    |  6245
                    |          |         |    2    |    956    |  176    |    30   |    29488    |  6275
                    |          |         |    3    |    957    |  177    |    21   |    29509    |  6296
                    |          |         |    4    |    958    |  178    |    23   |    29532    |  6319
Colossiens.         |    51    |   12    |    1    |    959    |  179    |    29   |    29561    |  6348
                    |          |         |    2    |    960    |  180    |    23   |    29584    |  6371
                    |          |         |    3    |    961    |  181    |    25   |    29609    |  6396
                    |          |         |    4    |    962    |  182    |    18   |    29627    |  6414
I. Thessaloniciens. |    52    |   13    |    1    |    963    |  183    |    10   |    29637    |  6424
                    |          |         |    2    |    964    |  184    |    20   |    29657    |  6444
                    |          |         |    3    |    965    |  185    |    13   |    29670    |  6457
                    |          |         |    4    |    966    |  186    |    18   |    29688    |  6475
                    |          |         |    5    |    967    |  187    |    28   |    29716    |  6503
II. Thessaloniciens.|    53    |   14    |    1    |    968    |  188    |    12   |    29728    |  6515
                    |          |         |    2    |    969    |  189    |    17   |    29745    |  6532
                    |          |         |    3    |    970    |  190    |    18   |    29763    |  6550
I. Timothée.        |    54    |   15    |    1    |    971    |  191    |    20   |    29783    |  6570
                    |          |         |    2    |    972    |  192    |    15   |    29798    |  6585
                    |          |         |    3    |    973    |  193    |    16   |    29814    |  6601
                    |          |         |    4    |    974    |  194    |    16   |    29830    |  6617
                    |          |         |    5    |    975    |  195    |    25   |    29855    |  6642
                    |          |         |    6    |    976    |  196    |    21   |    29876    |  6663
II. Timothée.       |    55    |   16    |    1    |    977    |  197    |    18   |    29894    |  6681
                    |          |         |    2    |    978    |  198    |    26   |    29920    |  6707
p. 46

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres        | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
              |          |         |    3    |    979    |  199    |    17   |    29937    |  6724
              |          |         |    4    |    980    |  200    |    22   |    29959    |  6746
Tite.         |    56    |   17    |    1    |    981    |  201    |    16   |    29975    |  6762
              |          |         |    2    |    982    |  202    |    15   |    29990    |  6777
              |          |         |    3    |    983    |  203    |    15   |    30005    |  6792
Philémon.     |    57    |   18    |    1    |    984    |  204    |    25   |    30030    |  6817
Hébreux.      |    58    |   19    |    1    |    985    |  205    |    14   |    30044    |  6831
              |          |         |    2    |    986    |  206    |    18   |    30062    |  6849
              |          |         |    3    |    987    |  207    |    19   |    30081    |  6868
              |          |         |    4    |    988    |  208    |    16   |    30097    |  6884
              |          |         |    5    |    989    |  209    |    14   |    30111    |  6898
              |          |         |    6    |    990    |  210    |    20   |    30131    |  6918
              |          |         |    7    |    991    |  211    |    28   |    30159    |  6946
              |          |         |    8    |    992    |  212    |    13   |    30172    |  6959
              |          |         |    9    |    993    |  213    |    28   |    30200    |  6987
              |          |         |   10    |    994    |  214    |    39   |    30239    |  7026
              |          |         |   11    |    995    |  215    |    40   |    30279    |  7066
              |          |         |   12    |    996    |  216    |    29   |    30308    |  7095
              |          |         |   13    |    997    |  217    |    25   |    30333    |  7120
Jacques.      |    59    |   20    |    1    |    998    |  218    |    27   |    30360    |  7147
              |          |         |    2    |    999    |  219    |    26   |    30386    |  7173
              |          |         |    3    |   1000    |  220    |    18   |    30404    |  7191
              |          |         |    4    |   1001    |  221    |    17   |    30421    |  7208
              |          |         |    5    |   1002    |  222    |    20   |    30441    |  7228
I. Pierre.    |    60    |   21    |    1    |   1003    |  223    |    25   |    30466    |  7253
              |          |         |    2    |   1004    |  224    |    25   |    30491    |  7278
              |          |         |    3    |   1005    |  225    |    22   |    30513    |  7300
              |          |         |    4    |   1006    |  226    |    19   |    30532    |  7319
              |          |         |    5    |   1007    |  227    |    14   |    30546    |  7333
II. Pierre.   |    61    |   22    |    1    |   1008    |  228    |    21   |    30567    |  7354
              |          |         |    2    |   1009    |  229    |    22   |    30589    |  7376
p. 47

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Livres       | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T.) | Chapitres | Numéros (Echelle de la Bible) | Numéros (Echelle du N.T) | Nombre de versets | Numéros du dernier Verset (Echelle de la Bible) | Numéros du dernier Verset (Echelle du N.T)
             |          |         |    3    |   1010    |  230    |    18   |    30607    |  7394
I Jean.      |    62    |   23    |    1    |   1011    |  231    |    10   |    30617    |  7404
             |          |         |    2    |   1012    |  232    |    29   |    30646    |  7433
             |          |         |    3    |   1013    |  233    |    24   |    30670    |  7457
             |          |         |    4    |   1014    |  234    |    21   |    30691    |  7478
             |          |         |    5    |   1015    |  235    |    21   |    30712    |  7479
II. Jean.    |    63    |   24    |    1    |   1016    |  236    |    13   |    30725    |  7512
III. Jean.   |    64    |   25    |    1    |   1017    |  237    |    15   |    30740    |  7527
Jude.        |    65    |   26    |    1    |   1018    |  238    |    25   |    30765    |  7552
Apocalypse.  |    66    |   27    |    1    |   1019    |  239    |    20   |    30785    |  7572
             |          |         |    2    |   1020    |  240    |    29   |    30814    |  7601
             |          |         |    3    |   1021    |  241    |    22   |    30836    |  7623
             |          |         |    4    |   1022    |  242    |    11   |    30847    |  7634
             |          |         |    5    |   1023    |  243    |    14   |    30861    |  7648
             |          |         |    6    |   1024    |  244    |    17   |    30878    |  7665
             |          |         |    7    |   1025    |  245    |    17   |    30895    |  7682
             |          |         |    8    |   1026    |  246    |    13   |    30908    |  7695
             |          |         |    9    |   1027    |  247    |    21   |    30929    |  7716
             |          |         |   10    |   1028    |  248    |    11   |    30940    |  7727
             |          |         |   11    |   1029    |  249    |    19   |    30959    |  7746
             |          |         |   12    |   1030    |  250    |    18   |    30977    |  7764
             |          |         |   13    |   1031    |  251    |    18   |    30995    |  7782
             |          |         |   14    |   1032    |  252    |    20   |    31015    |  7802
             |          |         |   15    |   1033    |  253    |     8   |    31023    |  7810
             |          |         |   16    |   1034    |  254    |    21   |    31044    |  7831
             |          |         |   17    |   1035    |  255    |    18   |    31062    |  7849
             |          |         |   18    |   1036    |  256    |    24   |    31086    |  7873
             |          |         |   19    |   1037    |  357    |    21   |    31107    |  7894
             |          |         |   20    |   1038    |  258    |    15   |    31122    |  7909
             |          |         |   21    |   1039    |  259    |    27   |    31149    |  7936
             |          |         |   22    |   1040    |  260    |    21   |    31170    |  7957
p. 48

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

On a d'après ce tableau, pour la composition des Livres en Chapitres et versets:

TABLEAU XV.

Bible entière (66 Livres; 1040 Chapitres; 31170 Versets).

ANCIEN TESTAMENT

(39 Livres; 780 Chapitres; 23213 Versets)

     |               | Chapitres | Versets
 1   | Genèse        |    50     | 1533
 2   | Exode         |    40     | 1213
 3   | Lévitique     |    27     |  859
 4   | Nombres       |    36     | 1288
 5   | Deutéronome   |    34     |  959
 6   | Josué         |    24     |  658
 7   | Juges         |    21     |  618
 8   | Ruth          |     4     |   85
 9   | I. Samuel     |    31     |  811
10   | II. Samuel    |    24     |  695
11   | I. Rois       |    22     |  817
12   | II. Rois      |    25     |  719
13   | I. Chroniques |    29     |  942
14   | II. Chroniques|    36     |  822
15   | Esdras        |    10     |  280
16   | Néhémie       |    13     |  406
17   | Esther        |    10     |  167
18   | Job           |    42     | 1070
19   | Psaumes       |  1 (1)    | 2527    (150 Psaumes)
20   | Proverbes     |    31     |  915
21   | Ecclésiaste   |    12     |  222
22   | Cantique      |     8     |  117
23   | Esaïe         |    66     | 1292

(1) Voy., au sujet des Psaumes, la Note du Tableau XIV.

p. 49

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

     |             | Chapitres | Versets
24   | Jérémie     |    52     | 1364
25   | Lamentations|     5     |  154
26   | Ezechiel    |    48     | 1273
27   | Daniel      |    12     |  357
28   | Osee        |    14     |  197
29   | Joël        |     3     |   73
30   | Amos        |     9     |  146
31   | Abdias      |     1     |   21
32   | Jonas       |     4     |   48
33   | Michée      |     7     |  105
34   | Nahum       |     3     |   47
35   | Habacuc     |     3     |   56
36   | Sophonie    |     3     |   53
37   | Aggée       |     2     |   38
38   | Zacharie    |    14     |  211
39   | Malachie    |     4     |   55

NOUVEAU TESTAMENT

(27 Livres; 260 Chapitres, 7957 Versets).

     |     |                     | Chapitres | Versets
40   |  1  | Matthieu            |    28     | 1071
41   |  2  | Marc                |    16     |  680
42   |  3  | Luc                 |    24     | 1151
43   |  4  | Jean                |    21     |  879
44   |  5  | Actes               |    28     | 1006
45   |  6  | Romains             |    16     |  432
46   |  7  | I. Corinthiens      |    16     |  436
47   |  8  | II. Corinthiens     |    13     |  256
48   |  9  | Galates             |     6     |  149
49   | 10  | Ephésiens           |     6     |  155
50   | 11  | Philippiens         |     4     |  104
51   | 12  | Colossiens          |     4     |   95
52   | 13  | I. Thessaloniciens  |     5     |   89
53   | 14  | II. Thessaloniciens |     3     |   47
54   | 15  | I. Timothée         |     6     |  113
55   | 16  | II. Timothée        |     4     |   83
56   | 17  | Tite                |     3     |   46
57   | 18  | Philémon            |     1     |   25
p. 50
58 | 19 | Hébreux       | 13 | 303
59 | 20 | Jacques       |  5 | 108
60 | 21 | I. Pierre     |  5 | 105
61 | 22 | II. Pierre    |  3 |  61
62 | 23 | I. Jean       |  5 | 105
63 | 24 | II. Jean      |  1 |  13
64 | 25 | III. Jean     |  1 |  15
65 | 26 | Jude          |  1 |  25
66 | 27 | Apocalypse    | 22 | 405

193. Le système des nombres précédents constitue l'ordonnance mathématique de la Bible signifiée. Déjà dans les parties annexes de notre premier Volume il a donné lieu, en passant, à quelques applications remarquables (voy. Vol. I, p. 379; puis à partir de la page 470, passim). En possession maintenant intégrale de cette ordonnance, nous consacrerons la Leçon suivante à la mention de grands traits de premier ordre, de nature à mettre immédiatement et simplement en évidence le caractère inspiré de tout son ensemble.

194. Au sujet des applications partielles que nous venions de rappeler, nous sommes cependant amenés, avant cela, à intercaler ici une donnée utile. Il a été reconnu (Vol. I, pp. 432 et suivantes) que, dans notre Alphabet actuel comme dans les Alphabets hébreu et grec, se trouve aussi bien mise en œuvre comme méthode d'enseigne-

p. 51

ment la valeur numérique des mots. Le seul exemple suffit de la signification profonde offerte à cet égard par la valeur, Christ = 410, du nom de Christ (I, p. 433). De même que nous l'avons fait pour les Alphabets hébreu (22 lettres) et grec (24 lettres) (I, pp. 335, 336), nous joindrons donc ici, afin de synthétiser tous nos instruments de recherche, le tableau des valeurs numériques des Lettres de notre Alphabet, qui est celui de l'Epoque de la Connaissance de Daniel XII, 4 (I, p. 426). Cet alphabet de 26 lettres (26 = Jéhovah) a pour type l'Alphabet anglais, celui du Peuple élu; mais c'est tout aussi bien l'alphabet allemand, ou français (depuis l'admission du W).

TABLEAU XVI

Alphabet actuel (26 lettres).

Lettres. | Valeurs numériques.
a |  1
b |  2
c |  3
d |  4
e |  5
f |  6
g |  7
h |  8
i |  9
j | 10
p. 52
k |  20
l |  30
m |  40
n |  50
o |  60
p |  70
q |  80
r |  90
s | 100
t | 200
u | 300
v | 400
w | 500
x | 600
y | 700
z | 800
p. 53

QUATORZIÈME LEÇON

TRAITS SYSTÉMATIQUES DE LA BIBLE SIGNIFIÉE.

195. Nous nous proposons, au sujet de l'ordonnance signifiée de la Bible, de fixer l'attention du lecteur sur un petit nombre de faits de premier ordre, que leur intégrité d'aspect et leur simplicité rendent d'elles-mêmes concluants.

Ils se rapportent successivement aux nombres des Livres, des Chapitres, des Versets, des Deux Testaments et de la Bible entière ; et leur intérêt profond consiste dans la connexion qu'ils révèlent entre la construction de la Bible signifiée et les lois fondamentales de la Grandeur abstraite.

196. Nombre des Livres.

Le nombre total des Livres de la Bible est 66, c'est-à-dire

66 = 528/8 = 528/(2 × 2 × 2) = 528/2³
p. 54

Il est donc relié par le signe 2 (qui, dans le produit 2³, désigne la seconde Personne de la Sainte Trinité) à la Période prophétique 528 qui domine l'ensemble des trois Périodes 516, 520, 528. [Ces trois périodes se déduisent, on l'a vu (I, p. 84), de la valeur théorique du nombre π = 3,14159., rapport de la Circonférence au Diamètre du Cercle, en partant de l'Entier, 523, du rapport 1000π / 1.2.3., auquel on applique les trois Nombres premiers 3, 5, 7. On a 523 − 3 = 520 ; 523 + 5 = 528 ; 523 − 7 = 516. Ce nombre π, ainsi que nous le redirons plus loin, est, par dessus même de la Géométrie, un des régulateurs de la génération de la Grandeur Abstraite.]

Le total 66 des Livres se répartit en outre comme suit entre les deux Testaments, savoir :

Ancien Testament :

39 = 3 × 13 = 3 × P₇     (I, pp. 54, 55)
ou  39 = 3 × 26/2 = (Jéhovah) héb./2

Nouveau Testament : 27 = 3 × 3 × 3 = 3³.

197. Nombre des Chapitres.

Le nombre total des Chapitres de la Bible est 1040, c'est-à-dire :

p. 55
1040 = 2 × 520.

Il est donc relié par le signe 2 à la deuxième de nos trois périodes, et il a également pour forme, en fonction de

(Jéhovah) = 26,
Nombre total des Chapitres =
1040 = 40 × (Jéhovah)
     = 2² × 10 × (Jéhovah)

Mais de plus (et il nous semble que c'est ici un trait particulièrement démonstratif de la réalité de la Bible signifiée), les nombres composants de Chapitres des deux Testaments sont aussi, l'un et l'autre, des multiples de 26. On a en effet pour ces nombres de Chapitres :

A. T.   780 = 30 × 26 = 3 × 10 × (Jéhovah)
N. T.   260 = 10 × 26 =     10 × (Jéhovah).

198. Nombre des Versets.

Le nombre total des Versets de la Bible est 31170, ce qui est de l'ordre de 60 périodes quinquaséculaires. On a d'ailleurs en particulier (formule du sens de laquelle on va rendre compte), en fonction du 516 seulement :

p. 56
31170/2 = (3 × 5 × 7) + 3 × 10 × 516.

Ainsi en tout état de cause, (et le signe 2 de la 2ᵉ Personne d'ailleurs de nouveau ici apparaissant), ce nombre 31170 des Versets est relié à la troisième de nos trois périodes, ou 516 ; mais en outre la manière dont, dans cette dernière formule, il l'est par le produit 3 × 5 × 7 mis en vedette, est tout-à-fait significative. Ainsi qu'en effet l'a montré la Formule de Leibnitz (I, p. 84) relative à π, on a été amené aux trois périodes par l'emploi précisément des trois Nombres 3. 5, 7, qui figurent dans l'expression de π, appliqués à l'entier 523 de 1000π / 1.2.3 ; et le troisième nombre, 7, correspond à 516.

Le terme séparé (3. 5. 7.) ainsi mis en évidence peut, par réciprocité, être ici considéré comme confirmant que le groupe de nos trois périodes 528, 520, 516 déduites de 523 constitue bien, comme nous le pensions, dans le système biblique un élément spécifique isolé et complet.

199. Nous pouvons de cela conclure déjà, dans l'ensemble, que les nombres totaux des Livres

p. 57

des Chapitres, des Versets de la Bible, sont, respectivement, en connexion avec les trois périodes 528, 520, 516.

Remarque. Vu la relation entre 516 et (Elohim) = 86 :

516 = 6 × (Elohim),

on a aussi

Nombre total des Versets

31170 = (1. 2. 3. 5. 7.) + 360 × (Elohim).

200. Envisagé au point de vue de l'étendue des données chronologiques de l'Écriture, ce nombre total 31170 des Versets n'est pas moins intentionnel, et la formule qui alors l'exprime est particulièrement intéressante par son analogie avec une autre déjà établie et qui concernait le dernier ou 31170ᵉ verset de la série. Nous voulons parler de la relation offerte (I, p. 356) par la valeur numérique de Apoc. XXII, 21.

4184 + 2386 mesurant toute l'étendue de l'Échelle chronologique ou la Vie de l'Humanité, nous avions trouvé :

(Apoc. XXII, 21) = (4184 + 2386) + 7 × (7.7.7).

Or nous trouvons semblablement ici, en sachant qu'en hébreu (Saint) = 410 :

p. 58
Nombre des Versets 31170 = (4184 + 2386) + 2 × 10 × (Saint Saint Saint).

L'invocation « Saint Saint Saint » de Es. VI, 1-3 est d'ailleurs, nous le savons (I, p. 114), intimement liée au nombre divin 777 de la Sainte Trinité.

Il suffit de considérer le parallélisme des deux formules pour y reconnaître un signe miraculeux évident.

Apoc. XXII, 21 est le 31170ᵉ verset. Or on a

Apoc. XXII, 21 = (4184 + 2386) + 7 × (7.7.7)
et 31170 =    (4184 + 2386) + 2 × 10 × (S. S. S.)

201. Examinons, dans ce même point de vue chronologique, les deux Testaments individuellement.

Le Nouveau Testament est le Livre des deux Venues, repérées (I, pp. 217, 218) par les dates 34 et 2180. Or on a

Nombre de Versets du N. T

= 7957 = 7 × (34 + 2180)/2 + (2. 2. 2.) (Jéhovah).

Le nombre des Versets de l'Ancien Testament est 23213. Celui-ci comprend au point de vue chronologique, en remontant à partir de l'Ère chrétienne :

p. 59

A. les 4184 d'Adam à Christ ; puis, se perdant dans la perspective du passé :

B. les 6 jours de Création, précédés (Gen. I, 1) des origines éternelles de la Création des Principes (I, p. 384) par Dieu (Elohim) ; Elohim est le 3ᵉ mot du premier verset de la Genèse (Gen. I, 1), lequel contient 7 mots.

Or on a, en correspondance avec ces éléments :

Nombre des versets de l'A. T. =

                            A
23213 = (7 + 7 + 7) + 6 × (6 × 528) + 4184 (¹)

(1) On tire de là, analogiquement, une vérification de l'évaluation du Jour de Création, déterminé par nous dès la Mathématique de l'Histoire comme égal à 12 × 528 ans. Si en effet on décompose en 6 termes ce qui, dans la formule qui précède, est antérieur à l'Histoire de l'Homme, les trois premiers de ces six termes sont constitués par les trois nombres premiers indivisibles 7, et les trois derniers sont égaux chacun à 12 × 528, ce qui met en évidence la valeur susmentionnée du Jour de Création. On dira que cela partage les six jours en deux groupes distincts de 3. Mais ce serait une vérification de plus. Il est fort remarquable qu'effectivement le récit de la Genèse accuse de lui-même les 6 jours en deux groupes de 3 ; c'est ce qu'il fait par l'Apparition de la lumière, savoir : au premier Jour, la Lumière ; au 4ᵉ Jour, le Soleil. Cette séparation est d'ailleurs accusée par les numéros d'ordre des Versets du Chapitre, Gen. I. Le Chapitre a 31 = P₁₂ versets ; les 3 premiers Jours en comprennent 13 = P₇ = (Jéhovah)/2 et les 3 derniers 18 = 6 + 6 + 6.

p. 60

202. Ces résultats sont déjà suffisants pour établir le caractère systématique de la Bible signifiée. La probabilité que l'événement composé défini par cet ensemble de faits soit dû au hasard est pratiquement nulle. Mais on peut s'élever beaucoup plus haut encore dans la démonstration du signe surnaturel, en montrant, — c'est ce qui a été annoncé (§ 195), — que les nombres qui règlent la construction externe de la Bible (par exemple le nombre des versets) dépendent directement et immédiatement des Nombres arithmétiques régulateurs des Lois de la Grandeur abstraite, et qu'ainsi la Bible est, comme œuvre de Dieu, en connexion intime avec la Création tout entière.

Les régulateurs dont il s'agit sont : le Nombre π, que l'on rencontre en Géométrie et que nous avons déjà fait connaître (I, p. 77) à l'occasion des périodes quinquaséculaires de l'Écriture ; 2° un autre Nombre que nous allons bientôt définir, et que l'on désigne par la lettre e.

Nous avons pour l'instruction du lecteur tracé dans une Annexe, à la fin de ces Leçons, l'esquisse de principe de la Science de la Grandeur abstraite, et fait voir la manière rationnelle dont s'y introduisent e et π.

p. 61

Il n'est pas oiseux d'observer que l'existence de ces deux Nombres concrets dans la Science mathématique purement abstraite fait comprendre par analogie, c'est-à-dire par le sens profond qui peut donc s'attacher à des nombres arithmétiques désignés, la possibilité aussi d'apparition de tels nombres dans ce qu'il nous est accordé de connaître de la nature de l'Être, ou de Dieu lui-même. Telle est, dans la Théologie, l'existence du Nombre 3 de la Sainte Trinité ; telle celle du nombre divin 7 ; des Nombres 13, 43, dans « Jéhovah », « Elohim » etc.

203. Le nombre e.

Ainsi que déjà nous l'avons fait (I, p. 77) pour le nombre π, nous avons à faire comprendre de la manière la plus élémentaire, en quoi consistent le sens, la construction et la valeur du second des deux Nombres régulateurs des Mathématiques, savoir le Nombre e.

On arrive aisément à la compréhension de ce Nombre par l'évocation d'une donnée usuelle et de connaissance vulgaire, savoir : la notion universellement connue du Taux d'Intérêt.

Comme chacun le sait, 100 francs placés à 5 % augmentent, après 1 an, de 5 frs, ou de 1/20 de 100 frs, et deviennent 100 × (1 + 1/20).

p. 62

A la fin de la deuxième année, les 105 francs ont à leur tour accru leur valeur de 1/20 de cette valeur, c'est-à-dire sont devenus 105 (1 + 1/20) : et, par conséquent, les 100 francs initiaux sont devenus au bout de 2 ans :

100 (1 + 1/20) (1 + 1/20) = 100 (1 + 1/20)²

Semblablement, au bout de 3 ans ils sont devenus

100 (1 + 1/20)³ :

et au bout de 20 ans, leur valeur deviendrait

100 (1 + 1/20)²⁰

Cette valeur

100 (1 + 1/20)²⁰ = 100 (21/20)²⁰

qui nécessite qu'on effectue le produit de 20 facteurs égaux à 21/20, est égale, comme chacun pourrait le vérifier par un calcul un peu long, à

100 × 2,6533 ;

ainsi en 20 ans, au taux de 5 %, 100 francs acquièrent une valeur de 265 frs. 33, ou sont multipliés par le nombre

2,6533.

Supposons maintenant le taux d'intérêt égal, au

p. 63

lieu de 1/20, à 1/100. La valeur 100 deviendra alors au bout de 10 ans égale à

100 (1 + 1/100)¹⁰⁰ = 100 (101/100)¹⁰⁰ = 100 × 2,7048

ou 100 multiplié par le nombre

2,7048.

Le taux d'intérêt encore plus petit 1/1000 donnerait, pour la valeur 100 après 1000 ans :

100 (1 + 1/1000)¹⁰⁰⁰ = 100 (1001/1000)¹⁰⁰⁰ = 271,71

ou 100 multiplié par le Nombre

2,7171 ;

etc., etc.

On voit donc en résumé que, pour des taux de plus en plus petits

1/20   1/100   1/1000… etc.

et après des nombres d'années proportionnels et de plus en plus grands

20   100   1000… etc.

la somme initiale 100 se trouve respectivement multipliée par les nombres

2,6533   2,7048   2,7171… etc.

On peut donc se demander ce que deviendrait

p. 64

la somme de 100, si, diminuant de plus en plus le taux d'intérêt, on le réduisait, en fin de compte, à sa moindre valeur possible, c'est-à-dire à la première valeur à partir de zéro, ou ce qu'on appelle l'Infiniment petit absolu (Voy. I, p. 116), et le nombre des années d'attente devenant alors nécessairement Infiniment grand.

Or on trouverait, si l'on pouvait continuer indéfiniment les calculs commencés ci-dessus, qu'on atteindrait, à cette limite de l'Infiniment petit absolu, le nombre 271,828..., c'est-à-dire que 100 francs, placés à un intérêt infiniment petit, donneraient, au bout d'un nombre infini d'années, la somme de 271 frs. 83, ou 100 multiplié par le Nombre

2,71828...

C'est ce Nombre particulier qui s'appelle le Nombre e, et sa signification théorique est dès lors la suivante :

« Le Nombre e est le produit d'un nombre infini n de facteurs (1 + 1/n) différant infiniment peu de l'unité. »

On l'écrit donc sous la forme

e = (1 + 1/n)ⁿ,

n étant un nombre infiniment grand.

p. 65

On démontre en Mathématiques que la valeur numérique du Nombre e est aussi donnée par la formule théorique

e = 1 + 1/1 + 1/1.2 + 1/1.2.3 + 1/1.2.3.4 + 1/1.2.3.4.5 + etc.

En consultant l'Annexe placée à la fin de ces Leçons, le lecteur pourra se convaincre que, dans l'ordre didactique rationnel, la considération du Nombre e se présente en quelque sorte dès l'origine des raisonnements, et bien avant celle du Nombre π ; celui-ci est plutôt le couronnement, et comme le dernier mot, de toute la déduction.

204. Les deux Nombres Régulateurs de la Science de la Grandeur Abstraite.

En récapitulant ce qui précède, et ce que, dans notre premier Volume, nous avions établi au sujet du Nombre π, nous aurons pour les deux Nombres régulateurs e et π :

e = 1 + 1/1 + 1/1.2 + 1/1.2.3 + 1/1.2.3.4 + 1/1.2.3.4.5. + .....
π = 4 (1 - 1/3 + 1/5 - 1/7 + 1/9 - .....)

ou

e = 2,71828...
π = 3,141592...,
p. 66

soit, avec 4 décimales, les valeurs pratiques usuelles

π = 3,1416
e = 2,7183

205. Ces valeurs des deux nombres régulateurs multipliées par 10000, afin de les réduire à l'ordre de grandeur du nombre des Versets de la Bible et d'écarter l'emploi incommode des décimales, sont, en les désignant alors pour abréger par les majuscules E et Π :

E = 10⁴e = 27183
Π = 10⁴π = 31416.

Si la Bible est vraiment la Parole de Dieu, c'est-à-dire de Celui dont la Science Mathématique abstraite est aussi bien une Création, on doit rationnellement s'attendre à ce que cette Science, qu'on trouve appliquée dans la construction des Cieux, se trouve également appliquée dans cette Écriture.

Dans l'édifice mathématique, le Nombre e, comme nous venons de le rappeler (§ 203), est une base fondamentale de la génération de la Grandeur ; le Nombre π est le couronnement de la déduction mathématique. La différence des deux

p. 67

Nombres se présente donc comme une norme ou une mesure de la matière effective proposée à la connaissance. Or nous allons tout d'abord reconnaître que cet intervalle de e à π, c'est-à-dire, dans l'espèce, la différence de nos deux nombres 10⁴e = E, 10⁴π = Π, s'exprime immédiatement en fonction de nombres symboliques, fondamentaux aussi, de la Parole de Dieu.

On a en effet, en faisant en première ligne apparaître dans cette différence le nombre divin 777 de la Sainte Trinité :

Π - E = 31416 - 27183 = 777 + 3456

relation qui met en évidence le nombre remarquable 3456 à succession de chiffres, et attire par là immédiatement l'attention sur le « Fidèle Témoin de Dieu », Antipas, de Apoc. II, 13 (I, p. 429), dont le Nom présente cette même caractéristique de la succession des chiffres ; on a en effet

(Antipas) gr. = 642 ;

et il vient ensuite, confirmant l'induction :

3456 = 4 × 642 + 888
     = 4 × (Antipas) + (Jésus).

[Antipas (le Témoin) est en outre ici marqué du signe 4 de la Crucifixion.]

p. 68

Ainsi, et en résumé, les deux Nombres e et π de la Grandeur abstraite donnent lieu à la relation scripturaire et mystique :

Π - E = 777 + 4 (Antipas) + 888
ou  Π - E = 777 + 4 (Antipas) + (Jésus)

Il y a plus. En divisant 3456 par 642 on obtient

3456 = 5 × 642 + 246,

le reste 246, qui manifeste encore toujours la succession typique des chiffres, et qui est en outre égal à 6 × P₂ ₓ ₇ n'étant autre chose que la valeur numérique de

(Saint Saint Saint)
─────────────────
        5

Cette dernière invocation d'Ésaïe, relative à la Sainte Trinité, est d'ailleurs intimement connexe, on le sait, du nombre 777 qui figure dans la formule précédente, et celle-ci prend la forme, particulièrement expressive :

(a) Π - E = 10⁴π = 10⁴e = 777 + 5 (Antipas) +
    Saint Saint Saint
    ─────────────────
            5
p. 69

Antipas est le Fidèle Témoin, et 5 le Signe du Fils de l'Homme.

206. La relation (a) entre les nombres idéaux de la Mathématique abstraite et les Nombres symboliques de la Bible, n'est encore dans notre sujet qu'une relation préalable, en ce sens qu'elle est tout-à-fait indépendante de la construction matérielle externe du document (la Bible signifiée). Mais ceci va renforcer d'autant plus ce que nous allons maintenant exposer de la connexion entre cette construction et ces nombres mathématiques, car celle-ci va se trouver précisément reproduire la relation préétablie (a) dont il s'agissait.

On a              Diff.
E         = 27183 ⎫
                  ⎬ 3987 ⎫
Nombre des        ⎪      ⎬ 4233 = 777 + 3456
Versets de        ⎬      ⎪
la Bible  = 31170 ⎪      ⎪
                  ⎬  246 ⎭
Π         = 31416 ⎭

Observons ce fait. On voit tout d'abord que la Bible, définie par son nombre total de versets, est comprise entre les deux Nombres régulateurs.

p. 70

Mais en outre le point de division de leur intervalle ou différence, qu'ainsi placée entre eux elle détermine, est précisément celui qui détermine aussi la relation (a) (§ 205), laquelle exprime cette différence au moyen des deux termes

777 + 5 (Antipas) = 3987 et (Saint Saint Saint)/5 = 246 ;

cela veut dire aussi que le nombre des Versets de la Bible est la valeur commune des deux membres de l'équation (b), équivalente à cette relation (a) :

(b) E + 777 + 5 (Antipas) = Π - (Saint Saint Saint)/5
    = 31170,

ou encore, que l'on a isolément en fonction des deux principes régulateurs :

c) ⎧ (Bible) = 10⁴e + 777 + 5 (Antipas)
   ⎨ (Bible) + (Saint Saint Saint)/5 = 10⁴π.

207. Ce grand fait relatif à la Bible entière étant établi, un autre se présente qui s'applique aux deux Testaments considérés individuellement, et qui, parce qu'il met en œuvre les mêmes éléments de construction que nous venons déjà

p. 71

de découvrir, confirme encore la validité de ce premier fait intégral.

Voici en quoi il consiste. Il s'agit proprement, dans notre sujet, des preuves de la Vérité révélée apportées par les données des Mathématiques dont le monde physique est à la fois une application et une écriture.

Or la Parole de Dieu a eu soin de légitimer cet ordre de correspondance par un exemple concret placé au point le plus visible de toute la construction de l'Écriture, c'est-à-dire à la séparation des deux Alliances. Cet exemple c'est celui, bien connu, des Mages, qui, interrogeant le mouvement des Astres, reconnaissent, par le point de son Orbe où l'Astre observé s'arrête, le lieu de la Sphère terrestre où apparaît, à sa Première Venue, le Sauveur du monde (1). Autrement dit, et puisque le fait historique dont il

(1) Nous étudierons dans le cours de ces Leçons (voyez la Leçon XXI) la question des Mages et de l'Étoile de Jésus, et nous verrons qu'il s'y agit d'un fait astronomique entièrement déterminé, qui fait connaître avec certitude, dans l'Année, la date de la Naissance de Jésus. Les Mages étaient des Astronomes venant non point d'Orient, comme le fait dire une erreur d'interprétation du texte, mais bien d'Occident, c'est-à-dire, ici de l'Égypte.

p. 72

s'agit se réduit en principe à une combinaison d'éléments géométriques et cinématiques, c'est, en dernière analyse, par la Mathématique que, dans la matière biblique, la séparation des deux Alliances est repérée.

Suivons cette idée, et de la Mathématique du Ciel passons à la Mathématique de la Bible signifiée. Le repère de séparation dont il est question se trouvera marqué sur l'Echelle des versets par le nᵒ d'ordre du verset Matt. II, 9 où on voit l'Étoile s'arrêter sur le lieu où était le petit enfant. On a pour la situation de ce verset :

                | Bible entière | Nouv. Test.
Matt. II, 9 nᵒ d'ordre : | 23247 | 34

Or on remarque immédiatement, en ce qui concerne le nombre de l'échelle intégrale, que l'on a

23247 = 3.3.3.3 × 7 × 41 = 7 × 3³ × (Saint Saint Saint)/10
      = 7 × 3⁴ × Christ/(2 × 5)

Quant à 34, année du Sacrifice rédempteur, c'est la caractéristique évidente de la Première Venue. Cette dernière constatation est d'ailleurs

p. 73

d'autant plus accusée que 34, centre de la Semaine d'Années 31 à 37 de Daniel, est aussi le centre de la semaine de versets Matt. II, 6-12 (ou de 31 à 37 sur l'Echelle du N. T.), qui commence par le rappel des paroles du prophète (Michée) désignant Bethléem comme le lieu de la Naissance du Sauveur, et qui termine l'Histoire des Mages.

Le verset de l'Arrêt de l'Étoile étant ainsi désigné, il nous reste à voir comment il partage la Bible sur l'Echelle des versets.

Les deux parties qu'il détermine sont :

⎧ regardant l'Ancienne Alliance : A.T. + 34 =
⎪     23213 + 34 = 23247
⎨ regardant la Nouvelle Alliance : N. T. - 34 =
⎩     7957 - 34 = 7923.

Or ces deux parties, qui sont inégales, se parfont en s'égalant :

la première par l'addition d'un multiple entier de 246, nombre systématique égal à 3 × Christ = (Saint Saint Saint)/5 ;

la seconde par l'addition d'un multiple entier

p. 74

de 642, ou du même nombre systématique renversé, et égal à (Antipas), le Fidèle Témoin.

On a en effet

(d)  (A. T. + 34) + 16 × 246 = (N. T. - 34) + 30 × 642.

L'égalité s'établit donc par des multiples des mêmes nombres systématiques, 642, 246, qui antérieurement (§ 205) s'étaient déjà présentés.

208. Mais il y a beaucoup plus ; un dernier trait reste, qui concerne la valeur commune x des deux termes de l'équation précédente (d) entre l'A. T. et le N. T. Nous l'estimons de nature à sceller la certitude.

On a dans cette équation :

A. T. + 34 = 23247  ⎫   ⎧ N. T. - 34 = 7923
     16 × 246 = 3936 ⎬   ⎨    30 × 642 = 19260
d'où   x = 27183    ⎭   ⎩         x = 27183.

Or cette valeur commune n'est autre chose que le Nombre fondamental

x = E = 10⁴e = 27183

de la Mathématique abstraite.

Il en résulte que le nombre de versets de l'A. T. et du N. T. sont liés au nombre e d'une manière définie, par les deux équations séparées :

p. 75
    ⎧ (A. T. + 34) + 2 2² (Saint Saint Saint = 10⁴e
(e) ⎨                          5
    ⎩ (N. T. − 34) + 1. 2. 3. × 5 (Antipas) = 10⁴e

209. Les relations précédentes, déterminatrices des parties composantes A. T. et N. T. de la Bible entière, concernent en particulier le Nombre e, celui qui, dans l'édifice de la Mathématique abstraite, apparaît comme élément générateur fondamental.

Nous avons dit que l'autre nombre régulateur, ou π, figure au contraire dans cet édifice mathématique comme couronnement ou terme définitif.

Si, d'après cette attribution de π, nous cherchons à synthétiser au moyen des éléments types de la Bible l'Œuvre de l'Univers mathématique, c'est-à-dire le travail du Dieu créateur (Elohim) et le couronnement de ce travail, nous pourrons donc le faire par la suite des deux termes que voici, savoir :

1° le travail 2 × 5 (les 2 mains, 5, de celui qui, en Dan. XII, élève ses deux mains vers le Ciel).

d'Elohim) = 86 ; soit 2 × 5 × (Elohim) ;
p. 76

2° le Nombre π, ou, ici, Π = 10⁴π ; ce qui conduit à l'expression numérique synthétique :

(f) 2 × 5 × (Elohim) + 10⁴π = 32276.

D'autre part, le nombre intégral qui, d'un seul coup, représente l'œuvre externe entière de la Bible, est la somme de ses nombres de Livres, Chapitres, Versets [nombres que d'ailleurs nous avons vus plus haut (§§ 196-198) en connexion respective avec les trois périodes quinquaséculaires 528, 520, 516].

Or on a :

(1) Nombre des Livres        66
(2) Nombre des Chapitres   1040
(3) Nombre des Versets    31170
              Somme    =  32276,

c'est-à-dire précisément le nombre théorique type précédent. On a donc, cette fois d'une manière isolée avec le Nombre π, la relation intégrale :

(g) (1) + (2) + (3) = 2 × 5 × (Elohim) + 10⁴π.
                      ─────────────────
                      (le travail d'Elohim)
p. 77

210. — Ce grand résultat, si certainement démonstratif par tout l'ordre progressif dont il n'est que l'issue, nous conduit à terminer cette Leçon par la mention d'un autre trait, de portée plus haute encore.

Il vient d'être question de l'œuvre externe de Dieu, la Création ; mais on sait qu'emportant cela même, qui n'est que le vêtement, il y a à considérer l'œuvre spirituelle interne, celle de la Rédemption.

Celle-ci a été résumée et définie par le Seigneur dans un passage de l'Evangile de Jean, de tout temps mentionné comme constituant la quintessence de l'Enseignement de l'Ecriture : savoir (Jean III, 16) :

« Dieu a tellement (ou : ainsi) aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle ».

Le Chapitre Jean III tout entier est d'ailleurs consacré à cette même pensée, et son dernier verset, Jean III, 36, met le sceau à l'ensemble par la seconde déclaration solennelle :

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ».

Avant d'examiner dans sa construction propre le verset capital Jean III, 16, envisageons

p. 78

d'abord, d'après cela, le Chapitre III pris comme un seul tout.

En le considérant comme repéré dans la Bible signifiée par la situation du verset final Jean III, 36 que nous venons de rappeler, nous découvrirons une formule tout aussi impressive que les précédentes (b) à (g) qui se rapportaient à la Bible entière. On a en effet pour ce verset final :

Verset Jean III, 16, Livre        43
                Chapitre        851
                Verset        26227
                ─────────────────────
                Nombre intégral 27121

c'est-à-dire :

Jean III, 36   N° d'ordre intégral =
= 2 × 777 + (2 × 5) × 7 × 365,242..,

365,24... étant le nombre de jours solaires de l'Année tropique (notre année physique) ; et la compréhension de cette indication est évidente si l'on fait attention que l'Écriture désigne Christ (2ᵉ personne de la Trinité 777) comme étant le Soleil de Justice (Mal. IV, 2), et que, dans le Chapitre actuel lui-même, il est (Jean III, 19-21)

p. 79

défini comme étant la Lumière, et celui qui sépare la lumière des ténèbres.

Nous tirerons bientôt (§ 214) de ce fait, qui montre le Fils de Dieu, ou la Seconde Personne de la Trinité (2 × 777), en relation intime avec la Terre astronomique, une conséquence d'une portée profonde pour la conception de la Vérité révélée ; mais cette conséquence semblera particulièrement autorisée après l'examen même de notre verset fondamental, Jean III, 16, pris isolément. En effet, ce verset Jean III, 16 qui renferme

26 mots [26 = (Jéhovah)] et 112 = 7 × 2 2² lettres,

a pour valeur numérique 14650, nombre qui n'est autre chose que

40 fois 366 1/4 ;

c'est-à-dire que l'on a :

Jean III, 16

⎧ Car Dieu a tellement aimé le      ⎫
⎪ monde qu'il a donné son Fils      ⎪
⎨ unique afin que quiconque         ⎬ = 40 × 366 1/4
⎪ croit en lui ne périsse point,    ⎪
⎩ mais qu'il ait la vie éternelle.  ⎭
p. 80

366 1/4 étant le nombre de tours faits par la Terre autour de son axe en une année.

Par conséquent la donnée astronomique solaire, propre à la Terre, mise en évidence par tout l'ensemble du Chapitre, se trouve aussi introduite avec insistance par le verset capital qui, dans ce Chapitre, en caractérisait, en la résumant, toute la substance.

211. — Un tel fait, concernant une telle matière, doit, dans tous ses détails impliquer un sens intentionnel profond.

Le signe solaire, pris généralement, se rapporte à Christ ; mais tels nombres y sont en particulier choisis de manière à rappeler tel aspect type de l'ordonnance rédemptrice.

Ainsi, le nombre des jours solaires de notre année étant 365 1/4, le 366 1/4 = 365 1/4 + 1 appelle l'idée d'un jour complémentaire ; et d'autre part, le nombre 40, qui précède dans l'expression

40 × 366 1/4

rappelle les quarante ans du séjour dans le désert après lesquels Josué, type de Jésus, introduisit les Elus dans la Terre promise.

La valeur numérique du verset se présente donc comme signalant le grand fait du Miracle

p. 81

de Josué ; et il n'y a pas disproportion entre le signe et l'objet, car il s'agit en cela du déplacement du Jour de Repos qui, nous le savons, est l'écriture de la Chute et de la Rédemption (voy. Leçon X).

Puisque notre sujet est la Bible signifiée, c'est d'ailleurs ici le lieu de mentionner des vérifications décisives qu'elle apporte de la situation prééminente de ce Miracle de Josué dans l'Economie de la Révélation. Signalons-en deux (§§ 212, 213) particulièrement intéressantes.

212. On sait que le dernier Chapitre du Deutéronome (Deut. XXXIV) racontant la mort de Moïse, et n'ayant donc pu être écrit par Moïse, n'appartient pas proprement à la rédaction du Pentateuque et qu'il se rattache, dans ce point de vue, au Livre de Josué. Or si la Bible est la Parole de Dieu, cette disposition particulière est consciente et doit constituer un signe compréhensible pour nous. C'est ce qu'il est aisé de vérifier ; si l'on retranche le nombre des versets de ce dernier Chapitre du Deutéronome, lequel nombre est

12
p. 82

du nombre total des versets du Pentateuque, lequel est

5852,

on obtient le nombre

5840 = 1656 + 4184,

ou la somme des durées :

{ 1° d'Adam au Déluge,        1656
{ 2° d'Adam à Jésus-Christ, 4184

résultat évidemment intentionnel.

Quant à l'interprétation de cette disposition qui ajoute deux durées commencées à la même ère, elle réside évidemment dans la conception d'un écrivain inspiré qui, placé en esprit aux origines (Adam), étendrait ses regards dans l'avenir, — savoir d'abord jusqu'au Déluge, ou sur la première Humanité ; ensuite jusqu'à Christ, ou du premier au second Adam. Que d'ailleurs cet écrivain soit Moïse, c'est-à-dire que ces 5840 versets forment bien un Pantateuque ou recueil de 5 Livres ayant pour auteur Moïse, c'est ce qu'on voit par le fait qu'en marquant chacun de ces livres du signe 5 de l'écrivain (la main de l'Homme, 5) on obtient

p. 83
5840 + (5 + 5 + 5 + 5 + 5) = 17 × 345 = 34/2 × 345.

et que 345 nombre à succession de chiffres) n'est autre chose que la valeur numérique du nom de Moïse. On a :

משה  (Moïse) = 40 + 300 + 5 = 345.

Par conséquent :

5840 + (5 + 5 + 5 + 5 + 5) = 34/2 × (Moïse).

Le multiplicateur 34 (outre que c'est le nombre connu, désignatif de la Première Venue, annoncée par Moïse ; Deut. XVIII, 18 ; Jean V, 46), est dans la Bible signifiée le n° du dernier Chapitre du Deutéronome. Ce nombre marque donc aussi, par sa limite, le Pentateuque considéré.

(On peut observer en passant combien tout ceci signale la Bible mathématique comme instrument pour la connaissance critique des textes. Ici par exemple, nous sommes assurés par elle que Moïse est bien l'écrivain inspiré des cinq Livres qui portent son nom.)

Nous venons de retrancher des 5852 versets du Pentateuque biblique les

12 versets
p. 84

de notre Chapitre XXXIV du Deutéronome placé aussi bien à la base du Livre de Josué. Voyons maintenant si, en ajoutant ces 12 versets au Livre de Josué, ce qui répond à leur retranchement du Pentateuque, nous n'obtiendrons pas un nouveau signe de construction intentionnelle. On a :

                  Nombre de versets
Livre de Josué    658
Deut. XXXIV        12
        ------------------------
        Somme   =   670 = 2 × 10 × 33 1/2 ;

et ce résultat est effectivement tout-à-fait significatif, si l'on se souvient que Josué est le type de Jésus (dont la vie est marquée par le nombre 33 1/2). Mais il y a plus à considérer que cela. Quel est en effet le sens propre de la mise à part du nombre 12 ?

Si l'on considère la signification profonde du signe solaire de Josué en tant qu'annonce de l'Économie chrétienne, ou de la substitution du Dimanche au Sabbat, on sera naturellement conduit à penser que le recul de ces 12 versets est, dans la Bible signifiée, un signe matériel certain du Jour de retard qui constitue le Miracle de Josué, c'est-à-dire est l'affirmation tangible de la réalité effective de ce Miracle.

p. 85

Or d'autres signes précis concourent ensuite à mettre cette induction hors de doute. On remarque d'abord, en rapport avec la formule précédente relative au Nombre 33 1/2 et qui implique nos 12 versets, que le récit de l'Arrêt du Soleil (Josué X, 12-14) se trouve, dans la Bible signifiée, sur la

page 201 = 6 × 33 1/2 ;

cette page, multiple de 33 1/2, est d'ailleurs la seule de l'espèce dans toute l'étendue du Livre de Josué (lequel a sur l'échelle des pages l'étendue pp. 192-215).

D'autre part, à commencer par les 12 versets de retard de Deut. XXXIV, il y a jusqu'au verset Josué X, 13 — celui du fait de l'Arrêt du Soleil, — un bloc de versets.

12 + 226 = 238 = 7 × 34.

Puisque les considérations précédentes concernant le Livre et le Miracle de Josué ont été amenées par l'examen du Chapitre Jean III, 16, du verset capital de toute l'Écriture Jean III, 16, il n'est pas sans intérêt, toujours en rapport avec le nombre 12, d'observer que ce verset est exactement au centre du Discours de 12 versets (Jean

p. 86

III, 10-21) de Jésus à Nicodème ; et qu'un signe direct relie, dans la Bible signifiée, ce Discours à l'Arrêt du Soleil de Josué. On a en effet pour le bloc de versets commençant par les 3 versets de l'Arrêt du Soleil, c'est-à-dire par

Josué X, 12 : N° d'ordre = 6077,

et aboutissant au Discours de Jésus, c'est-à-dire se terminant par

Jean III, 9 : N° d'ordre = 26200 :
bloc (Josué X, 12 - Jean III, 9) = 26200 — 6076
        = 24 + 50 × 12 × 33 1/2.

Dans cette formule, le nombre 24 mis à part à côté du terme en 33 1/2, ce dernier facteur ayant été présenté dans tout ce qui précède avec tant d'insistance, apparaît comme le témoignage manifeste de la réalité du Miracle.

213. — Conjointement à la preuve apportée par la disposition du texte du Deutéronome, une autre, également offerte par la Bible signifiée, se rapporte au passage Es. XXVIII, 21 où le Prophète rend explicitement témoignage du caractère miraculeux de l'œuvre de l'Eternel à Gabaon. « L'Eternel se courroucera comme dans la

p. 87

vallée de Gabaon pour faire son œuvre, son œuvre inconnue, et pour exécuter son travail, son travail inaccoutumé ».

On observe tout d'abord que le dernier verset de ce Chapitre XXVIII, qui concerne particulièrement le gouvernement ordonné du monde par Celui qui met « le jugement à l'équerre et la justice au niveau » (Es. XXVIII, 17), a pour n° d'ordre sur l'échelle des versets de la Bible

Es. XXVIII, 29 : n° d'ordre = 18262 = 100 × 365,24/2 ,

365,24 étant la valeur de l'année tropique ou physique ; et quant au verset Es. XXVIII, 21 lui-même, dont le n° d'ordre est

Es. XXVIII, 21 : n° d'ordre = 18254,

on a pour le bloc de versets compris entre ce verset et Josué X, 13 (Arrêt du Soleil) :

bloc compris entre (Josué X, 13 - Es. XXVIII,
21) = 18253 - 6078 = 12175 = 100 × 365 1/4/3 .

Il n'y a par conséquent aucun doute que dans le verset mentionné d'Esaïe la Parole de Dieu nous affirme le Miracle effectif de Josué : et, par le lien de tout notre sujet, que cette œuvre

p. 88

étrange et inaccoutumée de l'Eternel dans l'ordre physique, ne soit le signe solennel, — qui renverse aussi la science des sages, — de l'œuvre accomplie par Lui dans l'ordre spirituel, quand il a donné son Fils au monde afin que le monde ne périsse point.

214. Nous arrivons après cela à l'observation annoncée plus haut (§ 210), d'un ordre beaucoup plus général et que nous avions à présenter au sujet du verset Jean III, 16 qui résume le Mystère de la Rédemption. Dans l'espèce concrète de notre discussion elle est d'ailleurs particulièrement intéressante, en ce qu'elle fait intervenir la Bible signifiée comme moyen critique au nœud même du conflit de la Science et de la Religion.

Il s'agit de ce que pour la Science, qui de nos jours a, par l'Astronomie, acquis une vue tangible de l'Univers, la Terre, perdue dans l'Espace infini, au sein d'une multitude d'autres globes dont beaucoup paraissent physiquement tout autrement importants que cette petite planète, semble dérisoirement revendiquer, avec l'Humanité d'un jour qu'elle porte à sa surface, le privilège unique d'avoir été visitée par le Saint Esprit de Dieu ; bien plus, d'être le lieu où se

p. 89

décide la destinée spirituelle et éternelle de l'Univers entier.

Beaucoup, en présence d'une vue géométrique fascinante, et pour eux plus forte que tout, rejettent dès lors absolument le Christianisme. D'autres impressionnés sans doute par cette même vue externe, mais néanmoins sollicités encore par la Grandeur, insondable aussi, et la puissance interne de la vérité chrétienne, par les affirmations solennelles et le caractère de Jésus-Christ, hésitent et cherchent un moyen terme. Ils admettent volontiers que si le Christ est une émanation de Dieu, si l'on veut le plus grand des Fils de l'Homme, d'autres mondes peut-être, à prendre en elle-même l'idée de la Rédemption pour vraie, peuvent ou ont dû recevoir, par d'autres Missionnaires supérieurs du même ordre, la révélation d'une Vérité pour tous nécessaire, et concernant généralement la destinée des êtres créés doués de responsabilité morale.

Or si la Bible est la Parole de Dieu, — et les preuves surnaturelles que nous possédons maintenant de son Inspiration, preuves essentiellement tangibles et tout aussi vérifiables que celles tirées des mesures de l'Univers physique, ne nous permettent plus d'en douter, — le passage

p. 90

célèbre Jean III, 16 que nous venons d'étudier, c'est-à-dire les paroles prononcées par Christ lui-même, coupe court et aux décisions antichrétiennes d'une Science séduite, et aux tentatives d'accommodation des esprits à équilibre bien intentionné.

Le Monde, dans cette déclaration solennelle de l'Écriture, c'est le Cosmos (Kosmos), c'est-à-dire l'ordre entier des choses, ou tout l'Univers. Celui qui est donné à cet Univers pour qu'il ne périsse pas n'est pas un fils de Dieu, mais le Fils Unique de Dieu, celui par qui, comme le dit l'Épître aux Hébreux (Heb. I, 2) « il a fait les siècles » ou le Monde ; et cette affirmation d'intégrité spirituelle absolue, par la valeur numérique des mots qu'elle profère, se marque elle-même d'un signe astronomique uniquement propre au globe de la Terre, point infime sans doute mais demeure de l'Homme, créé, nous déclare aussi la Parole (Gen. I, 27), à l'Image de Dieu.

Cette valeur numérique, sous l'aspect que nous envisageons ici s'écrit en effet :

(2.2.2.) × 5 × 366 1/4. (Voir page 75).

Elle met en évidence l'Œuvre (5) de la Seconde Personne de la Trinité (2.2.2.), sur la Terre

p. 91

(366, 1/4), et, ce dernier nombre désigne même celle-ci d'une manière absolue dans l'Espace, par le nombre de tours qu'elle fait autour de son Axe en un an (1).

215. Nous n'étendrons pas outre ceci notre exposé de traits généraux relatifs à la Bible signifiée, estimant tout ce qui précède suffisant pour mettre hors de doute son existence, et pour démontrer qu'elle constitue un fait surnaturel.

Ce fait surnaturel, en dehors de ses résultats d'enseignement intellectuel et doctrinal, est puissant pour notre édification religieuse. Le résultat d'expérience unanime de ceux qui, aussi bien que nous-mêmes, ont examiné et vérifié personnellement l'ordre externe miraculeux de

(1) Il faut joindre ici une remarque, connexe de celle que nous avons présentée dans une note de la leçon X (I, p. 325) concernant le caractère surnaturel de notre calendrier actuel. En jours solaires (nos jours physiques), 366 1/4 est la durée de l'année bissextile qui revient tous les 4 ans, et qui, dans la série des années centenaires, revient tous les 4 siècles. La venue du Christ marquée par l'année bissextile (en Jean III, 16) met donc en œuvre une donnée de notre calendrier actuel ; et celui-ci nous rappelle sans cesse au cours des temps que Christ est le Soleil de Justice venu au 4e jour de Création, et dans l'histoire au 4e mille d'années.

p. 92

l'Ecriture, est en effet celui-ci : On peut trouver les moyens étonnants, bizarres si l'on veut ; (nous croyons que cette impression n'a d'autre cause que la fausseté d'un point de vue auquel le milieu nous a malgré nous placés) ; mais, l'étrangeté des moyens concédée, une chose demeure qu'on ne peut nier : ces moyens, tels quels, produisent en nous une invincible certitude.

Si bien adaptés à notre état actuel de connaissance et à nos besoins, il nous les faut donc considérer comme procédant d'une sagesse supérieure.

Enfin ces moyens, s'ils nous démontrent ainsi l'existence de Dieu par sa présence effective, et si par là ils nous le font craindre, ont surtout pour objet et pour résultat suprême de nous le faire aimer. Car un Etre qui s'occupe ainsi de nous, et comme par la main nous conduit en feuilletant avec nous un Livre à notre table de travail, doit certainement, étant donné ce que nous sommes, nous aimer profondément Lui-même.

p. 93

QUINZIÈME LEÇON.

LE PEUPLE ÉLU. LES DEUX MAISONS D'ISRAEL ET DE JUDA. LES DEUX TÉMOINS. L'ÉGLISE A TRAVERS L'HISTOIRE.
L'IDENTIFICATION MATHÉMATIQUE PRÉALABLE DES DEUX TÉMOINS.
LES COMMENCEMENTS DU PEUPLE ÉLU.
SOLUTION D'UNE DIFFICULTÉ BIBLIQUE CLASSIQUE.
LA VIE DE THARÉ.

216. Nous avons, dans le premier Volume de cet Ouvrage (Leçons I--XII), établi la Chronologie de la Bible, et, par Daniel et l'Apocalypse, déterminé les limites de cette Chronologie, lesquelles, de − 4184 à + 2386, comprennent tous les temps de l'Humanité.

L'objet sur lequel notre vue s'est particulièrement arrêtée à la fin de cette première série de recherches a été (I, pp. 426-428) l'existence des « Deux Témoins » ; — par ce terme l'Ecriture désigne, dans leur mission historique, les deux

p. 94

parties du Peuple élu, la Maison d'Israël et la Maison de Juda ; et nous avons dès lors annoncé que cet objet interviendrait en première ligne dans la continuation de notre étude de l'Ecriture.

Il doit en effet nous occuper tout d'abord, non seulement parce qu'en dehors de sa connaissance toutes les déclarations et données de l'Ecriture relatives à la matière historique sont et restent incompréhensibles, mais aussi parce qu'un point de vue faux, principalement dû à l'influence du Faux Prophétisme romain, occupe la place, duquel il faut commencer par libérer à tous égards nos errements.

217. D'après ce point de vue erroné et courant, il semblerait que, les Juifs ayant été dispersés et leur culte rendu impossible par la destruction de Jérusalem, le principe de l'Histoire a changé ; qu'un édifice nouveau, visible au monde comme le premier, mais œuvre de races d'esprit radicalement différent, s'est élevé sur l'emplacement de l'ancien ; celui-ci est rasé jusqu'à ses fondements, et ses débris pour jamais rejetés comme inutiles. Telle est la conception du Catholicisme, et il ne voit d'après cela, dans l'Histoire de l'Eglise, que deux termes, deux religions, deux cultes : le Judaïsme, le Catholicisme romain.

p. 95

Tout le reste est hérétique ou d'import négligeable. Dans cette construction théocratique, le soubassement juif sans doute était imposant ; mais on n'en vante au monde le caractère vénérable et l'antiquité, que pour mieux exalter le monument nouveau et magnifique qui maintenant l'écrase sous son poids. D'ailleurs, pour le moment, aux yeux de cette conception-là, les Juifs, qui rêvent quand même de la possession future du monde, sont un ennemi et le rival détesté. Si leur conversion est annoncée pour les derniers temps, cela signifie que ces Juifs deviendront des Catholiques romains ; il n'y aura plus qu'un seul troupeau et un seul Berger quand, se frappant la poitrine pour le sang innocent qu'ils ont versé, ils déserteront leurs Synagogues et viendront se prosterner devant l'Evêque de Rome.

Pour la partie du monde positiviste et indifférente à cette théocratie catholique, les Juifs apparaissent dans l'Histoire comme ayant autrefois formé un petit peuple intéressant par ses origines et l'ardeur de son patriotisme ; comme singulier dans les temps modernes, par la persistance d'une existence dispersée au milieu des nations. Ce rameau isolé d'un arbre antique

p. 96

émerge encore, on ne sait trop pourquoi, dans le grand courant humanitaire qui a changé la face du monde et dont Jésus, que ces Juifs rejettent, s'est trouvé l'un des missionnaires les plus influents. L'esprit israélite, aussi éloigné de la sensibilité latine que du sentimentalisme germanique, s'offre à ces milieux indifférentistes comme un élément plutôt curieux que sympathique.

218. Le résultat effectif de ces diverses manières de voir, soit que le Peuple d'Israël, élément du passé, ait fini son temps, soit qu'il ne faille le considérer que comme une des originalités de l'Histoire, est de masquer complètement à nos yeux ce qui constitue en réalité la vérité la plus fondamentale de cette Histoire, si la Parole biblique est de Dieu ; à savoir : qu'il existe un Peuple élu, principe et axe de l'Histoire générale, autour de la destinée duquel toute celle-ci se groupe et évolue. A ce Peuple, dès l'origine, est promise la possession du monde ; et cette promesse la Prophétie la déclare devoir se réaliser, non d'une manière cachée, c'est-à-dire spirituelle ou figurée, mais par le développement mondial effectif d'une puissance politique qui

p. 97

sera vue et connue de toute la Terre (Gen. XLIX, 10, 22-26).

Si une telle conception change radicalement la face classique de l'Histoire, sa réalisation actuelle proposée pour critérium de la vérité révélée est un argument dont la nature peut à bon droit étonner par sa hardiesse. S'il y a erreur, l'événement peut trop facilement confondre. Et de fait c'était un jeu à engager tout que de lier à un trait aussi concret l'Inspiration ou la disqualification du Livre.

219. Le lecteur de notre premier Volume a d'ailleurs déjà écarté de lui-même l'objection qui ici s'offrira immédiatement à d'autres ; savoir que si, comme le prétend notre Chronologie, nous sommes aux derniers temps, ceux auxquels le Peuple élu doit dominer le monde, la solution de notre problème est donc négative et la Bible en défaut, puisque les « Juifs » ne sont qu'une poignée encore aujourd'hui dispersée parmi toutes les nations. Ce lecteur averti sait qu'une semblable manière de voir ne procéderait que d'une ignorance invétérée de l'Ecriture ; le Peuple élu ne comprenait pas les Juifs seulement, mais aussi la Maison d'Israël, constituée par 10 des 12 Tribus. Or d'après ce qui a été signalé, en

p. 98

passant, au cours de ces Leçons précédentes, la Maison d'Israël, ou les 10 Tribus dispersées, subsiste effectivement aujourd'hui sous la forme bien visible des Anglo-Saxons, et ceux-ci sont à notre époque le Peuple chef, 10e et dernier de la Loi historique quinquaséculaire.

Nous tenons donc déjà la solution ; et c'est son idée bien concrète, savoir la descendance israélite des Anglo-Saxons que nous allons vérifier de plus près, en étudiant de près aussi, par voie analytique, à travers les Livres historiques de la Bible, l'Histoire du Peuple élu, descendu d'Héber et qui a constitué ultérieurement les deux Maisons d'Israël et de Juda.

Une remarque bien faite pour mesurer l'ampleur et l'intérêt du sujet, — et qui en même temps et encore une fois dissipe le faux jour de nos idées courantes, — c'est que l'Histoire elle-même de l'Eglise n'est qu'un Chapitre de l'Histoire du Peuple élu, puisque ce sont les Israélites (des Hébreux) qui ont fondé et établi l'Eglise chrétienne, et que celle-ci est donc, dans l'exacte réalité, à la fois leur œuvre et leur bien propre.

220. Au seuil de notre recherche, et comme lui servant de fronton, nous mentionnerons une

p. 99

preuve que nous donne la Bible signifiée de la vérité de notre objet.

Nous disions (§ 216) en nous reportant au point où nous avait laissés la fin de notre XIIe et dernière Leçon du Volume I, que les « deux témoins » retrouvés par l'Apocalypse (Apoc. XI, 3) dans l'Histoire moderne et à la fin des temps, sont les deux facteurs historiques du Peuple élu, Israël et Juda.

L'Apocalypse (Apoc. XI) présente ces Témoins comme opprimés par le Faux Prophétisme pendant une durée de « 3 1/2 jours. »

Or on a pour la valeur numérique des mots « deux témoins »

(δύο μάρτυσι) de Apoc. XI, 3 :
(deux)    = 4 + 400 + 200 + 10              = 614
(témoins) = 40 + 1 + 100 + 300 + 400 + 200 + 10 = 1051
                              (deux témoins) = 1665 ;

et

758 étant la date de la dispersion d'Israël, 606 celle de la captivité de Juda,

cette valeur s'écrit

                                       516
1665 = (deux témoins) = 758 + 3 1/2 × ───── + 606 :
                                        6
p. 100

ce qui met bien les Témoins, désignés ici par les données chronologiques indépendantes, 758, 606, de leur Histoire dans la Bible, en connexion, comme le veut l'Apocalypse (Apoc. XI), avec une durée de « 3 1/2 jours », ou plus précisément même, avec les 3 1/2 temps de 516 ans de Dan. XII relatifs au Faux Prophétisme.

D'après ce même signe, on va voir qu'il n'y a point de doute non plus sur la réalité de la descendance des Anglo-Saxons. Ceux-ci, d'après le système historique de la Bible, proviennent des 10 Tribus ou de la Maison d'Israël, disparue de la scène de l'Histoire en - 758 ; or si l'on considère, dans la formule précédente :

(deux témoins) = 758 + 3 1/2 × 516/6 + 606,

le terme 758 + 3 1/2 × 516/6 qui concerne Israël (- 758), et par les 3 1/2 temps, sa descendance chronologique, on a

758 + 3 1/2 × 516/6 = 1059 :
p. 101

et d'autre part on a aussi, dans l'Alphabet anglais actuel :

⎧ Anglo    = 1 + 50 + 7 + 30 + 60           = 148
⎨ Saxons   = 100 + 1 + 600 + 60 + 50 + 100  = 911
⎩         Anglo-Saxons                       = 1059

Interrogeons maintenant l'Echelle des Versets de la Bible signifiée. L'Histoire des deux témoins se termine en Apoc. XI, 12 où ils montent au ciel à la rencontre du Seigneur, à la Seconde Venue, 2180, British-Israël étant alors le 10e Peuple chef ; et le 3e verset après celui-là, ou Apoc. XI, 15, établit le Royaume ou le Règne de Christ. D'autre part, cette Histoire des Témoins commence (si ces deux témoins sont donc Israël et Juda) à la Mort de Salomon en I Rois XI, 43. Or on a

I. Rois XI, 43 : n° d'ordre sur l'Echelle des
              Versets 9153
Apoc. XI, 12 : n° d'ordre sur l'Echelle des
              Versets 30952 ;

d'où

bloc (I. Rois XI. 43 — Apoc. XI, 12) =
        30952 - 9152 = 21800 = 10 × 2180.
p. 102

Remarquons maintenant que de même que 2180 marque la Seconde Venue, les années 30 à 34 désignent la Première, celle après laquelle s'opère proprement l'œuvre spirituelle de ces deux Témoins de l'Apocalypse. Enfin, au point de vue historique, qu'il s'agit, comme couronnement de cette œuvre, du rétablissement du Peuple élu, ou, comme on dit, du Retour des Juifs en Palestine, Retour qui est annoncé par l'Ecriture, en Jérémie (Jér. III, 17-18), en ces termes :

« En ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l'Eternel… En ces jours-là, la maison de Juda marchera avec la maison d'Israël, et elles viendront ensemble, du pays du Nord, au pays que j'ai donné en héritage à vos pères. »

Or on a

Jér. III, 17    n° d'ordre du verset    19088
Apoc. XI, 12
(fin des deux
témoins)              »        »        30952 ;

d'où

(a) bloc (Jér. III, 17 — Apoc. XI, 12) =
        30952 - 19087 = 11865 = 10200 × 1665
        = 10 × 30 × 34 + (deux témoins).
p. 103

Si on étend ce bloc jusqu'au verset Apoc. XI, 15 qui établit le royaume et le Règne de Christ, on a

Jér. III, 17        n° d'ordre        19088
Apoc. XI, 15            »             30955
bloc (Jér. III, 17 — Apoc. XI, 15) =
                 30955 - 19087 = 11868.

Mais dans toute l'Apocalypse (Apoc. V, 5 ; VII, 5) Juda s'écrit Ιουδα (gén.), et Israël s'écrit Ισραηλ (Apoc. II, 14 ; VII, 4 ; XXI, 12) ; ce qui donne

(Israël) = 10 + 200 + 100 + 1 + 8 + 30 = 349 = P26
(Juda) = 10 + 70 + 400 + 4 + 1 = 485 = 5 × P26
(Israël + Juda) = 834 ;     2 × (Israël + Juda) = 1668

La formule précédente n'est donc autre que

(b) bloc (Jér. III, 17 — Apoc. XI, 15) =
              10 × 30 × 34 + 2 × (Israël + Juda).

On a donc le rapprochement frappant des deux formules :

(a) bloc (Jér. III, 17 — Apoc. XI, 12) =
              10 × 30 × 34 + (deux témoins)
(b) bloc (Jér. III, 17 — Apoc. XI, 15) =
              10 × 30 × 34 + 2 × (Israël + Juda) ;
p. 104

et si l'on considère les deux valeurs analogiques et significatives

   ( (deux témoins) = 1665
  2 { (Israël + Juda) = 1668
   (

et le schéma trinitaire

1 + 1 + 1

de la transfiguration (où Moïse et Elie sont les représentants de Juda et d'Israël), on obtient la belle figuration, assurément démonstrative du fait qu'Israël et Juda sont, comme le veut l'Ecriture, les Deux Témoins de Christ :

   ( Moïse    Christ    Elie  )
  {    1   +    1   +    1    } = 2 × (Israël + Juda).
   ( +(deux)         (témoins) )

Il résulte de ces données qu'avant même que nous commencions l'exploration analytique de l'Histoire du Peuple élu à travers la Bible, celle-ci repère pour nous et définit par des signes entièrement indépendants de toute appréciation arbitraire, la solution historique à laquelle nous serons conduits. Elle vient de nous affirmer par ces signes miraculeux non seulement que les

p. 105

Deux Témoins de l'Apocalypse sont bien Israël et Juda, mais, que, dans l'Histoire, les Anglo-Saxons sont les descendants des 10 Tribus ; que par conséquent ces deux Témoins, les deux Maisons d'Israël et de Juda, sont aujourd'hui, l'un comme l'autre, présents au monde.

Notre travail va consister maintenant à suivre l'Histoire du Peuple élu à travers les temps, c'est-à-dire à travers la Bible, en partant de Héber, le père des Hébreux ; non pas qu'on puisse entreprendre ici de traiter avec le même soin et la même étendue tous les faits ou toutes les époques de cette Histoire, mais nous en choisirons des points critiques, suffisants pour notre objet le plus spécial qui est l'Histoire parallèle et concomitante des deux Maisons. Nous aurons d'ailleurs, au cours de cette exploration, l'occasion de rattacher à la ligne directrice plusieurs objets intéressants relatifs à la Critique biblique, et qui, regardés aujourd'hui, par les croyants comme des pierres d'achoppement, par la Critique négatrice comme des preuves irréfutables des erreurs de la Bible, se présenteront tout au contraire comme la démonstration mathématique victorieuse de sa plénière Inspiration.

221. Les Hébreux prennent leur nom de Héber

p. 106

(Gen. XI, 14), et leur désignation comme Peuple élu date d'Abram, 7e Patriarche à partir d'Héber (Gen. XI, 27 ; XII, 1-3).

Abram quitte la Chaldée (Ur des Chaldéens) accompagné de son neveu Lot, pour se rendre dans le pays de Canaan (XI, 31 ; XII, 4-5). Dans ce but, il remonte l'Euphrate jusqu'à Charan. Il traverse Canaan, descend en Egypte (XII, 10), s'y enrichit (XII, 16 ; XIII, 2), et revient avec Lot d'Egypte en Canaan (XIII, 1-7). Ils se séparent alors : Lot s'établit à l'Orient, dans la plaine du Jourdain, et Abram à l'Occident dans le Pays de Canaan proprement dit (XIII, 11, 12).

L'Eternel lui annonce que sa postérité sera nombreuse comme les étoiles du ciel (XV, 5) (dont la projection sur la Terre recouvre en effet toute la surface de celle-ci). Plus tard lui est prophétisé le séjour de ses descendants en Egypte et leur retour en Canaan (13, 16). Enfin l'Eternel traite alliance avec Abram en lui déclarant que sa postérité possédera le pays depuis le fleuve d'Egypte jusqu'au fleuve d'Euphrate (18), soit du Nil au Golfe Persique. Il est évident que, dans l'Histoire ancienne du Peuple élu, cette prophétie ne s'est pas réalisée.

222. Il est intéressant de remarquer, au sujet

p. 107

de ce tracé d'ensemble, que par ses voyages, Abram délimite précisément la possession géographique promise à sa postérité, et foyer prophétique où se décide, aujourd'hui même, l'avenir politique du monde. En effet Ur se trouve sur le Bas-Euphrate, près du Golfe Persique ; Charan, près de l'Euphrate, dans la Mésopotamie septentrionale, au dessus de la latitude d'Antioche ; et l'Egypte, sur la même latitude que Ur et le fond du Golfe Persique, désigne le sommet occidental de la base du grand triangle ainsi formé.

223. Il convient aussi de noter, concernant la descente et le séjour d'Abram en Egypte, le caractère systématique des descentes en Egypte dans la Bible. Ces descentes sont celles : (1) d'Abram ; (II) des Israélites avec Jacob ; (III) de Jésus enfant, lui-même.

L'Egypte, dans ces 3 cas, est un lieu de refuge.

On va voir qu'une ordonnance voulue les relie dans la Bible signifiée.

Le séjour (I) d'Abram en Egypte se termine en Gen. XIII, I, et le séjour (III) de Jésus commence en Matt. II, 14. Entre ces deux termes extrêmes, se présente, (II), la descente des Israélites, définie par la mention (Gen. XLVI, 8-25)

p. 108

de toutes les personnes venues avec Jacob en Egypte.

Or on a

(I)   Gen. XIII, I      n° d'ordre      320.
(II)  Gen. XLVI, 25         »          1412
(III) Matt. II, 14          »          23252 ;

ou

(III) - (I) = 23252 - 320 = 22932 = 21 × 1092
(II)  - (I) =  1412 - 320 =  1092 =     1092.

Ainsi la distance (I) (II) d'Abram à Jacob est une unité comprise 21 = 3 × 7 fois d'Abram à Jésus. D'ailleurs cette unité 1092 est elle-même significative, puisque

1092 = 42 × 26 = (1.2.3.) × 7 × (Jéhovah).

L'ordre rationnel du sujet donne en outre raison d'être à cette correspondance, puisque le salut des Israélites recueillis en Egypte (le Monde) est l'œuvre de Joseph, et que Joseph est un type de Jésus.

Il est dans la Bible une quatrième descente en Egypte, généralement fort peu remarquée, mais d'autant plus importante pour nous qu'elle constitue un élément essentiel de la connaissance du plan historique de l'Ecriture relatif au Peuple élu. Il s'agit du voyage de Jérémie, entraîné par

p. 109

le peuple et accompagné des filles du roi Sédécias, dernier roi de Juda, fait en - 606 (captivité de Juda) de Jérusalem à Tachphanès (ou Péluse, à la pointe méditerranéenne Nord-Est du Delta).

Nous anticiperons moins sur notre sujet que nous ne le préparons, en disant dès maintenant que, dans la thèse des Anglo-Saxons Peuple élu, c'est ici le chaînon par lequel la royauté visible de Juda, conformément à la prophétie de Jacob (Gen. XLIX, 10), ne doit cesser jamais ; et c'est ce qui se réalise en effet par le voyage de Jérémie de l'Egypte aux Iles Britanniques (l'Irlande), où il transporte avec lui les personnes restantes de la Maison royale de Juda. Qu'on ne s'étonne pas de cette solution. Jérémie était en effet celui dont la mission dès l'origine avait été définie en ces termes :

(Jér. I, 10) « Regarde, je t'ai établi aujourd'hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu démolisses, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes ».

Or il est évident que, jusqu'à la fin du récit historique qui le concerne dans la Bible, Jérémie n'a fait autre chose que ruiner et détruire ; et que le reste de sa mission, qui consiste à bâtir

p. 110

et à planter, devait encore être, et sera, si la Bible est la Parole de Dieu, certainement accompli.

On aperçoit aussi par là que la thèse historique exposée dans notre étude comprend dans toute sa généralité deux aspects distincts. Tandis que les Israélites ou les 10 Tribus ou du Royaume d'Israël, transportés en Assyrie gagnent par le Nord de la Mer Noire la Germanie et les Iles Britanniques, la lignée royale de Juda se transporte avec Jérémie, par la Méditerranée et l'Occident, dans ces mêmes Iles, et c'est ainsi que l'Angleterre devient, par la suite de ses rois et par son peuple, le représentant historique des deux parties réunies du Peuple élu.

C'est par Jérémie aussi que la Pierre de Jacob, actuellement à Londres où elle figure dans le Sacre des Rois, et qui est arrivée en Angleterre par l'Irlande et l'Ecosse, paraît avoir été primitivement apportée dans les Iles britanniques (en Irlande, à Tara, au Sud-Est de Dublin).

Si ces vues historiques sont justes, il est bien évident, comme nous le disions, que la descente de Jérémie en Egypte constitue un des fils fondamentaux du système historique de la Bible. Or nous allons voir que cette descente en Egypte n'est pas d'une manière moins remarquable que

p. 111

celles d'Abram et de Jacob, en connexion avec celle de Jésus lui-même.

Comme nous l'avons reconnu (I, p. 211), les temps de l'Histoire actuelle sont reliés aux temps prophétiques du Peuple élu par une distance chronologique de 5 temps de Daniel, c'est-à-dire (Dan. XII) par 2 × 1290 = 2 × 2 1/2 × 516 = 2580 ans.

Or on a

Jér. XLIII, 1 n° d'ordre sur l'échelle des versets 20067
Matt. II, 14, n° d'ordre sur l'échelle des versets 23252 ;

d'où l'on tire, - 606 étant l'année du départ de Jérémie, pour le bloc de versets Jér. XLIII, 1 à Matt. II, 14 :

bloc (Jér. XLIII, 1 — Matt. II, 14)
        = 23252 — 20066 = 3186
        = 606 + 2580
        = 606 + 5 × 516.

De plus il est bien indiqué que Jérémie se dirige vers l'Angleterre, car aux 7 versets

(a) Jér. XLIII, 1-7

du récit historique de Jérémie, correspondent dans le récit de la Fuite en Egypte de Matt. II, 7 versets

p. 112
(b) Matt. II, 13-19,

délimités dans ce récit par la première et la dernière mention du mot Egypte ; savoir :

{ Jér. XLIII, 1  n° d'ordre  20067 } (a)
{             7      »       20073 }
{ Matt. II,  13      »       23251 } (b) ;
{             19      »      23257 }

et l'on a pour le bloc compris entre ces deux groupes de 7 : bloc compris entre (a) et (b) =

23250 - 20073 = 3177 = 3 × 1059 ;

c'est-à-dire, en se souvenant (§ 220) que

Anglo-Saxons = 1059,
(bloc) = 3 × Anglo-Saxons.

Tous ces traits exacts et multipliés permettraient de comparer analogiquement la structure de l'Ecriture à un merveilleux cristal, dont la solidité géométrique, les facettes, les angles, répondent à la structure arithmétique immuable, indestructible et non moins esthétique des Nombres entiers dont cette structure est constellée.

p. 113

SUR UNE DIFFICULTÉ CLASSIQUE DE LA CHRONOLOGIE BIBLIQUE.
La durée de la Vie de Tharé et la « contradiction » entre Gen. XI et Act. VII.

224. Le voyage d'Abram en Egypte nous met en présence d'une difficulté chronologique jusqu'ici considérée comme insoluble, et que la Critique moderne met simplement à l'actif des nombreuses erreurs de la Bible.

Nous allons voir que la Bible mathématique donne à cette difficulté une solution complète : elle y découvre en même temps un moyen dont l'Ecriture se sert pour attirer notre attention sur certains éléments de connaissance, cachés et d'un ordre essentiel.

On lit en Gen. XI, 26, 32 ; XII, 4, d'après nos traductions courantes :

(XI, 26) « Tharé vécut soixante-dix ans, et engendra Abram, Nachor et Haran ».

(XI, 32) « Les jours de Tharé furent de deux cent cinq ans ; puis (ou : et) Tharé mourut à Charan ».

(XII, 4) « Abram était âgé de soixante-quinze ans quand il sortit de Charan. »

p. 114

D'autre part, on voit dans Act. VII, 4, qu'Abraham « étant sorti du pays des Chaldéens, vint demeurer à Charan. De là, après que son père fut mort, Dieu le fit passer dans ce pays que vous habitez maintenant ».

Or il y a une contradiction de fait entre ce passage des Actes et les passages cités de la Genèse, si la pensée de ceux-ci est exactement rendue par nos traductions. En effet, d'après Gen. XII, 4, Abram ayant 75 ans révolus lors de son départ de Charan, ou étant alors dans sa 76e année, et Tharé, d'après Act. VII, 4, étant déjà mort au moment de ce départ, Tharé ne pouvait avoir lors du départ d'Abram qu'un nombre révolu d'années égal, d'après les passages de la Genèse, à

70 + 75 = 145 ans,

et non pas à 205 ans, comme semblerait le dire Gen. XI, 32.

Cette difficulté, célèbre dans l'histoire de la Bible, est, avons-nous dit, restée sans solution. Le lecteur logique et sincère serait donc, sans plus, forcé de reconnaître que c'est une erreur, ce qui ruinerait pour lui l'autorité absolue de la Bible.

225. Nous allons voir cependant qu'il suffit,

p. 115

ici comme toujours de suivre avec fidélité la Parole écrite, non seulement pour s'assurer que cette erreur n'existe pas, mais pour être conduit, par l'occasion de sa prétendue existence, à la découverte d'objets d'un intérêt capital.

Nous présenterons d'abord deux remarques.

La première, concernant la durée de la Vie de Tharé, a rapport à l'exception qui affecte pour lui, dans toute la liste des Patriarches, la formule, constante pour tous les autres (Gen. XI) :

« A vécut N années et engendra B ; et A après qu'il eut engendré B, vécut N années, et il engendra des fils et des filles ».

Il est dit seulement pour Tharé (XI, 26) :

« Tharé vécut 70 ans et engendra Abram, Nachor et Haran. » Viennent ensuite (27-30) des données sur les descendants de Tharé ; et (31), le départ de Tharé, avec Abram et Lot, d'Ur des Chaldéens pour Canaan. « Ils vinrent jusqu'à Charan » (en Mésopotamie, « et ils y demeurèrent ») ; (32) : « et les jours de Tharé furent de 205 ans ; puis Tharé mourut à Charân ».

Notre seconde remarque concerne la signification des noms des patriarches, et en particulier celle du nom de Tharé. Ces noms se rapportent

p. 116

en effet à des événements caractéristiques dont ils sont comme les empreintes, et ils reconstituent ainsi, à la manière de traits de force significatifs, l'histoire de la phase historique contemporaine.

Voici la signification de ces noms (1) :

TABLEAU XVII.

(1) Sem שם            | Nom, renommé (porteur du Nom de Dieu).

(2) Arphacsad ארפכשד | Partie méridionale de la Haute Arménie (Arrapachitis
                            | des Grecs) : haut pays, territoire des Chaldéens
                            | (csad, Casdim = Chaldéens).

(3) Selach שלה       | Envoyé / Étendu / Mission. — Du verbe Schalach,
                            | envoyer, étendre. Ce nom paraît rappeler le moment
                            | où les Chaldéens commencèrent à émigrer vers le Sud.

(4) Héber עבר        | Passage. — Du verbe abar, traverser. Passage du
                            | fleuve (Tigre).

(5) Péleg. פלג       | Partage, division. Du verbe Palag, partager.

(6) Réhu. רעו        | (Ami) — Reuël (ami de Dieu). Réhu signifie
                            | probablement ami. On ne retrouve aucune trace de
                            | ce nom. (Rhagon, en Médie) ?

(1) Références : Bible annotée de Neuchâtel ; Descombaz, Guide biblique ; Dictionnaire hébreu de Sander et Trenel.

p. 117
(7) Serug. שרוג — Branche, rejeton, Cep de Vigne. Sarug, Ville voisine
    de Charan, Mésopotamie.

(8) Nachor. נחור — Qui respire fortement (haletant, en colère).

(9) Tharé (Térach) תרה — Retraite, séjour, campement, lieu où l'on
    s'arrête. Terach dérive d'un verbe qui signifie tarder, s'arrêter.
    Voy. דרת : tourner, explorer. Terach, station dans le désert
    (Nomb. XXXIII, 27-28).

(10) Abram. אברם — Père élevé.

Voici le sens qui naturellement se dégage de cette succession d'indications : Après la Dispersion, qui est mentionnée expressément par Péleg, une branche ou rejeton (Sérug) est l'origine de la descendance qui, par Tharé, aboutit à Abram (plus tard Abraham) :

Ceci repose sur ce que, par son nom même, Serug désigne un rameau historique, et ce ne serait encore qu'une simple vue sans préoccupation spirituelle ; mais il y a beaucoup plus si l'on fait attention à la signification propre, Sérug = Cep de Vigne, du nom proposé ; dans l'ordonnance systématique intentionnelle de toutes les

p. 118

parties de l'Ecriture on lui découvre une portée prophétique évidente, puisque c'est précisément sous cette image de la Vigne de Dieu, du plant de Vigne, du Cep de Vigne, que le choix électif de l'Eternel s'adressant à son Peuple nous est constamment présenté à travers les écrits sacrés (Voy. par exemple : Ps. LXXX, 9 ; Cant. VI, 11 ; VIII, 11, 12 ; Es. V, 7 ; Matt. XXI, 33 ; Marc XII, 9 ; Jean XV, I).

Tharé termine le séjour en Mésopotamie (séjour indiqué par son nom) du groupe issu de Sérug : et avec Abram enfin s'ouvre l'existence, nouvelle tant au point de vue géographique qu'à celui d'une mission sociale déterminée, qui va constituer la vie du Peuple élu.

226. C'est instruit par ces données qu'il faut examiner maintenant de plus près le sens du passage Gen. XI, 32. Nos traductions lisent, et toutes ont le sens : « Les jours de Tharé furent de 205 ans ; puis il mourut à Charan », en interprétant le terme « les jours de Tharé » de la durée de la vie de la personne de Tharé. Le mot de l'hébreu est : « Et furent les jours terach » (ימי תרה) 205 ans, et mourut « terach » (תרה) à Charan ; où l'on voit que le mot « terach » (תרה) est employé deux fois et amené de deux

p. 119

manières qui peuvent être fort différentes quant à leur objet, car il n'est pas dit « et vécut terach 205 ans », mais « furent les jours terach 205 ans», ce qui fait aussi bien interpréter le passage : « les jours du séjour furent 205 ans; et Tharé mourut à Charan ».

En d'autres termes, d'après l'interprétation historique à laquelle conduit la signification des noms, les 205 ans de Gen. XI, 32 concerneraient non proprement la personne de Tharé, mais bien le temps du séjour en Mésopotamie qui a pour origine Sérug. On remarquera d'ailleurs avec soin l'indication géographique qui, par l'existence de la ville de Sarug, à une journée de Charan, est le signe d'une connexion entre Sérug et Tharé.

Mais il faut maintenant que les nombres justifient rigoureusement cette interprétation.

Le séjour compté à partir de l'ère de Sérug (Gen. XI, 22-26) comporte par les nombres de l'Écriture pris tels quels (les 75 ans d'Abram) une durée égale à :

30 + 29 + 70 + 75,

et cette somme donne

30 + 29 + 70 + 75 = 204 ans.
p. 120

Le nombre explicitement mentionné du séjour (Gen. XI, 32) est 205, mais on peut aisément comprendre que Abram ayant 75 ans révolus quand il quitta Charan, le séjour ait empiété sur la 76e année d'Abram et doive être compté chronologiquement 205. Cela se confirme d'ailleurs en ce qu'il est dit qu'Abram quitte Charan après que son père est mort (Act. VII, 4). D'après cela, la vie de Tharé est en nombre entier d'années révolues,

70 + 75 = 145 ;

et l'on en a ensuite une autre vérification bien considérable car ce nombre 145 est précisément celui que le Texte samaritain, qui a dû ignorer l'intention du texte hébreu inspiré, assigne à la vie totale de Tharé.

L'interprétation, vérifiée de toute façon par les nombres de la Chronologie, constitue donc une solution parfaite, et on peut considérer la difficulté comme entièrement levée.

227. Nous allons voir maintenant que le système mathématique de la Bible, et en particulier la Bible signifiée, non seulement confirment le résultat direct précédent, mais qu'en outre ils assignent à l'objet qui nous occupe et où, on le p. 121 voit, Sérug (ou le Cep de Vigne) est le repère fondamental, un rôle principal dans l'enseignement le plus général de l'Écriture.

Il s'agit d'abord de montrer par des signes externes que le groupe Sérug-Nachor-Tharé de la suite des Patriarches constitue bien un élément désigné et mis à part.

Or on a les données de fait suivantes.

I. Cherchons d'abord, dans la Chronologie de la Bible, la naissance de Sérug qui constitue l'Ère des 205 ans. On a pour cette année (Gen. XI, 10-20).

-2528 + 2 + 35 + 30 + 34 + 30 + 32 = -2528 + 163 = -2365

ou

-2000 - 365,

nombre qui met en évidence le nombre de jours de l'Année, de même manière que les nombres

Déluge    -2528 = -2000 - 528
Exode     -1516 = -1000 - 516

mettaient en évidence les périodes quinquaséculaires 528, 516. Mais la valeur de l'Année 365, déjà ainsi significative l'est bien plus encore dans notre sujet si Sérug (vigne) est l'origine désignée du Peuple élu d'où doit sortir Christ, p. 122 le Soleil de Justice. Ce nombre désigne d'ailleurs aussi Sérug comme missionnaire divin en établissant une connexion entre Sérug et Hénoch, celui qui, missionnaire divin dans la liste des patriarches antédiluviens, est enlevé vers Dieu après une vie de 365 ans; et la correspondance est d'autant plus accusée et certaine que dans les deux listes (anté et post-diluviennes) Sérug et Hénoch occupent l'un et l'autre le no d'ordre divin 7. On a

Liste antédiluvienne     Liste postdiluvienne
1 Adam                   1 Sem
2 Seth                   2 Arphacsad
3 Enosh                  3 Selah
4 Kénan                  4 Héber
5 Mahalaléel             5 Péleg
6 Jéred                  6 Réhu
7 Hénoch                 7 Sérug

II. On a pour second signe l'ensemble intentionnel Sérug-Nachor-Tharé, la disposition suivante, relative à la Mort de ces trois Patriarches, savoir :

  Sérug    Mort = -2365 + 30 + 200 = -2135   (1)
{ Nachor     »  = -2335 + 29 + 119 = -2187   (2)
  Tharé      »  = -3206 + 70 +  75 = -2161   (3)
p. 123

Entre les trois nombres existe la relation :

(1) + (2) + (3) = 6483 = 3 × 2161

ou

(1) + (2) + (3)
--------------- = 2161
       3

ce qui est précisément la dernière des 205 années du Séjour. Cette disposition est d'ailleurs d'autant plus certainement voulue que les nombres individuels le sont aussi : on a

  Sérug   Mort  -2135 = -2161 + 26 = -2161
                                     + (Jéhovah)
{ Tharé     »   -2161 =             = -2161
  Nachor    »   -2187 = -2161 - 26 = -2161
                                     - (Jéhovah)

(avec 2187 = 37).

III. Interrogeons maintenant les valeurs numériques des noms des Patriarches. On a, d'après les noms hébreux donnés dans le Tableau XVII ci-dessus :

Noms              Valeurs numériques (hébreu)
(1) Sem                   340
(2) Arphacsad             605
(3) Selach                338

p. 124
(4) Héber                 272
(5) Peleg                 113
(6) Rehu                  276
(7) Serug                 509
(8) Nachor                264
(9) Tharé                 608
(10) Abram                243

Or cet ensemble de 10 termes se partage dans les deux groupes canoniques de 3 et 7, (les 3 formant le groupe Sérug-Tharé) de la manière suivante :

Si l'on enlève le groupe de 3, Sérug-Nachor-Tharé, on obtient pour le groupe des 7 restants, Sem à Réhu, et Abram le nombre

2187 = 3.3.3.3.3.3.3. = 37 ;

résultat d'autant moins équivoque qu'il est le multiple par 32 du nom d'Abram

(Abram) = 243 = 3.3.3.3.3. = 35,

la somme des 6 premiers Patriarches étant égale à 23 × (Abram).

D'ailleurs si, en suivant la liste des 10 noms, on fait la somme progressive de ces noms, la somme des 6 noms, Sem à Réhu, est la première, p. 125 et est la seule, qui soit ainsi un multiple du nom d'Abram.

Quant au groupe des 3, Sérug-Nachor-Tharé il a pour somme le Nombre premier

1381 = P222.

Ce caractère premier, sans parler du rang trinitaire 222, le signale assez comme constituant un ensemble indissoluble ; et il est certain que ce groupe mesure les 205 ans du Séjour, car le Nombre premier 1381 = P222 se compose d'un terme maximum, pris parmi les produits de facteurs premiers divins

1, 2, 3, 7

qui contiennent ces facteurs en nombres 1, 2, 3 ou 7, (dans le maximum, ce dernier se trouve, en fait, exclu comme trop grand, et il n'y reste, en exposants, que les nombres trinitaires 1, 2, 3) ;

plus un reste égal à

205.
p. 126

Le terme en 1, 2, 3, 7 est dit maximum en ce qu'il est le plus grand produit de l'espèce que peut contenir 1381. Les produits susmentionnés, en 1, 2, 3, 7, inférieurs à 1381 sont au nombre de 12 ; savoir :

42, 84, 126, 168, 252, 294, 378, 504, 588, 756, 882, 1176 ; et l'on a, au moyen du 12e et dernier :
1381 = 1176 + 205 = 3 × (7. 8. 7.) + 205.

Il est intéressant d'observer que si l'on considère tous les produits de 1, 2, 3, 7 qui sont inférieurs à 1381, savoir :

42, 84, 126, 168, 252, 294, 336, 378, 504, 588, 678, 756, 882, 1008, 1134, 1176, 1344,

lesquels sont au nombre de 17 = 34/2. 1176 que nous venons d'envisager et qui donne avec

1381 = P222

la relation

(a) 1381 = 1176 + 205,

occupe, en rapport figuratif avec P222, le rang 222 et que le produit maximum 1344 offre de son côté la relation

(b) 1381 = 1344 + 37
p. 127

laquelle, rapprochée de (a), est également significative. C'est ce que justifie l'usage systématique que l'on va rencontrer un peu plus loin des deux nombres conjugués 205 et 37, dans la construction de la Bible, et à propos de Sérug.

En rapport avec le développement historique du Peuple élu, on a aussi concernant notre élément de base Sérug-Nachor-Tharé, la formule

  1381          +        75
(Sérug à Tharé)          (les 75 ans d'Abram
                          qui conduisent à la fin
                          du Séjour de 205).

=     205                Israël + Juda
   (Séjour)    +    3 × ---------------
                              2

en se souvenant que, dans notre analyse antérieure de l'Apocalypse relative aux Deux Témoins, nous avions trouvé (§ 220), donné par l'Apocalypse, le nombre

(Israël + Juda) = 834.

Enfin la preuve que la destinée du Peuple élu, — par ses deux Maisons, raison d'être de toute l'Histoire, — est bien enfermée en puissance dans les origines que définit le Tableau des Patriarches, c'est qu'en faisant la somme des noms p. 128 et s'arrêtant au centre du Tableau, c'est-à-dire au 5e Patriarche Péleg, dont le nom veut dire division, et duquel date la Dispersion du Genre humain, on obtient pour cette somme (somme des 5 noms Sem à Péleg) le nombre

1668 = 2 × 834 = 2 × (Israël + Juda).

La formation des peuples ayant eu lieu au temps de Péleg, ce résultat confirme bien aussi cette autre déclaration de l'Écriture selon laquelle, quand l'Éternel a formé les peuples, il a réglé leur distribution sur la Terre en prenant pour norme et pour argument la mission d'Israël :

(DEUT. XXXII, 8, 9). — Quand le Très-Haut donnait leur lot aux nations, quant il séparait les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples selon le nombre des enfants d'Israël ; car la portion de l'Éternel, c'est son peuple ; Jacob est le lot de son héritage.

IV. Les résultats précédents paraissent bien établir que, dans les 205 ans et le groupe Sérug-Tharé, il y a beaucoup plus à considérer qu'un simple détail historique ; qu'il s'agit au contraire d'une donnée capitale qui engage toute la matière de l'Écriture. Et l'on est tout de suite confirmé dans cette vue si l'on fait maintenant p. 129 attention que le nombre 205 est la moitié de 410, c'est-à-dire de la valeur numérique du mot (Saint) = 410 de l'Invocation d'Esaïe, valeur qui est également, dans notre alphabet moderne, celle de Christ = 410. Or il va se trouver, ce qui ne devra dès lors nullement étonner, que ce nombre 205 intervient d'une manière systématique dans la construction externe la plus générale de la Bible signifiée.

Considérons en effet tout l'ensemble de la Bible. On le voit limité à ses deux extrémités par deux parties A et C où Dieu règne, encadrant une partie médiane B qui forme le corps du Livre et qui est propre au Règne de Satan.

La partie A comprend les Chapitres I et II de la Genèse, Création du monde et de l'Homme dans l'état d'innocence. La partie C se compose des Chapitres XIX, XX, XXI, XXII de l'Apocalypse ; commençant à la Seconde Venue, elle s'ouvre par

Apoc. XIX, 1 : « Le salut, l'honneur et la puissance appartiennent au Seigneur, notre Dieu. »

Or les deux termes extrêmes A et C forment ensemble systématique, car on a

(A) Gen. I, II   Nombre des versets = 56 = 8 × 7

p. 130
C) Apoc. XIX, XX, XXI, XXII   Nombre des versets = 84 = 12 × 7 ;

et leurs 6 Chapitres constituent par conséquent un ensemble de versets égal à

2 × 70

signe de l'œuvre de la Seconde Personne de la Sainte Trinité 777.

Examinons après cela la partie médiane ou intermédiaire B. Elle s'ouvre par le verset Gen. III, I qui introduit l'action anormale de Satan, la Tentation, la Chute. Nous désignerons ce verset de rupture d'équilibre, ou de discontinuité, par la lettre S. Le verset S a pour no d'ordre sur l'échelle des versets

(S) Gen. III, I  n° d'ordre = 57 = 3 × 19 = 3 × P9

et son repère intégral quant aux Livres, Chapitres, Versets de la Bible, est

(S)  n° d'ordre intégral = 1 + 3 + 57 = 61 = P19.

(S) est donc désigné et mis à part par l'insistance du nombre premier 19 ; et cela parce que l'action qu'il introduit est en effet bien symbolisée par la composition même de ce nombre construit au moyen des chiffres extrêmes 1 et 9, c'est-à-dire par les signes qui, dans l'ordre mathématique humain, embrassent en puissance p. 131 toute la connaissance ; c'est bien en effet par la tentation de la Science que Satan séduit l'homme, et que l'attirant en dehors de Dieu, il l'oppose à Dieu.

Ces remarques sur le caractère particulier et isolé du verset (S), Gen. III, I, étant faites, venons maintenant à la structure externe générale de l'Écriture considérée dans son rapport avec le nombre 205, origine de cette investigation.

Le Mal étant introduit dans le Monde par le Verset fatidique (S), portons à la suite de ce verset l'ensemble trinitaire symbolique suivant (E), qui a pour centre le nombre rédempteur

       410   (Saint)   Christ
205 = ----- = ------- = ------ ,
        2        2         2

savoir :

(E)   37 + 205 + 37,

où 37 est la vie terrestre de Christ désignée et délimitée par la 70e Semaine de Daniel.

Cet ensemble s'écrit aussi

P13  +  205  +  P13

ou

P(Jéhovah)     (Saint) ou Christ     P(Jéhovah)
-----------  +  -----------------  +  -----------
     2                  2                  2

         P              (Saint)         P
ou      P7     +     -------     +    P7
                           2
p. 132

Or le signe (E) étant porté, comme nous venons de le dire, sur l'Échelle des versets de la Bible à la suite du verset de rupture (S) (Gen. III, I), il se trouve que son terme central « 205 » se termine précisément par notre verset Gen. XI, 32: « Et les jours du séjour furent 205 ans ». En effet ce dernier verset a pour no d'ordre

Gen. XI, 32    n° d'ordre = 299

et l'on a bien, 57 étant le no d'ordre de (S) :

57 + 37 + 205 = 299.

Le sens symbolique de l'ensemble précédent (E) est d'ailleurs élucidé par le texte biblique même auquel il vient ainsi se superposer dans la suite des versets. Le premier terme « 37 », de Gen. III, 2 à IV, 14, comprend la Tentation de l'Adam terrestre, la Chute, et enfin le Meurtre d'Abel, type de Christ, « dont le sang (qui sauve) dit de meilleures choses que celui (qui condamne) d'Abel le Juste »; et la correspondance est numériquement marquée en ce que dans ces 37 versets que termine en Gen. IV, 14 la constatation consciente faite par Caïn lui-même de la condamnation de son crime prononcée par l'Éternel, cette condamnation, ou les trois versets 10, 11, 12 des paroles de p. 133 l'Éternel « La voix du sang de ton frère crie de la Terre jusqu'à moi, » etc., ont pour centre, 11, le 34e des 37 versets, c'est-à-dire l'An 34 de la Mort de Christ.

Ainsi le premier terme du groupe (E) correspond, par la Mort d'Abel, à la première Venue de Christ et à sa Mort rédemptrice.

Les « 205 » ans suivants (ceux du Séjour) répondent dès lors aux temps de l'Humanité après Christ, et dans la suite des Versets ils commencent effectivement, en Gen. IV, 15, par le signe de Miséricorde de l'Éternel (la Marque de Caïn). Ce signe, comme celui de Christ, est mis sur l'Homme pécheur, afin qu'errant sur la Terre réprouvée où il a crucifié et crucifie encore chaque jour son Dieu, il ne meure pas cependant.

Le terme final « 37 » de l'ensemble ternaire doit après cela naturellement se rapporter à la Seconde Venue, qui amène le Règne de Christ. Or ces derniers 37 versets, de Gen. XII, 1, à XIII, 17, introduisent analogiquement (en la personne d'Abram duquel doit sortir Jésus) la domination du Peuple élu. Après sa compromission avec le monde (l'Égypte) où il a accru sa puissance temporelle, ce Peuple est l'Élu qui reçoit de Dieu la possession de la Terre entière. Le discours de p. 134 l'Éternel qui consacre la promesse, est même situé dans le groupe 37 d'une manière symbolique très significative, car il a lieu de Gen. XIII, 14 à Gen. XIII, 17, c'est-à-dire, — dans les « 37 » versets, —

de 34   à   37.

Ainsi l'ensemble systématique

(E)  37  +  205  +  37

qui sert de base à la partie B de notre partage de la Bible en Versets, constitue bien un symbole des deux Venues de Christ et de leur intervalle historique et prophétique. Les termes extrêmes comprennent entre eux, sous la forme des 205 ans du Séjour ou de l'Exil, la vie de l'Humanité pécheresse et de l'Église rachetée. « Vous êtes étrangers et voyageurs sur la Terre » (I Pi. II, 11 ; I, 17).

Continuons maintenant au delà de cet élément systématique de base (E) de la partie (B), l'examen de la suite des versets de cette partie B, lesquels forment un reste

(B') = B - (E),

en nous plaçant toujours au point de vue du nombre 205 comme élément régulateur.

p. 135

Le dernier verset de la base (E) de B, ou

(E) = 37 + 205 + 37

avait pour no d'ordre

Gen. XIII, 17    n° d'ordre    336.

Le dernier verset de B a pour no d'ordre

Apoc. XVIII, 24    n° d'ordre    31086.

Le nombre des versets du reste (B') qui suit (E) est donc

(B') = 31086 - 336 = 30750.

Or ce nombre (B') est un multiple exact de 205 ; on a en effet

(B') = 30750 = 150 × 205 ;

[ou encore, en se rappelant ici les 75 ans d'Abram :

(B') = 75 × 410 = 75 (Saint).]

Mais il y a beaucoup plus, et un trait de vérification vraiment décisif porte ici, en nous y ramenant, sur la racine même de notre sujet.

Il s'agit de ce que le verset des Actes, savoir Act. VII, 4, que les adversaires de l'Inspiration biblique veulent mettre en contradiction avec p. 136 Gen. XI, 32, — c'était précisément la difficulté classique qui soulevait la controverse, — se trouve exactement repéré, — il en forme un des points de division, — par la suite des 150 valeurs de 205 qui jalonnent continûment la partie B' des versets. On a en effet

(1)  Gen. XIII, 17    n° d'ordre    336
(2)  Act. VII 4           »         27191
(3)  Apoc. XVIII, 24      »         81086 ;

d'où

(2)  -  (1) = 26855 = 131 × 205
(3)  -  (2) =  3895 =  19 × 205.

Nous estimons ce trait décisif pour l'objet fondamental de notre discussion ; et nous croyons qu'on le considérera comme une des preuves les plus irréfutables de la réalité de la Bible signifiée.

Des nombres précédents se déduit encore un autre fait qui met hors de doute la combinaison voulue des deux nombres déjà envisagés 205 et 37 dans la construction de la partie B prise intégralement. Celle-ci, d'après ce qui précède, se compose comme suit :

p. 137
        (E)              (B')
B = ----------------  +  ----------
    37 + 205 + 37        150 × 205

c'est-à-dire comprend

37 + 151 × 205 + 37 versets.

Or 151 = P37 ; de manière qu'on a la formule

B = 37 + P37 × 205 + 37

ou encore

             P                 (Saint)        P
B = P     +   P     ×    -------    +   P
     P7          P7            2          P7
                          P7

228. Concluons. Cet ensemble de faits arithmétiques démontre : non seulement

1o que la prétendue contradiction entre les passages mentionnés des Actes et de la Genèse n'existe pas ; mais

2o qu'il s'agit en tout ceci, comme nous l'avions annoncé, d'une donnée organique essentielle formant lien entre la Nouvelle et l'Ancienne Alliance ; entre Jésus et Sérug ; entre Celui qui se déclare être le vrai Cep (Jean XV, I), et le Patriarche que son nom désigne comme le Cep duquel (Gen. XI, 23) est issu le Peuple élu, ce p. 138 Peuple qui d'ailleurs est appelé en d'autres lieux de l'Écriture (Es. V, 7) la Vigne et le Plant d'élection de l'Éternel.

De cette liaison symbolique entre Christ et Sérug, la Bible signifiée apporte même une vérification directe par laquelle nous terminerons cette analyse. Elle donne pour numéros d'ordre des deux versets cités relatifs au « Cep ».

(1) Gen. XI, 23 (Sérug)          n° d'ordre    290
(2) Jean XV, 1 (le vrai Cep)         »         26771 ;

d'où, pour la distance des deux versets :

(2)  -  (1) = 26481 = 3 × 7 × 13 × 97

Ce produit peut s'écrire sous les formes remarquables

3 × 7 × P7 × P(Jéhovah)

ou

          (Jéhovah)
3 × 7 ---------------- × P(Jéhovah)
            2

qui peuvent déjà être regardées comme les indicateurs d'un lien intentionnel ; mais c'est sous sa forme immédiate

(2)  -  (1) = 3 × 7 × 13 × 97 = P3P5P7 × 97
p. 139

et par le nombre très particulier 97, lui-même Nombre premier, que le produit (2) - (1) met en évidence la personne même de Sérug. En effet

(Sérug) = 509

qui est à son tour un nombre premier ; et le Nombre premier figuratif de Christ, ou de la Seconde Personne, est

2,  Nombre premier.

Or, à partir de Christ, c'est-à-dire de 2, 509 est le

97e Nombre premier.

229. Le cas de critique biblique qui vient d'être traité était, pensons-nous l'un des plus utiles à signaler. Sa matière, c'est-à-dire la contradiction apparente qui le définit, est un objet bien connu ; l'erreur d'abord semble évidente, et impossible à écarter. Une analyse plus avertie montre qu'un point de vue jusqu'alors insoupçonné peut exister qui conclut victorieusement, tout au contraire, à la parfaite exactitude, bien plus, qui découvre dans la Parole inspirée, au lieu qui devait la discréditer, des richesses nouvelles et imprévues.

p. 140

Cet exemple est donc de nature à convertir une Critique prétendument évangélique, qui, persuadée au fond que la Bible n'est pas un document littéralement inspiré, interpose par cet à priori, entre elle et les Écrits sacrés, les ténèbres gratuites de son propre préjugé.

p. 141

SEIZIEME LECON

LA PREMIÈRE ET LA SECONDE ALLIANCE DE DIEU AVEC ABRAHAM. L'HISTOIRE DU PEUPLE ÉLU. ABRAM. ISMAËL. ABRAHAM. ISAAC. LA CIRCONCISION.

230. L'argument historique nous a conduits au voyage d'Abram en Egypte, — 2161, et à son retour en Canaan en — 2160 ; et ici se place une première Alliance de Dieu avec Abram, de laquelle nous aurons plus loin à nous occuper.

10 ans après (Gen. XVI, 3), ou en - 2150 (= 25 × 86), Abram âgé de 86 ans engendre Ismaël (XVI, 16), le père des Arabes ou de l'Islam (XVI, 12 ; et XXI, 13, 18, 20, 21 ; XXV, 12-18).

13 (= 26/2) ans après encore, en - 2137, quand il est âgé de 99 ans (XVII, 1), l'Eternel établit avec lui une seconde Alliance, afin qu'il soit son Dieu et celui de sa postérité après lui (7), et change p. 142 son nom d'Abram (Père élevé) en celui d'Abraham (Père d'une multitude), ce qui signifie qu'il sera père d'une multitude de nations (4-6). Le signe de cette Alliance est la Circoncision (10-14). Abraham se circoncit lui-même, et circoncit Ismaël âgé de 13 ans, et toute sa maison (23-27) ; Ismaël a pour mère l'Egyptienne Agar. La naissance d'Isaac, par Sara, femme d'Abraham, est annoncée pour l'année suivante, où Abraham aura 100 ans.

LES DEUX ALLIANCES (Abram et Abraham).

231. Il est essentiel, pour la compréhension nette du plan historique de la Bible, et pour l'appréciation de l'Histoire, de bien distinguer ces deux Alliances de Dieu avec le Père du Peuple élu.

Dans l'opinion courante, qui à notre sens ne considère pas d'assez près la disposition précise du texte sacré, c'est l'Alliance avec Abraham, celle que marquent son changement de nom et le signe de la Circoncision, qui seule compte ; et la première, celle avec Abram, se confond dans tout cela à la manière d'un essai ou d'un hors d'œuvre préparatoire. Il en est bien différemment quand on regarde sérieusement l'Ecriture p. 143 comme une écriture de Dieu, et que l'on aborde avec un respect plus attentif ses déclarations.

Non seulement alors la première Alliance ne se confond nullement avec la seconde, apparaît d'un caractère tout autre, mais elle la domine par une portée mondiale ou universelle qui n'appartient pas à celle-ci. Cette seconde Alliance (ou Alliance de la Circoncision) se restreint essentiellement à la constitution du Peuple élu comme facteur instrumental concret, ou comme terme particulier dans la suite des Peuples chefs de la Loi historique, plutôt qu'elle n'embrasse, comme faisait la première, l'ensemble même de tous ces peuples.

Cette distinction, ou opposition même, des deux Alliances, se signale par les traits suivants :

p. 144
Première Alliance – 2160 avec AbramSeconde Alliance, – 2137 avec Abraham
Dieu lui fait contempler la Sphère du Ciel, sphère qui entoure la Sphère de la Terre et se projette sur elle.Dieu lui annonce qu'il le multipliera très abondamment sur la Terre.
Le pays promis à sa postérité s'étend du fleuve d'Egypte au fleuve Euphrate. Elle dominera sur 10 peuples.Le pays promis à sa postérité est le pays de Canaan.
Le signe de l'Alliance est le feu qui passe entre, ou dans, les Animaux que Dieu a ordonné à Abram d'amener.Le signe de l'Alliance est la Circoncision.
Après la première Alliance vient, 10 ans étant écoulés, la naissance d'Ismaël ( − 2150) (père d'un Peuple qui n'est pas le Peuple élu, mais qui aura aussi un Livre considéré par lui comme sacré.)Après la Seconde Alliance vient, 1 an étant écoulé, (Abraham a 100 ans), la naissance d'Isaac ( − 2136)

(Les deux naissances diffèrent de 14 = 2 × 7 ans).

On reconnaît à première vue que les traits caractéristiques de la première Alliance lui assignent un but et des fins terrestres tout autrement étendus en ce qui concerne la domination du monde, et à cet égard l'ampleur des vues de Dieu, que ne font, pour la seconde, ses traits correspondants. Celle-ci, par Isaac et Jacob, va se réaliser visiblement dans la filière de la lignée Israélite, telle que la dessine en particulier et explicitement le récit historique de la Bible.

Il est significatif que la première Alliance est indépendante du signe de la Circoncision ; c'est, p. 145 en effet, un objet important pour la théorie de la descendance Anglo-Israélite, puisque, — Abram ayant été, antérieurement, directement relié à Christ (Leçon XV) par Sérug, — cela légitime de toute façon le fait que le Peuple élu puisse se retrouver aujourd'hui présent dans l'Histoire, sans qu'on l'y retrouve marqué de ce signe matériel concret.

Le changement du nom d'Abram en celui d'Abraham est aussi, par les valeurs numériques de ces noms, significatif de l'opposition des deux Alliances, et du caractère instrumental plus concret de la seconde. On a

(Abram) = 243 = 35;  (Abraham) = 248
                       = (Abram) + 5

Le changement consiste donc en ce que Abraham est Abram marqué du signe instrumental 5 de la main, ou du travail opératoire de Dieu ; et l'on a en outre, au point de vue du développement de l'Histoire, 8 étant le signe de la Circoncision (voy. Leçon III), et Abraham étant le père des 12 Tribus desquelles doit sortir Christ, et typifiant aussi, par son sacrifice (Isaac), le sacrifice de Christ :

(Abraham) = 8 × 31 = 8 × P12.
p. 146

[On peut observer aussi en passant que l'on a, les puissances de 2 étant simplement substituées sur place aux chiffres : (Abraham) = 248 = 21 22 33].

232. Analysons maintenant de plus près dans le Chapitre Gen. XV, le texte relatif à la première Alliance.

L'Eternel mène Abram au dehors, lui fait regarder le ciel, dénombrer les Etoiles, et lui dit : « Ainsi sera ta postérité ». Le temps de la promesse est donc ici la Nuit.

Il lui rappelle ensuite qu'il l'a fait sortir de la Chaldée pour lui donner en possession le pays où actuellement il se trouve. Abram demande un signe qu'il en sera ainsi. En réponse, l'Eternel lui ordonne de prendre :

une génisse de 3 ans ;
une chèvre de 3 ans ;
un bélier de 3 ans ;
une tourterelle et un pigeon.

Abram prend ces choses, les partage par le milieu et met chaque moitié vis-à-vis de l'autre ; néanmoins il ne partage pas les oiseaux. Alors des oiseaux de proie viennent fondre sur ces p. 147 bêtes mortes ; mais Abram les chasse. On est alors « au coucher du Soleil » : ce qui vient de se passer a donc eu lieu le jour qui a suivi la première nuit, celle où l'Eternel avait fait contempler le ciel à Abram.

Un profond sommeil tombe après cela sur Abram, et l'horreur d'une profonde obscurité. L'Eternel lui révèle l'avenir de son peuple ; une flamme de feu passe entre les chairs partagées des animaux. Une possession terrestre immensément plus étendue que le simple pays de Canaan est promise à la postérité d'Abram ; et celle-ci lui est représentée comme devant dominer sur 10 peuples.

233. Il est impossible, en présence de l'ampleur et de la solennité de ce tableau, et si l'on fait attention à ce que, dès le début du Chapitre XV, il est dit que la parole fut adressée à Abram dans une vision, de ne pas penser qu'il s'agit en ceci d'une prophétie qui s'étend sur toute l'Histoire ; et on est immédiatement confirmé dans cette induction : 1° par le fait déjà bien connu de la figuration biblique des peuples par des Animaux ; 2° quant au signe de la flamme de feu traversant les Animaux, par le feu qui dans Ezéchiel, court à travers les organismes animaux ; p. 148 car, d'après ce dernier Prophète, ces organismes représentent les peuples à la surface du globe terrestre.

Il y a plus : les temps de l'ancienne et de la Nouvelle Alliance sont manifestement figurés par les deux groupes qui composent l'ensemble des animaux de notre Chapitre XV, savoir : d'une part les quadrupèdes, lesquels sont en outre l'objet d'un holocauste sanglant, et d'une autre les oiseaux (l'Esprit), si caractéristiques (la tourterelle, le pigeon) de la Nouvelle Alliance (la Colombe, au Baptême de Jésus).

Enfin, le nombre 10 des Peuples chefs de l'Histoire est lui-même indiqué, car le partage de tous les 5 animaux en deux parties chacun est tout d'abord (Gen. XV, 10), une donnée mentionnée ; ensuite se fait la distinction des temps avant et après la Première Venue en ce que seules les trois premières Bêtes sont ainsi sacrifiées, ce qui met en évidence les 6 premiers Peuples qui mesurent les temps jusqu'à Jésus-Christ.

La fin de cette série des Peuples, ou la fin de l'Histoire, est de son côté fort éloquemment indiquée par les oiseaux de proie, c'est-à-dire par l'Esprit de corruption spirituelle qui fond sur les organismes morts des peuples dits chrétiens, et p. 149 que l'élu Abram, ici représentant de la vraie Église de Christ, a pour mission de chasser. Ce trait rappelle de lui-même la parole de Jésus dans son discours prophétique relatif aux derniers temps : « Là où sera le corps mort, les aigles (oiseau impur) s'assembleront. »

La fin du Chapitre XV résume toute la vue historique ; elle dresse une liste de 10 Peuples sur lesquels le Peuple élu dominera, et confirme par conséquent d'une manière explicite la notion des 10 Peuples chefs de l'Histoire.

234. La considération parallèle de cette liste de 10 Peuples (Gen. XV, 19-21) et de la série des 10 Peuples chefs connus par la Loi historique, des Noachides aux Anglo-Saxons, offre d'ailleurs immédiatement une vérification frappante de la réalité de leur correspondance. On remarque d'abord que ces 10 Peuples de XV, 19-21 sont partagés par les versets (et ceci en correspondance avec les bêtes) : en deux groupes de 3 (versets 19, 20), formant le groupe des 6 de l'Ancienne Alliance ; plus un groupe de 4 (verset 21) répondant aux 4 Peuples de la Nouvelle Alliance, et qui occupent l'Histoire de la Première à la Seconde Venue (par rapprochement, dans les 7 Églises de l'Apocalypse, il y a un premier p. 150 groupe de 3 jusqu'à Christ, puis un groupe de 4 jusqu'aux temps de la fin.)

Des traits d'identification encore plus particuliers se reconnaissent ensuite. Ainsi les Réphaïms, qui signifient « les Géants », et qui limitent l'Ancienne Alliance, répondent aux Romains ; et les Jébusiens, qui terminent la Nouvelle Alliance et qui correspondent aux Anglo-Saxons, descendants du Peuple élu, portent le nom de Jérusalem (Jébus).

Un signe de vérification non moins indubitable, mais d'une portée prophétique encore plus haute, c'est que les Amorrhéens et les Cananéens qui, dans l'Histoire du Peuple élu, personnifient l'idolâtrie dont ce peuple doit se garder, et qu'il lui est même ordonné d'exterminer parmi lui, (voyez, par exemple, le Livre de Josué, Chapitre X), ne sont autre chose, dans le parallélisme ici étudié, que les deux premiers des 4 termes de la Loi historique propres à la Nouvelle Alliance, savoir les Franks, de Constantin à Charlemagne, et la Papauté jusqu'à la Réforme (XIVe Siècle) ; c'est-à-dire les termes qui définissent les temps de domination du Faux Prophétisme romain. Et ce qui enfin confirme encore, par un trait vraiment extraordinaire, l'in- p. 151 tention insistante de la Parole sur ce point, c'est la déclaration prophétique du Verset XV, 16 sur la cause qui retarde le retour du Peuple élu comme dominateur du monde ; elle réside en ce que « l'iniquité de l'Amorrhéen n'est pas encore à son comble », et ces paroles adressées à Abraham ne sont qu'une anticipation sur la vue de St. Paul (II. Thés. II, 7) concernant le Mystère d'iniquité qui doit occuper l'Histoire avant les derniers temps. L'Amorrhéen, type biblique de l'idolâtrie qui doit être détruite, est donc indubitablement, comme le voulait la superposition de la liste des Peuples de Gen. XV et de la série historique, le Faux Prophète romain.

Il ne paraît pas contestable d'après cette analyse du texte, à le considérer dans ses données immédiates les plus évidentes, que l'Alliance avec Abram a une portée prophétique relative à la vie entière de l'Humanité, ou à toute l'Histoire générale.

Voyons maintenant si la Mathématique biblique, par ses données concrètes de nombre ne confirme pas ces vues avec encore plus de précision.

235. Examinons d'abord l'espace historique que doit mesurer, dans la dispensation prophé- p. 152 tique, la série des Animaux amenés par Abram, sur l'ordre de l'Eternel, au cours du jour compris entre les deux nuits de vision. La valeur numérique de cet espace se compute comme suit :

(une génisse)          70 + 3 + 30 + 5                      =  108
  (de 3 ans)           40 + 300 + 30 + 300 + 400            = 1070
(une chèvre)           6 + 70 + 7                           =   83
  (de 3 ans)           40 + 300 + 30 + 300 + 400            = 1070
(un bélier)            6 + 1 + 10 + 30                      =   47
  (de 3 ans)           40 + 300 + 30 + 300                  =  670
(une tourterelle)      6 + 400 + 200                        =  606
(un pigeon)            6 + 3 + 6 + 7 + 30                   =   52
                                                             ─────
                                              Somme          = 3706

La série des Animaux qui (nous venons de le rappeler d'après le texte) caractérise, dans la révélation faite à Abram, les 12 heures du jour compris entre les deux nuits, étant réduite en jours, pour exprimer une durée au moyen de

(jours) = 100.

a donc pour expression

3706 (jours) = 3706 + 100 = 3806

D'après ce que nous avons dit, cette durée con- p. 153 duit, à travers l'Ancienne Alliance, aux temps de la Nouvelle Alliance (la Tourterelle, le Pigeon ; l'Esprit). Or en lui ajoutant ceux-ci, c'est-à-dire le temps

2386

qui s'étend de l'Ere chrétienne à la fin de l'Echelle chronologique on a

3706 (jours) + 2386 = 3806 + 2386 = 6192 = 12 × 516

ou 12 périodes historiques, ou « temps », de Daniel.

Mais il y a plus. Si douze périodes quinquaséculaires mesurent le « Jour » entier de l'Histoire, la série des 10 Peuples chefs de la Loi historique ne s'étend que sur les temps postdiluviens. Or, si d'après cela, on porte donc à partir du Déluge, — 2528, la durée de 10 temps de 516 ans, ou 10 × 516 = 5160, cette durée recouvre l'Economie historique, à partir de l'ère chrétienne, sur un espace égal à

- 2528 + 5160 = 2632 = 4 × 658.

D'autre part, dans notre série actuelle des Animaux, ces temps (qui sont occupés par 4 Peuples chefs) sont représentés par la Tourterelle et le Pigeon (dont les 4 moitiés représenteraient virtuellement ces 4 Peuples, comme les p. 154 6 moitiés des quadrupèdes sacrifiés représentent les 6 Peuples de l'Ancienne Alliance) ; et l'on a, ce qui donne dès lors le sens du nombre 658 que la formule de vérification venait de mettre en évidence et prouve la validité de toute l'interprétation :

Tourterelle = 606.
Pigeon      =  52
(Tourterelle) + (Pigeon) = 658
(Ce nombre 658 est d'ailleurs égal à 2 × 7 × P222).

Il ne paraît donc pas douteux que la série des Animaux désigne une suite de phases historiques, et que les valeurs numériques des mots y mesurent chronologiquement ces phases au moyen des nombres usuels de la Mathématique biblique.

236. Considérons maintenant la série des 10 Peuples de la dernière nuit de Vision.

D'après notre interprétation, ils désignent les 10 Peuples chefs qui commencent au Déluge, c'est-à-dire qui, dans la vue prophétique intégrale de Daniel, au Chapitre VII, sortent de « la Mer ». On observera en outre que, dans ce Chapitre VII de Daniel, le temps qui est mis en p. 155 œuvre (voy. Leçon XI, § 149) est en particulier le temps quinquaséculaire de 515 ans.

Si l'on envisage donc d'après cela, l'Histoire de l'Humanité dans toute son étendue, c'est-à-dire en y figurant d'abord les temps diluviens par la « Mer » de Daniel, on se trouvera en présence du Tableau numérique suivant :

(Dan. VII.)              (La Mer)                10+40                                       = 50

(Gen. XV. 19)  1 (Les Kéniens)       { 1+400=401
                                      { 5+100+10+50+10=175                                    = 576

               2 (Les Kéniziens)     { 6+1+400=407
                                      { 5+100+50+7+10=172                                     = 579

               3 (Les Kadmoniens)    { 6+1+400=407
                                      { 5+100+4+40+50+10=209                                  = 616

(Gen. XV. 20)  4 (Les Héthiens)      { 6+1+400=407
               Tombeaux de Sara      { 5+8+400+10=423                                         = 830
               (XXIII), d'Abraham
               (XXV), chez les Hé-
               thiens.

               5 (Les Phéréziens)    { 6+1+400=407
                                      { 5+80+200+7+10=302                                     = 709

               6 (Les Réphaïms)      { 6+1+400=407
                                      { 5+200+80+1+10+40=336                                  = 743

(Gen. XV. 21)  7 (Les Amorrhéens)    { 6+1+400=407
                                      { 5+1+40+200+10=256                                     = 663

               8 (Les Cananéens)     { 6+1+400=407
                                      { 5+20+50+70+50+10=205                                  = 612

               9 (Les Guirgasiens)   { 6+1+400=407
                                      { 5+3+200+3+300+10=521                                  = 928

               10 (Les Jébusiens)    { 6+1+400=407
                                      { 5+10+2+6+60+10=93                                     = 500

                                                              Somme = 6806
p. 156

C'est donc ici la somme 6806 qui est destinée à désigner, par la succession des temps diluviens et des 10 Peuples, toute l'étendue de l'Histoire de l'Humanité. Or on a en effet, 1656 étant le temps d'Adam au Déluge, ou le Monde antédiluvien :

Somme 6806 = 1656 + 5150 = 1656 + 10 × 515 ;

c'est-à-dire la somme de deux termes, qui sont : 1656 ou les temps d'Adam au Déluge, ou le Monde antédiluvien correspondant à la « Mer », et 10 × 515 ou 10 temps de Daniel pour les 10 Peuples mentionnés, ou pour toute l'Histoire posdiluvienne.

237. Chacun des deux grands traits de vérification des §§ 235, 236 que nous venons d'exposer a sa force démonstrative propre ; mais, à notre sens, la vraie puissance convaincante réside ici tout particulièrement dans le parallélisme de procédé qui s'y révèle. En se correspondant dans la forme, ils se confirment l'un l'autre et mettent en évidence, d'une manière saisissante, qu'ils sont des résultats intentionnellement institués par un même Esprit.

238. Les nombres de la Vision d'Abram étant ainsi démontrés avoir une portée historique gé- p. 157 nérale, nous allons voir que dans le plan d'ensemble qu'ils présentent, ils ont néanmoins une portée prophétique aussi concernant la destinée particulière du Peuple élu. Il suffit pour cela de suivre avec quelque attention d'autres données, également spécifiées, du texte du Chapitre XV.

Après que Dieu a défini à Abram la série des Animaux, il lui déclare (Verset 13) que sa postérité sera étrangère dans un pays qui ne lui appartiendra pas, et qu'elle y sera opprimée pendant 400 ans.

Au point de vue concret et immédiat, ces paroles attirent d'elles-mêmes l'attention sur le séjour en Egypte. Mais ce dernier a duré 430 ans. Suivant les tendances actuelles, on cherche généralement dès lors, dans l'évaluation 400 : soit une computation des 430 qui prend pour unité la centaine d'années ; soit une évaluation qui n'attacherait aucune importance à la précision ; soit une contradiction de nombres dont il y a lieu de faire état comme d'une des erreurs de la Bible.

Nous pourrions commencer par faire remarquer que, même au point de vue concret et immédiat, — et c'est sur quoi nous reviendrons ultérieurement (Leçon XVIII), — l'évaluation p. 158 400 prise en elle-même ne constituerait nullement une erreur, puisqu'un terme de 400 ans est bien effectivement mesuré par la Bible dans l'Histoire du Peuple élu ; savoir celui qui, reliant la Genèse à l'Exode comme un chaînon, s'étend, de centre à centre, de la dernière année — 1876 de Joseph à la première, — 1476, du retour dans la Terre promise ; on a en effet

1875,5 - 1475,5 = 400,

et nous pensons même que c'est ici l'interprétation du passage Act. VII, 6, 7. Mais en dehors de cette remarque, et si nous restons dans le sujet propre, nous nous trouvons bien réellement ici, avec les commentateurs que nous critiquions, en présence de la discordance des deux évaluations 430 et 400.

Dans l'hypothèse où la Bible est la Parole de Dieu, nous dirons simplement qu'il y a lieu de raisonner autrement qu'ils ne font, c'est-à-dire lieu de supposer, puisque l'étendue du séjour est connue autrement, et explicitement fixée à 430 ans, que la mention, dans cette durée connue, d'un premier terme de 400 ans (ou, ce qui serait équivalent, la mise à part des 30 ans restants) a un objet défini, proposé et à découvrir. (Une p. 159 preuve d'ailleurs certaine de la décomposition intentionnelle des 430, serait, et c'est ce que nous verrons en effet au § suivant, qu'après la mise en œuvre du nombre 400, celle de la partie restante 30 se présente également, faite pour son compte et d'une manière indépendante).

La vérification de cette induction va nous apporter une preuve nouvelle de l'accord parfait qui existe entre la Vision d'Abram et la Chronologie déjà enseignée de la Bible.

Considérons d'abord, dans les 430 ans, la partie 400 qui nous est explicitement indiquée.

Le commencement du Séjour en Egypte ayant lieu en - 1946, à l'arrivée de Jacob et de ses fils, 400 ans de séjour conduisent à 1946 - 400 = 1546 avant l'Ere chrétienne. Ces 400 proposés équivalent donc à mettre aussi bien en évidence à nos yeux, comme signe de libération d'une servitude, le nombre 1546. D'autre part la Vision, celle des Animaux, qui a essentiellement trait à l'Histoire, se manifeste à Abram en

2160 avant Christ.

Or les deux nombres chronologiques 2160 et 1546, l'un celui de la Vision, l'autre, de la libération annoncée, et qui tous les deux tendent vers p. 160 Christ et les temps de la Nouvelle Alliance, ont pour somme

(a) 2160 + 1546 = 3706,

c'est-à-dire précisément la valeur numérique

3706

établie plus haut (§ 235) de la Série des Animaux.

Il n'y a donc pas de doute, avant toute interprétation plus particulière de la relation précédente (a), que les 400 étaient intentionnels ; et il est évident, les nombres chronologiques s'ajoutant pour réaliser 3706, que leur objet est, par cette durée chronologique 3706 comptée à partir de -2160, de faire pénétrer Abram dans les temps postérieurs à Christ, en assignant à cette pénétration des mesures chronologiques précises. Sans aller plus loin, nous remarquerions déjà bien qu'ils nous conduisent, par -2160 + 3706 = 1546, en +1546, au temps libérateur de la Réforme, ou du Retour à l'Evangile après la servitude du Faux Prophétisme romain. Néanmoins la date +1546 en elle-même ne nous étant pas un repère connu bien caractéristique, nous pouvons supposer que nous n'avons pas épuisé toutes les données que nous offrait le texte.

Poursuivons donc dans cette vue notre ana- p. 161 lyse. Au cours de la mention des Animaux, laquelle, nous l'avons vu (§ 235), appartient aux 12 heures du jour entre les deux nuits de Vision, des nombres (d'ailleurs aussi éléments de temps) sont effectivement encore proposés ; savoir :

les 3 ans, 3 ans, 3 ans

propres aux Animaux de la série.

Les nombres 12, 3, 3, 3 donnent par leur produit (ils sont séparés) le terme subsidiaire

12 × 3 × 3 × 3 = 324 ( = 4 (Abram) / 3 ) ;

et ce terme, ajouté à l'époque de la Réforme + 1546 à laquelle nous venions d'être conduits avec Abram, détermine la date

1546 + 324 = 1870.

Or ce dernier résultat, dans lequel interviennent ainsi toutes les données de la Vision des Animaux, est, lui, significatif. Il n'est autre en effet que le commencement de la dernière période historique, celle qui appartient au Peuple élu comme Peuple chef. Suffisamment connu en dehors même de la Bible, il assigne ensuite, par la formule

1870 + 516 = 2386,

la fin 2386 de l'échelle chronologique de la Bible et de l'Histoire.

p. 162

239. La détermination précédente relative à la descendance israélite des Anglo-Saxons (puisque ceux-ci sont ce même 10e et dernier Peuple chef de la Loi historique, dont la période commence en +1870), doit avoir pour la Parole de Dieu une très grande importance, car elle se trouve, dans le même texte qui nous occupe, reproduite d'une autre manière encore, par de nouvelles indications de nombre. Il s'agit de la seconde partie, 30, de la décomposition des 430 ans (§ 238), combinée avec une dernière mention chronologique du document.

Après l'annonce qui lui est faite d'un asservissement pendant 400 ans, [ce qui, avons-nous dit (§ 238), enseignait aussi bien à compter encore

30 ans,

puisque le séjour en Egypte est de 430 ans], la pensée d'Abram est ramenée, au Verset 15, sur lui-même, c'est-à-dire sur son propre temps (on est alors en -2160) ; et, cela fait, il lui est dit qu'à la 4e génération ses descendants reviendront dans la Terre promise.

Le terme génération ici employé, rapproché des 400 ans de séjour en Egypte dont la mention précédait, porte la plupart des commentateurs à supposer que la durée désignée par ce mot est p. 163

ici de 100 ans; mais, encore une fois, dans le point de vue où la Bible est la Parole de Dieu, il faudrait penser tout différemment, puisqu'elle se répéterait inutilement, ou ferait inutilement intervenir un mot particulier (le mot « Génération »). L'introduction de ce mot prouve donc au contraire ici l'existence d'une donnée nouvelle et intentionnelle.

Mais d'autre part, c'est en soi une donnée également lumineuse que le rapprochement même par le texte du terme « 4e génération » et des « 400 ans », et qui sollicite là-dessus notre attention.

La solution la plus probable de la combinaison des deux conditions, par conséquent ici la solution certaine, puisque c'est par la Parole de Dieu que nous sommes contraints de l'accepter, c'est que la raison d'être du mot « génération » est ici de désigner, dans l'ordre décimal, ordre indiqué par les 400, une unité décimale qui convienne pour mesurer par 4 « générations » la Vision d'Abram adressée, comme nous le supposons, à l'Histoire générale, et étendue de son époque jusqu'à la domination du monde par le Peuple élu.

Une telle unité n'est évidemment autre que 1000.

En procédant dès lors, par analogie, comme

p. 164

dans le cas précédent, nous serons mis en présence de la somme de deux durées proposées :

30 + 4000 = 4030;

et en portant semblablement cette somme à partir de l'époque - 2160 de la Vision d'Abram, nous trouverons pour l'époque où, à la « 4e génération », ses descendants reviendront dans la Terre qui leur est promise :

- 2160 + 4030 = + 1870,

c'est-à-dire le même repère historique de la dernière période du dernier Peuple chef, que nous venions de déterminer autrement plus haut.

240. Cette détermination insistante de l'époque 1870 par les nombres du texte, se légitime d'ailleurs assez au point de vue spirituel, par une considération que lui-même expose d'une manière explicite, et qui est pour toute notre interprétation un nouveau trait de lumière éclatant.

Il s'agit de ce que cette époque 1870 est bien, comme il le dit, celle où (Verset 16) « l'iniquité de l'Amorrhéen » ou du Faux Prophète romain « est arrivée à son comble », puisque c'est en effet celle de la proclamation solennelle de son Infaillibilité, c'est-à-dire de la substitution de l'Homme à Dieu.

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241. Le sujet, dans sa portée prophétique maintenant évidente, comporte et exige l'interprétation d'autres traits encore, qui concernent par un enseignement figuré l'existence future du Peuple élu. Il convient, par exemple, de bien noter à cet égard que la postérité d'Abram, lors de la première Alliance dont nous venons de nous occuper, est représentée non par Isaac mais par Ismaël, c'est-à-dire, comme Paul en fait expressément la distinction (en Gal. IV, 21-31), par le fils de l'esclave, et non par le fils de la femme libre (ou de la Jérusalem d'en haut), laquelle figure l'Eglise spirituelle ou le Corps de Christ. Cet Ismaël, puissance temporelle, est d'ailleurs lui-même opposé, dès l'ouverture du Chapitre XV (rapprochée de celle du Chapitre XVI), à une autre lignée qui peut lui faire échec, mais celle-ci d'un ordre encore plus inférieur, car elle n'a pour Père qu'un serviteur d'Abram, savoir Eliézer de Damas. C'est celui-ci, Abram en avait exprimé la crainte, qui « possèdera ma maison »; et c'est alors que cette crainte est dissipée par l'annonce de la naissance d'Ismaël [arrivée après 10 ans de séjour en Canaan (XVI, 3), ou en - 2150].

Cet Eliézer, né dans la maison d'Abram et qui menace d'hériter de tous ses biens, se présente

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donc manifestement, dans l'analogie prophétique, comme une puissance temporelle qui tend à supplanter celle du Peuple élu.

Cela remarqué, interrogeons l'écriture chiffrée. On a dans le texte de XV, 2, pour les mots « cet Eliézer de Damas », la valeur numérique :

(ce)         5 + 6 + 1                       =  12
(de Damas)   4 + 40 + 300 + 100              = 444
(Eliézer)    1 + 30 + 10 + 70 + 7 + 200      = 318
                  Somme                      = 774 = 1 1/2 × 516,

valeur significative si on la rapproche des 3 1/2 temps de 516 de Dan. XII, dont le dernier 1 1/2 temps est précisément, depuis le XIVe siècle (Wiclef), la durée pendant laquelle le Peuple élu, qui se libère du Faux Prophétisme, est en butte jusqu'à la fin de l'Histoire aux efforts de revanche et de supplantation de celui-ci; et cette interprétation est d'autant plus certaine que l'on a aussi, mettant directement en présence le Faux Prophétisme et le Peuple élu, la formule

(cet Eliézer de Damas) = (Abram) × 12 / (3 × 3 × 3) = 666

Dans la vue prophétique de l'Histoire générale, l'induction la plus simple et la plus vraisemblable est par conséquent que le convoiteur Elié-

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zer, soit comme successeur d'Abram ou de l'Alliance israélite, soit comme supplanteur du Peuple élu dans les derniers temps, n'est autre que le Faux Prophète romain (666).

Cette même induction se vérifie, dans un autre point de vue encore, par la circonstance remarquable, signalée par l'histoire biblique, que celui qui, directement et immédiatement, fait obstacle aux visées d'Eliézer est Ismaël.

Si l'Islam en effet, en recouvrant aujourd'hui tout l'Orient prophétique, a pour résultat apparemment fâcheux de retarder ou d'empêcher le reflux de la civilisation chrétienne évangélique, il a d'autre part eu jusqu'ici pour rôle utile d'opposer une digue infranchissable à la domination, dans ces mêmes régions, du Faux Prophète romain. On s'en aperçoit assez au seul fait que les guerres d'expansion de ce Faux Prophète (les Croisades) ont précisément été dirigées contre « Ismaël »; et dès lors on comprend très bien, comme suit, la disposition missionnaire des descendants d'Abraham.

Pendant que les Juifs dispersés restaient les gardiens de la Parole, les Ismaélites sont devenus les gardiens de l'héritage temporel du Peuple élu.

PAROLE DE DIEU 12

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D'ailleurs quand on considère la grandeur monothéiste de la foi des Arabes, on n'est plus si porté à les exclure et à leur refuser la consanguinité spirituelle. En eux peut-être tout particulièrement se découvriront plus tard ces Tribus de la Terre (Matt. XXIV, 30) qui, longtemps déçues, se frapperont la poitrine devant la Croix de Celui qu'elles ont méconnu. L'apparition de Mahomet (le 1er Malheur, ou 5e Trompette de Apoc. VIII, 13; IX, I) est sans nul doute un facteur de destruction; mais comment oublier cependant qu'il ne devait nuire qu'aux hommes « qui n'ont pas la marque de Dieu sur leurs fronts » (Apoc. IX, 4). Cette apparition a été un mal nécessaire destiné, par la raison dite plus haut, à en éviter un plus grand qui eût porté sur la racine même de l'œuvre de Christ.

Les nombres chronologiques présentent aussi des caractères qui justifient tout ceci. L'Hégire a pour date 622; la Mort de Mahomet, 632. Son œuvre a donc pour centre

(622 + 632) / 2 = 627.

Or, de la mort d'Ismaël (Gen. XXV, 17), - 2013, à ce centre, + 627, s'étend un espace égal à

2013 + 627 = 2640 = 5 × 528,
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ou 5 périodes prophétiques de 528 ans propres à l'Histoire de l'Eglise.

Une étude approfondie du plan de la Bible semble donc de nature à modifier considérablement l'aspect sous lequel les milieux formés par le Faux Prophétisme se sont habitués à envisager l'Islam. Dans ces milieux, Mahomet est simplement représenté comme un imposteur religieux, alors que rien n'autorise à dire plus sinon que c'est un homme qui se trompe, et qui, dans son ardeur à détruire les idoles et à rétablir l'unité de Dieu, est, à la manière des Juifs, mais moins coupable puisqu'il est moins près, hors d'état de comprendre l'idée profonde du Christianisme, celle de l'amour du Dieu Juste se donnant lui-même pour ses créatures. Ce qui constitue proprement l'imposture, c'est, possédant toute la Vérité, de la pervertir; et c'est cet esprit-là que, dans toute son étendue, combat et condamne l'Ecriture. Les commentateurs qui ont cherché le Mystère d'iniquité et le Faux Prophète en Mahomet n'ont évidemment rien compris à l'intention profonde de la Parole.

Les enseignements précédents relatifs à Ismaël et à l'Islam portent avec eux un élément consolant qui, sans participer d'un humanitarisme fade et sans substance, étranger à la juste sévé-

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rité de l'Ecriture, éclaire notre charité. Plusieurs sur cette Terre de deuil, moins favorisés en apparence que nous par la grâce de Dieu, et errant dans les ténèbres de l'erreur ou de l'ignorance, aspirent cependant à la lumière. Si nul ne viendra au Père que par Christ, Christ attire tous les hommes à Lui. L'Esprit souffle où il veut; nul n'en sait le chemin; et au jour où les Livres seront ouverts, telle âme perdue d'une peuplade sauvage déshéritée, tels fils d'Ismaël qui prosternés devant la sainteté insondable et adorant l'immuable Volonté prédéterminée d'Allah, auront senti leur néant, sans savoir où ils ont rencontré Christ et lui ont fait accueil, se trouveront justifiés par Lui devant Dieu, et, à la confusion de maints Chrétiens de nom, comptés au nombre de ses rachetés.

242. Nous venons d'envisager la première Alliance, celle de Dieu avec Abram, et de mettre en évidence son caractère mondial en connexion avec toute l'Histoire générale. Nous aurons plus loin (§ 253) à revenir encore sur ce sujet en analysant le Ch. XIV de la Genèse. Pour le moment il nous faut examiner ce qui concerne la seconde Alliance, celle où apparaît Isaac et qui concerne de plus près l'Histoire proprement dite du Peuple élu.

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Cette seconde Alliance, celle avec Abraham, a lieu en - 2137, quand Abraham a 99 ans; la naissance d'Isaac est annoncée pour l'année suivante, - 2136 (XVII, 21) quand Abraham aura 100 ans (XXI, 5).

Entre ces deux événements se présente la destruction de Sodome et de Gomorrhe (XVIII, 18 à XIX, 28), dont l'époque est donc par cela même connue.

Alors aussi Lot engendre Moab et Ammon (XIX, 37, 38), les pères des Moabites et des Ammonites; ceux-ci occuperont la région à l'Orient de la Mer Morte, dans l'ordre géographique respectif Sud-Nord.

243. La détermination chronologique de la destruction des villes de la Plaine conduit, par la Bible signifiée, et avant d'engager le sujet sur la personne d'Isaac, à une remarquable vérification de plus de l'Inspiration plénière de la Bible, et de la réalité des faits miraculeux qui y sont enseignés.

On lit en Gen. XIX, 26 que « la femme de Lot regarda derrière elle, et elle devint une statue de sel »; et, en Luc. XVII, 32, le Seigneur, en parlant des derniers temps, de la Seconde Venue et de la nécessité de tout sacrifier du monde pour

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le Règne de Dieu, donne ce solennel avertissement : « Souvenez-vous de la femme de Lot », en scellant ainsi de sa divine autorité le caractère inspiré du passage et la réalité du Miracle dont il s'agit.

Le but dernier du Discours du Seigneur est de transporter les Disciples dans l'avenir jusqu'aux jours [(jours) = 100] de son retour (celui de la Seconde Personne, 77, de la Sainte Trinité, 3).

D'autre part, la destruction des Villes a lieu en - 2136; le Seigneur parle en + 34; il ramène donc aussi en arrière la pensée de ses auditeurs sur un espace chronologique

2136 + 34 = 2170

Si nous représentons l'espace futur, non encore réalisé, et distinct de celui-ci, 2170, qui est mesuré par une addition, par le produit 3 × 77 × 100 des nombres symboliques qui le caractérisent, la vue prophétique aura pour étendue totale la somme de deux termes :

(2136 + 34) + 3 × 77 × 100 = 25270.

Or ce nombre n'est autre chose que la distance, mesurée sur l'Echelle des versets de la Bible signifiée, entre le verset de la Genèse concernant le Miracle de la Femme de Lot, et celui de l'Evangile où le Seigneur rappelle ce miracle. On a en effet :

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(1)  Gen. XIX, 26 n° d'ordre sur l'échelle
                   des versets 484
(2)  Luc. XVII, 32 n° d'ordre sur l'échelle
                   des versets 25754;
d'où pour la distance des deux versets :
     (2) - (1) = 25754 - 484 = 25270.

244. Venons maintenant à l'ordre prophétique qui concerne la personne d'Isaac. Un trait doit à cet égard attirer d'une manière particulière notre attention, parce qu'il met de façon significative en évidence par Isaac, l'importance spéciale attribuée par l'Ecriture à la Maison d'Israël.

Il s'agit de la déclaration faite à Abraham : « c'est en Isaac que ta postérité sera appelée de ton nom » (XXI, 12), ce qui veut dire que cette postérité sera désignée par le nom d'Isaac.

Or, dans la Bible, ce n'est pas le Peuple élu pris tout entier que l'on voit ultérieurement désigné par le nom d'Isaac; c'est la Maison d'Israël.

Envisageons ceci de plus près. Comme on le sait, les deux Maisons d'Israël et de Juda, les deux Familles composant le Peuple élu, sont l'une et l'autre regardées dans l'Ecriture comme ne devant jamais être rejetées par l'Eternel au

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cours de l'Histoire. Ainsi, en Jérémie (Jér. XXXIII, 24-26), on lit : « N'as-tu pas vu quel langage tient ce peuple, en disant : Les deux familles que l'Eternel avait élues, il les a rejetées. Ainsi ils méprisent mon peuple, de sorte qu'à leurs yeux il ne serait plus une nation ». Puis vient la déclaration que l'alliance de Dieu avec le Peuple élu, en dépit des apparences de la Dispersion et de la Captivité, est aussi ferme que les lois même du monde physique. Mais en même temps, chacune ayant son rôle historique missionnaire déterminé, chacune aussi est, dans la Prophétie, l'objet de déclarations qui lui sont propres; et telle est celle qui nous occupe et qui désigne uniquement et spécialement Israël par le nom d' « Isaac » et de « Maison d'Isaac ». On lit en Amos (Amos. VII, 9. 16), dans les menaces qu'il adresse à l'Israël des 10 Tribus, mis à part au temps de Jéroboam; « Les hauts lieux d'Isaac seront ravagés, et les sanctuaires d'Israël seront détruits, et je me lèverai contre la Maison de Jéroboam »; et « ...Ne prophétise pas contre Israël et ne parle pas contre la Maison d'Isaac. »

Si l'on sait bien peser le fait que cette désignation, propre à lui seul, d'Israël par Isaac, est la Parole de Dieu, et qu'on la rapproche de la

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déclaration de l'Eternel à Abraham que c'est en Isaac que sa postérité sera appelée de son nom (Gen. XXI, 12), cela équivaudra à la déclaration : 1° que la Maison d'Israël est appelée par l'Eternel à jouer un rôle de premier ordre dans la destinée du Peuple élu ; 2° que le nom d' « Isaac », — lequel dès le commencement de l'Alliance de Dieu et d'Abraham, avait été (Gen. XVII, 19) expressément imposé à l'enfant, avant sa naissance, par l'Eternel lui-même, — est un signe qui servira à faire reconnaître dans l'Histoire cette portion (la Maison d'Israël) de la descendance d'Abraham.

245. Dans cet ordre d'idées, le premier objet à examiner est la construction de la signification du mot « Isaac » pris en lui-même.

Ce mot veut dire : il rit, il raille, — qu'il s'agisse du manque de foi immédiate d'Abraham qui rit en son cœur à l'idée de la possibilité invraisemblable d'avoir un fils (Gen. XVII, 17), du doute et de la légèreté de Sara (XVIII, 12, 15), ou de la moquerie d'Ismaël et de tous ceux auxquels on annoncera la naissance d'Isaac (Gen. XXI, 9, 6). Il enseigne donc, prophétiquement, l'état d'incrédulité, de rejet de la vérité par légèreté ou ignorance, enfin de dédain et de

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raillerie, qui accueilleront aux derniers temps, quand le Peuple élu (Abraham) et Sara (l'Eglise; Gal. IV, 21-31) seront dans la vieillesse de l'Histoire, l'idée de la réapparition historique de la postérité d'Abraham, reconnue à cette marque qu'elle portera alors le nom d' « Isaac ».

Pour le dire en passant cette première observation générale à elle seule prouverait bien qu'il ne peut être question aujourd'hui seulement des Juifs quand on fait mention de la postérité d'Abram, puisqu'ils ont toujours existé visiblement dans l'Histoire, et que leur existence actuelle n'a donc pas lieu de provoquer, et en fait ne provoque, ni incrédulité, ni par suite raillerie, comme si l'on était en présence d'une chose invraisemblable. En d'autres termes, même si la Bible ne le disait pas explicitement par ses prophètes (Amos.), il faudrait conclure, par exclusion, que la marque d' « Isaac » doit nécessairement concerner une partie du Peuple élu différente des Juifs, c'est-à-dire les 10 Tribus ou la Maison d'Israël.

246. Il nous reste à voir si effectivement aujourd'hui dans le monde, la marque prophétique d' « Isaac » s'attache à quelque groupement social ou politique connu. Or l'idée, ainsi intro-

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duite, vérifie immédiatement l'hypothèse, déjà justifiée autrement dans nos déductions, de la descendance israélite des Anglo-Saxons. « Isaac », il rit, il raille, vient en effet du verbe « rire » צחק et שחק, qui se prononce en hébreu « Tsaq » et « Saq ».

Il en résulte que le mot « Saxons » — Saq-sons — d'accord avec la prophétie faite à Abraham, signifie « les fils d'Isaac », ou encore, si l'on considère l'accueil que le monde fera à la prétendue réapparition de ceux-ci, « les fils de la dérision ».

Ainsi le fait que l'idée de leur descendance choque si étrangement comme extravagante les errements de la pensée moderne, est en lui-même une vérification du sens universel de dédaigneux étonnement que la Bible a eu soin d'attacher au nom du Patriarche.

247. Les données chronologiques de notre texte confirment ensuite singulièrement cette désignation externe.

L'Eternel dit à Abraham, au Verset 10 de Gen. XVIII : « Je ne manquerai pas de revenir vers toi dans un an; et voici Sara ta femme aura un fils ».

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La naissance d'Isaac a lieu en

-2136.                                                    = -2136

En ajoutant d'après ce qui précède, (et Isaac étant ici le signe de la Maison d'Israël ou des 10 Tribus) 10 fois l'Année tropique 365,2422, ou 10 × 365,2422

                                      = 3652,422
                                      ____________
on est conduit à                       1516,422

c'est-à-dire dans le courant de l'année 1517 où le Saq-Son Luther, enfanté à l'Eglise (Sara), se révèle au monde. L'Eternel ajoute ensuite, en Gen. XVIII, 14 : « Je reviendrai vers toi, dans un an, et Sara aura un fils ». Or en ajoutant encore une année tropique 365,2422 au nombre précédent 1516,422, soit 365,2422

                                      = 365,2422
                                      ____________
on obtient : Somme                     = 1881,6642,

c'est-à-dire, dans le courant de

1882 (Tel-el-Kébir ; 6 Septembre),

le retour de la postérité d'Abraham en Egypte, si les Anglo-Saxons sont les descendants d'Abraham. Cet événement où intervient l'Egypte est d'autant plus intentionnellement choisi que la Maison d'Israël descend, par Ephraïm et Ma-

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nassé, de Joseph [et d'une Egyptienne (Aspath)] Joseph est un type de Christ. comme déjà Isaac l'était par son sacrifice, et, il est en Egypte, le Sauveur du Peuple élu.

La date 1882 est également significative comme se rapportant à la Maison d'Israël ou aux 10 Tribus, en ce qu'elle est distante de la date - 758 de la Dispersion d'Israël de

758 + 1882 = 2640 = 5 × 528.

248. L'écriture chiffrée enfin va, par le nom même d'Isaac, de plus près encore que tout cela assurer l'identification. Reprenons la déclaration précise de l'Eternel à Abraham (Gen. XXI, 12) que la postérité d'Abraham sera appelée du nom d'Isaac.

Dans les passages de la Genèse que nous étudions, le nom d'Isaac s'écrit יצחק et il a pour valeur numérique

(Isaac)1 = 10 + 90 + 8 + 100 = 208 = 8 × 26
        = 8 × (Jéhovah)

Dans les passages prophétiques, cités plus haut, (Amos, VII, 9, 16; aussi Jér. XXXIII, 26), et qui parlent de la destinée historique du Peuple élu, Isaac est écrit ישחק (cette différence à elle seule est le signe d'une nouvelle intention bien

p. 180

particulière), et il a alors pour valeur numérique

(Isaac)2 = 10 + 300 + 8 + 100 = 418.

D'ailleurs Isaac est ici l'Homme de l'Alliance, c'est-à-dire en hébreu

(l'homme) ish de (l'alliance) brit.

Il est donc évident que si le nom

British,

qui n'est que la réunion de ces deux mots hébreux, avait, dans l'Alphabet actuel du Peuple anglais, précisément pour valeur numérique la valeur 418 du nom d'Isaac en hébreu, ce serait, dans les conditions que vient d'amener notre analyse, la preuve décisive que, conformément à la prophétie, ce peuple descendant d'Abraham porte littéralement le nom d'Isaac. Or c'est ce qui a lieu. On a pour cette valeur du mot anglais British :

British = 2 + 90 + 9 + 200 + 9 + 100 + 8 = 418 = (Isaac)2

249. Comme nous l'avons déjà remarqué plus haut (§ 242), la destruction de Sodome et Gomorrhe, placée entre l'annonce de la naissance et la naissance même d'Isaac, est pour cela même déterminée chronologiquement.

Comme on le sait aussi, Sodome est, dans la Prophétie (Apoc. XI, 8), le type de l'esprit de

p. 181

Confusion du Faux Prophétisme et de la prostitution spirituelle de la Grande Babylone, et la Mer Morte la figure (Apoc. XX, 10) de la destruction de ces éléments de corruption lors de l'établissement du Règne. Or on a, de l'époque

- 2136

de la destruction de Sodome, à la Seconde Venue

+ 2180

l'espace de temps

2136 + 2180 = 10 × 365 + 666,

ce qui marque bien : par le signe 365 du Soleil de Justice, qu'il s'agit de l'œuvre de Christ dans le monde; par le signe 10 (des 10 Peuples chefs) que cette œuvre rédemptrice s'étend sur toute l'Histoire, jusqu'au Second Avènement; enfin, par le nombre fatidique 666, qu'il s'agit bien dans notre figuration du Faux Prophétisme.

Ce nombre 10 des peuples est d'ailleurs singulièrement vérifié par le récit même de l'annonce de la destruction de Sodome (voy. Gen. XVIII). Si Sodome est le type du monde pécheur, entièrement détruit à la fin des temps par la Justice de Dieu, les 10 justes de Gen. XVIII, 32 qu'il y faudrait trouver pour que cette destruction ne s'accomplisse pas, ne peuvent être en effet autres

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que les 10 Peuples de l'Histoire, peuples dont aucun ne sera trouvé juste (comp. Rom. III, 12).

Cela même donne en outre la raison d'être et l'interprétation d'un autre nombre savoir le 50 de Gen. XVIII, 24-26, duquel, si on peut le dire en suivant l'ordonnance du texte, Celui qui juge toute la Terre (XVIII, 25) et qui vient (21) du Ciel, descend pour s'acheminer progressivement jusqu'au nombre minimum, dont nous venons de voir la signification. Ce nombre est ce qu'il faudrait encore trouver, pour épargner celle-ci, dans la Cité corrompue.

Or cette succession des nombres du texte n'est ici autre chose qu'une écriture du champ chronologique des grandes périodes qui règlent les conditions du Globe et de l'Humanité. Si les 10 justes requis sur la Terre par la Justice de Dieu sont les 10 Peuples chefs de l'Histoire, ils mesurent celle-ci par 10 périodes quinquaséculaires ou temps de Daniel. Mais dès lors les 50 justes dont la Terre aurait dû d'abord témoigner, en les écrivant à la face du Ciel, doivent mesurer une durée égale à 50 de ces temps; or cette durée, la Terre la réalise et l'écrit effectivement, par la Précession des Équinoxes, c'est-à-dire par le Cercle que son Axe découpe sur le Firmament au cours des 25 ou 26000 ans de cette

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grande période astronomique. (Le nombre de Bessel, 25868 ans, donnerait 50 fois 517; celui de Laplace, 25816, le nombre 516; etc. soit 50 périodes quinquaséculaires ou temps de Daniel).

250. L'identité d'Israël retrouvé dans les Anglo-Saxons amène, par une induction naturelle, l'idée d'une correspondance générale entre les données historiques et géographiques propres à l'Orient prophétique et celles qui, actuellement, concernent l'occident de l'Europe, où l'Histoire s'est déplacée. Nous avons déjà autre part [Mathématique de l'Histoire, p. 697 Note (2)] abordé ce sujet, que les §§ suivants vont renouveler par des points décisifs.

251. La date - 2136 de la destruction de Sodome, liée d'une manière remarquable, on vient de le voir, à celle + 2180 de la Seconde Venue, est remarquable aussi dans l'économie historique par la naissance (Gen. XIX, 37, 38) de Moab et d'Ammon, les pères des Moabites et des Ammonites. Ces peuples, ainsi que le montre notamment Dan. XI, 41, se retrouvent (et de même Edon ou Esaü) et jouent un rôle défini aux derniers temps de l'Histoire. D'après leur situation géographique par rapport aux Hébreux et à la Pa-

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lestine, qui, dans la correspondance du passé et du présent, répondent à l'Angleterre ou aux Anglo-Saxons, les Moabites et les Ammonites sont des représentants prophétiques des Belges et des Hollandais, et Edom ou Esaü, le rival de Jacob ou des Anglais, celui des Allemands.

Les valeurs numériques des noms apportent à cette vue de frappantes confirmations.

On a pour la valeur de Moab :

(Moab) מואב  = 40 + 6 + 1 + 2 = 49 ;

pour celle de Ammon (qui est le second de Moab, Gen. XIX, 37, 38).

(Ammon) עמון  = 70 + 40 + 6 + 50 = 166
                  = 2( 49 + 34)
                  = 2(Moab + 34),

ce qui s'accorde, par le nombre 34 du Sacrifice de Christ, avec le fait du caractère plus évangélique d'Ammon, si Ammon est le représentant du peuple hollandais.

Or tout d'abord, de même que l'on a (Moab) = 49, on a aussi

Belge = 2 + 5 + 30 + 7 + 5 = 49,

signe net d'identité. On peut ajouter à cela que le pays Moab-Ammon porte le nom de El-Belga; qu'on y trouve sur la route des caravanes (Damas-La Mecque) le lieu Kalat-el-Belga, et que

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d'ailleurs le nom Belga ou Bilga, Bilgal (Neh. XII, 5 ; X, 8 ; 1, Chron. XXIV, 14) est un nom hébreu mentionné par la Bible.

En ce qui concerne ensuite Ammon, qui doit correspondre au Pays-Bas ou Hol-land, et pour lequel on a (Ammon) = 2 × (Moab) + 2 × 34, on a pour le signe, ici distinctif, Hol, de ce second de Moab :

Hol = 8 + 60 + 30 = 98 = 2 × 49 = 2 × (Moab).

Le nom de Lot, père de Moab et d'Ammon, a la même valeur numérique

(Lot) לוט = 30 + 6 + 9 = 45

que celui d'Edom (Allemands) dont nous allons parler ; ce qui est une autre marque de rapprochement évidemment significative, dans le point de vue de la parenté germanique des Belges et Hollandais.

Quant à cette personnification d'Edom ou Esaü par les Allemands, elle paraîtra d'autant plus remarquable qu'elle forme système avec celle d'Israël par les Anglo-Saxons, et cela par la correspondance respective de ces deux termes avec les deux mots qui, en hébreu, désignent l' « Homme ». On a en effet d'abord pour la valeur numérique de Edom :

(Edom) אדם = 1 + 4 + 40 = 45,
p. 186

qui n'est autre chose que celle du mot (Adam) אדם, identique pour les lettres ou chiffres.

Ainsi

(Edom) = (Adam) = 45

n'est autre chose que le signe du mot Homme que veut dire Adam ; et, d'autre part, les Allemands, (d'après Tacite), ont pour fondateur le dieu Mannus, leur nom German, qui signifie Homme de combat, se composant de man, Homme, et Heer, armée. Leur désignation est donc celle même d'Edom.

Mais que dire après cela, et combien le signe devient particulièrement frappant et l'assimilation non récusable, si l'on fait attention qu'il y a en hébreu deux mots signifiant Homme, savoir : אדם ou Adam, celui que nous venons de mentionner, l'Homme proprement dit formé de la Terre, et איש ou Ish, l'Homme, le Mâle, l'Epoux, et que ce dernier appartient comme signe, par le mot Brit-Ish ou Homme de l'Alliance [(brit.), ברית)] à l'Israël Anglo-Saxon, descendant de Jacob, frère d'Esaü. En d'autres termes, Jacob et Esaü (Edom) se retrouvent, marqués, de nos temps, des deux noms qui en hébreu désignent l'Homme (1) ; la différence

(1) Il est intéressant de se souvenir, en rapport avec cette désignation du Peuple élu, que dans Apoc. VI, le 3e Animal, lequel représente les Hébreux, a la face d'Homme.

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d'intention de ces deux noms s'accordant en outre avec le choix particulier qui est fait de Jacob, ou Israël, comme représentant du Peuple élu à la fin de l'Histoire.

Au sujet du bien fondé de la correspondance géographique, il est utile de noter en passant, pour l'Allemagne et Edom, que la Bible a ménagé des traits destinés à faire concevoir Edom comme s'étendant vers l'Est bien au delà du voisinage immédiat de Moab et d'Ammon (Belgique, Hollande). C'est ce qu'elle enseigne en rattachant le pays d'Edom ou pays du Fleuve, l'Euphrate, dans la citation des rois d'Edom. Ainsi en Gen. XXXVI, 32 ; 1 Chron. 1, 43 se trouve mentionné comme roi d'Edom, Bélah, fils de Béor, lequel Béor, en Nomb. XXII, 5, est le père de Balaam, et réside à Béthor, située sur le fleuve Euphrate. La ville du roi Bélah est appelée Dinhaba ; or ce nom de ville est connu en Babylonie, comme il est connu en Syrie et dans le pays de Moab (Bible annotée de Neuchâtel, sur Gen. XXXVI, 32).

De même en Gen. XXXVI, 37 ; 1 Chron. I, 48, le roi d'Edom Saul est de Réhoboth sur le fleuve Euphrate.

Ces données, si elles justifient la correspondance géographique, sont intéressantes aussi en

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ce qu'elles montrent Edom s'étendant sur les régions promises à la postérité d'Abram (Gen. XV, 18), région où, aujourd'hui même, dans leurs compétitions, se rencontrent « Jacob » et « Esaü ».

252. La corrélation qui nous occupe se confirme dans l'Ecriture par certaines données encore qui, en dehors de l'idée du transport historique, n'auraient pour nous aucun sens comme aucune utilité. Il s'agit de la notification « jusqu'à ce jour » qu'elle applique à des faits du temps des patriarches, ou, en général, de l'Ancienne Alliance, comme par exemple en Gen. XIX, 37, 38, quand elle dit que Moab, qu'Ammon sont les pères des Moabites, des Ammonites « jusqu'à ce jour ». Cela veut dire que ces Moabites, ces Ammonites existent encore aujourd'hui ; et puisque nous savons, en fait, qu'ils n'existent plus en Palestine, il nous les faut donc aujourd'hui chercher ailleurs. Cet ailleurs, d'après tout ce qui précède, c'est l'Europe politique actuelle, où déjà la Bible nous avait fait retrouver le Peuple élu, autrefois Canaan.

253. L'examen que nous venons de faire (§ 242-252) de la Seconde Alliance de Dieu, celle avec Abraham par Isaac, nous a mieux mis à même de

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saisir tout l'ensemble du sujet, et cela nous permet de revenir (voy. § 242) à la première Alliance elle-même, celle avec Abram, dont nous sommes loin d'avoir épuisé les enseignements. Au point de vue documentaire, après avoir reconnu le caractère prophétique, embrassant toute l'Histoire générale, du Chapitre XV de la Genèse, il nous faut, en d'autres termes, essayer maintenant de comprendre également le sens du Chapitre précédent XIV, qui concernait l'Alliance d'Abram.

Un des traits les plus remarquables du parallélisme et de l'opposition des dispensations relatives à Abram et Abraham, c'est que cette dernière, dans une vue plus restreinte du développement historique classique du peuple israélite, est en rapport, par le Sacrifice d'Isaac, type de Christ, avec la Première Venue ; tandis que celle d'Abram, plus synthétique et moins particulariste, en s'étendant à tous les temps de l'Humanité, s'adresse, par la rencontre d'Abram et de Melchisédec, roi de Salem (lequel vint à la rencontre d'Abram, Hébreux VII, 1), à la Seconde Venue, qui couronne l'évolution des Nations.

Les deux dispensations ne sont d'ailleurs que des faces différentes d'un plan unique. Abram donne à Melchisédec la dîme de tout (Gen. XIV, 20), parce qu'en effet il lui remet la puis-

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sance du Peuple élu, instrument dans la conquête du monde, et 10e et dernier terme de la série des 10 peuples chefs qui constituent toute l'Histoire depuis le Déluge. Abram (Gen. XIV) est aussi bien qu'Abraham (Gen. XIX), et dans les deux cas à cause de Lot, mis en rapport avec Sodome, Gomorrhe et les villes de la plaine, villes dont la destruction, on vient de le voir (§ 250) est le type de celle du monde, moralement et spirituellement corrompu (Apoc. XI, 8).

254. Pour nous guider dans l'interprétation du Chapitre XIV, il faut nous appuyer sur le repère précisément que nous venons d'y reconnaître, savoir la rencontre d'Abram avec Melchisédec, ou la Seconde Venue.

Abram vient alors de vaincre le groupe de puissances désignées par les 4 rois mentionnés en Gen. XIV, 1, 9 ; c'est-à-dire par les 4 premiers termes du groupe suivant, où nous avons rapproché, comme 5e, Abram :

    | 1. Amraphel, roi de Shinear
    | 2. Arjoc, roi d'Ellasar
I   | 3. Kedor-Lahomer, roi d'Elam
    | 4. Tideal, roi des nations (Goïm)
    | 5. (Abram, Hébreu).
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Ces puissances ont pour lieu assigné (Shinear, Elam, etc.) la région géographique origine du développement progressif de l'Histoire générale. Abram est sorti de cette même région, ce que spécifie le nom de « hébreu » par lequel il est intentionnellement désigné en Gen. XIV, 13, et il constitue légitimement par là, avec les 4 premiers termes, le groupe (1) de 5, que nous envisageons.

Nous conclurons donc qu'on se trouve d'abord, par notre document, en présence d'un ensemble de 5 termes prenant origine au foyer de l'Histoire. L'un d'eux, Abram ou les Hébreux, est (comme Peuple élu), mis à part (il est envoyé dans les régions de l'Ouest par rapport à ce lieu d'origine (Gen. XIII, 18 ; XIV, 13) ; et nous reconnaîtrons tout-à-l'heure pourquoi, en dépit de la souche régionale commune, il combat néanmoins contre ses compagnons, dans les temps qui précèdent la rencontre avec Melchisédec, ou la Seconde Venue.

Suivons maintenant l'histoire racontée par le Chapitre XIV. Les peuples-origine dont nous venons de parler marchent vers l'Ouest, et leur but est de détruire une puissance d'un autre ordre que la leur, puissance anormale et de perversion (Gen. XIII, 13), représentée par un second groupe distinct de 5 termes, ou :

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    | 1. Béra, roi de Sodome
    | 2. Birana (Birsha) roi de Gomorrhe
II  | 3. Shinéab, roi d'Adma
    | 4. Shéméber, roi de Tséboïm
    | 5. le roi de Béla, qui est Tsoar.

Cette autre puissance (II), mauvaise et anormale, occupe le lieu (le site de la Mer Morte) où elle doit être détruite avec ce lieu lui-même par la justice de Dieu (Gen. XIII, 10 ; XIV, 3).

(II) se présente en outre comme ayant d'abord été contenue par le pouvoir prépondérant des peuples-origine normaux (le groupe I) ; mais ensuite la révolte l'emporte, et c'est cette révolte qui provoque l'action offensive de ces premiers peuples (Gen. XIV, 1-4 et suiv.).

Suivons le progrès de cette action. Il dessine autour du lieu de la destruction (la Mer Morte) une trajectoire qui contourne ce lieu par l'Orient, le Midi, l'Occident, et qui traverse dans sa marche un troisième groupe (III) de 5 peuples, savoir : (Gen. XIV, 5-7) :

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    | 1. Les Réphaïms
    | 2. Les Zuzim (tribu des Réphaïms; Zamzuzim, premiers habitants du pays des Ammonites; Deut. II, 20)
    | 3. Les Emim (tribu des Réphaïms; premiers habitants du pays des Moabites; Deut. II, 10, 11)
III | 4. Les Horiens (premiers habitants du pays d'Edom; Deut. II, 12, 22)
    | 5. Les Amoréens (il est parlé au verset 7 de la traversée du pays des Amalécites, mais non du peuple Amalécite lui-même, lequel n'existait pas au temps d'Abram puisqu'il descendait d'Esaü; Gen. XXXVI, 12).

Or on observera immédiatement que ce groupe (III) de 5, se soude, par son terme initial et son terme final, les Réphaïms, les Amoréens, au groupe des 10 Peuples (Gen. XV, 19-21) dont la domination est promise à Abram lors de son Alliance avec l'Eternel ; savoir :

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     | 1. Les Kéniens
     | 2. Les Kéniziens
     | 3. Les Kadmoniens
     | 4. Les Hétiens
     | 5. Les Phéréziens
IV.  | 6. Les Réphaïms
     | 7. Les Amoréens.
     | 8. Les Cananéens
     | 9. Les Guirgasiens
     | 10. Les Jébusiens,

peuples que nous avons reconnu déjà (§ 236) désigner les 10 Peuples de la Loi historique, propre à l'Histoire générale.

255. Dans cette série des 10 peuples, les Réphaïms (Géants) sont les Romains ; les Amoréens, les Franks. Or cela commence déjà à fixer nos idées sur la signification du groupe (III), et éclaire même l'interprétation de tout le sujet. Il paraît dès lors en effet que le cycle géographique (§ 253) accompli par le groupe (I) des peuples-origine normaux, lesquels représentent la branche sémitique de l'Humanité, désigne, dans la vue prophétique de notre Chapitre XVI, l'envahissement par cet élément sémitique du monde latin ou Japhétite (le groupe III) ; et ce n'est là autre chose que le fait annoncé dès le

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temps de Noé (Gen. IX, 27) : le lieu géographique où s'étend Japhet sera celui des tentes du migrateur Sem.

L'induction se confirme d'autant mieux que les Romains (les Réphaïms) sont en particulier désignés dans le groupe (III) par des parties de leur aire de domination situées dans le Nord de l'Europe. Les Zuzim, les Emim en effet, qui leur appartiennent, occupent les régions qui, plus tard, seront les pays des Ammonites, des Moabites, et ceux-ci, on l'a vu (251), désignent les Pays-Bas, la Belgique, terme significatif de l'expansion romaine vers le Nord du Continent ; de même les Horiens, puisqu'ils occupaient la région qui plus tard sera celle d'Edom ou de l'Allemagne, désignent bien la Germanie.

Dans le même ordre, ou remarque que le mouvement atteint les Amoréens, — ou les Franks (venus de la Germanie et qui ont ensuite débordé dans les Gaules), — en traversant le pays des Amalécites ; ce qui veut dire, encore une fois, puisque les Amalécites descendent d'Edom ou l'Allemagne, en traversant la Germanie.

256. Maintenant, pourquoi Abram, ici le pionnier avancé du Sémitisme dans l'Occident de l'Europe, est-il dit avoir transporté ses tentes

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chez ces Amoréens, ou chez les Franks, envahisseurs des Gaules ? C'est que Abram, élément sémite supérieur, s'est trouvé en effet installé d'avance dans l'Occident par le Druidisme, cette religion dans ses commencements toute pure ; — fondée dans son organisme théologique, comme la Bible, sur la connaissance du ciel astronomique ; — religion dont l'instituteur dans la Grande Bretagne paraît (d'après une donnée astronomique relative à la Précession des Equinoxes) contemporain du Patriarche Abram ; — dont le Dieu est à la fois un et trois. Et c'est aussi à cause de cela qu'en Gen. XIII, 18, Abram vient demeurer aux « Chênes » de Mamré et bâtit là « un autel » à l'Eternel ; ou qu'en Gen. XIV, 13, on voit que cet Abram l'Hébreu demeure aux « Chênes » de

1.    Mamré, l'Amoréen
2. frère d'Escol,
3. frère d'Aner,

lesquels trois avaient fait Alliance avec Abram.

Procope, l'historien des Goths, nous a transmis les noms

Hesus, Taranis, Belenus

qui constituaient la Trinité druidique.

Le Druidisme a régné dans tout l'Occident de

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l'Europe jusqu'aux temps de l'Apogée romain, et laissé des traces dans les Iles Britanniques jusqu'au Moyen-Age.

257. Mais revenons plus généralement au cycle parcouru par les Peuples du groupe (I) et dont l'objet suprême, nous en avons déjà prévenu, est la destruction de la puissance mauvaise du groupe (II)

Un trait de premier ordre confirme qu'il s'y agit bien du développement entier de l'Histoire. Il consiste en ce que, s'il en est ainsi, on doit s'attendre à voir repérée dans ce développement, d'une manière significative, la séparation entre les temps historiques qui précèdent et ceux qui suivent Christ. Or cette séparation est indiquée en effet, et d'une manière si accusée que le signe ne nécessite aucun commentaire. Dans la liste des 10 Peuples chefs de l'Histoire, six, dont les Réphaïms (les Romains) sont le dernier, commencent leur période de domination avant Jésus-Christ ; les quatre autres, dont les Amoréens (les Franks) sont le premier terme, apparaissent après Jésus-Christ. Or dans notre texte, c'est aussi entre les Réphaïms et les Amoréens (peuples successifs de la série (IV) des 10 cités par ce texte) que se place le changement de di-

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rection du mouvement du groupe (I), mouvement du Nord au Sud, ensuite du Sud au Nord, opéré par ce groupe autour du site de la Mer Morte. Les Réphaïms sont à l'Est de cette Mer ; les Amoréens à l'Ouest, il y a donc renversement de sens ; et que ce changement de sens si accusé réponde à la Venue de Christ, c'est ce que met hors de doute le nom donné par la Parole (Gen. XIV, 17) au lieu qui le repère et le caractérise. Ce lieu en effet est appelé « la Fontaine du Jugement ». Peut-être estimera-t-on presque évident qu'une semblable appellation dans un tel cycle géographique prouve, par sa seule présence, que ce cycle comportait un symbolisme spirituel ; pour nous, après ce que nous savons déjà à cet égard, constatons simplement qu'aucune autre n'eût pu être mieux appropriée à l'intention du sujet, et constituer un signe plus démonstrativement éloquent.

258. La suite du récit du Chapitre XIV confirme notre interprétation par un enseignement d'une portée sinon plus grande, du moins plus utile encore. La puissance qui, dans la série des 10 Peuples chefs suit les Franks (Amoréens), est celle du Faux Prophète romain, ou la Papauté (Cananéens). Or ce que le récit fait rencontrer,

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après les Amoréens, à la coalition sémite du groupe (I), c'est le groupe (II) de Sodome et des Villes de la Plaine ; de Sodome (Apoc. XI, 8) où notre Seigneur a été crucifié et qui, comme le Faux Prophète, doit être jetée dans l'Etang de feu et de soufre (Apoc. XX, 10). Sans doute il appartenait à la seule Parole de Dieu d'accentuer jusque là sa sévérité dans l'identification du Catholicisme romain. Quant à nous, nous n'avons qu'à confirmer, en regardant l'Histoire, qu'en effet c'est bien contre le pouvoir tout puissant de la Papauté, étendu sur l'Europe et qui provoque et défie (Gen. XIV, 8) les vrais missionnaires de l'œuvre spirituelle de Dieu, que la lutte a lieu au Moyen-Age et dans les siècles qui le prolongent jusqu'à nous, entre les peuples nouveaux du Nord et ce monde latin dont le Faux Prophète est devenu l'âme et le Chef.

259. En possession de la matière, il nous reste maintenant à expliquer un trait qui dès l'abord de cet exposé (§ 254) avait attiré notre attention ; savoir, le fait que, tout en faisant spécifiquement partie du groupe (I), Abram l'Hébreu finit par se tourner contre ses propres congénères, et, aux derniers temps, les combat pour sauver le juste

p. 200

Lot, égaré dans Sodome. Il suffit pour éclaircir ceci, de remarquer que dans le Missionnaire sémite, comme dans le groupe (I), deux éléments sont distincts et à bien séparer.

L'un est encore du monde, et, dans sa sagesse humaine, appréciant l'intelligence et la puissance des moyens mis en œuvre par le Faux Prophétisme pour soumettre le monde à son autorité, il aspire non seulement à s'emparer des biens temporels de cette puissance perverse, mais aussi à instituer, sous une forme en apparence plus légitime, par l'union du pouvoir civil et du pouvoir ecclésiastique (comme par exemple dans l'Anglicanisme) un véritable papisme déguisé. L'autre (tel un Milton, un Cromwell) méprise le monde ; il sait ce que valent ses biens temporels et ses moyens d'acquisition et de domination des âmes, et il n'ambitionne pour lui-même ni ceux-ci, ni ceux-là.

Or de ces deux tendances, assez connues dans l'Histoire, la première est précisément représentée par les 4 Rois du groupe (I) ; la seconde, par Abram, l'Hébreu.

Tandis que les premiers, comme les Rois de Apoc. XVII, 16, accaparent tout ce qui appartenait à Sodome, tant puissance temporelle que domination spirituelle, et, sous couleur d'une mis-

p. 201

sion vengeresse supérieure, oppriment les justes qu'ils contraignent à les suivre (Gen. XIV, 11, 12), le second, ou Abram l'Hébreu, vrai représentant du Peuple élu, averti par les dissidents (Gen. XIV, 13), de « l'œuvre étrange » qui s'accomplit, réagit énergiquement contre le courant démoralisateur qui entraîne sa propre race, et il le combat en prenant l'offensive.

Avec une poignée de héros (Gen. XIV, 14-16) (lesquels représentent, comme au temps de la Réforme, l'Eglise du Christ politiquement agissante), cet Abram l'Hébreu est vainqueur du monde ; et il se trouve alors en présence de deux grandes personnalités dont l'apparition ici simultanée, et l'opposition (Gen. XIV, 17, 18), est l'un des traits les plus extraordinaires de tout ce tableau prophétique, savoir :

l'un, le Roi de Sodome, c'est-à-dire le Chef de l'Apostasie chrétienne ou le supplanteur de Christ ;

l'autre, opposé à lui, vrai et seul Sacrificateur du Dieu très haut ; apportant, pour condamner le faux sacrifice du Faux Prophète, le Pain et le Vin de la Sainte Cène, et annonçant aussi la Seconde Venue par ce fruit de la Vigne que le Seigneur boira nouveau avec ses Elus à son retour sur la Terre (Matt. XXVI, 29).

p. 202

Celui-ci bénit Abram, et Abram, abaissé et obéissant, lui paie la dîme, expression dont plus haut déjà (§ 253) nous avons reconnu la signification.

Quant au Roi de Sodome, son caractère type de Faux Prophète est marqué par deux traits caractéristiques. Temporellement diminué, et d'autant plus amoureux des puissants du jour, il affecte, pour obtenir leur protection, de leur abandonner les biens qui lui ont, en fait, échappé ; mais en échange il leur demande les personnes, c'est-à-dire les âmes d'hommes (Apoc. XVIII, 13), sachant bien que, par ce moyen, se recouvrent avec le temps toutes les autres richesses. Mais Abram ne répond à ce Roi de Sodome que par le mépris. Il ne veut rien recevoir de lui. Il lui suffit d'avoir, en prévenant un danger spirituel suprême, secouru son frère (Lot) égaré chez ce prévaricateur (Gen. XIV, 16, 21-23).

260. Nous venons d'exposer, du moins par ses traits principaux, ce qui, d'après l'ensemble du texte, nous paraît être le sens de la vue prophétique. Cherchons maintenant si les Nombres ne nous en offriront par une vérification. Ce qui suit paraît, dans cet ordre, démonstratif.

p. 203

En ce qui concerne d'abord le groupe (IV) des 10 Peuples chefs Gen. XV, 19-21 ; groupe dont notre groupe (III) est potentiellement tiré et où il constitue le chaînon des Réphaïms-Amoréens, rappelons que, ⌐— « La Mer » ≐ 50, de Dan. VII désignant les temps diluviens, — on a trouvé la relation :

(La Mer)     +   (Gen. XV, 19-21) = 6806 = 1656
temps diluviens                          + 10 × 515

Cette relation établit de façon significative que les 10 Peuples de Gen. XV, 19-21 sont les Peuples chefs des temps postdiluviens. Envisageons après cela nos deux groupes (I) et (II). Leur considération conduit à former semblablement les valeurs numériques des deux versets Gen. XIV, 1 et 2, qui les concernent. On obtient ainsi les nombres suivants.

                Verset Gen. XIV, 1.
(Or il arriva)    | 6 + 10 + 5 + 10 =        | 31
(au temps)        | 8 + 10 + 40 + 10 =       | 62
(d'Amraphel)      | 1 + 40 + 200 + 80 + 30 = | 351
(roi)             | 40 + 30 + 20 =           | 90
(de Shinear)      | 300 + 50 + 70 + 200 =    | 620
(d'Arjoc)         | 1 + 200 + 10 + 6 + 20 =  | 237
(roi)             | 40 + 30 + 20 =           | 90
(d'Ellasar)       | 1 + 30 + 60 + 200 =      | 291
p. 204
(de Kédor-Lahomer)  | 20 + 4 + 200 + 30 + 70 +  |
                    |             40 + 200 =    | 564
(roi)               | 40 + 30 + 20 =            | 90
(d'Elam)            | 70 + 10 + 30 + 40 =       | 150
(et de Tidéal)      | 6 + 400 + 4 + 70 + 30 =   | 510
(roi)               | 40 + 30 + 20 =            | 90
(des nations)       | 3 + 6 + 10 + 40 =         | 59
                    |                           | _____
       Somme = (Gen. XIV, 1) = 3235
                Verset Gen. XIV, 2.
(qu'ils firent)   | 70 + 300 + 6 =             | 376
(la guerre)       | 40 + 30 + 8 + 40 + 5 =     | 123
(à)               | 1 + 400 =                  | 401
(Béra)            | 2 + 200 + 70 =             | 272
(roi)             | 40 + 30 + 20 =             | 90
(de Sodome)       | 60 + 4 + 40 =              | 104
(à)               | 6 + 1 + 400 =              | 407
(Birsha)          | 2 + 200 + 300 + 70 =       | 572
(roi)             | 40 + 30 + 20 =             | 90
(de Gomorrhe)     | 70 + 40 + 200 + 5 =        | 315
(à Shineah)       | 300 + 50 + 1 + 2 =         | 353
(roi)             | 40 + 30 + 20 =             | 90
(d'Adma)          | 1 + 4 + 40 + 5 =           | 50
(à Shemeber)      | 6 + 300 + 40 + 1 + 2 + 200 = | 549
(roi)             | 40 + 30 + 20 =             | 90
(de Tséboïm)      | 90 + 2 + 10 + 10 + 40 =    | 152
p. 205
(et au roi)   | 6 + 40 + 30 + 20 =   | 96
(de Béla)     | 2 + 30 + 70 =        | 102
(qui est)     | 5 + 10 + 1 =         | 16
(Tsoar)       | 90 + 70 + 200 =      | 360
              |                      | _____
       Somme = (Gen. XIV, 2) = 4608

Le groupe (I), ou le facteur sémite, défini par le verset Gen. XIV, 1, commence comme le groupe (IV) aux origines de l'Humanité postdiluvienne. On peut lui appliquer par analogie la même formule qu'à ce groupe (IV), et cela est d'autant plus certainement indiqué que le terme complémentaire des temps antédiluviens qui figure dans cette formule, ou « la Mer », est spécifié dans notre texte même, en Gen. XIV, 3, précisément à l'occasion de la classification de ce Groupe (I).

Or on a, l'Histoire intégrale de l'Humanité s'étendant sur l'échelle chronologique de -4184 (Adam) à +2386 (fin de la période historique du 10e et dernier peuple chef) :

(la Mer)   +   (Gen. XIV, 1) = 50 + 3235 = 3285 =
temps diluviens

         4184 + 2386
         ___________  = 3,3 × 365.
              2

Considérons maintenant le Groupe (II). Celui-

p. 206

ci, défini par le verset Gen. XIV, 2, désigne l'élément perverti et corrompu du Faux Prophétisme, dont l'esprit provoque la colère de Dieu, et en qui a été virtuellement trouvé tout le sang répandu sur le Terre (Matt. XXIII, 33-35). Ce sang, lors du jugement de Dieu, s'étend sur une étendue de 1600 stades (Apoc. XIV, 20) qui mesurent (Leçon IX, Vol. I, p. 220) :

4608 ans

(de la Dispersion des nations, -2428, jusqu'à la Seconde Venue, 2180).

Or on a, et d'une manière si immédiate qu'elle supprime tout commentaire :

(Gen. XIV, 2) = 4608

On peut ajouter la remarque suivante. Abram et Lot constituent l'élément sémite en contact immédiat avec ce groupe (II) (des Villes de la Plaine).

Or on a :

(Abram) = 1 + 2 + 200 + 40 = 243 = 3.3.3.3.3.
(Lot)   = 30 + 6 + 9      = 45 = 3.3.5;

d'où

(Abram) + (Lot) = 288 ;

et, ainsi qu'on l'a montré au même lieu auquel nous venons de renvoyer, 288 n'est autre chose,

p. 207

en coudées, que la valeur de l'unité qui sert de mesure à l'espace 4608 signalé par notre verset.

261. Le Chapitre XIV renferme encore d'autres nombres explicites très remarquables et qui doivent être interprétés.

On lit aux versets XIV, 4-5 que le groupe (II), après avoir été assujetti 12 ans à Kédor-Lahomer, — que l'on peut prendre ici (d'après le verset 5) comme le représentant du groupe (I) (nous verrons dans un instant la raison d'être de ce choix particulier), — se révolte la 13e année ; et que la 14e commence l'action offensive de (I) contre (II).

Voyons d'abord le sens de ces idées indépendamment des nombres précis cités et dont la mention introduit une interprétation plus concrète. Elles veulent dire, dans l'ordre prophétique, qu'au cours de l'Histoire, le Faux Prophétisme d'abord contenu par l'influence humanitaire du groupe sémitique (I), échappe à cette contrainte, et se révélant, sévit dans le monde. Or dans l'Histoire biblique, il en est effectivement ainsi. On y voit, sous les deux Alliances le Faux Prophétisme personnifié par deux types, savoir : pour l'Ancienne Alliance, Antiochus Épiphane ; dans les temps de la Nouvelle Al-

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liance, la Papauté. Or, de ces représentants, le premier précisément apparaît à l'époque où la prédominance des puissances sémitiques cède la place aux japhétiques, c'est-à-dire quand Javan a renversé Elam, quand la Grèce, par Alexandre, a effacé la Perse de la carte politique du monde, et que de l'éphémère empire du héros macédonien sont nées ces quatre royautés dans l'une desquelles doit se manifester le persécuteur impie du Peuple élu.

N'oublions pas de dire en même temps qu'ici se découvre la raison, annoncée plus haut, pour laquelle, dans notre groupe sémite (I), c'est le Roi d'Elam (Kédor-Lahomer), c'est-à-dire la Perse, que l'Ecriture désigne en tant que Chef et caractéristique du mouvement.

L'apparition historique du Faux Prophétisme chez le Japhétisme explique aussi pourquoi, en Apoc. VI, le quatrième Animal, celui qui correspond à la Puissance grecque [Javan (Japhet); Gen. X, 2] est l'Aigle (Apoc. IV, 7; VI, 7), ou le premier des oiseaux impurs (Lév. XI, 13); et le conducteur monté sur le cheval fauve, la Mort (spirituelle) (Apoc. VI, 8).

Tout ceci ne concerne encore que l'ordonnance des idées de notre texte. Voici maintenant com-

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ment les nombres de Gen. XIV, 4-5 pris en eux-mêmes lui servent de vérification.

Le Groupe (II) commence, avons-nous vu, avec les 1600 stades de Apoc. XIV, 20 c'est-à-dire en - 2428 ; il demeure « 12 années » sous la sujétion du groupe sémite (I), et ces « 12 années » finissent à l'effacement historique des Perses par les Grecs (Alexandre) ; (Dan. VIII, 21 ; le Roi de Javan et sa grande corne). Par conséquent, les « 12 années » s'étendent de la Dispersion à Alexandre, et cela fera connaître la valeur de l'unité ici désignée par le nom « année ». Il est dit ensuite que, la « 13e année », se manifeste la révolte de (II) (Gen. XIV, 4), c'est-à-dire l'apparition d'Antiochus Epiphane. Il faudra donc, pour la vérification, qu'en comptant « une année » à partir d'Alexandre, on tombe sur le temps d'Antiochus. Or voici ce que donne effectivement cette supputation. La vie d'Alexandre s'étendant de - 356 à - 323, sa date moyenne est - 340 ; il en résulte donc, d'après ce qui précède, pour la valeur de l' « année » le nombre :

2428 - 340     2088
__________  =  ____  = 174 ;
    12          12

or en comptant cette « année » à partir de - 340 (Alexandre), on obtient

-340 + 174 = - 166
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et c'est bien l'époque d'Antiochus. Le premier des 2300 ans de Daniel est - 167 (Voy. Leçon VIII, Vol. I, p. 199).

La « 14e année » de Gen. XIV, 5, celle où s'exerce l'action du groupe (I), et d'abord sur les Réphaïms, ou les Romains, marque alors effectivement les temps de l'Ere chrétienne où les Romains sont le Peuple chef et vont bientôt atteindre leur Apogée. (Si l'on voulait rechercher une précision qui ne paraît d'ailleurs pas demander l'ordre de grandeur de l'unité de temps enseignée, on pourrait remarquer que nos nombres, pris tels quels, comptent la « 14e année » en - 166 + 174 = + 8 ; et que le désastre de Varus sous les coups du Germain Arminius a lieu en + 9).

262. Le texte du Chapitre XIV offre encore un autre nombre, mais, celui-ci, d'une précision mathématique telle, et si particulier pris en lui-même, que s'il trouve place dans notre interprétation, il en sera sans doute considéré comme un des traits les plus incisifs.

Il s'agit, au Verset 14, du nombre

318

des hommes nés dans la Maison d'Abram et

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composant la poignée de héros qu'il conduit au combat contre le groupe (I).

Dans notre vue historique, la signification de ce groupe des Vaillants hommes d'Abram nés dans sa Maison, et ainsi mis à part, est claire. Il désigne, considérée dans ses membres fidèles (verset 14), la Maison d'Isaac ou le Peuple élu, ressuscité aujourd'hui dans l'Histoire. Cette résurrection, nous le savons, a lieu sous la forme des Anglo-Saxons, du peuple anglais, du British-Israël. Nous avons même vu (248) l'identité de cette descendance établie par les Nombres, puisqu'on a :

(Isaac)  = 418
(British) = 418

Or, dans notre texte, c'est précisément par ce même nombre si particulier, déjà connu et que nous y retrouvons, que cette même identité va s'établir aussi. Car Abram informe avec ses 318 serviteurs (verset 15) un groupe de

1 + 318 unités,

celle qui représente Abram à la tête de ses hommes étant d'ailleurs évidemment non une unité du dernier, mais du premier ordre de grandeur, ou 1 centaine.

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Le groupe d'Abram et de ses hommes est donc bien figuré dans la Bible par le nombre

100 + 318 = 418

commun à la fois à Isaac et à British (l'homme de l'Alliance).

Le nombre 100 pour la figuration d'Abram en relation avec Isaac est en outre d'autant plus justement introduit qu'il est donné explicitement, dans ce point de vue de relation, par la Bible elle-même. Abram (Abraham) en effet a 100 ans à la naissance d'Isaac (Gen. XXI, 5).

263. De semblables traits, particularisés qu'ils sont par des nombres très spéciaux, en apparence quelconques et cependant formellement mentionnés par le texte, sont évidemment de nature à rendre de plus en plus ferme chez le lecteur réfléchi, la certitude de l'Inspiration plénière des Écritures. Dans l'ordre historique, ils ne lui permettront pas de douter non plus du bien fondé de la thèse fondamentale de la descendance israélite, et par conséquent de l'existence aujourd'hui simultanée des deux Maisons d'Israël et de Juda.

Les dernières relations que nous venons de découvrir éclairciront même pour lui à cet égard un point important ; elles écartent une difficulté

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(à laquelle on a déjà touché en passant, § 231).

Le fait que l'Alliance avec Abram a lieu avant l'Institution de la Circoncision, et que néanmoins on voit ici Abram (non Abraham) être le chef de la Maison d'Isaac, ou d'Israël aux temps de la Seconde Venue (Melchisédec), répond de façon victorieuse à l'une des objections les plus incommodes opposées depuis longtemps à la thèse de la descendance israélite des Anglo-Saxons, à savoir que, ne possédant pas le signe de la Circoncision, ils ne pouvaient certainement pas appartenir au Peuple élu.

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DIX-SEPTIÈME LEÇON

LES DEUX MAISONS D'ISRAËL ET DE JUDA
A TRAVERS LA BIBLE ET L'HISTOIRE
LA PROPHÉTIE DE JACOB.

264. Nous venons d'envisager le sens des deux alliances de Dieu avec Abram et Abraham. C'est à la suite de la seconde que se continue, par Isaac, sous une forme historique positive, l'évolution du Peuple élu.

Isaac a pour fils les deux frères jumeaux Esaü (Edom) et Jacob (Gen. XXV, 25, 26, 30). Esaü, sorti le premier, vend à Jacob son droit d'aînesse (33). Ils seront les pères de deux Nations, dont l'une, celle de Jacob, l'emportera sur l'autre, celle d'Edom (23). Les Edomites ou Iduméens ont occupé (voyez plus haut, XVIe Leçon) la région du Sud à l'Est de la Mer Morte.

Le nom de Jacob est changé en celui d'Israël (qui lutte avec Dieu) (XXXII, 27, 28).

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Jacob ou Israël a 12 fils (XXXV, 22) qui donneront leurs noms aux 12 tribus, mais avec cette particularité que Joseph est remplacé par ses deux fils, Ephraïm et Manassé (XLI, 50-52), et qu'il n'y a pas de tribu portant le nom de Lévi ; Lévi représentait le Sacerdoce.

Les deux Maisons d'Israël et de Juda, entre lesquelles se partagent les 12 Tribus immédiatement après la mort de Salomon, c'est-à-dire en - 999 (dernière année du règne de Salomon = - 1000), ont pour chefs représentatifs Joseph (Ephraïm) et Juda.

265. Il convient tout d'abord ici d'envisager l'ordonnance systématique qui préside dans la Bible aux naissances des 12 fils de Jacob, car à elle seule cette ordonnance met déjà en évidence Juda et Joseph.

Jacob attend 7 ans au service de Laban. Il prend alors pour femmes Léa et Rachel, filles de Laban, lesquelles ont pour servantes Zilpa et Bilha. De ces 4 femmes il a, dans l'espace de 7 ans, les 11 fils (XXIX, 14 — XXX, 24) :

Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Dan, Nephtali, Gad, Aser, Issacar, Zabulon, Joseph.

Léa lui donne aussi une fille, Dina (XXX, 21).

Enfin il a plus tard de Rachel, qui meurt à

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Ephrat-Bethléem en lui donnant le jour, un 12e fils, Benjamin (XXXIV, 16-19).

Le système de ces naissances est indiqué par le tableau suivant (où les 7 premières lignes horizontales correspondent aux 7 années).

TABLEAU XVIII.

LES ENFANTS DE JACOB

  Léa        Zilpa       Bilha        Rachel
1. Ruben
2. Siméon.
3. Lévi                 5. Dan
4. Juda.                6. Nephtali
        7. Gad
9. Issacar  8. Aser
10. Zabulon.                         11. Joseph
   Dina                              12. Benjamin

Juda et Joseph, fils de Léa et de Rachel, sont mis en évidence dans leurs colonnes par des signes de séparation ou d'isolement, corespondant à ce qui est dit dans le texte biblique qu'après avoir enfanté Juda, Léa cessa d'avoir des enfants (d'année en année), et que Rachel, d'abord toujours stérile, finit par enfanter Joseph.

266. L'Ecriture chiffrée, en même temps qu'elle offre ici une preuve de plus de sa propre réalité,

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apporte une vérification nouvelle aussi du fait, annoncé par l'Ecriture, de la survivance des 12 Tribus à travers toute l'Histoire.

Les deux Maisons d'Israël et de Juda sont les Deux Témoins qui doivent subsister jusqu'à la Seconde Venue de Christ.

Ces deux Maisons se constituent, comme plus haut déjà nous l'avons rappelé, en - 999 ; le nombre de Daniel pour la Seconde Venue est + 2178. Le bloc mesuré de centre à centre de ces deux années est égal à

998,5 + 2177,5 = 3176.

Or ce bloc 3176 n'est autre chose que la somme des valeurs numériques des noms des 12 fils de Jacob.

C'est ce qu'établit le tableau suivant. On a pour ces valeurs numériques en hébreu :

(Ruben)    = 200 + 1 + 6 + 2 + 50        = 259
(Siméon)   = 300 + 40 + 70 + 6 + 50      = 466
(Lévi)     = 30 + 6 + 10                 =  46
(Juda)     = 10 + 5 + 6 + 4 + 5          =  30
(Dan)      = 4 + 50                      =  54
(Nephtali) = 50 + 80 + 400 + 30 + 10     = 570
(Gad)      = 3 + 4                       =   7
(Aser)     = 1 + 300 + 200               = 501
(Issacar)  = 10 + 300 + 300 + 20 + 200   = 830
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(Zabulon)   = 7 + 2 + 6 + 30 + 50        =  95
(Joseph)    = 10 + 6 + 30 + 80           = 156
(Benjamin)  = 2 + 50 + 10 + 40 + 10 + 50 = 162
                                  Somme   = 3176

267. Envisageons, en rapport avec cela, l'œuvre historique de Jacob lui-même.

Le nom de Jacob a pour valeur numérique

(Jacob) = 10 + 70 + 100 + 2 = 182 ou
(Jacob) = 7 × (Jéhovah)

[semblablement Joseph a pour valeur : (Joseph) = 6 × (Jéhovah)]. L'œuvre historique de Jacob se résume en fait dans la dernière période historique quinquaséculaire, celle du 10e et dernier Peuple chef de l'Histoire, British-Israël. Cette période est repérée à son point initial par la date fatidique 1870 (et 1870 + 516 = 2386, fin de l'échelle chronologique de la Bible).

La naissance de Jacob est - 2076. Le bloc mesuré de centre à centre des deux années - 2076 et + 1870, occupe un espace :

2075,5 + 1869,5 = 3945 ou
3945 = 5 × 777 + 5 × 12,

et ceci indiquerait déjà bien l'œuvre (5) missionnaire divine (777) de Jacob par les 12 Tribus.

Mais suivons maintenant, dans ce même es-

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pace, cette œuvre. Jacob attend d'abord 7 ans, c'est-à-dire, dans l'ordre de la prophétie historique, comme en Daniel, 7 jours ; ou, puisque (jours) = 100, un terme 700.

Cela conduit, à partir de l'origine - 2075,5 à

- 2075,5 + 700 = - 1375,5.

c'est-à-dire au centre de

1376 av. J. C.,

nombre qui se rapproche immédiatement de lui-même du nombre, propre aux 12 fils de Jacob et qu'on venait d'établir (§ 266),

3176

(13 = P7, 31 = P12). Ce rapprochement indique manifestement, et d'accord avec l'ordre naturel du sujet, qu'après les 7 ans d'attente il faut maintenant poursuivre figurément l'œuvre de Jacob au moyen de ce dernier nombre 3176, c'est-à-dire par les douze fils de Jacob (3176) ; et cela conduit à

- 2075,5 + 700 + 3176 = - 1375,5 + 3176 = + 1800,5

c'est-à-dire à l'origine du XIXe siècle, celui où le Peuple élu devient effectivement Peuple chef.

Cette date 1800,5 n'est pas néanmoins, d'une manière précise, celle qui repère l'accomplissement de l'Œuvre de Jacob. Il faudrait encore

p. 220

pour cela, c'est-à-dire pour arriver à la constitution 1869,5 de sa période historique, ajouter au nombre qui précède, un reste

1869,5 - 1800,5 = 69.

Or il existe aussi un reste dans l'énumération des enfants de Jacob, savoir, en Gen. XXX, 21, et au même lieu qui mentionne les naissances des fils, la mention singulière et unique d'une fille, Dina. Il est donc évident que si ce nom avait précisément pour valeur 69, il n'y aurait aucun doute quant au caractère intentionnel de l'ensemble scripturaire proposé. Or il en est effectivement ainsi ; on a bien

(Dina) = 4 + 10 + 50 + 5 = 69.

Ceci revient évidemment à la formule intégrale, directe et expressive :

(Distance de la Naissance de Jacob
 à la constitution 1870)  (2075,5 + 1869,5)  3945 =
    ⎧ (7 jours d'Attente de Jacob)  7 × 100
 = ⎨ + (somme des valeurs numériques
    ⎩    de ses 13 enfants)  3245.

268. Remarques. On peut observer que le sens du mot Dina, qui veut dire « jugement », concourt à confirmer la déduction ; car les nombres, en même temps qu'ils repèrent la période du 10e

p. 221

et dernier Peuple chef [on a aussi, à cet égard : (Dina) = 3 × P10], transportent ici en plein centre de la 7e et dernière période de l'Histoire de l'Eglise, celle de Laodicée ou du « jugement des peuples ». Ce dernier rapprochement qui ne porte que sur le sens des idées, ne reste pas d'ailleurs non plus sans justification numérique ; car la période de 528 ans de Laodicée (qui se termine en 2180) a pour centre 1916, dont le centre d'année est 1915,5 ; et de même que l'on a

1800,5 + (Dina) = 1869,5,

on a

           10
1800,5 + ─────── × (Dina) = 1915,5.
         1. 2. 3.

Il n'est pas inutile, toujours en confirmation de la réalité de l'intention mathématique du document, d'appuyer sur le caractère septénaire des données relatives à Jacob, qui a 77 ans quand il arrive chez Laban ; qui sert 7 ans Laban, puis encore 7 ans, etc.). De la naissance de Jacob - 2076 à l'Exode - 1516, il y a (en prenant pour écriture, comme précédemment, les centres d'années) un bloc

2075,5 - 1515,5 = 8 × 70,

ce qui démontrerait aussi que notre terme de 7 × 100 = 10 × 70 = 700, introduit plus haut d'après

p. 222

le texte biblique, était naturellement repéré par la Chronologie. De cette naissance à l'origine - 998,5 (centre de la 1re année - 999 après Salomon) des deux Maisons d'Israël et de Juda, il y a le bloc

2075,5 - 998,5 = 1000 + 77.

Enfin, comme on l'a observé déjà, le nom de Jacob a pour valeur

(Jacob) = 7 × (Jéhovah).

La probabilité que des traits accumulés de cet ordre soient dus au hasard est peut-on dire, nulle. Un seul exemple comme celui que nous venons de constater au sujet des fils de Jacob, suffirait pour prouver que l'écriture chiffrée est une réalité intentionnelle.

269. Aux traits généraux qui précèdent concernant la Famille de Jacob, quelques autres doivent être joints qui se rapportent particulièrement à Joseph.

Le fait que Joseph est représenté dans les 12 Tribus par ses deux fils, Ephraïm et Manassé, le met déjà d'une certaine manière en évidence ; mais il est tout autrement signalé encore par son histoire personnelle ; celle-ci, qui en fait le Sauveur des siens et, par tous ses détails, un type de Christ, lui assigne une situation unique.

p. 223

270. Cette figuration intentionnelle de Christ par Joseph nous donne tout d'abord la solution d'une difficulté critique qui porte les commentateurs, — quoiqu'ils fassent en cela violence à la Chronologie littérale et sans équivoque de la Bible, — à transformer, de diverses façons, en quelque espace moindre, les 430 ans du Séjour des Israélites en Égypte. Il s'agit du passage III, 17 de l'Épître aux Galates où Paul parle de l'Alliance de Dieu, venue 430 ans avant la Loi (l'Exode, Moïse). Dans cette « Alliance », sans plus regarder à la précision du texte, on les voit chercher soit l'Alliance de Dieu avec Abraham, soit la Naissance d'Isaac ; etc. Or ce passage n'est, en lui-même, que la confirmation nette de la figuration de Christ par Joseph, objet que nous venions de rappeler. Le voici : (Gal. III, 17)

« Voici donc ce que je dis : que l'alliance que Dieu a auparavant confirmée en Christ, n'a pu être annulée, ni la promesse abolie, par la Loi, qui n'est venue que 430 ans après ». L'Alliance auparavant confirmée en Christ a donc lieu en - 1516 (Loi) - 430 = - 1946, c'est-à-dire à l'arrivée de Jacob et de ses fils en Égypte, et l'expression de Saint-Paul est la consécration solennelle de la mission prophétique et typique de Joseph. Jacob
p. 224

et sa famille sont en effet reçus par Joseph (type de Christ) comme par un Sauveur.

271. L'histoire personnelle de Joseph le signale sous un autre point de vue encore, d'intérêt plus direct pour notre investigation actuelle, en ce qu'elle en fait un type aussi de la Maison d'Israël, de laquelle d'ailleurs, dans la réalité historique, il est généalogiquement, (par Ephraïm et Manassé), le représentant. De même en effet que cette Maison, après sa Dispersion par Salmanazar à Ninive, disparaît dans le Désert de l'Histoire sans que le monde sache aujourd'hui ce qu'elle est devenue, Joseph dans le désert disparaît comme mort, aux yeux de tous (Gen. XXXVII, 22). Tout autre cependant est en réalité sa destinée. Jacob ou Israël l'estime perdu et absorbé par la puissance terrestre (la Bête féroce, Gen. XXXVII, 33 ; ou la Bête de Daniel) qui s'est emparée de lui. Mais pendant qu'Israël ainsi le pleure et le croit mort (XXXVII, 35), Joseph est entré en possession du premier pouvoir politique terrestre ; il est devenu le dominateur du Peuple chef de son temps (XLI, 41-44). Son esprit commande à ce peuple et en fait un facteur mondial qui rend service à toute la Terre (XLI, 57). Quelques-uns, par la Grâce de Dieu et

p. 225

la connaissance des Ecritures, se rendent sans doute compte de la nature ethnique de ce peuple et de sa haute mission ; mais une multitude, pourtant de la même race et du même sang, reste aveugle : « Joseph reconnaît ses frères, mais eux ne le reconnaissent pas » (XLII, 8). Il faudra que la Maison de Juda, c'est-à-dire Juda prenant sous sa garde Benjamin (XLIII, 8) (duquel est sorti Paul, l'Apôtre des Nations et d'Israël ; Rom. XI, 1 ; Philipp. III, 5) reconnaisse son iniquité (XLIV, 16) et s'abandonne au secours de la Maison d'Israël (XLIV, 18-34), pour que la reconnaissance se fasse (XLV, 1), et qu'enfin, tous ensemble, ils ramènent en Jacob, le Peuple élu dans le repos définitif de la Terre natale (XLIX, 29-33 ; L, 5-8).

Cette histoire personnelle de Joseph est donc d'une importance capitale pour notre appréciation des faits historiques les plus actuels. Dans le parallélisme, l'Histoire externe, en ce qu'elle nous a de classiquement connu aujourd'hui, conduit, par la Dispersion de la Maison d'Israël, jusqu'aux temps où Joseph a disparu dans le désert. Mais la suite de la vie du fils de Jacob nous enseigne qu'en réalité, quoique d'une manière non encore visible et non reconnue aux yeux de l'Histoire, cet Israël des 10 Tribus, loin

p. 226

d'être anéanti, doit exister sous une forme qui ne nous échappe que parce qu'elle nous domine, et de si près que nous ne la voyons pas.

272. Continuons donc, pour la discerner mieux, à suivre avec attention l'Ecriture et l'Histoire.

Le premier document qui, dans cette vue, prolonge notre examen, consiste dans les deux discours prophétiques de Jacob, aux Chapitres XLVIII et XLIX de la Genèse. Et ici, du premier coup, un grand trait se manifeste qui, plus tôt peut-être que nous ne le prévoyions, confirme d'une manière éclatante la mission historique de Joseph : de ces deux prophéties de Jacob, la première, en effet, ou le Chapitre XLVIII, concerne d'abord et en particulier, Joseph et ses deux fils, Ephraïm et Manassé ; la seconde, ou le Chapitre XLIX, les 12 fils de Jacob.

Cette simple disposition est le témoignage le plus évident du rôle capital et prépondérant que la Maison d'Israël est destinée à remplir dans le plan divin de l'Histoire.

273. Examinons par conséquent d'abord ce Chapitre XLVIII. Comme on va le reconnaître, indépendamment de sa portée pour la question de la descendance israélite, il offre un intérêt tout particulier pour nous en ce qu'il légitime par un

p. 227

exemple indéniable la nature de nos moyens de recherche. Nous voulons dire qu'il montre la Bible décrivant, explicitement, dans son texte, une disposition géométrique et arithmétique qui y sert d'écriture à une dispensation spirituelle et historique.

Des deux fils de Joseph, Manassé et Ephraïm, l'aîné est Manassé (Gen. XLVIII, 14 ; XLI, 50-52). Jacob atteignant sa fin (XLVIII, 1, 21 ; XLIX, 33). Joseph présente ses deux fils à la Bénédiction paternelle. Il met Manassé à la droite de Jacob, Ephraïm à sa gauche, et il s'attend donc à ce que Jacob mette sa main droite sur la tête de Manassé, l'aîné, et sa gauche sur celle du cadet, Ephraïm. Mais Jacob, en déclarant d'ailleurs que son acte est intentionnel (XLVIII, 14, 19), croise les bras, et bénit Ephraïm de la main droite, et Manassé de la main gauche. C'est donc Ephraïm ou le cadet, qui sera le représentant de Joseph (XLVIII, 13-19). Jacob déclare qu'Ephraïm et Manassé seront les pères de deux grands peuples, mais que le plus grand sera le cadet Ephraïm, et que sa postérité sera une multitude de nations (XLVIII, 19). Il est évident que cela ne s'est pas réalisé si cette postérité d'Ephraïm est simplement la Tribu d'Ephraïm en Palestine.

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Pour découvrir ce que signifie la disposition géométrique si particulière de cette Bénédiction de Jacob, il faut récapituler les données de la situation. Jacob prophétisant a devant lui la suite des jours (XLIX, 1) ; il arrive à sa fin (mort de Jacob = - 1929) après être resté 17 ans en Egypte (XLVII, 28) où il est descendu en - 1946. Dans l'ordre des éléments de temps, en faisant rétrograder sa main droite par deux rangs (Manassé, Ephraïm), c'est-à-dire en comptant 2 de droite à gauche ou vers le passé, il désigne, par cette main droite reposant sur la tête d'Ephraïm, l'année

- 1929 - 2 = - 1931,

et cette année a un caractère déjà marqué dans la Bible, si l'on rapproche Ephraïm de Joseph dont il va devenir le représentant ; car c'est celle où Ephraïm a 17 ans, comme Joseph son père avait 17 ans lors de sa disparition dans le désert et de son exil en Egypte (XXXVII, 2). Ephraïm en effet était né 2 ans avant l'arrivée de Jacob, au terme des 7 années d'abondance et en commençant les 7 années de famine (XLI, 52-54 ; XLV, 6) ; on a pour l'arrivée de Jacob -1946. pour la naissance d'Ephraïm

- 1946 - 2 = -1948 ;
p. 229

par conséquent Ephraïm a bien 17 ans en

- 1948 + 17 = - 1931.

Ephraïm étant le représentant de la Maison d'Israël qui doit disparaître dans le désert du monde, nous pouvons appeler cette année - 1931 où il a 17 ans: l'année caractéristique d'Ephraïm; puisque, encore une fois, Joseph dont il est le représentant a de même, dans la figuration, été perdu à cet âge dans le désert.

La désignation précédente d'Ephraïm constitue déjà pour une part la signification du geste de Jacob. Mais tous les caractères de son acte n'y sont pas envisagés.

Sans même faire attention qu'en tout ceci se mettent de nouveau en évidence les 2 ans systématiques de l'Ecriture (voy. Vol. I, p. 291), il y a dans le signe de Jacob un autre trait caractéristique essentiel. Il consiste en ce que le nombre 1931 est mis devant lui, et par lui, en évidence, non seulement par la direction vers la gauche, de sa main droite, mais aussi par celle, vers la droite, de sa main gauche, résultant du croisement des bras de Jacob. Cela veut dire que la lecture de ce nombre 1931 est accompagnée pour lui d'une indication de direction de ses parties, qui le présente sous le schéma

p. 230
<—    —>
19    31

et qui le fait lire

9131.

Or, si l'on construit (Fig. 17) le carré dont les bras croisés de Jacob sont ainsi les diagonales, ce dernier nombre, porté sur chacun des côtés de ce carré comme il l'est déjà sur le côté qui joint les mains de Jacob, donne pour le contour du carré la valeur

4 × 9131 = 36524 = 100 × 365,24,

Fig. 10

       9131
   ↗‾‾‾‾‾‾‾‾↘
   |\      /|
9131| \    / |9131
   |  \  /  |
   |   \/   |
   |   /\   |
   |  /  \  |
   ↙________↘
       9131

(carré dont les diagonales sont les bras croisés de Jacob, chaque côté et chaque diagonale portant la valeur 9131)

c'est-à-dire, en jours [d'ailleurs (jours) = 100 (héb)], avec la fraction exacte de jour, la durée de l'Année solaire.

Si l'on se rappelle que dans la computation chronologique de la Bible nous avons déjà trouvé la vie de Joseph liée d'une manière intime à la durée de l'Année (Vol. I, 628) (par les 12 mois de

p. 231

30 jours qui s'écoulent de sa mort à l'Exode), et que Joseph est un type de Jésus, le Soleil de Justice, ce signe de la durée de l'Année indiqué au sujet de l'Ephraïm, ou du représentant de Joseph, se présentera non comme une singularité sans raison d'être, mais bien au contraire comme une nouvelle vérification de l'ordre admirable qui règle dans leurs moindres détails les données de l'Ecriture. Cet ordre d'ailleurs, remarquons-le bien, on devait le constater si cette Ecriture est la Parole de Dieu.

On observera, en rapprochant ceci de l'usage fait antérieurement dans les vues prophétiques d'Abraham (§ 249), de la période de la Précession des Equinoxes, mesurée par 50 périodes quinquaséculaires, que cette durée de Précession est également mesurée ici par la somme des diagonales du carré, ou par les deux bras de Jacob; car cette somme vaut

2 × 9131 × √2 = 25826,3...,

c'est-à-dire, par son entier,

25826 = (Jéhovah) + 50 × 516,

ou encore

                (Joseph)                  (Jacob)
50 × 616 + ─────────── , ou 50 × 516 + ─────────
            1 × 2 × 3                       7
p. 232

274. Passons maintenant au Chapitre XLIX où Jacob annonce à ses 12 fils ce qui doit arriver dans la suite des jours (XLIX, 1).

Si, par la nature des déclarations du texte de ce Chapitre, Juda et Joseph, c'est-à-dire les deux Maisons de Juda et d'Israël, ou les Deux Témoins historique dans le plan de Dieu, sont manifestement mis en évidence, ils le sont aussi d'une manière purement externe par l'ordonnance, en nombres de versets, des prophéties qui concernent les diverses Tribus d'Israël. Voici en effet ces nombres de Versets :

           Tribus           Nombres de Versets.
(3, 4)     Ruben                2  ⎫
(5-7)      Siméon, Lévi         3  |
(8-12)     Juda                 5  |
(13)       Zabulon              1  |
(14, 15)   Issacar              2  |
(16-18)    Dan                  3  ⎬ 25 = 5 × 5
(19)       Gad                  1  |
(20)       Asser                1  |
(21)       Nephtali             1  |
(22-26)    Joseph               5  |
(27)       Benjamin             1  ⎭

Dans ce tableau, Juda et Joseph sont désignés d'une manière prééminente par les deux nombres maximum 5, et leur rôle comme facteurs direc-

p. 233

teurs de tout l'ensemble est assez marqué en ce que celui-ci a pour somme 5 × 5.

Les dates à partir desquelles, comme ère, les valeurs numériques fournies par les versets dans ce qui va suivre, doivent être rationnellement portées, pour, à partir de là, « prophétiser dans la suite des jours », sont nécessairement, en termes de premier ordre, celles que notre analyse antérieure vient déjà de nous faire envisager, savoir:

- 2076  Naissance de Jacob
- 1931  Année caractéristique d'Ephraïm
- 1929  Mort de Jacob.

Ce groupe préalable intéresse la force démonstrative de nos résultats. Ils se présenteront évidemment comme d'autant plus remarquables que les simples nombres qui précèdent, et qui leur servent de base dans l'induction, étaient imposés d'avance. Cela élimine à leur égard toute suspicion d'arbitraire et de hasard.

275. Ceci considéré, envisageons d'abord dans notre texte les traits de premier ordre qui concernent Joseph.

Les paroles de Jacob adressées à Joseph se terminent par le verset 26 : « Les bénédictions de ton père surpassent les bénédictions de ceux qui

p. 234

m'ont engendré. Jusqu'au terme des coteaux des siècles elles seront sur la tête de Joseph, sur le front du prince (du Nazarien, du mis à part) de ses frères. »

La valeur numérique de ce verset 26 est rapportée dans le tableau suivant :

Verset Gen. XLIX, 26.

Les bénédictions  2 + 200 + 20 + 400        = 622
de ton père       1 + 2 + 10 + 20           =  33
surpassent        3 + 2 + 200 + 6           = 211
les bénédictions  ⎰ 70 + 30 +
                  ⎱ 2 + 200 + 20 + 400      = 722
de ceux qui m'ont
engendré          5 + 6 + 200 + 10          = 221
jusque            70 + 4                     =  74
au bout           400 + 1 + 6 + 400         = 807
des coteaux       3 + 2 + 70 + 400          = 475
des siècles       70 + 6 + 30 + 40          = 146
elles seront      400 + 5 + 10 + 10 + 50    = 475
sur la tête       30 + 200 + 1 + 300        = 531
de Joseph         10 + 6 + 60 + 80          = 156
sur le front      6 + 30 + 100 + 4 + 100 + 4 = 244
du Nazarien       50 + 7 + 10 + 200         = 267
d'entre ses
frères            1 + 8 + 10 + 6            =  25
                                      Somme  = 5009
p. 235

On a donc pour la valeur numérique du verset qui concerne les bénédictions promises par Jacob à Joseph, au moment de la mort de Jacob, verset qui aussi compare Joseph au Nazarien et le fait type de Christ :

(XLIX, 26) = 5009.

Or si l'on porte ce nombre à partir de la Mort - 1929 de Jacob, on a, à partir de Christ :

- 1929 + 5009 = 3080 = 40 × 77,

nombre assez significatif tant à cause du signe 77 de la Seconde personne (le Nazarien), que du nombre 40 qui, par les « 40 ans au désert » s'applique bien à l'idée de la Dispersion future d'Israël dans le désert du monde.

Mais le texte du verset renferme en outre une indication concrète fort instructive, dans la déclaration que ces bénédictions accompagneront Joseph « jusqu'au terme des coteaux des siècles », c'est-à-dire des coteaux formés au cours des siècles; car en fixant les yeux sur le progrès historique tel que la Bible elle-même nous l'a fait connaître, progrès qui suit une marche déterminée de l'Est vers l'Ouest, puis qui se trouve limité, au temps final de Daniel, par la limite occidentale du relief de l'Europe, nous reconnaîtrons nécessairement que le terme physique dont

p. 236

il est ici question n'est autre que celui qu'assigne forcément le relief même de la Terre (les coteaux des siècles) à ce déplacement progressif et mesuré du centre de la civilisation.

Mais dès lors aussi, une conséquence d'intérêt plus direct encore pour notre sujet, s'impose. Puisque le Peuple chef repéré par cette limite dans la Loi historique de succession des peuples, c'est-à-dire le 10e et dernier de la série, est l'Angleterre, ou généralement les Anglo-Saxons, l'Israël des 10 Tribus, ou la Maison d'Israël, s'identifie avec eux; cet Israël a donc réapparu depuis longtemps, et il se trouve présent au monde dans la puissance politique qui, au premier rang, a, dans l'Histoire moderne, défendu et défend le retour du monde à l'Evangile.

276. Ainsi éclairés sur la mission de Joseph dans l'Histoire générale par ce grand trait du dernier de ses 5 versets, poursuivons notre examen par l'analyse d'autres faits historiques que paraissent mentionner les versets précédents.

Le verset 23 « On l'a fâché amèrement (Joseph); on a tiré contre lui et les maîtres tireurs d'arc ont été ses ennemis », fait allusion évidente au fait que de sa Dispersion par les Assyriens. En Apoc. VI en effet, les Conducteurs montés sur

p. 237

des chevaux (les chevaux des peuples, Zach, XII, 4) sont, à partir du Déluge, les Peuples chefs successifs de la Loi historique, et le premier d'entre-eux, — il est d'ailleurs (Apoc. VI, 1, 2; IV, 6, 7) annoncé par le Lion assyrien de Daniel VII, 4, — a pour instrument de guerre l'Arc (Apoc. VI, 2), et n'est autre, d'après cette loi, que la Puissance assyrienne.

C'est d'ailleurs ce que la valeur numérique du verset va par une autre voie mettre hors de doute.

On voit en II Rois XVII, 6 que « la 9e année d'Hosée (Roi d'Israël) le roi des Assyriens prit Samarie; et il transporta les Israélites en Assyrie ». Cette 9e année, ou la dernière année du règne d'Hosée, est l'an

- 759

La captivité d'Israël commence donc au point chronologique ou fin de cette année - 759, fixé sur l'échelle chronologique par la distance

- 758.

La valeur numérique du verset 23 est, d'autre part, rapportée dans le tableau suivant :

Verset Gen. XLIX, 23.

ont fâché
amèrement lui  6 + 10 + 40 + 200 + 200 + 5 + 6 = 467
p. 238
l'ont harcelé  6 + 200 + 2 + 6              = 214
et l'ont haï   6 + 10 + 300 + 9 + 40 + 5 + 6 = 376
les maîtres    2 + 70 + 30 + 10            = 112
des flèches    8 + 90 + 10 + 40            = 148
                                  Somme     = 1317

On a donc

(XLIX, 23) = 1317

Or en portant ce nombre à partir de la Naissance de Jacob ou Israël, qui est l'ère naturelle, considéré dans toute son étendue, du développement historique du Peuple élu, on obtient

- 2076 + 1317 = - 759,

c'est-à-dire effectivement l'année où les Assyriens « sont les ennemis de Joseph » (23), prennent Samarie et emmènent les Israélites en Assyrie. (Faisons remarquer que ceci même est, par réciprocité, une vérification de notre interprétation, rappelée plus haut, de Apoc. VI)

277. Le verset suivant, 24, continue, en Joseph, — la Dispersion venant d'être mentionnée au verset 23, — l'Histoire de la Maison d'Israël, et décrit la résurrection ultérieure de celle-ci (Gen. XLIX, 24) : « Mais (c'est-à-dire en dépit du fait de la Dispersion) son arc est demeuré ferme, et

p. 239

ses bras et ses mains ont été renforcés par les mains du Puissant de Jacob, du lieu (où réside) le Pasteur, la Pierre d'Israël ». La valeur numérique de ce verset est mesurée comme suit :

Verset Gen. XLIX, 24.

Mais a demeuré      6 + 400 + 300 + 2        = 708
dans la force       2 + 1 + 10 + 400 + 50    = 463
son arc             100 + 300 + 400 + 6      = 806
et ont été renforcés 6 + 10 + 80 + 7 + 6     = 109
ses bras            7 + 200 + 70 + 10        = 287
et les mains de lui 10 + 4 + 10 + 6          =  30
par les mains       40 + 10 + 4 + 10         =  64
du Puissant         1 + 2 + 10 + 200         = 213
de Jacob            10 + 70 + 100 + 2        = 182
du lieu où          40 + 300 + 40            = 380
le pasteur          200 + 70 + 5             = 275
la Pierre           1 + 2 + 50               =  53
d'Israël            10 + 300 + 200 + 1 + 30  = 541
                                      Somme   = 4111

On a donc pour la valeur numérique du verset qui concerne les tribulations de la Maison d'Israël ou des 10 Tribus dispersées lesquelles ont pour représentant spécifique, ainsi qu'on l'a vu en Gen. XLVIII, Ephraïm :

(XLIX, 24) = 4111.
p. 240

Or si l'on porte ce nombre à partir de la date caractéristique d'Ephraïm - 1931 [voyez plus haut (§§ 273, 274)], — c'est-à-dire du temps où, âgé de 17 ans, il est, dans la consécration de Jacob, le représentant de Joseph, ou de la Maison d'Israël, perdu dans le désert à 17 ans, — on a à partir de Christ

- 1931 + 4111 = + 2180

ce qui est la limite de Daniel assignée par lui au Second Avènement, ou au fait capital et dominateur de la période d'Israël (Ephraïm), ressuscité comme Peuple chef dans l'Histoire.

Mais, outre cette remarquable donnée de nombre, le verset présente, dans son texte même, une indication concrète et directe relative à l'identification d'Israël, analogue à celle du verset 26 sur les « côteaux des siècles », mais plus précieuse encore peut-être à raison de l'étroitesse absolue de son argument. 26 faisait connaître une limite géographique; 24 fait connaître, dans cette limite même, un lieu, un point géographique précis et unique.

Il s'agit du « lieu (où sont) le Pasteur, la Pierre (ou le socle) d'Israël ».

On peut, en passant, prendre texte de ce passage pour montrer le danger qu'il y a quand un

p. 241

verset de l'Ecriture paraît incompréhensible, à s'écarter de la fidélité littérale, et à substituer au texte tel qu'il est une phrase, de tournure claire sans nul doute, mais qui n'a plus rien de commun avec les idées qu'expriment réellement les mots de l'original. Le passage dont nous nous occupons est considéré par les commentateurs comme très difficile à cause de son obscurité, et beaucoup ne craignent pas d'offrir au lecteur non averti des substitutions telles que celles-ci (par exemple Segond) : « Il (Joseph) est ainsi devenu le berger, le rocher d'Israël ». Mais [et quoique, dans un sens, on puisse bien dire aussi que Joseph est la Pierre d'Israël ; voy. Leçon XXIV, (§ 652)] des traductions plus respectueuses du texte lisent, comme Ostervald : « ... ses bras et ses mains ont été renforcés par les mains du Puissant de Jacob, du lieu (où réside) le Berger, le Rocher d'Israël ». De même dans la Bible anglaise, on lit « ... the arms of his hands were made strong by the hands of the mighty (God) of Jacob ; [from thence (is) the shepherd, the stone of Israël] ». La Vulgate traduit aussi: « ... dissoluta sunt vincula brachiorum et manuum illius per manus potentis Jacob ; inde pastor agressus est lapis Israël ». (de là est sorti le pasteur, etc.) La Bible annotée de Neufchâtel estime

p. 242

ce passage « très difficile » et s'en tient à la forme : « ses bras et ses mains sont rendus agiles par les mains du Puissant de Jacob, par celui qui est le berger, le rocher d'Israël », forme qui lui « paraît offrir encore le meilleur sens ».

Toute la difficulté et toute la question consistent en effet ici dans cette idée de lieu, que l'on ne comprend pas ; elle apparaît plus ou moins timidement dans quelques unes des traductions qui viennent d'être rapportées; elle est nettement transcrite, telle quelle, et quoi qu'il en soit, dans Ostervald.

Pour nous qui prenons l'Ecriture littéralement, nous avons à nous demander, en présence de tout cela, s'il existe effectivement, à la limite occidentale de l'Europe où déjà nous a conduits le verset 26, un lieu déterminé où se trouve une Pierre nommée Pierre d'Israël ou de Jacob? Or, contrairement à toute prévision humaine, ce lieu unique existe, non point fictivement sous le voile d'une légende, non point même, si on le reconnaissait réel, seulement indiqué par les décombres de quelque ruine, mais connu du monde entier, visible à tous, au centre d'action, dans la capitale du Peuple le plus civilisé de la Terre ; et la Pierre qu'il recèle n'est pas, dans cette capitale, un objet de curiosité réservé à des érudits sous

p. 243

les vitres d'un musée ; cette Pierre est l'objet d'un culte historique national : sous les voûtes du Temple où ce peuple abrite le souvenir de ses gloires, elle a été enchâssée par lui dans la Chaire du Couronnement de ses Rois. C'est la Pierre du Couronnement, la Pierre du Destin, la Pierre ou Oreiller de Jacob (Jacob's Pillow), qui se trouve en effet à Londres, à Westminster, et qui sert de siège à la Chaire du Couronnement des Rois d'Angleterre. Qu'on trouve une semblable relique comme fétiche chez une peuplade sauvage d'un continent déshérité, n'étonnerait sans doute personne ; mais qu'on la découvre en pleine Europe chez le Peuple chef d'aujourd'hui, dans la patrie de Bacon, de Newton et de Lord Kelvin, cela est tellement remarquable en soi que, si l'on ne vivait pas aujourd'hui dans une atmosphère où on ne s'étonne plus de rien parce qu'on pense trop peu, le fait que cette Pierre d'Israël ou de Jacob, annoncée par la Prophétie et pressentie par elle chez les Anglo-Saxons, existe réellement à Westminster, en plein Londres, devrait frapper le monde par un argument invincible, et emporter la thèse qu'ici nous défendons.

Le nom d'Oreiller de Jacob donné populairement à cette Pierre de Westminster, vient de la tradition qui voit en elle la Pierre sur laquelle

p. 244

Jacob reposait sa tête, quand, dans le songe de Béthel, il contempla l'Echelle (chronologique), sur laquelle montaient et descendaient les Envoyés de Dieu (Gen. XXVIII, 11-13, 17, 18, 22).

Rappelons en passant que la date de ce fait est remarquable : c'est l'an

- 2000

En effet c'est à la naissance de Joseph, — 1985, que Jacob se sépare de Laban (XXX, 25), et il le sert encore 6 ans pour ses troupeaux (XXXI, 41 ; XXX, 36); cela conduit à - 1985 + 6 = 1979. Il l'avait en tout servi pendant 20 ans, 14 ans pour ses filles, 6 ans pour ses troupeaux (XXXI, 41). Il était donc arrivé chez Laban (XXXIX, 1, 5) en - 1979 - 20 = - 1999 ; c'est donc bien en l'an - 2000 qu'il a eu la Vision de Béthel.

On voit que, de même que la date - 1000 est marquée par la fin du règne de Salomon, la date - 2000 [comme celle-là, nous le savons d'autre part (Leçon III), base instrumentale qui sert à mettre en évidence dans la chronologie littérale les périodes quinquaséculaires ou temps de Daniel], est aussi bien repérée par un fait de premier ordre dans l'Histoire du Peuple élu.

Les faits précédents paraissent démontrer, sans doute possible, non seulement, en général,

p. 245

l'Identité ou la Descendance israélite des Anglo-Saxons, mais en particulier, maintenant, l'identité de l'Angleterre et d'Ephraïm, puisque c'est là qu'est, avec la Pierre, (voir le verset 24) le Pasteur d'Israël ; et sans doute aussi après ces faits ne trouvera-t-on pas étrange, ni ne songera-t-on à attribuer à un hasard, vraisemblablement ici impossible, cet autre fait que le nom même de Westminster est écrit par la valeur numérique de notre verset.

C'est ce qu'il nous reste à exposer.

Demandons-nous en effet quel est, dans ce verset, ce « lieu (où réside) le Pasteur, la Pierre d'Israël »? En hébreu, comme dans Juges XIII, 17 « Quel (est) ton nom? », nous aurons, pour l'interrogatif « quel »?, le pronom מי 40 + 10 = 50. Il viendra donc (voy. le tableau numérique du verset 24) l'équation:

quel (est) le lieu (où réside) le Pasteur, la Pierre
  d'Israël
        = 50 + (380 + 275 + 53 + 541) = 1299 ;

c'est-à-dire que la réponse à la question est le nombre

1299.

Or nous allons voir que ce nombre n'est autre chose que la valeur numérique de Westminster

p. 246

dans l'Alphabet anglo-saxon. On a en effet :

                   | 500
                   |   5
                   | 100
                   | 200
                   |  40
WESTMINSTER =      |   9    = 1299
                   |  50
                   | 100
                   | 200
                   |   5
                   |  90
                     ----
                     1299

Donc le nom cherché du lieu où se trouve la Pierre d'Israël est

WESTMINSTER

D'ailleurs, comme pour affirmer encore la chose, et en outre, conformément au sens du verset, qui traite de la résurrection historique de la Maison d'Israël, qu'il s'agit bien, dans l'Angleterre, des 10 Tribus perdues d'Israël, il reste l'admirable vérification suivante, entièrement indépendante en elle-même de la précédente :

Si on écrit dans le verset le Nom, Westminster, qu'on vient de trouver pour le lieu indiqué par lui, on a pour la somme des 14 mots du verset, plus Westminster, lesquels donnent : « Mais son arc est demeuré ferme, et ses bras et ses mains ont

p. 247

été renforcés par les mains du Puissant de Jacob, du lieu, WESTMINSTER, (où réside) le Pasteur, la Pierre d'Israël » :

(XLIX, 24) + WESTMINSTER = 4111 + 1299
            = 5410 = 10 × 541.

Or ceci n'est autre chose que la relation :

(XLIX, 24) + WESTMINSTER = 10 fois (Israël),

car le mot hébreu (Israël), qui est d'ailleurs le 13e et dernier du verset XLIX, 24, est précisément

(Israël) = 541.

(On voit qu'on aurait pu tout aussi bien tirer directement le nom cherché X de l'équation

(XLIX, 24) + X = 10 (Israël);

mais nous exposons ici les choses dans l'ordre où elles se sont réellement présentées à nous.

278. Le caractère systématique, indéniable, nous semble-t-il, par les traits précédents, des paroles prophétiques adressées à Joseph, s'accusait déjà suffisamment, en terme de premier ordre, par les relations entre les valeurs numériques des trois versets à caractère historique Gen. XLIX, 23, 24, 26, et les trois dates antérieurement établies - 2076, - 1931, - 1929, savoir, sans qu'il soit besoin de revenir sur leur signifi-

p. 248

cation, et seulement pour les résumer dans un coup d'œil d'ensemble :

- 2076 + (XLIX, 23) = - 759
- 1931 + (XLIX, 24) = + 2180
- 1929 + (XLIX, 26) = 40 × 77

Envisageons maintenant les paroles prophétiques adressées à Juda. On lit en XLIX, 10 : « Le sceptre ne s'écartera point de Juda, ni le (bâton du) Législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Silo (le Pacificateur) ; à lui appartient l'assemblée (ou l'obéissance) des peuples ».

Puisqu'à ce Silo ou Pacificateur appartient l'assemblée, ou l'obéissance, des peuples, il s'agit de la Seconde Venue et de l'établissement du Règne de Dieu. Cela signifie donc que Juda se retrouvera comme puissance politique aux derniers temps aussi bien qu'Israël (Joseph) ; et c'est ce qui est d'accord avec la déclaration de Jérémie (Jér. III, 18) : « En ces jours-là, la Maison de Juda marchera avec la Maison d'Israël, et elles viendront ensemble du pays du Nord, au pays que j'ai donné en héritage à vos pères » ; et avec celle faite par le Seigneur lui-même aux 12 Apôtres (Matt. XIX, 28) : « Dans la régénération (qui doit arriver) vous serez assis sur 12 trônes, jugeant les 12 tribus d'Israël ».

p. 249

La valeur numérique de notre verset, XLIX, 10, confirme ensuite entièrement cette vue de l'union de Juda et d'Israël.

La période de domination du 10e et dernier Peuple chef ou de l'Angleterre, que nous savons dès maintenant, par ce qui précède (§ 277) être Ephraïm, est repérée, on le sait aussi, par un temps de 516 ans qui court de 1870 à 1870 + 516 = 2386.

Dans cette période, la Seconde Venue, ou la Venue du Pacificateur, a lieu en 2180.

Fig. 18

<- - - - - 516 - - - - - ->
2386            2180                  1870
C       206    B   100  B'              A

Si donc (Fig. 18) on mesure les temps par des longueurs, et que les trois points A B C désignent les dates 1870, 2180 et 2386, c'est l'espace BC, à partir de l'arrivée B du Silo, qui représente dans cette période d'Ephraïm, l'Institution du Règne ou de l'Obéissance de l'Assemblée des Peuples. Cet espace BC est égal à

2386 - 2180 = 206

(En fonction de la période 515, on a 206 = 2 × 515/5 ;

p. 250

et nous observons que, dans l'Alphabet actuel anglo-saxon, on a

Jésus = 10 + 5 + 100 + 300 + 100 = 515).

D'autre part, la valeur numérique de notre verset XLIX, 10 est déterminée littéralement comme suit.

Verset Gen. XLIX, 10.

Ne pas             | 30 + 1                  |  31
s'écartera         | 10 + 60 + 6 + 200       | 276
le Sceptre         | 300 + 2 + 9             | 311
de Juda            | 40 + 10 + 5 + 6 + 4 + 5 |  70
et le législateur  | 6 + 40 + 8 + 100 + 100  | 254
d'entre            | 40 + 2 + 10 + 50        | 102
ses pieds          | 200 + 3 + 30 + 10 + 6   | 249
jusqu'à ce que     | 70 + 4                  |  74
vienne             | 20 + 10                 |  30
                   | 10 + 2 + 1             |  13
le Silo            | 30 + 10 + 30 + 5        | 345
et à lui           | 6 + 30 + 6             |  42
l'assemblée        | 10 + 100 + 5 + 400      | 515
des peuples        | 70 × 40 + 10 + 40       | 160
                   ----
              Somme = 2472

Le verset a donc pour valeur

(XLIX, 10) = 2472.

Or, étant donné le texte du verset (relatif à la

p. 251

Seconde Venue), et la remarque que nous venions de faire (Fig. 18) sur le nombre 206 (qui en B la détermine), cette valeur est assez significative ; car elle vaut :

(XLIX, 10) = 12 × 206

C'est aussi là inversement, par le contexte, une des preuves les plus fortes que la Seconde Venue (le Silo) a bien lieu en 2180.

279. Au contraire d'Israël, qui avait disparu aux yeux de l'Histoire et qui, aujourd'hui même, n'est par encore reconnu par elle, Juda, ou les Juifs, n'a jamais cessé d'être visible au monde. Il est un point néanmoins, celui de sa Royauté ou la lignée visible de ses Rois, par lequel il partage avec Israël un état d'apparente destruction : l'Histoire et la Bible interrompent en effet brusquement la succession royale de Juda avec le dernier des rois nominaux, Sédécias, à la captivité de Babylone, et des traits figurés ou prophétiques seuls nous donnent ensuite à penser que la rupture n'est qu'apparente, savoir : d'abord le signe que la Bible met sur Sédécias, auquel, après avoir égorgé ses fils en sa présence, on crève les yeux, mais qui, dans ces ténèbres historiques, ne cesse pas pour cela de continuer à vivre (II Rois XXV, 7 ; Jér. LII, 10, 11) ; ensuite la mention

p. 252

concrète d'un Reste de Juda, comprenant les princesses, filles de Sédécias, et qui, avec Jérémie, quitte la Palestine et atteint en Egypte le port de Péluse (Tachphanès) (Jér. XLI, 10, 16, 17 ; XLIII, 6, 7), rapprochée des termes prophétiques (Jér. 1, 10) qui définissent la mission de Jérémie. [Nous envisagerons plus tard (Leçon XX) toute la portée de cette donnée historique de la Bible]. Enfin, dominant ces lueurs, dont la seule existence dans la Parole de Dieu pourrait suffire à nous démontrer la réalité effective d'un plan caché, la prophétie de Jacob nous affirme qu'en effet ce plan existe, et qu'en dépit des apparences le Sceptre, ou la Royauté, ne s'écartera pas de Juda, et cela jusqu'à la fin des temps ou à la Seconde Venue.

Or, revenant à notre objet propre, le verset Gen. XLIX, 10, ce que nous avons à montrer maintenant c'est que, ce que son texte déclare si nettement, sa valeur numérique le confirme ; elle rattache la Captivité de Juda et cette fin de ses rois à la réapparition du Peuple élu sous la forme du 10e et dernier Peuple chef.

Nous venons de trouver pour cette valeur numérique

(XLIX, 10) = 2472 ;

d'autre part, la fin du transport de Juda en cap-

p. 253

tivité est fixée par la Bible à la 23e année de Nébucadnetzar (Jér. LII, 30), c'est-à-dire, le commencement de Nébucadnetzar étant - 624 (§ 317), en

- 624 + 22 = - 602 ; (602 = 7 × 86 = 7 × 516/6).

Or en comptant, à partir de cette fin de Juda, le verset XLIX, 10 relatif à la persistance du Sceptre en Juda, on a

- 602 + (XLIX, 10) = - 602 + 2472 = + 1870,

ce qui est précisément (Fig. 18) le point de Constitution ou de Fondation A de la dernière période historique.

Nous pouvons d'après cela être convaincus qu'aujourd'hui même la Maison Royale d'Angleterre appartient à la lignée royale de Juda.

280. Remarques.

1870 constitue, tant pris en lui-même qu'à l'égard de notre sujet, un nombre fort remarquable. Il vient de se présenter comme la date de reconstitution de Juda. Or la destruction de Jérusalem et la Dispersion de Juda définitives, ont lieu en

+ 70,

signe de la seconde Personne dans le Nombre trinitaire divin 777 ; et on a, reliant les deux faits

p. 254

et mesurant leur distance par le signe de Christ (le Soleil, l'Année de 12 mois de 30 jours, comme dans le cas de Joseph, voy. Leçon III) :

1870 = 70 + 5 × 360.

Une autre relation, analogue à la précédente en ce que, concernant également la fin apparente de Juda elle fait de même intervenir un espace de transport mesuré par 5 termes historiques, intéresse la date

+ 2000

qui appartient aussi à la dernière période du Peuple élu. Outre ce caractère décimal particulièrement remarquable, ce nombre est le symétrique du

- 2000

de la pierre de Jacob à Béthel.

Nous avons parlé plus haut d'un Reste Royal de Juda (les filles de Sédécias) échappé avec Jérémie à la Captivité ; mais un autre rameau encore existe, savoir celui de Jéhojachin, petit-fils de Josias [c'est une branche différente de celle de Sédécias ; celui-ci était l'oncle de Jéhojachin (II Rois XXIII, 34 ; XXIV, 6, 17)]. C'est par Jéhojachin, emmené en Captivité à Babylone dès - 617, que Jésus est descendu de David (Matt. I) ; et dans la vue précisément de cette

p. 255

connexion avec Christ, c'est une circonstance significative que, la 70e semaine de Daniel se terminant en + 37, Jéhojachin est aussi mis en liberté la 37e année de sa captivité (par Evilmérodac, successeur de Nébucadnetzar).

Il nous est dit que « son trône fut » alors « élevé par dessus les trônes de tous les rois qui étaient à Babylone » (Jér. LII, 31, 32), c'est-à-dire au premier rang de la puissance terrestre. Or les 37 ans de la Captivité de Jéhojachin se terminent, avant Christ, à la date

- 617 + 37 = - 580 ;

et ce repère libérateur, par le transport à 5 périodes historiques de 516 ans, qui font 2580 ans, conduit à

- 580 + 2580 = + 2000.

Cette correspondance accroît encore, par réciprocité, l'importance de la Vision de Jacob à Béthel, en - 2000, et confirme notre interprétation suivant laquelle ce qu'il contemplait dans cette vision, ayant la tête appuyée sur la Pierre du Destin, était l'Echelle chronologique des temps de l'Histoire, échelle qui, par sa montée et sa descente, établit le lien intime de l'avenir et du passé.

p. 256

281. Nous reprendrons tout à l'heure les deux discours prophétiques de Jacob concernant Joseph et Juda, pour les considérer simultanément et en synthétiser l'ensemble ; mais il convient avant cela d'attirer l'attention sur une donnée plus particulière, d'une grande portée pour notre objet. Il s'agit, dans le système prophétique de Jacob à ses 12 fils, de celles qu'il adresse à Dan. (Gen. XLIX, 16-18).

En se reportant au tableau des Chefs de Tribus et de la distribution du Discours de Jacob en versets (§ 274), on observe d'abord que Dan occupe dans cet ensemble une situation remarquable. D'une part, Dan est au centre 6 du système des 11 mentions des fils de Jacob qui constituent la prophétie ; d'une autre, Joseph, qui est mentionné le 10e, étant placé le 7e après Juda, cette Semaine de termes (Juda-Joseph) est partagée par Dan dans les deux groupes canoniques de 3 et 4.

Dan ayant été mis ainsi en évidence, le trait annoncé qui plus précisément attire notre attention, est la déclaration de Jacob que « Dan jugera son peuple aussi bien que les autres (ou : qu'une autre des) tribus d'Israël » (XLIX, 16). Cette déclaration indique qu'on pourrait croire le contraire, d'après quelque autre parole de l'Ecriture ; et c'est effectivement ce qui a lieu, car en

p. 257

Apoc. VII, où il est fait mention de ceux qui sont marqués d'entre les Tribus d'Israël, toutes ces tribus sont citées, excepté celle de Dan.

En voici en effet la liste (Apoc. VII, 4-8) :

Versets    (5)      (6)      (7)       (8)

   Juda    Asser   Siméon   Zabulon
   Ruben   Nephtali  Lévi   Joseph
   Gad     Manassé  Issacar Benjamin

et de cette liste Dan est exclu. (Joseph = Ephraïm).

Cette exclusion, Jacob nous avertit donc dans son Discours qu'elle n'est en aucune façon une réprobation ; et dès lors, puisque nous savons par l'analyse de l'Apocalypse que son Chapitre VII, (Apoc. VII), termine les temps avant l'ère chrétienne ( voy. Leçon XII), nous devons simplement voir dans la disposition qui précède un signe qui nous est donné d'une disparition, dès ces temps-là, de Dan aux yeux du monde et de l'Histoire, analogue aux disparitions du même ordre envisagées plus haut pour les Maisons d'Israël et de Juda.

Or la nature et l'objet de cette disparition de Dan sont immédiatement enseignés par Jacob lui-même (Gen. XLIX, 17). Dan, dont le territoire était maritime et dont les navires parcou-

p. 258

raient les mers (Juges V, 17), est ici signalé comme celui qui, sur la route historique des Peuples [les Chevaux des peuples (Zach. XII, 4) ; les Cavaliers (Apoc. VI)], interrompt brusquement leur marche, et la termine en l'arrêtant par un obstacle ; c'est-à-dire qu'il nous est présenté comme placé à ce terme des « coteaux des siècles », de Gen. XLIX, 26, à cette extrémité occidentale du continent européen, qui devait aussi mesurer la marche et fixer le lieu d'établissement de la puissance terrestre de Joseph. Cette donnée s'accorde d'ailleurs entièrement avec ce que l'on connaît, par l'Histoire, des Phéniciens, voisins immédiats de Dan, des tentatives d'expansion comme des essais de colonisation qui avaient porté ces hardis navigateurs jusque dans les Iles Britanniques, et sans doute même jusqu'au Jutland et dans la Mer du Nord.

Mais si ce grand trait de la prophétie de Jacob désigne ainsi Dan comme facteur fondamental dans l'histoire externe de la Civilisation, il est une autre parole qui signale son exclusion temporaire de l'ordre normal des Tribus non plus seulement comme un fait exempt de réprobation, mais comme la condition même du mouvement qui devait faire plus tard du Peuple élu le facteur du Retour du foyer de la Civilisation à

p. 259

l'Evangile. Cette autre parole constitue le verset Gen. XLIX, 18, dernier de l'allocution de Jacob à Dan, savoir : (Gen. XLIX, 18) « J'ai attendu ton salut, ô Eternel. »

Ce verset dont la situation dans le texte et la raison d'être sont restés pour les commentateurs une énigme, a la valeur numérique suivante :

Verset Gen. XLIX, 18.

Ton salut   | 30 + 10 + 300 + 6 + 70 + 400 + 20 | 836
j'ai attendu| 100 + 6 + 10 + 400 + 10           | 526
ô Eternel   | 10 + 5 + 6 + 5                    |  26
              ----
        Somme = 1388
(XLIX, 18) = 1388.

Or ce nombre n'est autre chose, comme on le voit dans le Tableau IX de la Semaine des 7 Eglises de l'Apocalypse (IXe Leçon), que le centre, repéré à partir de Christ,

1388,

de Philadelphie, ou de la phase de l'histoire de l'Eglise qui, des Vaudois à la Réforme du 16e siècle, en signalant d'ailleurs par ce centre le temps de Wiclef ou du Constituant anglais, précurseur de la Réforme, est celle du retour de l'Europe civilisée à la Parole de Dieu.

p. 260

(On a de 1388 au Second Avènement une durée de

3/2 × 528

car 1388 + 3/2 × 528 = 2180).

Mais il y a bien plus. Ce nombre 1388 de Philadelphie, ou le verset XLIX, 18 de Dan, par cela même qu'il met Dan comme facteur opératoire en connexion avec Philadelphie ou la Réforme, le met aussi en connexion, dans le monde antérieur à Christ, avec le fait même de la Dispersion d'Israël et de Juda. Car dans la Semaine des 7 Eglises, cette dispersion appartient à la période de Smyrne, et Smyrne est directement reliée à Philadelphie par les identités du texte des Lettres adressées à ces Eglises ; en particulier, par la « Couronne » promise à Smyrne (Apoc. II, 10) et qu'on retrouve, en Apoc. III, 11, dans la possession de Philadelphie.

Nous reproduirons ici ce parallélisme et cette correspondance des deux Lettres, dans les termes où, il y a vingt ans, nous les avons déjà présentés dans un autre ouvrage (la Concordance). Dans le système des Sept Lettres de l'Apocalypse, disions-nous, la substance de ces Lettres varie essentiellement quand on passe d'une Eglise à une autre. Mais il y a exception précise et unique

p. 261

pour les contenus comparés des Lettres à Smyrne et à Philadelphie. A première vue analogues, ils se trouvent réellement presque identiques et pour le fond et pour la forme.

A Smyrne il est dit : « Je connais tes œuvres, ton affliction et ta pauvreté (mais tu es riche), et le blasphème de ceux qui se disent être Juifs et qui ne le sont point, mais qui sont la Synagogue de Satan.

… Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie » (II, 9, 10).

Et à Philadelphie : « Je connais tes œuvres… tu as un peu de force… tu as gardé ma parole… Voici, je ferai venir ceux de la Synagogue de Satan, qui se disent être Juifs et ne le sont point… et ils connaîtront que je t'aime… Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne t'enlève ta couronne » (III, 8, 9, 11).

Le dernier trait, non moins remarquable que les précédents au point de vue de la Lettre, est particulièrement décisif par la manière dont il est amené. Il est parlé sans aucune préparation de la couronne de Philadelphie, comme d'une chose qui lui a été donnée précédemment et dont le lecteur a déjà été entretenu. Or parmi les six autres Eglises, il n'en est qu'une seule au sujet de laquelle il soit question d'une couronne, et

p. 262

c'est précisément Smyrne, l'Eglise de la Dispersion : il lui est promis que si elle sort victorieuse d'une épreuve qui lui est annoncée, épreuve de laquelle fait partie une « tribulation de 10 jours », la couronne de vie lui sera donnée (II, 10). Ainsi, la couronne de Philadelphie (ici : ta couronne), c'est celle qui a été promise à Smyrne. Il était impossible de définir symboliquement d'une manière plus claire et plus ingénieuse la filiation, si l'on veut l'identité, des deux dispensations qui caractérisent ces Eglises.

Nous conclurons de cela que, par le troisième verset qui le concerne dans les paroles de Jacob, verset inattendu dans son caractère explicitement religieux, ce qui l'isole des autres, Dan est mis en connexion intime avec le mouvement de la Réforme ou la Philadelphie de l'Apocalypse, et ensuite, par l'Apocalypse, avec Smyrne ou la Dispersion du Peuple élu.

Mais, à partir de là, la chaîne des connexions se continue par le texte même de la Lettre à Smyrne, de manière à mettre Dan et ses navires en relation directe avec la puissance politique du Peuple chef actuel qui représente la Maison d'Israël, ou avec l'Ephraïm anglais lui-même.

En effet, les 10 jours de tribulation de Smyrne (le nombre 10 étant en lui-même une désignation

p. 263

des 10 Tribus, ou de la Maison d'Israël à laquelle Dan appartient) correspondent, par 10 demi-temps de 528 ans, période qui est l'unité dans la Semaine des Eglises, aux 5 périodes qui mesurent le Transport historique systématique du passé au présent dans les temps avant et après Christ (voy. Leçon VIII, t. I). (On remarque que ce terme de 5 périodes est explicitement donné par Esaïe XIX, 18 sous la forme des « 5 villes » (5 villes de l'Apocalypse), quand il parle de la Terre de Juda qui sera en effroi à l'Egypte, au temps du sauveur ou du défenseur que l'Eternel enverra aux Egyptiens (Esaïe XIX, 17, 20)).

Or ces 10 jours de tribulation, qui font

10 × 1/2 de 528 = 5 × 528 = 2640 ans,

comptés à partir de la Dispersion d'Israël ou des 10 Tribus, ne conduisent à rien moins en effet qu'à l'événement, capital dans notre histoire toute moderne, de l'établissement des Anglais en Egypte en 1882, événement qui, dans le plan prophétique, signale le Retour du Peuple élu dans l'Orient prophétique. On a, - 758 étant la date de la Dispersion d'Israël :

- 758 + 2640 = 1882.

Le fait en outre est d'autant plus remarquable que Tel-el-Kébir (Bataille de Tel-el-Kébir, 6 Sep-

p. 264

tembre 1882) qui en a décidé, se trouve en pleine Terre de Goscen, c'est-à-dire là même où Israël, qui reparaît aujourd'hui chez eux en maître, avait jadis vécu dans la servitude des Egyptiens ; et l'on aperçoit aussi par là une des raisons pour lesquelles, dans le plan chronologique, l'Exode ayant lieu en

- 1516,

la Dispersion d'Israël, qui est l'un des Deux Témoins de Christ dans l'Histoire, est mise en connexion avec l'Exode (sortie d'Egypte) par le signe bien visible

- 758 = 1/2 de - 1516.

282. Revenons maintenant, dans la Prophétie de Jacob, aux deux groupes de 5 versets chacun, qui y concernent nominativement Juda et Joseph.

Le groupe de Juda comprend les versets

8 9 10 11 12 ;

celui de Joseph, les versets

22 23 24 25 26.

On remarquera par ces nombres que si Joseph est le 7e après Juda dans l'ordre du Discours prophétique, sur l'échelle des versets son groupe est

p. 265

aussi distant de celui de Juda du multiple de 7,

14 = 2 × 7.

On trouve, rapportées dans les pages qui suivent, les valeurs numériques de ceux des versets précédents que nous n'avions pas encore calculés.

Verset Gen. XLIX, 8

Juda           | 10 + 5 + 6 + 4 + 5         |  30
toi            | 1 + 400 + 5                | 406
te loueront    | 10 + 6 + 4 + 6 + 20        |  46
tes frères     | 1 + 8 + 10 + 20            |  39
Ta main        | 10 + 4 + 20                |  34
sur le cou     | 2 + 70 + 200 + 80          | 352
de tes ennemis | 1 + 10 + 2 + 10 + 20       |  43
Se prosterneront| 10 + 300 + 400 + 8 + 6 + 6 | 730
devant toi     | 30 + 20                    |  50
les fils       | 2 + 50 + 10               |  62
de ton père    | 1 + 2 + 10 + 20            |  33
                 ----
            Somme = 1825
Verset Gen. XLIX, 9.

Un jeune      | 3 + 6 + 200          | 209
de lion       | 1 + 200 + 10 + 5     | 216
(est) Juda    | 10 + 5 + 6 + 4 + 5   |  30
Du butin      | 40 + 9 + 200 + 80    | 329
mon fils      | 2 + 50 + 10          |  62

p. 266
tu reviens     | 70 + 30 + 10 + 400      | 510
Il s'est courbé| 20 + 200 + 70           | 290
il s'est couché| 200 + 2 + 90            | 292
comme un lion  | 20 + 1 + 200 + 10 + 5   | 236
comme un
vieux lion     | 6 + 20 + 30 + 2 + 10 + 1 |  69
Qui            | 40 + 10                 |  50
le fera lever  | 10 + 100 + 10 + 40 + 50 + 6 | 216
                 ----
            Somme = 2509
Verset Gen. XLIX, 11.

Il attache       | 1 + 60 + 200 + 10            | 271
à la vigne       | 30 + 3 + 80 + 50             | 163
son ânon         | 70 + 10 + 200 + 5            | 285
et au cep choisi | 6 + 30 + 300 + 200 + 100 + 5 | 641
le petit         | 2 + 50 + 10                  |  62
(ou de mon fils)
de son ânesse    | 1 + 400 + 50 + 6             | 457
(ou son ânesse)
Il lavera        | 20 + 2 + 60                  |  82
dans le vin      | 2 + 10 + 10 + 50             |  72
son vêtement     | 30 + 2 + 300 + 6             | 338
et dans le sang  | 6 + 2 + 4 + 40               |  52
des raisins      | 70 + 50 + 2 + 10 + 40        | 172
son manteau      | 60 + 6 + 400 + 5             | 471
                   ----
              Somme = 3066
p. 267
Verset Gen. XLIX, 12.

Il a brillants | 8 + 20 + 30 + 10 + 30 + 10 | 108
les yeux       | 70 + 10 + 50 + 10 + 40     | 180
de vin         | 40 + 10 + 10 + 50          | 110
et blanches    | 6 + 30 + 2 + 50            |  88
les dents      | 300 + 50 + 10 + 40         | 400
de lait        | 40 + 8 + 30 + 2            |  80
                 ----
            Somme = 966
Verset Gen. XLIX, 22.

Un rameau         | 2 + 50            |  52
d'un arbre fertile| 80 + 200 + 400    | 680
(est) Joseph      | 10 + 6 + 60 + 80  | 156
un rameau         | 2 + 50            |  52
d'un arbre fertile| 80 + 200 + 400    | 680
près              | 70 + 30 + 10      | 110
une source        | 70 + 10 + 50      | 130
ses branches      | 2 + 50 + 6 + 400  | 458
ont               | 90 + 70 + 4 + 5   | 169
recouvert         | 70 + 30 + 10      | 110
la muraille       | 300 + 6 + 200     | 506
                    ----
              Somme = 3103
Verset Gen. XLIX, 25.

(Cela vient)
du Dieu      | 40 + 1 + 10      |  71
de ton père  | 1 + 2 + 10 + 20  |  33
p. 268
qui t'aidera     | 6 + 10 + 70 + 7 + 200 + 20 | 313
et               | 6 + 1 + 400                | 407
du Tout Puissant | 300 + 4 + 10               | 314
qui te bénira    | 6 + 10 + 2 + 200 + 20 + 20 | 258
des bénédictions | 2 + 200 + 20 + 400         | 622
des cieux        | 300 + 40 + 10 + 40         | 390
en haut          | 40 + 70 + 30               | 140
des bénédictions | 2 + 200 + 20 + 400         | 622
de l'abîme       | 400 + 5 + 6 + 40           | 451
qui repose       | 200 + 2 + 90 + 400         | 692
en bas           | 400 + 8 + 400              | 808
des bénédictions | 2 + 200 + 20 + 400         | 622
des mamelles     | 300 + 4 + 10 + 40          | 354
et du sein
maternel         | 6 + 200 + 8 + 40           | 254
                   ----
              Somme = 6351

283. On obtient au moyen de ces nombres, pour les groupes de Joseph et de Juda les valeurs numériques suivantes :

  Joseph                  Juda
Gen. XLIX, 22   3103   Gen. XLIX,  8   1825
          23    1317             9   2509
          24    4111            10   2472
          25    6351            11   3066
          26    5009            12    966
              ------                 ------
   Somme   =    19891    Somme   =   10838
p. 269

ou

Groupe de Joseph (Gen. XLIX, 22-26) =  19891
Groupe de Juda   (Gen. XLIX,  8-12) =  10838
                                       ------
et par conséquent, pour l'ensemble de
        Juda et de Joseph   30729;

et ici va de nouveau se révéler un de ces grands traits de construction intentionnels dont la seule existence suffit pour démontrer la réalité du système mathématique de l'écriture chiffrée.

Si on porte l'ensemble Juda-Joseph des deux chefs des 12 Tribus à partir de l'époque de la Prophétie de Jacob, c'est-à-dire de sa mort - 1929, on a, au delà de Christ :

- 1929 + 30729 = 28800
        = 2 × 144 × 100;

où 144 = 12 × 12 est à rapprocher des 144 mille d'entre les 12 Tribus, de Apoc. VII.

Un pareil résultat, qui se passe de commentaire, prouve par sa nature même, que toutes les lettres des mots qui expriment les pensées de nos 10 versets, ont été choisies dans la construction de la Bible de manière à le réaliser.

284. Ce premier grand trait de concordance étant observé, il faut envisager à un autre point de vue l'ensemble de nos deux groupes de 5 ver-

p. 270

sets, savoir précisément à l'égard de leur composition en 5 parties. Voici ce qui motive ici notre intérêt. Il suit de toute notre analyse antérieure que ces groupes concernent la dernière période historique quinquaséculaire, c'est-à-dire celle du 10e et dernier Peuple chef de l'Economie historique actuelle (période qui s'étend, sur un espace de 516 ans, de 1870 à 2386) ; ou, à prendre les choses plus généralement, qu'ils concernent l'élément fondamental de construction de l'Histoire, la Période historique quinquaséculaire, ou Temps, de Daniel. Mais la Loi de l'Histoire ne se contente pas de mesurer l'Histoire au moyen de cette période prise pour unité de temps. Ainsi que nous l'avons exposé depuis fort longtemps dans la Concordance, en y rappelant l'établissement de cette Loi, et en le fondant sur la seule analyse des faits, et en dehors même de la Bible (c'est-à-dire en exposant la Loi de Bruck), cette Loi partage aussi chacune des périodes quinquaséculaires successives en 5 phases, qui sont :

1. Constitution.

2. Préorganisation.

3. Organisation.

4. Apogée.

5. Décadence.

p. 271

et dont les dénominations définissent suffisamment par elles-mêmes l'histoire propre de la Période. L'Apogée marque le maximum de développement dans l'ordre de la puissance humaine ; ce maximum est suivi d'une descente (la Décadence) qui conduit à un palier où va se constituer (Constitution) la période suivante. Celle-ci, avant de s'organiser (Organisation) décidément et puissamment, et de s'acheminer vers l'Apogée suivant, passe d'abord par une phase critique (Préorganisation), qu'on peut qualifier son heure dangereuse, comme si les éléments indécis y cherchaient leur équilibre. (Les XIVe, XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles dépeignent d'eux-mêmes par exemple, pour la période française, ces significations des phases 1, 2, 3, 4, 5. On y remarquera que l'Organisation, signalée ici par la Réforme, est une phase particulièrement marquée par son caractère religieux. Le XIXe siècle est ensuite clairement un siècle de Constitution ; et il n'est pas moins évident que nous sommes entrés, avec le XXe, dans l'incertitude et le manque apparent de direction de la Préorganisation.)

Or la division quintenaire de la Période ayant été ainsi antérieurement établie, et nos groupes actuels de versets étant aussi reconnus concerner

p. 272

cette même période, la question qui naturellement se pose est de savoir si la division quintenaire des groupes de la Bible n'est intentionnellement désignative de la division quintenaire du facteur historique.

285. Les éléments numériques pour en décider sont ici les valeurs numériques de nos versets, et l'épreuve très nette à tenter est de voir si ces valeurs ne dessineraient pas géométriquement l'ondulation historique à laquelle ils sont supposés correspondre. Les deux groupes de Joseph et de Juda étant d'ailleurs contemporains, ou concernant la même période, il faudra prendre, en terme de premier ordre, pour chaque phase la somme de leurs deux versets correspondants.

On obtient ainsi pour nombres figuratifs des phases :

(Joseph)  3103   1317   4111   6351   5009
(Juda)    1825   2509   2472   3066    966
          ----   ----   ----   ----   ----
Sommes    4928   3826   6583   9417   5975

Ces nombres globaux doivent satisfaire à deux conditions, savoir :

1o Dessiner une ondulation simple ;

2o Assigner au deuxième nombre (Préorganisation) le minimum ou point le plus bas ; au

p. 273

quatrième (Apogée), le maximum ou point le plus haut.

Or le diagramme ci-contre (Fig. 19, trait plein) — où nous avons adopté pour la facilité de comparaison les nombres proportionnels

49,28   38,26   65,83   94,17   59,75 —

montre qu'ils satisfont effectivement à ces deux premières conditions.

(Fig. 19)

[Diagramme : courbe d'ondulation historique, axe vertical gradué 160, 140, 120, 100, 80, 60, 40, 20. Trait plein montrant : Constitution, Phase critique ou Préorganisation (point le plus bas), Organisation (montée), Apogée (maximum), Décadence (descente), Nouvelle Constitution. Trait pointillé : seconde courbe parallèle plus élevée.]

286. Il reste à envisager nos nombres, jusqu'ici seulement figuratifs des tendances sociales ou spirituelles, dans leur rapport avec la mesure des

p. 274

temps ; mais, à cet égard, puisqu'il va s'agir de mesures absolues, il faut tenir compte de ce que la période quinquaséculaire à laquelle ici ils appartiennent n'est pas, nous le rappelions tout d'abord, quelconque dans la suite de l'Histoire : c'est celle du dernier Peuple chef, courant de 1870 à 2386 et pendant laquelle, en 2180, a lieu la Seconde Venue. Cette période a déjà été représentée plus haut (Fig. 18) par la ligne A B C.

Or cette période finale, au lieu de suivre son cours normal, celui des autres périodes, est, à cause du temps abrégé de la fin (Matt. XXIV, 22), interrompue au point B du Second Avènement, et le temps de puissance politique propre du Peuple se trouve réduit à la partie A B. C'est ce que déclare d'ailleurs le verset central (XLIX, 10) de Juda : « Le sceptre ne s'écartera pas de Juda… jusqu'à ce que vienne le Silo ; à lui l'obéissance des Peuples ». Cette considération est autrement appuyée aussi par la valeur numérique globale de nos groupes : celle-ci montre que pour accomplir la période canonique 516, il faut ajouter à son expression 30729 un terme divin, celui 3 × 77 de la Seconde Personne de la Trinité. On a en effet

30729 + 3 × 77 = 5 × 12 × 516
p. 275

Le nombre symbolique 77 ici introduit est d'ailleurs indiqué en tête de la somme 30729 des 5 phases, par son premier terme

4928 = 2 1 × 2 × 3 × 77.

On a en outre 3.77 = 5.5 + 206, ce qui met en évidence à la fois : le terme complémentaire BC = 206 de la Fig. 18, et les deux tribus directrices, Juda-Joseph (voy. § 274), par leurs deux facteurs 5.5.

Ceci posé, une vérification admirable va nous être offerte ; et d'un caractère essentiel tant parce qu'elle prouve l'exactitude de notre vue sur la durée abrégée de la dernière période (savoir sa réduction de principe à la partie AB ; (Fig. 18), qu'en vérifiant par cela même que 2180 est bien l'époque de la Seconde Venue, ou de la Venue du Silo.

Les cinq phases

4928    3826    6583    9417    5975

évaluées en (jours) = 100, c'est-à-dire divisées par 100, — ce qui reproduit les nombres proportionnels du diagramme, Fig. 19, et ramène en même temps les durées des phases à l'ordre de la période — s'écrivent

49,28    38,26    65,83    94,17    59,75 ;

c'est-à-dire qu'elles valent en années chronologiques

p. 276
50    39    66    95    60.

Cela posé, si leur ensemble mesure la durée qui s'étend (Fig. 18) de A = 1870 à l'arrivée du Silo ou à la Seconde Venue B = 2180, cet ensemble, ou la somme de ces 5 nombres, doit être égal à

B - A = 2180 - 1870 = 310        (10 P12)

Or il en est ainsi. On a en effet :

         50
         39
         66
         95
         60
         ___
Somme  =  310

Ces 310, en y ajoutant les 206 = BC de l'Etablissement du Règne, donnent alors 310 + 206 = 516.

Si l'on veut ramener les cinq nombres réduits précédents, et qui résultent de l'abrégement de la période, à des valeurs normales propres à la période entière, il faut les multiplier par 516/310, ce qui donne la série amplifiée :

 83,226      ou   83
 64,916           65
109,858          110
p. 277
158,129          158
 99,871          100
 _______         ___
516,000          516

C'est au moyen de ces nouveaux nombres proportionnels, ce qui ne change évidemment rien à l'allure de la courbe, qu'a été tracée, en pointillé (Fig. 19), une seconde fois l'ondulation historique.

Ajoutés à l'ère 1870 de la période, ces nombres repèrent à travers cette période, de 1870 à 2386, les époques

1870    1953    2018    2128    2286    2386.

287. Il nous reste après cela à tâcher de nous faire une idée du sens historique de cette dernière période quinquaséculaire, d'après la matière du texte de nos versets. L'argument doit être la comparaison respective des 5 versets de chaque groupe (Juda ou Joseph) avec les 5 phases normales successives de la période historique ; et à cet égard il importe de faire de nouveau et au préalable remarquer que celle-ci, en sa qualité de dernier terme de la Loi, est modifiée d'une manière significative et unique en ce que l'Etablissement du Règne se superpose à la phase normale où la démoralisation et le mal se mani-

p. 278

festent sous toutes leurs formes, savoir à la cinquième et dernière phase, celle de la Décadence (tel a été le XVIIIe siècle français). Pour le reste, le caractère historique des phases nous paraît s'accorder naturellement avec les indications écrites des versets. Nous ne pouvons mieux faire que d'en présenter l'analyse, parallèle, pour Joseph et Juda, dans les deux colonnes du Tableau suivant, en supposant d'ailleurs que le lecteur a sous les yeux le texte de la Bible.

TABLEAU XIX.

288. — Les 5 phases de la Période historique en correspondance avec les 5 versets de chacune des deux prophéties de Jacob relatives à Joseph et à Juda.

Joseph — Juda

I. PHASE HISTORIQUE DE CONSTITUTION OU D'ÉTABLISSEMENT.

Joseph. Gen. XLIX, 22. — « Joseph est le rameau d'un arbre fertile » ; un peuple chrétien qui puise sa sève et sa vie dans les eaux vives de l'Evangile, « le rameau d'un arbre fertile près d'une source » ; la vigne qui croît et va mesurer par son développement les murs du temple, « ses branches ont couvert la muraille ».

Juda. Gen. XLIX, 8. — « Toi Juda tu as été méprisé et tremblant parmi les peuples mais une ère nouvelle s'ouvre pour toi : ces peuples, « tes frères » dans le développement de la Loi historique, dont comme eux tu as été autrefois un chaînon, non seule-

p. 279

ment vont cesser de te mépriser, mais ils « te loueront » ; car ta puissance va devenir grande ; c'est toi qui vas imposer le niveau aux puissances qui t'opprimaient et « ta main sera sur le cou de tes ennemis ».

Même « les fils de ton père », c'est-à-dire d'Israël, ou la Maison d'Israël qui commence avec toi la dernière période des peuples puisque tu es le dépositaire de la Parole qui annonce Christ et leur propre destinée historique, par le fait même de leur respect pour cette Parole, « se prosterneront devant toi ».

II. PHASE DE RÉACTION DU MONDE POUR EMPÊCHER LE DÉVELOPPEMENT DU PEUPLE CHEF, MANIFESTÉ PAR SA PHASE DE CONSTITUTION.

Mais l'action appelle la réaction, et toute puissance qui s'affirme a pour condition la lutte, et l'épreuve d'un revers où elle doit se mesurer.

Joseph. Gen. XLIX, 23. — L'Ephraïm Anglo-Saxon sera attaqué, comme autrefois le fut Israël par les Archers de l'Assyrie : « Des Archers l'ont harcelé, lui ont lancé des traits, et l'ont attaqué ».

p. 280

Joseph (suite). riche de force et d'expérience. « Tu es revenu du butin, mon fils » ; aussi, dans le sentiment de ta force propre, comme le premier en honneur et l'élu de Dieu, si, devant les menaces du monde, tu es contraint de te retirer dans le refuge géographique que Dieu t'a préparé, tu te recueilleras ; et, contraint à cela, tu te courberas sous ta destinée dans une attitude qui, en lui rappelant ton ancienne origine, défiera ce monde. « Il s'est courbé, il s'est couché comme un lion, comme un vieux lion ; qui le fera lever ? »

Juda. Gen. XLIX, 9. — Dans cette lutte, Juda renouvelé, et dont l'étendard historique est le Lion de Juda (Apoc. V, 5), ce « Juda est un jeune lion ». Mais, instruit par l'épreuve des siècles qu'il a traversés, il revient riche de force et d'expérience. « Tu es revenu du butin, mon fils » ; aussi, dans le sentiment de ta force propre, comme le premier en honneur et l'élu de Dieu, si, devant les menaces du monde, tu es contraint de te retirer dans le refuge géographique que Dieu t'a préparé, tu te recueilleras ; et, contraint à cela, tu te courberas sous ta destinée dans une attitude qui, en lui rappelant ton ancienne origine, défiera ce monde. « Il s'est courbé, il s'est couché comme un lion, comme un vieux lion ; qui le fera lever ? »

III. PHASE D'ORGANISATION DE LA PUISSANCE POLITIQUE ET RELIGIEUSE.

Mais c'est en vain que le monde croit pouvoir s'opposer à l'accomplissement de la Loi historique, et, par elle, de la destinée du Peuple élu.

Joseph. Gen. XLIX, 24. — « Mais », malgré ces apparents revers, la puissance politique de Joseph s'affermit, « son arc est demeuré ferme » ; et en même temps c'est une époque glorieuse de réveil pour la Religion, car « et ses bras et ses mains ont été renforcés par les mains du Puissant Jacob,

Juda. Gen. XLIX, 10. — Car, ni la Royauté n'a été interrompue en Juda, comme le croit le monde, ni son Moïse qui a apporté la Loi n'a cessé, par le témoignage continu que Juda lui a rendu au cours de ses longues pérégrinations dans l'Histoire, d'être et de rester le Législateur

p. 281

Joseph (suite). du lieu où réside le Berger, la Pierre d'Israël, c'est-à-dire Christ par lequel sont venues, de la part de Dieu, la Grâce et la Vérité en Israël

Juda (suite). de l'Humanité. « Le sceptre ne s'écartera pas de Juda ni le Législateur d'entre ses pieds ». Cela est déjà, et cela continuera à être jusqu'à la fin de l'économie actuelle, c'est-à-dire jusqu'à la Seconde Venue, où, les puissances terrestres ayant accompli leur tâche, toutes disparaîtront pour faire place au Royaume de Dieu : « Jusqu'à ce que vienne le Silo ; à lui l'Obéissance des peuples ».

IV. PHASE D'APOGÉE, OU DU MAXIMUM DE PUISSANCE TERRESTRE.

Joseph. Gen. XLIX, 25. — Tout cela, ne l'oublie pas, « c'est l'ouvrage du Dieu de ton père qui t'aidera, et du Tout Puissant » qui va continuer son œuvre en te donnant, dans la domination du monde comme Peuple chef, une entière prospérité ; « qui », sur toute la Terre, où, comme cela t'a été annoncé (XLVIII, 19), tu formes par tes colonies une multitude ou compagnie de nations, « te bénira », en fécondant cette Terre maritime, « des bénédictions de l'abîme qui repose en bas » ; qui, dans la Mère patrie elle-même, où s'accroît ta population et qui envoie dans le monde tes jeunes hommes hardis et entreprenants, te bénira « des bénédictions des mamelles et du sein maternel ».

Juda. Gen. XLIX, 11. — Et toi, Juda, qui détiens le privilège de la Royauté en Israël tu vas maintenant te manifester au monde comme le 10e Roi, et entrer ainsi comme Roi dans ta nouvelle Jérusalem. Mais pour que cette royauté soit revêtue de sa véritable dignité, tu te souviendras que ce qui la porte ne procède plus comme autrefois du possesseur terrestre en Israël (Matt. XXI, 2, 5, 9 ; et les parallèles), mais se rattache à Christ qui est le vrai Cep, et à la Vraie Vigne, dont le Père est le Vigneron (Jean XV, 1). Juda entrant à Jérusalem sera donc conduit par

p. 282

Joseph (suite). jeunes hommes hardis et entreprenants, te bénira « des bénédictions des mamelles et du sein maternel ».

Juda (suite). l'esprit de Christ. Cette fois « il attache à la Vigne son ânon, et au Cep choisi le petit de son ânesse ».

Il doit bien savoir d'ailleurs qu'il aurait tort de s'énorgueillir dans la joie terrestre de sa puissance ; car cette puissance aura pour fin, quand le Silo viendra, la vendange de la vigne de la Terre ; le sang des raisins débordera de la cuve de la colère de Dieu de manière à abreuver la Terre qui l'aura fait verser (Apoc. XIV, 18-20) ; et Celui qui viendra alors pour régner apparaîtra revêtu d'une robe teinte dans le sang (Apoc. XIX, 13).

Aussi est-il dit de Juda à la fin de cet Apogée (fin que marquera, voy. les nombres, la Seconde Venue 2180) « qu'il lavera son vêtement dans le vin, et son manteau dans le sang des raisins ».

V. DERNIÈRE PHASE DE LA PÉRIODE HISTORIQUE DU PEUPLE ÉLU. (L'ÉTABLISSEMENT DU ROYAUME DE DIEU).

Joseph. Gen. XLIX, 26. — Le Silo est venu. A qui peuvent donc s'adresser les bénédictions de cette dernière phase de l'Histoire ? Elles ne peuvent plus s'adresser à Joseph comme représentant ter-

Juda. Gen. XLIX, 12. — Le Silo est venu. Le sang de la vendange vient d'être répandu. Le Règne de Dieu commence. Ce sont les temps pour lesquels, après qu'il a pris le pain et la coupe, et

p. 283

Joseph (suite). restre de la Maison d'Israël ; donc elles s'adressent à Joseph, qui dans la Bible est un type de Christ, en tant que représentant de Christ, dont cette phase accomplit l'établissement du Règne. Et en effet il lui est dit, puisqu'il s'agit maintenant du royaume de Dieu, que les bénédictions accordées par le Père à Christ comme Roi de ce royaume, ne peuvent plus se comparer à celles qui ont été jusqu'ici dispensées à Israël ou Jacob. « Les bénédictions de ton père surpassent les bénédictions de ceux qui m'ont engendré », moi, Israël. Et ce royaume, venu aux Temps abrégés de la fin du royaume terrestre d'Israël, est sans limites, « Jusqu'au terme des collines éternelles », elles, (ces bénédictions) seront sur la tête de Joseph, du Nazaréen (du Nazir, du mis à part) de tes frères.

Juda (suite). dit : mangez et buvez, ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance lequel est répandu pour plusieurs en rémission des péchés (Matt. XXVI, 26-28), Jésus ajoute : « Je vous dis que désormais je ne boirai point de ce fruit de la vigne, jusqu'à ce jour auquel je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père ». (Matt. XXVI, 29). C'est aussi le temps où « les noces de l'Agneau sont venues, et son épouse s'est parée » (Apoc. XIX, 7) ; où « Heureux ceux qui sont appelés au banquet des noces de l'Agneau » (Apoc. XIX, 9).

Aussi c'est sous les images de la prospérité terrestre de Juda, transportées à la nourriture spirituelle des élus ressuscités dans le royaume de Dieu, qu'il est dit ici de Juda, en tant qu'il participe à ce Banquet de Dieu par son élection : « Il a les yeux brillants de vin, et les dents blanches de lait ».

289. Nous avons montré plus haut (§ 285) comment, par les valeurs numériques des versets, la période dessine ses phases successives. On peut se demander d'autre part, d'après l'analyse du texte telle que nous venons de la faire, comment elle se partagerait arithmétiquement en suivant

p. 284

les Nombres de la Mathématique biblique que ce texte à mesure rappelle ou suggère.

290. (a) Il est évident d'abord qu'en tout état de cause une partie finale est déterminée : c'est celle qui s'étend de la Seconde Venue B = 2180 (voy. la Figure 18) à la fin C = 2386 de la période. Cette partie a pour valeur

CB = 206,

qui s'écrit aussi sous la forme septenaire

CB = 2 × 103 = 2 × P4 × 7

Elle va constituer ici la dernière phase, c'est-à-dire la phase V de la période.

(b) Partons (Fig. 18) du point C. Arrivés par CB = 206 au point B de la Seconde Venue, nous entrons dans la phase IV, ou phase d'Apogée. Or le texte de cette phase (voir Tab. XIX, Phase IV), par le « sang des raisins » attire de lui-même notre attention sur la « vendange de la vigne de la terre » et les 1600 stades de Apoc. XIV, 18-20 : et ceux-ci, qui valent 4608 ans, font correspondre la Seconde Venue, +2180, à la Formation des Nations (Péleg), -2428 (+2180-4608=-2428). Le bloc de 100 ans que cette Formation repère, en partant du Déluge -2528, introduit dès lors un semblable bloc symétrique de 100, en ré-

p. 285

trogradant dans notre période à partir du point B = 2180. Ce bloc

BB' = 100

qui va constituer la durée de la Phase IV, conduit au point B' = 2080.

BB' s'écrit d'ailleurs

BB' = 2² × 5²,

c'est-à-dire s'écrit sous la forme du produit des carrés des deux nombres premiers dans lesquels se décompose 7 = 2 + 5. Le caractère septénaire que nous avions reconnu à notre premier terme CB = P4 × 7 concerne donc encore ce deuxième terme BB' ; et, comme nous allons le constater, la même remarque va se répéter en s'accentuant, pour les phases de la période qui vont suivre.

(c) En effet, et tout d'abord à cet égard, ce qui en ce moment nous reste de la période est égal à

516 - 206 - 100 = 210 = 3 × 70 ;

mais si ce résultat est remarquable en ce que de nouveau il reproduit le nombre 7, il l'est aussi par son facteur 3, et ceci pour deux raisons, savoir :

1°) parce que, 2 des 5 phases venant d'être déterminées (la 5e et la 4e), le restant B'A de la période en mesure encore effectivement 3 (les phases 3, 2, 1) ;

p. 286

2° parce que le groupe de Juda, dont les deux derniers versets correspondants aux Phases V, VI, viennent d'être parcourus, se décompose en : ces deux derniers versets XLIX, 12, 11 qui ne contiennent pas le nom de Juda, et les trois premiers versets XLIX, 10, 9, 8, correspondant au reste B'A, et qui contiennent ce nom 3 fois ; il figure une fois dans chacun d'eux.

En d'autres termes, notre reste numérique s'accorde dans sa figuration arithmétique tant avec le fait qu'il concerne effectivement encore trois phases, qu'avec celui que le bloc de ces phases (les 3 premières III, II, I de la période) est mis en évidence et isolé dans le texte lui-même par la mention triple du nom de Juda, qui n'appartient qu'à lui.

(Le nom de Juda est d'ailleurs d'autant plus intentionnellement mis en œuvre dans le texte que l'on a

(Juda) = 10 + 5 + 6 + 4 + 5 = 30,

et qu'ainsi notre reste 210 n'est autre chose que

210 = 7 × (Juda).

(d) Sans autres indications, il ne nous resterait plus évidemment pour achever notre construction théorique, qu'à égaler à 70 chacune des trois phases III, II, I restantes. Mais il n'en est

p. 287

pas ainsi ; car si nous venons de considérer les mentions du nom de Juda, nous n'en avons pas de même fait, dans ses versets, pour le nom de Joseph, qui doit aussi bien cependant intervenir. Or tandis que Juda figure, on vient de le dire, 1 fois dans chacun de ses trois premiers versets, correspondant aux trois premières phases, Joseph, dans ses trois Versets correspondants, ne figure qu'une seule fois, savoir dans le premier de ces trois. (Dans tout le groupe des 5 versets, il ne se rencontre d'ailleurs plus qu'une seconde fois, savoir dans le 5e et dernier).

Il résulte aussi de là que la Phase I de Constitution est caractérisée d'une manière unique par la présence simultanée des noms de Juda et de Joseph, ce qui convient de soi à sa nature propre, et que par conséquent aussi sa détermination numérique doit participer de tous les deux (Juda et Joseph), et être constituée par une combinaison des valeurs numériques de ces deux noms. L'un (Joseph) est mentionné 1 fois, et l'autre (Juda), 3 fois ; mais une condition de sélection restrictive existe encore, de nature à déterminer le choix entre les solutions possibles, à savoir, d'après ce que nous avons jusqu'ici reconnu aux phases précédentes [(a) (b) (c)], que cette solution présente un caractère septenaire.

p. 288

On a (Juda) = 30 et (Joseph) = 156 = 6 (Jéhovah) ; les combinaisons qui s'offrent sont donc :

1 fois (Joseph) + 1 fois (Juda) = 156 + 30 = 186 = 6 × 31 = 6 × P12
1 fois (Joseph) + 2 fois (Juda) = 156 + 2 × 30 = 216 = 6. 6. 6.
1 fois (Joseph) + 3 fois (Juda) = 246 = 2 × 123 = 1.2.3. × 41 = 1.2.3. × P2 × 7

La troisième solution présente seule le caractère septénaire.

D'après la condition convenue, c'est donc aussi la seule qui convient.

[Comme on a (Saint) = 410, qui répond dans l'Alphabet anglo-saxon à Christ = 410, il suit que cette solution, au moyen du (Saint, Saint, Saint) d'Esaïe (777) revêt aussi la forme :

          5
___________________  ]
Saint Saint Saint

(e) Si, d'après cela, et dans son ordre admissible de grandeur, nous prenons donc pour mesure de la Phase I le Nombre premier

41 = P2 × 7

une dernière conséquence va suivre qui servira en quelque sorte de sceau à la vérité de tout l'ensemble de la déduction. Elle consiste en ce

p. 289

qu'alors les deux phases II et III qu'il reste encore à déterminer, ont pour valeur globale ou somme

210 - 41 = 169 = 13 × 13 = P7 × P7

ou le carré du 7e Nombre premier, ce qui achève de rendre indubitable l'intention septenaire de toute la distribution. Mais bien plus, P7 lui-même est égal à la somme des carrés de deux nombres premiers, et ceux-ci ne sont autres que les numéros d'ordre 2 et 3 des deux Phases dont il s'agit ; on a en effet

P7 = 2² + 3² ;

relation qui apparaît comme un signe du mode de répartition de leur somme qu'il convient d'opérer entre les Phases II et III. C'est-à-dire qu'il faut attribuer :

à la Phase II  la valeur 2² × P7 =  52
à la Phase III la valeur 3² × P7 = 117.

(f) On voit, en résumant cette analyse, que les 5 phases ont, d'après l'ordonnance du sujet et les indications du texte, des déterminations fondées sur le Nombre 7, 5 et 7 étant comme on le sait les deux parties canoniques du nombre 12, celui des 12 Tribus. Voici le tableau de ces déterminations.

p. 290
Phases       Valeurs
   I       41 = P2 × 7
  II       52 = 2² × P7  ⎫
 III      117 = 3² × P7  ⎬  (2² + 3² = P7)
  IV      100 = 2² × 5²        (7 = 2 + 5)
   V      206 = 2 × P4 × 7

Somme     516

Les dates correspondantes aux points de repère canoniques ainsi fixés sont, puisque l'origine de la période est 1870 :

     ⎧ 1870
 I   ⎨
     ⎩ 1911
     ⎧ 1911
 II  ⎨
     ⎩ 1963
     ⎧ 1963
III  ⎨
     ⎩ 2080
     ⎧ 2080
 IV  ⎨
     ⎩ 2180
     ⎧ 2180
  V  ⎨
     ⎩ 2386
p. 291

291. Nous terminerons par un fait qui, pour le lecteur en mesure d'apprécier la force convainquante du concours des événements dans le point de vue des probabilités, paraîtra sans doute, après tout cela, un solide témoin de vérité.

Nous avions d'abord (§ 286), par les valeurs numériques des versets de nos deux groupes, établi un système (S) du partage de la période, suivant les dates :

(S)    1870    1953    2018    2128    2286    2386

Nous venons maintenant d'établir d'une manière entièrement indépendante de celle-là, d'après l'ordonnance des idées et du texte des mêmes versets, un second système septenaire (S') ; savoir :

(S')   1870    1911    1963    2080    2180    2386

Or le fait à signaler est que (S) et (S') se repèrent l'un l'autre, et constituent, en terme de premier ordre évident, un seul ensemble systématique, comme suit :

Système (S')    Système (S)      Ecarts (S') - (S)
1870            1870       ⎫
1911 . . . . . . . . . . Centre ⎬  1911,5 - 1/2
                1953       ⎭
p. 292
1963       ⎫
Centre ⎬ 2021,5 . . . . . . . 2018       + 3 1/2
2080       ⎭
Centre ⎬ 2130 . . . . . . . . 2128       + 2
2180       ⎭
Centre ⎬ 2283 . . . . . . . . 2286       - 3
2386            2386

         Somme des écarts   + 2

En ce qui concerne les termes d'ordre inférieur constitués par les petits écarts de la dernière colonne, quoique de toute manière ils soient trop faibles pour masquer le terme de premier ordre évident de l'ensemble du tableau, rien ne nous autorise (tout doit nous porter vers une opinion opposée, après ce que nous a jusqu'ici appris l'Ecriture) à les considérer comme des « erreurs » Nous observerons plutôt dès à présent que ces écarts eux-mêmes apparaissent ici systématiques, puisque leur somme se réduit au +2 systématique de l'Ecriture, et que ce +2 seul subsistant, provient précisément du déplacement systématique

2128 à 2130

des centres des blocs de 100 qui s'appuient sur les deux limites, également distantes de 2,

p. 293
2178 et 2180

de Daniel (Seconde Venue). (Voy. sur l'existence systématique de la différence de 2 unités dans la Chronologie biblique, la Leçon X).

p. 295

DIX-HUITIEME LEÇON

JOSUÉ, 10e DESCENDANT DE JOSEPH. LA CONQUÊTE DE LA TERRE PROMISE ET L'ARRÊT DU SOLEIL DE JOSUÉ. CHRONOLOGIE DE L'ÉPOQUE DES JUGES.

292. La Genèse nous conduit par son dernier verset, Gen. L, 26, à la Mort de Joseph (que « l'on mit dans un cercueil en Egypte »), c'est-à-dire au point chronologique - 1875.

De ce terme extrême de la Genèse au premier événement chronologique de l'Exode, la Naissance de Moïse (Ex. II, 2), - 1596, il y a, de centre à centre, de la dernière année de Joseph à la première de Moïse, un chaînon égal à

1875,5 - 1595,5 = 280 = 7 × 40 ans.

Moïse a 40 ans (- 1556) (Act. VII, 23) quand il tue l'Egyptien et fuit l'Egypte, ce qui donne encore, de centre à centre, à partir de notre ère de Joseph :

1875,5 - 1555,5 = 320 = 8 × 40 ans.
p. 296

Il a 80 = 2 × 40 ans à l'Exode (Ex. VII, 7) ( - 1516), d'où, dans ce même ordre, la relation :

1875,5 - 1515,5 = 360 = 9 × 40 ans ;

et enfin, en comptant encore les 40 ans au désert, on a, de centre à centre, de la dernière année de Joseph à la première de l'Entrée en Canaan :

1875,5 - 1475,5 = 10 × 40 = 400 ans.

Ce sont les 400 ans dont il est question dans Act. VII, 6, et ils se trouvent donc, aussi bien que les 430 ans, mesurés dans l'Histoire et la Chronologie du Peuple élu, et désignatifs de son séjour sur la terre étrangère.

La répétition instante du terme de 40 ans à travers le développement historique de ce peuple depuis Joseph, n'était pas inutile à signaler ; non seulement elle rend plus indubitable l'intention de la dernière mesure globale de 400 ans (Act. VII, 6) dont il vient d'être question ; mais, d'une manière générale, le véritable intérêt de tout ceci pour notre recherche propre consiste à mettre manifestement en évidence dans la Bible la préoccupation de rattacher à Joseph, comme à un de ses éléments les plus fondamentaux, toute l'Histoire subséquente du Peuple élu. On verra cette préoccupation s'accentuer encore dans les traits qui vont suivre.

p. 297

293. Moïse, descendant de Lévi (Ex. II, 1), est le Législateur des Hébreux. Dans le Désert, à la sortie d'Egypte, il reçoit la Loi de Dieu ; et à travers le Désert il conduit son peuple jusqu'aux frontières de la Terre promise ; mais lui-même meurt sans y entrer, — comme si ce n'était pas la Loi seule, convainquante de péché (Deut. XXXII, 48-52 ; XXXIV, 1-5), mais, par dessus la Loi, la Grâce, qui seule introduit dans le Royaume de Dieu.

294. Le séjour au Désert est d'ailleurs partagé en deux phases caractéristiques bien distinctes, savoir :

1°) l'une de 2 ans, du Sinaï à Kadès — Barnéa aux frontières de Canaan ;

2°) l'autre de 38 ans, pendant laquelle, rejeté dans le désert, le peuple continue à y errer misérablement.

(Voy. sur cette division des 40 ans, les passages : Nomb. I, 1 ; XIV, 30 ; Deut. II, 14).

Ce partage chronologique est lié au fait historique suivant : Arrivés sur les confins de Canaan, Moïse, sur l'ordre de l'Eternel, envoie 12 hommes, un de chaque Tribu, pour reconnaître le pays.

p. 298

Ces hommes sont (Nomb. XIII, 2-16) : Envoyés des Tribus,

pour la tribu de Ruben      1   Shammua
        »        Siméon     2   Shaphath
        »        Juda       3   Caleb
        »        Issacar    4   Jigal
        »        Ephraïm    5   Josué (XIII, 17)
        »        Benjamin   6   Palthi
        »        Zabulon    7   Gaddiel
        »        Manassé    8   Gaddi
        »        Dan        9   Ammiel
        »        Asser     10   Séthur
        »        Nephtali  11   Nachbi
        »        Gad       12   Guéuel.

Epouvantés par le caractère redoutable de la lutte que la conquête fait présager, tous — sauf deux — reviennent découragés (Nomb. XIII, 32), et, entraîné par eux, le peuple complote de se donner un autre chef que Moïse et de retourner en Egypte (Nomb. XIV, 4). Le résultat de cette révolte est, par la Justice de Dieu, le rejet du Peuple dans le désert, la décision que toute la génération actuelle y mourra et qu'aucun homme de cette génération n'entrera dans le pays, promis d'abord à tous, sinon les deux chefs de tribu qui n'ont ni murmuré ni faibli devant l'ordre de

p. 299

l'Eternel. Or ces deux chefs fidèles, ces deux témoins de Dieu, ne sont autres que Caleb et Josué, c'est-à-dire les deux hommes envoyés par Moïse comme représentants de Juda et d'Ephraïm (Joseph). (Nomb. XIV, 6-9 ; 21-23, 25, 28-32). Ce trait remarquable met de nouveau en évidence, avec la dualité des deux Maisons de Juda et d'Israël, l'égalité missionnaire aussi de Joseph et de Juda dans le plan prédestiné de Dieu.

295. Poursuivons l'Histoire des Hébreux. Des deux hommes ainsi désignés, celui qui doit, à la génération suivante, introduire en Canaan les enfants de ceux qui sont péris dans le désert, est non pas Caleb, à peine connu du lecteur moyen de la Bible, mais bien Josué, le représentant de Joseph, lequel Josué est connu du monde entier. C'est lui, par son seul nom, type de Jésus ou de Christ, qui fait la conquête de la Terre promise.

Josué, descendant de Joseph par Ephraïm, est en outre, dans cette descendance, marqué du nombre 10, et c'est une nouvelle écriture de l'importance fondamentale de la Maison d'Israël ou des 10 Tribus dans le plan total de l'Ecriture et de l'Histoire. La descendance de Joseph à Josué est définie en 1 Chron. VII, 20, 22-27, comme suit :

p. 300
Descendance de Joseph par Ephraïm
   1   Ephraïm
   2   Beira
   3   Raphach
   4   Thelach
   5   Tachan
   6   Lacdan
   7   Ammihud
   8   Elishaasa
   9   Nun
  10   Josué.

Moïse lui-même met d'ailleurs personnellement en évidence la mission prééminente de Joseph, tant par la matière que par la distribution décimale du Discours prophétique qu'au moment de sa mort, comme autrefois Jacob, il prononce au sujet des douze Tribus d'Israël (Deut. XXXIII). Voici tout d'abord la construction externe de ce Discours ; on y constate, comme dans le Discours de Jacob, un enseignement tiré des nombres des versets.

p. 301
    Tribus                          Nombre de versets
(1) (vers. 6)  Ruben                    1  ⎫
(2) (7)        Juda                     1  ⎪
(3) (8-11)     Lévi                     4  ⎬ 12 ⎫
(4) (12)       Benjamin                 1  ⎪    ⎪
(5) (13-17)    Joseph {Ephraïm}  (17)   5  ⎭    ⎪
                      {Manassé}              ⎬ 20 = 2 × 10
(6) (18-19)    {Zabulon} (18)           2  ⎫    ⎪
               {Issacar}                   ⎪    ⎪
(7) (20-21)    Gad                      2  ⎪    ⎪
(8) (22)       Dan                      1  ⎬  8 ⎭
(9) (33)       Nephtali                 1  ⎪
(10)(24-25)    Asser                    2  ⎭

Il y a 10 mentions séparées, et qui dessinent deux groupes de 5 par la manière symétrique dont les deux groupes partiels { Ephraïm } { Manassé } { Zabulon } { Issacar }, sont placés dans l'ensemble. Lévi est au centre du premier groupe, Dan au centre du second. Joseph, au 5e rang, est, comme dans le Discours de Jacob, marqué, par les versets, du nombre proéminent 5. (Juda n'a plus qu'un seul verset).

Ainsi, le trait caractéristique, dans la comparaison générale entre le Discours de Moïse et celui de Jacob, c'est, de toute façon, la mise en évidence plus accentuée et la prééminence de Joseph.

p. 302

Déjà ainsi signalé par la distribution externe précédente, cela est en outre bien marqué par le texte lui-même. Tandis que Moïse continue à parler de Joseph, — en spécifiant en outre Ephraïm et Manassé, — avec la même étendue, la même ampleur que Jacob dont il rappelle presque identiquement les paroles, non seulement un seul verset, nous venons de le dire, est, chez lui, réservé à Juda ; mais bien plus, dans ce verset unique il n'est plus question du Sceptre et du Législateur, mais bien de l'état précaire du peuple juif dispersé parmi les nations, et qui doit finalement trouver un refuge auprès de la Maison d'Israël, c'est-à-dire « être ramené vers son peuple ». « Ecoute, Eternel, la voix de Juda, et ramène-le vers son peuple ; que ses mains soient puissantes, et sois-lui en aide contre ses ennemis » (Deut. XXXIII, 7).

296. Cette prééminence de Joseph continue à s'affirmer quand on avance dans la Bible, comme pour nous bien assurer que si Juda continue à exister visiblement dans l'Histoire et si Joseph disparaît, cette disparition n'est qu'apparente, et qu'elle serait incompatible avec le plan divin. Des droits trop hauts sont à conférer pour s'accorder avec un anéantissement. Non seulement

p. 303

en effet des promesses concernant les temps à venir sont accumulées, on l'a vu, sur la tête de Joseph, mais ces promesses sont en outre consacrées en ce que la Bible va jusqu'à attribuer à Joseph, entre tous les fils d'Israël, le droit d'aînesse. On lit en I Chron. V, 1, 2 : « ...Ruben, premier-né, mais pour avoir souillé le lit de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël, non (toutefois) pour être enregistré dans les généalogies selon le droit d'aînesse. Car Juda fut puissant parmi ses frères, et de lui (est issu) un prince ; mais le droit d'aînesse est à Joseph ». Le trait concernant le non enregistrement officiel dans les généalogies, de ce droit, déclaré très effectif cependant, de Joseph, paraîtra d'autant plus remarquable si l'on considère que c'est précisément d'une manière cachée, et non reconnue par l'Histoire officielle explicite, que la Maison d'Israël était destinée à devenir à la fin des temps, comme le frère aîné des nations, le dernier et le premier Peuple chef de la Terre.

297. Après avoir vu Moïse, le représentant de Lévi ou de l'Eglise (Lévi est placé au centre du groupe que couronne Joseph) errer avec elle dans

p. 304

le Désert, considérons maintenant la mission de Josué, le descendant et le représentant de Joseph. C'est lui qui va, Moïse le lui avait annoncé (Deut. XXXI, 7), introduire le Peuple élu dans la terre promise.

Josué, dont le nom est le même que celui de Jésus [en grec (Héb. IV, 8) les deux noms sont littéralement identiques et ont pour valeur numérique 888], est, comme Joseph, un type de Christ. Si l'on se souvient que la durée de l'année solaire s'est trouvée être, dans la chronologie de Joseph et d'Ephraïm (Leçon XVII, § 273), un signe mis sur la dispensation qui les concerne, le signe de l'Arrêt du Soleil de Josué, ou du retard d'un jour, qui marque, avec l'annonce du changement du Sabbat en Dimanche et la Résurrection de Christ, la transformation du 7e jour de Création ou Jour de Repos, en Jour de travail de l'Humanité, se présentera comme un nouveau trait de rapprochement entre : Joseph ; Josué, son descendant historique ; et Christ, le Soleil de Justice, dont l'un et l'autre sont des types terrestres.

298. Nous avons déjà établi dans la Leçon X, avec le soin et l'étendue requis, la manière dont le Système des Années sabbatiques de Moïse dé-

p. 305

termine l'époque - 1469 de la Bataille de Gabaon, et le groupe (a) des années prophétiques, correspondantes aux jours Vendredi, Sabbat (Samedi), Dimanche des jours de la Semaine, savoir :

     ⎧ - 1470     Vendredi
     ⎪ - 1469     Samedi
(a)  ⎨ - 1460     Dimanche, jour supplémentaire
     ⎪                       de Josué
     ⎩ - 1468     Dimanche

Nous reviendrons plus loin sur les données numériques que fournissent, au sujet de ce signe solaire, les versets qui s'y rapportent dans le Chapitre X du Livre de Josué. Pour le moment il nous faut signaler une vérification remarquable du groupe chronologique précédent, offerte par un passage de ce Livre de Josué relatif à Caleb, ou au représentant de Juda.

Le Chapitre X du Livre de Josué raconte la victoire de Gabaon ; les Chapitres XI, XII relatent la conquête subséquente, puis la pacification du pays (XI, 18, 23). Après cela, aux Chapitres XIII-XXII, il est question du partage du pays entre les Tribus : or ici, avant le règlement de compte de Juda (Chap. XV), un épisode particulier fait l'objet du Chapitre XIV. Cet épisode concerne Caleb. Il reporte le lecteur à Guilgal

p. 306

(XIV, 6), d'où Josué était parti pour monter à Gabaon (X, 9), et y montre Caleb revendiquant à cette époque, c'est-à-dire avant la conquête, la possession d'Hébron qu'il s'engage dès lors à aller prendre (XIV, 12), et dont la prise de possession par Israël est en effet mentionnée au Chapitre X (X, 36, 37). (En Nomb. XIII, 23, nos traductions disent... « ils vinrent jusqu'à Hébron » ; mais l'hébreu porte « ...il vint », singulier qui désigne certainement Caleb). Caleb s'appuie pour sa revendication sur la promesse de Moïse (XIV, 24 et XIII, 23) faite lors de l'exploration de Canaan, 2 ans après l'Exode, c'est-à-dire en - 1514. Or il déclare en même temps qu'il y a, depuis cela, 45 ans écoulés (XIV, 10). Il s'ensuit donc que l'époque de Gabaon, celle à laquelle nous renvoie ainsi l'épisode de Caleb, est

- 1514 + 45 = - 1469 ;

et c'est exactement en effet celle que nous avions déduite, par le texte du Livre de Josué, de l'Institution des Semaines sabbatiques de Moïse.

Deux autres nombres concordants nous font connaître en outre l'année de la Naissance de Caleb, savoir : 1°) l'âge de 40 ans qu'il se donne lors de l'exploration de Canaan (XIV, 10) ;

p. 307

2°) l'âge de 85 ans qu'il a quand, à Guilgal, il parle à Josué (XIV, 10). Ces deux nombres fournissent pour la Naissance de Caleb la date

- 1514 - 40 = - 1554
- 1469 - 85 = - 1554 ;

c'est-à-dire le nombre, ici essentiellement remarquable :

1554 = 2 × 777.

299. Ces données chronologiques relatives à Caleb conduisent naturellement à rechercher semblablement celles qui concernent Josué. Le Livre de Josué ne nous donne à cet égard qu'une seule indication immédiate, savoir : la durée de la vie de Josué, égale (XXIV, 29) à 110 ans ; mais cet espace de temps bien mesuré se situe néanmoins de manière absolue sur l'échelle chronologique, par la détermination de la Mort de Josué ; on obtient celle-ci en remontant, à partir des Rois, à travers les Livres de Samuel et des Juges, jusqu'à l'installation du premier Juge après Josué, savoir Othniel (Juges III, 9).

Si comme nous allons le faire, on procède à cette dernière recherche dans l'ordre naturel de la lecture de la Bible, c'est-à-dire en faisant la computation dans la suite directe des temps, il

p. 308

suffit de commencer celle-ci en y désignant par une inconnue X la durée du Gouvernement de Josué.

Les appréciations différentes des commentateurs, relatives à la période qui nous occupe, proviennent en grande partie de ce que l'exposition historique du texte, lequel a pour axe directeur la succession naturelle des Juges, est accompagnée dans ce texte : soit de considérations sur les dispositions spirituelles du Peuple au cours de cette phase troublée de son Histoire, considérations qui embrassent dans leur vue des espaces de temps plus ou moins étendus ; soit de la mention de châtiments temporaires, dont les durées sont indiquées et auxquels ce peuple s'est trouvé soumis.

Mais ces appréciations flottantes ne prouvent pas seulement leur manque de viabilité par la divergence des résultats auxquels elles conduisent les Critiques ; elles ne reposent au fond sur aucun principe rationnel. La marche à suivre dans cette question, et qu'on a jusqu'ici pas observée, consiste en effet à tenir compte tout d'abord des éléments indéformables et sans équivoque offerts par le document, savoir, en première ligne, les durées de ministères de Juges, en prenant ces données telles quelles, et simple-

p. 309

ment les additionnant. Car il est évident que, si la Bible est la Parole de Dieu, ces nombres spécifiques donnés ont un objet, et qu'ici cet objet ne peut être autre que de nous apporter, sous une forme arithmétique assurée, une solution qui s'est prouvée, par tous autres moyens, impossible.

Or nous allons voir qu'en suivant cette méthode rationnelle, simple application, du reste, d'un principe de recherche constamment adopté dans nos Leçons, on est conduit à des résultats décisifs, qui, par eux-mêmes, en démontrent à postériori le bien fondé.

300. En tout état de cause, commençons par rassembler les éléments chronologiques fournis par les textes dans la période envisagée. D'accord avec ce que nous venions de dire (§ 229), ces éléments sont de deux espèces, savoir :

1°) La succession chronologique des conducteurs du peuple qui, commençant par Moïse et Josué, s'étend jusqu'à l'avènement de la Royauté avec Saül ;

2°) La mention des durées pendant lesquelles, au cours de ce gouvernement des conducteurs du peuple, celui-ci subit l'oppression ou le joug d'as-

p. 310

servissement des étrangers avec lesquels il se trouve en contact.

Tous les éléments de ces deux espèces sont rapportés dans le Tableau suivant.

TABLEAU XX.

Matière chronologique de l'Epoque des Juges.

PASSAGES   | NOMS    | DURÉES | ÉVÉNEMENTS   | REMARQUES
(1)        | (2)     | (3)    | (4)          | (5)
-----------------------------------------------------------------------
Josué V, 6 | Moïse }            au Désert 40
           | Josué }
Jos. XXIV, 29 |                                 Josué meurt à
Jug. II, 8  } | Josué  |   X    |              | 110 ans.
Jug. III, 8 |        |        | Asservis
            |        |        | à Cusan.     | 8
III, 11     | Othniel |  40   |
III, 14     |        |        | Opprimés
            |        |        | par Héglon   | 18
III, 15, 30 | Ehud }  |  80   |
III, 31     | Samgar} |       |
IV, 3       |        |        | Jabin avait
            |        |        | opprimé Israël
            |        |        | durant       | 20
IV, 4       | Déborah }  40  |
V, 31       |         }     |
VI, 1       |        |        | Entre les mains
            |        |        | des Madianites | 7
VIII, 28    | Gédéon  |  40   |
IX, 22      | Abimélec|   3   |
X, 2        | Tolah   |  23   |
X, 3        | Jaïr    |  22   |
X, 7, 8     |        |        | Opprimés par
            |        |        | Philistins et
            |        |        | Ammonites    | 18
p. 311
PASSAGES   | NOMS    | DURÉES | ÉVÉNEMENTS   | REMARQUES
(1)        | (2)     | (3)    | (4)          | (5)
-----------------------------------------------------------------------
XI, 26     |         |        |              | « Voilà 300 ans qu'Is-
           |         |        |              | raël habite Hesbon,
           |         |        |              | etc. ». Voir Nomb.
           |         |        |              | XXI XXII; et, pour
           |         |        |              | Kadès et Amoréens,
           |         |        |              | déjà Nomb. XIII, 1,
           |         |        |              | 27, 30.
Jug. XII, 7 | Jephté  |   6   |
XII, 9      | Ibtsan  |   7   |
XII, 11     | Elon    |  10   |
XII, 14     | Abdon   |   8   |
XIII, 1     |        |        | Entre les
            |        |        | mains des
            |        |        | Philistins 40
XV, 20      | Samson }  20   |
XVI, 31     |        }      |
L. Sam. IV, 15 |     |        |              | Héli meurt à 98 ans.
            |        |        |              | L'Arche prise.
IV, 18      | Héli    |  40   |
VI, 1       |        |        |              | Arche 7 mois chez les
            |        |        |              | Philistins.
VII, 1, 2   |        |        |              | Arche à Kirjath-Jéa-
            |        |        |              | rim. Il y avait 20 ans
            |        |        |              | de cela quand Israël
            |        |        |              | retourna à l'Eternel.
VII, 15 ;   | Samuel (ses fils,        | Samuel jugea Israël
VIII, 1, 2, 5, 6 | Joël, Abija)        | tous les jours de vie.
            |        |        |              | Act. XIII, 20. Il leur
            |        |        |              | donna des Juges jus-
            |        |        |              | qu'au Prophète Sa-
            |        |        |              | muel.
            |        |        |              | 450 ans.
p. 312
PASSAGES   | NOMS    | DURÉES | ÉVÉNEMENTS   | REMARQUES
(1)        | (2)     |        | (4)          | (5)
-----------------------------------------------------------------------
XIII, 1    | Saül    | 2 ou 3 |              | Le verset mentionne 1
           |         |        |              | première année, puis
           |         |        |              | 2 ans. Suivant qu'elle
           |         |        |              | est, ou non, comprise
           |         |        |              | dans ces 2, il faut
           |         |        |              | compter 2, ou 1+2=3.
           |         |        |              | (Voy sur le verset I.
           |         |        |              | Sam. XIII, 1 la Note à
           |         |        |              | la fin de cette Leçon).
           |         |        |              | Act. XIII, 21, …En-
           |         |        |              | suite ils demandèrent
           |         |        |              | un roi, et Dieu leur
           |         |        |              | donna Saül, fils de Kis,
           |         |        |              | de la tribu de Benja-
           |         |        |              | min.
Act. XIII, 21 | Saül |  40   |              | Act. XIII, 21… (et
           |         |        |              | ainsi se passèrent) 40
           |         |        |              | ans. C'est après les 2,
           |         |        |              | ou 3 ans de Saül men-
           |         |        |              | tionnés en I Sam.
           |         |        |              | XIII, 1 que Saül offre
           |         |        |              | le sacrifice au lieu de
           |         |        |              | Samuel, et qu'alors Sa-
           |         |        |              | mule (I Sam. XIII, 13,
           |         |        |              | 14) lui déclare que s'il
           |         |        |              | n'avait pas fait cela,
           |         |        |              | son règne eut été affer-
           |         |        |              | mi, et lui annonce qu'il
           |         |        |              | sera remplacé par Da-
           |         |        |              | vid ; et en Act. XIII,
           |         |        |              | 22, c'est à la fin des
           |         |        |              | 40 ans mentionnés qu'il
           |         |        |              | est ôté.
           |         |        |              | Le parallélisme et la
p. 313
PASSAGES   | NOMS    | DURÉES | ÉVÉNEMENTS   | REMARQUES
(1)        | (2)     | (3)    | (4)          | (5)
-----------------------------------------------------------------------
           |         |        |              | disposition des textes
           |         |        |              | portent à considérer les
           |         |        |              | 40 comme un terme sé-
           |         |        |              | paré à la suite du
           |         |        |              | terme préparatoire 2,
           |         |        |              | ou 3.
I Rois, II, 11 | David |  40  |              | I Sam. XIV, David
           |         |        |              | oint roi par Samuel
           |         |        |              | (Act. XIII, 22).
           |         |        |              | I Sam. XXV, 1, Mort
I Rois, XI, 42 | Salomon | 40 |              | de Samuel.

301. Le Tableau précédent contient, telles quelles, les données de nombre du texte. Considérons la colonne (3) des durées de gouvernement des Juges. Nous constatons, d'accord avec ce que nous annoncions plus haut, qu'elle nous permet de remonter de Salomon jusqu'à la fin de la durée X de Josué auquel succède Othniel (le neveu de Caleb ; Jos. XV, 17 ; Jug. III, 9). Le groupe global et, on va le voir, significatif, que nous avons à y former, — celui des 3 Rois, Salomon, David, Saül, et des 14 Juges, de Héli à Othniel, — est d'ailleurs, remarquons-le aussi, de lui-même mis en évidence par le fait même du vide X qui correspond au temps de Josué ; et nous pouvons inférer qu'une des raisons de

p. 314

l'existence de ce vide était donc justement d'isoler mieux le résultat remarquable auquel ce terme global va nous conduire. On a en effet pour ce terme, en remontant :

Salomon                       40
David                         40
Saül                          40
Saül (nombre complémen-
   taire du Livre des
   Juges)                   2 ou 3
14 Juges de Héli à Othniel   339
                            -------
                Somme    461 ou 462.

Mais la dernière année de Salomon est l'an - 1000. On aura donc la fin de Josué en ajoutant à -999 la somme précédente ; et cela conduit, pour cette fin de Josué, à la date

- 999                      - 999
- 461          ou          - 462
------                     ------
-1460          ou          -1461 ;

c'est-à-dire, par un trait qui à lui seul prouverait l'Inspiration de toute la Bible et la réalité de l'ordre surnaturel, avant la Naissance de Christ, à

4 × 365   ou   4 × 365 1/4
p. 315

Ainsi, d'une manière simple et immédiate qui n'a pas besoin de commentaire, Josué est en correspondance avec Jésus par le moyen de l'Année solaire. (On aperçoit aussi par là la raison d'être de ce verset singulier I Sam. XIII, 1 à terme complémentaire double, 2 ou 3, qui répond aux deux périodes sothiaques également significatives, et toutes deux employées, 1460 et 1461, périodes qui se présentent en outre, par leur groupe, à différence de 1 jour, comme un signe du jour de retard, ou du signe solaire de Josué).

302. Le résultat capital précédent étant acquis, voici, de manière plus détaillée, de l'Exode à la fin du règne de Salomon, le Tableau chronologique de l'époque des Juges. Des deux nombres 1460, 1461, nous avons pris, pour repère de la fin de Josué, 1461 = 4 × 365 ¼, tant à raison de sa correspondance avec la valeur instrumentale exacte de l'Année, que parce que, dans la correspondance des Années et des jours de la Semaine, - 1461 est un « Dimanche ». (Nous verrons d'ailleurs ce choix entièrement justifié à postériori par d'autres résultats qui vont s'ensuivre) (1).

(1) En outre les 3 ans de Saül conduisent à - 1122 pour leur commencement, et à un temps de 516 ans pour la royauté en Israël et Juda (1122 — 606 = 516).

p. 316

TABLEAU XXI.

Chronologie de l'Époque des Juges, de l'Exode à Salomon.

Exode        — 1516
Josué          1476
Othniel        1461
Ehud  }        1421
Sangar}
Déborah        1341
Gédéon         1301
Abimélec       1261
Tolah          1258
Jaïr           1235
Jephté         1213
Ibtsan         1207
Elon           1200
Abdon          1190
Samson         1182   Pour les temps Sam-   | Héli      1182
Héli           1162   son-Samuel-Saül, voir | (Samson    20)
                      (§ 309 Tabl. XXII)    | Samuel    1142
Saül   }       1122   l'arrangement ulté-   | Samuel    1122
Samuel }       1119   rieur des nombres, sa-| Saül      1119
David          1079   voir :                |
Salomon        1039
4e année du
règne de
Salomon        1036
Dernière
année          1000

303. Il résulte de la chronologie précédente que la durée X, assignée au gouvernement de Josué, est égale à

p. 317
X = 1476 - 1461 = 15 ans,

Que d'ailleurs elle se termine à la Mort même de Josué, c'est ce qui suit naturellement de la lecture du texte de Jug. I, où l'on voit, après cette mort de Josué (I, 1), Juda, c'est-à-dire la tribu de Juda, prendre la direction politique (1, 2), et Othniel, neveu de Caleb, s'imposer comme chef par ses hauts faits (1, 12, 13). Mais d'accord avec ces indications les nombres mettent hors de doute qu'il en est bien ainsi, et que la date remarquable -1461 marque bien la Mort de Josué.

En effet, la vie de Josué étant de 110 ans, cette vie est alors repérée par les signes absolus suivants :

1° La naissance de Josué étant

-1461-110= -1571,

il s'ensuit que l'on a

-1571 - 1461
------------- = - 1516,
     2

ou que sa vie est exactement centrée sur l'Exode (circonstance d'ailleurs à rapprocher de cette autre que la Dispersion du Royaume d'Israël, ou des 10 Tribus, dont Josué est le représentant, est également dépendante de l'Exode par la relation:

       1516
— 758 = — ---- ;)
        2
p. 318

2° A l'époque de la Bataille de Gabaon, ou du Signe solaire de Christ, Josué a

110
--- + 40 + 7 = 102 = 3 × 34 ans ;
 2

3° Enfin, signe qui, par le nombre 17, rapproche encore Josué de Joseph et d'Ephraïm, en l'opposant à Juda ou Caleb, Josué a 17 ans de plus que Caleb, puisque celui-ci est né en -1554= -2×777, et que l'on a

1571=2×777+17.

304. A côté du signe solaire remarquable -1461, un autre tout analogue doit également être mentionné, relatif, celui-ci, à l'Année lunaire.

Son existence dans le sujet se légitime d'ailleurs rationnellement par le fait que l'Arrêt du Ciel de Josué concerne tout le firmament ; c'est ce qu'on trouve précisément spécifié en Jos. X, en ce qu'il y est aussi bien question de la Lune que du Soleil. Il convient cependant de ne pas faire connaître ce nouveau trait intentionnel de la Chronologie sans tracer auparavant, au moins dans ses grandes lignes, le dessin d'un aspect plus général sous lequel on doit envisager celle-ci, (et dont nous nous proposons de faire l'objet d'une Leçon spéciale dans un Volume ultérieur,

p. 319

sous le titre : Christ centre de l'Histoire). Il s'agit d'un fait de symétrie qui préside à toute la distribution chronologique du système de la Bible par rapport à l'Ere chrétienne. Cette digression anticipative ne présente d'ailleurs aucun inconvénient au point de vue didactique; sans doute elle ne servira ici qu'un objet particulier, mais cet objet lui-même est terme intégrant dans un ensemble, le développement mondial du Peuple élu, qui s'étend, aussi bien, sur toute l'étendue du champ chronologique. Ce que nous allons dire n'est donc pas, au fond, un hors d'œuvre disproportionné.

Le lecteur a peut-être déjà observé par lui-même, en considérant le canevas chronologique, que certaines dates remarquables de l'ancienne Alliance, repérées par des nombres pris négativement, ou avant Jésus-Christ, se retrouvent remarquables aussi sous la Nouvelle Alliance où les mêmes nombres les désignent, mais pris positivement, c'est-à-dire après Jésus-Christ. Telles sont par exemple : la Mort -1875 de Joseph, qui termine la Genèse, et l'époque +1875 de la Connaissance de Daniel, qui limite ses 3 premiers temps; tels le -2000 de la Vision de Jacob à Béthel, et le +2000 que nous avons signalé (Leçon XVII) et qui appartient à la Phase d'organi-

p. 320

sation (religieuse) de la dernière période historique, celle du Peuple élu ; tels le -1516 de la loi (Moïse) et le +1516 du Retour à l'Evangile (Luther).

De même, quoique à prendre les nombres d'une manière moins serrée, c'est au -VIIIe siècle qu'a lieu la Disparition de la Maison d'Israël, et c'est au +VIIIe siècle qu'a lieu (par le centre de l'Heptarchie) sa réapparition dans les Anglo-Saxons. La Dispersion des Nations après le Déluge mesure à partir de l'Ere chrétienne -XXIV siècles, et à la fin de l'échelle chronologique de l'Economie historique actuelle, +XXIV siècles à partir de cette même Ere. La symétrie s'accuse aussi bien dans la dispensation spirituelle ; le rameau prophétique de Christ dont nous avons étudié le développement dans la Leçon XV et qui commence à Sérug, avec la relation : Naissance de Sérug=2365= -2000 - 365, a pour symétrique celui qui s'étend, après Christ, jusqu'aux derniers temps de l'Etablissement du Règne, savoir jusqu'en +2386= +2000+365+ (7+7+7).

Enfin le bloc.

4184+2386=3×(1.2.3.)×365

compris entre le -4184 d'Adam et le +2386 de

p. 321

la fin de l'Echelle chronologique, bloc dont deux tiers précèdent, dont un tiers seulement suit Christ, n'est en réalité lui-même que la partie visible d'un ensemble potentiel symétrique par rapport à Jésus-Christ; c'est ce que mettent en évidence les relations suivantes, évidemment intentionnelles, qui constituent cette symétrie virtuelle, savoir :

+2386+12×12=2386+144=2528 (Déluge) +2,
                        (= -2528)
+2386+150×12=2386+5×360=4184 (Adam) +2.
                        (= -4184)

Le 2 systématique de l'Ecriture semble apparaître ici comme signe des temps de Christ, et en opposition à ceux de l'Adam terrestre, ou du premier Adam.

Dans le champ total dont il vient d'être question, des systèmes subsidiaires se détachent, où s'observe d'une manière non moins manifeste cette correspondance ou réflexion réciproque du passé et de l'avenir. Tel est, signalé par les paroles mêmes du Seigneur quand il compare les temps du Déluge à ceux de son avènement, le bloc qui s'étend du Déluge à la Seconde Venue, ou de -2528 à +2180. Le terme de 100 ans que limitent, à son extrémité inférieure, le

p. 322

Déluge -2528 et la Dispersion des nations -2428, se retrouve à l'autre extrémité (comme nous l'avons reconnu en étudiant, Leçon XVII, la dernière période historique), de +2080 à +2180, en amenant la Seconde Venue 2180 ; et c'est la distance de ces deux termes de 100 qui mesure, de centre à centre, les 1600 stades ou 4608 ans de Apoc. XIV, 20 : On a

  2528+2428          2080+2180
- --------- + 4608 = + ---------
      2                    2

Les deux ans systématiques de l'Ecriture se correspondent de même, à ces deux extrémités : savoir, d'une part, au Déluge, les 2 ans d'Arphacsad ; de l'autre, à la Seconde Venue, les 2 ans entre les deux limites de Daniel, 2178 et 2180.

Quant au point central de ce système de 4608 ans, c'est (Leçon IX, §§ 95, 96) l'origine -174 de la Semaine d'Antiochus, semaine dont la fin, ou -167, sert d'ère aux 2300 ans qui conduisent au +2133 de Daniel ; cette constatation souligne assez, en en éclaircissant la situation chronologique, l'importance capitale attribuée par la Bible dans son plan prophétique, à cette époque historique d'Antiochus.

Une autre circonstance est ici connexe. De même que l'on portait, en revenant, à partir du

p. 323

+2178=2180-2 de Daniel, l'espace 45+3 1/2 ×516=1851, pour retrouver l'origine +327 de ses 3 1/2 temps, portons, dans le sens direct, ces 1851 à partir du -(2528-2)= -2526 d'Arphacsad, pour trouver le point chronologique qui correspond, dans la symétrie, à +327. Nous arriverons à -2526+1851= -675. Or cette dernière année est aussi remarquable en elle-même historiquement, qu'à l'égard du parallélisme symbolique précédent avec le Faux prophétisme (+327) ; car c'est là que se partage en

41=P2x7,        et 14=2×7

le règne de 55 ans (-716 à -661) de l'impie et idolâtre Manassé (II Rois XXI, 1-18 ; II Chron. XXXIII, 1-20).

En outre le bloc repéré par les deux correspondants symétriques -675 et +327, vaut

675+327=1002=6×167,

ce qui rattache manifestement le sujet, après la date fondamentale faux-prophétique +327 de Daniel, à l'autre date fondamentale de ce même ordre dans ce Prophète, celle de l'impiété d'Antiochus. On remarquera enfin que cet ensemble est aussi relié par là d'une manière septenaire à l'Ere chrétienne ; car le tiers de l'espace 6×167, ou 2 unités 167, conduisent, à partir de +327, au point -7.

p. 324

Ce -7 enseigne dès lors à compter de même -7 à partir de -167, et on retrouve ainsi le centre -174 de toute l'ordonnance qui, d'abord, du Déluge à la Seconde Venue, avait été envisagée.

Coïncidant par sa limite (+2180) avec ce système Déluge - Seconde Venue, il convient non moins de rappeler, dans cette disposition qui rapporte tout à Christ, l'existence d'un autre système encore, bien avant ceci déjà longuement étudié par nous (dans la Concordance), savoir : celui des 7 Eglises, ou Phases de l'Histoire de l'Eglise, de Apoc. II, III, ou Système Exode-Seconde Venue. Ce dernier système, précisément parce qu'il commence à l'Exode, nous rapproche d'ailleurs de notre objet propre, l'Histoire du Peuple élu et de Josué.

Un premier trait de symétrie de ce nouveau système est, comme dans le précédent, indiqué par les 2 ans systématiques que limitent ses extrémités, savoir :

d'une part les 2 ans spécifiés qui, à l'Exode, s'écoulent du Sinaï -1516 à Kadès-Barnèa -1514 ; de l'autre, les 2 ans finals compris entre les deux dates de Daniel +2178, +2180. Si ensuite, de même qu'en rétrogradant on comptait les 1335 ans de Daniel à partir de +2178 pour

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

p. 325

retrouver la date +843 du Faux Prophète, on compte, dans le sens direct, 1335 à partir de -1514 pour trouver le correspondant symétrique de +843, on arrive ainsi à la date

-1514+1335= -179,

c'est-à-dire, en tout état de cause, de nouveau à l'époque d'Antiochus [avec -179+12= -167 ; (comp. là dessus Dan. VIII, 26)] ; mais cette date -179 est en outre intentionnellement précise, et elle intéresse notre objet actuel (le signe solaire de Josué), car elle détermine avec son correspondant +843 un bloc égal à

                   28 × 365   7 × 1460
179 + 843 = 1022 = -------- = --------
                      10        2 × 5

De semblables traits accumulés et qui embrassent l'ensemble de la Chronologie biblique, font entrevoir, — à notre sens, démontrent, — que toutes les relations arithmétiques systématiques qui se sont mises jusqu'ici en évidence, dans nos recherches, relations auxquelles nous ne sommes parvenus qu'en suivant une voie de constatation analytique, doivent appartenir à un seul et unique système déterminé à priori. De ce système, la synthèse proprement dite nous échappe encore. Tout au plus avons-nous trouvé des traces de son caractère de nécessité dans la connexion des Nombres fondamentaux, des pé-

p. 326

riodes historiques de la Bible, avec des données générales de la Science abstraite de la Grandeur. En d'autres termes, nous sommes certains de l'existence d'une vérité, et cela suffit déjà à notre édification. Mais cette vérité, seulement définie par des contingences particulières, nous ne la possédons pas en elle-même. « Nous ne connaissons qu'imparfaitement… nous voyons présentement confusément, comme dans un miroir » (Cor. XIII, 9, 12).

La notion, et avec elle le calcul des correspondances symétriques du passé et de l'avenir, avant et après Christ, s'étaient imposés pour ainsi dire dès l'origine de nos recherches sur la chronologie biblique ; les derniers résultats que nous venons d'y ajouter concernant les 1335 ans et les 3 1/2 temps de Daniel, se sont présentés à l'occasion d'une fort belle remarque de M. le Comm. E. Galet [aujourd'hui (1922) Colonel Commandant de l'Ecole Militaire] sur la relation qui se découvre entre le -1469 de la Bataille de Gabaon, et le +2133 de Daniel.

On trouvera, à la suite de cette Leçon, une Note (Note B) où M. Galet, sur notre demande, a bien voulu présenter quelques remarques, non seulement sur ce point particulier, mais sur tout l'ensemble dogmatique de notre travail.

p. 327

305. Tout ceci dit, nous arrivons, en rentrant dans notre sujet, — la Chronologie des Livres de Josué et des Juges, — au point spécial (§ 304) que nous voulions y signaler et qui a amené la digression précédente sur la correspondance symétrique des époques. Nous avions vu, dans le système de Nombres que cette Chronologie constitue, l'année solaire nettement signifiée par le 1461=4×365 1/4 de la mort de Josué, et nous nous demandons si, d'une manière analogue, l'Année lunaire ne le serait pas aussi. Cette induction se légitimait, tant par la mention de la Lune, comme du Soleil, dans le récit du Miracle de Josué, que, symboliquement, par le fait que, dans l'Histoire de l'Eglise (Apoc. XII, 1), le Soleil et la Lune désignent la Nouvelle et l'Ancienne Alliance, celle-ci, dans les ténèbres de l'Humanité avant Christ, recevant cependant de Lui, encore caché et non paru dans le Ciel, toute sa lumière.

Or à cette question répond affirmativement de la manière la plus nette la correspondance par symétrie que nous venons d'esquisser, et précisément si on la considère dans le système Exode-Seconde Venue, qui, en particulier, concerne l'Histoire de l'Eglise. Le premier point remarquable en effet que, dans ce système, nous ren-

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controns au delà du -1461 solaire, est -1516+ 100= -1416, ou le symétrique du +2180-100= 2080 (la symétrie étant ici notre argument), qui repère, à l'autre extrémité, le bloc systématique de 100.

Or cela dit, et remarquée aussi l'analogie de forme des deux nombres 1461, 1416, de même que l'on avait pour le -1461 avant Christ :

1461=4×365 1/4

ou 4 fois l'année solaire, de même on a pour le -1416 avant Christ :

1416=4×354

ou 4 fois l'année lunaire, égale à 12 mois de 29 1/2 jours, ou 12 lunaisons.

Remarque. Nous venons d'appeler l'attention sur l'inversion des chiffres dans les nombres 1461 et 1416 ; cette inversion, qui est un nouveau signe de l'enseignement astronomique conjugué et intentionnel des deux années, n'est qu'un exemplaire dans la série d'autres cas analogues antérieurs ; soit : Leçon XVII, l'inversion 1931, 9131, dans la prophétie de Jacob sur Ephraïm ; ou, encore les 1376 et 3176 ; ou, dans notre Leçon actuelle (plus haut, § 304) les 41 et 14 ; et plus loin, § 310, les 34 et 43 ; etc.

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

p. 329

La portée du fait lunisolaire que nous venons de découvrir s'étend bien au delà du cadre proprement dit de notre discussion. Il constitue une des illustrations les plus frappantes des considérations qu'antérieurement nous avons présentées (Leçon IV, Note à la fin) sur la mission supérieure et unique de l'Homme dans le monde créé, et sur la situation providentielle de la Terre dans le Ciel astronomique. Le système de la Terre et de son Satellite se trouve en effet ici mesuré, pour chacun de ses deux éléments, par sa révolution annuelle, dans un système de Nombres (la Chronologie de la Bible) qui a pour centre et pour objet le Fils unique de Dieu ; et cela a lieu à l'occasion d'un fait historique miraculeux, symbolique de toute la dispensation spirituelle (Voy. Leçon X). Ce fait concerne d'une manière concrète le Peuple dépositaire de la Parole. Ce peuple élu est conduit par un Missionnaire sacré, Josué, qui est un type humain de Jésus-Christ. Toute l'autorité spirituelle du Christ comme Fils unique de Dieu, revêt donc ici la désignation de la Terre comme lieu prédestiné dans l'Univers.

Et combien tout dès lors aussi dans les contingences grandit et prend un sens profond. Déjà l'Ecriture appelait Christ : le Soleil de Justice

p. 330

En contemplant sur le Firmament, dans sa marche à travers les Etoiles, le Satellite de notre Globe, cette vue si commune à l'œil humain peut et doit désormais être, pour nous qui savons, un signe sacré et divin de la dispensation de la Grâce de Dieu, veillant sur nos ténèbres.

306. Revenons à notre document chronologique des Livres des Juges et des Rois, pour envisager les données numériques subsidiaires qu'il contient encore, ou dont, dans d'autres parties de la Bible, il se trouve être l'occasion. Deux de ces données spécifiques s'offrent en particulier à notre examen, savoir : 1° Les 450 ans mentionnés au sujet des Juges en Act. XIII, 20 ; 2° Les 300 ans cités en Jug. XI, 26 au sujet d'Israël.

Ces deux données ont jusqu'ici constitué des énigmes pour les commentateurs.

Nous allons reconnaître que leur sens ne reste caché qu'à raison de l'ignorance où l'on se trouvait de la vraie chronologie de l'Ecriture.

307. Les 450 ans de Act. XIII, 20.

En Act. XIII, Paul, après avoir (aux versets 16-19) rappelé la sortie d'Egypte et la conquête de Canaan, s'exprime ainsi au verset 20 : « Et

p. 331

environ 450 ans après cela, il (leur) donna des juges jusqu'au prophète Samuel » (Ostervald).

[Le mot à mot grec est : Et après ces choses, (comme à la manière de) années 450, il donna

     ( juges
des  { estimateurs    } jusqu'à Samuel le pro-
     ( appréciateurs   )      phète].

A quoi cela répond-t-il dans notre tableau chronologique ?

Nous y voyons bien qu'effectivement, après Josué, il y a un bloc de 14 Juges proprement dits jusqu'à Samuel-Saül ; et que ce bloc est mis de lui-même en évidence par le vide historique X de Josué. Seulement, la durée occupée par ces Juges est égale à

1461-1122=339 ans,

et non à 450. Il est donc évident que si la Bible est la Parole de Dieu, le nombre 450 des Actes implique une autre donnée encore, empruntée à l'Histoire des Juges.

Or, en nous reportant au Chapitre Jug. II, où l'économie de la conduite de l'Eternel à l'égard du Peuple élu est définie, nous lisons que si l'Eternel leur suscitait bien des Juges proprement dits, (II, 16), était avec le Juge pendant toute la vie du Juge (18) ; Il continuait, quand le

p. 332

Juge mourait, à se servir des nations qui entouraient Israël pour mettre Israël à l'épreuve (19-23), et accomplit ainsi sur lui ses propres jugements ; l'Eternel lui-même est d'ailleurs appelé directement le Juge en Jug. XI, 27.

A cette économie pénale répond alors, dans notre document, une série subsidiaire d'espaces de temps mentionnés, lesquels servent de mesure aux épreuves dont il est question, savoir : les durées d'oppression d'Israël par les peuples que, pour son châtiment, l'Eternel a maintenus.

Cela remarqué, nous constatons qu'il resterait, pour parfaire les 450 ans de « jugement » de Act. XIII, 20, à ajouter à notre premier groupe de 339 ans un espace de temps égal à

450-339=111=(3×37).

Il est donc évident que si la somme des durées d'épreuve d'Israël était précisément égale à 111, on posséderait, avec la preuve qu'il n'y a de nouveau ici aucune erreur dans l'Ecriture, la détermination certaine du sens intentionnel des 450 ans de Paul.

Or, il en est effectivement ainsi. Ces durées d'épreuve, au nombre de 6, prises dans notre Tableau XX, Col. 4 :

p. 333
1        8
2       18
3       20
4        7
5       18
6       40
       ----
avec la somme   111

La Parole de Dieu en Act. XIII, 20 est donc prophétique. Les 111 ans précédents joints aux 339 donnent, en expliquant le sens caché de cette Parole qui sert ici de vérification à notre Chronologie :

339+111=450.

Observation. Il y a exactement aussi 450 ans, de centre à centre, de la première année de la vie de Josué, -1571 à -1570, au petit groupe initial de Samuel-Saül, -1122 à -1119 (Tableau XXI). On a en effet

1570,5 - 1120,5=450;

ce qui paraît destiné à indiquer symboliquement que Josué résume en lui potentiellement tout le mouvement subséquent de la période des Juges.

Il est également intéressant d'observer à cet égard que, sinon la désignation nominale, du moins la notion missionnaire du juge se trouve

p. 334

introduite et exprimée dans la Bible dès le temps de Moïse et de Josué. C'est ce dont témoignerait par exemple, dès le commencement du Livre de l'Exode (Ex. II, 14) l'exclamation adressée à Moïse : « Qui t'a établi prince et juge sur nous » ; et des passages tels que Ex. XVIII, 16 ; Nomb. XIV, 4 et XVI, 2 ; Jos. I, 5, 17.

Les 300 ans de Jug. XI. 26.

Les paroles prononcées par Jephté et où il est question de ces 300 ans ont pour occasion les faits suivants.

Amon ayant déclaré la guere à Israël (Jug. XI, 4), Jephté est choisi comme Chef ou Juge d'Israël pour combattre Ammon (Jug. XI, 9-11). Ceci nous transporte donc, comme époque, à l'ère du gouvernement de Jephté (il descendait de Joseph par Manassé ; Jug. XI, 1 ; Nomb. XXVI, 28-29).

Le prétexte allégué par le roi d'Ammon pour faire la guere est que, lorsque Israël montait d'Egypte (au temps de Moïse), Israël s'est emparé de son pays (Jug. XI, 13). Jephté lui répond que cette prise de possession a été l'œuvre propre, non des Israélites mais de l'Eternel, et qu'elle date de si longtemps (les 300 ans) qu'elle a pour elle la sanction du temps. Mais pour com-

p. 335

prendre la raison d'être et reconnaître l'exactitude du nombre d'années qu'il mentionne, il faut suivre l'ordre de son discours. Jephté retraçant la marche des Israélites, la partage en deux étapes :

1° De l'Egypte à Kadès (Juges. XI, 16) près des frontières de Canaan.

Tout d'abord cela s'entend de l'arrivée d'Israël à ces frontières, 2 ans après l'Exode (Nomb. X 11 ; XIII, 27) ; l'Eternel donne alors au peuple l'ordre de vaincre l'Amoréen et de prendre possession du pays (Deut. I, 19-20) ; mais le peuple se rebelle (Deut. IX, 23), et après une tentative inutile pour accomplir, quand même, cette mission que Dieu lui a maintenant retirée, (Deut. I, 41-46), il est rejeté dans le Désert pendant 38 autres années encore (Deut. II, 14) [lesquelles, avec les 2 premières, font les 40 ans canoniques du séjour au Désert (Nomb. XIV, 34)]. Après ces 38 ans, une seconde fois il revient à Kadès. Ce lieu, par manière de dire, repère donc les 38 ans à leurs deux extrémités ; et c'est placé là, c'est-à-dire au second passage à Kadès, que Jephté, continuant son récit, mentionne dans les versets suivants (Jug. XI, 17-22) la seconde étape de la marche des Israélites, savoir :

p. 336

2° De Kadès, en contournant Edom et Moab, au pays des Amoréens dont ils vainquent le roi, dont ils prennent la capitale, Hesbon.

Jephté alors constate (Jug. XI, 23, 24) (comme nous le rappelions plus haut) que l'Eternel, le Dieu d'Israël, a ici lui-même accompli ce qu'il avait ordonné au peuple de faire, 38 ans auparavant, et s'écrie (Jug. XI, 26, 27) : « Voilà trois cents ans qu'Israël habite Hesbon et les villes de son ressort, et Aroer et les villes de son ressort, et toutes les villes qui sont le long de l'Arnon ; pourquoi ne les lui avez-vous pas enlevées pendant ce temps-là ?… Que l'Eternel, le Juge, soit aujourd'hui juge entre les enfants d'Israël et les enfants d'Ammon. »

En présence du récit historique de Jephté, il est certain que les 300 ans qu'il y spécifie se rapportent au commencement ou à la fin de l'espace des 38 ans d'existence d'Israël dans le Désert, espace chronologiquement repéré par les deux points -1514 et -1476 ; le premier de ceux-ci indique virtuellement, dans la détermination de l'Eternel que Jephté invoque, la prise de possession de Canaan par le Peuple élu ; le second, cette possession effective au point de vue historique littéral.

p. 337

La vérification du nombre 300 doit donc consister en ce que l'une des deux époques précédentes se trouve distante de 300 ans de celle -1213, où l'on se trouve, de l'accession de Jephté au gouvernement d'Israël. Or on a effectivement

-1213-300= -1513,

nombre qui désigne manifestement le premier -1514, des deux repères fondamentaux entre lesquels il fallait choisir. [S'il faut discuter l'unité, il est facile de noter que, de centre à centre de la première année après Kadès à la dernière avant Jephté (celle où Ammon attaque Israël, — et Jephté rappelle dans son discours ce qui a eu lieu avant lui), on a

1513,5 - 1213,5=300].

La preuve est donc faite que dans le cas actuel, comme partout jusqu'ici dans nos recherches, le nombre examiné a une valeur absolue et une signification bien déterminée.

Observation. Quant à la convenance du choix du premier point, celui où l'ordre de l'Eternel, s'il avait été suivi, renfermait virtuellement la conquête (opérée au second), — et il est bien remarquable que le texte justifiant encore ici notre interprétation, identifie les deux points en pas-

p. 338

sant sous silence (Jug. XI, 16,17) les 38 ans (comme fait d'ailleurs pour cette durée, en taisant des événements, le Pentateuque), — on devait en effet plutôt l'attendre de l'état d'esprit manifesté par le discours de Jephté.

Ce discours exalte, par dessus tous les événements externes, la gloire de l'Eternel, et cette préoccupation devait écarter la vision, dès lors un peu grossière, de la gloire purement humaine et dominatrice des Israélites.

En d'autres termes on devait reconnaître plutôt, dans la parole de Jephté. la vue du prophète que la revendication brutale du soldat. D'ailleurs, si notre texte est écrit par l'Esprit de Dieu, à supposer les deux solutions, il était encore plus évident peut-être que, dans ce point de vue supérieur, la première seule convenait; et c'est de quoi nous assure, par un fait, le résultat numérique qu'ensuite nous observons.

308. Notre solution mathématique de la Chronologie des Juges (Tableau XXI), indépendante de toute interprétation particulière s'impose au point de vue rationnel. Il est néanmoins très intéressant (ceci pouvant constituer une nouvelle vérification) d'examiner jusqu'à quel point cet enseignement naturel de la simple lecture, et ses

p. 339

déterminations indépendantes et absolues, s'accordent avec la vue du sujet généralement proposé jusqu'ici, par les commentateurs.

A cet égard un trait capital à d'abord noter, c'est que les commentateurs adoptent d'eux-mêmes pour les durées de gouvernement des Juges, ou du moins comme repérant par leur addition la série de leurs gouvernements successifs, les nombres donnés par la 3e colonne de notre Tableau XX. Un exemple net s'en trouve dans le commentaire de Martin (Bible, Amsterdam 1772, commentaire marginal) au sujet de I Rois VI, 1, c'est-à-dire des 480 ans de l'Exode à la Fondation du Temple, intervalle qu'il cherche à reconstituer au moyen des nombres des Juges.

Verset I Rois VI, 1 « Or il arriva qu'en l'année quatre cent quatre-vingts... »

Commentaire de Martin        Nombres de la
       (480 ans).             Col. 3,
                              Tableau XX

« Sav. 40 ans dans le désert    40
17 sous Josué                    X
40 sous Othniel                  40
sous Ehud et Sangar 80           80
sous Débora 40                   40
sous Gédéon 40                   40
p. 340
sous Abimelech 3                            3
sous Tolach 23  | Voir le commen-          23
                |  taire en petit
                |  texte à la suite
sous Jaïr   22  | de cette liste           22
sous Jephté 6                               6
sous Isban 7                                7
sous Elon 10                               10
sous Abdon 8                                8
sous Samson 20                             20
sous Eli 40                                40
                                          2 ou 3
sous Samuel ou sous Saül 40                40
sous David 40                              40
et 4 qu'il y en avait
   que Salomon était roi ».        4 + 36 (=40,
                                       règne de
                                       Salomon).

La somme des nombres mentionnés au Commentaire de Martin, doit d'après lui, donner 480.

Il y a (tout au moins dans notre Edition de Martin) une lacune matérielle dans l'impression marginale, savoir le vide Tolah, Jaïr. Mais la nature purement matérielle de cette faute est d'ailleurs rendue évidente par le fait qu'au lieu typographique de la lacune se trouve imprimée l'indication des deux versets « Jug. X, 2,3 » qui mentionnent les 23 et 22 ans de Tholah et de Jaïr, les indications de leurs versets figurent d'ailleurs aussi, pour les autres Juges, dans le commentaire. (Nous avons trouvé pour Josué X = 15. Le commentaire donne 17. Cela vient de ce qu'il a négligé le terme additionnel des 2 ou 3 de Saül).

p. 341

De son côté Dom Calmet (Dict. Calmet, Art. Juges) (il place seulement les 20 ans attribués à Samson, après Héli et sous Samuel) arrive par ces mêmes nombres à notre espace de 339 ans pour les 14 Juges.

« La durée du temps des Juges depuis la mort de Josué jusqu'au commencement du règne de Saül, est de trois cent trente-neuf ans ».

De même encore, pour la Bible annotée de Neuchatel, les nombres de notre colonne 3 mesurent les temps propres aux Juges successifs. « 40 ans pour l'administration d'Othniel, 80 pour le temps de repos que procura Ehud, etc. etc. » (Bible annotée, Juges, Intr.)

(Un second trait à noter est ensuite, chez les commentateurs comme dans notre tableau, la considération séparée des durées d'oppression, comptées comme par nous au nombre de 6 (D. Calmet, Bible annotée). La mise en œuvre de ces nouveaux nombres (Col. 4 du Tableau XX) seule varie. Les uns (Martin, Calmet) les situent avec nous par superposition, dans la chronologie de la Col. 3 ; les autres (Bible ann.) ajoutent les nombres pris dans 3 et dans 4 ; puis, la somme constituant un nombre trop considérable, ils la réduisent, en y considérant certaines périodes comme contemporaines, etc. ; mais ce procédé introduit de l'arbitraire et enlève à la solution tout caractère de certitude mathématique.

Il résulte néanmoins, et en tous cas, de tout cela que nos données systématiques sont moyennement bien d'accord avec les éléments qu'indique naturellement à d'autres que nous l'examen du document. Quant à la systématisation de ces données, on voit qu'elle se réduit à la conciliation historique des deux séries de nombres de nos Col. 3 et 4, et sur ce point il importe de mettre le lecteur en garde contre l'admission au sens absolu, dans telle traduction, de tels adverbes de temps, de telles tournures, qui, dans d'autres traductions tout aussi autorisées, se trouvent reproduits fort différemment. En voici un exemple ; ce que nous allons

p. 342

en dire peut s'appliquer à d'autres. En Juges III, 8-11, il est question, au verset 8, de la servitude des enfants d'Israël sous Cusan pendant 8 ans. On trouve ensuite traduit comme suit le commencement du verset 9 (qui amène Othniel) :

Bible ann. « Et les fils d'Israël crièrent à l'Eternel, ... » ; Martin, Ostervald « Puis les enfants d'Israël crièrent à l'Eternel... » ; Segond « Les enfants d'Israël crièrent à l'Eternel... »
Bible anglaise « And when the children of Israël cried unto the Lord... »
Bible allemande « Da schrieen die Kinder Israel zu dem Herrn ».

Au verset 11, concernant les 40 ans de repos, on traduit généralement « Et le pays fut en repos 40 ans, (ici virgule ou point) et Othniel, fils de Kenaz mourut ».

Mais Martin lit : « Et le pays fut en repos 40 ans : puis Othniel, fils de Kenaz mourut » ; et il note dans le commentaire marginal : « Les 40 ans doivent être séparés de ces premiers mots par deux points, et comme s'il y avait le pays fut en repos : et il y eut 40 ans, savoir depuis le premier Juge jusqu'à la mort d'Othniel ».

De même Dom Calmet considère les 40 ans comme marquant la délivrance d'Israël par Othniel « la quarantième année après la paix donnée au pays par Josué ».

On doit bien observer, d'accord avec cette dernière manière de voir de Martin, Calmet, que les nombres de notre Col. 3 ne sont en effet donnés comme désignant le temps de gouvernement ou domination du Juge comme tel, qu'à partir d'Abimélec ; et qu'avant lui le nombre est sans doute bien accolé au Juge comme un repère, mais nullement comme la mesure de son temps de ministère propre et effectif.

p. 343

La difficulté de l'étude des détails dans une question comme celle qui nous occupe, difficulté que relèvent les remarques du précédent commentaire, en petit texte, explique suffisamment par elle-même la raison d'être dans l'Ecriture de ces grands traits de repère (comme les 480 ans, I Rois XI, 1, de l'Exode de Salomon reconstitués ensuite par notre Tableau) qui établissent sans équivoque possible la Chronologie générale, à la manière dont fait, dans l'étude géométrique d'un pays, la triangulation de premier ordre ; les traits plus particuliers et d'ordre inférieur sont ensuite astreints, par de nouvelles conditions définies, à s'encadrer d'une manière déterminée dans telle ou telle partie du canevas général, déjà connu.

309. Abandonnant les Commentateurs, et nous tenant à notre propre documentation, soit à notre Tableau XX, il nous reste, à nous-mêmes, à établir la conciliation historique des deux séries de nombres de ses Col. 3 et 4.

Prenons à cet effet pour argument dans la Col. 4 du Tableau XX les différentes périodes d'Oppression mentionnées. Les remarques suivantes rendent compte de la construction du Tableau XXII qui va suivre, et auquel, pour la clarté, dès maintenant nous renvoyons.

p. 344

1°) Pour les 4 premières servitudes, les nombres 40, 80, 40, 40 afférents, dans la Col. 3, aux libérateurs correspondants, Othniel, Ehud, Déborah-Barak, Gédéon, ne figurent pas dans cette colonne comme désignant proprement le temps de ministère du Juge, mais seulement comme s'y rapportant ; ceci à l'inverse de ce qui a lieu (à partir d'Abimélec) pour les Juges suivants. Néanmoins ces nombres s'ajoutent en se suivant comme on l'a vu (§§ 301, 302) dans la construction de la Chronologie biblique. Ils ne doivent donc (et l'on se trouve alors d'accord avec le sentiment de Martin, Calmet, etc.) (voy. le Commentaire, § 309) seulement mesurer les laps de temps successifs qui repèrent les successives délivrances d'Israël, par les Juges correspondants.

2° Pour la 5e Oppression ou Servitude, le libérateur est Jephté. Son temps de Judicature est donné, et ce point chronologique de la délivrance d'Israël, fin de l'Oppression, est donné aussi : c'est ici l'origine de cette Judicature.

3°) Reste la 6e Servitude, celle des Philistins. Elle est citée à la suite des Judicatures régulières successives : Jephté, Ibtsan, Elon, Abdon, dont le groupe comprend 31 ans, et, avec ce groupe qui la précède, elle forme, à partir de la 5e Déli-

p. 345

vrance par Jephté, - 1213, un bloc de 31 + 40 = 71 ; qui conduit à - 1142, c'est-à-dire à 20 ans du commencement - 1122 de Saül. Ces 20 ans ne sont donc autres que les 20 ans de I Sam. VII, 2 (mentionnés dans notre Tableau XX, Col. 5) au cours desquels, le joug des Philistins enfin brisé à Mitspa, Samuel opère le réveil religieux d'Israël (I Sam. VI, VII, 3-4, 15-17) signalé par le Verset I Sam. VII, 2. La 6e Délivrance est alors marquée par la mort de Héli (I Sam. IV, 18) et la venue de Samuel dont la judicature, non mentionnée par sa durée, est interrompue historiquement, par abdication, au Sacre de Saül. Samuel est d'ailleurs séparé de la série précédente des Juges par sa qualité de Prophète. (Voy. Act. III, 24 ; XIII, 20). D'après cela, les 40 ans de Héli coïncident avec les 40 ans de la 6e Servitude, et les 20 ans de Samson appartiennent à cette même durée. Ils ne s'ajoutent donc pas, dans le temps, aux 40 ans de Héli comme cela paraît dans la computation directe (voir le Tableau XXI) ; ces deux termes 20 et 40 sont d'ailleurs présentés comme indépendants en ce qu'ils sont mentionnés respectivement dans les Livres séparés des Juges et de I Samuel ; mais rien n'est cependant changé par cette disposition nouvelle au résultat chronologique total, — tiré d'abord, dans

p. 346

l'ordre mathématique, de la série de la Col. 3, ordonnée telle quelle par la Bible, — parce que les 20 ans de Samson sont remplacés ici, par la Bible elle-même, par les 20 de Samuel ; c'est ce qui est indiqué en effet par un trait très particulier, propre à l'exposé de la Judicature de Samson, et qui n'appartient qu'à elle : savoir que ses 20 ans y sont mentionnés deux fois (Jug. XV, 20 ; XVI, 31). Cela en apparence est inutile : c'est en réalité pour nous marquer par un signe que ce nombre, puisqu'on le restitue, avait dû être virtuellement effacé ; ou, en d'autres termes, pour légitimer le remplacement dont il vient d'être question, et auquel nous oblige l'analyse des événements d'après le texte.

Telle est l'interprétation historique de la période des Juges qui, dans l'état de notre connaissance actuelle, nous paraît se présenter d'une manière naturelle et satisfaire à toutes les données. Nous l'avons résumée dans le Tableau suivant.

p. 347

TABLEAU XXII.

Les servitudes d'Israël sous les Juges.

Mort de Josué                       |- 1461
Temps dont il est ques-             |
tion en Jos. XXIV, 31               |
et Juges I                       40 |
                                    |— 1429 |
Délivrance par Othniel               |       | 8   1re Servitude, Cusan
                                    |— 1421 |
                              80    |— 1359 |
Délivrance par Ehud                  |       | 18  2e Servitude, Héglon
                                    |— 1341 |
Samgar                        40    |— 1321 |
Délivrance par Déborah               |       | 20  3e Servitude, Jabin
            Barak                   |— 1301 |
                              40    |
                                    |— 1268 |
Délivrance par Gédéon                |— 1261 | 7   4e Servitude, Madianites
Abimélec, Juge   |                  |
Tholah, Juge     |            48     |
Jaïr, Juge       |                  |— 1231 | 18  5e Servitude, Philistins
Délivrance par Jephté                |— 1213 |              et Ammonites
Jephté, Juge     |                  |
Ibtsan, Juge     |                  |
Elon, Juge       |            31     |
Abdon, Juge      |                  |
Héli, Juge                           |— 1182 | 40  6e Servitude, Philistins
Samson, Juge 20 ans                  |       |
Samuel                               |— 1142 |
Samuel, Saül                         |— 1122 |
                                    |— 1119 |
David                                |— 1079
Salomon                              |— 1039
p. 348

310. Revenons maintenant à l'ordre plus général du sujet.

Une des conséquences capitales de notre analyse a été (§ 301) de faire reconnaître dans des données purement chronologiques, des signes immédiats du Miracle solaire de Josué. Ce grand fait, nous en avons déjà (Leçon X) exposé l'importance primordiale dans le plan spirituel de l'Ecriture.

En connexion avec l'ordonnance sociale, universellement connue et relative à la Semaine, par laquelle le 7e jour, ou jour de Repos, a reculé d'un rang en passant de la Semaine israélite à la Semaine chrétienne, il est, embrassant toute l'Histoire de l'Homme, la manifestation externe solennelle du changement par lequel le Jour, ou Economie actuelle de l'Humanité, qui, sans la Chute, eut dû être un jour de Repos, est encore en fait un Jour de travail. Numériquement, la relation de ce Signe de Josué avec Christ, que l'Ecriture appelle le « Soleil de Justice » (Mal. IV, 2), vient d'être particulièrement mise en évidence par le fait que la Mort de Josué, - 1461, est distante de la Naissance de Jésus de 1461 = 4 × 365 1/4 ; mais nous allons la voir relevée par d'autres signes encore, qui mettent en connexion la Bataille de Gabaon elle-même, - 1469, (type

p. 349

direct de l'Etablisseemnt du Règne ou de la Victoire de Jésus comme chef et Roi à la Seconde Venue), avec la Mort de Christ ou le Sacrifice rédempteur de la Première Venue + 34. Cette idée est dès l'abord amenée par le fait qu'à Gabaon, - 1469, Josué a pour âge :

3 × 34

ce qui attire l'attention en effet non plus sur la Seconde, mais bien sur la première Venue. D'ailleurs l'espace E que comprennent les deux événements (Gabaon, Mort de Christ), est égal à

E = 1503        (= 9 × 167),

nombre qui revêt les deux expressions systématiques :

(1) | E = 34 + 1469                          516   (Elohim)
(2) | E = 43 + 4 × 365     (avec 43 = ——— = ————)
                                            12       2

Dans ces formules les signes inversés 34 et 43 des deux directions entre l'Avenir et le Passé marquent le lien réciproque des deux termes et sont dérivés du schéma ci-contre :

[schéma : un cercle en pointillé portant, à gauche une flèche montante marquée « 3 », à droite une flèche descendante marquée « 4 » ; à droite du cercle : (343 = 7.7.7.)]

ou du « cercle » 343, égal à 7 × 7 × 7.

p. 350

Le lecteur va pouvoir s'assurer dans un instant (§ 311) que ce ne sont point ici de vains jeux de chiffres.

Le point chronologique déterminé à partir de - 1469 par le terme 43 de (2) se trouve à distance de + 34, d'une période sothiaque 1460 = 4 × 365.

Il repère la date

- 1469 + 43 = - 1426 ;

et, dans l'ordre signifié des chiffres, ce dernier nombre est en lui-même à son tour remarquable, car on a

1426 = 2 × 23.31     avec 2331 = 3 × 777.

311. Mais la réalité d'un lien intentionnel entre les deux époques, ainsi présentée de diverses manières par leur Chronologie, est en outre mise hors de doute, on va le constater, par la valeur numérique des 3 versets de l'Arrêt du Soleil de Josué, Jos. X, 12, 13, 14. Les valeurs de ces 3 versets sont rapportées dans les tableaux suivants. On y trouvera aussi la valeur d'un 4e verset de l'Ecriture où il est question de ce même Arrêt, savoir : Habac. III, 11.

p. 351

Verset Jos. X, 12.

Alors          1 + 7                       =    8
parla          10 + 4 + 2 + 200            =  216
Josué          10 + 5 + 6 + 300 + 70       =  391
à l'Eternel    30 + 10 + 5 + 6 + 5         =   56
le jour où     2 + 10 + 6 + 40             =   58
livra          400 + 400                   =  800
l'Eternel      10 + 5 + 6 + 5              =   26
l'Amoréen    { 1 + 400                     =  401
             { 5 + 1 + 40 + 200 + 10       =  256
devant         30 + 80 + 50 + 10           =  170
les enfants    2 + 50 + 10                 =   62
d'Israël       10 + 300 + 200 + 1 + 30     =  541
et il dit      6 + 10 + 1 + 40 + 200       =  257
en présence    30 + 70 + 10 + 50 + 10      =  170
d'Israël       10 + 300 + 200 + 1 + 30     =  541
Soleil         300 + 40 + 300             =  640
sur Gabaon     2 + 3 + 2 + 70 + 6 + 50     =  133
arrête-toi     4 + 6 + 40                  =   50
et toi Lune    6 + 10 + 200 + 8            =  224
sur la Vallée  2 + 70 + 40 + 100           =  212
d'Ajalon       1 + 10 + 30 + 6 + 50        =   97
                              ____________________
                              Somme       = 5309

Verset Jos. X, 13.

Et s'arrêta    6 + 10 + 4 + 40             =   60
le Soleil      5 + 300 + 40 + 300          =  645
p. 352
et la Lune       6 + 10 + 200 + 8          =  224
s'arrêta aussi   70 + 40 + 4               =  114
jusqu'à ce que   70 + 4                    =   74
se fut vengée    10 + 100 + 40             =  150
la nation        3 + 6 + 10                =   19
de ses ennemis   1 + 10 + 2 + 10 + 6       =   29
N'est pas        5 + 30 + 1                =   36
cela             5 + 10 + 1                =   16
écrit            20 + 400 + 6 + 2 + 5      =  433
dans             70 + 30                   =  100
le Livre         60 + 80 + 200             =  340
du Juste         5 + 10 + 300 + 200        =  515
s'arrêta         6 + 10 + 70 + 40 + 4      =  130
le Soleil        5 + 300 + 40 + 300        =  645
au milieu        2 + 8 + 90 + 10           =  110
des Cieux        5 + 300 + 40 + 10 + 40    =  395
et non           6 + 30 + 1                =   37
se hâta          1 + 90                    =   91
de se coucher    30 + 2 + 6 + 1            =   39
environ d'un jour 20 + 10 + 6 + 40         =   76
entier           400 + 40 + 10 + 40        =  490
                              ____________________
                              Somme       = 4768

Verset Jos. X, 14.

Ne point       6 + 30 + 1                  =   37
il y a eu      5 + 10 + 5                   =   20
un tel jour    20 + 10 + 6 + 40            =   76
p. 353
comme celui-là   5 + 5 + 6 + 1             =   17
ni avant         30 + 80 + 50 + 10 + 6     =  176
ni après         6 + 1 + 8 + 200 + 10 + 6  =  231
où ait écouté    30 + 300 + 40 + 70        =  440
l'Eternel        10 + 5 + 6 + 5            =   26
la voix          2 + 100 + 6 + 30          =  138
d'un homme       1 + 10 + 300              =  311
car              20 + 10                   =   30
l'Eternel        10 + 5 + 6 + 5            =   26
combattait       50 + 30 + 8 + 40          =  128
pour Israël      30 + 10 + 300 + 200 + 1
                              + 30         =  571
                              ____________________
                              Somme       = 2227

Verset Habac. III, 11.

Le Soleil          300 + 40 + 300          =  640
la Lune            10 + 200 + 8            =  218
s'arrêtent         70 + 40 + 4             =  114
dans leur demeure  7 + 2 + 30 + 5          =   44
à la lueur         30 + 1 + 6 + 200        =  237
de tes flèches     8 + 90 + 10 + 20        =  128
qui volent         10 + 5 + 30 + 20 + 6    =   71
à l'éclat          30 + 50 + 3 + 5         =   88
des feux           2 + 200 + 100           =  302
de ta lance        8 + 50 + 10 + 400 + 20  =  488
                              ____________________
                              Somme       = 2330
p. 354

On a d'abord pour la somme des trois versets de Josué :

(Jos. X, 12)   =   5309
(Jos. X, 13)   =   4768
(Jos. X, 14)   =   2227
              ___________________
Somme = 12304  [ = 4, signe
                   de la Croix
                   + 10 (Saint
                   Saint Saint) ]

Or cette somme portée à partir du point chronologique (- 1469) de Gabaon, donne, après y avoir compté d'après la formule (2) du § 310 le 43 symétrique du 34 :

12304 = 43 + 12261
      = 43 + 33 1/2 × 366.

Le 366 met en évidence, par 365 + 1, le jour supplémentaire de Josué (dont notre année bissextile est d'ailleurs un signe répété constant. 366 est aussi le nombre de fois que la Terre tourne autour de son axe en une année solaire).

On peut exprimer le même résultat sous la forme très compréhensible suivante : Si l'on prend pour ère l'origine de la période sothiaque de 4 × 365 que se termine à la Mort, 34, de Jésus-Christ, la valeur numérique (12304) des 3 versets

p. 355

relatifs à l'Arrêt du Soleil est égale à la date (43) de Gabaon (1469) par rapport à cette ère, plus 33 1/2 fois 366 [33 1/2 = âge du Christ à sa mort (Daniel)].

Considérons après tout cela tout l'ensemble des 4 versets relatifs à l'Arrêt du Soleil (Jos. X, 12, 13, 14 et Habac. III, 11), (lesquels versets contiennent ensemble 21 + 23 + 14 + 10 = 2 × 34 mots ; on aura pour leur somme :

    | (Jos. X, 12)  = 5309
A   | (Jos. X, 13)  = 4768
    | (Jos. X, 14)  = 2227
B     (Hab. III, 11)= 2330
       ___________________________
       Somme = 14634 = 34 + 40 × 365 ;

c'est-à-dire que l'on a, en rapprochant ces faits systématiques :

A = 43 + 33 1/2 × 366
A + B = 34 + 40 × 365,

résultat éminemment démonstratif par la réapparition de l'opposition systématique plus haut signalée déjà du 43 et du 34 (voir § 310).

312. Mais ce n'est pas tout. Comme nous allons le voir, chacun des 4 versets a, par sa valeur numérique particulière, une désignation propre

p. 356

relative aux temps de la Première et de la Seconde Venue et à l'accomplissement de l'Histoire, et ces désignations elles-mêmes forment ensemble systématique, par l'identité de leur procédé de construction. Voici tout d'abord ce qui nous a mis sur la voie de leur procédé commun. Le verset de base du système, savoir (Jos. X, 12) = 5309, s'écrit, si l'on met en évidence le 365 commencé par la partie 309 : (Jos. X, 12) = 5000 + 365 - 56 (on remarquera que 309 = 3 × P28 et que 56 = 2 × 28) ; ce qui donne la relation : 56 + (Jos. X, 12) = 5000 + 365. Mais ce 56 n'est autre chose, dans cette relation de temps, que la valeur du mot יום jour, temps, époque [comme dans le 5e mot de notre verset (Jos. X, 12) ; comme dans Mal. IV, 1 : « Car voici, le jour vient, etc. » ; 10 + 6 + 40 = 56] ; et ceci nous enseigne à faire désigner à un verset une durée ou une époque, en joignant 56 à sa valeur numérique. Or comme on va le voir :

1° le verset de base Jos. X, 12 désigne effectivement ainsi les Deux Venues dans leur ensemble ;

2° le verset Jos. X, 13 désigne la Première Venue. Dans ce verset (le Livre) = 10 × 34, (du Juste) = 515 (avec, dans l'alphabet anglo-saxon, Jésus = 515), parle assez de la première Venue de Celui

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qui seul pouvait délier les Sceaux du Livre (Apoc. V, 5).

3° le verset Jos. X, 14, où l'Eternel, exauçant la voix du Juste, accomplit la victoire de ses Elus, désigne l'établissement du Règne après la Seconde Venue ; et enfin

4° le verset Habac. III, 11 marque la fin 2386 de l'Echelle chronologique, ou tous les temps de l'Economie actuelle de l'Humanité.

On a en effet :

(Epoque) (Jos. X, 12) = 56 + 5309 = 5365 =
            30 × 33 1/2 + 2 × 2180
(Epoque) (Jos. X, 13) = 56 + 4768 = 4824 =
            144 × 33 1/2
(Epoque) (Jos. X, 14) = 56 + 2227 = 2283 =
            2180 + 2386
            ___________
                  2
(Epoque) (Hab. III, 11) = 56 + 2330 = 2386

On ne peut guère nier après cela la réalité chiffrée de la Bible.

313. Au sujet du « Livre du Juste », mentionné en Jos. X, 13 et dont nous venons de parler incidemment, nous devons renvoyer à ce que nous en avons déjà remarqué dans la Note B de la

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Leçon X, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas ici, comme disent les commentateurs, d'un recueil, d'ailleurs parfaitement inconnu, de poésies ou Chroniques hébraïques, mais bien de la « Bible elle-même » ou de la Parole de Dieu ; celle-ci ne fait rien moins que nous affirmer en X, 13 la réalité du Miracle par le fait même qu'il est écrit dans ce Livre du Juste, Christ, Livre qui n'est autre qu'Elle-même. Nous avions dit alors aussi que la même interprétation devait intervenir pour le « Livre du Juste » mentionné en II Samuel I, 18 (à propos de l'Oint de l'Eternel), et de même pour le « Livre des Guerres de l'Eternel » en Nomb. XXI, 14. La Bible signifiée nous offre actuellement de tout cela, à l'occasion du Signe de Josué, une vérification remarquable.

Les 3 versets où, sous ce titre de « Livre » il est, d'après ce que nous venons de dire, parlé de « la Parole de Dieu », ont pour numéros d'ordre sur l'échelle des versets :

                            N° d'ordre
(1) Nomb. XXI, 14            4355
(2) Jos. X, 13              6078
(3) II Sam. 1, 18           8042.

Si, pour introduire la notion du Juste Christ (le Soleil de Justice), nous comptons ces numéros

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à partir de la promesse du Rédempteur, faite en

(4)   Gen. III, 15       71 (71 = P3×7),

ces numéros d'ordre deviennent

(1)   4355 - 71 = 4284
(2)   6078 - 71 = 6007
(3)   8042 - 71 = 7971
       ___________
       Somme = 18262.

Or on a exactement

(1) + (2) + (3) = 18262 = 50 × 365,24

365,24 étant la valeur de l'Année solaire, signe de Christ.

Enfin, ce qui est éminemment démonstratif, le nombre

18262 = 50 × 365,24

considéré comme n° d'ordre d'un verset, repère, — par son dernier verset, le verset Esaïe XXVIII, 29, — l'unique chapitre de la Bible (Es. XXVIII) où (en dehors du Livre de Josué) il soit question de la Bataille de Gabaon ; et d'ailleurs dans des termes qui y affirment clairement le Miracle, puisqu'il en est parlé (XXVIII, 21) comme de l' « Œuvre, l'œuvre étrange, ou inconnue » de l'Eternel, de « son travail, son travail inaccoutumé ». En outre ce verset précis lui-même, Es.

p. 360

XXVIII, 21 a pour numéro d'ordre, depuis la séparation de la lumière et des ténèbres (Gen. I, 4), type de l'œuvre de Christ (Jean I, 1-5), c'est-à-dire à partir de l'établissement du premier jour (Gen. I, 5) :

18250 = 50 × 365.

314. Tous ces traits mettent surabondamment en évidence l'importance, capitale dans le plan biblique, du Signe solaire de Josué dont la critique actuelle, même celle qui s'affirme chrétienne proprement dite, a honte devant le monde à cause de son implacable caractère surnaturel.

Gabaon était pour les Israélites un lieu sacré ; c'est un fait trop ignoré des lecteurs moyens que, jusqu'à David et Salomon, c'est là que se trouvaient le Tabernacle et l'Autel d'airain des holocaustes, et qu'à Gabaon eut lieu, à l'avènement de Salomon, l'Assemblée solennelle dans laquelle, sur cet autel, il offrit le sacrifice (I Chr. XXI, 29 ; II Chr. I, 1-6, 13).

Quant à nous, si éloignés que nous soyons, par nos errements intellectuels, de l'ordre mystérieux que tout ceci révèle, tout nous persuade qu'ici nous foulons un sol sacré ; et rien ne pourra mieux nous en convaincre en nous confondant qu'une dernière preuve apportée, non plus par

p. 361

l'Ancien Testament, mais par les paroles, par la bouche même du Seigneur dans le Nouveau Testament. Cette preuve achèvera de confirmer le lien intime qui existe dans le plan de la Révélation entre le Principe rédempteur lui-même et le Miracle qui vient de nous occuper. A la vérité nous en avons déjà parlé en passant dans la Leçon XIV. Mais elle a une telle importance que l'on peut bien la reprendre, et même en se redisant.

Il s'agit des paroles de Jésus, présentes à la mémoire de tous, qui, en annonçant le Salut, résument peut-on dire l'Evangile et le mystère chrétien, et qu'on lit en Jean III, 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle ».

Ces paroles, Jésus les a prononcées durant cette nuit où, répondant à l'esprit inquiet et troublé de Nicodème, qui pressent la lumière sans la discerner, il lui révèle, avec la nécessité de la nouvelle naissance, l'ordre, caché dans les profondeurs de Dieu, établi par lui pour réaliser cette naissance dans ses créatures. Le jour va venir, et il se donne comme étant lui-même la Lumière qui dissipera les ténèbres du cœur et de

p. 362

l'esprit de Nicodème, c'est-à-dire de quiconque, comme lui, a cherché dans le sentiment de son impuissance et de sa misère, et jusqu'ici n'a pas trouvé.

Puisque ces hautes vérités nous sont présentées par la Bible dans le cadre étroit de sa parole écrite, il nous est permis de les aborder par l'examen des signes, finis comme nous sommes finis, et adéquats à notre nature, dont elle les y a marqués pour notre enseignement.

Le texte qui nous fait connaître l'entretien du Seigneur et du Docteur en Israël, comprend en Jean III, de 1 à 21,

21 = 3 × 7 versets.

Les noms de Jésus et de Nicodème y sont cités, pour les deux, 7 fois, savoir 3 fois pour Nicodème (1, 4, 9) et 4 fois pour Jésus (2, 3, 5, 10). Après une série de questions et de réponses, le document se termine par le Discours de Jésus. Il comprend, de 10 à 21, 12 versets ; et c'est au centre de ce Discours, et comme sa substance même, que se trouve placée, en III, 16, la déclaration solennelle du Sauveur.

Dans l'espèce de la question, nous avons à examiner la construction numérique de ce verset III, 16. On la trouve dans le Tableau suivant.

p. 363

Verset Jean III, 16.

Ainsi      70 + 400 + 300 + 800             = 1570
en effet   3 + 1 + 100                      =  104
a aimé     8 + 3 + 1 + 80 + 8 + 200 + 5 + 50 =  355
Dieu     { 70                               =   70
         { 9 + 5 + 70 + 200                 =  284
le         300 + 70 + 50                    =  420
Monde      20 + 70 + 200 + 40 + 70 + 50     =  450
que        800 + 200 + 300 + 5             = 1305
le         300 + 70 + 50                    =  420
fils       400 + 10 + 70 + 50              =  530
de lui     1 + 400 + 300 + 70 + 400        = 1171
le         300 + 70 + 50                    =  420
Unique     40 + 70 + 50 + 70 + 3 + 5 + 50 + 8 =  296
il a donné 5 + 4 + 800 + 20 + 5 + 50       =  884
afin que   10 + 50 + 1                      =   61
quiconque  80 + 1 + 200                     =  281
le         70                               =   70
croyant    80 + 10 + 200 + 300 + 5 + 400 + 800
                              + 50          = 1845
en         5 + 10 + 200                     =  215
lui        1 + 400 + 300 + 70 + 50         =  821
ne pas     40 + 8                           =   48
périsse    1 + 80 + 70 + 30 + 8 + 300 + 1 + 10 =  500
mais       1 + 30 + 30                      =   61
ait        5 + 600 + 8                      =  613
vie        7 + 800 + 8 + 50                =  865
éternelle  1 + 10 + 800 + 50 + 10 + 70 + 50 =  991
                              ____________________
                              Somme       = 14650
p. 364

Le verset contient 26 mots, valeur numérique de

(Jéhovah) = 26.

il contient

112 = 7 × 8²² lettres.

Enfin sa valeur numérique totale est égale à

(Jean III, 16) = 40 × 366 1/4.

366 1/4 est le nombre de rotations de la Terre sur son Axe en une année solaire. Et, en jours solaires, c'est la mise en évidence du Jour supplémentaire ou du retard du jour de repos, signifié par le Miracle de Josué, et propre à l'Humanité sous l'économie de la Grâce en Jésus-Christ.

315. Nous terminerons cette Leçon par quelques remarques sur la construction systématique générale du Livre des Juges

Le Livre contient 21 Chapitres formant trois parties, savoir :

A. Ch. I-III, 4. Vue sur l'état social et religieux du peuple dans les temps après la mort de Josué, et sur les caractères généraux de la période des Juges.

B. Ch. III, 4 — XVI. Histoire des Juges, de Othniel à Samson, formant le corps du Livre.

p. 365

C. Ch. XVII-XXI. Partie spéciale, (où il n'est plus question explicite des Juges), divisée elle-même comme suit :

C' Ch. XVII-XVIII, Histoire de Micah, l'Ephraïmite, qui établit en Ephraïm un faux culte, et, à cet effet, a fait prévariquer un Lévite de Bethléem de Juda, de la famille de Juda. Histoire ensuite, de la tribu de Dan, à laquelle il n'était pas échu d'héritage parmi les tribus d'Israël, et qui, explorant le pays et passant en Ephraïm, s'empare des idoles de Micah et de son Lévite sacrificateur, et va s'établir, en marchant vers le Nord, à l'extrémité septentrionale de la Palestine (Laïs).

C″. Ch. XIX-XXI. Histoire du Lévite d'Ephraïm qui, ayant pris pour concubine une femme de Bethléem de Juda, et retournant avec elle en Ephraïm, s'arrête, à la fin du jour à Guibéa, en Benjamin ; il est poursuivi par les habitants sodomites, et sa femme violée ; revenu en Ephraïm avec sa femme morte, il coupe le cadavre en 12 parts qu'il envoie dans tout le territoire d'Israël ; tout Israël se réunit à Béthel où était alors l'Arche de l'Al-

p. 366

liance de Dieu, marche contre Benjamin dont la population est passée au fil de l'épée; et Guibéa, comme autrefois Sodome, est détruite par le feu. Il ne subsiste qu'un reste de la tribu de Benjamin.

Chacune des deux parties C′, C″, est caractérisée par le même trait suivant, deux fois répété pour chacune d'elles, savoir :

C′ (XVII, 6) « En ce temps-là il n'y avait point de roi en Israël, chacun faisait ce qui lui semblait bon ».
(XVIII, 1) « En ce temps-là il n'y avait point de roi en Israël. »
C″. (XIX, 1) « En ce temps-là où il n'y avait point de roi en Israël ».
(XXI, 25) « En ces jours-là il n'y avait point de roi en Israël, mais chacun faisait ce qui lui semblait bon ».

On voit d'ailleurs que ces mentions sont, par leur rédaction, distribuées d'une manière symétrique, ce qui est un signe donné que les deux parties C′ et C″ appartiennent à un même ensemble systématique.

Un autre trait propre et commun aux deux parties C′ et C″ consiste dans la mention, en cha-

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cune d'elles, de Silo (repos) sur le territoire d'Ephraïm, savoir :

pour C′, dans son dernier verset Jug. XVIII, 31 ; pour C″, aussi dans la partie finale, en Jug. XXI, 12, 19, 21.

316. Des trois parties A B C du Livre des Juges, c'est évidemment cette dernière partie C qui seule requiert encore maintenant notre examen. Les commentateurs se contentent d'y voir un appendice chronographique, — à prendre tel quel et sans grand intérêt quant à sa raison d'être, — concernant les temps qui suivent la mort de Josué. Dans le point de vue où l'Ecriture est la Parole de Dieu, la recherche de cette raison d'être cependant est non seulement ici la question la plus importante, mais, on peut le dire à juste titre, est virtuellement toute la question. Or il ne paraît nullement impossible, en suivant par ordre la matière, d'arriver à déterminer la vraie signification de cette partie C.

Une première remarque quand on envisage l'ordonnance du Livre, est que cette partie C apparaît précisément quand la partie B vient de se terminer par Samson, lequel est, on le sait, un type de Christ. Il l'est par les circonstances

p. 368

de sa naissance (Jug. XIII, 2-24), par l'Annonciation, par le Nazaréat ; il l'est par le fait qu'il est livré aux Philistins par les hommes de Juda (XV, 11-13), et parce qu'il meurt, en faisant s'écrouler leur temple sur les ennemis de Dieu (XVI, 29, 30) ; enfin par son nom même, qui signifie « l'homme qui est comme le Soleil » (Christ).

La mort de Samson, qui rassemble dans un même acte le Sacrifice et le Jugement, et qui superpose donc, dans la perspective historique, les deux Venues, porte aussi par là notre vue sur toute l'économie de l'Histoire ultérieure à Christ. Or cela étant, il est extrêmement remarquable qu'en effet ce qui nous est offert dans la partie C, ainsi introduite par Samson, concerne essentiellement Ephraïm, Dan, etc., c'est-à-dire, dans la Théorie de la descendance israélite des Anglo-Saxons, la Maison d'Israël. Cette Maison d'Israël, nous le savons déjà, se retrouve dans le 10e et dernier peuple chef de la série historique, peuple dont la période, commencée en 1870, comprend dans sa durée, en 2180, la Seconde Venue.

Cela élimine déjà tout-à-fait l'idée que cette partie C, mise à la suite de l'Histoire proprement dite des Juges limitée par Samson, type de

p. 369

Christ, soit quelque chose de fortuit ou d'indifférent ; qu'elle ne soit, par exemple, comme généralement, nous le rappelions plus haut, on le propose, qu'un simple document anecdotique, dont le lieu eût plus convenablement été, dès Juges I, le récit des temps qui suivent immédiatement Josué. Il est vrai peut-être qu'au point de vue historique concret, ce document appartiendrait convenablement à cette phase de l'Histoire des Israélites ; mais, dans le point de vue prophétique, qui était en tout cela le seul utile pour nous, il devait se placer chronologiquement, comme il le fait, à la suite de l'économie historique typifiée par Samson-Christ.

Dans cette manière de voir seulement se comprend d'ailleurs la raison d'être et le sens profond de cette réflexion quatre fois répétée : « En ce temps-là il n'y avait pas de Roi en Israël, et chacun faisait ce qui lui semblait bon », si significative du dernier temps de Daniel où nous vivons, ce temps où Celui qui devait être Roi d'Israël et de l'Eglise, ne l'est pas, et où, dans l'indifférence et la recherche par chacun de ses intérêts temporels et purement terrestres, la vie spirituelle s'anémie et se meurt ; où Christ lui-même, en en prédisant l'angoisse spirituelle, a

p. 370

demandé si alors on trouverait encore de la foi sur la Terre?

On aperçoit non moins bien la convenance avec laquelle, placé avant le dernier des 14 Juges, Héli, notre Appendice met en relief ce dernier personnage en le séparant du reste; car cet Héli introduit un élément religieux perverti et typifie évidemment le Faux prophétisme (ce qui fait comprendre également pourquoi il est comme mêlé avec Samson dans la disposition du Tableau XXII) qui sera si caractéristique d'Israël dans sa dernière période historique. Bien plus, des nombres chronologiques vont dans ce point de vue se trouver à leur tour expliqués, qui, jusqu'ici sont restés sans éclaircissement. Telle est la mention de ces 98 ans de la vie de Héli faite en I Sam. IV, 15, et qui va maintenant apporter une nouvelle vérification à la Chronologie. Puisque nous connaissons la date de la mort d'Héli, cet espace donné, égal à 2 × (7.7.), a évidemment pour objet d'attirer comme repère enseignant notre attention sur la naissance d'Héli.

Héli meurt en - 1142; sa naissance repère donc - 1142 - 98 = - 1240; et ce nombre est effectivement remarquable : il mesure jusqu'à la Venue de Christ (Première Venue) l'espace 4 × 310. (Ce

p. 371

nombre 4 correspond aux 4 mentions du temps où Israël est « sans Roi » ) ; et puisque la vue prophétique nous avait portés aux temps qui précèdent la Seconde Venue, 310 n'est sans doute autre chose que les 310 ans qui, dans la période d'Israël, s'étendent de son origine 1870 à la Seconde Venue 2180, (2180 - 1870 = 310. Voy. plus haut Leçon XVII, § 286) ou à la Venue de Christ comme Roi, qui doit assurer la destruction du Faux Prophète (Héli).

317. Il est une dernière condidération de beaucoup plus intéressante par son ampleur, qui assure, semble-t-il, de manière définitive, notre interprétation générale du sujet. Il s'agit du fait que ce n'est pas seulement l'Appendice dont nous venons de nous occuper qui se trouve intercalé entre les Juges et Samuel, mais aussi, immédiatement à sa suite, le Livre de Ruth. Celui-ci, qui ne concerne que la Tribu de Juda, de qui doit sortir Christ, est évidemment mis à part à cause de cela. Si le document C se trouve au contraire encore inséré dans le Livre des Juges, c'est parce qu'il se rapporte à tout l'ensemble des Tribus (y compris d'ailleurs Juda, Jug. XX, 18).

Dans cette systématisation se conçoit, et seulement, la mention faite en tête de C, des 11 cents

p. 372

pièces d'argent de Jug. XVII, 2, 3. Celles-ci désignent les tribus (dont la 11e est Benjamin) qui, dans cette partie C, sont particulièrement et spécifiquement envisagées, et l'ensemble ne se trouve complété que si précisément on fait attention à ce que la 12e unité, ou Juda, est spécifiquement aussi, rejetée dans le Livre de Ruth. Les 12 cents pièces ainsi dès lors constituées ne sont autres que les 12 cents, partagées en 10 × 100 et 2 × 100, qui, dans le Cantique des Cantiques (Cant. VIII, 11, 12), figurent les deux Maisons d'Israël et de Juda (Benjamin). Celle-ci est le « gardien de la Vigne ». (Cant. VIII, 12).

L'histoire de Ruth forme également élément constituant dans l'Ancien Testament, parce que, ainsi que le montre Matt. I, 3-5-6, et conformément à la généalogie placée à la fin du Livre de Ruth lui-même, (Ruth IV, 17-22), Ruth la Moabite, de laquelle descend David, figure dans la généalogie de Jésus-Christ.

Cette histoire de Ruth se rapporte d'ailleurs aussi bien que l'Appendice C au temps des Juges, ainsi qu'en témoigne le seul élément chronologique immédiat donné par le texte, savoir, en Ruth I, 1, la mention : « au jour du gouvernement des Juges ». Mais de cette simple donnée se

p. 373

tire une vérification chronologique et prophétique très remarquable. D'après ce que nous avons vu, le groupe de ces Juges gouverneurs proprement dits (Jug. II, 16), au nombre de 14, commence à la mort de Josué, - 1461, avec Othniel, se termine avec Héli par Samuel-Saül, à l'établissement de la royauté. Ce dernier établissement a pour repère - 1119, ère des 40 ans de Saül, dans notre tableau chronologique.

D'autre part, mathématiquement, le nombre chronologique unique qui exprime « les jours du gouvernement des Juges » est la moyenne arithmétique des limites de cette durée (- 1461 à - 1119). Le nombre qui définit la position chronologique de l'Histoire de Ruth, est donc

X = - (1461 + 1119) / 2 = - 2580 / 2 = - (5 × 516) / 2 = - 1290
  = - 2 1/2 × 516 ;

c'est-à-dire que cette Histoire, ou le centre du groupe des Juges, annonce (en David) la Première Venue, par le nombre bien connu des 1290 ans de Daniel qui, dans le Livre de Daniel, sert à annoncer la Seconde Venue.

L'idée que le Livre de Ruth et l'Appendice C du Livre des Juges forment un ensemble systématique nous paraît, d'après tout cela, éclairer

p. 374

complètement le sens d'une partie jusqu'ici fort obscure de l'Ecriture, et lui assigner une importance et une portée insoupçonnées. Ces deux termes sont prophétiques, et se rapportent respectivement à la Première et à la Seconde Venue de Jésus-Christ.

NOTE A

SUR LE VERSET I, SAMUEL XIII, I.

Martin, Ostervald traduisent : « Saül avait régné un an ; et quand il eut régné (ou « et il régna ») deux ans sur Israël ».

La Vulgate : « Filius unius anni erat Saul, cum regnare coepisset ; duobus autem annis regnavit super Israel ».

La Bible anglaise : « Saul reigned one Year ; and when he had reigned two years over Israel ».

La Bible allemande : « Saul war ein Jahr Konig gewezen ; und da er zwei Jahre über Israel regieret hatte ».

Les traductions classiques ne laissent donc aucun doute sur l'existence dans ce texte des deux nombres 1 et 2. Mais ce texte étant, en fait, très obscur (nous rapportons ci-après le mot-à-mot de l'original), les tendances modernes préfèrent supposer une omission, une lacune, et proposent par exemple : Segond : « Saul était âgé de ...... ans, lorsqu'il devint roi, et il avait déjà régné deux ans sur Israël » ; la Bible annotée de Neuchatel : « Saül était âgé de ... ans, quand il commença à régner, et il régna deux ans sur Israël ».

Enfin la Révision ou Version synodale (1911) ne craint pas de restituer les nombres explicatifs, prétendûment manquants, et imprime : « Saül était âgé de (trente) ans » (d'après une édition de la version grecque des Septante) » quand il devint roi. Il régna (quarante) deux ans »

p. 375

(certaines chronologies disent que Saül régna quarante-deux ans) « sur Israël ».

L'original hébreu pris tel quel ne permet pas de douter que les traductions classiques, pour moins claires qu'elles soient, sont les plus fidèles. Ainsi Dom Calmet (au mot Samuel), après avoir reproduit l'hébreu, le traduit : « Saül était fils de l'année dans son royaume. Et il régna deux ans sur Israel, etc. » ; et le commentaire de Scott : « Saul was the son of one year in his reigning ; and when he had reigned two years over Israël ».

Mais d'ailleurs, chaque lecteur peut, de ses yeux, se convaincre qu'il en est bien ainsi, par le moyen pratique et très simple suivant. Les deux mots hébreux qui font ici la matière de la difficulté sont en I Sam. XIII, 1, en commençant le verset :

בן־שנה

Or ces mots sont identiques à ceux que, dans le verset Ex. XII, 5 (où ils sont les 4e et 5e mots), tout le monde, anciens et modernes, traduit par :

« mâle âgé de un an » (voir les traductions).

C'est donc uniquement le besoin de clarté qui, — étant donnée l'idée moderne fausse que la lettre du texte n'a aucune importance au point de vue de l'Inspiration, — conduit à modifier le texte « en ajoutant ou retranchant ». Cela ne provient nullement d'un progrès dans la Critique, philologique ou autre.

On peut donc être assuré que les nombres d'années 1 et 2 mis en œuvre par notre computation chronologique, sont bien mentionnés par le texte scripturaire. Mais d'ailleurs la matière a trop d'importance pour que nous ne cherchions pas si, dans son ordre mathématique propre, l'Ecriture n'en a pas ménagé une autre vérification encore.

Le premier élément à posséder dans cette vue est la valeur numérique du verset. Elle est donnée par le tableau suivant :

p. 376

Verset I Samuel XIII, 1.

Fils            | 2+50            | = 52
d'un an         | 300+50+5        | = 355
Saül            | 300+1+6+30      | = 337
dans son règne  | 2+40+30+20+6    | = 98
et deux         | 6+300+400+10    | = 716
années          | 300+50+10+40    | = 400
régna           | 40+30+20        | = 90
sur             | 70+30           | = 100
Israël          | 10+300+200+1+30 | = 541
                |       Somme     | = 2689

La question qui d'abord se pose est de savoir si la valeur (I Sam. XIII, 1) = 2689 du verset ne serait pas un Nombre premier ; dans le langage chiffré, ce serait en effet l'indication que le verset, écrit tel qu'il se trouve dans la Parole, forme un élément indestructible, et que l'interprétation humaine ne peut (comme le fait la Critique moderne) que le dénaturer en le déformant. Or cette première condition est effectivement remplie :

2689 est un Nombre premier

[bien plus c'est le Nombre premier de rang
        (2.2.2.) × (7.7.)].

En second lieu, le verset a pour objet une donnée de temps destinée, dans notre interprétation, à mettre en évidence (voy. § 301) le signe solaire de Josué, — et le point discuté dans le verset lui-même porte sur la désignation (§ 301) d'une espace chronologique d' « une année » concernant le commencement du règne de Saül qui s'y trouve isolé, et qui, en marchant dans le passé vers Josué déplacerait ce commencement — 1119 sur — 1120. Or on va voir que cette différence de 1 an a bien en effet rapport au signe de Josué.

Le verset exprimé en temps, par (jours) = 100, vaut

(I Sam. XIII, 1) = 2589 (jours) ;

et le nombre 2589, porté à partir de Christ vers Josué donne, au delà de 1120,

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2589 — 1120 = 1469,

c'est-à-dire précisément la date de la Bataille de Gabaon, ou du signe solaire de Josué.

Notre verset est donc bien exact tel qu'il est dans l'Ecriture, et la Critique moderne erre en en doutant.

NOTE B.

Cette note brève a pour objet bien plus de nous associer à l'œuvre de défense de la Bible et de rendre un témoignage public en sa faveur, que de présenter quelques considérations en somme secondaires si on les considère dans le cadre général de cet ouvrage.

Nous nous bornerons à l'examen de deux points ayant des rapports étroits avec le sujet traité dans ce livre, savoir le parallélisme entre les deux testaments, ou entre les deux alliances, ou entre Juda le représentant de l'ancienne alliance et Israël le représentant de la nouvelle alliance.

1o Sur les 47 ans qui dans la chronologie biblique précèdent d'une part la Seconde Venue, d'autre part l'entrée dans la terre promise.

Dans l'ancienne alliance, l'entrée dans la terre promise du peuple d'Israël a comme correspondant dans la nouvelle alliance l'entrée dans le règne de Christ de l'Israël de Dieu.

L'entrée dans la terre promise est l'œuvre de Josué ; l'entrée dans le règne est l'œuvre de Jésus. L'entrée dans la terre promise en — 1469 est l'aboutissement d'événements commençant à la sortie d'Egypte en — 1516, comprenant les 40 années de séjour au désert, les 7 années de la conquête et s'étendant ainsi sur une période de 47 ans.

L'entrée dans le Règne en 2180 est également précédée d'une période de 47 ans commençant en 2133 et à laquelle conduisent les 2300 ans de Daniel VIII, 14, et les trois temps et demi de Daniel XII, 7. Ces deux périodes de 47 ans sont d'ailleurs symétriques par rapport à la grande et unique faille historique qui marque, vers l'an 330 de

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notre ère, avec la division de l'empire romain, l'avènement des peuples de la nouvelle alliance à la direction du monde.

La période de 47 ans signalée par Daniel avant l'entrée dans le Règne trouve ainsi, par analogie, une explication vraisemblable : elle sera probablement comme celle qui l'a précédée sous l'ancienne alliance une période d'épreuve redoutable.

2o Sur l'explication et la grande portée du verset Mat. XXIV, 32, du discours prophétique.

L'analogie entre les temps de l'ancienne alliance et les temps de la nouvelle alliance présente un caractère très général, que le Seigneur lui-même signale à notre attention d'une manière solennelle, en conclusion du discours prophétique, dans les termes suivants :

« Apprenez par la similitude du figuier : quand ses branches commencent à être tendres, et qu'il pousse des feuilles, vous connaissez que l'été est proche. »
« Vous aussi de même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche et à la porte. »

Le discours prophétique a pour objet les temps qui précèdent la Seconde Venue.

Le Seigneur y répond à cette interrogation de ses disciples :

« Dis-nous quand ces choses arriveront et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? »

Après avoir énuméré ces signes dans les versets 4 à 31, le Seigneur conclut par le verset 32 :

« Apprenez par la similitude du figuier. »

Dans la Bible, le figuier désigne l'ancienne alliance qui est sous la loi, par opposition à la vigne qui représente la nouvelle alliance sous la grâce.

Voir à ce sujet, notamment Jean I, 48 ; Mat. XXI, 19 ; Marc. XI, 13, 21.

Le figuier séché, le figuier maudit dont il s'agit dans ces

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passages, c'est la loi qui ne peut produire de fruits, qui ne peut rien amener à la perfection ; c'est la malédiction qui pèse sur tout ce qui est sous la loi.

« Apprenez par la similitude du figuier » signifie qu'il y aura une analogie, une similitude entre les temps de l'ancienne alliance qui ont précédé la Première Venue, ceux où l'été est proche, (Christ soleil de justice) et les temps de la nouvelle alliance qui précèderont la Seconde Venue, ceux où le Fils de l'Homme est proche et à la porte.

Or que voyons-nous si nous interrogeons l'histoire de la manière la plus générale, comme il nous est ordonné ?

Dans les temps qui précèdent la Première Venue, le peuple grec, puis le peuple romain possèdent successivement la direction politique et intellectuelle de l'humanité.

Dans les temps qui précèdent la Seconde Venue, le peuple français d'abord, les peuples anglo-saxons ensuite remplissent le même rôle conducteur de l'humanité.

Or quelle similitude étroite entre l'activité du peuple grec dans l'antiquité et celle du peuple français dans les temps modernes, cette activité étant considérée dans les domaines politique, littéraire, artistique, philosophique, scientifique et religieux ! L'activité du peuple français apparaît comme calquée après agrandissement sur celle du peuple grec.

De même quelle analogie frappante entre les Romains d'une part, les Anglo-Saxons d'autre part. On ne peut s'empêcher de constater que l'empire romain dans l'antiquité et l'empire britannique dans les temps actuels présentent les mêmes caractères d'organisation, de puissance, et d'universalité.

La conclusion du discours prophétique « Apprenez par la similitude du figuier » a donc une signification profonde : elle nous invite formellement à observer le cours de l'histoire ; elle nous révèle, sous une forme cachée mais cependant accessible à notre entendement, que, de même que la

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Première Venue est arrivée aux temps de la puissance de Rome, la Seconde Venue aura lieu en des temps qui présenteront avec eux une analogie que nous trouvons seulement dans la puissance anglo-saxonne, ces temps étant d'ailleurs précédés sous les deux alliances par d'autres temps similaires.

Colonel d'état-major GALET
Aide de camp honoraire du Roi
Commandant de l'Ecole Militaire.

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DIX-NEUVIÈME LEÇON

LES DEUX MAISONS D'ISRAËL ET DE JUDA A TRAVERS LES LIVRES DES ROIS ET LES CHRONIQUES.

LES PRÉTENDUES « ERREURS » CHRONOLOGIQUES DES LIVRES DES ROIS.

318. Après nous être arrêtés comme il convenait sur le fait de la Conquête de Canaan par Josué, le descendant de Joseph, et sur les signes qui accompagnent cet événement, — ces signes enseignent la haute mission de la Maison d'Israël dans l'accomplissement de l'économie chrétienne, et Joseph et Josué sont des types de Christ, — nous devons continuer à suivre à travers la Bible l'Histoire des Deux Témoins, ou d'Israël et de Juda.

Ce qui frappe dès l'abord à cet égard, c'est que dans la Bible leur désignation distinctive se manifeste bien avant le fait historique même du Schisme, qui a lieu à la mort de Salomon. Cela

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d'ailleurs s'accorde avec ce que cette distinction existait déjà, on l'a vu par son Discours prophétique, dans la pensée de Jacob.

Ainsi, dès le Chapitre I du Livre des Juges, on voit (I, 2-19 : 22-29, 35) simultanément mis en évidence « Juda » et « la Maison de Joseph ». Au temps de Samuel, Saül, David, on lit que « tout Israël et Juda aimaient David » (I, Sam. XVIII, 16) ; plus tard (II Sam. XII, 8), qu'à David a été donnée « la Maison d'Israël et de Juda » ; au temps de Salomon (I Rois IV, 20), que « Juda et Israël étaient comme le sable qui est au bord de la mer ». (1)

Le partage de la puissance de Salomon entre les deux royaumes lui est annoncé pendant son propre règne (I Rois XI, 11-13) : … je t'arracherai certainement le royaume et je le donnerai à ton serviteur (Jéroboam, XI, 26). Seulement, pour l'amour de David ton père, je ne le ferai point pendant ta vie ; c'est des mains de ton fils (Roboam) que je l'arracherai. Toutefois je n'arracherai pas tout le royaume ; j'en donnerai une tribu (Juda) à ton fils pour l'amour de David mon serviteur et pour l'amour de Jérusalem que j'ai choisie ».

(1) Cette expression est sans doute à rapprocher de Apoc. XII, 18, concernant la compromission du Peuple élu avec la Bête.

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C'est Salomon lui-même, qui de son vivant, établit Jéroboam comme directeur de « la Maison de Joseph » (I Rois XI, 28) ; et c'est au même temps que le Prophète Achija, le Silonite, déchirant son manteau en 12 morceaux, dit à Jéroboam : « Prends pour toi 10 morceaux ; car ainsi a dit l'Eternel, le Dieu d'Israël : Voici, je vais déchirer le royaume d'entre les mains de Salomon, et je t'en donnerai 10 Tribus (I Rois, XI, 29-31) ; … j'ôterai le royaume d'entre les mains de ton fils et je t'en donnerai 10 Tribus (XI, 35) ; … tu seras roi d'Israël (37) ».

Après la mort de Salomon, ce schisme des 10 Tribus a lieu en effet (I Rois XII, 16-19), et Roboam, fils de Salomon, ou le Chef de la Maison de Juda (21), ne règne plus que sur les deux Tribus de Juda et de Benjamin (21, 23).

Tandis que Roboam continue à résider à Jérusalem (21), Jéroboam bâtit Sichem (près de Samarie) dans la montagne d'Ephraïm, et y habite (25) ; puis, craignant que si Jérusalem reste le seul centre religieux, son peuple ne soit entraîné à retourner à Roboam, il institue dans son propre pays un culte nouveau, idolâtre, établit des sacrificateurs, et lui-même offre des sacrifices sur l'autel (I Rois, XII, 26-33).

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319. A raison de cette infidélité, Achija prophétise alors qu'il ne restera rien de la Maison royale de Jéroboam (XIV, 10), et annonçant la Dispersion d'Israël lui-même, emmené plus tard en captivité par les Assyriens, il déclare (XIV, 15), que « l'Eternel frappera Israël, comme quand le roseau est agité dans l'eau », (le courant des peuples) ; et il arrachera Israël de dessus ce bon pays qu'il a donné à leurs pères ; et il les dispersera au delà du fleuve (l'Euphrate) ».

L'accomplissement de cette prophétie, c'est la Dispersion d'Israël qui eut lieu deux siècles plus tard. L'Eternel rejette alors cette Maison d'Israël et la bannit loin de sa face (II Rois XVII, 20).

Une première déportation, celle-ci partielle, avait eu lieu, du temps de Pékach, roi d'Israël, sous le roi d'Assyrie Tiglath Pileser (II Rois XV, 29). Plus tard, Salmanazar, roi des Assyriens, assiège et prend Samarie ; il transporte les Israélites en Assyrie, et les fait habiter à Chalach et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes (XVII, 6, 23 ; XVIII, 11). En même temps, et comme pour leur rendre impossible leur rétablissement dans leur patrie, il fait occuper celle-ci par des nations étrangères. « Le

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roi des Assyriens fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie, à la place des enfants d'Israël ; ils prirent possession de la Samarie, et habitèrent dans ses villes ». (II Rois XVII, 24).

320. Quant à Juda, il devait, aussi bien qu'Israël, s'écarter des voies de l'Eternel (II Rois XVII, 13-19), « Juda même ne garda pas les commandements de l'Eternel son Dieu ». Aussi voit-on dès le temps d'Ezéchias, Esaïe lui annoncer la captivité de Babylone (II Rois XX, 17, 18). « Voici, les jours viennent où tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé dans leurs trésors jusqu'à ce jour, sera emporté à Babylone. Il n'en demeurera rien de reste, dit l'Eternel. On prendra même de tes fils qui seront issus de toi et que tu auras engendrés, pour être eunuques dans le palais du roi de Babylone ».

La prophétie s'accomplit un siècle et demi après la Dispersion d'Israël, Juda est emmené en captivité à Babylone par Nébucadnetsar. (II Rois XXV, 1-21). Celui-ci laisse cependant subsister un reste de peuple au pays de Juda (12, 22), sous la garde d'un gouverneur.

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321. L'ensemble des grands événements qui s'étendent ainsi de la mort de Salomon (point chronologique -999) à la Dispersion d'Israël (-758), et à la Captivité de Juda (-606), constitue dans la vie du Peuple élu, un bloc aussi caractéristique que bien défini ; de là, comme d'une source commune, partent les deux courants séparés qui mêlent ensuite à celle des Nations la vie des Deux Témoins de la Révélation. Mais avant d'envisager cette phase ultérieure de leur Histoire, nous devons, à raison de son importance critique pour la thèse de l'Inspiration biblique, nous arrêter sur une question chronologique capitale offerte ici par notre document, savoir sur le système chronologique des Livres des Rois, système qui jusqu'ici a présenté aux commentateurs des difficultés décidément insurmontables, et aux adversaires de l'Inspiration un argument de conviction en apparence aussi clair que victorieux.

Il n'est en effet aucune partie de la Chronologie de l'Ecriture qui ait donné, et d'ailleurs sans résultat, lieu à plus de discussions et de controverses, et qui soit considérée comme moins

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sûre que celle de la suite des Rois d'Israël et de Juda (1).

Les parties de la Bible qui renferment cette chronologie sont les Livres I et II des Rois, et les Livres I et II des Chroniques. D'ailleurs les Chroniques ne donnent que les durées des règnes des Rois de Juda, et, leurs nombres étant identiques à ceux des Livres des Rois (ce que nous spécifions en étudiant plus loin en détail les Livres des Chroniques), il ne reste à considérer d'abord que ces deux derniers Livres.

322. Ceci rappelé, voici la position de la question. Les Livres des Rois établissent, séparément et sans équivoque, la liste et les durées de règne des rois d'Israël, la liste et les durées de règne des rois de Juda. On trouve ces listes compulsées dans notre Tableau IV, Leçon II.

(1) Le lecteur peut se faire une idée de la nature de ces discussions et des moyens de critique en consultant des travaux scientifiques tels, par exemple que : Chronologie de l'Histoire sainte et des histoires étrangères qui la concernent depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la captivité de Babylone, par A. Des Vignoles, Berlin, 1738 ; Mémoires de l'Académie des Inscriptions, Tome XXIII, p. 65, Analyse d'un Mémoire de Fréret : Essai sur la Chronologie générale de l'Ecriture ; Tome XXXI, Mémoires de Littérature, p. 1 : Mémoire sur la Chronologie des rois de Juda et d'Israël, par Gilbert ; etc.

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Jusqu'ici nulle difficulté. La difficulté provient de ce qu'ensuite, (et d'une manière dès lors inutile pour la formation de la table chronologique), le texte mentionne en outre, au cours du récit historique, des points de raccordement entre les deux listes, — telle année de tel roi d'Israël devant correspondre à telle année de tel roi de Juda, — et de ce que ces références, prises telles quelles, c'est-à-dire comme une simple répétition de ce que la comparaison des deux listes déjà établies aurait d'elle même enseigné, se trouvent, pour la plupart, en défaut. Pour établir la concordance, les chronologistes ont dès lors introduit arbitrairement des hypothèses aussi nombreuses que diverses sur l'existence d'interrègnes ou de co-régences, sacrifiant à la conciliation, ici les références, là les listes mêmes auxquelles elles se rapportent. Comme ces listes, si la question n'avait pas été troublée par l'existence des références, sont univoques, ils ont ainsi déformé la véritable chronologie, qui ne peut être que la chronologie littérale de ces listes ; et la divergence de leurs résultats également autorisés, a servi d'argument pour démontrer l'inexactitude, ou l'incertitude tout au moins, du texte sacré.

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Or, redisons-le, tout le mal est dû à une erreur de méthode. Dans une méthode rationnelle, il est évident en effet que, mis en présence de deux documents de premier ordre et univoques tels que ces deux listes, la condition à d'abord s'imposer est de ne pas modifier ces documents ; et, cela convenu, d'examiner ensuite, pris aussi en lui-même, le troisième document constitué par le système proposé de références entre les deux premiers. Dans cette nouvelle étude, l'objet premier de l'investigation doit être d'établir si l'ensemble de ces références se manifeste sous la forme inconsistante propre à des erreurs accidentelles, ou si, au contraire, elles ne présenteraient pas un caractère systématique. Ce dernier résultat, s'il se présentait, en donnant à la question une face toute nouvelle la résoudrait, on peut le dire, complètement ; car d'une part il serait prouvé que ces références numériques ne sont pas des erreurs, — leur présence, autrement inutile pour la Chronologie s'expliquerait par un objet intentionnel particulier, qu'il ne resterait plus qu'à découvrir ; — et d'autre part, le fait même qu'elles constituent un élément systématique isolé et indépendant, servirait de preuve justificatrice à la mise en œuvre directe des deux

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listes fondamentales pour établir la Chronologie.

Or, comme nous allons le reconnaître, le groupe des références est effectivement systématique, et cela : tant par la distribution dans le sujet, au cours du texte, que par le nombre et la grandeur arithmétique ou algébrique même des écarts, ou prétendues « erreurs », qu'elles instituent entre les deux listes canoniques des Rois.

323. On peut aborder l'examen de cette question, comme nous-même l'avons fait dans une première épreuve, par un procédé graphique qui, d'un coup et en terme général, met en évidence, pour l'œil, le caractère systématique de l'ensemble des références.

Prenons deux lignes horizontales pour échelles chronologiques respectives des règnes d'Israël et de Juda, et portons sur ces échelles nos deux listes de règnes, en mettant Israël sur la ligne supérieure et en prenant pour les origines des deux échelles les deux points situés sur une même verticale ; puis marquons-y, dans les règnes, les groupes de points conjugués indiqués par les références du texte (tel point d'Israël étant dit correspondre à tel point de Juda). Deux tels points conjugués devraient, s'il n'y avait pas discordance entre la référence et les listes, se

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trouver sur une même verticale. L'inclinaison sur la verticale de la ligne qui joint ces points révèle donc la discordance, si elle existe. Or on verra à première vue, par ce schéma opératoire, c'est-à-dire par les inclinaisons des lignes, que les discordances sont systématiques, c'est-à-dire nullement quelconques, à la manière d'erreurs accidentelles dues au hasard. En terme principal, leur ensemble est en effet caractérisé, se suivant dans l'ordre chronologique, par deux groupes de lignes inclinées. Le premier est formé de lignes inclinées vers la droite de la verticale prise de bas en haut ; le second, de lignes inclinées vers la gauche. Dans chaque groupe d'ailleurs, l'inclinaison des lignes de ce groupe est, en terme principal, c'est-à-dire moyennement, constante.

324. Cette première épreuve étant suffisante pour écarter l'hypothèse du hasard et établir l'existence d'un dessein intentionnel, on était assuré déjà aussi de ne pas faire un travail inutile en dressant maintenant avec précision le tableau des écarts par leurs valeurs numériques.

Voici ce tableau, (Tableau XXIV). Il est précédé de celui (Tableau XXIII) des dates absolues des règnes des Rois d'Israël et de Juda.

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TABLEAU XXIII.

Rois d'Israël et de Juda.

ROIS D'ISRAËL.              ROIS DE JUDA.
Jéroboam              999. Roboam              999
Nadab                 977. Abija               982
Bahasa                975. Asa                 979
Ela                   951. Josaphat            938
Zimri (7 jours)            Joram               913
Omri                  949. Achazia             905
Achab                 937. Athalie             904
Achazia               915. Joas                898
Joram                 913. Amatzia             858
Jehu                  901. Hosias              829
Joachaz               873. Jotham              777
Joas                  856. Achaz               761
Jeroboam II           840. Ezéchias            745
Zacharie (6 mois)          Manassé             716
Sallum (1 mois)            Amon                661
Menahem               799. Josias              659
Pekachia              789. Joachaz (3 mois)  }
Pekach                787. Joakim            } 628
Hosée                 767. Joakin (3 mois)   }
(Dispersion des            Sedécias          } 617
 10 Tribus)           758. (Fin du royaume
                               de Juda)        606.
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Le Tableau XXIV fait connaître :

(Col. 1) Les passages de la Bible où les références entre les deux listes sont mentionnées.

(Col. 2) L'année mentionnée par Israël, indiquée : 1o par son rang dans le règne ; 2o par son rang chronologique absolu ; 3o par son rang à partir de -999=An 1.

(Col. 3) Les mêmes indications pour Juda.

(Col. 4) Les différences I (Israël) - J (Juda) = I - J, entre les nombres chronologiques des Col. 2 et 3.

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TABLEAU XXIV.

Références des Livres des Rois entre les règnes des Rois d'Israël et de Juda.

     1                2                          3                     4
 Passages          Israël                       Juda                 I — J

I Rois.
 1. XV, 1 (1)    18 Jéroboam  -982+18      1 Abija    -982+18    18— 18 =   0  }
 2. XV, 9        20 Jéroboam  -980    20   1 Asa       979   21  20— 21 = - 1  }
 3. XV, 25        1 Nadab      977    23   2 Asa       978   22  23— 22 = + 1  }
 4. XV, 28        1 Bahasa     975    25   3 Asa       977   23  25— 23 = + 2  } 8
 5. XV, 33        1 Bahasa     975    25   3 Asa       977   23  25— 23 = + 2  }
 6. XVI, 8        1 Ela        951    49  26 Asa       954   46  49— 46 = + 3  }
 7. XVI, 10       1 Zimri      949    51  27 Asa       953   47  51— 47 = + 4  }
 8. XVI, 15       1 Zimri      949    51  27 Asa       953   47  51— 47 = + 4  }
 9. XVI, 23       1 Omri       949    51  31 Asa       949   51  51— 51 =   0  }
10. XVI, 29       1 Achab      937    63  38 Asa       942   58  63— 58 = + 5  }
11. XXII, 41      4 Achab      934    66   1 Josaphat  938   62  66— 62 = + 4  } 24
12. XXII, 52      1 Achazia    915    85  17 Josaphat  922   78  85— 78 = + 7  }
II Rois
13. I, 17         1 Joram      913    87   2 Joram     912   88  87— 88 = - 1  }
14. III, 1        1 Joram      913    87  18 Josaphat  921   79  87— 79 = + 8  }
15. VIII, 16      5 Joram      909    91   1 Joram     913   87  91— 87 = + 4  }
16. VIII, 25     12 Joram      902    98   1 Achazia   905   95  98— 95 = + 3  } 16
17. IX, 29       11 Joram      903    97   1 Achazia   905   95  97— 95 = + 2  }
18. XII, 1        7 Jehu       895   105   1 Joas      898  102 105—102 = + 3  }
19. XIII, 1       1 Joachaz    873   127  23 Joas      876  124 127—124 = + 3  }
20. XIII, 10      1 Joas       856   144  37 Joas      862  138 144—138 = + 6  }
21. XIV, 1        2 Joas       855   145   1 Amatzia   858  142 145—142 = + 3  }
22. XIV, 17 (2)               826   174             829  171 174—171 = + 3  }
23. XIV, 23       1 Jéroboam   840   160  15 Amatzia   844  156 160—156 = + 4  }
24. XV, 1        27 Jéroboam   814   186   1 Hosias    829  171 186—171 = +15  }

(1) Aussi II Chron. XIII, 1.

(2) Aussi II Chron. XXV, 25. Voir pour la signification des nombres : II Rois XIV, 17, 19, 20, 21. II Chron. XXV, 25-28 ; XXVI, 1. Amatzias est tué la 1re Année d'Hosias ou Azaria, -829 ; la dernière année de Joas est -841, et « 15 ans après » (vers. 17) donnent -841+15 = -826. La divergence des nombres est donc 829-826 = 3.

p. 395
25. XV, 6     1 Zacharie  799  201  38 Hosias    792  208  201—208 = - 7  }
26. XV, 13    1 Sallum    799  201  39 Hosias    791  209  201—209 = - 8  }
27. XV, 17    1 Menahem   799  201  39 Hosias    791  209  201—209 = - 8  }
28. XV, 23    1 Pekachia  789  211  50 Hosias    780  220  211—220 = - 9  } 8
29. XV, 27    1 Pekach    787  213  52 Hosias    778  222  213—222 = - 9  }
30. XV, 30    1 Hosée     767  233  20 Jotham    758  242  233—242 = - 9  }
31. XV, 32    2 Pekach    786  214   1 Jotham    777  223  214—223 = - 9  } 12
32. XVI, 1   17 Pekach    771  229   1 Achaz     761  239  229—239 = -10  }
33. XVII, 1   1 Hosée     767  233  12 Achaz     750  250  233—250 = -17  }
34. XVIII, 1  3 Hosée     765  235   1 Ezechias  745  255  235—255 = -20  } 4
35. XVIII, 9  7 Hosée     761  239   4 Ezechias  742  258  239—258 = -19  }
36. XVIII, 10 9 Hosée     759  241   6 Ezechias  740  260  241—260 = -19  }

325. Ce qui tout d'abord, et à première vue, ressort de ce Tableau, c'est la distribution des écarts en deux grands groupes, ceux que mettaient en évidence le schéma géométrique dont nous avons parlé (§ 323). Dans le premier groupe, A, les écarts I - J (Col. 4) sont positifs (à l'exception des deux 0 et des deux -1, qui servent de signes de séparation pour des objets de second ordre) ;

dans le second groupe, B, ils sont négatifs.

Mais, ainsi séparés par les signes algébriques des écarts, les deux groupes sont en outre nettement délimités par les nombres d'écarts qu'ils contiennent.

Le Tableau contient en tout

36 = 3 × 12 écarts.

Le premier groupe A contient :

(Groupe A) 24 = 2 × 12 écarts
p. 396

(lesquels 24 sont partagés en 12 + 12 par la séparation des Livres I et II Rois, qui en renferment chacun 12).

Le second groupe B contient :

(Groupe B) 12 = 12 écarts.

326. Considérons maintenant la structure des groupes A et B pris en eux-mêmes.

Le groupe B est nettement partagé en deux autres, b et b', par l'ordre de grandeur de ses écarts ; savoir :

l'un b de 8 = 2 × 4 termes

(dont les valeurs varient de 7 à 10) ;

l'autre b' de 4 termes

(dont les valeurs varient de 17 à 20).

On remarque immédiatement, ensuite de cela, que la même subdivision du groupe A par multiples de 4 existe aussi, et qu'elle est précisément indiquée par les deux 0 ou signes de séparation que dès l'abord faisait ressortir le Tableau. Comme on le voit en effet, on compte à partir du premier 0.

un premier groupe a de 8 = 2 × 4 termes ;

à partir du second 0

un second groupe a' de 16 = 4 × 4 termes.

327. Mais ce qui achève de démontrer la systématisation des groupes, c'est que les quatre

p. 397

groupes partiels a a' b b' sont reliés entre eux par les valeurs numériques, et non pas seulement par les nombres, de leurs écarts. On a les relations suivantes :

1o La valeur moyenne des 4 écarts de b' est égale à 10 fois la valeur moyenne des 8 écarts de a.

2o La valeur moyenne des 8 écarts de b est égale à 2 fois la valeur moyenne des 16 écarts de a'.

C'est ce que montrent les calculs suivants :

Groupes              Valeurs moyennes des écarts

  a    (0-1+1+2+2+3+4+4)/2 = 15/8 = 1,875

  a'   (0+5+4+7+1+8+4+3+2+3+3+6+3+3+4+15)/16
            = 69/16 = 4,3125

  b    (-7-8-8-9-9-9-9-10)/8
            = - 69/8 = - 8,625 = - 2 × 4,3125

  b'   (-17-20-19-19)/2 = - 75/4 = - 18,75 = - 10 × 1,875.

(On observera d'ailleurs que le nombre 1875 qui intervient ici comme unité est le signe de l'époque 1875 de la Connaissance de Daniel, avec

p. 398
1875 = 3 × 25 × 25 ;

et qu'en outre le second nombre — unité mise en œuvre (pour les groupes a' et b), ou 4,3125, — est égal à 1, 875 × 2,3 = (1.875/10) × P10.

On a donc aussi, en désignant par (a) (a') (b) (b') les moyennes des écarts des groupes a, a', b, b',

(a') = (a) × P_10/10
(b') = (b) × 50/P_10 ).

Et enfin on a, couronnant cette structure évidemment intentionnelle, pour les sommes globales des deux grands groupes A = a + a', B = b + b',

1er groupe A,   Somme des termes = + 84 = 7 × 12
2e groupe B,    Somme des termes - 144 = - 12 × 12,

la Somme de tous les écarts I - J du Tableau étant par conséquent égale à

- 5 × 12.

Nous résumerons cet ensemble de résultats systématiques dans le petit Tableau suivant :

p. 399

TABLEAU XXV.

Distribution systématique des écarts du Tableau XXIV (Col. 4)

    ( a  Nombre de termes  8  Somme = 15      )
    (                                         ) Nombre de termes
  A (                                         )     24 = 2 × 12
    ( a' Nombre de termes 16  Somme = 69      ) Somme = 84 = 7 × 12
    (                            = 3 × 23 )

    ( b  Nombre de termes  8  Somme = - 69    )
    (                            = - 3 × 23 ) Nombre de termes 12
  B (                                         ) Somme = - 144 - 12 × 12
    ( b' Nombre de termes  4  Somme = - 75    )
    (                            = - 5 × 15 )

  Tableau    36 = 3 × 12 termes.    Total général = - 5 × 12.

328. Le fait constitué par les résultats systématiques précédents est la démonstration du caractère intentionnel de divergences que, jusqu'ici, on était porté à considérer comme des erreurs chronologiques dans la rédaction des Livres des Rois ; et ce fait est en lui-même l'un des plus remarquables aussi que l'on puisse faire valoir pour établir généralement la thèse de la structure systématique de l'Écriture, à raison du nombre, de la varité et de la précision de ses éléments composants, dispersés sans ordre apparent, dans une suite de textes qui n'embrasse pas moins de vingt-six chapitres de la Bible.

p. 400

329. Nous ne pourrons que plus tard interpréter tous les traits de détail que présente notre Tableau. Mais il nous est loisible de signaler dès à présent une des données de l'ordonnance spirituelle à laquelle la succession de nos deux groupes, positif et négatif, A et B, sert ici de signe ; savoir la Mission prophétique du Peuple élu, — propre : d'abord, par Elie et Elisée, à Israël ; ensuite, par la série des écrits prophétiques qui s'ouvre avec Esaïe, à la Maison de Juda. On sait en effet qu'avant les Prophètes écrivains de Juda, dont le magnifique ensemble s'annonce dans la Bible par le Livre d'Esaïe, Elie et Elisée, qui n'ont laissé aucune écriture, avaient été, comme Christ par la Parole et par les Miracles, les Prophètes d'Israël.

Cette correspondance des deux phases de la Mission prophétique et des deux groupes A et B est flagrante. La phase de Juda, qui commence avec Hosias et ses successeurs immédiats, a en effet précisément pour ère la séparation entre les écarts I-J positifs et négatifs ; et chez Israël, le règne, contemporain d'Hosias de Jéroboam II, encadre avec Jéroboam I toute la période antérieure des écarts positifs, à laquelle appartiennent les prophètes Elie et Elisée (ou les représentants de la Prophétie non écrite).

p. 401

Voici, pour la Prophétie écrite et dans la période historique qui nous occupe, les références des Prophètes aux règnes, données par la Bible, en parcourant la liste des 4 grands et des 12 petits prophètes.

Esaïe            Osée                  Joël    Amos                  Abdias
(I, 1)           (I, 1)                        (I, 1)

Hosias           Hosias, Jéroboam II           Hosias, Jéroboam II
Jotham           Jotham
Achaz            Achaz
Ezechias         Ezechias

Jonas            Michée
(II Rois XIV, 25)     (I, 1)
Jéroboam II      Jotham
                 Achaz
                 Ezechias

(Il était inutile pour notre point de vue chronologique de poursuivre ici la liste ; nous dresserons autre part le tableau complet du Système de la Prophétie écrite).

On n'a qu'à comparer cette ordonnance générale des Prophètes à notre tableau général des écarts, pour voir se justifier le fait du changement de phase prophétique, marqué par le changement de signe des écarts. On observera que la dernière année d'Hosias, -778, où s'ouvre la Prophétie d'Esaïe (Esaïe VI, 1) par la Vision des 777 qui le conduisent à Christ (voy. Leçon V),

p. 402

indique dans le Tableau XXIV le centre du premier groupe b des écarts négatifs (en isolant ainsi après lui le groupe des 3+4=7 derniers écarts, ayant pour somme 103=P4×7) ; et que les 52 [=2×(Jéhovah)] ans du règne d'Hosias, dont la première année marque le dernier des écarts positifs servent ainsi, de chaînon à la fois, et de séparation, entre les deux phases prophétiques. Cette considération va se trouver encore confirmée en constatant, comme nous allons maintenant le faire, que cette première année d'Hosias sert aussi de borne dans le Tableau à la dispensation prophétique antérieure d'Elie-Elisée.

330. Suivons en effet dans la rédaction des Livres des Rois les traits de cette première économie.

Elie apparaît brusquement en I Rois XVII, 1, comme par un cri d'indignation de l'esprit de Dieu contre l'idolâtrie d'Achab, roi d'Israël. De celui-ci l'avènement et le règne venaient d'être résumés dans les 6 versets précédents (I Rois XVI, 29-34). Elie disparaît, enlevé au ciel, en II Rois II, 1-12. Cet enlèvement est encadré dans le texte par la double mention de l'avènement de Joram, roi d'Israël, en II Rois I, 17 et II Rois III, 1.

p. 403

Ces limites de la mission d'Elie ont pour repères correspondants dans notre Tableau XXIV les années mentionnées (Col. 2 ; Israël) I Achab et I Joram, lesquelles déterminent dans la colonne 4 des écarts un groupe caractérisé par 3 termes, +5 +4 +7, compris entre les deux signes de séparation 0 et - 1.

A Elie succède son disciple Elisée. La mission de celui-ci s'étend jusqu'à l'avènement de Jéroboam II. C'est ce qui est marqué dans le texte en ce que, de même que l'enlèvement d'Elie avait été encadré entre les deux mentions de l'avènement de Joram, la mort d'Elisée, racontée en II Rois XIII, 14-20, se trouve semblablement encadrée entre les deux mentions, II Rois XIII, 13 et XIV, 16, de l'avènement de Jéroboam. La mission d'Elisée a donc pour limites, dans notre Tableau (Col. 2), les années mentionnées I Joram et I Jéroboam.

La mention suivante du Tableau étant (Col. 3) la première année d'Hosias, ce que nous disions plus haut, se trouve donc justifié que les deux plages des écarts positifs et négatifs se superposent aux deux phases du mouvement prophétique, et ont la même séparation chronologique.

Dans la colonne des écarts, on compte, corres-

p. 404

pondant à la phase Elie Elisée, c'est-à-dire de I Achab à I Jéroboam, un groupe de

14 = 2 × 7 termes ;

au delà est intercalé le bloc séparateur des 52 ans de Hosias ; et on compte ensuite de nouveau 7 termes, (à partir de la limite 777), pour parfaire le Tableau en caractérisant la seconde phase, celle de Juda.

331. Dans la série A des écarts positifs, notre groupe de 14 termes, Elie-Elisée, est compris entre le signe de séparation 0 et, — formant également signe de séparation par son caractère anormal, — le dernier terme, +15, correspondant à I Hosias. L'enlèvement d'Elie et la séparation Elie-Elisée sont marqués par le signe de séparation − I, qui attribue : d'un côté, 3 termes à Elie, de l'autre 10 à Elisée.

L'existence du terme anormal +15, limite extrême des écarts positifs à la fin même de la mission et de la vie d'Elisée, donne un sens aux nombres qui, en II Rois XIII, 17-19, caractérisent l'acte symbolique ordonné par Elisée mourant au roi Joas, prédécesseur de Jéroboam.

Il s'agit des flèches tirées par Joas vers l'Orient en signe de la lutte d'Israël contre ses

p. 405

ennemis. Sans nul doute ces jets de flèche ont un sens chronologique prophétique et mesurent, vers l'avenir (par la Fenêtre; II Rois XIII, 17) des espaces de temps propres à la destinée future d'Israël. C'est ce que nous allons examiner tout à l'heure.

Pour le moment remarquons seulement, en rapport avec la question des écarts de notre Tableau XXIV, que la somme des nombres de flèches mentionnées par le texte reproduit précisément la valeur 15 de l'écart anormal qui termine la série positive, et cela précisément aussi avec le caractère (conforme au sens du texte) que dans le Tableau possède ce dernier écart de figurer, comme en le couronnant, au delà du groupe des 14 qui appartiennent à Elie-Elisée, c'est-à-dire à Israël. Expliquons-nous. Sur l'ordre d'Elisée, Joas tire d'abord 1 flèche. (Vers. 17), puis 3 flèches (vers. 18); et il arrête son tir. Elisée alors lui dit qu'il « aurait fallu », pour vaincre, tirer 5, 6 flèches (vers. 19); or ces nombres additionnés, qui marquant, d'après cela, l'effort qu'aurait dû faire Israël, effort qu'il ne fait pas et qui transfert en même temps à Juda la mission prophétique du Peuple élu, (voyez au Tableau XXIV, le règne d'Hosias et plus haut

p. 406

§ 329, la liste de la Prophétie écrite) donnent bien pour résultat

1+3+5+6=15,

c'est-à-dire l'écart, — anormal par rapport aux nombres précédents propres à la période d'Israël, mais qui, par son signe, devait encore appartenir à cette période, — qui fait passer, avec Hosias, la mission prophétique à Juda.

332. Déjà assurés par ce premier signe du caractère intentionnel des nombres de l'acte symbolique défini par Elisée, suivons maintenant l'ordonnance de ces nombres 1, 3, 5, 6 quant à leur portée prophétique dans la destinée d'Israël.

Un premier trait remarquable frappe immédiatement : c'est la séparation des quatre nombres en deux groupes, savoir, d'après le texte, en 1 et 3, 5, 6. La première flèche, appelée (vers. 17) « la flèche de la délivrance de l'Eternel » et de la destruction définitive des puissances ennemies, est tirée dans l'air, ou le ciel; les autres sont tirées vers la terre (vers. 18, 19). La flèche I doit concerner la Seconde Venue; le groupe de flèches 3, 5, 6, la dispensation historique terrestre propre à Israël.

Ces trois derniers nombres d'ailleurs, interprétés par la nature même de l'acte, désignent

p. 407

tous les trois des efforts pour vaincre, visibles et publiquement manifestes dans l'Histoire : le premier insuffisant (la flèche 3) et laissant subsister l'adversaire; les autres définitifs. En tout état de cause, ils figurent nécessairement, par leur caractère visible, des événements contemporains de la réapparition historique d'Israël, c'est-à-dire, d'après la donnée biblique de la descendance israélite des Anglo-Saxons, qui ne peuvent appartenir qu'aux temps depuis l'Heptarchie comprise; et, dans cette vue, on aperçoit immédiatement en effet une confirmation, car si le premier terme « 3 », où Israël arrête son action, est représenté par la réapparition d'Israël dans l'Heptarchie anglo-saxonne, on n'assiste en cela cependant, dans la revendication historique, qu'à un acte encore insuffisant; on voit en effet lui succéder, avant la Réforme, et pendant une période quinquaséculaire, toute la phase de domination mondiale du Faux Prophète romain.

Puisque les deux groupes finals « 5 » et « 6 » au contraire sont de nature à assurer la puissance d'Israël, ils ne peuvent concerner que la dernière période de l'Histoire, celle qu'Israël occupe en qualité de 10e et dernier peuple chef.

Voyons maintenant si les nombres justifient

p. 408

ce qu'indique ainsi naturellement la superposition de l'ordonnance du texte et du plan déjà connu dans l'Histoire.

« La flèche Ire ou Flèche de l'Eternel.

333. La Seconde Venue a pour date +2180. Quelle est, dans notre Tableau XXIV, l'origine chronologique qu'il convient de prendre pour compter, jusque là, l'espace de temps qui correspond ici à l'indication symbolique? Quatre dates sont à cet égard proposées dans la Colonne des Rois d'Israël, auxquels Elisée a ici directement affaire, savoir

1 Joas        − 856
2 Joas        − 855
              − 826
1 Jéroboam    − 840.

Or, entre ces dates, une = 826 se distingue par le caractère, d'ailleurs unique dans le Tableau tout entier, de figurer sans la mention jointe d'un nom d'homme; et le fait apparaît d'autant plus significatif pour la désigner à notre choix alors qu'il s'agit de la Flèche de l' « Eternel » (Jéhovah), qu'on a, comme cela est déjà bien connu,

(Jéhovah)=26.
p. 409

Ainsi s'explique réciproquement l'existence même dans le Tableau de cette exception unique, ou du vide nominal dont il s'agit, et cela nous confirme de plus en plus dans l'opinion qu'il n'est pas un seul détail de l'Ecriture qui, dans la suite méthodique et ordonnée de la recherche, ne doive venir, comme de lui-même, occuper sa place et expliquer sa raison d'être.

Poursuivant cette vue, nous inférerons aussi naturellement que si le − 826 sans nom concerne « la Flèche de l'Eternel », les − 856, − 855 concernent les « 3 Flèches » insuffisantes tirées par Joas; et le —840, les « 5 » et « 6 » flèches non tirées par lui et qui se rapportent à « Jéroboam », ou à la destinée ultérieure de la Maison d'Israël, après une nouvelle phase de prééminence de ses adversaires. Il est d'ailleurs fort intéressant de rapprocher de cette vue prophétique des Flèches, qui s'étend ainsi jusqu'aux derniers temps, ce qui est immédiatement après dans l'Ecriture (versets 20, 21) de la Résurrection des Morts, c'est-à-dire du miracle de l'homme mort qui — Elisée mort, ou l'Esprit ayant abandonné Israël, — par le contact des os d'Elisée au sépulcre, revient à la vie et se lève sur ses pieds [car ceci est à rapprocher d'Ezéchiel XXXVII, ou de la prophétie des os qui, par l'Esprit, ressus-

p. 410

citent aux derniers temps, savoir les os d'Israël et de Juda (Ez. XXXVII, 11, 16, etc.)].

Revenons plus précisément à notre objet. La « Flèche » d'après ce qui précède, mesure l'espace chronologique

F=826+2180=3006,

nombre remarquable car il donne tout d'abord

F=18×167,

ce qui marque déjà assez, par le 167 des 2300 soirs et matins de Daniel, qu'il s'agit ici des derniers temps, et qui va en outre nous conduire, par l'indication ainsi faite des nombres diurnes 6, 12, (le nombre 18=12+6; les soirs et matins) à une autre décomposition de F directement significative dans le sujet. En divisant F par 12, on obtient

F=3006=250×12+6=10×5²×12+6;

ou, en appliquant la décomposition en carrés, canonique et bien connue

5²=3²+4²,
F=10×3²×12+(10×4²×12+6)
 =1080+1926;

c'est-à-dire

F=10×108+3×642,
p. 411

Ainsi F est décomposable en : un multiple du nombre humain 10 et un multiple divin de la valeur numérique du nom Antipas,

(Antipas)=642

(Apoc. II, 13) (voy. Leçon XII, Note A) de Christ comme Témoin de Dieu auprès de chaque homme. Les deux termes de la décomposition envisagés de plus près sont d'ailleurs ici également significatifs et nécessaires dans l'intention du texte : Antipas, qui est l'épée aiguë et tranchante (Apoc. I, 16), est aussi la flèche aiguë du carquois de l'Eternel (Es. XLIX, 2); et d'autre part, dans l'acte symbolique, (II Rois XIII, 16) cette flèche de Dieu n'est transmise et ne doit pénétrer que par l'imposition des mains

2×5=10

d'Elisée, qui lui-même transmet la puissance de l'Esprit. (On pourra remarquer que le multiple 3×642, pour Antipas, est d'ailleurs le seul qui laisse comme reste dans F un multiple de 10).

En revenant à la question de la Résurrection des morts dont il a été fait plus haut mention, il est permis de se demander également en présence de cela si le nombre remarquable F=3006 qui vient d'être analysé ne rendrait pas compte, du même coup, d'une autre particularité de notre

p. 412

texte, particularité qui doit avoir aussi une intention déterminée; c'est-à-dire de cette durée d'une année qui est assignée en II Rois XIII, 20 à l'espace entre cette Résurrection et la mort d'Elisée. Or cette indication du texte est effectivement destinée à nous offrir une vérification des déductions antérieures, c'est-à-dire ici de notre nombre F=3006 lui-même; car en appliquant à ce nombre l'idée du cycle ou du retour qu'implique l'idée de la Résurrection, c'est-à-dire en l'écrivant en cercle puis en le lisant dans la direction inverse, on obtient

[Figure : spirale à main levée formant deux tours concentriques. En haut du tracé, le chiffre « 0 » ; à droite, une flèche courbe remontant vers le haut porte un second « 0 ». Sur la gauche du tracé, le chiffre « 3 » est suivi d'une flèche entrant dans la spirale ; au centre de celle-ci, une petite flèche courbe pointe vers la gauche, indiquant le sens de lecture. En bas du tracé, le chiffre « 6 ». Le schéma illustre la lecture du nombre 360 le long de la spirale, dans la direction inverse (de 0 à 0, en passant par 3 puis 6).]

conformément au schéma ci-contre la lecture 360; soit, dans l'ordre prophétique, (dont l'Ecriture est connue), celle d'une Année de 12 mois de 30 jours.

334. Les « 3 » flèches de Joas.

L'Heptarchie anglo-saxonne, constituée en +585 par la formation de ses derniers royaumes, se termine avec Egbert en +827. De la moyenne +706 de ces dates, prises telles quelles, nous ne

p. 413

pouvons évidemment retenir ici qu'une indication d'ailleurs essentiellement remarquable dans le plan chronologique, et qui est une application de la loi de symétrie par rapport à Christ (voy. Leçon XVIII, 304); savoir, que la Réapparition d'Israël (moyennement au +VIIIe siècle) est symétrique de sa Dispersion, −758, au −VIIIe siècle; mais dès lors, dans la nécessité d'un choix précis pour repérer la limite de la période des flèches de Joas, la meilleure solution, c'est-à-dire celle qu'il faut adopter au point de vue rationnel, c'est le repère +758, ou le symétrique de la date biblique −758. Ce repère à la fois qui tout aussi bien convient chronologiquement à l'Histoire, y signifiera prophétiquement le retour d'Israël.

D'autre part, d'après ce que nous avons observé plus haut (§ 333), le repère initial de la phase qu'ici nous considérons est fourni par les dates de Joas

− 856,    − 855.

On aura donc pour l'espace de temps F' correspondant, ou pour la portée symbolique des « 3 » flèches :

F' = {856/855} + 758 = {1614/1612} = 3 × {528/527,7} = 3×5 × {107,6/107,54}

ce qui met de nouveau en évidence, — en se sou-

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venant que l'ordre avait été donné à Joas de tendre l'arc « de sa main » (vers. 16), ce qui est la raison d'être de la mise en œuvre du facteur 5 dans le signe F' — le facteur

{107,6/107,54} soit 108 en nombre entier

qui apparaissait déjà dans l'expression de F. (§ 333). La valeur théorique de F' serait donc

F'=3×5×108=1620.

Portée à partir de − 856, − 855, elle conduirait à +764, +765. On remarquera, si l'on veut, dans le Tableau XXIV que l'écart +6 d'Israël, correspondant à I Joas est précisément reproduit par la différence 764−758=6.

En rétrogradant à partir de +758, on obtient inversement, − 862, qui figure aussi sur la même ligne dans la colonne de Juda. Pour le moment nous estimons suffisant, dans l'espèce du sujet, le terme de premier ordre.

Passons maintenant à l'examen des systèmes limites des « 5 » et des « 6 » flèches.

335. Les « 5 » flèches.

La dernière période historique, celle d'Israël comme 10e et dernier peuple chef, a pour repère initial +1870. Notre repère initial est ici, dans

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le Tableau XXIV, − 840 (voy. plus haut § 333). On a donc pour l'espace de temps correspondant, ou pour la portée symbolique des « 5 » flèches;

F"=840+1870=5×542=5×(5×108,4),

expression où de nouveau apparaît, par 108,4 ou en nombre entier 108,

le facteur 108.

La valeur théorique de F" serait d'après cela

F"=5×5×108=2700.

Elle donne à partir de − 840 la date +1860; en rétrogradant, on obtient à partir de +1870, la date initiale − 830.

336. Les « 6 » flèches

La fin de la dernière période, fin qui est aussi celle de l'échelle chronologique de la Bible, est +1870 +516 = +2386. Notre point initial est encore ici (§ 333) − 840. On a donc pour l'espace de temps correspondant, ou pour la portée symbolique des « 6 » flèches :

F'''=840+2386=3226=6×537,67=6×5×107,53;

c'est-à-dire, encore une fois, l'apparition de ce même facteur canonique, en nombre entier 108, que mettaient semblablement en évidence, par le

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même procédé, les cas précédents. La valeur théorique de F''' est donc

F'''=6×5×108=3240.

Elle conduit, à partir de − 840, à +2400; et, en revenant depuis +2386, à la date − 854.

337. Un fait systématique, aussi remarquable par l'indépendance que par la variété de ses éléments composants, se trouve donc constitué par l'ensemble qui précède; il ne permet pas de douter un seul instant, nous semble-t-il, du caractère prophétique des paroles d'Elisée et de l'acte symbolique qu'il fait accomplir à Joas.

Ce fait consiste en ce que, le nombre 108 ayant été amené par le terme

10×108

dans la formule rigoureuse concernant le premier espace chronologique F relatif à la 1re flèche, ou « Flèche de l'Eternel », les espaces chronologiques

F'    F"    F'''

qui correspondent, par la vue de l'Histoire comparée au sens du texte, aux nombres de flèches respectifs indiqués

3    5    6,
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donnent, étant divisés chacun par son nombre correspondant, le même quotient, et en ce que ce quotient est

5×108.

Cela seul suffirait pour démontrer le caractère intentionnel du document. La largeur même du procédé critique, où la seule vue de l'Histoire générale, pour les cas F' F" F''' des « Flèches » jetée sur la Terre, suffit comme cadre et comme argument, semble rendre l'évidence encore plus vive, et plus aisée l'acceptation de son enseignement.

338. Enfin, cela étant, un dernier trait reste qui, en transportant au contraire dans l'ordre le plus concret de la précision, vient ici, mettre le sceau sur l'absolue Inspiration de toute cette Ecriture. Dans l'expression commune aux termes successifs que nous venons d'analyser et qui en constitue le caractère systématique, savoir

5×108

le facteur 5 désigne la main de l'Archer; mais quelle est la signification du nombre 108? L'idée qui se présente d'elle-même est évidemment qu'il doit être le signe de la « Flèche », élément fondamental de tout l'acte symbolique; et, par

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manière de dire, c'est en tremblant que, vu l'indicible portée d'un tel fait non seulement pour la question actuelle mais pour celle de l'Inspiration biblique tout entière, on est conduit à vérifier si ce nombre 108 ne serait pas en Hébreu la valeur numérique du mot flèche. Or il en est ainsi. On a pour cette valeur :

(Flèche)= חצי =8+90+10=108.

339. Ce qui précède a été amené d'une manière digressive au sujet de l'Histoire d'Elisée, et celle-ci n'était elle-même qu'un terme dans l'ensemble prophétique Elie-Elisée, propre à Israël et auquel succède, avec Hosias et Esaïe, la phase prophétique de la prophétie écrite, celle de Juda.

Des caractères systématiques généraux de cet ensemble Elie-Elisée ont déjà plus haut (§§ 329, 330) été signalés; ils vont s'affirmer encore davantage par le Tableau suivant XXVI, qui montre cet ensemble dessiné dans ses détails d'une manière non moins intentionnelle, par les particularités du groupe général A des écarts positifs qu'encadrent les deux Jéroboam. Le trait le plus remarquable qui va y ressortir est la correspondance, par les 33 1/2 ans de Christ, entre l'Ascension d'Elie et celle de Jésus-Christ. Que

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le lecteur mesure bien l'importance d'une telle chose. Nous sommes en présence de signes qui sont de vrais miracles, et qui ne nous permettent pas de douter, plus que d'eux-mêmes de la réalité des faits miraculeux affirmés directement et conjointement dans son texte, par la Révélation.

Ce caractère systématique de l'ensemble Elie-Elisée est signalé dans le Tableau XXVI : d'une part par la disposition des écarts I-J d'Israël par rapport à Juda; d'une autre, d'accord avec le sens de cette référence (rapportée à Juda), par les années chronologiques correspondantes, de la Colonne de Juda (Tableau XXIV, Col. 3), prises à partir de l'Ere − 999=An 1.

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TABLEAU XXVI.

Système de la Mission des Prophètes Elie-Elisée.

Ecarts I−J (Tableau XXIV)      | Années sur l'Echelle du roy.
                               | de Juda à partir de −999 = An 1.

(Jéroboam)              0       | 3 × 6 = 18 }
(Jéroboam) signe                |            } 3
   de séparation     − 1        | 3 × 7 = 21 }      ........
                                |                          }
            ( + 1 )             |                          }
            ( + 2 )             |                          } 30      33 1/2
            ( + 2 )             |                          }
            ( + 3 ) 16          |                          }
            ( + 4 )             |                          }
       (10) ( + 4 )             |                          }
            (   0 )             | 51        }              }
                                |           } 7 ...(Elie)  }
I Achab − 937 ( + 5 )           | 58        }     − 936,5   }
              ( + 4 ) 16        |                          }
              ( + 7 )           |                          } 30      33 1/2
                                |                          }
I Joram  Signe de               | 88        }      ....Enlèvement d'Elie
   séparation       − 1         |                  Elisée.

              ( + 8 )           |
              ( + 4 )           |
              ( + 3 )           |
              ( + 2 )           | 39 = 3 (Jehovah)/2  ........  − 888
       (10)   ( + 3 ) 39        |
              ( + 3 )           | 1 Joas
              ( + 6 )           |        } 16
              ( + 3 )           |
I Jéroboam    ( + 4 ) 1 Jéro-   | 156 = 1.2.3. × (Jehovah)  ...  − 839,5
   − 842              boam      |

(Jéroboam) signe   54 = 2 × (3.3.3.)  | 171
   de séparation + 15  = 39 + 15       |
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340. Ce tableau XXVI comprend tout le groupe A des écarts positifs du Tableau général XXIV. On voit que ce groupe est limité : d'une part par deux mentions de Jéroboam I, de l'autre par deux mentions de Jéroboam II. Ainsi, les noms mêmes des rois interviennent comme signes systématiques.

Les deux signes de séparation − 1 isolent un groupe de 10 termes (écarts) partagé lui-même, par le second 0, en deux autres dans chacun desquels la somme des écarts est la même et égale à 16= 2²² .

Le second − 1 et le signe de séparation final constitué par l'écart anormal +15, isolent ensuite de même un second groupe de 10, dans lequel les quatre derniers, qui déterminent le groupe I Joas − I Jéroboam des Flèches d'Elisée, reproduisent de nouveau cette somme 16= 2²² . Il est certain par là que nos signes de séparation, d'abord immédiatement remarqués dans le Tableau général XXIV, savoir les deux 0, les deux − 1, et le + 15, étaient bien intentionnels.

Dans le premier groupe de 10, le second groupe subsidiaire 16 marque la période I Achab − 1 Joram d'Elie, le second − 1 signifie l'Enlèvement d'Elie. Le second groupe de 10 correspond à la période d'Elisée.

p. 422

Le système prophétique ainsi manifestement dessiné par la distribution des écarts, n'est pas moins bien signifié, et directement, par les années chronologiques qui lui correspondent.

A partir de l'origine − 999 prise pour An I, on compte d'abord, répondant à la base de séparation 0, − 1 des deux mentions de Jéroboam, un groupe de 3 ans, de l'an 3×6 à l'an 3×7. De là à l'Enlèvement d'Elie, en l'an 88, il y a un espace, repéré par les deux − 1, égal à

88 − 21 = 67 = 2 × 33 1/2;

et le partage de ces deux 33 1/2 est clairement indiqué par le groupe de 7=2×3 1/2, de 51 à 58, à cheval sur la séparation du bloc d'Elie déterminée par le second 0. Cette séparation le sectionne en deux fois 3 1/2, et laisse ainsi subsister, de part et d'autre de l'apparition d'Elie, en les définissant l'un et l'autre explicitement par la décomposition 30+3 1/2, deux espaces égaux aux temps 33 1/2 de l'Ascension de Jésus-Christ.

La dernière année du bloc d'Elie est 88; la dernière du bloc d'Elisée, 156=1.2.3. ×(Jéhovah), avec la somme des écarts de ce bloc égale à

(Jéhovah).
   2
p. 423

341. Enfin, après tout cela on peut se demander si la Chronologie absolue du système par rapport à Christ ne serait pas elle-même systématique, ce que ne rend nullement invraisemblable le fait si frappant qu'Elie a pour signe chronologique le temps 33 1/2 de l'Ascension dans la vie de Christ, comme aussi celui que l'année de son Enlèvement est, sur l'échelle chronologique, 88, et que la valeur du nom de Jésus est, comme on le sait,

(Jésus)=888.

Or cette induction se vérifie de la manière la plus démonstrative. Car en effet le bloc Elie-Elisée court, de 1 Achab à 1 Jéroboam, de − 937 à − 840. Or le centre de ce bloc, pris de centre à centre de ces deux années, est repéré à partir de l'Ere chrétienne par le nombre

− 936,5 × 839,5    1776
───────────────  = ────  = 888.
        2            2

Bien plus, comme le montrent les tableaux XXIV, XXVI, l'année − 888 tombe exactement au centre du second groupe des 10 (entre les écarts 5e et 6e), groupe dont la somme est égale à

3 (Jéhovah)/2

Et enfin que dire si l'on observe que de l'Enlèvement d'Elie (− 913; centre de l'Année = 912,5)

p. 424

à l'Ascension de Christ (+33 1/2) il y a un espace

912,5 + 33 1/2 = 11 × 86 = 22/2 (Elohim) = 22 × 516/12 .

C'est une nouvelle et directe indication de la réalité de ces deux événements miraculeux.

La révélation de semblables faits ne doit à aucun égard être abordée par nous avec un esprit de vaine curiosité. Son véritable objet, et seul utile, est, en nous transportant dans l'ordre surnaturel comme terrain positif, de nous affirmer que, dans le monde créé, c'est l'ordre surnaturel, et non un prétendu ordre naturel dont la conception n'est que l'expression de notre insuffisance intellectuelle et, au fond, la négation de Dieu, qui y constitue la réalité physique. Tel est bien ici le cas pour l'apparition des 33 1/2 ans d'Elie. Ce fait met hors de doute celui de l'Ascension de Jésus-Christ. Et c'est un exemple qui peut faire comprendre, pour le plus profond de notre Foi, la portée de notre ordre de recherches.

342. L'étude que nous venons de faire d'une partie jusqu'ici très obscure de l'Ecriture, et qui, scientifiquement abordée, se change comme on vient de le voir en lumière, serait incomplète si nous n'y joignions pas une analyse, tout au moins partielle, des Livres des Chroniques pour renfor-

p. 425

cer encore, par cette analyse concordante, la solidité de nos conclusions. Nous allons y découvrir de nouveaux traits de premier ordre, par leur généralité même favorables à la conviction raisonnée, et nous en prendrons texte pour envisager sous de nouveaux aspects le parallélisme historique d'Israël et de Juda. Quant à la raison d'être même des Livres des Chroniques, qui ne concernent essentiellement que la royauté en Juda, en mentionnant ensuite (II Chron. XXXVI) les 70 ans de Jérémie jusqu'à l'Edit de Cyrus, nous en traiterons ultérieurement (Leçon XX § 372). Nous avons tout d'abord à établir ici que leurs données numériques s'accordent entièrement avec celles des Livres des Rois; et c'est ce que fait voir le tableau suivant.

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TABLEAU XXVII.

Durées des règnes des Rois de Juda, Livres des Chroniques et des Rois.

LIVRES DES CHRONIQUES                                          LIVRES DES ROIS

                          à Hébron 7a 6m                                    40 ans
David      I Chr. III, 4                    40   I Rois II, II à Heb. 7   40
                          à Jérusalem 33                                    à Jer. 33

           XXIX, 27  40 ans
              à Hébron 7
              à Jéruslem 33

Salomon    II Chr. IX, 30                    40                XI, 42       40
Roboam     XII, 13                           17                XIV, 21      17
Abija      XIII, 2                            3                XV, 2         3
Asa        XVI, 13                           41                XV, 10       41
Josaphat   XX, 31                            25                XXII, 42.    25
Joram      XXI, 5, 20                         8   II Rois VIII, 17           8
Achazia    XXII, 2                            1                VIII, 26      1
Athalie    XXII, 12                           6                XI, 3         6
Joas       XXIV, 1                           40                XII, 1       40
Amatzia    XXV, 1                            29                XIV, 2       29
Hosias     XXVI, 3, 1                        52   XV, 2; XIV, 21            52
Jotham     XXVII, 1, 8                       16                XV, 33       16
Achaz      XXVIII, 1                         16                XVI, 2       16
Ezechias   XXIX, 1                           29                XVIII, 2     29
Manassé    XXXIII, 1                        55                XXI, 1       55
Amon       XXXIII, 21                         2                XXI, 19       2
Josias     XXXIV, 1                          31                XXII, 1      31
Joachaz    XXXVI, 2 (3 mois)                  »   XXIII, 31 (3 mois)         »
Joakim     XXXVI, 5                          11                XXIII, 36    11
Joakin     XXXVI, 9 (3 mois                   »   XXIV, 8 (3 mois)           »
              10 jours)

Sédécias   XXXVI, 11                         11                XXIV, 18     11
                                              ---                          ---
Durée totale des règnes de David
   à Sédicias                               473                             473
Captivité  XXXVI, 21                         70
                                              ---
Edit de Cyrus XXXVI, 22                     543
     (−536)
                          Bloc de 7 × 12 = 84
                          ans dont le −453
                          d'Artaxerxès  est
Edit d'Artaxer-           le dernier (Dan. IX,
xès (−453)                Leçon V)                                          84
                                                                             ---
                                                                             627
p. 427

On constate que la Chronologie reste bien la même dans les deux sources. L'Edit de Cyrus étant − 536, on a jusqu'au commencement de David

− 536 − 543 = − 1079.

La dernière des 40 années de David est alors

− 1040 = − 2 × 520

et la dernière des 40 années de Salomon

− 1000 = − 2 × 500.

La première des années de Roboam, roi de Juda, et en même temps de Jéroboam, roi d'Israël, est

− 999.

La somme des 10 règnes de Roboam à Hosias, lesquels conduisent au centre de la liste des 20 règnes de Roboam à Sédécias, est

Roboam à Hosias = 222.

La limite de la dernière année d'Hosias est donc

− 999 + 222 = − 777,

et c'est par elle, comme on le sait (Leçon V) que s'ouvre, avec Esaïe, tout l'ensemble du système de la prophétie écrite.

Le nombre des années, du commencement de la Captivité à l'Edit d'Artaxerxès, est égal à

70 + 84 = 2 × 77.
p. 428

Mais le trait d'ensemble le plus remarquable qu'accusent ici les nombres, est le suivant : la Durée totale des règnes de David à Sédécias est 473 ; or

473 = 11/12 × 516 ;

mais d'autre part le règne de Saül est, conformément à notre computation de la Leçon XVIII, qui conduit à − 1461 pour la mort de Josué :

40 + 3 = 43 = 1/12 × 516.

On a donc le résultat éminemment remarquable suivant :

« la somme des règnes de Saül à Sédécias, est égale à un temps de 516 ans de Daniel ».

On observera que ce fait est, par réciprocité, une confirmation de la computation relative aux temps de Josué, précisément rappelée ; et on peut aussi le considérer comme une nouvelle preuve décisive qu'il n'y a rien à changer à la liste des durées de règne, prises telles quelles, ainsi que nous l'avons fait, dans l'Ecriture.

343. Examinons la manière dont les événements généraux rapportés par nos deux documents, et où des rois d'Israël et de Juda sont

p. 429

donnés pour contemporains, s'accordent avec les données chronologiques qu'ils spécifient. Le parallélisme est défini par le tableau suivant.

TABLEAU XXVIII.

Evénements de l'Histoire commune des Rois de Juda et d'Israël.

Rois de Juda    | Rois d'Israël        | Livre des Rois          | Livres des Chroniques

I. Roboam   999 | Jéroboam      − 999  | Guerre entre Roboam     | Guerre entre Roboam
                |                      | et Jéroboam I, XIV, 30  | et Jéroboam II, XII, 15.
   Abija    982 |                      | Guerre entre Abija et   | Guerre entre Abija et
                |                      | Jéroboam I, XV, 7       | Jéroboam II, XIII, 2
   Asa      979 | Nadab          977   | Guerre entre Asa et     | Guerre entre Asa et
                | Bahasa         975   | Bahasa, I, XV, 16       | Bahasa, II, XVI, 1
                |                      |                         | (ibid. Bahasa et la 36e
                |                      |                         | année d'Asa)
                | Ela            951   |                         |
                | Zimri (7 jours)      |                         |
                | Omri           949   |                         |

II. Josaphat 938|                      |                         |
                | Achab          937   | Alliance entre Achab    | Alliance entre Achab
                |                      | et Josaphat I, XXII, 4  | et Josaphat II, XVIII, 1.
                | Achazia        915   | Josaphat en paix,       | Josaphat associé avec
                |                      | associé avec Achazia    | Achazia, II, XX, 35.
                |                      | I, XXII, 45, 50         |
   Joram    913 | Joram          913   | Achazia et Joram        | Achazia et Joram
   Achazia  905 |                      | alliés, II, VIII, 28    | alliés, II, XXII, 5.
                |                      | Jéhu apparaît, II,      |
                |                      | IX, 2.                  | Lutte entre Joram,
                |                      | Lutte entre Joram,      | Achazia, Jehu, II,
                |                      | Achazia, Jéhu, II,      | XXII, 8, 9.
                |                      | IX, 21.                 |
p. 430
Rois de Juda          | Rois d'Israël      | Livre des Rois        | Livres des Chroniques

III. Athalie     904  | Jéhu        901    |                       |
     Joas        898  | Joachaz     873    |                       |
     Amatzia     858  | Joas        856    | Guerre entre Joas et  | Guerre entre Joas et
                      |                    | Amatzia II, XIII, 12; | Amatzia Joas à Jéru-
                      |                    | Joas à Jérusalem II,  | salem II, XXV, 21-24.
                      |                    | XIV, 13.              |
     Hosias      829  | Jéroboam II 840    |                       |
                      | Zacharie (6 mois)  |                       |
                      | Sallum (1 mois)    |                       |
                      | Menahem      799   |                       |
                      | Pekachia     789   |                       |
     Jotham      777  | Pekach       787   | Retsin et Pekach      | Guerre de Retsin et de
     (Naiss. d'Ezéch. |                    | attaquent Juda, II,   | Pekach avec Achaz II,
     fils d'Achaz 770,|                    | XV, 37.               | XXVIII, 5.
     17 de Pekach,    |                    | Retsin et Pekach      |
     II Rois XVI, 1)  |                    | assiègent Achaz à Jéru-|
                      | Hosée        767   | salem, II, XVI, 5.    |
     Achaz       761  |                    | Retsin, Tiglath-      | Retsin, Tiglath II,
                      |                    | Pileser, II, XVI,     | XXVIII 5, 16, 20, 23.
                      |                    | 6, 7, 9.              |

IV.                   | Dispersion des     |                       | Ezéchias convoque
                      | 10 Tribus    758   |                       | Ephraïm et Manassé à
     Ezéchias    745  |                    |                       | la Pâque à Jérusalem,
                      |                    |                       | II, XXX, 1. Cela même
                      |                    |                       | s'accorde avec ce que
                      |                    |                       | la Dispersion a eu
                      |                    |                       | lieu, puisque Ezéchias
                      |                    |                       | est roi de Juda ; et il
                      |                    |                       | s'agit de ceux qui sont
                      |                    |                       | alors au pays : II Rois
                      |                    |                       | VII, 27, 28.
     Manassé     716  |                    |                       |
     Amon        661  |                    | Sous Josias, Pâque telle que jamais semblable n'avait
     Josias      659  |                    | été célébrée ; Roi tel qu'avant lui et après lui il n'y en a
                      |                    | point de semblable ; II Rois XXIII, 22, 23, 25.
p. 431
V. Joachaz }          | Captif de Neco, et mort en Egypte.
   Joakim  }    628   | Captif de Nébucadnetzar et Evil Mérodac à Babylone
   Joakin  }          |
   Sédécias     617   | Captif de Nébucadnetzar à Babylone
   Captivité         606
   Dern. année
   des 70 ans   537   | (Darius le Mède, Dan. IX).
   Edit de Cyrus 536  |
                      | bloc de 7×12 (Dan. IX, Leçon V).
   Edit
   d'Artaxerrès 453   |
                452   |

344. On voit par la considération générale de ce tableau que la Chronologie des règnes s'accorde avec la contemporanéité des rois d'Israël et de Juda supposée par les événements historiques que relatent les textes. En dehors de la référence de Bahasa à la 36e année d'Asa, objet de second ordre dont nous parlerons plus loin (§ 347), un seul cas présente au premier abord une difficulté dans l'ordonnance du tableau, savoir la contemporanéité de Pekach et d'Achaz (Case III du tableau) ; mais il suffit pour la lever de suivre avec attention le texte, et de ne pas confondre la contemporanéité des années officielles des règnes avec celle des individus. Le texte en effet (voyez les citations du Tableau) parle ici d'une action offensive propre non pas seulement au règne d'Achaz, mais aussi bien au

p. 432

règne de Jotham où elle commence (II Rois XV, 37) pour se continuer sous le règne de son fils. Au cours de cette action, l'un des deux alliés, savoir Pekach, disparaît, tué par Hosée qui lui succède en Israël (II Rois XV, 30) ; mais la guerre, partiellement son œuvre, et qui portait son nom avec celui de Retsin, ne cesse néanmoins pas. Cette attribution par extension pourrait déjà suffire à écarter une contradiction. Mais il y a plus que cela. On lit en effet en II Rois XVI, 1 qu'Achaz commença à régner la 17e année de Pekach, soit en − 787 + 17 = − 770, ce qui n'est autre chose (voy. le Tableau) que la Naissance d'Ezéchias, fils d'Achaz. Cette indication, puisque l'on sait d'ailleurs qu'Achaz ne règne nominalement et seul qu'en − 761, enseigne donc nécessairement ici, en expliquant le fait par cet événement dynastique de la naissance de son fils, qu'Achaz est dès lors initié au gouvernement de Juda. Or cette époque indiquée est antérieure de 3 ans à la fin de Pekach ; d'où il résulte que, chronologiquement aussi bien que dans le seul point de vue d'une continuation virtuelle de l'action de Pekach, il y a contemporanéité réelle d'action entre les deux rois.

p. 433

345. La viabilité historique de notre document étant établie, examinons maintenant ses traits caractéristiques de premier ordre.

Celui qui frappe d'abord quand on en considère l'ensemble au point de vue des rapports de Juda et d'Israël, c'est sa division en trois groupes, savoir : deux, initial et final, où il y a hostilité entre les deux Maisons, séparés par un groupe central, où ils forment Alliance. On a (voyez le Tableau) en prenant pour argument la suite des Rois de Juda, laquelle comprend, de Roboam à Achaz, sous lequel a lieu la Dispersion des 10 Tribus et la fin du royaume d'Israël, 12 rois :

I. (Roboam-Asa) 3 Rois, Groupe d'hostilité.

II. (Josaphat-Achazia) 3 Rois, Groupe d'Alliance.

III. (Athalie-Achaz) 6 Rois, Groupe d'hostilité.

Le Groupe d'Alliance est d'ailleurs signifié de la manière la moins équivoque en ce que le roi de Juda au centre du groupe, c'est-à-dire Joram, porte le même nom que le roi d'Israël contemporain Joram, ces deux rois de même nom commençant leurs règnes la même année ; et cette

p. 434

double condition dans toute la liste des rois ne se trouve réalisée qu'ici, pour eux seuls.

La nature des événements ayant ainsi délimité dans le tableau trois premières phases, I, II, III, on constate, en en considérant la suite, laquelle n'appartient plus qu'à Juda, que deux autres n'y sont pas moins en évidence, savoir : 1° une phase de caractère religieux national, marquée, d'Ezéchias à Josias, — où on trouve le Livre de l'Alliance dans la Maison de l'Eternel pour en faire la lecture solennelle (II Rois XXII, 8 ; XXIII, 2), — par la célébration de la Pâque ; 2° une phase de destruction, — celle, de Joachaz à Sédécias, des rois captifs et exilés, de la Captivité et de l'Exil du peuple lui-même, jusqu'au moment où, par les Edits de Cyrus et d'Artaxerxès, un Temple et une Ville se reconstruisent, nouveaux, sur les ruines de Jérusalem.

A nos trois groupes antérieurs, I, II, III, s'en adjoignent ainsi un quatrième et un cinquième, savoir :

IV. (Ezéchias-Josias),           Groupe religieux.

 V. (Joachaz-Sédécias,
     Captivité, Cyrus,          Groupe de destruc-
     Artaxerxès),               et de rénovation.
p. 435

346. Or il n'est pas possible en envisageant toute cette dispensation répartie en 5 phases (et nous retraçons ici la manière même dont une investigation progressive nous a présenté à nous-même cette matière), de ne pas la rapprocher du même mode de partage quintenaire appliqué, dans la prophétie de Jacob (voy. la Leçon XVII), à la période historique quinquaséculaire, ou temps de Daniel de 516 ans. La période, nous l'avons vu, est, dans cette Prophétie, propre au Peuple élu, et s'étend, à la fin des temps, de +1870 à +2386.

Dans cette vue, notre premier objet, doit être de voir si la dispensation présente I II III IV V mesure effectivement une période quinquaséculaire. Or on va constater qu'il en est bien ainsi, la période d'ailleurs étant en outre celle de 516 ans.

En effet, du centre

999 + 938
————————— = 968,5
    2

de la phase, ou Phase de Constitution, au centre

452,5

de l'année (− 453) d'Artaxerxès qui termine la phase V, il y a une durée

968,5 − 452,5 = 516.
p. 436

L'origine de la période est d'ailleurs directement reliée par un multiple de 12 à la construction du Temple (laquelle a duré 7 ans (I Rois VI, 37-38)) et de la Maison royale (qui dure ensuite 13 ans (I Rois VII, 1)) (13 = (Jéhovah)/2 le tout faisant 20 ans (I Rois IX, 10), de

− 1036 à − 1036 + 20 = − 1016) ;

car on a de cette construction achevée, − 1016, à la date − 968 :

1016 − 968 = 48 = 4 × 12 ;

(de la fondation − 1036 à − 968, on a 1036 − 968 = 68 = 2 × 34) ; et le fait est d'autant plus remarquable que le point chronologique limite 978 de la date 979 du 3e et dernier roi de la Phase I étant placé à distance

978 − 968 = 10 ans

du centre − 968, il s'ensuit que, de ce point − 978 au centre du bloc de 20 ans de la Construction, on a aussi 48 = 4 × 12 ans. C'est-à-dire, en d'autres termes, que les nombres centraux, − 968, et fin de la liste, − 978, de la Phase I de Constitution, repèrent un groupe distant de 4 × 12 du groupe de 20 ans de la Construction du Temple et de la

p. 437

Maison royale de Salomon, la liaison des groupes étant définie par les relations :

Constitution            Construction du Temple.
   (Phase I)               (Groupe de Salomon)
     ( 968 + 48 = 1016
20   ( 978 + 48 = 1026    1000 + (Jéhovah)    ) 20 ans
ans  ( 988 + 48 = 1036 ;

(Le premier multiple de 12 à partir de l'origine − 1036, conduit à − 1036 + 12 = − 1024 = 210).

347. Cette disposition donne du même coup, dans le Tableau XXVIII, sa signification, et assigne son ère chronologique, à cette « 36e année du règne d'Asa » (voir § 344), le représentant de Juda et le continuateur légitime de Salomon, où Bahasa, le représentant d'Israël (Israël et Juda désignant comme nous le redirons plus loin deux tendances sans cesse en lutte ; voy. I Rois XV, 16, 32), s'avance tout près de Jérusalem (à Rama) et y menace la puissance de Juda.

Bahasa construit sur sa position une forteresse, mais il est bientôt repoussé et son œuvre anéantie (I Rois XV, 17-22). Les commentateurs infèrent naturellement de la lecture de II Chron. XV, 19 et I Rois XV, 16 qu'une action offensive telle que celle-ci, étant donné l'état tendu depuis

p. 438

toujours existant entre les deux rois, n'a pu avoir lieu qu'après une longue période d'attente et les indécisions irritantes d'une fausse paix. Le règne de Bahasa se terminant avant celui d'Asa, la limite chronologique assignée à l'événement est donc la fin − 952 du règne de Bahasa. Or si nous fixons en ce point la fin des « 36 ans » qui se réfèrent dans le texte au règne d'Asa, nous leur découvrons pour origine une date, − 952 − 36 = − 988, qui se rapporte effectivement à Asa, car elle n'est autre que le correspondant de la Fondation − 1036 du Temple dans le système établi à la fin du § 346 précédent, et qui a pour centre le point limite − 978 déterminé par l'institution − 979 du règne d'Asa.

La raison d'être de la mention spéciale des 36 ans (cette référence qui constituait, d'après les commentateurs, une difficulté sans solution possible) est donc de nous donner un signe et une vérification de la réalité de la correspondance duodécimale que nous venions de découvrir (§ 346) entre la Phase I du Tableau XXVIII et le Bloc de construction du Temple, et nous lui reconnaîtrons plus loin (§ 352) une portée symbolique beaucoup plus profonde encore.

p. 439

348. Revenons à notre objet général. Nous venons d'établir un premier point, savoir (§ 346) que notre Tableau mesure une période historique de 516 ans.

Le second point est d'examiner si cette période de 516 est reliée à la période finale, 1870 à 2386, par un espace chronologique significatif. Or ce second point également se vérifie. La distance des deux périodes est exactement de

5 1/2 × 516 ans = 2838 ans.

On a en effet (voy. § 346)

− 968,5 + 2838 = + 1869,5 ou le centre de + 1870
− 452,5 + 2838 = + 2385,5 ou le centre de + 2386.

Enfin le système même des Phases I II III IV V de la période est repéré sur celui des 5 phases de Jacob (voy. Leçon XVII) par les traits suivants :

Le centre de I tombe, on vient de le voir, sur l'origine +1870 de la phase I de Jacob.

Semblablement IV et V sont en coïncidence avec IV et V Jacob. On a en effet :

⎧ IV Jacob,                    2080 à 2180 ; et
⎪        ⎧ Dispersion des 10 Tribus,   − 758 + 2838 = + 2080
⎨ IV    ⎨
⎪        ⎩ Josias                       − 659 + 2838 = + 2179,
⎩                                       nombre de Daniel*

    ⎧ 2178 ⎫
*   ⎨ 2179 ⎬ (Leçon X).
    ⎩ 2180 ⎭
p. 440

V Jacob, 2180 à 2386 ; et

V. { − 659 + 2838 = + 2179 (Josias)
   { − 452 + 2838 = + 2386

La phase III finit avec III Jacob, et commence au centre de II Jacob. On a

Fin de III Jacob, + 2080 ; et
Fin de III, Dispersion − 758 + 2838 = + 2080.

Centre de II Jacob, + 1937 ; et
Commencement de III, Centre d'Athalie
(904 + 898) / 2 = Jéhu, − 901 + 2838 = + 1937.

Il suit encore de là que

III se superpose à : III Jacob + (1/2 de II Jacob) et que

II + (1/2 de I) se superpose à (1/2 de II Jacob) + I Jacob.

(Le commencement de la phase II, Josaphat − 938, tombe exactement sur − 938 + 2838 = + 1900).

Le repérage de nos deux périodes, celle des Rois et celle du Peuple élu à la fin des temps, est donc, jusque dans le détail, entièrement systématique.

349. Dans le parallélisme des événements, l'objet capital qui domine la matière est, comme sans nul doute on l'aura déjà remarqué en con-

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sidérant le Tableau, la Seconde Venue, +2178-2180, signifiée par Josias (dont le nom même d'ailleurs rappelle celui de Jésus). C'est un signe extraordinaire en effet, quand on sait ainsi déjà par les nombres que Josias correspond à la Seconde Venue, de voir le texte parler explicitement de sa Pâque « telle que jamais semblable Pâque n'avait été célébrée », et de lui-même comme roi « tel qu'avant lui ni après il n'y en a point de semblable » ; cette déclaration ne peut évidemment s'appliquer qu'à Christ. Par conséquent notre Tableau offre une vérification aussi remarquable en elle-même qu'impressionnante par les paroles explicites du texte, de la détermination de l'époque de la Seconde Venue.

Les données désignent à cet égard Josias bien autrement encore. Sans parler (II Rois XXII, 1) de ce qu'il commence à régner à 8 ans, figuration des 8 périodes d'Adam à l'ère chrétienne, (Leçon III), — de ce qu'il règne 31 ans à Jérusalem, — signe de l'an +31 du Jubilé de Christ (Leçon X), — le texte, en conformité de la désignation de Josias comme type de Christ, l'annonce prophétiquement avec son nom dès le temps de Jéroboam, ou de la séparation des deux Maisons d'Israël et de Juda. C'est ce qu'on apprend en

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effet en I Rois XIII, 2 dans les paroles que l'homme de Dieu envoyé par l'Eternel prononce devant Jéroboam, paroles dont on voit l'accomplissement sous Joas en II Rois XXIII, 15 :

« Voici, un fils naîtra à la maison de David ; son nom sera Josias ; il immolera sur toi les sacrificateurs des hauts lieux qui brûlent sur toi des parfums ; et on brûlera sur toi des ossements d'homme ».

Pour la critique moderne, l'impossibilité de prédire trois siècles à l'avance le nom d'un homme et ses actes précis, ramène naturellement ici l'hypothèse du copiste qui, après Josias, a intercalé le nom, ou même introduit ou parfait aussi le passage. Nous nous bornerons à signaler à l'attention réfléchie de cette Critique les faits positifs suivants. Il y a de Jéroboam (− 999) à Josias (− 659) un espace chronologique égal à

999 − 659 = 10 × 34,

assez significatif (sans parler de sa relation avec Jéroboam, par le nombre 10 des Tribus d'Israël), de la Pâque, 34, de Christ ; et cet espace prophétique a pour centre

999 + 659
——————— = 829 (Hosias)
   2
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soit la date qui ici, par Hosias (Esaïe) marque l'apparition du Prophétisme en Juda. Bien plus, cette date est aussi le centre de la phase III, à laquelle elle appartient, phase centrale du Tableau XXVIII ; car par les nombres qui plus haut (§ 348) ont servi à repérer cette phase III, on a pour son centre, de centre à centre des limites

900,5 + 757,5
————————— = 829.
    2

Et si le fait de cet arrangement prophétique, évidemment indépendant du copiste postérieur à Josias, qu'invoque la Critique, ne suffit pas encore à celle-ci, en voici un dernier que nous lui présenterons sans nouveau commentaire.

Le prophète du temps de Jéroboam (− 999) annonce qu'il naîtra un fils à David et que ce fils sera appelé Josias. Or Josias ayant 8 ans quand il commence à régner, la date de sa Naissance annoncée par le Prophète est

− 659 − 8 = − 667.

L'espace qui s'écoule entre la prophétie et l'événement prédit est donc égal à

999 − 667 = 332 ;
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et dans ces conditions il est évident que si la valeur numérique du nom prédit était égale précisément à cet espace, ce serait (avec une nouvelle démonstration de la réalité de l'Ecriture chiffrée) la preuve éclatante de l'authenticité du passage incriminé et de l'absolue Inspiration de la Révélation. Or il en est ainsi. On a pour le nom « Josias »

(Josias) = 10 + 1 + 300 + 10 + 5 + 6 = 332.

Il est donc très certain que la Critique rationaliste a tort et que l'Inspiration a raison.

350. Si Josias est ainsi le signe de la Seconde Venue, la phase V qui, après cette Seconde Venue (de +2180 à 2386), se superpose à la phase V Jacob, correspond, d'après notre interprétation de l'Apocalypse (Leçon XII), à la période des Coupes et de l'établissement du Règne (avant le Millennium) ; et ses caractères, savoir une série de châtiments (Joachaz-Sédécias), suivie de celle des rétablissements (Cyrus-Artaxerxès), s'accordent avec cette signification parallèle. Ces deux termes composants de la phase, sont d'ailleurs séparés en ce qu'ils appartiennent respectivement à ses deux moitiés ; et le point de division, qui répond au centre +2283 de la phase

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V Jacob, est évidemment intentionnel, car on a

+2283 − 2838 = − 555,

nombre caractéristique du Fils de l'Homme (Matt. XXIV, 30). Il sépare effectivement la fin − 606 de Sédécias du commencement − 537, − 536, de Darius et Cyrus.

351. L'objet du parallélisme de la période des Rois et de celle dans laquelle nous vivons, dernière de l'Histoire, est évidemment, révélé qu'il est aujourd'hui seulement, avec ce parallélisme lui-même, de faire comprendre à l'Eglise de Christ, par la lecture directe du Livre, la signification des événements politiques et des dispensations spirituelles, dans les temps qui lui restent jusqu'au retour du Seigneur.

Dans cette vue, le Tableau XXVIII qui précède, dressé par la Parole de Dieu, est, dans l'acception matérielle la plus positive, un signe qui nous est donné.

En y cherchant la figuration des tendances de notre temps, nous reconnaissons par exemple d'emblée, dans les deux suites parallèles de Juda et d'Israël, les deux courants spirituels qui sollicitent actuellement le Peuple élu, savoir l'esprit de fidélité à la Parole de Dieu dont Juda est le

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gardien, et en Israël, comme autrefois, celui de la compromission avec l'idolâtrie, celle-ci aujourd'hui représentée par le Faux prophétisme romain. Sous cet aspect, l'état de guerre entre les deux est, pour Juda, le signe de la fidélité à Christ, l'état d'alliance au contraire celui de l'attirance vers les faux dieux ou le Prince de ce monde ; et on ne pourra s'empêcher de reconnaître à quel point, sous ce rapport, l'accord se signale, dans le commencement du Tableau, entre ce qu'il annonce et ce que, actuellement, nous observons.

352. Le point initial du Tableau marque, toujours par la distance de correspondance 2838 (§ 348) :

− 999 + 2838 = + 1839,

c'est-à-dire le règne, +1838, de Victoria. Cette dernière date chronologiquement en différence d'une unité, mais qui semble en elle-même (par son 838) le signe vérificatif de la durée de transport elle-même 2838, correspond en réalité non à − 999 mais à

1838 − 2838 = − 1000,

ou la dernière année de Salomon. Alors sont encore unis, quoique pour bientôt se manifester en

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s'opposant, les deux termes antagonistes qui nous préoccupent.

Suivons d'ailleurs ici la Chronologie en nous reportant à ce que nous avons vu plus haut de la correspondance entre la Phase de Constitution I de la période et le Bloc de construction du Temple et de la Maison royale de Salomon, lesquels désignent la Sacrificature et la Royauté en Juda.

Nous avons reconnu l'existence dans la Phase I du groupe de 20 ans

(A′)  − 988  − 978  − 968

correspondant (par 4 × 12) au bloc de 20 ans du Temple

(A)  − 1036  − 1026  − 1016.

La fin − 968 de (A′), centre de I, Tableau XXVIII correspond à +1870. Le commencement − 988 de (A′) correspond donc à +1850, (centre du XIXe siècle), époque qui se trouve ainsi désignée dans l'économie actuelle comme fondamentale, et qui, dans la dispensation spirituelle du Peuple élu d'aujourd'hui, ou dans la lutte des deux esprits de Juda et d'Israël, a en effet une signification bien marquée, car cette année +1850 est celle du rétablissement de la Hiérarchie catholique en

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Angleterre ; et si l'on se souvient (§ 347) que cette date +1850 (− 988) est l'origine des 36 ans qui conduisent Bahasa (Israël) à la construction de sa forteresse contre Jérusalem, on découvrira le sens figuratif profond que nous avions annoncé (§ 347) s'attacher à leur spécification particulière dans l'Histoire des Rois. Si l'on identifiait leur accomplissement avec le fait historique actuel même que nous venons de rappeler, ils auraient alors pour origine +1814, ou le correspondant de − 1024 (= 210) (− 1024 + 2838 = + 1814) ; époque évidemment caractéristique aussi dans l'évolution des influences, et l'interversion des rôles entre le monde latin et le monde germain et anglo-saxon (1813, Leipzig ; 1814, Alliés à Paris ; 1815, Waterloo).

En dehors de cette analyse du détail, quelle appréciation d'ensemble convient-il d'ailleurs de porter, quant à la tendance caractéristique moyenne de la Phase I de Constitution (− 999, − 938 ; +1839, +1900) ?

Nous pensons que si l'on devait désigner par un seul qualificatif l'état spirituel qui la définit en Angleterre, il faudrait, sans aucun doute, en présence de l'intense et profond mouvement évangélique qui l'a marquée, et en dépit de

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quelques compromissions déjà funestes, se prononcer, avec le Tableau XXVIII, et en y constatant l'état de guerre avec Israël, pour la fidélité.

353. Par contre, et en continuant cette enquête, il n'est pas moins certain que les temps ont fortement changé, depuis (voy. le Tableau XVIII) qu'avec Josaphat - 938 (son 38 étant de nouveau significatif, et correspondant à - 938 + 2838 = + 1900), on observe tous les signes précurseurs d'une intime union par compromission avec l'idolâtrie et les impiétés d'Achab, et que l'Elie de la Parole parle dans le Désert. Cet état des esprits vérifie que nous sommes bien entrés aujourd'hui dans la Phase II. C'est exactement au centre de ce règne d'Achab,

- 926 + 2838 = + 1912,

qu'en 1911 a disparu, dans le serment des rois, la réprobation de l'idolâtrie de la Vierge et des Saints et du Sacrifice de la Messe, négation du Sacrifice de Christ, et trafic de son sang ; qu'en 1913 (au moment même où nous écrivons ceci) vient de se consommer virtuellement, par le vote du Home Rule irlandais, la sanction du pouvoir politique du Faux Prophète romain sur la Terre d'Israël.

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354. A côté du mouvement religieux proprement dit, les nombres du tableau sont tout aussi bien destinés à nous faire retrouver dans les événements externes l'accomplissement des promesses temporelles relatives au Peuple élu. Nous venons de voir l'origine de notre Tableau se retrouver dans l'inauguration d'un règne, universellement connu comme marquant aussi dans l'Histoire, l'initiation de l'Angleterre à son action dominatrice mondiale ; et, à la fin de ce Tableau, nous avons reconnu, dans le règne de Josias, le signe d'un événement destiné, au cours de la vie de ce Peuple élu, à transformer, d'une manière dont la profondeur et les moyens concrets nous échappent encore, les conditions sociales et spirituelles de la vie de l'Humanité.

Il est tout près de nous, ressortissant à l'ordre politique actuel, un événement capital dans l'Histoire visible de Juda, c'est-à-dire dans l'existence de ceux que le monde appelle aujourd'hui les Juifs, sur lequel, vu cette proximité, il y a ici un intérêt plus immédiat à attirer l'attention. Il s'agit sur ce terrain politique, du rapprochement ou de l'union de l'Angleterre (ou en général des Anglo-Saxons) et des Juifs, rapprochement que paraît clairement signifier,

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dans la phase d'Alliance II, un trait, déjà remarqué plus haut (§ 345) ; celui (voy. Tableau XXVIII) de l'identité qui, par l'identité du nom commun et de la date commune, s'établit, sous le signe Joram - 913, entre Juda et Israël, et par conséquent, dans la correspondance historique, entre les Juifs et l'Israël Anglo-Saxon.

Or cette date - 913 est en effet, par correspondance, très près de nous ; car on a

- 913 + 5 1/2 × 516 = - 913 + 2838 = + 1925,

ou, si nous calculions la correspondance par la période physique 515,165 (voy. Leçon IV), ce qui donnerait un résultat encore moindre :

- 913 + 5 1/2 × 515,165 = - 913 + 2833,4075
= + 1920,4075 ou, chronologiquement, + 1921.

Telle est donc une époque rapprochée pour laquelle la Parole de Dieu, d'accord avec l'invitation de Jésus-Christ (Matt. XVI, 3 ; XXIV, 3, 6, 14, 25), nous enseigne à observer avec attention les signes des temps. Mais il y a plus, et elle appuie ici par d'autres traits précis et remarquables.

S'il s'agit de la réunion d'Israël et de Juda, il est présumable que, dans un tout ordonné tel que l'Ecriture jusqu'ici se révèle, tant l'époque ac-

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tuelle qui vient d'être ainsi désignée que celle - 913 elle-même, se trouveront reliées d'une manière significative avec l'époque - 999 où Juda et Israël se sont séparés. Or, comme on va le reconnaître, c'est en effet ce qui a lieu.

Tout d'abord la réunion - 913 est à distance de la séparation - 999 de

999 - 913 = 86 = (Elohim) = 516/6

et l'on a, d'autre part, entre la séparation initiale - 999 et la réunion définitive supposée, +1921, +1925, l'espace chronologique :

999 + 1921 = 2 × 1460 = (2.2.2.) × 365.

999 + 1925 = 2 × 1462 = (2.2.2.) × (365 + 366)/2

ou encore, par la moyenne +1923 des deux limites 1921, 1925 :

999 + 1923 = 2 × 1461 = (2.2.2.) × 365,25   (valeur
                                       usuelle de l'année).

Ces relations paraissent bien exprimer, par leur mesure de 2 périodes sothiaques, qu'il s'agit de la réunion de deux termes ; et, par la triple répétition du signe d'union 2 et les évaluations canoniques de l'Année solaire, Christ étant le Soleil

p. 453

de Justice, que sur toute cette économie repose le Sceau de la Grâce de Dieu.

Cette dernière réflexion est d'ailleurs d'autant mieux confirmée qu'entre les limites extrêmes de l'ensemble précédent, savoir - 999 et +1925, la durée écoulée est aussi égale à

86 × 34      (= 34 × 516/6 )

ou

34 × (Elohim),

et que de - 999 à +34, il y a, de centre à centre des années,

998,5 + 33,5 = 1032 = 2 × 516 = 12 × 86.

Le premier de ces 12 (Elohim) conduit précisément au centre de notre - 913 (999 - 86 = 913) ; il suit encore (ce que nous avons déjà vu, § 341) que, - 913 marquant l'enlèvement d'Elie, on a, de cet Enlèvement à l'Ascension de Christ :

912,5 + 33 1/2 = 11 × 86,

Enfin le nombre +1925, compté à partir de Christ, est en lui-même aussi bien remarquable pour exprimer une alliance humaine sous l'assistance divine, car il est égal à

1925 = (5.5.) × 77.
p. 454

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

355. Ces déterminations se présentent à nous comme d'autant plus probantes que déjà, (il y a vingt ans, dans la Concordance), nous avions reconnu l'emploi fait par la Bible de la période sothiaque pour relier la dispersion d'Israël à sa réapparition dans l'Histoire sous la forme de l'Heptarchie anglo-saxonne. Il s'agit, au Chap. XI de l'Apocalypse, de la mesure du Temple de Dieu et des 42 mois = 42 × 29 1/2 = 1239, qui, comptés à partir de l'ordre de rebâtir le Temple (Edit de Cyrus, - 536), conduisent, en - 536 + 1239 = + 703, au centre de l'Heptarchie. Or cette date 703 est distante de la Dispersion - 758 d'Israël d'une période sothiaque de 1461 = 4 × 365 1/4 ans ; on a

758 + 703 = 1461.

A partir de là, les 1260 ans du verset (Apoc XI, 3) conduisent à 703 + 1260 = 1963, ce qui est la fin de la phase II Jacob (§ 288) ; et si l'on comprenait dans les 1260 les 3 1/2 jours = 3 1/2 × 12 = 42 après lesquels (en appliquant le verset Apoc. XI, 11) les Témoins en + 703 « se tiennent sur leurs pieds », — ce qui revient à compter, les 1260 à partir de + 703 - 42 = 661, date de la lutte de l'Eglise anglo-saxonne contre les émissaires du

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Faux Prophète romain, — on arrive, puisque 1260 - 42 = 101 1/2 × 12 = 1218, à

703 + 1218 = + 1921,

c'est-à-dire exactement à notre date la plus rapprochée de la réunion effective de British-Israël et des Juifs.

La possibilité de la détermination prophétique d'un événement politique est d'ailleurs prouvée, non seulement par le fait qu'en se plaçant dans le passé, par exemple au temps de Daniel, on voit des nombres précis repérer des événements qui sont aujourd'hui les points de pivot de l'Histoire générale (par exemple Constantin et Charlemagne, le Concile de Nicée et le Traité de Verdun), et de ce que dès lors on connaissait donc virtuellement l'Histoire exacte, mais en ce que, de nos jours, tout près de nous, nous voyons des hommes être amenés à prévoir pour telles époques tels événements qui ont en effet déjà répondu à l'appel, et cela par la considération isolée d'éléments dont la Mathématique biblique est venue ensuite constituer la synthèse. C'est ainsi que Brück, par la seule vue générale de l'évolution historique, écrivait de 1860 à 1864 (L'Humanité, t. I, p. 386 ; Paris, Bruxelles, 1866) :

p. 456
« Nous sommes au centre de l'époque de reconstitution de l'Europe. Ce travail, — s'il voit le jour, — a été commencé au début de la période quadriennale centrale de l'époque (1860) et paraîtra peut-être à la fin de cette période (1864).
Dans douze ans la nouvelle Europe doit être fondée ou constituée. »

Et (ibid. p. XXXII) parlant à la France :

« Tu es encore formidable aujourd'hui, mais songe à la loi ; nul peuple ne vivra comme peuple chef beaucoup au delà de mille trente deux ans ; tu es né en 843 du partage de l'empire franc à Verdun ; nous sommes en l'an de grâce 1862 : tu as donc vécu mille et dix-neuf ans ; fais ton compte ».

Il annonce donc ainsi en fait l'époque 1870, depuis assez connue de la génération actuelle, et que, dès l'origine, par la Bible, on aurait pu prévoir également en tant que fondamentale et de premier ordre, puisque, partant d'Adam - 4184, on obtient par 18 × 365 la limite chronologique +2386, et que ce nombre marque la fin du temps 516 de Daniel (période de Brück) dont l'origine est 2386 - 516 = 1870.

Semblablement, dans Our Inheritance (4e Edition, 1880) P. Smyth prévoit un événement his-

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torique décisif pour 1882, sans connaître ni la loi de Brück ni les périodes de la Bible, mais au moyen de données qui se rattachent au système biblique, (données dont, dans l'ordre de notre recherche rationnelle nous ne pourrons traiter qu'ultérieurement). « Ainsi » dit-il « quelque chose semble devoir arriver à ce point particulier du temps, et il est beaucoup plus aisé de dire ce qu'il ne sera pas que ce qu'il sera. Ce n'est pas, par exemple, « la fin du monde »… Et ce n'est pas non plus la Seconde Venue de Christ, ni le Millennium, etc. ». Or cette date 1882 a été en effet assez marquée dans l'Histoire, puisqu'elle y a repéré d'une manière aussi brusque qu'imprévue, l'établissement des Anglais en Egypte, c'est-à-dire le retour en Egypte d'Israël, 5 périodes de 528 ans après sa Dispersion en - 758.

- 758 + 5 × 528 = + 1882. Par cette dernière donnée

aussi on aurait pu prévoir, pour cette époque, non seulement un événement remarquable, mais que cet événement concernerait British-Israël.

C'est semblablement enfin qu'en 1910, nous-même avions signalé 1911 comme date remarquable en rapport avec la date de Daniel +327 origine de ses périodes, puisqu'elle en est distante de 3 × 528 ans [voy. le Vol. I des Leçons,

p. 458

p. (81) (193)], et que, depuis, son caractère prévu s'est en effet réalisé par l'apostasie du peuple, désavouant officiellement devant le Faux Prophète romain, par la bouche du Roi d'Angleterre, la condamnation solennelle, jusque là portée devant le monde, de l'idolâtrie et du Sacrifice sacrilège de l'Imposture catholique.

[Enfin, depuis les événements actuels (1914-1917), nous pouvons citer encore la détermination 1914-15 établie par nous dès 1907 dans notre analyse du Livre d'Esaïe, au sujet des Ch. 15-16 qui concernent la Belgique (Moab), relativement à l'invasion de la Belgique par l'Allemagne et à la nécessité pour elle de s'appuyer sur l'Angleterre. (On a 1914 + 528/2 = 2178). (Passage ajouté en 1917 au Manuscrit de 1913)].

D'après tout cela, il n'est donc nullement téméraire d'attendre pour l'époque 1921-1925, si nettement repérée par les données bibliques qui viennent maintenant de nous occuper, un événement caractéristique aussi, indiqué d'ailleurs ici, avec non moins de précision, comme devant concerner la situation respective d'Israël et de Juda, des Anglo-Saxons et des Juifs (1).

(1) La réalisation, c'est le Rétablissement actuel des Juifs en Palestine (Sionisme) sous l'égide de l'Angleterre et des Etats-Unis. (Note ajoutée en 1922 au Manuscrit de 1913).

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356. Nous venons de démontrer le caractère systématique des Livres des Rois et des Chroniques par la considération des durées et des dates de règne des rois d'Israël et de Juda, et aussi par les références qu'établit le texte entre leurs deux listes chronologiques. Cela nous a permis non seulement d'écarter un obstacle qui s'opposait à la foi dans l'Inspiration plénière de l'Ecriture, mais d'apporter à cette Inspiration une de ses preuves les plus convaincantes.

Il nous reste, pour parfaire dans cet ordre notre tâche et achever de déblayer le terrain, à parler de quelques difficultés critiques qui existent encore, et qui proviennent de la mention dans nos documents des âges auxquels les rois commencent à régner. De ces données on peut déduire aussi les durées de la vie des rois et les âges auxquels ils engendrent leur successeur.

357. Il n'est pas inutile avant cela, pour faire apprécier la validité des tendances de la Critique moderne qui, en présence d'éléments d'admission difficile ou en apparence contradictoires, c'est-à-dire en présence de faits qu'elle ne peut expliquer, s'arroge la liberté de modifier convenablement dans l'Ecriture ces éléments récalci-

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trants, de signaler par quelques traits précis sa manière de procéder.

Un exemple en est donné, au sujet des âges de procréation, par le nombre de 11 ans attribué à Achaz quand il engendre Ezéchias. Dans la Bible annotée de Neuchâtel, après cependant qu'on y a reconnu qu'en Orient la puberté est parfois extraordinairement précoce (« On voit parfois en Orient des jeunes garçons de 12 ou 13 ans se marier et épouser des filles de 9 à 10 ans ») (1), le commentaire se rallie à l'idée qu'une erreur de copiste a, au lieu de 25 ans d'Achaz au commencement de son règne, écrit 20 ans, ce qui changerait les 11 ans de procréation en 16 ans. Or il est évident que si l'auteur de ce commentaire avait connu le tableau que nous allons dresser plus loin (Tableau XXXI), où ces 11 ans apparaissent exacts tant par leur position systématique dans l'ensemble des autres nombres que par leur intervention nécessaire dans le caractère numérique systématique de la somme des âges, il n'aurait pu, avec cette liberté d'indifférence pour le texte, modifier, et d'ailleurs sans y être contraint par l'argument d'impossibilité physiologique, une donnée de l'Ecriture.

(1) Chez les Hébreux l'âge officiel de la puberté était de 13 ans 1/2 ; chez les Romains, de 15 à 17 ans.

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Une réflexion analogue se présente au sujet de deux discordances numériques apparentes entre les Rois et les Chroniques, discordances qui, par leur caractère systématique se changent au contraire en nouvelles confirmations.

Ces deux discordances apparentes sont les suivantes :

1° Les Rois donnent à Achazia quand il commence à régner, 22 ans ; les Chroniques lui en donnent 42.

2° Les Rois donnent à Joakin quand il commence à régner 18 ans ; Les Chroniques lui en donnent 8.

Pour le 1° la Critique change les 42 ans des Chroniques en 22 ans ;

pour le 2°, les 8 ans des Chroniques en 18, en supposant en tout cela, pour toute explication, dans les Chroniques « des fautes de copiste ».

Il n'est nullement oiseux d'ailleurs de se rendre compte par soi-même de ce en quoi auraient pu consister ces erreurs de copiste dont on fait un si fragile usage ; cette simple constatation démontrera leur improbabilité.

Le premier de nos deux exemples de transformation des données par la Critique, celui du 22

p. 462

en 42, consiste à écrire au lieu du mot vingt de II Rois VIII, 26,

עשרים

le mot quarante de II Chr. XXII, 2, savoir

ארבעים

Ces deux mots n'ont, on le voit, aucune ressemblance figurative. Le second exemple consiste à écrire, au lieu du dix-huit de II Rois XXIV, 8,

שמנה      עשרה

le huit de II Chr. XXXVI, 9

שמנה

Ici l'erreur de copie consisterait d'abord à copier inexactement le premier mot (l'hébreu s'écrit de droite à gauche), ensuite à supprimer totalement le second. On voit que cela est singulièrement différent du simple lapsus consistant à écrire « 8 » au lieu de « 18 », surtout si l'on tient compte du soin méticuleux, du respect, pour parler comme aujourd'hui, superstitieux, avec lesquels les Juifs abordaient l'Ecriture.

358. Tout ceci dit pour mémoire, mais croyons-nous, non inutilement, laissons, suivant une méthode rationnelle, parler le document lui-même. Comme nous le disions en commençant le sujet, nos nouvelles données sont les âges des rois au

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commencement de leur règne. Ces données, la Bible ne les fait d'ailleurs connaître que pour les rois de Juda. On les trouve rassemblés dans le Tableau suivant.

TABLEAU XXIX.

AGES DES ROIS QUAND ILS COMMENCENT A RÉGNER.

                                Rois            Chroniques

                          I Rois          II Chr.
Roboam, fils de Salomon   XIV, 21    41    XII, 13    41
Abija, fils de Roboam       »         »      »         »
Asa, fils d'Abija           »         »      »         »
Josaphat, fils d'Asa      XXII, 42   35    XX, 31     35

                          II Rois

Joram, fils de Josaphat   VIII, 17   32    XXI, 5, 20   32
Achazia, fils de Joram    VIII, 26   22    XXII, 2      42

Athalie, mère d'Achazia     »         »      »          »
Joas, fils d'Achazia      XI, 21      7    XXIV, 1       7
Amatzia, fils de Joas     XIV, 2     25    XXV, 1       25
Hosias, fils d'Amatzia    XIV, 21
                          XV, 2      16    XXVI, 1, 3   16
Jotham, fils de Hosias    XV, 33     25    XXVII, 1, 8  25
Achaz, fils de Jotham     XVI, 2     20    XXVIII, 1    20
Ezéchias, fils d'Achaz    XVIII, 2   25    XXIX, 1      25
Manassé, fils d'Ezéchias  XXI, 1     12    XXXIII, 1    12
Amon, fils de Manassé     XXI, 19    22    XXXIII, 21   22
Josias, fils d'Amon       XXII, 1     8    XXXIV, 1      8
Joachaz, fils de Josias   XXIII, 31  23    XXXVI, 2     23
p. 464
Joakim, fils de Josias
   II Rois XXIII, 34 ;    XXIII, 36   25    XXXVI, 5    25
   frère de Joachaz
   II Chr. XXXVI, 4

Joakin, fils de Joakim
   II Rois XXIV, 6        XXIV, 8     18    XXXVI, 9     8
   II Chr. XXXVI, 8

Sédécias, oncle de Joakin
   II Rois XXIV, 17 ;     XXIV, 18    21    XXXVI, 11   21
   frère de Joakin
   II Chr. XXXVI, 10

Pour la filiation de Sédécias, voir : I Chr. III, 15, 16.

Fils de Josias : Jochanan, Jehojakim, Sédécias, Shallum (Joachaz Jér. XXII, 11).

Fils de Jehojakim : Jechonias, Sedécias, (Jechonias = Joakin) (Jér. XXII, 24).

Le Tableau mentionne une divergence entre les Livres des Rois et les Chroniques au sujet de la filiation de Sédécias, Sédécias étant, d'après les Rois (II Rois XXIV, 17), l'oncle de Jéhojachin, et les Chroniques paraissant dire (II Chr. XXXVI, 10) qu'il est son frère.

Certaines traductions rendent ici le mot hébreu אח (de II Chr. XXXVI, 10) par l'acception plus large qu'il a aussi de « parent, parent rapproché » ; et c'est même ce qui permet à la

p. 465

Vulgate de restituer au lieu de « frère » la traduction « oncle » des Rois. Mais, sans recourir à cette extension, il y a, semble-t-il, une explication bien simple, dans le fait spécifié en II Rois XXIV, 17, que lorsque Nébucadnetsar établit un roi à la place de Jéhojachin, il choisit Matthania, mais en changeant son nom en celui de Sédécias ; cela évidemment parce que, (I Chr. III, 16) Jéhojakim ayant eu deux fils, Jéhojakin et Sédécias, celui qui aurait dû succéder à Jéhojakim était son frère Sédécias. Ainsi quand dans II Chr. il est dit que Nébucadnetsar mit à la place de Jéhojakin, Sédécias son frère, il s'agit bien du frère de Jéhojakim, mais qui, sans doute trop jeune, a pour remplaçant son oncle Matthania ; et celui-ci, à cause précisément de cela, a reçu ensuite naturellement le nom de son neveu. Il n'y a donc en réalité dans ces passages comparés aucune difficulté.

Cela posé, ayant : A, la durée du règne du roi ; B, son âge en commençant à régner, on obtient par C = A + B, sa durée de vie biblique, c'est-à-dire limitée dans la Bible : ou par sa mort, ou, comme à la fin du Tableau, par la captivité. La durée de vie est ainsi donnée, par la Bible, pour 17 rois de Juda, dans le Tableau suivant.

p. 466

TABLEAU XXX.

DUREE DE LA VIE DES ROIS (C = A + B)

                              | Livres des Rois | Chroniques
Roboam                        |       58        |    58
Josaphat                      |       60        |    60
Joram                         |       40        |    40
Achazia                       |       23        |    43
Joas                          |       47        |    47
Amatzia                       |       54        |    54
Hosias                        |       68        |    68
Jotham                        |       41        |    41
Achaz                         |       36        |    36
Ezechias                      |       54        |    54
Manassé                       |       67        |    67
Amon                          |       24        |    24
Josias                        |       39        |    39
Joachaz (Captif de Neco,      |       23        |    23
    et mort en Egypte).       |                 |
Joakim                        |       36        |    36
Joakin (Captif de Nébucadnetsar|      18        |     8
    et Evil Mérodac à Babylone).|                |
Sédécias (Captif de Nébucadnetsar|     32        |    32
    à Babylone).              |                 |
                              |─────────────────|───────────
Somme des durées de vie des rois | 720 = 2 × 360 | 730 = 2 × 365

Ce Tableau résout en une fois nos deux difficultés. Il prouve que les divergences entre les âges B de commencement de règne des Rois et des Chroniques sont, non des erreurs, mais des éléments voulus et systématiques, puisque ces âges B ajoutés aux durées de règne A (d'ailleurs

p. 467

ici et là, Rois et Chroniques, les mêmes) donnent pour les sommes des durées de vie C des 17 rois, les deux résultats canoniques conjugués

2 × 360    et    2 × 365.

Les deux nombres 42 et 8 des Chroniques (Tableau XXIX) qui interviennent dans le Tableau XXX ne se démontrent d'ailleurs pas moins intentionnels, si on les prend individuellement. Ils sont l'un et l'autre messianiques.

Les 42 ans d'âge d'Achazia au commencement - 905 de son règne, conduisent à l'origine

- 905 - 42 = - 947 [ - 999 + 2 × (Jéhovah) ],

qui donne

- 947 + 34 = - 913 (Enlèvement d'Elie) ;

c'est-à-dire qu'ils repèrent à son origine le groupe messianique des 33 1/2 ans (voy. le Tableau XXVI relatif à Elie) de la mission d'Elie.

Pour Jehojakin, les 8 ans d'âge des Chroniques appellent d'eux-mêmes l'attention sur ce même âge 8 d'avènement, unique dans toute la liste des Rois, et propre à Josias, type de Christ. Or ils conduisent, en deçà de l'avènement - 617 de Jehojakin, à

- 617 - 8 = - 625 = - 25 × 25,
p. 468

c'est-à-dire à une distance de l'avènement - 659 de Josias, égale à

659 - 625 = + 34 ;

et comme, de centre à centre d'année, il y a de cet an - 659 de Josias à l'an + 2180 de la Seconde Venue un espace

658,5 + 2179,5 = 2838 = 5 1/2 × 516,

il s'ensuit qu'à partir de l'origine indiquée - 625, les mêmes 2838 ans = 5 1/2 × 516 mesurent au-delà de Christ les deux Venues, car on a

- 624,5 + 2838 = 2213,5 = 33 1/2 + 2180.

Quant à la raison d'être de cette connexion entre Jéhojakin et Christ, elle est très simple ; à savoir que c'est par Jéhojakin, le Jéchonias de la Généalogie de Matt. I (I. 11), que Jésus descend de la Maison royale de Juda.

359. Toutes nos données bibliques immédiates étant, par ces résultats systématiques, démontrées intentionnelles et exactes, d'autres données médiates qui en dérivent par des conditions nécessaires doivent l'être également. Or parmi ces dernières figure, dans la liste des âges auxquels les rois engendrent leurs successeurs, cet âge de 11 ans auquel Achaz est dit avoir engendré Ezé-

p. 469

chias, et qui constitue, sinon une difficulté dirimante, du moins, nous l'avons signalé en commençant cet examen (§ 357), une objection dont la Critique fait état contre l'exactitude du texte sacré. Nous allons reconnaître par ce dernier exemple qu'ici encore les nombres se défendent eux-mêmes, et que cette Critique est dans l'erreur.

Laissant les Chroniques, dont les divergences avec les Livres des Rois ont été expliquées, suivons ces Livres des Rois. A + B étant la durée de la vie d'un roi ; B′, l'âge de son fils qui lui succède, à l'avènement de ce fils ; l'âge C où le père a engendré le fils est donné par

C = (A + B) - B′.

Les valeurs de C sont de cette manière connues pour une série de rois que mentionne le tableau suivant, au sujet duquel nous n'avons qu'à ajouter une seule observation explicative relative à Josias. Josias est le père des trois rois (1, 2, 3) :

1. Joachaz, qui lui succède ; durée de règne A1 (3 mois) B′1 = B1 = 23

2. Jehojakin, successeur, A2 = 11 ans, B′2 = 25 (Jéhojakin, successeur) A3 (3 mois)

3. Sédécias, successeur, A4 = 11 ans, B′4 = 21.

p. 470

On aura donc pour les trois C1, C2, C3 de Josias :

(Joachaz)  C1 = (A + B) - B′1
(Jehojakin) C2 = (A + B) - B′2
(Sédécias) C3 = (A + B + A2) - B′4.

On obtient ainsi le tableau qui suit :

TABLEAU XXXI.

AGES AUXQUELS LES ROIS ENGENDRENT LES SUCCESSEURS.

      Rois              |  Ages  |          Sommes progressives
 1. Josaphat            |   28   |               28
 2. Joram               |   18   |               46
 3. Achazia             |   22   |               68
 4. Joas                |   22   | (7) Somme = 16 × 12    90
 5. Amatzia             |   38   |              128
 6. Hosias              |   43   |              171
 7. Jotham              |   21   |              192
 8. Achaz               |   11   |              203 = 7 × 29
                        |        |                  = 7 × P11
 9. Ezéchias            |   42   |              245
10. Manassé             |   45   |              290
11. Amon                |   16   |              306
12. Josias (Joachaz)    |   16   | (7) Somme = 15 × 12   322
       (Jehojakin)      |   14   |              336
       (Sédécias)       |   29   |              365 = 365
13. Jehojakim (Jehojakin)|  18   |              383 = P77

La somme des deux groupes de 7, encadrant Achaz, est égale à 12 × 31 = 12 × P12.

Ce tableau est remarquable par les traits principaux suivants :

p. 471

Achaz, dont le mariage à 11 ans a précisément donné lieu à la présente recherche, est placé au centre du tableau, le nombre 11 discuté s'y trouvant entre deux groupes de 7 termes qui ont pour somme : le premier, 16 fois 12 ; le second, 15 fois 12 ; et, par conséquent, pour somme globale, 31 étant le 12e Nombre premier, 12 fois P12. Le nombre des rois procréateurs correspondants est d'ailleurs lui-même égal à 12.

Quant au nombre 11 pris en lui-même, il est de nouveau affirmé en ce que le nombre qui lui correspond dans la liste des sommes progressives des âges de procréation (dernière colonne du tableau) est égal à 203 = 7 fois P11.

Le tableau est partagé en un groupe de 12 premiers termes suivi d'un 13e (13 = (Jéhovah) / 2)

Cela est marqué : d'abord en ce que, par ses trois fils, le 12e terme, ou Josias, atteint, par Sédécias, la fin des rois de Juda ; ensuite, parce que, dans la suite des sommes progressives, il y a 14 = 2 × 7 nombres communs suivis d'un dernier nombre, celui-ci, nombre premier, et par conséquent, comme tel, unique dans toute la liste. Le doute enfin n'est plus permis quant à la réalité intentionnelle de ce partage, si l'on fait attention que p. 472 la somme progressive est, pour les 14 = 7 + 7 premiers termes (Colonne des âges) égale à 365, et que le Nombre premier qui suit et termine la liste est P77. Cette dernière circonstance découvre, ou vérifie (car on pouvait déjà l'inférer, dans la liste des rois, du seul fait que le dernier de la liste, Jéhojakim, engendre Jéhojakin ou Jéchonias duquel descend Jésus), que la raison du partage dont il s'agit est précisément ici de signifier la Venue de Christ en affirmant, dans cette question de génération humaine, par une mise à part, sa Naissance surnaturelle par le Saint Esprit.

360. Il nous importe de constater, en terminant cette étude systématique de nombres, sa portée dans la détermination du choix à faire, qui est aussi le nœud de notre situation morale, entre le point de vue rationaliste et moderniste de la Critique et celui du Christianisme orthodoxe ; entre la conception, dans l'Univers, de l'ordre naturel, c'est-à-dire de lois constantes abaissées au niveau fini de notre intelligence actuelle, ou de l'existence d'un ordre surnaturel dont la formule la dépasse infiniment, et dont il ne lui est permis que de constater analytiquement des faits de détail.

p. 473

La réponse très nette, donnée ici par des preuves flagrantes de l'Inspiration de la Bible, décide pour l'ordre surnaturel, et doit suffire au sens scientifique. Elle engage aussi bien, dans le point de vue chrétien le plus étroit, la solution du problème vital de l'Eglise au temps présent, savoir la possibilité d'une croyance positive réellement sincère aux paroles et à la vie surnaturelle de Jésus-Christ. La certitude dépend en effet ici de l'intégrité d'Inspiration de la Bible, à laquelle sans cesse Jésus-Christ a rendu témoignage; et pour la première fois, par des preuves multiples et indépendantes, cette intégrité se justifie merveilleusement pour nous. Ainsi ces nombres, que beaucoup, dans une vue superficielle, n'estimeront que sujet de curiosité, apportent en réalité, osons le dire, la libération des âmes. On les oubliera peut-être ces nombres; mais on n'oubliera plus jamais Jésus-Christ et le roc de sa Parole qu'ils auront fait trouver. Qu'on les considère comme des ponts de neige, soit; mais cela importe peu, si, tout en s'écroulant sous les pas du voyageur spirituel, ils lui font atteindre les plus hauts sommets des montagnes.

[page blanche — scan 00537]

p. 475

VINGTIEME LECON

LES MAISONS D'ISRAËL ET DE JUDA DEPUIS LA DISPERSION ET LA CAPTIVITÉ

361. L'examen chronologique que nous venons de faire des Livres des Rois et des Chroniques, quelque importance décisive qu'il faille lui attribuer n'est qu'une digression dans l'ordre normal d'une exposition qui prenait pour axe directeur la succession des grands événements de la vie d'Israël et de Juda. Au moment où cette digression s'est imposée à notre étude, la vue historique proprement dite nous avait conduits jusqu'à l'époque mémorable du VII-VIIIe siècle avant Jésus-Christ, où Israël d'une part, d'une autre Juda, sont : l'un dispersé en Assyrie pour disparaître dans l'Histoire, l'autre emmené captif à Babylone.

La destinée d'Israël et de Juda est, par manière de dire, la raison d'être, en tout état de p. 476 cause le point culminant de la Prophétie de Jacob étudiée dans notre Leçon XVII et qui embrasse notre sujet. Un objet capital de cette Prophétie est de nous éclairer au sujet de l'état futur d'abaissement qui affectera les deux parties du Peuple élu, et de nous déclarer solennellement qu'en dépit des apparences, des siècles qui passeront, les promesses cependant sont fermes, les deux Témoins se relèveront et réapparaîtront puissants dans l'Histoire. Ainsi le Sceptre semble, avec Sédécias, être arraché à Juda : et Jacob néanmoins déclare que le Sceptre ne sera pas ôté à Juda et qu'il subsistera en lui jusqu'à la fin des temps ou à la Seconde Venue. La Maison d'Israël tout entière semble noyée par la Dispersion dans la mer des peuples, perdue à jamais : et Jacob annonce que, malgré cette annihilation apparente de Joseph par les Assyriens, son Arc est demeuré ferme, et qu'il réapparaîtra sous la forme d'une puissance mondiale, couronnement de l'Histoire.

Cette grande Prophétie, placée au seuil de la Bible, ne se contente d'ailleurs pas de prémunir le Peuple élu contre le découragement par la simple assurance générale d'un relèvement ; de ce relèvement elle définit les moyens et les re- p. 477 pères historiques ; et avec une précision telle que, sous nos yeux, elle identifie (voir notamment §§ 277-279) avec la Puissance des Anglo-Saxons : « les enfants de Juda et les enfants d'Israël unis sous un seul chef » (Osée I, 11), « les deux familles qui formeront toujours une nation » (Jér. XXXIII, 24), « les exilés d'Israël et les dispersés de Juda, rassemblés des quatre bouts de la terre » (Es. XI, 12).

Au regard de notre point de vue analytique, et dans la réalité profonde du sujet, la destruction historique d'Israël et de Juda, bien loin de nous désemparer au point de vue de la destinée du Peuple élu, est donc au contraire, considérée comme une vérification de la Prophétie, une preuve et un précieux élément de connaissance ; cela qui s'est déjà réalisé nous confirme la vérité du reste que nous attendons encore ; et bien loin de conclure avec quelques-uns qu'aujourd'hui l'Histoire a démenti l'Écriture, nous estimons au contraire que c'est pour ne pas regarder à l'Écriture que l'Histoire elle-même ne voit pas clair aujourd'hui dans son propre plan.

Quant à la raison d'être de cette disposition, qui substitue à des indications positives externes et notoirement reconnues de l'Histoire la con- p. 478 naissance positive de la Prophétie et la vue de son accomplissement, elle se trouve dans l'ordre caché par lequel il n'est parlé au monde qu'en paraboles (Luc. VIII, 10), le « voile qui couvre la face de tous les peuples, la couverture étendue sur toutes les nations » (Esaïe XXV, 7) ne devant être enlevée qu'à la fin des temps, « sur la montagne de Sion » (ibid. XXIV, 23 ; XXV, 7).

Pour nous, dans l'ordre didactique rationnel, notre état de science est le suivant : nous n'avons plus à découvrir le plan général de l'Histoire ; nous le connaissons déjà, et déjà aussi, potentiellement, nous connaissons l'Histoire générale du Peuple élu, considéré dans ses deux familles, jusqu'à la fin de l'économie actuelle de l'Humanité. Notre tâche consiste maintenant à poursuivre, à travers la Bible, et d'abord ici dans le document qui concerne particulièrement l'Histoire des Rois, des traits de second ordre qui, tout en lui servant de nouvelle vérification, détaillent et précisent un thème de premier ordre déjà nettement tracé et défini.

362. Ainsi que nous le rappelions (§ 361), l'enchaînement historique nous avait conduits, un siècle et demi après la Dispersion d'Israël, à la Captivité de Juda.

p. 479

C'est 70 ans plus tard que, par l'Edit de Cyrus (Esd. I, 1), ces déportés de Nébucadnetsar (Esd. II, 1 ; Néh. VII, 6), sous la conduite de leurs chefs, pères de Juda et de Benjamin (Esd. I, 5) et avec les sacrificateurs et les lévites, retournent à Jérusalem pour rebâtir le Temple (4) et reviennent en Juda dans leurs villes (Esd. II, 1 ; Néh. VII, 6). Alors commence, pour se continuer dans l'Histoire générale d'une manière désormais connue de tous, ce qu'on appelle proprement l'Histoire des Judéens ou Juifs. Quant à l'ancien territoire de la Maison d'Israël, il est occupé, sous le nom de Samaritains, par ces colons étrangers qu'avait établis le roi d'Assyrie lors de la Dispersion des 10 Tribus. L'état social et religieux de ces Samaritains est antipathique aux Juifs, en tant que produit résultant de l'enseignement des sacrificateurs d'Israël que ce roi d'Assyrie lui-même avait envoyés à ses immigrants, et de leurs divers cultes idolâtres propres.

Il est décrit d'une manière pittoresque par son ironie, frappante par l'application qu'on en pourrait faire à d'autres temps, dans le Chapitre XVII du Second Livre des Rois (XVII, 24-41).

p. 480

363. A l'Histoire des Juifs, qui continue donc comme branche maîtresse la matière de la Bible, se réduiraient nos données positives externes relatives à la destinée du Peuple de Dieu, si, entés à la même base, c'est-à-dire au temps de la Captivité, deux rameaux encore ne s'amorçaient, qui dessinent d'autres voies bien distinctes.

L'un de ces rameaux complémentaires, assez connu, est celui de la lignée royale de Juda qui, par Jéhojachin, alors en captivité à Babylone (Jér. LII, 31-34 ; II Rois XXV, 27-30), et conformément à la Généalogie de Matt. I, fait descendre Jésus du Roi David [Dans cette généalogie, Jéchonias (Matt. I, 11) est le 14 = (2 × 7) à partir de Jésus en remontant].

L'autre rameau, fort peu remarqué jusqu'ici, même inconnu de tel lecteur moyen de la Bible, concerne tout aussi bien, quoique d'autre façon, cette même lignée royale ; et, pour notre objet, il offre, on va le constater, un intérêt de premier ordre.

Il s'agit de ce « reste de peuple » que nous avons déjà vu (Leçon XV, § 223) laissé par Nébucadnetsar en Judée sous la conduite d'un gouverneur, Guédalia, un de leurs compatriotes, p. 481 (II Rois XXV, 22). On lit, à la fin du Second Livre des Rois (XXV, 23-26), que, contrairement aux conseils de ce gouverneur, qui les engageait à rester en Judée soumis au roi de Babylone, ce reste de peuple descendit en Egypte. Mais ce qui donne à ce fait historique sa véritable portée c'est, — [voyez le Livre de Jérémie (Jér. XL-XLIII) où ce fait en outre est rapporté avec beaucoup plus de détail], que Jérémie lui-même, accompagné de Baruc, faisait partie de cette troupe d'émigrants, et avec lui aussi les princesses du sang royal, ou les filles de Sédécias (Jér. XLI, 10, 16, 17 ; XLIII, 6). Abandonnant la Judée, ils atteignent, en Egypte, Tachphanès (XLIII, 7) ; c'est la Ville de Péluse, sur la Méditerranée à l'angle oriental du Delta. En ce point géographique le récit historique de la Bible abandonne alors Jérémie, comme s'il devait, en effet, disparaître de l'Orient prophétique où jusque là il a vécu et lutté ; mais le même signe concerne avec lui, qu'on le remarque encore, et dans les mêmes conditions, les éléments subsistants de la lignée royale de Juda.

364. Telles sont les données historiques immédiates que nous offre la Bible. Dans une vue p. 482 claire, qui les résume, nous dirons donc, d'après la Bible :

que le royaume d'Israël finit par le transport des Israélites en Assyrie en - 758 ;

que le royaume de Juda de même finit par la Captivité de Babylone, — mais celle-ci marquée par deux stages, savoir :

1° en - 617, la captivité de Jéhojachin ou Jéchonias, (par lequel Jésus est descendu de David) ;

2° en - 606, la captivité de Sédécias, qui repère la véritable fin de Juda et le commencement des 70 années de captivité prédites par Jérémie ;

qu'à ce ( - 606) (2°) est en outre rapportée la mention d'un reste de Juda, non emmené en captivité, lequel « reste » comprend les princesses du sang royal, filles de Sédécias, le prophète Jérémie, et Baruc son second ; et ce reste de Juda passe en Egypte, où l'Histoire le conduit jusqu'à la ville maritime de Tachphanès (ou Péluse).

Ces grands traits de l'économie historique sont indiqués par le schéma suivant p. 483

                 Salomon (dernière année - 1000)
        ┌──────────────────────────┬──────────────────────────┐
   - 999 Juda (Roboam)        - 999 Israël (Jéroboam

   - 758                      - 758  Transporté en Assyrie

        - - - - - - >              - - - - - - >
   - 617 Captivité à Babylone de Jé-
         hojachin, duquel descend
         Jésus.
   < - - - - - - - - - - >
   Reste de Juda, filles de   - 606 Captivité à Babylone de
   Sédécias, Jérémie, Ba-           Sédécias (commencement
   ruc, en Egypte ; Tach-          des 70 ans).
   phanès.

Ce simple schéma, en parlant aux yeux, est plus éloquent que toutes les dissertations. Il n'exprime pas seulement le fait général de la destruction du Peuple élu comme puissance politique ; il contraint à considérer son partage en trois parties ou tronçons, savoir :

(Pour la Maison d'Israël) A. Israël tout entier dispersé en Assyrie.

(Pour la Maison de Juda) B. Juda en captivité à Babylone. C. Un reste (royal), de Juda, resté libre et réfugié en Egypte ;

p. 484

et il ne nous est pas permis, si nous voulons suivre l'Ecriture, de négliger la prise en considération de l'une quelconque de ces trois parties (même si nous prétendions nous réfugier dans l'interprétation purement spirituelle et mystique de la continuation de la « Royauté » par Christ).

365. Les deux parties : A ou Israël, C ou le Reste de Juda, s'éclipsent, on le sait, aux yeux de l'Histoire ; B seule subsiste ; avec elle commencent les Juifs proprement dits ; en elle paraîtra le Messie, ou l'Oint, Christ, et elle se continue, historiquement visible, à travers tous les temps.

B étant ainsi connu, c'est donc A et C qui constituent l'objet propre de notre investigation.

366. Envisageons d'abord la partie C. Du fait seul de son existence dans la Bible, on tire avec une certitude géométrique une conséquence qui est comme le nœud concret de toute l'Histoire.

Suivons bien en effet ici l'ordre des données de construction de la Bible.

La Bible, après avoir déclaré par la voix de Jacob que la royauté ne cessera jamais en Juda, brise avec Sédécias le cours actuel de cette royauté. [A partir du premier roi, Saül, s'accomplit ainsi, par la somme des règnes, une période p. 485 de 516 ans (§ 342), ce qui exprime d'autre manière encore une fin par discontinuité]. D'ailleurs, les fils de Sédécias sont égorgés en sa présence (II Rois XXV, 7). Si le plan de l'Ecriture est conscient, son accomplissement a donc certainement lieu (attendu que c'est la seule solution qu'elle-même offre pour cela) par le moyen de la branche royale C, amorcée sur l'arbre historique au niveau de son apparente rupture. (Il convient de redire, pour écarter la tendance à tout spiritualiser dans le texte de l'Ancien Testament, — tendance entretenue par le Faux Prophétisme, dont l'intérêt est de noyer le sens historique vrai de la Bible, — que le seul fait de la mention de la branche C démontre le non-lieu de l'interprétation spirituelle de la Royauté continué par Jésus, puisque, dans ce dernier cas, cette mention concrète de C n'aurait pas de raison d'être dans la Parole de Dieu).

Ce qui accroît encore l'autorité de la solution précédente, en accentuant l'intention de l'écrivain sacré, c'est qu'elle prend pour instrument un personnage éminent et bien déterminé de son plan historique, savoir Jérémie.

C'est sous la conduite de Jérémie qu'abandonnant l'Orient et la Palestine, la lignée royale de p. 486 Juda est transplantée dans une autre région géographique.

Voyons maintenant ce que celle-ci peut être. Mais nous la connaissons déjà par la Prophétie de Jacob (Leçon XVII) ; c'est l'Europe occidentale, ce sont les Iles Britanniques, c'est l'Angleterre avec son Londres actuel. Il faut donc en conclure que le Prophète Jérémie a été, dans le plan de Dieu, le Missionnaire chargé d'établir le lien dynastique entre les Rois de Judée et les Rois d'Angleterre.

Est-il nécessaire de faire observer, si l'on s'émouvait de cela, que le heurt dans l'association de ces termes disparates, — tels, au VIIe siècle avant Jésus-Christ, les Iles Britanniques et la Judée, ou, ce qui rapproche par trop des milieux si différents, Jérémie, Sédécias, et les rois d'Angleterre, — provient beaucoup plus d'un défaut de connaissance et de commerce bibliques, de je ne sais aussi quel préjugé de milieu qui entoure l'« Histoire sainte » du nimbe de la légende et enlève à ses personnages leur humanité, que d'une appréciation sobre et saine des hommes, des temps, des lieux. Ce faux point de vue serait d'autant moins excusable qu'en fait il s'agit ici d'une époque de l'Histoire positive p. 487 déjà postérieure d'un siècle et demi à la fondation de Rome.

366. Nous signalerons plus loin la place et le poids que revendiquent dans l'ordre rationnel de la démonstration, les données confirmatives apportées par ce qu'on appelle l'Histoire profane ; mais il nous faut observer d'abord à quel point la Bible elle-même, par d'autres grands traits de sa composition, appuie la vue historique concrète à laquelle elle vient de nous contraindre.

a) Le premier consiste dans la définition même de la mission de Jérémie, donnée en tête du Livre qui porte son nom, (Jér. I, 5, 10) :

« Je t'ai établi prophète pour les nations... je t'ai établi sur les nations et les royaumes pour que tu arraches et que tu démolisses... pour que tu bâtisses et que tu plantes ».

Des deux parties de cette mission, la première en effet seule est accomplie au moment où se termine le récit historique ; la plante arrachée du sol, c'est la lignée des rois de Juda ; ce qui a été démoli, c'est le royaume et son établissement politique. Ce qu'il reste à accomplir à Jérémie, c'est donc de rebâtir le royaume et de replanter la lignée.

p. 488

b) L'état de la question ainsi défini, c'est une véritable preuve que la circonstance suivante :

Une condition était nécessaire pour l'exécution de l'ordre de l'Eternel, savoir la survivance du sang royal dans les personnes qui accompagnent Jérémie. Or cette condition si particulière se trouve effectivement remplie ; parmi ces personnes sont les princesses, filles de Sédécias. Dans toute cette ordonnance voulue, c'est là un trait décisif.

c) Une autre donnée, connexe de la précédente, c'est, si l'on fait attention à la conscience chez Jérémie de la mission qui lui avait été assignée dès le commencement de son ministère, et dont une partie seulement était donc actuellement réalisée, l'annonce qu'il fait lui-même de la réunion politique et géographique ultérieure des deux Maisons d'Israël et de Juda dans un pays du Nord (Jér. III, 18) et de leur retour concomitant en Palestine aux derniers temps : « En ces jours-là » avait-il dit « la Maison de Juda marchera avec la Maison d'Israël, et elles viendront ensemble du pays du Nord au pays que j'ai donné en héritage à vos pères ».

Tuteur du Reste de la Maison royale de Juda, et ayant rationnellement dû conformer ses actes p. 489 à son degré de connaissance, les regards de Jérémie, dans les conjonctures où le plaçait la suite des événements, devaient naturellement se porter vers quelque pays du Nord, et les circonstances, nous allons bientôt le reconnaître, lui indiquaient clairement, et ne pouvaient lui indiquer que la région maritime occidentale du Nord de l'Europe.

d) A tout cela il faut joindre enfin, concernant la situation de Jérémie actuellement en Egypte, la défense, proclamée par lui, de rester en Egypte pour y demeurer. (Jér. XLIV, 1, 14, 28). Il est déclaré en effet que de tous ceux du reste de Juda qui sont venus en Egypte, aucun de ceux qui y sont venus pour y séjourner, et avec l'espoir de retourner plus tard au pays de Juda, ne se sauvera et n'échappera ; nul n'y retournera, « sinon quelques réchappés ». Ces derniers désignent dès lors évidemment les quelques-uns qui, connaissant aussi bien que tous la défense faite par l'Eternel de se réfugier en Egypte (XLII, 17), y ont été entraînés contrairement à leur volonté, c'est-à-dire le petit groupe Jérémie-Baruc. Il est donc déclaré que ceux-là seuls réchapperont.

Cela posé, ce qu'il nous faut noter tout d'abord dans l'ordre immédiat des contingences, c'est, p. 490 puisque l'Eternel avait formellement défendu de demeurer en Egypte, que Jérémie et ceux qu'il conduisait n'y sont pas restés, et certain qu'ils ont quitté l'Egypte dès qu'ils l'ont pu. Mais d'ailleurs, puisqu'après Sédécias le Sceptre n'a pas continué dans le pays de Juda, et qu'aujourd'hui même, comme depuis la Captivité, les Juifs proprement dits n'ont pas de Rois ; comme d'autre part, le Sceptre ne devait cependant jamais s'écarter de Juda et que la transmission en était confiée à Jérémie, il est tout aussi certain qu'en quittant l'Egypte ce n'est pas en Judée ni dans la Palestine que Jérémie et sa petite troupe sont revenus s'établir, puisqu'alors on aurait vu les Rois de Juda continuer en Orient. Ainsi 1° ils ont quitté l'Egypte, 2° ils ont gagné un point géographique différent de la Palestine. C'est celui que Jérémie lui-même appelle « le pays du Nord », et où il pensait que se retrouveraient aussi les restes d'Israël.

e) Examinons maintenant de plus près les données géographiques. Contraint de s'expatrier et de quitter l'Orient, une seule voie, la voie de mer s'offrait à Jérémie, puisque ni les sables de l'Afrique, ni alors la traversée de l'Europe n'étaient praticables. Cette voie unique, était en p. 491 outre préparée, car les relations commerciales des Phéniciens s'étendaient à cette époque, depuis longtemps, jusqu'à l'Occident de l'Europe, et les navires de Dan sillonnaient la Méditerranée. Cette marine de Dan est signalée dès la période des Juges, dans le Cantique de Déborah, ou au temps de Balak, c'est-à-dire au XIVe siècle (Juges V, 17). Plus tard quand Jonas, auquel il est ordonné de se rendre à Ninive, veut fuir loin de l'Eternel, et cherche à gagner Tarsis (colonie tyrienne de la péninsule ibérique et point limite du monde connu vers l'Ouest ; on gagnait de là vers le Nord les Iles Scilly, ou la Grande Bretagne), il s'embarque à Japho ou Jaffa, port de la tribu de Dan. (Jon. I, 3). Ceci avait lieu au temps de Jéroboam II (Jon. I, 1 ; II Rois XIV, 25), soit deux siècles avant l'époque de Jérémie, actuellement à Tachphanès. Si d'ailleurs on considère qu'un peuple de hardis navigateurs comme les Danites, ont dû quand les Assyriens s'emparèrent du royaume d'Israël pour en disperser les habitants dans l'exil, plutôt que de céder leur marine au vainqueur, et d'accepter l'asservissement, se réfugier dans leurs colonies, y transporter leurs centres d'action, on n'a aucune peine à comprendre que, par Israël lui-même, des relations de trafic, de transport, exis- p. 492 tassent d'une manière courante, au temps de Jérémie, entre les pays d'Orient et le Nord Ouest du continent européen.

On ne peut enfin manquer de faire ici le rapprochement avec la prophétie de Jacob. Dan que notre sujet actuel met si nettement en évidence comme facteur de relation entre l'Orient et l'Occident, s'était présenté déjà, d'une manière unique dans cette prophétie, comme celui qui, jusqu'« au terme des coteaux des siècles », c'est-à-dire à la limite du continent européen, allait préparer le lieu et la route à l'établissement ultérieur du Peuple élu, de Joseph et de Juda. (§ 281).

367. Telles sont les données externes par lesquelles la Bible elle-même explique la réalisation de ce qu'elle nous avait d'abord affirmé prophétiquement concernant la résurrection historique du Peuple élu dans les Anglo-Saxons ; et peut-être devons-nous encore appuyer sur ce que, dans l'ordre méthodique de notre étude du document biblique, même si ces données explicatives subsidiaires n'existaient pas, rien ne serait changé à la certitude préalable de la grande économie historique qu'elles concernent.

p. 493

368. Ce point de vue méthodique de simple vérification d'un ensemble, édifié d'abord pas à pas sur des certitudes géométriques successives et ne laissant point en arrière de terrain mouvant, devient plus nécessaire encore, croyons-nous, à rappeler, si, des données vérificatrices offertes par la Bible elle-même, nous passons maintenant à celles que nous présente, indépendamment de la Bible, le témoignage proprement dit de l'Histoire. Dans un sujet comme celui que nous traitons, ce témoignage, si on l'isole et qu'on ne le prenne qu'en lui-même, n'étant composé que de faits singuliers soit tout actuels, soit connus par une longue tradition, peut, à tort ou à raison, paraître à beaucoup vide d'intérêt par l'étrangeté de ces faits même et l'apport d'inutiles légendes. Comme tel, il ne constitue évidemment pas une démonstration. Mais il en est fort différemment, et il devient éminemment digne d'intérêt, dès que l'on constate son accord avec la Bible, c'est-à-dire avec ce que celle-ci avait d'avance déjà fait connaître.

L'observateur fictif, extérieur à la Terre et qui suivrait le développement du mouvement historique à sa surface, doit à cet égard, considérer comme aussi significatif qu'il est surprenant le p. 494 fait que le lieu géographique (les Iles Britanniques) où, nous venons de le voir, les circonstances de l'époque conduisent nécessairement à Jérémie :

1° est la résidence du 10e et dernier Peuple chef de la Loi historique (celle-ci est limitée dans son progrès de l'Est à l'Ouest par la borne physique de l'Océan, — la limite physique est le signe de la limite chronologique, — et l'identification du 10e peuple et du Peuple élu, est déjà autrement établie) ; 2° que ce lieu est, dans toute l'Europe, ou sur toute la Terre, le seul où apparaisse dans l'opinion publique, et cela précisément au commencement de la période historique quinquaséculaire propre à ce Peuple élu comme peuple chef, la conscience de son identité, ou du lien de descendance israélite ;

3° bien plus, qu'en ce lieu unique, ainsi déjà repéré, des signes matériels, indépendants de toute opinion, existent, inexplicables en eux-mêmes s'ils ne sont pas les témoins concrets et d'autant plus irrécusables de l'identité dont il s'agit.

369. Parmi ces signes concrets, l'un des plus singuliers, et, semble-t-il le plus impressionnant, est cette Pierre de Jacob, ou Pierre de la Destinée, p. 495 dont nous avons déjà parlé, (Leçon XVII), sur laquelle a lieu le Couronnement des Rois d'Angleterre, et qui, conformément à ce qu'avait si étonnamment annoncé la Prophétie de Jacob lui-même, se trouve effectivement aujourd'hui à Londres, à Westminster.

a) Si, conformément à cette même prophétie, le Sceptre ne doit pas s'écarter de Juda, il s'ensuit que, le Sceptre et la Pierre étant aujourd'hui indissolublement unis, le périple géographique de la Pierre ou sa trajectoire à la surface de la Terre doit aussi bien dessiner l'histoire de la descendance de la royauté. Cherchons donc cette trajectoire, en remontant dans le temps à partir du point géographique actuel de la Pierre, ou Londres.

La Pierre se trouvait antérieurement à Scone en Ecosse (1) ; de là elle fut transportée à Londres en 1296 par le Roi Edouard I ; en Ecosse même,

(1) Pour la justification des faits que nous allons citer relatifs à la descendance de Juda et d'Israël, nous renvoyons le lecteur aux deux ouvrages suivants, où il trouvera indiqués avec précision les références aux sources de première main : England the Remmant of Judah and the Israël of Ephraïm, by the Rev. F. R. A. Glover, M. A. (1 Edit. 1860) (2e Edit. London 1881). The History of the Anglo-Saxons from the earliest period to the Norman conquest, by Sharon Turner, F. A. S. et R. A. S. L. (1 Edit. 1799 - 1805 ; 6e Edit. 1836).

p. 496

où elle avait été apportée d'Irlande par Fergus, elle existait depuis 513 ; et pour ce qui est de l'Irlande enfin, on l'y révérait de temps immémorial à Tara, sur la côte du Sud de Dublin ; elle figurait dans le Couronnement des rois.

Or cette marche de la Pierre reproduit bien en fait celle de la royauté dans les Iles Britanniques, car les rois d'Angleterre descendent des rois d'Ecosse, et ceux-ci, des rois d'Irlande.

L'Irlande était la « Scotia major », comme l'Ecosse actuelle la « Scotia minor », le mot celtique Scuit signifiant un Wanderer ou Voyageur errant. La tradition a d'ailleurs de son côté intimement lié aussi l'existence de cette Pierre du Destin à celle de la Royauté. Il suffirait de rappeler à cet égard les vers suivants, bien connus, de Walter Scott :

Unless the Fates faithless grown,
And Prophet's voice be vain,
Where'er is found this Sacred Stone,
The Wanderer's Race shall reign.

En résumé, la marche de la Pierre, qui est celle de la Royauté, désigne comme lieu d'origine, dans l'ensemble des Iles Britanniques l'Irlande, et, en Irlande, la colline célèbre de Tara, près de Dublin. Or, cela étant, les Chroniques de l'Irlande sont unanimes pour faire remonter la p. 497 colonisation de l'Irlande à une race de navigateurs qu'elles désignent sous le nom de « Tuatha de Danaans », et dont le souvenir est en connexion intime avec l'arrivée de la Pierre du Destin, ou Lia Fail, à Tara. Lia, en celtique irlandais, signifie Pierre précieuse, et Fail est le mot hébreu et biblique פלא qui signifie « merveilleux ; caché ».

Les navigateurs danites, ou hommes de la tribu de Dan sont donc mis en relation directe par les souvenirs historiques, non seulement avec l'Irlande, mais même avec la Pierre du Destin, aujourd'hui à Londres. Dans l'ordre du sujet, ils sont donc aussi en relation, par cette Pierre, avec la royauté dans les Iles Britanniques.

b) Nous venons d'être, par la Pierre, amenés jusqu'à Tara. Voyons maintenant les autres souvenirs historiques qui concernent ce lieu célèbre.

Il en est un qui domine tous les autres ; c'est l'existence, parmi les anciens rois d'Irlande (Ulster), de cet Ollam Fola, dont le médaillon, souvenir de gloire nationale, se trouve aujourd'hui même à Dublin (intérieur du dôme des « Four Courts ») ; il y figure à côté de celui de Moïse et d'autres grands législateurs. Ollam est le mot hébreu עולם qui signifie temps, et Fola p. 498

un mot celtique qui veut dire révélateur ; c'est-à-dire Ollam Fola désigne un « révélateur des temps », ou un Prophète. Cet Ollam Fola avait en effet fondé à Tara une Ecole de prophètes ; son époque se place, par les déterminations les plus vraisemblables, environ sept siècles avant l'ère chrétienne, soit aux temps de Jérémie. (Le nom même de Jérémie se trouve d'ailleurs, dans la tradition irlandaise, lié au souvenir d'une Ecole où vont s'instruire les Rois ; c'est ce dont témoigne le vestige populaire suivant :

« Fin McCoyle, went to school,
Went to school,
With the Prophet Jeremiah. »)

Mais il y a plus. Les souvenirs de Tara concernent aussi, en rapport avec Jérémie, les traits les plus particuliers de sa mission en tant que chargé de transplanter dans les Iles Britanniques la descendance de la lignée de Juda, (ce qui, d'après la Bible, a eu lieu par le fait que les princesses, filles de Sédécias, faisaient partie de la petite troupe errante mise sous la garde du Prophète). Un objet capital en effet de ces souvenirs relatifs à Tara est l'existence d'une princesse (« Fille de Pharaon », terme qui s'explique de manière assez significative si Jérémie venait

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d'Egypte), arrivée par mer dans cette région du Nord, mariée en Irlande à un prince Heremon contemporain d'Ollam Fola, et dont le corps a été déposé à Tara dans un sarcophage appelé Mergesch, — ce dernier mot, qui n'existe pas dans la langue celtique, n'étant autre que le mot hébreu מרגעה (comme en Esaïe XXVIII, 12), lequel signifie : un lieu de repos ou tombeau.

Le nom même de Tara est significatif, car il n'est autre, en sa qualité de point géographique atteint par l'expédition de Jérémie, que la désignation du mot hébreu (Thr) (תור) qui signifie (Lexique Hébreu Français) : « Tourner, explorer pour trafiquer, chercher, examiner, reconnaître, explorer un pays, chercher un endroit » ; et l'Ecriture chiffrée offre ici, d'accord avec tout ce qui précède, un signe de vérification réellement extraordinaire.

Tout d'abord, la valeur numérique du mot Tara, c'est-à-dire du mot hébreu équivalent, est exactement la date - 606 du voyage supposé de Jérémie, à laquelle le Prophète et sa petite troupe atteignent l'Irlande.

On a en effet

(Thr)   תור   = 400 + 6 + 200 = 606.
p. 500

Mais cela étant, quelle preuve du caractère intentionnel de cette indication ne trouverait-on pas si le lieu de départ où, cette même année, le Prophète a été conduit par le récit historique, c'est-à-dire Tachphanès, en Egypte, avait, lui aussi, cette même valeur 606 du lieu d'arrivée Tara. Ce serait dire d'un seul coup qu'en - 606, l'année où l'on est placé par la Chronologie biblique, Jérémie a effectivement accompli la traversée de Tachphanès à Tara. Cela en même temps ferait comprendre la raison de la mention si particulière du point géographique Tachphanès, mention qui, si l'Ecriture est inspirée et écrite pour nous, devait apporter avec elle sa justification. Or il en est ainsi. On a bien

(Tachphanès) תחפנחס = 400 + 8 + 80 + 50 + 8 + 60 = 606.

En nous bornant à ces seuls traits, nous concluons qu'il n'est pas un seul des éléments fondamentaux de la disposition historique découverte d'abord dans la seule Bible, — savoir : Jérémie ; sa Mission comme tuteur de la royauté en Juda ; la tribu de Dan à laquelle la prophétie de Jacob attribuait dans l'histoire du Peuple élu un rôle unique et tout particulier ; enfin, reliant le tout, le fait matériel de la Pierre de Jacob, aujourd'hui existante en Angleterre, — qui ne

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trouve dans l'Histoire et la Géographie des repères effectifs ; et la nature de ces repères est d'un ordre si varié et si caractéristique, que, par cela même, le fait de leur concours écarte comme tout à fait improbable l'idée de la simple coïncidence, ou du Hasard.

370. Après cela, qui concerne la partie C de notre subdivision du Peuple élu, (§ 364), c'est-à-dire le Reste de Juda, voyons maintenant ce que l'Histoire aussi nous a conservé relativement à la partie A, ou à la Maison d'Israël transportée en Assyrie.

Il ne s'agit plus ici de la destinée de quelques individus isolés, mais de celle de toute une race, d'une émigration de peuple.

Une donnée immédiate nous est fournie d'abord par le IVe Livre d'Esdras (lequel fait partie des écrits apocryphes ou non canoniques des Juifs). On y lit (IV Esd. XIII) que « les 10 tribus emmenées en captivité par Salmanasar, roi d'Assyrie, ont traversé les défilés de l'Euphrate (le Caucase), et gagné le pays nommé Ar Sereth (c'est-à-dire le Sereth, affluent du Danube, en contournant par conséquent le Pont Euxin ou Mer Noire) ». Ainsi nous savons déjà

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que, par la voie de terre de l'Europe, les Israélites ont, après avoir quitté leur lieu d'exil, marché vers l'Ouest. D'autre part, les Scythes, vers l'époque même de la déportation en Assyrie, c'est-à-dire d'après Homère-Strabon vers le 7e ou 8e siècle avant notre ère, avaient apparu dans cette même région de la Caspienne et du Pont Euxin pour refouler vers l'Ouest les Cimmériens qui l'occupaient. De même d'après Hérodote, après avoir traversé l'Araxe, être sortis d'Asie et avoir envahi la région des Cimmériens, ces Scythes avaient marché du Don au Danube. Cela étant, le rapprochement du nom Scythe avec le nom celtique Scuit des Scots, est un premier trait général qui, d'accord avec la donnée chronologique et géographique, établirait déjà, par ces Scythes, un lien ou une identité entre les Tribus d'Israël qu'ils représentaient, et les Scuits ou Scots des Iles Britanniques. Mais l'identification par le nom est encore plus accentuée que la remarque précédente ne peut le faire penser d'abord ; car c'est des Scythes que, sous le nom de Sakai, tirent leur origine les Saxons. Pline dit que ces Sakai ou Sakaisuna (les fils de Sakai) (Saksoun) formaient la partie la plus importante des Scythes ; que les Sakai qui habitaient l'Arménie étaient nommés Sacassani ou Saka-Suna.

p. 503

Strabon de son côté nous apprend que l'Arménie avait reçu de ces Scythes le nom de Sakasina, et que de ce pays, ils ont gagné le Pont Euxin. Au second siècle de notre ère (vers 141), Ptolémée place les Saxons sur les bords de l'Elbe ; et l'on sait que c'est sortis de cette région qu'unis aux Angles, ils ont enfin, sous le nom d'Anglo-Saxons, à une époque qui a pour centre le commencement de notre 8e siècle, fait la conquête de l'Angleterre.

Quant à ce nom de Saxons lui-même, il n'est que la reproduction des mots hébreux יצחק שני Itsak-Sen, ou Isaac-Second, Second ou Suite d'Isaac, ce qui concorde, dans le point de vue de l'identité, avec le fait que les Israélites des 10 Tribus sont désignés dans l'Ecriture par le nom particulier de « Maison d'Isaac », ou avec la déclaration faite dès l'origine à Abraham que sa postérité serait désignée par le nom d'Isaac. [Nous avons déjà relevé tout ceci dans une Leçon précédente (Leçon XVI) et montré aussi, dans ce point de vue, la raison d'être de l'insistance, en apparence disproportionnée, avec laquelle, dans le texte de la Genèse, il est parlé (Isaac voulant dire rire, raillerie) du « rire » de Sara lors de la naissance d'Isaac ; cela a pour but tant de

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signaler l'importance du signe mis par le nom d'Isaac sur sa véritable descendance historique, que de marquer sans doute la « dérision » avec laquelle, à l'époque actuelle de la Connaissance (Daniel) l'idée seule d'un tel lien ethnologique se trouvera accueillie par l'Eglise ou par la sagesse des Puissants du jour].

Nous estimerons pour nous que, tant d'après les données de temps, que de lieu et de nom, l'Identification s'établit manifestement entre l'Israël des 10 Tribus et la race Anglo-Saxonne, aujourd'hui peuple chef à la tête du gouvernement du monde ; c'est-à-dire qu'au simple point de vue de l'Histoire profane il existe assez de repères positifs pour reconstituer l'Exode et le séjour au Désert de cette Maison d'Israël, depuis le temps de sa déportation en Assyrie jusqu'à celui de sa réapparition sur la scène du monde, en pleine histoire de l'Europe, sous la forme des Anglo-Saxons. Si cet Israël a semblé perdu, c'est uniquement parce que, relégué dans le Désert du Nord de l'Europe, il a continué son existence en dehors de la région du monde latin où se poursuivait, par la transmission de l'acquis progressif des peuples de la Loi historique, la marche et le progrès de ce qu'on appelle proprement la Civilisation. Mais il était le vaisseau neuf qui devait

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contenir le vin nouveau, et, suivant la parole précise du Seigneur aux Juifs, la Nation, dédaignée par eux, destinée cependant à les remplacer pour porter du fruit (Matt. XXI, 43).

371. Résumons maintenant le sujet. La conception du plan de l'Histoire à laquelle nous conduit la Bible est celle-ci, que définit un tracé géographique.

Israël (A) d'un côté, dans la région au Nord de la ligne qui joint Jérusalem à Londres, le Reste de Juda (C) de l'autre, dans la région au Sud de cette ligne, (comme les Deux Témoins des deux côtés du Fleuve de l'Histoire de Dan. XII), contournent l'un et l'autre le monde latin où se poursuit l'Histoire visible, pour se rejoindre comme 10e et dernier Peuple chef de la Loi historique, dans les Iles Britanniques, à l'extrémité du continent européen ; et c'est dans le foyer englobé par leurs deux trajectoires que se développe la Puissance du Faux Prophétisme romain. La Réforme n'est donc dès lors autre chose que la rencontre de cette dernière Puissance, entravée dans sa prise de possession du monde, et du Peuple élu ressuscité, dépositaire de la Parole de Dieu et qui lui barre la route. Aussi, comme déjà

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nous l'avons dit ailleurs (Vol. I p. 78), il n'y a nul doute que, repoussé du milieu où son esprit d'erreur a engendré, par sa propre faute, ou par l'ignorance universelle de la Science de Dieu renfermée dans les Ecritures, une indifférence religieuse générale, tous les efforts du Faux Prophète, c'est-à-dire les efforts du Prince de ce monde dont il est la manifestation, ne tendent de plus en plus, en se revêtant aujourd'hui des cornes de l'Agneau, à subjuguer le Peuple élu, en lui offrant l'alliance monstrueuse de sa puissance pour la domination du monde. Ce sera la réalisation non plus de la Babylone, cité de confusion des premiers temps, mais de la Grande Babylone ou de la Prostituée des temps de la fin. La puissance temporelle du Peuple élu aurait dû dans ces temps-là rayonner chez lui comme un hymne à l'Eternel ; mais cela n'aura pas lieu ; on verra le Fils de l'Homme frapper alors à la porte sans qu'on lui ouvre, et se demander s'il se trouve encore de la Foi sur la Terre.

La connaissance historique externe donnée par l'Ecriture ne sera d'utilité effective qu'aux Chrétiens individuels, pour les aider à lutter, en vue de leur propre salut, contre les influences de plus en plus dangereuses et débilitantes d'un milieu

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qui marche à la perdition, et le mystère qui entoure ici la destinée du Peuple élu n'est qu'une des applications de l'ordre, caché au monde, qui caractérise en tant d'autres de ses parties encore la dispensation spirituelle.

Ce mystère voulu est explicitement confirmé par l'Ecriture quand elle parle, au sujet de ce Peuple élu, du voile qui est étendu sur toutes les nations (Es. XXV, 7).

Et la raison de ce Voile, c'est que le monde, — en disant cela, tout chrétien commencera d'ailleurs par faire réflexion sur lui-même — ne désirant pas la vérité ne la mérite pas ; qu'il ne lui est donc parlé qu'en paraboles, puisque si même un des prophètes ressuscitait, il ne se convertirait pas ; et que de la Connaissance et de la Science, dans le plan de Dieu plus sage que celui des hommes, seule la Foi est digne.

372. Des trois branches A B C (§ 364) entre lesquelles se partage le Peuple élu, lors de sa destruction comme organisme politique par les Assyriens et Babylone, nous venons d'envisager A, la Maison d'Israël, et C, le Reste de Juda. Il reste à considérer le terme B, c'est-à-dire la branche maîtresse qui, se continuant visible à travers

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tous les temps, et aujourd'hui encore existante devant nos yeux, constitue, en la commençant, après l'Exil de Babylone, l'Histoire des Juifs proprement dits.

L'existence de cette branche B, qui forme dès lors l'axe de l'Histoire du Monde, — en elle, devait apparaître au monde le Fils de l'Homme, — donne sa raison d'être à l'un des traits de construction généraux les plus remarquables de la Bible, savoir : en quelque sorte son recommencement par un ensemble de 5 Livres ou par un « Pentateuque que constituent, — à la suite des Livres des Rois, ou de la destruction des Maisons d'Israël et de Juda, — les 5 termes :

1. I Chroniques
2. II Chroniques
3. Esdras
4. Néhémie
5. Esther.

Voici des caractères synthétiques, justificatifs de cette idée.

1°) Pris en lui-même, ce système est bien lié dans ses parties ; c'est ce que des traits précis, et qui autrement n'auraient pas de raison d'être, prennent soin de spécifier :

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ainsi les derniers versets (II Chron. XXXVI, 22, 23) des Chroniques qui conduisent à l'Edit de Cyrus, sont les mêmes que les premiers (Esd. I, 1, 2) du Livre d'Esdras ; et d'ailleurs, ensuite, le groupe Esdras, Néhémie, Esther ne peut donner lieu, quant à la connexion continue, à aucune contestation ;

2°) En outre ce système forme bien un tout unique, c'est-à-dire séparé de toute la portion antérieure de l'Ancien Testament ; il existe en effet entre les deux une véritable brisure, ou solution de continuité, consistant en ce qu'au lieu de poursuivre le progrès historique normal suivi, depuis la Genèse et jusque là, pas à pas, on voit la Bible recommencer, avec I Chron., l'Histoire tout entière, depuis Adam (I Chron. 1).

373. Dans un certain sens, on peut donc dire que la matière des Livres historiques de l'Ancienne Alliance se répartit en « deux Anciens Testaments », l'un de la Genèse aux Livres des Rois ; l'autre, formé par le Pentateuque des Chroniques à Esther. Esdras est, par parallélisme avec Moïse, le législateur du second ; et à cela répond, dans la construction de la Bible, une distribution systématique et numérique fort remar-

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quable. Comme le montre le petit tableau suivant, les 12 Livres historiques de Josué à Esther, dont le groupe a été signalé dès notre première Leçon, se trouvent partagés, par le fait du Second Pentateuque, dans les deux groupes canoniques partiels de 7 et 5, ou encore les 5 + 12 = 17 Livres de l'Ancien Testament, de la Genèse à Esther, se présentent sous la forme d'un terme de 7 encadré entre les deux « Pentateuques » de Moïse et d'Esdras.

1.  Genèse         ⎫
2.  Exode          ⎪
3.  Lévitique      ⎬ 5      ⎫
4.  Nombres        ⎪        ⎪
5.  Deutéronome    ⎭        ⎪
                             ⎪ .................. (Adam)
1.  Josué          ⎫        ⎪
2.  Juges          ⎪        ⎬ 12
3.  Ruth           ⎪        ⎪
4.  I Samuel       ⎬ 7      ⎪
5.  II Samuel      ⎪        ⎪
6.  I Rois         ⎪        ⎪
7.  II Rois        ⎭        ⎭

1.  I Chron.       ⎫
2.  II Chron,      ⎪
3.  Esdras         ⎬ 5      .................. (Adam)
4.  Néhémie        ⎪
5.  Esther         ⎭

    ⎧ 1.  Josué
    ⎪ 2.  Juges
    ⎪ 3.  Ruth
    ⎪ 4.  I Samuel
12 ⎨ 5.  II Samuel
    ⎪ 6.  I Rois
    ⎪ 7.  II Rois
    ⎪ 1.  I Chron.
    ⎪ 2.  II Chron,
    ⎪ 3.  Esdras
    ⎪ 4.  Néhémie
    ⎩ 5.  Esther

[Figure : le schéma présente deux comptages croisés menant chacun à la mention « (Adam) » : à droite, l'accolade « 12 » réunit les 5 Livres de la Genèse au Deutéronome et les 7 de Josué aux II Rois ; à gauche, l'accolade « 12 » réunit les 7 Livres de Josué aux II Rois et les 5 de I Chroniques à Esther — les deux groupes de 5 (Pentateuque de Moïse, Pentateuque d'Esdras) se rattachant chacun, par leur propre accolade, à la ligne pointillée « .................. (Adam) ».]

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374. Quel est le sens de cette subdivision ?

Les 12 premiers termes conduisent l'Histoire de l'Humanité de ses origines jusqu'au terme de son développement politique, — car celui-ci est virtuellement compris dans les destinées historiques des deux Maisons du Peuple élu qu'amorce à sa fin (II Rois XVII-XXV), lors de leur destruction, le IIe Livre des Rois — ; les 5 derniers conduisent cette Histoire, de ces mêmes origines de l'Humanité (Adam) aux temps historiques (Perses) les plus rapprochés dans la Bible de la Première Venue de Christ, Venue qu'ils atteignent même virtuellement par les prophètes contemporains Aggée, Zacharie et Malachie.

Ce qu'on peut conclure de là c'est que de nos deux « Anciens Testaments », le « premier » est universel, et que le « second » est essentiellement judaïque. Il s'adresse à la Venue de Christ comme « Lion de la Tribu de Juda » (Apoc. V, 5), et il correspond à la déclaration du Seigneur lui-même que « Le salut vient des Juifs » (Jean IV, 22).

375. Le caractère judaïque de ce second document se trouve en outre signalé par des traits concrets évidents ; tandis que les Livres des Rois

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donnaient à la fois les Chronologies d'Israël et de Juda, les Chroniques ne donnent que celle des Rois de Juda. Quand, dans Esdras (Esd. IV, 3), les Samaritains (comp. II Rois XVII, 24 et suiv.) veulent prendre avec les Juifs leur part de la reconstruction du Temple, ils sont repoussés sans forme de procès par Zorobabel et Jeshua. Le Livre d'Esther enfin termine tout le développement historique de notre second Pentateuque comme un chant de triomphe de la puissance temporelle juive, — c'est comme on dirait aujourd'hui « la Marseillaise du Judaïsme », — et le caractère peu sympathique de cette tendance est encore accentué en ce que, dans ce Livre, le nom de Dieu n'est pas mentionné une seule fois.

376. La Bible signifiée met aussi en évidence par des indications remarquables la réalité intentionnelle des deux « Anciens Testaments ».

Mentionnons les traits suivants. En mesurant leurs étendues en Nombres de Chapitres, on a :

                    ⎧ « Premier » (Gen. à II Rois)
« Anciens           ⎨      Nomb. de Chap. = 2 × P₇ × P₇.
Testaments »        ⎩ « Second » (I Chron. à Esther)
                          Nomb. de Chap. 2 × 7 × 7.

Voyons maintenant en ce qui concerne les nombres de Livres et de Versets.

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Une autre donnée non moins démonstrative se présentera : Supprimons de la Bible ses 12 premiers Livres ; elle commencera par le second Pentateuque (I Chron. à Esther), et celui-ci par ses 5 Livres (Pentateuque) et ses 2617 versets, aura pour figuration le nombre global 2622.

Le reste de la Bible, c'est-à-dire ce qui suit ce Pentateuque, comprend 18298 versets.

La Bible fictive qui commencerait par notre second Pentateuque sera donc mesurée par le nombre

2622 + 18298 = 20920.

Or ce nombre n'est autre chose que

20920 = 5 × 4184

ou 5 fois la durée 4184 d'Adam à l'Ere chrétienne ou à la Première Venue ; et ce signe convient précisément à l'intention de la nouvelle Bible formée, puisque son Pentateuque (5) commence exactement à Adam (Chron. I, 1) et a d'une manière concrète pour objet la Première Venue 4184.

377. C'est à travers cette partie (I Chron. à Esther), à tous égards si bien délimitée du document inspiré, que nous avons maintenant à pour-

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suivre notre analyse du système chronologique de l'Ecriture.

On part ici des temps de la Captivité. La captivité de Jéhojachin ayant lieu en - 617, et cette année étant (II Rois XXIV, 12) la 8e du règne de Nébucadnetzar, ce dernier a commencé en

- 617 - 7 = - 624.

On voit d'autre part (II Rois XXV, 27 ; Jér. LII, 31) que la fin du règne de Nébucadnetzar, dont le successeur est Evilmerodac, ou le commencement d'Evilmérodac, a lieu après 37 ans de captivité de Jéhojachin, c'est-à-dire en

- 617 + 37 = - 580.

Par conséquent le règne de Nébucadnetzar est de 7 + 37 = 44 ans ; et de sa fin à l'Edit de Cyrus, - 536, ou à la première année de Cyrus, il y a aussi

580 - 536 = 44 ans.

On voit également par là que du commencement de Nébucadnetzar - 624 au commencement - 536 de Cyrus, il y a un espace

2 × 44 = 88 = 528/6

Ceci dit, de la manière que les premiers 44, ou le règne de Nébucadnetzar, sont partagés en 7 et 37,

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de même l’analogie porterait à partager maintenant en 7 et 37 les seconds 44 d’Evilmérodac à Cyrus. Or il se trouve qu’en effet ce partage est indiqué par l’Ecriture, c’est-à-dire par la suite de ses indications numériques ; car on voit en Daniel (IV, 16, 25) que lorsque Nébucadnetzar est retranché des hommes, ce qui indique certainement l’époque où le gouvernement lui est ôté, 7 temps, c’est-à-dire, ici, 7 années, sont d’abord comptés ; on arrive ensuite directement dans le texte, au règne de Belsatzar (Dan. V, 1) et cela assigne à celui-ci, jusqu’à Cyrus, les 37 ans restants.

De cette disposition, la Bible ménage une autre vérification dans la mention si particulière qu’elle fait, en Dan. V, 31, des 62 ans de Darius le Mède quand il met fin en - 537 (nous avons depuis longtemps analysé ce point, Leçon V) au règne de Belsatzar. Ces 62 ans ne désignent pas nécessairement, comme le font nos traductions, l’âge de Darius lui-même, en faisant lire au texte, « Darius le Mède prit le royaume étant âgé de 62 ans » (quoique d’ailleurs, dans ce cas même, l’indication aurait un sens, puisqu’elle ferait tomber la naissance de Darius en - 537 - 62 = - 599, c’est-à-dire exactement au centre - 598,5

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des 37 ans de captivité de Jéhojachin) ; car le mot-à-mot de l’original est : « Darius Mède prit

⎰ règne   ⎫⎰ depuis            ⎫
⎱ royaume ⎭⎱ depuis longtemps  ⎭ 62 ans »,

ce qui pourait aussi bien désigner une donnée chronologique relative, par exemple, à partir de notre ère - 617 plus haut admise, au règne de Belsatzar lui-même, règne que Darius le Mède brusquement interrompt. Or dans ce cas la mention des 62 ans aurait en effet une raison d’être déterminée : savoir, de prouver que, conformément à notre déduction précédente, relative à la décomposition 44 = 7 + 37, le règne de Belsatzar est bien délimité par les dates

- 580 + 7 = - 573

et la date - 537 de Darius le Mède.

En effet le centre du règne de Belsatzar est, dans ces conditions :

          573 - 537
- 537 - ───────── = - 537 - 18 = - 555 ;
              2

et si l’ère des indications chronologiques est la captivité - 617 de Jéhojachin (II Rois XXV, 27), on obtient bien pour la détermination du centre - 555 du règne de Belsatzar, à partir de cette ère - 617 :

617 - 555 = 62 ans.
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378. Nous conclurons de toutes ces données qu’on a pour la Chronologie biblique, de Nébucadnetzar à Cyrus, l’ensemble défini par le tableau suivant :

TABLEAU XXXII.

                         ⎰ - 624 ⎫ 7
                         ⎪        ⎬   Captivité de
Nebucadnetzar  44 ⎫      ⎪ - 617 ⎭     Jéhojachin    ⎫
                  ⎬      ⎬ 37                          ⎪
   Evilmérodac  7 ⎭ - 580 ⎫                            ⎬ 2 × 44 = 88
                  ⎰        ⎪                            ⎪      528
                  ⎪ - 573 ⎬ 7                          ⎪    = ───
44 ⎰ Belsatzar 37 ⎬        ⎪ 37                         ⎪       6
                  ⎪ - 537 ⎰    Darius le Méde          ⎭
                  ⎭ - 536 ⎱    Cyrus

On va d’ailleurs reconnaître que cette disposition, uniquement tirée du texte et fondée sur les 7 ans entre Nébucadnetsar et Belsatzar, s’accorde avec celle qu’enseigne l’Histoire profane, — celle-ci d’ailleurs, nous l’avons plusieurs fois spécifié, ne pouvant dans l’ordre logique de notre investigation, jamais intervenir qu’à postériori.

On a d’après les historiens (nous ne citons leurs dates absolues inexactes, mises entre parenthèses, que pour en conserver les intervalles) :

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Hist. anc. des Peuples       | Bible annotée, Intro-
   de l’Orient, Maspero,     |   duction à Daniel. Hist.
   4e édit. pp. 539, 558,     |   anc. de l’Orient, Guil-
   565.                       |   lemin, 5e édit. pp. 65,
                              |   324, 333.

Commencement de
   Nébucadnetzar    (-605)    |  (-604) Règne de
                              |   43 ans.

Mort de Nébucadnetzar (-562) ⎫  (-561) ⎫
                              ⎪          ⎪
Mort de Evilmérodac           ⎪          ⎪
   fils de Nébucadnetzar (-560) (-559)  ⎪
                              ⎬ 7 ans     ⎬ 7 ans
Mort de Nériglissor            ⎪          ⎪
   beau-frère de Evil-         ⎪          ⎪
   mérodac      (-556)         ⎪ (-555)   ⎪
                              ⎪          ⎪
Avènement de Nabou-            ⎪          ⎪
   nahib ou Belsatzar,          ⎪          ⎪
   fils de Evilmérodac          ⎪          ⎪
   et petit-fils de Nébu-       ⎪          ⎪
   cadnetzar    (-555)          ⎭ (-555, -554) ⎭

Cyrus               -536     |   -536
Mort de Cyrus        -529     |   -529

On voit que les historiens sont d’accord pour évaluer comme nous à 7 ans l’espace de la fin de Nébucadnetzar au commencement de Belsatzar. Ce sont comme nous l’avons dit, les 7 temps qui passent sur Nébucadnetzar et après lesquels, dans la Bible, il est question de Belsatzar (Dan.

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IV, V). De même il y a accord sur la durée, 43 ou 44 ans, de Nébucadnetzar ; et sur la date absolue, celle-ci bien connue, de Cyrus. Pour la première partie du tableau, il y a seulement une erreur systématique d’une vingtaine d’années, de laquelle il suffit de la déplacer tout d’une pièce.

379. Considérons maintenant les nombres absolus de la Bible donnés par le Tableau systématique XXXII.

Ils vont trouver une belle vérification dans l’usage qu’en fait le Livre de Daniel pour repérer les quatre visions du Prophète. Les époques de ces Visions sont indiquées :

1. En Dan. VII, 1   par la 1re année de Belsatzar
2. En Dan. VIII, 1  par la 3e année de Belsatzar
3. En Dan. IX, 1    par la 1re année de Darius
                       le Mède
4. En Dan. X, 1     par la 3e année de Cyrus.

Cet ensemble, on le voit, a déjà en lui-même un caractère systématique que définissent à première vue les deux groupes binaires (1, 2) (3, 4). La matière générale des quatre visions présente un caractère commun ; il consiste, pour chacune, dans la présentation d’un temps de domination des puissances terrestres, suivi d’une vic-

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toire de Christ sur le monde. Le temps des puissances terrestres est signifié, en tête du système, dans le premier terme (1) de leur premier groupe (1, 2) par la durée de quatre Bêtes ou Peuples, c’est-à-dire par 4 périodes historiques quinquaséculaires (Dan. VII, 3). La Venue de Christ est indiquée, dans le premier terme (3) de leur second groupe (3, 4), par la Prophétie des 70 semaines. Cette Venue, c’est la date +30 (Dan. IX, 25).

Quant à l’époque d’apparition des Visions, le groupe (1, 2) se rapporte au commencement, le groupe (3, 4) à la fin des 37 ans de Belsatzar. On remarquera, comme donnée instrumentale pour ce qui va suivre, que le temps d’attente de l’« oblation du soir » de Dan. IX, 21, que nous avons vu (Leçon V) mesurer 7 × 12 = 84 ans [et conduire ainsi de -537 (Darius le Mède ; IX, 1) à -537 + 84 = -453, Edit d’Artaxerxès], est également repéré dans notre Tableau XXXII, en arrière de -537 ; car il nous reporte, dans ce sens, en -537 - 84 = -621, c’est-à-dire, en commençant Nébucadnetzar, à l’année centrale -621 des 7 qui mesurent son règne jusqu’à la captivité de Jéhojachin.

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Cela posé, appliquons à la Victoire de Christ l’idée directrice des Visions, telle que nous venons de la définir. Partons pour cela de la Venue de Christ +30, de Daniel ; et de même que Daniel mesure par 4 périodes historiques la domination des puissances terrestres, mesurons par 4 périodes de 365 1/4 (Christ étant « le Soleil de Justice », Mal. IV, 2) ou 1461 ans, cette victoire de Christ. Cela conduira à un point du temps

+30 + 1461 = +1491.

Pour indiquer que Christ a ainsi recouvert, en les dominant, les 4 périodes quinquaséculaires terrestres de Daniel, rétrogradons maintenant vers le passé d’un espace égal à celles-ci. On aura, par la période prophétique la plus basse 516 :

4 × 516 = 2064 ; et on sera ramené à +1491 - 2064
= - 573 ou à « la première année » - 573 « de Belsatzar » (Vision 1).

On aura ensuite, par la période prophétique la plus haute 528 : 4 × 528 = 2112, et on sera ramené, d’après la même règle, à +1491 - 2112 = - 621 (centre des 7 de Nébucadnetzar ; voy. plus haut) ; d’où, par les 84 qui s’y rapportent, à - 621 + 84 = 537, et c’est la « première année » - 537 « de Darius le Mède ». (Vision 3).

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Telle est donc la raison des deux indications d’année, — la 1re de Belsatzar, la première de Darius le Mède, — pour les Visions 1 et 3. Pour les Visions 2 et 4, les 3 ans indiqués, savoir les 3 de Belsatzar, les 3 de Cyrus, — qui étant écoulés conduiraient aux années - 573 + 3 = - 570 et - 536 + 3 = - 533, centrales des Semaines d’années commençant par les années 1 de Belsatzar et 1 Cyrus, font naturellement penser que l’an + 30 étant intervenu pour les Visions 1 et 3, la correspondance systématique, toujours d’après la règle précédente, doit s’établir ici par le moyen de l’année centrale + 34, milieu de la 70e semaine de Daniel, ou Semaine de Christ, lequel milieu + 34, est d’ailleurs mentionné aussi par Daniel, en Dan. IX, 27. Or cela a lieu en effet ; et se réalise : pour Belsatzar (Vision 2), au moyen de la période solaire 4 × 365 = 1460 ; pour Cyrus (Vision 4), par la période 4 × 365 1/4 = 1461.

On a effectivement, en appliquant la même règle que plus haut : 34 + 1460 = 1494 ; et 1494 - 4 × 516 = 1494 - 2064 = - 570 = - 573 + 3 ; Vision 2).

34 + 1461 = 1495 ; et 1495 - 4 × 528 = 1495 - 2112 =
- 617 (Captivité de Jéhojachin) ;

d’où - 617 + 84 = - 533 = - 536 + 3 (Vision 4).

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On constatera une fois de plus, par ces faits remarquables, la manière dont, progressivement, les traits les plus particuliers de l’Ecriture (ici les dates des Visions de Daniel) viennent prendre leur place dans un système mathématique préordonné.

380. Terminons cette partie de notre analyse par une autre remarque significative. On sait qu’en Esaïe (Es. XLV, 1 ; XLIV, 28) Cyrus, duquel Esaïe prophétise qu’il dira « à Jérusalem : Sois rebâtie, et au temple : Tu seras fondé », est appelé « l’Oint (Messie) de l’Eternel ». On vient d’autre part de reconnaître la correspondance du centre - 533 de la Semaine de Cyrus (voir ci-contre § 379) avec le centre 34 de la Semaine rédemptrice de Christ, ces centres étant reliés par le nombre symbolique significatif 533 + 34 = 567, (et d’ailleurs au sujet d’une Vision, la Vision 4, qui s’étend, en Dan. XII, jusqu’à la Seconde Venue, limite de la Semaine des 7 Eglises, Leçon IX. Si donc l’on fait attention que la Semaine rédemptrice de Christ est assignée, en Dan. IX, 27, à Christ, comme accomplissement de son œuvre, la correspondance doit porter à considérer par analogie la Semaine chronologique des 7 ans de Cyrus comme étant

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un élément concret propre à l’œuvre terminée de Cyrus. Or s’il en est ainsi, quelle profonde vérification n’est-ce pas de constater qu’en effet, dans l’Histoire, le règne de Cyrus, limité par sa mort, en - 529, occupe exactement la Semaine dont il s’agit, (à centre - 533), (les dates chronologiques absolues étant d’ailleurs ici hors de conteste pour l’Histoire profane elle-même), Semaine qui court de - 536 à - 529 où Cambyse succède à Cyrus.

Ce dernier trait ajouté aux précédents confirme victorieusement (voir Tableau XXXII) que tout l’ensemble chronologique depuis le commencement de Nébucadnetzar jusqu’à la fin de Cyrus, est systématique. Il est représenté, si l’on se reporte à ce Tableau chronologique XXXII, par la suite de termes

7 + 37 + 7 + 37 + 7.

Cette suite septenaire est d’ailleurs d’autant plus remarquable qu’elle se prolonge par multiples de 7, après Cyrus lui-même, jusqu’à Artaxerxès Longuemain dont le règne d’après la Bible, son Édit marquant - 453, commence en - 453 - 20 = - 473 ; car on a

539 - 473 = 8 × 7.

On va voir cette construction systématique se continuer en poursuivant maintenant l’analyse

p. 525

des données de la Bible à travers la domination perse, dans laquelle Cyrus vient de nous introduire.

381. Daniel, dans sa prophétie faite au temps de Cyrus (Vision 4) (§ 379) annonce (Dan. XI, 2) qu’il y aura encore 3 rois en Perse, suivis d’un quatrième, puissant par ses richesses, et qui soulèvera le monde contre la Grèce (Javan). Ces 4 rois de Daniel, bien connus par l’Histoire, sont : Cambyse, Smerdis le Mage, Darius et Xerxès.

Mais d’ailleurs Daniel étend en réalité sa vue prophétique, au delà de ce 4e roi, jusqu’à un cinquième qui n’est autre que ce « Chef du Royaume de Perse » (Dan. X, 13) dont l’Envoyé de Dieu venait de lui parler. Ce Chef a résisté à cet Envoyé « 21 jours », ou 21 Olympiades (périodes de 4 ans ; l’Olympiade est une donnée solaire, et qui appartient à la Mathématique biblique ; voy. la Leçon XXI) qui font 21 × 4 = 84 ans, ou les 84 ans de l’« oblation du soir » de Dan. IX, 21 (Leçon V) ; et ceux-ci (voy. Leçon V) étant portés à partir de la « première année de Darius le Mède » (Dan. IX, 1 ; XI, 1 et par rappel, IX, 23 et X, 12), ou - 537, conduisent à - 537 + 84 = - 453, Edit d’Artaxerxès Longuemain, c’est-à-dire à l’Ordre de

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rebâtir la Ville de Jérusalem. Le 5e roi de Perse ainsi envisagé par Daniel est donc, après Xerxés. Artaxerxès Longuemain ; et c’est l’attente de cet instrument prophétique du plan de Dieu (le Chef du royaume de Perse) annoncé au Chapitre X, dans la première partie de la 4e Vision de Daniel (X, XI, XII), qui est donc indiquée en XI, quand, reprenant en XI la liste des Rois de Perse, et commençant (XI, 1) par Darius le Mède, Daniel annonce qu’au delà de Cyrus, où il se trouve (X, 1), il y aura « encore » jusque là (ce qui fera donc compter après les 4 rois mentionnés un 5e roi) 3 + 1 = 4 rois en Perse (XI, 2). Ainsi la série totale des Rois de Perse envisagée par Daniel comprend, de Darius le Mède à Artaxerxès Longuemain, 7 termes (voir plus loin, § 392, le Tableau XXXIII).

382. C’est de cette série des rois de Perse que la partie historique explicite de la Parole de Dieu dans les Livres d’Esdras, Néhémie, Esther, après avoir ainsi parlé à Daniel au temps de Cyrus, a encore à traiter, et par l’Histoire de laquelle la Bible va se clôturer ; car, en quittant Daniel [« maintenant je m’en retournerai » (X, 20)], l’Esprit de Dieu va « combattre le Chef de

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Perse » (X, 20) qui lui « résiste » (X, 13) ; et, son œuvre accomplie, il se retirera (X, 20) ; « puis je sortirai » (Martin)]. Mais après cette clôture de l’Ancien Testament par le silence de la Parole, apparaîtra au monde, et dans l’Histoire du peuple élu, la phase de prépondérance de l’esprit et de la puissance grecs. « Puis je sortirai, et voici, le Chef de Javan viendra » (Martin) ; « et quand je serais parti, voici, le Chef de Javan viendra » (Ostervald) : « et, au moment où je m’en irai, voilà le Chef de Javan qui viendra » (Bible annotée). Et de fait, comme cela est assez connu, la rédaction historique de la Bible (et en même temps la série de ses prophètes, avec le dernier, Malachie), est brusquement interrompue à la limite historique des Perses que Daniel venait d’annoncer et de définir ; et le vide chronologique de quatre siècles et demi qui s’étend ensuite jusqu’à l’Ère chrétienne, comme pour attendre et isoler la Première Venue, est occupé, de Périclès à Alexandre et à Antiochus, par le bouleversement politique et social, préparateur des Romains, qu’amène dans le monde ancien l’influence dominatrice de la civilisation grecque.

383. Ainsi nos idées sont bien fixées.

C’est de cette rédaction historique, relative au monde perse, terminale de l’Ancien Testament,

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et que vient d’indiquer Daniel, que s’occupent, en continuant les Chroniques, les Livres d’Esdras, de Néhémie, d’Esther, et il nous reste à analyser ces derniers documents.

Esdras part de l’Edit de Cyrus, la première année de son règne - 536 (Esd. I, 1, 2). Cet Edit concernait la reconstruction du Temple (non de la ville) de Jérusalem (Esd. I, 2, 3).

Dès - 536, Jeshua et Zorobabel, venus de Babylone (Esd. II, 2 ; III, 2), dressent à Jérusalem l’autel du Dieu d’Israël et y célèbrent le culte.

La 2e année de leur arrivée, soit en - 536 + 2 = - 534 (III, 8), ils commencent la construction du Temple ; mais celle-ci est interrompue, par suite des menées et des intrigues des ennemis des Juifs (IV, 1) (les Samaritains) (IV, 10, 17), jusqu’à la seconde année du règne de Darius, roi de Perse (IV, 24), où, sous l’impulsion des prophètes Aggée et Zacharie alors à Jérusalem (V, 1, 2), Zorobabel et Jeshua entreprennent définitivement cette reconstruction. Autorisée par ordre de Darius (VI, 1-12), elle est terminée la sixième année du règne du roi Darius (VI, 15).

Darius est le 3e des 4 rois de Perse de Daniel. Esdras se trouve d’accord là-dessus et a soin de le spécifier. C’est ce que fait de la manière suivante la rédaction de son Livre. On y lit en IV

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4, 5 que, de Cyrus à Darius, la reconstruction du Temple ordonnée par Cyrus, se trouve empêchée. « Alors le peuple du pays rendit lâches les mains du peuple de Juda, en l’effrayant (pour l’empêcher) de bâtir ; et ils soudoyèrent contre eux des conseillers pour dissiper leur entreprise, pendant tout le temps de Cyrus, roi de Perse, jusqu’au règne de Darius, roi de Perse ». Vient ensuite, IV, 6 à IV, 23, le récit de ces empêchements hostiles ; et pour bien marquer, comme le texte venait déjà de le dire, qu’ils sont antérieurs à Darius, ce récit est encadré (avec IV, 4, 5) en IV, 24, par la déclaration réitérée que par eux le travail des Juifs fut arrêté jusqu’au règne de Darius :

« Alors l’ouvrage de la maison de Dieu, qui est à Jérusalem, cessa, et fut arrêté jusqu’à la seconde année du règne de Darius, roi de Perse ».

[On fera attention, à cet égard, qu’au verset IV, 6 la préposition « puis » (Puis, pendant le règne d’Assuérus), de certaines traductions, après qu’au verset IV, 5 il vient d’être question de Darius, n’est dès lors pas une traduction exacte ; de fait, on la voit rendue dans d’autres interprètes (Bible de Martin, 1722) par « car » (Car pendant le règne d’Assuérus) ; Segond traduit simplement, sans préposition : (IV, 6)

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« Sous le règne d’Assuérus » ; la Bible annotée traduit : « Et sous le règne d’Assuérus »].

Or, pour en venir à notre objet (la série des rois de Perse dans Esdras et le rang de Darius dans cette série), au cours de ce récit des difficultés suscitées aux Juifs dans la reconstruction du Temple, deux rois de Perse sont mentionnés par Esdras auxquels les ennemis de Juda adressent des accusations contre ces Juifs. Ces adversaires ne craignant pas d’ailleurs, pour favoriser leur dessein, d’identifier la reconstruction du Temple avec celle de la Ville elle-même, de la Jérusalem « séditieuse et rebelle, de tous temps pernicieuse aux rois et aux provinces » (IV, 12, 15). Ainsi, en tout état de cause, deux rois de Perse sont placés par Esdras entre Cyrus et Darius. Il les désigne par les noms Assuérus (IV, 6) et Artaxerxès (IV, 7) desquels, pour comprendre la portée comme correspondants possibles du Cambyse et du Smerdis de l’Histoire profane, il suffit de savoir que ce sont (à la manière du mot Pharaon chez les Egyptiens) de simples termes qualificatifs qui veulent dire respectivement : « roi lion » et « grand héros ». C’est ainsi que déjà dans Daniel (Dan. IX, 1), on voit que Darius le Mède est le fils d’un Assuérus.

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Par conséquent Esdras est bien d’accord avec Daniel pour compter Darius 3e roi après Cyrus.

384. Poursuivons notre analyse de l’Histoire biblique.

Le Temple est reconstruit, sous Darius, par Zorobabel, Jeshua et leurs compagnons, assistés par Aggée et Zacharie ; et ici se place dans le texte un trait bien remarquable, comme nouvelle vérification de la série des rois de Perse que nous avons vue, dans l’enseignement prophétique de Daniel, limitée à Artaxerxès Longuemain. Ce trait c’est — après qu’il a été question de l’ordre donné par Darius (Esd. I, 8, etc.) de laisser les Juifs continuer à bâtir le Temple, ordre fondé par lui, ce qui est à noter, sur la connaissance de l’Edit de Cyrus, retrouvé dans les archives officielles du royaume (VI, 1-3, etc.), — la déclaration du Verset VI, 14 : « Les anciens des Juifs bâtissaient et avançaient, selon la prophétie d’Aggée, le prophète, et de Zacharie, fils d’Iddo. Ils bâtirent donc et achevèrent, d’après l’ordre du Dieu d’Israël, et d’après l’ordre de Cyrus, de Darius, et d’Artaxerxès, roi de Perse. » Non seulement le groupe de Daniel, terminé par Artaxerxès Longuemain, est ici repéré dans son ordre historique, mais l’Artaxerxès, roi de Perse, men-

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tionné, puisqu’il est caractérisé par l’ordre qu’il a donné de rebâtir, est indubitablement Artaxerxès Longuemain, ou le 5e roi de Daniel.

Il importe en même temps d’observer que l’« ordre du Dieu d’Israël » est mis ici sur le même rang d’importance (et inversement) que celui des rois. Cela signifie d’une part l’Inspiration de cet ordre des rois ; d’une autre l’unité, indissoluble dans la pensée divine, de tous les éléments de l’économie historique qui nous occupe. Cette dernière observation est utile pour écarter une objection. Elle implique en effet d’elle-même le fait qu’Artaxerxès est cité dès ici aussi bien que ses prédécesseurs, — l’œuvre de Dieu étant une, — quoique la chose réalisée ne soit encore que la reconstruction du Temple (Artaxerxès a donné l’ordre de rebâtir la Ville). La critique moderniste attribue la mention apparemment anachronique d’Artaxerxès à une erreur historique, ou à une faute de copiste. Mais il nous suffira pour justifier notre point de vue, l’unité de conseil d’une Inspiration directrice supérieure, de renvoyer le lecteur et cette critique à un autre fait, celui-ci non déformable et qui fait corps avec le précédent. Il s’agit de ce qu’Esaïe, prophétisant trois siècles plus tôt au sujet de

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Cyrus, dont l’Edit ne concernait nominativement que le Temple, parle cependant ainsi par l’Esprit de l’Eternel, en nommant Cyrus (Es. XLIV, 24-28) : « Ainsi dit l’Eternel ton Rédempteur, qui t’a formé dès le sein maternel : C’est moi, l’Eternel, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux et qui, par moi-même, étendis la Terre ; … qui fais retourner les sages en arrière, et change leur science en folie ; qui confirme la parole de mon serviteur, et accomplis le conseil de mes envoyés ; … qui dis de Cyrus : Il est mon pasteur, il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : Sois rebâtie, et au Temple : tu seras fondé ».

385. Après cette déclaration (Esd. VI, 14), concernant la suite historique Cyrus-Darius-Artaxerxès, (I), le Livre d’Esdras nous transporte

(1) Ici encore interviendrait une remarque digressive intéressante concernant la comparaison des deux groupes des rois de Perse d’Esdras et de Daniel. Elle consiste en ce que, dans Esdras, le roi qui existe entre Darius et Artaxerxès (c’est-à-dire Xerxès) n’est pas mentionné. Il y a entre eux dans le récit un hiatus historique, et cet hiatus est voulu. Ce qui le prouve, c’est que cette disposition a sa correspondante dans Daniel, en ce sens que le groupe de 4 rois de Daniel Cambyse à Xerxès est partagé en 3 + 1, de manière à assigner à Xerxès une place à part dans l’énumération suivie, c’est-à-dire, en analogie avec Esdras, un isolement significatif.

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de manière concrète dans le règne d’Artaxerxès (Longuemain), et, en Esd. VII (VII, 1), introduit Esdras lui-même comme personnage historique.

Envisageons donc l’œuvre missionnaire d’Esdras.

Esdras est un scribe versé dans la Loi de Moïse. Il vient de Babylone à Jérusalem la 7e année du roi Artaxerxès (VII, 8). De même que Zorobabel a reconstruit le Temple, Esdras réorganise le Culte et rétablit les ordonnances de la Loi de Moïse (VII, 10, 25) ; c’est plus tard que Néhémie reconstruit la Ville de Jérusalem elle-même, la 20e année d’Artaxerxès (Neh. I, 1 ; II, 2, 5, 11 ; III, 1 ; IV, 1 ; VII, 1 ; XII, 27). Comme on sait déjà par la Bible que la 20e année d’Artaxerxès repère le point chronologique - 453, et comme dans Esdras, Néhémie (et aussi dans Esther), on le verra, toute la Chronologie est donnée en années d’Artaxerxès, il s’ensuit que cette Chronologie est, dans nos documents, depuis l’arrivée d’Esdras à Jérusalem, entièrement déterminée. C’est ainsi qu’on a pour l’arrivée d’Esdras (VII, 8) à Jérusalem (Esd. VII, 8) la date

- 473 + 7 = - 466.

On peut remarquer d’après cela que la restauration de la Loi de Moïse (celle du premier Pen-

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tateuque) a lieu, par Esdras, au cours du Pentateuque (ou ensemble caractérisé par le nombre 5) (I Chron. à Esther ; voy. plus haut § 373), un nombre d’années après le Sinaï égal à 1516 - 466 = 1050 =

      (5)
(1. 2. 3. 5. 7.) × 5

386. La chronologie relative à la reconstruction de la Ville peut donc être considérée comme connue ; et le seul point qu’il reste à élucider dans la matière est dès lors, en revenant un peu en arrière, la détermination chronologique de la reconstruction du Temple. Il nous était nécessaire d’anticiper comme nous venons de le faire pour pouvoir embrasser dans un même ensemble ces deux grands événements.

La détermination du premier dépendait des années d’Artaxerxès ; celle du second va relever de la connaissance des années de Darius, et tout d’abord, d’après ce qui précède (Esd. IV, 5, 24), de la seconde année de Darius. Cette année, en effet, repère le point chronologique où commence la reconstruction, laquelle sera terminée à la 6e année de Darius (Esd. VI, 15).

Or de même que la Prophétie de Daniel avait

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conduit dès l’abord (Leçon V), par les 70 Semaines de Daniel IX, à l’identification des années d’Artaxerxès, de même c’est la prophétie de Daniel, c’est-à-dire ici, dans l’ordre de notre sujet, sa Vision 4 commençant le Chapitre Dan. X et qui s’étend par XI et XII jusqu’à la fin des temps de l’Histoire, qui s’offre à nous pour la détermination des années de Darius. C’est ce que nous allons établir, § 390, mais après avoir envisagé notre sujet sous un aspect encore plus général.

387. La considération d’ensemble de ces deux groupes d’années, celles de Darius, celles d’Artaxerxès, par le Temple, signe du Sacrificateur, par la Ville ensuite, signe de la Royauté, porte d’elle-même à supposer qu’un sens spirituel profond se cache sous l’ordonnance concrète de ces événements historiques.

En dehors de ce sens plus profond, on ne comprendrait évidemment pas, ni l’importance à eux attribuée, ni l’ordre spécifié de ces objets, dans la Parole de Dieu.

Or il est aisé de voir que l’idée seule de la « reconstruction » impliquant celle d’une destruction antérieure, elle rappelle nécessairement, dans le point de vue spirituel, le fait de la Chute de l’Homme, et que, dans ce même ordre, c’est

p. 537

bien ensuite à la Première Venue comme Sacrificateur que Christ relève le Temple, à sa Seconde Venue comme Roi qu'il rétablit, sous le signe de la Ville, la forme normale du Règne et de la Puissance, par la fondation visible du Royaume de Dieu.

C'est donc de cette grande vue de l'économie historique de l'Humanité que les deux faits historiques définis et restreints qui nous occupent dans la vie du Peuple élu sont des signes et le symbole.

388. Cette vue systématique sert d'ailleurs de trame à la dernière Vision de Daniel, et l'étend d'Adam à la Seconde Venue, sur toute l'Histoire de l'Humanité.

On voit en effet au verset X, 4, Daniel placé aux bords du « grand fleuve », le Fleuve de l'Histoire, et tout à l'origine de celle-ci, car ce fleuve est l' « Hiddekel (ou le Tigre), qui coule à l'Orient de l'Assyrie » (Gen. II, 14), ou celui des quatre fleuves de l'Eden (Gen. II, 10-14) qui se trouve à l'Est du point initial de la succession des peuples de la Loi historique.

De ce lieu de la Création de l'Homme (l'Eden), Daniel regarde, et voit le Fils de Dieu (Dan.

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X, 5, 6), avec tous les mêmes traits sous lesquels plus tard Jean, dans l'Apocalypse, devait le contempler (comp. Apoc. I, 12-16). Mais ni lui, l'Elu (Dan. X, 11) qui voit, ni les hommes qui sont avec lui et qui, dans le sentiment confus de cette présence de Dieu, comme autrefois le premier Homme (Gen. III, 8) fuient pour se cacher, (Dan. X, 7), ne peuvent supporter cette présence. L'être entier de Daniel, par l'impossibilité de ce contact du fini et de l'Infini, est transformé et détruit (Dan. X, 8) ; comme plus tard le Prophète de l'Apocalypse encore, il tombe comme mort aux pieds de Celui qui est le Premier et le Dernier (Apoc. I, 17 ; Dan. X, 8, 9) ; c'est la Chute par le Péché, et le Péché est connu par la Parole de Dieu (Dan. X, 9 ; Gen. III, 8). Ce péché détruit la possession de l'âme (Daniel tombe assoupi X, 9), et la possibilité de tout relèvement de l'Homme par sa force propre, (il est tombé la face contre terre, et n'a conservé aucune force ; Dan. X, 9, 8).

Mais dans cet état de Chute de l'Homme, une double action rédemptrice intervient de la part de Dieu, pour opérer son relèvement.

Une première fois, une main touche le corps de Daniel, et d'étendu qu'il est sur le sol le fait mettre sur ses genoux et sur les paumes de ses

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mains (Dan. X, 10). Il lui est ensuite ordonné de se tenir debout « à la place où il est » (Dan. X, 11). C'est ici la figure de la première alliance avec les patriarches (Abraham), constituant un relèvement partiel, suivie de la Loi apportée par Moïse (l'envoyé, X, 11) dans le même milieu, c'est-à-dire toujours encore dans l'Ancienne Alliance. Mais Daniel, sous la Loi, n'est debout qu'en tremblant (X, 11), tient son visage tourné vers la terre, et reste muet (X, 11, 15).

La seconde intervention de Dieu est (Dan. X, 16, 18) par « quelqu'un qui a l'apparence d'un homme ». Celui-ci touche les lèvres de Daniel, apaise sa crainte et le fortifie ; « que la paix soit avec toi ; prends courage, prends courage » (Dan. X, 19. C'est, par opposition à la Loi, l'Alliance de Grâce et la Venue de Jésus-Christ. Par l'esprit de Dieu qui lui est maintenant donné, Daniel ou l'homme élu (X, 19), tout en sentant plus profondément encore l'abîme que son état de péché tend sans cesse à ouvrir entre lui et la Sainteté de Dieu, (Dan. X, 17), parle cependant avec son Seigneur (Dan. X, 16-19). Ainsi se trouve accomplie l'œuvre de régénération spirituelle de l'Homme, et virtuellement accomplie aussi dans le temps l'économie de ce qu'on appelle proprement l'Histoire. Car Daniel a été transporté

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à l'origine de l'Histoire de l'Homme, et il lui est déclaré (Dan. X, 14) que la Vision s'étend jusqu'aux derniers jours. Cette vision comprend donc toute la Bible ou « l'Ecriture de vérité » (Dan. X, 21) ; elle se résume dans un combat contre les puissances du monde (Dan. X, 13, 20) où sera vainqueur « Micaël », le défenseur du Peuple élu, aux temps de la Seconde Venue et de la Résurrection des morts (Dan. X, 13, 21 ; XII, 1, 2), époque à laquelle viendra comme Roi « le Rois des rois et le Seigneur des seigneurs » (Apoc. XIX, 16) pour rebâtir la « Ville » (Apoc. XXI, 9-27). Mais avant cela, à la Première Venue, ainsi que l'annonçait le dernier des prophètes de l'Ancienne Alliance, (Mal. III, 1), « le Seigneur » que Daniel cherche, sera déjà comme Sacrificateur, entré « dans son Temple ».

389. Voyons maintenant comment les nombres du texte justifient cette interprétation.

Daniel est transporté à l'origine de l'Humanité (Dan. X, 4) « le 24e jour du premier mois ». Or, comme nous le savons, toute l'Histoire est mesurée, d'Adam à la Seconde Venue, par 12 périodes quinquaséculaires ou « mois » de 523 ans, dont 8 s'écoulent d'Adam à l'ère chrétienne, et

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les 4 restants, de la fin +37 (fin des 70 Semaines de Daniel) de la Vie terrestre de Christ (voy. Dan. IX, 27), au centre de la phase de 100 années [Apogée de la dernière période historique du dernier peuple chef (voy. Leçon XVII) qui se termine à la Seconde Venue]. Ce dernier événement est en effet repéré (Leçon X) par le groupe de trois années

2178   2179   2180 ;

et on a

37 + 4 × 523 = + 2129   et   2129 + 100/2 = 2179.

Le premier mois est de 523 ans. Le 24e jour de ce mois repère donc l'espace chronologique

24/30 × 523 = 418, 4,

et cet espace, amplifié dans la mesure de la parfaite stature de l'homme (2 × 5 = 10) qui se relève pour atteindre à Christ (Dan. X, 9, 10, 11), donne

418,4 × 10 = 4184,

ou, comme on le sait, le temps qui s'écoule de l'Adam terrestre, au niveau duquel Daniel se trouve en X, 4, à l'Adam céleste dont la révélation se fait pour lui en X, 5, 6.

Ainsi l'indication numérique de X, 4 marque

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bien, conformément à notre interprétation, qu'il s'y agit de l'Eden et d'Adam.

Considérons maintenant la seconde indication du même ordre qui, dans l'espèce du sujet, nous est proposée, savoir les « 21 jours » de X, 13, lesquels mesurent la lutte de Christ après sa première venue, (le grand combat de Apoc. XII, 7, où aussi « Micaël » ou « Michel » se retrouve) contre les puissances de la Terre et du Ciel.

« 21 jours », puisque en hébreu

(jours) = 100,

mesurent 2100 ans ; et comptés à partir du Sacrifice de Christ au milieu de la 70e Semaine, ou en + 34 (Dan. IX, 27), ils conduisent à

34 + 2100 = 2134 ;

mais puisqu'il s'agit ici de la recontruction de la Ville, il faut encore y ajouter le « temps » fâcheux où « les places et les fossés seront rétablis » (Dan. IX, 25), et ce temps n'est autre que les 45 ans de Dan. XII, 11, 12 (1335 - 1290 = 45) qui amènent la Seconde Venue. On a ainsi effectivement

34 + 21 × 100 + 45 = 2134 + 45 = 2179,

nombre déjà mis en œuvre à l'égard de cette Seconde Venue dans notre détermination précé-

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dente, celle qui reliait Adam, - 4184, à la Seconde Venue par la considération des 12 mois de 523 ans, et à la Première Venue par le « premier » de ces Mois, lequel intervenait en Dan. X, 4. Ce trait de concordance entre les deux déterminations est remarquable et très démonstratif.

390. Ces vérifications aussi simples que frappantes ne nous permettent pas de douter que bien par delà les contingences historiques restreintes propres au Peuple élu, la Vision du Chapitre X de Daniel a la portée la plus profonde, concernant l'Histoire totale, spirituelle et temporelle de l'Humanité, c'est-à-dire l'œuvre entière de Christ.

Les notions positives de la reconstruction du « Temple », de la « Ville » ne sont que des symboles de la Première, de la Seconde Venues.

Revenons maintenant, en nous éclairant de cela, à notre objet premier et concret, qui était de rechercher dans ce même Chapitre X de Daniel, la Chronologie de la reconstruction du Temple sous Darius, (précédant celle de la Ville sous Artaxerxès).

Dans un ordre méthodique par signes externes, il est évident que ces deux reconstructions histo-

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riques doivent corrrespondre aux deux indications numériques successives de notre document, savoir celles de X, 4 et X, 13 qui viennent de reproduire respectivement la Première et la Seconde Venues.

Nous savons d'ailleurs déjà (§ 381) que la seconde indication X, 13, celle des « 21 jours » conduit effectivement, — quand ces « jours » désignent des Olympiades ou périodes solaires Bibliques de 4 ans, qui font les 21 × 4 = 84 ans ou 12 Semaines de l' « Oblation du soir » (Dan. IX, 21) aboutissant (Leçon V) à la date - 453 de l'Edit d'Artaxerxès, — à la Reconstruction de la Ville ; et ceci nous confirme bien, même nous démontre, que la première indication, X, 4, va maintenant concerner celle du Temple.

Nous commencerons par bien faire remarquer la netteté avec laquelle est spécifiée en tout ceci, comme ère de computation, la première année - 537 de Darius le Mède (IX, 1), celle à partir de laquelle sont comptés pour la « Ville » les 84 ans de Daniel, dont il vient d'être question. Non seulement cette 1re année de Darius le Mède est explicitement mentionnée (Dan. XI, 1) quand, en XI, 1, le messager de Dieu expose plus en détail à Daniel la suite des faits historiques dont

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il venait de lui tracer déjà (en Dan. X) le cadre général, mais elle est indiquée aussi en tête même de toute la Vision, c'est-à-dire en X, 1, par la mention du nom Belshatsar attribué expressément ici à Daniel. Nous avons vu en effet (Leçon XI) que par cette attribution, qui change (Daniel) = 95 en (Beltshatsar) = 632, Daniel est instruit à se placer, dans sa prophétie, en 632 - 95 = 537 avant Christ qu'il annonce et dont il est symboliquement le représentant ; et c'est donc bien l'intention d'assigner à Daniel pour ère de ses nombres prophétiques cette même première année - 537 de Darius le Mède, qui donne sa raison d'être en X, 1 au rappel singulier du nom de Beltshatsar, autrement sans explication, mais dont l'opportunité devient dès lors évidente.

Cela posé, et venant donc à la première indication systématique de X, 4, on pourrait d'abord être tenté de l'appliquer telle quelle à l'ère indiquée - 537. Mais on est immédiatement arrêté dans cette voie par la considération d'une autre indication numérique qui précède immédiatement celle-là, et qui, en X, 2, 3, est encadrée entre la mention - 537 (Beltshatsar) de X, 1, et celle (§ 389) des 4184 de X, 4 qui conduisent au

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« Temple » de la Première Venue. Il s'agit des nouvelles indications précises suivantes :

« En ce temps-là, moi Daniel, je fus dans le deuil pendant 3 semaines. Je ne mangeai point de pain précieux. » (C'est le terme de l'original) pain, comme en Gen. III, 19 : « tu mangeras le pain à la sueur de ton visage » ; en Ex. XXXV, 13 : « les pains de proposition » ; etc.) ; « il n'entra dans ma bouche ni chair ni vin, et je ne m'oignis point jusqu'à ce que les 3 semaines fussent accomplies ».

Ces termes indiquent en effet clairement : tant par le pain précieux, choisi, la chair (Pâque), que par le pain, le vin (Sainte Cène), le culte et le Temple ; et en confirmation, par l'Onction (de la Sacrificature), encore le Temple. Il n'y a donc aucun doute que ces 3 Semaines d'attente de X, 2, 3 qui conduisent à X, 4, c'est-à-dire encore les trois premières des 12 Semaines de l' « Oblation du Soir » (voy. plus haut) qui conduisaient à la reconstruction de la Ville (- 537 + 12 × 7 = - 453) déterminent ici la reconstruction du Temple. Or ceci va nous conduire à une dernière vérification des plus importantes de tout le système mathématique de la Bible ; elle consiste en ce qu'en comptant, d'après cela, 3 semaines ou 3 × 7 = 21 ans à partir de l'Ere com-

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mune indiquée - 537, on trouve pour la date de la reconstruction du Temple :

- 537 + 21 = - 516,

c'est-à-dire exactement une période quinquaséculaire, ou I temps de Daniel, avant la Venue de Christ.

391. Mais d'autres vérifications du même ordre suivent alors cette première donnée si remarquable. Elle vont faire voir qu'il ne s'agit ici de rien moins que de la mise en évidence du système entier des périodes quinquaséculaires prophétiques de la Bible, ou que la détermination précédente fait partie de tout un ensemble ordonné. Car puisque nous savons (§ 383) que la reconstruction repère la 6e année de Darius, et qu'elle a commencé à la 2e année, il s'ensuit que le commencement de l'œuvre de Zorobabel a pour repère

- 516 - (6 - 2) = - 516 - 4 = - 520,

c'est-à-dire, avant Christ, un intervalle de temps égal à la seconde 520 de nos trois périodes prophétiques 516, 520, 528. Telle est donc la raison de la désignation de cette « 2e année de Darius » dans Esdras, et de l'insistance aussi avec laquelle cette même année est reproduite en tête des pro-

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phéties d'Aggée et de Zacharie (Aggée, I, 1 ; Zach. I, 1), les deux prophètes qui accompagnent Zorobabel et Jéshua (Esd. V, 2). Il y a plus encore. Comme nous l'avons vu (Leçon XI), cette année 520 qui lie ainsi Darius, comme un instrument de Dieu, à la construction du Temple, n'est autre chose, par son indication du temps jusqu'à Christ, que la valeur numérique du nom même de

(Darius) = 520.

(C'est par un fait systématique tout analogue, que le nom particulier Beltshatsar de Daniel, rappelons-le, avait eu pour objet de le lier à la date - 537).

Enfin, après cela, on se demandera nécessairement si la troisième période prophétique 528 ne sera pas à son tour indiquée ; et l'idée la plus naturelle qui se présente sera qu'elle se rattache à Cyrus. En la mesurant à partir de Christ, on remonte en effet encore plus haut par elle dans le temps, et d'autre part, la durée d'attente jusqu'à la reconstruction du Temple est expressément mentionnée comme s'étendant de Cyrus à Darius (Esd. IV, 5 ; 24). Or l'Edit de Cyrus, ou sa première année, étant - 536, et le Temple commençant en - 520, on a en effet pour le centre de cette attente mentionnée :

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(- 536 - 520)/2 = - 528.

Remarque. On observera d'ailleurs que ce centre est en lui-même indiqué aussi par la circonstance que, dans le Livre d'Esdras, le nom de Cyrus depuis I, 1 qui mentionne la première année de Cyrus ou - 536 jusqu'à IV, 5 qui termine Cyrus et commence Darius, se compte 8 fois ; savoir aux versets :

1   |   Esd. I, 1
2   |   I, 1
3   |   I, 2
4   |   I, 7
5   |   I, 8
6   |   III, 7
7   |   IV, 3
8   |   IV, 5

et que l'on a

- 536 + 8 = - 528 ;

et d'autre part, le nom de Cyrus comme celui de Darius ayant pour valeur numérique (Leçon XI) : (Cyrus) = 520, on a aussi

(Cyrus) + 8 = 528.

Le commencement de Darius étant, d'après ce qui précède, repéré par

p. 550
- 516 - 6 = - 522
- 520 - 2 = - 522,

on a enfin une dernière vérification en ce que ce commencement se trouve alors également repéré dans le système septénaire amorcé par l'ensemble antérieur : Nébucadnetzar - Cyrus (Tableau XXXII) ; car les 7 années de Cyrus conduisant à - 536 + 7 = - 529, on a

- 529 + 7 = - 522 (Darius),

et de là au commencement d'Artaxerxès, - 473 :

522 - 473 = 49 = 7 × 7 ans.

En récapitulant tout l'ensemble qui précède, on devra, pensons-nous, le considérer comme une très belle et décisive vérification donnée, par la Chronologie de la Bible, de la réalité intentionnelle du système 516, 520, 528 de ses trois périodes prophétiques.

392. La Chronologie de la reconstruction tant du Temple que de la Ville étant ainsi restituée, cela nous permet de continuer comme suit la Chronologie biblique, déjà dressée plus haut (§ 378), de Nébucadnetzar à Cyrus. Nous mettons en parallèle les données de l'Histoire profane (les nombres en sont pris dans la Chronologie de Dreyss).

p. 551

TABLEAU XXXIII.

Groupe des Rois de Perse de Daniel — Esdras.

                Rois                    Bible            Données de l'Histoire
                                                              profane.

1. Darius le Mède                       - 537                  - 537
2. Cyrus                                - 536 ⎫ 7              - 536
3. Cambyse                              - 529 ⎬                - 529
4. Smerdis le Mage                              ⎫ 7
5. Darius                               - 521 ⎬                - 521
                          5 × 7 ⎫              ⎬ 12 × 7
6. Xerxès                               - 487 ⎬ 7 × 7   - 485 à - 465 ?
                          2 × 7 ⎬ (suite septen.)      (donné pour douteux : trop avancé)
7. Artaxerxès Lon-                      - 473 ⎭        - 465 ? à - 425
   guemain
   Edit d'Artaxerxès                    - 453

393. Il ne nous reste plus pour terminer notre analyse qu'à envisager l'ensemble des deux derniers des Livres de notre « Pentateuque » (§ 376), savoir les Livres de Néhémie et d'Esther. Ils terminent aussi le canon des Livres historiques de l'Ancien Testament.

Après qu'Esdras en - 466 (marqué par - 473 + 7 ; Esd. VII, 8) a rétabli à Jérusalem l'observation des ordonnances de Moïse (Esd. VII, X), on voit, en Néhémie, toujours sous le règne d'Artaxerxès, Néhémie, par l'Edit d'Artaxerxès, - 453, (Néh. I, 1 ; II, 1), venir à Jérusalem pour rebâtir la Ville. Son ministère dure 12 ans, de la

p. 552

20e à la 32e année d'Artaxerxès (Néh. V, 14), ce qui conduit à - 441, et c'est ici la date la plus avancée dans le temps citée par l'Ancien Testament.

Nous avons vu (Leçon VIII), la remarquable correspondance qui, à distance de 5 périodes quinquaséculaires, s'établit (par le centre des 12 ans précités) entre cette date et la limite + 2133 des 1290 ans de Dan. XII, 11.

(Le terme de 12 ans est d'ailleurs à tous égards bien isolé dans le récit lui-même, car après ces 12 ans Néhémie retourne momentanément en Perse ; Néh. XIII, 6).

394. Le Livre d'Esther, qui suit immédiatement Néhémie, se présente, par sa situation dans la Bible aussi bien que par son sujet, qui montre les Juifs recourant au roi de Perse Assuérus contre leurs ennemis, et en obtenant un édit (Esther VIII, 3, et suiv.), comme se reportant exactement à la même époque qui vient de nous occuper dans Néhémie ; et l'indication la plus naturelle est dès lors que l'Assuérus dont il est question dans ce Livre d'Esther n'est autre que le roi de Perse Artaxerxès-Longuemain.

Le parallèle plus serré des Livres d'Esther et de Néhémie confirme cette première observation.

p. 553

Dans l'un et l'autre la capitale de l'Assuérus est Suse (Néh. I, 1 ; Esther, I, 2), la femme du Roi (Néh. II, 6) intervient en faveur des Juifs. L'année où Assuérus établit Esther reine - 466 (= - 473 + 37 ; Esth. II, 16) est celle-là même où le Juif Esdras, ayant obtenu une lettre d'Artaxerxès qui ordonne de rétablir à Jérusalem la loi et les ordonnances de Moïse, vient de Babylone à Jérusalem (Esd. VII, 8 et suiv.). L'année d'Artaxerxès où sa femme intervient dans Néhémie est la 20e (Néh. I, 1) ; et c'est, déjà la 12e année d'Assuérus (Esth. III, 7 et la suite du Livre), qu'Esther avait déjoué la conspiration d'Haman. Les dispositions bienveillantes d'Artaxerxès dans Esdras et Néhémie s'expliquent donc d'elles-mêmes par les événements du Livre d'Esther, s'il y a identité entre l'Assuérus et l'Artaxerxès. Mais cela étant, les indications numériques de la Bible mettent, comme nous allons le montrer, cette identité hors de doute.

395. Tout d'abord, si l'Assuérus d'Esther est Artaxerxès-Longuemain, le chaînon d'années de la 7e année à la 12e année d'Assuérus, qui constitue la dernière mention chronologique de l'Ancien Testament, (la dernière dans l'ordre du texte), et au cours duquel Esther, reine, sauve

p. 554

son peuple, a son centre exactement distant de 4 périodes historiques, ou temps de Daniel de 516 ans, de l'origine du monde postdiluvien ou du Déluge - 2528 ; ce qui montre alors tout l'Ancien Testament historique mesuré, après le Déluge, par les 4 Peuples chefs qui, dans ce même monde postdiluvien, représentent les 4 Conducteurs de l'Apocalypse (Apoc. VI).

On a en effet alors, le règne d'Artaxerxès ayant pour commencement - 473 :

- 473 + 7 = - 466
- 473 + 12 = - 461
- (461 + 466)/2 = - 463,5 soit - 464 ;

et - 464 - 4 × 516 = - 464 - 2064 = - 2528 (Déluge).

Il importe de remarquer que le Livre d'Esther, par les 12 mois dont la mention est faite ensuite, mois qui courent jusqu'à la fin du Livre (en Est. IX, 1-21) et qui font une année, donne, outre - 461, le repère - 460 pour sa limite la plus avancée dans le temps. Or ce dernier nombre est extrêmement remarquable ; il est en effet distant de la Loi (le Sinaï, - 1516) de 2 périodes de 528 ans ; de la Seconde Venue, + 2180, de 5 de ces périodes, et n'est autre chose, dans le système des 7 Eglises de l'Apocalypse, que le commence-

p. 555

ment de la troisième, Pergame, sous laquelle, au centre + 68/2 = + 34 de l'espace 68 dont elle dépasse l'Ere Chrétienne, a lieu le Sacrifice de Christ.

396. Mais outre cette première preuve de la coïncidence de la Chronologie des Livres d'Esther et de Néhémie, et par suite de l'identité d'Assuérus et d'Artaxerxès, preuve qui serait déjà concluante, d'autres données numériques du Livre d'Esther, comparées à celles du Livre de Daniel, auquel nous sommes de nouveau ici ramenés, vont rendre la chose encore plus assurée.

En tête du Livre d'Esther, dans son premier verset (Esth. I, 1), se trouve, au sujet d'Assuérus, la mention très particulière du nombre 127 (nombre premier) des provinces dont se composait son empire, et ce nombre 127 rappelle de lui-même à l'attention le nombre analogue 120 des satrapes établis par Darius le Mède sur tout son royaume (Dan. VI, 1), avec, au dessus d'eux, 3 ministres au nombre desquels était Daniel.

(Par analogie, dans le Livre d'Esther le nombre 127 des provinces est mentionné 3 fois ; Esth. I, 1 ; VIII, 9 ; IX, 30). Le nombre 120 constitue la mesure de la domination de Darius le Mède, premier fondateur, dans l'espèce du sujet, de la

p. 556

puissance des Perses ; et en étendant cette mesure sur l'échelle chronologique à partir de son ère, bien connue maintenant, - 537 (de Darius le Mède), on arrive au point

- 537 + 120 = - 417

et l'écriture de ce nombre fait immédiatement remarquer que si, au lieu du premier nombre 120, on avait introduit semblablement 127, (qui met en évidence le nombre divin 7), on eût obtenu

- 537 + 127 = - 410,

valeur numérique de (Saint) = 410 et Christ = 410, résultat manifestement indicateur du fait que le nombre 127 a une portée prophétique.

Voyons maintenant ce qui ressort de la spécification subsidiaire que l'espace de 120 ans est (par les 3 ministres établis sur lui) partagé en 3 parties. Daniel en occupe une ; et cette portion qui lui est attribuée est connue ; on sait en effet par Dan. VI, 28 que « Daniel prospéra sous le règne de Darius et sous le règne de Cyrus, roi de Perse ». Ceci assigne donc à la première des trois parties la durée qui s'écoule de - 537 à la fin - 529 du règne de Cyrus. Il reste alors pour les parties 2 et 3, qui représenteront la puissance propre des Perses, un espace égal à

529 - 417 = 112 = 16 × 7 ans,
p. 557

et dans cet espace le centre est signalé à l'attention par le fait même qu'aucune autre indication n'existant plus, les deux parties composantes doivent être regardées comme égales. Une vérification peut donc se trouver en ce que ce centre soit un point remarquable déjà connu. Or il en est ainsi ; ce centre n'est autre chose en effet que le commencement - 473 du règne d'Artaxerxès Longuemain, ou du 7e roi et dernier du groupe des rois de Perse de Daniel et d'Esdras. Nos données bibliques avaient donc ici pour but évident de rattacher Darius à Artaxerxès, et elles enseignent clairement à regarder cet Artaxerxès, qui termine l'Histoire dans l'Ancien Testament, comme le représentant par excellence de la puissance des Perses. On a bien en effet :

(- 529 - 417)/2 = 946/2 = - 473.

Cela posé, c'est-à-dire Darius le Mède et Artaxerxès Longuemain formant dans la question un élément systématique, considérons les deux données conjuguées caractéristiques :

Darius et ses 120 ;

Artaxerxès (Assuérus) et ses 127.

Darius institue sa domination ; ses 120 doivent donc être comptés vers l'avenir (comme nous

p. 558

l'avons fait plus haut) à partir de son ère - 537. Artaxerxès, ou l'Assuérus d'Esther, est au contraire présenté en tête du Livre d'Esther (Esth. I. 1), non comme instituant, mais comme possédant l'universelle puissance héritée de ses prédécesseurs. Ses 127 doivent donc être mesurés à partir de son ère - 473, vers le passé.

On obtient ainsi les deux résultats

(Darius)     - 537 + 120 = - 417
(Artaxerxès) - 473 - 127 = - 600 ;

et la vérification que, dans le sujet, nous pouvons ici attendre consiste en ce que, sur la table chronologique (voir Tableaux XXXII, XXXIII), ces deux nombres occupent une situation corrélative systématique. Or il en est ainsi ; car tout d'abord ils mesurent par leur différence

600 - 417 = 183

l'étendue totale

624 - 441 = 183

de l'ensemble repéré par le commencement - 624 de Nébucadnetzar et la date - 441 la plus avancée mentionnée dans l'Ancien Testament (la 32e année d'Artaxerxès ; Néh. V, 14) ; et en outre le déplacement de l'un des systèmes sur l'autre est systématique car il est égal à

24 = 2 × 12.
p. 559

Le groupe conjugué des deux nombres 120 et 127 mentionnés par l'Ecriture paraît donc bien intentionnel, c'est-à-dire lié d'une manière définie à la Chronologie déjà établie de l'Ecriture.

Cela se confirme encore si, de même qu'on a considéré isolément (plus haut) le nombre 120 dans le Livre de Daniel (et sa division tripartite ; voy. plus haut), on considère de même isolément le nombre 127 dans le Livre d'Esther. On va voir qu'ici ces 127 unités mentionnées, étant donné qu'il s'agit dans le Livre d'Esther du triomphe des Juifs, qui partagent la puissance de leurs dominateurs, mesurent précisément l'espace chronologique qui sépare cette puissance acquise, de leur sujétion première et de leur asservissement.

Dans la Table chronologique (Tableau XXXII) le terme initial qui y institue comme base l'asservissement des Juifs, est constitué par les 37 ans de Jéhojachin (Jéchonias), de sa captivité à sa libération par Evilmérodac (Jér. LII, 31-34), ou de - 617 à - 580.

Dans le Livre d'Esther la puissance qu'ils vont partager est de même marquée par le terme de 3 ans, mesure de la première à la troisième année d'Assuérus, après lequel celui-ci constate, et confirme devant le monde l'existence de cette puissance. Cela figure au lieu même du texte où se

p. 560

trouve la mention des 127 unités qui nous occupent (Esth. I, 1-3, et suiv.). D'ailleurs ce terme de 3 ans, si Assuérus est Artaxerxès, se repère aux points chronologiques - 473 et - 473 + 3 = - 470.

La distance de nos deux termes, initial et final, asservissement et libération, doit donc, si notre induction est fondée, se trouver égale à 127, puisque ceux-ci représentent, depuis son établissement, la puissance acquise d'Assuérus, celle qu'il va partager maintenant avec les Juifs.

Or c'est ce qui a exactement lieu. On a, de centre à centre des deux termes :

1er terme   Centre = (617 + 580)/2 = 598,5 ⎫
                                            ⎬ Différence = 127
2e terme    Centre = (473 + 470)/2 = 471,5 ⎭

La mention au verset Esth. 1, 3, de la 3e année du règne d'Assuérus, est donc ici un nouveau signe frappant qui nous était donné de l'Inspiration plénière de l'Ecriture.

Si ces résultats mathématiques, pris en eux-mêmes, éliminent la suspicion du hasard, par le fait qu'ils supposent l'identité de l'Assuérus d'Esther et d'Artaxerxès, ils constituent, en même temps, des preuves de cette identité.

p. 561

D'ailleurs le caractère jusqu'ici illusoire des efforts de la Critique pour résoudre avec certitude cette question de l'identité des deux rois, démontre à lui seul leur nécessité.

En d'autres termes, on peut aujourd'hui, et pour la première fois, affirmer avec une certitude scientifique que l'Assuérus d'Esther, ainsi que beaucoup l'avaient pensé, mais sans pouvoir le démontrer, n'est autre en effet que l'Artaxerxès de Néhémie. Il n'est pas inutile ni sans poids de rappeler, comme vérification, que c'était aussi l'opinion de Josèphe (Antiq. Liv. XI, Ch. VI).

397. On doit rationnellement inférer des traits inspirés qui, en tout ceci, caractérisent le Livre d'Esther, que ce Livre a un tout autre objet que la seule mention d'un épisode, local et assez indifférent de lui-même, de l'Histoire courante des Juifs — un complot de leurs ennemis, et, au sein de leur asservissement, la revendication d'un triomphe passager ; — de ces Juifs dont la destinée douloureuse portée par les siècles se poursuit, à travers la persécution, jusqu'à leur Messie qu'ils rejettent, la destruction de leur culte, de leur nationalité, et enfin leur dispersion, tremblants sous la réprobation universelle. Ces

p. 562

caractères, disons-nous du Livre, comme cette vue de la destinée mondiale du Peuple juif emportent la certitude rationnelle que le Livre d'Esther, placé à la fin de la partie historique des écrits de l'Ancienne Alliance, et qui, comme tel, regarde en quelque sorte l'avenir, doit, dans sa portée réelle et profonde, avoir un sens prophétique.

Or que présente en substance ce Livre ? En son commencement, l'exultation de la puissance temporelle terrestre, celle de l'Assuérus (Est. I, 1-8) ; à sa fin, celle de la puissance de Juda obtenue par son alliance avec celle-là (Est. VIII-X), — et dans tout le Livre, (nous l'avons déjà remarqué, § 375) unique à cet égard dans la Bible, ce qui indique assez qu'il doit s'y agir plutôt du règne du Prince de ce Monde, Dieu n'est pas nommé.

Dans le cadre général qu'on vient de définir, deux rôles de femmes sont caractéristiques ; savoir, celui de la reine Vasthi, femme d'Assuérus, sacrifiée par lui à raison de son refus d'une sorte de prostitution morale au monde, qu'il prétend lui imposer (Est. I, 10-12) ; ensuite celui de la Juive Esther, qui, déguisant dans les premiers temps sa nationalité (Est. II, 10-20), succède à

p. 563

Vasthi, qu'avait regrettée Assuérus (Est. II, 1), dans la couche du roi. Mais d'ailleurs ce n'est pas immédiatement comme reine qu'Esther ainsi s'élève, car une première période se passe dont les circonstances (Est. II, 12-14), envisagées dans le parallélisme biblique, rappellent plutôt fâcheusement « celle » qui dans le Cantique (Cant. III, 6, 7) « monte du désert... parfumée de myrrhe et d'encens, et de toute sorte de poudre de senteur » pour partager « le lit de Salomon », et qui voisine elle-même avec la Femme, toute « parée d'or et de vêtements précieux », contemplée « dans un désert » par Saint Jean.

C'est le symbole de l'esprit de prostitution qui, aux derniers temps, pénétrera le Peuple élu soumis à l'influence séductrice du Faux Prophète. (Apoc. XVII, 1-6).

C'est par cet Esther en effet, d'abord conjointe d'Assuérus sous les traits qu'on vient de dire, mais qui, devenue reine proclame ouvertement sa naissance et sa race (Est. VII, 3, 4 ; VIII, 5, 6), que les Juifs arrivent à posséder avec Assuérus, et par Assuérus subjugué, l'empire du monde (Est. X).

Il n'est pas difficile, en rapprochant ce cadre général du Livre de la vue de l'Histoire générale

p. 564

enseignée autrement par la Bible, de préciser d'une manière bien plus accusée encore le parallélisme évident des facteurs historiques et des situations.

Si Assuérus représente la Puissance temporelle, et d'ailleurs une puissance temporelle qui si elle exulte, assure sa domination en l'offrant au monde comme le moyen dispensateur aisé de la jouissance des biens de ce monde (Est. I, 3-7, 8), Vasthi, élément conjugué dans cette puissance, et qui en a favorisé les moyens (Est. I, 9), figure la Chrétienté, pour ne pas dire l'Eglise chrétienne, telle que l'ont faite la fusion immédiate du Christianisme et de la Civilisation. Mais un moment vient où, dans la pudeur propre de son être, cette Femme, qui était d'abord aussi l'Eglise (Apoc. XII, 1), se refuse à une compromission plus longue. A cette compromission rendue de plus en plus insolente par la corruption croissante d'Assuérus, celui-ci prétend publiquement la contraindre sous l'injonction d'une caste spéciale d'hommes (les eunuques ; Est. I, 10-12). Mais cette Eglise réveillée tient bon, et, le scandale de la séparation s'étant enfin consommé, l'Assuérus, désemparé, est livré d'abord à la fureur des guerres de Religion (Est. I, 12), se ressaisit néanmoins, mesure la situation, envisage

p. 565

un nouveau plan, et — par un trait capital qui, à lui seul démontrerait à quel point toute cette histoire d'Assuérus est de portée prophétique et concerne l'Histoire générale — consulte sur ce qu'il doit faire « les sages qui avaient la connaissance des temps » (Est. I, 13).

Agent du Prince de ce monde, et sentant trop la perte que, par sa propre faute, il a faite de Vasthi ou du prestige d'une religion plus pure (Est. II, 1 ; I, 11), l'Assuérus historique songe, dans ces conjonctures, à s'allier, d'abord d'une manière équivoque et cachée, plus tard ouvertement mais en partageant avec lui sa puissance (Est. V, 3 ; VII, 2), avec le Peuple élu lui-même.

Il sait en effet maintenant que de ce Peuple le Sceptre, jusqu'à la fin de l'Histoire, ne doit jamais se départir, et qu'il occupe dans la Loi historique le 10e et dernier de ces « temps » (de Daniel) au sujet desquels il avait consulté les sages.

398. Cette vue historique et prophétique étant tracée par la lecture du texte, voyons maintenant si les nombres qu'il mentionne n'en vérifieront pas le bien fondé. Comme on va le reconnaître, cette vérification est tout à fait décisive.

p. 566

On lit en Est. I, 3, 4, où, nous venions de le voir (§ 396), le lieu chronologique est - 470, que le festin d'Assuérus, donné à tous les grands de Perse et de Médie, dure 180 jours. Ces « jours » pris comme mesurant 180 ans, conduisent à

- 470 + 180 = - 290,

et ce nombre de lui-même rappelle à l'attention les

1290

qui, en Dan. XII, mesurent ses

2 1/2 ou 5 « demi temps » de 516 ans,

relatifs à l'histoire du Faux Prophète.

Ces 1290 = 5 « demi-temps » conduiraient ensuite, à partir de - 290, à

- 290 + 1290 = + 1000

(symétrique de la dernière année - 1000 de Salomon et distante d'une période sothiaque de 1461 ans de l'année finale - 461 du Livre d'Esther) ; et en prolongeant la mesure de 5 « demi-temps » jusqu'à 7 « demi-temps » (qui font les 3 1/2 temps de Daniel et dont l'introduction va, dans un instant, se justifier par le Livre d'Esther lui-même), on arrive à

- 290 + 7 « demi-temps » = + 1000 + 516 = + 1516,
p. 567

symétrique de la Loi, - 1516, et, comme on sait, époque où éclate la réforme.

Or on voit en effet [en Est. I, 5, concernant ce nombre 7, (des 7 « demi-temps »)] qu'après les 180 jours, un second festin, celui-ci de 7 jours, est donné par Assuérus au peuple, et qu'à la fin de cette période éclate (d'accord avec ce qui précède : Réforme) le refus de Vasthi et sa séparation (Est. I, 5-12) c'est-à-dire : la Réforme. Il est donc évident, sans autre commentaire, que, les 7 jours étant ici 7 « demi-temps » de 516 ans, les nombres sont la vérification décisive de la première partie de notre interprétation, celle qui concernait Vasthi. On a (suivez le texte) - 470 + 180 + 7 (516/2) = + 1516.

Voyons maintenant si ces nombres confirmeront également ce qui a suivi (§ 397), ou nos déductions concernant la figuration d'Esther.

Pour Esther, 12 mois se passent après ce qu'on vient de voir (Est. II, 12) ; et alors commencent ses rencontres avec le roi à titre de concubine (Est. II, 13, 14). Or ces 12 mois, puisqu'il s'agit de Juda ou de l'Eglise de l'Ancienne Alliance, sont des mois lunaires (Apoc. XII, 1) ou des 29 1/2 jours, lesquels constituent une année lunaire ou

p. 568
12 × 29 1/2 = 354 jours ;

et ceux-ci, qui mesurent 354 ans, étant comptés à partir de +1516, point auquel nous avait jusqu'ici amenés la computation, conduisent à

+1516 + 354 = +1870,

c'est-à-dire à l'origine +1870 de la période historique quinquaséculaire du Peuple élu comme peuple chef.

De pareils résultats nous dispensent de nouvelles réflexions. Ils démontrent avec évidence le bien fondé de notre induction quant au caractère prophétique du Livre d'Esther, et la justesse de l'interprétation que nous en avons présentée. Ils confirment en même temps de la manière la plus victorieuse, par ces traits de son dernier livre historique, l'Inspiration plénière, littérale et absolue de la Bible.

399. Une dernière question se rattache à celle du Livre d'Esther, terme des Livres historiques de la Bible, savoir celle de l'époque de Malachie, le dernier de ses Prophètes.

Tandis que, pour Aggée et Zacharie, l'époque de Cyrus-Darius est explicitement donnée, (Esd. V, 1 ; Aggée I, 1 ; Zach. I, 1), aucune indication explicite n'est, pour Malachie, apportée

p. 569

par la Bible. On connait seulement l'opinion générale des Anciens suivant laquelle Malachie vivait au temps d'Esdras et de Néhémie, c'est-à-dire sous Artaxerxès-Longuemain.

Dans le point de vue de l'Inspiration de la Parole de Dieu, la solution précise de cette question ne nous est cependant, comme on va le reconnaître, nullement refusée. S'il en est ainsi en apparence, c'est pour nous enseigner que cette solution appartient à l'ordre prophétique des Ecritures, et, sans doute, en même temps et une fois de plus, pour nous forcer à obéir à l'ordre que le Seigneur nous donne de les sonder (Jean V, 39).

En interrogeant d'abord la lecture courante du Livre de Malachie et la disposition de ses parties, nous remarquons que par son dernier Chapitre (Mal. IV), lequel clôture le bloc total de l'Ancien Testament, Malachie, placé à l'origine de l'espace vide qui le sépare de la Première Venue de Christ, mentionne sous le nom de « jour » (Mal. IV, 1) une durée qui doit encore s'écouler jusque là. Il définit la limite de ce « jour » en mentionnant d'une part la Venue de l'Alliance de Grâce, ou de Christ « le Soleil de Justice » (Mal. IV, 2), d'une autre, l'Ancienne Alliance,

p. 570

représentée par Moïse et par Elie [le prophète de la Maison d'Israël ; Moïse et Elie apparaissent ensemble dans la Transfiguration (Matt. XVII) (Mal. IV, 4, 5)]. Or ce rassemblement des deux Alliances appelle de lui-même l'attention, dans le système des 7 Eglises de l'Apocalypse, sur la phase de Pergame (Apoc. II, 12-17), que le concours de ces Alliances également caractérise. Là en effet se rencontre Antipas (Christ), le Fidèle Témoin, mis à mort ; le Révélateur qui parle à Jean est Celui dont « le visage brille comme le Soleil dans sa force » (Apoc. I, 16), et c'est Celui également « de la bouche duquel sort l'épée aiguë à deux tranchants », c'est-à-dire la Parole des deux Alliances, (de la Loi et de la Grâce). Or la durée quinquaséculaire qui règle la succession des 7 Eglises, de la Loi de Moïse, - 1516, à la Seconde Venue + 2180, est la période prophétique de 528 ans.

Tout porte donc à penser par le rapprochement précédent, que le « jour » dont parle Malachie n'est autre chose que la période de 528 ans qui dans l'Apocalypse mesure Pergame, — et cela donnerait pour l'époque chronologique repère de Malachie le commencement, - 460, de Pergame.

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400. S'il en est ainsi, on comprend tout d'abord très bien comment, de l'époque à laquelle il est placé, Malachie peut simultanément voir et mesurer les temps : qu'il regarde dans le passé vers Moïse (L'Exode), ou qu'il considère dans l'Avenir la Première, puis la Seconde Venues (celles-ci sont successivement annoncées : en Mal. IV, 2 ; et 5, 6 pour la Seconde Venue, par le temps définitif du Jugement et de l'Interdit), — car il est séparé de ces stages fondamentaux de l'économie historique par des nombres entiers (2, 1 et 5) de périodes de 528 ans. (On remarquera que, dans la Bible signifiée, l'indice du dernier verset 6 de Mal. IV, c'est-à-dire IV, 6 ou 46, se présente dès lors aussi de lui-même, placé au point final de la construction de l'Ancien Testament, comme une vérification manifeste de la durée 460 que nous attribuons, dans la vue précédente, au temps qui s'écoule encore jusqu'à l'Ère chrétienne.

401. L'induction précédente va se transformer en certitude par des vérifications indépendantes tirées de tout autres données. En dehors de toute indication écrite particulière, la solution rationnellement certaine, si l'on croit la Bible construite par l'Esprit de Dieu et que son intention

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soit de nous faire connaître l'époque de Malachie, serait, en suivant parallèlement les livres historiques et prophétiques dans leur ordre de succession, de prendre pour repère chronologique du dernier livre prophétique, l'époque à laquelle le dernier des livres historiques a abandonné le lecteur.

Or ce livre est celui d'Esther, et le point le plus avancé auquel il nous a conduits est : soit par la 12e année d'Artaxerxès, - 461 ; soit encore (§ 395), par les 12 mois qui suivent, ou un an de plus, - 460 ; c'est précisément, on le voit, l'époque - 460 que nous venons de déterminer par une tout autre voie.

Voici donc une première vérification déjà décisive. (Nous allons d'ailleurs reconnaître, dans ce qu'il nous reste à dire, que la double mention - 461, - 460 est elle-même bien intentionnelle (§ 403) et a même une importance capitale ; et on remarquera aussi en passant à quel point tout ceci est par réciprocité une vérification de notre interprétation du Livre d'Esther (ou de l'identité d'Artaxerxès et d'Assuérus), puisque le calcul des années absolues d'Esther repose précisément sur cette identité des deux rois.

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402. L'attente du « Soleil de Justice » de Mal. IV, 2, en évoquant le nombre 365, offre de son côté, si la limite - 461, - 460 du Livre d'Esther est ainsi l'époque repère de Malachie, une remarquable vérification ; mais son exposé suppose les observations préalables suivantes :

a) La dernière des 12 Semaines = 84 ans de l'« Oblation du soir » de Daniel, qui s'étendent de - 537 (Darius le Mède) à - 453 (Edit d'Artaxerxès pour la Reconstruction du Temple), marque précisément par son point initial

- 453 - 7 = - 460,

c'est-à-dire notre époque limite - 460, laquelle appartient donc à ce même système de Daniel ; et d'autre part nous avons vu (Leçon V) que ces 84 ans, ou 7 fois 12, sont symétriquement reproduits, à partir de l'ère chrétienne vers le passé, par les 84 ans d'Anne la Prophétesse (Luc. II, 37, 38).

b) Nous avons noté également (Leçon VIII) que le point le plus avancé dans le temps mentionné explicitement par l'Ancien Testament est - 441 ; il est repéré par la 32e année d'Artaxerxès, c'est-à-dire par

- 473 + 32 = - 453 + 12,
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ou par 12 ans qui font suite aux mêmes 84 = 7 × 12 de Daniel ; et cela conduit nécessairement, dans la symétrie, à considérer aussi, en deçà des 84 ans d'Anne, un nouvel espace de 12 années. Il repérera à son origine le point chronologique

- 84 - 12 = - 96 = - 8 × 12.

c) Or, au seul regard du Nouveau Testament, ce point est d'autant plus intentionnellement indiqué qu'alors les 84 ans d'Anne sont eux-mêmes symétriquement encadrés entre deux espaces de 12 ans, savoir celui que nous venons de découvrir et celui que le Nouveau Testament fait explicitement connaître par les 12 ans de Jésus (Luc. II, 42) écoutant et interrogeant les Docteurs dans le Temple. Ces derniers 12 ans repèrent : par leur fin cette présence de Jésus dans le Temple ; par leur commencement, la naissance de Jésus, ou la présentation de Jésus au Temple et c'est précisément lors de celle-ci qu'il est fait mention d'Anne et des données numériques (les 84 ans) que nous venons de rappeler.

d) Bien plus, c'est alors aussi que Siméon (Luc. II, 25-32), prenant le petit enfant entre ses bras, dit par l'Esprit de Dieu (25, 26) : « Seigneur ! tu laisses maintenant aller ton serviteur en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut,

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lequel tu as préparé (pour être) présenté à tous les peuples, (pour être) la lumière qui doit éclairer les nations, et pour être la gloire de ton peuple d'Israël » (Luc. II, 29, 32). C'est la Venue du Soleil de Justice de Malachie (Mal. IV, 2).

Dans ces conditions, il est vraisemblable que l'Ecriture établira par le signe du Soleil, soit 365, un lien entre l'époque de Malachie qui annonce le « Soleil de Justice » et le système

12 + 84 + 12,

courant de - 96 à + 12, [rem. (b) et (c)] qui en salue l'apparition. Or on a effectivement, en reculant de 365 à partir de l'origine - 96 de ce système :

- 96 - 365 = - 461 ;

c'est-à-dire exactement l'époque - 461, - 460 de la fin du Livre d'Esther, déterminée plus haut, et que nous attribuions déjà au dernier prophète de l'Ancien Testament.

403. Du Livre d'Esther et de ces vérifications déjà impressives, revenons maintenant plus expressément au Livre de Malachie. Malachie, en tête de son Chapitre III, fait, outre celle que nous venons de considérer au Chapitre IV, une autre annonce de la Venue de Christ : « Je vais » dit

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l'Eternel « envoyer mon messager (1), et il préparera la voie devant moi, et { soudain / incontinent } entrera dans son Temple le Seigneur que vous cherchez, et le messager (2) de l'Alliance que vous désirez. Voici, il vient... mais qui pourra soutenir le jour de sa venue » (Mal. III, 1, 2). (Nous avons marqué (1) (2) les deux mentions du mot « Messager » à raison de ce qui va suivre (§ 405).

404. Considérons d'abord dans ce passage la déclaration : « Je vais envoyer mon Messager, et il préparera la voie devant moi (devant ma face) ». Cette déclaration rappelle d'elle-même celle de Marc I, 2 concernant Jean-Baptiste : « Voici, j'envoie mon Messager devant ta face, lequel préparera ta voie devant toi » (et ceci, pour le dire en passant, par la substitution qu'il présente du tu au moi, serait à soi seul l'affirmation de la divinité de Jésus-Christ). Ces paroles de Malachie, nous mettent directement en présence des Personnes divines, et évoquent d'elles mêmes dans l'ordre du nombre, c'est-à-dire ici dans le nombre trinitaire 777 d'Esaïe : le Messager (70) qui se présente devant la face (7) du Père, ou encore celui qui ayant dit « Je viens,

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ô Dieu, pour faire ta volonté » (Heb. X, 7 ; Ps. XL, 8, 9), a défini son Alliance de Grâce par le pardon 7 × 70 fois répété (Matt. XVIII, 22). Prenons ce dernier nombre symbolique, pour mesure de la venue du Messager qu'avec Malachie il annonce. Porté à partir de l'époque - 461, - 460 du prophète, il conduira à la détermination de dates

- 461 + 7 × 70 = - 461 + 490 = + 29
- 460 + 7 × 70 = - 460 + 490 = + 30.

La dernière n'est autre que le +30 bien connu des 70 Semaines de Daniel ou les 30 ans mentionnés par Luc. (Luc. III, 23) à l'occasion du Baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Quant à la première +29, elle va nous offrir une vérification non moins capitale.

Que faudrait-il en effet pour que son caractère conjugué fût un signe ?

Il faudrait qu'au même lieu (Luc. III) une seconde mention de temps soit faite, différente et distincte de l'autre (+30), et qui précisément fit connaître l'An +29 dont il s'agit. Or c'est bien ce qui a lieu. Ce même Chapitre III où Saint Luc fait mention des 30 ans de Jésus, s'ouvre par la déclaration (Luc. III, I, 3), d'un caractère impressionnant : « Or, en la quinzième

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année de l'empire de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant tétrarque de la Galilée, Philippe, son frère, tétrarque de l'Iturée et de la province de la Trachonite, et Lysanias tétrarque d'Abilène, Anne et Caïphe étant souverains sacrificateurs, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert, et il vint dans tout le pays aux environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance pour la rémission des péchés ». La seconde mention de temps, conjuguée avec le +30 de Jésus, est donc, dans l'Evangile, la 15e année de Tibère. Or cette 15e année du règne de Tibère est bien l'an +29, annoncé plus haut par le calcul prophétique ; car la dernière année du règne d'Auguste étant +14, et Tibère lui succédant, la 15e année du règne de Tibère est

14 + 15 = 29

Un pareil résultat, amené par le nombre symbolique solennel 7 × 70 de la Vision révélatrice des temps du Messie, de Malachie, explique (car ce trait comme tous les autres a sa raison d'être dans la Parole de Dieu, et devait être expliqué) le caractère, solennel aussi dans Luc, de la mention de cette « quinzième année de Tibère », où, dans une progression magnifique et ordonnée, la

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puissance impériale, dominatrice du monde d'alors, et sous elle, d'une part le pouvoir civil, de l'autre le pouvoir religieux, sont opposés à la force interne et cachée, mais bientôt irrésistible parce qu'elle s'appuiera sur la conscience et le cœur de l'Homme, du missionnaire divin et inconnu dont la pensée s'est recueillie sous le ciel du Désert.

Les relations précédentes vérifient d'une manière frappante nos déterminations numériques antérieures relatives à l'édifice chronologique de l'Ecriture.

Quant au Livre de Malachie, qui placé à la limite de l'Ancien Testament, est l'Annonciateur du Messie, elles justifient aussi la portée de premier ordre, qui de tout temps a été, comme tel, attribuée à ce Livre. Ces relations enfin sont une vérification [par les années +29 (Tibère), +30] du fait, déjà reconnu (Leçon III) de la coïncidence exacte de notre Ere vulgaire et de la Naissance de Jésus-Christ.

405. Passons maintenant à un second point de vue sous lequel doit être envisagé le texte de Malachie (§ 403), objet de notre examen et qui se termine par les mots : « qui pourra soutenir le jour de sa Venue? ».

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Il y a de nouveau dans ce passage, c'est-à-dire comme en Mal. IV, une indication de temps, « le jour », qui doit ou peut confirmer la valeur 528 attribuée plus haut (§ 399) à la durée que désigne le « jour » de Mal. IV.

Le mot « Messager », employé ici deux fois, figure comme suit dans l'écriture du texte :

en (1)    מלאכי
en (2)    ומלאך

et il n'est autre que le nom même de « Malachie », qui de soi, c'est-à-dire par son propre nom, explique donc le sens de son Livre, Messager ou Annonciateur de la Venue de Christ.

Ce mot « Messager » se trouve écrit dans le texte un peu différemment en (1) et en (2), ce dont nous allons reconnaître la raison, et il a pour valeurs numériques sous ces deux formes :

(1) (messager) = 40 + 30 + 1 + 20 + 10 = 101
(2) (messager) = 6 + 40 + 30 + 1 + 20 = 97

Suivons maintenant les indications du texte. Puisque le Messager Jean Baptiste, né à l'ère chrétienne en même temps que Jésus, a été envoyé devant lui, il faut compter ici les valeurs numériques précédentes du « Messager », à partir de cette ère dans le sens croissant du temps ;

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et puisqu’alors « incontinent, soudain », c’est-à-dire au point précis où on sera arrivé, le Seigneur entre dans son Temple (le Ciel; Apoc. XI, 19) et le Messager de l’Alliance vient, [c’est-à-dire le Messager de l’Alliance de la 70e semaine de Daniel (Dan. IX, 27), repérée par les dates +30 et +34], il faut identifier avec ce point d’arrivée les limites des durées +30, +34 propres à la Venue de Christ. Telles sont les opérations indiquées et qu’il faut effectuer. Alors vraisemblablement, comme il est ensuite immédiatement parlé de la durée appelée « jour », la valeur de cette durée intentionnelle se trouvera mise en évidence. Or il en est effectivement ainsi.

L’époque de Malachie est, nous l’avons vu § 401, celle −461, −460 de la limite du Livre d’Esther. Le repère −460 a été mis précédemment en œuvre (§§ 399, 400) au sujet de la période 528. Nous allons reconnaître maintenant dans l’autre date −461 d’Esther (celle de la 12e année d’Assuérus) la base d’une nouvelle vérification de cette même période, et l’ensemble sera une nouvelle preuve aussi du caractère intentionnel de la double détermination conjuguée −460, −461.

Partant en effet de −461, comptant par conséquent d’abord 461 qui conduisent à l’ère chré-

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tienne, puis au delà, d’après ce qu’on vient de dire, les deux valeurs (1) (2) du « Messager », on obtiendra les points d’arrivée :

Messager (1)    461 + 101 = 562
Messager (2)    461 + 97 = 558.

Ces limites doivent (voy. plus haut) coïncider avec celles des durées +34, +30, et cela conduit nécessairement à rechercher les origines de celles-ci. Or on obtient ainsi :

562 − 34 = 528
558 − 30 = 528,

c’est-à-dire la période 528, ce qui justifie entièrement notre induction et nous autorise à conclure avec certitude, joint à ce qui précède, que l’époque chronologique repère de Malachie, est bien l’époque limite du Livre d’Esther, −461, −460. (Ceci est également, nous semble-t-il, à raison des valeurs numériques des deux noms si particuliers (1) et (2) du « Messager » ou de Malachie, une des plus décisives et, vu l’ordre du sujet, des plus nobles vérifications que l’on puisse offrir de la réalité de l’écriture chiffrée de la Bible).

406. Les données précédentes relatives à Malachie constituent un nouvel exemple (voir déjà

p. 583

Leçons V, XI) de la manière dont la Mathématique biblique, alors que la Chronologie semblait brusquement interrompue par le défaut d’éléments numériques explicites, la contient et la continue cependant en puissance par l’ordonnance prophétique du texte et les chiffres (les lettres de l’Alphabet) qui, imprimés matériellement sous nos yeux dans le Livre, font son écriture. C’est ce dont nous allons donner encore un exemple.

Nous venons d’être conduits, dans la suite historique, avec Esdras, Néhémie, Malachie, jusqu’au temps d’Artaxerxès Longuemain. D’après le passage Dan. X, 13, 20 que nous avons plus haut interprété (§ 382), il semble qu’en outre la Parole de Dieu doive nous conduire chronologiquement par quelque signe jusqu’à la fin des Perses, où elle a paru s’assigner à elle-même une limite dans ses révélations, c’est-à-dire jusqu’à ce Chef de Javan (la Grèce) dont l’empire doit ensuite se partager en quatre royaumes (Dan. X, 20; XI, 4), et qui n’est autre qu’Alexandre.

Or nous observons que si la liste historique des Rois, liste qui, jusqu’à la Captivité, −606, a déterminé la Chronologie, est en ce dernier point définitivement interrompue, il n’en est pas de même de celle des Souverains Sacrificateurs.

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Celle-ci court d’abord (I Chron. VI, 1-2, 3-15), d’Aaron à Jéhotsadak, jusqu’au temps « où l’Eternel transporta Juda et Jérusalem par Nébucadnetzar » (verset 15), c’est-à-dire jusqu’à la Captivité; cela forme le bloc de la Sacrificature qui se termine avec la Royauté; mais ensuite, et Aggée I, 1 nous faisant d’ailleurs connaître que Joshua (le compagnon de Zorobabel) est le fils de Jéhotsadak, la liste se poursuit, en Neh. XII, 10, 11, par le groupe subséquent des 6 Grands Sacrificateurs :

1. Jéshua
2. Jojakim
3. Eliashib
4. Jojada
5. Jonathan
6. Jaddua.

Ainsi un terme final de 6 noms s’avance, comme en l’annonçant, vers Christ, Lui-même suprême, et ici 7e et dernier Sacrificateur.

La seule méthode offerte par la Bible pour la transformation de la donnée précédente (la liste des 6 noms) en mesure chronologique, étant l’évaluation numérique de ces noms, il est certain que, s’il entre dans l’intention du document

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inspiré de nous faire connaître dans l’Histoire la limite chronologique correspondante à cette liste, il le fera par le moyen de l’écriture chiffrée.

Or, dans notre texte (Néh. XII, 10, 11), les 6 noms écrits de manière à constituer les mots suivants :

(Et Jéshua)    = 6 + 10 + 300 + 6 + 70 = 392

(Et Jojakim)   = 6 + 10 + 6 + 10 + 100 + 10 + 40 = 182    (Jojakim)   = 10 + 6 + 10 + 100 + 10 + 40 = 176

(Et Eliashib)  = 6 + 1 + 30 + 10 + 300 + 10 + 2 = 359     (Eliashib)  = 1 + 30 + 10 + 300 + 10 + 2 = 353

(Et Jojada)    = 6 + 10 + 6 + 10 + 4 + 70 = 106           (Jojada)    = 10 + 6 + 10 + 4 + 70 = 100

(Et Jonathan)  = 6 + 10 + 6 + 50 + 400 + 50 = 522         (Jonathan)  = 10 + 6 + 50 + 400 + 50 = 516

                                                          (Jaddua)    = 10 + 4 + 6 + 70 = 90

La somme des 6 noms, puisque les noms 2, 3, 4, 5 ont deux valeurs, offre donc aussi deux expressions, savoir :

Somme (1) = 392 + 182 + 359 + 106 + 522 + 90 = 1651
Somme (2) = 392 + 176 + 353 + 100 + 516 + 90 = 1627

Ces sommes millénaires comptées à partir de l’ère −606 de la Captivité [c’est celle, indiquée plus haut par la Bible, qui limite (I Chron. VI, 15) le groupe des Sacrificateurs précédents,

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celui de la période des Rois, et elle sert donc d’ère à notre groupe actuel], conduiraient dans un temps postérieur à Christ. Elles ne conviennent donc pas, prises telles quelles, dans l’espèce du sujet. La valeur plus restreinte qui se présente alors rationnellement après la somme même des 6 noms, et dans laquelle ils interviennent tous indifféremment, est leur Moyenne. Cette Moyenne représentera, par tous les sacrificateurs, la Sacrificature. Or on a pour cette moyenne, par les deux sommes trouvées :

Somme (1)
———— = 275 + 1/6
   6

Somme (2)
———— = 271 + 1/6 ;
   6

et les entiers de ces valeurs, comptés à partir de l’ère indiquée, conduisent, avant Christ, aux dates :

−606 + 271 = −335
−606 + 275 = −331.

Ou tout d’abord ces deux points chronologiques annoncent maintenant comme suprême Sacrificateur, Christ, le Soleil de Justice, puisque

−335 + 365 = +30
−331 + 365 = +34,
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qui sont les deux dates fondamentales +30, +34 de la Venue de Christ comme Sacrificateur, de Dan. IX, 25, 27.

Mais, outre cela l’époque qu’ils déterminent n’est pas moins significative de la limite historique, la fin de la puissance perse, dont la préoccupation était la première raison d’être de notre recherche. Les dates −335, −331 en effet ne sont autre chose que celles qui encadrent le commencement et l’accomplissement de l’action d’Alexandre contre la puissance des Perses.

On a :

−336 Mort de Philippe; Alexandre lui succède.

−335 Alexandre reconnu généralissime par les Grecs à l’assemblée de Corinthe.

−333 Bataille d’Issus; défaite de Darius Codoman. Siège de Tyr.

−332 Prise de Tyr et Gaza. Alexandre à Jérusalem. Il marche sur l’Egypte.

−331 Conquête de l’Egypte. Fondation d’Alexandrie. Bataille d’Arbelles en Assyrie. Défaite de Darius. Prise de Babylone, de Suse. Fin de la puissance perse.

Enfin la série des Grands Sacrificateurs doit aussi vraisemblablement se caractériser d’après

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cela, par la contemporanéité de Jaddua et d’Alexandre. Or c’est ce qui n’est pas moins bien vérifié par l’Histoire profane. L’historien Josèphe nous a de son côté conservé cette succession des sacrificateurs et l’a mise en rapport avec la suite des événements; après Esdras (placé par lui sous Xerxès) (Antiq. Livre XI, Ch. V), il cite Eliashib, Jojada, Jonathan, et enfin Jaddua (ibid. Ch. VII) dont il raconte l’entrevue à Jérusalem avec Alexandre (ibid. Ch. VIII).

407. Si remarquablement d’accord avec l’Histoire, nos nombres comportent encore d’autres vérifications. Ainsi, si à partir de la date caractéristique −331 à laquelle nous venons d’être conduits par la moyenne 275 de la Somme (1) = 1651, nous portons maintenant cette somme elle-même (qui constitue en réalité un nouvel élément indépendant), nous arrivons à −331 + 1651 = +1320 = 2 1/2 × 528, (nombre analogue, pour la période 528, aux 1290 = 2 1/2 × 516 de Dan. XII, 11 pour 516). Cette époque chronologique [distante de la Captivité, −606, de 7 fois la moyenne de la Somme (1)] est caractéristique de l’apparition de la Réforme par son précurseur Wiclef (1320 + 34 = 1354, et centre de la vie de

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

           1324 + 1384
Wiclef =  —————  = 1354; et on a ensuite 1354 + 516 = 1870,
               2

origine de la période quinquaséculaire du dernier peuple chef, British Israël). Dans l’espèce de la question ceci fait donc apparaître la Réforme comme le dépositaire de la véritable Sacrificature de Christ; et le fait est d’autant plus digne de fixer l’attention, que l’époque −335, −331 où la Sacrificature (dans sa liste scripturaire) se trouve interrompue, est, — par Alexandre, symétrique de Constantin, — la symétrique de l’époque d’installation du Faux Prophète (+330 Constantin; +332, centre de Thyatire, dans l’Apocalypse). Les deux nombres 335, 331 ont exactement pour centre

335 + 331     666
———  =  ——
    2          2

666 étant le nombre du Faux Prophète; et

     333
—  ——  = −166,5,
      2

c’est-à-dire (signalant Antiochus Epiphane) le centre du premier des 2300 ans de Daniel (Dan. VIII, 14) (Leçon VIII). Ainsi, dans un même ensemble systématique se trouvent unies toutes

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les données fondamentales de la Prophétie relatives aux persécutions faux prophétiques, sous l’Ancienne et sous la Nouvelle Alliances.

408. En considérant tous ces traits, on est d’autant plus frappé de voir Néhémie, qui parle évidemment ici en Prophète, condamner, en la dénonçant à la fin de son Livre, l’union adultère de la vraie Sacrificature et du monde, au lieu même du temps (−333 = − 666/2) où nous sommes placés, c’est-à-dire là où cesse, avec Jaddua, la mention des Sacrificateurs. Il s’agit en effet dans les paroles de Néhémie (Néh. XIII, 28) d’un fils du sacrificateur Jojada, — et frère de Jaddua, d’après Josèphe, — qui a commis adultère spirituel en prenant pour femme la fille du prince cuthéen, — donc idolâtre (II Rois XVII, 24, et suiv.), — Samballat le Horonite; et le Prophète s’écrie, au sujet de tels sacrificateurs profanes : « Mon Dieu, qu’il te souvienne d’eux; car ils ont souillé la sacrificature, l’alliance de la sacrificature et des Lévites » (Néh. XIII, 29). Or la qualification expresse « gendre de Samballat le Horonite » (Néh. XIII, 28), qui définit ici la raison de la réprobation du Sacrificateur profane, démontre, par sa valeur numérique, qu’il s’agit

p. 591

bien, prophétiquement, en lui du Faux Prophète sous la Nouvelle Alliance, (Faux Prophète dont les dates fondamentales d’établissement +327, +843, ont été déterminées avec précision par le Livre de Daniel).

On a en effet pour la valeur numérique de la dénonciation indiquée :

(Gendre)        = 8 + 400 + 50 =            = 458
(de Samballat)  = 30 + 60 + 50 + 2 + 30 + 9 =   = 181
(le Horonite)   = 5 + 8 + 200 + 50 + 10 =       = 273
                                          ———
                                Somme  = 912;

et, d’abord, ce nombre 912 est caractéristique du faux prophétisme, ou de l’union avec Christ tentée par Satan, car on a

912 = 666 + 246;

666 est le Nombre bien connu du Faux Prophète, et 246,

              (Saint Saint Saint)
246 = 2 ×   ————————
                      10

[où (Saint) héb. = 410, de même que Christ = 410] n’est autre chose que le signe de l’Antipas (le Fidèle Témoin de Apoc. II, 13), car celui-ci a pour valeur

(Antipas) = 642,
p. 592

et donne la relation 642 + 246 = 888 = (Jésus). (Voyez sur tout cela la Leçon XII, Note A).

Donc tout d’abord, disons-nous, il s’agit bien, dans le nombre 912, du faux prophétisme. Mais il y a plus : il s’agit du Faux Prophète de Daniel et de l’Apocalypse, celui qui a pour représentant historique prééminent la Papauté ou le Faux Prophète romain.

Revenons en effet, pour choisir ici une ère de nos 912, ère qui devra appartenir aux temps de la fin du groupe des Sacrificateurs, à la considération de la symétrie, reconnue plus haut (§ 407), d’Alexandre et de Constantin. Aucune autre ne pourra être plus intentionnelle dans l’espèce du sujet que la date symétrique, −327, de l’origine +327 des 3 1/2 temps de 516 ans de Daniel relatifs au Faux Prophète (le premier de ces temps s’étend de l’une à l’autre des deux dates caractéristiques, +327, +843). Or en portant l’espace chronologique 912 à partir de cette ère ainsi désignée −327, on arrive au point chronologique

−327 + 912 = +585;

et ce point n’est autre chose précisément que le centre

+327 + 843
———— = 585
    2

du premier temps de Daniel.

p. 593

On remarquera, +327 ayant déjà été introduit, que ceci implique aussi bien la mise en œuvre et l’indication de la seconde date prophétique et historique : +843. Ainsi le Livre de Néhémie se termine par une prophétie relative au Faux Prophète, et à cet égard il forme parallèle avec celui d’Esther qui était une prophétie de la destinée spirituelle de Juda et de sa compromission avec le monde, dans le Faux prophétisme, aux derniers temps.

409. Nous terminerons cette Leçon par la récapitulation des déterminations chronologiques qu’elle nous a fournies, suivie du tracé chronologique des temps qui s’étendent ensuite, concernant l’Histoire du Peuple juif, jusqu’à l’Ère chrétienne.

TABLEAU XXXIV.

TABLEAU CHRONOLOGIQUE DES TEMPS CONCERNANT LE PEUPLE JUIF, DE NÉBUCADNETZAR A L’ÈRE CHRÉTIENNE.

Domination babylonienne (−617, −606 à −537).

−624, −580   Nébucadnetzar
−617                         Captivité de Jéhojachin
−606                         Captivité de Sédécias. Jérémie en Egypte, filles de Sédécias.

−580          Evilmérodac
−573          Belsatzar
p. 594

Domination perse (−537 ; −536 à −332, −331).

−537       Darius le Mède
−536       Cyrus            Édit de Cyrus ; Zorobabel, Jéshua.
−529       Cambyse
           Smerdis le Mage
−522       Darius
−520                        Reconstruction du Temple.
−516                        Le Temple achevé.
−487       Xerxès
−473       Artaxerxès
           Longuemain
−466                        Esdras à Jérusalem. Esther chez Artaxer-
                            xès.
−460                        Malachie.
−453                        Edit d’Artaxerxès. Néhémie à Jérusalem.
                            Reconstruction de Jérusalem.
−453, −441                  Gouvernement de Néhémie. Sous Esdras et
                            Néhémie, établissement de la Grande
                            Synagogue.
−332, −331                  Schisme des Samaritains.

Domination gréco-macédonienne (−332, −331 à −301, partage de l’Empire d’Alexandre).

−332       Alexandre        Prise de Tyr. Alexandre à Jérusalem.
−331                        Bataille d’Arbelles. Fin de la puissance des
                            des Perses.
−323                        Mort d’Alexandre à Babylone.
−301       Cassandre, Lysi- )
           maque. Séleu-    } Partage de l’Empire d’Alexandre.
           cus, Ptolémée.   )

Domination égyptienne des Ptolémées (−301 à −202, −198).

−284, −247 Ptolémée Philadelphe. Traduction grecque de la Bible,
                            dite des Septante.
p. 595

Domination syrienne (−202, −198 à −131, −130).

−202, −198 Antiochus III le Grand, maître de la Palestine.
−175, −174 Antiochus Epiphane.
−168                        Profanation du Temple de Jérusalem.
−167 à −131.                Guerre des Juifs contre les Syriens.
                            Les Macchabées.
                            Sectes progressivement établies depuis le
                              retour de la Captivité ; les Pharisiens,
                              les Sadducéens, les Esséniens. Depuis
                              l’époque des Macchabées, Synagogues
                              établies dans les villes à communautés
                              juives.

La Judée indépendante sous les Princes Macchabéens (−130 à −63).

−135, −107,                 Jean Hyrcan détruit le Temple des Sama-
  −105 Jean Hyrcan            ritains bâti sur le mont Garisim lors du
                            Schisme en −332, −331.
−107, −105 Aristobule I
−106       Alexandre Jannée
−79        Alexandra
−70        Hyrcan II
−70 à −40 Aristobule II et
           Antigone, com-
           pétiteurs

Domination romaine (−63 à +70) et Princes iduméens.

−63                         Conquête de Jérusalem par Pompée. Pom-
                            pée pénètre dans le Saint des Saints.
−49                         César maître de Rome.
−48                         Pharsale. Mort de Pompée.
−47        L’Iduméen Anti-
           pater nommé par
           César Procura-
           teur de Judée.
−44                         Mort de César.
−43        Mort d’Antipater
p. 596
−41                         Bataille de Philippes.
                            Triumvirat : Octave (Occident)
                                          Lépide (Afrique)
                                          Antoine (Asie).
−40        Hérode, fils
           d’Antipater,
           couronné à
           Rome, Roi de
           Judée.
−37        Hérode prend
           Jérusalem.
−31                         Bataille d’Actium. Octave Auguste, Empe-
                            reur.
−23 à −15 Hérode démolit
           le Temple de
           Zorobabel et
           construit un
           nouveau Temple.
           Ere chrétienne. Naissance
           de Jésus-Christ.
p. 597

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

                       AVANT-PROPOS.
                       LEÇON XIII.
                       La Bible signifiée.

188-189    1     Rappel du caractère construit externe de
                 la Bible, et définition du principe de la
                 Bible signifiée.
190        4     Le Texte reçu.
191        5     Notre exemplaire usuel de la Bible.
192-193    9     Numérotation des Livres, Chapitres,
                 Versets de la Bible.
                 Bible entière, Ancien Testament, Nou-      Tableau XIV, p. 10
                 veau Testament.                            Tableau XV, p. 48
194        50    Valeurs des lettres de l’Alphabet actuel.  Tableau XVI, p. 51

                       LEÇON XIV.
                 Traits systématiques de la Bible signifiée.

195        53    Connexion entre la construction de la
                 Bible signifiée et les lois de la Grandeur
                 abstraite.
196        53    Nombre des Livres.
197        54    Nombre des Chapitres.
198        55    Nombre des Versets.
199        56    En rapport avec les 3 périodes 528, 520,
                 516.
200-201    57    En rapport avec les données chronolo-
                 giques de l’Ecriture.
202        60    Les nombres régulateurs π et e.
203        61    Signification du nombre e = 2,71828...
                 e = 1 + 1/1 + 1/1.2 + 1/1.2.3 + 1/1.2.3.4 + etc à l’infini.
204-209    65    La Bible construite d’après les deux
                 nombres régulateurs de la Grandeur abs-
                 traite.
                   { e = 2,7183    ou   { E = 27183
                   { π = 3,1416         { Π = 31416
p. 598
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

210-211    77    Le verset Jean III, 16. Sa valeur numé-
                 rique
                            40 × 366 1/4.
212        81    Deut. XXXIV et ses 12 derniers versets.
213        86    Le Miracle de Josué. Es. XXVIII, 21 et
                 Jos. X, 13.
214-215    88    Retour à Jean III, 16. L’ordre mathéma-
                 tique de l’Univers et le Fils unique de Dieu.

                       LEÇON XV.
                 Le peuple élu. Les deux Maisons d’Israël
                   et de Juda. Les deux témoins. L’Eglise
                   à travers l’Histoire. L’identification
                   mathématique préalable des deux té-
                   moins.
                 Les commencements du Peuple élu. So-
                   lution d’une difficulté biblique clas-
                   sique. La vie de Tharé.

216-219    93    Les Juifs et l’Israël des 10 Tribus. L’his-
                 toire de l’Eglise, chapitre de l’Histoire du
                 Peuple élu. Des Israélites (Hébreux) ont
                 fondé l’Eglise chrétienne ; elle est leur bien
                 propre.
                 Israël se retrouve aujourd’hui dans les
                 Anglo-Saxons.
220        98    Valeurs numériques des termes : (deux
                 témoins), Anglo-Saxons.
                 Passage de Jér. III, 17-18.
221-222    105   Histoire origine du Peuple élu. Héber.
223        107   Les descentes en Egypte, dans la Bible,
                 et leur connexion.

                 Sur une difficulté classique de la chrono-
                   logie biblique. La durée de la vie de
                   Tharé et la « contradiction » entre
                   Gen. XI et Act. VII.

224-226    113   Signification des noms des patriarches.
                 Le nom de Tharé. Solution. Confirmation
                 par le Texte du Pentateuque Samaritain.   Tableau XVII, p. 116
227-229    120   Sérug ou le Cep de Vigne ; Jésus, le Vrai
                 Cep.
                 Connexions de la Bible signifiée.
p. 599
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

                       LEÇON XVI.
                 La première et la seconde alliance de
                   Dieu avec Abraham. L’histoire du
                   peuple élu. Abram. Ismaël. Abraham.
                   Isaac. La Circoncision.

230        141   Continuation de l’Histoire du Peuple élu.
                 Abram. Abraham.

                 Les deux alliances.

231        142   Distinction des deux alliances (Abram,
                 Abraham).
232-234    146   La 1re alliance. Les 10 peuples chefs de
                 l’Histoire (Gen. XV).
235-237    151   Confirmation de la vue prophétique par
                 la Bible signifiée.
238        156   Les 400 ans de Gen. XV, 13.
239-240    162   La date +1870 des Anglo-Saxons.
241        165   Eliézer. Ismaël. Grandeur spirituelle
                 d’Ismaël ou des Arabes.
242        170   La 2e alliance. Abraham-Isaac.
243        171   Destruction des villes de la Plaine.
244-246    173   Ordre prophétique relatif à la personne
                 et au nom d’ « Isaac ».
                 Les « Saq-Sons »
247        177   Confirmation chronologique. La date
                 +1882 (Tel-el-Kebir).
248        179   Ecriture chiffrée du nom d’Isaac. « Brit-
                 ish », l’homme de l’Alliance.
249        180   La destruction de Sodome. Les justes.
                 Les 10 peuples chefs. Les temps de Daniel,
                 périodes historiques. La Précession des
                 Equinoxes.
250-252    183   Le transport géographique des peuples
                 de l’Orient prophétique. Moab, Ammon.
                 Edom (Esaü). Jacob (Brit-ish).
253-259    188   Retour à la 1re Alliance (Abram).
                 Identification des 10 peuples de Gen. XV,
                 19-21 et des 10 Peuples chefs de l’Histoire,
                 vue prophétique de toute l’Histoire po-
                 litique et spirituelle du monde renfermée
                 dans les événements qui concernent ici
                 Abram.
p. 600
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

260        202   Vérification de la vue prophétique par
                 les nombres. Valeurs numériques de Gen.
                 XIV, 1 et 2.
261        207   Les 12, 13 et 14 ans de Gen. XIV, 4-5.
262        210   Les 318 hommes nés dans la maison
                 d’Abram.
263        212   Réponse de la Bible à l’objection que les
                 Anglo-Saxons n’ont point la Circoncision.

                       LEÇON XVII.
                 Les deux maisons d’Israël et de Juda à
                   travers la Bible et l’Histoire. La pro-
                   phétie de Jacob.

264-265    214   Continuation de l’Histoire du Peuple élu.  Tableau XVIII, p. 216
                 Jacob et ses enfants.
266-268    216   Les noms des 12 fils de Jacob. Données
                 de l’Ecriture chiffrée. Dina (jugement).
269-271    222   Joseph (Ephraïm et Manassé). Joseph,
                 type de Christ.
272        226   Les chapitres XLVIII et XLIX de la
                 Genèse.
273        226   (Gen. XLVIII). La prophétie de Jacob   Figure 17, p. 230
                 sur Ephraïm et Manassé.
274        232   (Gen. XLIX). Juda et Joseph, ou les
                 deux maisons de Juda et d’Israël.
275-277    233   Les versets Gen. XLIX, 26, 23, 24 (Jo-
                 seph).
                 La Pierre de Jacob à Westminster.
278-279    247   Le verset Gen. XLIX, 10 (Juda) (le Silo)  Figure 18, p. 249
280        253   Remarques sur les nombres chronolo-
                 giques +70, +1870, +2000, −2000 (Béthel).
281        256   La destinée de Dan et sa mission. Le
                 verset Gen. XLIX, 18. Smyrne et Phila-
                 delphie, ou la Réforme chez le Peuple élu.
282        264   Retour à la considération de Juda et
                 Joseph.
                 Valeurs numériques des versets Gen.
                 XLIX, 8, 9, 11, 12, 22, 25.
283        268   Les deux groupes numériques de Joseph
                 (Gen. XLIX, 22-26), et Juda (Gen. XLIX,
                 8-12).
284-285    269   La période quinquaséculaire de la Loi de
                 l’Histoire et ses 5 phases.
p. 601
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

                 Leur figuration par les nombres de la     Figure 19, p. 273
                 Prophétie de Jacob.
286        273   Mesure de la période et des phases par les
                 nombres de Jacob. Le temps abrégé de la
                 fin.
287-288    277   Sens historique de la dernière période     Tableau XIX, p. 278
                 quinquaséculaire de l’Histoire, d’après la
                 matière du texte de nos versets.
289-290    283   Mesure précise des 5 phases de la Période,
                 d’après l’ordonnance des idées et du texte
                 des versets.
291        291   Ces déterminations indépendantes se
                 trouvent, après coup, former système
                 unique avec les valeurs numériques elles-
                 mêmes des versets.

                       LEÇON XVIII.
                 Josué, 10e descendant de Joseph. La con-
                   quête de la Terre promise et l’Arrêt du
                   Soleil de Josué. Chronologie de
                   l’époque des Juges.

292        295   Les temps de la Mort de Joseph à l’Exode
                 et à l’Entrée en Canaan. Les 400 ans de
                 Act. VII, 6.
293-294    297   Moïse. Le séjour au désert. Les envoyés
                 en Canaan. Caleb et Josué.
295-296    299   Josué descendant de Joseph par Ephraïm.
                 Le discours prophétique de Moïse sur les
                 12 Tribus. La prééminence de Joseph.
297-298    303   La mission de Josué. Le signe de l’Arrêt
                 du Soleil.
                 Les données chronologiques de Caleb.
299        307   Recherche des données chronologiques
                 relatives à Josué.
                 Chronologie des Juges.                     Tableau XX, p. 310
300        309   La mort de Josué à 4 × 365 1/4 de la Nais-
301        313   sance de Christ.
302        315   Chronologie de l’époque des Juges, de     Tableau XXI, p 316
                 l’Exode à Salomon.
303        316   Détermination de la durée du gouverne-
                 ment de Josué, 15 ans.
304        318   Sur le signe lunaire de Josué.
p. 602
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

                 Remarques sur le fait capital : Christ,
                 centre de l’Histoire.
305        327   L’année lunaire 354 mesurée dans l’es-
                 pace chronologique biblique 1416 = 4 × 354 ;
                 comme on avait, pour l’année solaire
                 365 1/4 : 1461 = 4 × 365 1/4.
                 Remarque sur les nombres inversés,
                 tels 1461 et 1416.
306        330   Données chronologiques particulières en
                 relation avec le Livre des Juges.
307        330   Les 450 ans de Act. XIII, 20. Les durées
                 d’épreuve d’Israël sous les Juges, et la
                 vérification chronologique qu’elles ap-
                 portent.
                 Les 300 ans de Jug. XI, 26.
308        338   Remarques sur la computation du Livre
                 des Juges par les commentateurs.
309        343   Les périodes de servitude ou d’oppression
                 dans la période des Juges.
310        348   Le Miracle de Josué et sa signification    Tableau XXII, p. 347
                 dogmatique.                                Schéma p. 349
311        350   Valeurs numériques des versets Jos. X,
                 12, 13, 14 et Habac. III, 11.
312        355   Caractères arithmétiques et chronolo-
                 giques propres de ces quatre versets.
313        357   Le « Livre du Juste » de Jos. X, 13 (et le
                 « Livre des Guerres de l’Eternel »). C’est
                 la Parole de Dieu.
314        360   Rappel au sujet du Signe solaire de Jo-
                 sué à Gabaon, lieu sacré des Israélites, des
                 paroles du Seigneur en Jean III, 16, verset
                 déjà cité et dont on reproduit encore ici
                 en détail, à raison de son importance, la
                 construction numérique et la figuration
                 astronomique.
315        364   Sur la construction systématique géné-
                 rale du Livre des Juges.
316        367   Sens de la dernière partie Jug. XVII-
                 XXI. [SCHEMA : tache/marque noire imprimée sous le numéro « 316 », dans la colonne §§, en regard du § « 367 » — sans légende ; ne semble pas être une figure référencée mais une altération/tache d’encre sur l’exemplaire]
317        371   Le Livre de Ruth.
           374   Note A. — Sur le verset I Sam. XIII, 1.
           377   Note B. — par M. le Colonel d’Etat-Ma-
                 jor Galet.
p. 603
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

                       LEÇON XIX.
                 Les deux maisons d'Israël et de Juda à
                   travers les Livres des Rois et les Chro-
                   niques. Les prétendues « erreurs »
                   chronologiques des Livres des Rois.

318        381   L'existence de principe des deux Mai-
                 sons. Le schisme des 10 Tribus.
319        384   Déportation d'Israël par Tiglath Pileser,
                 puis par Salmanazar.
320        385   Juda en captivité à Babylone, sous Nebu-
                 cadnetzar. Nebucadnetzar laisse subsister
                 au pays de Juda « un reste de peuple ».
321-322    386   Chronologie des Livres des Rois. Position
                 de la question. La méthode rationnelle à
                 suivre.
323        390   Les prétendues « erreurs » sont systéma-
                 tiques.
324        391   Dates absolues des règnes des Rois d'Is-   Tableau XXIII, p. 392
                 raël et de Juda. Références des Livres des  Tableau XXIV, p. 394
                 Rois entre les règnes des Rois d'Israël et
                 de Juda.
325-328 (1) 395   Distribution systématique des écarts du   Tableau XXV, p. 399
                 Tableau XXIV.
                 Les écarts ne sont pas des erreurs. Ils
                 constituent un système arithmétique inten-
                 tionnel, entièrement déterminé.
329-330    400   La mission des Prophètes Elie et Elisée.
331-338    404   L'acte symbolique des Flèches de Joas
                 en II Rois XIII, 17-19.
339-341    418   Chronologie de la mission des prophètes  Tableau XXVI, p. 420
                 Elie-Elisée.
342        424   Chronologie des Livres des Chroniques     Tableau XXVII, p. 426
                 en accord avec les Livres des Rois.
343        428   Comparaison de l'enchaînement histo-       Tableau XXVIII, p. 429
                 rique dans les Rois et les Chroniques.
344        431   Sur la contemporanéité de Pekach et
                 d'Achaz.
345        433   Sur l'ordonnance historique des rapports
                 politiques entre Juda et Israël.
346        435   On découvre ici une dispensation répartie
                 en 5 phases, et qui mesure une période his-
                 torique quinquaséculaire 516, de la Loi de
                 l'Histoire.

(1) Le numéro de paragraphe « 325-328 » est partiellement endommagé sur le scan (un chiffre masqué par une tache d'encre, laissant apparaître « 32.-328 ») ; restitué par déduction de la séquence numérique du sommaire (324 puis 329-330).

p. 604
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

347        437   Explication de la mention spéciale des
                 36 ans d'Asa (en II Chron. XVI, 1).
348        439   La période 516 du Livre des Rois et des
                 Chroniques est reliée à la période finale
                 de l'Histoire, 1870 à 2386, par un intervalle
                 significatif de 5 1/2 fois 516 ans = 2838 ans.
349-350    440   La Seconde Venue signifiée par Josias et
                 sa Pâque.
351        445   Confrontation de la période historique
                 quinquaséculaire des Rois, et de la période
                 quinquaséculaire actuelle, celle-là étant
                 destinée à nous faire comprendre celle-ci.
354        450   Rapprochement et union politique des
                 Juifs et de l'Angleterre (en général Anglo-
                 Saxons) annoncés pour 1921-25.
355        454   Remarques sur la possibilité de la déter-
                 mination prophétique d'un événement poli-
                 tique. Exemples.
356        459   Examen et solution de diverses difficultés
                 critiques concernant les Livres des Rois.
357        459   Errements de la critique moderne, en de-
                 hors d'une méthode rationnelle d'investi-
                 gation.
                 La question des âges de procréation. Les
                 11 ans d'Achaz quand il engendre Ezéchias.
358        462   Tableaux des âges des Rois quand ils      Tableau XXIX, p. 463
                 commencent à régner, et durées de la vie
                 des Rois.
359        468   Ages auxquels les Rois engendrent les     Tableau XXX, p. 466
                 successeurs.
                 Caractère systématique absolu de tous les  Tableau XXXI, p. 470
                 nombres, et démonstration de l'exactitude
                 du nombre contesté.
360        472   Sur la croyance à l'Inspiration plénière
                 de la Parole, seule solution possible du
                 problème de l'Eglise au temps présent.

                       LEÇON XX.
                 Les maisons d'Israël et de Juda depuis
                   la Dispersion et la Captivité.

361        475   La destruction politique d'Israël et de
                 Juda.
362-363    478   Israël disparaît aux yeux de l'Histoire.
p. 605
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

           480   L'Histoire des Juifs se continue, — en
                 partie cachée cependant : le « reste de
                 peuple ». de Jérémie.
364        481   Tableau des embranchements de l'His-
                 toire du Peuple élu.
365-366    484   La mission de Jérémie, et son passage
                 d'Egypte en Irlande (Tara) avec les princesses
                 du sang royal, filles de Sédécias.
367-369    492   Les témoignages historiques. La pierre
                 de Jacob actuellement à Westminster.
370        501   La Maison d'Israël transportée en Assy-
                 rie, origine des Anglo-Saxons. Les témoi-
                 gnages historiques.
371        505   Conception de l'Histoire. Deux branches
                 du Peuple élu ont, l'une au Nord, l'autre
                 au Sud, contourné le monde latin, foyer du
                 Faux Prophétisme, pour se rejoindre à
                 l'Occident de l'Europe et constituer la
                 puissance actuelle de l'Angleterre.
372        507   Les Juifs proprement dits, ayant pour
                 mission la conservation des Ecritures, con-
                 tinuent leur Histoire, mais sous une forme
                 d'existence nouvelle, et c'est ce que marque
                 ici le « Pentateuque » Chroniques-Esther,
                 qui recommence aux origines (Adam).
373-375    509   Construction systématique de la Bible au
                 moyen des deux « Pentateuques » Moïse-
                 Esdras. Sens et raison d'être de cette dis-
                 tribution. « Le salut vient des Juifs ».
376        512   Traits connexes de la Bible signifiée.
377-378    513   Chronologie de l'Ecriture, de Nebucad-    Tableau XXXII, p. 517
                 netzar à Cyrus.
379        519   Chronologie des 4 visions de Daniel (VII,
                 1 ; VIII, 1 ; IX, 1 ; X, 1).
380        523   Caractère systématique septénaire de la
                 Chronologie de Nebucadnetzar à Cyrus
                 (« l'Oint de l'Eternel »).
381-386    525   Domination perse (Daniel). Esdras à
                 Esther.
387        536   Le « Temple » et la « Ville ». Les deux
                 Venues.
388-391    537   Le chap. X. de Daniel.
392        550   Groupe des rois de Perse de Daniel-Esdras.  Tableau XXXIII, p. 551
393        551   Néhémie. Esther.
p. 606
  §§     Pages                                              Tableaux et Figures

394-396    552   L'Assuérus d'Esther est Artaxerxès Lon-
                 guemain.
397        571   Le Livre d'Esther est prophétique de
                 toute l'Histoire générale jusqu'à sa fin,
                 constituée par la dernière période, celle du
                 Peuple élu comme Peuple chef.
399-405    578   L'époque de Malachie, le « Messager »
                 des deux Venues.
406        582   La Chronologie des Souverains Sacrifi-
                 cateurs. Jaddua. Alexandre.
407-408    588   Nombres prophétiques relatifs à la Ré-
                 forme (véritable sacrificature de Christ).
                 Samballat le Horonite, de Néh. XIII, 28.
409        593   Tracé chronologique des temps de Nebu-    Tableau XXXIV, p 593
                 cadnetzar à l'Ere chrétienne.

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