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Leçons sur la Parole de Dieu — Tome III, 1ʳᵉ partie

Préliminaire (1925) et Leçons XXVI-XXVII. Texte intégral verbatim (429 pages).

Transcription intégrale et verbatim des 429 pages (Préliminaire, Leçon XXVI — chronologie égyptienne de Manéthon, Leçon XXVII — période sothiaque, Pentateuque samaritain, Septante, chronologie chaldéenne, Conférence Delitzsch, Conclusion générale, et onze Annexes), assemblée à partir de 14 relevés page à page. Les longues listes royales latines/grecques, la gématrie et tous les tableaux chronologiques sont reproduits exactement. Les figures sont décrites.

Leçons sur la Parole de Dieu — Tome III, Première Partie

Charles Lagrange, Membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique, Professeur émérite de l'École Militaire, Directeur honoraire de l'Observatoire royal. — Tome III, Première Partie : Préliminaire et Leçons XXVI-XXVII. Chronologie des Peuples anciens (Égypte, Chaldée, Chine, Hindoux). Annexes I à XI. Bruxelles, Kiessling-Imbreghts, 48, Coudenberg, 1927.

[Page de titre, scan 00001] LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU, PAR Charles LAGRANGE, Membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique, Professeur émérite de l'École Militaire, Directeur honoraire de l'Observatoire royal. — TOME III, PREMIÈRE PARTIE. PRÉLIMINAIRE ET LEÇONS XXVI-XXVII. CHRONOLOGIE DES PEUPLES ANCIENS (Égypte, Chaldée, Chine, Hindoux).

ANNEXES : I. (2de Venue) ; II. (Nombre de la Bête) ; III. (Malheurs 1 et 2 de l'Apocalypse) ; IV. (Parabole de Lazare) ; V. (Temps de Apoc. XII) (M. R. Vandendriessche, Avocat à la Cour d'Appel) ; VI. (Temps et Moments, 2de Venue) (Général E. Galet) ; VII. (La Kabbale) (M. P. Graeffe) ; VIII. (Le Figuier séché) (M. P. Graeffe) ; IX. (Echelle des Versets formant Echelle des Jours ; Semaines Hébraïque et Chrétienne) ; X. (Sur un Miracle accordé personnellement à l'Auteur) ; XI. (Données prophétiques concernant le Proche Avenir de la Belgique [1928-1931]).

1927. BRUXELLES. KIESSLING-IMBREGHTS, 48, Coudenberg.

[page blanche — scan 00002]

Imp. Verhavert, 4, Pl. Jourdan, Etterbeek.

[Faux-titre, scan 00003] LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU. TOME III, PREMIÈRE PARTIE. CHRONOLOGIE DES PEUPLES ANCIENS (ÉGYPTE, CHALDÉE, CHINE, HINDOUX).

[page blanche — scan 00004]

[Page de titre intérieure, scan 00005] LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU, PAR Charles LAGRANGE, Membre de l'Académie royale des Sciences de Belgique, Professeur émérite de l'École Militaire, Directeur honoraire de l'Observatoire royal. — TOME III, PREMIÈRE PARTIE. PRÉLIMINAIRE ET LEÇONS XXVI-XXVII. CHRONOLOGIE DES PEUPLES ANCIENS (Égypte, Chaldée, Chine, Hindoux).

ANNEXES : I. (2de Venue) ; II. (Nombre de la Bête) ; III. (Malheurs 1 et 2 de l'Apocalypse) ; IV. (Parabole de Lazare) ; V. (Temps de Apoc. XII) (M. R. Vandendriessche, Avocat à la Cour d'Appel) ; VI. (Temps et Moments, 2de Venue) (Général E. Galet) ; VII. (La Kabbale) (M. P. Graeffe) ; VIII. (Le Figuier séché) (M. P. Graeffe) ; IX. (Echelle des Versets formant Echelle des Jours ; Semaines Hébraïque et Chrétienne) ; X. (Sur un Miracle accordé personnellement à l'Auteur) ; XI. (Données prophétiques concernant le Proche Avenir de la Belgique [1928-1931]).

1927. BRUXELLES. KIESSLING-IMBREGHTS, 48, Coudenberg.

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PRÉLIMINAIRE

p. VIII. En abordant ce Tome III de nos Leçons, et à fin d'apprécier la situation qu'il occupe dans l'ordre logique du sujet, il nous paraît utile de jeter un coup d'œil sur l'ensemble des matières déjà envisagées par les Tomes I et II ; et, à cet égard aussi, de rappeler que le présent Ouvrage (les Leçons) n'est, pris en lui-même tout entier, que le terme partiel d'une conception d'un ordre plus général : il s'agit de celle que nous avions explicitement définie dès 1907 (1) sous le titre Mathématique de la Révélation. Inspiratrice et directrice, cette conception a été pour nous, dans son unité, l'élément constructeur d'un ensemble dont la publication progressive mesure aujourd'hui près d'un demi-siècle.

II. Voici en quoi elle consiste. Il s'agit, en p. VIII remontant aussi haut qu'il est possible aux Principes premiers, c'est à dire aux lumières naturelles de la Raison et de la Conscience (1), d'établir d'abord la Méthode, ou règle à suivre dans la recherche de la vérité scientifique : par où l'on entend le domaine de la Connaissance où s'applique la notion mathématique de la Mesure ; puis, en marchant toujours du simple au composé, d'explorer progressivement l'application qui partout se constate dans la Création de cette notion de Mesure.

III. Cela nous a conduit, après avoir d'abord construit la Mathématique proprement dite (ou Science de la Grandeur abstraite), à nous acheminer, par la Géométrie, la Cinématique, la Mécanique rationnelle, puis la science physique des Éléments, des Corps et des Globes (Chimie, Phy- p. IXsique, Astronomie), vers les régions où, la Vie apparaissant, des forces non réductibles à la forme mathématique (forces de Volonté) se présentent. Si d'une part ces forces interviennent dans la modification du milieu physique externe au sein duquel elles évoluent, d'autre part les forces mathématiques proprement dites qui continuent à régir ce milieu imposent à leur activité des conditions définies mesurables.

Dans cet ordre nouveau, — et dans l'espèce de la question —, ce qui apparaît à nos yeux comme terme définitif est le développement de l'Humanité à la surface du Globe terrestre, ou ce qu'on appelle proprement l'Histoire ; et le problème capital qui se pose est d'analyser ce qui, dans cet objet considéré comme fait d'observation, subsiste de l'ordre de la pure Mesure mathématique. Celle-ci se trouve ici aux prises avec les forces nouvelles (les Volontés, l'Esprit de l'homme) qui maintenant se rencontrent ; et ces dernières forces, par leur nature, échappent radicalement, pour nous, si nous les considérions en elles-mêmes, à toute mesure a priori, et, partant, quant à leurs effets, à toute prévision.

IV. Or dans ces conditions, quelle sera la méthode à suivre ? Une seule s'indique. Elle consistera, d'après ce qui vient d'être dit à l'égard du p. X fait complexe d'observation dont il s'agit, et en prolongeant simplement le champ de la Mesure, à définir dans ce nouveau domaine les éléments, s'il en existe, susceptibles encore de Mesure, et à voir si ces éléments ne révéleraient pas entre eux l'existence d'une Loi mathématique. Or nous savons, dès à présent, que ces éléments, qui sont ici d'Espace et de Temps, c'est à dire Géographiques et Chronologiques, existent en effet, et qu'une Loi les lie qui est ce que nous avons appelé la Loi de l'Histoire.

V. Mais cela dit, la conception méthodique que nous exposons, et dont tout ce qui précède n'est qu'un premier stade et en quelque manière le Parvis, étend son point de vue beaucoup plus loin encore.

Nous venons, disions-nous, de découvrir une Loi du Développement de l'Humanité à la surface de la Terre ; mais cette loi est purement cinématique et externe : comment notre investigation du champ de la Mesure mathématique, même en lui accordant qu'elle constitue maintenant une Science positive de l'Histoire, pourrait-elle jamais ambitionner, en franchissant les bornes de cet étroit domaine, la solution du véritable et capital pro- p. XIblème qui sollicite toutes les âmes d'hommes, à savoir celui de la Destinée de l'Homme après la Mort, — ce passage qui, lui aussi d'après une inexorable loi mathématique, limite son existence actuelle terrestre ?

Cela sera possible, répondrons-nous, et encore toujours sans sortir du champ mathématique de la Mesure, c'est à dire du champ proprement scientifique, si des documents qui s'offrent comme définissant cette Destinée, comme étant la vérité absolue, comme émanant directement du Dieu Créateur de l'Univers mathématique qui vient d'être exploré, enserraient volontairement les vérités spirituelles qu'ils annoncent dans une armature mathématique identique à celle que la Science des faits de la Création externe venait de préalablement construire et de présenter. Dans ce cas, la Révélation ne ferait pas, auprès de l'Homme, simplement appel à la Science comme à un Témoin étranger ; Elle présenterait à l'Homme, comme un Témoin par elle-même constitué d'avance et lui appartenant en propre, ce que l'Homme, n'ayant eu ici de mérite que dans la foi à sa Raison, venait de péniblement établir à travers les obscurités de sa condition ; et la certitude mathématique qui revêt pour lui la science, soit la plus haute des certitudes qui existent aujourd'hui pour son esprit fini, se transporterait tout entière aux vérités spirituelles qui, dans la réalité profonde, sont son véritable objet et sa dernière fin.

p. XIIOr qu'il en est ainsi, c'est ce que le résultat de notre investigation a, après la Loi de l'Histoire, également établi. Les documents supposés existent ; ils se résument en un document unique et suprême, la Bible. Celle-ci, toute enserrée dans l'armature des Nombres, est aussi bien un livre de Science proprement dite qu'une Révélation de vérités spirituelles en dehors d'Elle inaccessibles ; et sa Science n'est autre chose que la Science mathématique que nous venions de progressivement établir en parcourant tout le domaine de la Mesure.

VI. Peut-être dira-t-on que ces vérités spirituelles et leur certitude peuvent en elles-mêmes, et sans l'intermédiaire d'aucun ordre fini de science documentaire, s'atteindre directement par la puissance supérieure de l'Esprit ; mais ce serait sortir des données de la question, attendu que la volonté de Dieu a été en fait, et que nous le voulions ou non, de nous lier à l'Infini en suivant cette voie intermédiaire finie ; et que si un simple mouvement de l'Ame peut en effet nous porter jusqu'à Dieu, la connaissance concrète de Son gouvernement, l'Homme n'étant ni Ange ni Bête, est pour la conduite de notre vie et dès lors à l'égard de nos fins dernières et de notre éternel avenir, ce qu'il nous importe le plus d'acquérir pour nous y conformer. Or cette connaissance, p. XIII— laquelle implique la certitude de l'authenticité des documents que l'Esprit de Dieu a mis entre nos mains pour nous prescrire dans tous ses détails utiles Sa volonté —, est une chose finie, c'est à dire une chose qui met en œuvre, pour nous assurer, les facultés naturelles de la Raison, ou ce que nous appelons la Science. Dès lors celle-ci apparaît, dans un ordre normal et conforme à notre nature, non point comme une digression dangereuse en dehors de la Foi, mais au contraire comme un des dons les plus précieux et nécessaires constitués par la Providence miséricordieuse du Créateur pour nous conduire et nous élever jusqu'à Lui. Aveugles, nous l'estimons, sont donc ceux qui, méconnaissant le véritable état de notre milieu social et intellectuel, et se targuant d'une prétendue spiritualité d'ordre supérieur, croient pouvoir dédaigner, bien plus cherchent à déprécier le secours que l'Esprit de Dieu, plus sage qu'eux-mêmes, met ainsi à leur portée, pour les aider à franchir le terrain mouvant où avec tout le monde, s'ils faisaient preuve d'une humilité plus vraie, ils devraient reconnaître qu'ils se trouvent eux-mêmes enlisés.

VII. Pour en revenir plus précisément à l'objet concret de ce Préliminaire, telle est, rapidement exposée, la conception didactique, — si l'on veut, p. XIVdans ses lignes générales le programme —, du travail synthétique que nous avions entrepris sous le nom de Mathématique de la Révélation. On voit qu'il consistait dans son essence à faire connaître le Dieu créateur, par l'unité indissoluble et absolue de la Science du monde externe et de la Révélation proprement dite. De ce travail considérable la plupart des matériaux se trouvaient déjà constitués et rassemblés dès 1907 ; et peut-être sous la forme synthétique et didactique générale que nous avons plus haut définie, aurait-il dès à présent vu le jour, si un ensemble particulier de circonstances (c'est à dire, nous n'en doutons pas, la volonté de Dieu) n'en avait décidé autrement ; notamment le conseil (1), — justifié, si l'on se place au point de vue de la propagation de la foi par la mise à portée du plus grand nombre —, d'exposer au public, en substance, le même fonds, mais sous une forme plus pratique, familière et accessible. C'est cela même qui a été l'origine et la raison d'être des Leçons sur la Parole de Dieu ; leur matière (celle du moins de la première partie ou du Tome I) a tout d'abord été exposée dans une suite de Confé- p. XVrences données à Bruxelles en 1910 et 1911 au Temple de l'Observatoire. Nous ignorons s'il nous sera ultérieurement donné d'édifier nous-même en un ensemble unique l'édifice (Mathématique de la Révélation) que nous avions primitivement conçu, ou si la mission continuatrice en sera attribuée à quelque autre. Contentons-nous ici d'observer qu'au cours des Leçons, on a déjà fait connaître, soit en manière d'appendices ou annexes, soit par la matière courante de l'ouvrage, plusieurs des éléments de construction de premier ordre de la synthèse totale qui d'abord avait été envisagée. Tels sont, sans parler de la Méthode de Recherche, déjà établie avec soin dans notre Etude du Système des Forces Physiques (Mém. Acad. T. XLVIII), la Déduction de la Science de la Grandeur Abstraite (Leçons, T. II) ; la structure externe de la Bible d'après les Nombres régulateurs e et π de la Mathématique (ibid. T. II) ; ou, dans des publications séparées, la Déduction de Principe de la Mécanique Rationnelle (Mém. in-4° Acad. T. V, 1923), le Principe de la Résolution des Équations (Mém. in-4° Acad. T. V, 1923 ; T. VI, 1924) ; etc.

VIII. Après avoir ainsi défini la situation que le présent ouvrage (Leçons sur la Parole de Dieu) occupe dans le progrès rationnel d'idées qui a constitué notre investigation de la vérité, il nous p. XVIreste, dans le point de vue le plus actuel, à fixer maintenant le lecteur sur la place attribuée au présent volume dans l'ensemble plus spécial de ces Leçons elles-mêmes. Comme on le sait, le Tome I (1912) analyse et fait connaître par ses traits généraux la constitution et la construction de la Bible ; il en établit la Chronologie littérale, et détermine, en rapport avec la Loi de l'Histoire d'abord retrouvée dans la Bible elle-même, le sens des nombres prophétiques qui y annoncent, en les précisant, les temps de la Première et de la Seconde Venues du Rédempteur. Les volumes suivants 2 et 3 forment le Tome II (1924) (1) de l'Ouvrage. Ils constituent une vue historique qui, à travers toute la Bible, embrasse les deux Alliances, en prenant pour axe la destinée historique et prophétique du Peuple Élu missionné par Dieu pour être le dépositaire et le propagateur de sa Révélation écrite. Ce Peuple Élu, que les faits historiques, confrontés avec les déclarations explicites de cette Révélation, font retrouver aujourd'hui dans la Race Anglo-Saxonne, est le 10e et dernier Peuple Chef de la série de Conducteurs qui définit et constitue ce qu'on appelle l'Histoire Générale. L'Apogée de puissance de ce 10e et dernier peuple p. XVIIs'effacera, en lui faisant place, devant l'Établissement du Règne de Christ comme Roi de Paix et Dominateur des Peuples, à sa glorieuse Seconde Venue (+ 2180) (1).

La matière du sujet ayant été ainsi envisagée sous ces deux grands aspects : (T. I) Constitution générale et sens prophétique ; (T. II) Analyse historique, Destinée et Identification historique du Peuple Élu ; on se propose dans le présent Tome III, en rentrant plus expressément dans le domaine de la Mesure mathématique proprement dite, d'analyser de plus près le document sacré, lequel est tout rempli de nombres, quant aux ensembles géométriques et mathématiques particuliers que lui-même construit et nous présente. Au premier rang de ceux-ci, et dominant le sujet, nous est proposé par lui, c'est à dire par l'Esprit de Dieu, cet Autel et Temple à l'Éternel élevé au pays d'Égypte à la pointe du Delta du Nil (Ésaïe XIX, 19), qui n'est autre que la Grande Pyramide, — monument divin de l'Ordre opposé au monument du désordre humain de la Tour de Babel. De même aussi, cette extraordinaire construction du Temple d'Ézéchiel, qui, précise et détaillée, n'occupe p. XVIIIpas moins de neuf chapitres de la Bible, et, (comme on le verra) se trouve dans une connexion étroite avec la construction géométrique de la Pyramide elle-même. Tels sont encore dans ce même ordre de la Mesure précise et positive, au cours de l'ordonnance historique de l'Ancienne Alliance la construction du Tabernacle, du Temple de Salomon, et de tout ce qui, plus particulier, lui est connexe, comme l'Arche d'Alliance, la Mer d'Airain, et d'autres éléments essentiels de l'institution ordonnée du culte lévitique.

IX. Dans cet ensemble d'éléments géométriques, la Pyramide occupe un rang à la fois particulier et prééminent à raison du système chronologique et prophétique du diagramme formé par son système de passages ; et cela introduit comme question connexe dans notre champ d'investigation, la question du fonds commun, depuis longtemps soupçonné (et lequel ne serait autre que la chronologie commune de la Bible et de la Pyramide), duquel procéderaient les systèmes chronologiques de divers peuples de l'Antiquité — fonds hérité par eux après le Déluge, et, en dépit de déformations inévitables, généralement cependant reconnaissable chez tous. Or cela propose dès l'abord, en prolongeant le champ historique proprement dit qui, jusqu'ici, nous avait particulièrement p. XIXoccupés, l'examen de ces diverses chronologies dont nous venons de parler, et, d'une manière dominante, la Chronologie égyptienne, celle de Manéthon. Telle est la raison pour laquelle nous avons cru devoir commencer le présent Tome III de notre Ouvrage, par l'analyse détaillée de cette chronologie égyptienne. Ce travail à lui seul, on le reconnaîtra, suffirait à démontrer le bien fondé de l'induction relative à l'existence du fonds biblique que nous supposions. Les remarques qui sont après cela présentées concernant ce que l'on possède des systèmes chronologiques primitifs de la Chaldée, de la Chine et de l'Inde, concourent à corroborer la justesse de la même induction en ce qui respectivement intéresse ces divers documents.

Cette étude chronologique est suivie de l'examen de la série des éléments proprement géométriques dont nous avons parlé plus haut, en commençant par la Pyramide [on retrouvera dans celle-ci, comme résultat capital, mesurées au niveau du Pavement qu'ont mis en évidence les mensurations de M. Fl. Petrie, les périodes historiques et prophétiques quinquaséculaires de la Bible] ; et sans parler d'autres sujets partiels dont il est également traité, le volume enfin comprend, en couronnant le sujet, avec leur analyse particulière l'exposé du Système mathématiquement construit que cons- p. XXtituent par leur ensemble tous les livres prophétiques proprement dits de l'Écriture (1).

Avertissement. Nous devons encore au lecteur, au sujet de la voie didactique que nous allons suivre dans cette troisième partie de notre Ouvrage, quelques mots d'avertissement.

Ainsi qu'il a pu le constater, au cours des Tomes précédents I et II on s'est attaché, dans l'étude et l'exploration du système révélé de la Bible, à ne recourir qu'à la Bible immédiatement et unique- p. XXIment, le Livre se démontrant ainsi nécessaire et suffisant pour établir par lui-même, c'est à dire par ses caractères intrinsèques, sa pleine inspiration ; et, il importe ici de bien le spécifier, on aurait pu, dans la continuation actuelle de ces Leçons sur la Parole, ne se départir en rien de cette étroite règle de logique. Néanmoins, comme nous allons le faire comprendre dans un instant, c'eût été au prix d'un travail non seulement en lui-même considérable mais inutilement de double emploi ; et l'exemple suivant définira clairement ce qu'ici nous entendons. La Bible, en És. XIX, p. XXII19, 20, déclare qu'il y aura en Égypte (d'après les termes du texte, à la pointe du Delta) un Monument qui sera un Autel et un Temple à la gloire de l'Éternel ; et on sait qu'en effet, au lieu géographique indiqué, un Monument existe (la Grande Pyramide) qui, depuis tous les siècles, attire l'attention du monde. L'étude de la Pyramide est donc introduite directement par la Bible elle-même ; et par conséquent, sans dévier en rien de la règle dont il était plus haut question, l'étude de la Pyramide doit figurer, en principe, dans nos Leçons, en tant qu'étude et commentaire du passage biblique És. XIX, 19, 20. Mais cela ne ferait, à plusieurs égards, que rééditer un travail qui a déjà été effectué (notamment dans la Concordance ; aussi la Mathématique de l'Histoire). De même, la Bible, qui est un livre d'Histoire et de Géographie, en offrant constamment à nos regards le Globe Terrestre, en nous y signalant, dans une marche de l'Est à l'Ouest, la succession des Peuples Chefs, en nous spécifiant avec des temps précis les lieux précis d'action des missionnaires providentiels, nous invite, c'est à dire d'elle-même nous ordonne, d'observer de près et dans les moindres détails ce champ externe où l'Esprit réalise le plan divin ; de telle sorte que la Géodésie chronologique, ou la Mathématique de l'Histoire, n'est, elle aussi, en fait qu'un commentaire prescrit par le Livre

p. XXIIIsacré pris dans son ensemble ; [ou, si l'on demandait ici l'indication de textes définis, par un verset tel que Zach. III, 9 (la Pierre dont l'Éternel grave la gravure, et sur laquelle il y a sept Esprits ; les 7 Églises de l'Apocalypse)]. De même encore le Chap. I. d'Ézéchiel avec ses Roues de feu, ses méridiens tournant autour de l'axe des pôles, ne fait que nous proposer d'établir, à titre de commentaire de l'Écriture, la Physique du Globe et les lois périodiques régulatrices de son évolution.

Il résulte de cela qu'au point de nos Leçons sur l'Écriture auquel nous sommes parvenu, nous sommes en droit, sans rien changer au plan que jusqu'ici nous y avions adopté et suivi, de nous référer maintenant, comme faisant en principe partie intégrante de ces Leçons elles-mêmes, aux résultats que nous avions précédemment acquis et exposés dans d'autres travaux, tels notamment la Concordance et la Mathématique de l'Histoire, et de demander au lecteur du présent ouvrage d'accepter à leur égard notre documentation. C'est notamment ainsi que dès l'abord de ce Tome III, nous aurons besoin, au sujet de l'examen des systèmes chronologiques des anciens peuples, notamment des Égyptiens, de faire usage des mesures et données de la Grande Pyramide, ou de la mesure des Jours de Création bibliques, déterminés par la Géodésie chronologique. Disons d'ailleurs p. XXIVqu'il suffira ici au lecteur, pour nous suivre, d'une vue de premier ordre de ces objets, vue que lui acquerra très aisément la lecture, par leurs points directeurs, des Ouvrages mentionnés, Concordance et Mathématique de l'Histoire.

10 juin 1925.

LEÇON XXVI

Sur l'existence d'un fonds commun aux chronologies des anciens peuples, fonds qui a pour expression exacte la chronologie du texte hébreu de la Bible.

CHRONOLOGIE ÉGYPTIENNE.

p. 1719. Toute l'Humanité actuelle descendant des 8 personnes sauvées des eaux du Déluge (− 2528), et les hommes, jusqu'à la Dispersion des Nations (− 2428, Tour de Babel) ayant formé un seul peuple (les Noachides), ayant un seul et même langage (1), il est non seulement rationnellement possible, il est presque certain que de l'unité ancestrale résultera une parenté tout au moins, dans la mémoire des faits que se transmettront les descendants.

Cette communauté d'origine en effet, sans parler p. 2du Déluge dont on retrouve partout le souvenir, explique déjà d'elle-même l'identité de traits caractéristiques offerts par les diverses traditions (telle, par exemple, la mention des 10 Patriarches antédiluviens) ; mais dans cet ordre de confrontation les éléments d'observation externe que ces traditions constituent prendraient avec une force plus impressionnante encore rang de témoins, si, passant dans le domaine précis du nombre, on voyait leurs systèmes chronologiques eux-mêmes se présenter comme des constructions dérivées d'un unique fonds commun, et qui serait précisément le système mathématique du texte hébreu de la Bible.

L'analyse d'un tel problème appartient essentiellement à l'ordre de nos recherches, et c'est par elle que nous allons commencer cette nouvelle série de Leçons.

720. En procédant toujours comme nous l'avons fait jusqu'ici par ordre, et parcourant à la manière d'un observateur externe les temps de l'Humanité, nous avons d'abord à nous demander quand, s'ils existent, au cours des âges se sont constitués et s'offrent les éléments documentaires que nous recherchons. Or à cet égard se présente d'elle-même et d'une manière significative une époque très remarquable, placée au centre de l'espace p. 3de quatre siècles et demi qui sépare de l'Ère chrétienne la clôture des écrits de l'Ancien Testament, et que repère, dans la loi historique quinquaséculaire, la Phase initiale de Constitution de la période de domination des Romains comme Peuple Chef (1).

C'est l'époque bien connue dans l'Histoire, celle des Ptolémées, où, sous l'influence de l'esprit hellénique, s'élaborent les annales des peuples antérieurs. Bérose pour la Chaldée, Manéthon pour l'Égypte, les auteurs aussi de la traduction des Écritures, dite des « Septante », pour la Palestine, tentent alors de reconstituer pour le monde grec des histoires générales à partir des origines.

Les ouvrages originaux de Bérose et de Manéthon sont perdus. Des extraits s'en trouvent dans les chronographies de Jules l'Africain (+ 223, circa) et d'Eusèbe (+ 270 à + 339 circa). L'ouvrage du premier de ces deux écrivains est également perdu, mais des extraits de Bérose et de Manéthon qu'il renfermait nous ont été transmis par la Chronographie de George le Syncelle (+ 792 circa), qui rapporte aussi les transcriptions fournies par la p. 4chronique d'Eusèbe. On trouve d'ailleurs tout ce qui reste de cette chronique elle-même dans le Thesaurus temporum de Scaliger (Amsterdam, 1658). Le Syncelle fait connaître en outre, comme document relatif à l'histoire d'Égypte, une liste chronologique antérieure à celle de Manéthon et portant le nom de Vieille Chronique, et une liste de rois, rassemblée, toujours au temps des Ptolémées, par le géographe Eratosthène (− 275), contemporain de Manéthon. On trouve enfin dans Josèphe (Réponse à Appion, Liv. I, Ch. V) quelques extraits de Manéthon, commençant à la domination des Hycsos (XVe — XVIIe dynasties de Manéthon).

Tels sont, en nous occupant d'abord de la région de l'Orient classique, les documents de première main (1).

Nous commencerons leur analyse par celle de la chronologie de l'Égypte.

CHRONOLOGIE ÉGYPTIENNE.

721. Nos sources principales vont être ici : Georgii Monachi Syncelli Chronographia, Parisiis, MDCII. gr. f° (texte grec et traduction latine) ; p. 5Fragmenta historicorum græcorum, collegit, disposuit,… G. Müller. Paris, Firmin Didot. Tome II (1848), pp. 511-616.

Manéthon vivait au temps des deux premiers Ptolémées, savoir Ptolémée Soter (− 311 à − 285) et Ptolémée Philadelphe (− 285 à − 247). C'est à la demande de ce dernier qu'il écrivit, en grec, son histoire d'Égypte. C'était un prêtre de Sébennyte, ville de la Basse Égypte, dans le Delta.

On lit dans Le Syncelle :

Syncelle, p. 18.    Manetho Sebennytes Beroso posterior,
                    impurorum sacrorum in Ægypto Pontifex
                    tempore Ptolemæi Philadelphi,…
Syncelle, p. 40.    Ad Ptolemæum Philadelphium Manethonis
                    Sebennitæ epistola.
                    Ptolemæo Philadelpho regi magno augusto :
                    Manetho Sacerdos et sacrorum per Ægyptum
                    penetralium notarius, genere Sebennyta,
                    urbe Heliopoli, domino meo Ptolemæo.
                    Salutem.
                    De rebus omnibus nobis tuo jussu, rex
                    magne, propositis attente cogitandum est,
                    Hac de causa interroganti tibi de iis quæ
                    mundo accident, quæque ex libris ab primo-
                    genitore tuo ter magno Mercurio conscriptis
                    mihi sunt nota, prout imperasti, cuncta
                    manifestabuntur. Vale mihi, domine mi

p. 6

rex. Hæc de secundi Mercuri librorum in-
terpretatione scribit : postmodum vero per
Dynastias triginta de gentibus Ægyptiacis
quinque, Deis, Semideis, Heroibus, et Morta-
libus ab eisdem vocatis texit historiam.

Dans les Fragmenta :

Fragm. p. 511.    Vixit Manetho sub Ptolemæo primo ejusque
                  successore. Illud constat e Plutarcho (De
                  Is. et Os. c. 28).

722. Son ouvrage intitulé les Egyptiaques (Αἰγυπτιακά) était divisé en trois livres comprenant, outre les temps fabuleux antérieurs aux rois, 30 Dynasties, ou 31 Dynasties en y ajoutant la seconde et dernière dynastie perse. Le nombre trente est explicitement mentionné dans le passage ci-dessus du Syncelle (Syncelle, p. 40, et encore p. 51 à la suite de la Vieille Chronique) ; et on lit dans les Fragmenta :

Fragmenta, p. 512 (en note). Dynastia XXXI reges Persarum
recensens, quæ post Nectanebum usque ad Alexandri
tempora regnarunt, probabiliter non ab ipso Manethone
profecta, sed ab aliis addita est (1).

Néanmoins, les deux listes de Manéthon données par l'Africain et par Eusèbe, et rapportées par Le Syncelle, mentionnent 31 Dynasties.

p. 7La composition des trois livres de cet ouvrage de Manéthon était (Syncelle, pp. 54, 55, 59, 60, 73, 74 ; Fragm. p. 512) :
Livre I. Temps fabuleux et 11 Dynasties, plus Ammenemès.
Livre II. 8 Dynasties XII-XIX.
Livre III. XX-XXX (1).

723. Les temps fabuleux comprennent 24925 ans et sont divisés comme suit (Fragmenta, p. 528) :

I.   Dii  . . . . . . . .  13900   [1]
II.  Semidii
       α′ 1. Semidii . . . . 1255  ⎫
       β′ 2. Alii reges (Thebani?) 1817  ⎪
       γ′ 3. 30 reges Memphitæ . 1790  ⎬  5212  [2]
       δ′ 4. 10 reges Thinitæ .  350  ⎭
III. Manes  . . . . . . .   5813   [3]
                Summa  .   24925

724. Voici maintenant (Tabl. LXIII), pour les Dynasties qui suivent ces temps fabuleux, les extraits de Manéthon donnés par Le Syncelle, d'après l'Africain et Eusèbe. Nous avons mis en parallèle l'Africain et Eusèbe.

TABLEAU LXIII.

Dynasties de Manéthon (le Syncelle, pp. 54 et seq.).

p. 8Colonne de gauche — d'après l'Africain :

p. 54.  De Ægypti post diluvium Dynastiis ad mentem Africani.

1. Sublatis Diis manibus Semideis primum regnum regum octo
   tempore excurrit quorum primus Menes Thecinites (Θεινιτης)
   annis 62 imperavit, et ab Hippopotamo raptus, luce privatus est.
2. Athoth filius ejus, annis 57 qui Memphii regiam extruxit, a quo
   (Medicus enim erat) libri de Anatomia feruntur scripti.
3. Cencenes filius, annis 31.
4. Uenephes filius, annis 23. Sub quo fames ingens Ægyptum
   afflixit : hic circa Cochomen pyramidas erexit.
5. Usaphœdus filius, annis 20.
6. Miebidus filius, annis 26.
7. Semempsis filius, annis 18. Sub quo valida pestis Ægyptum foedavit.
8. Bienaches filius, annis 26.
   Summa omnium 253.
   Primi principatus ordinem Eusebius eo modo quo et Africanus exposuit.

p. 54.  Secundus principatus est Thinitensium regum
        (Θεινιτων βασιλεων) novem, quorum
1. Boethus, annis 38. sub quo portentosus terræ hiatus ad Bubastum, quo
   plerosque perire contigit.
2. Keachos, annis 39. sub quo bos Apis Memphi, et Menem
   Heliopoli, et Mendesius caper habiti sunt Dei.

Colonne de droite — d'après Eusèbe :

p. 55.  De Ægyptiorum post diluvium Dynastiis prout Eusebius exposuit.

Sublatis Manibus et Semidiis, primam Dynastiam octo regum percenset : quorum
« 1. Fuit Menes, qui cum gloria fulgeret, « reliquorum Dux extitit : a quo series
  omnis, (prout ex generibus singulis reges ortos quidam descripserunt) hunc in
  modum deducitur. « Menes Thenites (Θεινιτης) et ejus nepotes 17. alibi 7.
  leguntur, quem Herodotus Menem nuncupavit, annis 60. regnum obtinuit. Hic
  ultra regni limites exercitum duxit, et illustris habitus, ab Ipso Hippopotamo
  raptus est.
« 2. Filius ejus Athostis annis 27 regnavit, « regiæque Memphiticæ fundamenta
  posuit, « medicinam exercuit, et de dissecandis corporibus libros conscripsit.
« 3. Cencenes ejus filius, annis 39.
« 4. Uenephes annis 42. cujus tempore « fames regionem invasit, qui et pyramidas
  ad « Cochomen erexit.
« 5. Usaphaes, annis 20.
« 6. Niebes, annis 26.
« 7. Simempses, annis 18. ejus tempore ple« raque visa sunt prodigia, horrendaque
  pestis « per regionem grassata est.
« 8. Ubienthes, annis 26.
« Omnes simul regnaverunt annis 252.

p. 55.  Dynastia secunda regum novem.

1. Bochus, sub quo Bubasti terra ingenti hiatu divisa pluribus necem intulit.
2. Post hunc Chous, quo tempore Apis et Mnevis, sed et Mendesius caper inter
   Deos relati.

p. 9

Note d'édition : les pages 9 à 18 reproduisent, sur deux colonnes parallèles, les listes des dynasties de Manéthon : à gauche la version d'Africain, à droite la version d'Eusèbe. La transcription verbatim ci-dessous présente d'abord la colonne de gauche (Africain), puis la colonne de droite (Eusèbe), pour chaque tranche de texte.

[Page 9 — Dynasties II (fin), III et IV]

[Colonne de gauche — Africain] 3. Binothris, annis 47. sub quo mulieres regno potiri decretum est. 4. Tlas, annis 17. 5. Sethenes, annis 41. 6. Choeres, annis 17. 7. Nephercheres, annis 25. sub quo Nilum melleo liquori permixtum diebus undecim fluxisse fabulantur. p. 56. Dynastia tertia regum Memphitarum novem, quorum 1. Necherophes, annis 28. cujus ætate Libyes ab Ægyptiis defecerunt, Luna tamen præter communem cursus aucta, metu ducti seipsos dediderunt. 2. Tosorthrus, annis 29. hic Æsculapius Ægyptiis ob medicandi peritiam habitus : sectis lapidibus ædificandi artem invenit ; et characteribus litterarum recte exarandis laborem et industriam impendit. 3. Tyris, annis 7. 4. Mesochris, annis 17. 5. Soiphis, annis 16. 6. Tosertasis, annis 19. 7. Achis, annis 42. 8. Siphuris, annis 30. 9. Cerpheres, annis 26. Horum summa annorum 214. Trium simul principatuum ex Africani mente summa 769. p. 56. Dynastia quarta alterius cognationis Memphitarum regum octo. 1. Soris, annis 29. 2. Suphis, annis 63. Ille pyramidem omnium maximam erexit, quam à Cheope rege positam Herodotus scribit. Idem Peroptes dictus, inter divos relatus est, librumque de sacris conscrip-
[Colonne de droite — Eusèbe] 3. Biophis, sub quo fœminis quoque lege sancita regni consortium delatum est : post istos alii tres sequnti sunt, quorum ætas nil notatu dignum protulit. 7. Sub septimo Nilum melle temperatum diebus undecim fluxisse comminiscuntur. 8. Sesochris, annis 48. cujus proceritas cubitis 5. latitudo tribus protensa. 9. Cheneres, annis 30. Omnium summa est annorum 302. Primi vero secundique post diluvium principatus summa est annorum 555. juxta secundum Africani expositionem. p. 57. Primæ secundæque Dynastiæ summa, pro Eusebii computo, annorum est 549. Dynastia tertia regum octo Memphitarum. « Nacherochis sub quo Libyes Ægyptiis rebellarunt, Lunæque præter rationem auctæ viso prodigio, metu pulsi, deditionem fecere. Post eum Sesorthus, qui, ob medicam artem qua præstabat, Æsculapius Ægyptiis nuncupatus est. Ædium ex sectis lapidibus constructionem ad invenit, et litteras bene pingendi studio claruit. Aliis sex nihil laude dignum est actum : Regnarunt annis 198. Summa trium Dynastiarum juxta Eusebii rationem anni 747. p. 57. Dynastia quarta Memphitarum cognationis alterius regni, quorum « Tertius fuit Suphis, qui pyramidem omnium maximam erexit, quam Herodotus a Cheope rege positam, asservit. Deos contempsit, pœnitentiaque ductus sacrum conscrip-

p. 10

[Page 10 — Dynasties IV (fin), V et VI]

[Colonne de gauche — Africain] sit, quem velut pretiosam suppellectilem in Ægypto mihi comparavi. 3. Suphis, annis 66. 4. Mencheres, annis 63. 5. Ratoeses, annis 25. 6. Bicheres, annis 22. 7. Sebercheres, annis 7. 8. Thamphtis, annis 9. Summa 274 annorum. Quatuor post diluvium Dynastiarum summa ex Africano, est 1046. (Ordo mutatus) « Post hunc Sesochris regna« vit annis 48. cujus proceritas quinque cubitos, « latitudo palmos tres adæquavit. « 9. . . . . . . . . . . . . . « Novem istorum tempore nihil memoria « dignum annis occurrit : regnaveruntque 297. p. 57. Dynastia quinta regum ex Elephantina. 1. Usercheris, annis 28. 2. Sephres, annis 13. 3. Nephercheres, annis 20. 4. Sisiris, annis 7. 5. Cheres, annis 20. 6. Rathuris, annis 44. 7. Mercheres, annis 9. 8. Tarcheres, annis 44. 9. Obnus, annis 33. Summa est annorum 248. quæ cum prioribus 1046. Dynastiarum quatuor, annorum 1294. Summam componit. p. 58. Dynastia sexta regum sex Memphitarum. 1. Othoes, qui a satellibus est occisus. 2. Phius, annis 53. 3. Metusuphis, annis 7. 4. Phiops, sexennis regnare cœpit, annis centum vixit. 5. Mentesuphis, anno uno. 6. Nitocris nobilissima et formosissima sui temporis mulier, vulta rubiconda, quæ pyra-
[Colonne de droite — Eusèbe] « librum, quem, ceu rem præstantissimam « Ægyptii celebrant. De reliquis nihil quod « laudem mereatur posterorum memoriæ relic« tum est : Regnaverunt annis 448. Summa Dynastiarum quatuor post diluvium est annorum 1195. juxta Eusebii computum. p. 58. Quinta Dynastia regum 31. ex Elephantina : quorum « 1. Othoes a satellibus occisus. « 4. Phiops sexennis imperium auspicatus « est, et ad centum usque annos vitam regnum« que produxit. Ex præcedentibus 1195. cum istis quatuor Dynastiarum colligantur anni 1295. p. 58. Dynastia sexta « Mulier omnium sui temporis generosis« sima, venustissimaque, ruboris specie mi« randa, Nitocris nomine, regnum obtinuit, « tertiam pyramidam ædificasse fertur : regna« vit annis tribus, vel ut alius codex habet, 203. Præcedentibus 1295. adjunctis, exurgunt e Dynastiarum 5. summa anni 1498. Observa quantum ab Africani fide deficit Eusebius, cum in numerandis regibus, eorum-

p. 11

[Page 11 — Dynasties VI (fin) à XI ; fin du Livre I]

[Colonne de gauche — Africain] midam tertiam erexit, et annis duodecim regnavit. Summa, 203. anni, qui præordinatis quinque Dynastiarum annis 1294. appositi, constant 1497. p. 58. Dynastia septima regum 70. Memphitarum, qui diebus 70. regnavere. p. 58. Dynastia octava regum 27. Memphitarum, qui annis 146. regnum tenuere. Supra memoratis itaque comprehensis. Dynastiarum octo annis insimul sunt 1639. p. 59. Dynastia nona regum 19. Heracleotarum, annis 409. sceptra moderatorum ; quorum. 1. Achtœs vir majorum suorum crudelissimus, plura totius Ægypti incolis ferocitatis argumenta dedit, versus est in amentiam, et a crocodilo necatus est. p. 59. Dynastia decima regum 19. Heracleotarum totis 185. annis imperantium. p. 59. Dynastia undecima 16 regum Diospolitarum, annis 43. quibus Ammenemes per annos 16. successit. Hucusque tomi primi argumentum deducit Manetho. Reges itaque sunt numero 192. anni 2350. dies 70.
[Colonne de droite — Eusèbe] que nominibus supprimendis, tum etiam in annis ipsis recensendis : quamvis ipsa ferme Africani verba usurpet. p. 59. Dynastia septima quinque regum Memphitarum diebus 75. regnum obtinentium. p. 59. Dynastia octava quinque regum Memphitarum annis centum regnantium. Præmissis igitur adjunctis Dynastiarum octo anni ex Africani mente 1598 colliguntur. p. 60. Nona Dynastia regum 4. Heracleopolitarum annis centum regnantium. « 1. Achthus omnium retro se crudelissimus, « omnibus Ægyptii incolis noxius, amens factus, « a crocodilo devoratus est. p. 60. « Dynastia decima « regum novem decim Heracleopolitarum « annorum 185. spatio imperium exarcen« tium. p. 60. « Dynastia undecima « sexdecim regum Diospolitarum annis « quadraginta tribus imperantium. suc« cessit Ammenemes annis 16. Hucusque tomi primi scripta produxit Manetho. Summa. Reges 192. Anni 2300. dies 79.

Fin du Livre I de Manéthon.

p. 12

LEÇON XXVI — Ex Manethonis tomo 2

[Page 12 — Dynasties XII à XV]

[Colonne de gauche — Africain] p. 59. Ex Manethonis tomo 2. Dynastia duodecima regum septem Diospolitarum. 1. Sesonchoris Ammenemis filius, annis 46. 2. Ammenemes annis 38. a propriis eunuchis neci traditus. 3. Sesostris annis 48. Hic novem annorum spatio totam Asiam subjugavit, cunctasque Thraciam usque regiones : et devictæ nationis memoriam erecturus, quos generosos comperisset virorum genitalibus ; imbelles muliebribus effictis arguebat. Idem post Osirim ab Ægyptiis primo repositus est loco. 4. Lachares annis 8. Hic Labyrinthum sibi eligit sepulturam. 5. Ammeres annis octo. 6. Ammenemes annis octo. 7. Scemiophris ejus soror annis quatuor. Summa anni 160. p. 61. Dynastia decimatertia regum 60. Diospolitarum annis 184. regnum moderatorum. Deest nonnihil. p. 61. Decima quinta est Pastorum. Erant vero Phœnices peregrini reges sex, qui Memphim etiam cœperunt : qui in Sethroite quoque tractu considerunt urbem, ex qua irruptione facta, Ægyptios subjugavere, quorum Primus Saithes regnavit annis 19. a quo tractus et regio Saites vocata. 2. Beon annis 44. 3. Pachnan annis 61. 4. Staan annis 50. 5. Archles annis 49. 6. Aphobis annis 61. Summa anni 284.
[Colonne de droite — Eusèbe] p. 60. Ex Manethonis tomo secundo. Dynastia duodecima regum septem Diospolitarum : quorum « 1. Sesynchoris Ammenemis filius, annis 46. « Ammenemes annis 38. a propriis Eunuchis « occisus. « 3. Sesostris annis 48. cujus proceritas cubi« tis 4. palmis 3. digitis 2. commensurabatur. « Totam Asiam annis novem armis subjecit, « cunctasque ad Thraciam usque Europæ pro« vincias : suæ in nationes exercitæ potestatis « monumenta erexit, et virorum quidem animo « sublimium insculpta cippis virilis pudendi « figura præstantiam testabatur, cœlatisque ex « adverso muliebribus, aliorum ignaviam red« debat notam : adeo ut ab Ægyptiis post Osirim « primus haberetur. « Post hunc Labaris annis 8. qui Arsenoï« ticum Labyrinthum sibi sepulchrum effecit. « Ejus posteri 42. annis 245. regnaverunt. p. 61. « Dynastia decima tertia « regum Diospolitarum sexaginta, annis « 453. regnantium. « Dynastia decima quarta « regum Xoïtarum 76. annis 184. et ut « alibi legitur 484. moderatorum. p. 61. « Dynastia decima quinta « regum Diospolitarum annis 250 regnan« tium.

p. 13

[Page 13 — Dynasties XVI et XVII]

[Colonne de gauche — Africain] p. 61. Dynastia decima sexta Græcorum pastorum est, quorum reges 32. annis 518. regnaverunt. p. 61. Dynastia decima septima aliorum est pastorum, quorum reges 43. et Thebæi Diospolitæ 43 Summatim tum pastores, tum Thebæi annis 153. imperarunt.
[Colonne de droite — Eusèbe] p. 61. « Dynastia decima sexta « quinque regum Thebæorum annis 190. p. 61. Dynastia decima septima ex pastoribus fratribus Phœnicibus peregrinis regibus, qui etiam Memphim cœperunt, quorum « 1. Saïtes annis 19. regnavit, a quo Saïtes « præfutura dicta : iidemque in Sethroïte præ« fectura civitatem edificavere, ex qua profec« tione suscepta, Ægyptios sibi subdidere. « 2. Beon annis 43. « 3. Apophis annis 14. « Archles successit annis 30. Summa 106. anni « Eorum tempore Joseph Ægyptiorum regnum « moderatur. Observa Eusebium privato sibi sine præstituto, reges ab Africano, in decimam quintam Dynastiam relatos, decima septima vixisse asserere. Una enim omnium voce fertur, sub Apophi Joseph potestatem in Ægyptum exercuisse : at cum nesciret, quo eum loco reponeret Eusebius, Apophim a 15. in 17. transtulit, et ex annis 61. ipsi debitis solos 14. assignavit : totius vero Dynastiæ annos 251. imminuit, solos que 103. numeravit ; ac demum quatuor solos, regum sex vice conscripsit.

p. 14

[Page 14 — Dynastie XVIII]

[Colonne de gauche — Africain] p. 62. Dynastia decima octava regum Diospolitarum, quorum Primus fuit Amos, sub quo Moyses egressus est ex Ægypto, prout demonstrabimus. p. 69. Regum Diospolitarum 16. Dynastia decima octava, quorum Amos primus fuit, sub quo, prout declaravimus, ex Ægypto Moyses profectus est. Qui nimmo regis istius ætate juveniles adhuc annos Moyses decurrisse sibi concedi præsens calculus exigit. Virum eundem, qui Amos, Amosin quoque, nec non Tethmosin, qui filius Aseth, dictum (prout ex sequentibus demonstrabitur) et Misphragmuthosin sextum ab eo numeratum Amosis quoque nomine insignitum reperiri, Africanus ignorare reor. Sane sub Amosi nominis istius primo, qui Amos apud Africanum audit, vel certe annis ante regnum ejus quatuor, Moyses, ut ex dictis. manifesto liquet, in lucem prodiit ; anno nimirum ab orbis conditu 3732. sub Amosi vero nominis ejusdem secundo, cui Misphragmuthosis quoque nomen, ex Ægypto cum populi totius comitatu egressus est : ab orbe videlicet creato 3812 ætatis propriæ 80. p. 70. Ægyptiorum regum, post primum Amosim Africano dictum. Dynastiæ decimæ octavæ reliqui. Secundus Dynastiæ 18. ex Africano, regnavit Chebros annis 13. Tertius Amenophthis, annis 21. Quartus Amersis, annis 22. Quintus Misaphris, annis 13. Sextus Misphragmuthosis, annis 26. Sub quo Deucalionæum diluvium. p. 72. Reliqui post Misphragmuthosim Dynastiæ 18 reges, ex Africani sententia, hoc ordine locantur. 7. Tuthmosis annis 9. 8. Amenophis annis 31. Hic Memnon habitus, et lapis loquela præditus. 9. Horus annis 37. 10. Acherres annis 32. 11. Rathos annis 6. 12. Chebres annis 12.
[Colonne de droite — Eusèbe] p. 62. « Dynastia decima octava « regum Diospolitarum, quorum primus « Amoses annis 25 regnavit. Hic quoque duos reges præterit Eusebius : et annorum 263. apud Africanum lectorum vice, 348 scriptis, 85 superaddidisse convincitur. En certe ut Africanus 80. Moysis anno Amosin Ægypti regem ascribere meditatus, deficientibus ei 110. annis, ex omissa secundi Cainan filii Arphacsad generatione 13,... p. 69. Regum diospolitarum sexdecim Dynastia decima octava, quorum « Amosis primus annos viginti quinque « regnavit. p. 71. Reliqui Ægyptiorum reges Dynastiæ decimæ octavæ. Post primum ab Eusebio scriptum Amosim. « 2. Chebron annis 13. « 3. Ammenophis annis 21. « 4. Miphris annis 12. « 5. Misphragmuthosis annis 26. Ab Amosi propositæ Dynastiæ primo usque ad Misphragmuthosis regnum ex Eusebii sententia, anni sunt 71. regibus nimirum quinque, cum sex scribendi forent, positis : quartum enim Amensens nomine, quem cum Africano memorant reliqui, præteriit, et annos ejus vitæ 22. omisit Eusebius (1).

(1) Il semble qu'Eusèbe les a transportées à Amos, qui n'a pas d'années mentionnées dans l'Africain.

p. 15

[Page 15 — Dynasties XVIII (fin) et XIX ; fin du Livre II]

[Colonne de gauche — Africain] 13. Acherres annis 12. 14. Armeses annis 5. 15. Rammeses anno unno. 16. Amenoph annis 19. Summa anni 263. p. 72. Dynastia XIX regum Diospolitarum 7. 1. Sethos annis 51. 2. Raphaces annis 61. 3. Ammenephthes annis 20. 4. Rameses annis 60. 5. Ammenemes annis 5. 6. Thuoris, Polybus Homero dictus, Alcandræ conjux, sub quo captum est Ilium, annis 7. Summa anni 209. Eodem secundo Manethonis libro reperiuntur reges 96. quorum imperium ad 2121. annos protractum est.
[Colonne de droite — Eusèbe] « 8. Orus annis triginta sex, in alio codice « triginta octo. « 9. Achencherses annis 12. « 10. Athoris annis 39. « 11. Chencheres annis 16. « Hujus tempore Moyses Judæorum ex « Ægypto profectionis Dux institutus. Eusebio nullo, ut ipse testatur, sibi astipulante, quinimmo adversans in partem antiquis authoribus aliis propensis, sub hoc principe susceptans ab Israele, Duce Moyse, profectionem scribit. « 12. Acherres annis 8. « 13. Cherres annis 15. « 14. Armes Danaus annis quinque, quibus « exactis, regno excidit, et fratrem Ægyptum « fugiens secedit in Græciam, et Argo capta « dominatur Argivis. « 15. Ammeses, qui et Ægyptus, annis 68. « 16. Menophis annis 40. Summa anni 348. Supra Africani calculos addidit Eusebius ad Dynastiam 18. annos 85. p. 73. Dynastia decima nona regum Diospolitarum quinque. 1. Sethos annis 55. 2. Rapses annis 66. 3. Ammenephthis annis 40. 4. Ammenemnes annis 26. 5. Thuoris Homero dictus Polybus Alcandræ conjux, cujus tempore captum est Ilium, annis 7. Summa anni 194. Ex ejusdem Manethonis libro secundo reges 92. annis 1121.

Fin du Livre II de Manéthon.

p. 16

LEÇON XXVI — Ex Manethonis libro tertio

[Page 16 — Dynasties XX à XXIV]

[Colonne de gauche — Africain] p. 73. Ex Manethonis libro tertio Dynastia vigesima regum 12. Diospolitarum, qui annis 135. regnaverunt. Dynastia vigesima prima regum Tanitarum (βασιλέων Τανιτῶν) septem. 1. Smedes annis 26. 2. Phuneses vel Phusenes annis 46. 3. Nephelcheres annis 4. 4. Amenenophtis annis 9. 5. Osochor annis 6. 6. Pinaches annis 9. 7. Susennes annis 30. Summa anni 130. p. 73. Dynastia XXII Bubastitarum regum 9. 1. Sesonchis annis 21. 2. Osoroth annis 15. 3. 4. 5. Alii tres annis 25. 6. Tacellothis annis 13. 7. 8. 9. Alii tres annis 42. Summa anni 120. Dynastia XXIII regum Tanitarum (Τανιτῶν βασιλέων) 4. 1. Petubates annis 40. sub quo prima Olympias duxit initium. 2. Osorcho annis 8. quem Herculem vocant Ægyptii. 3. Psammus annis 10. 4. Zet annis 31. Summa anni 89. p. 74. Dynastia XXIV Bonchoris Saites annis 6. cujus tempore loquutus est agnus annis 990.
[Colonne de droite — Eusèbe] p. 74. Ex tertio Manethonis libro « Dynastia vigesima « Diospolitarum regum duodecim, qui an« nis 178. regnum obtinuere. Dynastia vigesima prima regum Tanitarum (βασιλέων Τανιτῶν) septem. « 1. Smendis annis 26. « 2. Psusennes annis 41. « 3. Nephercheres annis 4. « 4. Amenophthis annis 9. « 5. Osochor annis 6. « 6. Psinaches annis 9. « 7. Psusennes annis 35. Summa anni 130. p. 74. Dynastia vigesima secunda regum Bubastitarum trium. « 1. Sesenchosis annis 21. « 2. Osorthon annis 15. « 3. Tacellothis annis 13. Summa anni 49. Dynastia vigesima tertia trium regum Tanitarum (Τανιτῶν). « 1. Petubastes annis 25. « 2. Successit Osorthon annis 9. eumque « Herculem dixerunt Ægyptii. « 3. Psammus annis 10. Summa anni 44. p. 75. Dynastia vigesima quarta. « Bonchoris Saites annis 44. sub quo « humana voce loquutus est agnus. Summa anni 44.

p. 17

[Page 17 — Dynasties XXV, XXVI et XXVII]

[Colonne de gauche — Africain] Dynastia XXV regum Æthiopum 3. 1. Sabbacon qui Bonchorim in captivitatem redactum combussit vivum : regnavitque annis 8. 2. Sevechus ejus filius annis 14. 3. Tarcus annis 18. Summa anni 40. p. 75. Dynastia vigesima sexta regum novem Saïtarum. 1. Stephinates annis 7. 2. Nerepsus annis 6. 3. Nechao annis 8. 4. Psamniticus annis 54. 5. Nechao secundus annis 6. Hic cœpit Hierusalem, et Jochas regem in Ægyptum abduxit. 6. Psammuthis alter annis 6. 7. Uaphris annis 19. ad quem Hierusalem ab Assyriis capta Judæorum reliqui confugerunt. 8. Amosis annis 44. 9. Psammocherites mensibus sex. Summa anni 150, cum mensibus 6. p. 75. Dynastia XXVII regum Persarum octo. 1. Cambyses quinto sui in Persas regni anno, Ægyptum obtinuit annis 6. 2. Darius Hystaspis filius annis 36. 3. Magnus Xerxes annis 21. 4. Artabanus mensibus septem. 5. Artaxerxes annis 41. 6. Xerxes mensibus duobus. 7. Sogdianus mensibus septem. 8. Darius Xerxes annis 19. Summa anni 124. menses 4.
[Colonne de droite — Eusèbe] Dynastia vigesima quinta regum Æthiopum trium. « 1. Sabbacon, qui Bonchorim captum vivum « combussit, et annis duodecim regnavit. « 2. Sevechus ejus filius annis 12. « 3. Taracus anni 20. Summa anni 44. p. 76. Dynastia vigesima sexta regum Saïtarum novem. « 1. Ammeris Æthiops annis duodecim. « 2. Stephanathis annis 7. « 3. Nechepsus annis 6. « 4. Nechao annis 8. « 5. Psammitichus annis 45. « 6. Nechao secundus annis 6. « Hic cœpit Hierusalem, et Joachas regem in « Ægyptum abduxit captivum. « 7. Psammuthis alter, qui et Psammitichus « annis 17. « 8. Uaphris annis 25. ad quem captis ab « Assyriorum exercitu Hierosolymis Judæorum « reliqui confugerunt. « 9. Amosis annis 42. Summa anni 168. p. 76. Dynastia vigesima septima regum Persarum octo. « 1. Cambyses anno regni sui quinto, regna« vit in Ægypto annis 3. « 2. Magi mensibus 7. « 3. Darius annis 3. « 4. Xerxes filius Darii annis 21. « 5. Artaxerxes Longimanus annis quadra« ginta. « 6. Xerxes secundus, mensibus duobus. « 7. Sogdianus mensibus septem. « 8. Darius Xerxes annis 19. Summa anni 120. menses 4.

p. 18

[Page 18 — Dynasties XXVIII à XXXI]

[Colonne de gauche — Africain] p. 76. Dynastia XXVIII Amyrtæus Saïtes annis sex. Dynastia XXIX regum 4. Mendesiorum. 1. Nepherites annis 6. 2. Achoris annis 13. 3. Psammuthis anno uno. 4. Nephorotes mensibus quatuor. Summa anni 20. menses 4. p. 77. Dynastia trigesima regum trium Sebennytarum. 1. Nectanebes annis 18. 2. Teos annis 2. 3. Nectanebes annis 18. Summa anni 38. p. 77. Dynastia XXXI regum Persarum trium. 1. Ochus vigesimo in Persas regni sui anno imperavit Ægypto annis 2. 2. Arses annis 3. 3. Darius annis 4. Summa anni 9. Summa totalis 1050. Hucusque Manethon. Quæ sequuntur ex Græcis authoribus petenda. Macedonum regum quindecim.
[Colonne de droite — Eusèbe] p. 77. Dynastia vigesima octava Amyrtanus Saïtes annis 6. Dynastia vigesima nona regum quinque Mendesiorum. « 1. Nepherites annis 6. « 2. Achoris annis 13. « 3. Psammuthis anno uno. « 4. Anapherites mensibus quatuor. « 5. Muthis anno uno. Summa anni 21. et menses quatuor. p. 77. Dynastia trigesima regum Sebennytarum trium. « 1. Nectanebis annis 10. « 2. Teos annis 2. « 3. Nectanebes annis 8. Summa anni 20. p. 77. Dynastia trigesima prima regum Persarum trium. 1. Ochus, vigesimo regni sui anno potitur Ægypto, annis 2. 2. Succedit Arses Ochi filius annis quatuor. 3. Imperavit Darius annis 6. quem Alexander Macedo sustulit. Hæc ex tertio Manethonis libro. Hucusque Manethon. Quæ sequuntur ex Græcis scriptoribus depromuntur.
p. 19

725. La Vieille Chronique

Avant de procéder à l'examen et à la synthèse des nombres des listes qui précèdent (§ 723 et Tabl. LXIII), nous devons encore exposer le contenu de la Vieille Chronique, antérieure à Manéthon, Chronique dont ne s'occupe plus guère à l'heure actuelle l'Égyptologie (1), et qui cependant, comme on le verra bientôt, très instructive en elle-même, est absolument nécessaire pour faire découvrir le sens du système des dynasties de Manéthon. Voici cette Vieille Chronique, telle que nous l'a transmise le Syncelle. Elle comprend les temps depuis les origines jusque, et y compris, le règne de Nectanebo I, premier roi de la 30e Dynastie, ce qui indique vraisemblablement l'époque de sa composition. On lit dans le Syncelle, p. 51 :

(le Syncelle, p. 51.) Deorum regnum juxta vetus Chronicon. Vulcani tempus, quod interdiu noctuque appareat, haud assignatur. Sol Vulcani filius myriadibus annorum tribus regnavit, tum Saturnus, inquit, ac reliqui duodecim Dii regnum tenuerunt annis 3984. deinde Semidii reges fuerunt octo, annis 217. Post hos familiæ quindecim (καὶ μετ' αὐτοῖς γενεαὶ ιε') Cynici circuli recensitæ sunt annis 443 (ἐν ἔτεσι υμγ'). mox Tanitarum principatus (δυναστεία) 16. generationibus (γενεῶν) 8.

p. 20

annis 190. stetit : cui 17. principatus Memphitarum familiarum quatuor, annis 103. accessit : hosque principatus Memphitarum 18. familiarum 14. annis 348. sequutus est : Postmodum Diospolitarum 19. principatus, familiarum 5. annis 194. ac tum principatus 20. Diospolitarum, familiarum 8. annorum 228. mox etiam principatus 21. Tanitarum, familiarum 6. annis 121. insuper principatus 22. Tanitarum, familiarum 3. annis 48. ad hæc principatus 23. Diospolitarum familiarum 2. annis 19. post hac principatus 24. Saitarum, familiarum 3. annis 44. his adjungitur principatus 25. Æthiopum, familiarum 3. annis 44. quibus successit principatus 26. Memphitarum, familiarum 7. annis 177. successit 27. principatus Persarum 5. annis 124... his addendus 29. principatus, familiarum annis 39. quibus tanquam cumulus accedit 30. principatus Tanitæ unius annis 18. Summa principatuum triginta est 36525. annorum : qui quinquies et vigesies in 1461. resoluti et distributi decantatam indicant Græcorum et Ægyptiorum fabulis Zodiaci in primum statum reparationem, hoc est in primi gradus æquinoctiali signi Arietis.

Plus loin :

Quæ siquidem Ægyptiorum vetustissima sunt commentaria, Vulcani reliquarumque triginta Dynastiarum nimis immensum inducant spatium annorum videlicet myriadas tres et 6525. quamvis, ut opportuno loco
p. 21
demonstrandum occuret, diluvio turrisque opificio Vulcanus longe posterior Ægypti regnum obtinuerit. Manethon autem nobilissimus apud Ægyptios scriptor, de triginta eorum Dynastiis tractaturus, ex his occasione sumpta, ab eis plurimum juxta superius adducta ac deinceps quoque dicenda, dissentire comperitur. Familiarum enim 113. per Dynastias triginta libris tribus ab eo descriptarum tempus omne 3555. annis, mundi 1586. narrationem incipientibus, ac demum 5140. desinentibus, ante Alexandri Macedoni imperii annum circiter quintum decimum, concluditur.

726.

La Vieille Chronique consiste donc dans le tableau suivant :

Tableau LXIV.

A. Temps de Vulcain (Hephaïstos), non assigné  . .      x
   Règne du Soleil (Helios, fils d'Hephaïstos)  . .  30000
   Saturne (Cronos) et 12 Dieux  . . . . . .         3984
   8 rois demi-dieux  . . . . . . . . .               217
B. Après eux 15 familles, races ou générations (γενεαι).
   Elles sont comptées dans, ou par, 443 du cycle
   sothiaque (1)  . . . . . . . . . .               (443)

(1) Dans l'Égypte ancienne, p. 266, Champollion-Figeac traduit « furent inscrites dans le cycle sothiaque jusqu'à l'année 443 », mais c'est donner au texte une précision qu'il est loin d'avoir réellement.

p. 22
C. Ensuite :
Dynastie 16, Tanite ; 8 générations ou
                      familles (γενεα) .   190
   »     17, Memphite ;     4   »   . . .   105 (1)
   »     18, Memphite ;    14   »   . . .   348
   »     19, Diospolitaine ; 5  »   . . .   194
   »     20, Diospolitaine ; 8  »   . . .   228
   »     21, Tanite ;        6  »   . . .   121
   »     22, Tanite ;        3  »   . . .    48
   »     23, Diospolitaine ; 2  »   . . .    19
   »     24, Saïte ;         3  »   . . .    44
   »     25, Ethiopienne ;   3  »   . . .    44
   »     26, Memphite ;      7  »   . . .   177
   »     27, Perse ;         5  »   . . .   124
   (»)   (28), (lacune) . . . . . .         ...
   »     29,          ; . . . . . .          39
   »     30, Tanite ;        1  »   . . .    18
                                  Somme  36525 ans.

Le Syncelle [qui considère le nombre global inscrit 36525 comme mesurant la période de la Précession des Equinoxes], remarque qu'il est égal à 25 fois une période sothiaque de 1461 ans, le cycle sothiaque étant d'ailleurs explicitement signalé dans le texte du document (§ 725).

Ce nombre 36525, comme nous le savons, est aussi en pouces pyramidaux la mesure de la base de la Grande Pyramide, laquelle encore vaut, en

(1) On lit 130 dans la transcription de Champollion-Figeac ; c'est une erreur matérielle.

p. 23

coudées de 25 pouces, 1461. Cette première remarque va nous conduire très loin. Comme nous allons le découvrir, et c'est un résultat capital, la Vieille Chronique est dans une intime connexion avec le système des nombres de la Bible et de la Pyramide.

727.

Examinons tout d'abord les caractères systématiques de ce document (la Vieille Chronique). Il se compose d'une partie historique continue C formée de la suite des dynasties 16 à 30, séparée d'une partie A relative aux origines (Temps de Vulcain aux 8 rois demi-dieux) par une solution de continuité B que marque la mention si particulière de 443 ans appartenant à un cycle sothiaque.

728.

Il nous met d'abord en présence, par sa partie A, après des temps primitifs (Hephaïstos) auxquels aucune durée n'est assignée, d'une phase de formation sortant de ce chaos primitif (Helios, fils d'Hephaïstos), comprenant 5 jours de 6000 ans (c'est à dire de l'ordre des jours de création de la Bible ; voir Mathématique, Tabl. XLIV, § 117), après laquelle s'ouvre, sous l'influence du nombre 7 de la septième « planète » Saturne, un sixième jour caractérisé d'abord par le nombre 12 des dieux (comme dans la Bible le nombre 24 des Anciens marque les temps de la Naissance de

p. 24

l'homme au Déluge ; voir Mathématique, § 93), puis par un nombre multiple de 12.

On a, pour ce nombre correspondant

3984 = 12 × 332 [= 24 × 166],

ou (en se laissant guider par les nombres 7, 6, 12 qu'on vient de rencontrer) :

3984 = 6 × 700 − 216 = 6 × 700 − 6.6.6

nombre symbolique de la Chute (1).

Le descensus progressif de l'humanité qui conduit à la séparation du monde primitif et de l'histoire proprement dite, c'est à dire au Déluge, est marqué par le passage des dieux aux demi-dieux ; par le nombre 217 (dont nous verrons plus loin la raison d'être, et qui rappelle d'ailleurs encore une fois le nombre précédent de confusion

(1) De plus 3984 est égal à 12 fois l'intervalle entre la 1re Venue du Christ et le centre de la 70e semaine de Daniel fondée sur la période 528 de la dispensation des 7 Eglises et base de la computation des Jours de Création. On a en effet + 2180 − 3 ½ × 528 = + 352. 352 est, comme on le sait, le centre de la Semaine des 7 Eglises.

Qu'on ne s'étonne pas de semblables rapprochements, lesquels sont des faits. Toute la suite va confirmer que de tels nombres, historiques et prophétiques, ont été empruntés au système et aux mesures de la Pyramide.

p. 25

du péché 216 = 6 × 6 × 6) ; et pour le Déluge lui-même, par le nombre 8 (les 8 sauvés des eaux, de la Bible).

729.

La partie B qui suit se rapporte au monde postdiluvien et concerne tout d'abord ces 15 familles ou générations (qui ne sont pas, remarquons-le avec soin, des Dynasties comme celles (16 à 30) de la période historique C ; celles-ci se composent elles-mêmes chacune d'un certain nombre de familles) dont la place est indiquée par une référence au cycle sothiaque.

Censorinus (+ 238 circa) (1) a noté le fait que l'an 238 de notre ère est le 100e d'une période sothiaque ; par conséquent l'an 138 termine une période. En remontant de là au moyen des périodes de 1461 mises en évidence par le document que nous analysons, on trouve les origines de périodes : 138 − 1461 = − 1323, − 1323 − 1461 = − 2784 (2). Les 443 ans comptés à partir de − 2784 conduisent donc à

(1) Censorinus, Chronographe du IIIe siècle : de Die natali, c. 21, p. 115 ; Leyde 1743.

(2) Cette origine est astronomiquement remarquable. C'est l'époque à laquelle α Draconis, étoile polaire de la Pyramide (voir Concordance, § 15), se trouvait à son minimum de distance du pôle, et que nous avons calculée antérieurement dans la Mathématique (§ 140, β, X) et trouvée égale à − 2785.

p. 26
− 2784 + 443 = − 2341.

D'autre part si, à partir de la date bien établie de la conquête de l'Égypte par Cambyse, savoir − 525, qui termine donc l'histoire proprement dite de l'Égypte, et commence la 27e Dynastie, on remonte jusqu'au commencement de la 16e Dynastie, laquelle termine la période des 15 Familles, on trouve par les nombres du document (§ 726, Tabl. LXIV) la somme

26e Dynastie  . . .    177
25e    »      . . .     44
24e    »      . . .     44
23e    »      . . .     19
22e    »      . . .     48
21e    »      . . .    121
20e    »      . . .    228
19e    »      . . .    194
18e    »      . . .    348
17e    »      . . .    103
16e    »      . . .    190
                        ─────
                        1516 ;

qui, ajoutée aux 525, conduit à la date

− 525 − 1516 = − 2041.

La différence 2341 − 2041 = 300 des deux nombres trouvés 2341, 2041, différence qui devrait

p. 27

être nulle si les 443 ans pris à partir de − 2784 dans la période sothiaque − 2784 à − 1323 y désignaient la durée d'existence des 15 Familles, prouve que cette dernière hypothèse est inadmissible, et que ces 443 ans expriment au contraire le laps de temps qui s'est écoulé dans cette période avant cette existence; celle-ci a ensuite occupé l'intervalle de 300 ans qui est en contact avec, et antérieur à, la première des Dynasties de la partie suivante C du document (savoir celle qui est désignée comme 16e Dynastie) [la multiplicité simple des nombres 300 et 15 rend la conclusion d'autant plus vraisemblable].

De cet examen et en résumé il faut donc conclure que les 15 Familles occupent les 300 ans qui s'étendent de

− 2341 à − 2041 ;

et de cela suit un résultat capital, savoir que : la Vieille Chronique fait commencer les « 30 Dynasties », c'est à dire l'histoire d'Égypte, précisément, et entièrement d'accord avec la Bible, vers l'époque de constitution de la loi historique de Brück qui suit la Dispersion des nations (1850 − 8 × 320 = − 2310). Que les dates obtenues sont d'ailleurs en connexion intime avec les mesures et l'époque de la

p. 28

Grande Pyramide, ou, ce qui est ici la seule explication possible, leur soient empruntées, c'est ce qui se confirme par les remarques suivantes :

La somme des deux nombres 2041, 2341 qui repèrent les 300 ans est égale à 3 fois la période 1461, ou à 3 fois la base de la Pyramide en coudées. On a en effet

2041 + 2341
─────────── = 4382/3 = 1461 en nombre entier. [1460,7],
     3

ce qui revient à dire que le centre des 300 ans est à 1 ½ période sothiaque de 1461 ans, de l'ère chrétienne, soit à la date

− 2191 (1).

Ce centre − 2191 est à 30 (= 300/10) ans de distance du centre de construction − 2161 de la Pyramide, lequel est placé aux 3/5 des 300 ans. On a

− 2341 + ⅗ × 300 = − 2341 + 180 = − 2161.

(1) Cette date est remarquable. On a − 2191 − 2 × 70 = − 2331 = − 3 × 777 ; elle est ainsi rattachée à l'ère chrétienne [− 777 est le commencement de la Prophétie et des Olympiades (− 776)]. Les deux dates − 2341 et − 2331 marquent dès lors par un intervalle type de 10 ans [1/30] l'origine des 300 ans de la Vieille Chronique.

p. 29

La Pyramide est aussi d'après cela à une distance de l'ère chrétienne égale à

1461 + 700 ;

et l'origine de la période sothiaque − 2784 à distance de la création de l'homme donnée par la Bible, − 4184, égale à

4184 − 2784 = 2 × 700.

Cette origine − 2784 est d'ailleurs aussi celle de la période quinquaséculaire de Brück, ou temps de Daniel, de 516 ans qui a son centre ou apogée au Déluge. On a {1870/1830} − 8 ½ × 516 = − 2526 [ce qui définit exactement le centre de la période par la naissance d'Arphacsad, premier né du monde postdiluvien, 2 ans après le Déluge ou en − 2526] ; et l'on a bien aussi − 2784 + 516/2 = − 2784 + 258 = − 2526.

Autrement encore, − 2784, origine de la période sothiaque, est l'origine de la 9e période de 516 comptée à partir de l'époque actuelle de constitution.

1830 + 1870
─────────── − 9 × 516 = − 2784.
     2

Cela est considérable.

p. 30

730.

Nous voici donc arrivés dans la Vieille Chronique à la date − 2341 pour le commencement des 15 Familles, le centre de leur durée de 300 ans étant, en − 2191, à 30 ans du centre − 2161 de la construction de la Pyramide. En remontant plus haut pour continuer la chronologie dans la partie A (Tabl. LXIV), il faut ajouter les 217 ans indiqués, qui, d'après ce qui a été induit plus haut (§ 728) au sujet des 8 demi-dieux correspondants, doivent conduire à l'époque du Déluge. Or on a

− 2341 − 217 = − 2558 = − 2528 − 30,

c'est à dire encore, à 30 ans de distance (comme plus haut pour la Pyramide), l'époque biblique − 2528 du Déluge. Ces 30 ans sont d'ailleurs indiqués d'autre manière par la disposition et les nombres du document. Si en effet on considère l'intervalle des temps que nous venons de compter à partir de la Conquête Perse qui a servi d'ère, savoir les 1516 ans (16e à 26e Dyn.) (§ 728) et les 300 des 15 premières familles, on le voit encadré dans le document, en-deçà, par les 217 dont nous venons de parler ; au-delà, ce qui termine la Chronique, par le temps des Dynasties 27 à 30. Or ce dernier temps, en comptant les 6 ans de la 28e dynastie [celle-ci forme lacune dans la Vieille

p. 31

Chronique, mais voyez plus haut les listes de l'Africain et d'Eusèbe, Tabl. LXIII, 28e dynastie], est égal à

    124
      6
     39
     18
   ─────
    187 ans,

et 217 = 187 + 30 ; ce qui revient à dire qu'en plaçant symétriquement en-deçà de l'origine des 15 Familles le terme complémentaire de 187 qui figure au-delà de l'ère des Perses, on obtient la date − 2528 du Déluge ; ou, d'une manière plus simple et immédiate, que la somme totale des « 30 dynasties »

300 + 1516 + 187 = 2003

portée à partir de l'ère des Perses − 525 donne la date du Déluge biblique

− 525 − 2003 = − 2528.

Le lecteur aura sans doute déjà remarqué de lui-même, en rapport avec ces concordances répétées, que la seconde date fondamentale de l'Ancien Testament, savoir celle − 1516 de l'Exode, était

p. 32

déjà mesurée par la somme des Dynasties de la Vieille Chronique, en-deçà de cette même ère des Perses; et enfin que les 30 ans systématiques que nous venons d'y trouver plusieurs fois, répondent aux 30 ans mesurés dans la Pyramide, en-deçà et au-delà du point fondamental − 1316, par les intersections des deux Passages descendant et ascendant (voir Concordance, § 17, fig. II.).

731.

La seule explication possible de ces multiples et exactes concordances, c'est que l'auteur de la Vieille Chronique a eu connaissance des mesures de la Pyramide, ou de nombres transmis par la tradition et ayant pour origine la construction de celle-ci, sans d'ailleurs vraisemblablement connaître la valeur chronologique de ces nombres en rapport avec la venue du Messie, mais en nous transmettant, en fait, une chronologie qui se rapporte à l'ère chrétienne. La mention que Manéthon fait de l'impiété de Khéops (Tabl. LXIII, 4e Dyn.), constructeur de la Grande Pyramide, et du « Livre sacré qu'il écrivit », « livre célèbre chez les Égyptiens », est à cet égard un fait capital, et ici presque décisif.

En d'autres termes, il ne peut déjà raisonnablement rester de doute sur ce que les nombres du document sont disposés de manière à reproduire, ou si l'on veut à vérifier pour nous, le

p. 33

système de la Bible et de la Pyramide. Ainsi, en remontant le tableau des nombres (Tabl. LXIV), la somme des dynasties 26 à 16 donne

1516 = 1000 + 516

qui met en évidence la période de Brück ou temps de Daniel 516. On a ensuite par procédé analogique (voyez le tableau ; 217 = 200 + 17) :

              + 17 |
        + 443      | = 1460 (période sothiaque,
   1000           |              année 365) ;

puis

              + 3984 | = 4184 (création de l'homme,
        200          |          nombre biblique),

ce dernier trait justifiant bien ce qui a été dit plus haut concernant le terme 3984 de la Vieille Chronique qui se rapporte au monde antédiluvien (§ 728).

Enfin pour couronner le tout, si l'on fait la somme totale du tableau chronologique, savoir d'après ce qui précède :

p. 34
30000 )
+ 3984 }   34201
+  217 )      .
              300
             1516
              187
           ────────
       x + 36204,

et qu'on égale la somme x + 36204 à la somme indiquée 36525, on trouve pour le nombre x restant, lequel a été placé en tête dans le tableau comme caractéristique des temps chaotiques primitifs ou de préparation auxquels aucune durée concrète n'est assignée :

x = 36525 − 36204 = 321,

nombre symbolique de la Trinité créatrice, et qui forme, nous le savons déjà [Leçons, Tom. I. § 171, Leçon XII, Note A ; voir (Antipas)gr = 642 = 2 × 321 ; 123 = (3 × 410)/10 = (Saint Saint Saint) héb. / (2 × 5)], facteur intégrant dans le système mathématique et prophétique de la Bible et de la Pyramide, lequel s'étend des Jours de Création à la Seconde Venue de Christ. (Nous allons bientôt voir Manéthon faire usage du même procédé de nombre).

732.

Ajoutons enfin une observation sur le nombre

p. 35

total des familles mentionnées dans la Vieille Chronique, observation qui sera utile pour la compréhension du système des dynasties de Manéthon. Ce nombre est systématique et égal à 7 × 12. On a en effet :

                       FAMILLES
                          15
   Dynastie 16            8
      »      17           4
      »      18          14
      »      19           5
      »      20           8
      »      21           6
      »      22           3
      »      23           2
      »      24           3
      »      25           3
      »      26           7
      »      27           5
      »      28           ·
      »      29           ·
      »      30           1
                       ────────
                       84 = 7 × 12.

733.

L'importance de l'analyse que nous venons de faire de la Vieille Chronique peut se résumer en deux points. Elle consiste :

p. 36

1° à prouver l'existence, antérieure à Manéthon, d'une chronologie attribuant à l'histoire d'Égypte des limites d'accord avec celles que les données positives assignent en moyenne à d'autres peuples ;

2° à prouver la part d'influence déterminante de la Grande Pyramide sur les idées spéculatives ou historiques positives des annalistes égyptiens, et par cela même la réalité de l'existence d'un système chronologique inscrit par mesures linéaires dans cette Pyramide, système dont la Vieille Chronique vient se présenter aujourd'hui comme un témoin, témoin aveugle peut-être, mais par cela même, d'une certaine manière, d'autant moins récusable.

734.

Note additionnelle. La valeur du Jour de Création donnée par la Vieille Chronique.

L'analyse du document avait fait conclure que les 30000 ans par lesquels il s'ouvre désignent 5 jours de formation, les 3984 qui suivent appartenant au 6e jour, et le désignant. D'ailleurs ce dernier nombre 3984 est accompagné de la mention des nombres 7 (Saturne) et 12, lesquels reproduisent aussi par 12 = 5 + 7 le nombre canonique 5.

En désignant par J la valeur du Jour et par Y et X les termes à ajouter aux 30000 et aux 3984

p. 37

pour reproduire respectivement cinq et un jour J, on aura les deux équations

{ 30000 + Y = 5 J
{  3984 + X = J.

D'après les nombres 7 et 5 proposés par le document, prenons

X : Y = 7 : 5  ou  X = 7/12 (X + Y),  Y = 5/12 (X + Y),

ce qui revient à écrire

X = 7 x
Y = 5 x.

On aura pour déterminer x et J les deux équations :

{ 30000 + 5 x = 5 J
{  3984 + 7 x = J

ou encore

33984 + 12 x = 6 J.

On en tire

x = 336

et

J = jour de création = 6336 = 12 × 528,
p. 38

c'est à dire exactement la valeur du jour de création déterminé, indépendamment de tout ceci, dans la Mathématique (§ 123) et qui fait aussi retrouver explicitement la période prophétique 528.

Ce résultat peut être considéré, par réciprocité, comme constituant une vérification frappante de la justesse de cette déduction antérieure de la Mathématique (1).

Le caractère intentionnel des relations précédentes qui ont servi à déterminer J se vérifie également par les caractères remarquables de l'inconnue auxiliaire x. On a en effet

x = 222 × 3 × 7,  avec 2 + 3 + 7 = 12, ce qui est la seule décomposition possible de 12 en 3 nombres premiers différents.

[Quant au terme complémentaire total X + Y = 12 x, il s'écrit sous la forme symbolique remarquable

X + Y = 21.2.3 × 31.2 × 71,   (2 + 3 + 7 = 12).

(1) [Observons que la valeur précédente du jour de création ainsi retrouvée dans la Vieille Chronique est particulièrement remarquable en ce qu'elle n'existe pas comme mesure linéaire physique immédiate dans la Pyramide ; on éprouverait donc quelque difficulté si l'on voulait ici recourir à l'hypothèse d'une simple transcription de telles mesures prises dans ce monument ; et il doit s'agir sans doute de données traditionnelles tout à fait primitives.]

p. 39

On pourrait donc aussi proposer les équations sous la forme

{ 30000 + Y = 5 J
{  3984 + X = J
{   X + Y = 21.2.3 × 31.2 × 71.

On en déduirait J = 6336 = 12 × 528 et X/Y = 7/5].

Enfin on pourra remarquer, en faisant usage des nombres symboliques acquis jusqu'ici, que le bloc des 6 Jours est mesuré aussi, tout d'une pièce, par l'addition de tout l'ensemble des nombres du document.

On a

15 Dynasties  . . . . .   1516
15 Familles  . . . . . .       ( 300
 8 rois demi-dieux  . . .  516{ 216 + 1 = (6.6.6 + 1 ;
                               (        216 = 8 × 3³)
Saturne et les 12  . . .  3984
Hélios  . . . . . . .    30000
Temps chaotiques de Vulcain .
   3 × 666, 666. 666...        (
= (1.2.3) × 3 × 111,111.111... ( 2000
                              ────────
        Total    38016 = 6 × 6336
                       = 6 × 12 × 528.

Ce résultat global, rapproché de celui qu'avait d'abord donné la seule considération des deux

p. 40

seuls premiers nombres 30000 et 3984, est de nature à assurer la certitude scientifique qu'un dessein intentionnel a présidé à la construction de ce système de nombres.

735. Les Livres de Manéthon

Il faut maintenant analyser l'ouvrage de Manéthon. Un premier point essentiel qu'il faut avoir présent à l'esprit pour en apprécier la nature et la portée, c'est que Manéthon, à l'exemple de la Vieille Chronique, fait précéder ses dynasties d'une période de temps fabuleux (voir § 723), et que, au contraire de ce que l'on pourrait croire, d'après le silence que garde à cet égard l'Égyptologie actuelle, son histoire ne se distingue nullement par une sobriété particulière et un caractère plus positif, des autres écrits historiques de son époque.

736.

Voici d'abord (voir plus haut § 723) la partie des temps primitifs par laquelle s'ouvre le premier livre de Manéthon. Nous y reviendrons plus loin (§ 746) pour en tirer, on le verra, des conséquences instructives.

p. 41

TABLEAU LXV.

I.   Dieux . . . . . . .  13900 ans [1]
II.  Demi-dieux
       α′ Demi-dieux . . . . .  1255 ⎫
       β′ Autres rois (Thebains?) . 1817 ⎪  5212      [2]
       γ′ 30 rois Memphites .   1790 ⎬
       δ′ 10 rois Thinites . . .  350 ⎭
III. Manes . . . . . . .  5813      [3]
                  Somme .  24925 ans.

737. Les Dynasties se placent à la suite et constituent l'Histoire proprement dite. Nous avons donné plus haut (Tabl. LXIII) les deux listes fournies par l'Africain et par Eusèbe. Celle de l'Africain est de beaucoup le document le plus important, non seulement à raison de son antériorité mais parce que, ainsi qu'on peut le constater, elle est seule à très peu près complète. Dès le début, par exemple, on voit faire défaut dans Eusèbe presque tout le détail des dynasties II à VI. C'est donc l'Africain qui seul peut et doit être pris pour argument (1), sauf quand la leçon qu'il donne doit évidemment être corrigée par le

(1) C'est ainsi, par exemple, que dans son histoire d'Égypte (A History of Egypt, by Fl. Petrie, London 1903 ; voyez le Tome I, From the Earliest Kings tho the XVIth Dynasty) les nombres de M. Fl. Petrie sont simplement ceux de l'Africain.

p. 42

contexte, ou quand un nombre de la liste manque qui peut être suppléé par Eusèbe.

Il n'y a d'ailleurs à cet égard que deux cas à signaler en suivant les listes. Le premier concerne la IIe Dynastie, où pour les deux derniers des 9 rois (Sesochris, 48 ans ; Cheneres, 30 ans) le nom et sa durée de règne manquent. Par contre et heureusement, ces données sont fournies par Eusèbe. Quant à la somme totale mentionnée de la Dynastie, elle résulte de la somme indiquée 555 des Dyn. I et II, et des deux données 253 et 263 (somme réelle) de la Dyn. I, ce qui donne pour II, comme valeur à adopter :

           253 + 263
555 − ─────────────  = 555 − 516/2 = 297.
              2

Le second a rapport aux dynasties XIII et XIV. L'Africain ne dit rien pour XIV. Pour XIII, il dit : 60 rois, 184 ans. Or ce dernier nombre est l'un des deux, 184 ou 484 qu'Eusèbe donne pour les 76 rois de XIV. Etant donné le nombre des rois de chacune des deux dynasties, la leçon du contexte est donc, avec Eusèbe : XIII, 60 rois, 453 ans ; XIV, 76 rois, 484 ans (1).

738. Ces deux points relevés, voici d'après les listes citées plus haut le tableau (Tabl. LXVI) des Dynasties de Manéthon rapportées par Jules l'Africain.

(1) Comp. Fragmenta, II, p. 566.

p. 43

TABLEAU LXVI.

                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie I.    1. Menès . . . .        62
               2. Athoth . . . .       57
               3. Cencenes . . .       31
               4. Uenephes . . .       23
               5. Usaphædes . .        20
               6. Miebides . . .       26
               7. Semempsis . .        18
               8. Bienaches . . .      26      263       253

Dynastie II.   1. Boethes . . . .      38
               2. Keachos . . .        39
               3. Binothris . . .      47
               4. Tlas . . . .         17
               5. Sethenes . . .       41
               6. Chœres . . .         17
               7. Nephercheres . .     25
               8. Sesochris . . .      48
               9. Cheneres . . .       30      302       297

Dynastie III.  1. Necherophes . .      28
               2. Tosorthros . . .     29
               3. Tyris . . . .         7
               4. Mesochris . . .      17
               5. Soiphis . . .        16
               6. Tosertasis . . .     19
               7. Achis . . . .        42
               8. Siphuris . . .       30
               9. Cerpheres . . .      26      214       214
p. 44
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie IV.   1. Soris . . . .        29
               2. Suphis . . . .       63
               3. Suphis . . . .       66
               4. Mencheres . . .      63
               5. Rathœses . . .       25
               6. Bicheres . . .       22
               7. Sebercheres . .       7
               8. Thamphtis . . .       9      284       274

Dynastie V.    1. Usercheres . .       28
               2. Sephres . . . .      13
               3. Nephercheres . .     20
               4. Sisiris . . . .       7
               5. Cheres . . . .       20
               6. Rathuris . . .       44
               7. Mercheres . . .       9
               8. Tarcheres . . .      44
               9. Obnos . . . .        33      218       248 (1).

(1) Les Fragmenta, II, p. 553, remarquant que devant le nom d'Othœs, premier roi de la dynastie suivante (la VIe), ne se trouvent pas mentionnées les années de règne, lui transportent la différence 248 − 218 = 30, et adoptent la disposition suivante :

                Rois    Règnes
        Dyn. V.   1       28
                  2       13
                  3       20
                  4        7
                  5       20
                  6       44
                  7        9
                  8       44
                  9       33
                       ───────
                       (248) 218
        Dyn. VI. 1. Othœs   30
                       ───────
                          248

Cela ne change rien au total général, mais comme la même particularité se présente encore pour la XVIIIe Dyn. où en face du premier nom, Amos, ne se trouvent pas mentionnées d'années, et que d'après l'intéressante dissertation du Syncelle sur le rapport entre cet Amos et Moïse, ces faits sont peut-être intentionnels, il est de meilleure critique, pour ne rien introduire d'arbitraire, de conserver telle quelle la disposition de l'Africain.

p. 45
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie VI.   1. Othœs . . . .
               2. Phios . . . .        53
               3. Methasuphis . .       7
   [Commence    4. Phiops . . . .      95
    son règne
    à 6 ans, ou
    dans sa 6e
    année, et
    en vit 100.]
               5. Mentesuphis . .       1
               6. Nitocris . . . .     12      168       203

Dynastie VII.  70 Rois . . . .         70
Dynastie VIII. 27 Rois . . . .        146
Dynastie IX.   19 Rois . . . .        409
Dynastie X.    19 Rois . . . .        185
Dynastie XI.   16 Rois . . . .         43
                 [auxquels succède]
               Ammenemes . . .        16

FIN DU LIVRE I DE MANÉTHON.

                  (Ammenemes . . .       16)
Dynastie XII.   1. Sesonchoris . . .     46
                   (fils d'Ammenemes)
                2. Ammenemes . .         38
                3. Sesostris . . .       48
                4. Lachares . . .         8
                5. Ammeres . . .          8
                6. Ammenemes . . .        8
                7. Scemiophris . .        4    176       160

mentionnées d'années, et que d'après l'intéressante dissertation du Syncelle sur le rapport entre cet Amos et Moïse, ces faits sont peut-être intentionnels, il est de meilleure critique, pour ne rien introduire d'arbitraire, de conserver telle quelle la disposition de l'Africain.

p. 46
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie XIII.  60 Rois . . . .       453
Dynastie XIV.   76 Rois . . . .       484

Dynastie XV.    1. Saithes . . . .     19
                2. Beon . . . .        44
                3. Pachnan . .         61
                4. Staan . . . .       50
                5. Archles . . . .     49
                6. Aphobis . . .       61      284       284

Dynastie XVI.   52 Rois . . . .       518

Dynastie XVII.  43 Rois pasteurs .   ⎫
                43 Rois Thebains  .   ⎬ 153

Dynastie XVIII. 1. Amos . . . .
                2. Chebros . . .       13
                3. Amenophthis . .     21
                4. Amersis . . . .     22
                5. Misaphris . . .     13
                6. Misphragmuthosis    26
                7. Tuthmosis . . .      9
                8. Amenophis . . .     31
                9. Horus . . . .       37
               10. Acherres . . .      32
               11. Rathos . . . .       6
               12. Chebres . . . .     12
               13. Acherres . . .      12
               14. Armeses . . .        5
               15. Rammeses . . .       1
               16. Amenoph . . .       19      259       263
p. 47
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie XIX.   1. Sethos . . . .      51
                2. Raphaces . . .      61
                3. Ammenephthes .      20
                4. Rameses . . .       60
                5. Ammenemes . .        5
                6. Thuoris . . . .      7      204       209

FIN DU LIVRE II DE MANÉTHON.

Dynastie XX.    12 Rois . . . .       135

Dynastie XXI.   1. Smedes . . . .      26
                2. Phuneses . . .      46
                3. Nephelcheres . .     4
                4. Amenenophthis .      9
                5. Osochor . . .        6
                6. Pinaches . . .       9
                7. Susennes . . .      30      130       130

Dynastie XXII.  1. Sesonchis . . .     21
                2. Osoroth . . . .     15
                3. ⎫
                4. ⎬ Trois autres .     25
                5. ⎭
                6. Tacellothis . .      13
                7. ⎫
                8. ⎬ Trois autres . .   42      116       120
                9. ⎭

Dynastie XXIII. 1. Petubates . . .     40
                2. Osorcho . . .        8
                3. Psammus . . .       10
                4. Zet . . . . .       31       89        89
p. 48
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie XXIV.  1. Bonchoris . .        6        6         6

Dynastie XXV.   1. Sabbacon . . .       8
                2. Sevechus . . .      14
                3. Tarcus . . . .      18       40        40

Dynastie XXVI.  1. Stephinates . .      7
                2. Nerepsus . . .       6
                3. Nechao . . . .       8
                4. Psammiticus . .     54
                5. Nechao . . . .       6
                6. Psammuthis . .       6
                7. Uaphris . . . .     19
                8. Amosis . . . .      44
                9. Psammocherites .   1/2     150 1/2    150 1/2

Dynastie XXVII. 1. Cambyses . . .       6
                2. Darius . . . .      36
                3. Xerxes magnus .     21
                4. Artabanus . . .   0ª 7mois
                5. Artaxerxes . . .    41
                6. Xerxes . . . .   0ª 2ᵐ
                7. Sogdianus . . .  0ª 7ᵐ
                8. Darius Xerxes . .   19    124ª 4ᵐ   124ª 4ᵐ

Dynastie XXVIII. 1. Amyrtæus . . .      6        6         6

Dynastie XXIX.  1. Nepherites . . .     6
                2. Achoris . . . .     13
                3. Psammuthis . . .     1
                4. Nephorotes . .  0ª 4ᵐ     20ª 4ᵐ    20ª 4ᵐ
p. 49
                      Rois            Durées    Somme   Durée totale
                                    des règnes            mentionnée

Dynastie XXX.   1. Nectanebes . .      18
                2. Teos . . . .         2
                3. Nectanebes . .      18       38        38

Dynastie XXXI.  1. Ochus . . . .        2
                2. Arses . . . .        3
                3. Darius . . . .       4        9         9

739. Avant d'entrer dans l'examen de ce document au point de vue mathématique, il convient de signaler le désaccord des égyptologues quant à son interprétation, désaccord qui se traduit par des divergences entre eux de plusieurs milliers d'années. Cette situation se définira le mieux par la citation de quelques appréciations autorisées. « Nous ne saurions » dit M. G. Bénédite (1), au sujet de la « Chronologie de l'Égypte,... » de l'époque indéterminée où l'on place la fondation de la monarchie,... », « donner une date pour des temps aussi lointains. L'écart entre le comput le plus long (Mariette, 5004 av. J.-C.) et le plus court (Wilkinson, 2320) montre le degré de l'incertitude qui règne en cette matière ».

(1) Chronologie de l'Égypte (dans le Guide Joanne. Paris, Hachette 1900 ; Égypte T. I) par G. Bénédite, Conservateur-adjt des Antiquités égyptiennes du Louvre, p. 121.

p. 50

« Ce qui manque surtout » dit M. J. Capart (1), « c'est un cadre chronologique ferme : toutes les dates antérieures à 700 avant Jésus-Christ sont plus ou moins incertaines, et les opinions contradictoires, exprimées par les savants, sont de nature à troubler le public. L'école égyptologique allemande actuelle tend à réduire fortement la chronologie traditionnelle. Nous suivrons plutôt les dates admises par Maspero dans son Guide au Musée du Caire ;... » (ce Guide commence la 1re Dynastie en — 5000). « En présence de cette incertitude chronologique, on a divisé l'histoire d'Égypte en un certain nombre d'époques (empires ou périodes), qui, elles mêmes, sont subdivisées en dynasties. Un prêtre égyptien du nom de Manethon avait écrit au IIIe siècle avant Jésus-Christ, sur l'ordre de Ptolémée II Philadelphe, une histoire d'Égypte, dans laquelle les rois étaient divisés, suivant un principe que l'on n'a pu encore reconnaître, en un certain nombre de dynasties. On a généralement accepté cette classification ».

La raison de l'incertitude et des divergences

(1) Les Antiquités égyptiennes des Musées royaux du Cinquantenaire à Bruxelles. Guide descriptif par Jean Capart, Chargé de cours à l'Université de Liége, Conservateur-adjoint des Antiquités égyptiennes des Musées royaux de Bruxelles. Novembre 1905. p. 7.

p. 51

provient à la fois du désaccord qui existe entre les listes royales qui nous sont parvenues, savoir, sans parler des désaccords partiels entre l'Africain, Eusèbe, Josèphe, de celui qui existe entre les extraits de Manéthon et la liste des rois d'Eratosthènes, donnée aussi plus loin par le Syncelle (voir § 753), et du fait que Manéthon lui-même déclare que du 1er roi au temps d'Alexandre il s'est écoulé 3555 ans (Syncelle, p. 51 ; voy. l'extrait cité plus haut, § 725), alors que l'addition des dynasties conduit à un total de près de 6000 ans, ce qui prouve qu'en suivant Manéthon lui-même il faut considérer certaines dynasties comme contemporaines.

D'autre part les monuments actuellement découverts en Égypte ne fournissent pour les années de règne que des nombres presque toujours en désaccord fâcheux, même désespérant, avec ceux de Manéthon. Le lecteur ne peut mieux faire pour s'en rendre compte que de consulter les tableaux si complets dressés à cet égard par M. Bénédite (loc. cit. pp. 121 et suiv.) (1). Voici d'ailleurs (loc. cit. ibid.) la liste de ces documents

(1) Nous croyons devoir prévenir le lecteur que quelques erreurs matérielles se sont glissées dans la reproduction des nombres du Syncelle donnés par ces tableaux.

p. 52

monumentaux (1). Il en existe cinq principaux, analogues à ceux qui servirent de modèle à Manéthon et à Eratosthènes.

« 1. Chapelle de Karnak ou Chambre des Ancêtres. Rapportée d'Égypte et donnée à la Bibliothèque nationale par Prisse d'Avennes. Thoutmès III (XVIIIe dyn.) y est représenté en adoration devant les images de 61 rois choisis dans la liste des pharaons ayant régné depuis l'établissement de la monarchie. Aucun des prédécesseurs de Toutmès III n'y figure ; l'ordre chronologique y est négligé.

2. Table d'Abydos. Découverte en 1818 dans le Temple de Ramsès II par J. W. Bankes (au British Museum). 50 noms royaux existant primitivement quoique réduits par de nombreuses lacunes au nombre de 30, ont permis à Champollion de dresser la liste des rois de la XVIIIe dynastie, et à Lepsius de rétablir en leur place les rois de la XIIe.

3. 2e Table d'Abydos. Découverte par Mariette en 1864 dans le Temple de Seti I. Bien conservée. 76 cartouches allant de Ménès à Seti I, notamment une liste de rois des 6 premières dynasties presque aussi complète que celle de Manéthon.

4. Table de Saqqarah (Musée de Ghizeh). Découverte en 1863 par Mariette dans le tombeau d'un prêtre du temps de Ramsès II, nommé Tounari. Ce personnage invoque Osiris en faveur de 58 rois compris entre Meribi (6e roi de la 1re Dyn.) et Ramsès II. C'est un excellent document pour le contrôle de la XVIIIe, de la XVIe et des 6 premières dynasties.

(1) Le lecteur en trouvera la meilleure description dans l'ouvrage : The monumental history of Egypt, by W. Osburn, R.S.L. 2 vol. London 1854 ; et dans A History of Egypt, 1903, by Fl. Petrie, déjà citée plus haut.

p. 53

5. Papyrus de Turin (Musée de Turin). Acquis par le gouvernement piémontais avec l'ensemble de la collection Drovetti en 1820. Document de valeur inappréciable s'il n'était gravement mutilé. Les fragments (au nombre de 164) ont été assemblés et numérotés par Seyffarth en 1826. La liste de Turin s'étend depuis les temps fabuleux (dynasties divines) jusqu'à l'époque de la domination des Pasteurs et a permis de combler en partie le vide de Manéthon entre les VIe et IXe dynasties, et surtout une abondance de noms pour la période formée par la XIIIe et la XIVe.

Ces sources générales ont permis de dresser en regard de Manéthon le cadre de 19 dynasties.

Sources partielles fournies par des monuments de toutes sortes : inscriptions des temples et des tombes, des sarcophages, des stèles, des statues, des scarabées, etc. La forme exacte de noms égyptiens a pu être rapprochée des transcriptions de Manéthon, l'ordre de succession vérifié ; de nombreuses lacunes ont été ainsi peu à peu comblées. Le détail des événements de la plupart des règnes est sorti des textes annalistiques consacrés aux campagnes militaires et souvent même aux entreprises pacifiques des Pharaons, soit sur les murailles des temples (Karnak, Ramesseum, Medinet Abou, Abou Simbel) ou des tombes (Saqqarah, Sioût, Thèbes, El-Kab), soit par les textes de certains papyrus. Enfin la Bible et les inscriptions cunéiformes (ces dernières principalement depuis la trouvaille de Tel Amarna) (1) ont éclairé l'histoire d'Égypte d'une lumière d'autant plus sûre qu'elle émanait souvent d'une source contemporaine des événements. »

En parcourant cette liste de documents monumentaux, on est frappé du fait que tous appar-

(1) Voir ci-après, Leçon XXVII, au sujet de la Babylonie-Assyrie.

p. 54

tiennent à la même époque de l'histoire d'Égypte vers le temps des XVIIIe et XIXe dynasties. Cette époque se présente donc comme celle où l'on a dressé des annales, ou les souvenirs historiques, en tableaux sur les monuments du second empire égyptien. Leur valeur historique se mesure donc au degré de connaissance historique de leurs auteurs à cette même époque. Quant à la concordance, non, d'après ce que nous avons dit, des années de règnes retrouvées sur ces monuments, mais, d'une manière admissible, de l'ordre de succession des règnes, avec ce que donne Manéthon (il n'y a pas trace sur les monuments de la division en dynasties), elle s'explique naturellement puisqu'il n'est pas question ici de témoins indépendants, et que le travail de Manéthon n'était précisément construit que sur la compulsion des documents antérieurs.

740. Ceci dit pour fixer les idées sur l'état actuel des choses, examinons maintenant, pour notre compte, c'est à dire d'une manière indépendante, pris en lui-même le système des Dynasties (Tabl. LXVI).

I. Un premier fait général frappe immédiatement. C'est le partage des dynasties en deux groupes, l'un de 21 dynasties, — ou 20 si l'on considère le nombre canonique de 30 dynasties, — dans

p. 55

lequel les noms des rois individuels sont donnés avec les années de règne ; nous désignerons ces dynasties par le nom de Dynasties pleines ; — l'autre, de 10 Dynasties, dans lequel aucun nom n'est indiqué et où on ne trouve mentionnés que le nombre des rois et le total des règnes ; nous les désignerons par le nom de Dynasties vides.

II. Un second fait c'est, à l'égard de ces totaux de règnes — qui courent d'ailleurs le long de toute la liste des dynasties, — que, pour les dynasties du premier groupe où les règnes individuels sont donnés, les totaux mentionnés ne sont pas en général égaux aux totaux actuels, c'est à dire aux sommes réelles des règnes.

III. Acceptant le document tel qu'il est, cherchons d'après cette voie ses caractères systématiques. En prenant, comme la Vieille Chronique, pour base l'Ère de Cambyse (§ 729), c'est à dire le commencement de la 27e Dynastie, lequel termine en fait l'histoire des Égyptiens proprement dits, et considérant par conséquent le système des dynasties I à XXVI, nous arrivons au résultat décisif suivant :

La somme des durées des dynasties pleines faite : a, par les totaux actuels ; b, par les totaux mentionnés, donne une somme totale

a + b = 4 fois 1461 ans.
p. 56

C'est ce qu'établit le Tableau suivant (Tabl. LXVII) :

TABLEAU LXVII.

α. Dynasties pleines (jusqu'à l'Ère de Cambyse).
(16 Dynasties).

Dynasties.            Durée totale.       Durée totale
                                          mentionnée.

      ⎧  I.   . . . . . .   263 . . . . .   253
      ⎪  II   . . . . . .   302 . . . . .   297
   A ⎨   III  . . . . . .   214 . . . . .   214
      ⎪  IV   . . . . . .   284 . . . . .   274
      ⎪  V    . . . . . .   218 . . . . .   248
      ⎩  VI   . . . . . .   168 . . . . .   203

      ⎧  XII  . . . . . .   176 . . . . .   160
      ⎪  XV   . . . . . .   284 . . . . .   284
      ⎪  XVIII . . . . .    259 . . . . .   263
      ⎪  XIX  . . . . . .   204 . . . . .   209
   B ⎨   XXI  . . . . . .   130 . . . . .   130
      ⎪  XXII . . . . . .   116 . . . . .   120
      ⎪  XXIII . . . . .     89 . . . . .    89
      ⎪  XXIV . . . . . .     6 . . . . .     6
      ⎪  XXV  . . . . . .    40 . . . . .    40
      ⎩  XXVI . . . . . .  150,5 . . . .   150,5
                  Somme   2903,5 . . . .  2940,5

                          2903,5
                          2940,5
                Somme   5844,0 = 4 × 1461.

   ( 2903,5            25 × 37       2940,5            25 × 37  )
     ────── = 1461 − ─────── ,       ────── = 1461 + ───────
        2               100             2               100
p. 57

741. Ce résultat est capital car il met déjà à lui seul hors de doute le caractère systématique intentionnel des données de Manéthon.

Il se résume en ce que les dynasties pleines sont chronologées de manière à occuper un espace de 2 périodes sothiaques de 1461 ans. La première, A, correspond au groupe si bien isolé des 6 premières dynasties ; la seconde, B, aux 10 dynasties restantes.

On a en effet pour le premier groupe A, conformément aux calculs précédents, la durée

1449 + 1489
─────────── = 1469 = 1461 + 8
     2

et pour le second groupe B la durée

1454,5 + 1451,5
─────────────── = 1453 = 1461 − 8.
       2

Ici se présente d'ailleurs un trait de vérification décisif : c'est que la petite différence, égale à 16, de ces deux nombres est elle-même intentionnelle et explique, en même temps qu'elle prouve son caractère intentionnel, un fait singulier, et jusqu'ici demeuré sans aucune explication, de la disposition de l'ouvrage de Manéthon. Son premier livre se rapporte au premier groupe A, et le deuxième s'ouvre par la première dynastie du second groupe B (la dynastie XII). Or le premier roi de cette

p. 58

dynastie, savoir Ammenemes, au lieu de la commencer dans le Livre II, est déplacé et mis isolément à la fin du Livre I qu'il termine ; c'est à dire qu'Ammenemes, par cette disposition singulière appartient à la fois aux deux livres, et se trouve donc en cavalier sur leur séparation. Or le règne d'Ammenemes est précisément égal aux 16 ans de la différence précédente ; et par conséquent, puisque ce règne est placé comme il vient d'être dit, c'est à dire débordant dans le premier groupe A et lui apportant en plus 16/2 = 8, le second groupe B se trouve par cela même en défaut de 8 années. La différence 16 égale au règne d'Ammenemes, montre que B reprend à A les 8 années dont celui-ci, A, était en excédent, et dont lui-même, B, était en défaut.

De semblables traits rigoureux de vérification concernant les termes de second ordre de la question, après que les termes de premier ordre ont été établis d'une manière entièrement indépendante, ne peuvent laisser de doute sur le caractère, intentionnel jusque dans les moindres détails, du système qu'ici nous analysons.

742. Nous venons d'envisager, dans les 26 Dynasties qui précèdent les Perses, les 16 Dynasties pleines, α, réglées sur deux périodes sothiaques. Il reste à considérer les 10 Dynasties vides restantes, β,

p. 59

et aussi les dynasties finales, γ, (27 à 31) de Cambyse à Alexandre.

Les durées totales de chacun de ces deux groupes β et γ sont calculées dans le tableau suivant (Tabl. LXVIII), — la première β égale à 2596 ans, la seconde γ à 197 ans 8 mois.

TABLEAU LXVIII.

β. Dynasties vides.
(10 Dynasties).

Dynasties.                     Durée totale.

VII.   . . . . . . . . . . . . . .   70
VIII   . . . . . . . . . . . . . .  146
IX     . . . . . . . . . . . . . .  409
X      . . . . . . . . . . . . . .  185
XI     . . . . . . . . . . . . . .   43
XIII   . . . . . . . . . . . . . .  453
XIV    . . . . . . . . . . . . . .  484
XVI    . . . . . . . . . . . . . .  518
XVII   . . . . . . . . . . . . . .  153
XX.    . . . . . . . . . . . . . .  135
                          Somme .  2596

γ. Dynasties à partir de l'Ere de Cambyse.

Dynasties.                     Durée totale.

XXVII  . . . . . . . . . . . . .  124ª 4ᵐ
XXVIII . . . . . . . . . . . . .       6
XXIX   . . . . . . . . . . . . .  20ª 4ᵐ
XXX    . . . . . . . . . . . . .      38
XXXI   . . . . . . . . . . . . .       9
                          Somme .  197ª 8ᵐ
p. 60

743. Si l'on envisage tout l'ensemble de l'ouvrage de Manéthon, on voit donc que l'on a pour la somme totale des 31 Dynasties (α + β + γ) :

Σ = 197ᵃⁿˢ 8ᵐᵒⁱˢ + 2596 + 2 × 1461 = 5715ᵃ 8ᵐ ;

et ce nombre apporte une nouvelle vérification du caractère mathématique du système manéthonien. Il mesure en effet une durée qui se termine à Alexandre (− 332). Or Manéthon mentionne expressément (§ 725) que les 3555 ans mesurés depuis les origines (desquels nous avons déjà dit un mot en passant (§ 739) et sur lesquels nous allons bientôt revenir) se terminent « la 15e année environ » avant Alexandre. Il met donc par cette dernière particularité en évidence le nombre 5715 − 15 = 5700 obtenu en retranchant de la durée totale de ses dynasties jusqu'à Alexandre, les 15 ans dont il s'agit. Si l'on se rappelle la durée de 300 ans dissimulée dans la Vieille Chronique et attribuée par elle aux 15 Familles qui précèdent ses 15 dynasties (16 à 30), et si l'on fait en outre attention qu'il existe dans les 31 dynasties de Manéthon 19 Dynasties pleines égyptiennes proprement dites (c'est à dire non Perses, ceux-ci occupant les deux dynasties XXVII et XXXI), on pourra vraisemblablement induire que le nombre 5700 n'est autre chose que la durée 300 empruntée à la Vieille

p. 61

Chronique, et qu'on trouve ici attribuée à chacune de ces 19 dynasties. On a en effet

5715 − 15 = 5700 = 300 × 19.

Telle est probablement une des raisons d'être (il en est une autre encore, voir § 745) de ce retrait de « 15 ans environ » avant Alexandre, spécifié par Manéthon, et au moyen duquel il ramène l'attention sur les 300 de la Vieille Chronique. Mais ceci n'est d'ailleurs dans le sujet qu'une remarque préalable.

744. Arrivons au nombre 3555 lui-même, assigné par Manéthon comme se rapportant au temps total des dynasties. Si l'on se rappelle que la Vieille Chronique plaçait le centre de ses 300 ans (que vient de rappeler, de la manière qu'on vient de voir, Manéthon, § 743) à 1 1/2 période de 1461, soit 2191 ans, de l'ère chrétienne, et repérait aux 3/5 de cette durée de 300 ans (− 2341 à − 2041), ou à 30 du centre 2191, en − 2161 la date centrale de la construction de la Pyramide, de manière à présenter ainsi cette époque comme caractéristique du commencement de l'histoire d'Égypte (les 15 familles), on ne s'étonnera pas que le nombre 3555 de Manéthon ait à son tour précisément ici le même objet ; c'est à dire que, dans la pensée

p. 62

réelle de Manéthon, ce nombre 3555 ne représente nullement, dans sa réalité physique, la durée propre des dynasties, mais spécifie seulement qu'en en tenant compte dans la durée globale Σ, construite d'abord, ainsi que nous venons de le faire conformément à son système, c'est à dire en retranchant ce

3555 de Σ = 5715ᵃ 8ᵐ,

on trouvera indiquée une date type origine de l'histoire d'Égypte telle que l'avait d'abord fait connaître la Vieille Chronique.

Or on a en effet, dans Manéthon :

Durée totale des dynasties  Σ = 5715ᵃ 8ᵐ
Nombre indiqué à retrancher    3555
                            ──────────
       Différence = 2160ᵃ 8ᵐ = 2161 chronologique.

En d'autres termes, et d'après cela, Manéthon aurait donc ici en vue par son nombre 3555 précisément la fondation de la Grande Pyramide ; et nous allons voir tout à l'heure par d'autres traits irrécusables, que la préoccupation des mesures de ce monument, non seulement a exercé une influence, mais a été le facteur déterminant dans toutes les constructions arithmétiques de Manéthon.

p. 63

745. Ce 3555 a d'ailleurs encore un autre sens en rapport avec les 15 ans avant Alexandre jusqu'auxquels, d'autre part, Manéthon invite à les compter, et avec les 36525 ans, total de la Vieille Chronique. Celle-ci termine ses 36525 ans avec le règne de Nectanèbe I, premier roi de la XXXe Dynastie, ce qui à la fois signifie l'époque du document (la Vieille Chronique) et signe un hommage au Roi. En ajoutant les 2 + 18 = 20 ans qui restent dans la XXXe dynastie au-delà de Nectanèbe, les 36525 deviennent 36545. C'est le nombre qui, pour Manéthon, termine, en adoptant le cadre de la Vieille Chronique depuis les origines le bloc canonique des 30 dynasties. Ce nombre réduit par 10 à l'ordre des durées considérées par Manéthon devient 3654,5, c'est à dire, en terme chronologique, 3655 ans (= 10 × 365 + 3662).

Considérons maintenant Manéthon épousant les errements de la Vieille Chronique et faisant actuellement pour Ptolémée-Philadelphe ce que cette Vieille Chronique avait fait pour Nectanèbe.

Celle-ci terminait avec ses 36525 le règne de Nectanèbe. Manéthon (ou le document manéthonien) terminera avec ses 3655 ans types le règne de Ptolémée-Philadelphe. Or celui-ci finit en − 247. Mais alors ces 3555 dont il s'est déjà servi précédemment, considérés comme appartenant à ces actuels 3655 ans se terminent 3655 − 3555 = 100

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ans plus tôt, c'est à dire en − 247 − 100 = − 347, c'est à dire :

347 − 332 = 15 ans avant Alexandre.

Dès lors dire, comme il le fait, que les 3555 ans dont il a déjà fait mention se terminent 15 ans avant Alexandre, c'est dire d'une manière dissimulée qui rend l'hommage plus délicat et partant plus expressif, que les 3655 qui caractérisent en les limitant, et en excluant les Perses de la XXXIe Dynastie, l'ensemble canonique des 30 Dynasties de la Vieille Chronique, ont désormais pour ligne de foi l'accomplissement du règne de Philadelphe (1).

Il faut enfin noter à l'égard de ce système intentionnel de nombres, c'est à dire notamment au sujet du nombre particulier 5715ª 8ᵐ = 5716 (chron.)

(1) Autrement encore : 15 ans avant Alexandre, conduisent à − 347. — 347 − 3555 = − 3902 ; et en comptant à partir de là les 3655 de Manéthon (ou 2 1/2 périodes sothiaques de 4 × 365 + 3662), on a − 3902 + 3655 = − 247 fin du règne de Philadelphe. [On pourrait même induire de cette idée une détermination plus précise de l'époque du livre de Manéthon. Si par exemple il avait voulu, en faisant usage des périodes sothiaques habituelles 1460, 1461, indiquer cette époque par 2 1/2 périodes sothiaques comptées à partir de l'origine mentionnée − 3902, cela reviendrait à assigner à cette époque les dates − 252 ou − 249,5, soit 3 à 5 ans avant la fin du règne de Philadelphe.]

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qui mesure les 31 dynasties de Manéthon et qui se termine à Alexandre, — 332, que cela conduit à envisager avant l'Ère chrétienne une durée historique

332 + 5716 = 6048.

Si maintenant, et se souvenant aussi des 12 Dieux de la Vieille Chronique (§ 726), on recourt à la désignation des temps antédiluviens par le nombre biblique 24 des Anciens (Leçons Tom. I, § 172, Tabl. XIII), ou encore, en connexion arithmétique avec 24, aux deux 144 = 6 × 24 de Apoc. VII et XIV (Leçons, § 169, Tabl. XII), on trouve par l'addition successive de ces deux 144 (qui font 12 × 24) :

6048 + 144 = 6192 = 12 × 516
6048 + 144 + 144 = 12 × 528 [valeur du Jour de Création ;
                            Mathématique, § 123].

Il est difficile, en présence de pareils exacts résultats, de penser que le nombre très particulier 5715ᵃ 8ᵐ = 5716 (chron.) des 31 Dynasties de Manéthon n'est pas intentionnel.

746. Après cette étude de la partie historique proprement dite, examinons maintenant la partie dite fabuleuse de l'ouvrage de Manéthon, savoir celle qui précède ses dynasties.

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Comme on le voit par le tableau (Tabl. LXV) que nous en avons dressé, cette partie embrasse une durée totale de 24925 ans. En ajoutant à celle-ci 3555 de Manéthon qu'il donne pour mesure de ses temps historiques, on trouve une somme égale à

  24925
   3555
  ─────
  28480 ans,

c'est à dire à 19 ½ périodes sothiaques. On a en effet

 28480
 ───── = 1460,5 (1460,5.1)
 19 ½

(ce qui reproduit la moyenne entre les deux valeurs 1460 et 1461 qu'on peut, suivant l'unité d'année, 365 ou 365 ¼, attribuer pour mesure à la période, et ce qui, chronologiquement, fait compter la durée 1461).

Ces 19 ½ se composent évidemment de l'espace de 1 ½ période (2191) de la Vieille Chronique, lequel mesure, comme on l'a vu plus haut, pour elle (et pour Manéthon après elle), les temps historiques ; et de 18 périodes, ajoutées par Manéthon pour mesurer les temps antérieurs. Ces 18 périodes valent 72 = 2 × 36 années de 365 + 365,252 = 365,125 jours (les deux années 365 et 365,25

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étant les deux années égyptiennes). On a en effet rigoureusement

      28480 − 2191 = 26289  ⎫
et    360,125 × 72 = 26289  ⎭.

747. Examinons enfin le détail des nombres de cette partie fabuleuse. Nous allons les voir construits encore toujours sous l'influence du document que nous analysons (Tabl. LXV), c'est à dire celui qui précédant immédiatement les temps historiques doit se rapporter au Déluge, — lequel est ici suffisamment indiqué comme catastrophe par la mention des Mânes qui accompagne ce nombre. Ce nombre 5813 n'est autre chose en effet que le rayon d'un cercle dont la circonférence mesure 100 fois l'année tropique. On a effectivement

2π × 5813 = 100 × 365,242.
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Mais c'est aussi, — et rien ne saurait être plus frappant pour indiquer à la fois la connexion du système de Manéthon avec la Pyramide, et l'époque même du Déluge, — la hauteur de la Grande Pyramide ; Pyramide dont l'échelle chronologique commence en outre effectivement à l'époque du Déluge de la Bible.

Donner ici la hauteur de la Pyramide, c'est planter un jalon et un signal, pour marquer, dans la suite des temps, la place du Déluge.

748. Examinons les autres nombres du tableau. Il contient trois nombres principaux, [1] [2] [3], dont le troisième [3] 5813 vient de nous donner, par la hauteur de la Pyramide, d'après une propriété fondamentale de sa construction, le périmètre et par suite le côté de sa base, périmètre égal en pouces pyramidaux à la circonférence dont cette hauteur est le rayon.

Le premier nombre [1] 13900, — [nombre qui en lui-même est symbolique de la Trinité, puisqu'il reproduit les trois progressions 1, 3¹, 3³,..] —, par un procédé analogue à celui de la Vieille Chronique, qui inscrivait en tête de son tableau le nombre symbolique 321 pour accomplir le cycle de 36525 qui forme son total général, va, par le nombre analogique correspondant 987 (on sait que la chronologie de la Bible et de la Pyra-

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mide est réglée sur la suite des nombres naturels 1 2... 9) (1), faire connaître la diagonale de la base, et, par la somme des deux diagonales, le cycle de la précession des Équinoxes, comme la base elle-même venait de faire connaître l'année tropique. On a en effet

13900 − 987 = 12913,

valeur exacte de la diagonale de la base de la Pyramide, qui donne ainsi pour la durée du cycle de précession 25826 ans (voir Mathématique, Append. I, Tabl. LIII).

Enfin, encadré entre les données fondamentales externes qu'on vient de retrouver, le deuxième nombre [2] 5212 et ses composants α′ β′ γ′ δ′ constituent un résumé du système des périodes quinquaséculaires historiques mises en œuvre par la Bible et la Pyramide. Tout d'abord la somme 5212 n'est autre chose que 10 fois la valeur moyenne de ces périodes. En effet, comme le montre

(1) Une remarque importante à rapprocher de tout ceci, et en connexion avec l'usage que la Bible fait à travers sa chronologie des nombres à répétition 111, 222,... 555,... 777,... 999, est l'emploi par Manéthon du nombre 555 qu'on vient d'observer dans ses 3555 = 3000 + 555 canoniques (§ 745), et que dès l'abord il avait déjà introduit en disant que la somme des deux Dynasties I, II est égale à 555.

p. 70

la chronologie de la Bible (et explicitement la Pyramide par les trois cercles de l'Antichambre), ces périodes forment deux systèmes triples qui sont

     528              528
     520             520,165
     516       et    515,165
   ───────           ───────
moy. 521,33      moy. 521,11

et qui se résument donc dans la période moyenne

521,3 + 521,1
───────────── = 521,2.
      2

On a donc bien : 10 fois la période moyenne = 5212. Et ce qui ne laisse pas douter que telle soit bien l'intention de ce nombre, c'est que ses quatre composants α′ β′ γ′ δ′ sont ensuite choisis de manière à reproduire le détail des différentes périodes, les deux extérieurs 1255 et 350 faisant connaître (au moyen de leur somme) 3 fois la période maximum 528, et les deux intérieurs 1817 et 1790 (au moyen de leur somme) 7 fois la période minimum 515,165 (ou 515,2). Pour le faire voir, on remarquera d'abord que chacun de ces nombres est en lui-même un nombre symbolique. On a en effet les faits suivants :

Le premier nombre α′, 1255 est, au moyen du nombre symbolique 1234 [de l'espèce des nombres

p. 71

321 et 987 déjà reconnus, et le nombre 4 étant ici caractéristique des quatre côtés de la Pyramide, dont le périmètre de base (dans le Pavement) est égal à 70 fois une période quinquaséculaire], égal à

α′, 1255 = 1234 + 3 × 7.

Le deuxième nombre β′, 1817 = 4 × 400 + 217 reproduit les 217 de la Vieille Chronique propres aussi aux rois demi-dieux ; et pour la même raison qui a été donnée lors de l'examen de ce premier document, il doit donc s'écrire

β′, 1817 = 4 × 400 + 6 × 6 × 6 + 1.

Le troisième nombre γ′, 1790 est égal à

γ′, 1790 = 500 + 2 ½ × 516

(les 2 ½ × 516 n'étant autre chose que les 1290 ans de Daniel).

Enfin le quatrième nombre δ′, 350 s'écrit, en rapprochant sa décomposition de celle du deuxième :

δ′, 350 = 7 × 7 × 7 + 7.
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Cela posé on a bien :

par α′ et δ′,

[α′ + δ′] = 1234 + 350 = 1584 = 3 × 528 ;

par β′ et γ′,

    [β′ + γ′] = 1816 + 1790 = 3606 = 7 × 515,143
ou  [β′ + γ′] = 1817 + 1790 = 3607 = 7 × 515,286
                                       moy. 515,2.14

Les limites   515,143 ou 515,1
et         515,286 ou 515,3

comprennent bien le nombre théorique

515,165 ou 515,2

et donnent en outre bien, par ce procédé de leur moyenne, sa décimale exacte en partant cependant de nombres entiers complets.

749. Enfin si l'arrangement voulu de tous ces nombres ne semble pas pouvoir être mis en doute en ce qui concerne la reproduction des données de la Pyramide, il ne peut pas, et à titre égal, l'être non plus en ce qui concerne la chronologie de ce Monument et celle même de la Bible.

Nous avions déjà vu la Vieille Chronique reproduire par ses nombres les dates bibliques fonda-

p. 73

mentales de l'Exode, du Déluge, de la Création de l'homme. Manéthon a procédé de la même manière. On a vu comment, au moyen de ses 3555 ans et de la somme totale de sa liste, il fait connaître la date — 2161 de la Vieille Chronique, centre de fondation de la Pyramide, et année de la descente d'Abraham en Égypte. Or si l'on ajoute d'un côté à ces 2161 les 15 ans de Manéthon qui manquent aux 3555 pour atteindre Alexandre, de l'autre le nombre chronologique ∂′ du tableau en contact avec le Déluge, savoir ∂′, 350 (le [3]e nombre 5813 est, on l'a vu, un élément linéaire, hauteur de la Pyramide), on trouve

15 + 2161 + 350 = 2161 + 365 = 2526

c'est à dire la naissance

— 2526

d'Arphacsad, premier homme 2 ans après le Déluge, date déjà donnée par la Vieille Chronique et en rapport immédiat, comme on l'a vu, avec l'origine de la Période sothiaque.

Si ensuite on considère, outre ce nombre ∂′, 350 qui termine le groupe, le nombre α′, 1255 qui le commence, nombres α′, ∂′ qui font connaître, on l'a vu, la période de 528 ans, et qu'on surmonte

p. 74

de leurs deux termes complémentaires (voir § 748)

          3 × 7 et 7,
c'est à dire de   4 × 7 = 28,

le total [2] 5212 du groupe, on obtient le nombre

5212 + 28 = 5240,

tel qu'en en retranchant une fois le millénaire

1056 = 2 × 528

de la période, on obtient par

— 5240 + 1056 = — 4184

la naissance d'Adam, père du monde antédiluvien, et en retranchant deux fois ce même millénaire,

— 5240 + 2112 = — 3128,

la naissance de Noé, père du monde postdiluvien, — le millénaire 1056 n'étant autre chose que l'intervalle bien connu qui, dans la chronologie biblique, sépare les naissances d'Adam et de Noé.

750. Après cette analyse du caractère systéma-

p. 75

tique du document pris en lui-même, et de sa connexion intime avec le système des nombres de la Bible et de la Grande Pyramide (1), un problème d'un autre ordre se présente, et qui plus directement peut-être est de nature à intéresser le lecteur, savoir la manière dont, dans l'ordre historique proprement dit, c'est à dire en tant que commémoration des événements, le système de Manéthon constitue en soi une chronologie historique.

Nous avons à mettre à cet égard en évidence un fait capital : c'est que, dans l'ensemble des dynasties, les dynasties pleines constituent seules la filiation historique dans le système de Manéthon, et que les dynasties vides, dont l'apport parfait les totaux systématiques que nous avons constatés, représentent sans doute des familles ou dynasties collatérales contemporaines.

Nous allons pour nous en rendre compte suivre

(1) Voici des traits de premier ordre à retenir et qui suffiraient. Manéthon fait un usage direct de la Période sothiaque, qui est aussi la Base 1461 de la Pyramide. Il cite explicitement, et en la mettant ostensiblement en évidence dans sa Table chronologique, la hauteur 5813 de la Pyramide. De même fait-il au même lieu pour les périodes historiques quinquaséculaires, lesquelles sont contenues 70 fois dans le périmètre de base de la Pyramide au niveau du Pavement, et dont il donne explicitement la moyenne 521,2. Le nombre 5212 de Manéthon, multiplié par 7, mesure ce périmètre.

p. 76

cette filiation historique à travers ces dynasties pleines, en prenant pour vérifications des dates historiques autrement connues, ou des références de Manéthon lui-même à certains événements ; et un second résultat non moins capital de notre analyse sera de constater encore une fois que la chronologie de Manéthon est la reproduction de celle du texte hébreu de la Bible.

751. Partons, pour remonter ensuite dans le passé, de la fin des 31 Dynasties, c'est à dire de la conquête d'Alexandre en — 332.

Les 197a 8m que, d'après Manéthon, comprennent les dynasties XXVII-XXXI conduisent ainsi pour Cambyse à la date

— 332 — 197.8ᵐ = — 529.8ᵐ.

Or — 529 est en effet la première année du règne perse de Cambyse succédant à Cyrus. C'est donc ce point que Manéthon a voulu ici indiquer. Mais il a soin de mentionner dans son commentaire la date — 525 de la conquête de l'Égypte en disant que Cambyse y commença son règne la 5e année de son règne perse. Or cette 5e année est effectivement aussi — 529 + 4 = — 525.

752. a) Remontons encore. Nous trouvons dans

p. 77

le commentaire de Manéthon, dans la XXVIe Dynastie le règne d'Uaphris pendant lequel, après la prise de Jérusalem, des restes de Juifs se réfugièrent en Égypte. D'après Manéthon, cet Uaphris règne, en remontant, de

    — 529.8ᵐ — 44.6ᵐ = — 574.2ᵐ ⎫
à  — 574.2ᵐ — 19   = — 593.2ᵐ ⎬,

époque en effet postérieure à, et très voisine de, la prise de Jérusalem en — 606.

b) Plus haut dans la même dynastie vient l'époque des deux Nechao encadrant le long règne de Psammétique. Le second de ces Nechao est dit par Manéthon avoir pris Jérusalem et mené Joachaz (fils de Josias), roi de Juda, captif en Égypte. C'est, explicitement pour la seconde partie de cette mention, le fait rapporté en II Rois XXIII, 29-34.

D'après Manéthon, on a toujours par l'addition des règnes, en regard desquels nous avons mis les dates de la Bible :

Second Nechao  { — 599.2ᵐ }
               { — 605.2  } ... Prise de Jérusalem par Nebucadnetzar — 606.
Psammétique .  { — 605.2  }      — 628 Joachaz (3 mois) (II Rois XXIII, 33).
               { — 659.2  }      — 628 }
               { — 659.2  } ...           } Josias.
1ᵉʳ Nechao .   { — 667.2  }      — 659 }
p. 78

C'est donc bien, en dehors de la discussion des détails, la même époque.

c) Plus haut (XXIIIe Dynastie) Manéthon dit que la première Olympiade a commencé sous le règne de Petubates, 1er roi de cette dynastie. Les nombres de Manéthon donnent, toujours par simple addition :

Petubates { — 775.2ᵐ } ... (1ʳᵉ année de la 1ʳᵉ Olympiade — 776)
          { — 815.2  }

La dernière année du premier roi de la XXIIIe Dynastie marque l'origine des Olympiades. C'est, dans la Bible, la fin du règne d'Hosias, où commence (— 777) la prophétie chronologique d'Ésaïe (És. VI, 1).

d) Nous arrivons plus haut encore à l'époque des dynasties XXII (Bubastite) et XXI (Tanite) des deux villes du Delta, Bubaste et Tanis. Cette période, comme le fait remarquer M. Fl. Petrie (1), est une des plus embrouillées et inextricables de l'histoire d'Égypte, à raison surtout de la contemporanéité des dynasties et des co-régences. Elle nous intéresse cependant à cause de la mention du Sesonchis de Manéthon, 1er roi de sa XXIIe dynastie. Sesonchis, ou Scheschank, ou Sheshenq des Égyptologues, est le même nom que celui du

(1) A History of Egypt, Vol. III, p. 188 seq. et p. 227 seq.

p. 79

Sisak de la Bible (I Rois XIV, 25) qui attaqua Jérusalem la 5e année de Roboam, c'est à dire en — 995. Notre liste de Manéthon laisse sans noms les rois 3. 4. 5 et 7. 8. 9 de la XXIIe Dynastie. L'étude des monuments conduit à restituer dans leurs places 3 autres Sheshenq (1) occupant les rangs 5. 7. 9, ce qui en fait figurer 4 dans cette Dynastie XXII, qui en outre commence et se termine donc par ce nom. Ce nom d'ailleurs, d'après l'observation de M. Fl. Petrie est générique (2) et signifie simplement « un homme de Suse » (« ce qui indiquerait pour la source de la dynastie quelque aventurier Babylonien ou Perse »).

Ceci posé pour fixer les idées sur l'état de connaissance actuel de la question, et la XXIIIe Dynastie venant de nous conduire pour son commencement à la date — 815.2m, on a en remontant, si l'on suit l'ordre des dynasties adopté dans la liste de Manéthon :

Dyn. XXII .  {  — 815.2
(Bubaste)    {    116
             {  — 931.2
Dyn. XXI . . {    130
             {  — 1061.2.

(1) Fl. Petrie, T. III, p. 227 ; et Bénédite, loc. cit. supra.

(2) Fl. Petrie ibid. pp. 231-232.

p. 80

La date biblique — 995 tombe ainsi dans la dynastie Tanite et non dans la dynastie Bubastite, celle des Sheshenq. Si l'on voulait absolument conserver l'ordre de la liste, il faudrait admettre, en se laissant guider par les remarques de M. Petrie, que le Sisak de la Bible désigne, par le nom générique, un roi bubastite antérieur au temps des Sheshenq cités par Manéthon. Une hypothèse beaucoup plus naturelle est simplement que, la classification par dynasties de Manéthon étant artificielle et ne se retrouvant pas sur les monuments, l'ordre de l'énoncé des deux dynasties, qui concernent deux centres différents du Delta, n'a pas une valeur historique absolue. Or si l'on renverse cet ordre, on obtient la disposition suivante :

Dyn. XXI . . {  — 815.2
(Tanis)      {    130
             {  — 945.2
Dyn. XXII .  {    116
(Bubaste)    {  — 1061.2

Le no 7 de la XXIIe dynastie étant un Sheshenq, cela nous fait alors remonter par les 42 ans de la liste de Manéthon à la date

— 945.2 — 42 = — 987.2.

Le Sheshenq précédent, ou le no 5, termine son

p. 81

règne en — 1000.2, la dernière année de Salomon étant — 1000. On se trouve donc alors exactement à niveau du temps spécifié — 995 du règne de Roboam.

Notre supposition trouve d'ailleurs une vérification dans un autre passage de la Bible. On vient de voir d'après ce qui précède qu'un Sheshenq ou Sizak termine son règne l'année même de la mort de Salomon. Or on voit (I Rois XI, 40) que Jéroboam pour échapper à la vengeance de Salomon s'enfuit auprès du roi d'Égypte Sizak, et ne revient qu'à la mort de Salomon. La série des Sizak de la Bible est donc, dans notre hypothèse, exactement contemporaine de celle des Sheshenq de Manéthon.

e) Poursuivons notre analyse. Antérieurement à la date — 1061.2m (indépendante d'ailleurs de l'hypothèse de détail que nous venons de faire au sujet des XXIe et XXIIe dynasties), se présentent les deux grandes dynasties XIX et XVIII du Second Empire Égyptien. Elle conduisent à la date

Dyn. XIX . . {  — 1061.2
             {    204
             {  — 1265.2
Dyn. XVIII . {    259
             {  — 1524.2
p. 82

La date de l'Exode est — 1516.

A remarquer d'ailleurs que l'on a

1516 = 1524 — 8,

différence qui rappelle immédiatement l'écart systématique de 8 ans signifié dans l'arrangement de l'ouvrage de Manéthon, comme nous l'avons vu (§ 741), par le retrait du règne d'Ammenemes, 1er roi de la XIIe Dynastie à la fin de son Livre I, et qui mesure l'excentricité de ses deux périodes sothiaques systématiques par rapport à la valeur moyenne et théorique 1461. Or nous allons surabondamment vérifier qu'en effet cette différence de 8 ans est ici intentionnelle ; et nous commencerons par faire pour l'élucidation de tout l'ensemble du sujet une remarque de la plus grande portée.

f) Dans tout l'ensemble des dynasties, deux, la VIe et la XVIIIe, se distinguent par un caractère singulier : celui de mentionner leur premier roi sans indiquer d'années de règne correspondantes. Les deux rois, ou plutôt les deux noms dont il s'agit sont respectivement : Othoès et Amos. La dynastie intermédiaire XII dont la considération est amenée par la suite des termes

6   12   18,
p. 83

a de son côté un caractère unique, celui du retrait de son premier roi Ammenemes, retrait que nous venions de rappeler.

Examinons d'abord le nom Amos mis ainsi à part, et sans nombre correspondant comme il est fait pour tous les rois, et que nous rencontrons précisément à l'époque de l'Exode ; il confirme singulièrement l'induction, à laquelle avait été déjà conduit le Syncelle (1), que ce nom désigne, tout au moins est en connexion intime avec, Moses, ou Moïse, et il est remarquable en rapport avec la progression sexagésimale qui caractérise l'ensemble précédent, que l'année — 1524 soit précisément distante de 2 × 36 de la Naissance — 1596 de Moïse (l'année chronologique — 1524.2 ou — 1525, repérant même exactement sa 2 × 36 = 72e année).

g) L'Exode termine les 430 ans de séjour des Israélites [ou des enfants d'Israël (= Jacob)] en Égypte. En ajoutant 430 à 1524.2m on obtient la date — 1954.2m. En ajoutant 430 à 1516 on obtient — 1946.

Or ces deux dates sont également remarquables dans la chronologie de la Bible. La seconde est celle de l'arrivée de Jacob en Égypte ; la première, celle à laquelle Joseph âgé de 30 ans (Gen. XLI, 46) se présente à Pharaon.

(1) Syncelle, p. 69.

p. 84

D'autre part la somme des dynasties XV et XII qui, dans notre marche vers le passé suivent la XVIIIe Dynastie commencée en — 1524.2m, (et où l'on remarquera que XV est le multiple de 3, entre 12 et 18), est égale à

284 + 176 = 460 = 430⁽¹⁾ + 30 ans,

lesquels conduisent donc pour le commencement de la XIIe Dynastie (Ammenemes) à la date

— 1954.2 — 30 = — 1984.2ᵐ (= — 1985 chronol.),

c'est à dire à la Naissance (— 1985) de Joseph, laquelle coïncide donc avec la première année d'Ammenemes ; et puisque celui-ci règne 16 ans, la première année spécifiée du Livre II de Manéthon (1ʳᵉ année de Sesonchoris) est par conséquent celle où Joseph, âgé de 17 ans (Gen. XXXVII, 2), est vendu par ses frères et arrive en Égypte. Enfin une autre constatation vérificatrice et essentielle pour l'interprétation historique et l'apparentement tout au moins des Hébreux et des Hycsos, c'est que Manéthon place précisément dans ce même intervalle entre les Dynasties XII et XVIII, par les dynasties XV, et XVI, XVII (vides), les

(1) On voit que Manéthon se présente ici comme un vérificateur immédiat de la durée biblique de 430 ans de séjour d'Israël en Égypte.

p. 85

trois dynasties des Pasteurs (venus de Phénicie). Les 430 ans de la Bible se superposent donc à la domination des Hycsos.

h) Il suit de là que des trois dynasties signifiées 6, 12, 18, les deux dernières 12 et 18 le sont de manière à désigner dans la suite de l'histoire d'Égypte de Manéthon soit par les dates, soit par des noms sur lesquels elle attire l'attention (ici Ammenemes, Amos), Joseph et Moïse [la différence systématique de 8 ans que nous avions commencé par remarquer, se rapporte, par l'intermédiaire des 430 ans, c'est à dire en — 1954.2 et — 1946, aux deux faits de l'installation de Joseph dans sa charge en Égypte et à l'arrivée de Jacob et de ses autres fils].

Il ne reste donc à examiner que la dynastie suivante VI, caractérisée celle-ci, on l'a dit, par le nom d'Othoès. Aucun nombre n'est explicitement assigné à ce personnage, ce qui précisément constitue la caractéristique de la 6e Dynastie ; et néanmoins cependant le nombre 30 c'est à dire de nouveau un nombre biblique propre à Joseph, savoir son âge de 30 ans lors de son installation comme Gouverneur, lui est assigné implicitement par la différence des lectures 218 et 248 des deux totaux, réel et mentionné, de la Ve Dynastie, [ce qui conduit des égyptologues, nous l'avons signalé en transcrivant la liste de Manéthon, à

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assigner 30 ans de règne à Othoès comme 1er roi de la VIe Dynastie !

Il semble donc bien que le nom Othoès mis ici en évidence par Manéthon ait de nouveau (comme Ammenemes) rapport à Joseph ; et cette première induction se confirme ensuite par d'autres traits significatifs. Un détail en effet qui pourrait être, étant donné tout ce qui précède, singulièrement confirmatif et désignatif de la personne de Joseph, apparemment « tué par ses frères », serait fourni par le commentaire même de Manéthon qui rappelle que cet Othoès qu'il met si bien en évidence, avait été « tué par ses gardes ». Un autre a rapport à la désignation égyptienne officielle d'Othoès ; le titre hiéroglyphique de celui-ci renfermant une Pyramide (1), signifie « constructeur de monuments, de Pyramide », attribution dans notre hypothèse aisément explicable, puisque Joseph, par Isaac et Jacob était l'arrière petit-fils d'Abraham, lequel n'est évidemment autre que le Pasteur Philition d'Hérodote, ce Pasteur qui se trouvait en Égypte lors de la construction de la Grande Pyramide, et dont le souvenir était resté intimement lié chez les Égyptiens à celui de cette construction. Enfin il convient de mentionner comme vérification le nom du Pharaon que le

(1) Osburn, Monumental History, T. II, p. 59.

p. 87

consentement unanime des historiens [voir le Syncelle, au sujet de la Dyn. 17 (Eusèbe)] a attribué au Pharaon de Joseph et des enfants d'Israël, et qui n'est autre, Apophis, Apappus, etc., que celui du Phiops dont le long règne occupe le centre de la VIe Dynastie (celle qui porte en tête le nom d'Othoès).

Dans cette manière de voir, Othoès (Joseph) se trouverait donc au même niveau chronologique qu'Ammenemes, c'est à dire que la VIe et la XIIe dynasties, contemporaines, et de durées de règne analogues, 168 et 176, commenceraient vers la même époque (celle de Joseph). Or de cela un trait de vérification précis et vraiment frappant se présente ; savoir que la différence des deux nombres contemporains 176, 168 reproduit exactement le terme systématique de 8 ans,

168 = 176 — 8,

que nous avons rencontré plus haut au sujet d'Ammenemes ; ce qui signifie qu'après avoir procédé comme nous l'avons fait, par l'addition, en remontant, des nombres afférents aux dynasties, y compris Dyn. XII, nous sommes invités maintenant, par la comparution contemporaine de VI et XII à faire rétrograder de 8 ans le bloc de la computation (celle qui nous avait conduits à la

p. 88

Naissance de Joseph, contemporaine du commencement d'Ammenemes). Or, dans ce bloc, l'Exode (commencement de Dyn. XVIII) marquait — 1524. Donc par le retrait dont il s'agit, et dont l'objet, ici, est de nous faire connaître la date exacte de l'Exode, fin des 430 ans de la Bible, le repère précédent (— 1524, commencement de Dyn. XVIII) devient effectivement la date biblique exacte — 1516, (laquelle, on le sait, est donnée également avec précision par la Pyramide) :

— 1524 + 8 = — 1516.

i) Résumons-nous. Si la disposition du règne d'Ammenemes (XIIe Dyn.) signale les premières dates bibliques remarquables de la Naissance de Joseph et des 17 ans de Joseph à son arrivée en Égypte, les 30 ans d'Othoès (VIe Dyn.) y signalent la seconde date biblique des 30 ans de son installation comme Gouverneur, le tout confirmant la mesure des 430 ans du séjour des enfants d'Israël en Égypte ; et quant à la question, liée à ceci, de la contemporanéité des dynasties de Manéthon qui en résulte, sa solution ne souffre pas de difficulté et est évidente, par le seul fait de la considération que les trois dynasties XII, VI, V, Thébaine, Memphite et Eléphantine, jalonnent par leurs désignations géographiques la vallée entière

p. 89

du Nil, et les montrent occupant ainsi simultanément toute l'étendue de l'Égypte, — la puissance de Thèbes et d'Éléphantine, qui doit se fondre et devenir universelle dans le second Empire égyptien, ayant pour foyer la haute Égypte, et le Delta étant déjà et encore occupé par les Pasteurs auxquels appartient le Pharaon de Joseph et des enfants d'Israël.

j) Après avoir vu signaler par Manéthon d'une manière aussi nette les deux conducteurs d'Israël, Joseph et Moïse, qui, placés aux limites du séjour d'Israël en Égypte, caractérisent son contact, comme peuple, avec les Égyptiens, on ne doit plus s'étonner de lui voir adopter, ainsi qu'on l'a vu, pour date fondamentale de son système (§ 744), celle, — 2161, donnée par la Bible pour la descente d'Abraham en Égypte (et qui est aussi le centre de construction de la Pyramide). Mais l'épreuve, et la preuve, cruciale de notre solution de la question, va être maintenant, en arrivant à la IVe Dynastie (celle des Suphis ou Khéops), que la chronologie de Manéthon reproduise les dates déjà antérieurement connues et déterminées de l'époque de la Pyramide.

Nous venons d'arriver dans notre revue historique, en remontant le cours du temps, au commencement

— 1984.2ᵐ
p. 90

de la XIIe Dynastie. Les dynasties VI et V qui suivent étant, d'après ce qui précède (voir plus haut, h), contemporaines de celle-là, c'est la IVe Dynastie qui maintenant se présente. Sa durée 284 ans conduit pour son commencement, en continuant notre addition des nombres du document, à la date

— 1984.2ᵐ — 284 = — 2268.2ᵐ.

D'après l'Africain, le Suphis de la Grande Pyramide est le deuxième roi de la Dynastie ; d'après le Manéthon d'Eusèbe, c'est le troisième. Par l'addition des nombres de la liste, on trouve :

3. Suphis { — 2110   (Abraham — 2161)
          { — 2176   [— 2174 = fondation de la Pyramide d'après les
          {                          mesures de la Pyramide de Fl. P.
          {                          pp. 55, 63.
2. Suphis {              — 2170 (P. Smyth)].
          {
          { — 2239.

Ce résultat est très remarquable ; il signifie en effet que la chronologie de Manéthon vérifie l'époque attribuée à la construction de la Pyramide : 1o) par les mesures de sa propre échelle chronologique ; 2o) par le calcul du passage de la Polaire α Draconis ; 3o) par l'identification d'Abraham et du Philition d'Hérodote. Il est d'ailleurs en plein

p. 91

accord avec les limites classiques de l'histoire d'Égypte admises, antérieurement à l'Égyptologie moderne, et que traduisent d'une manière si mémorable les « quarante siècles » de Bonaparte (1800 — 4000 = — 2200) (1). Les nombres relatifs à la IVe Dynastie sont d'ailleurs systématiques. On a en effet pour la durée des deux Suphis

63 + 66 = 2239 — 2110 = 129 = ¼ × 516

[et depuis le commencement de leurs règnes (— 2239) jusqu'à la fin de la Dynastie (— 1984) :

2239 — 1984 = (500 + 520) / 4 ].

k) Revenons maintenant à la date — 2268.2m assignée par l'addition des règnes à l'origine de la IVe Dynastie. On va voir que cette date est également systématique et liée par des traits de l'ordre le plus général au système de Manéthon. Elle n'est autre chose en effet que la fin de la période historique de 516 ans que nous avons vu

(1) Le nombre de Fl. P. plaçant la fondation de la Pyramide à la séparation des règnes des deux Suphis, permettrait de concilier les extraits de l'Africain et d'Eusèbe relatifs à l'attribution de cette construction soit à l'un, soit à l'autre, des deux Suphis.

p. 92

(§ 729) avoir pour origine celle de la période sothiaque de 1461 ans et pour centre le Déluge, repéré ici par la Naissance d'Arphacsad. On a en effet

          — 2268 — 516 = — 2784 )
et Origine de la Période sothiaque = 2784 );
   Naissance d'Arphacsad — 2526.
   { 2526 — 2268 = 258 = 516 / 2
   { 2784 — 2526 = 258 = 516 / 2.

Rien ne saurait être plus éloquent que ces nombres pour signaler la date — 2268 commencement de la IVe Dynastie comme date fondamentale d'origine de toute l'histoire d'Égypte. Cette date marque effectivement l'époque de Constitution de la période historique correspondante de la loi de Brück. La date de constitution donnée par la période de 515,165 (Mathématique, § 51, Tabl. XVIII) est — 2291,290 en partant du centre de gravité + 1870,03 du Grand Degré de la Pyramide. Le nombre de Manéthon correspond, à 8 périodes de 516 ans de distance, au milieu entre les deux points fondamentaux du Grand Degré : Angle = 1850 et Centre de Gravité = 1870, ou au centre de son premier tiers, 1860. On a en effet

(1850 + 1870) / 2 = 1860 ; 1860 — 8 × 516 = 1860 — 4128 = — 2268.
p. 93

l) Il reste à considérer les trois premières dynasties de Manéthon. On peut prévoir d'après tout ce qui précède que leurs nombres sont systématiques, et c'est ce qu'on va en effet reconnaître. On a

Dyn. III . . . Durée  214 ans
Dyn. II  . . .        302
Dyn. I   . . .        263
              Somme   779 ans.

D'où :

Durée moyenne d'une   779
des trois dynasties = ─── = 259,66... = 259ᵃ 8ᵐ = 260 ans
                       3
              chronol. = 520 / 2 ;

et cette durée ajoutée à l'origine de la IVe Dynastie, donne

— 2268.2ᵐ — 259.8ᵐ = — 2527ᵃ 10ᵐ = — 2528 chronol.,

c'est à dire la date biblique

— 2528

du Déluge.

Il est inutile de commenter la puissance d'un pareil résultat, couronnement victorieux de toute notre thèse, et capital, puisque Manéthon devient

p. 94

un témoin pour la Chronologie de la Bible elle-même : toute la Chronologie de Manéthon a pour ère le Déluge du texte hébreu de la Bible. Il a indiqué par les nombres systématiques de ses trois premières dynasties, qui sont dans son point de vue contemporaines, le temps écoulé depuis le Déluge jusqu'à l'époque de Constitution du 1er Empire égyptien (1).

D'ailleurs le fait fondamental origine de la Dispersion des Nations (Tour de Babel), fixé par la Bible en — 2428, n'est pas moins indiqué, et par le même procédé.

De même qu'on avait (III + II + I) / 3 = 259.8 = 260 (chron.) = 520 / 2 et — 2268 — 260 = — 2528 (Déluge) ; on a (ce qui donnera une date plus rapprochée de — 2268),

(III + I) / 3 = 477 / 3 = 159

et

— 2268.2ᵐ — 159 = — 2427.2ᵐ = — 2428 (chron.),

c'est à dire la date biblique

— 2428

de la Dispersion des Peuples.

(1) On observera que le nombre 3 de ces dynasties évoque en même temps les 3 branches postdiluviennes issues des 3 fils de Noé.

p. 95

Et enfin, si le terme complémentaire 520 / 2 qui conduisait au Déluge, faisait connaître la période historique quinquaséculaire 520, les nombres propres à la 1re Dynastie, celle qui, avec Menes, 1er Roi, commence toute l'Histoire des Peuples postdiluviens, font connaître la période quinquaséculaire fondamentale 516 de Daniel et de Brück, ou la Loi de l'Histoire. Ces nombres en effet sont (voy. le Tabl. LXVI) : 263 et 253. Et on a :

263 + 253 = 516.

753. La Liste des Rois d'Eratosthènes. Il nous reste à citer une dernière preuve, irrécusable, par son caractère de témoin indépendant, de la justesse de notre interprétation des trois premières dynasties, c'est à dire du caractère de terme complémentaire systématique que nous venons de leur attribuer dans le système de Manéthon. Cette preuve est apportée par la liste des Rois d'Eratosthènes.

On possède le commencement de cette liste qui avait été fournie à Eratosthènes par les prêtres de Thèbes. Comme celle de Manéthon, elle commence par Ménès, et il est connu que sa chronologie donne des durées moindres que celle de Manéthon. Or en présence de cela nous nous sommes demandé si la différence des deux docu-

p. 96

ments, c'est à dire la différence des durées qu'ils attribuent à la suite des 6 premières dynasties de Manéthon (mesurées chez lui, comme on l'a vu § 741, par une période sothiaque), ne serait pas précisément cette somme des trois premières dynasties que nous venons de trouver former un terme complémentaire (conduisant au Déluge). Voici le résultat de cette épreuve.

On a pour la liste d'Eratosthènes telle que nous l'a fait connaître le Syncelle, et pour le tableau numérique des règnes, que nous en donnons après, les documents suivants :

TABLEAU LXIX.

LISTE DES ROIS D'ERATOSTHÈNES.

(le Syncelle p. 91)   Thebæorum reges.

Apollodorus annalium scriptor Ægyptiorum, qui Thebæi dicuntur, aliud descripsit regnum, regum videlicet 38. quorum imperium annis 1076. duravit. Cœpit porro anno 2900. desiitque mundi 976. quorum, inquit, notitiam cum ex Ægyptiacis commentariis per singula nomina collegissit Erathosthenes cuncta Græcis litteris regio jussu hoc pacto exposuit.

Thebæorum 38. regum post annum dispersionis 124. imperantium. Primus regnavit Mines Thebinites Thebæus, qui Dionius exponitur. regnavit annis 62. anno mundi 2900.

Thebæorum secundus regnavit Atheus

p. 97

filius Minis annis 59. anno mundi 2962. Hic exponitur Hermogenes.

Thebæorum Ægyptiorum tertius rex Atheus ejusdem nominis annis 32. anno mundi 3021.

(p. 96)   Thebæorum rex 4. Diabies filius Athosis, qui dicitur Humanior, annis 19. anno mundi 3053.

Thebæorum rex 5. Pemphos filius Athothi, qui dicitur Heraclides, annis 18. anno mundi 3072.

Thebæorum Ægyptiorum rex 6. Tœgar Amachus Momchiri Memphites, qui dicitur vir membris redundans, annis 79. anno mundi 3090.

Thebæorum Ægyptiorum rex 7. Stœchus filius ejus, qui Mars absque sensu dicitur, annis 6. anno mundi 3169.

Thebæorum Ægyptiorum rex 8. Gosormies, qui dicitur Etesipartus, annis 30. anno mundi 3175.

Thebæorum Ægyptiorum rex 9. Mares filius ejus, qui dicitur Heliodorus, annis 26. anno mundi 3205.

(p. 101)   Thebæorum Ægyptiorum rex 10. Anoyphes, qui filius communis exponitur, annis 20. anno mundi 3231.

Thebæorum Ægyptiorum rex 11. Sirius, qui genœ filius dicitur, et secundum alios Abascantus, annis 18, anno mundi 3251.

Thebæorum Ægyptiorum 12. Chnubus Gnurus, qui Aureæ vel Aurei filius annis 22. anno mundi 3269.

Thebæorum Ægyptiorum rex 13. Ranosis, qui Princeps robustorum exponitur, annis 13. anno mundi 3291.

p. 98

Thebæorum Ægyptiorum rex 14. Biyris annis 10. anno mundi 3304.

Thebæorum Ægyptiorum rex 15. Saophis Comatus, secundum alios Negotiator annis 29. anno mundi 3314.

(p. 104)   Thebæorum rex 16. Sensaophis secundus annis 27. anno mundi 3343.

Thebæorum rex 17. Moscheris Heliodatus annis 31. anno mundi 3370.

Thebæorum rex 18. Musthis annis 33. anno mundi 3401.

Thebæorum rex 19. Pammus Archondes annis 35. anno mundi 3434.

Thebæorum rex 20. Apappus Maximus. Hic, aiunt, 100 annis una hora minus regnavit. anno mundi 3469.

Thebæorum rex 21. regnavit Achescus Ocaras anno 1. anno mundi 3569.

Thebæis 22. loco imperavit Nitocris fœmina viri sceptris potita annis sex : hæc est Minerva Victrix, anno mundi 3570.

Thebæorum rex 23. Myrtæus Ammonodotus annis 22. anno mundi 3576.

(p. 109)   Thebæorum rex 24. Thyosimares Robustus, qui dicitur Sol, annis 12. anno mundi 3598.

Thebæorum rex 25. Thinillus, qui dicitur augens patrium imperium, annis 8. anno mundi 3610.

Thebæorum rex 26. Semphracates, qui et Hercules Arpocrates annis 18. anno mundi 3618.

Thebæorum rex 27. Chuter Taurus tyrannus annis 7. anno mundi 3636.

Thebæorum rex 28. Menres Philoscorus annis 12. anno mundi 3643.

p. 99

Thebæorum rex 29. Chomœphta, Mundus Philephœstus, annis 11. anno mundi 3655.

Thebæorum rex 30. Ancunius Ochytyrannus annis 60. anno mundi 3666.

(p. 123)   Thebæorum rex 31. Penteathyris annis 16. mundi vero 3726.

Thebæorum rex 32. Stamenemes secundus annis 23. mundi vero 3768.

Thebæorum rex 33. Sistosichermes Herculis robur annis 55. mundi vero 3791.

Thebæorum rex 34. Maris annis 43. mundi vero 3846.

Thebæorum rex 35. Siphoas, qui et Mercurius Vulcani filius annis 5. mundi vero 3889.

(p. 147)   Thebæorum rex 36. ... [(Marg. Deest in MS)] annis 14. mundi vero 3894.

Thebæorum rex 37. Phruron, hoc est Nilus, annis 5. mundi vero 3908.

Thebæorum rex 38. Amuthantæus annis 63. mundi vero 3913.

Regum, quibus in Ægypto Thebæorum nomen inditum (quorum etiam privata quæque nomina ex sacris litteris Diospoli desumpta ex Ægyptia in linguam Græcam transtulit Eratosthenes) imperium hic desinit. Post linguarum confusionem in orbem inductam, et annum ab ea 124. duxit originem, hoc est a mundi conditu 2900. et præsenti tandem 3973. sublatum est.

Aliorum, qui sequuntur, regum Thebæorum 53. nomina ab eodem Apollodoro scriptis tradita, ceu nullius boni accessioni futura, in medium huc advocare superfluum omnino duximus, cum priorum noticia nullam secum vehat utilitatem.

p. 100

754. Nous transcrivons les données numériques de ce document dans le Tableau suivant (Tabl. LXX).

TABLEAU LXX.

LISTE DES ROIS D'ERATOSTHÈNES.

 1. Menes . . . . . . . .  62 ans.
 2. Atheus . . . . . . .   59 »
 3. Atheus . . . . . . .   32 »
 4. Diabies . . . . . .    19 »
 5. Pemphos . . . . . .    18 »
 6. Tægar Amachus Momchiri  79 »
 7. Stæchus . . . . . .     6 »
 8. Gosormies . . . . .    30 »
 9. Mares . . . . . . .    26 »
10. Anoyphes . . . . .     20 »
11. Sirius . . . . . . .   18 »
12. Chnubus Gnurus . . .   22 »
13. Ranosis . . . . . .    13 »
14. Biyris . . . . . . .   10 »
15. Saophis . . . . . .    29 »
16. Sensaophis . . . . .   27 »
17. Moscherus . . . . .    31 »
18. Musthis . . . . . .    33 »
19. Pammus . . . . . . .   35 »
20. Apappus . . . . . .    94 »  ⁽¹⁾
21. Achescus . . . . . .    1 »
22. Nitocris . . . . . .    6 »
23. Myrtæus . . . . . .    22 »
24. Thyosimares . . . .    12 »
25. Thinillus . . . . .     8 »

(1) Apappus est le Phiops de Manéthon. Dans Eratosthènes il est dit qu'il règne 100 ans moins « une heure » ; dans Manéthon il est parlé de sa « sixième année » à partir de laquelle il régna jusqu'à 100 ans.

p. 101
26. Semphrucates . . . .   18 ans.
27. Chuter . . . . . . .    7 »
28. Menris . . . . . . .   12 »
29. Chomœphta . . . . .    11 »
30. Ancunius . . . . . .   60 »
31. Penteathyris . . . .   16 »
32. Stamenemes . . . . .   23 »
33. Sistosichermes . . .   55 »
34. Maris . . . . . . .    43 »
35. Siphoas . . . . . .     5 »
36. . . . . . . . . . .    14 »
37. Phruron . . . . . .     5 »
38. Amuthantæus . . . .    63 »

755. On a d'après ce Tableau le résultat suivant :

S₁ = somme des 6 premières dynasties de Manéthon )
     ou de Ménès à Nitocris . . . . .            )= 1449 ans
S₂ = somme des règnes d'Eratosthènes de Ménès    )
     à Nitocris . . . . . . . . .                )=  670
                          Différence S₁ — S₂ = 779 ans )
et                                                          )
S₃ = somme des règnes des 3 premières dynasties  )
     de Manéthon . . . . . . . .                 )= 779 ans.)

On a donc rigoureusement comme on l'avait induit plus haut (§ 753) :

Terme complémentaire S₃ = S₁ — S₂ (= 779).

756. Ce témoignage indépendant met le sceau à notre interprétation. Il démontre que les prêtres égyptiens tiraient leurs données d'un fonds com-

p. 102

mun formant un ensemble numérique essentiellement systématique : et d'après les multiples vérifications que renferme tout le travail que nous venons de présenter au lecteur, ce fonds commun n'est autre que le système des mesures de la Grande Pyramide, ou, ce qui est adéquat, la Chronologie de la Bible des Hébreux.

757. Nous terminerons en dressant dans le Tableau suivant (Tabl. LXXI), d'après les résultats acquis précédents, la chronologie du document de Manéthon et sa correspondance avec la chronologie biblique.

TABLEAU LXXI (§ 750).

Dynasties.
 I  II  III . .  — 2527ᵃ.10ᵐ  Déluge . . . — 2528
{ (I+II+III)/3 = 259.8 }
{ (I+III)/3 = 159      } — 2427.2  Dispersion (Babel) . — 2428
        IV . . . — 2268.2     Gr. Pyr. Centre de construction.
                               Abraham en Égypte. . — 2161
   V  XII  VI . . — 1984.2     Naissance de Joseph — 1985
      XV . . . .  — 1808.2     (Hycsos)
      XVIII . . . — 1524.2     Moïse Exode . . . — 1516
        XIX . . . — 1265.2
p. 103

Tableau LXXI (suite).

Dynasties.
(*) XXII . . . — 1061.2   Sisak, I Rois XIV, 25 — 995
(*) XXI . . . . — 945.2    I Rois XI, 40, mort de Salomon — 999
    XXIII . . . — 815.2
    XXIV . . .  — 726.2
    XXV . . . . — 720.2
    XXVI . . .  — 680.2
    XXVII . . . — 529.8    Cambyse . . . . — 529
    XXVIII . .  — 405.4
    XXIX . . .  — 399.4
    XXX . . . . — 379
    XXXI . . .  — 341
    (Alexandre) . — 332

(*) Voir § 752, d.

LEÇON XXVII

A. Sur l'origine et la signification de la période sothiaque, et son intervention dans la Chronologie égyptienne de Manéthon.
B. Sur la Chronologie biblique.
C. Chronologie du Pentateuque samaritain.
D. Chronologie de la Bible des Septante.
E. Note additionnelle concernant les 430 ans du séjour en Égypte.
F. Chronologie chaldéenne.
G. Chronologie des Chinois.
H. Chronologie des Hindoux.

A. Sur l'origine et la signification de la période sothiaque et son intervention dans la chronologie égyptienne de Manéthon.

758. En étudiant dans la Leçon précédente la chronologie égyptienne de Manéthon, nous avons constaté l'emploi effectif qui s'y rencontre des périodes chronologiques 1460 ou 1461 ans, lesquelles portent le nom général spécifique de Périodes sothiaques, et ne sont autre chose que

4 × 365 = 1460   et   4 × 365 ¼ = 1461.

759. Leur détermination procède donc tout d'abord du nombre admis de jours de l'Année, soit que l'on considère :

p. 106

l'Année de 365 jours, dite Année vague ; ou l'Année de 365 ¼, dite, plus tard, Année julienne parce que Jules César l'a admise comme base de son Calendrier.

Elle dérive ensuite, plus essentiellement, de la comparaison des deux Calendriers de 365 et 365 ¼ formés respectivement au moyen de l'Année vague Av et de l'Année julienne Aj.

Les Égyptiens avaient adopté : pour Année civile la durée Av = 365 ; pour Année physique solaire la durée Aj = 365 ¼. Considérons à une certaine époque donnée les deux Années commençant en même temps. Au renouvellement de l'an civil d'après, l'origine de Av aura rétrogradé de ¼ de jour dans le Calendrier Aj. Il faudra donc à cette origine, pour se retrouver en coïncidence avec celle de Aj, un nombre d'Années civiles égal à

Aj/¼ = 4 × 365 ¼ = 1461 années civiles ;

et cet espace de temps est d'ailleurs aussi égal à Av/¼ = 4 × 365 = 1460 années solaires juliennes Aj.

760. Mais, dira-t-on, si cette durée de 1461 ans résulte en soi uniquement de la comparaison de deux calendriers (où le Soleil seul, jusqu'ici, intervient), d'où peut provenir cette dénomination de Cycle ou Période sothiaque qui la caractérise par le nom de l'Étoile Sirius, ou Sothis ?

Cela vient de ce que l'époque de l'année qu'on avait choisie pour y placer la coïncidence d'origine de Av et de Aj (voir plus haut) était celle où, vers le Solstice d'Été, s'annonçait la crue du Nil ; et de ce que — dans les temps historiques où l'on était alors — Sirius, à cette même époque du Solstice, se levait sur l'horizon d'Égypte au même temps que le Soleil.

p. 107

Ce lever héliaque (de hélios, soleil) de Sirius en présentait donc comme le signal de l'événement le plus capital de la vie sociale en Égypte. Il était naturel de le prendre comme un repère initial dans le Calendrier ; et si l'on admettait que d'année en année ce même signal devait se représenter toujours au moment du Solstice et de la crue du Nil, on pouvait s'attendre à le voir en 1461 ans civils (Av) ou 1460 ans solaires (Aj) passer successivement par toutes les dates du Calendrier civil (Av) de 365 jours.

761. Tel était l'arrangement par lequel les Égyptiens avaient mis en quelque sorte le Ciel à la disposition de la Terre. Deux remarques cependant vont faire voir qu'en tout cela pas un mot pour ainsi dire ne répond à quelque chose de physiquement vrai.

762. La première de ces Remarques consiste en ce que la véritable Année physique solaire, T, ou l'Année tropique, n'est nullement égale à l'Année julienne Aj = 365 ¼. En posant T = 365 + τ, où

p. 108

τ est une fraction de jour, on sait par la Mécanique céleste (voy. Mathématique de l'Histoire, Tabl. LIV) que τ (au lieu d'être égal à ¼) varie au cours des siècles et diminue lentement pendant tous ceux qui comprennent l'Histoire de l'Humanité, descendant d'un maximum τ1 = 0,24278 et tendant vers un minimum τ2 = 0,24155, en passant de nos temps (soit + 1850) par la valeur τ = 0,24221. Or en appliquant (au lieu de τ = ¼) à la véritable valeur de τ le raisonnement que nous avons fait plus haut pour trouver (avec τ = ¼), par Aj/¼ = ((365 + τ)/τ) = 1461, la Période sothique 1461, on trouve dans la réalité :

Valeur de τ          Période = (365 + τ)/τ
T Max.  0,24278       1504,42
T (1850)  0,24221     1507,96
T Min.  0,24155       1512,19

au lieu de Période = 1461 (Période sothiaque) ; et de là résulte comme certain que jamais les Égyptiens n'ont pu observer comme quelque chose de physiquement réel leur Période sothiaque par la comparaison de leur Année civile de 365 jours avec la véritable Année solaire (l'Année tropique, celle des Saisons).

763. Notre seconde Remarque (voy. § 761) va concerner la marche astronomique réelle des levers de Sirius et du Soleil sur l'horizon d'Égypte.

p. 109

LEÇON XXVII

764. Nous avons calculé par les formules et les Tables de Stockwell (1), les coordonnées en Ascension droite et Déclinaison, α et δ, de Sirius à différentes époques. Elles sont données dans le Tableau suivant (Tabl. LXXII) :

TABLEAU LXXII.
COORDONNÉES DE SIRIUS.

Années.   Ascension droite α.   Déclinaison δ.
— 4250      33° 32′ 20″        — 29° 42′ 10″
— 4150      34. 35. 45            29. 14. 30
— 3250      44. 06. 29            25. 17. 20
— 3150      45. 10. 05            24. 51. 40
— 2250      54. 43. 21            21. 35. 30
— 2150      55. 47. 18            21. 16. 20
— 1250      65. 27. 35            18. 46. 30
— 1150      66. 32. 35            18. 32. 50
—  250      76. 21. 15            16. 52. 50
—  150      77. 27. 06            16. 42. 30
(Ère chrét.) 0   79. 06. 03        16. 37. 10
+  750      87. 23. 16            16. 08. 50
+  850      88. 29. 49            16. 07. 00
+ 1750      98. 30. 58            16. 24. 10
+ 1850      99. 38. 00            16. 30. 50
+ 2350     105. 13. 25            17. 07. 50
+ 2450     106. 20. 32            17. 16. 30
+ 3850     122. 01. 03            20. 26. 10
+ 4250     126. 30. 04            21. 39. 50

(1) Secular variations of the elements of the orbits of the eight principal planets ; Ch. V. Smithsonian Contributions to Knowledge, Vol. XVIII.

p. 110 Nous avons ensuite calculé pour l'horizon de la Basse-Égypte, c'est à dire pour le parallèle de 30° (celui de la Pyramide) les azimuts A (comptés à partir du Sud vers l'Est) et les angles horaires θ de Sirius à son lever, à ces mêmes époques. Ces données forment le Tableau suivant (Tabl. LXXIII) :

TABLEAU LXXIII.
AZIMUTS ET ANGLES HORAIRES DE SIRIUS A SON LEVER
(PARALLÈLE DE + 30° DE LATITUDE).

Années.    Azimut A.      Angle horaire θ.   θ — α.        θ — α — 15°.
— 4250    55° 6′ 0″      70° 46′ 10″     + 37° 13′ 50″   + 26° 13′ 50″
— 4150    55. 39. 50      71. 08. 30        36. 32. 45       25. 32. 45
— 3250    60. 26. 40      74. 10. 10        30. 03. 41       15. 03. 41
— 3150    60. 57. 30      74. 29. 00        29. 18. 55       14. 18. 55
— 2250    64. 51. 20      76. 47. 30        22. 04. 09        7. 04. 09
— 2150    65. 14. 00      77. 00. 40        21. 13. 22     +  6. 13. 22
— 1250    68. 11. 00      78. 40. 50        13. 13. 15     —  1. 46. 45
— 1150    68. 27. 00      78. 49. 50        12. 17. 15        2. 42. 45
—  250    70. 24. 30      79. 54. 40         3. 33. 25       11. 26. 35
—  150    70. 36. 40      80. 01. 10         2. 34. 04       12. 25. 56
(Ère chrét.) 0  70. 43. 00   80. 04. 40    +  0. 58. 37       14. 01. 23
+  750    71. 16. 10      80. 22. 40     —  7. 00. 36       22. 00. 36
+  850    71. 18. 10      80. 23. 50         8. 05. 59       23. 05. 59
+ 1750    70. 58. 10      80. 12. 50        18. 18. 08       33. 18. 08
+ 1850    70. 50. 20      80. 08. 40        19. 29. 20       34. 29. 20
+ 2350    70. 07. 00      79. 45. 00        25. 28. 25       40. 28. 25
+ 2450    69. 56. 50      79. 39. 20        26. 41. 12       41. 41. 12
+ 3850    66. 13. 20      77. 34. 40        44. 26. 23       59. 26. 23
+ 4250    64. 46. 10      76. 44. 30        49. 45. 34     — 64. 45. 34

p. 111 Observation. Les calculs précédents se rapportent aux positions de la situation actuelle dans le ciel (+ 1830, époque centrale de la Pyramide, axe du Monument et Angle du Grand Degré ; voy. Math. § 140) de Sirius par rapport aux cercles astronomiques des différentes époques ; c'est à dire que cette situation n'a pas été affectée du mouvement propre de Sirius. Ce petit déplacement annuel n'est connu que depuis les mesures modernes précises et seulement pour notre époque ; comme on en ignore la loi dans le cours des siècles, on ne peut, si on veut l'introduire dans les calculs que le multiplier proportionnellement au temps. Pour une étendue qui atteint 6000 ans à partir de l'époque actuelle, les déterminations ne sauraient évidemment être considérées comme certaines. Quoi qu'il en soit et afin de montrer que, si on tenait compte de ce mouvement ainsi adopté, rien ne serait changé aux conclusions que nous allons ultérieurement présenter, nous avons calculé dans cette hypothèse, pour les limites et la partie centrale de nos tableaux, les données qui les concernent. On constatera par la petitesse des différences la légitimité de ce que nous venons de dire ; et d'ailleurs, s'il en était besoin, on établirait facilement, en interpolant au moyen des différences mentionnées, les données modifiées qui conviennent à n'importe quelle époque particulière (1).

(1) Il est d'ailleurs essentiel à l'ordre de notre sujet d'observer ici, d'accord avec une idée déjà rencontrée plusieurs fois par nous (voy. Math. § 140, passim), que la détermination exacte du ciel étoilé ayant été faite pour la première fois dans l'Histoire à l'époque actuelle, celle de la Connaissance (Dan. XII, 4), c'est d'une manière vraisemblable l'état actuel du ciel (+ 1830) qui doit servir ici de repère et de compas, les vérifications astronomiques que nous découvrons étant des signes essentiellement destinés à nous-mêmes, et qui ne peuvent être précis que si leurs données sont entièrement précises elles-mêmes, c'est à dire sont les données de mesures immédiates de notre époque.

p. 112

TABLEAU LXXIV.
COORDONNÉES α₁ δ₁ DE SIRIUS, EN TENANT COMPTE DU MOUVEMENT
PROPRE ACTUEL. (1).

Années t.    Asc. dr. α₁.    Déclinaison δ₁
— 4250      33° 12′ 30″     — 27° 30′ 20″
     0       79. 15. 43        — 15. 57. 30
+ 4250     125. 56. 14        — 22. 21. 50

AZIMUT A₁ ET ANGLE HORAIRE θ₁ DE SIRIUS A SON LEVER.
              A₁              θ₁              θ₁ — α₁
— 4250    57° 46′ 10″     72° 30′ 10″     + 39° 17′ 40″
     0     71. 29. 20      80. 29. 50      +  1. 14. 07
+ 4250     63. 56. 20      76. 15. 30      — 49. 40. 44

Valeur de
Années.       A₁ — A           θ₁ — θ
— 4250    + 2° 40′ 10″     + 1° 44′ 0″
     0     + 0. 46. 20      + 0. 25. 10
+ 4250     — 0. 49. 50      — 0. 29. 0

765. Nous allons maintenant calculer pour chaque époque la position du Soleil (en prenant ici pour argument son ascension droite α′) quand le Soleil se lève en même temps que Sirius ; ou quand il se lève 1heure plus tard que Sirius (lever héliaque de Sirius).

(1) Ce mouvement, d'après les meilleures déterminations (Auwers), est :
En Asc. droite . . — 0s,037
En Déclinaison . . — 1″,20
Les α₁ δ₁ sont obtenues : 1° en ajoutant aux α δ actuels (+ 1850) les corrections précédentes multipliées par la différence t — 1850 ; 2° en rapportant la position ainsi obtenue aux cercles astronomiques de l'époque t.

p. 113 Soit θ′₁ l'angle horaire du Soleil au moment du lever de Sirius ;

θ′ l'angle horaire du Soleil à son lever.

On aura

θ₁′ = θ + (α′ — α) ;

et par conséquent pour l'angle (horaire) u dont le Soleil est sous l'horizon au lever de Sirius

u = θ₁′ — θ′ = (θ — α) — (θ′ — α′).

Si le Soleil se lève en même temps que Sirius, u = o. Cela arrivera donc quand

θ′ — α′ = θ — α,

ce qui fera connaître les valeurs cherchées de α′. Les valeurs de θ — α sont données par le Tableau précédent (Tabl. LXXIII).

Si, au lieu de la simultanéité des levers de Sirius et du Soleil, on considère le lever héliaque de Sirius, qui, d'après les Commentaires de Théon d'Alexandrie, se prenait « à la onzième heure » c'est à dire une heure avant le lever du Soleil (ce qu'expliquent assez les conditions commodes de visibilité), il faudra prendre u = 15° (corres-

p. 114 pondant à 1 heure de temps) et on aura pour connaître α′ la condition

θ′ — α′ = θ — α — 15°.

766. L'obliquité ω de l'Écliptique a pour valeur (1)

en — 4250  .  .  ω = 24° 9′ 10″,5
   + 4250  .  .  ω = 23. 8. 15,7.

On considérera aussi — et ce serait une approximation déjà ici suffisante — la valeur intermédiaire moyenne ω = 23° ½ qui convient aux siècles actuels (soit + 1600).

On obtient, sur l'horizon du parallèle de + 30°, pour des valeurs successives de α′, les angles horaires θ′ du Soleil à son lever, et ensuite les θ′ — α′. Ils sont mentionnés dans le Tableau suivant (Tabl. LXXV).

Les faibles différences que présentent entre elles les valeurs correspondantes à une valeur donnée de α′, sont, on le voit, suffisamment faibles pour qu'il suffise à notre objet de mettre en œuvre les valeurs médianes (correspondantes à ω = 23° ½ ).

767. En comparant les valeurs θ — α (Tabl. LXXIII) aux valeurs θ′ — α′ (Tabl. LXXV), on obtient par

(1) Stockwell, loc. cit.

p. 115 interpolation les valeurs de α′ qui satisfont à la condition θ′ — α′ = θ — α, et, par le Tableau LXXIII, les dates qui correspondent à ces α′. On trouve ainsi (Tabl. LXXVI) :

TABLEAU LXXV.
ANGLES HORAIRES θ′ DU SOLEIL A SON LEVER (PARALLÈLE DE + 30°).

Ascension droite α′        Angle horaire θ′          θ′ — α′

                  (— 4250) {  5° 03′ 40″          {  75° 03′ 40″
   20°    90° +            {  4. 55. 32           {  74. 55. 32
                  (+ 4250) {  4. 50. 24           {  74. 50. 24

                          {  7. 26. 15           {  67. 24. 15
   30°                     {  7. 12. 40           {  67. 12. 40
                          {  7. 05.  8           {  67. 05. 08

                          {  9. 34. 50           {  59. 34. 50
   40°                     {  9. 17. 10           {  59. 17. 10
                          {  9. 07. 30           {  59. 07. 30

                          { 11. 26. 20           {  51. 26. 20
   50°                     { 11. 05. 10           {  51. 05. 10
                          { 10. 53. 40           {  50. 53. 40

                          { 12. 57. 22           {  42. 57. 22
   60°                     { 12. 33. 20           {  42. 33. 20
                          { 12. 20. 10           {  42. 20. 10

                          { 14. 04. 48           {  34. 04. 48
   70°                     { 13. 38. 40           {  33. 38. 40
                          { 13. 24. 20           {  33. 24. 20

                          { 14. 46. 20           {  24. 46. 20
   80°                     { 14. 18. 50           {  24. 18. 50
                          { 14. 03. 36           {  24. 03. 36

                          { 15. 00. 15           {  15. 00. 15
   90°                     { 14. 32. 20           {  14. 32. 20
                          { 14. 17. 00           {  14. 17. 00

                          { 14. 46. 20           {   4. 46. 20
  100°                     { 14. 18. 50           {   4. 18. 50
                          { 14. 03. 36           {   4. 03. 36

                          { 14. 04. 48           { —  5. 55. 12
  110°                     { 13. 38. 40           { —  6. 21. 20
                          { 13. 24. 20           { —  6. 35. 40

                          { 12. 57. 22           { — 17. 02. 38
  120°                     { 12. 33. 20           { — 17. 26. 40
                          { 12. 20. 10           { — 17. 39. 50

                          { 11. 26. 20           { — 28. 33. 40
  130°                     { 11. 05. 10           { — 28. 54. 50
                          { 10. 53. 40           { — 29. 06. 20

                          {  9. 34. 50           { — 40. 15. 10
  140°                     {  9. 17. 10           { — 40. 42. 50
                          {  9. 07. 30           { — 40. 52. 30

                          {  7. 26. 15           { — 52. 33. 45
  150°                     {  7. 12. 40           { — 52. 47. 20
                          {  7. 05. 08           { — 52. 54. 52

                          {  5. 03. 40           { — 64. 56. 20
  160°                     {  4. 55. 32           { — 65. 04. 28
                          {  4. 50. 24           { — 65. 09. 36

p. 116

TABLEAU LXXVI.
ASCENSIONS DROITES DU SOLEIL QUAND IL SE LÈVE EN MÊME TEMPS QUE SIRIUS.

Années.    Époques de l'Année.   Ascensions droites α′.   Variation μ par siècle.

— 4250        29 Mai              65°,9757  }
                                            }  · · + 0°,7684
— 4150        30 Mai              66 ,7441  }

— 3250         5 Juin             73 ,8441  }
                                            }  · ·   0 ,7957
— 3150         6 Juin             74 ,6398  }

— 2250         9 Juin             82 ,2964  }
                                            }  · ·   0 ,8659
— 2150        10 Juin             83 ,1623  }

— 1250        23 Juin             91 ,2891  }
                                            }  · ·   0 ,9127
— 1150        24 Juin             92 ,2018  }

—  250         2 Juillet         100 ,7095  }
                                            }  · ·   0 ,9271
—  150         2-3 Juillet       101 ,6366  }

     0         4 Juillet         103 ,1276

+  750        11 Juillet         110 ,5902  }
                                            }  · ·   0 ,9827
+  850        12 Juillet         111 ,5729  }

+ 1750        21-22 Juillet      120 ,7479  }
                                            }  · ·   1 ,0346
+ 1850        22-23 Juillet      121 ,7825  }

+ 2350        28 Juillet         127 ,0005  }
                                            }  · ·   1 ,0576
+ 2450        29 Juillet         128 ,0581  }

+ 3850        13 Août            143 ,0879  }
                                            }  · ·   1 ,1008
+ 4250        18 Août            147 ,4911  }

768. En faisant usage de la formule θ′ — α′ = θ — α — 15° (voy. § 765), on obtient par un cal-

p. 117 cul analogue les données qui concernent les levers héliaques de Sirius. Elles sont connues par le Tableau suivant (Tabl. LXXVII). Dans les Tableaux LXXVI et LXXVII sont indiquées avec l'approximation convenable et suffisante au sujet, les dates de l'année auxquelles se manifestent les événements astronomiques indiqués.

TABLEAU LXXVII.
ASCENSIONS DROITES DU SOLEIL QUAND SIRIUS SE LÈVE UNE HEURE AVANT LE SOLEIL
(LEVER HÉLIAQUE DE SIRIUS).

Années.    Époques de l'année.   Ascensions droites α'.   Variation μ par siècle.

— 4250        10 Juin               77°,946  )
— 4150        11 Juin               78 ,6947 )            + 0°,7487
— 3250        21 Juin               89 ,4655 )
— 3150        21-22 Juin            90 ,2187 )              0 ,7532
— 2250        28-29 Juin            97 ,305  )
— 2150        29 Juin               98 ,1335 )              0 ,8285
— 1250         7 Juillet           105 ,7105 )
— 1150         8 Juillet           106 ,5855 )              0 ,8750
—  250        15 Juillet           114 ,5875 )
—  150        16 Juillet           115 ,4800 )              0 ,8925
    0          17-18 Juillet        116 ,9295
+  750        25 Juillet           123 ,9806 )
+  850        26 Juillet           124 ,931  )              0 ,9504
+ 1750         4 Août              133 ,7195 )
+ 1850         5 Août              134 ,7245 )              1 ,0050
+ 2350        10 Août              139 ,7987 )
+ 2450        11 Août              140 ,8149 )              1 ,0162
+ 3850        27 Août              155 ,4125 )
+ 4250        31 Août — 1 Sept.    159 ,742  )              1 ,0824

p. 118 769. Il suit de la marche régulière des valeurs mentionnées, Tableaux LXXVI et LXXVII, que l'apparition soit simultanée, soit héliaque, de Sirius et du Soleil au lever, constitue un signal qui, à travers les temps, s'est lentement déplacé en avançant dans l'année, de fin Mai-commencement de Juin, de notre Calendrier actuel, où il était vers — 4200, jusqu'à Juillet-commencement d'Août, où il se trouve de nos jours. Soit V la vitesse de ce signal, ou son déplacement annuel par Année vague de 365j, exprimée en degrés d'ascension droite α′. V se déduit des Variations de α′ mentionnées dans les Tableaux. μ étant la variation par siècle, on aura

V = μ/100 · 365/(365 + τ) ·

Le signal marche dans le sens direct. Il est d'ailleurs sans importance dans l'ordre utile du sujet, et les ascensions droites marchant de conserve avec les longitudes, d'introduire par un nouveau calcul, au lieu des μ, les variations correspondantes μ′ des longitudes dans l'Écliptique.

D'autre part, le point origine de l'Année vague Av = 365j qui, si T = 365 + τ est l'Année tropique, se retrouve en coïncidence avec l'Équinoxe, comme nous l'avons dit, après une durée égale à (365 + τ)/τ

p. 119 années vagues, a une vitesse angulaire V′ exprimée en degrés égale à

V′ = — 360° / ((365 + τ)/τ).

C'est le déplacement angulaire de l'origine, par Année vague.

La vitesse relative W du Signal et de l'origine, est donc

(1)  W = V — V′ = V + 360 τ/(365 + τ) ;

et la durée de leurs retours périodiques est mesurée par le nombre d'années vagues

(2)  P = 360° / (V + 360 τ/(365 + τ)).

770. Cherchons d'abord la valeur de V, et par suite celle de μ, qui conviendrait pour que P soit la période sothiaque, c'est à dire pour donner P = 1461. On trouve ainsi, en tirant V de l'équation (2) :

V = (360 × 365 (1 — 4τ)) / (1461 (365 + τ)) ;

et puisque v = μ/100 : 365/(365 + τ), il vient

p. 120

μ = (360 × 100 (1 — 4τ)) / 1461 = (36000 (1 — 4τ)) / 1461.

L'année tropique est toujours comprise entre les limites

T Maximum = T₁ = 365,24278
T Minimum = T₂ = 365,24155.

On a alors

VALEURS DE τ.            VALEURS DE μ.
0ᴶ,24278                 0°,7116
0 ,24155                 0 ,8367
(0 ,242)                 (0 ,7885).

En comparant ces valeurs aux valeurs μ des Tableaux LXXVI, LXXVII, on voit que (dans les limites des Tableaux) :

pour le Tableau LXXVI, la période sothiaque P = 1461 n'a pu de toute manière se mesurer par les levers de Sirius que de — 4250 à — 2500 environ ; pour le Tableau LXXVII, de — 4250 à — 2000 environ.

Au-delà, c'est à dire dans les temps proprement historiques, cette mesure par le moyen de Sirius est impossible. Elle n'existe pas.

771. C'est ce que l'on peut vérifier d'ailleurs en outre d'une manière plus immédiate, en calculant par la formule (2), dans toute l'étendue des Tableaux les valeurs de P que fournit l'observation, c'est

p. 121 à dire ici l'observation des levers de Sirius. On a pour les valeurs de l'Année tropique :

Époques.                          Année tropique (365 + τ).

— 4250 )
       } — 4200              365,24252
— 4150 )

— 3250 )
       } — 3200                  24248
— 3150 )

— 2250 )
       } — 2200                  24244
— 2150 )

— 1250 )
       } — 1200                  24239
— 1150 )

—  250 )
       } —  200                  24233
—  150 )

+  750 )
       } +  800                  24227
+  850 )

+ 1750 )
       } + 1800                  24221
+ 1850 )

+ 2350 )
       } + 2400                  24217
+ 2450 )

+ 3850 )
       } + 4050                  24213
+ 4250 )

On a, dans (2) :

V = μ/100 · 365/(365 + τ),

d'où

P = 360 / (μ/100 · 365/(365 + τ) + 360τ/(365 + τ)) = (36000 (365 + τ)) / (365μ + 36000τ).

p. 122

On obtient par cette formule, pour les valeurs de P aux différentes époques :

TABLEAU LXXVIII.

Époques.            Valeurs de P.

                Tabl. LXXVI                 Tabl. LXXVII
             Lever simultané de Sirius.   Lever héliaque de Sirius.

  — 4200          1459,33                     1460,7
  — 3200          1458                        1460,3
  — 2200          1454                        1456,5
  — 1200          1451,5                      1454
  —  200          1451                        1453
  +  800          1448                        1449,5
  + 1800          1445,5                      1447
  + 2400          1444                        1446,5
  + 4050          1442                        1443

772. Le Tableau LXXVIII est essentiellement instructif au sujet de l'objet premier de notre recherche, savoir la véritable origine de la Période sothiaque. En voici les conclusions.

a) Tout d'abord ce Tableau établit qu'il est impossible qu'au cours des temps historiques, en remontant même jusqu'au Déluge (— 2528), la Période sothiaque 1461 ait pu se faire connaître par, et résulter de, l'observation des levers de Sirius. Elle a donc une origine différente.

b) Si l'on dit qu'elle provient tout uniment de la comparaison des deux Calendriers de 365j

p. 123 (Année vague ou civile) et de 365¹⁄₄, et que c'est une simple affaire de calendriers, on l'explique encore moins, c'est à dire on n'explique en rien pourquoi elle porte le nom de Sirius (ou Sothis), puisque Sirius n'intervient en rien dans sa définition. Si l'on veut que le repère du retour en coïncidence des Calendriers soit un événement physique saisonnal comme la crue du Nil, cela revient à remplacer l'Année 365¹⁄₄ par l'Année physique réelle ou l'Année tropique; mais alors (voy. § 762) on ne retrouve plus pour ce retour la période sothiaque 1461, mais une durée de plus de 1500 ans. Sans doute en Juin-Juillet Sirius se levant avant le Soleil était un signe populairement avertisseur de la crue du Nil, mais en tout cela il n'y a aucune rigueur arithmétique. On rapprochait simplement ainsi Sirius et la crue du Nil du 1461 de la coïncidence des deux Calendriers, d'ailleurs tous les deux en eux-mêmes inexacts; mais Sirius n'était pas un élément déterminant du nombre 1461.

c) En ce qui concerne Manéthon, on n'explique non plus en rien, par b), en présence de la minutie arithmétique exacte des calculs de Manéthon, l'usage que fait Manéthon dans sa Chronologie de la période de 1461 ans chronologiques (c'est à dire de 1461 Années tropiques, l'Année chronologique, celle des Saisons, n'étant autre que

p. 124 l'Année physique solaire ou Année tropique), tandis que la Période sothiaque des Égyptiens est de 1461 Années vagues ou civiles de 365 jours.

d) Les vues mentionnées a) b) c) doivent donc être rejetées, en tant qu'explication de la présence persistante du nombre 1461 dans les préoccupations chronologiques des savants égyptiens, et il suffit, semble-t-il, de bien posséder et d'embrasser l'ensemble de celles-ci telles qu'elles nous ont explicitement été conservées par la Vieille Chronique d'abord, puis par Manéthon, pour en découvrir la véritable origine.

Ainsi que nous l'avons vu en effet (Leçon XXVI) en analysant ces archives traditionnelles, leur construction est intimement dépendante de données empruntées à la Grande Pyramide de Chéops, et tellement que des éléments directeurs de ce monument, telle sa hauteur 5813 (pouces pyramidaux), rayon d'une circonférence égale au périmètre de la base, y sont explicitement, et tels quels, numériquement consignés. Or ce périmètre de base qui, en pouces pyramidaux, mesure 100 fois le nombre de jours de l'Année tropique, mesure, en coudées (de 25 pouces), 1461. Si la hauteur 5813 est, en fait, explicitement donnée, il est naturel et dans l'ordre que la base 1461 le soit aussi.

Nous nous croyons donc autorisé à conclure (sans d'abord nous préoccuper ici de Sirius) que

p. 125 le nombre 1461 n'est autre chose que la mention de cette donnée fondamentale de la Pyramide, — laquelle, par ailleurs, on le sait, réalise une synthèse géométrique et chronologique de la Terre et de l'Humanité.

e) Cette origine pyramidale du nombre chronologique 1461 étant ainsi prise en considération, elle se confirme ensuite (sans que d'ailleurs on doive s'inquiéter de nouveau dès maintenant de ce que le nom de Sirius ou Sothis ici intervient, mais en portant seulement son attention sur le nombre 1461), par le fait que l'origine — 2784 de la Période sothiaque de 1461 ans est directement repérée dans le système de la Pyramide par un fait astronomique de premier ordre. — 2784 est en effet l'époque à laquelle α Draconis, étoile polaire d'alors, — qui, en — 2170, — 2174, à 3° 42′ du Pôle, était visée à son passage méridien par l'axe du Passage Descendant de la Pyramide, — se trouvait à sa distance minimum 0° 3′ du Pôle astronomique, au cours de la lente progression de celui-ci sur le Cercle de Précession. (La date que nous avions calculée dès 1900 dans la Mathématique pour cet événement astronomique, en dehors d'ailleurs de toute la discussion actuelle, est — 2785.)

f) Voici donc, dans notre enquête, un fait nouveau et de valeur astronomique. La Période Sothiaque

p. 126 elle-même (en entendant ici par là une durée de 1461 années chronologiques qui porte le nom de Sirius) est, par son origine chronologique historique — 2784 et l'intermédiaire de α Draconis (étoile polaire de la Pyramide), en relation avec la Pyramide, dont la base 1461 mesure aussi bien cette Période. Le nœud entre Sirius et la Pyramide commence donc à se nouer, — et d'ailleurs astronomiquement, par la considération de l'origine historique chronologique — 2784 de la Période Sothiaque (Sothis).

g) Cela dit, voici maintenant un second fait du même ordre, mais où c'est maintenant immédiatement et physiquement l'Astre Sirius lui-même qui intervient.

On a vu (§ 729) que la Vieille Chronique [on se rappellera également que Manéthon (§ 747) mentionne d'une manière explicite la hauteur 5813 de la Pyramide] relie, et ceci est capital pour notre objet, le commencement de l'Histoire d'Égypte (les 15 Familles) à l'origine — 2784 du Cycle Sothiaque de 1461 ans (origine que nous venons de voir repérée astronomiquement par α Draconis) par un espace de 443 ans, lequel conduit à la date, ainsi désignée, — 2341 (celle-ci, dès lors et par là, explicitement en rapport avec la Période Sothiaque ou avec Sirius). Or effectivement, et c'est le fait que nous avons à signaler, à cette époque, origine de

p. 127 l'histoire d'Égypte d'après la Vieille Chronique, la normale à la face sud de la Pyramide passe par Sirius à son passage méridien ; ce qui revient à dire qu'à son passage méridien Sirius déversait alors ses rayons normalement à la Pyramide (c'est à dire au solide géométrique qui au même lieu devait être ultérieurement matériellement réalisé).

Rappelons en outre comme corollaire (§ 729) que l'époque origine dont il s'agit est caractérisée par l'intervalle type de 10 ans compris entre — 2341 et l'époque symbolique — 2331 = — 3 × 777 (les 777 ans d'Ésaïe).

Or on a (calculées directement et non par interpolation) aux dates suivantes, pour les valeurs de la déclinaison δ de Sirius :

Années.                     Déclinaison δ.
— 2350                      — 21° 55′ 43″
— 2341                         21. 53. 23
— 2331 (= — 3 × 777)           21. 51. 10
— 2250                         21. 35. 30
— 2150                         21. 16. 20.

b étant le complément de la latitude φ du lieu, la hauteur de Sirius au passage méridien est b + δ, et l'inclinaison i₁ sur l'horizon du plan normal à la direction de Sirius est égale à

i₁ = 90° — (b + δ) = φ — δ.

p. 128 Or on trouve :

VALEURS DE L'INCLINAISON i₁

Années.   Parallèle de 30°.   Parallèle plus exact    Inclinaison i
                              de la Pyramide 29°58′45″  des faces de
                                (Math. tabl. I).        la Pyramide.

— 2350    51° 55′ 43″         51° 54′ 28″
— 2341    51. 53. 23          51. 52. 08    )
— 2331    51. 51. 10          51. 49. 55    )   51° 51′ 02″   51° 51′ 14″
— 2250    51. 35. 30          51. 34. 15
— 2150    51. 16. 20          51. 15. 05

Ces nombres établissent la proposition.

On voit que sur le parallèle de 30°, on a

i₁ = i en — 2331 = — 3 × 777 ;

et que sur le parallèle exact de la Pyramide cette condition se vérifie au centre de l'espace type des 10 = 2 × 5 ans qui a été signalé à l'origine des 300 ans de la Vieille Chronique. La suite des valeurs de i₁ met d'ailleurs en évidence, par la rapidité de la variation, la validité de ces vérifications. Il s'agit donc bien ici d'une relation géométrique simple et directe entre Sirius et la Pyramide.

L'époque que la Vieille Chronique repère explicitement sur l'origine du Cycle Sothiaque, ou de Sothis (Sirius), est caractérisée par un fait astronomique qui dépend à la fois de la Pyramide et, effectivement, de l'Étoile Sirius.

p. 129 h) Mais les faits ainsi établis vont maintenant nous conduire à la fois beaucoup plus loin et beaucoup plus haut, en donnant une singulière et nouvelle ampleur au sujet.

Nous venons de reconnaître que l'origine (— 2784) de la période de 1461 ans est (par α Draconis, l'étoile polaire de la Pyramide) en connexion avec la Pyramide (dont la base, en coudées, est aussi égale à 1461) ; que Sirius, d'autre part, est également lié à la Pyramide par un fait astronomique, et que dès lors un lien s'aperçoit aussi entre l'Astre Sirius et la période 1461 ; de plus, par cet ensemble de faits, la cause originaire de l'existence de la période 1461 et de sa dénomination de période sothiaque se trouve rejetée jusque dans le cours du temps antédiluvien.

Or cela étant, un nouveau fait alors, et qui va dominer tout le sujet en le couronnant, fait que le lecteur peut-être a de lui-même déjà noté, est offert dès son entrée par le Tableau LXXVIII. Ce grand fait consiste en ce que l'époque, et la seule au cours de tous les temps de la dispensation historique, où la Période Sothiaque de 1461 ans a pu être observée (à la manière des Égyptiens, au moyen du Calendrier de 365 jours) par les levers de Sirius, est celle de la Création de l'Homme (— 4184 d'après la chronologie littérale de la Bible).

On est donc ainsi conduit d'une manière pro-

p. 130 gressive et démonstrative à l'idée que la période de 1461 ans (dont la Bible, on le sait, et cela est ici décisif, fait explicitement et solennellement usage comme signe solaire et sans doute sothiaque [Sirius, l'Étoile du Christ] par les 1461 ans qui s'écoulent de la Mort de Josué à la Naissance de Jésus [voir Leçon XVIII § 301]) prend origine aux racines mêmes de l'Humanité; et le Contexte tant de la Bible elle-même que des traditions vient ensuite étayer cette déduction, en la confirmant d'une manière impressive.

Nous venons déjà de rappeler les 1461 ans de Josué. [Convient-il, pour indirect que cela puisse sembler, de rappeler également, tout près des Origines, et quant à cet usage des signes astronomiques, au sujet d'Enoch, 7e homme à partir d'Adam (Jude, 14) la mention explicite du nombre 365 = 1460/4 par les 365 ans de la vie d'Enoch.] Mais il y a beaucoup plus : d'une manière directe, c'est à dire, en rapport direct avec la déduction plus haut par nous formulée, et basée sur notre Tableau LXXVIII, les Égyptiens (1) professent que les levers de Sirius ont présidé à la Création du Monde. Leur tradition se présente donc ici comme

p. 131 un témoin confirmatif immédiat de ce Tableau LXXVIII.

(1) La Nause, Mém. de l'Acad. des Inscriptions, T. XIV, p. 347. Bailli, Astron. Anc., p. 401.

Dans ce même ordre, un autre fait existe concernant Sirius, qui relie la tradition égyptienne à la Bible elle-même. Il s'agit de ce que les Égyptiens, qui appelaient Sirius Sothis, lui donnaient aussi le nom de Seth (1), c'est à dire le nom du Patriarche fils d'Adam, le deuxième dans la liste généalogique des dix patriarches antédiluviens ; et de ce que d'autres faits et traditions lient effectivement le patriarche biblique Seth à l'Étoile Sirius. A cet égard on pourrait tout d'abord observer que la valeur numérique du nom de ce deuxième patriarche est en hébreu 300 + 400 = 700, et que si, à partir d'Adam, — 4184, on compte 2 × 700, on repère, en

— 4184 + 1400 = — 2784,

l'origine — 2784 de la Période Sothiaque (donc sans doute aussi, Séthite). D'autre part Seth est présenté dans les traditions des Arabes (2) comme p. 132 doué de connaissances profondes en Mathématiques et en Astronomie, et en particulier comme l'auteur d'un livre prophétique sur l'Étoile qui devait révéler le Christ aux Mages ; or nous savons (voir Leçon XXI) (1) que cette Étoile (« son étoile » Matt. II) n'est autre que Sirius (2).

(1) Voir Francœur, Uranographie ; 3e édit. 1821 ; p. 328.

(2) Voir pour les sources, Dict. de la Bible de Calmet, Art. Seth. D'après la tradition Seth est aussi l'inventeur des caractères hébraïques (ce qui confirmerait ce qui est dit dans « Sur les limites géographiques des peuples », concernant la langue primitive unique du genre humain, l'hébreu). Seth est aussi l'instituteur des Semaines, Mois, Années — c'est à dire du Calendrier.

773. Avant de tirer de tous ces faits une conclusion encore plus générale, nous complèterons notre analyse en présentant les données astronomiques relatives à Sirius et au Soleil à l'époque du Solstice d'Été, à travers les temps. Déjà nous avons fait connaître (Tabl. LXXIII) les Azimuts et les Angles horaires de Sirius à son lever. Voici (Tabl. LXXIX) les mêmes éléments calculés pour le Soleil au Solstice d'Été.

(1) A l'époque où nous avons fait notre travail rappelé sur l'Étoile des Mages, travail où nous établissons que cette Étoile est Sirius, nous ignorions d'ailleurs entièrement tous les faits dont il est ici question concernant Seth, et ceux-ci se présentent donc ici aujourd'hui comme autant de témoins confirmatifs à posteriori, et indépendants.

(2) Il est intéressant de connaître, concernant la notoriété et l'autorité de ces données traditionnelles concernant Seth, que dès les commencements de l'Église chrétienne, une secte existait, celle des Sethiens, prétendant que la personne du Christ Jésus n'était autre que Seth ressuscité. [La valeur symbolique 2 × 700 du nombre afférent à Seth, cité plus haut dans le texte, s'accorderait, dans les procédés de la Cabbale, avec cette correspondance mystique.]

p. 133

TABLEAU LXXIX.
AZIMUTS ET ANGLES HORAIRES DU SOLEIL AU SOLSTICE D'ÉTÉ
(PARALLÈLE DE 30°).

Années.        Azimuts A′.          Angles horaires θ′.      Obliquité de
                                                              l'Écliptique ω.

— 4250    90° + 28° 11′ 40″    90° + 15°  0′ 20″       24°  9′ 10″3
— 4150          28. 11. 10           15.  0.  0        24.  8. 43,6
— 3250          28. 05. 40           14. 56. 40        24.  4. 14,6
— 3150          28. 05. 10           14. 56. 20        24.  3. 41,7
— 2250          27. 58. 40           14. 52. 30        23. 58. 20,8
— 2150          27. 58. 00           14. 52.  0        23. 57. 42,6
— 1250          27. 50. 50           14. 47. 50        23. 51. 37,7
— 1150          27. 50. 00           14. 47. 20        23. 50. 55,1
—  250          27. 42. 00           14. 42. 30        23. 44. 15,5
—  150          27. 41. 00           14. 42.  0        23. 43. 29,56
   0            27. 39. 40           14. 41. 10        23. 42. 20,075
+  750          27. 32. 40           14. 37.  0         23. 36. 25,56
+  850          27. 31. 40           14. 36. 20         23. 35. 37,46
+ 1750          27. 23. 00           14. 31. 10         23. 28. 19,956
+ 1850          27. 22. 00           14. 30. 30         23. 27. 31,000
+ 2350          27. 17. 10           14. 27. 40         23. 23. 26,097
+ 2450          27. 16. 10           14. 27. 10         23. 23. 37,175
+ 3850          27. 02. 40           14. 19. 10         23. 11. 22,40
+ 4250          26. 58. 50           14. 16. 50         23.  8. 15,7

On obtient au moyen de ces données : 1°) pour l'azimut moyen des levers de Sirius et du Soleil, c'est à dire pour la direction de la bissectrice de leurs directions aux levers ; 2°) pour l'angle que comprennent ces directions ; 3°) pour l'angle (horaire) sur l'horizon, du Soleil au lever de Sirius, p. 134 angle donné par u′ = — u = (θ — α) — (θ′ — α′) où l'on a ici α′ = 90° (solstice) ; les résultats suivants (Tabl. LXXX) :

TABLEAU LXXX.
AU SOLSTICE D'ÉTÉ.

                Bissectrice des       Angle compris      Angle (horaire)
Années.         directions A + A'     A' — A.            u' du Soleil sur
                            ——— .                        l'Horizon au lever
                             2                            de Sirius.

— 4250        90° — 3° 21′ 10″     2 × 31° 32′ 50″      — 22° 13′ 30″
— 4150            — 3. 04. 30          31. 15. 40       — 21. 32. 45
— 3250            — 0. 43. 50          28. 49. 30       — 15. 07. 01
— 3150            — 0. 28. 40          28. 33. 50       — 14. 22. 35
— 2250            + 1. 25. 0           26. 33. 40       —  7. 11. 39
— 2150            + 1. 36. 0           26. 22. 0        —  6. 21. 22
— 1250            + 3. 00. 55          24. 49. 55       +  1. 34. 35
— 1150            + 3. 08. 30          24. 41. 30       +  2. 30. 05
—  250            + 4. 03. 15          23. 38. 45       + 11. 09. 05
—  150            + 4. 08. 50          23. 32. 10       + 12. 07. 56
    0             + 4. 11. 20          23. 28. 20       + 13. 42. 33
+  750 (Max. du   + 4. 38. 15 (Min. du 22. 54. 25       + 21. 37. 36
        Tabl.)                 Tabl.)
+  850            + 4. 24. 55          23. 06. 45       + 22. 42. 19
+ 1750            + 4. 10. 35          23. 12. 25       + 32. 49. 18
+ 1850            + 4. 06. 10          23. 15. 50       + 33. 59. 50
+ 2350            + 3. 42. 05          23. 35. 05       + 39. 56. 05
+ 2450            + 3. 36. 30          23. 39. 40       + 41. 08. 22
+ 3850            + 1. 38. 00          25. 24. 40       + 58. 45. 33
+ 4250            + 0. 47. 30          26. 06. 20       + 64. 02. 24

774. Le Tableau précédent donne lieu à diverses remarques, confirmatives et impressionnantes par p. 135 l'ampleur des espaces historiques auxquels ici elles s'adressent, de la déclaration biblique (Gen. I, 14-18) suivant laquelle le Ciel astronomique est destiné à servir de signe à l'économie historique terrestre.

Nous en mentionnerons deux principales.

L'une a rapport à la marche progressive parallèle que suivent à travers les temps l'angle azimutal A′ — A entre le Soleil et Sirius (tous les deux signes de Christ) et la position de la bissectrice de cet angle, laquelle indique son orientation. En même temps que cette orientation (qui marquait l'Orient, ou A + A′ / 2 = 90°, dans les temps diluviens) s'élève vers le Nord, l'angle entre le Soleil et Sirius se ferme, et de telle manière que l'une (l'orientation) atteint son maximum d'élévation nord, pour ensuite redescendre, en même temps que l'autre (l'angle) atteint son minimum d'ouverture (environ 45°) pour ensuite s'ouvrir de nouveau ; et l'époque de cette concordance systématique de mouvements n'est autre que celle où le Peuple élu (la Maison d'Israël), dispersé en — 758, atteint après une période sothiaque de 1461 ans, en — 758 + 1461 = + 703 (époque de l'Heptarchie) la limite occidentale de l'Europe (voy. Math. § 77).

Notre seconde remarque a spécifiquement trait à la période sothiaque elle-même, expressément p. 136 mesurée dans la Bible par les 1461 ans qui s'étendent de la Mort de Josué (type de Christ) à la Naissance de Jésus. On observe dans le Tableau qu'au Solstice le Soleil, d'abord sous l'Horizon au lever de Sirius, se trouve ensuite, à ce même lever, au-dessus de l'Horizon, et un premier calcul approximatif fait voir que l'époque à laquelle les deux Astres se lèvent ensemble est d'environ quatorze à quinze cents ans avant l'Ère chrétienne, c'est à dire environ une période sothiaque avant la Naissance du Sauveur.

On peut donc se demander si le calcul exact de l'époque du phénomène astronomique ne ferait pas retrouver l'époque — 1461 (période sothiaque) sur laquelle si nettement la Chronologie de la Bible venait d'attirer l'attention.

Voici le résultat de cette recherche rigoureuse.

Il conduit au grand fait suivant, savoir :

les dates canoniques 0, + 30, + 34, + 37 de la Venue du Messie, déterminées par les 70 semaines de Daniel (Daniel IX) sont reliées par la période sothiaque de 1461 ans aux levers simultanés du Soleil et de Sirius au Solstice. Les 1461 ans qui relient la Mort de Josué à la Naissance de Jésus ne constituent que le premier terme de cette correspondance.

On a

p. 137

LEÇON XXVII

Années. Coordonnées de Sirius. Obliquité Ecliptique. 0 — 1461 = — 1461 α = 63° 10′ 49″,334, δ = — 19° 16′ 28″ ω = 23° 53′ 6″,354 + 34 — 1461 = — 1427 α = 63° 32′ 52″,88, δ = — 19° 12′ 08″

On déduit de ces données :

Années. Distance zénithale Z du Centre du Soleil au lever de Sirius, au Solstice. 0 — 1461 = — 1461 90° + 0° 16′ 25″,8 + 34 — 1461 = — 1427 90° + 0° 01′ 49″,80 + 37 — 1461 = — 1424 90° + 0° 00′ 31″,8

Le demi-diamètre du Soleil étant moyennement de 0° 16′, ces nombres établissent qu'aux dates, correspondantes par la Période Sothiaque, de la

FIGURE [scan=00161, p. 137] : Fig. 33. — Deux schémas tracés à la main. En haut, légende manuscrite « Ère 0 » : une droite horizontale figurant l'Horizon, avec l'étoile Sirius marquée d'un astérisque à droite et un cercle (le Soleil, centre noté S) tangent par son bord supérieur à cet horizon. En bas, légende manuscrite « An + 37 » : la même droite horizontale (Horizon), Sirius à droite marquée d'un astérisque, et le cercle du Soleil (centre S) traversé en son centre par la ligne d'horizon.
p. 138

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Naissance O du Sauveur et de l'Accomplissement, + 37, de la 70e Semaine de Daniel, le Soleil était, au Solstice, au moment du lever de Sirius, (Étoile du Christ) respectivement : tangent à l'Horizon par son bord supérieur; et, marquant un accomplissement, dans l'Horizon par son Centre S lui-même (Fig. 33).

Le caractère systématique et symbolique de ces résultats, fondés sur l'usage de la Période Sothiaque de 1461 ans, qu'ici la Bible elle-même a introduite, est d'autant plus remarquable et significatif que la date origine des 70 semaines de Daniel, savoir — 453 (Édit d'Artaxerxès), est en relation directe, par le centre + 34 de la 70e Semaine, avec cette Période.

On a en effet

453 + 34 = 487 = ⅓ × 1461.

775. La conclusion générale de notre analyse est que la véritable origine de la Période Sothiaque est d'un ordre beaucoup plus profond que celui du retour d'un simple phénomène physique tel que la crue du Nil, auquel, sans examen suffisant, communément on l'attribue, phénomène dont la périodicité est celle même de l'Année tropique et ne s'accorde nullement avec les retours concomitants du Soleil et de Sirius.

p. 139

LEÇON XXVII

La période 1461 est un des facteurs du système prédestiné de construction de la Chronologie de la Bible et de la Pyramide, et elle ne se trouve astronomiquement mesurée par les retours de Sirius sur l'Horizon de la Pyramide qu'à l'époque de la Création de l'Homme.

Les conclusions auxquelles nous sommes conduits justifient, en la confirmant, l'idée, généralement professée par les érudits du XVIIIe siècle et du commencement du XIXe, suivant laquelle les Anciens auraient hérité d'une science primitive, profonde et étendue, dont les vestiges se retrouvent, plus ou moins fidèles ou déformés, dans les traditions qu'ils nous ont léguées. Ce que nous découvrons aujourd'hui c'est, en même temps que la confirmation appuyée de ce point de vue, et considérés tout au moins dans leurs traits de premier ordre, les principes mêmes de la Science supérieure et primitive dont il s'agit, et le fait que cette science a pour document didactique fondamental, en dehors du Ciel auquel elle emprunte ses signes, le Livre inspiré de la Révélation chrétienne.

Ce qui n'était jusqu'ici que soupçonné ou partiellement aperçu, prend actuellement dans le système mathématiquement construit de la Bible et de la Pyramide, forme de doctrine scientifique positive. Un ordre défini de relations mathéma-

p. 140

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

tiques existe, qui établit un lien entre le Ciel et la Terre ; et ce lien ne consiste pas seulement dans les lois de la Mécanique céleste, il engage celles mêmes du développement de l'Humanité à la surface du Globe. Quant à l'ordonnance didactique suivie à travers les temps pour l'acquisition de cette vérité, elle comporte, au point de vue de l'Histoire de la connaissance une leçon capitale. Il a fallu aux hommes de nos générations trois siècles de la science la plus précise et la plus ardue pour assurer la possession des nombres dont nous venons de faire usage dans ce travail, et dont les résultats concourent à établir la vérité dont il s'agit en la confirmant (1).

Le fait que les Patriarches anté et post diluviens l'ont possédée ne peut trouver d'explication (2) qu'en ce que, au cours de la chute progres-

(1) Elle a été déjà antérieurement proposée, notamment dans la Mathématique de l'Histoire.

(2) Cette vérité est telle, impliquant la connaissance des temps historiques à venir avec leur chronologie, aussi bien que celle des lois astronomiques les plus précises, qu'il en est en effet impossible d'en expliquer la présence chez les anciens qui nous l'ont transmise, c'est à dire ici chez les Patriarches anté et post diluviens, sans l'intervention d'une toute autre méthode d'enseignement que celle de notre propre science, laquelle n'est en réalité qu'une longue, inquiète et laborieuse vérification. Un exemple frappant de cette opposition des procédés didactiques, et qui suffirait, se trouverait, en repassant les faits que nous

p. 141

LEÇON XXVII

sive de l'Humanité, moins éloignés alors que nous le sommes de la communion directe avec l'Esprit créateur, ils en ont reçu par une vision immédiate, c'est à dire par révélation, la notion du plan divin qui devait s'accomplir (1).

Dans sa brièveté, la Parole de Dieu est, à l'égard de l'existence d'une telle science primitive, reçue directement de l'Esprit de Dieu par l'esprit de l'Homme, singulièrement éloquente. Quand l'Écriture, par exemple, nous fait connaître que Dieu fit venir devant Adam tous les êtres créés afin qu'il leur donnât un nom, ce terme (le nom) im-

venons d'exposer, dans la mention que fait la Vieille Chronique égyptienne, héritière de ces données du passé, en la prenant pour origine de son histoire d'Égypte après le Déluge, de l'époque −2341 / −2331 = — 3 × 777 avant le Christ) où Sirius (l'Étoile du Christ) à son passage méridien projetait ses rayons normalement à la face sud de la Pyramide, et en repérant cette époque dans le cours d'une Période Sothiaque. A cette époque la Pyramide n'existait pas encore matériellement. Il fallait donc qu'un plan idéal et préconçu, lié à l'ordonnance du Ciel, en existât, et que ce plan connu fût en rapport avec le développement de l'Histoire. Ce qui le prouve non moins peut-être est que l'origine de la Période Sothiaque dans laquelle est repérée chronologiquement (par les 443 ans de la Vieille Chronique) l'époque astronomique et historique mémorable dont il s'agit, a elle-même pour repère (en — 2784, avant le Déluge) un autre fait astronomique également en relation avec la Pyramide, savoir l'époque où α Draconis, l'Étoile polaire de la Pyramide, se trouvait à son minimum de distance 0° 3′ du Pôle.

(1) L'antinomie didactique que nous envisageons, est d'ail-

p. 142

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

plique dans sa profondeur la connaissance, que nous appelons aujourd'hui scientifique, de la formation progressive et ordonnée, et des caractères spécifiques de tous les éléments dont l'intelligence d'Adam était ici appelée à opérer la classification.

Dans l'ordre du champ mathématique, auquel allusion directe est faite dès le récit de la Création, quand il est déclaré que les signes du Ciel serviront d'indicateurs et de mesure aux temps, une autre figure d'homme ensuite se présente, que l'unanimité des traditions désigne comme le dépositaire missionné de ce champ particulier et

leurs, dans la réalité profonde, plus apparente que réelle. On ne fait pas assez attention au fait que si, dans notre état actuel de déchéance et par suite d'obscurité, la vraie méthode scientifique de recherche consiste, conduit par la Raison, à rechercher et à classer par ordre les lumières de la Raison, cela revient tout uniquement à chercher péniblement dans la prison où nous sommes des ouvertures par lesquelles il nous soit possible, en en recevant quelques rayons, de regarder la Vérité. Nous tirons alors souvent gloire d'efforts qui ne mesurent en réalité qu'un état de faiblesse et d'incapacité, et pour plusieurs cette vanité, qui éloigne de Dieu, constitue le plus grand attrait de la science; ils oublient à tort que la parole de malédiction ne s'attache pas seulement au « pain » matériel; qu'ici encore et aussi bien nous ne le gagnons qu'à la sueur de notre front; et enfin que dans notre nature supérieure inchangée ce n'est pas l'effort, c'est, quand nous sommes enfin parvenus à le fixer sur elle, c'est le regard qui constitue la preuve et la démonstration de la Vérité. J'ai vu; cela suffit.

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supérieur de la connaissance; celui au temps duquel, et sans doute, d'après ce qui précède, à la lumière vivifiante de la Science, on commença à rendre gloire à l'Éternel (Gen. IV, 25, 26), et dont l'identification immédiate procède du nom même que lui donnent à la fois la Bible et (par la Période Séthite ou Sothiaque) l'Astronomie.

Notre objet avait été la recherche d'origine de cette Période Sothiaque, célèbre dans l'antiquité et en particulier chez les Égyptiens. Son origine astronomique, nous croyons l'avoir trouvée dans des signes du Ciel contemporains des temps anté et post diluviens de la Chronologie biblique. Il restait, si cela était possible, à connaître celui qui, à l'égal d'autres auxquels, tels un Hipparque, un Pythagore, une place est réservée dans notre mémoire, sous la conduite de l'Esprit de Dieu en a été le génial inventeur. Or il ressort du concours de toutes les preuves qui viennent d'être présentées, et avec une certitude scientifique, que cet homme n'est autre que le Patriarche Seth, fils d'Adam (1).

(1) La Chronologie littérale de la Bible confirme à posteriori cette conclusion par un signe remarquable.

Nous nous sommes demandé si un signe désignatif chronologique, liant Seth et la Période Sothiaque, ne s'obtiendrait pas en comptant sur l'échelle des temps une période sothiaque

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

B) VUE D'ENSEMBLE SUR LE PROGRÈS HISTORIQUE DE L'ÉTUDE DE LA BIBLE.

776. Les Annales anciennes du Peuple juif, aujourd'hui dispersé sur la Terre entière où il compte environ quinze millions d'âmes, sont, conservées par lui, contenues dans la Bible hébraïque. Cette Bible, par Jacob (Israël), Abraham, Heber, renferme aussi bien l'histoire de tous les Israélites ou Hébreux ; et s'étendant encore plus loin dans le passé, elle y embrasse les origines de tous les peuples, celle même de l'Humanité.

ou 1461 ans à partir de la Naissance de Seth, ou 130. Ainsi se compte une durée 130 + 1461 = 1591. Or 4 fois cette durée mesure tous les temps de l'Histoire, depuis la venue de l'Adam terrestre — 4184, jusqu'au retour de l'Adam céleste, + 2180.

On a en effet :

— 4184 + 4 × 1591 = + 2180, tous les temps de l'Histoire étant ainsi mesurés, [en remarquant que (Jéhovah) héb. = 26 et que 130 = 5 × 26, 130 étant un signe biblique de Seth] par la chaîne :

130 + 1461 + 130 + 1461 + 130 + 1461 + 130 + 1461. ou 5(Jéh.) + 1461 + 5(Jéh.) + 1461 + 5(Jéh.) + 1461 + 5(Jéh.) + 1461.

La Période Séthite de base 1461, propre aux temps antédiluviens, est d'ailleurs, dans cet ensemble systématique, d'autant plus remarquablement et intentionnellement indiquée, qu'elle est aussi systématiquement encadrée entre Adam — 4184 et le Déluge — 2528 par la durée 130 = 5 fois (Jéhovah). Les 1656 = 4184 — 2528 ans antédiluviens s'écrivent en effet :

5(Jéhovah) + 1461 + 5(Jéhovah) / 2.
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LEÇON XXVII

777. Quant à l'histoire de la constitution du texte de cette Bible hébraïque, on peut dire qu'elle se règle sur l'histoire même du peuple juif. Après la clôture du Canon, progressivement formé du temps de Moïse à celui de Néhémie et d'Artaxerxès Longuemain, on voit naître deux courants d'études parallèles, personnifiés par des écrits que nous désignerons sous les lettres a), b), savoir :

a) La Michnah, recueil de commentaires (répétition, étude répétée) (1), suivie du Talmud ou Ghemara, mise en ordre systématique de ces commentaires (= élucidation, achèvement). On distingue d'ailleurs, dans ce travail ordonné, le Talmud de Jérusalem ou de Palestine, formé de + 230 (École de Tibériade) à + 415; et le Talmud de Babylone, de + 400 (circa) à la première moitié du VIIIe siècle (+ 700, circa).

b) Le Midrach, qui constitue une « interprétation de la partie morale, gnomique, dogmatique de l'Écriture » (loc. cit. p. 188). La période brillante du Midrach appartient aux quatre premiers siècles de notre ère, et du Ve au VIIIe siècle les Palestiniens s'adressent ensuite presque exclusivement à la compilation de ce Midrach (l. c. p. 192).

(1) Histoire de la Bible et de l'Exégèse biblique, par M. le Grand Rabbin L. Wogue, Paris, 1881; pp. 182 et suiv.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

778. Mais (et ceci va concerner notre propre objet actuel d'études) au VIIIe siècle, — c'est à dire à l'époque remarquable de l'établissement des Anglo-Saxons (British-Israël) en Angleterre, — se constitue (+ 760) dans la région de Bagdad (donc à l'extrémité opposée du foyer historique) la secte des Caraïtes (du mot Kara = écrire), laquelle est à la fois une protestation contre la tradition et la hiérarchie dominatrice rabbiniques, et un retour à l'étude de l'Écriture prise en elle-même et pour elle-même.

Le Caraïsme a, comme direction d'idées, un terme correspondant dans la Réforme de Luther (1), et il est bien remarquable que l'âge d'or des Caraïtes ou l'époque ultérieure brillante de leur littérature, soit, ils le remarquent eux-mêmes, le XVe et le XVIe siècle (2), c'est à dire l'époque même de la Réforme (3).

779. Mais revenons à leur propre époque ori-

(1) Wogue, loc. cit. p. 196.

(2) ibid. p. 313.

(3) On peut voir concernant les rapports des Protestants et des Caraïtes l'ouvrage Diatribe de sectâ Karæorum (Delft, 1703) de Jacob Trigland, leur admirateur (voy. Wogue, l. c. p. 313); et qui fut en relations avec eux. Voy. aussi le Dôd Mordekaï, par le Caraïte ben Nissim, publié sous le titre Notitia Karæorum, avec traduction latine et notes, par J. Chr. Wolf, Hambourg, 1714.

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gine. À l'impulsion des Caraïtes paraît due la révolution qui s'est généralement opérée au cours du VIIIe siècle dans les études bibliques. À cette époque apparaît la fixation définitive de l'orthographe du texte par les Massorètes, et, peut-être, suivant plusieurs, l'introduction qu'ils leur attribuent des points-voyelles (1) [le mot Massorah est dérivé de msr (מסר) « tradere, transmettre » ; ou de (אסר) ’sr, « lier, fixer » (2)].

780. Jusqu'à la Réforme, c'est à dire avant le XVIe siècle, « il n'existait », dit Wogue (p. 153), « ni grammaire, ni lexique hébreux dans aucune langue de l'Europe ». La Réforme, en revenant à la Bible, s'imposait, pour une étude originale, la nécessité de la connaissance de l'hébreu. Or les Réformateurs eurent ici pour professeurs des Juifs. C'est par eux, Réformateurs, que les Chrétiens devinrent à leur tour des hébraïsants ; par eux que la grammaire hébraïque et la saine exégèse furent à nouveau cultivées avec ardeur ; et, fait remarquable, et comme s'ils se fussent passés la main pour le travail, elles restèrent alors longtemps stationnaires parmi les Juifs (3).

(1) À tort, croyons-nous, d'après Matt. V, 18 ; comme aussi d'après les simples données de la vraisemblance.

(2) Wogue, p. 197.

(3) Ibid. p. 302.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

781. Pour nous, qui cherchons à déceler en tout ceci les voies prédestinées de Dieu, il résulte de ce bref mais instructif tracé historique que les Juifs se présentent, au cours de toute l'Histoire depuis la clôture du Canon de l'Écriture, comme ayant eu pour mission d'en être à la fois les témoins, les dépositaires, et les gardiens ; et qu'ils ont rempli cette mission avec un attachement et une fidélité inaltérables (d'ailleurs encore aujourd'hui persistants), jusqu'au temps où la Réforme, c'est à dire le Second Témoin, ou l'Israël Anglo-Saxon, l'a reçue de leurs mains pour unir dans une synthèse complète leur Écriture avec l'Écriture de la Nouvelle Alliance, ou le Nouveau Testament.

782. Cette vue met en même temps et du même coup en évidence, par le rôle négatif qu'elle lui assigne, le caractère de faux prophétisme de l'Église catholique romaine, qui pendant toute la durée historique de sa puissance s'est manifesté par deux traits qui ici se correspondent, savoir : 1°) sa haine foncière des Juifs, et leur persécution ; 2°) son ignorance foncière de la Parole authentique de Dieu, dont ces Juifs continuaient, eux, courageusement, à travers toutes leurs souffrances, à garder l'inviolable dépôt. Puisque les Juifs sont ainsi historiquement les témoins et les dépositaires de l'Écriture, le texte hébreu doit être admis sans nul p. 149

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doute comme le document authentique de la Révélation ; mais d'ailleurs l'Écriture elle-même, c'est à dire le Nouveau Testament, a eu bien soin de formuler à cet égard une décision en déclarant que c'est aux Juifs, et non à d'autres, qu'ont été confiés les Oracles de Dieu (Rom. III, 2).

783. On voit, en repassant l'Histoire, qu'il aurait suffi de maintenir intacte la simple fidélité à la Bible, pour qu'à l'exemple des Juifs et des Protestants, qui n'ont jamais reconnu pour Vieux Testament canonique que le recueil hébreu, la fausse Église n'eût jamais admis, — en introduisant ainsi des doctrines erronées qu'elle a exploitées au grand détriment de la vérité et de la foi, — ni les écrits apocryphes ni la substitution au texte hébreu authentique d'éléments de seconde main, comme par exemple la version alexandrine dite des Septante. La fausse chronologie en particulier de celle-ci, admise au même rang d'autorité que celle de l'Hébreu, a constitué depuis des siècles, et est aujourd'hui même, une pierre d'achoppement pour les esprits mal avertis. Quant aux défenseurs de la Parole, c'est pour eux un obstacle de plus à écarter ; car ils estiment et jugent logiquement que si l'Écriture est une Parole de Dieu, elle doit être exacte dans toutes ses parties, c'est à dire, non seulement dans sa doctrine, mais p. 150

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

dans les nombres comme dans les termes littéraux qui la revêtent et l'enserrent.

Dans cet ordre de difficultés, les dépréciateurs opposent en effet aujourd'hui au texte hébreu deux versions que généralement ils estiment dignes d'une égale confiance, savoir le Pentateuque samaritain, et la version des Septante. [De celle-ci nous avons déjà dit un mot au sujet du mouvement de travaux et d'idées qui s'est manifesté dans le monde grec à l'époque si remarquable des Ptolémées, après le partage de l'empire d'Alexandre (voir § 720).]

Il nous importe donc d'examiner ici ces deux documents au point de vue spécial de la Chronologie. Le résultat, digne d'attention, de notre examen, sera de confirmer dans ce domaine particulier le fait général qui fait l'objet de cette partie de nos Leçons. Aussi bien ici que chez toutes les nations de l'Antiquité — Égyptiens, Chaldéens, Chinois, Hindous, — les archives historiques se présentent comme des dérivés d'un fonds unique et commun, savoir la Bible du Peuple élu.

C) CHRONOLOGIE DU PENTATEUQUE SAMARITAIN.

784. Nous avons dressé cette Chronologie d'après le texte samaritain de la Polyglotte de Walton : Biblia Polyglotta edidit Brianus Walton, Londini p. 151

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(Roycroft) 1657. 6 vol. in f°. Le premier volume contient le Pentateuque. Pour l'étude du texte, voir l'ouvrage du P. Morin : Exercitationes ecclesiasticæ in utrumque Samaritanorum pentateuchum, de illorum religione et moribus. J. Morinus, Parisiis, 1631. On a les nombres suivants.

TABLEAU LXXXI.

PENTATEUQUE SAMARITAIN. Age à la nais- Nombre d'années Durée totale Noms des Patriarches. sance du suivant. qu'il vit ensuite. de sa vie. (Gen. v, vii) Adam . . . . 130 800 930 Seth . . . . 105 807 912 Enos . . . . 90 815 905 Caïnan . . . 70 840 910 Mahaléel . . 65 830 895 Jared . . . 62 785 847 Henoch . . . 65 300 365 Methuselah . . 67 653 720 Lamech . . . 53 600 653 Noé . . . . 500 (Sem, Cham, Japhet) (Déluge) . . . 600 (Gen. xi) Sem . . . . 100 (2 ans après le Déluge) 500 600 Arphacsad . . 135 303 438 Sela . . . . 130 303 433 Heber . . . . 134 270 404 Peleg . . . . 130 109 239 Rehu . . . . 132 107 239 Serug . . . . 130 100 230 Nachor . . . 79 69 148 Tharé . . . . 70 145 (Abram, Nachor, Haran)
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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Autres données chronologiques.

(Gen. XII) Abram a 75 ans quand il quitte Haran. (XXI, 5) Abram a 100 ans à la naissance d'Isaac. (XXV, 26) Isaac a 60 ans à la naissance d'Esaü-Jacob. (XLVII, 9) Jacob a 130 ans à son arrivée en Égypte. (Ex. XII, 40) (Trad. latine, Walton) Commoratio autem filiorum Israel, et patrum eorum quam habitaverunt in terra Canaan, et in terra Ægypti, quadringentorum fuit et triginta annorum. [450 ans.] (« La demeure des fils d'Israël et de leurs pères dans le pays de Canaan et dans le pays d'Égypte, fut de 450 ans ».)

D'après les données qui précèdent, la durée d'Adam au Déluge est de 1307 ans; et du Déluge à la Naissance d'Abraham il y a 942 ans.

785. L'époque de la rédaction du Pentateuque samaritain est incertaine. Des Pères de l'Église en mentionnent des passages; mais c'est seulement en 1616 que le voyageur Pietro della Valle en découvrit à Damas un exemplaire complet.

Dans l'ordre du progrès didactique, nos seuls éléments de certitude sont les suivants, restreints, mais néanmoins suffisants, on le reconnaîtra, pour rendre compte du plan de construction du document qui nous occupe.

Les Samaritains, c'est à dire l'Israël des Dix Tribus, n'ayant constitué dans le peuple hébreu

p. 153

LEÇON XXVII

un groupe à part qu'immédiatement après la mort de Salomon (dernière année de Salomon = — 1000 ; Mort de Salomon = — 999), il s'ensuit :

1°) qu'ils ont eu jusque là en commun avec tous les hébreux le Pentateuque mosaïque hébreu ;

2°) que, par conséquent, leur Pentateuque samaritain est postérieur, et une modification du Pentateuque hébreu.

786. La cause de cette modification est, de manière évidente, la dualité et la rivalité politiques qui, amenées par le schisme des 10 Tribus, ont conduit d'elles-mêmes à l'opposition et à la compétition dans le domaine religieux, et, pour sanctionner le Droit divin, à corriger convenablement sur certains points les écrits qui jusque là en définissaient la direction.

De cette tendance le signe le plus brutal et concret se trouve dans le passage (Deut. XXVII, 4) de leur nouveau Pentateuque, où ils attribuent à leur montagne sainte les desseins et les ordres de l'Éternel concernant le Peuple élu, par la substitution telle quelle de Garizim à Ebal. Mais il fallait en même temps que, d'une manière intrinsèque et plus profonde, ils missent, comme un sceau, sur l'inspiration constructive du document sacré, le signe des 10 Tribus, signe que d'ailleurs ils trouvaient donné et consacré anté-

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

rieurement par Salomon lui-même (Cant. VIII, 11, 12) les désignant par les 1000 pris sur un ensemble de 1200.

787. Or, en se laissant conduire par cette vue, on découvre en effet d'emblée dans les données générales de leur nouvelle Chronologie, la préoccupation dont il s'agit, c'est à dire l'introduction de leur nombre opératoire 1000.

On a

Durée d'Adam au Déluge (héb.) . 1656 (sam.) . 1307 Diff. 349. Du Déluge à la Naissance (sam.) . 942 d'Abraham. (héb.) . 292 Diff. 650.

La somme des deux différences qu'ainsi ils introduisent, l'une avant le Déluge, 349, l'autre après le Déluge, 650, est égale à

999 = 1000 — 1 ;

et si d'ailleurs, ultérieurement, en poursuivant dans cette voie, nous découvrions (cela se produira; voir §§ 791, 793) la nécessité arithmétique qui les a conduits à ce terme correctif secondaire de 1 unité, l'existence même de ce terme, bien loin

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LEÇON XXVII

d'apparaître comme une inexactitude, se transformerait en une décisive confirmation.

L'unité déficitaire — 1 provient du nombre 349 propre aux temps antédiluviens. Pour le terme théorique exact 1000, ce nombre devient 350.

788. Il n'est pas difficile d'après cela de reconstituer le principe de modification chronologique qui a servi aux Samaritains.

Ils ont (Fig. 34) porté sur l'Échelle chronologique,

FIGURE [scan=00179, p. 155] : Fig. 34. — Schéma manuscrit. Une droite horizontale graduée de l'origine O' / O (à gauche, surmontée du nombre « 86 ») jusqu'au point B (à droite), où la droite se termine par une flèche. Sur l'axe sont marqués les points A, puis D (avec une double flèche « ← D → » et la légende « m ») au centre, puis D'. Au-dessus : « Temps antédiluviens » à gauche et « Temps postdiluviens » à droite. Des arcs en pointillés relient les points sous l'axe : A à D' (valeur « 700 »), D' à B (valeur « 300 »), et A directement à B (valeur totale « 1000 », tout en bas).

en deçà du Déluge D, c'est à dire vers l'origine O des temps antédiluviens, la durée

DA = 350 = 3 ½ × 100,

et au-delà, dans les temps postdiluviens, en DB, la durée

DB = 650 = 3 ½ × 100 + 300,

de telle sorte que, avec A B = 1000, le Déluge était le centre m d'un espace 7 × 100 significatif

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

du Déluge par l'Arc en Ciel (Gen. IX, 12-17) (le nombre 7).

Vers les temps postdiluviens, le point D′ repéré par les 3 ½ × 100 = 350, conduisait par − 2528 + 350 à − 2178 (temps de la Pyramide et d'Abraham), et le point B au temps extrême considéré par la Genèse, savoir, en

−2178 + 300 = − 1878,

à la mort de Joseph (− 1875).

789. Quant à l'origine O de la Bible hébraïque (− 4184, Naissance d'Adam), si l'on retranche 350 des temps antédiluviens, et qu'on ajoute 650 aux temps postdiluviens, elle est reculée de 300 ans dans le passé, soit en − 4184 − 300 = − 4484 ; mais ces 300 ans pouvaient être rachetés en introduisant du même coup, avant Adam, un terme significatif de la Création, et cela par une modification apportée aux temps qui, à la suite de ce système, s'étendaient jusqu'à l'Exode, — c'est à dire aux 430 ans du séjour en Égypte, — modification qui est bien connue, mais dont on aperçoit ici une raison d'être. Elle a consisté à attribuer les 430 ans non pas seulement au séjour en Égypte des enfants d'Israël (Jacob), mais au séjour en Canaan et en Égypte « des enfants d'Israël et de

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LEÇON XXVII

leurs pères », c'est à dire à considérer ces 430 ans comme s'étendant de l'âge 75 d'Abraham à l'Exode. On a alors, dans le Samaritain :

Du Déluge à la Naissance d'Abraham . 942 ans 75 ans d'Abraham 75 430 ans de Séjour . 430 ───── D'où 1447 ans (1).
Exode . . . . . . . . — 1516 1447 ans . . . . . . . — 1447 ─────── (Sam.) Déluge . . . . . . — 2963 (Sam.) Temps antédiluviens . — 1307 ─────── (Sam.) Naissance d'Adam . . — 4270 ⎫ (Héb.) Naissance d'Adam . . — 4184 ⎬ ─────── Diff. . . . 86 = (Elohim).

La computation samaritaine arrivait ainsi à mettre en tête de la Chronologie, avant la Naissance d'Adam (O, Fig. 34) le signe OO' = 86 de la Création, c'est à dire du Créateur (Élohim).

(1) Dans l'Hébreu on a :

Naissance d'Abraham . . . . — 2236 75 ans d'Abraham . . . . . — 75 ────── Arrivée de Jacob en Égypte . . — 2161 — 1946 ────── Diff. . 215.

Si donc les 430 commencent aux 75 ans d'Abraham, le séjour des enfants d'Israël en Égypte se réduit à 430 — 215 = 215 ans.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

790. Examinons maintenant comment, au moyen de corrections partielles en nombres entiers décimaux d'années, ils sont parvenus à ce résultat. Nous allons pour le faire voir mettre en regard le tableau des corrections aux nombres de l'Hébreu qu'indiqueraient respectivement le procédé systématique d'ensemble que nous venons d'attribuer au Samaritain, et la comparaison, telle quelle, des nombres des deux chronologies. On a :

TABLEAU LXXXII.

Noms. Texte hébreu. Corrections Divergences Âge à la nais- systématiques observées sance du suivant. (Sam. — Héb.). (Sam. — Héb.). Adam . . 130 Seth . . 105 Enos . . 90 Caïnan . . 70 Mahaléel . 65 Jared. . . 162 — 100 — 100 Henoch . . 65 Methuselah 187 — 120 — 120 Lamech . . 182 — 130 — 129 Noé . . 500 Somme . — 350 — 349 Sem . . 100 Arphacsad . 35 + 100 + 100 Sela . . 30 + 100 + 100 Heber . . 34 + 100 + 100 Peleg . . 30 + 100 + 100 Rehu . . 32 + 100 + 100 Serug . . 30 + 100 + 100 Nachor . . 29 + 50 + 50 Tharé . . 70 Somme . + 650 + 650 (700/2 + 300)
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LEÇON XXVII

791. On observera tout d'abord que les corrections partielles étant toutes négatives avant le Déluge, positives après le Déluge, l'intention de diminuer et d'augmenter respectivement les temps antédiluvien et postdiluvien est nettement mise en évidence. Quant aux nombres systématiques partiels eux-mêmes, il n'existe de divergence entre eux que celle d'une unité entre les corrections — 130 et — 129 relatives à Lamech. (C'est cette différence qui introduit le terme déficitaire de 1 dans le bloc systématique de 1000, et on va en découvrir la raison.)

792. Le trait caractéristique qui dans le Tableau précédent attire l'attention consiste en ce que, sur les 10 Patriarches antédiluviens, 3 seulement, formant un groupe (1) qui confine (par Noé) au Déluge, sont l'objet de corrections, ce qui partage nettement le groupe total de 10 en deux parties 7 et 3, et constitue le signe et l'avertissement intentionnel du principe qui est, concernant le Déluge, appliqué ensuite aux 1000, par leur subdivision en 700 et 300. Mais ce qui achève d'assurer ici un caractère intentionnel et précis, c'est que ces trois seuls patriarches antédiluviens auxquels

(1) Hénoch, enlevé au ciel et ne passant pas par la mort, est exclu.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

le Samaritain applique ainsi des corrections, savoir Jared, Methuselah, Lamech, sont aussi les trois seuls dont il fait atteindre de cette manière et se terminer la vie au Déluge. Dans le texte hébreu, Methuselah au contraire est le seul dont la vie atteint le Déluge, c'est à dire a pour dernière année l'an du Monde 1656. Dans le Samaritain, cet an du Monde (par l'addition des Ages à la naissance du Tableau LXXXI) est, comme on l'a vu, 1307; et l'on a :

TABLEAU LXXXIII.

Noms. Morts (ans du Monde). Adam . . . . . . . 930 Seth . . . . . . . 1042 Enos . . . . . . . 1140 Kaïnan . . . . . . 1235 Mehaléel . . . . . 1290 Jared . . . . . . . 1307* ⎫ Enoch . . . . . . . 887 ⎪ Methuselah . . . . . 1307* ⎬ Lamech . . . . . . . 1307* ⎭

793. On découvre donc pour Lamech la raison d'être de la substitution de la correction — 129 (qui donne pour l'âge auquel il a engendré Noé, 53 ans), à la correction systématique — 130 qui eût donné : pour cet engendrement 52 ans;

52 + 600 = 652 ans pour la vie de Lamech;
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LEÇON XXVII

et par conséquent, 1306 et non 1307 pour année de la mort de Lamech.

On observera que cette même unité déficitaire était tout aussi bien la condition nécessaire de la disposition intentionnelle par laquelle (Fig. 33) l'origine chronologique O' du Samaritain précède de OO' = 86 = (Elohim) celle O de l'Hébreu. Sans elle en effet la durée des temps antédiluviens eût été 1306 et non 1307, et par conséquent on eût trouvé OO' = 85 et non OO' = 86.

794. Cette analyse établit le caractère entièrement systématique du document samaritain, et qu'il est fondé sur la donnée des 1000 du Cantique de Salomon, comme désignation des 10 Tribus ou du Royaume d'Israël.

Les 1000 = 700 + 300 ont été placés sur l'Échelle chronologique hébraïque de manière à pointer le centre de la partie 700 sur le Déluge. Ainsi qu'il a été vu, les deux parties antédiluvienne et postdiluvienne ont été ensuite considérées comme termes de modification respectivement négatif et positif à ajouter à la computation hébraïque.

Au point de vue critique, notre analyse prouve aussi que là où on est souvent porté par une opinion courante à n'accorder à certains documents de l'Antiquité aucune valeur synthétique rationnelle, il s'agit en réalité de systèmes arithmétiques cons-

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truits, jusque dans leurs moindres détails, d'après un plan précis entièrement déterminé.

D) CHRONOLOGIE DE LA BIBLE DES SEPTANTE.

795. Nous avons dressé cette Chronologie d'après :

Vetus testamentum secundum LXX latine redditum et ex auctoritate Sixti V editum. Romæ 1588; et directement sur le texte grec dans l'édition de Tischendorf :

Vetus Testamentum græce juxta LXX interpretes, par Const. de Tischendorf, 7e édit. Leipzig, 1887. 2 vol. in-8º.

On a les nombres suivants :

TABLEAU LXXXIV.

Âge à la nais- Nombre d'années Durée totale Noms des Patriarches. sance du suivant. qu'il vit encore. de sa vie. (Gen. v, vii) Adam 230 700 930 Seth 205 707 912 Enos 190 715 905 Caïnan 170 740 910 Mahaléel 165 730 895 Jared 162 800 962 Enoch 165 200 365 Mathusala 167 802 969 Lamech 188 565 753 { Noé 500 { (Déluge) 600 (Sem, Cham, Japhet)
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LEÇON XXVII

Tableau LXXXIV (suite).

Noms des Âge à la nais- Nombre d'années Durée totale Patriarches. sance du suivant. qu'il vit encore. de sa vie. (Gen. XI) Sem . . . . . . 100 (2 ans après 500 le Déluge) Arphacsad . . . 135 300 600 Caïnan . . . 130 330 435 Sala . . . . 130 330 460 Heber . . . . 134 270 460 Peleg . . . . 130 209 404 Rehu . . . . 132 207 339 Serug . . . 130 200 339 Nachor . . . 179 125 330 Tharé . . . 70 304

Autres données chronologiques.

(Gen. XII). . Abram a 75 ans quand il quitte Caran. (XXI) . Abram a 100 ans à la naissance d'Isaac. (XXV) . Isaac a 60 ans à la naissance de Esaü-Jacob. (XXVII). Jacob a 130 ans à l'arrivée en Égypte. (Ex. XII) . . . Habitatio autem filiorum Israël, quam habitaverunt in terra Ægypti et in terra Chanaan, anni quadringenti triginta (430 ans). (III Rois, VI) Fondation du Temple, la 4ᵉ année du règne de Salomon, la 480ᵉ de l'Exode.

Le détail de la chronologie du livre des Rois est identique dans les Septante et dans l'Hébreu.

796. D'une manière en quelque sorte parallèle à ce que nous venons de découvrir pour le Pentateuque samaritain, nous allons constater que la chronologie des Septante est une modification sys-

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

tématique de celle du texte hébreu, et que l'argument est d'ailleurs, ici comme là, bien adéquat à la nature de l'objet et à la situation historique. Cet argument de correction était le sceau pour les Samaritains les 10 Tribus ou la période 1000; pour les traducteurs grecs du temps de Ptolémée Philadelphe, contemporains de Manéthon et de Bérose, il va être, comme chez ces historiens, la période sothiaque.

Les conditions systématiques des modifications justifieront en outre l'observation qui a été faite (1) que les Septante ont dû se servir à la fois du texte hébreu et du texte samaritain.

797. Ainsi qu'on va le reconnaître par ce qui suit, les modifications intentionnelles apportées par les LXX à la Chronologie hébraïque se mettraient d'elles-mêmes en évidence immédiate, par la comparaison analytique des deux chronologies. Pour abréger, nous suivrons ici une marche d'exposition inverse, c'est à dire que nous commencerons par formuler les conditions systématiques que nous avons ainsi découvertes, en présentant ensuite pour le lecteur leur vérification sur les nombres du document.

(1) Wogue, Histoire de la Bible, p. 145.

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LEÇON XXVII

Ces conditions se définissent ainsi :

1°) Augmenter de 2 périodes sothiaques le temps de la Naissance d'Adam à la Naissance d'Abraham dans l'Hébreu.

Modifier ensuite l'Hébreu de manière que le nombre S ainsi obtenu soit égal à la somme a + b des durées (qui, prises à partir d'Adam, s'adressent aux deux mondes anté et postdiluvien) :

a… Naissance d'Adam à Naissance de Lémec (père de Noé, et dernier patriarche antédiluvien proprement dit).

b… Naissance d'Adam à Naissance d'Abraham.

2°) Donner au monde antédiluvien pris de la Naissance d'Adam au Déluge, la moitié de la durée qui, d'après les nombres du Samaritain, sépare la Naissance d'Adam de l'Ère chrétienne ou de la Naissance de Jésus-Christ (1).

798. Examinons le premier point. On a :

dans l'Hébreu : Naissance d'Adam à Nais- sance d'Abraham . . . . = 4184 — 2236 = 1948 2 périodes sothiaques de 1460 = 2 × 1460 = 2920 ans (voir pour la Période sothiaque, le § 758) Somme S = 4868

(1) On conçoit qu'aussi bien que Manéthon les Interprètes alexandrins aient pu mettre à contribution pour introduire une donnée de cet ordre, la science acquise [celle de la Pyramide, soit du Livre sacré de Chéops (Tabl. LXIII, Dyn. IV)] dont nous avons parlé (voir § 731).

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

dans les LXX : Naissance d'Adam à Naissance de Lémec (par addition des 8 premiers nombres du Tableau) . . a = 1454 Somme des nombres du Ta- bleau de Tharé à Arphacsad 1170 D'Arphacsad au Déluge . . 2 Du Déluge à la Naissance de Noé. . . . . . 600 Somme des nombres de Lamech à Adam . . . . . 1642 ‾‾‾‾‾‾‾‾‾‾‾‾‾ Somme . 3414 Naissance d'Adam à Naissance d'Abraham . . . . . . b = 3414 Somme a + b = ‾‾‾‾‾‾ 4868

D'où

a + b = S.

799. Voyons maintenant la seconde condition, propre à la durée des temps antédiluviens. On a (au moyen des nombres du Tableau LXXXIV) pour le temps de la Naissance d'Adam au Déluge :

1642 + 600 = 2242.

Or on a (voir § 789) d'après le système samaritain, pour le temps de la Naissance d'Adam à l'Ère chrétienne

4484 = 2 × 2242,

ce qui justifie la seconde condition.

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LEÇON XXVII

Les deux périodes sothiaques introduites par les LXX se retrouvent d'ailleurs séparément indiquées dans leur système. L'origine O' (Naissance d'Adam) des LXX serait, par 2236 (Naissance d'Abraham) 2236 + 3415 = 5650. L'origine O de l'Hébreu est (Naissance d'Adam) 4184.

On a donc :

entre les origines

O' — O = 5650 — 4184 = 1466 = 1460 + 6,

et entre les naissances d'Adam et de Lamech (monde antédiluvien)

Adam — Lamech = 5650 — 4196 = 1454 = 1460 — 6 ,

disposition symétrique qui rappelle une disposition tout analogue du système des deux périodes sothiaques de Manéthon (voir § 740).

800. Tout ceci constaté, voyons comment on a modifié dans le détail les nombres de l'Hébreu pour arriver à ces résultats, en ne faisant, en terme général, que des corrections en nombres entiers décimaux (1). (Il fallait, d'après ce qui précède, travailler sur les nombres antédiluviens de manière à atteindre d'Adam à Lamech à très peu près une période sothiaque; puis travailler

(1) Cet examen va nous rendre compte d'ailleurs de la raison d'être de termes de second ordre tels que le terme complémentaire symétrique ± 6 qui affecte les deux périodes sothiaques.

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LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

aussi sur les nombres postdiluviens, jusqu'à ce que l'origine du tout (Naissance d'Adam) fût reculée, en arrière du 4184 hébreu, également d'environ une période sothiaque.)

Voici l'ensemble des corrections systématiques opérées.

TABLEAU LXXXV.

Noms. Texte hébreu. Corrections Âge à la naissance des Septante. du suivant. Adam . . . . . 130 + 100 Seth . . . . . 105 + 100 Enos . . . . . 90 + 100 Caïnan . . . . 70 + 100 Mahaléel . . . 65 + 100 Jared . . . . 162 Henoch . . . . 65 + 100 Methuselah . . 187 — 20 = x Lamech . . . . 182 + 6 = y Noé . . . . . 500 Sem . . . . . 100 Arphacsad . . 35 + 100 + 130 (Caïnan) Sela . . . . . 30 + 100 Heber . . . . 34 + 100 Peleg . . . . 30 + 100 Rehu . . . . . 32 + 100 Serug . . . . 30 + 100 Nachor . . . . 29 + 150 Tharé . . . . 70
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LEÇON XXVII

801. On voit qu'on a commencé par ajouter 100 à chaque nom de la liste, mais en passant Jared, Methuselah, Lamech [c'est à dire les trois seuls qui, par contre, avaient été corrigés par le Samaritain (1) (p. 170)]. Dans les patriarches postdiluviens ensuite on a doublé Sela, qui donnait 30 + 100 = 130, par la mention égale et additionnelle du + 130 de Caïnan.

802. Le Tableau met en évidence les corrections toutes particulières, que nous y avons désignées par x et y, pour Methuselah et Lamech. Arrivé à Methuselah, une difficulté en effet se présentait [connexe de celle qui, depuis saint Augustin (voy. La Cité de Dieu, Livre XV, Chap. XI) a fait couler des flots d'encre, et consistant en ce que les nombres des LXX font mourir Methuselah après le Déluge]. D'après les nombres de l'Hébreu, Methuselah termine sa vie au Déluge (an du monde 1656 = dernière année de Methuselah); et on eût désiré conserver ce trait caractéristique. Or il l'était si l'on conservait les deux nombres 187 et 182 de l'Hébreu. On aurait eu alors en effet, dans les LXX :

Déluge = (somme des nombres de l'Hébreu, d'Adam à Lamech)
       + (somme de corrections = 600) + 600 ans de Noé
       = 1056 + 600 + 600 = 2256 ;

et

(1) (p. 170)

p. 170

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Dernière année de Methuselah = (somme des nombres de l'Hé-
                                 breu, d'Adam à Hénoch)
                             + (somme de corrections = 600)
                             + (969 ans = vie de Methuselah)
       = 687 + 600 + 969 = 2256.

Mais d'autre part :

1°) On obtenait alors pour la naissance du dernier antédiluvien Lamech, qu'on voulait placer aussi bien que possible à une période sothiaque de celle d'Adam :

(somme des nombres de l'Hébreu d'Adam à Methuselah)
       + (somme de corrections = 600) = 1474 = 1460 + 14 ;

et la somme de toutes les corrections apportées (Tabl. LXXXV) étant alors + 1480, l'ère du monde qu'on voulait rejeter dans le passé à peu près aussi à une période sothiaque de celle (— 4184) du texte hébreu, en était distante de

1480 = 1460 + 16,

nombre qui non seulement ne présentait aucune symétrie avec le précédent 1474 = 1460 + 14, mais ne fournissait pas non plus, par la somme des

(1) (1 de la page précédente). Fait remarquable qui établit démonstrativement l'usage fait du Samaritain par les LXX.

p. 171

LEÇON XXVII

deux nombres, 2 périodes sothiaques de 1460 ans, mais bien 2 × 1475.

2°) La durée 2256 d'Adam au Déluge était égale à 44842 + 14, et ne satisfaisait pas à la seconde condition systématique imposée.

Il était donc nécessaire de corriger les nombres 187 et 182 relatifs à Methuselah et à Lamech.

803. Or nous allons voir que les deux corrections désignées par x et y et que les LXX ont adoptées, étaient les corrections nécessaires, c'est à dire étaient seules telles qu'elles pouvaient satisfaire, le reste étant donné, aux conditions proposées ; et qu'elles expliquent donc absolument la substitution par les Septante des deux nombres 167 et 188 aux nombres 187 et 182 du texte hébreu.

Ces corrections x, y sont en effet deux des inconnues d'un système de trois équations du premier degré qui traduisent les conditions dont il s'agit, et que les LXX, on l'a vu, s'étaient imposées.

En désignant par z une troisième inconnue destinée à introduire la symétrie systématique dans les deux mesures de la période sothiaque que visent ces conditions, elle conduira aux durées

1460 + z   et   1460 — z,

dont la somme sera 2 × 1460.

p. 172

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

On aura alors pour les conditions indiquées :

{ Déplacement de l'Ere du monde dans le passé
{   = somme des corrections du Tableau  .  . = 1460 + z
{ Temps de la naissance d'Adam à celle de Lémech = 1460 — z
{ Temps de la naissance d'Adam au Déluge.  .  . = 4484/2 ;

c'est à dire les équations

{ (1)  1480 + x + y = 1460 + z
{ (2)  1474 + x       = 1460 — z
{ (3)  2256 + x + y = 2242

dont la résolution donne bien

{      x = — 20
{      y = + 6
{ et   z = + 6,

et ce dernier résultat z = 6 fait découvrir la raison d'être de l'observation du terme ± 6 qui s'était de lui-même mis en évidence tout d'abord (voir § 799).

804. Avec les nombres des Septante, il subsiste néanmoins que la mort de Methuselah se place l'an 2256 du monde. Le Déluge ayant lieu l'an 2242, Methuselah dépasse donc le Déluge de 14 = 2 × 7 ans ; et cette circonstance seule suffirait

p. 173

LEÇON XXVII

à prouver que le système des nombres des Septante n'a pas une signification et une exactitude historique littérales. Mais comme, d'ailleurs, on ne saurait admettre que cette différence de 14 = 2 × 7 ans soit une erreur inaperçue dans un système arithmétique aussi minutieusement combiné, il faut plus vraisemblablement considérer son maintien comme un jeu de chiffres, qui, en indiquant ici un retranchement nécessaire et l'emploi du chiffre 7 (Arc-en-Ciel), rappellerait, à l'exemple de l'usage qu'avaient fait symboliquement de ce chiffre, et dans ce même but, les Samaritains, la Catastrophe tellurique du Déluge. L'erreur elle-même deviendrait ici un témoin de plus du caractère intentionnel de tout l'arrangement, quoique en apportant de celui-ci, à la vérité, la preuve la moins enviable.

805. Il reste démontré de toutes manières, par tout cela, que les Septante pas plus que le Samaritain, n'ont de valeur authentique. L'un et l'autre, on peut le regarder maintenant comme établi, ne sont que des déformations conscientes et voulues de l'Hébreu.

E) NOTE ADDITIONNELLE CONCERNANT LES 430 ANS DU SÉJOUR EN ÉGYPTE (Ex. XII, 40).

806. Lorsque, en 1892, nous écrivions dans la

p. 174

Concordance (Concordance, § 12) : « La Chronologie du texte hébreu de la Bible ne présente pas d'ambiguïté pour le lecteur qui suit simplement le sens littéral du texte sacré, s'en rapportant à ce livre seul, et faisant abstraction de toute préoccupation systématique relative à son interprétation spirituelle », cette réflexion (sans parler d'autres cas auxquels également elle s'appliquerait) était en particulier motivée par les interprétations et déformations auxquelles a donné lieu le verset de la Bible sur lequel la présente Note vient ici attirer l'attention. Et s'il paraît particulièrement utile de fixer sur ce point défini la religion du lecteur des Écritures, c'est surtout au point de vue, et comme exemple, didactique : on y trouve en effet un cas typique des erreurs auxquelles peuvent conduire, dans l'examen critique d'un document, les écarts en dehors de la méthode scientifique de recherche, — savoir celle qui, au cours d'une investigation, consiste à savoir ordonner, d'après leurs poids rationnels, les idées et les arguments.

807. Considérons d'abord le verset Ex. XII, 40 pris en lui-même et quant à ce qu'il dit naturellement. En voici le mot à mot dans l'hébreu :

Mots :
   1     Le temps
   2     les fils (enfants)
p. 175
Mots :
   3     d'Israël
   4     lequel
   5     avaient demeuré
   6     en Égypte
   7     trente
   8     années
   9     quatre
  10     cents
  11     années.

Le sens naturel et évident est que le séjour des enfants d'Israël (lequel est Jacob) en Égypte fut de 430 ans, et c'est ce dont on a en effet comme confirmation l'unanimité de consentement des divers traducteurs.

Les LXX (*)                  )                  ( « Le séjour des enfants
Pentateuque Samaritain (**)  )                  ( d'Israël en Égypte fut
La Vulgate (Jérôme)          )                  ( de 430 ans » ;
Luther                       )  traduisent      ( ou « Le temps que les
Martin (***)                 )  ainsi           ( enfants d'Israël avaient
Ostervald                    )  l'hébreu :      ( demeuré en Égypte fut
Segond                       )                  ( de 430 ans ».
Sanders et Trenel            )                  (
   (hébraïsants)             )                  (
L'Abbé Crampon               )                  (

(*) Ils ajoutent à l'hébreu « en Égypte », les mots grecs « et au pays de Canaan ».

(**) Ils ajoutent avant l'hébreu « en Égypte », les mots « au pays de Canaan et ». Mais par ces additions mêmes ils confirment, ainsi que les LXX, la traduction de l'hébreu original.

(***) Martin (Amsterdam 1712) est sur ce point un témoin d'au-

p. 176

La Bible anglaise de 1611 (Usserius) (*) s'écarte un peu de cette unanimité, et dit : « Now the sojourning of the children of Israel, who dwelt in Egypt, was 430 years » ; mais cela même ne change pas le sens naturellement admis par tous les autres. Car il ne s'agit évidemment pas ici d'apprendre au lecteur que les enfants d'Israël ont demeuré en Égypte, puisque c'est le sujet même dont tout l'Exode s'occupe ; et par conséquent, si l'on veut que la forme proposée ait un sens, elle veut dire que le groupe des enfants d'Israël who dwelt in Egypt (qui a séjourné en Égypte) y a séjourné pendant 430 ans.

Voici d'ailleurs ce qui a rendu possible cette forme forcée d'Usserius (tendancieuse, comme nous le signalons en note, en vue d'étayer sa chronologie

(¹) tant plus remarquable que, pour satisfaire à Gal. III, 17, (dont il sera ultérieurement question) il admet, (note en marge de ce dernier verset), de faire commencer les 430 à Abraham, sympathique en prenant alors symboliquement « Égypte » pour « Terre d'épreuve ». Mais sa traduction de l'hébreu Ex. XII, 40 subsiste, et il n'y a rien changé.

(*) Il est nécessaire de savoir qu'Usserius (Usher) est influencé par la préoccupation mystique préconçue de placer la Naissance d'Adam exactement 4000 ans avant celle du Christ, — ou en admettant une certaine erreur de 4 ans sur l'Ère chrétienne, en — 4004, — ce qui le porte, pour arriver à ce nombre qui est trop faible, à écourter, ici et là, des durées historiques. Cet a priori enlève à son analyse chronologique du document biblique toute valeur scientifique.

p. 177

— 4004 pour Adam). La traduction littérale est « Le temps les enfants d'Israël lequel avaient demeuré en Égypte : 430 ans ».

Or le mot lequel est un pronom relatif qui est le même, en hébreu, au singulier et au pluriel (lequel, laquelle, lesquels, lesquelles) et qui répond à notre mot français que [Ex. : le temps que nous avons passé ensemble ; les hommes que Salomon envoya ; etc. (Sanders-Trenel)]. Le sens naturel du verset est, avec tous les autres traducteurs, de prendre ce mot au singulier et se rapportant au temps du séjour. Si on le prend au pluriel et qu'on le rapporte aux enfants d'Israël, on a la forme de 1611 (Usserius). Mais, comme il est remarqué plus haut, même dans ce cas forcé, la phrase n'a de sens qu'en retombant dans celui de tous les autres traducteurs.

808. On est donc en droit de dire que les 430 de Ex. XII, 40 ont, dans le sens classique, le consentement universel. Une interprétation dissidente contraire ne peut provenir que d'une préoccupation à priori, soit chronologique, soit mystique.

Ce que dit naturellement le verset Ex. XII, 40 est d'ailleurs en parfait accord avec ce que sait déjà jusque là, dans sa marche progressive à travers le texte, le lecteur de la Bible. En Gen. XV, 13

p. 178

il est annoncé à Abram que sa postérité sera asservie pendant 400 ans à une nation étrangère ; qu'après cela Dieu la fera sortir de là et la ramènera ici, c'est à dire en Canaan. (D'où il suit déjà que pendant ces 400 ans cette postérité n'a pas été en Canaan.) Qu'on suive après cela l'Histoire des Hébreux. Isaac n'a jamais été en Égypte, ni asservi. On rencontre, et on rencontre d'une seule manière, l'accomplissement de la prédiction, dans le séjour en Égypte de Jacob et de ses fils et descendants. C'est la seule postérité d'Abram dont l'histoire satisfasse à cette prédiction. Et quand alors le texte déclare très simplement et directement que leur séjour en Égypte a été de 430 ans, (soit les quatre siècles d'Abram), cela se présente à l'esprit de l'investigateur sans arrière-pensée, comme un terme de base chronologique ferme et solidement établi. Si on ne veut pas que l'Égypte soit la nation à laquelle ils seront asservis pendant quatre cents ans et d'où ils sortiront avec de grandes richesses pour revenir en Canaan, quelle est cette nation ? La Critique est tenue de le dire.

809. Quelques-uns opposent à la vue évidente précédente le passage du Nouveau Testament Gal. III, 17, où, estiment-ils, il est déclaré que la Loi

p. 179

(l'Exode) a eu lieu 430 ans après l'alliance de Dieu avec Abraham.

Sur quoi deux remarques immédiates sont à faire :

1° En bonne critique, les données de la Genèse mentionnées plus haut étant proprement historiques, et celles d'un document historique antérieur, sans ambiguïté et qui se suffit, une donnée, possédât-elle ce même caractère, offerte par un document ultérieur et qui ne s'accorderait pas avec elles, serait en soi inopérante pour annuler l'autorité positive de ces données précédentes.

Il n'y aurait dans ce cas qu'à constater l'existence d'une contradiction entre les deux documents, et la thèse, ou l'hypothèse, d'une unité d'esprit qui aurait présidé à la construction de la Bible entière serait inacceptable.

2° Il n'en est nullement ainsi si le passage, en apparence contradictoire du second document, bien loin de posséder le caractère historique positif dont il s'agit, avait soin de revêtir de lui-même une forme de nature prophétique ou figurative indiquant que son objet est, en se basant sur les données connues et positives du passé, d'apporter ici un enseignement nouveau et d'un autre ordre. Or c'est ce qui a lieu en effet pour le passage ici introduit et qu'on oppose, Gal. III, 17.

En voici en effet le mot à mot d'après le Texte

p. 180

Reçu du Nouveau Testament, que nous avons jusqu'ici reconnu être celui qui fait foi dans l'Écriture plénièrement inspirée :

(Gal. III, 17).
   1.   Ceci or je dis :
   2.       l'alliance auparavant confirmée par Dieu en Christ
   3.       la après quatre cents et trente ans venue Loi
   4.       ne pas annuler,
   5.       ni abolir la promesse.

Il n'est donc nullement dit, à la manière d'un fait historique, que l'Exode (la Loi) a eu lieu 430 ans après l'alliance historique de Dieu avec Abraham ; mais, s'il est ici question de cette Alliance, que l'Exode est venu 430 ans après que cette Alliance avait d'abord été confirmée par Dieu en Christ, et cela élimine dès l'abord l'idée que les 430 ans commencent à Abraham lui-même.

810. Quel est dès lors le fait historique que désignent (c'est un fait historique puisqu'il sert d'ère aux 430 ans) les paroles « l'Alliance confirmée par Dieu en Christ ». Puisque Christ n'est venu que quinze cents ans après l'Exode, il ne peut s'agir ici, en lui, que d'un homme qui, par les circonstances de sa vie et ses actes aurait été la préfiguration prophétique de Christ. Or il

p. 181

est de notoriété, c'est à dire déjà établi par un unanime consentement, qu'au cours de l'histoire des Hébreux, qui ici nous occupe, un tel homme en effet s'est présenté, lequel n'est autre que Joseph, livré par ses frères, mis au rang des malfaiteurs, et qui devient ensuite leur sauveur. C'est ce caractère typique et prophétique qui nous est ici enseigné ; et la conséquence est évidente : tout au contraire d'une difficulté ou d'une objection, le passage Gal. III, 17 se présente comme une lumineuse vérification que, conformément au récit historique antérieur de la Genèse, les 430 ans ont commencé à l'Entrée en Égypte de Jacob et de ses fils, sous les auspices et la protection de Joseph.

811. Tout aussi peu solide et fondé se trouve semblablement, dans l'ordre rationnel de la méthode critique, ce qu'on prétend tirer à l'encontre de cette conclusion, de la question des généalogies, en donnant ici un poids absolu à ce qui, tant par sa nature même que par la manière dont l'Écriture elle-même nous le fait connaître, est en réalité plus ou moins incertain et ambigu. Ainsi, dit-on : « Il n'y a aucun doute que Kéhath, fils de Lévi, vint en Égypte avec Jacob (Gen. XL, 8, 11). Kéhath était donc né avant l'entrée en Égypte. Il vit 133 ans (Ex. VI, 18) et son fils Amram vit

p. 182

137 ans (Ex. VI, 20) (1). Il est également certain que Moïse est le fils d'Amram (Ex. VI, 20) et a 80 ans lorsqu'il paraît devant Pharaon (Ex. VII, 7). Comme l'Exode a lieu après ces conversations entre Moïse et Pharaon, il s'ensuit que le maximum possible du séjour en Égypte est inférieur à 133 + 137 + 80 = 350 ans ».

On donne ici pour certain ce qui au contraire, par sa nature documentaire est essentiellement douteux et est considéré comme tel, et pour de bonnes raisons, par l'ensemble des commentateurs.

1º Il n'est nullement certain que le tracé à grands traits Lévi-Kéhath-Amram-Moïse fasse de Moïse l'arrière-petit-fils de Lévi, attendu que l'Écriture adopte le procédé de passer ainsi dans ses listes, tout en conservant les mots fils et engendrer, des groupes entiers de générations. Exemple : La liste Esd. VII, 3, qui passe 6 des générations de la liste 1 Chr. VI, 7-10. Or dans notre cas actuel les listes parallèles pour le même temps (les 430 ans), au lieu de 3 ou 4 générations, mentionnent 6, 7, 8 et (comme celle de Joseph à Josué) 10 générations.

2º D'un autre côté, et, en tout état de cause, on ne pourrait rien tirer de la nomenclature

(1) A remarquer à propos de Jokebed, au même lieu, que le mot doda qu'on traduit tante, se traduit aussi cousine.

p. 183

Gen. XLVI, 8, etc. pour assurer que Kehath est né avant l'entrée en Égypte, attendu qu'il est beaucoup plus vraisemblable, par plusieurs raisons définies et dont nous allons citer une seule qui suffira, que cette nomenclature ne concerne pas uniquement ceux qui en personne, accompagnaient Jacob, mais bien, par les chefs de familles, les groupes qui, lors de l'établissement en Égypte y ont noyauté et constitué la grande famille israélite. La raison, instructive et à cet égard suffisante, dont nous parlions, est que, faisant partie des 66 personnes désignées (Gen. XLVI, 26) qui « vinrent » en Égypte, se trouvent les 10 fils de Benjamin (Gen. XLVI, 21) [au nombre desquels dix les LXX comptent même 5 petits-fils et 1 arrière-petit-fils (voir Bible annotée, de Neuchatel)]. Or, à l'arrivée en Égypte, Benjamin était « un enfant », « un jeune garçon », au plus « un tout jeune homme », et il serait ici un patriarche [même un grand-père, et un arrière-grand-père]. Il suit de là que l'affirmation émise plus haut au sujet de Kehath, et avec elle le calcul qui s'ensuit, n'ont aucune portée probante.

812. Si en dépit de ces considérations, des contradicteurs s'obstinent à opposer ce qui n'est cependant que de second ordre et incertain, aux

p. 184

données premières et certaines, un argument reste qui domine tout le sujet, et se présente en même temps comme un témoignage de la profonde sagesse et de la prévoyance miséricordieuse de l'Esprit de Dieu en présence des incertitudes de nos esprits. On sait, comme question de fait établi, que le diagramme géométrique de la Grande Pyramide est la reproduction intégrale exacte de la Chronologie littérale de la Bible, — d'ailleurs établie par nous indépendamment de la computation de la Pyramide, sans aucune arrière-pensée, et dans laquelle interviennent comme chaînon nécessaire les 430 ans du séjour en Égypte. L'argument consiste ici à demander à ceux qui rejettent ces 430 ans (ou toutes autres données chronologiques semblablement affirmatives de la Bible) s'ils croient, ou non, que la Grande Pyramide, à laquelle la Parole de Dieu nous renvoie en Es. XIX, 19, est ou non, un monument inspiré, une œuvre de l'Esprit de Dieu ? Voilà ce qu'ils sont tenus de déclarer ouvertement et clairement. En effet, si elle est un monument inspiré, l'Esprit de Dieu nous affirme, non plus par des calculs, mais par une mesure géométrique matérielle et visible à l'œil, que cette chronologie littérale, d'abord établie, comme il a été dit, par la seule Bible, est la vérité absolue et rigoureuse.

p. 185

Digression additionnelle.

813. Nous croyons qu'un des intérêts principaux offerts par les observations précédentes, consiste dans leur insistance à mettre en évidence, dans l'analyse d'un document tel que la Bible, la nécessité d'une exacte observance critique, c'est à dire de la Méthode qui classe les idées par ordre de grandeur et de poids, et qui n'est autre que ce qu'on appelle proprement la Méthode scientifique ; — se pénétrant en outre de cette pensée que c'est beaucoup plus encore la Méthode suivie elle-même, que la constatation purement empirique des résultats, qui, à un point de vue profond, constitue une démonstration.

814. En repassant, à cet égard général, les divers ordres de preuves que nous a apportés, au cours d'une longue investigation l'étude des Écritures, il en est un sur lequel il nous paraît utile, précisément à ce point de vue méthodique et critique, de rappeler ici l'attention, — tant parce que des contradicteurs, à notre sens mal avertis, ont voulu ne considérer qu'à travers lui, ou même en lui, toute l'œuvre qu'il nous a été donné d'accomplir, que parce que, pris dans son ordre et dans sa mesure, ainsi qu'on le verra plus loin, il apporte, pour sa part, une confirmation nouvelle et frappante

p. 186

dans la question même des « 430 ans » qui vient de nous occuper.

Il s'agit de l'écriture, ou langage chiffré de la Bible.

Lors de la publication de nos premiers ouvrages (Concordance, 1893 ; Mathématique de l'Histoire, 1900) nous n'avions aucune notion de l'existence d'un semblable ordre systématique de signes. C'est en étudiant ultérieurement (en 1907) le livre d'Ésaïe, nous trouvant au Chapitre XXII d'Ésaïe, en présence du nom « Shebna », et nous demandant, en classant les idées, par quels moyens la raison d'être de ce nom particulier pourrait être découverte, que l'idée, réduite d'ailleurs d'abord à ce détail, s'en présenta.

Les lettres hébraïques représentant aussi bien des chiffres, le nombre constitué par le nom pouvait être un indicateur de l'intention qui s'y rattache ; et c'est en effet ce qui s'est présenté pour ce nom Shebna (1).

On excusera le rappel de ce détail : il a l'intérêt de consacrer la marche méthodique dont les divers facteurs de connaissance mis, par la volonté de Dieu, à notre disposition pour l'étude et la compréhension de sa Parole, se sont d'eux-mêmes, et nullement d'une manière arbitraire, progressivement présentés à nous.

(1) Comme nous l'exposerons ultérieurement dans l'étude particulière des Livres prophétiques.

p. 187

D'ailleurs ici un seul trait, en se synthétisant, introduisait d'emblée tout un ensemble ; savoir celui qui, étudié dès lors, d'abord dans ses traits principaux ou de premier ordre, puis, en marchant du simple au composé, de proche en proche dans ses éléments plus particuliers, a constitué ce que nous avons appelé la Bible signifiée.

La nature complexe d'un tel objet indique d'ailleurs assez par elle-même que si l'on veut procéder avec sécurité, il convient (dans notre état actuel de connaissance) de ne le faire intervenir qu'avec sobriété, et à titre de vérification à posteriori de déductions d'abord et autrement établies. Et sans doute faut-il appliquer à cette matière ce que Pierre (2 Pi. III, 16) disait des lettres de Paul, où se trouvent des choses « difficiles à entendre, que les ignorants et ceux qui sont mal assurés tordent, comme les autres écritures, à leur propre perdition ».

Mais cela convenu et observé, il est non moins permis d'affirmer aujourd'hui, comme résultat d'une expérience réitérée, d'abord que la réalité intentionnelle de l'objet pris en lui-même ne peut plus être mise en doute ; ensuite que, par leur caractère propre de précision mathématique, les confirmations qu'il apporte sont de nature à constituer, comme signes tangibles, les plus impressives des démonstrations.

p. 188

815. Nous croyons en avoir présenté dans les Leçons des exemples non récusables. Il nous semble que ceux qu'il nous reste ici à mentionner concernant la discussion relative aux 430 ans du séjour en Égypte, méritent de ne pas être considérés comme moins démonstratifs et impressionnants.

Considérons le premier verset Exode XII, 40 qui déclare que les enfants d'Israël ont demeuré en Égypte 430 ans. L'Exode a lieu en — 1516. Les contradicteurs du verset veulent que ces 430 ans aient pour ère l'alliance de Dieu avec Abraham. Celle-ci d'après eux doit donc avoir eu lieu en — 1516 — 430 = — 1946 ; tandis que, d'après la Chronologie littérale de la Bible, elle a eu lieu en — 2137. La valeur numérique du verset sera peut-être un signe donné qui décidera entre les deux nombres.

Or on a pour cette valeur

(Ex. XII, 40) = 4274 = 2 × 2137 ;
   héb.                    Signe de
                          l'alliance

ce qui signifie bien que l'Alliance a eu lieu, comme le dit la Chronologie littérale, en 2137, et que par conséquent les 430 ans qui finissent en 1516 ne commencent pas à Abraham.

Soit maintenant le second verset Gal. III, 17 que les contradicteurs prétendent désigner l'alliance avec Abraham, et que nous avons dit désigner

p. 189

l'Entrée en Égypte — 1946, et la personne de Joseph, type de Christ, sauveur de ses frères.

Le verset donne dans la suite littérale du texte grec (1), pour valeurs numériques de ses mots :

ceci                  1140
or                       9
je dis                 838
l'alliance             110
auparavant )
confirmée  }          1748
par                    550
        ( le           770
(Dieu) {  Dieu         484
en                     215
Christ                1330
la                      70
après                  346
années                 313
quatre )
cents  }              1007
et                      31
trente                 852
venue                 1131
loi                    430
ne pas                 490
annuler                601
ni                     215
            (          370
abolir   {             644
la                     358
promesse.              188
                     ──────
Somme = 14240 = valeur numérique du verset Gal. III, 17.

(1) Savoir le Texte Reçu, lequel fait foi dans la Bible signifiée.

p. 190

En partant de Christ, dont la valeur est, dans le verset, 1330, et comptant à partir de là le nombre N = 14240 dans le passé pour y obtenir une indication chronologique, nous obtenons le nombre N1 = 1330 + 14240 = 15570.

Or ce nombre nous donne :

en rapport avec l'Exode (la Loi)
(— 1516) fin des 430 ans, et en
nous rappelant que (Es. VI)
« Saint Saint Saint » = 3 × 410                                 "Saint Saint Saint"
[on a aussi, en anglais, Christ                  N₁ = 10 × 1516 + ───────────────────── ;
= 410] . . . . . . . . .                                                  3

en rapport avec le centre
    1516 + 1946
(— ─────────── = — 1731)   des
        2
430 ans. . . . . . . .                           N₁ = 9 × 1730 ;

en rapport avec le commence-
ment (— 1946) des 430 ans                        N₁ = 8 × 1946,25.

Enfin, quant à la justification de l'interprétation qui voit dans le verset Gal. III, 17, Joseph pris ici pour le type de Christ, on remarque d'abord que l'on a

(Christ) = 1330 = 430 + 30 × 30,

(Suite de la note p. 189.) On a :
(Gal. III, 17) τουτο δε λεγω. διαθηκην προκεκυρωμενην υπο του Θεου εις Χριστον, ο μετα ετη τετρακοσια και τριακοντα γεγονως νομος ουκ ακυροι εις το καταργησαι την επαγγελιαν.

p. 191

où le terme 30 × 30, par les 30 ans de Jésus (Luc, III, 23), et les 30 ans spécifiés de Joseph (Gen. XLI, 46), est un signe de Joseph. En marquant le verset de ce signe de Joseph, on trouve le nombre N2 = 14240 + 30 × 30 = 15140 ; et comme

(Joseph) = Ιωσηφ = 1518,

on a

N₂ = 1518 + 13622

c'est à dire

N₂ = (Joseph) + 7 × 1946,

expression qui, par le nombre divin 7, forme ensemble systématique avec les trois résultats précédents où figuraient les nombres 10, 9, 8.

Il n'y a donc aucun doute que c'est la date 1946, celle de l'Entrée en Égypte et de Joseph, qui est ici visée prophétiquement par le verset.

On avouera qu'il est difficile en effet d'attribuer au hasard le fait que les deux versets, l'un hébreu, l'autre grec, objets de la discussion, sont composés dans leurs mots, et jusque dans les lettres de ces mots, de manière à reproduire, en les confirmant, les deux dates fondamentales de la Chronologie littérale de la Bible, qui résument en elles la matière du débat.

p. 192

F) Chronologie chaldéenne-assyrienne.

816. Cette chronologie nous a été transmise par Bérose, prêtre chaldéen, qui, d'après les extraits suivants du Syncelle et des Fragmenta (1), vivait sous Alexandre et sous Antiochus Soter, roi de Syrie, c'est à dire à la même époque que Manéthon. Il dédia à cet Antiochus Soter son ouvrage, divisé en trois livres, intitulé les (Annales) Chaldaïques ou Babyloniennes. Ce qui nous en reste a été transmis par Josèphe, Clément d'Alexandrie, Eusèbe, le Syncelle ; ce dernier puisant dans Eusèbe, ou, comme Eusèbe, dans Jules l'Africain ; l'Africain, dans Alexandre Polyhistor ; et celui-ci, dans Apollodore. Josèphe, semblablement, quoique sans le nommer, a fait usage du même Polyhistor.

817. Voici les extraits. Ils comprennent : 1°) ce que l'on sait de Bérose ; 2°) les listes des rois de Bérose transmises par l'Africain. Nous les faisons suivre des tableaux numériques plus commodes qui leur sont équivalents.

Fragmenta, II, p. 495. [Berosus]... qui Alexandri œtate vixit, non vero natus est. Antiochus Soter regnare cœpit ab anno 280 ; tum igitur jam

(1) Voir, pour les indications bibliographiques, au § 721.

p. 193

provectus ætate Berosus erat. Nec longe post annum 280 historiam suam Berosum Antiocho dedicasse probabiliter statuit Clinton (1).

Apud. Syncell. p. 14, B, Manetho, qui sub Ptolemæo I et II floruit, scripsisse dicitur κατα μιμησιν Βηρωσσου πεπλασμενα κατα τους αυτους σχεδον που χρονους η μικρον υστερον.

ibid. II, p. 496.Historiæ Berosi, quæ modo Χαλδαικων modo Βαβυλωνιακων nomine laudantur, tribus libris erant comprehensæ. Fragmenta satis ampla præ ceteris servarunt Josephus, Clemens Alexandrinus, Eusebius, Syncellus. Quorum tamen ne unus quidem ipsos Berosi libros inspexisse videtur. Syncellus ex Eusebio, vel sicuti Eusebius, sua hausit ex Africano ; Africanus ex Alexandro Polyhistore, hic ex Apollodoro, ut videtur. Eodem Polyhistore usus fuerit Josephus, etsi mentionem fontis injicere omisit.

Syncelle, p. 14.Berosus Chaldaicarum antiquitatum scriptor, qui ut ipse refert, circa Alexandri Macedonis tempus floruit.

Syncelle, p. 17.... Berosus Saris, Neris, et Sossis annorum numerum composuerit ; quorum quidem Sarus ter millium et sexcentorum, Nerus sexcentorum, Sossus annorum sexaginta spatium complectitur. Saros autem centum et viginti, decem regum ætate, hoc est myriadum quadraginta trium et duorum millium annorum collegit summam.

(1) « Constanter igitur affirmamus eo anno (268 a. C.) Berosum Babylonica sua Antiocho obtulisse. »

p. 194
p. 18.

Chaldæorum I. regnavit Alorus Saris decem.
Chaldæorum II. regnavit Alasparus Saris tribus.
Chaldæorum III. regnavit Amelon Saris tredecim.
Chaldæorum IV. regnavit Amenon Saris duodecim.
Chaldæorum V. regnavit Metalarus Saris octodecim.
Chaldæorum VI. regnavit Daonus annis nonaginta novem.
Chaldæorum VII. regnavit Evedorachus Saris octodecim.
Chaldæorum VIII. regnavit Amphis Saris decem.
Chaldæorum IX. regnavit Otiartes Saris octo.
Chaldæorum X. regnavit Xixuthrus Saris octodecim.

p. 90.

Chaldæorum Reges post diluvium.

Anno mundi 2776. Assyrii reges se primi renunciaverunt : quorum.

Primus et celeberrimus fuit Evechoüs, qui nobis Nembrod, et regnavit in Babylone annis sex.

Chaldæorum secundus rex Chosmasbolus annis 7 cum medio, anno mundi 2782.

Chaldæorum tertius rex Porus annis 35. anno mundi 2790.

Chaldæorum quartus rex Nechubes annis 43. anno mundi 2825.

Chaldæorum quintus rex Abius annis 48. anno mundi 2868.

Chaldæorum sextus rex Oniballus annis 40. anno mundi 2916.
p. 195
Chaldæorum septimus rex Zinzirus annis 45. anno mundi 2956.

Floruit post nationum dispersionem Chaldæorum regum septem imperium annis 225. cœpit 2776 mundi anno, desiit 3000.

[Quinam Chaldæis regibus successerunt]

A ter millesimo primo Chaldæorum imperium collegerunt Arabes, quorum reges sex obtinuerunt illud annis 215. usque ad mundi 3215. quorum regnum, ut proprio loco sequetur, duravit.

p. 92.                Arabum reges.

Arabum regum post Chaldæorum reges sex series, quorum Primus Mardocentes regnavit annis 45. anno mundi 3001. deest

. . . . . . . .

3. Arabum 3. regnavit Sisimardacus annis 28. anno mundi 3086.
4. Arabum 4. regnavit Nabius annis 37. anno mundi 3114.
5. Arabum 5. regnavit Parannus annis 40. anno mundi 3151.
6. Arabum 6. regnavit Nabonnabus annis 25. anno mundi 3191.

Arabum regnum Chaldaico succedens viguit annis 215. a communi mundi anno 3001. principium habuit, et eo, de quo sermo est 3215. desiit. Arabes exceperunt in imperio Assyriorum reges 41. summam potestatem anno 3216. adepti, 4675 amiserunt, cum illud tenuissent annis integris 1460. a primo eorum Belo, usque ad Macascolerum, qui primus supra quadragesimum extitit, et Sardanapalus, prout plerique nobiles historici Polybius, Diodorus, Cepha-
p. 196
[en marge : Syncelle, p. 96.]

lion, Castor, Thallus, et alii testantur, dictus est.

Assyriorum reges.

Assyriorum rex 1. Belus annis 55. anno mundi 3216.
Assyriorum rex 2. Ninus annis 52. anno mundi 3271.
Assyriis 3. imperavit Semiramis annis 42. anno mundi 3325.

[en marge : p. 103.]

Assyriorum rex 4 Ninyas, qui et Zames filius Nini et Semiramis, annis 38. anno mundi 3365.
Assyriorum rex 5. Arius annis 30. anno mundi 3403.
Assyriorum rex 6. Aralius annis 40. anno mundi 3433.
Assyriorum rex 7. Xerxes annis 30. anno mundi 3473.

[en marge : p. 108.]

Assyriorum rex 8. Armamithres annis 38. anno mundi 3503.
Assyriorum rex 9. Belochus annis 35. anno mundi 3541.
Assyriorum rex 10. Balæus annis 52. anno mundi 3576.
Assyriorum rex 11. Sethos annis 32. anno mundi 3628.

[en marge : p. 123.]

Assyriorum rex 12. Mamythus annis 30. anno mundi 3660.
Assyriorum rex 13. Aschalius annis 22. mundi vero 3690.
Assyriorum rex 14. Sphærus annis 28. mundi vero 3712.
Assyriorum rex 15. Mamylus annis 30. mundi vero 3740.
Assyriorum rex 16. Sparthæus annis 42. mundi vero 3770.
p. 197
p. 147.
   Assyriorum rex 17. Astacades annis 38. erat vero mundi annus 3812.
   Assyriorum rex 18. Amyntes annis 45. erat vero mundi 3850.
   Assyriorum rex 19. Belochus annis 25. mundi vero 3895.
   Assyriorum rex 20. Baletores annis 30. mundi vero 3920.
   Assyriorum rex 21. Lamprides annis 30. mundi vero 3950.
p. 151.
   Assyriorum rex 22. Sosares annis 20. mundi vero 3980.
   Assyriorum rex 23. Lampræs annis 30. erat porro mundi annus 4000.
   Assyriorum rex 24. Panyas annis 45. mundi vero 4050.
   Assyriorum rex 25. Sosarmus annis 22. mundi vero 4075.
   Assyriorum rex 26. Mithræus annis 27. mundi vero 4097.
   Assyriorum rex 27. Tentamus, a non-nullis Tantanes vocatus, annis 32. ejus tempore captum Ilium scribit Eusebius : erat vero mundi annus 4124.
   Assyriorum rex 28. Tentæus annis 44. erat vero mundi annus 4156.
p. 154.
   Assyriorum rex 29. Arabelus annis 42. erat vero mundi annus 4200.
   Assyriorum rex 30. Chalaus annis 45. mundi vero 4242.
   Assyriorum rex 31. Anebus annis 38. mundi vero 4287.
   Assyriorum rex 32. Babius annis 37. mundi vero 4325.
   Babius iste Tithonus est Græcorum vocibus laudatus Assyriorum rex 32. cujus filius
p. 198
   Memnon adversus Græcos Priamo tulit auxilium, et Achillis manu sublatus est. Epistolæ ad eum a Priamo datæ inter nonnullos circumfertur exemplar. Idemmet secundus Tantanes agnoscitur.
   Assyriorum rex 33. Thinæus annis 30. mundi vero 4362.
p. 159.
   Assyriorum rex 34. Dercylus annis 40. mundi vero 4392.
   Assyriorum rex 35. Empacmes annis 38. mundi vero 4432.
   Assyriorum rex 36. Laosthenes annis 45. mundi vero 4470.
   Assyriorum rex 37. Pertiades annis 30. mundi vero 4515.
   Assyriorum rex 38. Orphratæus annis 21. mundi vero 4545.
   Assyriorum rex 39. Ephecheres annis 52. mundi vero 4566.
p. 165.
   Assyriorum rex 40. Acraganes annis 42. mundi vero 4618.
   Assyriorum rex 41. Thonus, dictus Concolerus, Græce Sardanapalus, annis 15. mundi vero 4660.
   Arbaces Medus Assyriorum regnum evertit.

818. Au moyen des données précédentes a été établi le Tableau suivant.

TABLEAU LXXXVI.
Rois chaldéens avant le Déluge.
1. Alorus   . . . . . 10 Sares.    36000 ans.
2. Alasparus  . . . .  3   "       10800   "
3. Amelon   . . . . . 13   "       46800   "
p. 199
4. Amenon   . . . . . 12 Sares.    43200 ans.
5. Metalarus  . . . . 18   "       64800   "
6. Daonus . . . . . . . . . . .       99 ans.
7. Evedorachus  . . . 18   "       64800   "
8. Amphis   . . . . . 10   "       36000   "
9. Otiartes . . . . .  8   "       28800   "
10. Xisuthrus . . . . 18   "       64800   "

Somme [mentionnée]
120 Sares = 432000 ans.
Rois de Chaldée.
Noms.                          Années de règne.
1.  Evechoüs . . . . . . . . . .       6
    (Nembrod)
2.  Chosmasbolus . . . . . . . .       7 1/2
3.  Porus . . . . . . . . . . .       35
4.  Nechubes . . . . . . . . . .      43
5.  Abius . . . . . . . . . . .       48
6.  Oniballus . . . . . . . . . .     40
7.  Zinzirus . . . . . . . . . .      45

Somme [mentionnée] 225 ans.
Rois Arabes.
Noms.                          Années de règne.
1.  Mardocentes . . . . . . . . .     45
2.       "
3.  Sisimardacus . . . . . . . .      28
4.  Nabius . . . . . . . . . . .      37
5.  Parannus . . . . . . . . . .      40
6.  Nabonnabus . . . . . . . . .      25

Somme [mentionnée] 215 ans.
p. 200
Rois d'Assyrie.
Noms.                  Années de règne.
 1.  Belus . . . . . . . . . . . . . . . 55
 2.  Ninus . . . . . . . . . . . . . . . 52
 3.  Semiramis . . . . . . . . . . . . . 42
 4.  Ninyas . . . . . . . . . . . . . . 38
 5.  Arius . . . . . . . . . . . . . . . 30
 6.  Aralius . . . . . . . . . . . . . . 40
 7.  Xerxes . . . . . . . . . . . . . . 30
 8.  Armamithres . . . . . . . . . . . . 38
 9.  Belochus . . . . . . . . . . . . . 35
10.  Balæus . . . . . . . . . . . . . . 52
11.  Sethos . . . . . . . . . . . . . . 32
12.  Mamythus . . . . . . . . . . . . . 30
13.  Aschalius . . . . . . . . . . . . . 22
14.  Sphærus . . . . . . . . . . . . . . 28
15.  Mamylus . . . . . . . . . . . . . . 30
16.  Sparthæus . . . . . . . . . . . . . 42
17.  Astacades . . . . . . . . . . . . . 38
18.  Amyntes . . . . . . . . . . . . . . 45
19.  Belochus . . . . . . . . . . . . . 25
20.  Baletores . . . . . . . . . . . . . 30
21.  Lamprides . . . . . . . . . . . . . 30
22.  Sosares . . . . . . . . . . . . . . 20
23.  Lampræs . . . . . . . . . . . . . . 30
24.  Panyas . . . . . . . . . . . . . . 45
25.  Sosarmus . . . . . . . . . . . . . 22
26.  Mithræus . . . . . . . . . . . . . 27
27.  Tentamus . . . . . . . . . . . . . 32
28.  Tentæus . . . . . . . . . . . . . . 44
29.  Arabelus . . . . . . . . . . . . . 42
30.  Chalaus . . . . . . . . . . . . . . 45
p. 201

Rois d'Assyrie (suite)

                                    Noms.                      Années de règne.
31.  Anebus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   38
32.  Babius . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   37
33.  Thinæus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   30
34.  Dercylus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  40
35.  Empacmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   38
36.  Laosthenes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   45
37.  Pertiades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   30
38.  Ophratæus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   21
39.  Ephecheres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  52
40.  Acraganes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  42
41.  Thonus (Sardanapalus) . . . . . . . . . . . . . . . . . .  15
        Somme [mentionnée] 1460 ans entiers.
        Arbace, Mède, détruit le royaume d'Assyrie.

819. On n'a, croyons-nous, jamais signalé le fait décisif capital d'une connexion entre les systèmes chronologiques des Chaldaïques de Bérose, des Égyptiaques de Manéthon, et de la Vieille Chronique. On va constater que ces systèmes sont construits d'après les mêmes règles, et qu'à l'exemple des précédents celui de Bérose prend ses éléments dans un fonds commun ayant pour expression normale la Chronologie hébraïque.

820. On a tout d'abord le fait suivant :

Somme actuelle des règnes des
    41 rois d'Assyrie (de Bélus à
    Sardanapale) . . . . . . . . . = 1459 ans  )
Somme mentionnée . . . . . = 1460 ans  )
p. 202

Ainsi, de même que Manéthon mesurait ses dynasties par la période sothiaque à partir de la conquête perse (Cambyse), de même Bérose fait pour ses rois à partir de la conquête mède (Arbacès); c'est à dire, premier fait capital, que chez les Chaldéens aussi on retrouve dans la Chronologie l'usage de la Périodé sothiaque. Semblablement, il y a ici une somme actuelle et une somme mentionnée différentes, et dont nous allons bientôt reconnaître la raison d'être. Le Sardanapale de Bérose est l'Ashshourdaninpal des Assyriologues dont le règne finit en — 825 (1). Les 1459 ans des règnes conduisent donc pour le commencement de la monarchie assyrienne à la date :

— 825 — 1459 = — 2284.

Manéthon avait comme on l'a vu (§ 752, k) usé du nombre origine — 2268, (commencement de la IVe Dynastie) à 516 ans de l'origine de la période sothiaque, — 2784. Bérose introduit parallèlement la période quinquaséculaire 500 (en usage aussi

(1) Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, p. 382. Cette date est aussi celle qui est donnée par la Chronologie du Syncelle, dont nous avons conservé à dessein les nombres dans nos extraits. Il met l'Ère chrétienne en 5500 de la Création; la fin du règne de Sardanapale, en 4675; et on a 5500 — 4675 = 825.

p. 203

dans la Bible; voir Leçons, § 21 et Mathématique de l'Histoire, § 118).

On a donc, comparativement, les origines :

(dans Manéthon) . . — 2268 = — 2784 + 516  )
(dans Bérose) . . . — 2284 = — 2784 + 500  ).

821. Manéthon (§ 752, l) plaçait au-delà de son origine — 2268 (en remontant) trois premières dynasties, la moyenne de leurs trois durées conduisant, en-deçà de cette origine, au Déluge — 2528.

Bérose procède d'une manière analogue. Il place au-delà de son origine — 2284 (en remontant) deux dynasties : une Arabe, de 6 rois, qui dure 215 ans; une Chaldéenne, de 7 rois, ayant pour durée actuelle 224a ½, pour durée mentionnée 225 ans; et il se sert à son tour de leur moyenne (215 + 225)/2 = 220 pour remonter, comme on va le voir, au Déluge.

Prenant en effet pour base le nombre 12, ou 24, base de son système de Sares propres au monde antédiluvien, — lequel finit par Xisuthros (Noé) dont le règne est de 18 Sares = 100 × 27 × 24 ans, — il envisage un espace de temps

7 × 24

[où, comme on l'a déjà vu dans le Samaritain et

p. 204

les LXX, 7 (Arc-en-ciel) est le signe du Déluge (et où 24 est, en fait, le signe des Anciens (monde antédiluvien) de Apoc. IV, 4 (voir Leçons, § 171)].

De cet espace, une première partie

6 × 24 = 144

conduit à la date

— 2284 — 144 = — 2428,

qui n'est autre que celle de la Dispersion (naissance de Péleg) à 100 ans du Déluge — 2528. Quant à la partie restante 24, elle conduit avec la moyenne 220 des deux dynasties, trouvée ci-dessus, à

— 2284 — (220 + 24) = — 2528,

c'est à dire au Déluge biblique lui-même.

822. Les nombres de Manéthon mesuraient les périodes historiques quinquaséculaires (§ 748). Il en est de même pour Bérose.

Historiquement, Ninive et Babylone, l'Assyrie et la Chaldée, étaient deux centres contemporains rivaux. En laissant s'écouler à partir de l'origine historique — 2284 la moyenne 220 des deux dynas-

p. 205

ties contemporaines que nous venons de déterminer, on arrive à la date

— 2284 + 220 = — 2064 = — 4 × 516,

c'est à dire à une distance de l'ère chrétienne égale à quatre périodes historiques de 516 ans. La période 515,165, c'est à dire, avec Manéthon (§ 748), 515,2, est par le même moyen mesurée avec cette même fraction, et c'est là une des raisons d'être des termes de second ordre ½ et 1 mis en évidence dans les règnes des rois de Chaldée par les durées 224 ½ et 225, et dans ceux des rois d'Assyrie par les sommes 1459 et 1460.

Pour 1460, l'origine historique devient

— 825 — 1460 = — 2285.

Or on a

— 2285 + 224,5 = — 2060,5  )
— 2285 + 224   = — 2061    )
            Moy. . — 2060,75;

et

2060,75 = 4 × 515,1875

c'est à dire

4 × 515,2.
p. 206

823. Considérons maintenant, en remontant encore, les nombres relatifs aux temps antédiluviens. Nous allons les voir à la fois mesurer comme la Vieille Chronique les Jours de Création, et signaler à leur manière, par un trait irrécusable, la date du Déluge de la Bible.

La Table chronologique présente ici un trait caractéristique très particulier : c'est le partage de ses 10 termes (qui correspondent aux 10 patriarches antédiluviens de la Bible) en deux groupes, l'un de 5, l'autre de 4, séparés par la solution de continuité du 6e terme, dont la durée au lieu d'être donnée en Sares, l'unité valant ainsi 36000 ans, est donnée en Années, et vaut 99 ans. Nous allons revenir dans un instant sur ce fait. Observons néanmoins dès maintenant que ce 99 = 100 — 1 attire de lui-même par analogie l'attention sur le 1459 = 1460 — 1 de la liste des rois d'Assyrie (et rappelle aussi le procédé du 999 = 1000 — 1 du Samaritain).

La somme totale indiquée pour les 10 Rois antédiluviens est de 120 sares, ou

432000 = 2 × 1000 × (6.6.6)

[nombre biblique, significatif des temps de corruption antédiluviens et du Déluge].

p. 207

La somme actuelle ou effective est de 110 sares, qui valent 396000 ans.

La différence

432000 — 396000 = 36000

ou 10 sares doit donc être attribuée au n° 6 pour lequel la place des sares est restée inoccupée. Il en résulte que le total indiqué 432000 se trouvant alors effectivement accompli, les 99 ans qui avaient jusqu'ici servi de signe de séparation nécessaire sont, par ce fait même, rejetés, en dehors de la liste, dans les temps postdiluviens où ils formeront un terme complémentaire; et ils y rappellent immédiatement à notre esprit les 100 ans qui, dans la Bible, s'étendent du Déluge à la Dispersion (2528 — 2428 = 100).

D'autre part Xisuthros (ou Noé) est historiquement en cavalier sur la séparation des deux mondes anté et postdiluviens. Le signe de division de son règne, lequel mesure 648, c'est à dire ici 648 ans = 27 × 24 ans, sera donc le signe du Déluge, savoir (comme dans les documents précédents, Samaritain, LXX) le nombre 7 (de l'Arc-en-ciel); c'est à dire que ce règne sera divisé par le Déluge en 3 × 7 × 24 et 6 × 24.

Ainsi se constitue un terme postdiluvien total, compté à partir du Déluge, égal à

p. 208
6 × 24 + 99 = 144 + 99 = 243 ans = 3⁵ ans,

et que suit, comptée à partir de l'époque origine plus haut reconnue 825, de Sardanapale, la durée 1460 des rois. Il vient donc — en partant ici de l'analyse du document antédiluvien, c'est à dire par une voie entièrement indépendante de celle qu'on avait d'abord suivie, — pour détermination de l'époque du Déluge

   243
+ 1460
+  825
-------
  2528,

ou 2528 ans avant l'Ère chrétienne.

Ainsi d'une part, c'est à dire en remontant le cours du temps, les durées des dynasties complémentaires de Bérose; de l'autre, ou en descendant le cours du temps, les termes complémentaires donnés par sa chronologie antédiluvienne, conduisent, en s'accordant, à la date — 2528 du Déluge biblique.

824. Arrivons maintenant à la question fondamentale des Jours de Création.

La Table chronologique des 10 Rois ou Patriarches antédiluviens, si l'on y fait abstraction de

p. 209

la mention d'une suite de personnages historiques, devient par sa construction comme par la grandeur des nombres qu'elle propose, l'indicateur d'un ordre de faits plus général; et, dans ce point de vue, sa division caractéristique, que nous avons tout d'abord signalée et qui isole un groupe de cinq termes, attire d'elle-même l'attention, par ce premier groupe, sur un ensemble de cinq périodes ou jours, suivis d'un sixième particulièrement désigné, et qui, dans le parallélisme biblique, sera celui de l'apparition de l'Homme.

Cela conduit dès lors à penser que par ses nombres le Tableau a voulu mettre en évidence la durée des Jours de Création, — laquelle a été antérieurement (Math. § 123) déterminée par nous et dont la valeur assignée est

1 Jour = 6336 ans = 12 × 528 ans,

c'est à dire 12 périodes prophétiques de 528 ans. Or, à cet égard intentionnel, un premier fait, capital par sa grandeur et sa simplicité, se manifeste effectivement. Il consiste en ce que si l'on considère la somme totale des nombres (sares) du Tableau (telle quelle, c'est à dire sans insertion de nombre au n° 6 vide), on la trouve égale à

396000 = 750 × 528 = (1.2.3) × (5.5.5) × 528.
       = (5.5.5)/2 × 6336.
p. 210

825. Mais revenons maintenant de plus près au groupe des 5 + 1 = 6 premiers numéros de la Table, en nous souvenant que le nombre implicitement attribué au n° 6 (ou au 6e Jour, Création de l'Homme) est 36000. On aura :

Somme des 5 premiers termes de la Table =   201600;
et en ajoutant, pour le 6e, 100 × 36000 (le
facteur 100, signalé sans doute par le 99
= 100 — 1 mis en évidence dans la Table,
au n° 6, et indiquant ainsi qu'il s'agit du
couronnement de l'œuvre) ou le nombre . .  3600000,
                                          ---------
on aura, disons-nous, pour somme des 6 Termes  3801600,

c'est à dire

100 × 38016 = 100 × 6 × 6336,

ou 100 fois la durée des 6 Jours de Création de la Bible et de la Mathématique de l'Histoire (Math. § 123).

La durée moyenne d'un des 6 termes vaut 100 Jours de Création, ou

100 × 6336 = 100 × 12 × 528,

et ainsi la période de 528 ans elle-même se trouve justifiée par Bérose comme étant bien le facteur fondamental des Jours de la Création géologique (voir Math. § 123).

p. 211

826. Il nous reste, après tout cela, à exposer une dernière preuve et vérification qui, par son caractère absolument direct, scelle et, on peut le dire, va couronner la certitude.

On sait que dans la Bible le temps écoulé de la Création de l'Homme au Déluge est égal à 1656 ans (savoir 2 × 528 ans d'Adam à Noé + 600 ans de Noé). Or dans la liste de Bérose, si notre interprétation des Jours y est exacte, le n° 6 marquant la Création de l'Homme, et Xisuthros (Noé), ou le 10e, désignant le Déluge, les temps bibliques antédiluviens, ou d'Adam au Déluge sont représentés dans le Tableau par la somme

S = (6) + (7) + (8) + (9).

Or on a

(6)   36000
(7)   64800
(8)   36000
(9)   28800
      ------
S = 165600 = 100 × 1656.

Ce résultat se passe de commentaire; et on remarquera en outre que par tout cela Bérose donne victorieusement raison au texte hébreu, et contre le Samaritain, et contre les Septante qui, à la même époque où il écrivait, établissaient

p. 212

pour les païens une traduction grecque de leurs Écritures, en discordance avec le texte hébreu. Ce point a le plus extrême intérêt, à la fois historique et dogmatique.

827. Tout ce qui précède est une matière de fait. Avant toute explication, c'est un fait que Manéthon, Bérose, le Samaritain, les LXX, la Bible elle-même ont puisé à un fonds unique commun. C'en est un autre que, de ces expressions différentes d'un même objet, les unes sont des arrangements systématiques entourés d'un mystère voulu, tandis que la Bible proprement dite est le simple exposé, positif et sobre, d'une suite de faits explicités logiquement et chronologiquement liés. En d'autres termes, elle se présente comme l'expression normale d'une réalité dont les autres versions ne sont que de conscientes défigurations.

828. Ces remarques sont d'importance essentielle si l'on veut apprécier le poids des conclusions que la science actuelle des antiquités égyptiennes et assyriennes prétend baser sur les nombres chronologiques qu'elle tire soit des historiens indigènes, soit des monuments.

La question de la chronologie de Manéthon,

p. 213

après l'analyse et la discussion que nous en avons faite, peut être considérée à cet égard comme un point déjà réglé.

829. Il nous reste plus à dire pour l'Assyrie. L'Assyriologie (au contraire de ce que font les Égyptologues pour Manéthon et l'Égypte) ne paraît plus guère s'occuper de la Chronologie de Bérose; mais en revanche elle fait grand fonds de certaines déclarations chronologiques trouvées inscrites sur des vestiges monumentaux. Voici, par exemple, et pour prendre un cas particulièrement autorisé, ce qu'on trouve dans le travail classique de M. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, (pp. 155, 157, Notes), au sujet de l'époque du règne de Shargina I : « Le cylindre de Nabounahid... nous oblige à reporter son règne jusque vers l'an 3800... ». ...« Nabounahid, roi de Babylone, déclare, vers 550, que Naramsin régnait trois mille deux cents ans avant lui, ce qui donne la date 3750 av. J.-C. pour le règne de Naramsin ». Ailleurs (p. 160, et Note) : « Entre l'an 2300 et l'an 2280 avant notre ère, un roi de Suse, Koudour-Nakhounté, descendit dans les plaines de l'Euphrate, prit les villes depuis Ourou jusqu'à Babylone, enleva les images des dieux chaldéens », etc... « La date nous est donnée par une inscription d'Ashshourbanipal où ce roi raconte qu'il s'apporta de Suse à Babylone

p. 214

une statue de la déesse Nana, enlevée 1635 ans plus tôt par Koudour-Nakhounté ».

L'observateur mathématique, habitué à n'accepter une observation et à en faire usage qu'après la connaissance de son poids, (sans même s'arrêter à signaler, au point de vue de la méthode, l'insécurité que présente la détermination d'un ensemble, c'est à dire ici toute la Chronologie, par une seule donnée particulière, qui peut être affectée d'erreurs accidentelles considérables), objectera simplement qu'il connaît actuellement le poids qu'il convient d'accorder à une observation de ce genre, admise ainsi dans son autorité littérale, par la connaissance du travail de Bérose, prêtre chaldéen. En présence de ces durées de 2300, 1635 ans, etc. si affirmativement enseignées, il dira que les nombres chronologiques sortis des archives des temples et livrés au peuple et aux étrangers sont désormais démontrés avoir été des nombres fabriqués, la réalité, connue des prêtres, étant masquée par eux sciemment sous la figure artificielle des nombres (1); et il s'étonnera que des hommes de science du XXe siècle, qui connaissent la difficulté qu'il y aurait, en maintes parties plus rapprochées

(1) De même, par exemple, en Égypte on voit les prêtres dire à Hérodote, qui vient s'instruire auprès d'eux, que depuis le premier roi jusqu'à Sethon, il y a 11340 ans. (Hérodote, II, § 142).

p. 215

de l'Histoire, à embrasser avec certitude, du point où aujourd'hui même nous sommes, des durées aussi considérables, et qui se garantiraient dans ce cas par de prudentes réserves, décident avec cette apparente certitude quand il s'agit des peuples de l'antiquité.

En fait, des suppositions telles qu'en propose ici M. Maspero n'ont aucune valeur; non seulement leur poids est insuffisant, étant donné ce qu'actuellement nous savons; il est, dans sa portée littérale, par manière de dire, négatif; et le lecteur qui désire être sûr de ce qu'on lui dit est autorisé à appliquer cette même appréciation à tous les enseignements des vestiges de l'antiquité qui lui seront fournis dans ces mêmes conditions. Il n'y a en tout cela aucune sécurité scientifique.

830. Une seconde observation que nous avons à faire a rapport à la légitimité de l'attitude que les Assyriologues prennent à l'égard des données de la Bible, et de l'autorité de celle-ci comme document, quand ils la présentent comme de seconde main et en tant que défiguration de légendes puisées autre part. Les faits numériques que nous venons d'établir jettent, estimons-nous, une lumière complète sur ce débat. Pour mettre d'ailleurs le lecteur le plus simplement au courant (et par un document qui concerne directement la

p. 216

matière spéciale dont nous venions de nous occuper) du caractère actuel du conflit et de ses tendances, nous allons transcrire, en en conservant tous les traits essentiels, la première des deux conférences données devant l'Empereur Guillaume II par le Professeur Delitzsch, sous le titre retentissant « Babel und Bibel ». Sauf une note ou deux de détail, nous soumettrons d'abord cette pièce du procès, sans commentaires, au jugement du lecteur. Nous ferons ensuite quelques réflexions, pour traduire notre propre impression.

Voici cette Conférence (1).

Première Conférence du Professeur Delitzsch.

(Le 13 janvier 1902.)

D'où provient l'intérêt que suscitent, des deux côtés de l'Océan, les fouilles effectuées en Babylonie et en Assyrie? C'est la Bible.

Le public en général s'inquiète peu de ce paisible labeur. Mais il est certain que lorsque le résultat total de ces études sortira du cabinet des savants pour pénétrer le milieu social, l'église, l'école, la vie des hommes et des peuples en sera plus profondément transformée que par les plus remarquables découvertes dans le domaine des sciences physiques.

Dès à présent cependant la conviction devient de plus en plus générale que c'est surtout ce résultat des fouilles en Baby-

(1) Édit. anglaise Babel and Bible, London, 1903, pp. 1-78. La transcription de la seconde conférence n'ajouterait rien, pour le terme principal, à l'objet que nous avons ici en vue.

p. 217

lonie et en Assyrie qui est destiné à inaugurer une nouvelle époque en ce qui concerne tant la manière dont nous devons comprendre l'Ancien Testament, que la valeur qu'il convient de lui accorder, et que dorénavant Babel et la Bible resteront des sujets intimement connexes.

Combien les temps sont changés! Nous connaissions David, Salomon (— 1000), Moïse (— 1400) et Abraham huit siècles plus tôt, nous possédions même des détails circonstanciés concernant tous ces hommes. La chose paraissait si unique, que même de grands esprits épelaient le mystère renfermé dans le premier livre de Moïse. — Maintenant que les Pyramides et les palais Assyriens se sont ouverts à la vue de tous, le peuple d'Israël avec ses écrits apparaît comme un des plus jeunes parmi ses voisins.

Toute l'antiquité hébraïque, d'un bout à l'autre, est intimement liée à celle de Babylone et de l'Assyrie.

En 1849, Sir H. Rawlinson découvre Ur des Chaldéens, la patrie d'Abraham, des ancêtres d'Israël (Gen. XI, 31; XV, 7). En mars 1876, George Smith retrouve Carkemish, où Nébucadnetzar en — 605 remporta sa grande victoire sur Pharaon-Necho (Jer. XLVI, 2).

Quand, en 1843, le Consul français Émile Botta commença des fouilles à Khorsabad, près de Mossoul, le premier palais assyrien qu'il découvrit fut celui de Sargon, le conquérant de Samarie (Isaïe, XX, 1). Ainsi un grand nombre de personnages nommés dans la Bible reçoivent maintenant couleur et vie. Tels Sennachérib (2 Rois, XVIII, 14 etc.), Mérodach-Baladan (2 Rois, XX, 12), Hammurabi-Amraphel (Gen. XIV) le contemporain d'Abraham.

Mais ce ne sont pas seulement des hommes, ce sont des nations entières qui ressuscitent ainsi. Les sculptures assyriennes nous montrent les types d'un Judéen de Lachisch, d'un Israélite du temps de Jehu, d'un Élamite, d'un cavalier Arabe, d'un marchand Babylonien, de soldats Assyriens, en donnant

p. 218

ainsi à des passages d'Isaïe concernant les troupes assyriennes une couleur locale vivante. Grâce aux portes de bronze de Salmanazar II, aux reliefs des palais de Sargon et de Sennachérib, les méthodes de guerre de ce premier état militaire, et jusqu'aux détails des armes (arc et lance) et des équipements nous sont connus.

Quand le jeune David raconte à Saül que bien des fois il a chassé à pied le lion, et l'a tué, nous voyons par les reliefs sculptés d'Assurbanipal, que ce procédé de chasse était coutumier en Assyrie.

Le prophète Isaïe (XLV, 20; XLVI, 2) décrit des processions de dieux, qui reproduisent exactement ce que nous montrent aujourd'hui les dessins assyriens.

Nous pénétrons par ces représentations actuelles jusque dans l'âge des Sumériens, cette race primitive, ni Indo-germanique, ni Sémitique, dont les peuples ont été les créateurs et les fondateurs de la grande civilisation babylonienne, et pour lesquels le nombre 60 (¹) (et non 100) était l'unité voisine la plus haute après le 10.

Le pontife Sumérien dont la tête magnifiquement conservée est dans le Musée de Berlin, peut certainement être présenté comme un noble représentant de la race humaine à l'aurore de l'Histoire.

Tout instructives et dignes de considération qu'elles sont, ces données ne constituent encore cependant que des détails externes, et leur importance pâlit devant ce que nous avons maintenant à mentionner.

Je ne veux pas m'arrêter ici à la circonstance, quelle que soit son extrême portée, que la chronologie Babylonienne-Assyrienne, avec sa base strictement astronomique, les observations

(1) Voir plus loin au sujet de ce nombre 60 notre analyse de la Chronologie des Chinois.

p. 219

d'éclipses de soleil, etc. (1), nous permet d'arranger chronologiquement et d'une manière systématique les événements rapportés dans les livres bibliques des Rois (résultat pour lequel nous devrions être doublement reconnaissants, puisque R. Smith et Wellhausen ont prouvé que la chronologie de l'Ancien Testament est réglée sur un système de nombres sacrés : 480 ans de la fin de la Captivité à la fondation du Temple de Salomon, et de nouveau 480 ans (I Rois, VI, 1) de cette fondation à l'Exode des enfants d'Israël hors d'Égypte (2). Un seul exemple suffira à montrer la portée des recherches cunéiformes pour la compréhension du texte de l'Ancien Testament; c'est celui du passage : « Le Seigneur te bénisse et te garde; le Seigneur fasse luire sa face sur toi, et te soit favorable; le Seigneur élève son regard sur toi, et te donne la paix ». Combien de fois (Nombres VI, 24) cette triple bénédiction n'est-elle pas reproduite dans la Bible! Cependant sa signification n'a été déterminée pour nous dans toute sa profondeur que maintenant que la connaissance des usages babyloniens nous a appris que « élever sa face, ses yeux sur quelqu'un » est une expression favorite concernant une déité qui « prodigue son bon plaisir, son amour, à un homme, ou à un lieu choisi ». Mais même le grand secours que Babylone, d'une manière si inattendue, apporte à la connaissance philologique de la Bible, n'occupe qu'une place secondaire auprès de ce qui suit. Un des résultats, des plus dignes d'attention, des recherches

(1) On peut consulter à ce sujet : Kugler, Sternkunde und Sterndienst in Babel, Aschendorff, Munster. Le premier volume qui traite des planètes a seul paru. Le second sera consacré à la chronologie.

(2) Ceci n'est pas exact. On a, d'après la Chronologie de la Bible :

                                              Différences.
Exode . . . . . . — 1516
                                                  480
Fondation du Temple — 1036
                                                  500
Édit de Cyrus . . . — 536
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archéologiques sur l'Euphrate et le Tigre, est la découverte que dans le pays-bas babylonien, un district d'une étendue égale environ à l'Italie, il existait vers — 2250, une constitution sociale hautement développée, aussi bien qu'un état de culture qu'on peut bien comparer à celui de notre Moyen-Age. Après qu'Hammurabi eut réussi à chasser du pays les Élamites, ennemis héréditaires de la Babylonie, il eut réuni le Nord et le Sud du pays en un seul état, avec Babylone pour centre politique et religieux, son premier soin fut de soumettre tout cet état à des lois uniformes. Il prépara donc un grand code qui définissait la loi civile dans toutes ses branches, propriété, commerce, force publique, etc.

L'usage de l'écriture était d'ailleurs partout commun en Babylonie, même chez les particuliers ; et des lettres qui nous en restent on peut induire l'existence d'un système organisé de communications par lettres et arrangements postaux, ce qui suppose aussi que les rues, ponts, canaux, même au-delà des frontières de Babylone, étaient en excellente condition.

Le Commerce, l'Agriculture étaient à leur apogée, et les sciences, par exemple la géométrie, les mathématiques, et surtout l'astronomie avaient atteint un degré de développement qui provoque chez les astronomes d'aujourd'hui l'admiration et l'étonnement. Paris même, sinon Rome, ne peut rivaliser avec Babylone à l'égard de l'influence, exercée par celle-ci sur le monde pendant 2000 ans. Les prophètes de l'Ancien Testament attestent en termes pleins de déplaisir la grandeur qui dépasse tout et la puissance suprême de la Babylone de Nébucadnetzar.

« Babylone », s'écrie Jérémie (LI, 7) « était une coupe d'or dans la main de Jéhovah, coupe qui a rendu ivre la terre entière » ; et même jusqu'au temps de l'Apocalypse de Jean, on trouve des termes qui stigmatisent la mémoire abhorrée de la Grande Babel, la Cité riche et joyeuse, le centre luxueux du commerce et des arts, la mère des débauches et des idolâtries de la Terre. Ce foyer de culture, de sciences et de

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littérature, le « cerveau de l'Orient », et le pouvoir tout puissant, était la ville de Babylone, il y a déjà 3000 ans dans le passé.

Pendant l'hiver de 1887, on a trouvé à El-Amarna en Égypte, dans les ruines de la capitale d'Amenophis IV, entre Thèbes et Memphis, environ 300 tablettes d'argile de toutes dimensions. Ces tablettes sont, comme on l'a reconnu depuis, les lettres des rois de Babylonie, d'Assyrie et de Mésopotamie, aux Pharaons Aménophis III et IV, et en particulier les communications écrites des gouverneurs égyptiens des grandes cités cananéennes, telles que Tyr, Sidon, Acre, Ascalon, à la cour d'Égypte ; et les musées de Berlin sont assez favorisés pour posséder des lettres de Jérusalem écrites avant même l'immigration des Israélites dans la Terre promise.

Comme un puissant réflecteur, cette découverte de tablettes d'argile à Amarna a changé en lumière éclatante la profonde obscurité qui enveloppait les pays méditerranéens, — Canaan en particulier, — et en même temps leur état politique et leur culture vers 1500-1400 avant Jésus-Christ. Et le seul fait que tous ces chefs de Canaan et même de Chypre, adoptent eux-mêmes l'écriture et le langage babyloniens, que, par conséquent, la langue babylonienne était le langage officiel et diplomatique de l'Euphrate au Nil, prouve l'influence toute puissante de la culture et de la littérature babyloniennes, de — 2200 jusque — 1400 en-deçà.

Quand, par conséquent, les douze tribus d'Israël envahirent Canaan, elles entrèrent dans un pays qui constituait un domaine complètement influencé par la culture babylonienne (1).

Nous comprenons ainsi tout d'un coup pourquoi, par exemple, la monnaie, le système des poids et mesures, la forme exté-

(1) On sait par exemple par Josué VII, 21 que lors de la prise de Jéricho, un manteau babylonien trouvé dans la ville excita la convoitise, et fut la cause de la punition d'Achan.

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rieure de la loi : « si un homme fait ceci ou cela, il subira ceci ou cela », sont précisément babyloniens ; et d'accord avec le fait que le système des sacrifices et l'institution de la prêtrise de l'Ancien Testament sont profondément influencés par le système babylonien, il est significatif que la tradition Israélite elle-même n'apporte aucune information certaine concernant l'origine du Sabbath (Cf. Exode XX, 11 avec Deut. V, 15).

Mais puisque les Babyloniens avaient aussi un jour de Sabbath (Sâbattu), auquel, dans le but de se concilier les dieux, il y avait une fête, c'est à dire aucun travail à faire, il est difficilement possible pour nous de douter que nous devons les bénédictions du Sabbat ou du Dimanche, en fin de compte à cette race ancienne et cultivée des bords de l'Euphrate et du Tigre. Il y a bien plus. Le Museum de Berlin possède à cet égard un trésor particulièrement précieux. C'est une tablette d'argile portant une légende babylonienne qui nous apprend comment il arriva que le premier homme perdit son immortalité. Elle a été trouvée à El-Amarna (Égypte), et les marques à l'encre rouge égyptienne, qui existent à différentes places sur la tablette (indiquant la peine que le savant égyptien a prise pour rendre le texte étranger intelligible) donnent la preuve visible de l'ardeur avec laquelle, même dans des pays aussi éloignés que la Terre des Pharaons, la littérature babylonienne était étudiée. Est-il dès lors étonnant que la même chose se soit produite également en Palestine, aussi bien dans les premiers temps que dans des temps plus rapprochés, et qu'à l'heure actuelle, tout d'un coup, toute une série de récits bibliques nous arrivent, procédant sous forme originale des trésors de débris enfouis à Babylone, sortant en quelque sorte de la nuit pour apparaître enfin à la lumière du jour?

Les Babyloniens divisaient leur histoire en deux grandes périodes : la première avant, la seconde après le Déluge. Babylone était d'une manière toute particulière la terre des

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Déluges. Les terres basses sont exposées à de terribles inondations, d'une nature spéciale — des cyclones et tornados accompagnés de tremblements de terre et d'effrayantes pluies.

Ainsi en 1876, un tornado de cette espèce, venu de la Baie du Bengale, accompagné de tonnerre et d'éclairs, approcha des bouches du Gange, formant une gigantesque vague, de telle sorte qu'une aire de 141 milles géographiques carrés fut submergée en 24 heures et 215000 hommes noyés. En réfléchissant à cela, nous pouvons imaginer la catastrophe qu'un cyclone de cette espèce a pu produire en envahissant dans ces premiers temps les terres basses de la Babylonie.

Le célèbre géologue viennois Suess (1) a montré qu'il y a ligne pour ligne la description d'un tel cyclone dans l'histoire du Déluge babylonien, écrite sur une tablette de la bibliothèque de Sardanapale à Ninive, histoire de laquelle une relation écrite existait dès — 2000. La mer joue le rôle principal dans cette histoire, et le navire de Xisuthros, le Noé babylonien, est jeté sur des sommets des montagnes d'Arménie et de Médie ; c'est l'histoire du Déluge qui nous est si familière. Xisuthros reçoit du dieu des profondeurs de l'Océan l'ordre de construire un navire de contenance déterminée, de le goudronner, et d'embarquer sa famille et tout ce qui vit. Porté sur les eaux, le navire à la fin s'arrête sur une montagne appelée Nizir. Alors suit le fameux passage : « Au 7e jour je lâchai une colombe », etc., puis une hirondelle, puis un corbeau qui ne revient pas ; suit la sortie de Xisuthros du navire, le sacrifice offert sur la montagne, le parfum de ce sacrifice agréé par les dieux, etc.

L'histoire tout entière, telle qu'elle était écrite, a voyagé jusqu'en Canaan. Mais les conditions locales étaient entière-

(1) [Voir concernant les conceptions telluriques de l'ouvrage de Suess Der Antlitz der Erde, notre travail : Sur la physique du Globe. (Discours lu en séance publique de l'Académie royale de Belgique, Déc. 1900 ; Bull. Acad.).]

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ment différentes; on oublia que la mer était le facteur principal (1) et c'est ainsi que nous trouvons dans la Bible deux récits du Déluge, qui ne sont pas seulement scientifiquement impossibles, mais, bien plus, qui sont contradictoires l'un à l'autre, — l'un assignant à sa durée 365 jours, et l'autre [40 + (3 × 7)] = 61 jours (2).

La science est redevable à Jean Astruc, ce strictement orthodoxe et catholique médecin de Louis XIV, d'avoir reconnu que deux narrations fondamentalement différentes d'un déluge ont été fondues dans la Bible en une seule histoire. En 1753, Astruc, comme l'a dit Gœthe, « appliqua le scalpel au Pentateuque », et devint par là le fondateur de la critique du Pentateuque, — c'est à dire de la science qui découvre de plus en plus clairement que les sources écrites très variées dont les cinq livres de Moïse sont une compilation.

Ce sont là des faits qui, en tant qu'il s'agit du domaine de la science, restent fermes et inébranlables, quelque obstinément que les masses, des deux côtés de l'Océan, puissent continuer à leur fermer les yeux.

Les 10 rois babyloniens antédiluviens ont aussi été introduits dans la Bible, où ils figurent comme les 10 patriarches antédiluviens, avec divers points de concordance quant aux détails.

En outre du poème épique babylonien de Gilgamesch, dont la 11e tablette donne l'histoire du Déluge, nous possédons aussi un autre beau poème babylonien, écrit sur 7 tablettes. Au commencement de toutes choses, d'après cette histoire, il y avait une eau primitive, ténébreuse, nommée Tiâmat, existant dans un état d'agitation et de tumulte. Mais aussitôt que les dieux procédèrent à la formation d'un univers ordonné, Tiâmat, généralement représenté comme un

(1) [C'est une erreur de fait. Il suffit de rappeler Gen. VII, 11.]

(2) [Nous renvoyons le lecteur, dans ce Tome III des Leçons, à notre analyse de la Chronologie littérale du Déluge.]

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dragon, mais aussi comme un serpent à 7 têtes, surgit en ennemi, donna naissance à des monstres de tous genres, en particulier à de gigantesques serpents, et, avec eux comme alliés, se prépara à faire la guerre aux dieux. Tous les dieux tremblent de peur; seul le dieu Marduk, le dieu de lumière, le dieu du matin et du printemps, combat à condition que la première place parmi les dieux lui sera conférée. Une scène splendide suit. Le dieu Marduk étend un puissant filet à l'est et au sud, au nord et à l'ouest, de manière que rien de Tiâmat ne puisse s'échapper; etc. — Marduk tue Tiâmat; le coupe en deux comme un poisson, d'une moitié forme le ciel, de l'autre la terre, séparant en même temps les eaux supérieures des inférieures par le moyen du firmament. Il met dans les cieux la lune, le soleil, les étoiles; sur la terre les plantes et les animaux, jusqu'à ce qu'enfin le premier couple humain, fait d'argile mélangée de sang divin, apparaît façonné par la main du Créateur.

Comme Marduk était la divinité tutélaire de la cité de Babel, nous pouvons aisément penser que cette narration en particulier fut largement diffusée en Canaan. Les poètes et prophètes de l'Ancien Testament en arrivèrent à transférer à Jéhovah l'acte héroïque de Marduk, et l'exaltèrent comme étant celui qui à l'origine du temps mit en pièces le monstre marin (léviathan, Ps. LXXIV, 13, sq; et LXXXIX, 10), comme celui par lequel les soutiens du dragon (râhâb) furent défaits; de même en Isaïe LI, 9 et Job XXVI, 12. Le scribe théologien qui composa le Ch. I de la Genèse, essaie, naturellement, de retrancher de cette histoire de la Création tous les détails mythologiques. Mais le chaos obscur, aqueux est supposé, et cela avec le nom Tehom (c. à d. Tiâmat); il est d'abord séparé de la lumière, puis le ciel et la terre paraissent. Les cieux reçoivent le soleil, la lune, les étoiles; la terre, les végétaux et les animaux; et enfin le premier couple humain est façonné par la main de Dieu; et tout cela étant, la connexion intime

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qui existe entre les histoires Biblique et Babylonienne de la Création est aussi claire et démonstrative que sont et seront toujours futiles les tentatives pour mettre notre histoire biblique de la Création en conformité avec les résultats de la science de la nature (1).

Il est intéressant de noter qu'il subsiste encore un écho de ce combat entre Marduk et Tiâmat dans l'Apocalypse de Jean, où il est question du conflit entre l'Archange Micaël et la Bête de l'Abîme, l'Ancien serpent, qui est le Diable et Satan. L'entière conception de tout cela, d'ailleurs aujourd'hui présente dans l'histoire de saint Georges et du dragon, histoire rapportée par les Croisés, est manifestement babylonienne. De beaux reliefs, plus anciens de plusieurs siècles que l'Apocalypse ou le premier chapitre de la Genèse, se voient sur les murs des palais Assyriens, représentant la lutte entre le pouvoir de lumière et le pouvoir de ténèbres.

Les liens connexes suivants paraîtront encore plus importants cependant.

Le commandement de ne pas faire à son prochain ce que l'on ne veut pas qu'on vous fasse à vous-même est écrit d'une manière indélébile dans chaque cœur humain. « Tu ne prendras pas le sang de ton prochain, — tu n'approcheras pas sa femme, — tu ne prendras pas son vêtement », ces statuts essentiels de conservation de la société se trouvent chez les babyloniens précisément dans la même connexion que les 5e, 6e et 7e commandements de l'Ancien Testament.

Quand le Mage Babylonien appelé au lit d'un malade cherche à connaître quels péchés l'ont jeté dans cet état, il ne s'arrête pas tant à de gros péchés tels que le meurtre et le vol, qu'à demander : « Avez-vous manqué de vêtir celui qui était nu,

(1) [La conformité est au contraire complète. Voir notamment le bel ouvrage de Pozzi : La Terre et le Récit biblique de la Création.]

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ou de ramener à la lumière un prisonnier ? ». Dire la vérité, garder une promesse, semblait aux Babyloniens un devoir aussi sacré, que dire « Oui » de la bouche et « Non » dans le cœur leur paraissait une faute punissable. Les Babyloniens, comme les Hébreux se considéraient à tous égards entièrement dépendants des dieux.

Eux aussi regardaient toute souffrance humaine, la maladie en particulier, et finalement la mort, comme une punition des péchés. A Babel comme dans la Bible le sentiment du péché est partout la force dominante. Dans ces circonstances nous comprenons que les penseurs babyloniens aient approfondi le problème de l'origine du mal. La Bible contient la belle et profonde histoire de la corruption de la femme par le serpent. De nouveau, le serpent ! Il y a certainement quelque chose de babylonien là-dessous ! Le problème de la source de l'histoire biblique de la Chute ne le cède à aucun autre en importance pour l'histoire de la religion, et surtout pour la théologie du Nouveau Testament, qui, on le sait, oppose au premier Adam, par lequel le péché et la mort vinrent dans le monde, le second Adam. Peut-être nous sera-t-il permis de lever un peu le voile. Nous permettra-t-on de signaler un vieux cylindre babylonien ? Au centre est un arbre chargé de fruits ; à droite un homme ; à gauche une femme, et derrière la femme un serpent. N'y aurait-il pas une connexion entre cet antique tableau babylonien et l'histoire biblique de la Chute ?

De même il existe des traits évidents de concordance entre les idées des Babyloniens et des Hébreux sur le lieu des âmes après la mort.

Ainsi que cela est bien connu, l'idée que la divinité emploie des messagers, des anges, étrangère aux Égyptiens, est essentiellement babylonienne ; et la conception des Chérubim et des Séraphim est aussi à mettre au compte de la Babylonie. Les anges de la Babylonie et de l'Assyrie, comme ceux de la vision

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d'Ézéchiel, sont très souvent représentés sous une forme hybride, — comme par exemple le Chérubin Taureau-ailé, avec la face d'un homme. On trouve également des représentations de démons et de diables.

Dans le cours de ses explorations à Khorsabad, Victor Place découvrit, entre autres choses, les magasins appartenant au palais de Sargon ; dans une salle se trouvaient des poteries de toutes formes et dimensions, dans une autre des ustensiles en fer. Dans un ordre parfait on retrouva de grandes provisions de chaînes, clous, etc., et le fer était si bien travaillé et si bien conservé que, frappé, il résonnait comme une cloche. Quelques-uns de ces objets, quoique vieux de 2500 ans, pourraient servir de nouveau aux laboureurs Arabes.

Que de tels produits de l'ancienne Assyrie puissent ainsi exister et servir de notre temps, cela nous frappe comme un fait étrange ; mais la même chose exactement concerne le domaine intellectuel. Quand nous divisons le Zodiaque en douze signes et les appelons Bélier, Taureau, Gémeaux, etc., quand nous divisons le cercle en 360°, et la minute en 60 secondes, l'heure en 60 minutes et la minute en 60 secondes, en tout cela c'est la culture Sumérienne-Babylonienne qui est encore vivante et opérante à notre propre époque.

Peut-être ai-je réussi à montrer que plus d'une donnée babylonienne s'est attachée même à nos idées religieuses par l'intermédiaire de la Bible. Quand nous éliminons ces conceptions qui, tout en venant de peuples hautement doués, sont néanmoins purement humaines, et que nous libérons notre esprit des préjugés enracinés de toute espèce, la religion elle-même, telle que l'exaltent les prophètes et les poètes de l'Ancien Testament, et telle qu'elle est enseignée dans son sens le plus sublime par Jésus, et aussi par le sentiment religieux de nos propres cœurs, en est si peu affectée, qu'elle se présente tout au contraire à nous, par ce procédé de purification, comme plus vraie et plus sympathique.

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Il n'est pas, comme dernier mot, jusqu'au monothéisme de la Bible, ce monothéisme qui lui donne une telle importance dans l'histoire du monde, sur lequel Babel n'ait récemment ouvert pour nous un horizon nouveau et inattendu. Yahwé, l'Existant, celui qui ne subit aucun changement, ce Yahwé était la possession spirituelle de ces mêmes tribus nomades desquelles, un millier d'années plus tard les enfants d'Israël devaient sortir.

Les dieux des Babyloniens sont des êtres vivants, omniscients, omniprésents, qui entendent les prières des hommes, condamnent leurs péchés, mais ont compassion d'eux. Leurs représentations telles que le Dieu-Soleil de Sippar, assis sur son trône dans le Saint des Saints, sont bien éloignées de ce qui est ignoble ou grotesque.

Un très ancien cylindre babylonien nous offre une représentation qui rappelle d'une manière frappante la vision d'Ézéchiel.

En dépit de tout cela cependant, et quoique de libres et nobles esprits enseignent ouvertement que Nergal et Nebo, le Dieu-Lune et le Dieu-Soleil, le Dieu-Tonnerre, et tous les autres dieux sont un en Marduk, le dieu de lumière, le Polythéisme, un grossier polythéisme, continua pendant 3000 ans à être à Babylone (1) la religion d'État, — solennel avertissement et exemple de l'indolence des hommes et des peuples en matière religieuse, et de l'immense pouvoir d'un clergé organisé, fermement appuyé sur elle.

Même la foi de Jahwé, par laquelle, comme sous un étendard, Moïse maintint dans l'unité les douze tribus nomades d'Israël, fut et continua à être chargée de toutes les espèces d'étroitesses humaines : conceptions naïves anthropomorphiques de la divinité, propres à la jeunesse de l'humanité ; culte

(1) [Non en Israël.]

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sacrificiel païen ; formes extérieures de la loi, qui n'empêchaient pas chez le peuple de continuels retours au culte de Baal et d'Astarté, les divinités des Cananéens ; et, par dessus tout, l'exclusivisme Israélite.

Ce fardeau ne fut pas rejeté avant que les prophètes, par des admonitions, telles celles de Joël et des psalmistes (Ps. LI, 17), eurent réclamé la sincérité en religion ; avant que, avec l'enseignement de Jésus, exhortant les hommes à prier Dieu, le Père de nous tous, en esprit et en vérité, une nouvelle ère, celle du Nouveau Testament, fît luire sur le monde un jour nouveau.

* * *

« Babel et Bible ». Ce qui a été dit ne constitue qu'un faible à-compte de l'enseignement des fouilles de la Babylonie et de l'Assyrie, pour l'histoire et le progrès de l'humanité. Que cela puisse nous faire de mieux en mieux reconnaître qu'il était grand temps que l'Allemagne plantât sa tente sur les bords, couronnés de palmiers, de la rivière du Paradis ! Soutenue, comme les entreprises archéologiques des autres nations, par l'intérêt croissant qu'y prend notre peuple, par le patronage personnel de notre Empereur et Roi, la German Oriental Society, quoique apparue la dernière sur le champ de recherches (il y a seulement trois ans), conquerra une place d'honneur sous le soleil qui se lève au-dessus de ces mystérieuses collines de l'Orient.

831. Nos réflexions personnelles au sujet du document qu'avec le lecteur nous venons de parcourir, seront brèves. Elles s'adresseront d'abord à l'Auteur lui-même du document ; ensuite à l'Église évangélique, défenseur attitré des Écritures.

p. 231

En ce qui concerne l'Auteur, nous ne l'entreprendrons nullement sur ce que, mis en présence par la Bible de la notion profonde de l'Éternel, ou de l'Être en soi, puisant dans sa suprême Bonté la raison d'être de son pouvoir créateur, notion qui a pénétré dès l'origine la pensée d'Israël, il puisse, mû par le prestige de ses découvertes archéologiques, exalter à l'égal d'un principe ce dieu Marduk qui, par rivalité avec d'autres dieux et motif d'intérêt personnel, coupe en deux un serpent-poisson et des deux parts fait le Ciel et la Terre. Ce sont là des divergences de tendances où il n'y a pas lieu à intervention. Restant sur le terrain de la méthode purement scientifique, nous lui demanderons simplement, à titre de sa qualité d'homme de science, pourquoi il déroge ici à la règle la plus élémentaire de cette méthode, et qui consiste, ayant à parler d'un document, à d'abord l'étudier en lui-même. Il est évident, pour ne citer qu'un seul trait, mais fondamental de cette connaissance de la Bible, que si M. le Professeur Delitzsch avait su que la Bible a une Chronologie unique, que cette Chronologie enseigne les Lois historiques de la succession des Peuples (succession où le peuple assyrien a sa place marquée par la Bible elle-même); que tout le système historique des nombres de cette Bible est repéré sur le Globe terrestre par le Diagramme cinématique

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et géographique de l'Histoire ; qu'enfin, par un véritable Miracle, cette Chronologie, aussi bien que le plan historique et prophétique du Livre, sont mesurés géométriquement dans la Grande Pyramide de Khéops au moyen d'unités empruntées à la Terre géodésique, — tout en maintenant à juste titre dans son travail toutes les données de fait et très intéressantes que ce travail contient, la conclusion didactique en eût été renversée, c'est à dire eût été exactement, appuyée sur les mêmes faits, le contraire de celle qu'il nous propose.

Pour ce qui est en second lieu de l'Église et des chrétiens évangéliques, nous venons de leur mesurer, par l'exemple suffisant de ce travail, — qui est la négation de leur foi ; qu'eux-mêmes dans leur état moyen actuel de connaissance seraient incapables de réfuter ; et devant lequel, tout faux dieu qu'il est, ils sont néanmoins contraints de courber la tête, le croyant, par ignorance, science autorisée, — la responsabilité qu'ils encourent devant Dieu lorsque, par esprit de secte ou une étroitesse d'esprit qui est en fait une résistance à la vérité, ils dédaignent ou traitent avec indifférence les moyens que la Parole de Dieu met aujourd'hui à leur disposition, pour répondre par les trésors de sa vraie Science, à celle qui est « faussement ainsi nommée » (I Tim. VI, 20).

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G) CHRONOLOGIE CHINOISE.

832. C'est seulement depuis le XVIIe siècle (règne de Khang-Hi, 1662-1722, contemporain de Louis XIV) et le XVIIIe (Khian-loung, 1736-1795), que l'on connaît d'une manière positive, grâce aux travaux des missionnaires, les Annales de la Chine et sa littérature.

Voici les sources authentiques dont nous ferons principalement usage :

a) Le Chou-King, un des livres sacrés des Chinois … ouvrage recueilli par Confucius, traduit et enrichi de notes par feu le P. Gaubil, Missionnaire à la Chine, revu et corrigé sur le texte chinois, … par M. de Guignes. On y a joint un Discours préliminaire qui contient des recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-King, et une notice sur l'Y-King autre livre sacré des Chinois. 1 vol. in-4°, Paris 1770.

b) Y-King Antiquissimus sinarum liber quem ex latina interpretatione P. Regis… edidit J. Mohl. Stuttgart et Tubingue, 1834.

c) Mémoires concernant l'histoire, les sciences, les arts, les mœurs, les usages, etc. des Chinois, par les Missionnaires de Pékin. 16 vol. in-4°, Paris, 1776-1816 (publiés par l'abbé le Batteux, de Brequigny, de Guignes et de Sacy).

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d) Le précieux recueil de documents originaux accompagnés de commentaires :

Les livres sacrés de l'Orient, traduits ou revus et corrigés, par G. Pauthier. 1 vol. gr. in-8°, Paris, 1852 ; et

du même sinologue :

La Chine, description historique, géographique et littéraire, d'après des documents chinois, par G. Pauthier. Paris, Didot, 1837.

833. Sans nous arrêter aux détails multiples et tous d'un vif intérêt glanés dans la lecture et l'étude de ces documents, nous procéderons ici par quelques traits de premier ordre, qui délimiteront à la fois le sujet et nos conclusions.

A l'exemple des peuples que nous venons déjà de passer en revue, Égyptiens et Assyriens-Chaldéens, et comme les Hindoux dont nous nous occuperons plus loin, et dont il va d'ailleurs être question au sujet même de la Chine, les Chinois placent avant leurs temps historiques proprement dits des temps dits fabuleux, que caractérisent des périodes chronologiques. L'école des Lettrés de Confucius ou rejette ces traditions ou ne se prononce pas sur elles ; mais, de fait, elles existent en Chine de temps immémorial (1) et elles

(1) La Chine, ouvrage cité, pp. 20, 22.

p. 235

paraissent y procéder du même fonds que les notions analogues et souvent identiques des Hindoux. Nous reviendrons plus loin avec plus de détail sur ces dernières. Pour le moment nous mentionnerons à l'égard des Chinois et des Hindoux un fait des plus remarquables, et dont l'énoncé fera de lui-même comprendre la portée. C'est que le nombre, base des supputations de ces Chinois et Hindoux, est ce même nombre, ou 6, ou 12, ou 24,… mis en usage par les Chaldéens ; et surtout que la durée d'un de leurs âges est exactement le même nombre 432000 [= 2 × 1000 × (6.6.6)] qui mesurait la grande période antéhistorique de ces Chaldéens.

834. Il y a lieu de considérer ensuite chez les Chinois l'existence d'une durée séculaire qui correspond au temps des 10 patriarches de la Bible, au temps des 10 rois antédiluviens des Chaldéens ; savoir celle des 10 Ki ; c'est à dire de 10 périodes à la fin desquelles (dans le 9e Ki) arrive le cataclysme tellurique du Déluge universel de Kong-Kong et Niu-va. Le 10e Ki s'ouvre alors par Hoang-ti auquel les Chinois font commencer leur histoire positive. Cet Hoang-ti, en parallèle avec Noé et Xisuthros, dans la Bible et chez les Chaldéens, se présente dans ce système comme le père du monde postdiluvien.

p. 236

[Le Chou-King commence à Yao, 6e souverain à partir d'Hoang-ti.]

On va voir à quel point le parallèle d'ensemble, évident jusqu'ici, va se préciser par les nombres de la partie positive de la chronologie chinoise.

835. La table chronologique de tous les souverains qui ont régné en Chine de Hoang-ti jusqu'aux temps actuels, a été imprimée en 1767 à Péking avec l'examen critique de la chronologie chinoise. Ce travail a été fait par le collège des Han Lin (Académie impériale), sous le règne et par ordre de l'empereur Kien-loung. Cette table, traduite par le P. Amiot, qui en a rapporté les dates à notre ère, a été envoyée par lui de Péking à Paris (Bibliothèque royale) en 1769. Elle a été reproduite par Pauthier à la fin de son ouvrage sur la Chine (p. 475). C'est un document unique, non seulement parce qu'il résume et synthétise toute la science historique des Chinois, mais aussi parce qu'il s'étend par une suite ininterrompue de règnes sur toute la durée de ce que nous appelons l'histoire universelle.

C'est donc en quelque manière une base mesurée en dehors de l'agitation du foyer civilisateur, et qui vient vers la fin des temps se proposer pour échelle intégrale au phénomène historique tout entier.

p. 237

La Table prend pour argument le cycle de 60 ans, — fait en lui-même de nouveau remarquable si l'on se rappelle ce qui a été dit de l'usage du nombre 60 comme élément fondamental chez les Chaldéens (1). De ce cycle de 60 ans, dont Hoang-ti est considéré comme l'inventeur, la Table se sert à la manière dont les Grecs se servaient des Olympiades, une année donnée étant désignée 1°) par le numéro du cycle auquel elle appartient, 2°) par son numéro d'ordre dans ce cycle.

Le premier Cycle commence en — 2637, par la 61e année du règne de Hoang-ti, les 60 premières années de son règne (ou la valeur d'un cycle) étant rejetées dans les temps antérieurs à ceux de la Table. Ce trait singulier n'est nullement, comme nous en rendrons compte plus loin (§ 844), une bizarrerie sans justification. Il est au contraire voulu pour une raison bien déterminée et a un sens très instructif.

Quant aux laps de temps historiques dont s'occupent les divers Livres chinois, Hoang-ti figure à la fin de ce que le P. de Prémare dans ses Recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-King, appelle l'Ancienne Chronique.

Le Chou-King alors se présente, et commence

(1) Voir en particulier à cet égard, la Conférence de Delitzsch, p. 216 ci-dessus.

p. 238

par Yao, lequel est évidemment postérieur au Déluge universel puisqu'on voit (Chou-King, Part. I, Chap. I, § 11) que cet empereur parle de remédier au désastre de la grande inondation des eaux, qui couvrent les collines de toutes parts, surpassant les montagnes, et paraissant aller jusqu'aux cieux (1).

Les commentateurs chinois expriment d'ailleurs clairement cette opinion. Nous lisons [Mémoires, T. I (pp. 3-271), Essai sur l'antiquité des Chinois] au sujet du Déluge (pp. 157, 159) : « Houn-gan-Konc dit... dans son commentaire du Tchun-tsieou, Tom. I, Ch. IV, que « l'inondation, selon lui, n'était pas arrivée au temps de Yao, mais remontait jusqu'au commencement ». Les Han-lin commentateurs du Chou-King disent de leur côté : « Ce n'est pas du temps de Yao que les eaux furent si funestes ».

Il faut en conclure que, pour les Chinois, le Chou-King commence, avec Yao, une nouvelle

(1) Il y a ici (Chou-King, Part. I, I, 11) une singulière allusion à la Loi quadrangulaire du relief qui, dans la Théorie physique du Globe, s'établit définitivement lors de la crise tellurique du Déluge (voir Étude sur le système des forces, etc., Mém. Acad. Belg. T. XLVIII); car Yao s'adresse pour réparer le désastre aux « Grands des 4 Montagnes », ce qui est adéquat à l'idée des « 4 grands soulèvements ».

p. 239

économie, celle de l'histoire postdiluvienne (1).

836. Le système des documents historiques des Chinois, savoir, d'après ce qui précède, l'Ancienne Chronique et le Chou-King, ou les 10 Ki et Yao, signale dès lors de lui-même, dans la séparation même de ces documents, une époque origine fondamentale ; et c'est effectivement par cette phase de séparation que débute la Table chronologique des Lettrés chinois, telle que nous avons maintenant à l'examiner de plus près.

837. Nous aurons évidemment d'après ce qui précède à y considérer particulièrement les temps compris de Hoang-ti à Yao. Voici la transcription de la partie de la Table qui les concerne, c'est à dire le commencement de cette Table.

(1) Un trait remarquable de concordance avec la Bible et qu'il importe de signaler, est que, les familles royales prétendant toutes remonter à Hoang-ti, les Chinois ont mis en tête de toutes les éditions du Chou-King une table généalogique des trois premières dynasties, Hia, Chang et Tcheou, lesquelles comme la montre la disposition de cette Table (Recherches, etc., au 10e Ki) ne se suivent pas, mais sortent, comme d'un tronc commun, de Hoang-ti. Il semble y avoir là un parallèle étroit et évident avec la généalogie triple de Noé, engendrant Sem, Cham et Japhet ; et de même ceci rappelle le système tout analogue des trois premières dynasties de Manéthon (voir § 752, l).

p. 240

TABLEAU LXXXVII.

Table chronologique des souverains qui ont régné en Chine.

Ordre        Années corres-          Années de règne et noms des empereurs.
des          pondantes
cycles.      avant J.-C.

  1            2637       61e année du règne de Hoang-ti (l'empereur jaune).
  2            2577       21e    "      "     Chao-Hao.
  3            2517       81e    "      "     Chao-Hao.
  4            2457       47e    "      "     Tchouan-Hiu.
  5            2597       39e    "      "     Ti-Kou.
               2566       1re    "      "     Ti-Tchi.
               2557        "     "      "     Thang-Yao, ou seulement Yao.
  6            2557       21e    "      "     Yao.

Nota. — Il est à remarquer que depuis Ti-Tchi, on appelle les années du nom de Tsaï, et non de celui de Nian, comme auparavant. Tsaï signifie qui est complet, qui est fini, qui est prêt à recommencer ; d'où l'on conclut que l'année finissait après toutes les récoltes.

               2255       Yao associe Chun à l'empire.
  7            2277       81e année du règne de Yao.
                          9e    "    de l'association de Chun, ou seulement Chun.
               2285       1re   "    du règne de Yu-Chun.
               2224       Chun associe Yu à l'empire.
  8            2217       39e année du règne de Chun.
                          8e année de l'association de Yu.

(Ici commence la Dynastie Hia, en 2205, 1re année de Yu, premier empereur de la Dynastie Hia.)

838. Une première remarque, remarque essentielle, qu'évoque ce Tableau, c'est que le Déluge biblique ayant lieu en — 2528, la Chronologie des Chinois fait donc commencer l'Histoire postdiluvienne au même niveau que la Bible. Hoang-ti

p. 241

est le représentant du Déluge, et Yao celui de la Dispersion des Nations et de l'époque de Constitution qui la suit (1).

839. Cherchons maintenant plus précisément la situation chronologique de la vie de Hoang-ti. Il meurt à 111 ans (2) après un règne de 100 ans (Chou-King, Disc. prélim. p. CXXXII) ; par conséquent, il naît en

(— 2637 + 100 — 60) — 111 = — 2597 — 111 = — 2708,

c'est à dire à une distance de la naissance de Noé égale à 420 = 7 × 60 ans = 7 cycles.

On a en effet

N₁ = Naissance de Noé   .   = — 3128
N₂ =       »      d'Hoang-ti =  — 2708
N₂ — N₁ = 420 = 7 × 60.

On a d'ailleurs aussi

N₁ = Naissance de Noé = — 3128
Déluge   .  .  = — 2528
Déluge — N₁  .  = 600 = 10 × 60
et
Déluge — N₂  .  = 180 = 3 × 60.

840. Ce fait est décisif. En même temps qu'il

(1) 2357 + 1870 = 8 × 528 (528,3..).

(2) Ce signe 111, signe de la Trinité, est à rapprocher des nombres 111, 333, 666, 777, etc. du système biblique.

p. 242

montre la naissance d'Hoang-ti réglée sur celle de Noé et sur le Déluge, il fait découvrir l'origine et la raison d'être, jusqu'ici tout à fait inconnues, du cycle chinois de 60 ans propre à toute la chronologie chinoise et dont Hoang-ti passe pour l'inventeur. Ce cycle n'est autre que celui des 60 ans de la Bible donnés par les 600 = 10 × 60 = 10 cycles qui s'écoulent de la naissance de Noé au Déluge ; et ce qui en outre est surtout considérable, c'est que la suite des Hexades de la Table, si elle était repérée sur la Naissance d'Hoang-ti au lieu de l'être sur le commencement de son règne, serait en coïncidence exacte avec celle des Hexades de Noé.

Le premier des 600 ans de Noé commence en 3128 et finit en 3127. Les Hexades de Noé marquent donc par leurs commencements les points chronologiques ou instants du temps :

         Hexades de Noé.

(Nais. de Noé) 3128
               3068
               3008
               2948
               2888
               2828                  et l'on a
               2768                              Hexades de Hoang-ti.
               2708               (Nais. de Hoang-ti) 2708
               2648                                   2648
               2588                                   2588
   (Déluge)    2528                       (Déluge)    2528.
p. 243

841. On voit aussi par là, mis en évidence par les 100 + 11 ans de la vie de Hoang-ti, l'usage de deux ères : celle de sa naissance et celle de son commencement de règne, lesquelles ères sont distantes de 11 ans. Or avec la première ère, celle de sa naissance, le commencement du cycle 3, compté à partir de cette ère, deviendrait

— 2517 — 11 = — 2528

c'est à dire la date même du Déluge biblique ; et de même alors l'origine même de tout le tableau chronologique deviendrait

— 2637 — 11 = — 2648

c'est à dire

— 2528 — 120 ans ;

elle correspond à celle des 120 ans mentionnés dans la Bible et qui devaient encore (Gen. VI, 3) s'écouler jusqu'au Déluge.

842. Si la naissance de Hoang-ti est à distance déterminée du Déluge, sa mort l'est aussi, et en rapport avec l'avènement de Yao. On a en effet d'abord

p. 244
Dernière année de Hoang-ti
       — 2708 + 110 = — 2598

et par conséquent

Déluge — Dern. année de Hoang-ti = — 2528 + 2598 = 70 ans.

La mort de Hoang-ti et l'avènement de Yao sont ensuite symétriquement placés au moyen de ce même nombre 70 (qui, par le chiffre 7, ainsi qu'on l'a vu déjà plusieurs fois est un signe du Déluge), par rapport au Déluge (ou à la Naissance d'Arphacsad, premier né du monde postdiluvien) ; et, par le moyen des 100 ans qui séparent le Déluge de la Dispersion (Péleg), à la Dispersion des Nations. On a en effet

(1) Déluge  .  .  .  .  .  .   — 2528  ⎫ (1) + (2)
(2) Naissance d'Arphacsad   — 2526  ⎬ ───────── = — 2527
                  — 2527 + 100 = — 2427.    ⎭     2

Or

— 2527 — (Mort de Hoang-ti) = — 2527 + 2597 = + 70 ans  ⎫
(Avènement de Yao) — 2427    = — 2357 + 2427 = + 70 ans  ⎬
                                                          ⎭

Il n'est donc pas une seule des dates fondamentales mentionnées dans la Bible au sujet des temps diluviens qui ne se trouve systématiquement repérée dans cette Chronologie chinoise.

p. 245

843. Il resterait à expliquer le fait singulier que l'Origine de la Table n'est ni la Naissance d'Hoang-ti (dont la vie est de 111 ans), ni surtout (quoique les Hexades repèrent exactement ce commencement) le Commencement de son règne qui, commençant quand il a 11 ans, repérerait aussi bien alors dans la Table, et beaucoup plus naturellement, en 2697, la première année d'un Cycle. C'est au contraire l'instant de la 60e année accomplie de Hoang-ti, laquelle année est 2638, qui marque par le nombre 2637 l'Origine de toute la Table des Empereurs.

Cette disposition particulière et évidemment voulue de la Table a sans doute pour raison d'être de mettre en tête du document, d'une manière explicite, la mesure de la période qui allait servir à la construire, et également de signaler l'usage à faire dans les computations, du terme systématique de 11 ans à emprunter à la vie de 111 ans de Hoang-ti (laquelle, on l'a vu, en prenant son commencement pour ère des Hexades, la ferait alors coïncider exactement avec les Hexades de Noé). Déjà nous avons reconnu qu'en appliquant ce retrait au nombre 2517 du cycle 3, on retrouvait la date 2528 du Déluge. Or en poursuivant dans cette voie de recherche, on semble bien être conduit à un résultat capital et du plus immense intérêt pour le sujet général qui nous

p. 246

occupe, à savoir que les Chinois, aussi bien que les Chaldéens et les Égyptiens, auraient eu connaissance de la période séthite ou sothiaque, laquelle, on le sait, est également un des nombres fondamentaux de la Bible.

Si en effet en rétrogradant par cycles successifs de 60 ans à partir de l'origine actuelle de la Table, 2637 (61e année de Hoang-ti), on applique à chacun de ces cycles le retrait indiqué de 11 ans, on trouve en appliquant cette règle à trois cycles, les dates

(1)  2637 + 60 — 11    = 2686
(2)  2697 + 60 — 2 × 11 = 2743
(3)  2757 + 60 — 3 × 11 = 2784,

et cette troisième et dernière date n'est autre que l'origine 2784 de la Période sothiaque.

844. Cela étant, l'induction naturelle qui s'en suit, est que, si les Chinois ont réellement envisagé ici la période sothiaque et son origine, ils ont dû tenir à l'indiquer par quelque signe, dont aucun ne pouvait être plus net que de repérer, à partir de 2784, l'origine de leur Table par une durée « sothiaque ». Or c'est en effet ce qui se présente en fait. En comptant, à partir de l'origine 2784 de la Période sothiaque, 1/10 de Période

p. 247

sothiaque, on retrouve l'origine de la Table des Chinois (ou la 60e année de Hoang-ti).

On a en effet

Période sothiaque = 1460,      1461
1/10 de Période   .  = 146,      146,1 = 147 chronol.
{ 2784 — 146 = 2638  (60e année de Hoang-ti).
{ 2784 — 147 = 2637  (61e année de Hoang-ti,
                        origine de la Table).

Il ne peut, semble-t-il, y avoir de doute, d'après ce dernier fait, que les Chinois ont réellement usé dans leurs computations de la Période séthite ou sothiaque, et ce que nous allons voir encore ne fera que le confirmer.

845. Considérons l'espace de temps 2784 — 2528 = 256 = 2⁸ qui sépare l'origine sothiaque 2784, du Déluge. En se souvenant que la date du Déluge 2528 avait été, comme vient l'être celle 2784 de l'origine sothiaque par 3 retraits de 11 ans, retrouvée au moyen de 1 retrait de 11 ans ; que cela revient à introduire, du côté de 2784 le terme 60 — 3 × 11 = 27 = 3.3.3, et du côté de 2528 le terme 60 — 1 × 11 = 49 = 7.7, on verra que l'espace de temps considéré se mesure systématiquement comme suit :

p. 248
{ Origine Période sothiaque .  . — 2784
{ (Signe de la Trinité) 3.3.3 =        27 = 60 — 3 × 11
{                                      60
{          3 cycles  .  .  .           60
{                                      60
{ (Signe du Déluge)  .  7.7 =          49 = 60 — 1 × 11
{ Déluge .  .  .  .  .  .  .  . — 2528,

c'est à dire que l'on a la disposition géométrique

Disposition géométrique de l'espace 2784 — 2528. Sur un axe vertical orienté du haut (origine sothiaque) vers le bas (Déluge), les repères suivants sont marqués :

Origine de la Période sothiaque ─── 2784  ⎫
                                          ⎬ 60 — 3 × 11 = 27 = 3.3.3 (Trinité).
                                — 2757    ⎭
                    60
                                — 2697    1re année du règne de Hoang-ti.
   A ──────────────────────────────── A  — 2667.
                    60   (1/10 de Période sothiaque)
                                — 2637    61e année. Origine du 1er Cycle chinois et de la Table.
                    60
                                — 2577    ⎫
                                          ⎬ 60 — 11 = 49 = 7.7 (Signe du Déluge)
                                — 2528    ⎭   (Arc-en-ciel).

(L'intervalle marqué « 1/10 de Période sothiaque » s'étend de 2784 à 2637 ; l'axe AA passe par 2667.)

et cet ensemble systématique résume toute la discussion à laquelle on vient de se livrer.

Or puisque c'est la considération de la Période sothiaque qui a conduit à la découverte de ce système (en expliquant la raison du choix de l'époque 2637 pour origine de la Table chinoise), on peut se

p. 249

demander (1) si en portant à partir de l'axe AA du système vers l'ère chrétienne une Période sothiaque, on n'obtiendrait pas un résultat frappant, confirmant par un signe évident qu'il est en effet question en tout ceci, dans l'esprit du constructeur de la Chronologie chinoise, de la Période sothiaque.

L'Axe AA repère le centre de l'Hexade centrale c'est à dire la date

2367 + 60/2 = 2667.

En comptant à partir de là une période sothiaque 1461, on obtient

2667 — 1461 = 1206.

Or ce nombre est égal à

36 × 33 1/2 :

et par conséquent, du point que repère la période sothiaque 1461, au Sacrifice rédempteur en l'An + 33 1/2, il y a, mis en évidence au moyen des nombres 33 1/2 et 37 de la 70e semaine de Daniel, un espace

37 × 33 1/2 (²).

(1) Nous citons ici textuellement la manière dont nous avons raisonné, avant de connaître ni même de prévoir en rien le résultat obtenu.

(2) On remarquera que la date + 50 est elle-même ici mesurée par la distance de l'Axe AA, 2667, à l'origine de la Table ; et, quant à l'insistance en tout ceci des nombres 3 et 7, que les durées « sothiaques » 146, 147 sont égales à 146 = 2 × 73 ; 147 = 3 × 7 × 7.

p. 250

L'induction, qui ne portait que sur la confirmation du caractère intentionnel d'existence de la Période sothiaque dans la computation chinoise, se vérifie donc ; mais le résultat prend, par son caractère prophétique, une ampleur que l'on n'avait à priori nullement soupçonnée.

846. Le système AA duquel nous sommes partis pour mesurer la période 1461 est celui du temps de Noé, et du Déluge auquel il se termine, c'est à dire de l'Humanité condamnée, et une première fois sauvée en un Homme élu par la Grâce de Dieu. Et la période sothiaque 1461, tout en se confirmant elle-même ici par un signe admirable, annonce prophétiquement la Venue du véritable Sauveur spirituel, celui dont les faits tangibles (ceux du Déluge) qui servent de point d'appui à la mesure ne constituaient qu'une préfiguration (1).

(1) Note concernant les Hexades de la Table chronologique des Chinois. — On voit qu'avant l'ère chrétienne les origines de tous les cycles ou leurs premières années sont caractérisées par le nombre 7, et il en résulte qu'après cette ère leurs fins ou leurs dernières années le sont par le nombre 3. Il en résulte aussi que, depuis notre ère, les origines (1re année) de ces cycles ou Hexades sont des années bissextiles, comme les dernières années des Olympiades. On a, n étant zéro ou un nombre entier positif, pour les premières années H des Hexades depuis l'ère chrétienne, la formule

H = 4 + 60n (n = 0, 1, 2, 3,…) ;

et avant l'ère chrétienne, n étant un nombre entier négatif

H = 3 + 60n (n = — 1, — 2, — 3,…).

Pour les Olympiades, les premières années sont depuis l'ère chrétienne

Ol. = 1 + 4n (n = 0, 1, 2, 3,…) ;

et avant l'ère chrétienne

Ol. = 4n (n = — 1, — 2, — 3,…).

A partir de l'ère de la Table chronologique chinoise, on a pour les premières années des Hexades avant l'ère chrétienne, ou pour leurs dernières années, après cette ère :

H = — 2637 + 60n (n = 0, 1, 2, 3,…).

Pour n = 44 (60 × 44 = 5 × 528), il vient H = + 3. Les années + 33, + 34 marquent donc à leur séparation le centre de la 45e Hexade. La 80e Hexade (60 × 80 = 10 × 480, nombre biblique) a pour centre la date + 2133 donnée par les 2300 ans de Daniel, et ceci établit un lien systématique entre le système des Hexades chinoises et la Chaîne que nous avons vu (§ 775) jalonner au moyen de la période sothiaque et des 130 ans de la Naissance de Seth tous les temps d'Adam à la Seconde Venue + 2180. [130 + 1461 + 130 + 1461 + 130 + 1461 + 130 + 1461 = 6364 = 4184 + 2480.] En effet le centre + 2133 de la 80e Hexade est relié par les 2300 ans de Daniel à la date — 167 d'Antiochus (Daniel) ; et celle-ci est, en-deçà de l'ère chrétienne, le 1/6 = 1/1.2.3 de la distance 1002 à cette ère du troisième repère — 1002 de cette Chaîne sothiaque.

(1) La Table chronologique des Chinois, devenant, par sa construction, un annonciateur prophétique du Rédempteur.

p. 251

Il y a bien des réflexions à faire au sujet d'un fait tel que celui qui vient de se mettre en évidence. Nous en présenterons ici trois principales.

1°) Il en résulte d'abord qu'au contraire de ce qu'on pourrait penser par une vue mal avertie, l'enseignement qu'on peut tirer de l'étude des nombres soit de l'Écriture, soit des documents qui ont puisé à la même source qu'Elle, ne présentent pas le vain attrait d'une spéculation purement intellectuelle ; ils sont tellement liés au plan divin de l'enseignement spirituel lui-même qu'ils en deviennent, par leur caractère positif propre, les éléments de démonstration les plus solides, comme les plus impressifs.

2°) Il est dans sa certitude profondément consolant de découvrir que l'Esprit de Dieu (on ne peut expliquer autrement le fait (1) qui motive ces réflexions) agit jusque dans les quartiers les plus éloignés et en apparence les plus déshérités de l'Humanité, sur l'esprit des hommes qui de quelque manière y recherchent la Science, et par elle la Sagesse ; et que par des voies qui émeuvent notre sentiment de fraternelle solidarité avec eux,

p. 252

tout se prépare pour qu'aux Derniers temps une lumière commune nous prosterne réunis devant l'unique vérité qui est en Christ.

3°) Enfin ces résultats acquis se proposent d'une manière impérative comme moyen d'action à l'Église chrétienne dans sa mission d'évangélisation du Monde ; et leur valeur propre mesure ici à cet égard sa responsabilité. Les Lettrés de l'Inde, du Japon, de la Chine, sont attirés vers notre foyer occidental civilisé par le légitime prestige de nos sciences positives. Mais ils y rencontrent, dans les errements généraux de nos Universités, une tendance à refuser aujourd'hui toute valeur scientifique, non seulement à leurs propres croyances traditionnelles, mais à celle-là même dont nous mêmes avons hérité ; et la conséquence, à raison justement de l'estime qu'ils nous accordaient, en est une sorte d'anarchie intellectuelle athéiste, dont la répercussion sur l'ordre social et politique futur de l'Humanité se traduit, et se traduira de plus en plus, dans la négation du devoir moral, par le désordre toujours croissant des compétitions purement matérielles.

Il en serait autrement si ces hommes, qui, plus loin de notre civilisation, sont, d'une manière générale, restés par leurs sentiments plus près du Dieu créateur, trouvaient dans cette Science dont l'autorité les a fascinés, au lieu d'une veulerie morale

p. 253

négatrice, la défense d'une doctrine de foi, — ayant le Christ pour centre, mais assignant néanmoins à leurs propres documents traditionnels une place et une mission humanitaire. Par cela même, relevés à leurs propres yeux, ils deviendraient auprès de nous, et avec nous, dans un sentiment de fraternité, au lieu de simples disciples quémandeurs, les collaborateurs d'une vérité totale. La certitude intellectuelle ferait d'elle-même tomber les écailles de leurs yeux ; et elle les contraindrait ainsi, sur les chemins du monde, dans la voie qui seule conduit à la vérité spirituelle.

847. Si, d'une manière générale, la conclusion de notre analyse du document apporté par le Peuple chinois est que la chronologie chinoise, comme celle de Manéthon et de Bérose, des Égyptiens et des Chaldéens-Assyriens, est la reproduction du fonds commun dont l'expression normale est celle du texte hébreu de la Bible, le témoignage est ici particulièrement impressionnant à raison de l'éloignement et de l'isolement de ce peuple de l'Extrême-Orient, tenu pendant une si longue suite de siècles en dehors du mouvement du foyer civilisateur ; et, à raison de cela également, rien ne peut être plus démonstratif que cette preuve exacte de nombre, pour ne laisser aucun

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doute raisonnable sur la réalité d'une origine commune, d'ailleurs historiquement très rapprochée de nous, de toutes les branches du genre humain.

H) CHRONOLOGIE DES HINDOUX.

848. Au contraire des Chinois, on ne trouve chez les Hindoux aucune liste d'histoire positive. Mais en revanche ils possèdent, défini dans les Lois de Manou (1) un système cosmogonique et mythique entièrement ordonné, dont nous avons déjà dit un mot à propos des Chinois ; et leurs idées, analogues, procèdent des mêmes traditions. Comme nous allons le voir, ce système, en dépit de sa forme mythique, non seulement reproduit par ses nombres la valeur des Jours de Création bibliques, mais il est aussi, comme l'était la Table chronologique chinoise, dans une étroite connexion avec le détail même des temps historiques proprement dits de la Chronologie biblique.

849. On trouvera dans ce qui suit, mis sous une forme accessible et commode, le tracé de ce

(1) Lois de Manou, traduction de Loiseleur Deslongchamps, avec commentaires, dans Les Livres sacrés de Pauthier, pp. 331-460.

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système, déduit du texte et des commentaires des Lois de Manou.

Brahma est l'Être suprême (Lois, I, 9).

{ 1 jour de Brahma = 4320000000 = 432 × 10⁷ ans.
{ La nuit est égale au jour (I, 12, 72).
  1 mois de Brahma = 30ʲ = 2 × 1296 × 10⁸.
  1 année de Brahma = 12 mois = 24 × 1296 × 10⁸
                              = 31104 × 10⁸ = 2⁷3⁵10¹⁰ ans.

Nous sommes actuellement, d'après les Hindoux, dans le 1er jour, du 1er mois, de la 51e année de Brahma (I, 79, Commentaire). Pendant sa première année Brahma est demeuré dans un germe ou œuf (I, 8, 9, 12). Il s'est donc écoulé depuis qu'il en est sorti 49 = 7.7 de ses années. La vie totale de Brahma est de 100 de ses années, c'est à dire 24 × 1296 × 10¹⁰ ; après quoi lui-même cessera d'exister (I, 72, Comment.).

Nous sommes donc actuellement au milieu de la vie de Brahma, 50 ans écoulés.

Ceci considéré, on a :

1 jour de Brahma = 1000 Ages divins

d'où

1 Age divin = 4320000 = 432 × 10⁴.

D'ailleurs à chaque jour de Brahma correspon-

p. 256

dent 14 Manous, et on a pour chacune de ces périodes (I, 79, Comment.) :

une Période de Manou (ou Manwantara) = 71 Ages divins ;

ou

Période de Manou = 71 × 432 × 10⁴ = 30672 × 10⁴.

On a donc

14 Manwantaras = 14 × 30672 × 10⁴ = 429408 × 10⁴,

et il reste en excédent sur ces 14 Manwantaras dans le Jour de Brahma :

432000 × 10⁴ — 429408 × 10⁴ = 25920000 ans.

Ce dernier reste se divise en 15 Sandhis. On a

1 Sandhi = 25920000/15 = 1728000 = 48 × 360.

On ajoute un Sandhi à la fin de chacun des 14 Manwantaras, qui deviennent ainsi chacun

306720000 + 1728000 = 308448 × 10³.

Le 15e Sandhi s'ajoute à la suite, et accomplit le Jour de Brahma ou

4320000000 ans ;
p. 257

et l'on fera tout de suite attention à ce dernier nombre rencontré déjà chez les Chaldéens et les Chinois.

Chaque Manwantara est terminé par un Déluge.

Nous sommes actuellement, suivant les Hindoux, dans le 28e Age divin du 7e Manwantara, celui du 7e Manou (le 7e des 14 Manous) nommé Vaivaswata (ou fils du Soleil = Vivaswat) (I, 62, Comm.).

A ce Vaivaswata se rattache l'histoire du dernier Déluge universel, laquelle reproduit parallèlement le récit du Déluge biblique, avec ses 8 sauvés des eaux (voy. I, 62, Comm. La traduction du sanskrit par Pauthier est dans Revue de Paris, Septembre 1832).

On retrouve les 10 Patriarches, les 10 rois chaldéens, les 10 Ki chinois, antédiluviens, dans les 10 Saints (Maharchis), antérieurs, d'après le texte, aux 7 Manous qui suivent le 7e (voy. I, 34-36, et Comm.). [Et on remarquera en tout ceci la persistance du nombre 7, signe, on l'a vu déjà plusieurs fois ci-dessus, du Déluge.]

850. Ceci posé, chaque Age divin se compose de 4 Ages (Yougas) (I, 68-71) dont voici la composition. On a, en unités de 360 ans :

p. 258

TABLEAU LXXXVIII.

          Crépuscule  400 ⎫
Age I.   .  .  .  .  4000 ⎬ = 1728000 = 8 × (6.6.6) × 10³ ans
          Crépuscule  400 ⎭

          Crépuscule  300 ⎫
Age II.  .  .  .  .  3000 ⎬ = 1296000 = 6 × (6.6.6) × 10³
          Crépuscule  300 ⎭

          Crépuscule  200 ⎫
Age III. .  .  .  .  2000 ⎬ =  864000 = 4 × (6.6.6) × 10³
          Crépuscule  200 ⎭

          Crépuscule  100 ⎫
Age IV.  .  .  .  .  1000 ⎬ =  432000 = 2 × (6.6.6) × 10³
          Crépuscule  100 ⎭

Somme = 12000 × 360 = 4320000 = 1 Age divin.

Nous sommes actuellement, suivant les Hindoux, dans l'Age IV, lequel a commencé, en rapportant la date à notre ère (I, 79, Comm. ; I, 68, Comm.), 3101 avant J.-C. [et qui est, d'après les nombres précédents, le 1/10 de l'Age divin (1)].

C'est cette dernière donnée, qu'on reconnaîtra bientôt être très remarquable, qui nous permettra de repérer le système des cycles hindoux sur la chronologie positive du texte hébreu de la Bible.

851. En récapitulant, on voit donc que nous sommes : dans l'Age IV du 28e Age divin du

(1) 1 + 2 + 3 + 4 = 10. Toute cette disposition est sans doute à rapprocher du nombre 1 2 3 4 de Manéthon (§ 748).

p. 259

7e Manou du 1er Jour du 1er Mois de la 51e Année de Brahma. Nous sommes, au milieu de la vie de 100 ans de Brahma, au milieu du 1er Jour de sa 51e Année. Cette disposition est indiquée par le schéma suivant (Fig. 35).

Fig. 35.Vie de Brahma = 100 années = 2⁷ 3⁵ 10¹⁰ = 24 × 1296 × 10¹⁰.

Schéma à quatre échelles emboîtées :

Vie de Brahma :   1 ──────── 50 ──────── 100     (1er Jour du 1er Mois de la 51e Année au repère 50)
Manous       :    1 ──────── 7e ──────── 14
Ages divins  :    1 ──────── 28e ─────── 71
Ages         :              I  II  III  IV         (— 3101)

852. La situation au centre de la vie de Brahma indique le rang primordial de l'Homme dans la Création et s'accorde avec le fait de sa situation physique centrale dans l'Univers astronomique (voir la Leçon IV). On voit ensuite par le 7e Manou, par le 28e = 4 × 7 Age divin, par les Ages 1 à 4, l'emploi qui est fait du nombre 7 (Jours de Création bibliques), et celui du nombre 4 (propre à la Formation quadrangulaire du Relief du Globe, et que nous avons retrouvé : en Chine, au sujet du Déluge, dans les 4 Montagnes ou soulèvements méridiens, dans la Bible et la Pyramide par les « 4 coins de la Terre ») [(Éz. VII, 2 ; Act. X, 11) (Arche ; Déluge) ; Apoc. VII, 1)].

853. Le premier résultat capital qui va se dégager des nombres du document est que les Hindoux ont connu les Jours de Création de la Bible, établis par nous (Mathématique de l'Histoire § 123), et qui ont donné pour la valeur des 6 Jours :

6 Jours de Création = 38016 ans.

Il suffit à cet égard de suivre les nombres du texte de Manou, ou du schéma précédent.

Le 1er jour du 1er mois de la 51e année conduisent

p. 260

au nombre (Jour = 24 heures ; Mois = 30 Jours ; Année = 12 Mois) :

24 × 30 × 12 × 51 = 6 × 144 × 51 × 10
                  = (en unités 10)    44064
Vient ensuite en droiture dans le schéma l'indication d'une période de Manou (la 7e) jusqu'à
laquelle se sont donc écoulées 6 périodes de Manou, qui mesurent 6 × Période de Manou
= 6 × 71 Ages divins = 6 × 71 × 432 × 10⁴
= 6 × 30672 × 10⁴ = (en unités 10⁴)  .  .  .  184032

On a

44064 + 184032 = 228096 = 6 × 38016,

l'insistance du facteur 6 indiquant de toute manière qu'il s'agit de 6 laps de temps à déterminer.

Or 38016 = 6 × 6336
         = 6 Jours de Création bibliques.

L'emploi des nombres si particuliers 51 et 71 est ici particulièrement démonstratif du caractère intentionnel de ce résultat, et ce qui suit va encore le confirmer.

854. Considérons en effet après cela la suite des quatre Ages de l'ordre humain I II III IV qui constituent l'Age divin (le 28e du 7e Manou).

p. 261

L'Age IV, appartenant comme il a été dit à l'Humanité, est précédé des trois Ages I II III qui s'adresseront à la formation géologique. D'après les nombres indiqués plus haut, nous les figurerons schématiquement comme suit (Fig. 36).

Fig. 36. — (Formation) / (Humanité). Quatre figures trapézoïdales décroissantes (image de la Pyramide), surmontées d'arcs en pointillé portant respectivement les valeurs 44 × 100, 33 × 100, 22 × 100, 11 × 100 :

Age I   : crépuscule 400 — 4000 — crépuscule 400   (arc : 44 × 100)
Age II  : crépuscule 300 — 3000 — crépuscule 300   (arc : 33 × 100)
Age III : crépuscule 200 — 2000 — crépuscule 200   (arc : 22 × 100)
Age IV  : crépuscule 100 — 1000 — crépuscule 100   (arc : 11 × 100)

(Ages I, II, III = Formation ; Age IV = Humanité.)

Les durées des Ages vont en décroissant, ce qui indique une fin à réaliser, ou, si l'on emploie l'image de la Pyramide dont on superpose les assises, un sommet à atteindre. Leurs durées, prises de centre à centre de leurs crépuscules, sont respectivement mesurées par les nombres

44   33   22   11

lesquels nombres sont tous des parties aliquotes de la période prophétique biblique de 528 ans, qui est le facteur primordial des Jours de Création. On a

528 = 12 × 44 = 16 × 33 = 24 × 22 = 48 × 11.
p. 262

Le système des quatre Ages I II III IV est d'ailleurs, en lui-même, une écriture du système de nombres

                              4    3    2    1
(par les 2 crépuscules)      44   33   22   11
(par les 3 parties composantes) 444  333  222  111,

ce qui s'accorde entièrement avec l'usage de ces mêmes nombres à répétition dans la Bible.

On lit d'ailleurs aussi, entre les crépuscules latéraux, les nombres

(c)    43   32   21.

En prenant d'après cela pour unité l'Age IV, 432000, qui est le 1/10 de l'Age divin 4320000, somme totale des quatre Ages, cet Age, multiplié par son nombre 11, donne le nombre 432 × 11 = 4752.

En remontant ensuite les 3 Ages de la Formation, et arrivant, à son origine, à l'Age maximum I, ou 44, on obtiendra, par la comparaison des nombres 44 et 11 (c'est à dire en prenant maintenant pour multiplicateur 44) le résultat 4 fois plus fort

4752 × 4 = 432 × 44 = 19008 = 3 × 6336,
p. 263

LEÇON XXVII

L'Age IV, appartenant comme il a été dit à l'Humanité, est précédé des trois Ages I II III qui s'adresseront à la formation géologique. D'après les nombres indiqués plus haut, nous les figurerons schématiquement comme suit (Fig. 36).

[Figure : Fig. 36. Quatre trapèzes alignés sur une même ligne horizontale, de tailles décroissantes de gauche à droite, chacun surmonté d'un arc en pointillés. — Premier trapèze : arc pointillé annoté « 44×100 » ; nombre « 4000 » inscrit à l'intérieur ; flancs marqués « 400 » et « 400 » ; repère « I » en dessous. — Deuxième trapèze : arc pointillé « 33×100 » ; intérieur « 3000 » ; flancs « 300 » et « 300 » ; repère « II ». — Troisième trapèze, plus petit : arc pointillé « 22×100 » ; intérieur « 2000 » ; flancs « 200 » et « 200 » ; repère « III ». — Quatrième trapèze, le plus petit : arc pointillé « 11×100 » ; intérieur « 1000 » ; flancs « 100 » et « 100 » ; repère « IV ». Une accolade placée sous les repères I, II, III est annotée « (Formation) » ; à droite, au niveau du repère IV, la légende « (Humanité) ». Mention « FIG. 36. » en bas à gauche, sous l'accolade.]

Les durées des Ages vont en décroissant, ce qui indique une fin à réaliser, ou, si l'on emploie l'image de la Pyramide dont on superpose les assises, un sommet à atteindre. Leurs durées, prises de centre à centre de leurs crépuscules, sont respectivement mesurées par les nombres

44   33   22   11

lesquels nombres sont tous des parties aliquotes de la période prophétique biblique de 528 ans, qui est le facteur primordial des Jours de Création. On a

528 = 12 × 44 = 16 × 33 = 24 × 22 = 48 × 11.
p. 264

LEÇONS SUR LA PAROLE DE DIEU

Le système des quatre Ages I II III IV est d'ailleurs, en lui-même, une écriture du système de nombres

                              4        3        2        1
       (par les 2 crépuscules)   44       33       22       11
       (par les 3 parties        444      333      222      111,
        composantes)

ce qui s'accorde entièrement avec l'usage de ces mêmes nombres à répétition dans la Bible.

On lit d'ailleurs aussi, entre les crépuscules latéraux, les nombres

       (c)      43       32       21.

En prenant d'après cela pour unité l'Age IV, 432000, qui est le 1/10 de l'Age divin 4320000, somme totale des quatre Ages, cet Age, multiplié par son nombre 11, donne le nombre 432 × 11 = 4752.

En remontant ensuite les 3 Ages de la Formation, et arrivant, à son origine, à l'Age maximum I, ou 44, on obtiendra, par la comparaison des nombres 44 et 11 (c'est à dire en prenant maintenant pour multiplicateur 44) le résultat 4 fois plus fort

       4752 × 4 = 432 × 44 = 19008 = 3 × 6336,
p. 265

c'est à dire 3 fois la valeur ל = 6336 = 12 × 528 du Jour de Création biblique.

Ce Jour et, avec lui, la période de 528 ans sont donc mis nettement en évidence par le système hindou des Lois de Manou. [Il faut en outre remarquer ici que, si le Jour I de l'Humanité est considéré comme le 7e d'une série, 3 Ages, auxquels correspondront ici les nombres 7, 5, 6, doivent précéder virtuellement les quatre mentionnés I II III IV ; et que ces 3 Ages joints aux 3 Ages I II III du schéma constituent alors les 6 Jours de 6336 ans de l'Écriture.]

855. Voici donc nettement indiquée à tout égard la période prophétique fondamentale de la Bible, 528. Remarquons maintenant que l'opération qui vient d'être effectuée se réduit à la multiplication 432 × 44 par le nombre crépusculaire 44. Or si l'on considère les nombres crépusculaires latéraux (c), un, 43, se distingue des deux autres : c'est un nombre premier. De plus il est accolé au 44. On est donc conduit à opérer semblablement le produit 432 × 43. Or on obtient ainsi, en rappelant parallèlement le résultat précédent :

432 × 44 = 19008 = 3 × 6336 = 3 × 12 × 528
432 × 43 = 18576 = 3 × 6192 = 3 × 12 × 516,
p. 266

ce qui fait retrouver la seconde période fondamentale de Daniel et de la Vie des Peuples.

856. Il nous reste à donner l'explication de l'origine — 3101 assignée par les Hindoux au commencement de l'Age IV ou âge actuel de l'Humanité et de l'Histoire. On va y reconnaître, comme cela avait déjà eu lieu chez les Chinois, une intention prophétique.

Nous commencerons par remarquer, en rapport avec la Bible et les nombres de Daniel, que cette origine est distante du point + 37 qui limite la 70e semaine de Daniel, celle au milieu + 33 ½ de laquelle a lieu le Sacrifice rédempteur du Second Adam, de

3101 + 37 = 3138 = 6 × 523

alors que les Naissances du Premier et du Second Adam sont distantes de 4184 = 8 × 523, ce qui — en même temps qu'il démontre chez les Hindoux la connaissance de la période biblique 523 (1) —

(1) 523 est l'entier de 1000π/6 (Leçons, § 41). [Le Colonel Galet remarque que, pour les périodes quinquaséculaires, la forme type équivalente 1000 2π/12, mais qui montre la circonférence entière divisée par le nombre 12, est encore plus impressive.]

p. 267

introduit d'emblée la considération de la date + 37.

Envisageons maintenant la somme des trois âges de formation I II III. En prenant 100 pour unité, on a

Formation = I + II + III = 58880 ans.

Pour accomplir le nombre symbolique

40000 = 4 × 104

qui, en empiétant sur IV engagerait l'ensemble des quatre âges du Tableau, et serait typique d'un accomplissement en Christ par les 4 « mille » d'Adam à la Rédemption, le reste, qui appartiendra ainsi à l'Âge IV, celui de l'Homme et de l'Incarnation, sera

40000 — 58880 = 1120 ans,

le caractère intentionnel de cette disposition étant d'ailleurs d'autant mieux justifié que le nombre 28 du schéma semble mis justement là dans ce dessein : ce nombre en effet donne, par son application aux 4 Ages I II III IV, précisément 4 × 28 = 112.

Ces 1120 ans qui appartiendront ainsi à IV devront d'abord comprendre et mettre en évidence les

p. 268

37 de vie divine du Second Adam, dont il vient d'être question ; et il reste alors une seconde partie

1120 — 37 = 1083

qui doit appartenir, en même temps que les 3101 donnés, au temps d'Adam à Jésus-Christ. Or ces 1083 ans conduisent, à partir de l'origine — 3101 assignée par les Hindoux à leur Age IV, à la date

— 3101 — 1083 = — 4184,

laquelle n'est autre que la Naissance du Premier Adam, donnée par le texte hébreu de la Bible. Inversement si l'on part de la naissance connue d'Adam, et qu'on tienne compte d'abord dans les 1120 ans des 37 ans de Christ, il reste 1083 ans, qui conduisent exactement à la date-repère

— 4184 + 1083 = — 3101

indiquée par les Hindoux.

857. Nous venons de voir la date messianique + 37 mise en œuvre par le système hindou et faisant retrouver par la donnée — 3101 la Naissance d'Adam, — 4184.

p. 269

Il en est semblablement, au moyen des dates 0 (Ère chrétienne) et + 30 (Baptême de Jésus, Fils de Dieu) pour la date — 2528 du Déluge biblique.

Ainsi qu'on l'a dit, le Déluge est placé par le Livre de Manou au 7e Manou, 28e Age divin. Or il suffit dès lors de suivre à partir de là les nombres sur le schéma, dans le chemin qui conduit à la date donnée — 3101, origine de l'Age IV. On a

7e Manou . . .   7
28e Age divin . .  28
3 Ages. . . .   3
et 7 × 28 × 3 = 588.

Si l'on compte alors de l'origine — 3101 de IV jusque respectivement les dates 0 et + 30 (voir ci-dessus), ce qui donne 3101 et 3131, on a

— 3101 + 588 = — 2513 |
                            | et Moy. (— 2513 — 2543) / 2 = — 2528,
— 3131 + 588 = — 2543 |

date biblique du Déluge.

Il ne peut, pensons-nous, rester de doute après tout cela, non seulement sur ce que les Hindoux ont connu les périodes et les Jours bibliques (tels 528, 516, 523, 6336), mais aussi sur ce qu'ils ont connu la Chronologie absolue de la Bible (exemple : les dates — 4184, — 2528, d'Adam et du Déluge).

p. 270

CONCLUSION GÉNÉRALE.

858. Nous venons d'analyser successivement les Annales chronologiques des Égyptiens, des Chaldéens-Assyriens, des Chinois et des Hindoux. Le résultat de cette analyse est la constatation d'un fonds commun unique, inspirateur de toutes et dont l'expression normale est la Bible des Hébreux. En effet, ainsi qu'on a pu l'observer, et c'est une remarque essentielle, il n'y a pas eu en ceci la simple constatation d'un accord entre termes parallèles équivalents : la Chronologie littérale de la Bible hébraïque, sa connaissance préalable, a été la clef, l'instrument nécessaire qui a permis ici d'attribuer un sens à des systèmes arithmétiques parfois très compliqués, et de leur assurer une interprétation cohérente.

Nous synthétiserons, dans le Tableau suivant, la conformité systématique du tout par quelques-uns des traits de premier ordre que nous avons recueillis, traits suffisants pour faire utilement réfléchir le lecteur.

859. Quelqu'un objectera-t-il, en présence de ce Tableau, que tout en concédant un lien commun, il ne s'ensuit pas que la Bible, qui à l'égal

p. 271

TABLEAU LXXXIX.

                        | BIBLE.      | ÉGYPTIENS. | CHALDÉENS-  | CHINOIS.  | HINDOUX.
                        |             |            | ASSYRIENS.  |           |
------------------------------------------------------------------------------------------------
Jour de création        | 6336        | 6336       | 6336        | —       | 6336
                        |             |            |             |           |
Période Sothiaque       |             |            |             |           |
ou Séthite              | 1460-61     | 1460-61    | 1460-61     | 1461      | —
                        |             |            |             |           |
Naissance d'Adam        | — 4184    | — 4184   | —         | —       | — 4184
                        |             |            |             |           |
Les 10 Patriarches      |             |            | Les 10 Rois | Les 10 Ki | Les 10 Saints
antédiluviens           | —         |            | antédiluviens |         |
                        |             |            |             |           |
Déluge                  |             |            |             |           | Les 8 sauvés des eaux
— 2528               | — 2528    | — 2528   | — 2528    | — 2528  | — 2528
                        |             |            |             |           |
Dispersion              |             |            |             |           |
— 2428               | — 2428    | — 2428   | —         | —       | —
                        |             |            |             |           |
Périodes                |             |            |             |           |
525                     | 525         | —        | —         | —       | 525
516                     | 516         | 516        | 516         | —       | 516
528                     | 528         | 528        | —         | —       | 528
                        |             |            |             |           |
Ère chrétienne          |             |            |             |           |
0                       | 0           | —        | —         | 0         | 0
                        |             |            |             |           |
Rédemption              |             |            |             |           |
+ 33 ½               | + 33 ½     | —        | —         | + 33 ½  | —
                        |             |            |             |           |
Fin 70e Semaine     |             |            |             |           |
+ 37                    | + 37        | —        | —         | + 37      | + 37
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d'autres documents y figure, ait ici droit d'élément normal et régulateur ? Nous répondrons que le sujet a d'avance ménagé sa réponse. Écartons même, comme premier argument, le caractère positif de la Bible, livre historique ordonné, ayant seul depuis le premier homme une chronologie suivie, et la sobriété qu'elle oppose aux vues fabuleuses où, partout ailleurs, on voit se perdre les origines. Il restera à son actif, dans le cadre étroit et solide des preuves mathématiques, deux témoins, par leur nature non récusables, imposant des conditions auxquelles elle seule, entre tous, satisfait d'une manière immédiate et rigoureuse ; savoir : un accord mathématique ordonné et précis avec

1o) Le système symbolique adéquat, géométrique et chronologique, de la Grande Pyramide de Chéops, dont les unités sont empruntées aux mesures du Globe terrestre ;

2o) Le Diagramme géométrique qui, à la surface de la Terre, définit cinématiquement l'Histoire, et reproduit, en la mesurant par ses données géodésiques de longueur et de temps, dans ses moindres détails la Chronologie du texte hébreu.

On ne peut raisonner juste, dans un sujet, qu'en tenant compte de toutes les données qu'il comporte ; et c'est à elles que nous renverrons ici nos contradicteurs.

p. 273

860. Le vrai sens des faits, concernant la matière qui vient de nous occuper, est celui-ci :

L'Antiquité tout entière, s'imposant à nous par une espèce de résurrection, se lève aujourd'hui pour proclamer devant le monde l'absolue vérité mathématique de la Chronologie littérale de la Bible, — Chronologie établie pour la première fois, sous la conduite de l'Esprit de Dieu, à l'entrée des Derniers Jours, où maintenant nous sommes.

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ANNEXES

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p. 277

ANNEXE I.

DÉTERMINATION DE L'ANNÉE, DU JOUR, DE L'HEURE, DE L'INSTANT DE LA SECONDE VENUE DU SEIGNEUR ;

c'est à dire, lors du grand événement historique du Second Avènement, du temps précis qui en repère la Première Phase, [celle de la « Bienheureuse première Résurrection » (Apoc. XX, 4, 5, 6) et de l' « Enlèvement de l'Église » (1 Thess. IV, 15-17)].

Avant d'entrer dans le sujet, il nous importe de demander au lecteur :

1o) de relire avec attention les considérations présentées dans la section E (§§ 806 et suiv.) de cette Leçon XXVII, concernant le fait, antérieurement déjà établi, de la Bible signifiée ; c'est à dire de l'existence, dans la Parole de Dieu, d'un ensemble systématiquement construit de signes d'ordre mathématique. Un tel ensemble, ayant un but prédestiné, était en soi absolument nécessaire s'il entrait dans l'intention de l'Esprit de Dieu de nous faire connaître, avec précision, des objets de l'ordre de celui que nous allons examiner ;

2o) de relire également avec la plus grande attention tous les passages de l'Écriture rappelés par nous avec ordre dès notre Leçon VII, § 76, et qui établissent la légitimité de la recherche

p. 278

scripturaire de la date du Second Avènement du Seigneur ;

3o) de lire avec non moins de soin notre travail « La Seconde Venue du Seigneur et le Sommeil des Morts », pour se bien pénétrer de la pensée que les mots « Nul ne sait le jour, ni l'heure » (Matt. 24, 36), — que des lecteurs mal avertis et sans esprit critique isolent du contexte entier afin d'enseigner qu'il faut attendre aujourd'hui même la Seconde Venue du Seigneur de minute en minute, d'instant en instant, méprisant sur cela d'ailleurs la déclaration formelle de l'Écriture que ceux qui agissent ainsi errent, et sont des séducteurs, parlant comme si le jour de Christ était proche (II Thess. 2, 1-3), — se rapportent au temps, absolument inconnu en effet de chacun de nous, et que le Père seul connaît, de l'Instant de notre Mort, — instant solennel, terminateur des jours qui nous ont été ici-bas dispensés pour notre conversion, et qui nous met pour jamais en la présence du Jugement de Dieu.

Il convient enfin d'avoir bien présent à l'esprit que l'Année de l'Événement dont nous allons rechercher la donnée chronologique entièrement précise, a, antérieurement, été établie par la Bible et le Diagramme des passages de la Pyramide, et que cette année, ainsi déjà déterminée, est + 2180.

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Ceci étant posé et accordé, si l'on considère les différents passages de l'Écriture qui annoncent l'événement dont il s'agit, aucun n'est plus capital que celui qui, à cet égard, est constitué par les paroles directes de Jésus-Christ Lui-même, formulant le Principe de la Formation de Son Église, et annonçant formellement la Résurrection de Ses Élus au Dernier Jour ; c'est à dire le passage Matt. XVI, 18. Comme nous l'avons déjà établi (voir Leçon XXIV, §§ 601-615), tout ce Chapitre XVI de saint Matthieu est prophétique. Il pose et définit en son principe spirituel le fondement de l'Église ; annonce [par la séduction satanique de Pierre (verset 23)] l'apparition du Faux Prophétisme qui, se réclamant de Pierre, occupera toute l'Histoire ; et conduit jusqu'à la terminaison de celle-ci à la Seconde Venue, indiquée (Matt. 16. 27, 28 ; 17. 1-3) par la Transfiguration.

Dans l'ordre des signes, et s'il entrait dans les intentions du St-Esprit de nous donner par eux une détermination du temps historique de cette Seconde Venue et de la Résurrection des Morts que spécifie explicitement le verset Matt. XVI, 18, aucun ne pouvait être mieux choisi que ce verset pour faire l'objet d'une étude particulière au point de vue de la Bible signifiée.

C'est en réfléchissant à ces choses que nous nous sommes demandé si la valeur numérique du

p. 280

verset indiqué ne nous apporterait pas une vérification de l'époque + 2180 antérieurement assignée au Second Avènement. Or on va voir que le résultat de cette épreuve nous a conduit beaucoup plus loin que d'abord nous l'envisagions ; et, pour conserver aux faits ce caractère de réalité indépendante de toute tendance particulière, qui est, au fond, la plus efficace des preuves démonstratives, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de mettre sous les yeux du lecteur la lettre, telle quelle, que, sous la première impression du résultat auquel nous étions parvenu, nous adressions le 25 février de cette année à M. l'Avocat à la Cour d'Appel Raoul Vandendriessche, lettre qu'il a bien voulu nous autoriser à reproduire.

Nous commencerons par donner le texte du verset, tel qu'il se trouve dans le Texte Reçu, celui qui fait foi dans la Bible signifiée.

(Matt. 16. 18) Καγω δε σοι λεγω, οτι συ ει πετρος, και επι ταυτη τη πετρα οικοδομησω μου την εκκλησιαν, και πυλαι αδου ου κατισχυσουσιν αυτης.

En voici la traduction littérale et la valeur numérique :

Et moi          824
aussi             9
te              280
dis             838
que            1750
tu              600
p. 281
es               15
(une) pierre    755
et               31
sur              95
(dans le sens de
selon, d'après) (1)
cette          1009
la              308
substance pierreuse  486
(roche)
j'édifierai    1292
de moi          510
la              358
assemblée       544
(église)
et               31
les portes      521
du Hadès        475
non             470
prévaudront contre  2461
elle.           909
                ------
Somme =       15001

Voici maintenant, littéralement reproduit, l'extrait de notre lettre à M. Vandendriessche.

« Nice, le 24 février 1926.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

» Quand on considère Matt. 16. 18 comme ayant

(1) Le mot roche étant au datif, c'est le sens de la préposition sur ; comme on dit : « sur cette base, sur ce principe, nous raisonnerons », c'est à dire d'après, selon ce principe. [Le Principe c'est ici Sa Parole : Je te dis. C'est de cette Roche que sont ses Élus.]

p. 282

rapport à la Résurrection, on est d'abord frappé de ce que l'on a

16 + 18 = 34, et 16 × 18 = 288 = 2 × 144 (les 144 mille de Apoc. VII, XIV).

» Les signes de la Trinité sont aussi marqués, savoir :

23 mots . . .   23
101 lettres . .  101
2 affirmations
du Fils (je, je)  020
                -----
144 = 12 × 12.

(Le mot « Et Moi » = 824 = 10 × 2 × 34 + 144.

» On peut remarquer qu'en 1 Cor. 15. 52 on a pareillement 15 + 52 = 67 = 2 × 33 ½

et

15 × 52 = 780 = 30 × 26 (Jéhovah) ;

et (voir pagination et numéro du Chap. final de A. T., Bible signifiée)

2 × 700 + 780 = 1400 + 780 = 2180).

» Venons maintenant à la valeur N = 13001 du verset. Le nombre 13 indique de lui-même Jéhovah (= 26), ce qui enseigne à doubler le verset, c'est à dire à considérer 2N = 26002 ; le nombre 2

p. 283

est d'ailleurs encore ici un signe du Fils et de la Seconde Venue, et le nombre 2N, pris en lui-même, tire son intérêt général de ce qu'il est de l'ordre de 12 fois les 21 à 22 siècles entre la Première et la Seconde Venue.

» Si, maintenant, on fait attention que le verset est la base de l'Édification de l'Église (qui a lieu dans cet intervalle [entre les deux Venues]), et que celle-ci comprend (Jean 17. 14-17, 20) : d'abord les 12, ensuite les élus, 144, c'est à dire est représentée par 12 + 144 = 13 × 12 = 156 [= 1.2.3 × (Jéhovah)], on aura pour nombre précis à considérer en rapport avec la Résurrection :

2N + 156 = 26158 ;

et ce nombre est en effet (c'est à dire d'accord avec ce qui avait été aperçu plus haut) « à peu près » égal à

12 × 2180 = 26160.

» On est d'abord porté à regretter que la coïncidence ne soit pas rigoureuse. Mais ce serait un manque de réflexion. En effet, le Retour du Seigneur et la Résurrection, comme le dit Paul en I Cor. 15. 52, ont lieu en « un instant donné » (en atomô). 2180 désignerait le dernier instant de

p. 284

l'an 2180. La relation rigoureuse envisagée (savoir 12x = 26158) s'applique donc à un autre instant déterminé x de l'Année 2180 ; et dès lors, — et c'est comme un trait de lumière, — on découvre qu'il doit y avoir moyen de connaître avec une précision indéfinie (seconde et fraction de seconde de temps), l'Instant du Retour du Seigneur. Cet instant sera donné par

x = 26158 / 12 = 2179,83333…

2179 étant le dernier instant de l'An 2179, x est donc bien un instant solennel de l'An 2180.

» Pour le connaître, remarquons soigneusement que 2180 est bissextile, c'est à dire a 366 jours [car le résultat extraordinaire que nous allons trouver n'aurait nullement lieu pour une année ordinaire de 365 jours]. On aura donc pour le nombre de jours et fraction de jour à compter dans 2180 :

366j × 0,83333… = 304j,99878… soit 305 jours ;

et ce résultat est d'ailleurs absolument rigoureux. Si l'on pose en effet x = 2179 + x', on aura

26158 = 12 (2179 + x') = 12 × 2179 + 12x' = 26148 + 12x' ;
p. 285
d'où   12x' = 26158 — 26148 = 10,
et     x' = 10/12 (= 0,83333…) ;

d'où, pour le nombre de jours dans 2180 :

366j × 10/12 = 305j exactement.

» C'est donc un nombre entier exact de jours (ce qui ne devait pas nécessairement arriver). Et il en résulte ce fait capital que le Retour du Seigneur aura lieu exactement à un Minuit (Minuit, évidemment, du Foyer géographique de l'Histoire, en un lieu donné, Jérusalem).

» Ainsi se vérifie la déclaration de Matt. 25. 6 que ce sera à l'instant de Minuit (le cri) (Matt. 25. 6).

» Maintenant, quel Minuit sera-ce ?

On a Janvier  .  .   31 jours.
     Février (biss.)  29
     Mars  .  .  .    31
     Avril .  .  .    30
     Mai.  .  .  .    31
     Juin  .  .  .    30
     Juillet.  .  .   31
     Août  .  .  .    31
     Septembre   .    30
     Octobre  .  .    31
                     ———
                     305 jours.
p. 286

» Ce sera donc à

Minuit 1er Novembre 2180, (1)

Jour de la Toussaint, Jour des Morts, — c'est à dire à l'époque mémorable, non seulement dans l'Église chrétienne, mais (comme on peut le voir dans le Mémoire d'Haliburton, que reproduit en annexe Piazzi Smyth dans Life and Work, Tome II) dans la tradition universelle de tous les peuples, où l'Humanité a fixé le souvenir de la Mort et de la Résurrection.

» [D'ailleurs, au plein de ces nuits, « la constellation qui se rapporte à Christ (Orion) et « Son Étoile » (Sirius) (voir Leçon XXI) passent au Méridien.] »

Pour rudimentaire et bref que soit cet exposé fait au courant d'une simple lettre, on voit donc que :

Les paroles mêmes du Seigneur en Matt. 16. 18 mentionnant la Résurrection de l'Église (connue déjà comme devant avoir lieu en + 2180) ;

et les nombres-indices du verset, 16 et 18, introduisant dès l'abord eux-aussi des signes de la Résurrection des Élus ;

(1) Le Minuit qui commence le 1er Novembre.

p. 287

la valeur 13001 conduit, par le nombre 13 = (Jéhovah)/2, à envisager le nombre 26002, lequel est de l'ordre de 12 fois 2180 = 26160, et à très peu près égal à 12 fois 2180 si on lui adjoint le signe de l'Église, savoir (d'après Jean XVII. 14-17, 20) 12 + 144 [= 1.2.3 × (Jéhovah)]. On a alors en effet :

26002 + 156 = 26158.

On est d'abord porté (et, en fait, nous l'avons d'abord été) à regretter que la concordance ne soit pas plus exacte. On fait ensuite réflexion qu'au contraire cela pourrait apprendre beaucoup, si le calcul avait pour but d'enseigner ainsi une date dans le courant de l'année 2180. On a en effet

26158/12 = 2179,83333… = 2179 10/12,

ce qui indique, l'An 2180 étant bissextile, ou de 366 jours (le résultat suivant n'aurait pas lieu si l'année était ordinaire) un nombre entier de jours, c'est à dire un Minuit ; et ce Minuit est des plus remarquables, car c'est le Minuit entre le 305e et le 306e jour de l'Année, savoir celui entre le 31 Octobre et le 1er Novembre 2180, et le premier instant de l'époque mémorable de la Toussaint et du Jour des Morts (1 et 2 Novembre).

p. 288

Ainsi, l'instant déterminé de la Seconde Venue (Résurrection des Morts, et Enlèvement de l'Église) est (Jérusalem étant d'ailleurs le lieu dont le méridien a servi de repère aux jours, et aux heures, dans le cours de tout l'Évangile de saint Matthieu) :

(Jérusalem, t. m. civil) Minuit du 31 Oct.-1er Nov. 2180.

On rapprochera d'ailleurs immédiatement la circonstance, particulière au fait actuel, qu'il s'agit ici d'un groupe de deux jours (Toussaint et Jour des Morts), de celui, tout parallèle, qu'en I Thess. 4. 15-17 il est fait mention tout aussi bien de deux termes successifs de l'événement, savoir : 1o) Résurrection des Morts, 2o) Enlèvement de l'Église (les Saints).

Ce résultat capital confirme son caractère intentionnel par les observations suivantes. La mention de « Minuit » rappelle nécessairement l'instant de Minuit de la Parabole des 10 Vierges (Matt. 25). Ces 10 sont partagés en deux groupes de 5, (les sages et les folles). Ici, pareillement, les 305 jours comprennent 10 Mois partagés en deux groupes de 5, savoir les 5 Mois (Janvier-Mai) avant le Solstice d'Été ; les 5 Mois (Juin-Octobre) à partir du Solstice.

D'autre part la date indiquée par Daniel (Dan.

p. 289

XII ; voir Leçon X, § 103), pour le Second Avènement est + 2178, les deux ans 2180 — 2178 = 2 faisant partie des 2 ans systématiques de l'Écriture (voir Leçon X, § 127). Dans la computation, 2178 désigne le dernier instant de 2178 ou le Minuit du 31 Décembre 2178-1er Janvier 2179. Daniel doit donc encore attendre, pour atteindre le Minuit du 31 Octobre-1er Novembre 2180, un nombre de jours égal à 365 + 305 = 670 = 2 × 335 jours, ce qui met en évidence le nombre 335 indiqué d'autre part par les 1335 = 103 + 335 jours de Daniel, — [et en confirmant aussi que le mot hébreu « jour », conformément à ce qui est connu des hébraïsants, peut désigner ici, outre une Période, ou encore l'Année, aussi le Jour de 24 heures.] Le double 2 × 335 = 335 + 335 s'accorde en outre avec la déclaration par laquelle Daniel spécifie deux phases successives d'attente, savoir : « Heureux celui qui 1o) attendra, 2o) atteindra 1335 jours ».

Enfin, de même que les 10 Mois de 305 jours étaient partagés en deux groupes de 5 par le Solstice d'Été, les 670 = 2 × 335 jours de Daniel sont de même et semblablement partagés en deux groupes égaux (de 11 Mois) par le Solstice d'Hiver. Ces 670 jours comptent en effet de Janvier 2179 à Octobre 2180, 12 + 10 = 22 Mois. Les 11 premiers sont, avant le Solstice d'Hiver (celui de Décembre 2179), (Janvier-Novembre) 2179 ; les 11 der-

p. 290

niers, à partir du Solstice d'Hiver, sont (Décembre 2179-Octobre 2180) (1).

Le fait de retrouver ainsi, en partant de données entièrement étrangères au Livre de Daniel, les 335 jours mentionnés par Daniel au sujet de la Résurrection, est, à titre confirmatif et démonstratif, absolument capital.

La Bible signifiée offre encore du grand fait que nous venons de découvrir un ordre entier de preuves nouvelles, que leur précision rend particulièrement impressives. Jusqu'ici nous n'avions été conduits, quant à l'identification des temps par l'échelle des chapitres et des versets de la Bible, qu'à la correspondance des Années et des Chapitres (le premier Chapitre d'Ésaïe repérant l'An + 1901 ; voir La Bible : un Miracle, D, II, p. 61). Puisque, maintenant, l'Écriture nous fournit une détermination de temps par jours de 24 heures, et nous fait ainsi connaître l'époque de la Seconde Venue avec plus de précision encore qu'elle l'avait fait déjà pour la Première Venue (par les 70 Semaines d'Années de Dan. IX), l'idée se présente que l'Échelle des versets de la Bible pourrait, à l'exemple de celle des Chapitres, qui mesurait des

(1) On remarquera aussi que le 1/10 de 335 est 33 ½, c'est à dire le nombre d'années qui marque la Mort et la Résurrection de Christ.

p. 291

Années, mesurer aussi bien des Jours proprement dits. Or, dans cette voie, l'objet qui nous occupe s'assigne lui-même d'emblée un repère remarquable. De même, en effet, qu'ainsi que nous venons de l'établir, l'époque de la Résurrection est repérée par les 2 jours consacrés de la Toussaint et du Jour des Morts (1 et 2 Novembre 2180), de même, dans l'Apocalypse, au sujet de la Première bienheureuse résurrection (celle que concerne notre sujet), il y a 2 versets indiqués, lesquels sont Apoc. XX, 5, 6. Dans le point de vue que nous analysons, ces deux versets correspondent donc aux 1 et 2 Novembre 2180, lesquels jours sont un Mercredi et un Jeudi ; et une première vérification décisive s'en présente immédiatement : savoir que le Premier verset de l'Apocalypse, ou de la Révélation faite à saint Jean, est alors, d'accord avec ce qui est spécifié en Apoc. I, 10, un Jour du Seigneur, c'est à dire un Dimanche. On a en effet pour les numéros d'ordre des versets sur l'Échelle des versets du N. T. :

Apoc. XX, 6   n° 7900   Jeudi   (ce qui rappelle immédiatement,
                                au sujet de l'Enlèvement
                                de l'Église, le Jeudi de
                                l'Ascension).

Apoc. I, 1            7553.
On a 7900 — 7553 = 347 = 7 × 49 + 4 (= 7.7.7 + 4).
p. 292

Le verset Apoc. I, 2 est donc un Lundi, et par conséquent on a

Apoc. I, 1   n° 7553   Dimanche (1).

Voyons maintenant quelle sera dans la Bible l'origine des 670 jours qui commencent après le 31 Décembre 2178 de Daniel et dont le dernier est Apoc. XX, 4 ; n° 7898, Mardi.

On a : 7898 — 670 = 7228 :

C'est le numéro d'ordre du dernier verset de l'Épître de Jacques. Par où l'on voit que les 670 jours de Daniel commencent avec, et par, le verset Pi. I, 1, c'est à dire qu'ils relient ainsi l'Œuvre de Pierre, Apôtre des Juifs, à l'A. T. ou Daniel (2).

On a : Jacq. V, 20 n° 7228 Jeudi.

[De ce Jeudi au Jeudi de Apoc. XX, 6, n° 7900, il y a 672 = 7 × 96 = 23 × 12 semaines.

Les 3 premiers versets de I Pi (voy. le verset 3) sont un Vendredi, un Samedi, un Dimanche.

(1) Le verset Apoc. I, 10 où le mot Dimanche est énoncé est alors un Mardi comme le dernier des 670 jours de Daniel (31 Oct. 2180), et ces deux Mardi sont distants l'un de l'autre d'un nombre de Semaines égal à 144/3.

(2) On remarquera d'ailleurs que ces 670 jours de Daniel délimitent aussi exactement, par leur point origine, le groupe des 7 derniers livres de l'Écriture.

p. 293

I Pi. I, 1 est le 1er Janvier 2179.]

Le dernier chapitre de l'Épître de Jacques, ou Jacq. V a pour numéro d'ordre 222 dans le Nouveau Testament.

On a donc (en vue de ce qui va suivre) :

Épître de Jacques   Dernier Chapitre   n° 222   N. T.
                    Dernier verset     n° 7228  N. T.

Considérons maintenant la suite normale de l'Écriture sur l'Échelle des Chapitres. L'A. T. (Daniel) se continue, en embrassant ainsi en substance tout l'ensemble historique des quatre Évangiles, par le premier d'entre eux, l'Évangile de saint Matthieu (1), — lequel, signe remarquable à cet égard, avait d'abord été écrit en hébreu ; et le dernier chapitre de saint Matthieu, ou Matt. 28, celui de la Résurrection de Christ, a pour numéro d'ordre sur l'Échelle des Années correspondantes aux Chapitres, dont il a été question plus haut, précisément l'Année + 2178 de Daniel (2). [Il est en outre bien remarquable comme signe de la Résurrection et

(1) Puisque les autres Évangiles, pris au simple point de vue historique, ne sont que les répétitions d'une même dispensation.

(2) Ésaïe I correspond à 1901. Or Ésaïe I et Matt. 28 sur l'Échelle des Chapitres de la Bible diffèrent de 808 — 531 = 277 ; et on a 1901 + 277 = 2178.

p. 294

de l'Ascension, sachant que (Jésus) = 888, que le numéro de ce Chapitre soit le nombre symbolique 808.]

Après Matt. 28, pour continuer l'Histoire de l'Église, il faut passer au Livre des Actes, où le fait de la constitution de l'Église (les 144) est réalisé à la Pentecôte (50). Les 670 jours d'attente de l'Église, de Daniel, lesquels ne commencent ensuite évidemment que lorsque l'Église est constituée, commencent, ainsi que nous venons de le voir d'autre part, au Chapitre 222 et au verset 7228 du N. T.

On a donc devant soi le Tableau d'ensemble suivant :

        A                       B                          A'
L'Année + 2178 de       Entre A et A' figure dans   Les 670 jours de Daniel
Daniel coïncide         le N. T. la phase de la     commencent au Chapitre 222
avec Matt. 28           formation de l'Église,      au verset 7228 du N. T.
et fait donc compter    laquelle phase y est
28                      caractérisée par les
dans le N. T.           nombres 50 et 144.

Or on a (par les deux opérations fondamentales de l'Arithmétique, appliquées aux deux nombres 50 et 144 de la Pentecôte et de l'Église) :

28 + (50 + 144) =  222 n° du Chapitre
28 + (50 × 144) = 7228 n° du Verset.

Une pareille vérification montre avec quelle

p. 295

exactitude, et par quels traits en eux-mêmes irrécusables, la Bible signifiée (1) apporte la victorieuse confirmation de notre détermination précise de l'instant du Second Avènement, fondée d'abord sur la considération d'éléments spécifiques radicalement différents de ceux qui viennent d'être ensuite mis en œuvre. (2)

(1) On observera que, par cela même, la Bible signifiée elle-même se démontre une fois de plus, et confirme son Authenticité.

(2) Il est de nécessité pour l'ordre d'idées qui nous occupe, de pouvoir déterminer, dans une année donnée quelconque, le nom du Jour de la Semaine qui correspond à une date indiquée. Nous n'avons sur ce point qu'à renvoyer le lecteur aux formules données dans les Leçons X, § 415 et XXIV, § 628 (Leçons sur la Parole de Dieu). De même en est-il des dates de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte (celles-ci se déduisant de la date de Pâques). Ainsi que nous l'avons exposé dans la Leçon XXIII, §§ 564-568, la date de Pâques, si l'on considère l'économie spirituelle de la dispensation chrétienne, devrait, à notre sens et pour les raisons formulées, être fixe.

Quoi qu'il en soit, il est utile et de grand intérêt de pouvoir déterminer cette date en suivant le comput admis, et sans doute continuera à être appliqué ; et ce nous est l'occasion de mentionner ici la Règle établie à cet égard par l'illustre mathématicien Gauss (dans un travail célèbre qui est une application élevée de la Théorie des Nombres) (1).

(1) Voici l'indication bibliographique du travail original de Gauss. Monatliche Correspondenz… von Fr. von Zach. Zweyter Band. Gotha. 1800. p. 121. Berechnung des Osterfestes von Doctor Gaus [sic, et de même dans la Table des matières] in Braunschweig.

p. 296

L'objet que nous venons d'étudier a une telle importance, tant au point de vue de la connaissance historique du Plan de la Révélation, qu'à

Règle de Gauss pour la détermination de la date de Pâques (1).

Il faut d'abord connaître deux nombres M et N dont voici les valeurs.

Depuis le commencement du Calendrier grégorien jusqu'en 1699, on a M = 12, N = 2.

On a ensuite

de 1700 à 1799   M = 23   N = 3  |  de 2100 à 2199   M = 24   N = 6
   1800 » 1899   M = 23   N = 4  |     2200 » 2299   M = 25   N = 0
   1900 » 1999   M = 24   N = 5  |     2300 » 2399   M = 26   N = 1
   2000 » 2099   M = 24   N = 5  |     2400 » 2499   M = 25   N = 1

Soit maintenant m le millésime, c'est à dire l'année désignée pour laquelle on cherche la date de Pâques.

Il faut :

Diviser    |  par   |  Reste
   m       |   19   |    a
   m       |    4   |    b
   m       |    7   |    c
 19a + M   |   30   |    d
2b + 4c + 6d + N |  7   |   e

On aura alors :

Pâques = le (22 + d + e) de Mars
ou le (d + e — 9) d'Avril (2).

(1) loc. cit. pp. 128, seq.

(2) I. Si le calcul donne Pâques = 26 Avril, on aura en réalité Pâques = 19 Avril.

Ce cas ne peut arriver que si d = 29, e = 6.

d = 29 ne peut avoir lieu que si 11M + 11 divisé par 30 donne un reste < 19. M doit avoir alors une des valeurs (19 valeurs)

0, 2, 3, 5, 6, 8, 10 11, 13, 14, 16, 17, 19, 21, 22, 24, 25, 27, 29.

II. Si le calcul donne d = 28, c = 6, et si 11M + 11 divisé par 30 donne un reste < 19, Pâques ne tombe pas (comme le calcul le donnerait) sur le 25 Avril, mais bien sur le 18 Avril.

Ce cas ne peut arriver que si M = 2, 5, 10, 13, 16, 21, 24, 29 (8 valeurs).

p. 297

l'égard des suprêmes espérances des Chrétiens, qu'il est utile de mentionner encore quelques traits de premier ordre par lesquels l'Écriture a voulu nous en confirmer la solution.

Comme tout le monde le sait, la Bible se termine (Apoc. 22. 20, 21) par un Appel à la Seconde Venue du Seigneur, Venue dont l'année antérieurement connue est +2180. Le numéro d'ordre du dernier verset du N. T. est 7957, et, dans la Bible

Exemple. Soit m = 1926. On aura M = 24, N = 5

a = 7, b = 2, c = 1, d = 7, e = 6
Pâques = le (7 + 6 — 9) Avril = le 4 Avril

Soit m = 2180. On aura M = 24, N = 6

a = 14, b = 0, c = 3, d = 20, e = 5
Pâques = le (20 + 5 — 9) Avril = le 16 Avril

Ce Dimanche est distant du Dimanche 31 Décembre 2180, de 7 × 37 jours = 37 Semaines.

C'est le 107e jour de l'Année.

Il est distant de 3 semaines du 26 Mars 2180, lequel est le 86e jour de l'Année, — ce jour que nous avons proposé (voir Leçon XXIII) pour la date de Pâques, et qui, en 2180, tombe donc un Dimanche.

D'après le comput de Gauss, l'Ascension en 2180 tombe le Jeudi 25 Mai 2180, lequel est à 161 jours ou 23 semaines du Jeudi 2 Novembre 2180, Jour des Morts. Si, d'après notre propre règle, Pâques en 2180 est le 26 Mars, 86e jour de l'Année [86 = (Élohim)], l'Ascension tombe sur le Jeudi 4 Mai, c'est à dire distante du Jeudi 2 Novembre, Jour des Morts, de 26 semaines [26 = (Jehovah)].

p. 298

signifiée, la dernière page, celle qui porte ce verset, a pour numéro d'ordre 1056, c'est à dire 2 périodes prophétiques de Daniel de 528 ans. (C'est la période prophétique qui mesure les 7 phases successives de l'Histoire de l'Église, tracée par les 7 Épîtres des Chapitres Apoc. 2. 3. L'Histoire de l'Église, depuis Christ, comprend les 4 dernières Églises.) Dans les vues plus haut présentées, les versets correspondent à des jours successifs. Il est donc naturel de se demander ce que donnerait le nombre total de jours 7937 évalué en Années; ou, en se souvenant qu'en hébreu (jours) = 100, et pour avoir un nombre adéquat à la nature du sujet, ce que donnerait en Années le nombre 793700.

L'Année commune vaut 365j ¼, c'est à dire, en nombre entier de jours, 365. Or on a

793700
—————— = 2180,
  365

ce qui confirme bien la date déjà connue, 2180, de la Seconde Venue.

Considérons maintenant la seconde donnée type de la dernière page de la Bible, savoir le nombre 1056 = 2 × 528 qui met en évidence la période prophétique de 528.

L'Histoire de l'Église chrétienne, ainsi que nous l'avons rappelé plus haut, comprend 4 de ces périodes, et se termine par elles en + 2180;

p. 299

et en même temps on remarque que cette durée 4 × 528 est précisément ce qu'on obtiendrait en divisant 528 par le ¼ restant de la valeur 365 ¼ de l'Année. Cela donne

528
——— = 2112,
 1
 —
 4

résultat moindre que 2180. L'attention est par cela même attirée sur le fait connu que la valeur exacte de l'Année n'est pas 365 ¼ mais 365 + α, α étant une fraction moindre que ¼. Il en résulte en effet qu'en divisant 528 par la vraie valeur α (au lieu de ¼) on doit obtenir un résultat plus grand que 2112 ; et on peut se demander si ce résultat ne présenterait pas un caractère remarquable en rapport avec notre question actuelle ; si, peut-être, — mais on n'ose d'abord l'espérer tant la portée d'un tel fait serait ici capitale, — il ne reproduirait pas précisément, au cours de l'année 2180, l'instant 2179,8333..., déterminé antérieurement, de la Seconde Venue. Or en admettant la valeur d'observation actuelle communément admise α = 0,24222, on trouve effectivement

528     528
——— = ——————— = 2179,83...,
 α    0,24222

résultat évidemment décisif, étant donné ce qui précède.

p. 300

Pour d'ailleurs apprécier la précision de la vérification, il suffit d'observer qu'en posant α = ¼ — β et

528
——— = 2179 + γ,
¼ — β

on a sensiblement 5281/16 ∂β = ∂γ, ou ∂γ = 4168 ∂β ; d'où il résulte qu'une erreur ∂β = 0,000001 dans la valeur de α (c'est à dire une erreur de 117 de seconde dans la durée admise de l'Année tropique) amène dans la détermination de notre nombre 2179 + γ une erreur décimale de l'ordre 0,004. C'est donc en réalité en sens inverse qu'il convient de faire la preuve ; c'est à dire qu'en divisant 528 par 2179,83333... = 2179 1012 on doit retrouver la valeur observée de α, soit α = 0,24222. Or on trouve

     528
——————————— = 0,24222.035.
2179.10/12

Il nous a également paru intéressant, à l'égard de l'époque mémorable des nuits du 1-2 Novembre 2180, date du Second Avènement, de connaître l'état de la Lune au cours de ces nuits, et c'est ce que nous avons calculé astronomiquement d'une manière rigoureuse. On trouve :

Année 2180. Pleine Lune (P. L.), 2 Nov. 13h t. m. civ. de Jérusalem.

C'est donc sous la pleine lumière projetée par

p. 301

le symbole et le souvenir de l'Ancienne Alliance, que les Élus s'élèveront à la rencontre du Seigneur. Ce résultat est d'autant plus remarquable, que, si Pâques a lieu en 2180, d'après notre détermination antérieure, le Dimanche 26 Mars, on a en correspondance :

Année 2180. Nouvelle Lune (N. L.), 26 Mars 07h t. m. civ. de Jérusalem.

Addition.

Ce qui précède concerne la 1re Phase (+ 2180) de la Seconde Venue. La Phase II, celle du Retour du Seigneur en Gloire avec ses Saints (Zach. XIV, 4, 5), a lieu en + 2283, à 103 ans de distance de la Phase I. (Dans la Pyramide, on le voit, la Phase II coïncide avec l'Axe central de la Chambre du Roi, et 103 est la demi-largeur de la Chambre.) Or les résultats qui précèdent, concernant le verset Matt. XVI, 18 ou la Phase I, étant acquis, nous nous sommes demandé si les versets de Zacharie qui se rapportent à la Phase II ne fourniraient pas de leur côté une vérification de notre interprétation ; et tout d'abord si (c'est exactement ainsi que les choses se sont passées), si, disons-nous, par impossible (nous n'osions l'espérer, tant c'eût été démonstratif et convaincant), la distance des versets de Zacharie et de Matthieu ne serait pas, sur l'échelle des versets de la Bible signifiée, un

p. 302

multiple exact de 103. Or cette extraordinaire vérification, qui, venant après ce qui précède, enserre le sujet et dit en quelque sorte tout, s'est effectivement et directement présentée.

On a sur l'échelle des versets :

                        Nos des versets.
Zach. XIV, 4  .  .  .   21141
          5   .  .  .   21142
Matt. XVI, 18  .  .  .  25759

et

25759 — 21141 = 618 = 6 × 103 = (1.2.3) × 103.

Il ne peut y avoir d'après cela aucun doute sur ce que notre interprétation de la Seconde Venue, et de ses deux Phases, est bien exacte (1).

(1) Nous joindrons à ceci quelques données propres à servir plus tard à une étude précise de la Phase II.

On a en comparant systématiquement et parallèlement les deux phases, pour les valeurs numériques des versets :

          I                              II
(Matt. XVI, 18) = 13001 = 13000 + 1   (Zach. XIV, 5) = 4699 = 4700 — 1
       gr.                                    héb.

Pour I, on a (en signe de la 2de Venue) (voir plus haut) multiplié par 2. Pour II, si, pour signe de la 2e phase de la 2de Venue, on ajoute 2 × 2, qui donnera un nombre 4703 ayant même chiffre final que 2283 et en différera donc par un nombre rond, on aura

                       10    528 × 528
4703 — 2283 = 2420 = ——————— ———————,
                     2 × 2 × 2    144

indication magnifique de la Seconde Venue en Gloire, par la période prophétique 528 et le signe 144 de l'Église ressuscitée (les Saints).

L'attention est donc portée ici (par le + 2283) sur la période

p. 303

ANNEXE II.

Sur la détermination du « NOMBRE DE LA BÊTE » (Apoc. XIII, 18).

Peu de passages de l'Écriture ont plus que celui-ci exercé la sagacité des commentateurs, maintenue en éveil par la curiosité que provoque et soutient la recherche d'une énigme; et l'on peut

528, comme elle l'y avait été depuis longtemps déjà par le + 2180, fin de la période des 7 Églises (ou 7 × 528 ans).

On observera aussi que de même que, pour la Phase I on a eu à considérer les deux nombres chronologiques 2178 et 2180, il y a semblablement lieu d'envisager pour II les deux nombres correspondants 2178 + 103 = 2281 et 2180 + 103 = 2283, ainsi que leurs correspondants 4703 — 2281 = 2422, 4703 — 2283 = 2420.

Cela posé, la considération de l'ensemble de ces données conduit aux deux remarques suivantes.

1°) On a les relations

     9                            9
(A) ——— × 2420 = 2178,          ——— × 2422 = 2179,8 (soit 2180).
    10                           10

2°) En posant

N = 10 × 528 × 1000,

(nombre symbolique des 10 Peuples et du Millenium, à l'Établissement du Règne), on a

      N                          N
(B) ———— = 2181,8181...,        ———— = 2180,47...
    2420                         2422

D'après ces relations (A) (B), qui attirent l'attention sur les

p. 304

ajouter : mise en exercice plus inutilement, à en juger par la diversité et le divorce de principe de solutions également autorisées.

Nul passage non plus, il faut bien le dire, n'est un plus frappant exemple que celui-ci de la nécessité d'une exacte méthode dans l'étude d'un texte. Ici, et quelque excessive que puisse d'abord paraître notre affirmation, — mais c'est une simple constatation de fait, — l'erreur qu'ont, comme de commun accord, commise depuis tous les siècles, c'est à dire depuis le temps de saint Jean, tous les

dates relatives à la Phase I, il est naturel, comme premier objet de recherche, de déterminer (relations A) la valeur a, de l'ordre des 2420, 2422, qui correspond à l'instant précis 21791012 de la 1re Phase de la Seconde Venue; et de chercher ensuite si Nx (relations B) ne donnerait pas un résultat de vérification remarquable. Or on trouve, par 910 a = 2179 1012 :

                                        10
(A)  a = 2422,037037... = 2422 ———
                                        27

et cette valeur donne ensuite

      N
(B)  ——— = 2179,98317...
      x

c'est à dire, dans le courant de 2180, un nombre de jours 366 × 0,98317... = 359,84022, lequel détermine un instant du 360e jour de 2180. Or ce 360e jour n'est autre que le

25 Décembre 2180

anniversaire de la Naissance du Christ ou de la Première Venue. Ce résultat remarquable, en mettant en évidence de façon aussi nette la date mémorable du 25 Décembre, paraîtrait indiquer que le point de repère décisif de la Phase II, serait le

p. 305

commentateurs, a consisté à ne pas savoir lire le verset Apoc. XIII, 18 tel qu'il est, c'est à dire à ne pas savoir regarder ce que, non sollicité, il dit très simplement. Ce qui n'a pas même été vu, n'a pu évidemment être compris. Tous en effet sont partis de l'idée que le passage indiqué propose de trouver le nom d'un homme dont la valeur numérique soit le nombre donné 666. Or ce n'est nullement ce que demande notre verset ; et il suffit pour s'en rendre compte d'en suivre la traduction littérale sur le texte grec.

25 Décembre 2283 ; et une circonstance ultérieure, que découvre également ici notre analyse, paraît également de nature à appuyer cette induction. Elle consiste en ce que de la date 21791012 (31 Oct. 2180) jusqu'au 25 Décembre 2283, il y a un nombre entier exact de semaines. Ces deux dates sont l'une et l'autre des Mardis, et il y a de l'une à l'autre un nombre de jours égal à 37674 = 7 × 5382 = 6 × 7 × 897 (nombre remarquable par la succession des chiffres); c'est à dire un nombre de semaines égal à 6 × 897 ou

(1.2.3) × 897.

[Si l'on s'attache à l'instant du 25 Décembre indiqué par le nombre 359,84022, on trouve : 2283, 25 Déc. 8h 10m du soir (t. m. civil de Jérusalem).

Quant à l'état de la Lune à cette époque, nous trouvons : N. L. 19 Déc. 8h soir ; 1er Q. 28 Déc. Minuit (27 au 28). La Lune ne brillera donc pas.

Tout ceci à rapprocher de Zach. XIV, 7 : « Il n'y aura ni jour, ni nuit (ni Soleil, ni Lune (?)) ; mais sur le soir il y aura de la lumière ».]

p. 306

(Apoc. XIII, 18) Ὧδε ἡ σοφία ἐστιν. ὁ ἔχων τὸν νοῦν ψηφισάτω τὸν ἀριθμὸν τοῦ θηρίου. ἀριθμὸς γὰρ ἀνθρώπου ἐστι καὶ ὁ ἀριθμὸς αὐτοῦ χξς.

« Ici la science est : celui ayant l'esprit (intelligence) (qu'il) calcule le nombre de la bête. nombre car d'homme c'est et le nombre d'elle 666 ».

On fait dire au texte « et le nombre d'elle est 666 »; mais le verbe est ne figure nullement dans ce texte. Le sens immédiat du texte est : soit x le nombre cherché de la Bête; on aura

(1)  x = (nombre d'homme) + 666,

[le signe + désignant la conjonction « et » du texte].

666 est le nombre symbolique et spirituel de la Bête, celui qui lui est propre en nature « le nombre d'elle »; il exprime le Faux Prophétisme ou l'humain corrompu aspirant au divin 777. Mais d'ailleurs ce qu'on cherche, dans l'espèce du sujet, et définie par tout le Chapitre XIII qui parle du conflit de grandes puissances politiques, c'est l'identification de la Bête avec une puissance politique terrestre; et, dans ce point de vue qui est fondé, s'il est déjà connu, par la confrontation de l'Apocalypse et de l'Histoire, que la Bête a pour représentant attitré le Pouvoir papal, il ne l'est pas moins qu'elle aura pour autre représentant, aux

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derniers temps, le Peuple élu lui-même devenu grande puissance politique mondiale, et qui par sa compromission avec Rome constituera la Grande Babylone des derniers temps.

Or cette dernière remarque, si l'on se maintient, comme on doit le faire, étant donnée l'espèce de la question, sur le terrain de l'Histoire et dans la vue de ses grands facteurs historiques, éclaire immédiatement notre texte d'une manière surprenante.

D'après l'équation algébrique qu'il propose et que nous avons formulée plus haut, nous connaîtrions le nombre cherché x si nous connaissions le « (nombre d'homme) » que le texte signale. D'ailleurs il ne peut s'agir, dans celui-ci, d'après ce que nous venons de remarquer, que de la désignation d'un pouvoir politique; et celui-ci, allié à la Papauté, ne peut être, d'après la connaissance, maintenant acquise, du plan de l'Histoire et de la Révélation, que la puissance de British-Israël. Or précisément, la seule, parmi les puissances jusque là énumérées par l'Apocalypse au titre de peuples, — et qui sont les Quatre Animaux de Apoc. IV, VI, lesquels représentent les peuples de la série historique antérieurs aux Romains, — à laquelle le Livre inspiré attribue le caractère d'un Homme (Apoc. IV, 7), est précisément celle du Peuple élu, d'Israël et de Juda. L'idée qui s'ensuit immédiatement est que ce

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« nombre d'homme » dont parle expressément notre texte, est un nombre relatif à l'Histoire de la Maison d'Israël, aujourd'hui reparue sur la scène du monde en British-Israël; et cela étant, aucun nombre, en présence de cette résurrection actuelle du Peuple élu ne saurait être ici plus significatif que celui qui, dans le passé, en avait marqué la disparition. Or ce nombre, bien connu par notre enseignement de la Bible, est celui de la dispersion et de la disparition de la Maison d'Israël en —758, nombre qui, lu dans le sens de l'écriture hébraïque, qui est aussi le sens du passé, se lit —857.

Si cette induction est fondée, l'équation (1) fera donc connaître pour le nombre cherché x :

x = — 857 + 666 = — 191;

et 191 n'est autre en effet, conformément aux prémisses de la même induction historique, que l'indication de la Rome latine, celle de la puissance papale. On a bien en effet, en latin :

Roma = 90 + 60 + 40 + 1 = 191.

Par conséquent le nombre cherché de la Bête est 191.

Ce résultat est d'autant plus remarquable que,

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pour bien distinguer cette Rome latine papale, différente et facteur nouveau en nature par son esprit, de l'Ancienne Rome, celle qui est en grec Ρωμη, et dont la valeur numérique est

Ρωμη = 100 + 800 + 40 + 8 = 948,

si l'on porte cette Rome ancienne à partir de la première année —757 de la disparition de British-Israël, on a

— 757 + 948 = 191,

c'est à dire la Rome latine (1).

Il ne semble pas pouvoir rester de doute, après cela, sur ce que la Rome papale latine est la Bête par laquelle la figure la Révélation; ni sur ce que le Peuple élu, le British-Israël des derniers temps, est lui-même explicitement compris sous la même fâcheuse figuration.

Le résultat précédent étant acquis, nous nous sommes demandé (et nous reproduisons ici ce qui

(1) On observera que l'on a, avec les deux noms de Rome :

(Ρωμη)
—————— = 237, (Roma) = 191,
   4

et nous laisserons à nos arrière-petits-neveux le soin de décider si ces deux derniers nombres conjugués ont, ou non, dans l'ensemble du sujet actuel, un caractère intentionnel.

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s'est réellement passé, (c'est à dire que nous n'avons calculé la valeur du verset, valeur dont nous allons maintenant nous occuper, qu'après avoir obtenu ce résultat 191), si la valeur numérique de Apoc. XIII, 18 n'en apporterait pas une vérification.

Or voici le calcul de cette valeur numérique.

Ici            809
la science     781
est            565
celui           70
ayant         1455
le             420
esprit         570
calcule       2519
le             420
nombre         280
de la          770
bête           597
nombre         430
car            104
d'homme       1510
est            515
et              31
le              70
nombre         430
d'elle        1171
666            666
              —————
Total        14191  = (Apoc. XIII, 18).

On a donc

(Apoc. XIII, 18) = 14191 = 2 × 7000 + 191,
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ce qui met en vedette, à côté de, et en opposition avec, le nombre canonique 2 × 7000 (figuratif de « ceux qui ont de l'intelligence », le vous; « les 7000 qui n'ont pas fléchi le genou »; etc.) le nombre premier 191 qui précisément venait de désigner la Bête. C'est confirmer d'une manière aussi éloquente que simple que notre solution est la bonne.

Remarques subsidiaires. Les numéros d'ordre des versets peuvent et doivent également être consultés comme signes de vérification, et il en est ici un qui est singulièrement impressif si l'on considère les deux versets Apoc. XIII, 18 et IV, 7 qui nous ont donné l'interprétation du « nombre d'homme ». En repassant les données du sujet, on a pu se demander pourquoi Juda, la Maison de Juda aujourd'hui visible en British-Israël par la lignée des Rois d'Angleterre (conformément à la prophétie de Jacob, Gen. XLIX, 10), et qui, dans l'Histoire, a toujours été le contemporain visible, et connu de tous, du pouvoir de la Bête qui l'a constamment persécuté, ne se trouvait pas mentionné au sujet du « nombre d'homme » qui caractérise dans notre texte le Peuple élu. Si Israël est désigné par le nombre chronologique — 758 de sa dispersion, il en devrait logiquement être de même de Juda par le nombre — 606 de la sienne.

p. 312

Le numéro d'ordre de Apoc. XIII, 18 sur l'échelle des versets du N. T., est 7782. Si, d'après ce qu'on vient de remarquer, on considère le verset comme contemporain de Juda (— 606), on devra, pour retrouver Israël, rétrograder de (758 — 606) = 152 versets à partir de Apoc. XIII, 18. On trouve ainsi le verset dont le numéro d'ordre est

7782 — 152 = 7630.

Or ce verset n'est autre que

Apoc. IV, 7 n° 7630,

c'est à dire précisément le verset qui, dès l'abord nous avait en effet désigné Israël. [On observera en outre, en rapport avec le temps 2180 de la Seconde Venue, contemporain celui-ci de l'Apogée de British-Israël, que

7630 = 3 ½ × 2180.]

Une vérification d'un autre ordre encore nous est donnée de notre interprétation de Apoc. XIII, 18 comme désignant par la Bête le pouvoir papal romain, par la disposition prédéterminée de la Bible signifiée. Les deux dates repère de Daniel pour la désignation chronologique de ce pouvoir, sont, comme nous le savons, 327 et 843.

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Le Chapitre Apoc. XIII a une première partie I sur la page 1048, une seconde II sur la page 1049.

En tête de I se trouvent, en titre de sa page, les nombres 12, 13; et son dernier verset est 17;

En tête de II, on a, en titre de sa page, les nombres 13, 14; et son dernier verset est 18.

On a donc la disposition suivante (où l'on a mis en caractère gras les seconds chiffres des six nombres) :

       I                        II
   12    13                  13    14
       17                        18    ;

ce qui fait lire, en accomplissant le cycle de tout l'ensemble en sens inverse des aiguilles d'une montre :

   pour I                   pour II
   327                       843.

Il s'agit donc bien, au Chapitre XIII, du pouvoir historique de la Rome papale.

Addition. — Sur le Chapitre I de Malachie.

Le dernier fait que nous venons de mentionner, et qui identifie visiblement pour nous le facteur historique du Faux Prophétisme, nous engage à signaler ici une autre indication du même ordre

p. 314

offerte par la Bible signifiée, et qui, présentée après celle que nous venons de déjà faire connaître, sera, nous le pensons, considérée comme particulièrement frappante.

Le Catholicisme romain fait grand état du verset Mal. I, 11, (que nous supposons ici sous les yeux du lecteur) pour légitimer, en tant qu'institution divine, le Sacrifice de la Messe; alors que tous les lecteurs fidèles de l'Écriture savent (voir notamment le Livre de Daniel et l'Épître aux Hébreux) que ce faux sacrifice est condamné par Elle, comme étant l'œuvre opératoire principale du Faux Prophétisme et un facteur destructeur de la doctrine du Salut. En même temps, ce Catholicisme, ses commentateurs et ses « sacrificateurs » (I, 6; II, 1), passent sous silence au cours de ce Chapitre I de Malachie, que, sans doute aveuglés, ils ne savent pas lire, la mention constante et répétée qui s'y trouve, — conjointe à celle de l'offrande spirituelle pure du verset 11, — de la Sainte Cène, « la Table de l'Éternel », Sainte Cène qu'ils méprisent. Or un signe visible nous est de nouveau donné par la miséricorde de l'Esprit saint, pour nous rassurer nous-mêmes, et légitimer encore ici l'appréciation que, défenseurs de la vérité de Dieu, nous sommes contraints de formuler.

Il suffit de suivre la suite des versets du Chapitre I et d'y noter :

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1°) Ceux où il est question du mépris de la Table de l'Éternel. Ce sont les versets

   7    12    13    ;

2°) Ceux où il est question d'une victime sacrifiée non acceptable, « malade, boiteuse, défectueuse ». Ce sont les versets

   8    13    14.

Or si (à l'exemple de ce que nous avons déjà fait plus haut) on écrit ces nombres en marquant leurs chiffres de droite en caractère gras, et qu'on en lise le cycle en sens inverse des aiguilles d'une montre, on les voit de nouveau écrire les deux nombres historiques fondamentaux de Daniel, concernant le Faux Prophète romain :

   327    et    843.

On dirait que le texte inspiré lie en quelque sorte ici, pour nous, toute la matière doctrinale du Faux Prophétisme, et nous la représente prisonnière de ses propres filets.

p. 316

ANNEXE III.

Sur les « MALHEURS » I et II de APOC. VIII, 13; IX.

Dans le consentement général des commentateurs, et conformément à ce que nous avons nous-même établi, les « Malheurs » I et II de l'Apocalypse désignent respectivement les mouvements Arabe et Turc. Nous nous proposons d'analyser à titre de nouvelles vérifications les quelques données numériques de premier ordre que nous propose le Chapitre IX.

A cet égard et en ce qui concerne d'abord le Mouvement arabe, ce qui attire en premier lieu l'attention est la mention (IX, 5) des « cinq mois » pendant lesquels ce mouvement est dit devoir tourmenter le monde. Dans le langage prophétique et dans l'ordre du sujet ces « cinq mois » mesurent soit [mois solaire] 5 × 30 = 150 ans; soit [mois lunaire] 5 × 29 ½ = 147a ½, et il suffit de dresser, comme nous allons le faire, le tableau historique des événements, pour reconnaître qu'en effet, et avec l'approximation que cette donnée qualitative générale comporte, il y a bien ici accord entre la Prophétie et l'Histoire. On a :

p. 317
Naissance de Mahomet à
   la Mecque  .  .  .   570 (571)
A 40 ans il prêche l'Islam   610
Hégire  .  .  .  .  .  .   622 (16 Juillet)
Mahomet triomphe à la
   Mecque  .  .  .  .  .   630
Il soumet l'Arabie  .   631
Mort de Mahomet  .  .  .   632
Prise d'Antioche et Jéru-
   salem par les Arabes.   638
Les Arabes prennent
   l'Espagne;  .  .  .  .   711
   la Septimanie;  .  .   720
   Autun.  .  .  .  .  .   725
Bataille de Poitiers  .  .   732
Organisation des Arabes
   en Espagne.  .  .  .   745
Trève avec les Chrétiens.   759
L'Arabe, langue officielle
   en Espagne  .  .  .  .   795

En prenant par exemple pour repères naturels du commencement du mouvement la Naissance et la mort de Mahomet, on a 570 + 150 = 720, 632 + 150 = 782, ce qui conduit à la phase finale. Ainsi, conformément à l'évaluation de notre texte, la poussée du mouvement arabe et son recul par la réaction franke, ont bien mesuré une durée d'environ un siècle et demi.

Ce fait de premier ordre étant acquis, il con-

p. 318

vient d'envisager, pour préciser la vérification, d'autres traits d'ordre plus particulier.

Il est certain — et c'est d'ailleurs la considération de ce dernier repère qui, avant que nous eussions songé à dresser un tableau plus circonstancié tel que celui qui précède, avait d'emblée fixé notre attention — que, dans la vue historique et le consentement non prévenu de tous, c'est la Bataille de Poitiers (Charles Martel), + 732, qui a arrêté la poussée arabe agressive et jusque là couronnée de succès. En retranchant de 732 les « cinq mois » ou 150 ans, on tombe sur la date 732 — 150 = 582 qui, en elle-même, ne paraît à la vérité repérer avec précision aucun événement remarquable bien déterminé, mais qui, au point de vue prophétique, est d'autre part très remarquable en ce qu'elle n'est autre chose que la reproduction par sa mise en cercle, ou cycle, de la période prophétique fondamentale de 528 ans;

[Figure : un cercle, surmonté du chiffre 5 (avec deux flèches descendantes l'encadrant), flanqué à gauche du chiffre 8 et à droite du chiffre 2 — disposition cyclique des chiffres de 528.]

et cette remarque doit se rapprocher, et elle s'autorise, d'une autre consistant en ce que, à la base de l'exposé biblique des 7 Trompettes (VIII, IX), se trouve, en VIII, 1, comme cela est établi depuis longtemps dans la Concordance (§§ 68 et 99),

p. 319

par la « demi-heure » qui y est mentionnée et qui vaut 264 ans, c'est à dire 5282, précisément cette même période de 528 ans.

On peut d'ailleurs joindre à ceci l'observation que, tandis que le premier verset de VIII, ou VIII, 1, mentionne ainsi « une demi-heure dans le ciel », le dernier verset de VIII, ou VIII, 13, montre, au sujet des 3 Malheurs ou 3 dernières Trompettes, un Ange qui annonce celles-ci en volant « par le milieu du ciel »; et cette idée de milieu, en évoquant les deux moitiés d'un tout, porte naturellement l'esprit qui avait mesuré en VIII, 1 la première moitié de la période de 528 ans, ou 264 ans, à envisager, en VIII, 13, la période entière de 528 laquelle se présente ainsi à la base du Malheur I (IX, 1). En d'autres termes on peut considérer que si la déduction à posteriori que nous venons de faire en portant les 150 ans en arrière de la Bataille de Poitiers, 732, nous avait invités à regarder (par le cycle 582) la période 528 comme un repère prophétique du Mouvement arabe, la construction du texte biblique et ses données de nombre conduiraient par une voie à priori à la même conclusion; et cela revient, en résumé, à penser que, dans l'intention du plan prophétique, le Ier Malheur est bien repéré sa base par une fois le cycle de 528 ans (lequel donne ici chronologiquement 582).

p. 320

Si le lecteur estime qu'une telle déduction est peut-être forcée, nous n'y insisterons pas pour le moment; elle ne constitue pas, prise en elle-même, un élément nécessaire de notre analyse d'identification historique du Mouvement arabe. Qu'il nous permette seulement de lui demander : 1° de prendre en considération que nombre de fois dans nos recherches concernant le système de la Bible signifiée, nous avons déjà rencontré le procédé qui consiste, quand il s'agit d'un cycle ou période, à l'écrire en cercle pour introduire un nombre symbolique équivalent; 2°) de vouloir bien attendre, pour apprécier en pleine connaissance de cause notre supposition (un cycle de 528 à la base du 1er Malheur), la constatation directe qu'il fera tout à l'heure lui-même qu'à la base de la computation du IIe Malheur se trouve sans équivoque possible une durée de 2 × 528 = 1056 ans chronologiques. Il se convaincra alors, par le caractère systématique de cette disposition des Ier et IIe Malheurs en rapport avec une fois et deux fois 528 ans, que très vraisemblablement ce que nous venons de supposer à l'égard du Malheur I est tout aussi fondé que ce qui se constate sans aucune équivoque pour le Malheur II.

La conséquence de notre discussion est donc la suivante : Si l'on accorde, d'après ce qui précède, que le texte inspiré fait connaître comme

p. 321

repère exact du Malheur I, au moyen de une fois le cycle prophétique de 528 ans, la date 582, il s'ensuit que, non plus d'une manière approchée et globale, mais d'une manière arithmétique entièrement précise, les « 5 mois » ou 150 ans se trouvent également rigoureusement mesurés par l'Histoire. On a alors, en partant du repère prophétique donné à priori, 582 :

582 + 150 = 732,

c'est à dire le fait historique universellement connu et déterminant de la Bataille de Poitiers, laquelle a mis fin en puissance au Mouvement arabe.

On peut observer, comme remarque subsidiaire confirmative de l'interprétation, que si, partant de la base 528, on compte l'Année lunaire de 354 jours, celle des Arabes, ce qui conduirait au terme limite

528 + 354 = 882;

et que l'on fasse attention que le texte mentionne deux fois (IX, 5, 10) les « 5 mois » ou 150 ans de leur nuisance; on a pour origine de celle-ci, en revenant donc en arrière, de 2 × 150 = 300 ans, précisément la date

528 + 354 — 2 × 150 = 882 — 300 = 582
p. 322

qui, par une autre voie, nous avait d'abord été indiquée.

Il est un autre aspect sous lequel notre sujet doit encore être envisagé et qui procède de ce que les Arabes, par Ismaël et Abraham, remontent jusqu'aux origines du peuple hébreu; et ce point de vue va apporter pour la première fois l'élucidation de points dont l'obscurité a été jusqu'ici une croix pour tous les commentateurs. Le point concret qui d'emblée, à cet égard nous sollicite, est la mention (IX, 11) du nom hébreu de leur chef, l' « Ange de l'Abîme », savoir Abaddon, lequel chef est également appelé en grec Apollyon (ces deux noms signifient : le Destructeur).

Or on a

(Apollyon) = 1461
          gr.

ce qui n'est autre chose que la Base de la Grande Pyramide en coudées, et ce qui du même coup évoque Abraham, ancêtre de l'Islam, Abraham qui se trouvait en Égypte en — 2161, époque centrale de construction de la Pyramide. Bien plus, cela éclaire immédiatement et d'une manière jusqu'ici insoupçonnée un autre trait de la prophétie, savoir, au commencement du Chapitre (IX, 1-3), la mention de ce « puits de l'Abîme », (Abîme dont on venait de nommer le chef), ce « puits » dont aucun

p. 323

commentateur n'a jamais pu présenter aucune interprétation justifiée, et qui au contraire, dans notre point de vue, en a une nécessaire et tout indiquée. Ce « puits de l'Abîme » n'est évidemment ici autre chose que le « puits » de la Pyramide, lequel Puits aboutit dans le Passage Descendant où Ismaël (qui n'a pas en part à la Loi de Moïse : entrée du Passage Ascendant) a continué à descendre. C'est par ce Puits que les influences délétères montent pour corrompre, dans l'Histoire post-chrétienne, le Christianisme (le Soleil = Christ), et même la vie normale (l'Air) et sociale.

Les sauterelles (IX, 3), c'est bien le ravageur qui détruit, et n'a rien su ni voulu réparer.

Serpent et Scorpion (IX, 5, 3). Tandis que l'Esprit du Mal est, dans le symbolisme chrétien, le Serpent, dont le venin est dans la Tête, centre intellectuel et région de l'Intelligence, il est ici dans la Queue, c'est à dire dans la région opposée et inférieure des fonctions de la chair et de la sensualité (abaissement de la femme; promesses paradisiaques du Coran; etc.).

La vue précédente de l'origine hébreue de l'Islam conduit d'ailleurs également à une vérification chronologique, liée en outre au caractère missionnaire spirituel de ce grand mouvement historique.

Puisqu'il s'agit d'Abraham (ancêtre de l'Islam) et de la Pyramide, partons de — 2161 (voir plus haut)

p. 324

avec la mesure (Apollyon) = 1461. Elle donnera à travers les deux Alliances (hébraïque et grecque) :

— 2161 + 1461 = — 700
—  700 + 1461 = + 761,

ce qui est justement l'époque (+ 759) à laquelle, par la trève avec le Christianisme, finit le mouvement agressif des « 5 mois », de durée

soit 5 × 30 = 150 (solaire)
ou 5 × 29 ½ = 147 ½ (lunaire);

et l'origine correspondante est alors

761 — 150 = 611
ou 761 — 147 ½ = 613 ½,

c'est à dire précisément l'époque où Mahomet, âgé de 40 ans, reçoit sa Vocation par l'Ange Gabriel. On a en effet

570 }          { 610
572 } + 40 =   { 612.

Nous venons d'analyser ce qui concerne le Ier Malheur ou le Mouvement arabe. Examinons maintenant les données relatives au IIe, c'est à dire au Mouvement turc.

p. 325

Il en est une qui de prime abord attire l'attention du lecteur en annonçant une détermination chronologique précise. Il s'agit, en IX, 15, de la mention, — proposée pour époque caractéristique de l'action du facteur historique envisagé, — de

« l'heure
« le jour
« le mois
« l'année ».

En nous reportant à ce qui a été dit concernant le Ier Malheur, et de la mise en évidence, à sa base, d' « une heure » ou 528 ans [une « demi-heure » (VIII, 1) valant 5282], il est naturel de compter ici, pour le IIe Malheur, comme terme de base, « deux heures » ou 2 × 528 = 1056 ans. On aura dès lors, en suivant la computation :

« l'heure  .  .  .  1056
« le jour.  .  .  .     1
« le mois  .  .  .    30
« l'année »  .  .  .  365,25
              Total  1452,25

ce qui n'est autre chose que la date universellement connue de la Prise de Constantinople par les Turcs, dans le courant de l'Année 1453.

Un autre nombre n'est pas moins frappant, et

p. 326

qui n'a jamais reçu non plus aucune explication valable chez aucun commentateur. C'est celui de ces « 200 millions » (IX, 16) qui mesurent ici la multitude du groupe agresseur, et sur lequel le texte attire expressément notre attention bien réfléchie, « J'en entendis le nombre ». Ici, comme dans d'autres cas, c'est la Loi de Population qui, par son terme séculaire, va nous donner la solution. 200 millions n'est autre chose en effet que la valeur de ce terme séculaire à l'époque + 1453 précisément que nous venons de déjà retrouver. Il suffit pour s'en assurer de chercher par la formule (voir Concordance, Appendice III).

(1)  P = P₀ (1 + p)t — to

ou, à partir de l'Ère chrétienne

(1)'  P = 400000 (1 + p)t,

l'époque t où l'on avait

P = 200000000.

Or on trouve ainsi (1)

     log 200000000/400000     log 500     2,69897000
t = ———————————————————— = —————————— = —————————— = 1452,12;
        log (1 + p)          log (1 + p)  0,00185851154

(1) On a p = 0,004288550591...
log (1 + p) = 0,00185851154.

p. 327

c'est à dire, comme plus haut (1452,25), le courant de l'Année historique bien connue 1453.

On voit par tous ces résultats qu'à mesure qu'on étudie et qu'on approfondit les données de l'Écriture, il n'en est pas, quelque particulières qu'elles soient, qui ne trouvent progressivement leur explication, et ne s'assignent une raison d'être dans un ensemble organique entièrement prédéterminé.

La Bible est, dans le sens absolu, un Miracle, — une chose merveilleuse devant les yeux qui ne se ferment pas volontairement à sa lumière.

ANNEXE IV.

La parabole de Lazare et du mauvais riche (Luc XVI, 19-31).

Des interprètes de l'Écriture qui estiment, contrairement à ce que l'expérience démontre, que la piété confère d'elle-même le sens critique des textes, font grand usage de ce fragment des Évangiles pour établir, conformément à leur tendance de sentiment : qu'à l'instant de la Mort, les élus montent au séjour céleste, les réprouvés descendant, de même, d'emblée dans les lieux infernaux.

p. 328

Ils rejettent par conséquent l'enseignement net de l'Écriture suivant lequel, à la mort, tous attendent dans le sommeil la Résurrection, tant des justes que des injustes. Cette Résurrection aura lieu tout d'abord pour les élus, membres de l'Église de Christ, à la Seconde Venue historique du Seigneur. Pour les autres, elle n'aura lieu qu'après le Millenium, lors du Jugement Dernier. [Voir concernant l'étude de ce sujet notre travail La Seconde Venue du Seigneur et le Sommeil des Morts.] Le sentiment piétiste dont nous parlons s'allie d'ailleurs généralement avec l'idée tout aussi peu scripturaire, de l'attente journalière, d'heure, d'instant, de la Seconde Venue (1) comme événement historique; alors qu'il est démontré que cette Seconde Venue ne se manifestera (par sa Ire Phase) qu'en l'An + 2180.

En ce qui concerne la présente Parabole, les

(1) Certains chrétiens, bien intentionnés peut-être, en tout état de cause à notre sens fort peu clairvoyants, estiment peu proportionnée l'importance que nous attribuons à ce qu'ils considèrent, pour leur part, comme une simple divergence d'ordre purement intellectuel. Qu'importe, disent-ils, si ces Adventistes, évidemment fort ignorants des Écritures et peu instruits, se plaisent à une croyance qui alimente et entretient leurs habitudes de piété. Sans s'arrêter à remarquer qu'une telle mansuétude doit aussi bien dès lors porter nos contradicteurs à tolérer et à autoriser toutes les superstitions, y compris celles, très pieuses, des Catholiques romains, faisons

p. 329

plus grossières contradictions n'arrêtent nullement non plus ceux dont nous parlons; une seule, que nous allons citer, justifiera ici notre appréciation. Ils prennent le fait que cette parabole propose, pour une histoire réelle, ayant pour acteurs un certain Lazare et un certain riche dénué de miséricorde. Or ces deux hommes étant doués de sens (corps, langue, goût, vue, ouïe, parole), l'histoire, prise ainsi telle quelle, suppose nécessairement la Résurrection préalable de ces deux morts; c'est à dire qu'elle exige, dans l'opinion de ceux dont nous parlons, que la Résurrection de notre corps ait lieu à l'instant même de notre mort, alors qu'il est nettement enseigné, — et enseigné par eux-mêmes d'après des passages formels de l'Écriture, — qu'elle n'aura lieu qu'aux derniers jours, à la Seconde Venue.

leur comprendre que la divergence porte ici en réalité sur ce qu'il y a de plus profond dans l'ordre spirituel, et que ce n'est pas pour rien que la Parole de Dieu a eu soin de condamner l'attente journalière des Adventistes. L'attitude que ceux-ci prêchent, en portant incessamment nos regards en dehors de nous, vers un spectacle surnaturel, transforme en la curiosité d'un effet de théâtre, la préoccupation intérieure, sévère, et qui doit nous faire sans cesse rentrer en nous-mêmes et nous placer en présence du Jugement de Dieu, de l'attente constante et continue de notre mort; de cet instant qui, pour nous, sera la fin de tout, et dont nous pouvons dire en certitude que nul n'en sait « ni le jour ni l'heure ».

p. 330

Ce manque de sens critique, et on peut le dire de simple sens commun, se trahit d'ailleurs, à un point de vue plus général, par la manière dont, s'écartant de toute méthode rationnelle, on isole ici un passage particulier de tout le contexte qui pourrait et qui doit l'éclairer; et c'est ce point que nous nous proposerons surtout de bien mettre en lumière, en tant que leçon utile dans l'analyse d'un document.

A cet égard en effet, ce qu'il importe de tout d'abord remarquer, c'est que tout le Chapitre XVI de Luc, dont la Parabole fait partie, constitue et forme un tout unique systématique.

Ce Chapitre en effet, se compose des trois parties suivantes, savoir :

  I.   (1-13) [13 versets]. Parabole de l'Économe infidèle.
  II.  (14-18) [5 versets].  Discussion avec les Pharisiens. L'Adultère.
  III. (19-31) [13 versets]. Parabole du Mauvais Riche et de Lazare.

Les 31 versets du Chapitre sont donc distribués symétriquement en deux paraboles de 13 versets chacune, que sépare un intermède de 5 versets. Il y a dans cet intermède un passage (le verset 18, déclaration concernant l'« Adultère ») qui est une croix pour les commentateurs, s'ils se placent au point de vue de la logique dans la suite des idées. La présence de ce verset peut à la vérité p. 331 ne pas embarrasser beaucoup la critique rationaliste, encline au procédé commode et toujours opérant de mettre par exemple au compte d'une inadvertance de copiste, l'introduction bizarre dans un discours d'une idée qui n'y a, à la place qu'elle y occupe, aucune raison d'être. Il n'en est pas de même pour ceux qui croient, appuyés sur des preuves multiples antérieures, que la Bible, telle que nous la possédons aujourd'hui, est la Parole de Dieu et, jusque dans sa forme constructive, l'œuvre du St-Esprit. Et dès à présent l'observation plus haut présentée concernant l'ensemble systématique du Chapitre que nous analysons, est de nature à confirmer cette manière de voir, et par conséquent à rendre d'autant plus prudente la critique de sens rassis.

Or, dans ce sens, ce qui constituait à première vue une difficulté, peut devenir et en fait devient ici une lumière. L'Adultère dont il est solennellement fait mention par Celui qui, maintenant le courant normal de sa pensée, s'adresse aux Pharisiens, est l'Adultère spirituel de leur Faux prophétisme (1); et tout le Chapitre est :

(1) Ils ont répudié la femme légitime (l'Église de Christ) pour épouser l'Église adultère; et quiconque épouse celle-ci que le Mari suprême (Christ) a justement répudiée, commet un adultère.

p. 332

par I, l'Histoire spirituelle de la vraie et de la fausse église dans l'Économie actuelle terrestre; par III, l'Histoire spirituelle (et les conséquences de I) pour chacune de ces églises, dans l'Économie qui suivra l'Histoire actuelle, et qui sera celle du Jugement de Dieu.

Dans la partie I, l'Économe infidèle est bien le Faux prophétisme, supérieurement intelligent, — et loué à cet égard par le Maître, car l'intelligence comme telle, et son emploi fût-il même pervers, a en soi sa valeur — et qui, doué d'une débordante activité et du sens de l'ordre organisé, met habilement au service de sa mauvaise cause toutes les ressources des facultés humaines; et les enfants de lumière, auxquels il est ici par contraste fait honte de leur inertie intellectuelle, sont bien ces membres de la véritable église de Christ cependant, qui, dans le sentiment d'un salut personnel et assuré qu'ils escomptent, méprisent en réalité les dons — par exemple la Science, qu'ils regardent plutôt comme un fâcheux et une ennemie des âmes — que le Seigneur leur avait mis aussi bien entre les mains pour la défense et la gloire de la Vérité.

Dans la partie III, le Riche et Lazare ne sont autres que les représentants de ces deux mêmes facteurs opposants du conflit spirituel. Le Riche est assez clairement désigné; c'est l'Église terrestre p. 333 florissante, couverte de pourpre et de fin lin, qui, admirée du monde et l'attirant à elle, se traite magnifiquement tous les jours. Et Lazare (ce nom ne dit-il pas tout; voir Jean XI) n'est-il pas la vraie Église, celle de la Résurrection (1), celle que tourmente pendant toute son existence ici-bas le sentiment de la morsure brûlante du Péché (l'ulcère), celle que méprisent les gens du monde et qui, mûs par une instinctive sympathie, fût-elle inconsciente, ne trouve plutôt d'appui et de support qu'auprès des humbles et des déshérités.

Tandis que le Faux Prophète prétend élever sa puissance mondiale sur les ruines du Judaïsme, premier stade de l'église visible sans doute mais qui a cédé sa place, et est désormais aboli, le Lazare de la Parabole a au contraire mis toute sa foi et puise toute sa force dans la certitude des promesses faites dès les siècles anciens à son Peuple élu par l'Éternel; et quand l'heure de la rétribution spirituelle viendra, il éprouvera que, dans sa fidélité à la Parole, il ne s'était pas trompé; arrivé au but il pourra encore, dans la paix du Ciel, comme déjà il l'avait fait sur la Terre, reposer sa tête lassée sur le sein d'Abraham.

Quant aux cinq frères qu'avait le Riche, à moins

(1) En Jean XI, 43 l'impératif de Jésus : « Lazare ! » a pour valeur (Λαζαρε) = 144, c'est à dire le signe de la Résurrection.

p. 334 que de nouveau avec la critique rationaliste on n'attache à cela « aucune importance », il est certain que, dans un point de vue qui envisage sérieusement la Bible comme étant une Parole de Dieu, c'est un trait explicite et concret qui a une raison d'être. Et une telle raison est ici évidente et dérive immédiatement de la connaissance que nous avons acquise, par l'étude de la Révélation, de l'Histoire de l'Église et de son plan déterminé. Ce plan est en effet défini et mesuré par la succession des 7 phases qui correspondent aux 7 Églises de Apoc. II, III, Églises parmi lesquelles deux, savoir : Thyatire et Philadelphie (le Catholicisme papal romain; la Réforme), sont les représentants désignés, et mis en évidence d'une manière proéminente, du Faux Prophétisme et de l'Église fidèle à la Parole. La première est ici le Mauvais Riche, la seconde le Lazare de la Parabole; et ces deux avec les « 5 autres », qui sont en effet spirituellement plutôt les « 5 frères » du Riche que ceux de Lazare, réalisent l'ensemble, préconnu de nous, des 7 Églises. Le nombre cinq mentionné par le texte inspiré a donc une raison d'être intentionnelle, et essentiellement instructive au point de vue spirituel. p. 335

ANNEXE V.

Sur la valeur du Temps de Apocalypse XII, 14

par M. Raoul Vandendriessche.

Parmi les auteurs qui ont étudié la Chronologie prophétique, tous, peut-on dire, attribuent au Temps de Apoc. XII, 14, une valeur de 360 années, déduite du verset 6 du même Chapitre XII.

Quelle est la valeur d'une semblable déduction? C'est ce que nous allons examiner.

Nous pourrions commencer par observer qu'en bonne critique l'identification des durées mentionnées en XII, 6 et XII, 14 constitue une prétérition : 1°) en soi sans justification rationnelle; 2°) sans aucune justification au point de vue du soin méthodique antérieurement partout observé et reconnu et de la sobriété avec lesquels l'Écriture procède à la présentation de ses éléments constructifs.

Il faut en effet à ce dernier égard, et tout d'abord, se souvenir que la Parole inspirée avait, antérieurement, fait usage d'une unité de durée qualifiée par Elle de Temps, et cela dans une formule caractéristique (un temps, des temps et la moitié d'un temps) identique à celle de Apoc. XII, dans p. 336 deux autres passages : en Daniel VII, 25, et XII, 7. Il suffit, pour s'en convaincre, de confronter les trois versets.

Il prononcera des paroles contre le Souverain, il opprimera les saints du Souverain, et il pensera changer les temps et la loi; et les saints seront livrés en sa main pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps.
Dan. VII, 25.
Et j'entendis l'homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve; il leva sa main droite et sa main gauche vers les cieux, et il jura par celui qui vit éternellement que ce serait pour un temps, des temps et la moitié d'un temps, et que toutes ces choses seraient accomplies quand la force du peuple saint serait entièrement brisée.
Dan. XII, 7.
Mais les deux ailes d'un grand aigle furent données à la femme pour s'envoler de devant le serpent au désert, en son lieu où elle est nourrie un temps et des temps et la moitié d'un temps.
Apoc. XII, 14.

Il faut ensuite se souvenir également que l'Écriture avait pris soin de mesurer pour nous la valeur du Temps prophétique dont Elle avait fait usage en Dan. XII, 7, nous disant qu'après l'écoulement du premier des 3 ½ Temps, il resterait à mesurer 1290 unités chronologiques appelées jours et qui sont ici des années.

Et depuis le temps où cessera le sacrifice continuel et où l'on introduira l'abomination de la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours.
Dan. XII, 11.
p. 337

Si la Bible définit ainsi déjà les 3 ½ Temps de Daniel XII, 7 comme mesurant une durée de 12902,5 × 3,5 ou 1806 ans, soit

          1 Temps = 516 ans,

quelle raison décisive pourrait-on invoquer pour attribuer ainsi qu'on le fait une valeur différente aux 3 ½ Temps de Apoc. XII, 14? Aucune. En réalité les commentateurs ne font rien d'autre ici qu'ignorer les déclarations de Daniel, ou, ce qui est pis encore, ils attribuent une durée de 360 ans au Temps dont fait usage le prophète dans les deux versets rapportés, et ceci en contradiction flagrante avec les affirmations formelles de l'écrivain sacré.

Comment s'étonner, dès lors, qu'avec un pareil manque de méthode, la Chronologie prophétique soit parfois engagée dans des impasses dont il est impossible de la faire sortir?

Nous venons, pensons-nous, de définir la voie logique qu'il convient de suivre pour la détermination de la durée appelée Temps en Apoc. XII, 14.

Ceci posé, qui est un premier objet capital, nous nous proposons de présenter quelques remarques amenées par l'analyse systématique de l'ensemble du sujet.

Le raisonnement des commentateurs, avions-nous p. 338 dit, est très simple. Ils se bornent à rapprocher Apoc. XII, 6

Et la femme s'enfuit dans un désert où Dieu lui avait préparé un lieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.
Apoc. XII, 6.

d'Apoc. XII, 14, cité plus haut; prétendent déduire de la ressemblance de ces deux textes leur équivalence chronologique; et sont ainsi conduits à reconnaître dans le Temps d'Apoc. XII, 14, cette durée de 360 années. Mais, quelque abusive que soit en cela leur conclusion, le rapprochement des nombres n'en introduit pas moins ici pour nous, d'instructives considérations.

Daniel, dans la formule qu'il donne des 3 ½ Temps, commence par isoler intentionnellement le premier de ces Temps, et attribue au reste une valeur de 1290 jours, ce qui lui fait embrasser de la sorte un espace de 516 + 1290 années, soit 1806 ans. Si, par une analogie de construction, on associe les 1260 jours d'Apoc. XII, 6, à la formule de « un temps, des temps et la moitié d'un temps » de Daniel que reproduit ici le verset 14, on peut être conduit à les considérer comme une fraction de la période totale des 3 ½ Temps, — ainsi que cela avait eu lieu pour les 1290 jours de Daniel.

Sans qu'il soit d'ailleurs ici question de rechercher à quels événements peuvent s'appliquer les p. 339 déclarations d'Apoc. XII, 6 et 14 (1), l'enseignement de la Parole nous invite donc à considérer maintenant, par analogie avec la durée des 1806 ans de Daniel, divisés en

          516 + 1290 ans,

une autre durée, celle-ci égale à

          516 + 1260 ans ou 1776 ans.

Or, une telle période de 1776 ans est repérée effectivement dans la Bible. Elle prend origine en l'année + 327, à laquelle commençait la période de 3 ½ Temps de Dan. XII, 7, pour nous conduire jusqu'en l'année + 2103 qui est une des dates fondamentales de la période d'apogée du dernier Peuple chef. Cette date, mise en relief par la Pyramide, avait été déduite antérieurement, dans la Concordance, de la mention des 42 mois d'Apoc. XIII, 5 (2).

L'existence de ce terme de 1776 ans étant ainsi hors de doute, ce qu'il importe de faire remar-

(1) Voir dans Concordance, nos 80, 81, 82, pp. 138 et suiv. Également : Leçons sur la Parole de Dieu, T. II, Leçon XXIV, § 658, pp. 552-553.

(2) Concordance, n° 57, p. 114.

p. 340

quer et qu'on a sans doute d'emblée aperçu, c'est que ce terme, qui associe donc au Temps de 516 ans la durée de 1260 années d'Apoc. XII, 6, constitue en lui-même un signe particulièrement remarquable. 1776 n'est autre chose en effet que

          2 × 888;

et, comme on le sait, 888 est un signe de Christ [(Jésus)gr. = 888], signe encore renforcé ici par le facteur 2 qui symbolise la Seconde Personne de la Sainte Trinité.

Ce signe va nous conduire à une nouvelle vérification bien décisive.

L'examen rationnel des textes étudiés devait, nous l'avons vu, par lui-même conduire à la conclusion que les 3 ½ Temps dont la valeur avait été explicitement définie par Daniel, conservaient cette même valeur dans l'Apocalypse. La vérification dont nous parlons paraît destinée à sceller entièrement la certitude sur ce point. L'Esprit dont le Livre tout entier constitue l'œuvre unique, nous a, par le moyen de ce nombre 888, ménagé un signe que la période de 516 ans, est bien l'unité de mesure commune à Daniel VIII, 25, XII, 7, et Apoc. XII, 14.

Les versets rappelés ont, sur l'Échelle de la Bible, les numéros d'ordre suivants :

p. 341
  Pour Daniel : . . . . . . . . .  VII, 25, n° 22027
                                   XII, 7,  n° 22157
  soit, pour leur position moyenne :
            22027 + 22157     44184
            -------------  =  -----  =        n° 22092.
                  2             2
  Pour l'Apocalypse : . . . . . .  XII, 14, n° 30973.

Or, entre les deux versets désignés par les nombres 30973 et 22092, on compte, embrassé par eux, un bloc de versets égal à

                     8880
  ou               10 × 888;
  c'est à dire       5 × (516 + 1260).

Ce résultat, qui établit une relation définie entre les trois versets étudiés, est certes remarquable. Il met incontestablement en évidence le nombre 516, primitivement déduit de la seule étude du Chapitre XII de Daniel. Ce qu'il a d'ailleurs peut-être en outre de plus impressif, c'est qu'il associe à ce nombre 516, le nombre 1260 que nous avons également rencontré en Apoc. XII, 6, et qui avait conduit les commentateurs, pour lesquels ceci constitue donc à la fois une leçon et une réponse, malgré les déclarations précises de Daniel, à déduire erronément pour valeur du Temps de Apoc. XII, 14, 360 années.

Si l'on examine cet ensemble avec tant soit peu p. 342 de tranquillité, on sera sans doute contraint d'exclure ici l'idée du hasard, c'est à dire l'hypothèse d'une simple relation fortuite entre des nombres qu'aussi bien le texte nous présente avec une consciente insistance. Et plus d'un, vraisemblablement, se trouvera par là confirmé dans l'idée qu'une direction surnaturelle a nécessairement dû présider à l'élaboration d'un document où se manifestent de tels traits, inexplicables en-dehors de la notion providentielle.

A un titre quelque peu différent, cet exemple valait également d'être cité, n'eût-il que ce seul résultat de mettre en évidence, une fois de plus, qu'étudier dans le sens vrai et profond du mot, un document tel que la Bible, est faire œuvre de science; et qu'on n'y peut donc procéder avec quelque sécurité qu'au prix d'une rigueur de principe sans défaillance. Les déviations trop nombreuses et si communes aujourd'hui que l'on observe dans l'interprétation du Livre, ont presque toujours pour origine un fléchissement dans la méthode; et l'on ne saurait assez insister sur la nécessité, qui s'impose actuellement aux théologiens, de prendre exemple et règle dans les voies de la science externe et positive.

Note additionnelle.

Ces résultats étant acquis, il était intéressant p. 343 d'examiner si la valeur numérique du texte grec « un temps, des temps et un demi-temps » de Apoc. XII, 14 n'apporterait pas de son côté une confirmation de la valeur 516 du « Temps ». On a pour ce passage, dans le Texte Reçu :

  P = καιρον και καιρους και ημισυ καιρου = 2373;

d'où

  P = 3 ½ × 516 + 567;

et l'on va voir que les deux termes caractéristiques composants de cette expression sont exactement repérés dans la Bible et la Pyramide.

On a vu dans la Concordance (§§ 81, 82) que les 3 ½ temps = 3 ½ × 516 = 1806, se terminent en + 1870 et ont pour origine l'époque apostolique de Persécution + (64-67)

  [64 + 1806 = 1870;  67 + 3 ½.515,165 = 1870,08].

Si P, d'après cela, se termine en + 1870, P a pour origine

          1870 − 2373 = − 503;

c'est à dire, par la relation établie (Leçon III, § 29) p. 344 propre à l'Édit de Cyrus — 536 [Cyrus : le Seigneur, l'Oint de Es. 44. 28; 45. 1]

          536 = 2 × 33 ½,

l'époque

  + 33 ½ − 2 × 33 ½ = 33 ½ − 536 = − 502,5 = (chron.) − 503;

et l'on voit tout d'abord par là que le passage P [les 3 ½ Temps de Apoc. XII, 14], par sa valeur numérique littérale, tout en impliquant les 3 ½ Temps de 516 ans de Daniel, nous apprend ici quelque chose de plus, en reliant la Maison de Juda (celle qui est l'objet de l'Édit de Cyrus) au grand Empire du Nord [l'Aigle] constitué comme Peuple Chef en + 1870 (Concordance, § 82).

L'origine de P a donc un sens biblique et historique bien déterminé.

Cela observé, voici ce qui, ensuite, est particulièrement remarquable. Il consiste en ce que si, à partir de son origine, on compte P, dans le sens croissant du temps, par l'une ou par l'autre des deux formules

     (1)  P = 3 ½ × 516 + 567
  ou (2)  P = 567 + 3 ½ × 516,

chacune de ces formules est manifestement bien p. 345 repérée, au point de séparation de ses deux termes, dans la Bible et la Pyramide.

Cela est tout d'abord évident pour la formule (2) qui, par − 503 + 567 = + 64 nous ramène d'elle-même à l'époque + 64, plus haut rappelée, de laquelle se comptent les 3 ½ × 516 = 1806 qui conduisaient à + 64 + 1806 = + 1870.

Quant à la formule (1), elle donne, par

  − 503 + 3 ½ × 516, l'époque − 503 + 1806 = + 1303,

c'est à dire l'Angle du Petit Degré de constitution de la Réforme (Concordance, § 27), point auquel conduisaient également les 42 mois (lunaires, 1239 ans) (Concordance, §§ 57, 73) par + 64 + 1239 = 1303; et on a ensuite dans la formule (1) (du Petit Degré au Grand Degré) :

          + 1303 + 567 = + 1870.

Dans cette computation, évidemment de tout point intentionnelle par sa précision, le nombre caractéristique, en lui-même remarquable, 567, est égal à

          7 × 3 × (3.3.3).
p. 346

ANNEXE VI.

Sur « Les Temps et les Moments » de l'Avènement du Seigneur.

Par le Colonel E. Galet.

L'Avènement du Seigneur constitue l'événement terminal de notre économie historique.

Un rapprochement doit d'abord être signalé entre deux faits qui se rapportent à cet Avènement.

Un premier fait, et que nous allons définir, aisé à constater dans les milieux évangéliques est que l'Église a maintenant le sentiment, éclairé par l'Écriture, que le retour de Christ est proche.

Si la Seconde Venue a toujours préoccupé l'Église, ce n'a jamais été aussi profondément et avec un tel besoin de précision que de nos jours; et l'étude des prophéties qui y sont relatives n'a jamais été poursuivie comme il en est actuellement.

C'est un autre fait que la Bible, considérée aussi bien dans son ensemble que dans chacun des deux Testaments, et dans les livres particuliers qui les composent, annonce la Seconde Venue avec une insistance, une netteté et une précision croissantes au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture du document.

p. 347

En ce qui concerne l'Ancien Testament, c'est en effet dans sa dernière partie, celle qui se rapporte à la Prophétie, que la Seconde Venue est plus particulièrement envisagée; et c'est dans le livre de Daniel, le dernier des grands prophètes, et dans celui de Malachie, le dernier des petits prophètes, qu'elle est annoncée avec le plus de netteté.

De tous les prophètes, c'est d'ailleurs Daniel seul qui apporte la précision du nombre, surtout en son douzième et dernier chapitre, où il détermine chronologiquement la Seconde Venue (1) au moyen d'unités appelées temps et jours : « Quand sera la fin de ces merveilles?

» ...ce sera pour un temps, deux temps, et la moitié d'un temps; et quand il aura achevé de briser la force du peuple saint, toutes ces choses seront accomplies.
» Et moi j'entendis, mais je ne compris pas. Et je dis : « Mon Seigneur, quelle sera l'issue de
» ces choses? » Et il dit : « Va Daniel, car ces
» paroles sont cachées et scellées jusqu'au temps
» de la fin. »
» Plusieurs seront purifiés, blanchis et éprouvés, mais les méchants agiront avec méchanceté, et

(1) On sait que le passage bien connu « ni le jour ni l'heure » ne concerne nullement la Seconde Venue comme événement historique, mais bien l'instant, inconnu de chacun, de sa Mort.

p. 348
aucun des méchants ne comprendra, mais les intelligents comprendront.
» Et depuis le temps où cessera le sacrifice continuel et où l'on mettra l'abomination de la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours (années).
» Heureux celui qui attendra, et qui atteindra jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours! (années). Mais toi, va à ta fin. Tu reposeras, et tu seras debout pour ton lot, à la fin des jours. » (Dan. XII, 6-13.)

Mais s'il est fréquemment question de la Seconde Venue dans l'Ancien Testament et particulièrement dans la Prophétie, c'est cependant d'une manière voilée et difficilement intelligible; et à Daniel lui-même qui, entendant mais ne comprenant pas, demande des éclaircissements, il est répondu que « ces paroles sont cachées et scellées jusqu'au temps de la fin ».

Malgré ces obscurités voulues, relatives à un objet encore très lointain à l'époque de l'Ancien Testament, l'Écriture nous enseigne cependant que les prophètes, loin de se désintéresser de l'époque des deux Venues, méditaient profondément sur ce objet :

« C'est ce salut qui a été l'objet de l'exacte recherche et de la profonde méditation des prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous p. 349 était destinée; tâchant de découvrir pour quel temps et pour quelles conjonctures l'Esprit de Christ qui était en eux, et qui rendait témoignage à l'avance, leur faisait connaître les souffrances de Christ (Première Venue) et la gloire dont elles seraient suivies (Seconde Venue).
« Mais il leur a été révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour nous, qu'ils étaient dispensateurs de ces choses (le temps et les conjonctures) que ceux qui vous ont prêché l'évangile par le Saint Esprit envoyé du Ciel, vous ont maintenant annoncées, et dans lesquelles les anges désirent de voir jusqu'au fond. » (I Pi. 10, 11, 12.)

Le « temps » dont il est question ci-dessus ne peut que se rapporter aux temps du livre de Daniel.

Le grand objet de la Seconde Venue pénètre bien davantage que pour l'Ancien Testament toutes les parties du Nouveau, et c'est de même également dans la fin de celui-ci, dans le livre de l'Apocalypse, plus spécialement consacré à la Seconde Venue, qu'on trouve à cet égard le plus de clarté et de précision, et que l'événement est chronologiquement déterminé par la considération d'unités appelées temps et mois. Le Règne de Christ s'y trouve en outre décrit et mesuré par une étendue de mille ans, communément appelée le Millénium.

Mais si, dans la considération de l'Avènement du Seigneur, la précision est croissante dans chacun p. 350 des deux Testaments, elle l'est également dans les parties principales qui les composent, notamment dans les épîtres de saint Paul aux sept églises, et dans les épîtres de saint Pierre, écrits que seuls nous considérerons ici.

Les épîtres de saint Paul comprennent des épîtres à sept églises; des épîtres à trois hommes (Timothée, Tite et Philémon); une épître à un peuple (les Hébreux).

Les épîtres aux sept églises consistent dans : l'épître aux saints de Rome; les deux épîtres à l'église de Corinthe; l'épître aux églises de Galatie; l'épître aux saints d'Éphèse; l'épître aux saints de Philippes; l'épître aux saints de Colosses; les deux épîtres à l'église des Thessaloniciens.

On ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre ces épîtres adressées par saint Paul aux sept mandataires précédents et les lettres adressées par saint Jean aux sept Églises, dans l'Apocalypse.

On a, dans cette vue, le parallélisme suivant :

       Épîtres de Paul.                       Apocalypse.
  1. Romains (les saints) . . . . . Éphèse.
  2. I II Corinthiens (l'église) . . Smyrne.
  3. Galates (les églises) . . . . . Pergame.
  4. Éphésiens (les saints) . . . . Thyatire.
  5. Philippiens (les saints) . . . Sardes.
  6. Colossiens (les saints) . . . . Philadelphie.
  7. I II Thessaloniciens (l'église) . . Laodicée.
p. 351

Le rapprochement se justifie par bien des traits et notamment par la mention explicite d'église que saint Paul donne seulement : aux Corinthiens, aux Galates et aux Thessaloniciens; ainsi que par la mention d'une lettre à Laodicée (7e église de l'Apocalypse) dans l'épître aux Colossiens (6e groupe de saint Paul).

Comme on le sait, les sept églises de l'Apocalypse constituent les phases successives du développement historique de l'Église de Christ depuis la Loi (Exode).

Or dans la vue parallèle que nous proposons, on peut s'expliquer le fait que la mention d'église, ou organisme constitué, se trouve seulement conférée 1°) aux Corinthiens, lesquels y correspondent à « Smyrne », l'église des temps de la Prophétie (A. T.), laquelle Prophétie annonce les deux Venues; 2°) aux Galates (le correspondant de « Pergame », Première Venue, ceux aux yeux de qui Jésus-Christ a été si vivement dépeint, « crucifié parmi vous » (Gal. III, 3); 3°) aux Thessaloniciens, lesquels, avec « Laodicée », correspondent à l'époque de la Seconde Venue.

L'annonce d'une lettre à Laodicée, que l'on trouve mentionnée à la fin de l'épître aux Colossiens s'explique également, puisque alors va commencer justement l'époque de l'épître aux Thessaloniciens, correspondant, comme on p. 352 vient de le dire, à Laodicée dans l'Apocalypse.

Il est remarquable de constater en confirmation de ce point de vue que c'est seulement dans les deux épîtres aux Thessaloniciens que l'apôtre traite de la Seconde Venue comme s'il s'agissait d'une église contemporaine de cet événement.

Et de même que Daniel et l'Apocalypse déterminent l'époque de la Seconde Venue par la considération de temps, mois, jours, ce sont les mêmes éléments de détermination chronologique qui préoccupent ici l'apôtre :

« 1. Pour ce qui regarde les temps et les moments (de la Seconde Venue), vous n'avez pas besoin, frères, qu'on vous en écrive;
» 2. Car vous savez vous mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un larron la nuit.
» 3. Car quand ils diront : Paix et sûreté, alors une ruine subite les surprendra, comme les douleurs surprennent une femme enceinte; et ils n'échapperont point.
» 4. Mais quant à vous, frères, vous n'êtes point dans les ténèbres, pour être surpris par ce jour-là; comme on le serait par un voleur.
» 5. Vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour; nous ne sommes point de la nuit, ni des ténèbres. » (I Thes. V, 1 à 5.)

Les « temps et les moments » du verset 1 sont les temps, les mois, les jours des livres de Daniel p. 353 et de l'Apocalypse qui annoncent l'époque de la Seconde Venue.

La même expression « les temps, les moments » avec la même signification, se trouve dans le livre des Actes :

« Eux (les apôtres) donc, étant assemblés, lui demandèrent : « Seigneur, sera-ce en ce
« temps que tu rétabliras le royaume d'Israël? »
» Mais il leur répondit : « Ce n'est pas à vous
» de savoir les temps ou les moments dont le Père
» a réservé la disposition à sa propre puissance. »
(Act. I, 6, 7.)

Les apôtres, interrogeant Jésus sur « les temps et les moments » du rétablissement du royaume d'Israël, rétablissement qui est en connexion intime avec la Seconde Venue, il leur est répondu, non pas que « les temps ou les moments » ne peuvent être connus, mais que ce n'est pas à ceux qui sont placés au commencement de l'histoire du Christianisme d'en avoir la révélation.

Lorsque saint Paul est arrivé, avec les épîtres aux Thessaloniciens, à la fin de l'histoire, il ne fait pas la même déclaration négative en ce qui concerne « les temps et les moments ». Mais il considère deux catégories d'hommes : l'une comprenant ceux qui sont hors de l'Église, qui seront surpris par le jour du Seigneur (verset 3); l'autre composée des membres de l'Église, qui ne sera pas surprise par ce jour là (verset 4); qui, par p. 354 conséquent, en connaîtra l'époque. C'est précisément ce que Daniel avait déclaré dans la partie du chapitre XII reproduite ci-dessus : « Aucun des méchants ne comprendra, mais les intelligents comprendront. » Saint Paul insiste d'ailleurs sur le fait que l'Église est composée d'enfants de la lumière et du jour, par conséquent parfaitement éclairés (verset 5), et cela relativement à « ce qui concerne les temps et les moments » de l'Avènement du Seigneur, dont il est question dans le cinquième chapitre.

Puisque, d'après saint Paul, l'Église ne sera pas surprise par « les temps et les moments » de la Seconde Venue, c'est qu'elle les connaît par la compréhension des diverses prophéties qui y sont relatives.

L'Avènement du Seigneur étant ainsi connu, l'Apôtre met en garde contre le danger de se tromper en moins, c'est à dire de le croire tout proche : « Pour ce qui regarde l'Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos pensées, et de ne point vous laisser troubler par quelque inspiration, ou par des paroles, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de notre part, comme si le jour de Christ était proche. » (II Th. II, 1, 2.)

C'est dans le dernier chapitre de sa dernière p. 355 épître que saint Pierre traite du moment de la Seconde Venue.

Il commence par réveiller par ses avertissements les sentiments purs de l'Église à ce sujet en la renvoyant à la prophétie ; par conséquent, principalement, à la prophétie de Daniel : « Mes bien aimés, je vous écris maintenant cette seconde épître. Dans l'une et dans l'autre je réveille par mes avertissements les sentiments purs ; afin que vous vous souveniez des choses qui ont été prédites par les saints prophètes. » (II Pi. III, 1, 2.)

Puisque l'Église doit être réveillée, c'est qu'elle est endormie, en ce qui concerne les sentiments purs, c'est à dire quant à la manière de sentir selon l'Écriture.

Saint Pierre nous transporte aux derniers jours et ensuite il répond aux sceptiques qui penseront alors que l'Avènement du Seigneur n'arrivera pas :

« Sachez avant toutes choses qu'aux derniers jours il viendra des moqueurs qui se conduiront par leurs propres convoitises, et qui diront : « Où est la promesse de son avènement ? car depuis
» que nos pères sont morts, toutes choses demeu-
» rent dans le même état où elles étaient au
» commencement de la création. » (II Pi. III, 3, 4.)

De même que l'Apocalypse assigne une durée de mille ans au jour du Seigneur, encore appelé p. 356 le jour du Repos, de même saint Pierre fixe à mille ans la durée d'un jour de notre propre économie historique, au cours de laquelle a lieu l'enfantement de l'Église, et qui constitue, comme telle, une ère de travail impliquant l'idée de l'existence de six jours précédant le jour de repos :

« Mais vous, bien aimés, vous n'ignorez pas une chose : c'est qu'à l'égard du Seigneur un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde point sa promesse (celle de son Avènement) comme quelques-uns croient qu'il y ait du retardement; mais il « use de patience envers nous, ne voulant point qu'aucun périsse, mais voulant que tous viennent à la repentance ». (II Pi. III, 8, 9.)

L'ensemble envisagé par l'Apocalypse et par saint Pierre comporte donc une grande semaine, à l'expiration du sixième jour de laquelle doit se produire la Seconde Venue, après que six « mille » d'années se seront écoulés depuis la création de l'homme.

Dans le dernier chapitre de sa dernière épître, saint Pierre prophétise cette économie historique de six milliers d'années, ou encore de douze temps de Daniel, et cela s'accorde tant avec la prophétie de Daniel qu'avec la chronologie littérale de la Bible.

Il nous paraît, en résumé, que les apôtres saint p. 357 Paul et saint Pierre accordent à la détermination de l'époque de la Seconde Venue une attention, et lui assignent une précision bien plus grandes qu'on ne le croit généralement.

Saint Paul, en déclarant qu'« en ce qui concerne les temps et les moments » l'église ne sera pas surprise par l'Avènement du Seigneur, affirme qu'elle saura la date de cet événement. Saint Pierre, en déclarant implicitement que le jour du Seigneur, aboutissement d'un ensemble déterminé, arrivera à l'expiration des six jours de travail d'une semaine, chacun mesurant une durée d'un millier d'années, détermine à son tour l'époque du second Avènement.

Cette étude nous amène en terminant à formuler une réflexion sur l'harmonie qui préside, dans les diverses parties de l'Écriture, à la présentation du grand objet de la Seconde Venue, tout à la fois attente et fin de l'Église au cours de l'âge actuel de l'Humanité.

La perspective de l'écrivain inspiré varie avec l'éloignement de l'événement.

Dans l'Ancien Testament, les contours sont confus, parfois peu définis, toujours difficilement perceptibles ; dans le Nouveau Testament, les lignes deviennent de plus en plus nettes, le tableau s'éclaire au fur et à mesure que le point de vue de l'écrivain se rapproche du but ; et au terme de la Révé- p. 358 lation celui-ci apparaît enfin dans l'épanouissement de sa lumineuse et consolante clarté.

La Panne, 22 août 1926.

E. GALET
Colonel d'État-Major,
Aide de camp honoraire du Roi.

ANNEXE VII.

La Kabbale

par M. Paul Graeffe.

I. Nous n'avons pas la prétention de définir le sens de la Kabbale ou d'en faire ici la doctrine; mais nous pensons qu'il est utile de faire connaître à nos lecteurs certains de ses côtés, qui mettent en évidence des rapprochements intéressants avec les thèses que M. le Professeur Ch. Lagrange a démontrées d'une façon si positive dans ses Leçons sur la Parole de Dieu.

Nous nous bornerons à citer quelques extraits empruntés à quelques-unes des personnalités les plus accréditées concernant ce sujet. Nous avons notamment puisé une large part de nos renseignements dans le livre sur la Kabbale Juive de M. Paul Vulliaud.

Nous ne parlerons d'ailleurs, concernant cette matière, que de ce qui se rattache à des faits p. 359 positifs, laissant de côté les divagations de ceux qui ont abusé des systèmes Kabbalistiques.

Cet exposé sur la Kabbale ne devant servir que d'annexe aux Leçons sur la Parole de Dieu, nous nous excuserons auprès des lecteurs, de la brièveté de nos commentaires, contraint que nous sommes d'abréger le plus possible cet écrit.

II. La Kabbale n'est pas ce que plusieurs se sont imaginé être. Elle est, ce que la Gnose était pour les Grecs.

Le mot « Kabbalah » קבלה signifie réception, tradition, acceptation, c'est à dire doctrine acceptée ou reçue, et vient du mot « Kabbal », קבל, en hébreu comme en chaldéen, lequel signifie recevoir, transmettre, accueillir, entendre, admettre, accepter, obtenir.

La Kabbale est la science des choses mystiques et secrètes, des vérités sublimes transmises par les initiés; c'est la « Loi orale », c'est à dire l'ésotérisme ou la philosophie secrète des Juifs.

Elias Lévita (célèbre critique et grammairien juif, 1472-1549) dit : « La Kabbale consiste dans les secrets de la Loi et des Prophètes que l'homme reçoit de la bouche de l'homme, depuis Moïse notre Maître. — que la paix soit sur lui! »

Le mysticisme juif, c'est donc la Kabbale; or les mots « mystique » et « mystère » dérivent du grec μυστηριον de μυεω = j'initie, ou de μυω = je p. 360 ferme; et ceux-ci, probablement, viennent eux-mêmes de l'hébreu « mistar » = ce qui est caché, ineffable, occulte, ou מסטורין = secret, mystère, mysticisme, et כתב מסטורין = écriture secrète en chiffre, signe mystérieux.

Le mot « hochmah ha-Kabbalah » signifie « sagesse de la tradition ».

III. La Kabbale qui est donc synonyme de « gnose », se retrouve en fait introduite par ce dernier mot, comme science ou foi révélée, à plusieurs reprises dans le Nouveau-Testament. En Luc XI, 52 : « Malheur à vous, docteurs de la Loi ! parce qu'ayant pris la clef de la science (ou connaissance), vous n'y êtes point entrés vous-mêmes, et vous avez encore empêché d'y entrer ceux qui voulaient le faire. »

Qu'est-ce, cette « clef de la science » qui était en possession des docteurs de la Loi ?

Ce mot « science » peut se traduire par « connaissance », « sagesse » ou par « gnose ». Le texte grec dit γνώσεως (de γνῶσις).

Ce même mot est répété dans Romains II, 20 et XI, 33 ; dans II Corinthiens XI, 6 ; dans Colossiens II, 3 ; etc.

Tout cela confirmerait, par le N. T. lui-même, qu'il y a une clef scientifique pour comprendre la Loi ou la Bible, puisqu'Elle nous en parle ici elle-même et que déjà la tradition juive était formelle à cet égard.

p. 361

Gioberti (abbé Vincent, 1801-1852) s'exprime ainsi : « Sans la notion, par conséquent sans l'admission d'une doctrine acroamatique (ésotérique) qui le synthétise d'une manière complète, le judaïsme est dans sa majeure partie inexplicable ; il reste une énigme ou un hiéroglyphe dont il est impossible de trouver le sens et la signification sans le secours d'une clef extrinsèque et comme qui dirait l'appoint d'une autre langue. »

L'idée d'un mystère caché dans les écrits de la Bible n'est pas nouvelle. Ribbi Siméon ben Jokhaï, disciple du fameux Akiba (Ier-IIe siècle), appelé le « Prince de la Mystique juive » dit : « Si les hommes connaissaient la Loi, ils sauraient qu'il n'y a pas un mot, ni une seule lettre dans l'Écriture qui ne cachent un mystère suprême. »

IV. Salomon ben Adret, qui fut pendant 40 ans la plus haute autorité religieuse du judaïsme universel, professait, à l'exemple de son maître Nahmani, un respect profond pour la Kabbale, qu'il considérait comme une science secrète.

La Kabbale recommande l'étude de la Loi.

« Sublimes sont les résultats promis à ceux qui cherchent à comprendre les secrets de la Thorah. »

« S'appliquer à l'étude de la Loi, c'est connaître le Saint ; béni soit-il. » (Z. II, 128a.)

On comprend assez par là que ce n'est pas une lecture superficielle de la Bible qui pourra faire p. 362 connaître la science ou la gnose qu'Elle contient.

Jésus-Christ nous dit : « Sondez les Écritures. » (Jean V, 39.) Daniel XII, 4 dit : « Beaucoup de gens le scruteront (ce livre) et la connaissance augmentera. » Or ces mots sonder et scruter ne signifient pas lecture ordinaire ; il faut étudier et chercher le sens caché de l'Écriture ; car Jésus parlait toujours en parabole (Matt. XXII, 1), c'est à dire en faisant appel à des choses cachées ou mystères (Luc VIII, 10); ces choses sont dites par des similitudes (Jean XVI, 25) et Jésus ne parlait point autrement (Marc IV, 34; Matt. XIII, 13 et 34; etc.). L'Ancien Testament employait également des similitudes (Osée XII, 11) ou des allégories et des énigmes (Prov. I, 6; Ézéch. XXI, 5; etc.).

Ribbi Siméon ben Jokhaï apostrophe les esprits étroits dont les facultés se trouvent pleinement satisfaites par la matérialité littérale de l'Écriture. Il dit : « Malheur à celui qui oserait soutenir que la Thorah nous raconte des anecdotes ou des histoires ordinaires, pareilles à celles des nations profanes! S'il en était ainsi, nous pourrions composer, nous aussi, une écriture plus intéressante, plus dramatique que l'Écriture sainte au sujet des histoires de n'importe quel prince ou quel peuple. Si tel est le cas, laissons donc là notre Sainte Thorah, et allons en rédiger une autre dans le genre séculier. Mais non, à Dieu ne plaise qu'il p. 363 en soit ainsi ! Chaque parole de l'Écriture renferme un mystère suprême… Le sens littéral de l'Écriture n'est que l'enveloppe ; et malheur à celui qui prend cette enveloppe pour l'Écriture même ! Un tel homme n'aura pas sa part dans le monde futur. C'est pourquoi David a dit : « Ote le voile qui est sur nos yeux, afin que je considère les merveilles qui sont enfermées dans ta Loi. » (Psaumes 119, 18.) David voulait voir ce qui est caché au-dessous de l'enveloppe. Les insensés ne regardent que l'habit de l'homme, et, quand celui-ci est beau, celui qui le porte leur paraît également beau. Pourtant l'habit revêt quelque chose de plus précieux que lui, c'est le corps ; et celui-ci cache quelque chose de plus précieux que lui, c'est l'âme. L'Écriture a aussi un corps, ce sont les commandements ; elle a aussi un habit, ce sont les contes (histoires) ; et enfin elle a une âme qui a été révélée à ceux qui se trouvaient près du Mont Sinaï. C'est l'âme de l'Écriture qui constitue la partie essentielle et fondamentale ; aux temps futurs chacun pourra voir l'âme de l'Écriture… Malheur aux coupables qui prétendent que l'Écriture n'est qu'une simple narration ! Ceux-là n'en voient que l'habit. Comme le vin ne se conserve que dans une cruche, l'Écriture ne se conserve que dans son habit. Aussi convient-il de regarder ce qui se cache derrière l'habit ; car toutes les

p. 364

paroles de l'Écriture, ainsi que tous ses contes (histoires), ne sont que des habits ». (Z., III, 152a.)

Rabbi Eléazar fait à peu près la même déclaration, disant que chaque parole de l'Écriture cache un mystère ; car sinon que signifieraient en effet les histoires d'Ésaïe, d'Agar, de Laban, de l'âne de Balaam, de Balak et de Zamri ?

Pour le Zohar, comme pour la Kabbale, « tous les mots de l'Écriture sont indispensables sans que l'on puisse rien y ajouter et rien en retrancher ; c'est pour cela que l'homme doit s'appliquer avec zèle à l'étude de la Loi et en devenir l'amant ».

Nous savons tous, que certains passages bibliques nous paraissent insolubles.

Moïse ben-Maïmonide (1135-1204) a comme principe, que la révélation ne peut être en contradiction avec la raison. Tout récit, toute parole qui heurte la raison doivent donc être ramenés par l'interprétation à un sens raisonnable. Il faut, dès lors, mettre à l'écart la lettre et chercher l'esprit par la raison ; celle-ci étant guidée par la science, et soutenue par la droiture du cœur et la pureté de la vie, cette Raison des sages.

Les Pères Alexandrins discernaient également un sens supérieur de l'Écriture, caché sous les symboles et les figures.

Roger Bacon (1214-1294) croit à un sens spirituel et caché de chaque mot, de chaque lettre de la Bible.

p. 365

V. Remarquons que dans la Bible hébraïque, il y a des signes voulus, et expliqués de différentes façons par les Juifs. Ces signes sont respectés rigoureusement et répétés par tous dans la reproduction du texte. Par exemple certaines lettres sont écrites en caractères gras ; dans le Deutéronome VI, 4, le mot שמע a pour finale la lettre ע (aïn) plus grande ; de même en est-il du ך (caph) final dans le mot אחד du même verset. Dans les Nombres X, 35, la lettre נ (noun) est mise toujours à l'envers : בנסע au lieu de בנסע. Dans les Juges XVIII, 30, une des lettres est déboîtée מנשה et dans les Psaumes LXXX, 14, on lit : מיער.

Expliquer ces signes ? Seule la tradition pourrait, à la rigueur, en donner une raison, puisque la Bible n'en parle pas.

VI. Samuel Arkuvolti dit : « Il n'en est pas des lettres hébreues comme de celles des autres langues ; elles sont vivantes. »

L'écriture hébraïque est donc mystérieuse ; et cette idée n'est pas nouvelle. Saint Jérôme dit : « Singuli sermones, syllabæ, apices, et puncta in divinis scripturis plena sunt sensibus. »

La Kabbale essaie de résoudre les problèmes que proposent certains de ces signes. Elle emploie, à cet effet, différents systèmes, dont les principaux s'appellent « Gématrie » ou « Guématria » (en p. 366 grec géométria), et la « Notarique » (notarikon) dont nous parlerons un peu plus loin.

La gématrie consiste à établir une relation entre différentes parties du texte, en la basant sur le fait d'une équivalence de la valeur des lettres au moyen desquelles elles sont exprimées.

Nous avons vu, dans les livres du Professeur Ch. Lagrange, des exemples probants de la réalité intentionnelle de ces valeurs numériques des lettres, et la nécessité de leur emploi pour la compréhension de certains noms ou passages bibliques.

Or la Kabbale fait usage depuis toujours et continuellement des valeurs chiffrées des mots. Cela n'est pas nouveau. Ginsburg, qui est un adversaire de la Kabbale, dit cependant que les règles d'exégèse littérale et numérale sont en vogue parmi les Juifs depuis des temps immémoriaux. (« The Kabbalah », p. 132.)

Par le Berakoth (55a), nous voyons que la théorie des lettres et des nombres, considérés comme forces et types symboliques, était connue des anciens docteurs juifs.

L'Apocalypse qui emploie plus d'un tour de phrase Kabbalistique, cite pour le nombre de la bête (faux prophète) 666, ce qui est tout à fait caractéristique de cette doctrine.

Le mot Jéhovah יהוה vaut 26 ; il en résulte que 262 ou 13 devient un nombre sacré. C'est à 13 ans p. 367 que l'enfant juif devient homme, c'est à dire « élu » et qu'il fait sa confirmation.

Adam אדם égale 45 ; or comme il est fait à l'image de Dieu, nous voyons que le mot Jéhovah écrit en pleines lettres vaut également 45, ou : יוד, הא, ואו, אה (iod, ha, vav, ha ou Jéhovah).

Nous n'insisterons pas davantage sur cette question de la valeur chiffrée des lettres ; cette partie a été traitée dans les livres du Professeur Lagrange. Ce que nous voulions surtout constater c'est que ce système est courant dans la Kabbale, qui remonte à plusieurs millénaires.

Nous ne parlerons pas de tous les procédés secrets de la Kabbale ; ils nous paraissent trop arbitraires pour être exposés ici ; cependant il est bon de citer la « notarique » qui consiste, — pour comprendre soit le sens de la phrase biblique, soit le mystère, — à prendre pour initiale soit la première, soit la dernière lettre de chaque mot. Exemple : dans l'Exode III, 13 il est dit : « S'ils me disent, à moi, quel est son nom, quoi ? », en hébreu : לי מה שמו מה ; la réponse s'obtient en prenant la dernière lettre de ces quatre mots, soit : יהוה = Jéhovah. Ce tétragramme provient des trois temps, passé, présent, futur du verbe être : Il fut, Il est, Il sera, en hébreu : היה, הוה, יהיה, ce qui se voit aussi dans l'Apocalypse I, 4 : « Qui Est, Qui Était, Qui Sera. » Le Zohar p. 368 enseigne qu'Élohim et Jéhovah ne sont qu'un. (Z., I, 12a.)

Si nous considérons dans Deutéronome XXX, 12, le passage : « qui montera au ciel pour nous ? », en hébreu : מי יעלה לנו השמימה, la réponse s'obtient également en prenant la dernière lettre de chacun de ces quatre mots, soit : יהוה = Jéhovah. Les quatre premières lettres de ces mots forment : מילה qui signifie « circoncision », en rappelant ainsi l'ordonnance de Dieu, dans la Genèse XVII : « ... celui qui ne se circoncira... sera retranché... car il aura violé l'alliance de Dieu... »

La première lettre du Pentateuque est ב (beth), la dernière est ל (lamed), lesquelles forment l'ensemble לב (léb) qui signifie « cœur » pris dans le sens spirituel de « amour », sens en quoi toute la Loi est écrite.

Ce procédé « notariqué » est connu depuis longtemps. Les Grecs l'employaient, notamment pour le nom symbolique de « Ikthus » qui signifie poisson et qui est la forme abréviative de : « Jesous Christos Theou uios soter. »

VII. Nous pouvons donc affirmer que l'Écriture a des sens cachés, et qu'il faut avoir une clé pour comprendre bien des passages restés obscurs faute de connaissance et de suffisante recherche.

Il est si vrai que la Bible dissimule une science profonde, que de tout temps, les juifs en ont p. 369 scruté dans ce sens tous les recoins. Mais, animés d'un esprit sectaire, ils n'ont pu découvrir que peu de chose. La Kabbale consiste en grande partie dans ces recherches et nous sommes tout au moins assurés qu'elle est loin de mériter le mépris absolu dont on a voulu l'accabler.

Le grand rabbin Michel Weill professe une haute sympathie pour la Kabbale, et E. Bénamozegh en fut aussi un grand défenseur.

Beaucoup de gens ont une fausse idée des doctrines Kabbalistiques au point de vue philosophique et moral.

La Kabbale, comme le Zohar, condamnent maintes fois la magie et les sciences occultes, et leurs adeptes condamnent de même le culte des astres.

D'après un maître de la tradition, la Kabbale n'est bonne qu'avec un cœur honnête.

Si on ne sait pas grand chose de la Kabbale, c'est que les Juifs qui la connaissent, se taisent, et ceux qui l'ignorent n'en parlent guère que pour en médire. Du reste, un secret ne s'écrit pas, et c'est aussi pourquoi ce n'est qu'à la transmission verbale aux seuls initiés, que l'on doit quelques extraits de ces traditions qui, malheureusement, avec le temps, se sont considérablement déformées. Cela même explique de soi le point de vue équivoque sous lequel la Kabbale est connue de nos jours.

p. 370

Les abus dans la Kabbale amènent fatalement le ridicule et commandent sans doute une extrême prudence scientifique. Mais le fait objectif de son existence a en soi une importance capitale, et la moquerie, pas plus ici qu'ailleurs, ne résoud la question.

VIII. Saül Morteira, directeur de l'école « Hetz ha-hayin » d'Amsterdam (au temps où B. Spinoza était un de ses élèves), dans un commentaire du Deutéronome XXXIII, 4, dit qu'il est impossible qu'Israël oublie la Loi, attendu qu'Elle a été exactement nombrée ; on connaît, dit-il, le total de chacune des lettres qu'Elle contient.

D'après l'abbé Louis Chiarini (« Le Talmud », p. 90 ; Leipzig, 1831), la Kabbale contient le germe de plusieurs vérités étonnantes dont la philosophie de nos jours n'a pas manqué de se parer sans indiquer la source où elle est allée les puiser.

Les Juifs ésotéristes ont attaché de tout temps, des sens aux plus minutieuses particularités de la Bible, savoir non seulement aux lettres et ponctuations interprétées numériquement, mais aussi aux monuments mesurés dont parle l'Écriture, tels que l'arche de Noé, le temple de Jérusalem, etc., le tout étant considéré dans les dimensions et proportions de ces données. (P. Vulliaud, « La Kabbale Juive », T. I, p. 175.)

p. 371

Il n'y a en réalité pas une lettre de la Bible qui n'ait été étudiée par les Juifs, et jusqu'au moindre détail. Exemple : dans le passage Exode III, 15 « …c'est là mon nom éternellement » ; ce dernier mot est écrit לעלם (léolam) au lieu de לעולם qui signifie « toujours, éternellement, en tout cas » ; or le mot עלם (alam) signifie « être caché, être voilé », avec un ל (lamed) devant le mot, lequel ל se traduit par « pour ». On voit immédiatement le double sens de cette phrase, impliquant d'une part le mot « éternellement », de l'autre, le sens « pour être caché ». Comme on le constate, il manque le ו (vav) dans le mot biblique ; cette lettre vaut 6, et de cela les Juifs ont tiré toutes sortes de commentaires.

Pourquoi Abram et Saraï changent-ils leur nom en Abraham et Sarah, la valeur numérique étant augmentée de 5 chez l'un et diminuée de 5 chez l'autre, ce qui laisse subsister le même total numérique pour les deux noms réunis, avant comme après ?

IX. Il est très difficile de dire où et quand la Kabbale fonde ses origines. Ses maîtres affirment que son Esotérisme a servi d'organe traditionnel à la Révélation primitive ; qu'elle remonte à l'époque des Patriarches, que ceux-ci en transmirent les vérités aux Égyptiens et aux Juifs.

Schelling, dans « Les divinités de Samothrace » p. 372 affirmait que la Kabbale était un système primitif et la clé de tous les systèmes religieux.

Si la Kabbale a reçu un grand développement après l'ère chrétienne, l'origine en remonte, d'après Jean Godefroy Eichhorn (1752-1827) beaucoup plus haut ; les écrits de Daniel en portent d'ailleurs des traces indéniables.

Isidore Cahen (né en 1826) estime que la Kabbale est une doctrine, philosophique de fond, théologique de forme, qui a pris naissance chez les Juifs, antérieurement à l'ère chrétienne.

J. Abelson dit que la Kabbale est proprement la littérature du mysticisme juif du Ier siècle avant l'ère chrétienne.

X. L'histoire de la Kabbale est en grande partie celle des espérances messianiques. Aussi observons-nous une ressemblance très frappante entre elle et le christianisme. Adolphe Franck (1809-1893) écrivait dans le « Journal des Savants » (décembre 1883) : « Dans la Kabbale, il y a un fonds d'idées essentiellement chrétiennes ; par exemple l'idée de la Trinité ; celle du Verbe présenté comme le Fils de Dieu ; celle de la Création conçue comme du Verbe ; celle d'un homme céleste, d'un homme-Dieu, qui a créé le prototype de l'humanité et par lequel elle reste unie à la Divinité ; celle d'un sens spirituel des Écritures, bien supérieur au sens matériel ; celle d'une grâce communiquée d'en haut

p. 373

à des âmes privilégiées et qui les place au-dessus des faiblesses de la matière, etc. »

Le rationaliste S. Cahen dit également que la Kabbale est une tradition mystique du judaïsme, renfermant des mystères identiques, pour le fond, à ceux du Christianisme, mais qui en diffèrent par l'énoncé.

D'après le juif-chrétien Edersheim, les écrits Kabbalistes se rapprochent d'une manière surprenante des vérités les plus hautes du Christianisme. On sait notoirement que les grands esprits du judaïsme sont des adeptes et (entre eux) les propagateurs de la Kabbale.

Voici quelques preuves encore du rapprochement que nous venons de signaler entre elle et le Christianisme : « Quiconque dit à son frère « rascha » (impie) sera jeté dans l'enfer. » (Z., II, 122a.) « Les pénitents sont plus près du Roi (Dieu) que ceux qui n'ont jamais péché. Remarquez qu'au Ciel il y a plusieurs places, dont chacune à un rang différent. » (Z., 129b ; II, 106a.) « Il y aura toujours des pauvres dans le monde auxquels on doit le secours. » (Z., I, 3a.) « Malheur à l'homme qui a des hôtes à sa table et qui ne pense pas aux pauvres. » (Z., III, 104a.) « Les justes montent chaque jour de degré en degré. » (Z., I, 124ab.) etc., etc.

XI. La Kabbale est essentiellement juive ; si nous

p. 374

rencontrons à son égard des ressemblances chez les Chaldéo-babyloniens (Mardouk), les Égyptiens, les Chinois (Laô-Tseu), les Mèdes ou Perses (Mazdéens, Zoroastre), etc., cela ne tient qu'à une tradition primitive issue de la Genèse de Moïse et du fait du Déluge, et dont on retrouve les traces jusqu'au Mexique. Mais la Kabbale proprement dite est la tradition juive, et de même en est-il du Zohar, du Talmud (Mischna et Guémara), du Sepher Ietsirah, etc. ; tous ont pour base la Bible, et avec elle une étroite analogie de doctrine.

XII. Au point de vue scientifique il ne semble pas non plus que les données de la Kabbale soient entièrement à dédaigner. L'abbé Louis Chiarini dit, dans une étude des origines de l'Astronomie de la Chaldée et de la Babylonie, que cette science doit à la Kabbale beaucoup plus qu'on ne le croit communément.

La Bible, bien avant Christophe Colomb et Galilée, nous montre, par l'analyse précise de son texte, que la Terre est ronde. Car comment, en-dehors de cette notion, représenter notre globe par « une goutte d'eau qui tombe d'un seau » ou « comme une poussière d'une balance ». (És. XL, 15.) Ou bien dans Job XXVI, 7 : Il (Dieu) étend le septentrion (le Nord formé par les sept étoiles de l'Ourse) sur le vide, Il suspend la Terre sur le

p. 375

néant. » Dans És. XL, 22 : « C'est lui qui est assis au-dessus du globe de la terre. »

Et comment peut-on « envelopper » quelque chose de plat et d'infiniment étendu : « Tu l'avais (la Terre) enveloppée de l'abîme comme d'un vêtement. » (Ps. 104, 6.) En outre le nom même de « Terre » = « aretz » = ארץ vient probablement du mot « ratz » qui signifie « tourner » (et duquel vient probablement notre mot roue, rotation) (1).

XIII. L'origine de la Création enseignée par la Kabbale constitue une leçon intéressante au point de vue des mathématiques.

En effet, le Zohar nous dit d'abord (concernant l'Espace) que « L'Ancien Sacré est la hauteur inscrutable, qu'il est en dehors du nombre, en dehors de ce qui peut être compté. » La Kabbale dit : « Tout corps a trois dimensions. » « Un est la base de tous les nombres, la pluralité procède de l'Unité ». Le Sepher Ietsirah dit : « Avant l'Un que peux-tu compter ? », c'est à dire, avant ce point que peux-tu compter ou comprendre ?

(1) Roue : en latin rota = char, roue ; en sanscrit = ratha, rathya = roue, char ; en zend = ratha = char ; en gaulois = reda, reta = char, rita = roue ; en ancien irlandais = riad, roth, roith ; en erse = roth, rothan, rathan ; en kymrique = rhodaw, rhodawg, rhod ; en cornique = roz ; en armoricain = rod ; en anglo-saxon = rad ; en scandinave = reid ; en ancien allemand = rod, en lithuanien = ratas ; en allemand = rad.

p. 376

Avant ce point, il n'y avait rien, excepté le mystère de l'éther pur, insaisissable, et incompréhensible. Le commencement compréhensible de l'existence se trouve dans le mystère du « point » suprême. Et parce que ce point est le « commencement » (1) de toutes choses, il est appelé « Pensée » (Mahascheba).

« Lorsque le mystère des Mystères voulut se manifester, il créa d'abord un point, qui devint la Pensée divine ; ensuite il dessina toutes espèces d'images ; grava toutes sortes de figures… » (J. de Pauly).

XIV. Pour terminer, si l'on nous dit : « Bienheureux sont les simples », nous répondrons que la simplicité n'est pas l'ignorance, mais l'humble soumission à la volonté de Dieu. Or l'ignorance de la Parole de Dieu de nos propres théologiens est grande ; ce qu'ils connaissent, c'est la haute critique qui se contrarie continuellement. Une thèse qui s'affermit d'année en année et qui vient d'un cœur droit et profondément spirituel, ne peut que se trouver sur le terrain de la Vérité et de la Raison.

(1) C'est au fond l'idée de l'Infiniment petit absolu, ou du Minimum de la Grandeur.

ANNEXE VIII.

LE FIGUIER SÉCHÉ.

Matt. XXI, 18-22 ou Marc XI, 12-14 et 19-24.

Par M. Paul Graeffe.

p. 377

Entre toutes les paraboles, celle du figuier séché reste particulièrement obscure et incompréhensible, car il n'est pas possible d'admettre dans la vie de Jésus un acte ridiculement mauvais et aussi puéril que sa colère contre un arbre. Il y a en outre contradiction flagrante entre toute sa doctrine, sa vie pleine de bonté, de charité, de miséricorde, de grâce, et le fait de la punition qu'Il inflige au figuier. Comment peut-on admettre que nos Évangiles contiennent un pareil récit ? L'écrivain n'aurait-il pas dû supprimer un tel passage ? Et certes à vue humaine il l'aurait fait, si l'Écriture n'était pas entièrement inspirée. Les livres apocryphes ayant été rejetés, pourquoi n'a-t-on pas purgé ici nos écrits canoniques de ce qui y contrarie le bon sens ? Cependant les rédacteurs, traducteurs, copistes, etc., ont scrupuleusement conservé cette parabole, restant fidèles à la Parole de Jésus.

p. 378

Pour nous, qui croyons à la divinité du Christ et à l'inspiration complète de toute l'Écriture, nous ne pouvons rester ici dans un doute fâcheux ou fermer les yeux sur ce que nous désapprouvons. Comment, insisterons-nous, supposer que Christ, notre modèle, qui n'a pas succombé lors de la Tentation, ait faibli, dans un mouvement de colère puéril, jusqu'à punir un arbre qui semble innocent par la loi même de la nature ?

D'un autre côté, connaissant la structure de la Bible, nous savons que ce passage ne peut être supprimé ; car un seul iota ou un seul trait de lettre (ponctuation) enlevé à l'Écriture-Sainte, en détruirait l'Édifice entier, tout comme, si l'on enlevait à un cercle parfait un des points de sa structure, le cycle serait rompu.

Nous savons que Jésus, sur les sujets profonds, parlait toujours en paraboles ; que certains de ses actes même étaient des similitudes ; par conséquent, l'histoire du figuier séché doit avoir aussi une raison profonde, historique et morale, comme tous les récits de la Bible.

Les actes de Jésus, répétons-le, sont souvent des symboles difficiles à comprendre, et une lecture superficielle de la Bible n'est pas suffisante pour la compréhension de cette Parole de Dieu. C'est pourquoi il nous est dit de sonder et de scruter son contenu, c'est à dire de l'étudier d'une manière

p. 379

scientifique en faisant appel à toute la puissance de notre raison (1).

Tâchons, autant que possible, et quelque faibles que soient nos moyens, d'interpréter l'histoire du figuier séché.

Le figuier représente ici la nation juive (2) qui fut comblée des faveurs divines et qui a hérité de la Loi de l'Ancienne Alliance ; il la représente en tant qu'arbre d'aspect verdoyant, ayant une vie suivant la loi de la nature, ses fruits en son temps et ses feuilles à son heure. C'est la loi naturelle de la croissance de l'arbre, et la Loi de Moïse devait être la loi naturelle de la vie des Juifs.

Comme le figuier se laisse vivre selon les lois de la nature, de même les Juifs se laissent vivre selon la Thorah (Loi) et leur Talmud.

Or, ce n'est pas là, dans la Nouvelle Naissance qu'Il nous apporte, ce que nous demande Jésus.

(1) Notre raison est la voix intérieure (en réalité celle de Dieu) que tout homme porte en lui, et qui le distingue de l'animal. Cette raison procède de notre conscience intime, de notre « moi ». Elle nous mesure (ratio) la vérité. C'est en nous l'Esprit, ou le souffle de Dieu.

(2) Tout comme la vigne, les raisins et le cep représentent l'Évangile du Christ ; comme les épines, le faux prophète (catholicisme) ; comme l'olivier et l'huile, la Loi de Moïse ; ainsi fait le figuier pour le Judaïsme. Voyez aussi Nathanaël sous le figuier, c'est à dire sous la loi juive. (Jean I, 45-50.)

p. 380

Il veut, pour nous sauver, que nous ayons la foi en Lui, ce qui est pour nous le seul moyen d'être sauvé. Cette foi est un principe nouveau ; aussi petite qu'elle soit, elle peut faire des miracles, c'est à dire créer des faits en-dehors de la loi naturelle des choses, comme nous le voyons expressément à la fin du récit du figuier séché.

Jésus était allé vers le peuple juif (le figuier), ayant faim de se faire connaître comme Sauveur et Fils de Dieu ; mais s'étant approché, Il ne put appaiser cette faim, car l'arbre ne portait que des feuilles ; la foi en Christ aurait exigé des Juifs un miracle : le figuier aurait, contre sa nature et l'évolution de son développement, dû porter des fruits.

Jésus ne trouva parmi les Juifs (figuier) que de la beauté extérieure, des feuilles, c'est à dire un culte, un beau temple (arbre) avec des manifestations extérieures sans valeur, holocaustes, etc., mais aucun fruit du cœur.

Le miracle de la foi, qui aurait engendré des fruits au figuier en-dehors de la loi naturelle n'a pas eu lieu ; les Juifs ont préféré suivre la Loi de la vie que de suivre la Loi de la grâce, qui seule porte de véritables fruits. En conséquence de ce fait, les Juifs ont été condamnés à dessécher comme le figuier, n'obtenant même plus de feuilles (le culte), car l'arbre (le Temple) est devenu sec

p. 381

malgré leur Loi. En effet, le lendemain on constata que le figuier avait séché ; et de même, au lendemain de la vie du Christ, en l'an 70, le Temple est détruit et le peuple est dispersé.

Mais Dieu, étant Père de miséricorde, pardonnera sans doute, plus tard, au figuier ou peuple juif ; il lui permettra de reprendre sa vie, et nous verrons alors ce figuier séché porter à nouveau des feuilles par le retour de la sève dans les branches, c'est à dire par le retour des Juifs en Palestine ; et comme l'arbre, ressuscité sur son propre sol, le Temple sera rebâti à Jérusalem.

Et lorsque les Juifs reconnaîtront le Christ comme ayant été le Messie tant attendu, le figuier alors portera des fruits ; mais néanmoins ces fruits ne seront pas miraculeux. Quelle sera leur véritable valeur ? Ils ne résulteront encore toujours que de la loi naturelle. La foi seule aurait pu engendrer un miracle et des fruits avant l'heure. L'occasion ayant été perdue, cette foi génératrice existera-t-elle encore sur la Terre à cette époque ?

La réponse à cette question paraît être celle-ci : Le retour du Christ sera nécessaire pour faire réellement fructifier (c'est à dire fructifier quant à la profondeur spirituelle), et le peuple élu et chacun des autres peuples. Cela aura lieu en-dehors des temps actuels de l'Histoire, c'est à dire pendant le Millénium. Alors les arbres (peuples)

p. 382

porteront des fruits à toute heure par la Loi de la grâce, et non plus en obéissant aux fluctuations d'une loi qui partage et isole leurs vies individuelles (Loi de Brück et de Daniel).

Les paraboles de Jésus n'ont pas seulement une valeur historique ; leur objet supérieur procède d'un sens moral.

Ce figuier définit ici l'attitude de la majorité des hommes qui, sous le couvert de prétextes humains, végètent dans la vie (au point de vue spirituel), et ne font aucun effort sur-naturel, c'est à dire en-dehors de la loi commune.

Celui qui porte des fruits lorsque son temps normal est arrivé, ou lorsque l'occasion se présente, ne fait en réalité que son devoir ; il n'a en cela aucun mérite ; car s'il ne portait pas de fruits alors, il devrait être retranché.

Jésus, par sa parabole, nous commande de porter des fruits à toute heure, en temps et hors de temps, c'est à dire de braver la servitude d'une loi qui ne serait que la loi du monde, et renonçant à nous-mêmes et aux prétextes les plus légitimes en apparence que nous dicteraient nos intérêts humains normaux, de nous donner sans espoir de récompense, — c'est à dire, par une figure concrète, mais qui s'applique dans tous les ordres de la vie des âmes, de rechercher les malades, secourir les pauvres, consoler ceux qui souffrent, etc.

p. 383

Jésus a faim de nos fruits. Nous qui savons qu'Il est le Fils de Dieu, devons-nous le laisser souffrir par la famine spirituelle ? Ne nous sera-t-il pas demandé compte de nos actes et de nos pensées ? Les bons comme les mauvais ne sortiront-ils pas tous de leur sépulcre ? N'y aura-t-il pas alors une sélection, à raison de la qualité ou de la quantité de fruits que chacun aura portés ?

Que tous méditent la parabole du figuier séché, et sachent que seule la foi en Christ (cette foi qui fait les miracles), peut nous sauver.

ANNEXE IX.

NOTE

Concernant l'échelle des versets considérés comme désignateurs des jours (voir Annexe I). Preuve de la validité de l'idée des deux Semaines : Semaine hébraïque, Semaine chrétienne.

a) Le numéro d'ordre (échelle du N. T.) du verset Apoc. I, 10 qui mentionne le « Jour du Seigneur » est 7562. Le numéro d'ordre du verset Matt. XXVIII, 1 qui mentionne le « premier jour de la semaine » (hébraïque) est 1052.

Or on a

7562 — 1052 = 6510 = 7 × 930.
p. 384

Donc le « Jour du Seigneur » est, dans l'ordre des Jours, le « premier jour de la semaine » hébraïque, c'est à dire est notre Dimanche.

On peut ajouter comme confirmation la remarque suivante. Les versets des quatre Évangiles qui mentionnent le « premier jour de la Semaine » sont

Matt. XXVIII, 1  .  .  .   n° 1052
Marc XVI, 2      .  .  .       1733
Luc XXIV, 1      .  .  .       2850
Jean XX, 1       .  .  .  .    3726
                Moy. 2340 (2340,25).

Or on a également

7562 — 2340 = 5222 = 7 × 746,

c'est à dire aussi un multiple de 7.

b) Comme on l'a vu, le premier verset de l'Apocalypse, Apoc. I, 1 est, sur l'Échelle des versets, un Dimanche.

On a       Apoc. I, 1   n° 7553.
Or         7553 = 7 × 1079.

Il s'ensuit que le premier verset du N. T. est un Lundi et que, dans le N. T., tous les versets multiples de 7 sont des Dimanches.

p. 385

Si l'on rapproche ce fait du fait, fondé sur des données entièrement indépendantes des précédentes, que, dans le Calendrier (voir Leçon X, § 115), le 1er Janvier de l'An + 1 est un Lundi, et que, dans l'ordre des Jours, tous les multiples de 7 sont des Dimanches, il serait difficile de trouver une preuve plus forte que celle-ci de la réalité d'une Économie mathématique préordonnée de tout l'ensemble de la Révélation.

Cette conclusion prendra d'ailleurs un caractère encore, s'il est possible, plus impressif par la constatation suivante. Le nombre des versets de l'A. T. est 23213, versets dont le dernier, d'après ce qui précède, est un Dimanche.

Or on a

23213 = 7 × 3316 + 1.

D'où il résulte que le premier verset de l'A. T. est un Dimanche, et que par conséquent, dans l'A. T., tous les versets multiples de 7 sont des Samedis ou Sabbats.

On a donc, en synthétisant, le fait capital suivant : Dans l'A. T. les multiples de 7 sont des Samedis ; dans le N. T. les multiples de 7 sont des Dimanches.

Ce fait démontre sans autre nouveau commentaire la réalité, dans l'intention du Plan divin, de

p. 386

l'Institution de Deux Semaines, différentes dans les Deux Alliances : la Semaine hébraïque, la Semaine de Christ.

ANNEXE X.

POST-SCRIPTUM A L'ANNEXE I

Concernant UN MIRACLE accordé personnellement à l'auteur, le Vendredi 20 Août 1926 (10h du soir), et dont la mention est ici faite a la glorification du Nom du Seigneur.

La Bible est dans son unité un Signe ou Miracle.

La Bible, ainsi en elle-même Miracle, renferme en puissance des Miracles particuliers ou signes destinés, dans une Économie prédéterminée, à être dispensés par l'Esprit de Dieu, suivant les hommes, les temps, les lieux.

De ces signes le but électif est de servir d'indicateurs de direction ou de confirmateurs aux hommes missionnés pour son OEuvre par la Grâce de Dieu ; et en même temps, sans nul doute, de suprême avertissement auprès de ceux qui, résistant à cette Grâce de Dieu et en décourageant les appels, consomment d'eux-mêmes leur condamnation dans le mépris de cette parole : « Si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez au moins aux œuvres que je fais. »

Le signe particulier de cet ordre qu'à chacun

p. 387

de ces égards il convient de faire connaître, concerne l'objet capital de notre Annexe I, savoir la détermination précise de l'époque de la Seconde Venue du Seigneur ; comme aussi, et tout particulièrement, la validité de l'interprétation que nous avons présentée de la déclaration scripturaire « ni le jour, ni l'heure » (Matt. 24. 36). Comme on le sait, cette question d'interprétation, à raison même de l'importance du sujet qu'elle engage — la connaissance chronologique de la Seconde Venue et de l'état des âmes après la Mort — provoque et maintient aujourd'hui de fâcheuses et parfois pénibles divergences entre chrétiens également cependant convaincus, de part et d'autre, de l'inspiration plénière des Saintes Écritures. A notre sens la solution à laquelle conduit la considération progressive et raisonnée de toutes les données que celles-ci présentent et nous imposent, est, ainsi que nous l'avons suffisamment exposé déjà, que « le jour et l'heure » connus du Père seul et dont la connaissance, ainsi que l'expérience le prouve, nous est totalement refusée, désignent l'Instant de notre Mort ; mais que d'ailleurs cet Instant suprême se confond (pour les élus), — le temps n'existant plus pour eux dans le Sommeil du Hadès — avec celui de la Première Bienheureuse Résurrection, laquelle — cela est dès à présent bien établi par l'Écriture — aura lieu en + 2180.

p. 388

La valeur d'un signe externe comme preuve démonstrative, c'est à dire éliminant la notion du hasard, résidant essentiellement dans la manière indépendante de nous-mêmes dont il s'est présenté, nous ne craindrons pas, — tel un physicien relatant un fait physique, — de mettre sur ce point le lecteur au courant d'une manière concrète.

Maintes fois, et bien antérieurement à tout ceci, mais sans que nous y eussions donné aucune suite, s'était présentée à nous l'idée que la valeur numérique du passage rappelé plus haut : « Pour ce qui est de ce jour et de cette heure » du verset Matt. 24. 36, pourrait sans doute apporter une confirmation de l'interprétation (qui nous est d'ailleurs personnelle), dont il vient d'être question. Le 18 août 1926, au cours d'une conversation avec M. Raoul Vandendriessche, comme, incidemment, nous avions de nouveau émis cette même idée, notre interlocuteur observa qu'il vaudrait mieux à ce compte prendre le verset en son entier, mais sans que cela modifiât en rien notre impression de certitude d'avoir à nous borner à la partie indiquée. Le 20 Août dans la soirée, un moment de loisir fut enfin l'occasion du calcul dont il s'agit.

Voici le texte grec (Texte Reçu) du passage P :

(Matt. 24. 36) Περι δε της ημερας εκεινης και της ωρας.

p. 389

En voici la valeur numérique :

Pour      195
or          9
le        508
jour      354
celui-là  298
et         31
l'        508
heure    1101
         ─────
Total    3004

On a donc P = 3004.

Dans l'ordre du sujet, puisque P (ainsi que nous le supposions) devait, comme premier terme de la question, mettre en évidence la date connue + 2180, l'épreuve naturelle consistait à en retrancher ce dernier nombre ; ce qui, sans avoir d'ailleurs envisagé aucune autre combinaison, fut fait d'emblée et nous donna

(1)   P = 2180 + 824.

Or ce 824, mis ainsi en évidence d'une manière, on vient de le constater, tout à fait indépendante de notre volonté, — nous voulons dire : entièrement non prévu et sans aucun arbitraire, — n'est autre chose que la valeur numérique, lue en sens inverse, de notre nom (nom et prénom) ; savoir 428;

p. 390

l'équation (1) pouvant dès lors aussi bien s'écrire

(1)'   P = ‹428‾ + 2180.

Cette équation exprime donc exactement, avec la dernière simplicité, et d'une manière figurative frappante, les deux idées constitutives précisément de la conception scripturaire à laquelle, en dehors de tout ceci et bien antérieurement, sous l'action, évidente par ceci même, de l'Esprit de Dieu, nous avions été conduit. 428‾ édifie l'homme ; ‹428‾ le détruit et le fait retourner en poussière (Gen. III, 19) ; c'est l'Instant de notre Mort. Mais P, « le jour et l'heure », connus de Dieu seul, unit, et identifie (puisque P désigne un moment unique) l'Instant de la Mort du croyant (428) avec celui (+ 2180) de la Résurrection (1).

Si, par l'effet d'un indéfectible scepticisme, ce Miracle qui nous a été accordé, Miracle qui prouve que le Seigneur nous connaît par notre nom, Miracle actuel dont nous ne doutons pas et pour lequel

(1) Ferons-nous remarquer que les deux dates qui ont repéré tout ceci, 18 et 20 août, forment

18
──
20

qui lu en cercle, donne 2180 ; et que l'heure (10 h.) du Miracle donne sur le cadran les 1012 (de 2180) qui font connaître, en 2180, la date de la Résurrection des Morts.

p. 391

nous rendons grâce au Seigneur, laisse encore entrée, dans l'esprit de quelqu'un, à la supposition du hasard, nous le prierons de bien peser en outre de cela une autre preuve qui, d'un autre ordre et entièrement indépendante, lui rendra, nous le pensons, s'il est au courant de toute la matière du sujet, une telle supposition plus ingrate encore.

Comme nous l'avons vu, la Seconde Venue est repérée par deux phases : I, + 2180, Résurrection et Enlèvement de l'Église ; II, + 2283, Venue du Seigneur en gloire avec ses Élus et Commencement du Règne. Dans la Pyramide, qui est, nous le savons aussi, une écriture géométrique de la Bible, et, elle aussi, un miracle devant nos yeux, 2180 marque l'Entrée dans la Chambre du Roi, et 2283 l'Axe central de la Chambre du Roi, ces deux points chronologiques mesurant par leur différence la demi-largeur 2062 = 103 de la Chambre, (dimension qui est à certain égard la donnée métrique fondamentale de la Pyramide). Il était donc naturel, si la vue exprimée par notre équation (1) est fondée, qu'au-delà du terme 2180, le terme restant 824 mît en évidence qu'il s'agit bien aussi, dans la valeur du texte P, comme vérification du nombre 2180, de l'autre nombre 2283 qui lui est intimement lié, c'est à dire de la Chambre du Roi de la Pyramide ; et rien à cet égard ne pourrait être plus remarquable et plus décisif que si (mais

p. 392

d'abord, avec notre incrédulité foncière, nous n'osions l'espérer), que si, disions-nous, le reste qui, au-delà de 2180, sert à parfaire la valeur P, était, et par un facteur remarquable en rapport avec la question, un multiple exact du facteur fondamental 103. Or qu'il en est ainsi c'est ce qu'on aperçoit alors immédiatement.

On a

824 = 8 × 103 ;

c'est à dire, au moyen du facteur symbolique de la Seconde Personne de la Sainte Trinité :

(2)  P = 2180 + 2³ × 103.

ANNEXE XI.

DONNÉES PROPHÉTIQUES

Concernant le proche avenir de la Belgique.

(Extrait d'une lettre adressée à M. R. Vandendriessche, le 19 septembre 1926.)

« Trasinster, 19/9/26. J'ai pensé ces jours-ci à un aspect du sujet qui paraît logiquement amené, et qui, pour notre instruction des temps tout actuels, paraît bien être voulu et intentionnel.

p. 393

« On a vu 1°) que l'échelle des Chapitres de la Bible mesure des Années ; 2°) que l'échelle des versets mesure des Jours. N'y aurait-il pas aussi une échelle des Mois. A celle-ci, semble-t-il, ne pourrait s'adapter que l'échelle des Chapitres, (considérés comme Mois), et elle pourrait ainsi concerner une durée de l'ordre de celle que nous traversons, — je veux dire le Proche Avenir des événements qui sollicitent actuellement nos préoccupations ; c'est à dire encore, — puisque Ésaïe a introduit la Guerre (1914-18) et « Moab » (Belgique), et que Jér. XLVIII et Ézéch. XXV rééditent tout cela, comme pour dire que le mouvement n'est pas terminé, [ce qui nous semble de même indiqué par les « Malheurs » d'Ésaïe (Chap. 28, 29, 30, 31 et 33 correspondant à 1918-31 et 1933)], — tout l'ensemble qui, sur la Table horizontale, part du Grand Degré, 1870 repère historique, ou 1875 repère prophétique (Connaissance de Daniel) (1).

» Quoi qu'il en soit de cette induction, voici ce qu'on a, en fait, et qui paraît la confirmer entièrement.

» On a (passages relatifs à Moab) :

(1) 1875 — 1870 = 5 = terme de progression des « Malheurs » : 1914-18 (5 ans, Guerre), 1923, 1928, 1933 / Malheurs

p. 394
                              Nos des Chapitres.   Durées en Mois.
És. 15. 16  . . . . .          545  546           45ᵃ5ᵐ   45ᵃ6ᵐ
Jér. 48 . . . . . . .          644               53ᵃ8ᵐ
Ézéch. 25 . . . . . .          678               56ᵃ6ᵐ

   En outre
Mal. 4 (fin A. T.) . . . .     780               65ᵃ
Apoc. 14 (20) (fin des Nations) 1032             86ᵃ
Apoc. 22 (fin de la Bible) . . 1040              86ᵃ,666.666…
                                                 = 86ᵃ 2/3.

» Partons de la donnée bien établie És. 15. 16 qui désigne 1915 et 1916. On aura, par les nombres entiers d'Années du Tableau précédent, pour le repère origine, dans cette computation, du Commencement de la Bible (Gen. I) :

      1915          1916
     —  45         —  45
     ──────        ──────
      1870          1871

» C'est donc bien 1870 qui est, comme nous le pensions, l'origine du système ; et on a ensuite, comme confirmation de cela, le fait que toute la Bible (1870 repérant, comme on le sait, avec la fin 2386 de l'échelle, une période de 516 ans) vaut 86 = 516/6.

» Mais, cela étant, les événements (Moab) annoncés par Jér. et Ézéch. sont alors chronologiquement fixés. Ils ont lieu en

p. 395
      1870          1870
     +  53         +  56
     ──────        ──────
      1923 (1)      1926 ;

et, dans l'ordre de l'annonce prophétique, ou à partir du repère 1875, en

      1875          1875
     +  53         +  56
     ──────        ──────
     [1928]        [1931]

lesquelles dates 1928, 1931 sont exactement celles du groupe des 4 premiers Malheurs (1928, 29, 30, 31), mis à part ainsi qu'il est déjà remarqué dans La Bible : un Miracle ; et de ce dernier trait si particulier on aperçoit ainsi une raison d'être. De cet ensemble on trouve d'ailleurs une impressionnante et belle vérification dans le fait suivant, qui en sera considéré, croyons-nous, comme l'argument le plus noblement démonstratif.

» On sait que le Livre d'Ésaïe est nettement divisé (Premier et Second Ésaïe), sa partie finale consistant dans l'ensemble des Chapitres 40 à 66 qu'on a appelé le 5ᵉ Évangile, — soit le N. T. avant la lettre.

(1) 1923 = 1918 + 5 ; série des Malheurs.

p. 396

» Or l'A. T. ayant pour numéro de son dernier Chapitre 780, c'est à dire mesurant 65ᵃ, cette fin de l'A. T. conduit donc, dans notre computation, à l'année (à partir du repère prophétique précédent 1875) :

      1875
     +  65
     ──────
      1940 ;

et cette année n'est autre, sur l'échelle des Chapitres, que précisément le Chapitre 40 d'Ésaïe où, en effet, le N. T. commence.

» Toute la Bible, ou 86ᵃ, conduit à

      1875
     +  86
     ──────
      1961

soit tout à la fin du Premier Passage bas, 1963 (Chap. 63 d'Ésaïe ; Édom, Allemagne). Il est probable que les petits résidus en mois du tableau ci-dessus sont destinés à apporter dans la question les éléments d'une précision de détail. (On voit, par exemple, que la somme de ces résidus, soit 5 + 8 + 6 + 8 = 27ᵐ = 2ᵃ3ᵐ, donne justement en plus 2ᵃ ; et 1961 + 2 = 1963.)

» Il me semble que cette question est éminemment digne d'intérêt et mérite qu'on la scrute encore plus profondément. On a peur de prophé-

p. 397

tiser. Nous savons que notre méthode consiste simplement dans la constatation des faits externes, et se maintient sur ce solide terrain. Mais à cause de cela même ne semble-t-il pas qu'il y ait lieu de redouter, avec une certitude d'ordre scientifique, pour la Belgique (Moab), les événements qu'annoncent, pour 1928 à 1931, les Chapitres de la Bible, Jér. 48 et Ézéch. 25 ? (1) »

Ch. L.

Dans la vue qui vient d'être présentée, deux traits ont un caractère démonstratif particulièrement remarquable. L'un consiste en ce que, le Chapitre 15 d'Ésaïe ayant, antérieurement, été reconnu désigner et repérer l'Année 1915, le numéro d'ordre de ce Chapitre, numéro qui désigne un nombre de Mois, étant évalué en Mois assigne pour origine à l'échelle des Mois le repère historique, antérieurement déterminé et propre à la

(1) Il est à remarquer d'ailleurs que, sur l'échelle des Chapitres, És. 15. 16, Jér. 48, Ézéch. 25 constituent un ensemble systématique. On a

                                  Nos d'ordre.
És. 15. 16 . . . . . . . . . .     545, 546
Jér. 48 . . . . . . . . . .        644
Ézéch. 25 . . . . . . . . .        678
   Or          644 — 545 = 3 × 33
   et          678 — 546 = 4 × 33 (= 132 = 528/4)
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nature du sujet, 1870. Ce fait en effet ne devait pas nécessairement se présenter, puisque le numéro d'ordre du Chapitre était ici une donnée nouvelle, pour nous entièrement indépendante.

Le second trait consiste en ce que le Chapitre 40 d'Ésaïe désignant 1940 et inaugurant le « 5ᵉ Évangile » ou N. T. d'Ésaïe, et mesurant à partir du repère origine prophétique 1875 antérieurement connu et déterminé de la Connaissance de Daniel, la durée 65 ans, cette durée évaluée en Mois (780 Mois) se termine précisément, sur l'échelle des Mois de la Bible, par le dernier Chapitre de l'A. T. [Ce grand trait affirme de manière certaine dans la question, l'autorité du repère 1875, et dès lors celle aussi de la correspondance des Chapitres Jér. 48 et Ézéch. 25 avec les années 1928 et 1931. Le repère 1875 est d'ailleurs marqué sur l'échelle des Mois comptée à partir de 1870, de la manière la plus décisive. Il correspond à la Loi (l'Exode). On a en effet :

Pâque   Ex. 12, n° d'ordre 62 = 5ᵃ 2ᵐ
Exode   Ex. 12,    »        62 = 5ᵃ 2ᵐ
La Loi  Ex. 20,    »        70 = 5ᵃ 10ᵐ
   et            1870 + 5 = 1875.] (1)

(1) Les deux échelles des Mois et des Jours se repèrent dans une construction systématique fort remarquable. Toutes deux,

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l'une par les chapitres, l'autre par les versets, mesurent la Bible entière (ses 66 Livres) par une durée de 86 ans. Or on a, du repère prophétique 1875 au Second Avènement (Daniel-Pyramide) (2178 + 2180)/2 = 2179, un espace 2179 — 1875 = 304 ans qui se décompose comme suit :

[Schéma : ligne horizontale graduée formant une règle chronologique, avec au-dessus, à gauche, la mention en italique « Échelle des Mois. » et à droite « Échelle des Jours. ». Quatre repères verticaux jalonnent la ligne, portant les dates inscrites verticalement, de gauche à droite : « 1875 », « 1961 », « 2003 » et, à l'extrémité droite, « 2ᵈ Avᵗ (2179) ». Les trois segments compris entre ces repères sont chiffrés au-dessous de la ligne : le premier « 86 » (de 1875 à 1961), le second « 2 × 66 (528/4 = 132) » (de 1961 à 2003), le troisième « 86 » (de 2003 à 2ᵈ Avᵗ (2179)).]

La concordance est d'autant plus remarquable, et son caractère intentionnel d'autant plus difficile à récuser que, par ses Chapitres, le livre d'Ésaïe reproduit exactement la division fondamentale de la Bible en Livres. On a

              Bible.                     Ésaïe.
Nombre de Livres 66       Nombre de Chapitres 66
   A. T.          39          (A. T.)           39
   N. T.          27          (N. T.)           27

Un pareil fait, si simple et que cependant nous n'avons remarqué qu'à posteriori, c'est à dire après tout ce qui précède, est digne, nous le pensons, de faire impression dans l'ordre de la démonstration.

Cette disposition met en évidence par la progression des Échelles : (antérieure) des Années, puis des Mois, enfin des Jours, la précision croissante des données chronologiques à mesure qu'on se rapprochera de l'Événement final de l'Histoire, le Second Avènement de Jésus-Christ.

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D'autres traits de détail viennent d'ailleurs corroborer l'ensemble d'une manière impressive.

Le premier Chapitre d'Ésaïe, celui qui ouvre toute la Prophétie, n'est autre que l'année 1914. En effet on a : És. 1, n° d'ordre = 531 = 44ᵃ 3ᵐ et 1870 + 44 = 1914 : D'autre part És. 63 qui mentionne, dominant toute la situation, le Vengeur (instrument de la colère de Dieu ; Édom = l'Allemagne), n'est autre que la première année 1919 après l'armistice, celle qui ouvre la phase des jugements ultérieurs de Dieu (Jér. 48, Éz. 25). En effet on a : És. 63, n° d'ordre = 593 = 49ᵃ 5ᵐ et 1870 + 49 = 1919 (1).

Le Iᵉʳ Malheur (1928) paraît désigner une action de l'Allemagne directement dirigée contre l'Angleterre (Éphraïm. És. 28, 1, 2). Comme cela est clairement dit en És. 16, le conseil est donné à Moab (la Belgique) de prendre appui sur l'Angleterre, et non sur le monde latin.

En ce qui concerne en tout ceci la prédiction spécifique des événements, la position scientifique de la critique est très claire : Quels que seront,

(1) On a, Ésaïe introduisant Moab (la Belgique) en És. 15 (1915) :

                  1915 = 1870 + 45
   et             1918 + 45 = 1963 (És. 63).
   Or 45 n'est autre chose que le signe de l'Allemagne (Édom).
   On a : (Édom) hébreu = 45.
p. 401

pris en eux-mêmes, ces événements, les faits numériques externes que nous venons d'établir subsistent. Quant à l'interprétation de ces faits, on peut, suivant les tendances, leur attribuer soit un sens symbolique (spirituel, social ; considérant par exemple Jér. 48 comme le simple rappel dans ce sens, de Es. 15. 16) ; soit un sens concret immédiat (politique). L'hypothèse la plus probable est que, les événements, s'étant jusqu'ici, (Es. 15. 16) (1914-1918), réalisés dans le sens concret, il en sera encore de même pour Jér. 48, Ézéch. 25 (1928-1931).

Plût à Dieu qu'en ceci nous fassions erreur. Notre devoir se borne pour le moment à avertir qu'avec l'effrayante précision d'un théorème de Géométrie, un proche avenir, de toute manière aussi douloureux que néfaste, s'annonce pour l'Europe, et en particulier pour notre pays (1).

(1) A un point de vue profond, la raison de la mise en évidence prééminente de Moab (la Belgique) dans l'ordonnance des événements, des châtiments que les peuples attirent sur eux-mêmes en provoquant la Justice de Dieu, réside dans le fait que Moab a été désigné comme le Missionnaire de la grande vérité qui révèle aujourd'hui au monde, dans sa certitude scientifique, le véritable sens des Saintes Écritures et leur enseignement historique. De cette vérité le témoignage a été présenté à Éphraïm (l'Angleterre), c'est à dire aux représentants officiels et aux Conducteurs de British-Israël (Conférence donnée par nous,

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à Londres, le 15 octobre 1924) (1) ; et ce témoignage n'a pas été reçu. Bien plus, rejetant les données scientifiques premières et évidentes de ses propres missionnaires providentiels (Piazzi Smyth, Robert Menzies), British-Israël épouse actuellement une doctrine qui, méconnaissant l'Histoire et ne connaissant pas la Chronologie de la Parole de Dieu, témoigne qu'une « efficace d'erreur » s'est emparée de son esprit « pour lui faire croire au mensonge » ; ce qui, sans doute, prépare la Compromission finale avec le Faux Prophétisme romain, qui constituera la Grande Babylone des derniers temps.

Chez Moab même, qui est en Europe le centre d'action par excellence de ce Faux Prophétisme, l'honneur pour Moab d'avoir été choisi comme Missionnaire de la Science des Écritures est tout aussi bien méconnu, et les efforts isolés qui tendent à glorifier cette situation viennent se heurter aux efforts opposés du Faux Prophète et, en général, de tous les ennemis de la Bible. Concurremment, et par l'effet profond de ces diverses influences hostiles, s'opère et s'accentue la décomposition du milieu social. Les facteurs en sont d'une part la veulerie des dirigeants conservateurs, d'une autre [justifiant l'énergique image qu'en propose ici l'Écriture (És. 25. 10)] le ferment dissolvant du socialisme, celui-ci en dérivation, et de plus en plus enlisé dans la pourriture communiste.

Quant aux événements politiques concrets auxquels il convient de s'attendre, leur phase, d'après tout ce qui a été exposé, a pour premier repère 1928 ; et il est évident pour l'observateur qui connaît les Lois des Limites géographiques des Peuples (voir notre travail sur ce sujet) que tant que les peuples s'obstineront à méconnaître ces Lois, aucun état de paix stable ne pourra être réalisé. D'après ces Lois, ainsi que nous l'avons déjà expressément relevé dans le travail cité, — et, dans l'espèce du sujet, c'est le point vital, — l'Alsace et la Lorraine appartiennent au monde germanique, et non au monde latin.

(1) És. 66 a pour n° d'ordre 596 = 49ᵉ 8ᵐ⁰ ; et on a 1875 + 49 = 1924. Le Livre d'Ésaïe représentant toute la Bible, 1924 est en soi un signe de l'intégrité de la vérité ainsi présentée au Peuple élu.

Table des Matières

§§          Pages.                                                Tableaux et Figures.

I-IX        VII-XXIV          PRÉLIMINAIRE.
719-757     1-103             LEÇON XXVI.
                              SUR L'EXISTENCE D'UN FONDS COMMUN AUX CHRONOLOGIES
                              DES ANCIENS PEUPLES, FONDS QUI A POUR EXPRESSION
                              EXACTE LA CHRONOLOGIE DU TEXTE HÉBREU DE LA BIBLE.
                              CHRONOLOGIE ÉGYPTIENNE.

   724        8     Dynasties de Manéthon  . . . . . . . . . . .   Tableau LXIII.
   726       21     La Vieille Chronique  . . . . . . . . . . . .  Tableau LXIV.
   736       41     Les Livres de Manéthon. Temps primitifs . . . Tableau LXV.
   738       43     Dynasties . . . . . . . . . . . . . . . . . .  Tableau LXVI.
   740       56     Dynasties pleines . . . . . . . . . . . . . .  Tableau LXVII.
   742       59     Dynasties vides . . . . . . . . . . . . . . .  Tableau LXVIII.
753-754    96-100   Liste des Rois d'Ératosthènes . . . . . . . . Tableaux LXIX, LXX.
   757      102     Résumé chronologique  . . . . . . . . . . . . Tableau LXXI.

758-860    105-273           LEÇON XXVII.
758-775    105-143  A. SUR L'ORIGINE ET LA SIGNIFICATION DE LA PÉRIODE
                       SOTHIAQUE ET SON INTERVENTION DANS LA CHRONOLOGIE
                       ÉGYPTIENNE DE MANÉTHON.

   764      109     Coordonnées de Sirius . . . . . . . . . . . .
   110      Azimuts et Angles horaires de Sirius à son lever . .
   112      Coordonnées α₁ δ₁ de Sirius en tenant compte du
                  mouvement propre actuel . . . . . . . . . . . . Tableau LXXIV.
   767      115     Angles horaires θ′ du Soleil à son lever (parallèle
                       de + 30°)  . . . . . . . . . . . . . . . .  Tableau LXXV.
   116      Ascensions droites du Soleil quand il se lève en
                  même temps que Sirius . . . . . . . . . . . . . Tableau LXXVI.
   768      117     Ascensions droites du Soleil quand Sirius se lève
                       une heure avant le Soleil (lever héliaque de Sirius) Tableau LXXVII.
   771      122     Valeurs calculées de la Période sothiaque aux diffé-
                       rentes époques  . . . . . . . . . . . . . . Tableau LXXVIII.
   773      133     Azimuts et Angles horaires du Soleil au Solstice
                       d'Été (parallèle de 30°) . . . . . . . . . Tableau LXXIX.
773-774   134-137   Données relatives au Soleil et à Sirius au Solstice
                       d'Été  . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tableau LXXX.
                                                                  Figure 33.
p. 404
§§          Pages.                                                Tableaux et Figures.
776-783    144-150  B. Vue d'ensemble sur le progrès historique de
                       l'étude de la Bible.

784-794    150-162           C. Chronologie du Pentateuque samaritain.
   784      151     Pentateuque samaritain  . . . . . . . . . . . Tableau LXXXI.
   788      155     Schéma systématique . . . . . . . . . . . . . Figure 34.
   790      158     Comparaison du Samaritain et de l'Hébreu  . . Tableau LXXXII.
   792      160     Patriarches antédiluviens . . . . . . . . . . Tableau LXXXIII.

795-805    162-173           D. Chronologie de la Bible des Septante.
   795      162     Tableau des Patriarches . . . . . . . . . . . Tableau LXXXIV.
   800      168     Corrections des Septante relatives à l'âge des Patri-
                       arches à la naissance du suivant . . . . . Tableau LXXXV.

806-815    173-191           E. Note additionnelle concernant les 430 ans du
                                séjour en Égypte (Ex. XII, 40).

816-831    192-232           F. Chronologie chaldéenne-assyrienne.
   818      198     Rois chaldéens avant le Déluge. Rois de Chaldée.
                    Rois arabes. Rois d'Assyrie . . . . . . . . . Tableau LXXXVI.
  (830      216)    (1re Conférence du Professeur Delitzsch.)

832-847    233-255           G. Chronologie chinoise.
   837      240     Table chronologique des souverains qui ont régné
                       en Chine  . . . . . . . . . . . . . . . . . Tableau LXXXVII.
   845      248     Schéma chronologique des origines . . . . . .

848-857    255-269           H. Chronologie des Hindoux.
   850      259     Tableau des Ages divins . . . . . . . . . . . Tableau LXXXVIII.
   851      260     Synthèse générale du système hindou . . . . . Figure 35.
   854      263     La suite des 4 Ages de l'ordre humain . . . . Figure 36.

858-860    270-273           Conclusion générale.
   859      271     Tableau comparé des Chronologies  . . . . . . Tableau LXXXIX.
                              ANNEXES.
                             Annexe I.
   277      Détermination de l'Année, du Jour, de l'Heure, de
               l'Instant de la Seconde Venue du Seigneur.
                             Annexe II.
   303      Sur la détermination du « Nombre de la Bête »
               (Apoc. XIII, 18).
p. 405
Pages.
                             Annexe III.
   316      Sur les « Malheurs » I et II de Apoc. VIII, 13 ; IX.
                             Annexe IV.
   327      La Parabole de Lazare et du Mauvais Riche (Luc.
               XVI, 19-31).
                             Annexe V.
   335      Sur la valeur du Temps de Apocalypse XII, 14, par
               M. Raoul Vandendriessche, Avocat à la Cour
               d'Appel.
                             Annexe VI.
   346      Sur les « temps et les moments » de l'Avènement
               du Seigneur, par le Colonel (*) E. Galet.
                             Annexe VII.
   358      La Kabbale, par M. Paul Graeffe.
                             Annexe VIII.
   377      Le Figuier séché, par M. Paul Graeffe.
                             Annexe IX.
   383      Note concernant l'Échelle des versets considérés
               comme désignateurs des Jours (voir Annexe I).
               Preuve de la validité de l'idée des deux semaines :
               Semaine hébraïque, Semaine chrétienne.
                             Annexe X.
   386      Post-scriptum à l'Annexe I, concernant un Miracle
               accordé personnellement à l'Auteur, le Vendredi
               20 Août 1926 (10ʰ du soir), et dont la mention est
               ici faite à la glorification du Nom du Seigneur.
                             Annexe XI.
   392      Données prophétiques concernant le Proche Avenir
               de la Belgique (1928-1931).

(*) Actuellement (Octobre 1926) Général, et Chef de l'État-Major général de l'Armée.