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La Loi historique de Brück
Chronologie de la Bible et celle de la Grande Pyramide de Chéops. 2ᵉ éd. augmentée (1924). Texte intégral verbatim (371 pages).
Transcription intégrale et verbatim des 371 pages (Préface, Introduction, Chapitres I-IV, Réflexions de l'auteur, et sept Appendices — dont les mesures de Flinders Petrie et de Caratheodory), assemblée à partir de 12 relevés page à page. La gématrie, les coordonnées de la Pyramide et tous les tableaux sont reproduits exactement ; les cinq planches gravées de la Pyramide sont décrites au point où elles s'insèrent.
[page de titre — scan 00006]
Préface de la Seconde Édition
SUR LA CONCORDANCE
QUI EXISTE ENTRE
La Loi Historique de Brück, La Chronologie de la Bible
ET CELLE DE
LA GRANDE PYRAMIDE DE CHÉOPS
AVEC UNE INTERPRÉTATION NOUVELLE
DU PLAN PROPHÉTIQUE DE LA RÉVÉLATION
PAR
Ch. LAGRANGE
MEMBRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE,
PROFESSEUR ÉMÉRITE DE L'ÉCOLE MILITAIRE,
DIRECTEUR HONORAIRE DE L'OBSERVATOIRE ROYAL
2e Édition, revue et augmentée
7 Planches et Figures et 7 Appendices
(comprenant les mesures les plus récentes de la Pyramide).
OFFICE DE PUBLICITÉ
ANC. ÉTABLISSEM. J. LEBÈGUE & Cie
ÉDITEURS
Société Coopérative
BRUXELLES
GEORGES THONE
ÉDITEUR
LIÉGE
1924
p. 71. La première édition de ce livre (Sur la Concordance, etc.) a paru en 1893. (Bruxelles).
Ont suivi :
2. The Great Pyramid, London, 1894; traduction anglaise de la Concordance.
3. Mathématique de l'Histoire, Bruxelles, 1900.
4. Leçons sur la parole de Dieu (T. I, Leçons I-XII), 1re édition, Bruxelles, 1912.
5. La Bible : Un Miracle, Bruxelles, 1921.
6. Leçons sur la Parole de Dieu (T. I), 2e édition, Bruxelles, 1922; (T. II. Leçons XIII-XXV), 1924.
Dans la présente et 2e Édition de la Concordance (No 1), à part quelques légères retouches de forme sans aucune influence sur le fond, on a strictement reproduit la rédaction primitive, afin de conserver fidèlement la marche suivie au cours d'une exploration qui, par sa publication, compte aujourd'hui un tiers de siècle. La seule
p. 8modification importante (sans d'ailleurs nul changement dans les conclusions) est celle du § 49, dûe à la mise en œuvre des mesures tout à fait exactes de la région supérieure Sud de la Grande Galerie de la Pyramide, faites à notre demande par M. C. Caratheodory, en 1900. Le travail de M. Caratheodory, reproduit à la fin de ce volume, y fait d'ailleurs partie d'une série de sept Appendices de nature à donner un intérêt nouveau à notre réédition.
Ch. L.
Juillet 1923.
INTRODUCTION
p. 91. Je ne puis m'empêcher de penser, en écrivant le titre de cet opuscule, qu'une des règles de l'art de persuader serait, s'il était possible, de ne jamais faire se heurter des mots dont la collision produise un accident. Que le lecteur bienveillant, un moment arrêté peut-être par le caractère hétérogène des données de ce titre, me permette de lui rappeler la règle difficile, mais élémentaire, de faire table rase de toute opinion préconçue quand il s'agit d'étudier en elle-même la corrélation d'un ordre de faits ; un livre de recherche sur un sujet entièrement neuf n'est rien moins qu'une collaboration où le lecteur partage avec l'auteur l'honneur périlleux d'appliquer judicieusement la méthode.
2. Mes données sont constituées par trois documents :
Le premier, ouvrage d'un officier du Génie belge, le major R. Brück, fait connaître la loi
p. 10chronologique qui préside à la succession, à la durée et aux phases de la vie des peuples (1).
Cette loi est un fait d'observation.
Le second est la Bible (2); par ses données chronologiques, soit historiques, soit prophétiques, elle s'étend à tout le passé et à tout l'avenir de l'humanité, et ses dispensations spirituelles apparaissent comme incarnées dans un organisme où tout est réglé par nombre, poids et mesure.
Le troisième, enfin, est l'ensemble des mesures très exactes de la grande pyramide de Gizeh, effectuées dans ces derniers temps, d'abord (1865) par un des astronomes observateurs les plus éminents de ce siècle, M. Piazzi Smyth (3); ensuite
(1) L'Humanité, son développement et sa durée, par R. Brück, ancien élève de l'École militaire de Belgique, major du génie; 2 vol. in-8o; CI-1231 pages. Paris et Bruxelles, 1866.
(2) Il s'agit (pour l'Ancien Testament) du texte hébreu. Le texte que j'ai eu sous les yeux d'une façon courante dans ce travail, est la traduction bien connue de David Martin (Amsterdam, 1722); mais le lecteur peut tout aussi bien se servir de la Vulgate.
(3) Life and Work at the Great Pyramid during the months of Januari, Februari, March and April, A. D. 1865, by C. Piazzi Smyth, F. R. SS. L and E., 3 vol. in-8o. Edinburgh, 1867.
p. 11(1883) sous les auspices de la Société royale de Londres, par M. Flinders Petrie (1).
Chacune de ces trois données renferme un élément métrique, et c'est par ce trait commun que la corrélation existe entre elles et devient vérifiable.
3. La première lecture des ouvrages de Brück date aujourd'hui pour moi de vingt ans (1871). Depuis lors, malgré la préoccupation d'autres travaux, je n'ai guère cessé d'y penser ; il y a longtemps que la concordance, déjà partiellement entrevue par lui (pour les premiers temps) (2), entre sa loi historique et la chronologie du texte hébreu de l'Ancien Testament, m'avait frappé comme étant un des arguments externes les plus décisifs en faveur de l'autorité du livre sacré.
Cette remarque établissait tout d'abord une corrélation entre les deux premières données.
Une autre corrélation existe entre les deux dernières. On verra cités au cours de ce travail (§ 15) quelques faits numériques depuis long-
(1) The Pyramids and Temples of Gizeh, by W.-M. Flinders Petrie, New and revised edition, 1 vol. in-8o, London. Voyez aussi New Measures of the Great Pyramid by a New Measurer, by C. Piazzi Smyth, London, 1884.
(2) Voyez L'Humanité, etc., t. I, pp. 182-203.
p. 12temps déjà mis en évidence par les mesures de la pyramide ; ils ont permis à M. Piazzi Smyth (1) de démontrer, avec une certitude d'ordre scientifique :
1o Que la pyramide est un monument d'origine hébraïque ;
2o Que c'est, en quelque sorte, un livre de pierre où se trouvent consignées, avec une précision égale à celle de la science d'aujourd'hui, et à l'aide d'une unité de mesure empruntée au globe terrestre, les constantes fondamentales de l'astronomie et de la physique du globe ;
3o Que le système métrique de la pyramide et celui de la Bible sont identiques ;
4o Que, très probablement, la chronologie de la Bible, en prenant pour argument la dispensation spirituelle mosaïque et chrétienne, est elle-même exactement inscrite dans la pyramide par le diagramme des passages intérieurs, tracé dans un plan méridien ; l'ordonnée de ce diagramme serait une fonction du temps. En tout état de cause, la forme de ce diagramme symbolise remarquablement la dispensation dont il s'agit, et ses dimensions sont (par proportionnalité des
(1) Voyez de cet auteur, outre Life and Work, déjà cité, le livre Our Inheritance in the Great Pyramid, 1 vol. in 8o, London, 5th edit., 1890.
p. 13longueurs aux temps) aussi bien d'accord qu'on pouvait l'espérer avec les données, considérées aujourd'hui comme un peu flottantes, de la chronologie biblique (1).
4. Si l'on désigne respectivement par 1, 2 et 3 les trois éléments de la question, il résulte de ce qui précède que 1 et 2 sont liés d'une manière définie, et qu'il en est de même de 2 et 3 ; mais si ces éléments appartiennent à une même réalité systématique, le triangle doit se fermer ; c'est-à-dire qu'il doit vraisemblablement aussi exister une liaison immédiate entre 1 et 3, entre la loi de Brück et le système métrique de la Pyramide.
Or, cette troisième corrélation immédiate existe
(1) J'ai eu connaissance de ces recherches il y a cinq ans (en 1887), par un livre de science amusante, de Proctor, qui plaisantait agréablement les « pyramidalistes ».
Ayant été frappé, en combinant les seules données numériques de ce livre lui-même, de l'exactitude des proportions géométriques sur lesquelles reposait la théorie incriminée, j'ai analysé le problème d'une manière indépendante, refait les calculs pour toutes les propositions capitales, en me servant des mesures des différents observateurs, à partir de l'expédition française de 1799, et fixant le choix entre les hypothèses possibles par la méthode d'exclusion progressive.
Ma conclusion est qu'en toute autre matière ces probabilités accumulées seraient considérées comme plus que suffisantes pour constituer ce qu'on appelle, en sciences physiques, une démonstration.
p. 14en effet : la période historique de Brück se trouve mesurée, et ses phases même sont symbolisées de la manière la plus évidente dans la grande pyramide de Gizeh.
5. Les trois éléments ayant ainsi été retrouvés les uns dans les autres, il restait à étudier de plus près le problème de leur concordance ; et cette étude devait, si les prémisses étaient exactes, revêtir le caractère d'une vérification croissante. Cela s'est effectivement réalisé aussi, et avec un degré d'exactitude tel qu'on est en droit de l'exiger des théories physiques les mieux établies.
La chronologie de la pyramide est exactement identique à la chronologie littérale de la Bible ; toute la prophétie y est symbolisée, tous les nombres qu'elle renferme y sont mesurés.
La clef à la fois de l'interprétation de la Prophétie et de cette concordance exacte, est la période historique de la vie des peuples de Brück.
6. Établir la concordance dont il vient d'être question, c'est démontrer du même coup l'authenticité ou l'autorité des documents sur lesquels elle repose.
Trois témoins, tellement indépendants que, par un renversement singulier, l'idée seule de leur rapprochement éveille l'incrédulité, s'unissent pour rendre un témoignage identique :
p. 15Un monument de pierre placé au seuil de l'histoire (1), monument dont la construction intérieure est restée cachée à toute l'antiquité (2); une loi scientifique trouvée de nos jours et à laquelle son auteur a tout d'abord été conduit par une théorie sur la physique du globe; enfin, un livre écrit non par un homme, mais par un peuple.
Si l'identité de témoignages absolument indépendants est une preuve de la sincérité des témoins, elle est, à titre égal, une preuve de la véracité de ce qu'ils avancent.
L'intérêt dont il s'agit ici n'est donc pas simplement celui d'une spéculation curieuse; il n'est question de rien moins que de démontrer, par des preuves externes ayant la force des nombres, l'inspiration divine des Écritures; de décider, avec cette même force, de leur véritable interprétation; enfin, d'établir sur des bases scientifiques immuables, avec sa chronologie, toute l'histoire de l'humanité et la réalité d'un but très rapproché, annoncé pendant de longs siècles
(1) La date de la pyramide, donnée par elle-même, est −2170.
(2) Sa découverte ne remonte qu'au IXe siècle (faite par Al Mamoun, fils d'Aroun al Raschid, en 820).
p. 16par les prophètes, et qu'elle est sur le point d'atteindre.
La seule interprétation possible des faits sera dès lors que la grande pyramide et la Bible sont l'une et l'autre des œuvres de l'inspiration divine ; et que si le livre immuable de pierre, dans lequel simultanément sont écrites les vérités capitales de la science la plus avancée d'aujourd'hui et symbolisées les vérités spirituelles de l'autre livre, a été scellé et placé à l'origine des temps, c'est pour qu'ouvert aux derniers jours, les jours de la science des faits externes, il rendît le plus écrasant des témoignages externes à ces vérités éternelles, méconnues et cependant seules véritablement nécessaires.
7. L'exposition et le développement complet et détaillé de toutes les questions soulevées au cours des cent pages qui suivent auraient pu fournir la matière d'un ouvrage très étendu, mais dont la publication aurait tardé longtemps encore. En présence de l'importance extrême de la vérité qui vient d'être définie, je ne me suis pas senti autorisé à différer plus longtemps de la faire connaître.
Je me suis donc résolu à en présenter l'exposition sous une forme condensée, qui, tout en
p. 17coûtant peut-être un peu de peine au lecteur, contient cependant tout ce qui est nécessaire et suffisant pour assurer la démonstration.
Après avoir : 1o exposé simplement la loi de Brück ; 2o établi la chronologie littérale de la Bible ; j'aborderai 3o le sujet de la Pyramide par une description très succincte du monument, suffisante néanmoins pour donner un aperçu exact de l'état de la question au moment où je la reprends moi-même, et pour mettre le lecteur au courant des données dont j'aurai à faire usage. Armé alors de la loi des peuples et de la chronologie, je n'aurai plus, pour continuer mon travail, qu'à lire parallèlement la Bible et la Pyramide, et à voir des vérifications toujours croissantes, à la fois démontrer leur identité et mettre en lumière la vérité unique qu'elles expriment.
C'est ici qu'il me faudra particulièrement abréger ma rédaction. Je dirai sans doute tout ce qui est nécessaire, mais je renverrai continuellement par des citations à la Bible, que je supposerai sous les yeux du lecteur.
8. C'est d'ailleurs exactement ainsi, c'est-à-dire par une marche toute naturelle et méthodique, que cette vérité s'est déroulée devant moi ; ce que je présente ici n'est donc pas un système
p. 18péniblement échafaudé après coup, mais plutôt le carnet d'un explorateur racontant progressivement ce qu'il découvre, et même découvrant quantité de choses qu'il était bien éloigné de soupçonner, qui l'ont d'abord surpris, qu'une vérification plus approfondie l'a forcé d'admettre, et qui plus tard se sont justifiées d'une manière éclatante par la lumière inattendue qu'elles jetaient sur tout l'ensemble du sujet. On verra particulièrement le fruit de cette marche méthodique dans l'interprétation du livre de Daniel et de l'Apocalypse ; cette interprétation, entièrement nouvelle je pense, étonnera peut-être d'abord le lecteur. Mais je ne doute pas qu'après un instant de réflexion, elle ne lui paraisse en harmonie avec la dignité et la constante préoccupation spirituelle du texte sacré.
9. Quoi qu'il en soit des divergences d'opinion qui pourront se mettre en évidence à l'occasion des idées dont il s'agit, un point commun reste qui permet une entente entre les esprits scientifiques, à quelqu'école qu'ils appartiennent, et les seuls auxquels je m'adresse ici : c'est le point de fait. C'est là que je me tiens, demandant à tous de l'examiner sans parti pris, et laissant à ce fait le soin de produire par lui-même ses conséquences.
p. 1910. L'élévation du sujet commande, ici plus que toute autre part, une hardie liberté d'exposition ; mais ce serait mal comprendre l'esprit dont on est animé que de se consoler trop facilement, au nom de cette liberté, des atteintes pénibles et inévitables qui en résulteront pour certaines convictions. Une partie de ma démonstration me met en opposition, quant à la notion de la véritable Église, avec la manière de voir d'hommes dont j'estime profondément le caractère, les sentiments, dont, je me fais honneur de le dire, je possède l'amitié ; je regrette vivement cette situation ; je demanderai donc à ceux dont je parle de se mettre à ma place, de décider si, possédant une pareille preuve en faveur de la vérité révélée, il m'était loisible de ne pas la faire connaître ouvertement ; je leur demanderai de se transporter avec moi jusqu'à ce niveau où, devinant la présence de Dieu, des esprits élevés trouvent un lien de sympathie dans le sentiment même de la misère commune qui crée leurs désaccords ; et enfin, s'ils trouvent trop rudes les termes qui, dans le cours de mon analyse, censurent, au sujet de l'Église, l'alliage du vil métal et de l'or pur, qu'ils considèrent que ces termes, qui ne puisent leur énergie que dans leur profondeur, émanent d'une Autorité dont la sévérité frappe non pour blesser, mais pour guérir.
p. 2011. Je ne dissimulerai d'ailleurs à personne qu'un intérêt profond se cache pour moi sous celui d'une preuve d'arithmétique, et qu'il m'est impossible de prendre absolument mes interlocuteurs pour une proposition.
Je considère la démonstration actuelle comme d'intérêt capital pour le christianisme, à une époque où c'est un lieu commun dans l'esprit de l'enseignement, qu'il y a incompatibilité démontrée entre la Bible et la Science, et où le discrédit du livre atteint jusqu'aux éléments vitaux dont il est le dépositaire. Cette démonstration est utile à tous ; elle paraît l'être spécialement pour ceux qui, terminant ce rapide voyage d'exploration qu'on appelle les études supérieures, et s'apercevant alors qu'il existe dans la science quelqu'autre chose encore que la géométrie et la mécanique, voudraient tenter la découverte de ce monde inconnu. Plus de réflexion leur démontrerait qu'en passant du monde extérieur au monde moral, rien n'est changé à la méthode scientifique, et que, dans l'un comme dans l'autre, un même procédé conduit à la foi personnelle. Mais en attendant ce fruit de l'expérience, les objections d'une science purement externe constituent une banquise glacée contre laquelle l'esprit s'obstine et s'épuise, et qui ferme accès au rivage.
p. 21Or, la démonstration actuelle déblaie cet amas impitoyable, non par l'action dissolvante d'une discussion qui n'aboutirait pas, mais par l'irrésistible puissance mécanique d'un fait.
CHAPITRE I — LOI DE LA VIE DES PEUPLES, DE BRÜCK
p. [23]1. Les peuples comme les individus naissent, vivent et meurent.
Supposons qu'un observateur extérieur au globe analyse le phénomène du développement de l'humanité, c'est-à-dire la marche de la civilisation à la surface du globe. Il verra ce phénomène réglé par une loi; cette loi comprend:
1° Un terme de précession (déjà remarqué avant Brück); il exprime le déplacement séculaire de la civilisation de l'est vers l'ouest, des origines de l'histoire jusqu'à l'époque actuelle;
2° Un terme périodique quinquaséculaire; ce terme affecté, par une succession systématique de phases à intervalles déterminés toujours les mêmes (1. Constitution; 2. Préorganisation; 3. Organisation; 4. Apogée; 5. Décadence), les
p. 24centres civilisateurs qui marquent les étapes du terme de précession.
Pour fixer les idées, on peut figurer ce mouvement par celui de deux méridiens mobiles : l'un, méridien de précession, entraîne lentement de l'est vers l'ouest le centre de civilisation (centre que Brück appelle le peuple chef) ; l'autre, méridien quinquaséculaire, fait le tour du globe en environ cinq siècles (aussi de l'est vers l'ouest), et les phases de la période quinquaséculaire dépendent de la position de ce méridien par rapport au centre de civilisation. Le temps que met le méridien quinquaséculaire à revenir à un même lieu, c'est-à-dire à un méridien fixe, est, d'après Brück, de 516 ans ; le temps qu'il met à revenir au méridien de précession, temps nécessairement plus long, est de 520 ans.
516 ans est la durée qui sépare, par exemple, les apogées successifs, d'un même peuple, à centre fixe, soumis à l'ondulation périodique ; 520 ans est, au contraire, la durée qui sépare les apogées des peuples chefs successifs, de ces peuples qui marquent, comme des jalons, la marche séculaire de la civilisation (1).
(1) Il va sans dire qu'en tout ceci on fait abstraction des anomalies qui, dans l'examen de toute grande loi naturelle, ne constituent que l'étude de second ordre.
p. 252. Il faut vérifier cette loi; mais j'éviterai intentionnellement de reproduire les nombres mêmes de Brück. Un essai indépendant, simplement guidé par les grands traits de l'histoire générale, suffit à la mettre en évidence; de petites différences se présenteront nécessairement; mais précisément parce qu'elles sont insuffisantes pour altérer le terme essentiel de la loi, elles en démontrent, à leur manière, la validité.
Le terme de précession, ou la marche générale de la civilisation de l'est vers l'ouest (1) depuis les origines de l'histoire, ressort d'un simple coup d'œil d'ensemble. Partie de la Chaldée, puis oscillant entre les bords du Nil et ceux du Jourdain, la civilisation s'est ensuite progressivement déplacée suivant le parallèle méditerranéen; elle a atteint l'arête dorsale de l'Europe, l'a dépassée, s'est emparée, en remontant vers le nord, de la limite occidentale de l'Europe, les îles Britanniques, et a franchi l'océan en conquérant le Nouveau-Monde. Ce Nouveau-Monde, elle l'a traversé, et elle semble devoir couronner sa
(1) C'est à la simple constatation de ce fait général que se borne ici l'observation, c'est-à-dire indépendamment d'une discussion ultérieure concernant les périodes 516, 520 de Brück et leur combinaison pour déterminer la vitesse de progression du méridien de précession. (Voir Mathématique de l'Histoire, et à la fin de ce volume l'Appendice III).
p. 26course circulaire en absorbant dans la rencontre de son flot et du reflux européen qu'elle attire, ces régions primitives du monde asiatique desquelles elle était partie, leur rapportant sous une forme nouvelle, après plus de quatre mille ans, l'acquis du principe qui lui a donné naissance.
Le terme périodique de la loi a, au point de vue spécial de cette étude, plus de portée encore que le terme de précession. Que, depuis l'origine de l'histoire jusqu'aux temps actuels, des peuples (1) sont nés, ont vécu, ont disparu de la scène du monde, c'est là un premier théorème historique évident. La civilisation égyptienne a précédé celle des Juifs-Israélites et des Phéniciens; après eux, la Grèce a atteint son apogée, puis a décliné.
Rome commande au monde, puis tombe à son tour; Constantin décapite son immense empire. En fait, celui-ci se scinde en trois parties: l'Orient végète sous le nom de Bas-Empire; le Centre subit un travail de préparation sous l'influence croissante de la puissance spirituelle qui, en se matérialisant, dominera cinq siècles plus tard,
(1) Il faut d'ailleurs, comme le remarque Quetelet (Physique sociale, t. II, p. 219), entendre par peuple, non une race, mais une association d'individus, organisée soit pour la défense d'intérêts purement matériels, soit pour celle d'intérêts matériels mis au service d'une idée.
p. 27et pendant cinq siècles, sur l'Europe entière; l'Occident, le royaume franc, infiltrant violemment dans un sang nouveau, et tel que le lui présente l'Église de Rome, le principe spirituel sorti des entrailles du passé, est alors à la fois le continuateur et le régénérateur du mouvement ascendant; c'est le foyer virtuel de la civilisation du temps.
Charlemagne résume et épanche son acquis; il jette l'Europe future, que dessine déjà le partage de son empire, dans les bras de la Papauté. Celle-ci l'enserre; aux milices propres du clergé et des grands ordres religieux elle associe, pour en faire les rouages de la vaste monarchie catholique, tous les pouvoirs civils des peuples asservis. C'est le glaive dont la poignée est à Rome, la pointe partout. Mais, au commencement du XIVe siècle, gronde l'orage de l'affranchissement; affranchissement politique au signal déjà donné par le souffle de liberté des communes; affranchissement du principe même de la civilisation, aux premières revendications décisives de cette réforme (Wiclef) qui, durant une période de cinq siècles, va lutter pour ramener l'Église à la pureté de l'Évangile.
La Réforme naît dans les quartiers des peuples futurs, le Nord; la puissance menacée, la Papauté, galvanise les peuples passés, le Midi.
p. 28La lutte entre ces deux moitiés de l'Europe, c'est l'histoire moderne. La puissance, centre de la civilisation nouvelle, qui pondère le mouvement, est un élément intermédiaire, la France. Sa mission est l'accomplissement d'un premier terme, l'affranchissement politique. Son acquis se résume et s'affirme violemment (1789) à la fin d'une période quinquaséculaire ; puis l'impulsion géniale de Napoléon l'épanche vers l'Orient, exactement comme, deux et quatre périodes plus tôt, Charlemagne et Alexandre avaient fait pour l'acquis des Francs et pour celui des Grecs.
Napoléon, Charlemagne et Alexandre, espacés à environ mille ans de distance, sont trois phénomènes de même ordre.
Qu'on résume ces grands traits ; qu'on personnifie le mouvement de la civilisation par celui du foyer principal qui, jusqu'à l'époque actuelle, n'a pas cessé d'exister et de constituer un peuple chef : on verra, en commençant aux Assyriens (1),
(1) On verra plus loin, en commençant l'histoire au Déluge, qu'il faut encore citer antérieurement les Noachides. La réalité du Déluge se trouve mathématiquement établie dans une Étude sur le système des forces du monde physique (pp. 330-555), publiée dans les Mémoires de l'Académie royale de Belgique, tome XLVIII. Cette crise tellurique universelle, signale l'établissement définitif du relief actuel du globe (soulèvement méridien asiatique-américain).
p. 29l'histoire définie par l'ordre des puissances suivantes :
a) Assyriens ;
b) Égyptiens ;
c) Juifs-Israélites Phéniciens ;
d) Grecs ;
e) Romains ;
f) Francs ;
g) Papauté ;
h) Français ;
Le numéro d'ordre suivant appartient à l'Angleterre, dont la prééminence au cours de la période historique qui s'ouvre aujourd'hui, commence déjà à s'affirmer.
3. Cette succession rend manifeste dans le phénomène l'existence d'une période. Cherchons d'abord à évaluer le terme moyen commun de la vie (ou, plus exactement, de la période d'activité spéciale) des peuples (en laissant à dessein de côté, dans un simple abrégé, ce qui exigerait discussion ou exposition trop étendue).
Pour le n° d) (Grecs), de la fondation d'Athènes par Thésée, en — 1219, à la destruction de Sparte (Philopœmen, le dernier des Grecs), en — 188, il y a 1031 ans, ou 2 fois 515 ans.
Pour le n° e) (Romains), de la fondation de Rome par Romulus, en —753, à la décapitation de
p. 30Rome par Constantin, en + 330, décapitation qui est la fin de l'Empire romain proprement dit et du monde ancien, il y a 1083 ans, ou 2 fois 541 ans.
Pour le n° f) (Francs), depuis l'époque, — 114, qui signale pour la première fois une lutte ouverte entre les Germains et les Romains, jusqu'au partage de l'empire franc (traité de Verdun) en + 843, il y a 957 ans, ou 2 fois 478 ans (ce nombre doit être a priori regardé comme trop faible, puisque le fait rapporté à la date — 114 est déjà, selon toutes probabilités, la conséquence d'un mouvement antérieur de fédération des Germains).
Pour le n° g) (Papauté), depuis son établissement (de fait) à Rome, en + 330 (1), jusqu'à la chute du pouvoir temporel effectif, 1309-1370 (Avignon), 1347 (Rienzi), il y a (par la moyenne de ces dates), 1012 ans ou 2 fois 506 ans. On remarquera que la seconde chute du pouvoir temporel, 1870, est de nouveau séparée de la première par une période de cinq siècles.
L'empire d'Orient ou Bas-Empire, qui résulte, comme la Papauté, du partage de l'empire romain, commence comme elle en 330 et finit en 1360 (invasion des Turcs; Andrinople, capitale
(1) La prétention connue (et d'ailleurs non fondée) à une donation officielle de Constantin confirme indirectement la justesse de cette manière de voir.
p. 31des sultans). Or, de 330 à 1360, il y a 1030 ans ou 2 fois 515 ans.
Pour le n° h) enfin (France), depuis sa formation (partage de l'empire de Charlemagne, traité de Verdun) en 843, jusqu'à l'époque de constitution actuelle, 1870, il s'est écoulé 1027 ans ou 2 fois 513 ans.
Suivant qu'on tient ou qu'on ne tient pas compte des Francs (dont la durée calculée plus haut est évidemment trop faible, pour la raison qui a été indiquée), on trouve pour la moyenne de cette période millénaire 1023 ou 1036 ans; la différence est ici sans importance. Ce résultat confirme l'exactitude du nombre de 1032 ans admis par Brück, et la limite de dix siècles à laquelle Quetelet fait allusion (1). C'est la durée pendant laquelle l'existence d'un peuple, en tant que peuple chef, s'est, jusqu'ici, mise en évidence dans le mouvement historique.
4. Mais cette période millénaire n'est pas seulement remarquable par la constance de sa valeur; elle l'est aussi par la régularité de ses retours: les origines et les fins des laps de temps millénaires propres aux peuples chefs successifs, appartiennent, sur l'échelle chronologique, à une même
(1) Physique sociale, t. II, pp. 217 et suiv.
p. 32série de points équidistants, comprenant des intervalles de cinq siècles, le commencement et la fin de chacun de ces laps de temps coïncidant avec les milieux de deux autres.
Ceci met en évidence l'existence d'une période nouvelle, laquelle est quinquaséculaire.
Cette période ressort nettement du tableau des commencements et des fins des périodes millénaires qui viennent d'être signalées :
Commencements
— 1219 — 753 » + 330 + 843
Fins
— 188 + 330 + 843 + 1340 + 1870 ;
+ 1360
les différences sont
466 565 518 513 497 530
517 510
5. La considération de cette succession régulière rend tout d'abord plus précis le coup d'œil d'ensemble qu'on a jeté plus haut sur la suite des peuples chefs ; elle montre que chacun d'eux a, d'une manière spéciale, servi de conducteur à la marche de l'humanité pendant une période quinquaséculaire. Sans développer particulièrement ce point qui ressortira de tout ce qui va suivre,
p. 33considérons maintenant la période quinquaséculaire en elle-même, c'est-à-dire dans la succession de ses différentes phases. Ces phases sont au nombre de cinq, et leurs époques sont distantes entre elles d'environ un siècle.
Au cours d'une période, un peuple 1° se constitue; 2° préorganise, puis 3° organise ses forces; 4° passe par un maximum de puissance, ou apogée; enfin, 5° décline et traverse une crise de dégradation et de corruption, avant d'atteindre la nouvelle époque de constitution qui termine la période et commence la suivante.
Entre la dégradation et la constitution, on observe aussi une courte période de plus grand éclat, pendant laquelle le peuple résume son acquis, le but de sa mission, et l'épanche brusquement sur l'humanité (on en trouve les exemples chez les Grecs, les Francs et les Français, dont les chefs de plus grand éclat sont Alexandre, Charlemagne et Napoléon).
6. Les époques de constitution ont déjà été indiquées: elles sont les origines de nos périodes millénaires. L'époque actuelle est, d'après cela, une époque de constitution; elle détermine et permet de retrouver immédiatement toutes les autres.
7. Les apogées jalonnent la période quinqua-
p. 34séculaire d'une manière évidente ; ils caractérisent des époques universellement connues et depuis longtemps consacrées par l'histoire ; ils nous permettent de remonter dès maintenant, pour établir la loi de la vie des peuples, plus haut que les Grecs, jusqu'aux Juifs-Israélites-Phéniciens, et aux Égyptiens.
L'apogée de la puissance matérielle de Rome, mesurée par l'extension maximum de l'empire, a lieu sous Vespasien et Trajan. Partons de la date moyenne de leurs règnes, soit + 93, et portons, à partir de cette origine, sur l'échelle chronologique, des intervalles de 518 ans (1036/2 ; c'est la période quinquaséculaire déduite plus haut des époques de constitution) ; nous obtiendrons la série suivante :
— 1461 — 943 — 425 93 611 1129 1647 ;
et ces dates caractérisent suffisamment d'elles-mêmes les apogées :
Egyptien (siècle de Ramsès II) ;
Juif-Israélite-Phénicien (moyenne des règnes de Salomon, Hiram, Ethbaal, — 947) ;
Grec (siècle de Périclès, centre du règne —433) ;
Romain (siècle des Flaviens et des Antonins) ;
Franc (milieu du règne de Clotaire II, qui centralise la puissance organisée par Clovis, 604) ;
p. 35De la Papauté (Innocent III, 1198) ;
Français (siècle de Louis XIV).
8. L'époque d'apogée est précédée, à environ un siècle de distance, par celle d'organisation. Cet intervalle d'un siècle constitue la phase brillante du peuple. La dernière époque d'organisation, celle de la période qui vient de finir, est ce qu'on appelle la Renaissance.
Prenons pour date centrale de cette dernière organisation le milieu, 1520, de la vie de François Ier ; remontant dans le passé par périodes de 518 ans, nous trouverons la série suivante :
1520 1002 484 — 34 — 552 — 1070 ;
et ces époques signalent assez les organisateurs:
François Ier, Sylvestre II et Grégoire VII, Clovis, Auguste, Pisistrate, David.
9. L'époque de dégradation et de corruption suit, au contraire, l'apogée d'environ un siècle. Le dix-huitième siècle français le caractérise de la manière la plus nette. En remontant par périodes de 518 ans, à partir de la date centrale, 1742 (milieu de la vie de Louis XV), on obtient la série :
1742 1224 706 188 — 330 — 848,p. 36
dont il suffit de souligner les termes par les indications suivantes :
Régence, Inquisition, Rois fainéants ; Commode, Dislocation Athalie,
Louis XV ; Dominicains ; Héliogabale, et déchirement Baalisme.
Anarchie de la Grèce,
et corruption
romaines.
10. Les tendances philosophiques subissent une fluctuation périodique en rapport immédiat avec les mouvements précédents. La phase de dégradation et de décadence est celle du matérialisme et de l'empirisme, de la négation et de l'idolâtrie, sous toutes leurs formes.
Les apogées sont spiritualistes : à cet égard il suffit de rappeler, se suivant à cinq siècles de distance, de l'apogée égyptien à l'apogée français, les noms de :
Moïse, Salomon, Socrate, Saint Jean, St Grégoire le Grand, St Bernard, Descartes,
St Colomban, Abeilard. Pascal.
(Newton).
Les époques d'organisation qui préparent les apogées sont comme ceux-ci spiritualistes, mais particulièrement remarquables en ce qu'en outre elles sont celles des grandes impulsions de l'esprit religieux. Pour s'en rendre compte, qu'on rapproche des dates d'organisation les noms de :
Moïse, Samuel, Pythagore, St Jean-Baptiste, Saint Benoit, Sylvestre Luther,
David. Daniel. Clovis, (réformateur). Calvin,
(Képler).
p. 37
Le trait le plus intéressant de ce dernier tableau, au point de vue du problème historique actuel, c'est de démontrer, par une preuve externe, que la Réforme du XVIe siècle est la continuatrice du développement normal de l'idée chrétienne. Luther et Calvin sont les correspondants des organisateurs religieux de toutes les périodes antérieures.
Il est intéressant de rapprocher de cette indication externe relative à la Réforme, une autre indication du même ordre, relative à la nature de la Papauté et qui se tire également de la loi de succession quinquaséculaire des peuples: cette loi assigne chronologiquement sa place à ce dernier pouvoir dans une chaîne de puissances terrestres qui naissent, vivent et meurent.
L'organisation est précédée d'un siècle par la préorganisation. Celle-ci a été caractérisée, dans la dernière période quinquaséculaire, par les conciles de Constance (1414-1418) et de Bâle (1431-1443).
11. Ce qui a été dit, quelque rudimentaire qu'il soit, suffit pour démontrer la réalité de la loi et pour la faire connaître dans ses traits essentiels.
Je n'ai d'ailleurs, à dessein, mis jusqu'ici en œuvre que des données chronologiques rappro-
p. 38chées et universellement admises ; pour vérifier la loi dans un passé plus reculé, il faut s'appuyer sur la chronologie de la Bible. Or, l'établissement de cette chronologie est une partie intégrante de notre sujet. L'étude de notre premier point nous conduit donc d'elle-même à examiner immédiatement le deuxième.
p. [39]CHAPITRE II. — Chronologie littérale de la Bible
Chronologie littérale de la Bible
12. La chronologie du texte hébreu de la Bible ne présente pas d'ambiguïté pour le lecteur qui suit simplement le sens littéral du livre sacré, s'en rapportant à ce livre seul, et faisant abstraction de toute préoccupation systématique relative à son interprétation spirituelle. Voici cette chronologie immédiate ou littérale ; les passages cités permettront d'en vérifier aisément l'exactitude.
CHRONOLOGIE DE LA BIBLE.
[Première solution dans l'ordre de la recherche méthodique (voyez plus loin § 17, Remarque 3), obtenue en additionnant tels quels les laps de temps, donnés dans la Bible en nombres entiers d'années.]
p. 40TABLEAU I.
De la naissance d'Adam au Déluge.
(Gen. V, VII).
Ans.
De la naissance d'Adam à la naissance de Seth . . . . 130
De la naissance précédente à la naissance d'Enos . . . 105
— — de Kenan . . 90
— — de Mahalaléel . . 70
— — de Jéred . . . 65
— — d'Hénoc . . . . 162
— — de Methusela . 65
— — de Lémec . . . 187
— — de Noé . . . . 182
— — de Sem, Cam et
Japhet . . 500
De la naissance de Noé au Déluge . . . . . . . 600
Temps écoulé de la naissance d'Adam au Déluge . . . . 1656
TABLEAU II.
Du Déluge à Abraham.
(Gen. XI).
Ans.
(Gen. XI, 10). Du Déluge à la naissance d'Arphacsad . . 2
De la naissance précédente à la naissance de Sélah . . . 35
— — d'Héber . . . . 30
— — de Peleg . . . 34
— — de Réhu . . . 30
— — de Serug . . . 32
— — de Nacor . . . . 30
— — de Taré . . . 29
— — d'Abraham . . . 70
Temps écoulé du Déluge à la naissance d'Abraham . . . 292
p. 41
TABLEAU III.
Durées des règnes des rois d'Israël et de Juda.
I. Rois, II, 11. David { à Hébron 7 ans { 40 ans.
{ à Jérusalem 33 — {
XI, 32. Salomon . . . . . 40 —
I. Rois Ans. | I. Rois Ans.
XIV, 21 Roboam . . . . 17 | XIV, 20 Jéroboam . . . . 22
XV, 2 Abija. . . . . 3 | XV, 25 Nadab . . . . . 2
XV, 10 Asa . . . . . 41 | XV, 33 Bahasa . . . . 24
XXII, 42 Josaphat. . . 25 | XVI, 8 Ela . . . . . 2
II. Rois. | XVI, 15 Zimri (7 jours) . »
VIII, 17 Joram . . . . 8 | XVI, 23 Omri . . . . 12
VIII, 26 Achazia . . . 1 | XVI, 29 Achab . . . . 22
XI, 3 Athalie . . . 6 | XXII, 52 Achazia . . . 2
XII, 1 Joas. . . . . 40 | II. Rois.
XIV, 2 Amatzia . . . 29 | III, 1 Joram . . . . 12
XV, 2 Hazaria ou Hozias 52 | X, 36 Jéhu . . . . 28
XV, 33 Jotham . . . . 16 | XIII, 1 Joachaz . . . 17
XVI, 2 Achaz . . . . 16 | XIII, 10 Joas . . . . 16
XVIII, 2 Ézéchias . . . 29 | XIV, 23 Jéroboam . . . 41
XXI, 1 Manassé . . . 55 | XV, 8 Zacharie (6 mois) »
XXI, 19 Amon . . . . . 2 | XV, 13 Sallum (1 mois) . »
XXII, 1 Josias . . . . 31 | XV, 17 Menahem . . . 10
XXIII, 31 Joachaz (3 mois) » | XV, 23 Pekachia . . . 2
XXIII, 36 Joakim . . . . 11 | XV, 27 Pekach . . . 20
XXIV, 8 Joakin (3 mois) . » | XVII, 1 Hosée . . . . 9
XXIV, 18 Sédécias . . . 11 | ——
—— | Durée totale des règnes 241
Durée totale des règnes 393 | de Jéroboam à Hosée, 241 ans.
de Roboam à Sédécias, 393 ans.
p. 42
TABLEAU IV.
De l'ère chrétienne à la dispersion des Dix Tribus et à la naissance d'Abraham.
Ans. | Ans. II. Chron., XXXVI, 20-23. De | De l'ère chrétienne à l'édit de l'ère chrétienne à l'édit de | Cyrus . . . . . . . . . 536 Cyrus . . . . . . . . 536 | 70 ans de captivité . . . . . . 70 70 ans de captivité . . . . 70 | Somme des règnes des rois de Somme des règnes des rois de | Juda, de Sédécias à Roboam 393 Juda, de Sédécias à Roboam 393 | Somme des règnes des rois I. Rois, VI, 1. 36 ans dont le | d'Israël, de Hosée à Jéro- 36e est la 5e année du règne | boam . . . . . . . . 241 de Salomon . . . . . 36 | De l'ère chrétienne à la disper- De la fondation du temple à | sion des dix tribus . . . 758 l'exode (l'année de l'exode | non comprise) . . . . 480 | Exode, XII, 40-41. Séjour en | Égypte . . . . . . . 430 | Gen., XLVII, 9. Age de Jacob | à l'arrivée en Égypte . . 130 | Gen., XXV, 26. Age d'Isaac à | la naissance de Jacob . . 60 | Gen., XXI, 5. Age d'Abraham | à la naissance d'Isaac . . 100 |
TABLEAU V.
Dates fondamentales.
Édit de Cyrus (fin de la captivité) . . . . 536 av. J.-C. Commencement de la captivité . . . . . . 606 Dispersion des dix tribus . . . . . . . 758 (= 1516/2) Dernière année du règne de Salomon . . . 1000 Fondation du Temple . . . . . . . 1036 Exode . . . . . . . . . . . . 1516 (= 2 × 758) Commencement du séjour en Égypte; arrivée de Jacob . . . . . . . . . . . 1946 Naissance de Jacob . . . . . . . . 2076 Naissance d'Abraham . . . . . . . 2236 Déluge . . . . . . . . . . . 2528 Naissance d'Adam . . . . . . . . 4184p. 43
Les premiers temps
13. Comment cette chronologie s'accorde-t-elle avec la loi quinquaséculaire?
Que le lecteur retrace dans sa mémoire l'antique tableau des premiers temps. Il verra quelques noms et quelques époques fondamentales se détacher dans l'espace de trois mille ans qui s'étend d'Adam à Salomon; il suffit à cet égard de lui rappeler:
1. Adam-Seth; 2. Noé-Sem; 3. Abraham-Jacob; 4. Moïse-Josué.
Or, ces groupes non seulement: 1° jalonnent des intervalles de cinq siècles, mais encore 2° occupent chacun un de ces espaces d'un siècle qui constituent les phases brillantes des périodes historiques de Brück, et qui s'étendent, dans chaque période, de l'organisation à l'apogée.
Adam, Noé, Abraham, Moïse, qui personnifient, dans ces premiers temps, les grands mouvements de l'inspiration religieuse, jalonnent précisément la suite de ces époques d'organisation auxquelles précédemment déjà nous avions reconnu ce caractère religieux, époques dont la dernière est si vigoureusement mise en évidence par la Réforme du XVIe siècle. On a, en effet:
p. 44 Différences.
—
Adam (naissance) . . . . . . . − 4184
1056 = 2 × 528
Noé (naissance) . . . . . . . . − 3128
500
Noé (construction de l'arche) . . . ⎫
⎬ − 2628
Sem (naissance) . . . . . . . ⎭
491
Abraham (vocation) . . . . . . ⎫
⎬ − 2137
Isaac (naissance) . . . . . . ⎭
581
Moïse (sort d'Égypte, commencement
de sa mission) . . . . . . . . − 1556 ;
et ces époques ont pour correspondantes, par l'addition des multiples entiers de 518 (valeur déjà employée plus haut),
1514
1534
1516
1489
et
1552
dont la moyenne 1521 est la date (1520) que nous avions admise pour l'époque d'organisation de la dernière période (française), époque qui est celle de la Réforme.
Le Déluge, — 2528, a eu lieu à une époque d'apogée, celle des Noachides. Il correspond, en effet, toujours au moyen de notre période de 518 ans, à 1616, qui dépasse d'un siècle l'époque d'organisation, 1520 (1647 était la date antérieurement admise par nous pour l'apogée français; le nombre de Brück est 1631).
p. 45La construction de l'arche, qui dure un siècle, occupe donc précisément, dans la période — 2792 à — 2274, la phase brillante d'un siècle, qui s'étend de l'organisation à l'apogée.
Une observation plus remarquable peut-être se trouve dans le fait que la dispersion (Tour de Babel) (Gen. X, 25 et XI) coïncide précisément avec la phase de décadence de cette même période (c'est-à-dire avec la plus funeste des phases de la période historique), celle dans laquelle l'impiété et la corruption sont portées à leur comble. En effet, la date de la phase de ce genre qui suit le Déluge est, par la correspondance avec 1742 (et en employant encore toujours, ce qui nous suffit ici, notre valeur approchée 518),
1742 — 8 × 518 = — 2402.
Or, la Bible place la dispersion durant la vie de Péleg, vie qui s'étend de — 2427 à — 2188 et qui comprend effectivement la date — 2402.
La formation des nations qui suit la dislocation de Babel a, dès lors, justement pour époque une époque de constitution: c'est — 2274; elle correspond à celle que nous-mêmes venons de traverser.
14. La période historique quinquaséculaire
p. 46est, d'une manière non moins nette, liée à toute la chronologie de l'avenir, telle qu'elle est contenue dans le Livre de Daniel et dans l'Apocalypse; mais comme le symbolisme de la pyramide, qui reproduit cette chronologie, la détermine en supprimant toute ambiguïté et fait connaître la valeur exacte de la période de Brück, la combinaison des deux premiers éléments du problème conduit nécessairement ici à l'examen immédiat du troisième; son étude va synthétiser tout l'ensemble de la solution.
CHAPITRE III. — Chronologie et symbolisme de la Grande Pyramide
État de la question
15. Ce premier paragraphe sera consacré à un aperçu très bref de l'état de la question au moment où la reprend le travail actuel. D'ailleurs, cet aperçu se restreindra, autant qu'il est possible, aux seules données dont la considération intervient dans ce travail.
La pyramide est à base carrée, les côtés dirigés vers les points cardinaux; elle possédait primitivement un revêtement qui lui donnait la surface unie du solide géométrique; ce revêtement est tombé, et ses débris jonchent les abords du monument.
L'intérieur comprend un système de passages et de chambres (fig. I) dont le plan vertical moyen est méridien et un peu dévié à l'est du plan méridien médian de l'édifice (le plan méridien du sommet).
Les anciens n'ont jamais connu que le passage descendant ACB et la chambre souterraine S.
Lors d'une tentative faite par le calife Al p. 48 Mamoun, en 820, pour pénétrer dans le monument (dont l'entrée A, au nord, avait été obstruée) en creusant une galerie dans la masse de la maçonnerie, la chute d'une pierre qui scellait l'entrée T du passage ascendant TO (prenant ouverture dans le plafond du passage descendant), révéla l'existence de ce nouveau passage.
TO se continue par la grande galerie ODEFG, revêtue sur chacune de ses deux faces est et ouest de sept parements (voyez, fig. III, la grande galerie Oa).
Le passage descendant, le passage ascendant et la grande galerie ont un angle de pente de 26°18'.
Cette grande galerie, dont le sol se termine au sud par une marche d'escalier ou grand degré FG (fig. I) (ABD sur la fig. III), aboutit aux chambres H et R, qu'on appelle
H, l'antichambre,
R, la chambre du roi.
Sur le sol de la chambre du roi est placé un coffre ouvert, en granit, K.
Enfin, au-dessus de la chambre du roi se trouvent cinq réduits (1, 2, 3, 4, 5, fig. I; voyez aussi fig. III) nommés chambres de construction. La plus inférieure (le n° 1) est la chambre de
p. 49Davison, à laquelle on arrive par le passage de Davison, EI (prenant ouverture à la partie supérieure E de la grande galerie); cette chambre et ce passage portent le nom d'un consul anglais qui les a découverts au XVIIIe siècle.
Le colonel Howard Vyse a découvert les quatre autres chambres en 1837 (en creusant une galerie latérale dans la maçonnerie).
Ce qui attire ensuite l'attention est un passage horizontal prenant origine au point O, extrémité nord de la grande galerie, et qui conduit à une chambre M (fig. I; voyez aussi la fig. IV), appelée chambre de la reine; l'axe de cette chambre est dans un même plan vertical est-ouest avec le sommet L de la pyramide et la face FG (fig. I), ou BA (fig. IV), du grand degré, et on y remarque une niche FZ (fig. IV), creusée dans le mur oriental.
Enfin, un conduit ou puits, ONP, prend ouverture en O, à droite de l'observateur qui gravit la pente OG, et aboutit à son extrémité inférieure P dans le passage descendant AB. N est une cavité ou grotte située à la même altitude que les points TC.
Ceci posé, voici quelques-uns des résultats remarquables que les mesures les plus exactes ont mis en évidence quant au symbolisme scien-
p. 50tifique de l'édifice. J'indiquerai particulièrement ceux qui se rapportent aux grandes lignes extérieures; d'autres, non moins décisifs, sont déduits de la mesure des chambres et des passages intérieurs, mais leur mention exigerait une description trop minutieuse pour trouver place ici (1).
L'unité de longueur est soit le pouce pyramidal, soit la coudée pyramidale de 25 pouces; c'est-à-dire respectivement, soit 1/500 000 000 du diamètre polaire de la terre (2), soit 1/10 000 000 du rayon polaire. D'ailleurs, le p. pyr. vaut à très près le pouce anglais; 1 p. p. = 1,001 p. a., et 1 coud. pyr. = 1 c. p. = 25,025 p. a.
1° Le périmètre de la base en p. p., divisé par 100, égale le nombre de jours moyens de l'année.
(1) On trouvera tous les détails relatifs à ce qui suit dans l'ouvrage de M. Piazzi Smyth: Our inheritance in the Great Pyramid, 1 vol. in-8°, xx-452 pages, 25 planches. Londres, 5e édition, 1890.
(2) Le système métrique de la pyramide n'est autre que celui que proposait, en 1869, Sir John Herschel (son geometrical inch = 1/500 000 000 of the length of the earth's axis, c'est le pyramid inch de M. P. Smyth). Herschel élevait une critique très juste contre le caractère irrationnel du mètre. C'est l'axe de rotation, ligne droite, diamètre commun à tous les méridiens, qui doit fournir l'unité de longueur sur la terre. « The metric idea was not a blunder only, it was a sin against geometrical simplicity. »
p. 51La longueur du côté de la base est en effet, d'après cela, 9131,05 p. p. (4 × 9131,05/100 = 365,242); or, les mesures varient de 9110 à 9163 p. a., et leur moyenne se trouve être 9130,4 p. p. C'est la presque identité du p. a. et du p. p. qui a fait découvrir cette relation.
2° La hauteur de la pyramide est le rayon d'une circonférence égale au périmètre de la base carrée.
Cela revient à dire que l'inclinaison des faces de la pyramide sur l'horizon a pour tangente 4/π ou que cette inclinaison égale 51° 51' 14", 3. Or, toutes les déterminations de l'angle observé varient de 51° 50' à 51° 52'.
La hauteur de la pyramide correspondante à l'angle 51° 51' 14", 3, pour la base 9131,05 p. p., est de 5813,01 p. p.
3° La base représentant l'orbite de la terre (d'après 1°), la hauteur, le rayon du cercle du même périmètre, il faut, dans le symbolisme, que la hauteur représente la distance du soleil à la terre (le soleil, placé au sommet de la pyramide, centre du monde, rayonnant alors, par les quatre faces, sur tout le pourtour de l'orbite terrestre).
Or, effectivement, la distance du soleil à la terre est égale à mille millions de fois la hauteur de la pyramide.
p. 52Le rayon équatorial de la terre est égal à 250 836 007 p. p.; une valeur du rayon vecteur de l'orbite, égale à 5813,01 × 1 000 000 000, donne pour la parallaxe du soleil l'angle 8", 904, de l'ordre, quant au 1/100, des meilleures déterminations de cette parallaxe.
4° Le plan de base de la pyramide représente le plan de l'écliptique; le périmètre du carré, l'orbite terrestre.
L'intersection de l'équateur et de l'écliptique fait donc le tour de l'horizon dans le plan de base pendant la durée de la précession des équinoxes.
La représentation symbolique de la révolution de l'équinoxe par le système des deux diagonales du carré est donc une idée naturelle. Il est dès lors naturel aussi que les longueurs des diagonales représentent la durée de cette révolution. Or, c'est ce qui a lieu.
La somme des diagonales, en p. p., est égale, en années, à la durée de la révolution des équinoxes.
Cette somme vaut en effet 25 827, nombre compris parmi les meilleures déterminations (Laplace 25 816, Bessel 25 868, Nyrén 25 824). (Il n'y a pas lieu de discuter ici les variations qu'introduisent les époques).
5° Le poids de la terre est égal à mille millions de millions de fois celui de la pyramide.
p. 53L'unité de poids est indifférente. En prenant pour unité la tonne pyramidale (1), on a, en effet:
Poids de la terre = 5 273 000 000 000 000 000 000 et Poids de la pyramide = 5 273 834
6° De même que l'extérieur de la pyramide a particulièrement rapport aux mouvements astronomiques de la terre, l'intérieur (caractérisé par la chambre centrale dite chambre du roi, où se trouve le coffre de granit, étalon de mesure) fait connaître plus particulièrement les données relatives au globe terrestre pris en lui-même. Le poids de la pyramide mesurait déjà le poids de la terre; sa densité, donnée séparément par les mesures de la chambre centrale et du coffre, est 5,5 à 5,7, c'est-à-dire concorde avec les valeurs déduites jusqu'ici de la théorie de l'attraction; l'unité de longueur, la coudée pyramidale, empruntée au globe et qui sert à toutes les mesures, se trouve donnée matériellement en vraie grandeur (par l'excentricité de l'axe FZ de la Niche, fig. IV), et non plus par les seules déductions du calcul.
(1) Poids d'un volume d'eau égal à celui du coffre de granit qui se trouve à l'intérieur de la chambre du roi.
p. 547° L'orientation des passages détermine, par un calcul astronomique, la date de la construction du monument. C'est celle à laquelle le méridien de la pyramide passait en même temps sur α Draconis, étoile polaire, au nord, et sur les Pléiades au sud.
Cette date est — 2170, d'après le calcul de M. P. Smyth, en 1866, dans Life and Work. La circonstance astronomique qui vient d'être rappelée est remarquable; mais elle le devient spécialement, en indiquant pour la construction une époque intentionnelle, par le fait qu'en même temps que α Draconis et les Pléiades se trouvaient dans le méridien, le point équinoxial s'y trouvait aussi; ce fait ne peut plus se reproduire avant les 26,000 ans écoulés de la révolution de l'équinoxe.
8° Le rapprochement entre la métrologie de la grande pyramide et celle de la Bible repose sur la donnée fondamentale suivante:
La coudée pyramidale n'est pas la coudée égyptienne; celle-ci n'est que les 4/5 de la première. La coudée pyramidale se trouve n'être autre chose que la coudée sacrée des Hébreux, telle qu'elle a été déterminée, il y a deux siècles, par Newton.
Cela étant, il peut vraisemblablement exister
p. 55des rapports entre les données métriques de la Bible et celles de la pyramide, données qui sont caractérisées de part et d'autre par les multiples de 5 et de 10.
Or, ces relations existent; elles sont immédiates et simples. Elles établissent, par l'intermédiaire de la pyramide, que les données métriques de la Bible, du déluge à la construction du temple, bien loin d'être arbitraires, sont fondées sur une connaissance approfondie des constantes de la physique terrestre.
On a les théorèmes suivants:
Le volume de l'arche de Noé est égal à 100,000 fois le volume du coffre de granit.
Le poids de l'arche de Noé est (par le tirant d'eau, Gen. VII, 20) égal à 1/100 de celui de la pyramide ou à 1/1017 de celui de la Terre.
Le volume de l'arche d'Alliance est égal à celui du coffre.
Le volume de la mer d'Airain du temple de Salomon est égal à 50 fois celui du coffre.
9° Des liens aussi intimes rendent enfin vraisemblable la supposition que même le caractère prophétique de la Bible se retrouvera dans la pyramide. Or, si l'on considère comme un diagramme dont l'ordonnée est fonction du temps (compté sur le sol même des passages), le
p. 56système fort simple des passages intérieurs descendant et ascendant, tracé dans un plan méridien, à raison de 1 pouce pyramidal par année il symbolise, d'une manière à première vue d'accord avec la chronologie du texte hébreu, la dispensation mosaïque et chrétienne.
Le passage descendant AB (fig. I) qui aboutit à la chambre souterraine ou sépulcre S, symbolise la chute continue de l'humanité, le facilis descensus Averni. Mais en T s'ouvre le passage ascendant TO, à l'époque de la révélation de la Loi mosaïque, première alliance (Testament) avec un peuple élu. L'échelle chronologique ACB devient ACO. O, commencement de la grande galerie, signale l'alliance de grâce, réalisée par la naissance du Christ. Elle marque l'ère chrétienne sur l'échelle chronologique.
Le puits, PNO, dont le centre de l'orifice (en O) coïncide alors avec la mort du Sauveur, symbolise la voie du salut pour ceux qu'elle ramène des ténèbres inférieures P et de la perdition définitive S.
Admettons provisoirement cette première vue d'ensemble. Si la suite des passages forme réellement échelle chronologique, le constructeur n'a-t-il pas dû indiquer sur cette échelle, par un signe caractéristique particulier, la date de la
p. 57construction? L'objection a été faite en 1872. Or, en 1865, M. P. Smyth avait observé et décrit, dans son premier ouvrage, deux lignes tracées avec un soin extrême sur les deux parois latérales du passage descendant (point V, fig. I), se faisant face l'une à l'autre et uniques dans toute l'étendue du passage; mais ne leur soupçonnant, à cette époque, aucune signification remarquable, il avait négligé de noter leur position exacte. En 1872, sur sa demande, mais d'ailleurs non prévenus de la nature de l'objet poursuivi, M. Waynman Dixon, ingénieur alors occupé de travaux sur le Nil, et le Dr Grant, du Caire, mesurent exactement cette position. Renseignements transmis, calculs faits (1), l'une des lignes donne sur l'échelle chronologique — 2170,4, et l'autre — 2170,5. Or, la date de la construction, calculée astronomiquement six ans auparavant, par le passage de α Draconis et des Pléiades, est — 2170 (c'est le point V, fig. I, OC + CV = 2170. D'après les nombres de M. Fl. Petrie, on aurait OC + CV = 2173; étant donnée l'erreur possible du calcul astronomique, la différence n'a ici aucune importance).
À cette vérification numérique très nette est
(1) Donnés in extenso dans Our inheritance, 4e édition.
p. 58venue depuis s'en adjoindre une autre du même ordre. Quand l'échelle chronologique, après avoir remonté la Grande Galerie (fig. III), a atteint en A le pied du Grand Degré, on peut concevoir soit qu'elle continue dans la même direction jusqu'en W, c'est-à-dire jusqu'à son intersection avec la paroi sud de la Grande Galerie, soit qu'elle contourne le Grand Degré en ABD, pour aller rencontrer cette même paroi en D. Dans l'ordre des idées que nous étudions, un événement remarquable, ayant rapport à la dispensation chrétienne (dispensation qui commence en O), était donc attendu tout d'abord en W (OW = 1881,76), c'est-à-dire dans le courant de l'année 1882. Or, un semblable événement s'est effectivement présenté: c'est l'établissement de la domination anglaise en Égypte. Le lecteur aurait tort ici de précipiter un jugement qui serait une critique.
Si l'événement dont il s'agit a pu, à son apparition, passer pour un simple accident politique, il a acquis depuis dix ans, par sa persistance, une portée qui s'impose, et on peut tout au moins le signaler comme le trait le plus caractéristique d'un phénomène général auquel nous assistons: le retour de la civilisation chrétienne vers l'Orient prophétique.
p. 59Dans le point de vue de la loi de Brück, son importance grandit singulièrement déjà, puisque la puissance qui y manifeste son action est précisément celle qui vient de se constituer pour accomplir son terme de domination comme peuple chef; mais il puise une signification profonde dans un fait particulier dont l'étude actuelle démontrera au lecteur (à qui il faut de nouveau demander de savoir attendre et de rejeter tout préjugé), l'indéniable réalité; ce fait, en quelque sorte la raison cachée jusqu'ici de toute l'histoire, c'est qu'il existe une relation de descendance entre les Anglo-Saxons et les Dix Tribus d'Israël, tribus dont la trace s'est perdue peu après leur dispersion (— 758, d'après notre chronologie littérale), et dont la destinée, en dépit des recherches nombreuses dont elle a été l'objet, est demeurée une énigme historique.
À cet égard, il est digne de remarque que, depuis une quinzaine d'années, soit vers 1875, un mouvement d'idées, indépendant dans son origine de toute considération relative à la pyramide, mais essentiellement appuyé sur la Bible, a pris naissance en Angleterre pour affirmer la descendance dont il s'agit; ce que le symbolisme historique et la chronologie de l'antique monument, d'accord avec la Bible,
p. 60mettront hors de doute dans ce travail, trouve donc une étonnante vérification dans l'espèce de révélation dont antérieurement déjà la conscience nationale du peuple anglais avait été l'objet (1).
En résumé, l'existence d'une échelle chronologique dans la pyramide a reçu deux vérifications numériques, savoir: l'indication intentionnelle de la date de construction, déjà antérieurement calculée, — 2170; et l'arrivée effective, prévue d'avance, d'un événement remarquable, en rapport avec la dispensation chrétienne, pour l'année 1882. Il importe d'ajouter que la désignation directe d'un lien entre l'Angleterre et Israël y a été également aperçue. Cette manière de voir repose sur les faits suivants:
(1) Voyez, à cet égard, The Banner of Israel, a Weekly Journal advocating the identity of the british nation with the Lost ten tribes of Israel. Vol. XIV, 1890, London. D'ailleurs, ce n'est pas seulement d'Israël qu'il doit être ici question; depuis longtemps, des faits beaucoup plus décisifs même que ceux qu'ont fait valoir jusqu'ici les défenseurs de la descendance israélite, faits qui forment d'ailleurs système avec ceux-là, ont été mis en évidence pour prouver l'existence chez les Anglo-Saxons d'une descendance de la maison royale de Juda. Voyez là-dessus le livre très remarquable de Glover, England the remnant of Juda and the Israel of Ephraïm, by F. R. A., Glover M. A. 2e édit. 1881, London.
p. 611° Le pouce anglais et le pouce pyramidal sont pratiquement identiques: le second est égal au premier multiplié par 1,001;
2° Les côtés du Grand Degré (ABD, fig. III; ABX, fig. IV), Degré qui s'appuie en quelque sorte sur la date W (1882) (fig. III), sont formés par la combinaison des unités de mesure hébraïque et anglaise, savoir la coudée sacrée et le yard.
La face verticale BA (fig. III) a une hauteur de un yard; la face horizontale BD, une longueur égale à la somme du yard et de la coudée sacrée, et (voyez la fig. IV) le prolongement de la rampe Y de la Grande Galerie vient marquer cette subdivision sur la face horizontale; on a, en effet (fig. IV), en pouces pyramidaux, AB = 36 (le yard), BE = 25 (la coudée) et EX = 36 (le yard).
Le paragraphe actuel résume l'état de la question. À part les données que je viens de signaler, tout est à découvrir dans le système symbolique et chronologique de la pyramide. On ne connaît ni le symbolisme, ni la chronologie de toute la suite des chambres et des passages supérieurs (antichambre, chambre du Roi, chambres de construction), ni le symbolisme, ni la chronologie du passage horizontal et de la chambre de la Reine; ni le symbolisme exact,
p. 62ni la chronologie du passage descendant et de la chambre souterraine (1). Le lecteur peut apprécier d'après cela l'étendue du champ qu'il reste à parcourir.
Pratiquement, notre travail va consister dans une comparaison continue de la Bible et de la pyramide. La loi de l'histoire sera la clef de chacune d'elles et les éclairera l'une par l'autre.
En ce qui concerne la pyramide, les éléments nécessaires pour suivre nos déductions viennent d'être donnés; en ce qui concerne la Bible, il est permis de supposer sa connaissance aussi familière au lecteur que celle même de l'histoire générale.
16. La comparaison de la chronologie de la Bible et de celle de la pyramide doit se faire successivement, à partir de l'ère chrétienne, dans le passé et vers l'avenir.
A. Chronologie du passé (traits fondamentaux).
17. D'après la chronologie littérale de la Bible (§ 12, tableau V), le Déluge a eu lieu en 2528 et
(1) La chronologie de la Bible a été jusqu'ici tellement soumise à l'influence des interprétations et des hypothèses, que l'entrée du passage descendant (entrée de la pyramide) est considérée par M. P. Smyth comme datant de la Dispersion des nations, et qu'elle l'est par d'autres comme indiquant l'époque du Déluge.
p. 63l'Exode en 1516. Or, sur l'échelle chronologique de la pyramide, l'Entrée du passage descendant indique 2528 ou, d'après les nombres de M. Fl. Petrie, 2530, 95 ; et l'intersection de l'axe de ce passage (fig. II) et du sol prolongé du Passage ascendant est, d'après les nombres de M. Piazzi Smyth,
1482,7 + 1542,4
----------------- = 1512,5 (année 1513) ;
2
d'après ceux de M. Fl. Petrie,
1485,8 + 1545,5
----------------- = 1515,7 (année 1516).
2
Première remarque. — Il ne peut plus rester d'hésitation, d'après cela, quant au choix entre les deux hypothèses possibles relatives à la signification de l'entrée du passage descendant. C'est le Déluge et non la Dispersion des peuples qu'elle indique. Ainsi la chronologie de la pyramide comprend toute l'histoire de l'humanité postdiluvienne.
Deuxième remarque. — Le séjour de Moïse au désert commence (fig. II) en B1, dix ans avant A, et finit en B' dix ans après A'. Le « Sinaï », dans la Bible, a exactement pour époque le milieu de ce séjour de Moïse au désert.
p. 64Remarque sur la concordance des nombres
Dans la pyramide, B1SB' (ou BSB', AB = AB1) est centré sur AA' et forme système avec cette ligne caractéristique.
Moïse est d'abord au désert pendant BA + AS ; puis le peuple tout entier est au désert pendant SA' + A'B'.
Moïse a 50 ans en A ; 100 + 10 en A'.
Troisième remarque. — Observation générale concernant la concordance des nombres.
Le nombre donné par M. Fl. Petrie est, pour l'Exode, exactement en concordance avec la Bible ; celui de M. P. Smyth diffère de trois unités. Nous vérifierons surabondamment plus loin que c'est le premier nombre qui s'accorde le mieux avec tout l'ensemble des mesures. Mais, pour apprécier la valeur de semblables coïncidences, il importe de nettement définir le point de vue scientifique de la question.
La chronologie de la Bible a été établie à la lettre, c'est-à-dire en additionnant purement et simplement les intervalles de temps qu'elle indique. C'était la voie naturelle immédiate ; elle constitue la première solution à adopter dans un procédé méthodique. Mais cette solution implique un élément d'incertitude :
1° Parce que, dans ses computations, la chro-
p. 65nologie biblique procède, en général, par nombres entiers d'années ;2° Parce que, dès lors, on ne peut immédiatement décider si deux laps de temps consécutifs ont ou n'ont pas une même année commune.
Ainsi donc, non parce que les indications sont inexactes, mais bien parce qu'elles ne sont pas toujours suffisantes, on sait a priori que les données de la chronologie biblique, obtenues par la première solution, ne sont pas nécessairement d'une exactitude mathématique. Ici, comme dans toute étude scientifique, c'est quand la première solution aura mis en évidence une loi du phénomène, que cette loi, alors connue, servira à déterminer les termes de correction de cette première solution ; c'est-à-dire, dans le cas actuel, qu'elle fera connaître des fractions d'année qu'on a négligées, ou des erreurs résidant dans la superposition des fins et des commencements de différentes périodes.
C'est là un problème de second ordre.
Pour le moment, nous avons à mettre en œuvre la première solution ; or, on verra qu'elle sert de preuve éclatante à l'admirable exactitude de la chronologie biblique ; car, même avec ce mode rudimentaire d'additionner des nombres entiers d'années, la partie flottante des commen- p. 66cements et des fins de période ne comprend, sur des espaces de plusieurs milliers d'années, que 1, 2 ou 3 unités tout au plus. On peut également observer ici que la Bible fait usage de plusieurs unités de temps d'ordre différents, temps, mois, jour, etc., comme pour plier la précision à la nature des objets. On ne mesure pas au millimètre la distance de deux villes ; on la donne en lieues, et mathématiquement inexacte elle est juste en lieues. De même, en milliers d'années, 3001 font 3 ; cela est mathématiquement inexact, mais juste en milliers d'années, qui conviennent à la mesure. D'ailleurs, l'exactitude de nos vérifications sera telle qu'elle dispensait presque de faire remarquer tout ceci.
Parmi les traits fondamentaux de la chronologie du passé, il conviendrait peut-être de mentionner encore spécialement la date de la dispersion des Dix Tribus d'Israël ; mais comme j'aurai à en parler en étudiant la chambre de la Reine, avec laquelle cet événement est dans une étroite relation, et que cette étude se rapporte à la chronologie de l'avenir, j'aborderai immédiatement cette seconde partie de mon sujet.
B. Chronologie de l'avenir
a) La loi de Brück symbolisée. Chambre du Roi.
18. La Grande Galerie (fig. III) conduit de p. 67son extrémité nord O jusqu'au pied A du Grand Degré ABD, A étant distant de O de 1813,7 ; ensuite, sur la table horizontale BT, se succèdent :
Le Premier passage bas, DF ;
L'Antichambre, FK ;
Le Second passage bas, KP ;
Enfin, la Chambre du Roi, PT, au fond de laquelle s'arrête l'échelle chronologique OABDT.
Conformément à ce qu'on a dit précédemment, si la pyramide symbolise par ses caractères extérieurs les mouvements astronomiques de la terre, la chambre du Roi résume la science de la terre prise en elle-même, comme unité organisée, c'est-à-dire la physique du globe.
19. De même que les diagonales horizontales de la base de la pyramide représentaient, en l'exprimant par sa durée, le mouvement de révolution de l'équateur, ou la précession des équinoxes, de même les diagonales de la chambre du Roi représentent, et expriment par sa durée, le mouvement autour de l'axe des pôles du méridien quinquaséculaire (1) de la période de Brück.
(1) Méridien figuratif qui, on peut l'affirmer a priori et en se fondant sur l'existence même de la loi, répond à une réalité physique propre à l'organisation du globe.
p. 68Une diagonale de la chambre du Roi est égale à la période quinquaséculaire de Brück ;
La somme des deux diagonales égale la durée de la vie d'un peuple.
En effet, on a :
Diagonale de la chambre du Roi = 515, 165 ;
Somme des diagonales = 1030, 330.
(Les nombres de Brück étaient 516 et 1032.)
En outre, le sol rectangulaire de la Chambre se décompose en deux rectangles identiques, dont les périmètres (qui expriment évidemment très bien des rotations ou révolutions autour de l'axe vertical) sont chacun égal à
2 (412,132 + 103,033) = 2 × 515,165 = 1030,33
Remarque. — Au sujet de la fraction qui accompagne le nombre 515, il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que, dans l'usage chronologique, l'an zéro n'existant pas, l'existence de cette fraction conduit à rapporter, avec Brück, à l'an 516 un événement arrivé 515,165 après l'ère de la période. Le symbolisme implique, en même temps que le laps de temps 515,165, la durée de 516 ans prise dans l'usage vulgaire de la supputation chronologique.
20. Le mouvement du méridien de précession est figuré de la manière la plus remarquable par p. 69une surélévation de 5 pouces, propre au sol qui supporte le système des deux diagonales : les parois de la chambre du Roi sont formées de cinq parements horizontaux de granit (représentés fig. III), d'égale largeur verticale ; mais le parement inférieur descend de 5 pouces sous le sol de la chambre (comme cela est indiqué en TT′).
Cette surélévation du sol représente très bien une cause dont l'effet est de déplacer l'origine de l'ondulation périodique dont les diagonales sont le symbole. Le temps que le méridien quinquaséculaire met à revenir au méridien de précession est égal à 515,165, augmenté du déplacement de 5 pouces en précession, c'est-à-dire égal à 520,165.
C'est l'intervalle entre les apogées des peuples chefs successifs, fixé par Brück à 520 ans.
Remarque. — Ce qui a été dit plus haut (§ 19, Remarque) au sujet du nombre 515,165, nombre qui, dans l'usage chronologique, conduit à compter l'an 516, doit être répété ici. Le nombre 520,165 introduit la considération d'une période chronologique de 521 ans.
21. Non seulement les cinq phases de la période quinquaséculaire sont, comme on va le voir, symbolisées, mais elles se trouvent, sur p. 70l'échelle chronologique de la pyramide, précisément aux époques déterminées par Brück.
D'après Brück, l'époque actuelle, époque de constitution, commence la période quinquaséculaire de l'Angleterre comme peuple chef, et la date 1870 s'est présentée d'elle-même à nous comme caractéristique de l'établissement du nouvel état d'équilibre politique.
Or, le Grand Degré ABD (fig. III), que déjà nous avons reconnu se rapporter d'une manière symbolique à l'Angleterre (par ses dimensions), occupe à première vue précisément l'époque actuelle ; d'ailleurs rien ne symbolise mieux une constitution qu'un socle tel que ce grand degré. Il commence la table horizontale BT, et cette table, qui couronne toute la suite des passages (voyez fig. I), représente la période de domination de la Grande-Bretagne comme peuple chef.
Il faut évidemment prendre pour point central du socle de constitution ABD, son centre de gravité G. Or, G se projette sur l'échelle chronologique en C, c'est-à-dire en
61
1813,7 + 36 + --- = 1870,033.
3
L'extrémité T de la chambre du Roi est à une distance du commencement O de la Grande Galerie égale à 2385,726.
p. 71La distance horizontale de G à T est donc
2385,726 − 1870,033 = 515,693 ;
c'est une période historique de Brück, ou une diagonale de la chambre du Roi.
Mais la table GT se compose de cinq parties distinctes, I, II, III, IV, V, ou BD, DF, FK, KP, PT, dont les centres G, E, H, M, R sont aux distances (de l'origine O) :
G E H M R 1870,033 1936,950 2021,33 2129,56 2282,693.
La première de ces dates, 1870,033, est l'époque de constitution connue.
En retranchant de E, H, M, R, une période de 520,165, pour trouver les époques analogues chez le peuple chef précédent (France) on obtient
1416,785 1501,165 1609,395 1762,528
Or, ce sont là les quatre époques de préorganisation, d'organisation, d'apogée et de décadence de ce peuple chef précédent.
Il en résulte que le Grand Degré I, le Premier passage II, l'Antichambre III, le Deuxième passage IV et la chambre du Roi V indiquent les cinq phases de la période historique. (On p. 72verra plus loin que le fait que la chambre du Roi coïncide avec une époque de décadence et de corruption est un des traits les plus remarquables du symbolisme.)
Approfondis, les faits deviennent encore plus précis. Les dates 1501, 1609, commencent historiquement les phases d'organisation et d'apogée. Brück donne pour ces commencements 1509 et 1610. On peut donc supposer que les quarts HI, MN des espaces FK, KP représentent les laps de temps qui servent à amener la puissance de ces phases à son maximum. Mais ceci a une vérification : car, si la supposition est vraie, comme le Déluge, — 2528, est, on l'a vu, la date critique d'un apogée, il faut qu'il y ait de N au Déluge, ou à l'entrée, — 2528 à — 2531, du Passage descendant, un nombre entier de périodes de 520,165.
N marque
2129,56 + 25,05 = 2154,61
Or, effectivement,
2154,61 — 9 × 520,165 = — 2527.
Alors la série des nombres donnés par la pyramide pour caractériser les différentes phases de la période devient p. 73
1416,785 (1) 1530,230 1634,445 1762,528 1870,033.
Les dates admises par Brück, dans l'Humanité, étaient
1421 1525 1631 1783 1860 (1).
22. La construction de la pyramide, comme tous les grands faits d'inspiration, appartient à l'époque d'organisation ; elle est ici donnée par le premier quart, point J, de l'antichambre ; en effet,
J = 1963,2 + 29,065 = 1992,265,
et
1992,265 — 8 × 520,165 = — 2169,055
soit le commencement de l'année — 2170, année déjà calculée astronomiquement et explicite- p. 74ment commémorée (§15, 9°) sur l'échelle chronologique de la pyramide.
(1) Brück considère comme caractéristiques de cette époque de préorganisation les conciles de Constance et de Bâle. Le concile de Constance (1414-1418) a pour centre 1416 ; celui de Bâle commence en 1431, c'est-à-dire, par correspondance avec ce qui précède, au troisième quart de la préorganisation, qui est 1430 ; son centre 1431+1443⁄2 = 1437 (correspondant au point Z), est à vingt ans de la date centrale donnée par la pyramide.
(1) Brück écrivait entre 1860 et 1864 (Humanité, t. I, p. 386) : « Nous sommes au centre de l'époque de reconstitution de l'Europe. Ce travail a été commencé au début de la période quadriennale centrale de l'époque (1860) et paraîtra peut-être à la fin de cette période (1864). Dans douze ans la nouvelle Europe doit être fondée ou constituée. » 1860 + 12 = 1872.
Le point S, qui termine le quart RS placé au delà de R, correspond exactement à A, 1813,7 pied du Grand Degré.
Ce pied du Grand Degré appartient encore à la période précédente et il limite ainsi le troisième quart de sa phase de décadence ; on a en effet
S = 2282,693 + 51,5165 = 2334,2095,
et
2334,2095 − 520,165 = 1814,04 (1813,7).
23. On voit, en résumé, que la période de la Grande-Bretagne termine l'histoire de l'humanité commencée au Déluge. Cette histoire est constituée par une suite de dix puissances ou peuples chefs, dont les neuf premiers, (le dernier, qui commence aujourd'hui, aura une fin comme les autres, Dan. XI, 45) sont successivement tombés. Ces puissances sont, avec l'indication du mouvement spiritualiste des phases brillantes de leurs périodes :
Les dix peuples chefs
1. Noachides . . . . . . ⎰ Noé ;
⎱ Sem.
2. Assyriens (1er emp. égypt.) ⎰ Abraham ;
⎱ Jacob.
p. 75
3. Égyptiens . . . . . . ⎰ Moïse ;
⎱ Josué.
4. Juifs-Israélites, Phéniciens. ⎰ Samuel, David ;
⎱ Salomon.
5. Grecs . . . . . ⎰ Pythagore, (Daniel) ;
⎱ Socrate.
6. Romains . . . . . ⎰ Saint Jean-Baptiste ;
⎱ Saint-Jean.
7. Francs . . . . ⎱
⎰ Moyen âge.
8. Papauté . . . . ⎰
9. Français . . . . ⎰ (Luther) Calvin ;
⎱ Descartes, Pascal.
10. Grande-Bretagne . . . ⎰ ?
⎱ ?
b) Chambre de la Reine. La Réforme et les Anglo-Saxons.
24. L'axe vertical de la Chambre est dans le plan médian est-ouest de la pyramide, c'est-à-dire dans le plan est-ouest qui contient le sommet de celle-ci ; avec ce plan coïncide aussi la face AB du Grand Degré (fig. IV) qui commence la période actuelle de l'Angleterre. Il en résulte, dans le symbolisme, que cette Chambre p. 76et ce Grand Degré se rapportent à un objet fondamental de l'histoire de l'humanité.
25. Le Grand Degré et la Chambre de la Reine, tous les deux déterminés par ce plan médian de l'édifice, ont, en outre, un élément spécifique commun : la Coudée sacrée des Hébreux. L'axe FZ de la Niche, précisément distant de l'axe TN de la Chambre d'un intervalle égal à cette coudée, va délimiter sur la face supérieure XB du Degré la coudée BE, au point E où la rampe prolongée YE coupe BX. (EX et BA sont alors l'un et l'autre égaux au yard anglais actuel.)
26. Le Degré, dont la longueur BX, qui commence la table horizontale de la période anglaise, est égale à la somme de la coudée hébraïque et du yard anglais (et d'ailleurs subdivisée en ces deux unités au point E), indique clairement par là que cette période concerne à la fois Israël et l'Angleterre.
27. La Niche, dans la chambre de la Reine, indique non moins clairement, par son excentricité d'une coudée, que la dispensation à laquelle appartient cette Chambre concerne les Israélites.
[Cette dernière supposition s'accorde avec le fait de la division par 7 (voyez § 33) de la dis- p. 77tance OM′, longueur du couloir horizontal qui mène à la Chambre.
Ce nombre caractéristique 7 est reproduit par la longueur de la ligne DO qui masque l'entrée du couloir (couloir que tout indique avoir été scellé primitivement par une pierre). Si à DO, calculée à l'aide de OF = 217,8 et de l'angle DOF = 26°18′, on ajoute 10 × 10 ou 100, on trouve pour résultat 7 × 7 × 7.
On a aussi DO = 3 × 3 × 3 × 3 × 3 et D′O = 3 × 5 × 7. Nous verrons plus loin (§ 85) la signification remarquable de cette disposition].
Mais d'autres traits prouvent que le passage horizontal et la chambre de la Reine se rapportent aussi aux Anglo-Saxons.
Tout d'abord, remarquons que la dernière période historique quinquaséculaire est nettement jalonnée par ses phases sur l'échelle chronologique horizontale de ce passage. Le Petit Degré KL, à 1303,3 (P. S.) ou 1305,7 (Fl. P.), soit 1304,5 ; l'Entrée HM, à 1519,4 (P. S.) ou 1522,83 (Fl. P.), soit 1521,115 ; enfin, l'Axe central NT, à 1622,1 (P. S.) ou 1624,9 (Fl. P.), soit 1623,5, — ou mieux, en appliquant la propriété géométrique que l'axe de la Chambre passe par la face verticale du Grand Degré, et en calculant la distance de NT à O par AO = 1813,7 et AON′ = p. 7826° 18′ 10″, 1625,9, — indiquent respectivement d'une manière nette les époques de constitution, d'organisation, et d'apogée de la période.
D'après la condition que les distances M′ et P′ aient pour moyenne 1625,9 et pour différence la largeur mesurée P′M′ = 205,7225 (moyenne de 205,8 P. S. et 205,645 Fl. P.), on trouve, pour M′, 1523,04 et, pour P′, 1728,76 ; on avait d'ailleurs déjà P′ = 1725 (P. S.) et 1727,7 (Fl. P.). La moyenne des trois valeurs donne P′ = 1727.
28. Mais voici le trait le plus intéressant. L'époque de constitution qui commence la période et de même ses époques d'organisation et d'apogée viennent d'être retrouvées. On peut se demander où et comment sera indiquée l'époque de constitution qui termine cette période et qui commence la période suivante, celle de l'Angleterre. L'échelle horizontale s'arrête au mur sud de la Chambre, vers 1727 (§ 27). Mais l'observateur, arrivé à l'axe vertical de la Chambre, axe qui est celui du monument tout entier, porte naturellement ses regards vers le haut, dans la direction qu'indique la flèche RTR′ de la voûte, et vers le Grand Degré de constitution AB, dont le centre de gravité est 1870.
Dans cette direction, l'échelle NT qui, des pieds de l'observateur, monte vers l'arête de la p. 79voûte, se termine à cette arête ; sa longueur est 244,4 (P. S.) ou 244,855 (Fl. P.), soit 244,627.
Or
1625,9 (centre) + 244,6 = 1870,5
Ainsi T, limite extrême de l'échelle à laquelle conduit le changement de direction vers le Grand Degré, reproduit précisément la date fondamentale de la constitution que ce degré symbolise.
(On remarquera que KL étant égal à 21,16 (P. S.) ou 19,68⁄20,18 (Fl. P.), soit 20,3, c'est-à-dire égal à BC (Grand Degré), si l'on rectifie le pli OKLM l'axe TN ira passer exactement par le centre de gravité G de ce Grand Degré.)
29. Tout ceci enseigne de la manière la plus nette que la dispensation qui commence en (ABX, G) est la continuation de celle qui concerne la Chambre de la Reine.
En examinant de plus près les nombres précédents, on reconnaît que cette dernière dispensation n'est autre chose que la Réforme. D'abord, elle a un caractère religieux puisqu'elle émane de l'origine O de l'ère chrétienne. La variation de niveau KL indique donc vraisemblablement une variation de niveau spirituel. Or, si à K = 1304,5 on ajoute KL = 20,3, qui conduit au point I, déterminant le niveau LP, on trouve 1324,8, c'est-à-dire la naissance de Wiclef (1324), le cons- p. 80tituant de la Réforme. Le centre de la vie de ce constituant, savoir 1324+1384⁄2 = 1354, est justement à une période quinquaséculaire de la constitution actuelle, 1870 ; en effet, 1354 + 515,165 = 1869,165.
M ou M′ = 1521,115 à 1523,04 est un nombre qui parle assez de lui-même. Il signale le moment où l'Église évangélique prend une vie propre, en rompant publiquement et ouvertement avec Rome qui la condamne. En 1520, l'organisateur Luther brûle la bulle du pape ; et celui-ci l'anathématise avec ses adhérents en 1521, l'année même de la traduction de la Bible à la Wartburg.
N ou N′ = 1625,9 explique par son importance la position centrale de la Chambre dans la pyramide, car c'est la date centrale de la fondation en Amérique de la Nouvelle-Angleterre par les colonies libres de puritains. Trois colonies sont fondées en 1620, 1627 et 1630, dates dont la moyenne 1625,7 reproduit le nombre précédent. La première de toutes, la colonie libre de puritains de 1620, initiatrice et fondatrice, est indiquée par la ligne il qui précède IN ;
li = 5,65 et 1625,9 − 5,65 = 1620,25.
Enfin le changement de direction NT conduit à T ; et ce point, comme G, représente la constitution actuelle, 1870, celle du peuple chef qui p. 81caractérise le plus vigoureusement les conséquences du mouvement réformateur.
30. En résumé, le passage horizontal et la chambre de la Reine sont l'histoire d'une dispensation chrétienne ; cette dispensation est la Réforme chez les Anglo-Saxons et l'expansion du christianisme dans le monde sous leur influence (cette expansion est caractérisée par le fait capital de la fondation, par les Puritains, de la Nouvelle-Angleterre, origine des Etats-Unis) (1).
(1) La Niche qui se trouve dans la moitié postérieure de la Chambre, à travers laquelle se prolonge l'échelle chronologique horizontale, niche qui, par son axe, donne l'étalon scientifique fondamental de tout l'édifice, semble être en même temps une démonstration et un mémorial de cette double vérité : 1° que l'esprit rationnel de recherche de la science moderne est un produit de l'Évangile ; 2° que la science du monde extérieur est, dans le plan divin, le moyen d'une compréhension plus vive de la vérité spirituelle. On voit symbolisée, au faîte même de ce mémorial et comme son couronnement, la vie de l'homme de génie, gloire du peuple anglais, qui le premier a fait connaître la mesure de la coudée sacrée. De la face latérale la plus élevée, a, de la Niche, au mur sud, a′, de la Chambre, il y a une distance égale à la vie de Newton et qui, par les dates de la naissance et de la mort, représente cette vie. En effet, a = 1641 et a′ = 1727. De semblables détails sont dans l'ordre du sujet, non pour eux-mêmes, ce qui serait puéril sans doute, mais pour les ordres d'idées qu'ils caractérisent. La Chambre s'étend, dans le sens chronologique horizontal, de manière à comprendre, outre le mouvement religieux proprement dit, le mouvement scientifique qui s'y rattache.
p. 8231. Tout ceci posé, un dernier problème se présente.
Le couloir et la chambre ONT (fig. IV) sont immédiatement continués par la table GT (fig. III). Le premier de ces deux systèmes, aussi bien que le second, concerne les Anglo-Saxons ; mais pourquoi sont-ils, dans le symbolisme, si l'on peut ainsi parler, à la fois réunis et séparés ?
Entre les deux, en effet, il y a une différence : GT est essentiellement en évidence et paraît dans la suite naturelle de l'échelle chronologique OA (fig. III) ; le passage ONT (fig. IV), au contraire, est caché dans le désert de pierre de la pyramide ; il était destiné à rester longtemps inconnu à ceux qui foulaient sous leurs pas le sol SOA, car la pierre DFO en dissimulait l'entrée et, dans ce sol, il n'y avait pas de solution de continuité. Les deux blocs DIA, DFO ou, ce qui revient au même, les deux pierres semblables D'IA, OF'D dérobaient le passage, prolongé jusqu'à l'axe fondamental BAIN où se révèle le changement de direction vers C ; et ainsi le périmètre IAD'O était en quelque sorte le voile qui recouvrait ce conduit caché.
Enlevons ce voile, dont la longueur mesure la durée du mystère, et étendons-le sur l'échelle p. 83chronologique, à partir de la limite A, 1813,7, pied du grand degré de constitution.
On a, par OA = 1813,7 et N'OA = 26° 18′ 10″, AN' = 803,68 ; d'où AI = 803,68 − 46,34 = 757,34. Par conséquent, la durée cherchée est 1813,7 + 757,34 = 2571,04, et son ère est − 757,34, soit l'année − 758. (Point W.)
Or, cette date − 758 est précisément, d'après la chronologie de la Bible (§ 12, tableau V), celle de la dispersion des Dix Tribus d'Israël, et, comme l'indique la pyramide, elles ont, en effet, disparu depuis lors de la scène du monde.
32. La race, objet de la dispensation de la chambre de la Reine, puis de la suite de l'antichambre et de la chambre du Roi, est donc Israël.
Mais nous avons démontré que cette race est aussi la race anglo-saxonne.
Donc, d'après la pyramide, les Anglo-Saxons ne sont autre chose que les descendants des Dix Tribus dispersées de la maison d'Israël.
33. Un fait aussi capital, s'il est exact, méritait une seconde démonstration. Elle existe. On avait remarqué depuis longtemps que les espaces OF, LM (fig. IV) sont chacun, à très peu près, p. 84le 1⁄7 de la longueur OM'. La division de OM' par 7 est donc clairement indiquée ; cela forme une semaine de 7 laps de temps égaux ; si maintenant on se rappelle la manière bien connue de la Bible de compter par périodes de 3 1⁄2 temps, jours, etc., et qu'on prenne la moitié de OM', on trouve pour le laps de temps correspondant, sur lequel, par ce qu'on vient de dire, la Bible attire a priori l'attention, 760,557 à 761,52, c'est-à-dire à très peu près la date de la Dispersion.
Ce résultat pourrait déjà être considéré comme remarquable ; mais la petite correction est indiquée par la pyramide elle-même. De même que le pli KLO rectifié faisait passer l'axe TN exactement par le centre de gravité G de ABX, établissant ainsi la continuité chronologique parfaite, puisque T = 1870 et que G = 1870, de même le déplacement à faire subir à l'axe TN est indiqué par l'excentricité Ii de la ligne il de la Niche, dont l'axe ZE est fixe (BE = 1 coudée).
Or, cette excentricité étant 5,65 (dont la moitié est 2,825), les valeurs corrigées de la durée cherchée deviennent 757,73 à 758,70, c'est-à-dire, comme précédemment, 758.
Enfin, comme pour sceller encore plus indubitablement le fait qu'il s'agit bien là des Israé- p. 85lites, la période entière de 7 temps, dont 758 est la moitié, ou 3 1⁄2 temps, étant portée sur l'échelle chronologique, en OS, indique exactement la sortie d'Égypte de la Bible (— 1516), car 2 × 758 = 1516.
La dispersion des Dix Tribus a donc eu lieu exactement à mi-distance entre la Loi du Sinaï et la naissance du Christ (OW = WS).
(On peut remarquer, en passant, que le commencement de la captivité des Juifs, — 606, est également dans un rapport simple avec la date du Sinaï.
La dispersion d'Israël donne, comme on vient de le voir, 758 = 5⁄10 × 1516 ; la captivité de Juda donne 606 = 4⁄10 × 1516.
La date du Sinaï se trouve aussi liée d'une manière simple à celle de la prédication du Sauveur. De la Loi à l'Évangile il y a trois périodes de Brück ; car 30 + 1516 = 1546 et 3 × 515,165 = 1545,495. C'est la distance qui sépare la phase brillante des Egyptiens de celle des Romains).
Il suit encore de ce qui précède, que la division par 7 de la distance OM', division qui depuis longtemps avait été constatée à première vue, [OF' (= 217,8) et KM' (= 216,1 à 217,1) en sont le premier et le septième termes approchés], a pour objet intentionnel de mettre en évidence la sep- p. 86tième partie de la distance OS, c'est-à-dire
1512,7 1515,7 ------ = 216,1 à ------ = 216,5 (§ 17), dont la 7 7
partie entière 216 est égale à 6 × 6 × 6. Cette observation nous servira plus loin (§ 85).
c) La Prophétie.
34. Les prophéties de la Bible qui doivent nous occuper dans cette étude et dont nous avons à montrer l'accord avec la grande pyramide et la loi de Brück, sont celles qui se traduisent en nombres ; à cet égard, les livres qu'il faut particulièrement examiner sont le Livre de Daniel et l'Apocalypse ou Révélation de saint Jean.
α) Livre de Daniel.
35. La prophétie, d'un bout du livre à l'autre, va toujours s'étendant de plus en plus loin dans l'avenir, jusqu'à atteindre, au chapitre XII, la fin de l'humanité.
36. On trouve tout d'abord, VII, 12, l'indication de la durée déterminée de la vie des peuples, qui est de deux temps (1) ; d'où l'on p. 87conclut, puisque la loi de Brück assigne aussi aux peuples une vie de deux périodes quinquaséculaires, symbolisée encore dans la pyramide par la somme de deux diagonales égales de la chambre du Roi, que ce terme de temps, qui revient si souvent dans Daniel et l'Apocalypse, n'exprime autre chose que la période historique de Brück.
Cette remarque capitale étant faite, il y a d'ailleurs lieu d'observer, quant à la valeur numérique exacte du laps de temps correspondant, que, d'après des résultats antérieurement acquis, cette valeur est :
1° 515,165, ou une diagonale de la chambre du Roi, s'il s'agit de la succession de phases qui affecte un même méridien ;
2° 520,165 s'il s'agit de méridiens différents, c'est-à-dire de la succession de phases qui affecte le méridien mobile entraîné par le mouvement de précession historique ;
3° Par extension, 516 et 521 si, conformément aux remarques faites à la fin des §§ 19, 20, on applique la supputation chronologique vulgaire, en vertu de laquelle 515,165 et 520,165 conduisent à compter historiquement l'an 516 et l'an 521.
37. Le chapitre VIII contient (1-14), avec son p. 88explication (15-25), une prophétie relative aux Mèdes et aux Perses, aux Grecs, enfin (dans le sens immédiat) à la persécution d'Antiochus Epiphane, qui profana le Temple et entra dans le Sanctuaire (11, 12, 13), en — 168. Les 2300 ans du verset 14, qui suivent, et « après lesquels le sanctuaire sera purifié », conduisent à
- 167 + 2300 = 2133.
L'année qui suit ce laps de temps est 2134.
Or, le point α (fig. III), situé à 5 pouces de M, à 45 de P, marque 2134,56.
38. Le chapitre IX contient la prophétie célèbre des 70 semaines. J'y reviendrai plus loin.
39. Le chapitre XII (suite du chapitre XI, lequel conduit jusqu'aux derniers temps) renferme les nombres connus des 3 1⁄2 temps (vers. 7), des 1290 et 1335 ans (11, 12).
Les 3 1⁄2 temps, d'après le § 36, valent, en prenant la valeur du temps qui convient à un même peuple sur un même méridien,
515,165 × 3 ½ = 1803,0775,
et leur limite (α, fig. III) est la même que celle des 2300 ans d'Antiochus Epiphane.
Or, p. 89
2133 - 1803 = 330,
et 330 est la date célèbre à laquelle, Constantin ayant décapité l'Empire, l'évêque de Rome prend virtuellement possession de cette ville (c'est une des époques de constitution de Brück). Les 7 temps dont la considération est impliquée dans celle des 3 1⁄2 temps, qui en forment la moitié, conduiraient à un autre événement caractéristique, savoir l'entrée dans la Terre promise (voyez § 100, A).
(On verra dans la suite, en étudiant le chapitre IX, que cette explication des 3 1⁄2 temps est exacte, mais qu'elle n'est pas complète.)
Quant aux 1290 ans, la suite naturelle du discours (XII, 6, 7, 11, 12,) montre qu'ils ont encore la même limite que les 3 1⁄2 temps. Or, 2133 - 1290 = 843, date du Traité de Verdun. Ce traité, distant de l'époque 330 d'une période quinquaséculaire, partage l'empire de Charlemagne et met l'Europe entre les mains de la papauté.
330 et 843 sont les deux phases d'un même fait. 330 fait « cesser le sacrifice et l'oblation » ; en 843, l'« abomination » (l'idole) est elle-même dans le sanctuaire (Dan. IX, 27, et XII, 11).
Les 1335 conduisent alors à 2133 + 45 = 2178. p. 90
C'est l'entrée P (fig. III) 2179,66 dans la chambre du Roi.
« Heureux celui qui attendra et qui parviendra jusqu'à 1335 jours » (XII, 13).
D'après cela, les deux points caractéristiques α et P (fig. III), c'est-à-dire 2134,56 et 2179,66, sont les deux limites des périodes de Daniel, et leurs origines sont
- 168 (Antiochus),
330 (Abandon de Rome et changement virtuel de pouvoir ; Constantinople fondée.
Le centre du règne de Constantin comme seul
323 + 337
maître de l'Empire, ou ---------, est aussi 330),
2
et
843 (traité de Verdun).
α et P forment système et comprennent les 45 ans de Daniel, différence entre 1335 et 1290 ; de plus, M, milieu du second passage bas (fig. III), distant de P de 50 unités, forme système avec α ; car de même que α correspond à la constitution politique de 330, M correspond à la constitution spirituelle de 325 (concile de Nicée) qui a précédé la première de 5 ans (Mα = 5).
Toute la suite de notre étude va confirmer ces premières données.
β) Apocalypse.
p. 9140. Les chapitres I à III contiennent, par les Lettres aux sept Eglises, l'histoire spirituelle de l'Eglise. Nous ne pourrons les interpréter que par la suite.
41. Les chapitres VI à XX, qui contiennent les révélations relatives à l'histoire de l'humanité, depuis le Déluge, comme on le verra plus loin, jusqu'au dernier jugement, forment le corps de l'ouvrage ; c'est la partie qui doit d'abord nous occuper.
Ces révélations sont de deux espèces, et contenues dans deux Livres :
Celles relatives à l'histoire proprement dite, dans le Livre scellé (V, 1) ;
Celles relatives à l'histoire particulière de l'Eglise, dans le Petit Livre (X, 2).
42. Livre scellé. C'est, par les faits externes, l'histoire de l'humanité. Les époques ou les périodes sont figurées par 7 sceaux, 7 trompettes, 7 coupes.
Les 7 trompettes sont comprises dans le 7e sceau, et les 7 coupes dans la 7e trompette (cf. XI, 15, 18, 19 ; XV, 1, 5, 6 ; XVI, 18, 21). Par là, il est clairement indiqué que ces images repré- p. 92sentent une série d'événements historiques successifs (et non pas, comme on l'a prétendu, les mêmes événements sous des formes différentes).
43. Petit Livre. C'est l'histoire de l'Eglise, soit en ce qui concerne Israël (XI), soit en ce qui concerne l'Eglise proprement dite (XII-XV).
Il est introduit au chapitre X, après la 6e trompette et avant la 7e, ce qui veut dire que les révélations contenues dans le Petit Livre ne seront connues qu'à une époque historique postérieure à l'événement qu'annonce, dans le Livre scellé, la 6e trompette, et antérieure à celui de la 7e. Mais d'ailleurs, ces révélations relatives à l'Eglise, prises en elles-mêmes, se rapportent en grande partie à des événements antérieurs à la 6e trompette.
Dans le Petit Livre sont rapportés et ces événements et ceux qui suivent, jusqu'au point où il rejoint le Livre Scellé, c'est-à-dire à la 7e trompette.
44. Nous développerons ultérieurement avec plus de détail ce plan de l'Apocalypse. Pour le moment, il nous faut chercher dans la pyramide les grands traits du symbolisme correspondant.
p. 9345. Sans nous arrêter longtemps à remarquer que la Grande Galerie (qui commence, on le verra, avec la période des trompettes) rappelle, par ses sept parements, la subdivision septénaire de toute la prophétie, nous résoudrons le problème fondamental suivant :
A quelle époque l'Eglise commence-t-elle à avoir pleine conscience et connaissance de son histoire ? C'est-à-dire, quand le Petit Livre, qui explique la destinée de l'Eglise et qui expose son histoire, lui est-il présenté ?
Les deux figures qui correspondent à la 5e et à la 6e trompette, c'est-à-dire aux deux premiers malheurs, représentent respectivement, cela est connu, la puissance des Arabes et celle des Turcs.
La première a menacé l'Europe du VIIIe au IXe siècle ; la seconde, du XIVe au XVe. Ces deux premiers malheurs tombent donc, dans une mesure grossière qui suffit ici, vers les deux époques de constitution :
830 = 1870 - 2 × 520 et 1350 = 1870 - 520
(1360, prise d'Andrinople), qui correspondent à 1870.
L'introduction du Petit Livre n'a donc pas p. 94lieu avant le XIVe siècle, c'est-à-dire qu'elle se présente après la période quinquaséculaire de domination de la papauté comme peuple-chef. Elle semble se préparer pendant la période suivante, celle de la Réforme, qui commence au XIVe siècle (Wiclef, 1324-1384 ; milieu de la vie de Wiclef, 1354), et qui vient de finir (1870). (Rappelons encore, à cet égard, que du centre de la vie de Wiclef au centre G (fig. III) du Grand Degré de constitution, il y a exactement une période de Brück relative à un même méridien ; car 1870 - 1354 = 516).
46. Pendant cette période, la compréhension de la prophétie a été sans cesse en croissant, et, à l'époque actuelle, de toutes parts la lumière se fait.
La première expression de la loi de Brück, l'un des principaux éléments de la solution, a été publiée par lui en 1851, c'est-à-dire à la date marquée par l'angle B du Grand Degré (1850).
La mesure de la pyramide, par M. Piazzi Smyth, se termine (avril 1865) en même temps que Brück finit d'écrire l'exposé complet de sa loi (27 juillet 1865), à 5 ans de la date fondamentale 1870 (1). Ainsi, tout est disposé pour
(1) Brück termine sa préface en disant : « L'homme au p. 95
qu'à cette date tous les documents de l'étude de la prophétie soient prêts.
Ce qui n'est pas moins caractéristique comme démonstration de fait, c'est le retour d'Israël (Grande Bretagne) vers l'Orient. Le nombre 1881,76 (année 1882) (point W, fig. III) est dès à présent historique.
De tout cela il faut conclure que l'époque de constitution ABDW (fig. III) du Grand Degré est précisément celle du chapitre X, à laquelle intervient le Petit Livre.
47. Or, quand l'Ange se présente avec ce Livre, 7 tonnerres font entendre leurs voix (X, 3), comme les menaces d'un orage lointain ; ces
déclin et l'adolescent sont frères en Jésus-Christ et se doivent amour pour amour. Ils ne peuvent pas se témoigner leur amour mieux qu'en s'entr'aidant.
» Ce qui est vrai pour les hommes est vrai pour les peuples.
» Peuples chrétiens ! quels que soient votre âge, vos qualités et votre puissance, vous êtes frères ! Vous n'êtes pas nés pour vous détruire les uns les autres, mais pour vous entr'aider.
» Malheur à celui d'entre vous qui l'oubliera !
» Je terminerai en constatant avec bonheur le progrès qu'à faits dans ce siècle la fraternité des peuples et des hommes, et en priant Dieu que le progrès ultérieur se réalise, que la crise actuelle s'achève, que l'époque actuelle de dislocation soit traversée, et la communauté chrétienne future constituée sur les meilleures bases possibles, avec le moins de désordres et le moins de calamités. »
p. 96menaces sont symbolisées par les 7 retraits de D à a (fig. III), penchés au-dessus de l'entrée du premier passage bas DF. Ensuite, « du Ciel » (X, 5) une voix défend au Prophète d'écrire ce qu'il a entendu, comme s'il s'agissait d'un ordre particulier de dispensations spirituelles (les 7 tonnerres n'entrent pas dans la succession systématique des 7 sceaux, des 7 trompettes et des 7 coupes) qui doit rester caché aux hommes (1) ; mais, en même temps, l'Ange lève la main « vers le ciel » (X, 5) [ce qui, dans la pyramide, attire l'attention sur la direction verticale, vers a (fig. III)], et déclare qu'aux jours de la 7e trompette « le mystère de Dieu sera consommé » (X, 7). C'est comme s'il indiquait de chercher l'époque qui correspond, dans la direction verticale, au point a, limite du 7e tonnerre, point qui fait atteindre le Passage de Davison, ab, c'est-à-dire une communication entre le Ciel (les 5 chambres de construction, Sbb') et la Terre.
48. Nous avons précédemment observé qu'en arrivant en A sur l'échelle chronologique OA, il y a deux manières de compter, soit suivant OABT, soit en prolongeant OA en W ; et c'est ce
(1) Ces révélations cachées concernent vraisemblablement le fait de l'Enlèvement de l'Église et son époque.
p. 97Les deux échelles chronologiques
qui a fait connaître la date remarquable 1882. Mais, dans cette première spéculation, on a considéré l'échelle comme se terminant en W ; nous observerons maintenant que cette échelle OW doit se continuer ; arrivée à la ligne verticale qui passe par D, elle change naturellement de direction suivant cette ligne. Or, c'est par là que la double nature des deux Livres de l'Apocalypse, le Livre scellé et le petit Livre, se trouve symbolisée. Pour le premier, la continuation se fait par une échelle chronologique horizontale terrestre ; pour le second, il y a une échelle verticale céleste, et la bifurcation des deux s'opère par le contournement du Grand Degré en sens opposés ; c'est littéralement, c'est-à-dire ici géométriquement (voyez la fig. III), le nœud de la solution prophétique qui va se dérouler.
49. L'échelle chronologique verticale présente une particularité remarquable : c'est l'existence des retraits horizontaux (1) qu'on observe à chaque parement et qui obligent celui qui mesure les niveaux des naissances de ces parements à déplacer parallèlement à elle-même, en arrière, c'est-à-dire vers le nord, la règle verticale
(1) Cette horizontalité des retraits ne se présente pas à l'extrémité nord de la galerie.
p. 98Le Passage de Davison
dont il se sert, ce qui lui enseigne clairement à mesurer la hauteur de chaque naissance soit au-dessus de la table horizontale BD, soit au-dessus d'une ligne en rapport avec l'échelle oblique AW de laquelle il était parti. (Nous allons voir que cette ligne est la parallèle DO' à WO, menée par D). Ainsi, le nombre marqué par a sur l'échelle chronologique ascendante s'obtiendra en suivant cette échelle, par WD et ses retraits, jusqu'en a. W marque 1881,76. Si l'on se contentait de prolonger idéalement la ligne WD et de prendre sur cette ligne la différence du niveau entre a et W, on négligerait de tenir compte du trait si caractéristique du retrait de a, qui fait se projeter ce point, ou encore f, arête supérieure de la Grande Galerie, en V en arrière de D, à un tiers environ de la largeur DB du Grand Degré, ce qui enseigne à prendre aussi en considération la date (1891) marquée par ce point de projection sur l'échelle chronologique BD.
A l'époque (1891) (voy. 1re Edit. p. 197) de la première rédaction de cet ouvrage, les mesures de la partie supérieure de la grande galerie, vu leur difficulté, étaient encore assez grossières (1). Elles ont été cependant suffisantes, comme on a pu le voir, pour ne nous laisser aucun doute sur
(1) Fl. P., loc. cit., p. 25.
p. 99L'Entrée de la Chambre du Roi
le sens symbolique qu'elles renferment. Mais ultérieurement, c'est-à-dire en 1900, des données rigoureuses ont été pour la première fois obtenues par les mesures de M. C. Caratheodory. L'Appendice VII à la fin du présent volume reproduit le travail de cet ingénieur (1) tel qu'il a paru dans les Bulletins de l'Académie des Sciences de Belgique. C'est donc de ces mesures exactes que nous allons faire ici usage en nous référant aux nombres de cet Appendice VII et aux figures qui l'accompagnent.
On a (Appendice VII, fig. 1) pour la hauteur HI = H de l'arête supérieure sud H de la Grande Galerie au-dessus du Grand Degré PO, et pour la distance IP = I de sa projection I à l'angle P du Grand Degré :
H = HI = 321,6 p. a. I = IP = 40,38 p. a.
soit, en p. pyr. :
H = 321,2784 I = 40,33962
M. Caratheodory remarque au sujet de I que le fait, connu depuis longtemps, que l'arête supérieure md de la Grande Galerie se projette
(1) M. C. Caratheodory était, en 1909, Professeur d'Analyse à l'Université de Bonn.
p. 100verticalement au tiers du Grand Degré, se vérifie parfaitement. En effet les mesures directes de OP varient entre 60,8 et 61,1, soit 60,95 p. a. ou 60,88905 p. p. On a 60,88905 / 3 = 20,29635 et 60,88905 - 20,29635 = 40,59270. (Or, I = 40,33962).
Le 7e retrait GG1, celui du Passage de Davison, mesure g = 2,87 p. a. ou mieux (voy. App.) g = 2,8 p. a., soit en pouces pyramidaux
g = 2,7972.
La hauteur G1H qui donne accès dans le Passage de Davison est
G₁H = 33,5 p. a.
ou
G₁H = 33,4665 p. p.
La hauteur du retrait GG1 au dessus du Grand Degré est donc
G₁I = H' = H - G₁H = 321,2784 - 33,4665 H' = 287,8119
Le retrait GG1 se projette sur le Grand Degré à distances de O :
G' { 60,88905 - 40,33962 = 20,54943
{ et 20,54943 - 2,7972 = 17,75223
La distance de l'Entrée O du Premier Passage bas à l'Entrée dans la Chambre du Roi est (Concord. fig. III) égale à 2179,66 - 1910,7 = 268,96.
p. 101On a donc pour les distances Δ' de la projection G' du retrait GG1, à l'Entrée de la Chambre du Roi :
Δ' = 268,96 + { 20,54943 { 289,50943
{ 17,75223 = { 286,71223 = 288,11083 (centre) ;
ce qui n'est autre chose que la valeur précédente de la hauteur H' de GG1 : H' = 287,8119.
On voit que la hauteur du seuil du Passage de Davison au-dessus du Grand Degré est égale à la distance de la projection de ce seuil à l'Entrée de la Chambre du Roi ; (La valeur commune de ces deux lignes est d'ailleurs éminemment remarquable.
On a, en pouces entiers :
Δ' = H' = 288 = 24 × 12 = 2 × 144 = 2 × 12²) ;
et il en résulte que si, en suivant l'échelle chronologique sur le Grand Degré, on s'arrête sous l'Entrée du Passage de Davison et qu'on s'élève jusqu'à elle, on arrive au nombre chronologique
PIG₁ = 1891 + 288 = +2179
qui n'est autre que la moyenne
(2178 + 2180) / 2 = 2179
des deux nombres donnés par Daniel et par la Pyramide (et la période des 7 Eglises, voy. plus loin) pour l'époque de la Seconde Venue, à l'Entrée de la Chambre du Roi.
p. 102Voyons maintenant ce qui concerne l'échelle chronologique oblique OW (Conc. fig. III).
On a (App. VII, fig. I) pour la hauteur de G1 au-dessus de KH1 la valeur
303,35 p. a. = 303,04665 p. p. ;
et par conséquent, si par l'intersection D (Conc. fig. III) des deux échelles qui contournent le Grand Degré, on mène une parallèle DO' à WO, et qu'on observe que la verticale OK (App.) ou DW (Conc.) a pour moyenne de ses mesures 5,00 (App.), on aura pour la hauteur G1 au-dessus de DO' :
303,04665 - 5,00 = 298,04665 ou 298 ;
et cette hauteur chronologique verticale étant ajoutée à la date limite W = 1881,76 ou 1882 de l'Échelle chronologique oblique, donne à son tour pour époque de l'Entrée G1 du Passage de Davison le nombre de la Seconde Venue :
1882 + 298 = +2180 (1).
Nous dirons donc, en nous résumant : Les 1335
(1) Nous ferons au sujet de ces déterminations exactes les remarques critiques suivantes. Dans la Concordance (1re Edit.) nous étions parti de la considération de l'échelle inclinée H1K qui donne en K où elle s'arrête la date chronologique 1882. Arrivé là et remarquant l'existence des retraits horizontaux AA1, BB1, … GG1 placés comme pour servir d'appui au talon d'une règle verticale et indiquer une p. 103
La Seconde Venue
ans de Daniel, qui, dans sa prophétie, indiquent le but suprême de l'histoire, ce but auquel « Bienheureux sont ceux qui parviennent », ont précédemment fait connaître la date 2178.
D'autre part, sur l'échelle horizontale, celle des événements historiques, le point P marque 2179,66 ; donc, d'après le nombre a = (2178-2180),
mesure verticale à effectuer, nous avons été conduit à ajouter à la date finale K de l'échelle, la distance verticale à cette échelle KH1, du retrait GG1 qui est le seuil du Passage de Davison. Les données alors connues de Vyse et de P. Smyth nous ont donné pour cette distance le nombre 298,11 ; et on a, dans la Concordance : 1881,76 + 298,11 = 2179,87 ou 1882 + 298 = 2180, ce qui conduit donc bien, par la considération de l'échelle inclinée, à la désignation de l'Entrée de la Chambre du Roi par le Passage de Davison.
L'induction basée sur la disposition des retraits paraît juste, parce qu'elle est naturelle à l'observateur quand, arrivé au terme K de l'Échelle, il considère au dessus de lui les retraits, et notamment le 7e d'entre eux GG1, à l'Entrée du Passage. On cherche un terme complémentaire à la date K, et puisqu'on a reculé par l'usage des retraits, l'idée simple qui se présente est de voir de combien ce 7e retrait est au dessus de l'Échelle qui vient de servir à la computation.
Cependant, s'il n'y a aucune raison pour rejeter l'induction, c'est-à-dire l'idée générale qui la constitue répond à quelque chose d'évidemment juste et naturel dans la considération du diagramme, le nombre 298 résultat de données insuffisamment exactes ne peut être maintenu en tant qu'exprimant la hauteur de GG1 au dessus du sol incliné de l'Échelle. Mais par le fait même de la relation remarquable de la Concordance
1882 + 298 = 2180,
dans laquelle ce nombre intervient, il est à présumer que les p. 104
l'entrée dans la chambre du Roi, entrée qui est le symbole évident du terme de l'histoire et de l'attente de l'humanité, est aussi l'époque à laquelle une communication sera établie entre le Ciel et la Terre. Le passage (XI, 15, 18), rapproché de (X, 7), indique d'ailleurs la nature de cet événement : « Les royaumes du monde sont
erreurs qui y ont conduit, accidentelles pour les observateurs, se sont combinées de manière à donner lieu à un écart systématique, répondant à une donnée réelle de la question proposée (1).
Or, c'est ce qui a eu lieu en effet : les erreurs se sont combinées de manière à donner un écart égal à la petite hauteur verticale OK d'environ 5 pouces qui limite au sud le Grand Degré, et le nombre 298 (erroné dans la première hypothèse) n'est autre chose que la distance de GG1 à la parallèle à KH1 menée par O. En d'autres termes le procès littéral de l'induction est celui-ci : Arrivé en K sur l'échelle inclinée H1K, on cherche un terme complémentaire en s'élevant jusqu'au retrait GG1. Ce terme est la distance à la parallèle à KH1 menée par l'intersection O de KA et PO.
(1) Nous ne croyons nullement oiseux d'insister sur ce caractère providentiel de la conduite des esprits jusque dans les moindres détails. Déjà dans la Mathématique nous avons signalé le caractère absolument intentionnel quoique en apparence fortuit, du choix de la valeur de l'année tropique qui a conduit Brück à découvrir le temps 516 de Daniel (Math. § 139bis). Un autre exemple extrêmement frappant est le suivant. Nulle part dans l'Humanité, Brück ne parle de la période de 520 ans. C'est seulement dans l'opuscule Manifeste du Magnétisme du Globe et de l'Humanité, 1866, qu'ayant formé (p. 144) un tableau des différences des apogées successifs des peuples chefs pour mettre en évidence sa période historique, il trouve pour des nombres très différents une moyenne (519,8 ou) 520. Ce résultat fortuit, qui donnait en somme un nombre trop grand et non attendu, lui fait dire (p. 145) : « La moyenne durée de 520 ans qui sépare les apogées, comprend la période de 516 ans, plus le déplacement du centre d'action d'une période à la suivante ». Voilà tout ce qu'on trouve dans Brück concernant la période de 520 ans. Comme on le voit, cela est, pour nous, absolument fortuit ; et nous savons cependant aujourd'hui que rien en cela n'était accidentel, puisque ce nombre est l'élément nécessaire de détermination du fait de premier ordre de toute la Mathématique, à savoir le mouvement séculaire de la Précession historique.
p. 105« Il n'y aura plus de temps »
» soumis à Notre-Seigneur et à son Christ, et il » régnera aux siècles des siècles… les nations se » sont irritées, mais ta colère est venue, et le » temps des morts est venu pour être jugés, et » pour donner la récompense à tes serviteurs les » prophètes et aux saints, et à ceux qui craignent » ton nom, petits et grands, et pour détruire ceux qui détruisent la terre. »
L'entrée de la chambre du Roi ne peut donc signifier que la seconde venue du Seigneur.
50. La loi de Brück fournit ici une remarquable vérification. La chambre du Roi a précisément pour centre l'époque fondamentale de décadence, de corruption et d'idolâtrie de la période quinquaséculaire, celle qui correspond à la confusion de Babel : la crise la plus funeste que traverse la vie des peuples. C'est alors que le mal doit, dans la dernière période historique, arriver à son comble, et c'est précisément pourquoi alors aussi arrive le règne de celui qui vient lier Satan et anéantir l'iniquité par la justice.
Cela même explique ces paroles qui accompagnent l'annonce du règne : (X, 6) « il n'y aura plus de temps » ; (XI, 15, quand « les Royaumes du monde seront soumis au Seigneur »).
Le mot temps ne peut être pris ici dans son sens p. 106
Les chambres de construction
propre, comme s'il s'agissait du passage du temps à l'éternité, puisqu'il est dit que le règne sera de mille ans (XX, 4), qu'il sera suivi d'une dernière révolte (XX, 7), puis enfin des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (XXI, 1), Il est pris dans le sens où l'avait déjà pris Daniel, ou encore ce qui, par extension, est équivalent, comme exprimant les phases de la période historique.
Il n'y aura plus de temps, non point parce que les lois ordonnées par Dieu pour régler l'organisme de l'humanité seront abolies, mais parce qu'alors elles s'accompliront (Matt. V, 17) ; le jeu normal des différentes fonctions aura remplacé leur perversion : les phases ou temps auront disparu, en tant que leur caractère funeste et critique, par lequel elles s'étaient jusque-là manifestées, aura disparu lui-même. L'esprit (πνευμα) commandera entièrement à l'âme animale (ψυχη) et au corps (σωμα) (I Thess. V, 23).
51. La pyramide, en alliant étroitement la période historique, ou les temps de Daniel, avec la révélation du règne à venir, vient de même justifier cette interprétation du passage X, 6.
Les chambres de construction, auxquelles conduit le Passage de Davison (non destiné à être mesuré), passage qui établit la communication p. 107
Nature du règne à venir
entre le Ciel et la Terre, surmontent la chambre du Roi exactement dans son axe ; ce trait signale la double nature, céleste et terrestre, du règne du Christ. Leurs sols, formés de pierres non taillées, d'inégale hauteur, opposés à leurs plafonds taillés, indiquent qu'elles-mêmes symbolisent une habitation non terrestre. Or, ces chambres sont au nombre de cinq, et la distance entre le sommet S de la voûte de la plus élevée (chambre de Campbell) et la base bb' de l'assise de la plus inférieure (chambre de Davison) est précisément égale à une période de 520 ans. (Ceci est mesuré sur le plan dressé par M. P. S., d'après Howard Vyse, Life and Work, t. II, plate XIV.)
Il reste alors, d'après H. V., une hauteur de 310 entre la base bb' de la chambre de Davison et le sol de la chambre du Roi. Mais l'échelle chronologique horizontale, qui va jusqu'au fond de la chambre du Roi, mesure 206 depuis son entrée dans cette chambre jusqu'à son extrémité. Si on continue l'échelle horizontale par l'échelle verticale, les 206, ajoutés aux 310 qui restaient, font 516.
[Semblablement, pour la chambre de la Reine (fig. IV), on a :
AN (distance du pied du Grand Degré au sol
de la chambre) = 824,
p. 108
et
PM (largeur de la chambre) = 206.
D'où
AN + PM = 1030 = 2 × 515].
Ainsi les deux périodes 515,165, relative à un même méridien, c'est-à-dire à un même peuple, et 520,165, relative à des méridiens ou à des peuples différents, sont caractéristiques du Règne à venir ; et ceci s'accorde avec l'universalité de ce règne, dont cependant le Roi est sacré sur Sion. On peut remarquer encore que les 5 largeurs des 5 chambres de construction font une somme 5 × 206 = 1030 = 2 × 515, précisément égale à la vie d'un peuple.
52. Tout ce qui précède n'a mis en œuvre que le nœud de la prophétie résumé par elle-même dans le chapitre X de l'Apocalypse, et symbolisé par le contournement des deux échelles chronologiques autour du Grand Degré de la pyramide. Un autre nœud à délier est la signification d'une image qui joue un rôle déterminant dans la suite du Petit Livre, et dont la loi de Brück va nous donner la solution. Il est question au chapitre XIII d'une puissance, issue de la mer des peuples (XIII, 1), désignée, d'après le texte, par le nom de bête de la mer. Cette bête, décrite aux chapitres XIII, 1, et XVII, 3, 7, 8, a 7 têtes et 10
p. 109cornes ; et l'explication de ce symbole se trouve à la fin du chapitre XVII, depuis le verset 9. Les 7 têtes sont 7 puissances (rois) dont 5 sont tombées ; la sixième existe au temps de saint Jean ; la septième n'est pas encore venue, mais elle ne fera qu'une courte apparition ; enfin la bête est une huitième puissance, du même ordre que les sept premières et dans la suite naturelle de ces sept, et les dix cornes forment un groupe de dix autres puissances qui se constitueront en même temps que la Bête, et qui commenceront par lui abandonner leur pouvoir et leur autorité, sauf à se coaliser plus tard contre elle (1).
53. De ce que la Bête a le pouvoir de faire la guerre pendant 1260 ans (§ 57) (durée qui est de l'ordre de la vie d'un peuple), il faut conclure que les têtes ou rois, qui sont de même espèce que la Bête, ne sont pas des individus, mais bien des puissances politiques ou peuples.
Or, nous avons vu, conduits par la loi de Brück et la pyramide, que toute l'histoire, commençant, avec l'entrée du passage descendant, au déluge (— 2528), se résume dans la suite de 10 puissances, dont la dernière est la Grande-Bretagne.
(1) Pour le parallélisme entre ce passage de l'Apocalypse et Dan. VII, 7, 8, 11, 12, 19-27, voyez la note à la fin du § 101.
p. 110Ces puissances sont :
1° Noachides ; 2° Assyriens (1ᵉʳ empire égyptien) ; 3° Egyptiens (nouvel empire) ; 4° Juifs-Israélites, Phéniciens ; 5° Grecs ; 6° Romains ; 7° Francs ; 8° Papauté ; 9° France ; 10° Grande-Bretagne.
Au temps de saint Jean, 5 de ces puissances étaient tombées (la chute de la première ayant eu lieu à la confusion de Babel, qui sert de base et de type à toute la prophétie) ; la sixième existait ; la septième était à venir, mais ne devait paraître que peu de temps sur la scène du monde. Or, ceci est un véritable critérium ; car effectivement, entre tous les peuples de la série, les Francs se distinguent nettement en ce que les phases de leur vie comme peuple restent, pendant la majeure partie de cette vie, voilées aux yeux de l'histoire. Ils ne sortent de ce brouillard que pendant quatre siècles, de Clovis à Charlemagne, apparaissant comme un chaînon qui soude le midi au nord.
Enfin, au traité de Verdun (843), l'empire de Charlemagne se disloque, son partage dessine
p. 111l'Europe actuelle (qui date déjà virtuellement de l'invasion des Barbares), et si dix rois reçoivent alors la puissance, ils sont forcés de l'abdiquer entre les mains du n° 8. Celui-ci, par l'extension de son pouvoir, est comme une résurrection de l'empire romain dont il a conservé le centre d'action, de ce colosse que l'on croyait blessé à mort (XIII, 3), et qui, renaissant de ses cendres sous une autre forme et comme galvanisé par son union avec un principe étranger (1), excite l'étonnement de toute la terre [qui, « étant dans l'admiration, alla après la bête » (XIII, 3)]. Ainsi s'explique cet empire qui avait été, qui n'était plus en fait, et qui, sous une forme autre et inattendue, était encore cependant (XVII, 8).
54. Cette interprétation s'impose à mesure qu'on analyse de plus près le symbole. Il s'agit spécialement, dans ce qui précède, de la puissance temporelle du huitième roi; voici la puissance spirituelle qui lui est unie, désignée par la Bête de la terre (XIII, 11) ou le faux prophète (XIX, 20); cette dernière puissance confond le Royaume du Christ avec le monde, qui
(1) La nature de ce principe explique l'extrême « étonnement » de saint Jean (XVII, 6).
p. 112appartient, dans le siècle présent (Gal. I, 4, 5), au prince de ce monde (XIII, 4), et par là elle justifie le nom de Babylone (Babel, confusion) qui caractérise son œuvre (XIII, 17, 18 et XVII, 5).
Approfondissons le sens de cette nouvelle figure (la bête de la terre). Les flots mobiles et aveugles de la mer des peuples (XVII, 15) sont contenus, dirigés, variés de niveau et de forme par l'élément supérieur de l'intelligence humaine; comme la terre, sûr de sa puissance, cet élément supérieur résiste impassible à une force brutale et inconsciente qui trouve en lui un maître. Mais, d'autre part, cette intelligence, quelque industrieuse et savante qu'elle soit, est elle-même animale au regard de l'homme spirituel quand elle méconnaît l'esprit de Dieu. C'est pour cela que la bête de la terre désigne un faux prophète. C'est tout d'abord un peuple d'hommes humainement intelligents et instruits. Qu'il prenne toutes les apparences de l'agneau mais parle comme le serpent (XIII, 11; XX, 2), cela veut dire qu'il s'empare des vérités divines, dont il se donne comme le dépositaire et l'interprète, mais en les dénaturant et en les détournant de leur véritable sens (Gen. III, 1, 5); et c'est pourquoi aussi il n'a pas de plus grand
p. 113ennemi que la Parole de Dieu (XIX, 13, 20; XIII, 11).
55. Ce faux prophète est le ministre du nouvel empire ressuscité; il en exerce toutes les fonctions terrestres et persuade au monde que cet empire est de droit divin et œuvre de Dieu (XIII, 12); de plus, il veut que cet empire se centralise et se personnifie comme tous les autres; il aura même à son apogée, comme les autres bêtes, des guerres de conquête (croisades); mais le chef qu'il se donne pour cela est, mieux que tout le reste, la caractéristique de son esprit de confusion. Ce chef est l'image (XIII, 14) d'un empereur, c'est-à-dire la reproduction exacte d'un empereur, mais tel cependant qu'on puisse en même temps soutenir qu'il n'en est pas un; cette image qui a une âme (XIII, 15), qui persécute tous ceux qui ne l'adorent pas (XIII, 15), pendant que le faux prophète, qui oblige la terre à lui rendre un culte, asservit aussi par la persécution toutes les forces de l'activité humaine, soit action soit pensée (XIII, 16), exerce ou revendique, sous couleur spirituelle, un pouvoir très effectivement terrestre.
56. Sans doute, tous ces traits, qui signalent des tendances naturelles au cœur humain, peu-
p. 114vent se retrouver en plusieurs lieux et en plusieurs temps; et, par exemple, la grande Babylone des derniers temps n'est pas nécessairement la Rome des papes, quoique elle en ait tout l'esprit; mais les nombres du texte ne permettent pas de supposer qu'il n'est ici fait allusion à cette Rome qu'en tant que type spirituel, et non pas comme réalité effective. Il faut bien reconnaître l'empire catholique-romain dans le n° 8 de la suite des puissances (XVII, 11), dont la période quinquaséculaire de domination comme peuple-chef a commencé à la date significative de 843. Comment, en effet, éviter d'observer que cette date n'est autre que l'ère des nombres 1290 et 1335 de Daniel, comptés depuis l'établissement idolâtre qu'il désigne sous le nom d'abomination? (Dan. XII, 11, 12.)
57. Les 42 mois qui lui sont spécialement accordés (XIII, 5) sont des mois solaires, car il s'agit de l'Église chrétienne (XII, 1); ils représentent donc 1260 ans. Or, 843 + 1260 = 2103, ce qui conduit au point L, 2104,51, premier quart de la phase d'apogée KP (fig. III).
Ainsi les nombres 2300, 1290, 1335, 3½ temps, 1260, de Daniel ou de l'Apocalypse, conduisent tous aux points remarquables L, α, P de cette
p. 115phase d'apogée des derniers temps. Ils font connaître le système de dates
2103 2133 2178,
et les points L, α, P marquent, sur l'échelle chronologique,
2104,51 2134,56 2179,66
L'erreur de l'une des séries par rapport à l'autre est systématique. Il est intéressant d'observer à cet égard, en passant, que le milieu de la dernière période historique quinquaséculaire, ou
2385,726 - 515,165/2 = 2128,1435,
fait retrouver le point milieu M = 2129,56 de la phase d'apogée KP, toujours avec ce déplacement positif constant d'environ une unité qu'avait déjà le système des points L, α, P. On trouvera plus loin (§ 86, en note) une conjecture sur la raison d'être de cette différence systématique, qui n'est peut-être nullement l'effet d'une erreur ou de construction ou de mesure, mais qui, tout au contraire, paraît intentionnelle.
58. Mais voici qui vérifie encore mieux peut-être, qu'il s'agit bien, dans toute cette dispensation, de la puissance temporelle et spirituelle dont le pouvoir se constitue politiquement en
p. 116+330: la fondation spirituelle de cette puissance a pour époque 325 (concile de Nicée); or, il y a exactement quatre périodes depuis cette date jusqu'à l'extrémité de l'échelle chronologique (au fond de la chambre du Roi). En effet,
325 + 4 × 515,165 = 325 + 2060,660 = 2385,66,
et le fond de la chambre du Roi marque 2385,726.
C'est-à-dire que, de même que la « Rome » païenne a vécu deux périodes comme « empire », de — 753 à +330, deux périodes comme « bas-empire », de +330 à +1360 (prise d'Andrinople), la « Rome » catholique, puissance spirituelle, vit comme « empire » deux périodes, comme « bas-empire » deux périodes, et finit son agonie exactement à la fin de la période de dissolution que le règne du Christ vient combattre.
Que l'on considère les étapes marquées, à partir de 325, par une, deux, trois et quatre périodes de 515,165; elles sont assez significatives; on obtient
840,165 1355,330 1870,495 2385,660
Or, 1° le traité de Verdun; 2° le milieu de la vie de Wiclef (Réforme); 3° la constitution actuelle de la Grande-Bretagne et la chute du pouvoir temporel des Papes; 4° la fin de l'échelle chronologique, donnent respectivement
843 1354 1870-71 2386p. 117
59. Les points fondamentaux précédents étant acquis, passons maintenant en revue tout le plan de l'Apocalypse pour l'explication des autres nombres que contiennent encore le Livre scellé et le Petit Livre.
Le Livre scellé
60. Les 7 sceaux, les 7 trompettes et les 7 coupes se rapportent aux trois parties dans lesquelles se divise d'elle-même toute l'histoire de l'humanité, depuis le déluge, événement par lequel commence aussi la pyramide; savoir:
1° Du déluge à la première venue du Christ; 2° De la première venue à la seconde; 3° Le règne à venir.
Cette détermination de limites historiques se justifiera complètement par ce qui va suivre.
61. Remarquons tout d'abord que le livre est explicitement daté du déluge (IV, 3; V, 1). Aucune objection valable ne peut se tirer contre cela de la déclaration de I, 19: « Ecris les choses qui sont et celles qui doivent arriver », déclaration qui, jusqu'ici, avait porté les interprètes à faire commencer l'Apocalypse à l'ère chrétienne ou au temps de saint Jean; dans une œuvre comme celle-ci: 1° figurée; 2° d'expression non
p. 118seulement juste, mais profonde, on doit s'attendre à la notion transcendante que « ce qui a été, est ».
62. Comme il a déjà été dit, le 7e sceau contient les 7 trompettes, et la 7e trompette contient les 7 coupes.
Chacune de ces dispensations est contenue en puissance dans la précédente, qu'elle continue.
Les 6 sceaux successivement ouverts se rapportent aux puissances (ou, plus exactement, aux grandes phases du développement social caractérisées par les puissances) qui, jusqu'à l'époque du Christ, figurent dans la suite des peuples de la loi de Brück. La dernière est donc l'Empire romain. Ce sont les rois de XVII, 10, 11; mais ce dernier texte faisait allusion aux chutes d'empires, car il attirait l'attention sur ce que le huitième devait tomber comme ceux qui l'avaient précédé; ici, il est question des élévations d'empires, et c'est pourquoi, puisque l'histoire commence au Déluge, apogée des Noachides, l'énumération commence aux Assyriens. On a ainsi, du 1er au 6e sceau (chap. VI et VII), avec des caractères que le lecteur vérifiera aisément lui-même:
1er Assyriens. (Nemrod, le puissant chasseur devant l'Eternel (Gen. X, 8), employant sa force à détruire les puissances malfaisantes de la nature déchue).
p. 1192e Égyptiens. Apparition de la puissance militaire organisée (Ex. XIV, 7, 9, Ramsès II).
3e Juifs-Israélites, Phéniciens. Le peuple commerçant par excellence.
4e 5e Grecs. La puissance conquérante, suivie de l'impiété et de la persécution (Alexandre et Antiochus Épiphane); persécution de la synagogue qui n'est que le prélude de la persécution de l'Église chrétienne; celle-ci sera comme l'action parallèle de celle-là, dans les temps à venir (VI, 11).
6e Romains. (VI, 12-17, et VII). La puissance qui comprend virtuellement toute l'histoire subséquente jusqu'aux derniers temps; succession de troubles sociaux de tous genres, de ténèbres et de persécutions pour les églises chrétienne et israélite (VI, 12; comp. XII, 1), mais pendant laquelle l'Église du Christ sera rassemblée de toutes nations, tribus, peuples et langues (VII, 9).
63. La signification si simple des sceaux a une importance capitale au point de vue du plan du livre tout entier; aussi est-elle donnée d'une seconde manière, qui vérifie entièrement ce qui précède.
Chacun des 4 premiers sceaux, qui correspondent aux 4 premiers peuples (le 5e sceau n'est que le développement d'une phase caractéristique du 4e, spéciale à l'histoire de l'Église et qui joue un rôle déterminant dans le plan de la prophétie, comme on l'a vu par le Livre de Daniel; et quant
p. 120au 6e, qui correspond de nouveau à un peuple, on verra [§ 65] pourquoi il est ici l'objet d'une exception), est annoncé par un animal ou être vivant, dont la description est donnée au chapitre IV. Or, non seulement ces êtres vivants figurent des nations, mais chacun respectivement symbolise celle qu'il annonce.
64. Comment représenter les peuples d'une manière plus ingénieuse et plus juste que par des organismes vivants, tenant à la fois de la nature animale et de la nature angélique (par leurs ailes) (IV, 6, 7, 8,); et pleins d'yeux en dehors et en dedans (6, 8), comme ces foules dont les mille yeux contemplent le monde extérieur, et qui ont pourtant mille yeux en dedans, puisqu'elles sont composées d'êtres pensants et réfléchissants.
Cette assimilation des peuples à des organismes vivants n'apparaît pas ici pour la première fois dans l'Ecriture; elle n'est que la reproduction et l'extension d'une image déjà employée par Daniel (VII, 3). Le premier animal est le Lion babylonien (Dan. VII, 4) ou assyrien (Gen. X, 8, 9, 10, 11); le second, semblable à un Veau, est le type du stupide abaissement moral des Egyptiens, caractérisé par le culte qu'ils rendaient à cet animal (comme aussi au Bœuf, au Bouc, au Bélier),
p. 121culte qui fit tomber Israël dans l'idolâtrie (Ex. XXXII, 4; I. Rois, XII, 28-32); avec le troisième Être vivant, on trouve enfin, dans Juda-Israël, un peuple ayant l'apparence d'un homme, ce qui s'entend assez par le sens spirituel; et s'il fallait dans la nature animale (car les Grecs n'ont pas eu, comme Israël et Juda, cette connaissance de la Loi divine qui seule engendre l'homme) chercher une image du peuple grec, avec ses sages, et ce Platon qui semble avoir appelé de ses vœux la venue du Dieu inconnu, qui l'eût mieux donnée que l'Aigle qui, fendant l'éther et fixant le soleil, personnifie un effort presque surhumain vers l'idéal?
Aussi, c'est l'Aigle qui annonce les Grecs.
65. Mais pourquoi la figuration animale ne continue-t-elle pas, au 6e sceau, pour la période qu'ouvre la puissance des Romains, période que le rapide coup d'œil de la fin du chapitre VI et le chapitre VII étendent ensuite jusqu'aux derniers temps, attendu qu'elle contient dès alors, virtuellement, toute la suite de l'histoire? C'est qu'un élément nouveau est intervenu, qui ne permet plus cette représentation de la vie des peuples par la simple vie animale. Le 6e sceau conduit à la venue du Sauveur; mais alors aussi commence cette œuvre particulière du Prince des ténèbres,
p. 122à laquelle il est fait plusieurs fois allusion dans l'Écriture (Luc X, 18; Apoc. XII, 7-17) et qui réalise une union monstrueuse d'éléments hétérogènes, une confusion (Babel) qui n'a plus de nom; par son caractère satanique, elle n'est plus proprement ni animale ni humaine, et ne répond plus à aucune combinaison d'éléments normaux.
C'est d'une manière analogue que, dans la prophétie du chapitre VII de Daniel relative à la succession des empires babylonien, médo-perse, grec et romain, ce dernier empire, considéré comme embrassant dans ses conséquences toute la suite de l'histoire, n'est plus désigné, comme les autres, par un animal réel, mais par une bête qui n'a plus de nom, « épouvantable, affreuse, différente de toutes les bêtes qui avaient été avant elle » (VII, 4-7 et 19.)
66. Les quatre peuples de la loi historique dont les périodes sont comprises entre le Déluge et la première venue du Christ, désignés dans l'Apocalypse par les quatre êtres vivants symboliques (IV, 7: lion, veau, homme, aigle), ou par les quatre conducteurs montés sur des chevaux de différentes couleurs (VI, 1-8: blanc, roux, noir, fauve), sont déjà mentionnés dans Ezéchiel et dans Zacharie.
p. 123Dans Zacharie, ils le sont par des chevaux roux, noirs, blancs, cendrés (Zach. VI, 2, 3). De plus, un trait remarquable est à signaler, en confirmation de la mission providentielle des Israélites retrouvés dans les Anglo-Saxons de la Réforme: Dans l'Apocalypse (VI, 5), le cheval noir figure Juda-Israël; or, dans Zacharie, la mission du peuple aux chevaux noirs est définie en ce qu'il va vers le pays de l'Aquilon (Zach. VI, 6); puis, plus loin, quand l'énumération des différentes missions de ces peuples est terminée, une révélation nouvelle et spéciale, relative à la seule nation figurée par les chevaux noirs, est adressée au prophète: « Voici: ceux qui sortent vers le pays de l'Aquilon ont fait reposer mon esprit dans le pays de l'Aquilon ». (Zach. VI, 8).
Dans Ezéchiel, le symbolisme est particulièrement remarquable en ce qu'il présente les peuples à la fois comme distincts et comme faisant partie d'un même organisme physique. Comme dans l'Apocalypse, ce sont des animaux ailés (ce qui indique, ici comme là, l'union de la nature animale avec la nature spirituelle); ils forment un système comprenant l'homme, le lion, le bœuf et l'aigle (Ezéch. I, 5-10). Mais ce qui est singulièrement digne d'attention, c'est la description que
p. 124fait le prophète de l'agent qui produit, ou tout au moins qui soumet à une loi, la vie de ces organismes animés. On trouve ici, dans l'étude comparée de la Bible et de la pyramide, un nouveau trait de rapprochement. La pyramide faisait connaître les constantes fondamentales de la physique de la Terre; la Bible révèle, dans ce chapitre Ier d'Ezéchiel, la nature de son organisation dynamique propre, organisation de laquelle est une conséquence la période historique de Brück, mesurée par la diagonale de la chambre du Roi.
Une courte digression est ici nécessaire. Brück a été amené à sa loi historique par des considérations théoriques sur le magnétisme terrestre. Son idée fondamentale est qu'il existe dans le globe une circulation d'un fluide matériel (un éther subtil, qu'il identifie à tort avec l'électricité, mais peu importe ici), provoquée par une action du soleil et fonction directe des mouvements astronomiques de la terre (rotation et révolution). Cette circulation est méridienne, d'inégale intensité dans des méridiens différents, et tout le système des courants qui la figurent tourne, dans la terre, autour de l'axe des pôles. Il en résulte, en un méridien fixe de la terre, des variations périodiques de la circulation, dont les phases dépendent des positions relatives de ce méridien
p. 125fixe et des méridiens mobiles (d'intensité de circulation maximum ou minimum) qui font leur révolution autour de l'axe. Une intégrale d'êtres organisés, telle qu'un peuple, se trouve donc soumise à des influences périodiques de milieu; et ces influences constituent des prédispositions qui, sur la nature animale d'un tel agroupement systématique ou peuple, peuvent avoir, comme on l'observe, force de loi.
Si plusieurs des principes fondamentaux de la physique de Brück ne sont pas exacts, si notamment le fluide matériel dont il s'agit ne peut en aucune façon être identifié avec l'électricité, si même il a fait erreur quant au sens dans lequel s'effectue la circulation, une analyse plus approfondie démontre cependant que l'idée première, prise dans toute sa généralité, subsiste, et qu'une circulation analogue à celle qu'il a entrevue est effectivement une conséquence mathématique des lois de l'électrodynamique et de l'astronomie (1).
(1) Étude sur le système des forces du monde physique, pp. 330-555 (Mém. Acad. des sc. de Belgique, t. XLVIII). — Des expériences sur les mouvements de corps non magnétiques librement suspendus, expériences à l'idée desquelles m'a conduit la théorie, sont venues, depuis la publication de ce mémoire, vérifier la réalité de la circu-
p. 126Eh bien, supposons rendu visible le fluide subtil de ce système dynamique, dont la force motrice est électro-dynamique et dans les nappes de courants duquel les organismes animés des peuples puisent leur activité. Nous verrons, précisément comme Ezéchiel, un feu, ayant une splendeur et duquel sortait un éclair, courir parmi les animaux (Ezéch. I, 13). Les méridiens mobiles, de périodes différentes, passant les uns dans les autres et tournant, non dans leurs plans, mais autour de l'axe des pôles, de manière à regarder successivement les quatre quadrants de l'équateur, seront ces roues immenses (Ezéch. I, 18), faites comme si une roue eût été au dedans d'une autre roue (I, 16) et marchant en allant sur leurs quatre côtés (I, 17); si intimement liées aux organismes animaux que leurs mouvements et ceux de ces organismes étaient réglés les uns sur les autres (I, 19-21), les roues s'élevant chaque fois que les animaux s'élevaient de dessus terre (I, 19), c'est-à-dire l'apogée d'un peuple coïncidant avec le passage supérieur d'un méridien mobile au mé-
(1) lation de l'éther matériel du globe, circulation qui en est le facteur thermique fondamental et sous la dépendance de laquelle se trouvent les barreaux aimantés aussi bien que les aiguilles neutres. Voyez à cet égard la revue Ciel et Terre, 1892, nos 3, 11, 12 et 15; et Mém. Acad. Roy. de Belgique, in 4°, t. LIII.
p. 127ridien fixe de ce peuple. Enfin, les mouvements des méridiens physiques mobiles, en faisant varier les conditions du milieu et en déterminant des phases dans la vie des peuples, créeront des prédispositions à l'activité intellectuelle et à la tendance morale, et il sera rigoureusement exact d'observer, avec Ezéchiel, que l'esprit des animaux était dans les roues (I, 20).
On ne peut abandonner ce sujet sans faire remarquer un dernier trait de concordance entre le système des quatre peuples d'Ezéchiel et celui de l'Apocalypse : Ezéchiel termine toute sa description de l'organisme terrestre en la donnant comme une représentation de la gloire de l'Eternel, manifestée par un état de choses qui date du Déluge (I, 28). Le Déluge est donc encore ici, comme il l'était déjà dans l'Apocalypse, comme il l'est dans la pyramide, l'ère prophétique. Or, d'après la théorie physique, l'organisation complète du globe, avec son relief actuel et l'établissement définitif de la circulation méridienne de pôle à pôle (les roues d'Ezéchiel), ne date effectivement que du Déluge, événement dont cette théorie définit la nature et démontre la réalité (1). Il y a eu une crise universelle qui, tout autant
(1) Voyez Étude, etc., p. 551.
p. 128physiquement que spirituellement, a été l'ère d'une nouvelle humanité.
67. Il reste un trait intéressant à rapprocher de toute cette interprétation des sceaux, en tant qu'ils figurent l'histoire des peuples suivant la loi historique quinquaséculaire, depuis le Déluge [époque à laquelle, pour lire le livre, l'apôtre est transporté en esprit (IV, 1, 2)] : c'est la mention des Anciens du passage IV, 4. Ce terme, à lui seul, indique que l'ère adoptée est celle d'un événement caractéristique qui crée une division non pas conventionnelle mais de fait dans l'histoire de l'humanité. Ces Anciens appartiennent à l'humanité antérieure au Déluge ; ce sont des hommes, puisqu'ils sont rachetés par le sang de Christ et doivent régner avec lui (V, 8, 9, 10). Avec les quatre êtres vivants, postérieurs au Déluge et antérieurs à la venue du Sauveur, ils chantent dans le ciel le « cantique nouveau » des « rachetés » ; et par là ils témoignent que l'œuvre rédemptrice s'applique à toute l'humanité, aussi bien à celle qui a précédé qu'à celle qui suit la venue du Christ, vérité qui d'ailleurs était déjà révélée par d'autres passages de l'Écriture (I Pierre IV, 6 ; I Pierre III, 19, 20).
68. Le septième sceau ouvre la seconde partie
p. 129La seconde partie de l'histoire
de l'histoire ; celle-ci est jalonnée par les signaux successifs des trompettes, qui annoncent, pour la fin des temps, la venue du véritable Roi. Cette partie commence par une période (1) de transition et d'attente, où l'œil spirituel reste absorbé par la contemplation de l'iniquité cachée (II Th. II, 7) qui se prépare et se devine sous la trame des événements externes ; d'un autre côté c'est aussi une période de gloire spirituelle, la pureté de l'Église primitive ; mais cette pureté même condamnera le monde (VIII, 1, 5). Les sept trompettes forment alors deux groupes : les trois dernières, 5, 6 et 7, distinguées par le nom de malheurs (VIII, 13), désignent, 5 et 6 par des traits multipliés et évidents (comme cela est déjà bien connu des interprètes du livre sacré), les mouvements arabe et ottoman, et 7 les sept
(1) La durée de cette période est « d'environ une demi-heure » (VIII, 1). Il s'agit de faits qui concernent à la fois l'Église et le monde et qui appartiennent à l'histoire proprement dite. La période a pour limite +330, d'après la suite du texte, c'est-à-dire la constitution du pouvoir temporel de l'Église romaine ; l'événement qui dès lors commence naturellement est la destruction du Temple (dispersion des Juifs) en +70. La durée 330 − 70 = 260 est « à peu près » égale à 264 = 528/2, moitié de la période de Daniel que nous découvrirons ci-après. Concernant le terme « demi-heure », voyez la note du § 99.
p. 130coupes. Elles appartiennent à trois périodes quinquaséculaires, caractérisées par les époques 800, 1300 et 1800.
Les quatre premières trompettes, 1, 2, 3, 4, signalent par ses traits caractéristiques, dans un rapide tableau, l'espace d'environ quatre siècles qu'occupent, jusqu'aux Arabes, la décadence de l'empire romain, les mouvements des peuples du Nord et l'hérésie (1).
69. La 7e trompette n'a pas encore sonné ; elle ouvre la 3e partie de l'histoire, à laquelle appartiennent les 7 coupes. Celles-ci doivent accomplir les derniers jugements de Dieu (comp. XI, 15, 19 ; XV, 5, 6, et XVI, 18, 21).
Le Petit Livre.
70. De même que le Livre Scellé contient l'histoire des peuples depuis le Déluge (2), le Petit Livre, où se lit l'histoire de l'Eglise, étant apporté par l'ange environné d'une nuée et sur la tête duquel est le signe de l'alliance et du
(1) Absynthe, Arius ? Amertume ; comp. X, 10. Mahomet est aussi appelé envoyé, étoile ; IX, 1, et I, 20.
(2) D'où il suit que la Bible, qui avait fait connaître la période antédiluvienne, mais qui depuis avait plus spécialement pour objet le peuple élu, contient en réalité par là l'histoire tout entière.
p. 131Le Petit Livre : son ère
Déluge, contient cette histoire de l'Église, tout au moins virtuellement, depuis cette même époque du Déluge.
Mais, d'autre part, cette histoire est déjà explicitement connue par l'ancien Testament jusqu'au point extrême où il conduit dans la nature spéciale du sujet, savoir : le rétablissement du Temple ; c'est là que, lisant dans les profondeurs de l'avenir, le Livre saint a placé le dernier des grands prophètes. C'est donc aussi à ce point que l'Apocalypse doit reprendre, pour le continuer, le récit explicite.
71. Ceci posé, l'histoire de l'Église se compose de deux parties : celle du peuple élu, celle de l'Église de Christ.
La première, qui commence, d'après ce qui précède, au rétablissement du Temple, est contenue dans le chapitre XI, et va jusqu'à la période des 7 coupes, qu'elle comprend (comp. XI, XV et XVI) ; la seconde, dont les commencements sont déjà connus par les récits des apôtres, est reprise à l'époque qui limite l'apostolat de Paul, et développée dans les chapitres XII-XIX ; elle s'étend, comme la première, jusqu'au commencement du Règne de mille ans.
p. 132Histoire du peuple élu.
72. Le premier verset du chapitre XI, qui commence le récit du Petit Livre, vérifie entièrement la détermination de l'époque à laquelle nous venons de conclure qu'il faut placer ce commencement : celle de la reconstruction du Temple ; car il est tout d'abord dit à Jean de mesurer géométriquement le Temple de Dieu, tout en laissant à l'écart le parvis, qui est en dehors du Temple et livré aux Gentils (XI, 2).
73. L'édit de Cyrus est de 536. Les 42 mois du verset 2, mois lunaires (XII, 1), font 1239 ans ; ils conduisent au commencement du VIIIe siècle, en 1239 − 536 = 703. Mais après cette époque, Israël aussi bien que Juda, les deux Témoins (XI, 3) que le Seigneur n'oublie pas, qui se retrouveront et seront encore bénis aux derniers temps de l'histoire (Isaïe XIX, 17, 18, 25), commenceront à se manifester et serviront de témoignage au monde qui foulait la sainte cité (XI, 2). Les 1260 ans de leur prophétie (XI, 3) conduisent à 703 + 1260 = 1963, ou au point remarquable F = 1963,2 (fig. III) ; c'est précisément l'entrée dans l'antichambre, c'est-à-dire dans la phase d'organisation et d'inspiration religieuse de la VIIe dernière période (§§ 10 et 21).
p. 133Les deux Témoins.
74. Quand ils auront achevé leur témoignage, une puissance politique, issue de la mer des peuples (XI, 7), et qui n'est pas nécessairement le 8e roi (XVII, 11), car il n'est pas représenté avec tous les caractères de celui-ci (XIII, 1), les persécutera jusqu'à l'anéantissement, les laissant pour morts et prenant plaisir à contempler leur ruine.
Mais quel est ce témoignage qu'ils doivent achever de donner et qui sera comme le signal déterminant de l'explosion d'une réaction politique violente ? Un trait remarquable l'indique dans la pyramide : c'est la pierre rectangulaire en granit (X, fig. III), qui s'offre immédiatement sous les pieds de celui qui entre dans l'antichambre.
Cette pierre dont le centre marque 1999,825, soit l'an 2000, a son centre distant de 8 périodes historiques de 520 ans (qui conviennent à des méridiens différents) de la date centrale de construction de la Grande Pyramide ; car
520,165 × 8 = 4161,320 1999,825 − 4161,320 = − 2161,495 ;
et la date centrale de la construction de la pyramide, construction qui, d'après Hérodote, a duré 20 ans, est − 2160 ou, d'après les nombres de M. Fl. P., − 2163 (§ 15, 9°), soit en moyenne − 2161,5
p. 134Le témoignage.
Cette pierre, ainsi en rapport évident avec la Grande Pyramide, monument hébraïque, est un temple élevé à l'Éternel (1), une pierre de témoignage qui vient sceller en quelque sorte le long temps de la prophétie d'Israël et de Juda dans un état d'humiliation (XI, 3) et d'abaissement. L'époque d'organisation sera une période de répit, pendant laquelle ce temple sera élevé. Alors comme le dit Isaïe (XIX, 19), l'antique Grande Pyramide et ce nouveau Temple, sur des méridiens différents, seront deux signes, l'un dans le pays d'Égypte, l'autre vers sa frontière, dressés à l'Éternel.
Israël et Juda auront achevé leur témoignage (XI, 7) à l'époque marquée par l'arête sud (β, fig. III) de la pierre, soit en 1999,825 + 23,601 = 2023,426.
75. Remarquons maintenant que le nouveau Temple et le second Temple de Jérusalem sont aussi en relation évidente. Car, entre l'Édit de Cyrus, qui a précédé le second Temple, et le point Y, — milieu entre X, centre de la pierre, et K, fin de l'antichambre, — il y a 5 périodes appartenant
(1) Il est dès lors probable que les données multiples et si variées de l'Antichambre sont dans un rapport symbolique avec la description prophétique du temple d'Ézéchiel.
p. 135Le troisième temple.
à un même méridien. En effet, ce point milieu marque 2039,6425 ;
5 × 515,165 = 2575,825 ;
et
2039,6425 − 2575,825 = − 536,1825,
date de l'Édit de Cyrus.
Ainsi la pyramide qui montrait le nouveau ou troisième temple en rapport immédiat avec la pyramide elle-même, située sur un autre méridien que celui de Jérusalem, relie aussi par une mesure simple ce troisième temple au second situé sur le même méridien.
Tout indique donc que la pierre de granit X est symboliquement le troisième Temple de Jérusalem, et que la construction de ce temple aura des rapports immédiats avec les données de la Grande Pyramide.
76. Mais cette élévation du témoignage d'Israël et de Juda (qui, d'après Isaïe XIX, signale aussi un accroissement de puissance matérielle, provoquant ou accentuant la réaction de Apoc. XI, 7), doit-elle s'entendre uniquement du nouveau temple en lui-même ? Ce témoignage, si intimement lié à la Pyramide, ne commence-t-il pas en réalité à s'élever dès qu'Israël revendique aux yeux du monde sa qualité de peuple élu, au nom
p. 136La période du témoignage.
de sa foi en la Parole et de la lumière qui vient de jaillir pour lui de la mesure (Apoc. XI, 1) de ce temple ou de cet Autel (Isaïe XIX) de pierre ? Si la période du « témoignage » finit avec la dernière pierre du Temple, elle a certainement commencé avec la première mesure du Temple, entreprise consciemment dans l'esprit du peuple élu. Or, cette mesure a été effectuée en 1865, produite au monde en 1866 et 1867 (voy. §§ 2, 46). C'est donc là, c'est-à-dire en 1865-1867, que commence la période du témoignage, à l'aurore de la Constitution, 1870, d'Israël comme peuple-chef (voy. § 21).
77. Observons maintenant que la fin du témoignage, β, est à mi-distance entre son commencement ainsi déterminé et l'entrée dans la chambre du Roi, puisque
2179,66 − 2023,426 = 156,234
et que
2023,426 − 156,234 = 1867,192
(commencement de l'année 1868).
Mais, du commencement du témoignage à l'entrée P, il y a 7 laps de temps de Daniel, égaux à 1335 − 1290 = 45, temps dont le dernier est déjà marqué en « P » ; car
7 × 45 = 315 et 2179,66 − 315 = 1864,66
(courant de l'année 1865).
p. 137Les 3 ½ jours des témoins.
On découvre donc de la manière la plus simple l'explication du passage (XI, 9) ; les jours dont il est question dans ce passage ne sont évidemment autre chose que les intervalles de 45 ans de Daniel. Il y a, en effet, 3 ½ de ces laps de temps caractéristiques, qui font 157,5, de la fin β du témoignage à l'entrée P (la distance mesurée de ces deux points est 156,234) ; et ce sont là les 3 ½ jours (moitié d'une période de 7 jours, liée au témoignage et que nous venons de trouver), pendant lesquels Israël et Juda seront anéantis aux yeux du monde, à partir de la fin du témoignage (XI, 9). Le texte apporte à cette induction une vérification décisive ; il est dit, en effet, que : « après ces 3 ½ jours, l'Esprit de vie de Dieu entra en eux et ils se tinrent sur leurs pieds… une grande voix du ciel leur disant : Montez ici ; et ils montèrent au ciel sur une nuée, et leurs ennemis les virent » ; c'est-à-dire que Apoc. XI a pour vérification tant Apoc. X (par l'entrée du passage de Davison), que Daniel XII, 12, qui s'accordaient déjà pour faire de l'entrée P de la chambre du Roi le moment d'une communication extraordinaire entre le ciel et la terre, ou la seconde venue du Seigneur. Ces trois textes se vérifient ainsi l'un l'autre par l'intermédiaire de la pyramide.
p. 138Histoire de l'Église de Christ.
78. Toute cette interprétation se confirme encore par la suite immédiate du chapitre XI. Car, revenant au point abandonné du Livre scellé, et rappelant brièvement (XI, 14) que la 6e trompette avait déjà sonné, le prophète rapporte (XI, 15) que le 7e Ange « sonna donc de la trompette », et que de grandes voix dirent : « les royaumes du monde sont soumis à notre Seigneur et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles ». Enfin, comme pour ne laisser absolument aucun doute sur ce qu'il s'agit en tout ceci d'Israël et de Juda, réunis maintenant comme autrefois, l'Arche de l'alliance paraît dans le ciel (XI, 19).
79. Le chapitre mentionne, en terminant, les sept dernières coupes, qui appartiennent à la troisième partie de l'histoire ou à la chambre du Roi.
Histoire de l'Église de Christ.
80. Elle commence (chap. XII) immédiatement après la fin des Actes, et elle les continue par la première persécution impériale ; cette première persécution a précédé l'époque à laquelle Jean écrit, après avoir été supplicié lui-même dans la seconde (1), en 95, puis exilé à Pathmos.
(1) Chronologie de Dreiss, p. 141, 5e éd. Hachette, 1883.
p. 139La première persécution impériale et la Réforme.
Par la persécution, l'Église enfante dans la douleur (XII, 2) des enfants à Christ, c'est-à-dire des fidèles qui régneront avec lui (XII, 5 ; XIX, 14, 15).
La persécution dont il vient d'être question a eu deux phases (1).
81. La première phase, en 64, est liée à l'incendie (XII, 3) de Rome et à des accusations politiques où se manifeste déjà (2 Th. II, 7, et Apoc. XVII, 5) l'esprit (XII, 3) qui provoquera plus tard la confusion du monde et de l'Église (XIII).
Les martyrs sont la semence de l'Église ; la persécution crée des apôtres, et l'on retrouvera ses fruits chez des peuples actuellement comme perdus dans le désert de l'histoire. Dans ce désert, l'Église sera en secret nourrie de la Parole pendant 1260 ans (XII, 6) ; cette durée conduit à la naissance de la Réforme, déjà indiquée par le changement de niveau KL, figure IV, naissance de Wiclef, 1324 (§ 29). Car 64 + 1260 = 1324.
82. La seconde phase est, en 67, celle de la persécution directement exercée contre la prédication de l'Évangile (XII, 9, 11 ; Luc X, 1-18), et
(1) Ibid., pp. 139 et 140.
p. 140Le nombre de la Bête.
dans laquelle (selon la tradition) périt saint Paul. Mais la semence portera encore du fruit ; il se retrouvera plus tard dans un grand empire du nord, après 3 ½ temps (XII, 14) ou
3 ½ × 515,165 = 1803,0775 ;
c'est-à-dire en
67 + 1803,0775 = 1870,08 ;
c'est la constitution de l'Israël des derniers temps, dont saint Paul est comme l'apôtre.
83. C'est en vain que les flots des peuples du nord, dans le désordre social qu'ils provoqueront, risqueront d'étouffer la semence de cette Église cachée ; la terre engloutira le fleuve et en deviendra plus féconde (XII, 15, 16).
84. Après la période des persécutions (XII) vient celle de l'union adultère de l'Église et du monde (XIII) ; et, pour l'homme spirituel qui contemple cette phase de l'histoire, le miel se change en amertume (X, 10).
Ce sujet a déjà été traité plus haut (§§ 52 à 58).
La date donnée par Daniel et l'Apocalypse, 843, et celle donnée par Daniel, 330, distantes entre elles d'une période quinquaséculaire, sont caractéristiques, et signalent les deux époques critiques qui sont les pivots de notre interprétation.
p. 141Le nombre de la Bête.
85. Il reste à dire un mot du nombre de la Bête (XIII, 16-18). Il est recommandé de compter ce nombre (qui est donné, 666) avec intelligence, c'est-à-dire d'y attacher un sens spirituel ; c'est un nombre humain (par opposition au nombre divin, qui sera 777) ; d'ailleurs, la marque de la bête ne paraît être autre chose que le χξσ′ (voyez alinéa suivant) qui exprime son nombre (1).
On a trouvé une multitude de noms d'hommes convenant à la nature du sujet et ayant pour nombre (2) 666 ; mais la nécessité de recourir alors au sens spirituel pour faire un choix, choix qui, d'ailleurs, en fait, est jusqu'ici resté incertain, vérifie que, suivant la recommandation expresse du texte, c'est par la préoccupation d'une conception purement spirituelle qu'il aurait fallu tout d'abord se laisser guider. Il est surprenant, d'ailleurs, qu'on ait accordé si peu d'attention au fait que le Livre lui-même s'explique, qu'il donne même le nom spirituel au chapitre XVII, 3, 5. Ce nom, c'est Babel ou confusion, comme l'exprime également la marque χξσ′, ou Christ traversé par le serpent ; le nombre de ce nom sera bien 666 ; il symbolise la tentative
(1) χ = 600, ξ = 60 et ϛ (= σι) = 6.
(2) C'est-à-dire tels que la somme des valeurs numériques des lettres qui les composent, évaluées d'après le système de numération grec, soit égale à 666.
p. 142Le nombre de la Bête.
impuissante et sacrilège de la nature humaine pervertie, qui s'efforce de réaliser le divin 777 au moyen de l'humain, mais qui ne peut pas plus l'atteindre en réalité que, lors de la première grande confusion de l'humain et du divin, la Tour de la confusion (Babel) ne parvenait à atteindre le ciel.
Ce nombre spirituel 666, d'un nom spirituel, est effectivement reproduit dans la pyramide, et de la manière la plus ingénieuse.
L'histoire de la vraie Église a pour route, on l'a vu, le passage horizontal qui mène à la chambre de la Reine. Or, sur la pierre qui scellait l'entrée de ce passage, est écrit par un nombre le nom de la vraie Église.
Cette pierre découpe sur l'échelle ascendante qui lui sert de fronteau, un espace égal à 7. 7. 7 — 10. 10, égal encore à 3. 3. 3. 3 (voy. § 27).
5 et 10 sont les nombres de l'intelligence et de l'activité humaines normales ; 7 et 3, des nombres divins.
Cela veut dire que, d'un côté, la vraie Église renfermera le divin joint à l'humain normal, mais sans les profaner par la confusion, et en reconnaissant constamment son indignité au regard de Dieu (7. 7. 7 — 100) ; mais qu'en même temps, composée d'enfants de Dieu, elle réali-
p. 143Le nombre de la Bête.
sera une union intime et parfaite avec le divin ; l'humain 5, comme absorbé et caché dans le divin, jamais cependant ne le dénaturera (3. 3. 3. 3).
La fausse Église, au contraire, confondra son royaume avec celui de Dieu, se donnera comme elle-même de nature divine et fera du divin non seulement avec de l'humain, mais avec de l'humain impuissant et corrompu, aspirant à 7 et n'y pouvant parvenir. A elle appartiendront jusqu'à la naissance de la Réforme, 6 des 7 périodes intentionnellement indiquées (voy. § 33), qui s'étendent de O à M′ (fig. IV) (1). Chaque période est égale à 216 = 6. 6. 6 ; en vain elle se répète 6 fois et s'épuise ; elle n'arrive jamais à établir le changement de niveau spirituel (fig. IV, point K), la nouvelle naissance pour laquelle doit intervenir sans mélange le divin lui-même, et ainsi elle marche sans cesse dans la confusion qu'exprime son nombre. En prenant K = 1303 (P. S. 1303,03), on a en effet 1303 = 6 × 6.6.6 + 7.
Le passage XIII, 18, renferme donc un sens spirituel très instructif et très profond, digne du caractère de tout le reste du Livre ; mais on voit
(1) Déjà au temps de saint Paul, le « mystère d'iniquité » se préparait (II Th. II, 7).
p. 144Le nombre de la Bête.
que la pyramide seule permettait de compter le nombre dans toute sa profondeur (1).
86. La vision continue, toujours dans l'ordre chronologique parfait, au chapitre XIV ; après la fausse Église vient celle qui, appuyée sur l'ancienne alliance, chante cependant un cantique nouveau (1, 3), cherche sincèrement la vérité (5) et porte l'Évangile éternel à toute nation, tribu, langue et peuple (6). Enfin, après cette histoire de la Réforme et de ses conséquences, et un passage remarquable (XIV, 12, 13, 14), à rap-
(1) Redisons encore que, d'après le texte, il n'est nullement question de trouver un nom dont la valeur numérique, obtenue comme on l'a rappelé dans une note précédente, soit 666, mais bien de compter avec intelligence le nombre donné χξσ, c'est-à-dire d'en combiner les caractères, guidé par le sens spirituel du nom, aussi donné, qui est Babel ou confusion. Il est évident que l'une des raisons d'être de cette figuration arithmétique, en elle-même d'ailleurs très expressive, est de fournir une preuve très délicate et très précise de la concordance de la Bible et de la pyramide. La condition de multiplier les trois caractères 6 de 666 pour produire 216, en faisant appel à une notation algébrique toute moderne, indique à elle seule que la découverte du sens exact ne convenait qu'à l'époque actuelle ; et ce qui enlève toute espèce de doute, c'est que le même procédé de multiplication est appliqué au nombre divin 777, nombre que de cette manière la pyramide reproduit sur le fronteau du passage horizontal, après avoir divisé en 7 parties le sol de ce passage pour faire connaître, toujours par cette même notation, le nombre 666 ou 6. 6. 6 = 216.
p. 145La fausse et la vraie Église.
procher de (III, 10) et qui semble faire allusion à l'enlèvement de l'Église (1), est mentionnée
(1) Événement mystérieux, faisant partie des choses cachées des sept tonnerres (X, 4 ; fig. III, Da) et dont nul ne sait ni le jour ni l'heure (Mat. XXIV, 42). C'est un fait digne de remarque, que la manière dont l'Apocalypse s'accorde avec la prédication immédiate du Seigneur dans l'Évangile, pour affirmer l'existence d'événements dont en même temps la révélation nette, soit quant à l'époque, soit quant à la nature, est refusée. Cette observation nous conduit à faire la conjecture annoncée au § 57, sur la raison d'être du caractère systématique de la différence entre les nombres de Daniel, relatifs à la période d'un siècle qui précède l'avènement du Seigneur, et les nombres de la pyramide relatifs à cette même période d'un siècle représentée par le second passage bas (KP, fig. III). Tandis qu'une concordance exacte existe entre d'autres parties du système de la pyramide et du système prophétique, que même, ce qui est ici digne de remarque, le nombre marqué par l'extrémité de l'échelle chronologique de la pyramide, au fond de la chambre du Roi, limite d'une manière précise les quatre temps de Daniel composant la vie de la puissance spirituelle du huitième roi, fondée en 325 (voyez § 58), les nombres de la phase KP de la pyramide et de la phase correspondante de Daniel, phases qui précèdent le second avènement, font exception : la première d'entre elles est tout entière en retard sur la seconde d'une unité et demie environ. Tout porte donc à considérer le retard systématique comme intentionnel, et l'impossibilité de mettre en coïncidence rigoureuse les indications littérales de la prophétie et de la pyramide comme la traduction de la déclaration formelle du Nouveau Testament relative au voile dont l'époque exacte de plusieurs des événements des derniers temps restera enveloppée. Par le fait de l'étendue de la région flottante qui mesure l'indécision, met l'enseignement de la pyramide d'accord avec celui de l'Écriture : il est recommandé d'observer les signes précurseurs de l'avènement du Seigneur, et l'on pourra par eux être assuré qu'il est proche ; mais quant au jour et à
p. 146La fausse et la vraie Église.
la période finale des 7 coupes (1). Après les 7 coupes, qui portent au comble l'impiété des hommes (XVI, 21), et l'annonce de la condamnation et de la ruine de la Grande Babylone (XVII, XVIII), ou de l'œuvre de l'esprit de con-
l'heure (1), c'est-à-dire quant à la date exacte, nul ne les connaîtra. Il est utile de rappeler aussi, à l'égard de l'interprétation des derniers temps, que l'Écriture n'autorise nullement à identifier chronologiquement l'enlèvement de l'Église et le second avènement ; ces deux événements diffèrent essentiellement en ce que le temps du premier n'est pas même indiqué d'une manière approchée, comme l'est celui du second. L'entrée dans le Règne sera une manifestation universelle, mais le premier retour sera invisible au monde, et son attente continue doit être aujourd'hui, comme elle l'était dans les premiers temps de l'Église, l'état d'âme habituel du chrétien ; chaque jour écoulé l'en rapproche, et chaque jour il peut s'attendre à en voir la réalisation. Le symbolisme de la pyramide, sans doute, paraît assigner à la date de cet événement mystérieux une limite inférieure, qui est celle du Grand Degré ; mais cette limite inférieure est précisément l'époque actuelle, c'est-à-dire celle à laquelle, pour la première fois, la connaissance de cette limite elle-même est donnée. Ainsi tout est combiné pour qu'à aucun moment de l'histoire de l'Église son état d'attente incessante ne soit interrompu.
(1) Elle est ici (c'est-à-dire dans l'histoire de l'Église) annoncée par une voix, et non plus (comme dans l'histoire du Peuple élu) explicitement par la 7e trompette ; ceci indique une différence entre la dispensation relative à l'Église et celle relative au peuple élu (probablement où l'enlèvement de l'Église a précédé le second avènement), et doit être rapproché de la remarque de la note précédente.
(1) Nous croyons d'ailleurs que dans leur sens vraiment essentiel et profond (ainsi que depuis nous l'avons exposé avec soin dans les Leçons sur la Parole de Dieu), ces termes font allusion à l'instant, réellement inconnu celui-là, pour chacun de nous, de notre mort, et qui détermine notre comparution devant le Seigneur.
p. 147Le Règne de « mille » ans.
fusion où et quelque part qu'il ait accompli cette œuvre (œuvre dont la puissance du chap. XIII est le type et l'origine), vient, avec ses rachetés, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, la Parole de Dieu (XIX, 11-16) ; c'est la confirmation définitive du Règne (XIX, 6), immédiatement suivie de la destruction de toutes les puissances terrestres malfaisantes (XIX, 19-21) et de la victoire sur l'Esprit du mal lui-même, mis dans l'impossibilité de nuire (XX, 1-3).
Le Règne comprend « mille ans » (XX, 4) ; puis viennent la dernière révolte (7-10) ; le Jugement ; enfin, les nouveaux cieux et la nouvelle Terre où la Justice habite, où il n'y a plus ni deuil, ni cri, ni travail, car les premières choses sont passées et la mort n'est plus (XX, 1-4).
87. Par une opposition esthétique aisée à sentir, de même que, dans le cours du Livre prophétique, il fallait prendre figurément l'espèce du laps de temps quand on prenait littéralement le nombre (comme dans 1260 jours qui font 1260 ans), de même, quand on donne littéralement l'espèce du temps, il faut en prendre figurément le nombre. C'est pourquoi il semble qu'ici le nombre mille, joint au mot ans qui apparaît pour la première fois, exprime figurément un temps
p. 148Le Règne de « mille » ans.
très long. Il y a de cela une autre raison esthétique et littéraire qui sort de la nature même du sujet : au point où le lecteur est conduit, tout en entendant que le Règne ne durera pas toujours, il est reconnaissant de ce que sa durée ne soit pas indiquée d'une manière concrète. C'est en quelque sorte un acheminement vers la nouvelle Terre et les Cieux nouveaux eux-mêmes, auxquels aucune durée n'est assignée.
Ceci trouve confirmation dans la pyramide ; tout y paraît indiquer qu'en effet la durée du Règne sera de beaucoup supérieure à « 1000 années ».
Déjà nous avons vu comment la période quinquaséculaire est symbolisée dans la chambre du Roi et dans les chambres de construction qui la dominent, comment tout cet ensemble figure la nature à la fois céleste et terrestre du Règne. Or, dans la chambre du Roi, les 5 assises des parois tracent autour de la chambre cinq cycles millénaires, et elles semblent, en formant idéalement une spirale montante vers le ciel (les chambres de construction), continuer l'échelle chronologique horizontale ; cette continuation idéale de l'échelle chronologique est le symbole d'une très longue durée, pour nous indéterminée ; or, elle sert en quelque sorte d'enveloppe au Règne ; elle le défi-
p. 149La période des sept coupes.
nit même de nouveau comme à la fois divin et humain : la plus élevée des cinq assises, ou le dernier des cinq cycles, renferme 7 pierres de parement (nombre divin) ; et en même temps ces cinq assises ou cycles constituent bien un tout, un ensemble systématique humain, car dans leur totalité elles contiennent exactement 100 pierres.
La période des sept coupes.
88. Au sujet de la chambre du Roi, un point important reste à élucider. La 7e trompette ouvre la chambre du Roi, et les 7 coupes appartiennent à cette chambre. C'est ce que vérifie tout d'abord d'une manière remarquable la distribution en 7 panneaux parallèles (1) de la voûte horizontale de cette chambre, voûte qui sépare de la terre le temple céleste duquel sortent les 7 Anges qui versent leurs coupes sur la terre (XV, 5-7). Mais ces panneaux, ayant leurs longueurs parallèles à l'échelle chronologique qui va jusqu'au fond de la chambre, ne divisent pas cette échelle, c'est-à-dire ne font pas connaître la chronologie des coupes. Ils établissent seulement l'existence d'une relation entre la chambre du Roi et la période des coupes, d'une manière tout à fait
(1) Life and Work, t. II, p. 111.
p. 150La période des sept coupes.
analogue à celle dont les 7 parements de la grande galerie en établissaient une entre cette galerie et la période des 7 trompettes. Il y a là un rapprochement des plus remarquables. Il s'agit maintenant de savoir jusqu'où s'étend dans la chambre cette période des coupes, la dernière des jugements provoqués par l'impiété des hommes, et quel signe caractéristique la révélera.
89. Entrons dans la chambre. Nous apercevons les 5 assises horizontales superposées, ayant chacune ses joints verticaux. L'échelle chronologique va tout droit jusqu'au fond sud de la chambre ; là finit exactement, d'après la loi historique, la vie complète de la puissance que l'avènement du Règne vient anéantir. Or, 1° sur le sol de la chambre il n'y a aucune trace de division par 7 ; 2° à droite et à gauche, l'explorateur voit bien les joints verticaux des parois est et ouest lui assigner des étapes ; mais comme, même en comptant les joints-limites, intersections de ces parois avec les parois nord et sud, chaque assise, est ou ouest, ne présente au maximum que 6 joints et 5 pierres, il n'aperçoit là non plus aucune trace de division par 7. Enfin, en faisant la somme soit des joints, soit des pierres, des assises est et ouest de même niveau,
p. 151Le temps « abrégé » de la fin.
le nombre 7 ne se présenterait que pour la quatrième assise à partir du sol ; et encore ne trouverait-on qu'il y égale la somme des joints qu'en faisant abstraction des joints-limites nord et sud. Tout cela signifie qu'on ne découvre aucun signe caractéristique des coupes en relation immédiate avec l'échelle chronologique, si l'on marche dans le temps jusqu'à la fin de la vie normale de la Bête.
90. Ceci fait souvenir que le temps de la grande Tribulation de la fin a été abrégé (Matt. XXIV, 22 ; Marc XIII, 20) ; ce qui veut dire que la puissance à vaincre se verra enlever une partie du temps que la loi naturelle lui aurait accordé pour développer toutes ses forces. Supposons donc que la victoire définitive qui confirme le Règne ait lieu dans l'axe central de la chambre du Roi, symbole qui serait remarquablement expressif. Considérons le plan médian M, est-ouest, passant par l'axe ; les parois parallèles nord et sud, N et S ; et les six plans horizontaux P₁, P₂, P₃, P₄, P₅, P₆, comptés depuis le sol P₁, qui limitent les cinq assises horizontales I, II, III, IV, V (soit est, soit ouest) des parois E, est, ou W, ouest.
Les plans P et les plans M, N, S, E, W parta-
p. 152Le temps « abrégé » de la fin.
gent la chambre en 10 compartiments ; 5 entre M et N, et 5 entre M et S. Chacun d'eux a pour facettes est et ouest deux des demi-assises de même niveau. Comptons, du nord au sud, les joints dans chacune de ces facettes, en y comprenant leurs limites, c'est-à-dire leurs intersections avec le plan M, et avec N ou S. Nous obtiendrons le tableau suivant :
De N à M De M à S
I II III IV V I II III IV V
Paroi E, Nombres des joints, 5 3 4 4 2 3 3 3 4 2
Paroi W, Nombres des joints, 4 3 4 4 2 4 5 3 3 2
Additionnant les nombres de chaque colonne verticale et retranchant 2 de chaque somme, nous aurons les nombres de marques différentes tracées sur l'échelle chronologique pour l'observateur qui marche, dans les divers compartiments, du nord au sud. (On retranche 2, parce que les deux intersections de E et W avec M se réduisent à une, et qu'il en est de même pour les deux intersections de E et W avec N ou S.) Les nombres de marques différentes sont dès lors
I II III IV V
De N à M 7 4 6 6 2
De M à S 5 6 4 5 2
Or, tous ces nombres, sauf le premier, sont infé-
p. 153Les signaux des sept coupes.
rieurs à 7. Ainsi, des 10 compartiments, le premier, celui dans lequel on pénètre immédiatement en entrant dans la chambre et en continuant l'échelle chronologique jusqu'au plan médian M, présente seul le nombre 7. Cette propriété, spéciale à l'assise inférieure qui s'appuie sur l'échelle chronologique, était un signe symbolique très propre à indiquer sur cette échelle la place qu'y occupe la période considérée, et ce signe doit paraître ici d'autant plus remarquable que sa connaissance résulte de l'interprétation d'un passage de l'Écriture (voyez le commencement de ce paragraphe) qui, dans la théorie actuelle, à raison de sa nature même (c'est-à-dire de son caractère chronologique), devait nécessairement trouver une explication.
Il ne suffit pas d'ailleurs que les arrêts marqués par les signaux verticaux de droite et de gauche soient au nombre de 7, il faut encore qu'ils soient différents. Or, non seulement ils sont effectivement différents, mais ils alternent de manière à former système. Ils marquent, en effet, à partir de l'entrée N, qui est le premier, et jusqu'au plan médian M, qui est le dernier, les distances
p. 154Le tableau historique de Daniel, X-XII.
1 2 3 4 5 6 7 N Gauche Droite Gauche Droite Gauche M 0 16,8 34,4 47,3 66,6 91,2 103,03
Nous concluons de là que la période des 7 coupes s'étend de l'entrée dans la chambre à l'axe de la chambre, et que celui-ci, conformément à notre hypothèse, symbolise lors la victoire définitive sur les puissances du mal.
Nous trouverons plus loin une remarquable vérification de cette déduction dans l'étude du système inférieur de la pyramide.
γ) Digression. — Coup d'œil rétrospectif sur les chapitres IX à XII du Livre de Daniel.
91. L'ensemble des notions que nous venons d'acquérir nous permet d'interpréter plusieurs passages du Livre de Daniel, particulièrement intéressants soit en ce qu'ils constituent des vérifications de nos déductions antérieures, soit en ce qu'ils servent de clef à la suite de notre sujet. Ce dernier cas se présente pour l'analyse qu'il nous reste à faire des Épîtres aux Sept Églises (histoire spirituelle de l'Église : chapitres I à III de l'Apocalypse) ; telle est la raison pour laquelle cette analyse est placée à la suite de la digression actuelle.
p. 155Le tableau historique des chapitres X à XII.
1° Le tableau historique des chapitres X à XII.
92. Les chapitres X, XI et XII, qui terminent le livre de Daniel, se continuent l'un l'autre et n'en forment en réalité qu'un seul ; ils tracent un tableau historique de la marche de l'humanité, depuis l'époque de Daniel jusqu'aux derniers temps, en prenant pour argument, à chaque époque, l'opposition politique du nord et du midi.
Les limites du récit sont nettes. La partie finale, XI, 45 et XII, 1 (indiquée déjà, X, 14), conduit au commencement du Règne à venir, c'est-à-dire à l'entrée de la chambre du Roi, 2180. Le commencement, X, 13, et XI, 1, reporte au temps même de Daniel (Cyrus, Darius le Mède et Cambyse), c'est-à-dire a pour limite — 536.
On voit se succéder :
La fin du royaume des Perses, comme cela est dit explicitement (XI, 2) ;
L'empire d'Alexandre, — 330, et son partage entre ses généraux (XI, 3,4) ; puis (5-13) la lutte d'environ trois siècles entre les deux facteurs caractéristiques des réactions du nord et du midi, la Syrie et l'Égypte. (Il y a des traits très particuliers aisément reconnaissables, comme, par exemple, XI, 6, 7 [Bérénice]).
p. 156Le tableau historique de Daniel, X-XII.
Le centre de l'intérêt se déplace ensuite vers l'Occident ; c'est le nord, ce sont les Romains qui, irrésistiblement, finissent par dominer, étendant leur puissance vers le sud, en Judée et en Égypte (14, 18) (XI, 17, Cléopâtre) ; suivent 1° leur extension vers le nord, et un effort éphémère d'établissement dans la Grande-Bretagne (18) qui, plus tard, elle-même Roi de l'Aquilon, sera l'adversaire désigné du monde romain ; 2° l'affaiblissement progressif de leur rayon d'action, et cette décision inattendue de Constantin (329) par laquelle Rome tombe et ne se retrouve plus, attendu qu'une autre cité a enlevé en fait sa puissance et ses droits, et que, pour elle, il n'est plus être que d'être comme un sous-ordre du pouvoir impérial (19-21).
Plus tard, à ce pouvoir de sous-ordre se substitue, en fait aussi, celui de l'Évêque de Rome ; pouvoir humble dans ses commencements, que le déluge des peuples barbares ne renverse pas et qui, par son ascendant moral, est véritablement, à un moment donné, le Chef d'un accord (21, 22). Mais ce pouvoir, par sa ruse et son habileté, après s'être fait bien venir de tous, jettera le masque et deviendra le plus puissant pouvoir temporel de l'Europe (23). Entretemps, il aura eu pour lieutenant de son œuvre, les
p. 157L'Israël anglo-saxon, dans Daniel.
Francs ; l'histoire de ceux-ci se résume dans leur établissement en Gaule, leur lutte contre les Arabes (le roi du Midi, 25), que suit une espèce de transaction louche avec la puissance des Califes ; enfin, par le sceau que leur puissance met à son entente avec la papauté en léguant à celle-ci l'empire du monde, en 843. (Vers. 24, 25, 26, 27, 31.)
93. Mais ce grand fait est précédé de deux autres dont la mention est caractéristique et d'un intérêt fondamental au point de vue de notre étude. Le premier est la guerre contre les Saxons (vers. 28) ; le second, celle contre les Lombards, pendant cette fin de règne que vinrent troubler les incursions des Normands (29, 30). Or, ces Saxons et ces Normands, les uns persécutés, les autres menaçants, sont les uns et les autres désignés comme les peuples de la « Sainte Alliance ». Ce remarquable passage, inexplicable en dehors de la théorie de l'identité d'Israël et des Anglo-Saxons, devient au contraire par elle un trait de lumière véritablement décisif.
94. Après la lutte contre la « Sainte Alliance », les Francs s'entendront avec les « Apostats de la Sainte Alliance », et l'« abomination » sera mise dans le sanctuaire (31). C'est l'époque 843,
p. 158Le « huitième roi », dans Daniel.
établie déjà de plusieurs manières par la prophétie.
Aussi l'on va voir clairement dépeint le « huitième roi », dont le règne remplit dès lors l'histoire. Parlant implicitement contre le Dieu des dieux (36), tout en instituant un culte somptueux (38), il persécutera ceux qui garderont fidèlement l'Alliance, et il en fera prévariquer d'autres (32, 35). Lui qui se distingue de tous les peuples en ce qu'il érige le célibat en système (37), aura pourtant, comme tous les peuples, des guerres de conquête ou d'intérêt national, et dans ces guerres (les croisades) il prendra le parti d'un dieu qu'à la fois il connaît et ne connaît pas (39).
Ce règne du « huitième roi », c'est la raison d'être de toute notre histoire moderne. Il nous conduit jusqu'aux temps actuels, ces temps où le roi de l'aquilon, passant à travers l'Europe, rentrera dans les anciennes terres de l'histoire, l'Égypte et le pays d'Israël (40-43), et y étendra sa domination jusqu'à ce que lui-même, comme toute puissance terrestre, tombe à son tour (XI, 45) et ouvre le Règne de Celui qui seul est Roi des rois et Seigneur des seigneurs (XII, 1).
95. Il est intéressant d'observer la manière
p. 159dont cette grande prophétie respecte la perspective historique. En comptant par versets, on a d'abord, — de XI, 3 à XI, 17, 18, — 16 versets de l'époque d'Alexandre à l'ère chrétienne ; puis, — de 18 à 31, — 13 versets jusqu'à la fin de l'empire franc et au commencement de l'empire des papes (843) ; enfin, — de XI, 31 à XII, 1, — 15 versets qui conduisent jusqu'à l'entrée du Règne en 2180. Or, ces trois étendues égales du récit correspondent à des laps de temps respectifs de 400, 800 et 1300 ans, — soient 400, 2 × 400 et 3 × 400 ans.
2° La 70e semaine du chapitre IX.
96. Les temps de Daniel, qui ne sont autre chose que les périodes historiques des peuples, données par la loi de Brück et par la pyramide, éclaircissent un passage célèbre de l'Écriture, resté jusqu'ici tout à fait inexpliqué. Il s'agit du sens de la 70e semaine de la prophétie du chapitre IX, chapitre que nous avons plus haut laissé intentionnellement de côté en passant en revue le Livre de Daniel.
97. Daniel ayant connu, par la prophétie de Jérémie, que la captivité durerait 70 ans, supplie le Seigneur de ne pas tarder à mettre sa promesse p. 160 à exécution, et de rétablir Jérusalem et le Temple. Il se reporte au temps où Dieu a tiré les Israélites d'Égypte et s'est acquis un nom (IX, 15) ; il rappelle l'infidélité de ce peuple, manifestée par toute son histoire ; mais en même temps il s'humilie, et prie Dieu de mettre un terme à l'opprobre de la captivité. C'est alors que la Parole que l'Ange a entendue de la bouche de Dieu dès le « commencement » (IX, 23) des supplications de Daniel, lui est apportée par cet Ange. Voici ce que cette Parole déclare tout d'abord : « Il y a 70 semaines déterminées sur ton » peuple et sur ta sainte ville » (donc, non pas seulement sur la ville, mais, avant même cela, sur le peuple), « pour abolir la déloyauté, con- » sumer le péché, faire propitiation pour l'ini- » quité, amener la justice des siècles, clore (ou » sceller) la vision et la prophétie et oindre le » Saint des Saints ». La fin de cette déclaration, prise dans son sens naturel, s'applique, non au temps de la mort du Sauveur, mais bien aux tout derniers temps.
D'ailleurs, aucune ère n'est assignée à ces 70 semaines, et rien n'assigne une ère commune à toutes. Le point extrême des derniers temps auquel elles conduisent, fait dès lors penser aux commencements que rappelle Daniel, à cette p. 161 époque à laquelle le Seigneur a tiré son peuple d'Égypte et « s'est acquis un nom, tel qu'il » paraît aujourd'hui » (IX, 15) ; et si l'on fait attention que la Parole répond à ce qui a été dit dès le commencement des supplications (IX, 23), on verra naturellement dans cette première déclaration une donnée générale embrassant toute la vie du peuple, depuis les temps du Sinaï et la prise de possession de la Terre promise jusqu'au dernier temps du rétablissement.
98. Cette déclaration générale est ensuite analysée, et décomposée en deux autres :
1° Depuis le décret donnant l'ordre de rebâtir Jérusalem jusqu'à un premier conducteur, le « Christ », il y a 69 semaines ; ce sont des semaines d'années ; le décret est d'Artaxercès Longuemain, en — 453 ; 69 × 7 = 483, et en effet : 483 − 453 = 30.
Ce résultat prouve bien que l'onction du Saint des Saints (IX, 24), qui ne doit avoir lieu qu'après la 70e semaine, ne peut être entendue du baptême de Jésus.
Ces 483 ans écoulés, le Christ, premier conducteur, sera retranché comme un innocent qui paye pour un coupable (IX, 26) ; puis un peuple, p. 162 qui aura plus tard pour chef un second conducteur, différent du premier, détruira la ville et le sanctuaire. Ceci conduit jusqu'à la destruction du Temple, en 70, par le peuple romain, c'est-à-dire par le peuple dont l'Empire remplira la Terre et duquel, conformément à tout l'ensemble de la prophétie, doit sortir, virtuellement, l'Antichrist.
2° Les deux conducteurs ayant été ainsi nettement opposés, vient la seconde partie de la prophétie (IX, 27) : « Dans une semaine » il confirmera l'alliance à plusieurs ; et « à la moitié de cette semaine » il fera cesser le sacrifice et l'oblation ; cette abolition elle-même, par le moyen de l'esprit d'idolâtrie, « les ailes abominables », deviendra la cause d'une désolation qui, dans une mesure entièrement déterminée d'avance, fondra plus tard sur celui qui en aura été l'auteur.
Il est clair, par la nature même de leurs œuvres différentes [cette différence de nature est d'ailleurs nettement soulignée par le Livre de Daniel (XI, 31, 32)], que les deux pronoms il ne se rapportent pas au même conducteur, mais bien le premier au premier et le second au second.
99. Cela posé, quelle est cette 70e semaine, qui p. 163 ne s'explique nullement si l'on en fait sept années placées à la suite de la 69e semaine ?
Mais le Livre de Daniel lui-même prend soin de l'indiquer : car, lorsqu'à la suite de toutes les révélations qu'il a reçues, Daniel demande « quand sera la fin de ces merveilles (XII, 6) ? » il lui est répondu qu'elle limitera 3 ½ temps ou la moitié d'une semaine de 7 temps. La 70e semaine, de laquelle il n'est dit nulle part qu'elle suit les 69, doit donc, selon toute vraisemblance, être cette semaine de 7 temps dont l'existence est certaine par le passage précédent (1).
100. Remarquons maintenant que le texte appelle successivement l'attention sur le peuple et sur sa patrie (la ville sainte).
A. Pour la patrie (un méridien fixe), la semaine qui vient d'être définie vaut 7 × 515,165 = 3606,155 ans ; retranchés des 2133 auxquels ont conduit les autres nombres de Daniel concernant le même objet, ces 3606,155 ans font connaître l'ère — 1473,155, c'est-à-dire l'entrée dans la p. 164 Terre promise après la sortie d'Égypte, cette entrée que Daniel avait rappelée tout d'abord. En effet le nombre de la pyramide pour la sortie d'Égypte est — 1512,5 à — 1515,7 (§ 17), et les 41 ans écoulés jusqu'au passage du Jourdain donnent dès lors pour l'entrée dans la Terre promise — 1471,5 à — 1474,7, soit en moyenne — 1473. Les 1516 ans de la chronologie biblique conduiraient, de leur côté, à 1475.
B. Mais il reste encore des traits inexpliqués. D'abord, cette semaine relative à la patrie du peuple saint ne se termine pas à l'entrée du Règne du Christ, quand le sceau est mis à la vision et à la prophétie, car cette parole, l'Écriture l'explique elle-même (Apoc. X, 7 et XI, 15), s'applique au commencement de la 7e trompette. De plus, ce grand laps de temps qui aboutit au Règne et qui commence à « l'abolition de la Déloyauté », doit commencer à « l'établissement de la Loi » ; cette grande semaine pendant laquelle le Roi à venir confirmera son Alliance, doit donc commencer à cette Alliance, c'est-à-dire encore à la Loi du Sinaï, ou à la sortie d'Égypte que rappelait Daniel au commencement de ses supplications.
Ceci amène naturellement à considérer la grande semaine relative au peuple saint et non plus à la ville sainte.
(1) Nous verrons plus loin (§ 100) que cette grande semaine comprend sept des douze heures qui s'écoulent de l'entrée du Prince de ce monde dans son règne (la chute d'Adam) jusqu'à l'entrée du Seigneur dans son règne. C'est pour cela que le « temps » peut être appelé « heure » et que le « demi-temps », comme dans Apoc. VIII, 1, vaut une « demi-heure ».
p. 165La valeur chronologique des temps de cette semaine doit tout d'abord être cherchée parmi celles que le Livre de Daniel, d'accord avec la pyramide et la Loi de Brück, a déjà fait attribuer à la durée désignée par ce terme de temps ; ces valeurs possibles (515,165 et 516 ; 520,165 et 521) ont été mentionnées aux §§ 19 et 20.
Dans la question actuelle, deux considérations peuvent d'ailleurs, a priori, déterminer la plus probable d'entre elles :
1° Si cette semaine d'Alliance commence à la sortie d'Égypte, conformément à ce que l'on vient de remarquer, les temps ne sont plus, selon toute vraisemblance, relatifs à un même méridien fixe (comme lorsqu'il s'agissait de la patrie du peuple élu), et ils doivent désigner les valeurs 520,165 ou 521 ;
2° D'un autre côté, le choix de la plus grande de ces valeurs, 521, semble appuyé par le texte, en ce sens qu'il présente cette semaine totale, qui s'étend depuis l'alliance jusqu'au Règne, qui comprend ainsi tout l'Ancien et tout le Nouveau Testament et qui réalise l'attente définitive de l'humanité, avec le caractère d'un maximum d'extension.
Mais on se laisserait guider par ces raisons pour choisir la valeur dont il est question, ou, p. 166 n'en tenant pas compte, on admettrait l'une des trois premières, moins probables, qu'aucune des semaines obtenues par ces manières possibles de compter les temps, ne représenterait cependant d'une manière arithmétique la durée de la Grande Semaine d'Alliance dont les limites ont été fixées (voyez plus haut, 1er alinéa de B).
Faut-il conclure de là soit que la concordance entre la Bible et la pyramide est ici en défaut, soit que la solution est pour nous impossible ? Oui, si nous avons mis en œuvre toutes les données dont nous disposons ; non, dans le cas contraire. Or, c'est effectivement ce qui a lieu. La difficulté vient simplement de ce qu'en ce problème, comme en tout autre, la méthode consiste à introduire successivement toutes les données, et de ce qu'un dernier trait de la prophétie reste, qui jusqu'ici n'a jamais été expliqué : c'est la subdivision des 69 semaines en 7 et en 62.
En disant qu'après 7 semaines et 62 semaines, c'est-à-dire après 69 semaines, viendra le Christ, la prophétie indique tout d'abord clairement qu'il faut mettre à part un groupe de 7 semaines d'années, ou 49 ans. Ceci posé, elle reprend ensuite sa donnée générale des 69 semaines, et, en parlant de leur accomplissement, elle dit que p. 167 cet accomplissement (le Christ sera retranché, etc.) aura lieu après les 62 semaines (celles par lesquelles les 69 viennent d'être subdivisées et qui en forment la seconde partie) ; c'est-à-dire que, tout en s'occupant ici du groupe total des 69 qu'elle vient de former avec les 62 ajoutées aux 7, elle laisse entendre que ces 7 doivent encore servir de base à une autre combinaison. Comme en même temps, en ne citant que 69 des 70 semaines, elle attire l'attention sur la 70e, tout enseigne à former un groupe avec les 7 semaines d'années, ou les 49 ans séparés, et une 70e semaine dont l'unité de temps sera différente de celle des 69 autres semaines.
Si maintenant, guidé par les raisons indiquées plus haut, on prend la durée de la période historique, ou le temps, de 521 = 3.7 + 5. 10. 10 ans, on trouve en ajoutant 49 ans, ou les sept semaines intentionnellement mises à part par Daniel,
521 × 7 + 49 = 3696 ans.
Or, ceux-ci forment eux-mêmes, en réalité, une semaine de 7 temps égaux à 521 + 7 ou 7 × 528, et, cette semaine est bien la grande semaine d'Alliance ayant les limites assignées par la prophétie. Car, en ajoutant 3696 à la date du Sinaï, on a — 1516 + 3696 = 2180, qui n'est autre chose p. 168 que l'entrée dans le Règne ou dans la chambre du Roi de la pyramide, à la 7e Trompette de l'Apocalypse. Nous avons en effet obtenu pour cette entrée, dans la pyramide, 2179,66, c'est-à-dire l'année 2180.
Remarque. L'existence d'une grande semaine d'Alliance qui s'étend de la Loi à l'Entrée dans le Règne, conduit à considérer dans toute sa généralité, c'est-à-dire en tant qu'il embrasse l'histoire entière de l'humanité, le fait même de l'Alliance entre Dieu et les hommes, et à voir si la période de cette Alliance ne serait pas également déterminée par la période de 528 ans qui vient d'être déduite des nombres de Daniel, ce qui constituerait une nouvelle vérification décisive de l'exactitude de cette déduction. Or, cette Alliance commence immédiatement après la Chute, et à l'entrée même du Prince de ce monde dans son règne, par la promesse du Libérateur (Gen. III, 15). D'ailleurs, la connaissance de l'époque probable de la tentation d'Adam résulte du parallélisme établi par l'Écriture entre l'Adam céleste et l'Adam terrestre, entre Adam et le Christ (I Cor. XV, 21-23, 45-57). La tentation et la chute de l'Adam terrestre correspondent à la tentation et à la victoire de l'Adam céleste ; il faut en conclure qu'Adam avait 30 ans à l'époque de p. 169 la chute ; par conséquent, d'après notre chronologie (voy. § 12, tableau V), la première promesse du Libérateur a pour date — 4154. Or, de cette époque à l'alliance mosaïque, le Sinaï, il y a 5 périodes de 528 ans, car
1516 + 5 × 528 = 4156 ;
et dès lors, puisque de la Loi à l'Entrée du Seigneur dans son Règne il y a 7 de ces périodes, il y en a 12 de l'entrée du Prince de ce monde dans son règne à l'Entrée du Seigneur dans le sien. (5 est le nombre humain caractérisant la durée antérieure à la promulgation de la Loi divine ; 7, le nombre divin qui signale la durée de la dispensation spirituelle proprement dite.) Ces 12 périodes sont les 12 heures du jour dont parle le Seigneur dans sa parabole des ouvriers et de la vigne (Matt. XX, 1-16) ; et ainsi s'explique, comme nous l'avons annoncé au § 68, le terme « demi-heure » de Apoc. VIII, 1. Elles équivalent aussi à 6 de ces jours dont chacun est « comme mille ans » devant les yeux de l'Éternel (Ps. XC, 4), c'est-à-dire à 6 × 1056 ; et dès lors, conformément à une antique tradition judaïque, il se vérifie que le Messie viendra au commencement du septième mille d'années, c'est-à-dire ouvrira le septième jour, celui du repos de l'Éternel (Gen. II, 2, 3).
p. 170Enfin, la création matérielle est en quelque sorte l'Écriture, le signe de la dispensation spirituelle ; l'Adam céleste entre dans son règne au septième jour, comme l'Adam terrestre au septième jour, toute l'œuvre de Dieu étant accomplie ; et de même qu'au quatrième jour parut le foyer lumineux qui dispense sa lumière à la terre (Gen. I, 14-19), de même c'est au quatrième jour que se révèle au monde le soleil de justice qui porte la santé dans ses rayons, car
− 4154 + 4 × 1056 = + 70,
c'est-à-dire la date qui limite l'ancienne économie judaïque par la destruction du temple, témoignage de l'ancienne alliance, et la dispersion définitive de ce peuple élu qui n'a pas connu la lumière qui le visitait. On remarquera que cette date + 70 est précisément l'ère de la « demi-heure » de Apoc. VIII, 1 (§ 68), ce qui constitue une nouvelle vérification.
101. Nous concluons de là, que la 70e semaine de Daniel est une semaine de temps formés, d'après les indications de Daniel lui-même, au moyen des périodes historiques de Brück et de la Pyramide. Cette semaine peut d'ailleurs être entendue comme se rapportant soit au peuple élu, soit à la patrie du peuple élu. Celle qui se p. 171 rapporte au peuple élu s'étend de la Loi du Sinaï au Règne du Christ. C'est la grande semaine de l'Alliance. Celle qui se rapporte à la patrie du peuple élu s'étend de l'entrée dans la Terre promise jusqu'à cette époque 2133 à laquelle, de plusieurs manières différentes, on avait déjà été conduit précédemment. De même que le Témoignage ou le Temple élevé à l'Éternel, placé dans l'époque d'organisation de la dernière période quinquaséculaire, correspond à la reconstruction du Temple, contemporaine de l'époque d'organisation de Cyrus et Daniel, de même l'événement signalé par cette date 2133, placé à l'époque d'apogée de la dernière période, correspond à la reconstruction de la ville de Jérusalem, contemporaine de l'époque d'apogée d'Artaxerxès et Néhémie. Le parallélisme est complet. L'événement de 2133 semble donc bien concerner la grande cité elle-même, la cité adultère, dans les places de laquelle on verra les corps morts des témoins après leur témoignage (Apoc. XI, 8). Il est très probable que la « reconstruction des » places et de la brèche en un temps d'angoisse », dont il est fait mention dans Daniel, IX, 25, comme par un lointain regard jeté, au delà de la mort du Christ, sur l'avenir de la ville où il sera crucifié (Apoc. XI, 8), est précisément cet évé- p. 172 nement relatif à la « Ville Sainte », dont l'époque est le nombre 2133 (1).
(1) Les 3 ½ temps de Dan. VII, 25, entendus d'après Dan. VII, 26, 27 comme limités par l'Entrée dans le Règne, trouvent leur vérification immédiate dans la valeur du temps de 528 ans que nous venons d'établir, par le parallélisme de Dan. VII, 7, 8, 11, 12, 19-27, et de Apoc. XIII, 1, XVII, 3, 7, 8 et suivants. Les quatre bêtes de Daniel figurent : 1° les Babyloniens-Assyriens ; 2° les Médo-Perses ; 3° les Grecs ; 4° l'empire romain considéré comme embrassant dans ses conséquences toute la suite de l'histoire de l'Europe ; les puissances qui en sortiront sont ces dix cornes qui appartiennent à la quatrième bête, et la petite corne figure un voyant et un prophète, humble dans ses commencements (comparez Dan. XI, 21, 23, 36), à la fin accaparant un pouvoir presque universel, et dans lequel on reconnaît d'une manière évidente la Papauté. Cette petite corne n'est autre que la bête, le huitième roi, le faux prophète de l'Apocalypse, dont la puissance est corrélative de dix autres, figurées, comme dans Daniel, par dix cornes (Apoc. XVII, 12). Les 3 ½ temps ou 3 ½ × 528 = 1848 doivent dès lors avoir pour ère notre date caractéristique de 330, et conduisent ainsi effectivement à l'entrée dans le règne (entrée de la chambre du Roi), puisque 330 + 1848 = 2178. Cette interprétation des 10 cornes et de la petite corne de Dan. VII se confirme à mesure qu'on approfondit les traits de la prophétie. D'après Dan. VII, 24, les dix cornes sont dix puissances qui s'élèveront sur les ruines de l'empire romain, et la petite corne une puissance dont le développement « suivra » celui de ces premières cornes ; d'après Apoc. XIII, 12, les dix cornes « prendront puissance comme rois, en même temps avec la bête », c'est-à-dire avec la petite corne. Or, effectivement, l'Europe se dessine déjà dans ses rudiments à l'invasion des barbares, alors que le pouvoir temporel de la papauté n'existe encore que virtuellement ; et d'autre part, c'est seulement au partage de l'empire de Charlemagne que cette Europe se forme définitivement, mais, cette p. 173 fois, simultanément avec la puissance matérielle de Rome.
102. Il reste encore une vérification à nos déterminations de la 70e semaine. Il est dit qu'à
Quant au nombre dix qui caractérise ici le groupe de ces puissances européennes, on peut tout d'abord observer qu'effectivement, de quelque manière qu'on s'y prenne, on arrive toujours à énumérer en Europe une dizaine de peuples principaux. En prenant, par exemple, telle quelle l'Europe actuelle, on comptera, de 1 à 10, ordonnées par rapport à la longitude et à la latitude, la suite des puissances que voici :
1. Espagne ; 2. France ; 3. Angleterre ; 4. Italie ; 5. Allemagne ; 6. Scandinavie ; 7. Grèce ; 8. Turquie ; 9. Autriche ; 10. Russie.
On observera sans doute très justement que la Turquie constitue ici une subdivision artificielle ; mais les nºs 7 et 8 n'en formaient anciennement qu'un seul qui était l'empire grec ; le nº 9 était représenté par le royaume de Hongrie ; d'autre part, le nº 5, l'Allemagne, comprenait alors deux parties bien distinctes : l'empire germanique, au centre de l'Europe, et au nord-est, dans la même longitude que les Grecs et les Hongrois, les Poméraniens et les Borussiens ou Prussiens. 7 et 8 étant réunis, et 5 étant ainsi dédoublé (ce dédoublement correspond à la distinction encore actuelle de la Prusse et de l'Allemagne du Sud), la dizaine se retrouve d'une manière naturelle.
On définirait peut-être trop facilement, c'est-à-dire d'une manière trop peu nette pour être démonstrative, cette même structure politique, suivant le nombre 10, au temps même de l'invasion des barbares. Il vaut donc mieux y renoncer. Mais aussi bien la préoccupation de ce nombre 10 ne peut présenter d'intérêt que si elle se rattache à la considération de quelque donnée fondamentale imposée par la nature même des choses ; c'est cette donnée qu'il faut rechercher, et elle existe effectivement.
La distribution politique naturelle des peuples n'est que l'expression parallèle de la distribution géographique. Si p. 174 la moitié de cette semaine, le second conducteur opposé au Christ fera cesser « le sacrifice et celle-ci présente un terme systématique, il devra se retrouver dans celle-là ; mais l'une subit des variations, l'autre est constante ; c'est donc la seconde qu'il convient d'étudier tout d'abord. Or, le trait fondamental de la distribution géographique, trait immédiatement reconnaissable dans la séparation des eaux, et qui par là délimite aussi l'habitation naturelle des peuples, c'est le relief du sol. À cet égard, l'Europe se divise de la manière suivante : Limitée à l'est par l'Oural, elle comprend tout d'abord la vallée europo-asiatique, ou dépression caspienne, dont l'éventail de fleuves, Volga, Don, Dniéper, constitue proprement la Russie. Pour le reste, elle est caractérisée : 1° par l'arête dorsale méridienne scandinave-germanique-italique ; cette arête et ses deux versants, occidental et oriental, forment trois bandes méridiennes ; 2° par deux crêtes parallèles de soulèvement qui, en coupant le système des trois bandes méridiennes, déterminent avec elles neuf compartiments. Ces neuf compartiments, joints à celui de la Russie défini par la dépression caspienne, réalisent une subdivision effective de l'Europe en dix parties ; ils ont imposé une loi à la distribution des nations et donné sa raison d'être à la dizaine qui se manifeste dans leur énumération. Les deux crêtes parallèles sont évidentes : la crête méridionale est la suite des Pyrénées, des Alpes et des Balkans, qui isole au sud, dans les trois bandes méridiennes, l'Espagne, l'Italie et l'empire grec ; la crête septentrionale part du Land's End, sépare la Seine de l'Escaut et du Rhin, le Danube des fleuves du nord, Elbe, Oder, Vistule, et se continue vers l'est en contournant les sources des fleuves de l'éventail russe ; les compartiments qu'elle détermine au nord, dans les trois bandes méridiennes, sont caractérisés par l'Angleterre, la Basse-Allemagne et la Scandinavie, enfin la Prusse (Borussiens). Quant à la zone parallèle comprise entre les deux crêtes, elle forme, avec les trois bandes méridiennes, p. 175 les trois derniers compartiments : la France, à l'ouest, avec ses fleuves coulant vers l'ouest ; le nœud de l'Allemagne centrale (Suisse), qui se présente comme un point d'expansion des eaux dans tous les azimuts ; enfin, à l'est, la vallée du Danube, qui coule vers l'est, caractérisée politiquement par l'Autriche.
Il est établi par là que la subdivision politique de l'Europe en dix États, indiquée par Daniel, n'est nullement arbitraire, mais qu'elle repose sur une donnée très importante de la géographie physique de ce continent.
Il resterait à trouver la signification d'un trait particulier de la prophétie : il consiste en ce que la petite corne qui s'élève entre les grandes finit par en abattre trois (Dan. VII, 24). Où faut-il en Europe chercher ces peuples malades que l'énervante domination de l'Église romaine a débilités, et qui, commettant adultère avec elle, s'en vont mourir s'ils ne se repentent de leurs œuvres ? (Voy. Apoc. II, 20-22 ; III, 2 ; et, plus loin, notre analyse des chap. II et III de l'Apocalypse.) Il est facile d'en éliminer tout d'abord un certain nombre : ce ne sont évidemment, dans le système des dix cornes, ni l'Angleterre, ni la Scandinavie, ni la Prusse, ni la Russie, ni les Hellènes ; mais c'est, à coup sûr, en première ligne, l'Espagne ; c'est l'Italie qui, après une servitude séculaire, commence seulement à secouer le joug du faux prophète. (Voy. à cet égard Apoc. XVII, 16.) Voilà donc, d'une manière non équivoque, deux des trois cornes supplantées par la petite corne. La dernière ne peut plus se trouver que dans l'un des trois compartiments de la zone parallèle centrale, et c'est effectivement là qu'il est encore possible de signaler une influence profonde exercée par la Rome catholique. Cependant, ce n'est pas la France, qui a toujours repoussé avec indignation l'Inquisition, porté les plus rudes coups aux p. 176 Jésuites et défendu contre Rome les libertés de l'Église gallicane, que l'on pourrait avec justesse assimiler à une puissance cléricalement asservie ; ce n'est pas non plus le compartiment du centre, le nœud européen, dont les hauts sommets et les vallées ont été à la fois l'asile et le boulevard de la foi chrétienne et de la liberté ; mais c'est très vraisemblablement le compartiment de l'Est, aujourd'hui plus inféodé peut-être que toute autre partie de l'Europe à l'esprit dont il est question, et qui se présente comme l'héritier naturel de ce Saint-Empire dont, au cours d'une durée séculaire, le pape a été le véritable chef.
En résumé, sur les dix puissance de Daniel, il y en a deux qui, d'une manière évidente, sont abattues par la petite corne ; il y en a une troisième qui présente visiblement ce même caractère. D'ailleurs, avec le prophète, on n'en peut compter plus de trois. La distribution de ces trois est, en outre, remarquable, en ce qu'elle jalonne la marche décroissante en latitude de l'influence exercée par la fausse Église. Cette influence se mesure par la supplantation de deux puissances dans la zone parallèle méridionale ; par celle d'une seule dans la zone centrale ; par aucune dans la zone septentrionale, c'est-à-dire dans le désert où l'Église s'est réfugiée pour être nourrie de la Parole et manifestée aux derniers temps. (Voy. Apoc. XII, 6.)
Nous maintenons ici ces considérations, dont chacune à sa valeur, et soucieux d'ailleurs, en bonne critique, de conserver la marche des idées dans un sujet longtemps poursuivi. Mais nous sommes revenu ultérieurement dans les Leçons sur la Parole de Dieu sur la question dont il s'agit, et nous croyons, notamment au sujet du nombre précis 10 qui apparaît ici, que la solution simple et sans aucune difficulté ni équivoque consiste à reconnaître dans ces puissances de Daniel les 10 p. 177 peuples de la Loi historique, ressuscités (comme nous le constatons depuis la crise mondiale 1914-18) en même temps que la Bête, le Faux Prophétisme et la Grande Babylone en préparation de puissance ; les 3 que la Bête (le 8e Roi) abattra étant les nºs 8, 9, 10 ou les 3 périodes finales sur lesquelles elle étend son influence victorieuse et dominatrice.
est précisément la cause qui, plus tard, en 843, fera du sanctuaire le siège de l'idole (l'abomination). Donc le centre de notre soixante-dixième semaine doit faire retrouver cette même époque de + 330.
Or, la moitié de la grande semaine relative à la ville vaut 3606,155 / 2 = 1803,08 ; la moitié de celle relative au peuple et à l'Alliance vaut 3696 / 2 = 1848.
Et, d'accord avec la prophétie, que trouvons-nous en effet ?
− 1516 + 1848 = 332
et
− 1473 + 1803 = 330.
103. En suivant pas à pas la solution précédente, on reconnaîtra que son degré de complication n'est ni plus grand ni moindre que celui des éléments mêmes du problème ; c'est-à-dire qu'elle est réellement le résultat d'une application de la règle méthodique qui consiste à intro- p. 178 duire successivement dans les déductions toutes les données, et rien que les données.
Une vérification (relative à l'époque 330) vient de nous être fournie par le texte même de Daniel ; une autre, plus remarquable encore, va se trouver dans l'Apocalypse ; son histoire spirituelle de l'Église, dont il nous reste à faire l'analyse, est précisément celle de la grande semaine d'Alliance de Daniel.
δ) Les Épitres aux Sept Églises.
(Apocalypse, ch. I-III.)
104. Un coup d'œil général fait d'emblée apercevoir, dans ces Lettres, une histoire spirituelle de l'Église, et non pas une série d'Adresses à des Églises contemporaines.
Une indication s'en trouve d'abord dans l'ordre chronologique des deux allusions historiques relatives à Balaam et à Jésabel (II, 12, 14 et 18, 20) ; une autre, démonstrative, c'est la manière dont l'annonce de la seconde venue, objet fondamental du livre tout entier (I, 1, 3, 7), traverse en quelque sorte le plan des Épitres ; à mesure que la lecture avance, cet événement se présente comme de plus en plus proche. Dans la 1re et la 3e Épitre, les déclarations : « Repens-toi... autre- p. 179 ment je viendrai à toi bientôt », « j'ôterai ton chandelier de son lieu », « je combattrai par l'épée de ma bouche », sont des avertissements ou des menaces relatifs à des événements spéciaux concernant la 1re et la 3e Église ; mais, dans les Épitres 4, 6 et 7, il est fait allusion à l'avènement définitif lui-même, et cela dans les termes suivants :
A la 4e Église il est dit : « Retenez ce que vous avez jusqu'à ce que je vienne, car à celui qui... aura gardé mes œuvres jusqu'à la fin, je lui donnerai puissance sur les nations, etc. » (II, 25, 26).
A la 6e Église, après qu'il a été parlé de la dernière grande tribulation qui doit arriver dans tout le monde avant l'avènement du Règne, il est dit : « Voici, je viens bientôt ; tiens ferme ce que tu as, etc. » (III, 10, 11).
Enfin, à la 7e et dernière Église, dont l'état spirituel (III, 15-18) correspond exactement à celui qu'avait déjà décrit le Seigneur quand il disait : « Quand le Fils de l'homme viendra pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre ? » (Luc XVIII, 8), l'avènement du Règne est annoncé comme imminent : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe » (III, 20).
p. 180105. On doit conclure de là qu'il y a succession et non pas contemporanéité dans les phases spirituelles que caractérisent les différentes Églises ; mais d'ailleurs on remarque que la succession chronologique s'applique plutôt à l'apparition des tendances propres à ces phases qu'à une suite de laps de temps déterminés, dont un seul serait occupé par chacune. En effet, plusieurs des Églises, après avoir été introduites, sont considérées comme devant subsister avec leur caractère propre jusqu'à la fin. Il suffirait de citer, à cet égard, celle de Thyatire (la 4e), à laquelle il est dit de garder ce qu'elle a jusqu'à l'Avènement du Seigneur.
Les Églises, symbolisées par des chandeliers, (I, 20) ou porte-lumière, doivent d'ailleurs, dans le point de vue le plus général, être regardées comme désignant des organismes sociaux, dépositaires d'une idée ; on le voit par l'exemple des deux témoins (Israël et Juda) (XI, 4) (§ 73) : ils sont précisément appelés les deux Chandeliers, par conséquent les deux Églises, qui ne cessent de subsister (à travers toute l'histoire).
106. Non seulement on sait qu'il y a ici une succession de phases, mais on connaît l'époque qui la limite : c'est l'entrée dans le Règne à venir. Il ne s'agit plus que d'en déterminer l'origine.
p. 181Or, il est clairement indiqué par les passages I, 12-13 et 16 (on y voit, au milieu des sept chandeliers, le Fils de Dieu, de la bouche duquel sort l'épée aiguë à deux tranchants de la Grâce et de la Loi), que la période totale, embrassée par le symbolisme, est celle de l'Alliance ou des Deux Testaments ; c'est donc, par une induction naturelle, la période qui s'étend du Sinaï à l'entrée dans le Règne, c'est-à-dire qui, dans la pyramide, comprend tout le système des passages supérieurs jusqu'à l'entrée dans la Chambre du Roi ; c'est encore la grande semaine d'Alliance (la 70e semaine) de Daniel, dont les limites, déterminées précédemment, sont — 1516 et + 2180, et dont la durée est égale à 7 × 528.
107. Examinons d'abord, en dehors de toute idée systématique spéciale, la suite des grandes phases de l'histoire de l'Église.
Trois sont évidentes : 1° L'histoire de Juda-Israël, de Moïse au Christ ; 2° l'asservissement de l'Église chrétienne à la puissance temporelle du catholicisme romain ; 3° la libération de l'Église chrétienne par la Réforme, et la diffusion de l'Évangile dans le monde.
Chacune de ces trois grandes phases se divise ensuite naturellement en plusieurs autres.
p. 182Dans la phase judéo-israélite, il est évident qu'il faut distinguer les temps de la Synagogue, qui suivent la reconstruction du Temple et qui vont jusqu'à sa destruction, de ces temps sévères de la Loi qui s'étendent de Moïse à David et à Salomon ; et que de ces deux parties extrêmes aucune ne ressemble à la partie troublée intermédiaire, celle de la Dispersion, de la Captivité et du Prophétisme.
Dans la phase d'asservissement de l'Église chrétienne [déjà au temps de saint Paul le mystère d'iniquité commençait (II Th. II, 7)], il n'est pas moins clair qu'il y aurait injustice à ne pas faire une distinction entre l'Église des Pères (ces savants docteurs dans lesquels la Réforme elle-même a toujours reconnu une autorité évangélique), et le royaume de ce monde qui l'a suivie et dont l'argument d'autorité, qui dispensait de tout autre, était une démonstration de puissance terrestre.
Enfin, l'Écriture nous révèle que, dans la phase même de la Réforme, la fin sera une période d'universelle défaillance, d'indifférence créée par une situation où, une seconde fois, les intérêts terrestres feront évanouir l'intérêt spirituel. Or, on ne saurait non plus sans injustice ne pas établir une distinction marquée entre ces temps p. 183 de tiédeur et l'héroïque ardeur des premiers siècles de la revendication évangélique.
Une vue extrêmement générale du sujet divise donc naturellement la période totale qui le comprend en sept périodes partielles : trois pour la dispensation judéo-israélite ; deux pour l'union adultère de l'Église chrétienne et du monde ; deux pour son essai de libération en attendant la seconde venue du Seigneur.
108. Ici prend place une donnée très intéressante, qui, je pense, n'a jamais encore attiré l'attention : c'est que le symbolisme se retrouve jusque dans les noms des villes, réellement existantes, par lesquelles les différentes Églises se trouvent désignées ; jusque dans ce mot d'« Asie » qui mentionne leur lieu.
1. Éphèse, 2. Smyrne, 3. Pergame, 4. Thyatire, 5. Sardes, 6. Philadelphie, 7. Laodicée, équivalent respectivement à :
1. Base, Assise. [Εριζω (Εφεσαι), asseoir, établir ; Εφεσος, Éphèse] ; 2. Myrrhe, substance (Σμυρνα, myrrhe ; Σμυρνα, Smyrne) ; précieuse qu'on met à l'abri pour la conserver, « parfums qui sont les prières des saints » (Apoc. V, 8). [p. 184] 3. Accomplissement (Γαμος, mariage ; Γαμειν, se marier ; du mariage, de voyez aussi Περας, issue, dénoue- l'union légitime ment d'une chose ; Περαω, mettre à de l'époux et de fin, achever ; Περγαμον, Pergame) ; l'épouse. 4. Prostitution, union [Θυας, bacchante (Comp. Apoc. adultère. XVIII, 3) (Θυαω) ; Τειρος, Τερας, emblème, symbole ; voyez aussi Τειρω, désirer ; Θυατειρα, Thyatire] ; 5. Dérision. (Σαρδαζω, rire d'une manière fausse et forcée ; Σαρδεις, Sardes) ; 6. Amour fraternel. (Φιλεω, aimer ; Αδελφος, frère ; Φιλαδελφεια, Philadelphie) ; 7. Peuple de justes (Λαος, peuple, multitude ; Δικη, justice ; (aussi Jugement Λαοδικος, jugé par le peuple ; des Peuples) Λαοδικεια, Laodicée). (fausse justice ayant pour racine la vue substituée à la foi, ou la dif- fusion de la science des faits externes ; voyez plus loin, au § 116).
Quant au nom d'Asie (Ασια), il désigne en grec la Fille de l'Océan ou le monde sorti des eaux ; dès lors, en plaçant les sept Églises en Asie, l'histoire spirituelle de l'Église, sous une forme voilée p. 185 dont le sentiment esthétique ratifie la convenance avec le sujet, enseigne que la période qu'elle embrasse est postérieure au Déluge. Elle ne fait par là que ce qu'avaient déjà fait, pour leurs sujets propres, le Livre scellé et le Petit Livre (histoire du monde et de l'Église), le premier chapitre d'Ézéchiel et la pyramide ; et elle donne une nouvelle démonstration de l'unité de plan de tout l'ensemble systématique que nous étudions.
Il y a plus encore : ce nom d'Asie n'est pas seulement un mot ingénieusement choisi dans une légende grecque : il exprime une vérité (à laquelle d'ailleurs la légende elle-même sert de vérification) empruntée à la physique du globe. Cette science apprend, en effet, que la crise tellurique universelle du Déluge a consisté dans l'établissement du grand méridien de soulèvement asiatique-colombien (passant par le détroit de la Sonde et l'isthme de Panama, et courbé en forme d'S, tant en Asie-Australie d'un côté, que dans les deux Amériques, du côté diamétralement opposé) (1). Ainsi donc, et sans qu'il soit nécessaire de recourir au sens qu'une tradition grecque (elle-même résultat d'un souvenir exact) p. 186 donne au mot Ασια, le texte inspiré, appuyé sur la physique du globe, date son sujet d'une ère postérieure au Déluge, par le seul fait qu'il le transporte symboliquement sur le continent asiatique.
(1) Étude sur le système des forces du monde physique, pp. 545, 546 (MÉM. ACAD. ROYALE DE BELGIQUE, t. XLVIII).
109. Ce sujet se partage de lui-même, comme on l'a établi au simple point de vue historique, en sept parties ou phases (§ 107), et la durée totale qu'il embrasse est déjà connue d'avance comme constituant une semaine de 7 temps égaux (§ 106) ; tout porte donc à penser que ces 7 temps sont précisément caractérisés par ces sept phases. On obtient ainsi le tableau de correspondance suivant :
Périodes Signification des noms
Églises. de 528 ans. Centres. (§ 108).
1. Éphèse ...... −1516 à −988 −1252 La base de l'édifice spirituel.
2. Smyrne ...... − 988 à −460 − 724 La cité, objet d'une conservation
précieuse et cachée, dont les
supplications montent vers le ciel.
3. Pergame .... − 460 à + 68 − 196 La cité de l'union légitime.
4. Thyatire .... 68 à 596 + 332 La cité de l'union adultère.
5. Sardes ...... 596 à 1124 + 860 La cité de dérision.
6. Philadelphie. 1124 à 1652 +1388 La cité de l'amour fraternel.
7. Laodicée .... 1652 à 2180 +1916 La cité de la fausse justice, et
de la science ouverte à l'humanité.
p. 187
Le parallélisme entre les sept périodes chronologiques et les sept phases historiques est frappant. Il nous reste à le développer.
110. Éphèse. La première période s'étend de l'Exode jusqu'à la fin du règne de Salomon, qu'elle dépasse de douze ans. C'est bien celle de la Loi, de cette loi qui, pendant toute la grande semaine d'Alliance, va rester la base de l'édifice spirituel, et que Christ lui-même viendra non pas abolir, mais accomplir. C'est pour cela aussi que, dans l'adresse de la lettre, celui qui parle se donne comme animant par son esprit les sept Églises (II, 1).
C'est ce que confirme encore la promesse (II, 7) : « A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est au milieu du paradis de mon Dieu ». En effet, dans le symbole par lequel toute la vie spirituelle de l'humanité fut révélée au premier homme, l'arbre de la science du bien et du mal était la Loi qui donne la mort. Pour vivre, le pécheur qui est sous la puissance de la Loi doit manger de l'Arbre de vie ; cet arbre figure la Grâce ; elle est donnée en Celui, semence de la femme, qui viendra, en se blessant, écraser la tête du serpent (Gen. II).
Il y a une différence évidente, au point de vue p. 188 du zèle spirituel, entre le commencement et la fin de la période (entre les temps de Moïse et ceux de la fin du règne de Salomon et du schisme des Dix Tribus) (II, 4), et la diminution de la charité, dégénérant en infidélité, doit amener plus tard les épreuves de la Dispersion et de la Captivité (II, 5) ; néanmoins, jamais rien d'impur ne vient, dans cette période, s'allier à la doctrine (II, 2).
Un trait particulièrement intéressant à cet égard est la mention de ces Nicolaïtes dont il est une seconde fois question dans la lettre à l'Église de Pergame (la Synagogue). On a en vain cherché la trace historique de ces Nicolaïtes, en les considérant comme une secte, dans le point de vue de la contemporanéité de l'écrivain sacré et des Églises auxquelles il s'adresse. Ce nom est, en effet, comme tous les autres, un nom symbolique ; il est formé de Νικαω, vaincre, dominer, et de Λαος, homme du peuple, le peuple. L'esprit des Nicolaïtes, c'est celui de la domination humaine sur les esprits, prétendument au nom de la vérité spirituelle ; c'est ce que l'on appelle aujourd'hui l'esprit clérical (dominateur des laïques), cet esprit qui déguise devant le peuple la véritable autorité, celle de la Parole, qui engendre presque fatalement le manque de franchise et de bonté, et enlève dès lors toute confiance p. 189 dans ceux qui, sous des dehors religieux, en sont infectés. Le Seigneur déclare qu'il le hait (II, 6) et loue l'Église de la Loi mosaïque de le haïr aussi ; au même titre, ici comme ailleurs dans le Nouveau Testament, il condamne cet esprit (II, 14, 15) dans la Synagogue, où les Pharisiens hypocrites l'ont introduit. Enfin, au même endroit, comme pour bien montrer que Pergame (la Synagogue) est une suite d'Éphèse, il dit que les Nicolaïtes de Pergame sont ceux qui ont retenu la doctrine de Balaam (qui appartient au commencement de la période d'Éphèse), doctrine qui avait pour effet de porter Israël à l'union adultère avec le monde (II. 14).
111. Smyrne. Sa période s'étend du schisme des dix tribus jusqu'aux temps d'Esdras et de Néhémie (reconstruction de Jérusalem), c'est-à-dire jusqu'à la Synagogue [− 988 à − 460, au lieu de − 999 à − 453 (édit d'Artaxerxès)]. C'est donc bien l'Église du Prophétisme, de la dispersion d'Israël et de la captivité de Juda. Le premier sens de son nom symbolique (voyez la 4e colonne du tableau, § 109) s'explique d'une manière remarquable, précisément par le fait de la disparition des dix tribus d'Israël, que les prophètes déclarent cependant, d'une manière presque p. 190 incessante, être l'objet constant de la sollicitude de Dieu et devoir se retrouver à la fin des temps. Le centre — 724 de la période, si rapproché de la date même de la dispersion — 758, attire encore d'une autre manière l'attention sur ce même fait ; enfin l'adresse même de la lettre y fait allusion, car celui qui parle se désigne comme « le premier et le dernier, qui a été mort et qui est retourné en vie » (II, 8) ; et, au verset 10, cette existence cachée, mais d'une durée déterminée (dont la mesure numérique s'expliquera plus loin, § 117), est ouvertement annoncée : « Ne crains rien des choses que tu auras à souffrir. Voici, il arrivera que le diable mettra quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés ; et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (II, 10).
112. Pergame. Sa période est celle de la Synagogue [− 460 à + 68, au lieu de − 453 (édit d'Artaxerxès) à + 70 (destruction du second temple)]. Elle renferme donc le temps de persécution (par un mobile d'impiété) de l'Église judaïque, persécution qui fait l'objet du 5e sceau (VI, 9-11) ; puis, la venue du Sauveur et sa mort ; et c'est parce qu'ainsi elle recouvre la ligne de séparation
p. 191des temps de la Loi et des temps de la Grâce que, dans l'adresse de la lettre, celui qui parle se désigne comme « celui qui a l'épée aiguë à deux tranchants » (II, 12) [voyez déjà § 106 (I, 16)]. C'est aux temps de cette Église, celle de l'union légitime, que l'Époux a donné le sang qui féconde l'Épouse ou l'Église ; et ce qui, à cet égard, ne laisse subsister aucun doute, c'est qu'en effet le Sauveur lui-même est nommé comme ayant été mis à mort dans l'Église de Pergame, dont les disciples fidèles ont pu ne pécher, en cette occasion, que par ignorance (II, 13, et Actes III, 17-19). C'est lui qui est ce fidèle témoin (II, 13 ; comp. I, 5), cet Antipas (αντι contre, πας chacun) (II, 13), cet opposé de tout homme ou (plus grammaticalement) cet homme auquel chacun est opposé ; celui que chacun rencontre une fois au moins dans sa vie parce qu'il est la véritable lumière qui éclaire (Jean I, 9), qui ensuite, par l'Esprit saint, convainc de péché (Jean XVI, 8) tout homme venant dans ce monde.
Le passage (II, 14, 15) relatif aux Nicolaïtes a déjà été expliqué au sujet de l'Église d'Éphèse (§ 110) ; il oppose la Synagogue à l'ancienne Église de la simple Loi mosaïque.
Enfin, la promesse qui termine la lettre (II, 17) tire sa signification d'une autre promesse, répan-
p. 192due dans toute l'Écriture, celle de la réunion de Juda et d'Israël aux derniers temps. De même qu'autrefois, dans le Désert, la manne venant du ciel a nourri le peuple élu, de même, plus tard, Juda recevra la manne spirituelle de cette Parole dont l'Israël caché de l'Église de Smyrne sera devenu le mandataire. Mais, dans la pyramide, cette vie cachée d'Israël est symbolisée par le passage horizontal et la chambre de la Reine à laquelle il conduit ; et la pierre qui autrefois en scellait l'entrée, porte, écrit en nombres, sur son fronteau (§ 85), le nom de la vraie Église de Christ, dont nul ne se connaît membre que par le témoignage intérieur de l'Esprit. Voilà (en dehors du sens spirituel des fidèles, pierres de l'édifice spirituel) pourquoi c'est ouvrir à Juda l'accès de la manne cachée que de lui donner une pierre sur laquelle se trouve écrit un nom nouveau, que nul ne connaît que celui qui le reçoit.
113. Thyatire
113. Thyatire. Sa période, qui s'étend de l'apogée romain à l'apogée franc [68 à 596, au lieu de 74 à 594], a pour centre 332, la première des deux époques fondamentales, 330 et 843, de Daniel. C'est donc bien, comme son nom l'indique, l'Église dont l'union charnelle avec le monde « fait cesser le sacrifice et l'oblation » spirituels,
p. 193et qui par là amène plus tard la dépravation spirituelle de Sardes (« l'abomination sera dans le sanctuaire »), dont la période a pour centre 860. Mais on ne peut assez méditer sur l'admirable équité avec laquelle le texte sacré 1° sépare Thyatire, ou l'Église catholique, de l'Église papale romaine proprement dite, ou Sardes (à laquelle il n'accorde plus que par dérision le nom d'Église) ; 2° distingue, dans Thyatire elle-même, les deux éléments inconciliables en nature qui composent son esprit : l'élément chrétien et l'élément de la doctrine purement humaine, ce qui n'est pas du monde et ce qui vient du Prince de ce monde.
Aussi la lettre commence à la fois par un éloge et par un blâme.
L'éloge (II, 19) relatif aux œuvres, dont les dernières même surpassent les premières, est caractéristique de l'Église à laquelle nous le supposons adressé.
Le reproche (II, 20) ne l'est pas moins et nous était déjà connu par l'analyse d'autres parties de l'Apocalypse. Cette Jésabel, fausse prophétesse, c'est le faux prophète ou la Bête de la Terre de XIII, 11, et XX, 10 ; c'est la femme (la Θυας, bacchante) qui fait boire aux nations le vin de sa prostitution effrénée (XVIII, 3).
p. 194Un long temps a été donné à cette Thyatire pour se repentir de sa prostitution (II, 21), car sa vie, en vertu de la loi de Brück, doit durer jusqu'à la seconde venue du Seigneur, comme on l'a déjà vu à propos du 8e Roi et comme cela est dit un peu plus loin (II, 25). Mais elle ne se repentira pas (II, 21) ; aussi, le faux prophète et les peuples qu'il séduit tomberont dans un état d'abaissement et d'infériorité intellectuelle autant que spirituelle, et la puissance spirituelle autant qu'intellectuelle (II, 22, 23) passera d'une moitié de l'Europe dans l'autre moitié. Mais, au sein de ces peuples malades (II, 22), il faudra distinguer avec soin les âmes simples, qui n'ont jamais connu ou apprécié le crime du faux prophète et la profondeur satanique de sa doctrine (II, 24), de ceux qui l'auront connue, tolérée ou professée. Aux premiers, il est dit qu'ils ne laissent pas échapper ce qu'ils possèdent de la vérité spirituelle, cette seule chose nécessaire, reçue par eux d'un cœur sans fraude et mise en pratique avec foi, et qu'ils la gardent précieusement jusqu'au retour du Seigneur (II, 25, 26). Dans le Règne à venir, l'admirable esprit d'organisation du système dont ils sont les rouages (II, 24) deviendra, animé par l'Esprit du Seigneur, un instrument utile, et ce qu'il y a de mal sera changé en bien
p. 195(II, 26, 27). Mais cette promesse n'appartient qu'à la « sancta simplicitas ». Ceux qui connaissent l'esprit du faux prophète, deviennent complices s'ils se taisent, coupables s'ils ne protestent pas ; et la seule chose qui leur est dite est celle-ci : « Sortez de Babylone, mon peuple ».
114. Sardes
114. Sardes. Sa période s'étend de l'apogée franc à l'apogée de la Papauté, qu'elle comprend [596 à 1124, au lieu de 595 à 1115]. Son époque centrale, 860, est la seconde époque fondamentale de Daniel, 843, celle où l'abomination est dans le Sanctuaire. Cette Abomination ou « idolâtrie » est l'Image de Apoc. XIII, 15, dressée par le Faux prophète. Celui qui parle à l'Église de la Dérision, prétendument dominatrice de droit divin de toutes les Églises, lui rappelle, dans l'adresse de la lettre (III, 1), que lui seul est le souverain pasteur et le Prince des Évêques (comp. III, 1 ; I, 20 ; Héb. XIII, 20 ; I Pie. II, 25 et V, 4) ; à cette Église dérisoire, dont l'argument capital a toujours été sa propre existence, le fait de sa grandeur temporelle, alliée à son autorité spirituelle, et qui par l'une fait croire les simples à l'autre, le Seigneur ne parle aussi que par une sorte de dérision : « Je connais tes œuvres ; tu as la réputation d'être vivant, mais tu es mort »
p. 196(III, 1). [« Celui qui habite dans les cieux se rira d'eux : le Seigneur s'en moquera » (Ps. II, 4)].
Sardes est la continuation de Thyatire. La Jésabel de celle-ci avait été mise au lit et ses enfants étaient menacés de mort (II, 22, 23) ; ici, l'Église est morte (III, 1), et il lui est dit, sans autre préambule, de confirmer « le reste qui s'en va mourir » (III, 2). Cependant quelque peu de personnes à Sardes n'ont point souillé leurs vêtements, et le Seigneur n'effacera point leurs noms du livre de vie (III, 4, 5). Cette déclaration prouve assez (tant à ceux qui ne sont pas à Sardes qu'à Sardes elle-même) que la foi personnelle seule a une valeur, que nul n'a le droit d'identifier la vraie Église de Christ avec une forme extérieure quelconque, et que cette Église est un édifice spirituel dont les pierres sont les enfants de Dieu, où qu'ils soient dans le monde (1).
(1) L'Église est le Corps de Christ (Col. I, 24) ; l'image de l'édifice dont les fidèles sont les pierres et dont Christ est la pierre de l'angle, revient souvent dans l'Écriture ; il est intéressant d'observer (M. Piazzi Smyth en avait déjà fait la remarque) que cette expression de pierre de l'angle n'a vraiment de sens que si cet édifice est si conçu sous une forme telle qu'une certaine pierre formant angle y occupe une position centrale. Or, la pyramide est le seul solide simple qui satis-
p. 197115. Philadelphie
115. Philadelphie. Sa période s'étend de l'apogée papal à l'apogée français [1124 à 1652, au lieu de 1115 à 1635]; elle commence précisément avec les premières revendications de l'esprit évangélique par les Vaudois (revendi-
fasse à cette condition. Le texte inspiré, en faisant usage de ce symbole, rend en quelque sorte témoignage au caractère sacré de la grande pyramide. La description symbolique du passage Eph. II, 20, 21 s'applique ici d'une manière frappante: « [Vous êtes] édifiés sur le fondement des Apôtres et des Prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la maîtresse pierre de l'angle, en qui [ἐν et non pas ἐπί] tout l'édifice, posé et ajusté ensemble, s'élève pour être un temple saint au Seigneur ». L'assimilation des fidèles à des pierres vives (I Pie. II, 5), entrant dans la structure d'un édifice qui est l'Eglise ou le corps de Christ, rappelle nécessairement ici la célèbre parole de Jésus à Pierre, qui vient de lui dire, au nom de tous les disciples (Matt. XVI, 15, 16): « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »: « Je te dis aussi que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (ibid., 18). Le jeu de mots sur lequel Sardes s'appuie pour établir son autorité (à supposer même que jamais Pierre ait été à Rome) n'existe pas dans le texte original, et les deux mots successifs « pierre » y correspondent à deux substantifs différents, ce qui indique bien l'intention de deux idées différentes. Le premier, « Πέτρος », signifie proprement une pierre, une partie du rocher; le second, « Πέτρα », désigne la roche, le roc lui-même. Ainsi Pierre est appelé « Πέτρος » parce qu'effectivement la confession qu'il vient de faire de Christ comme Fils de Dieu, fait de lui (et de chacun de ceux qui non desquels il a parlé: voyez tout le passage Matt. XVI, 15-20 et notamment 15 et 20) une pierre de l'édifice spirituel de l'Eglise ou un membre du corps de Christ; et la confession même du nom de Christ, dont
p. 198cations condamnées en 1179 au concile de Latran); a pour centre 1388, la constitution de la Réforme (1354, milieu de la vie de Wiclef, à une distance de 516 ans de la constitution actuelle, 1870); et comprend tout le développement
Pierre est l'instrument, mais qui est en réalité l'œuvre de Dieu (Matt. XVI, 17) et crée en Simon un nouvel homme, ayant un nouveau nom, c'est par cela même le véritable principe, le roc (Πέτρα) sur lequel sera bâtie l'Eglise de Christ. D'un autre côté, Simon est par sa confession « fait participant de Christ » (Heb. III, 14); il tire la substance qui en fait une nouvelle créature de la substance même de Christ; si donc les membres de l'Eglise sont des pierres vives, Christ lui-même est la roche dont elles sont extraites [c'est l'Epouse (ou Eve) qui tire sa substance de l'Epoux]. Ainsi s'explique d'une manière évidente l'adverbe « aussi » qui accompagne la réponse de Jésus à Simon. Quand Jésus fait suivre immédiatement la déclaration de Simon de ces paroles: « Moi aussi (Καγω δε) je te dis que tu es Pierre », c'est comme s'il lui disait: « Tu viens de reconnaître en moi ce Rocher des siècles annoncé par les prophètes; eh bien je te déclare que toi aussi, par ta confession de mon nom, tu es pierre, toi aussi possèdes mon immutabilité et mon éternité ». Le fait qu'il s'agit, dans ce passage, du mystère de la formation de l'Eglise ou du corps de Christ explique la déclaration qui suit: « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ». Ce qu'on traduit ici par enfer, c'est le Hadès, « Αδης », c'est-à-dire le lieu des âmes après la mort. Ce « πυλαι αδου » ne peut évidemment être pris ici dans le sens poétique de puissances du mal; donc cela signifie que l'Eglise brisera les liens de la mort: autrement dit, étant donné qu'il a été question de la formation de l'Eglise, il est parlé ici de sa résurrection et de son enlèvement à la rencontre du Seigneur. Enfin la suite du texte se pré-
p. 199de cette Réforme, y compris sa conquête du nouveau monde. (Comparez à cet égard ce qu'a enseigné le symbolisme du passage horizontal et de la chambre de la Reine, dans la Pyramide.)
Thyatire a été louée pour ses œuvres et sa charité (II, 19), mais elle se laissait séduire par le faux prophète (II, 21); l'œuvre capitale de Philadelphie a été de garder la Parole de Dieu (III, 8); elle n'a pas renoncé son nom, au sein de la persécution (III, 8, 10). L'évidence même de cette Parole obligera ceux qui se prétendent faussement être la véritable Eglise (III, 9) à confesser que le Seigneur reconnaît pour sienne (III, 9) et qu'il aime (III, 9) celle dont le principe est l'amour fraternel (Philadelphie); cet amour en effet n'a de sens et n'est réellement vrai que s'il a pour centre, pour fondement et pour sauvegarde l'amour filial. La certitude personnelle d'un fait expérimental toujours vivant rendra non seulement inutile mais même
sente comme une allusion évidente aux relations immédiates qui existeront entre le ciel et la terre, et dont les fidèles ressuscités seront les ministres dans le règne à la fois terrestre et céleste du Christ. Tel paraît être le sens le plus profond de ce passage de l'Ecriture: ce n'est rien moins que la révélation faite par Jésus lui-même à ses disciples de la véritable nature de l'Eglise et de sa destinée glorieuse.
(Voyez aussi ce qui a été dit depuis, au sujet de l'interprétation de ce passage, dans les Leçons sur la Parole de Dieu).
p. 200impie aux yeux de cette Eglise le joug d'une autorité ou d'une tradition humaines. Ce fait est une porte qui lui a été ouverte et qu'aucune puissance humaine ne peut fermer (III, 8). Nous le trouverons bientôt symbolisé dans la Pyramide de la manière la plus évidente (§ 126), comme déjà l'a été le nom nouveau, écrit sur une pierre, promis à l'Eglise de Pergame (§ 112).
Mais, dès à présent, il y a ici un enseignement important pour Thyatire et pour Sardes. Celui qui, en parlant à Thyatire, lui rappelait que quiconque fait des œuvres parfaites marche dans la lumière et expose sans crainte ses œuvres au regard de la Parole, feu dévorant (II, 18); qui, parlant à Sardes, lui rappelle que lui seul est sur la terre le chef de l'Eglise (III, 1; I, 20); celui-là encore, quand il parle à Philadelphie, rappelle à Thyatire et à Sardes que lui seul a les clefs du royaume des cieux (III, 7), et que, tandis que ces Eglises puissantes ont choisi le chemin large et spacieux du monde, Philadelphie, qui n'a qu'un peu de force (III, 8), a seule trouvé la porte étroite qui mène à la vie (Matt. VII, 13, 14).
116. Laodicée
116. Laodicée. La période de cette 7ᵉ et dernière Eglise s'étend d'une date un peu posté-
p. 201rieure à l'apogée français jusqu'au second avènement [1652 à 2180, au lieu de 1635 à 2180]. La signification du nom symbolique Laodicée doit se trouver par le sens spirituel, à l'exemple de ce qui s'est réalisé pour les noms des six premières périodes. Littéralement, Laodicée, en tant que désignant une phase de l'histoire spirituelle de l'Eglise, appelle l'idée d'un peuple, d'une multitude de justes; d'ailleurs, il est clair, par le texte (III, 17, 18), qu'il n'est question ici que d'une fausse justice; c'est d'une manière analogue que le Seigneur désignait déjà dans un autre endroit, avec une force singulière, les faux justes par le nom de justes (Luc XV, 7); et ce qui confirme entièrement cette interprétation, c'est l'allusion qu'il fait (Luc XVIII, 8) à la défaillance universelle de la foi dans les derniers temps, temps qui sont précisément ceux de Laodicée. Ceci posé, la fausse justice consiste à chercher ou à croire avoir trouvé la justification ailleurs que dans le sacrifice de Jésus-Christ; et elle se présente sous deux faces extrêmes: incrédule, on se retranche dans la foi en soi-même, ou, croyant, on s'abandonne à l'incrédulité pratique du mérite des œuvres.
Cependant aucun de ces traits extrêmes ne définit l'état spirituel de Laodicée; le texte le
p. 202déclare expressément (III, 15): il ne s'agit ni de la conscience glaciale des honnêtes gens, ni du zèle inconsidéré d'une conscience étourdie ou dévoyée par la lutte morale; plût à Dieu que l'on trouvât dans Laodicée ou ce froid ou cette ardeur bouillante (III, 16); dans l'un comme dans l'autre cas, cet élément de conscience serait une force; il en faudrait seulement changer le point d'application; mais, tout au contraire, cette Eglise des derniers temps est dans un état spirituel moyen, dans une tiédeur (III, 16) qui enlève toute prise sur elle.
Cet état intermédiaire semble d'abord devoir s'interpréter simplement comme étant cette indifférence pratique bien connue qui allie l'insouciance à l'égard des vérités les plus vitales (qu'elle a désappris à considérer en elles-mêmes), avec l'attachement de l'âme animale aux pratiques d'un culte. Mais le texte n'autorise pas cette supposition; car Laodicée sait très bien ce qu'elle veut et se vante de sa richesse, ici nécessairement spirituelle (« je suis riche », III, 17), fruit du travail de son esprit (« je me suis enrichie », ibid.) et qui suffit à la nourrir (« je n'ai besoin de rien », ibid.); elle croit à son bonheur et à sa science, puisqu'il lui est révélé que, tout au contraire de ce dont elle se vante, elle est
p. 203malheureuse et aveugle (III, 17); elle n'a pas tort de croire au véritable bonheur et à la véritable science; ils existent; mais ils sont l'un et l'autre en Jésus-Christ: lui seul la revêtira gratuitement de justice (1) et lui donnera la lumière (III, 18).
Il résulte de cette analyse que le milieu personnifié par Laodicée n'est caractérisé ni par la négation consciente, ni par le zèle inconsidéré; il constitue un état mitigé dans lequel, comme dans la tiédeur, coexistent et se reconnaissent deux pôles opposés: la confiance dans la lumière naturelle et la connaissance de la vérité révélée par le cœur incliné; mais cet état de tiédeur n'est nullement un état d'indifférence; l'esprit de Laodicée est vivement attiré par un élément qui tient à la fois des deux précédents: c'est la démonstration ou la science de la vérité spirituelle par des preuves externes, preuves que cette qualité d'être externes rend universellement vérifiables et par là, comme on dit, d'ordre scientifique, et qui cependant, pour être découvertes ou mesurées, exigent la vue de l'homme spirituel.
Cette interprétation se confirme à mesure que l'on presse de plus près le texte.
(1) Puisqu'il lui est conseillé de l'acheter.
p. 204Laodicée ne peut être la continuation de Thyatire ou du catholicisme; sans doute la déclaration (III, 17, 18) qu'elle se dit riche et ne sait pas qu'elle est aveugle pourrait le donner à penser; mais même si l'on ne faisait pas attention que l'histoire de Thyatire a déjà été tracée et conduite jusqu'à la fin du siècle présent (II, 25, 26), le témoignage (II, 19) en faveur des œuvres dont les dernières surpassent les premières, aussi bien que le caractère effectif de cette Eglise, seraient inconciliables avec le caractère de tiédeur qui définit Laodicée.
Tout au contraire, la double face de son esprit s'accorde très bien avec la nature du protestantisme, qui a réveillé tout l'homme, dans lequel la science a été une conséquence de la foi personnelle (1), mais qui peut rencontrer un écueil précisément dans la difficulté d'assurer l'équilibre de l'unité intérieure, d'allier la pauvreté en esprit avec la richesse de l'esprit. Or Laodicée, qui se présente dans notre texte à la suite de Philadelphie ou la Réforme, s'en présente aussi
(1) Historiquement, la marche parallèle des deux mouvements spirituel et scientifique, qui, en réalité, ne forment qu'un seul mouvement scientifique, est un fait. Il n'y a pas si loin de Copernic et Képler à Luther et Calvin; pas si loin de Pascal à Newton, ni de Pascal à Pascal. En somme, si la science est moderne, c'est que le christianisme personnel l'est.
p. 205comme la suite par des traits forts reconnaissables. Tandis que des erreurs de doctrine sont reprochées à Thyatire, dont la Jésabel ou le Faux Prophète (II, 20; XIX, 20) séduit les membres, Laodicée partage avec Philadelphie l'honneur de ne recevoir aucun reproche de ce genre; il ne lui manque que du zèle (III, 19). Philadelphie est la seule Eglise à laquelle le Seigneur dise qu'il l'aime (III, 9); or, ce mot est de nouveau répété dans les remontrances à Laodicée, et justement comme s'il s'agissait d'une chose pour elle déjà entendue (III, 19). Philadelphie garde la Parole de Dieu (III, 10), et la menace qui est faite à Laodicée, c'est que par sa tiédeur, elle qui devrait être le sel de la terre et le ministre de la Parole, elle sera rejetée avec dégoût comme inutile et dépossédée de cette charge du ministère (III, 16). Ce seul fait qu'elle est exposée à être rejetée de la bouche de Dieu, prouve assez que les éléments qui composent son esprit font partie intégrante de la Parole. La vérité relative au monde extérieur et la vérité spirituelle forment un édifice unique; mais c'est renverser l'ordre que de faire de la science le principe de la foi; c'est l'inverse qui est vrai. Laodicée pèche donc non en ce qu'elle approfondit hardiment la science, mais en ce qu'elle ne l'approfondit pas
p. 206assez pour lui assigner son véritable poids. La légitimité de la science et en même temps le principe qui doit la guider sont consacrés dans l'adresse même de la Lettre; celui qui parle à cette Eglise de la Science se donne comme étant lui-même la Vérité (l'Amen; III, 14); c'est celui en dehors de l'esprit duquel la science ne peut rien établir avec une réelle certitude, même en dehors duquel il n'y a rien à chercher parce qu'il est le principe de tout (III, 14).
La déduction à laquelle nous sommes ainsi conduits et suivant laquelle la phase qui nous occupe a pour caractéristique un enseignement universel de la vérité quant aux faits externes (1), se confirme historiquement. Elle commence, 1652 (naissance de Newton, 1642), avec la révélation du principe fondamental du monde physique (l'attraction universelle), de ce monde qui, par l'ensemble de ses forces, est le symbole du monde spirituel (2). Le découvreur de ce principe fondamental fait aussi le premier connaître, à la base
(1) Elle est singulièrement symbolisée dans la Pyramide par la table horizontale qui domine, comme un phare, tout l'ensemble des passages. (Voyez la figure I.)
(2) Etude sur le système des forces du monde physique, pp. 628-630 (Mém. Acad. royale de Belgique, t. XLVIII). Une évidente raison d'être du monde matériel est de révéler par un symbole le monde spirituel. La Création est une Ecriture. Les plus hautes vérités y sont figurées et s'y lisent
p. 207même de la période, l'unité de mesure physique (la coudée sacrée) qui plus tard servira à éclairer la Révélation tout entière. De Newton jusqu'à l'époque de constitution que nous venons de traverser, la science du monde extérieur s'est rapidement développée; elle a progressivement acquis la connaissance des autres forces fondamentales qui le régissent. A la physique des corps a succédé celle des globes; l'un deux sert de corps organisé à l'humanité; un homme de génie, Brück, devine le premier la nature de cet organisme et découvre la loi de l'existence des peuples (1). Presque en même temps se déchire le
comme dans un livre: tel est le signe de l'espace, réalité infinie, incompréhensible et sans définition; nécessaire à tout, comprenant tout, distinct de tout, à la fois un et trois (Rom. I, 20). (Si l'espace réel était à plus de trois dimensions, l'univers mécanique nous paraîtrait essentiellement discontinu, comme le serait un univers à trois dimensions pour un animal plan.)
(1) La vie de Brück (1818-1870) est presque exactement comprise, dans la Pyramide, entre le pied du Grand Degré de constitution et le point central de constitution (1814-1870). La publication du Magnétisme du globe (1851), qui contient déjà la première notion de la loi historique, est à l'angle du Grand Degré (1850). L'Humanité, écrite de 1865 à 1867, a paru en même temps que le grand ouvrage de M. Piazzi Smyth (Life and Work) sur la Pyramide. Il est remarquable que l'on trouve déjà dans Descartes, qui appartient à l'apogée de la dernière période historique (française), la notion d'une circulation matérielle du globe. (Princ. phil., pars IV, § CXLVI.)
p. 208voile d'une autre vérité, cachée aux siècles qu'elle avait vu passer: la science moderne, dans la personne de l'un de ses plus éminents observateurs, M. Piazzi Smyth, fait connaître au monde la raison d'être et la signification du Livre de pierre de la Pyramide. Ces témoignages indépendants, prêts à l'époque de constitution, doivent concourir à l'établissement d'un unique système de vérités: on pressent que la science de Laodicée sera une synthèse mettant en œuvre toutes les facultés humaines, tant spirituelles qu'intellectuelles, mais dans laquelle le principe d'orgueil, le levain de domination et d'autorité qui se glisse aisément dans le sentiment d'une conviction par preuves externes, donnera le plus grand poids à l'élément intellectuel. Là sera l'écueil de cette Eglise. Elle cherchera la vue plutôt que la foi, confondra l'adoration d'un cœur incliné avec le sentiment d'une passion de recherche intellectuelle, et, indifférente en fait à la seule vérité nécessaire, elle n'y prendra plus d'intérêt que pour autant qu'elle pourra la démontrer.
Cette analyse achève de justifier et d'éclaircir complètement le sens du mot Laodicée lui-même, c'est-à-dire de cet état de justice universelle de la société qui caractérise la dernière période de l'histoire. C'est par le principe duquel il procède
p. 209dans la forme la moins imparfaite de l'Eglise de Christ que cet état est particulièrement signalé, parce que c'est là qu'on devait le moins s'attendre à le trouver; l'y montrer, c'est découvrir partout cette fausse justice à laquelle le mot symbolique fait allusion: justes, les revendications sociales, appuyées souvent sur les sentiments les plus généreux et dont on ne sait si l'on doit condamner ou excuser les excès; justes, les consciences des honnêtes gens impeccables, dévoués à toutes les œuvres philanthropiques, noblement épris de science et d'art, et si délicats de sentiment qu'ils ne peuvent supporter les atteintes de l'humilité; juste, une Eglise toute composée de saints, touchante de cette sancta simplicitas qui ignore la Parole de Dieu et traite en hérétiques ceux qui la font connaître aux simples et aux non-simples; justes enfin, les chrétiens évangéliques désabusés du mérite des œuvres et qui, héritiers de la parole et de la science, laissent mourir leur foi et leurs œuvres dans la certitude de la vérité.
Si l'on conçoit que, dans un semblable milieu moral, la puissance même que la science donnera sur la nature, en élevant de plus en plus le niveau du bien-être matériel, fera oublier le prix de l'or éprouvé par le feu (III, 18) et détournera l'âme de la préoccupation du trésor que ne peuvent
p. 210gâter ni la rouille ni les vers (Matt. VI, 19), il n'est pas difficile non plus de comprendre qu'il en puisse résulter une profonde perturbation de l'état social, perturbation telle que l'histoire n'en aura fourni aucun autre exemple, et qui est annoncée en plusieurs endroits de l'Ecriture pour cette période des derniers temps (Matt. XXIV, 22, 24). Une société toujours de plus en plus dense, où des intelligences individuelles de plus en plus développées seront autant d'énergies croissantes animant les revendications d'intérêt matériel, où en même temps le sel de la terre aura perdu sa saveur (Luc XVIII, 8), sera comme un système dont l'attraction centrale faiblit graduellement, comme une machine dont le régulateur est brisé et qui se détruit par sa propre force motrice.
La fin de la phase de Laodicée, ou l'avènement du Seigneur suit immédiatement la période d'apogée de la dernière période quinquaséculaire; or, on a vu que le Déluge aussi est arrivé à une époque d'apogée, celle des Noachides. Ces deux événements fondamentaux, dont l'un commence, dont l'autre termine l'histoire proprement dite de l'humanité postdiluvienne (celle dont s'occupent l'Apocalypse et la Pyramide), correspondent donc à des circonstances histori-
p. 211ques parallèles. L'état désespéré de la société, annoncé pour les derniers temps, a son analogue indiqué aux temps voisins du Déluge: « Celui-ci, disait Lémec en parlant de Noé, nous consolera de nos fatigues et du travail pénible de nos mains, provenant de cette terre que l'Eternel a maudite » (Gen. V, 29). La comparaison qu'établit le Seigneur entre les derniers temps et ceux du Déluge est, d'après tout cela, exacte à la fois chronologiquement et historiquement: « Il y aura alors une grande détresse, … telle qu'il n'y en a point eu depuis le commencement du monde… » (Matt. XXIV, 21); « La charité du plus grand nombre se refroidira à cause des progrès croissants de l'iniquité » (Matt. XXIV, 12); « Ce qui se passa au temps de Noé se passera également à l'avènement du Fils de l'homme. Dans les temps qui précédèrent le déluge, on mangeait et l'on buvait, on se mariait et l'on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche; et l'on ne se douta de rien, jusqu'à ce que vint le déluge, qui emporta tous les hommes: il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme » (Matt. XXIV, 37-39).
Mais si l'indignité de l'état spirituel, et par suite de l'état social de Laodicée, appelle les reproches terribles du Seigneur, à ceux « qui
p. 212auront vaincu » dans cette dernière phase de l'histoire de l'humanité est faite la plus magnifique des différentes promesses adressées par le Seigneur aux différentes Eglises. Un abîme est ouvert sous les pas de Laodicée: mais c'est parce qu'à elle incombe la noble tâche d'unir dans un ensemble harmonique toutes les facultés intellectuelles, morales et spirituelles de la nature humaine, de réaliser l'homme et de l'amener à cette parfaite stature de Christ que viendra couronner le second Avènement. Laodicée, terme suprême du siècle présent et mauvais (Gal. I, 4, 5), a pour mission de vaincre le monde comme Christ a vaincu le monde (Jean XVI, 33), c'est-à-dire de sonder dans toute sa profondeur la puissance du mal et d'y mesurer sa vertu. Il faut que l'humanité, en possession de toute sa connaissance, sache, autant qu'il est en elle, ce qu'a été l'angoisse de celui qui, seul, a pris pour lui les angoisses de tous, et une science héroïque pourra bénir la main qui, alors plus que jamais, non seulement guérira, mais instruira par la douleur.
De cette épreuve, celui qui sortira vainqueur sera élevé jusqu'à ce niveau intellectuel et spirituel de Christ (Apoc. III, 21), jusqu'à ce trône qui est au-dessus des cieux (Esaïe XIV, 13)
p. 213agencés par l'intelligence (Prov. III, 19); de ces hauteurs il dominera et contemplera, dans la plénitude de la vie, l'ordonnance magnifique et l'infinitude de la création; il la résumera dans une unique synthèse et la verra en une seule pensée, qui est Dieu.
117. Vérification de l'interprétation
117. Il nous reste à présenter une vérification concrète de l'interprétation précédente; la première partie de cette vérification repose sur une considération historique; la seconde scelle l'exactitude de l'interprétation par une preuve externe d'ordre numérique.
Première partie. Si tout le système d'idées qui fait la substance de nos recherches et dont la Bible d'un côté, la Pyramide de l'autre, sont jusqu'ici des expressions adéquates, est réellement fondé, s'il en est de même de notre interprétation des épîtres aux sept Eglises, il faut qu'il y ait identité, tout au moins parallélisme ou concordance, entre deux de ces sept Eglises, savoir entre la deuxième et la sixième, puisque celle-ci correspond à la Réforme, ou à l'Israël des derniers temps, celle-là à l'Israël de la Dispersion, et que, d'après tout le reste de la théorie, l'une est la descendance de l'autre.
Il en est effectivement ainsi. La substance des
p. 214Lettres varie essentiellement quand on passe d'une Eglise à une autre. Mais il y a exception précise et unique pour les contenus comparés des lettres à Smyrne et à Philadelphie. A première vue analogues, ils se trouvent en réalité presque identiques et pour le fond et pour la forme.
A Smyrne, il est dit: « Je connais tes œuvres, ton affliction et ta pauvreté (mais tu es riche), et le blasphème de ceux qui se disent être Juifs et qui ne le sont point, mais qui sont la synagogue de Satan… Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie ». (II, 9, 10.)
Et à Philadelphie: « Je connais tes œuvres… tu as un peu de force… tu as gardé ma parole… Voici, je ferai venir ceux de la synagogue de Satan, qui se disent être Juifs et ne le sont point… et ils connaîtront que je t'aime… Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne t'enlève ta couronne ». (III, 8, 9, 11.)
Le dernier trait, non moins remarquable que les précédents au point de vue de la lettre, est particulièrement décisif par la manière dont il est amené. Il est parlé sans aucune préparation de la couronne de Philadelphie, comme d'une chose qui lui a été donnée précédemment et dont le lecteur a déjà été entretenu. Or, parmi les six
p. 215autres Eglises, il n'en est qu'une seule au sujet de laquelle il soit question d'une couronne, et c'est précisément Smyrne, l'Eglise de la Dispersion: il lui est promis que si elle sort victorieuse d'une épreuve qui lui est annoncée, épreuve de laquelle fait partie une « tribulation de dix jours », la couronne de vie lui sera donnée (II, 10). Ainsi, la couronne de Philadelphie, c'est celle qui a été promise à Smyrne. Il était impossible de définir symboliquement d'une manière plus claire et plus ingénieuse la filiation, si l'on veut l'identité, des deux dispensations qui caractérisent ces Eglises.
Seconde partie. La seconde partie de notre vérification, d'ordre numérique, est donnée par la mesure de ces dix jours de tribulation (II, 10) qui doivent constituer une épreuve assimilable à un emprisonnement (II, 10). Dans la théorie de l'identité (ou de la descendance) d'Israël et des Anglo-Saxons, cette tribulation, ou emprisonnement, a lieu en effet; elle est comprise entre l'époque de la Dispersion d'Israël (— 758) et celle à laquelle l'Israël des derniers temps, exilé dans le nord, doit rentrer dans la terre d'Orient. Or, cette dernière époque a déjà été précédemment déterminée: c'est, dans la Pyramide, l'extrémité, +1882, de l'échelle de la Grande
p. 216Les « dix jours » de tribulation
Galerie, comme l'a vérifié historiquement l'établissement de la domination anglaise en Egypte précisément dans le courant de cette même année 1882 (voyez le § 15, pp. 42 et suiv.)
Considérons maintenant les dix jours de II, 10. Si on se laisse conduire par une pensée d'ordre, il est évident que le jour ne peut être ici qu'une partie aliquote de la période particulière, ou temps, de 528 ans (donnée par la 70ᵉ semaine de Daniel), période qui a servi de base à l'interprétation de tout l'ensemble des Epîtres. Or la période, en usage dans la Bible, qui vient immédiatement dans l'ordre rationnel après le temps, est le ½ temps.
Ceci posé, si l'on prend un jour = ½ temps de 528 ans = 264 ans, on aura
10 jours = 2640 ans,
et il faudra qu'en ajoutant 2640 à la date de la Dispersion des Dix Tribus on obtienne celle du retour d'Israël. Or, on a, en effet,
- 758 + 2640 = +1882,
résultat tellement net qu'il dispense de tout nouveau commentaire.
118. Résumé du plan de l'Apocalypse
118. L'analyse qui vient d'être présentée du plan des lettres aux Eglises, complète celle de l'Apocalypse tout entière.
p. 217Le corps du livre est, en résumé, une histoire de l'humanité depuis le Déluge jusqu'à la seconde venue du Christ; il est continué par la perspective infinie de la vie éternelle.
L'ordre des faits objectifs proprement dits est subordonné à celui de la dispensation spirituelle.
En première ligne vient en effet l'histoire de l'humanité spirituelle (les épîtres aux sept Eglises). La forme de lettres adressées aux Eglises, sous laquelle elle est présentée, enseigne assez que l'instrument normal de la communication entre Dieu et l'homme est, comme l'est d'ailleurs le monde créé tout entier, une Ecriture.
En seconde ligne vient l'histoire proprement dite, représentée par un livre scellé, écrit en dedans et en dehors (V, 1), c'est-à-dire contenant des faits extérieurement visibles pour tous mais qui ont aussi un sens caché (ce que l'on appelle aujourd'hui la philosophie de l'histoire). L'avènement du Sauveur est ce qui, pour la première fois, est venu donner une raison d'être à tout l'ensemble de l'histoire; c'est pour cela que le seul qui puisse délier les sceaux du livre et, par conséquent, permettre d'en lire le sens intérieur caché, est un agneau mis à mort; cette considération suffit à prouver que la période des sceaux se termine à ce premier avènement. A partir de
p. 218ce moment, la lumière est faite, tout est virtuellement accompli, l'histoire s'achemine vers son but suprême qui est le second avènement du Seigneur, et ses grands faits, comme autant de hérauts, l'annoncent sans cesse. C'est pourquoi la période comprise entre les deux avènements est caractérisée par le symbole des trompettes. La période des coupes ouvre le règne à venir.
D'ailleurs, toute l'histoire subséquente au premier avènement est contenue, comme ce qui l'a précédé, dans le livre scellé, qui renferme toute l'histoire. C'est pour cela que toutes les trompettes sont contenues dans le septième sceau et, de même, que les sept coupes sont contenues dans la septième trompette. Quant à l'histoire de l'Eglise, elle est aussi contenue dans l'histoire du monde; mais cependant elle en forme un chapitre à part, et comme un élément dérivé de l'histoire spirituelle et de l'histoire proprement dite; c'est la raison pour laquelle elle apparaît dans un Petit Livre, présenté au lecteur au cours de la lecture du grand Livre scellé.
Tel est le plan géométrique de cet ouvrage admirable, qui couronne la Bible et la continue jusqu'aux profondeurs les plus reculées des temps.
L'Apocalypse vers l'avenir, la Genèse vers le
p. 219passé font de la Bible un livre éternel. C'est une chaîne infinie, dont les extrémités se perdent et dont nous suivons pas à pas quelques anneaux. Mais à chaque âge, le guide éternel semble se plier et revêtir un caractère propre à l'état du développement intellectuel de l'humanité. La vérité, pour se faire comprendre à mesure, ne demeure en reste avec aucune des revendications de l'esprit. A notre époque toute de science et d'art, la géométrie elle-même vient tracer le chemin étroit qui mène à la vie, et la Parole prend la forme d'un poème où le sentiment esthétique supplie pour la vérité spirituelle qu'il enveloppe de sa beauté.
d) Système inférieur de la Pyramide. Passage descendant et chambre souterraine.
d) Système inférieur de la Pyramide. Passage descendant et chambre souterraine.
119. (Fig. V.) Il reste à interpréter, d'après tout l'ensemble de ce qui précède, la signification du passage descendant qui, dans la Pyramide, s'étend de S à l'entrée latérale W (cette entrée conduit par le puits WGO au commencement O de la Grande Galerie); puis, par WAB, jusqu'à la chambre souterraine BC.
120. En considérant, à partir du Déluge D, le diagramme chronologique de ces passages, on
p. 220voit immédiatement que la chambre BC est contemporaine de la région de l'antichambre et de la chambre du Roi ; un calcul exact montre ensuite que toutes les époques remarquables indiquées par DWABC forment un système entièrement d'accord, pris en lui-même, avec celui des chambres et des passages supérieurs, mais tout entier déplacé par rapport à celui-ci, en arrière dans le temps, d'environ 120 ans. Cette différence systématique s'accorde avec l'impression qui ressortait déjà, à première vue, d'un coup d'œil sur le diagramme d'ensemble des passages de la Pyramide (fig. I) : la chambre souterraine est comme en retrait sur la chambre du Roi, de presque toute la longueur de celle-ci. (L'extrémité sud de la chambre souterraine est, dans le sens horizontal, à 366 de l'angle du Grand Degré, soit, sur l'échelle supérieure à 2216 ; or, la chambre du Roi s'étend jusqu'à 2386.
2386 — 2216 = 170, et la longueur de la chambre du Roi est égale à 206).
Tout se passe donc, en résumé, comme si le système de dispensations, symbolisé par le système inférieur, avait été déplacé en arrière, relativement au système supérieur.
121. Or, le passage descendant représente la
p. 221chute progressive de l'humanité, et la chambre souterraine, avec son dernier passage perdu E et son sol tourmenté et sans repos, la dernière explosion du mal et sa ruine finale. Qu'on se souvienne maintenant de « l'œuvre abrégée du Seigneur en ces jours-là », trait chronologique qui doit être symbolisé; qu'on en rapproche l'indication donnée par la période des 7 coupes, période qui se termine avant le temps accordé par la Loi à la puissance à vaincre: on comprendra que le déplacement relatif des passages, si bien en évidence dans le diagramme, a été disposé ainsi d'une manière intentionnelle. Il exprime une vérité qu'il faut découvrir.
122. La nouvelle humanité date du Déluge. Donc le Déluge D est l'ère de son histoire.
L'œuvre du Seigneur est « abrégée »; cela veut dire que, suivant une loi instituée par le Créateur lui-même, elle aurait dû s'étendre plus loin dans le temps.
Mais comment la Grâce en faveur des élus aura-t-elle son effet sans porter atteinte à la Loi!
Cela est possible si le Créateur, pour qui tout est présent, déplace en quelque sorte dans le temps, tout en lui conservant sa valeur virtuelle,
p. 222l'un des systèmes de dispensations (celui des passages inférieurs ou de la Loi) par rapport à l'autre (celui de la Grâce) ; et c'est ce qui a lieu dès que l'instant où la première humanité a été détruite et où la nouvelle a commencé est identique, dans l'Esprit de Dieu, avec celui qui en a marqué la détermination. Or, nous voyons dans Gen. VI, 3 que la détermination a précédé le fait justement de « six vingt ans », c'est-à-dire de la durée qui marque le déplacement relatif des deux systèmes.
Mais comment ce déplacement dans le temps sera-t-il symbolisé dans la Pyramide ? Il le sera par un déplacement dans l'espace, et l'identification dont il s'agit, figurée par l'attribution du même nombre chronologique à deux points différents de l'échelle ; c'est-à-dire que la chronologie du système inférieur devra être comptée à partir d'un certain point X, placé en arrière de D, mais qui, comme D, aura pour valeur chronologique le Déluge.
123. D'ailleurs, le critérium de la réalité de cette disposition est extrêmement net : il faut 1° que la Pyramide elle-même indique la nouvelle origine hypothétique X ; 2° que, d'après la détermination faite plus haut (§ 90) de la fin de
p. 223la période des coupes, — marquée, on l'a vu, par l'axe de la chambre du Roi et qui, dans le système inférieur, correspond symboliquement à l'extrémité C de la chambre souterraine, — il y ait, de C à X (sur l'échelle inférieure), le même temps que du milieu de la chambre du Roi au Déluge (sur l'échelle supérieure).
124. On peut donner la forme suivante à l'énoncé de ces deux conditions:
Le milieu de la chambre du Roi marque 2282,69, et 2282,69 + 2528 (date du Déluge) = 4810,69. D'un autre côté, les mesures les plus complètes du passage descendant et de la chambre souterraine, celles de M. Fl. Petrie (exactes cependant, d'après l'auteur, seulement à 2 ou 3 pouces près, mais qu'il faut prendre telles quelles), placent l'extrémité C à une distance de D égale à 4686,110. Par conséquent, il doit exister dans la Pyramide, sur l'échelle chronologique prolongée au delà de D, un point X tel que la distance DX soit égale à 4810,69 — 4686,11 = 124,58.
Or, d'après M. Fl. P., l'épaisseur du revêtement extérieur de la Pyramide (il n'en existe plus aujourd'hui que des débris), épaisseur qui se compte à partir de D, est de 124,10, et cette circonstance satisfait évidemment à la fois aux deux conditions imposées par notre critérium.
p. 224Le point cherché X existe dans le plan de la Pyramide, et il se trouve à la distance de D imposée par la théorie ; il existait matériellement autrefois ; il n'est autre que l'intersection de l'échelle chronologique avec le revêtement extérieur ; ce revêtement, après avoir été construit, a été complètement détruit et, mieux que toute autre chose, il symbolise, par cette destruction, celle de la surface terrestre, déterminée dans le conseil de Dieu « six vingt ans avant le Déluge ».
125. Partant de là, on a pour les distances de W, A, B, C à X:
W
3821,175 (1) 3852,144 (2) A B C
4138,857 4484,511 4810,185 ;
et, en retranchant 2528 (puisque X a pour valeur chronologique le Déluge),
W
1293,175 1324,144 A B C
1610,857 1956,511 2282,185.
Or, ces nombres reproduisent : W, l'époque fondamentale de l'histoire de l'Eglise marquée par le degré KL dans la figure IV, c'est-à-dire la
(1) Côté nord de l'entrée latérale de l'extrémité inférieure du Puits (voy. fig. I).
(2) Côté sud de cette entrée.
p. 225constitution de la Réforme signalée par la naissance de Wiclef (1324) ; A, le centre de la phase d'Apogée de la période quinquaséculaire que cette constitution commence ; B, une date à venir dans la phase de préorganisation que nous allons bientôt commencer ; c'est le point Z (fig. III), placé à 20 ans de la date centrale de préorganisation E (nous avons remarqué, au § 21, que ce point E est, par correspondance, le centre du concile de Constance, et Z le centre du concile de Bâle) ; C, la fin de la période des 7 coupes, ou le centre de la chambre du Roi.
Les nombres correspondants donnés par le système supérieur sont
1303 1324 1609 1956,95 et 2282,69
126. Le symbolisme est remarquable ; le fait, si parlant, que le conduit OGW aboutit précisément à la naissance de la Réforme, est décisif [le Degré KL, l'entrée W sont l'un et l'autre exactement délimités par la naissance de Wiclef (1324)]. Ce fait, l'un des plus en évidence dans le diagramme général des passages, démontre clairement que la Réforme a apporté, avec l'Évangile et la foi personnelle, non seulement le vrai, mais aussi l'unique principe du salut.
p. 226L'entrée S était scellée. Arrivé en W et ne pouvant remonter le chemin parcouru, qui est le cours du temps, il faut ou continuer à descendre, sans autre fin que la perdition, ou chercher une issue par l'entrée librement ouverte W. C'est la porte ouverte à Philadelphie ou à la Réforme (Apoc. III, 8).
La forme même du passage WGO (non destiné à être mesuré, non plus que ne l'était celui de Davison), exprime les phases de la vie spirituelle de qui expérimente ce nouveau chemin. Il revient en arrière, s'élevant peu à peu ; et d'abord il semble à cet explorateur que ses propres efforts le feront arriver au but. Mais la pente devient plus raide ; épuisé, il s'arrête, au niveau de la Loi S, dans le repos G qu'elle semble lui présenter comme le mérite de l'œuvre qu'il vient d'accomplir. Cependant, dans ce repos illusoire, livré à lui-même, s'il reste, il meurt, car GO est infranchissable. Il faut, pour le sauver, qu'un secours extérieur l'élève vers le ciel ; et cette force qui fait son salut, c'est la mort du Christ, car le centre de l'orifice O mesure 34 à partir de la naissance du Sauveur.
127. En dehors de cette voie étroite, l'humanité continue à descendre ; puis une sorte de
p. 227niveau s'établit, dans la phase qu'ouvre le dernier apogée spiritualiste. C'est aussi l'époque à laquelle l'Évangile, commençant la conquête de la terre entière par celle du nouveau monde, après un siècle de vive persécution répand partout sa bienfaisante influence; comme l'huile sur les flots, il apaise la tempête du mal en adoucissant les mœurs, et fait germer des principes sociaux de droit et d'équité. C'est la période de calme relatif et factice dans laquelle nous vivons. Mais l'Écriture, comme le Livre de pierre, comme les simples inductions tirées de l'observation des faits, déclarent que cet apaisement sera suivi d'une réaction violente, dépassant en intensité et en conséquences désastreuses toutes celles dont l'histoire avait déjà offert le spectacle, et qu'elle présentait comme les présages de l'orage final qui se déchaînera.
128. En résumé, tout le système inférieur est le symbole de l'irrémédiable déchéance de l'humanité; l'Église se forme de ceux qui sont gratuitement sauvés par le sang de Christ, et personnellement appelés par l'Évangile, d'après les principes de l'Église primitive et de la Réforme (WGO, fig. V).
Quant au système supérieur, depuis S, c'est
p. 228l'histoire du peuple élu d'Israël et de Juda. Mais son enseignement n'est pas moins terrible pour Israël et pour Juda que pour les nations qui occupent le parvis du Temple. La phase de puissance matérielle que les peuples nomment leur apogée, est, pendant la période quinquaséculaire de domination du monde par ce peuple élu, un passage ténébreux (fig. III, KP), dont bienheureux (Dan. XII) sont ceux qui atteignent l'extrémité pour pénétrer enfin dans la chambre du Roi. Cet apogée, comme, aux jours de Noé, celui du peuple qui appela la colère de Dieu, sera suivi d'une effroyable destruction. Seule l'époque d'organisation (époque d'inspiration par excellence), comme aussi l'époque actuelle de constitution (1) (fig. III, FK et G), sont des temps de gloire spirituelle. Mais déjà la Grande Tribulation, dont l'Eglise doit être gardée (Apoc. III, 10), commence en Z, à la fin de la phase de préorganisation (fig. III, DF), au moment où les deux Témoins, les vrais Israélites (Jean I, 47), vont élever devant le monde leur Témoignage à l'Eternel. A peine ce témoignage est-il donné, ce qui a lieu pendant les premières ténèbres de la
(1) Le fait de l'admirable mouvement de diffusion de l'Évangile pendant ce siècle suffirait à lui seul à justifier cette dernière affirmation.
p. 229Tribulation, que les témoins sont anéantis et que le monde se réjouit (jusqu'en P) de leur ruine manifeste. Or, comment, sous le règne, et au maximum de puissance d'Israël et de Juda, Israël et Juda sont-ils anéantis?
La Bête de la mer, le huitième roi, auquel aura été donné le pouvoir d'accomplir quarante-deux mois (Apoc. XIII, 5), les aura terminés en L (fig. III); mais l'esprit de confusion, celui de la Babylone qui est assise sur la Bête (XVII, 1, 5), ne se sera-t-il pas transfusé, l'abomination prédite par Daniel établie « là où elle ne doit point être » [« que celui qui le lit y fasse attention » (Marc XIII, 14)]? et ne sera-t-il pas vrai, pour la seconde fois, qu'Il est venu vers les siens et qu'ils ne l'ont point connu?
Enfin, pendant que le monde s'endort dans une fausse paix (fig. V, AB), sous l'impulsion de ce dernier règne terrestre, l'Église elle-même ne sommeillera-t-elle pas, dans l'orgueil de son opulence et dans les ténèbres de la chambre souterraine? Et n'est-ce pas à cette Église morte des derniers temps que s'adressent ces paroles:
« Parce que tu n'es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Car tu dis: je suis riche et je suis dans l'abondance et je n'ai besoin de rien, mais tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable, et pauvre, et aveugle, et nu?»p. 230
Ceci signifie que la vraie Église restera, pendant cette dernière période, comme elle l'a toujours été, une fraction perdue dans la masse ; que son règne ne commencera qu'avec celui du Seigneur, et que la tâche acceptée par les vrais Israélites comme peuple élu ne peut être acceptée qu'avec crainte et tremblement, parce qu'il sera beaucoup redemandé à qui il aura beaucoup été donné.
CHAPITRE IV.
CONCLUSION.
129. Il est démontré dans cette étude, par des preuves externes ayant la force des nombres :
1° Que la chronologie littérale du texte hébreu de la Bible est rigoureusement exacte, d'accord avec la loi historique de Brück et identique avec celle de la grande pyramide ; que cette pyramide, conformément à la théorie défendue par M. Piazzi Smyth, est un monument hébreu et non égyptien et, comme la Bible, une œuvre de l'inspiration divine ; que son prophétisme et que le prophétisme de l'Apocalypse embrassent toute l'histoire de l'humanité, du Déluge aux derniers temps ;
2° Que les Anglo-Saxons sont les descendants des Dix Tribus d'Israël ;
3° Que la Réforme est basée sur le véritable principe chrétien et continue virtuellement l'Eglise apostolique, tandis que le Catholicisme romain est rigoureusement condamné par l'Ecriture.
p. 232130. Il semble impossible que des preuves externes aussi évidentes ne convainquent pas d'erreur ceux qui nient l'inspiration divine des Écritures, pour peu qu'ils consentent à les examiner scientifiquement. Mais en attendant que la lumière se fasse pour eux, comme elle s'est déjà faite pour d'autres, ces preuves ont une extrême utilité pour les chrétiens : la vue est ici une bénédiction qui console leur foi, et, au cours passager du chemin qu'il leur reste à parcourir, elle rapproche l'horizon du jour lumineux « où la mort » ne sera plus et où Dieu lui-même essuiera » toute larme de leurs yeux ».
REFLEXIONS DE L'AUTEUR.
L'ensemble systématique d'idées qu'on vient de parcourir a été conçu et développé en très peu de temps, il y a environ un an (1) ; il est donné ici tel qu'il s'est présenté alors, avec ce caractère de vérification croissante qui, à chaque pas, d'une manière surprenante, resserrait la région du doute.
Il est dans l'ordre du sujet de terminer par quelques réflexions sur la réaction qui doit provoquer un semblable fait dans l'atmosphère intellectuelle du temps présent. A cet égard, l'auteur croit avoir peu d'avantage à recueillir ; mais il peut s'instruire en même temps que le lecteur, en évaluant tranquillement ses chances.
Les esprits auxquels ce fait est présenté se rangent sous trois catégories : la première est ce qu'on appelle proprement la science ; les deux autres répondent aux deux grandes voies d'interprétation et d'application des principes chrétiens qui constituent le Catholicisme et le Protestantisme.
(1) Fin d'octobre et commencement de novembre 1891.
p. 234I.
Pour les hommes de science vraiment fidèles à la méthode, le doute scientifique n'est pas un scepticisme vulgaire ; c'est bien plutôt l'admission impartiale de toutes les possibilités. Celles-ci sont d'abord intégralement classées ; la réserve ne s'applique que dans le jugement que l'on porte ensuite sur la réalité ou la non-réalité des objets qu'elles supposent. Il y a très peu de choses proprement absurdes, mais il y a très peu d'esprits capables de ne pas confondre avec celles-là toutes celles qui leur déplaisent. Aux seuls esprits de cette trempe cependant il est permis de présenter avec confiance un travail de la nature de celui-ci. En général sans doute, ils seront a priori portés à déclarer excentrique et improbable la thèse qu'il défend ; mais ils définiront l'excentricité ; ils lui verront dire simplement que l'objet à discuter ne tombe pas au centre du cercle actuel de leurs idées ; en état d'étudier la corrélation des faits abstraction faite de leur essence spéciale, admettant qu'ils ne savent pas tout, ils examineront les preuves, et, si la corrélation annoncée existe, ils ne manqueront pas de le reconnaître ouvertement. Ils ne seront pas même arrêtés par la considération que, cette corrélation reconnue,
p. 235la portée de ses conséquences se passera de défenseurs.
Mais à côté de ces esprits géomètres, qui sont rares, un grand courant forme dans la science une église, ayant ses dogmes desquels on ne peut guère s'écarter sans devenir suspect. C'est cette science-là qui, par exemple, au sujet des grands problèmes des origines, de l'antiquité indéfinie de l'homme, de l'impossibilité du déluge universel, écrit « la science a démontré… », alors que les habiles savent très bien que la science n'a rien démontré du tout. On ne sait trop ce qu'on a gagné à cette dogmatique nouvelle : des esprits distingués sans doute l'appuient de leur autorité et de leur science réelle ; quant à la foule des fidèles, elle se croit douée de l'esprit d'examen parce qu'elle appartient à l'Eglise qui porte cette enseigne, absolument comme autrefois on se croyait chrétien parce qu'on appartenait à l'Eglise chrétienne ; mais, en réalité, là comme ici, on s'en remet à d'autres du soin fatigant de penser, et l'on ne voit la vérité qu'à travers des mandataires. C'est toujours le même esprit : il n'a fait que changer d'exercice. La superstition de la foi a fait place à celle de l'incrédulité ; les bonnes gens qui croyaient aux histoires de saints, croient aujourd'hui aux légendes de nos
p. 236Renan. Dans ce temps-là on se croyait pieux ; aujourd'hui on se croit raisonnable ; voilà toute la différence. Il est donc permis de craindre qu'à cette église du libre examen il soit parfaitement inutile de demander un examen.
II.
La tendance d'esprit qu'on vient de signaler éliminait d'elle-même toute considération de sentiment et, par ces temps heureux où l'âme est devenue suspecte, se serait défendue d'obéir à quelque impulsion de cet ordre. En présence du catholicisme, on se trouve dans une situation fort différente. La critique se sent à la fois contrainte par le respect de quelque chose de grand, qu'elle y aperçoit et qu'elle ne se pardonnerait pas de blesser, incitée cependant à parler d'autant plus franchement qu'elle désire se faire bien comprendre et qu'une hardie liberté est seule digne du sujet.
Le fait établi dans notre étude est la condamnation la plus formelle du système papal catholique romain. Mais ce système est comme le vêtement dans lequel s'est incarnée une admirable école de nobles vertus ; si intimement que, comme dans la fable antique, on ne peut toucher
p. 237au manteau sans faire crier la chair, et que la brutalité involontaire de l'impression produite plaidera toujours plus fort que le bien-fondé de l'intention.
Telle est la situation et sa difficulté. Tandis que, partout ailleurs, présenter un fait est permis et n'engage à rien, ici, par une étonnante identification d'une forme humaine et d'un fond divin, si ce fait est défavorable à cette forme, sa divulgation devient une faute morale.
Mettre en lumière l'identification dont il s'agit, c'est établir les responsabilités. Nous le dirons donc nettement: appuyé sur la base fausse de la confusion que cette identification engendre, et d'autant plus puissant qu'il séduit les esprits par la logique de ses déductions, le catholicisme et sa géométrie ne craignent cependant rien tant en réalité que la lumière jetée sur leur principe même, rien tant que la redoutable géométrie de la conscience religieuse individuelle ou que l'Evangile. Le catholicisme est devant l'Evangile comme un système devant la vraie science: il se donne comme étant celle-ci, car on n'estime qu'elle, mais il tremble que cette vraie science ne devienne populaire et ne se passe de lui. Il se donne pour le plus décidé soutien et défenseur des Ecritures; c'est un fait;
p. 238mais c'est un autre fait non moins patent qu'il en empêche et en condamne par tous les moyens la diffusion ; et non pas seulement de l'Ancien Testament, mais aussi du Nouveau ; de l'Évangile, c'est-à-dire des paroles mêmes de Jésus et des Apôtres. Or, à quel homme sensé fera-t-on croire qu'ardents comme ils le sont à la propagande, les catholiques, s'ils tenaient en main un moyen aussi puissant que le témoignage des Livres sacrés en faveur de leur Église, ne répandraient pas ces livres à flots dans les masses, comme font les protestants qui n'ont rien à déguiser ? et, par la même raison, qui pourra-t-on empêcher de conclure que s'ils mettent à condamner cette diffusion une ardeur égale et contraire, c'est que ces livres qu'ils disent être leur appui, mais qu'ils n'osent pas montrer, les condamnent eux-mêmes ? Qu'on saisisse bien la portée de notre observation : il s'agit avant tout d'une question de fait, qui subsiste fatalement même pour ceux qui voudraient excuser ou justifier l'attitude équivoque du catholicisme à l'égard de la Bible. Quelle qu'en soit la raison, c'est un fait que la connaissance de la Bible est funeste au catholicisme (1). Or ce fait a quelque
(1) L'ennemi du catholicisme c'est la Bible. On se tromperait si l'on cherchait cet ennemi dans le rationalisme ; les catholiques ne le craignent pas tant que cela ; ils savent très bien qu'ils possèdent un facteur nécessaire que le rationalisme néglige, et celui-ci en convient, quand il n'a pas la vue courte ; aussi a-t-il voulu mettre en œuvre ce facteur, qui est la foi, en se servant du protestantisme comme d'un instrument ; mais il s'est trouvé aussi impuissant à agir par le protestantisme, sans croire, qu'à combattre, sans religion, l'Église catholique. Il faut observer en outre que le catholicisme, par la confusion sur laquelle il repose, est plus du monde qu'il ne croit ; et que le monde en général, par cette même compromission des intérêts spirituels et temporels qui, au fond, n'est qu'un trait du caractère humain, est plus catholique qu'il ne pense. Dans l'un et dans l'autre se trouvent un Pilate et un Hérode qui s'entendent sans se l'avouer, et souvent sans le savoir.
p. 239chose d'écrasant. L'expérience en a été faite sur une échelle imposante par la Réforme, car assurément cette querelle de moines n'a pas pris sans vert tant d'excellents esprits qui sont venus depuis, et qui ont eu le temps de la réflexion; si la Réforme a réussi, ce n'est ni parce qu'elle a inventé un nouveau système, ni seulement parce qu'elle a mis en évidence l'ignorance du monde chrétien d'alors; c'est simplement parce qu'elle a ouvert une porte à une science qui existait, et c'est cette science qui, libérée, a fait irrésistiblement son œuvre. De nos jours, le même fait, qui a été l'histoire de Luther, se reproduit chaque fois qu'un catholique découvre l'Évangile: c'est pour lui un monde nouveau; quand il l'a
p. 240compris, sa conscience l'oblige à le faire connaître à d'autres ; mais aussitôt, par esprit de système, l'Eglise le lui défend, et ainsi elle le force à rompre avec elle. Quand elle est forte, elle use de violence ; quand elle est faible, elle sollicite le silence, et elle en arrive à préférer au fond un incrédule qui se tait à un chrétien qui annonce Jésus-Christ.
Il est à peine nécessaire de faire observer, après ces remarques, qu'une étude qui met en évidence d'une manière aussi nette que la nôtre, la Bible en main, le véritable caractère du système de l'Eglise romaine, ne peut espérer ni se voir discuter, ni même se faire vraiment lire par le lecteur moyen que les enseignemnts de cette Eglise ont façonné ; sa seule chance est de tomber entre les mains de quelques vrais hommes de science : mais, quelque pénible qu'elle soit, on ne peut taire ici une réflexion : la science catholique, par quelques-uns de ses mandataires autorisés, a été favorable à la théorie de la Pyramide, document de l'inspiration divine, tant qu'on n'en a eu tiré que des preuves en faveur de l'autorité de la Bible comme livre révélé ; ainsi engagée, que fera-t-elle en découvrant maintenant que la suite de ce document, par elle déclaré divin, est la condamnation la plus formelle du catholicisme lui-même ? le silence
p. 241serait-il admissible, et n'équivaudrait-il pas à un aveu ?
La thèse que je défends sera, on n'en peut douter, condamnée quand même et sans rémission par des chrétiens de très bonne foi, auxquels soit l'imposition de leur milieu, soit une acceptation réfléchie mais fondée sur des documents de seconde main, fait confondre sincèrement, comme de même autorité, la vérité spirituelle et une forme humaine dont elle a été revêtue, estimant que porter ombrage à celle-ci, c'est offenser celle-là ; condamnée peut-être, en vertu du même fatal a priori, par quelques hommes exceptionnels dont nul plus que moi n'estime la science et le caractère. Devant ceux-ci il ne me reste qu'à protester qu'il n'y a ici aucune passion ; que si, obligé de parler, j'ouvre hardiment la discussion, je l'ouvre honnêtement, demandant réponse à mes arguments, me tenant sur le terrain du fait externe ; je leur demande d'accorder que, pour des hommes non de sentiment mais de raison, le catholicisme romain, pris en lui-même comme système, peut être discuté froidement, en dehors de toute atteinte à la foi chrétienne, à la manière d'un fait externe ; je demande à ces hommes de science de faire par provision, à la manière d'un doute méthodique,
p. 242une abdication momentanée, peut-être héroïque, de la forme dans laquelle jusqu'ici leur esprit s'est plu à reposer.
Quant à ces esprits impitoyables qui, déviant de la foi dans le fanatisme, tuent en eux jusqu'à la possibilité d'une discussion, considèrent comme autant d'actes de foi leurs révoltes contre l'évidence et vont jusqu'à persuader aux autres qu'il est dangereux de puiser à la source même des vérités dont ils se donnent comme les défenseurs, ils ne laissent à convenir que d'une chose : ils désarment qui n'a à leur opposer que des raisons.
III.
Quelque objection viendra peut-être de la part des chrétiens évangéliques ; ils craindront de voir une forme trop concrète, en attirant la vue, détourner la foi de son véritable objet. Je répondrai qu'on ne voit nullement qu'à cet égard la conciliation soit impossible. Sans doute, la seule chose nécessaire s'atteint, indépendamment de toute preuve tangible, par une preuve interne, — preuve non seulement à la portée de tous, savants et ignorants, mais seule véritable, — non pas déduction intellectuelle mais fait vivant d'expérience. J'avouerai donc, si l'on veut, que l'objec-
p. 243tion signale un danger ; mais j'estime qu'un plus grand serait de comprimer ou de limiter le besoin de précision et de clarté, légitime, naturel à l'esprit humain. Or, il est évident, par la simple lecture, que la Bible considère comme le but de l'histoire et son accomplissement un événement qu'elle annonce sans cesse (la seconde venue du Christ) ; qu'en outre elle présente toute la dispensation historique qui s'y rattache comme déterminée numériquement et susceptible d'être connue par nous avec une entière clarté, puisqu'elle nous en donne les nombres. Il existe donc dans la Bible un système mathématique à déterminer ; c'est là un fait d'une immense portée et que nous ne pouvons écarter ; nous sommes invités à chercher ce système ; nous serons assurés de sa découverte quand il satisfera, conformément à une règle scientifique, à toutes les données de la question. Supposons cette assurance acquise : ce système ne pourra plus être un objet de simple spéculation ; ce sera un devoir de l'enseigner dans l'Église même ; et s'il reste un écueil, il ne faudra le chercher que dans la manière de présenter un enseignement en lui-même désormais inéluctable. D'ailleurs, la Bible sera l'instituteur et donnera le secret de la méthode ; qu'est-elle, en effet, tout entière, sinon
p. 244l'admirable modèle d'un ordre spirituel enchâssé dans des conditions finies d'espace et de temps? Et qui pourrait cependant prétendre que jamais ces conditions multiples, infiniment variées et passagères du drame, conditions imposées par notre nature finie, y détournent l'esprit d'une pensée éternelle qui est son unique objet?
IV.
En récapitulant les chances, et si l'on excepte les chrétiens personnellement instruits dans les Ecritures, il faut bien s'avouer que, fût-elle présentée par l'Ange de la conciliation lui-même, la vérité fondamentale renfermée dans ce travail heurte trop de sentiments et d'intérêts opposés pour ne pas être partout fort mal reçue: elle paraîtra ridicule aux uns, aux autres hérétique et blasphématoire. Peut-être quelque esprit philosophique moins prévenu et plus tranquille accordera qu'en définitive tout cela est possible, que cette philosophie de l'histoire, même avec sa descendance israélite retrouvée dans les Anglo-Saxons, pour inattendue qu'elle soit, a en sa faveur des preuves qui se raccordent et forment un système étonnamment lié; mais n'est-il pas à craindre qu'il refuse même ce témoignage partiel, que pour le moins il
p. 245garde le silence en voyant où cela mène, en apercevant que reconnaître ces preuves c'est dire que les conceptions panthéistes et matérialistes de ce qui porte aujourd'hui le nom de science sont sapées par la base, que c'est reconnaître la réalité de l'action providentielle, c'est dire que la pyramide de Ghizeh n'est rien moins qu'un miracle actuel, que le prophétisme et le surnaturel chrétien sont vrais, que l'homme est perdu et n'a de salut à espérer que par le sang de Jésus-Christ ? On s'en va tout triste quand on a de si grands biens à perdre. Si la Pyramide a les mêmes ennemis que le christianisme, son cas est désespéré. Ceci peut servir de consolation à ceux qui craindraient de voir la vue des arguments externes se substituer à la foi : on ne verra jamais que si l'on est en état de croire.
V.
Toute la situation se résume par une question de méthode. D'où qu'il vienne, l'obstacle à l'examen impartial prendra origine dans la non-observation d'une règle élémentaire : celle qui enjoint, en abordant un problème, de faire abstraction de tout a priori et d'établir purement et simplement la corrélation des données de la
p. 246question sans se laisser influencer par leur nature particulière.
La négation a priori du surnaturel défendra aux rationalistes d'être assez hommes de science pour considérer tranquillement l'ensemble des faits qui rendent la Bible un tout organique admirablement lié ; et l'affirmation a priori d'un système particulier qui admet le surnaturel permettra difficilement aux catholiques d'aborder sans appréhension et, par conséquent, sans prévention, l'étude de ce même tout pris en lui-même et tel quel.
Au même errement de méthode il faut rapporter une objection que fera naître dans beaucoup d'esprits un a priori d'un tout autre genre, celui du sentiment esthétique.
Si l'idée abstraite de la prescience et du déterminisme est déjà dure à la raison, elle devient criante au goût par la forme concrète dont elle est ici revêtue. On trouvera choquante dans son étroitesse une conception de l'histoire où tout est prévu, calculé et voulu, tellement que tout le travail et toutes les luttes de l'humanité soient inscrits sur une pierre fatidique placée au terme initial que marquent ses premiers pas. Je ne sais quelle ironie cruelle s'attachera à la pensée de ce logogriphe qui dirigeait le monde, et devant la
p. 247froideur géométrique duquel semble devoir tomber inutile et humiliée la valeur morale de ses enthousiasmes et de ses douleurs.
À l'égard du caractère concret et impitoyablement défini de la conception, et si un mal pouvait consoler d'un autre, nous observerions volontiers qu'on est ici en présence d'un cas particulier pris parmi une infinité d'autres. En fait, partout dans la science, ce n'est pas la largeur, c'est l'étroitesse qui est le propre de la vérité. Rien d'étroit, par exemple, comme la loi de Newton; si, devant la création, quelque Garo transformiste avait été appelé au conseil, nul doute qu'il n'eût proposé, comme seul digne d'une nature infiniment féconde, le processus toujours muable de lois s'enchaînant, sans commencement ni fin, les unes dans les autres, et recommençant éternellement leurs ondulations indéterminées; la réalité cependant est loin de cette largeur de vues: une formule à quatre lettres renferme la science du ciel. Quelle étroitesse aussi dans la porte qui mène à la vie! l'impératif catégorique de la conscience, la certitude de l'incompatibilité entre la sainteté de Dieu et le péché de l'homme, et l'acceptation absolument personnelle du pardon gratuit: toute la profondeur de Dieu et de l'âme humaine est cachée dans cette
p. 248clarté de trois idées. Une forme concrète et précise, sous laquelle la vérité se manifeste dans un cas donné, loin d'être contraire à l'ordre, est donc au contraire dans l'ordre universel (1).
Si l'on observe maintenant que malgré tout une singulière grandeur est empreinte dans ces étroites vérités, on en trouvera une raison solide. Les largeurs depuis longtemps ont épuisé le peu qu'elles avaient à dire, que le principe simple est encore, et reste éternellement, jeune de son inépuisable fécondité; c'est parce qu'en réalité l'infini y est deux fois: en puissance dans le principe même, en acte dans ses conséquences; c'est la pensée qui se réalise, c'est la Parole qui jaillit en création. De cette dualité résulte sous mille aspects, par tout l'univers, une opposition piquante et profonde, l'opposition entre ce qui est déterminé et ce qui n'a pas de limites, le tout pouvant pourtant dans le nœud de l'unité. Mais celui-là, artiste ou savant, fait fausse route qui sépare les pôles de cette antinomie. Il oublie que
(1) Rien n'est plus contraire aux règles scientifiques de l'analogie et de la probabilité que la négation d'une religion positive, négation si commune dans les errements actuels. Ce que la science connaît le mieux lui révèle en effet partout la nature comme un système particulier choisi entre une infinité d'autres également concevables. Et ainsi cette science elle-même a par son étroitesse tous les caractères de la religion positive dont elle ne veut pas.
p. 249dans cette musique et dans cette poésie du monde, comme dans la vraie musique et dans la vraie poésie, le charme naît précisément de l'union singulière d'une pensée idéale et d'un élément mathématique ; ici comme là, quand il a fallu créer, si peu que ce soit qui eût trop appuyé d'un côté eût écaché la pointe et n'eût pas bien dit ; et cependant tout devait s'y trouver : il y fallait être à la fois fin et géomètre ; en art comme en science, le vraiment difficile a toujours été, même aux temps de la création, d'avoir du génie avec des idées claires.
En d'autres termes, le sentiment esthétique peut s'accommoder de l'étroitesse et du caractère concret de la vérité, pourvu qu'il embrasse en même temps dans des sphères sans limites la multiplicité de ses conséquences ; le besoin d'infini, qui fait la grandeur de l'âme, ne doit pas tromper l'esprit en lui présentant le vague comme le caractère de l'idéal.
Si la Pyramide est en scandale, tout l'Univers doit l'être, car tout y est calculé et asservi à d'étroites conditions. On parle de valeur morale ; mais pour l'humanité comme pour l'individu isolé, la valeur morale consiste non à choisir sa voie, mais à se plier à la loi du devoir dans celle qui est imposée, et ce n'est pas être esclave que
p. 250d'être esclave de la vérité. Pourquoi donc la conciliation ne serait-elle pas acquise à un système de conditions destinées à concourir au développement de cette humanité, à lui assigner une route entre une infinité d'autres où elle aurait pu s'égarer, et sur cette route des étapes judicieusement fixées? Pourquoi enfin le sentiment esthétique, un moment froissé par l'étroitesse apparente des moyens, ne s'attacherait-il pas moins à la considération de ces moyens pris en eux-mêmes qu'à l'harmonie et à la convenance qui existe entre leur nature et leur but? Sans doute il ferait intervenir ici la notion de finalité; mais cette notion appartient à son domaine, et il est très vrai que si le vrai et le beau sont indissolublement unis, leurs véritables rapports ne s'observent que des hauteurs du bien.
Il lui reste donc encore à se placer dans ce point de vue et, dominant tout le sujet, à examiner la raison d'être et le rôle que joue, dans l'ordre suivi pour l'enseignement progressif de l'humanité, l'existence de la Pyramide. Car cet ordre est par sa nature même un élément esthétique, et, comme tel, ici, un élément d'appréciation.
Examinons-le donc d'un peu plus près et, faisant d'une chose vieille une chose nouvelle,
p. 251repassons, au point de vue de la finalité, les traits fondamentaux de l'antique tradition que notre solution vérifie.
Si cette solution présente le développement de la vie terrestre de l'humanité comme un phénomène d'ordre de grandeur restreint quant à l'espace et au temps, elle est par cela même bien en harmonie avec la place très humble que la terre occupe dans la création matérielle. Les grandes phases de ce développement sont délimitées par celles des transformations de la surface qui en est le siège. 6364 ans seulement s'écoulent depuis la création de l'homme, vers l'époque de la coïncidence de la ligne des équinoxes et du grand axe de l'orbite, jusqu'à la seconde venue du Christ, c'est-à-dire jusqu'au commencement du Règne (1). De ces 6364 ans, 1656 étant accomplis, apparaît le signe à jamais mémorable de la toute-puissance et du caractère inexorable de la justice de Dieu ; la première humanité est détruite par une révolution physique, symbole d'une
(1) On a vu avec quelle rigueur les nombres relatifs aux commencements de l'humanité sont liés à tout le reste du système chronologique ; de telle manière qu'il est impossible de prendre autrement qu'à la lettre tout ce qui est dit de la naissance d'Adam, de sa tentation, etc. Nous avons la preuve numérique que tous ces faits d'origine, donnés littéralement comme vrais, le sont en effet.
p. 252réaction spirituelle qu'elle-même a provoquée. Elle disparaît dans la transformation de la surface terrestre constituée par l'établissement définitif du relief, et que caractérise le soulèvement des grands S méridiens asiatique-australien et américain, diamétralement opposés.
La population croît; les hommes se dispersent sur la surface du globe dont le déluge a ainsi achevé la configuration; Noé, en conservant la chronologie de l'ancien monde, nous fait connaître la période quinquaséculaire sur laquelle est réglée la vie de l'humanité, période qui va servir de norme au développement subséquent de son histoire et qui le jalonnera par dix apogées de peuples.
Ces peuples nouveaux se forment précisément à l'époque de constitution qui suit la phase de décadence et de corruption caractérisée par la tour de Babel; celle-ci est le monument de la confusion, destiné à rester pendant toute l'histoire le type et le témoignage de l'usurpation sacrilège du divin par l'humain. Mais presque simultanément, c'est-à-dire au seuil de cette histoire, et comme par opposition au monument de la confusion et du désordre, tout l'acquis définitif de l'humanité, acquis aussi bien scientifique que moral, se trouve d'avance résumé, avec cette
p. 253histoire elle-même, dans une archive indestructible (1), pierre du témoignage de l'ordre divin.
Mais pourquoi cette archive reste-t-elle scellée et est-elle destinée à n'être lue qu'à la fin des temps (c'est-à-dire à l'époque actuelle)?
Cette remarquable disposition n'est, avec tous les faits extérieurs de l'histoire, que l'organe délicat d'un enseignement progressif destiné à rapprocher l'homme de Dieu.
Ce rapprochement, c'est-à-dire l'enseignement de l'humanité, doit suivre une marche fondée sur la nature de notre esprit, ou, comme on dirait aujourd'hui, conforme à la méthode scientifique. Or, d'après cette méthode, la science, de quelque ordre qu'elle soit, commence par un acte de foi
(1) D'après notre chronologie littérale de la Bible, le Philitis d'Hérodote (liv. II, § 128) pourrait être Abraham, mais Abraham n'est pas l'architecte inspiré de la Grande Pyramide. En effet, le séjour d'Abraham en Égypte a eu lieu entre ‒ 2161 et ‒ 2150 (Gen. XII, 4, et XVI, 16), et la construction de la Pyramide de ‒ 2170 à ‒ 2150 (HÉR., ibid., § 124). Abraham était donc en Égypte pendant la construction de la Pyramide, mais il n'a pu s'y trouver à l'époque de la fondation (‒ 2170). Combien n'est-il pas d'ailleurs remarquable de constater, comme nouvelle vérification, que le voyage d'Abraham en Égypte et sa chronologie mentionnés par la Bible, s'accordent avec la chronologie de la Pyramide pour expliquer le passage d'Hérodote relatif au pasteur Philitis et à l'impiété de Chéops, qui fit fermer les temples des Égyptiens.
p. 254et finit seulement par la vue (1) ; d'un autre côté, nous voyons de beaucoup plus près le monde spirituel que le monde extérieur, et l'esprit n'atteint celui-ci qu'à travers celui-là. Ce que l'humanité doit donc apprendre d'abord, c'est la vérité spirituelle ; elle apprendra par la promulgation de la Loi, la Sainteté et la Justice de l'Être des êtres et sa propre situation de déchéance morale ; par la Grâce, à la fois la Miséricorde qui est par-dessus toutes les œuvres, et la liberté absolue de celui qui, tout-puissant, se donne lui-même. La certitude entrera ainsi dans l'esprit par l'âme, la connaissance par la reconnaissance, qui n'est qu'un aveu de la vérité.
La science du monde matériel ne viendra qu'après ; ce ne sera qu'une vérification. Mais cette vérification devra être décisive, parce qu'elle est destinée à détruire les obstacles accumulés par l'esprit humain sur la route royale de la vérité morale ; et c'est pour cela qu'elle revêtira une forme spéciale et concrète, comme celle dont la découverte fait l'objet de notre étude, serrant en quelque sorte dans un
(1) Voyez, pour la démonstration de ce point, Étude sur le système des forces du monde physique, pages 564 et suivantes, dans les Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. XLVIII.
p. 255même nœud les vérités des ordres les plus différents, et symbolisant par un signe qui se démontre en se montrant, l'existence, entre toutes les facultés de l'esprit humain, d'une unité et d'un ordre qui ont leur racine en Dieu.
Progressivement et dans leur ordre rationnel, tous les facteurs du problème auront été ainsi mis en œuvre; et de la manière la plus noble cette étroite géométrie qu'on accusait aura, tout en écartant l'esclavage amoindrissant d'une science purement externe, contraint l'âme à la vérité par la liberté morale.
VI.
Si l'on estime ces raisons trop sages pour être parfaitement satisfaisantes, en ce sens que ce n'est pas consoler l'esprit que de lui faire admirer sa prison et que malgré tout il se sent fait pour une liberté plus haute, nous n'y contredirons pas en défendant quand même le déterminisme dogmatique. Peut-être, sur ce point, toute notre théologie se réduirait-elle à la réflexion suivante: Ceux qui croient en Dieu, tout leur désir doit être que Dieu lui-même produise en eux la pensée, le sentiment et la volonté; et ceux qui ne croient pas à Dieu, conçoit-on seulement
p. 256leurs plaintes puisqu'ils ne savent même pas à qui s'en prendre?
Mais sans essayer ou de consoler ou de convaincre, avouant qu'une lassitude de l'âme et un sentiment d'inanité résultent de l'opposition entre la grandeur insondable de la divinité, et même notre propre grandeur, et la nature si étrangement spéciale des moyens nécessaires pour diriger nos voies, prenant enfin argument jusque dans le fait douloureux de nos insurmontables difficultés intellectuelles, bien loin de contredire ceux que désespère cette situation, nous abonderons dans leur sens; mais ce sera pour en tirer une leçon plus utile et plus profonde.
Rien, dirons-nous, n'est plus propre à nous élever que notre misère. Sans doute le cadre et les moyens sont étroits; il ne faut pas seulement en convenir, il y faut appuyer. Sans doute ce système de conditions apparaît avec le caractère d'une inexorable fatalité; et déjà réglé en lui-même par nombre, poids et mesure, il a pour siège la surface d'un globe dont les retours réguliers sont mathématiquement calculés d'avance; dont les périodes de mouvement, quoique la terre ne soit qu'un atome perdu dans l'univers, embrassent des espaces au prix desquels le drame
p. 257humain tout entier n'est qu'un point imperceptible.
Mais cette étroitesse même est un enseignement, et ce n'est pas pour rien que la nature nous confond. Par là cette écriture magnifique nous ramène à nous-mêmes ; en nous désillusionnant, en détournant notre œil de ses splendeurs, elle nous apprend qu'elle n'est pas notre objet ; et à l'inverse d'Augustin qui, contemplant les cieux de la fenêtre du jardin d'Ostie, en avoir traversé les sphères infinies et épuisé l'espace, pénétra enfin dans son âme, il nous faut, nous, repoussés par la nature et la science, nous réfugier dans nos âmes pour y découvrir le ciel.
Or cette voie, c'est la voie de Dieu ; ce n'est pas le moindre de ses bienfaits d'avoir fait l'homme pauvre, afin que, désabusé par la science même sur la grandeur de sa condition, il comprît que toute sa dignité est dans la pensée et ne prisât de richesses que celles qui ne périssent point.
La science actuelle tend exactement à la leçon contraire et exerce par là une influence délétère, funeste aux esprits individuels beaucoup plus qu'un coup d'œil superficiel ne pourrait le laisser supposer. En tirant l'homme hors de lui-même, en attirant sa pensée incessamment vers l'univers, elle a pour effet de lui désapprendre à penser
p. 258avec profondeur. Dans les errements actuels, l'humanité apprend de la science son antiquité indéfinie, une durée à venir si illimitée que la notion nette d'une fin lui est pratiquement étrangère, et qu'assigner à cette fin une époque relativement rapprochée lui paraît une rêverie ridicule. Elle marche donc vers l'idéal d'une prospérité intellectuelle et matérielle à laquelle l'élèvera sa propre puissance, tandis que son esprit se dégagera de plus en plus des langes superstitieux de la notion providentielle. C'est ainsi que la découverte de la place très humble que la terre occupe dans l'univers, bien loin de provoquer un retour puissant vers Dieu, n'a servi qu'à faire prendre en pitié nos pères; et cependant leur science, moins bien partagée, cachait une vérité dans une erreur quand elle s'obstinait à placer la terre au centre du monde: ils étaient mieux que nous au centre de tout et leurs âmes avaient raison de ne vouloir pas abdiquer.
VII.
Telle est la leçon qu'en tout état de cause on peut espérer faire accepter par ceux qui auraient rejeté les autres. Mais assurés qu'ils sont d'un
p. 259refuge, rien ne doit les empêcher maintenant d'examiner de près la question de fait qui provoque leurs répugnances : car il n'y a de vrai plaisir à dédaigner la science que lorsqu'on sait beaucoup ; et quand on désespère, il est tout au moins bon de savoir pourquoi. Cette question de fait est l'essence même de notre travail ; c'est aussi le pôle qui doit infléchir toutes les opinions. A priori, systèmes ou fins de non-recevoir des diverses tendances qui sollicitent aujourd'hui les esprits, tout doit passer par ce point de fait.
Le plan prophétique et chronologique de la Bible appartient à un tout organique, mathématiquement défini, dont les unités de mesure sont empruntées au système du monde et qui se trouve inscrit, par des moyens géométriques, dans la Grande Pyramide de Gizeh. C'est un fait que la science possède aujourd'hui des preuves tirées et de l'astronomie, et de la géodésie, et de la physique du globe, et de la chronologie historique, enfin de la confrontation des données métriques de la Bible avec d'autres données métriques déterminées par un étalon de pierre, susceptibles de vérifications actuelles et répétées autant qu'on voudra, non seulement pour démontrer la vérité des Ecritures, mais pour en fixer l'interprétation exacte. Preuve d'autant plus
p. 260remarquable qu'elle se produit au moment où la teinte moyenne de l'opinion est qu'une lumière nouvelle a démontré l'inanité de ce prétendu héritage du genre humain et controuvé son acquis ; alors qu'une hésitation et un compromis se font jour jusque dans l'esprit des défenseurs les plus ardents de la vérité révélée, qui ne songent à rien moins qu'à brûler le corps pour tout au moins sauver l'âme de la doctrine.
Mais ni la science, ni l'histoire, ni la Bible ne sont plus falsifiables ; la Pyramide existe, elle peut être mesurée à nouveau ; dès à présent même elle l'a été avec précision, dans des conditions contradictoires qui rendent son témoignage irrécusable : d'abord, avant que l'on soupçonnât son caractère prophétique ; depuis, dans un esprit hostile, sous les auspices de l'une des sociétés scientifiques officielles les plus puissantes du monde. Or les dernières mesures sont venues confirmer les premières, et elles vérifient mieux encore peut-être l'étonnante corrélation dont il s'agit.
La force géométrique du résultat une fois acquise, se transporte tout entière à la vérité spirituelle que les faits enveloppent et qui est leur raison d'être ; c'est la démonstration par la science de la réalité de la rédemption, de la cer-
p. 261titude des magnifiques espérances de régénération répandues par toute l'Écriture: régénération de l'humanité par la seconde venue du Christ; régénération, par la résurrection, de ceux qui, dans le sentiment de l'irrémédiable déchéance morale, l'auront attendu comme leur Sauveur; et cela, non dans le vague d'un avenir indéfini, mais avant qu'à partir de l'époque actuelle trois siècles se soient écoulés.
Qu'une certitude d'un tel ordre devienne populaire, qu'elle s'impose à la conscience des peuples par celle des individus, donnant ainsi au mouvement politique et social un élément de direction et de pondération qui serait en même temps un élément de moralisation, de consolation et d'espérance, c'est probablement une utopie que d'en espérer la réalisation complète (1); et cependant il ne s'agit pas ici d'une spéculation vague; il s'agit d'éléments positifs qu'on pourrait introduire dans l'enseignement et dont les conséquences se déduiraient d'elles-mêmes dans les esprits. Il en est même dont l'utilité concrète s'impose, au seul point de vue de l'enseignement;
(1) L'attente du retour de Jésus-Christ est l'objet des incessantes recommandations de l'Évangile ; elle occupait la pensée de l'Église primitive ; mais actuellement, même dans l'Église évangélique, elle n'est nulle part le sujet d'une préoccupation générale et d'un enseignement positif.
p. 262telle est la Loi de l'histoire. Il importe d'introduire immédiatement la connaissance de cette loi dans nos écoles, fût-ce comme simple règle empirique ; en quelques leçons elle apprendrait aux élèves toutes les grandes lignes de l'histoire universelle et ils en retrouveraient immédiatement la chronologie. Un manuel exposant la loi, la résumant en quelques tableaux synoptiques, est à faire. Nul doute que si on ne l'adopte pas dans l'enseignement officiel, on ne s'en serve dans l'enseignement privé ; dans les salles d'étude un tableau schématique résumant la loi d'une manière figurative devrait être reproduit à grande échelle, et, dans les examens, la question fondamentale d'histoire universelle devrait être la loi de la vie des peuples et de leur succession ; on demanderait la loi de Brück comme, en astronomie, on demande les lois de Képler.
La seule notion de la vie des peuples, nettement énoncée, en pénétrant dans les esprits produirait des résultats profonds ; ce serait au professeur d'être à la hauteur de sa tâche pour l'interpréter, pour montrer la science avertissant les peuples des crises par lesquelles ils ont à passer, afin que, par l'usage de la liberté morale, ils s'y préparent, en conjurent les effets funestes et apprennent à s'entr'aider les uns les autres, non à accentuer
p. 263 d'une manière animale, sous forme de réactions violentes, les conséquences des prédispositions fatales que leur impose le milieu. Nul doute que l'humanité, instruite par la science, n'arrive ainsi plus tard à dominer l'organisme terrestre qui lui sert de corps, et la conception développée dans ce travail ne contredit nullement la nécessité d'un tel idéal (1).L'enseignement de la loi historique, voilà donc un premier acte pratique et nettement défini à réaliser. Il se trouvera bien alors des esprits scientifiques assez indépendants pour signaler la concordance de fait de la chronologie biblique et de cette loi ; assez libres même pour aborder tranquillement l'examen de la Grande Pyramide, pour déclarer qu'en fait aussi il y a accord littéral entre la chronologie de la Bible et celle du diagramme symbolique de ce monument, dont
(1) L'événement mystérieux mais certain de la seconde venue du Christ sera sans doute un fait tout aussi déterminé que l'a été la première venue ; mais quelles que soient les circonstances physiques qui l'accompagneront, on peut être assuré qu'elles feront partie d'un ordre préétabli, qu'il ne cessera pas d'exister des conditions définies imposées à l'humanité par son organisme terrestre. En d'autres termes, la victoire de l'esprit consistera non à anéantir le corps, mais à le plier aux conditions d'une activité normale, et la seconde venue ne viendra, pas plus que la première, pour abolir la loi, mais pour l'accomplir.
p. 264l'échelle est empruntée au globe terrestre ; et cet accord chronologique, vérifiable pour tous, apparaîtra comme une preuve externe écrasante de la vérité du plan divin exposé dans l'Ecriture. On avouera alors qu'aucune combinaison de circonstances n'aurait pu être mieux conçue que celle-là, mieux appropriée à notre impérieux besoin de voir, d'une plus invincible démonstration que celle d'une identité entre le livre dont nos sophismes (1) arrivent à contester l'autorité ou
(1) La démonstration actuelle justifie à elle seule notre droit à parler ainsi. Elle tranche le nœud par un procédé direct, simple constatation d'un fait qui est l'axe de la question, non par des appréciations et des rapprochements fondés sur des points de détail et dont les résultats, émanés d'autorités également compétentes, détruisent leur valeur par leur discordance même. J'ai eu occasion, dans un travail antérieur (Étude sur le système des forces du monde physique, p. 553 [MÉM. ACAD. ROYALE DE BELGIQUE, t. XLVIII]), de présenter quelques remarques à cet égard au sujet du fait historique du Déluge et des données de la chronologie égyptienne. J'y renvoie le lecteur. La raison de la discordance des résultats a une cause fort simple : déclarer par un a priori non légitime la non-valeur du témoignage de la Bible, c'est comme si, cherchant la valeur la plus probable d'une grandeur observée, on n'accordait qu'un poids nul ou très petit à l'observation qui peut-être est la meilleure. Il n'y a dès lors rien d'étonnant à ce que la moyenne ne vaille rien. Le travail actuel a justement pour objet de prouver la fausseté de cet a priori ; et comme la démonstration qu'il apporte est directe, toute autre sera d'abord tenue à la réfutation de celle-ci.
p. 265l'authenticité et un document indestructible qui donne au passé la réalité tangible du présent ; et si l'on fait mûre attention au fait que cet accord se trouve en quelque sorte cimenté par ce que la science moderne a de moins contesté et de plus précis, de manière que le rapide et brillant développement qu'elle a pris dans les trois derniers siècles, ou depuis le retour à l'Évangile, semble n'avoir eu d'autre but que d'en assurer plus invinciblement la valeur et la certitude, on sera bien forcé de convenir que si jamais vérité a été prouvée par des preuves externes, c'est la vérité spirituelle renfermée dans les écrits sacrés.
VIII.
Ces déductions sont consolantes ; elles sont de nature à affermir dans nos âmes, par la vue de l'œil extérieur, la vérité que l'œil intérieur avait déjà lue dans la conscience ; elles sont particulièrement faites pour frapper ceux qui se sont attachés tout d'abord au christianisme comme à une vérité indépendante des moyens finis par lesquels elle s'est manifestée sur la terre, reconnaissant, par exemple, que les faits matériels rapportés par la Bible pourraient être faux, le péché, la séparation d'avec Dieu et la nécessité p. 266 du salut gratuit n'en seraient pas moins démontrés. S'étant aperçus de cela, ils ont pu s'accorder hardiment toutes les objections et tous les doutes offerts par la science des faits externes, trouvant même un extrême plaisir à n'avoir rien à craindre en un si grand danger, et attendant patiemment que leur propre examen vînt débrouiller, s'il était possible, le réseau qui, sans la cacher, enveloppait la vérité. Les preuves dont il vient d'être question acquièrent alors une singulière valeur morale, et il y a plaisir de grand seigneur à avoir tant acquis, après qu'on a tout risqué — sauf la noblesse.
APPENDICES
Appendice I.
La Base de la Grande Pyramide mesurée par M. Flinders Petrie. Caractère intentionnel de ses irrégularités (1).
Les côtés de la base de la Pyramide, ou les distances entre les quatre sockets (encastrements), A, B, C, D, de cette base, sont, d'après M. Flinders Petrie (2) (en pouces anglais),
Est ... ... ... ... AB = 9130,8 Nord ... ... ... ... BC = 9129,8 Ouest ... ... ... ... CD = 9119,2 Sud ... ... ... ... DA = 9123,9
Les quatre points, A, B, C, D, ont des niveaux différents : le coin S.E. de la Pyramide est le plus bas. Les hauteurs des points A, B, C, D au-dessus du plan horizontal qui passe par ce point S.E. (le plus bas) sont :
A, 0,0 B, 11,4 C, 7,1 D, 16,9
(1) Un article sur ce sujet (voy. C. Piazzi Smyth « New Measures of the Great Pyramid by a New Measurer », p. 87), avait déjà antérieurement été publié par le Rév. H. G. Wood, Sharon, PA.
(2) « The Pyramids and Temples of Gizeh », p. 12.
p. 268Les azimuts des côtés, comptés du Nord vers l'Ouest, sont :
AB 5′21″ BC 3′20″ + 90° CD 7′33″ + 180° DA —1′15″ + 270°
Les faces de la Pyramide sont inclinées sur l'horizon de 51°52′ (Fl. Petrie).
Si par chacun des côtés, AB, BC, CD, DA, nous menons un plan ayant cette inclinaison, les intersections des quatre plans avec le plan horizontal de la base qui passe par le coin le plus bas A, formeront une figure quadrilatérale, AB′ C′ D′, dont les côtés sont :
AB′ = 9140,3 B′C′ = 9144,3 C′D′ = 9138,1 D′A = 9137,1
et les diagonales :
AC′ = 12924,22 B′D′ = 12927,47
La moyenne des quatre côtés est 9140, ou, en pouces pyramidaux, 9131, c'est-à-dire le nombre théorique requis. La somme des deux diagonales est 25826 p. pyr. ; par conséquent on n'est pas seulement en droit de dire avec M. Piazzi p. 269 Smyth (1) au sujet des mesures de M. Fl. Petrie, qu'elles ne nous obligent pas à nous écarter des « manières de voir antérieures », on a celui de constater que ces mesures apportent à ces vues antérieures la plus éloquente des sanctions.
On va reconnaître, en outre, que les irrégularités mesurées par M. Fl. Petrie ne sont nullement accidentelles, mais sont tout au contraire certainement intentionnelles.
1. Une première preuve s'en trouve dans le fait que la somme des diagonales est la même que la somme des diagonales du carré construit sur le moyen côté, 9131.
2. Une base irrégulière est un symbole très représentatif d'une orbite troublée telle que celle de la Terre, orbite qui n'est en fait ni un cercle ni une ellipse ; mais l'ellipse qui moyennement représente l'orbite, doit néanmoins se retrouver dans cette base. Or si on construit une figure rectangulaire avec la moyenne des côtés N et S, et la moyenne des côtés E et O, l'ellipse inscrite dans ce rectangle est exactement la même que l'ellipse terrestre; leur excentricité est la même.
(1) « New Measures of the Great Pyramid by a New Measurer », p. 27.
p. 270B′C′ + D′A
─────────── = 9140,7
2
AB′ + C′D′
─────────── = 9139,2
2
L'excentricité de l'ellipse inscrite dans le rectangle est 0,018, c'est-à-dire exactement l'excentricité de l'orbite terrestre durant les temps historiques.
3. Si l'on fait le tour de la Pyramide, dans le sens A, B, C, D depuis le niveau le plus bas jusqu'au niveau le plus élevé, on accomplit une révolution autour des « quatre coins de la terre » (Apoc. VII,1), la terre étant elle-même symbolisée par la Pyramide (ce que nous savons, par exemple, par les poids comparés de la terre et de la Pyramide). Cette révolution conduit à la conception d'une période, particulière à la terre, et qui sera mise en évidence par une donnée caractéristique propre au point D (soit ici le niveau maximum 16,9 propre à ce point). Or cette période n'est autre chose que la période historique fondamentale de la vie des peuples (Loi de Brück), égale à la diagonale 515,165 de la Chambre du Roi.
La somme des deux diagonales, AC′ + B′D′, diminuée de quatre fois 16,9 (c.-à-d. en retranchant 16,9 de chaque demi-diagonale), donne une p. 271 somme de diagonales réduites (et cette somme représentant un cycle, semblable à celui de la précession) égale à
25851,69 - 67,6 = 25784,09 p. angl.
= 25758,306 p. pyr. ;
25758,306
───────── = 515,166.
50
Tous ces résultats donnent une idée de l'admirable exactitude des mesures de M. Flinders Petrie, et montrent combien favorable à la cause de la Grande Pyramide s'est révélée l'intervention de la Société royale de Londres.
Appendice II.
Relation numérique entre la Pierre de Jacob (Jacob's Pillow), actuellement à Westminster, et la Grande Pyramide ; établissant que les Anglo-Saxons possèdent à Londres un « signe » matériel de leur Identité (Gen. XXVIII, 10, 12).
La pierre ou « oreiller » (ibid. 18) de Jacob est, dans le récit de la Bible, en connexion avec l'échelle dressée sur la Terre et dont le sommet touchait le ciel. Cette pierre est un monument, une maison de Dieu dont le sommet est consacré (18-22). p. 272 De même, la Grande Pyramide est un autel ou un monument (Isaïe XIX,19), dont le sommet, la pierre de l'angle, est Christ (Eph. II, 20,21).
Or, lorsqu'on observe une des faces de la Grande Pyramide, dans son état actuel où les assises sont visibles, on est en présence d'une échelle formée de la succession de ces assises, dressée sur la Terre, et appuyée sur le côté de la base de la Pyramide, comme l'échelle, dans la vision de Jacob, était dressée sur la Terre auprès de la pierre qui lui servait d'oreiller.
Le côté de la base est une ligne; la pierre est un volume de pierre. Mais nous lisons dans Ezech. XL, 5, 6 [dont le Temple est en relation intime avec la Grande Pyramide], qu'il existait autour du Temple un mur formant circuit, dont la section était un carré de côté égal à l'unité de mesure du Temple.
Or, si l'on imagine construite, le long de la base de la Pyramide, et entourant celle-ci, une muraille dont la section soit un carré égal à 1 × 1 pouces pyramidaux, le volume d'un de ses côtés sera de 9131 pouces pyramidaux cubiques. Cherchons maintenant le volume de la pierre de Jacob. Glover (England, the remnant, etc., p. 48) donne les dimensions approximatives suivantes: p. 273
Longueur . . a = 26 pouces anglais Largeur . . . b = 16 3/4 » Epaisseur . . c = 10 1/2 »
Or, il est évident, à première vue, que ces dimensions sont entre elles comme 2, 3 et 5.
c : b : a = 2 : 3 : 5.
Dès lors, il devient possible aussi de reconstruire la pierre idéale. La longueur a sera égale à 5 fois une certaine unité x, que nous avons à déterminer ; b vaudra trois fois et c deux fois cette même unité, qui sera un peu plus grande que 5. Prenant
a = 26,0 p. a. = 5 x ) b = 16,75 = 3 x } c = 10,5 = 2 x )
nous trouvons :
( 5,200
x = < 5,583
( 5,250
Moyenne = 5,344 ;
soit, en pouces pyramidaux, x = 5,339 pouces. On aura donc :
Volume de la pierre de
= 2 × 3 × 5 × (5,339)³ = 4565,6 ;
et :
Jacob en p. pyr. cubiques
2 fois ce volume . . . = 9131,2,
p. 274
c'est-à-dire un côté de la muraille carrée construite sur le côté de la base de la Pyramide.
Autrement encore, si l'on imagine une pierre dont les côtés soient entre eux comme 2 : 3 : 5, et dont le volume contienne un nombre de pouces pyramidaux cubiques (valant chacun 1/25 de la coudée sacrée des Hébreux) égal au nombre de pouces du périmètre de la Pyramide (1) divisé par 2 × 2 × 2, cette pierre unique sera la « pierre de la destinée » (stone of destiny), aujourd'hui à Westminster.
La valeur théorique de l'unité de longueur x (d'après ce qui précède) est :
x = ∛(10 × 365,24 / 24) = 5,339.
Les valeurs comparées des éléments théoriques et observés sont les suivantes :
VALEURS THÉORIQUES VALEURS OBSERVÉES
(Glover p. 48)
Unité de longueur x 5,339 p. pyr. 6,339 p. pyr.
┌ Longueur . . . 26,70 » 25,97 »
P │ Largeur . . . 16,02 » 16,73 »
J └ Epaisseur . . 10,68 » 10,49 »
(Pierre de Jacob)
(1) C. a. d. 100 × 365,24, ou cent fois le nombre de jours solaires de l'année tropique.
p. 275Appendice III.
Les lois de population et la Grande Pyramide. Limite de la population du globe et son époque.
Quelque variables que soient les fluctuations accidentelles de la population du globe, celle-ci subit néanmoins une augmentation séculaire soumise à une loi de progression géométrique.
P étant la population à l'époque t, P₀ la population à l'époque t₀, 1 + p la raison de la progression, on a la formule :
(1) P = P₀ (1 + p)^(t - t₀).
α étant la fraction qui exprime la proportion entre le nombre annuel des naissances et la population, β la fraction analogue pour le nombre annuel des morts, on a :
p = α - β.
Le nombre H des individus nés de l'époque t₀ à l'époque t est donné par la formule :
P - P₀
(2) H = α ─────────
l. (1 + p)
où l. (1 + p) désigne le logarithme népérien de 1 + p.
p. 2761. Le nombre p, qui représente l'accroissement annuel de la population, est regardé généralement comme étant très rapproché de 1/200 = 0,005 ; une première confirmation de l'histoire biblique peut se trouver dans le fait que la valeur de p, déduite de la supposition que huit personnes (Gen. VIII, 18 ; I Pierre III, 20) étaient vivantes à l'époque du Déluge, est précisément du même ordre que la valeur observée 0,005.
En 1887 (« Annuaire du Bureau des longitudes, » 1889, p. 402), la population du globe était de 1 483 000 000 âmes.
Posant dans la formule (1) :
P = 1 483 000 000 P₀ = 8 t − t₀ = 1887 + 2528 = 4415,
on a :
4415 1 483 000 000 = 8 (1 + p)
et :
log. (1 + p) = 0,0018727,
log. désignant un logarithme vulgaire. D'où p = 0,004 ; nombre du même ordre que la valeur approchée admise 0,005.
2. Calculons maintenant, au moyen de la valeur (1 + p) que nous venons d'obtenir, la population p. 277 à l'époque de la Naissance du Christ. [Le résultat peut être fort différent de la population réelle du monde à ce moment, car nous ne nous occupons ici que de la valeur du terme séculaire (celui qui croît suivant une progression géométrique)].
Posant, dans la formule (1) :
t - t₀ = 2528 P₀ = 8 log. (1 + p) = 0,0018727,
on trouve :
P = 433 790.
Ce nombre, qui dépendait d'une donnée statistique actuelle et particulière, est fort rapproché de 400 000 ou de 4 × 10⁵ ; et si nous considérons alors que le nombre 4 dans l'Apocalypse (par les « quatre conducteurs, » Ch. VI), comme aussi dans Ezéchiel et dans Zacharie, caractérise les temps écoulés avant le Christ (en formant sans doute, dans le développement séculaire de la population, la première section d'une « semaine » dont les trois dernières unités se rapporteraient aux temps postérieurs au Christ), nous sommes conduits à penser que 400 000 est la vraie valeur théorique du terme séculaire de la population de la Terre à cette époque remarquable : la naissance du Christ.
p. 278S'il en est ainsi, une meilleure valeur de p sera donnée par l'équation suivante :
2528; 400 000 = 8 (1 + p)
d'où nous tirons :
log. (1 + p) = 0,0018588.
3. L'hypothèse précédente devient une quasi-certitude si l'on cherche maintenant le nombre des êtres humains qui vivront lors de l'établissement du règne du Christ, c'est-à-dire à la date 2283, marquée par l'Axe de la Chambre du Roi.
Posant, dans la formule (1) :
P₀ = 8 t − t₀ = 2283 + 2528 = 4811 log. (1 + p) = 0,0018588 (voy. ci-dessus),
on a :
P = 7 011 000 000,
soit, très approximativement :
P = 7 × 10⁹.
Ces « sept » accomplissent bien ici la « semaine » dont nous avions soupçonné l'existence, et qui se trouve ainsi divisée par le Déluge, la Naissance et le Règne du Christ en deux parties caractérisées par les nombres « quatre » et « trois. » Comme confirmation de ce nombre p. 279 remarquable de 7 000 000 000 lors de l'établissement du Règne, on se rappellera ici les « sept milliers » que le Seigneur s'est réservés (I Rois XIX ; Rom. XI,4) (1).
4. Il devient évident que les véritables valeurs de P aux dates fondamentales de la Naissance et du Règne du Christ sont :
P = 4 × 10⁵ et P = 7 × 10⁹ ;
et ces données permettent de déterminer avec plus d'exactitude encore la valeur de 1 + p.
Posant dans la formule (1) :
P₀ = 4 × 10⁵ P = 7 × 10⁹ t – t₀ = 2283,
on a :
log. (1 + p) = 0,0018585361
et :
1 + p = 1,004288452656.
Si quelque inexactitude subsiste encore, elle ne peut résulter que d'une erreur dans la position admise de l'Axe de la Chambre du Roi.
5. Les résultats systématiques précédents,
(1) A consulter aussi sur cette question de la population séculaire du Globe et de sa limite le travail, indépendant, mais dont celui-ci avait été l'occasion, de notre éminent compatriote le Général Brialmont, lu en séance publique de la Classe des Sciences et inséré dans Bull. Acad. royale de Belgique, Décembre 1896. (Sur la population du globe et son accroissement dans l'avenir.)
p. 280relatifs soit à la possibilité de faire descendre la population actuelle de la Terre des huit personnes sauvées du Déluge, soit aux valeurs caractéristiques de P aux époques de la Naissance et du Règne du Christ, constituent un argument nouveau et très frappant pour l'ordre entier de nos idées. Mais continuons notre examen, et, faisant maintenant usage de la formule (2), cherchons quel est le nombre des hommes qui ont vécu sur la Terre pendant la période postdiluvienne de l'histoire de l'Humanité, période à laquelle se rapporte le symbolisme de la Pyramide.
En faisant dans la formule (2) :
P₀ = 8 P = 7 000 000 000 log. (1 + p) = 0,0018585361,
nous aurons :
H = 10 α × 163 572 000 000.
Or, ce nombre se rapproche beaucoup de 10 α × Vol. Pyr. en pouces pyramidaux cubiques. On a, en effet, pour ce volume :
5813,01
V = (9131,05)² × ─────────
3
= 161 555 317 506 p. pyr. cubiques.
Il y a donc, sinon égalité [comme la supposi- p. 281 tion en avait déjà été faite (1)], tout au moins une relation approchée entre le nombre total des hommes postdiluviens et le volume de la Pyramide.
6. Une relation plus précise et mieux définie se tire ensuite de la connaissance du coefficient α, nombre qui exprime la proportion annuelle des naissances.
Si, comme on l'avait supposé déjà, le nombre total des individus est égal au volume de la Pyramide exprimé en pouces pyramidaux cubiques, α aura une valeur très rapprochée de 1/10, valeur moyenne qui est du même ordre que les valeurs effectives (2).
Or, si nous supposons que H = V, comme nous avons, en vertu de ce qui précède :
H
log. ─── = 12,2137113 et log. V = 11,2083212,
α
il vient :
1 1
log. ─── = 1,0053901 et α = ─────── ;
α 10,1250
(1) Voyez « Our Inheritance », etc., 5ᵉ édition, p. 384.
(2) Au commencement du temps, dans un cas idéal, nous pouvons admettre que α = 1/2 ; les valeurs observées aujourd'hui sont 1/30, 1/40, 1/22, etc.
p. 282et cette valeur :
1 10⁴
α = ─────── = ───────
10,1250 10 1250
est très remarquable, car on a :
10⁴ 2 × 2 × 2
α = ─────── = ─────────── = 0,09876543209876543209….
10 1250 3 × 3 × 3 × 3
et ainsi de suite à l'infini (c'est-à-dire encore
987654321
α = ───────── ),
10¹⁰
nombre dont le symbolisme est singulièrement expressif, puisque c'est celui d'une génération indéfinie issue du mariage, institution divine (2³), de quatre couples (3⁴).
Si nous admettons cette valeur de α, nous serons conduits à une autre expression non moins remarquable pour β, le coefficient de la proportion annuelle des morts (ou le coefficient de la Mort). La relation β = α − p donne :
β = 0,0987654321 − 0,0042884527 = 0,0944769794, log. 1/β = 1,0246740,
et conduit au nombre :
1 1 10⁴
β = ─────── ou β = ─────── = ───────
10,5845 10,5846 10 5846
p. 283
c'est-à-dire :
10⁴ 10⁴
β = ─────── = ──────────────────────────────────────
10 5846 6 6.6 6.6.6
(6.6.6.) 7.7.10 + ─── + ───── + ─────── + …
7 7.7 7.7.7
à l'infini,
expression qui met en évidence le nombre de la bête, le nombre de la confusion et du péché, formée qu'elle est par la combinaison (et la confusion) de 6 et de 7. Elle marque, par la succession indéfinie des termes 6/7, 6.6/7.7 …, dans le dénominateur, la destruction indéfinie introduite par le péché, ou par la tentative de l'humain aspirant à supplanter le Divin ; elle exprime aussi que la mort est le fruit du péché, car si, dans cette expression, tous les chiffres 6 étaient des 7, le coefficient β deviendrait zéro — la Mort serait anéantie. Ceci est un exemple de la manière dont les vérités spirituelles les plus hautes peuvent être exprimées par des nombres, et le sont en effet dans le livre de pierre de l'Inspiration divine.
7. Il est indispensable de bien remarquer que les valeurs théoriques de α et de β, qui donnent maintenant, pour la vraie valeur de p = α − β,
p = 0,004288550591…,
n'ont pas été choisies a priori. Ce qui leur donne p. 284 une importance et un intérêt, c'est qu'en partant de données d'observation, nous y avons été conduits par une voie purement analytique.
Ces valeurs donnent [par les formules (1) et 2)] :
Epoque à laquelle la popu-
lation sera égale à 7000000000
= 2283 ⎫
et : ⎬
Axe de la Chambre du Roi ⎪
dans la Pyramide, Règne du ⎪
Christ . . . . . . .= 2283. ⎭
Epoque à laquelle la popu-
lation égalait 400 000 = Ere
chrétienne . . . . . .= 0 ⎫
et : ⎬
Commencement de la Gran- ⎪
de Galerie, Naissance du ⎪
Christ . . . . . . . .= 0. ⎭
Epoque où la population
était égale à 8 (les 8 sauvés des
eaux). . . . . . . .= —2528 ⎫
et : ⎬
Date du Déluge suivant la ⎪
Bible . . . . . . . .= —2528. ⎭
p. 285
Nombre des hommes durant la période postdiluvienne, du Déluge au Règne . . . . . = 161 555 615 003 et : Volume de la Pyramide en p. pyr. cubiques . . . . . = 161 555 317 506.
La différence entre ces deux derniers nombres n'a d'ailleurs aucune importance ; elle est de 297 497, c'est-à-dire égale à 0,000002 du volume de la Pyramide, et correspond à une erreur imperceptible de moins de 1/100 de pouce dans les mesures de la base.
On peut au contraire tirer de la considération de ces lois de population une nouvelle vérification de la longueur de ce côté de base.
x étant ce côté, V le volume de la Pyramide, comme la hauteur est le rayon d'un cercle dont la circonférence est égale au périmètre de la base, on a :
3 _______ x = √ 3/2 π V ;
et en faisant V = 161 555 615 003 (le nombre total des hommes postdiluviens), il vient x = 9131,058 ; la valeur généralement adoptée était x = 9131,050.
p. 286Dans chaque cas, la valeur correspondante de l'année tropique reste 365,242.
Quelques remarques subsidiaires
Comme exemple de la manière dont tous les domaines de la vérité sont reliés entre eux, nous pouvons terminer notre sujet en montrant comment les résultats précédents nous permettent de comprendre un passage de l'Apocalypse resté jusqu'ici inexpliqué.
Nous avons été conduits (§ 67) à la conclusion que les « Anciens » de Apoc. IV, 4, 10, 11, représentent l'humanité antérieure au Déluge; mais pourquoi sont-ils « vingt-quatre »?
Si nos lois de population nous présentaient ce nombre 24 comme réglant le développement de la population antédiluvienne (toujours en ce qui concerne le terme séculaire), ce fait serait à la fois une confirmation de notre interprétation du mot « Anciens », et une explication de ce nombre particulier dans le passage auquel il est fait allusion. Le temps qui s'écoule de la création de l'homme au Déluge est de 1656 années, et, en ce qui concerne la formation de l'humanité durant cette période, le texte de la Genèse lui-même nous conduit à la considération de trois ères :
p. 287(1) La création d'Adam, qui domine toute la période ;
(2) La Naissance de Caïn (et d'Abel) (Caïnites) ;
(3) La naissance de Seth (Séthites).
La naissance de Seth a eu lieu en 130, c'est-à-dire, 1656 - 130 = 1526 avant le Déluge.
Pour la naissance de Caïn, nous devons rappeler ici le parallélisme qui existe entre l'Adam terrestre et l'Adam céleste (voir § 100), et duquel nous avons déduit que la tentation d'Adam eut lieu en l'an 30 du Monde. L'union mystique de Christ et de l'Eglise, de l'Epoux et de l'Epouse (voir § 112, Lettre à Pergame) correspond dans ce parallélisme à la première union par le mariage, et c'est pourquoi les naissances de Caïn et d'Abel, qui nous enseignent la nécessité de la naissance spirituelle, l'élection et la grâce, doivent être placées aux environs de 33 A. M., c'est-à-dire 1656 - 33 = 1623 avant le Déluge.
Ainsi, nous sommes amenés, dans l'étude de notre exemple, à partir successivement des trois ères 1656, 1623 et 1526 avant le Déluge.
(I) Si nous calculons, au moyen de notre nombre précédent p, la population P qui serait issue de 2 personnes, en 1656 années, nous trouvons à très peu près 24 centaines de personnes (plus
p. 288exactement 23,9). La différence correspond à une erreur seulement d'une fraction d'année sur les 1656 années admises.
Supposons, en effet, que la population provenant de deux personnes soit de 24 centaines à l'époque du Déluge ; combien d'années faudrait-il pour cet accroissement ?
En posant dans la formule (1) P = 24 × 100,
P₀ = 2, log. (1 + p) = 0,0018585115,
nous trouvons
t - t₀ = 1656,8,
c'est-à-dire le temps de la création d'Adam et Eve avant le Déluge.
(2) En calculant le nombre total de personnes issues de deux personnes depuis l'ère des Caïnites jusqu'au Déluge, nous trouvons à très peu près 48 = 2 × 24 milliers (plus exactement 47,96) ; la différence provient de seulement une différence d'une fraction d'année sur l'ère admise, 1623, avant le Déluge.
Par la formule (2) où H = 2 × 24 × 1000, P₀ = 2, nous trouvons, en utilisant la formule (1) comme intermédiaire,
t - t₀ = 1623,6,
c'est-à-dire l'époque de la Naissance de Caïn.
p. 289La population caïnite P à l'époque du Déluge se trouve alors devoir être 2082, c'est-à-dire 4 fois la période 520,165 de la vie des peuples ; car
4 × 520,165 = 2081.
(3). Calculant le nombre de personnes issues de deux personnes depuis l'ère des Séthites jusqu'au Déluge, nous trouvons à très peu près 5 × 12 × 528, c'est-à-dire, 60 fois le nombre d'années de la période spirituelle de 528 ans qui est le « temps » de la grande 70e semaine spirituelle de Daniel et de l'Apocalypse (Lettres aux Sept Eglises). La période spirituelle 528 concernant les Séthites, est ici opposée à la période terrestre de 520,165 appliquée aux Caïnites.
Par la formule 2, où H = 5 × 12 × 528, P0 = 2, nous obtenons pour la population Séthite à l'époque du Déluge le nombre remarquable
P = 5 × 5 × 55,
et pour la naissance de Seth
t - t0 = 1526,6
avant le Déluge ; la valeur trouvée dans la Bible étant 1526.
Le nombre 24 est ici mis en évidence dans la valeur de H, qui est le nombre de Séthites de Seth au Déluge ; car nous avons
H = 5 × 44 × 24 × 24.p. 290
Nos remarques peuvent se résumer comme suit :
2 personnes, à l'Ere d'Adam, donnent au Déluge P = 100 × 24.
2 personnes, à l'Ere des Caïnites, donnent à partir de cette date jusqu'au Déluge un total d'existences H = 2 × 1000 × 24.
2 personnes, à l'Ere des Séthites, donnent à partir de là jusqu'au Déluge un total d'existences H = 5 × 44 × 24 × 24.
(Les Eres 1656, 1623 et 1526 doivent êtres lues 1656,8, 1623,6 et 1526,6).
(Entre les naissances d'Adam et de Noé, les pères de l'humanité antédiluvienne et de l'humanité postdiluvienne, il y a 1056 années, c'est-à-dire 2 périodes de 528 années = 44 × 24 années).
Le nombre 24, ainsi que nous l'avons conjecturé d'après le chap. IV de l'Apocalypse, est donc bien, en fait, un nombre régulateur dans les computations relatives à l'histoire antérieure au Déluge, histoire à laquelle appartiennent ces « vingt-quatre Anciens » qui déposent leurs couronnes devant le trône du Tout-Puissant, et Le glorifient pour sa Création de toutes choses (Apoc. IV, 10, 11). Redisons que nous trouvons une confirmation du caractère spirituel de cette période 528 de Daniel et de l'Apocalypse, dans le fait que cette période apparait seulement (pour
p. 291autant que nous pouvons l'inférer de ce qui précède) dans les nombres relatifs aux Séthites la période terrestre de 520,165 étant au contraire appliquée aux Caïnites. Enfin, on ne peut manquer d'observer que (toujours dans les nombres précédents) l'on ne trouve le carré de 24, d'où le carré de 12 ou 144, que dans un nombre relatif aux Séthites. Il y a là un trait très intéressant qui est à rapprocher de l'existence de ce même nombre 144, en tant que nombre spécial spirituel, dans l'Apocalypse (Apoc. VII, XIV et XXI).
[A tous ces traits qui signalent le nombre 24 comme une caractéristique du monde antédiluvien, nous pouvons d'ailleurs en joindre un autre encore, plus récemment découvert, auquel sa nature même donne une précision particulière, à savoir (voy. Leçons sur la Parole de Dieu (1912), Leçon XII, Tabl. XIII) que le nombre des personnes désignées par la Bible et appartenant seulement au monde antédiluvien, est exactement égal à 24].
p. 292APPENDICE IV.
L'Eden, la Grande Pyramide et la « Pierre du Destin » (Jacob's Pillow, Westminster), les repères de l'Histoire.
Une vérification de l'exactitude de la théorie doit être cherchée dans la combinaison des deux périodes de 515,165 et de 520,165 années. De ces deux données résulte une valeur déterminée x de la vitesse (déplacement annuel) du centre de civilisation, c'est-à-dire du méridien séculaire ou méridien de précession (voir §§ 1 et 20), de l'est vers l'ouest, et cette valeur calculée x doit concorder avec le déplacement observé de ce centre. Cette considération nous apportera quelques nouvelles confirmations décisives.
La vitesse angulaire du méridien quinquaséculaire est
360° ─────── 515,165
Pendant 520,165 années, il parcourt
360° × 520,165 ────────────── 515,165
et par conséquent, quand cette période est écoulée, le méridien quinquaséculaire est à l'ouest de sa position initiale d'un nombre de degrés égal à
360° × 520,165 ────────────── - 360°. 515,165p. 293
De là :
⎛ 520,165 ⎞
⎜ ─────── - 1 ⎟
⎝ 515,165 ⎠
x = 360° ───────────────────
520,165
Le déplacement du méridien séculaire en t années, est donc égal à
(1) xt = 0″006717 t.
D'accord avec la loi de l'Histoire, ce méridien atteindra le centre d'action (Londres) du peuple chef (Angleterre) de la dernière période quinqua-séculaire, à la date marquée par le centre 2129,56 (§ 21) de la phase d'apogée de cette période ; en outre, si quelque point géographique doit être désigné comme fixant la position exacte de ce méridien à la date indiquée, il ne peut être autre que la Pierre du Destin, le Jacob's Pillow, actuellement à Londres, dans l'Abbaye de Westminster, témoin muet et cependant éloquent, apporté d'avance et depuis longtemps placé là, pour être atteint par le méridien dans les derniers temps.
Partant de là, nous pouvons calculer la position du méridien séculaire à une époque quelconque de l'Histoire. Cherchons, par exemple, sa position aux dates de la création de l'homme et du Déluge, c'est-à-dire aux débuts de deux parties fondamentales de l'Histoire de l'Humanité. (Ainsi que nous l'avons vu, le système chronologique de la Pyramide s'étend explicite-
p. 294ment sur la seconde de ces deux parties, ou l'histoire postdiluvienne).
I. La date de la naissance d'Adam est 4184 av. J.-C. Au moyen de la formule (1), où t = 2129,56 + 4184 = 6313,56, nous obtenons comme longitude du méridien séculaire à cette époque, par rapport au méridien de Londres (c'est-à-dire le méridien du Jacob's Pillow, ou Westminster),
0°006717 × 6313,56 = 42°24′ à l'est ;
et, par rapport au méridien de Greenwich,
42°16′ à l'est,
si nous observons que la longitude de Westminster est de 7′,54 à l'ouest de Greenwich.
Si la théorie est fondée, 42°16′ Est doit être la longitude de l'Eden par rapport à Greenwich. Or que cela soit effectivement ainsi, d'accord avec Genèse II, 10, 14, un coup d'œil sur la carte suffit pour nous en assurer. Cela nous conduit exactement à la région des sources de l'Euphrate et du Tigre.
II. Cherchons maintenant la position du méridien séculaire à l'époque du Déluge, c'est-à-dire au commencement de l'histoire postdiluvienne, de cette partie de l'Histoire que la Pyramide était destinée à mesurer explicitement sur son échelle chronologique. La longitude de la Pyramide est 31°9′ Est de Greenwich.
p. 295Posant
t = 2129,56 + 2528 = 4657,56
dans la formule (1) (Déluge = 2528 av. J.-C.), nous trouvons : Longitude du méridien séculaire Est de Westminster =
0°,006717 × 4657,56 = 31°17′,09 ;
ou, en soustrayant 0°7′,54, c'est-à-dire la longitude de Westminster, Ouest de Greenwich, Longitude du méridien séculaire Est de Greenwich =
31°17′,09 - 0°7′,54 = 31°9′,55,
c'est-à-dire = longitude de la Grande Pyramide. Donc, à l'époque du Déluge, le méridien séculaire marquait providentiellement, la place où devait être construit le monument de l'Inspiration Divine, destiné à synthétiser le plan de toute l'histoire postdiluvienne.
Ces résultats justifient entièrement, pensons-nous, le titre de cet Appendice.
Plusieurs remarques subsidiaires et confirmatives peuvent être faites à propos de la marche du méridien séculaire. Si nous calculons les positions du méridien séculaire aux époques des apogées des peuples-chefs successifs de la loi de l'Histoire, nous voyons le méridien en avance, comme un conducteur, par rapport au Centre de
p. 296civilisation, jusqu'au temps des Romains. Alors la coïncidence s'établit, et ce fait externe répond dans son expression à une subdivision naturelle de l'Histoire de l'Humanité, savoir: historiquement et prophétiquement, à l'établissement de la vaste puissance du Monde Romain, puissance telle qu'on n'en avait jamais vu de semblable; à la naissance du Christ; au commencement de la Grande Galerie dans la Pyramide; à la fin de la période des Sceaux dans l'Apocalypse, laquelle, d'accord avec Ezéchiel, ainsi que nous l'avons vu, sépare les « conducteurs » ou peuples-chefs antérieurs aux Romains de la suite ultérieure de l'Histoire, en indiquant clairement pour cette même époque la puissance croissante et, d'une manière caractéristique, la prise de possession grandissante du monde, par le « Prince de ce Monde ».
Nous pourrions aussi observer que le méridien séculaire a atteint la côte Est de l'Angleterre précisément durant la dernière phase de constitution (1870) de l'Israël des derniers temps.
Si d'autres données de la Grande Pyramide nous permettaient de calculer semblablement la latitude exacte de l'Eden, nous serions à même de fixer avec précision, sur la surface de la Terre, le point géographique précis de la création de l'homme. Avis aux chercheurs.
p. 297APPENDICE V.
Sur le livre d'Ezéchiel.
Nous avons été conduits à penser (§ 75) que les temps de l'Antichambre sont ceux de la construction du Temple d'Ezéchiel par les « deux témoins » (Apoc. XI, 3), Israël et Juda, et que la première pierre de granit dans le sol, pierre dont le centre est 2000 A. D. sur l'échelle chronologique, est le symbole de ce Troisième Temple.
Une centaine d'années seulement nous sépare de cette époque, et, devant pareil fait, l'étude spéciale du Livre d'Ezéchiel devient un devoir pour le lecteur chrétien.
Dans ce qui suit, quelques réflexions sont présentées à propos de ce grand sujet.
(1) Le Livre d'Ezéchiel est composé d'une série de visions ou prophéties, disposées en ordre chronologique. L'ère à laquelle les dates de ces prophéties sont rapportées par Ezéchiel est l'année où le prophète lui-même fut mené en captivité avec le Roi Jehojachin, 11 années avant la Captivité, proprement ainsi nommée, celle de Sedecias. (Ezéchiel XL., 1). L'ère en question est donc, dans la chronologie littérale de la Bible 606 + 11 = 617 av. J. C. La série des années 5e (I, 2); 6e (VIII., 1); 7e (XX., 1); 9e (XXIV., 1); 10e
p. 298(XXIX.,1) ; 11e (XXVI.,1: XXXI.,1) ; 12e (XXXII., 1, 17 ; XXXIII., 21) ; 25e (XL., 1) ; 27e (XXIX., 17) ; mentionnées par Ezéchiel, conduisent à la série de dates, 612, 611, 610, 608, 607, 606, 605, 592, 590 av. J. C.
Tout au début de la prophétie, la 30e année est mentionnée (I., 1), (soit 587 av. J. C.), comme étant celle où le prophète contempla d'ensemble, en une vision générale unique, la totalité des visions précédentes ; finalement, après qu'il se fût rendu auprès de ses compagnons de captivité, pour leur faire connaître la révélation qu'il avait reçue, sept années (les sept jours du chap. III., 11, 15) sont encore indiqués comme s'écoulant avant qu'il leur parle. Ces sept années ajoutées à 30 font 37, et nous conduisent à l'année 580 av. J. C.
Observation. Si les nombres 30 et 7 sont ainsi mis en évidence au début du livre, il doit y avoir à cela une raison ; et nous verrons qu'ils servent en effet de clef à toute l'interprétation. Nous avons déjà remarqué le même fait au sujet des 49 années mises à part dans Daniel (voir § 100, l'interprétation de la 70e semaine de Daniel).
(2). Le sujet général du livre est l'histoire d'Israël et de Juda ; c'est à eux, et non à d'autres nations, qu'est adressée la prophétie (III., 4, 5, 6).
p. 299De plus, cette histoire est présentée (il en avait déjà été ainsi dans la Pyramide) comme étant l'axe de toute l'histoire. Après une première vue générale de l'organisme terrestre, et de la vie des peuples, à partir du Déluge, qui est donnée au Chap. I., et que nous avons déjà interprétée (§ 66), un livre en rouleau (II., 8-10 ; III., 1-3) — qui n'est autre que le Petit Livre de l'Apocalypse (Apoc. X., 8-10 ; XI), en tant qu'il contient l'histoire des deux Témoins (Israël et Juda) — est offert à la méditation du prophète. L'infidélité du peuple élu entraîne son châtiment, son rejet momentané et sa dispersion parmi les nations. Cet état d'abaissement et de disparition aux yeux du monde est représenté par la captivité du prophète lui-même (III., 25 ; IV., 8) ; par un sommeil (III. ; 4, 5, 6) ; par la mort (XXXVII., 1, 2). Mais ce sommeil finira, cette mort sera suivie d'une résurrection (XXXVII., 3-13) ; et de même que deux bâtons, dans la main d'un homme, liés solidement n'en font plus qu'un, et se renforcent mutuellement, de même Israël et Juda seront réunis, rassemblés à nouveau dans le pays de leurs pères. (XXXVII., 16-25), et le sceau de cette union définitive sera un Sanctuaire élevé au milieu de ce pays, un temple à l'Eternel, qui leur servira de témoignage devant le monde
p. 300(XXXVII, 26-28). Le pays sera partagé d'une manière déterminée, définie par la prophétie, et une cité sera construite près du Sanctuaire, également d'après un plan défini (XL.-XLVIII).
(3). Le livre se subdivise de lui-même en trois parties.
I. Un résumé général du sujet, reliant l'histoire de Juda-Israël à celle de toute l'humanité, commençant et finissant avec la grande vision de l'organisme terrestre et de la vie des nations (I.-XI) (1).
II. L'analyse du sujet d'un point de vue plus concret, comprenant une série de prophéties relatives au peuple élu, et aux nations qui sont en relation avec lui ; cette analyse nous conduit à la construction du Temple et à l'éternelle Alliance (XII-XXXIX).
III. Le partage du pays et le plan géométrique du Temple (le Sanctuaire et la Ville) (XL.-XLVIII).
(1) Comme vérification intéressante de notre interprétation des « roues » d'Ezéchiel, nous pouvons signaler ici que dans son grand ouvrage « Le Grand Tableau de l'Univers ou Histoire de l'Eglise de la Création jusqu'à l'Apocalypse de St-Jean » (Amsterdam, 1714, 8e édition), Basnage représente les « roues » précisément sous l'aspect des méridiens d'une sphère, et tournant autour de l'Axe des Poles. A première vue, sa gravure (p. 140) rappelle l'idée du Globe Terrestre.
p. 301(4) Comme la troisième partie dont nous venons de parler fait connaître les unités de mesure employées par le prophète, et comme il est probable que ce système de mesure est utilisé dans les nombres que contiennent les deux autres parties, c'est l'étude de cette troisième partie qui doit d'abord nous occuper. Le fait important que nous nous proposons d'établir est qu'il existe une relation étroite entre la « Ville » d'Ezéchiel et la Grande Pyramide ; cette « Ville » ou Cité symbolise le monde physique, en opposition avec le Ciel représenté sans aucun doute par le Sanctuaire ; donc, pris ensemble, la Cité et le Sanctuaire considérés et décrits par Ezéchiel offrent une subdivision d'accord avec le double caractère, d'une part céleste d'autre part terrestre, du Royaume de Christ, ainsi qu'il est déjà indiqué dans la Pyramide par la Chambre du Roi, et par les Chambres de Construction qui surmontent celle-ci — et, aussi bien, probablement, dans l'Antichambre, par le sol en granit et la Feuille de granit suspendue au-dessus de ce dernier.
(5) Remarques et observations.
Nous trouvons décrite dans les chapitres XL., 5, et XLII., 15-20, l'enceinte carrée qui entoure « la Maison. »
p. 302Le Chapitre XLV., 2, assigne au Sanctuaire une surface carrée de 500 cannes sur 500; « autour » de ce carré, il y aura un espace libre de 50 coudées.
Les Chapitres XL, XLIV, contiennent la description du Temple avec toutes ses mesures.
Les Chapitres XLV.-XLVIII décrivent le partage de la contrée entre les Tribus et la disposition relative du Temple et de la Cité. Nous ne donnerons pas ici le plan représentant cette disposition; sur ce sujet le lecteur peut consulter le remarquable travail, « Silo, le lieu du Temple d'Ezéchiel », par Oxonian (1).
Concernant le partage de la contrée entre les Tribus (XLVIII), nous pouvons remarquer que les 12 Tribus sont divisées en deux groupes de 7 et 5; 7 sont au nord du Temple et de la Cité, et 5 au Sud.
Le grand carré, dont les côtés mesurent chacun 25000 cannes, qui constitue la partie mise en réserve du pays, contenant le Temple et la Cité, est divisé en trois parties: la première, est la portion sainte contenant le Sanctuaire; la seconde, la Cité; la troisième, la partie réservée aux Lévites. Ce qui est dit des enfants de Tsadok, ceux qui offrent en vérité et fidèlement le sacrifice
(1) Londres : Folkard and Son, Devonshire Street, 1890.
p. 303(XLIV., 15, 16), pourrait être rapproché de ce qui est dit à Philadelphie (Apoc. III., 12); et ce qui est dit des Lévites qui se sont égarés loin de Dieu (XLIV., 9, 14) pourrait être comparé avec ce qui est dit à Thyatire (Apoc. II., 26, 28).
(6). Enumérons les unités de mesure employées par Ezéchiel.
La coudée équivaut à la coudée ordinaire, plus une largeur de main ou une paume (XI., 5); et est par conséquent la coudée pyramidale de 25 pouces.
La canne est égale à 6 coudées (XL., 5).
En considérant, par analogie, la canne comme une nouvelle espèce de coudée, formée de 25 pouces, que nous appellerons des pouces-canne, nous aurons :
25 pouces-canne = 6 coudées pyr. = 6 × 25 pouces pyr., et un pouce-canne = 6 pouces pyramidaux.
(7). Précisons maintenant comment la Cité est le symbole du monde physique, spécialement du système solaire, et plus particulièrement encore de notre système Soleil-Terre-Lune, et comment ce symbole est relié systématiquement à la Grande Pyramide. (Fig. VI).
La « Cité » est seulement indiquée en Ezéchiel par deux enceintes carrées, ou deux carrés concentriques (XLVIII., 15, 16, 17), l'un E E E E
p. 304(voir fig. VI.), avec une longueur de côté de 4500 cannes, qui limite la Cité proprement dite ; l'autre, extérieur et non représenté sur la figure, avec un côté de 5000 cannes ; l'espace compris entre les deux enceintes carrées est occupé par les faubourgs.
Ceci conduit, par analogie avec la Pyramide, à l'idée d'une représentation symbolique des orbites et des révolutions astronomiques par des carrés. A cet égard, nous remarquons, à première vue, que le périmètre de la Cité (carré E E E E) est égal en coudées à la durée de la révolution du grand axe de l'orbite terrestre.
(D'après l'observation, nous savons que cette révolution, qui dure 108000 années, combinée avec la Précession des équinoxes détermine la durée, d'environ 21000 ans, du retour du périgée à l'équinoxe, c'est-à-dire, une période fondamentale au point de vue de la Physique du globe).
Nous avons, effectivement,
4 × 4500 × 6 = 18000 × 6 = 108000.
(Le passage XLVIII., 34, indique expressément que le périmètre est de 18000 cannes.)
Le circuit E E E E de la ville, qui représente donc ainsi une des plus lentes et fondamentales révolutions de l'orbite terrestre, peut dès lors être considéré comme symbolisant cette orbite,
p. 305le Soleil, centre du monde, étant au centre S du carré.
(8). Les dépendances ou faubourgs dont parle le texte, nous font également penser à l'orbite de la Lune, qui est comme une dépendance de la Terre. Le texte ne nous donne-t-il pas quelque indication à ce sujet? Il en est ainsi. Le monde physique est le symbole du monde spirituel; or, nous voyons (XLV., 2) que le Sanctuaire (le monde spirituel) est construit sur un carré de 500 cannes de côté, autour duquel il y a un rayon libre de 50 coudées, c'est-à-dire, sur un carré dont le côté est exprimé en cannes, et dont nous prenons la dixième partie, en considérant cette dixième partie comme exprimée en coudées. Appliquons cette opération au carré E E E E de la Cité, dont le côté est de 4500 cannes. Cela nous mène à la considération d'un carré M M M M, ayant un côté égal à
4500 cannes + 450 coudées = 4575 cannes.
Ce carré correspond à l'orbite de la Lune, car si nous joignons le milieu de l'un des côtés de ce carré M M M M aux coins les plus proches du carré E E E E de la Cité, l'angle d'inclinaison ω, sur les côtés correspondants du carré, des lignes ainsi tracées, est égal à 57′, qui est exactement la parallaxe de la Lune.
p. 306Cet angle d'inclinaison ω est donné par
4575 4500
──── - ────
2 2 75 1
tg ω = ─────────── = ──── = ────
4500 4500 60
────
2
d'où ω = 57′.
La distance de la Lune à la Terre est égale à 60 rayons terrestres, et la distance entre le carré M M M M de 4575 cannes de côté, qui se rapporte à la Lune, est égal au 1/60 de la distance du centre S des carrés aux côtés de ce carré E E E E.
Le carré M M M M, avec un côté égal à 4575 cannes, se rapporte par là aux dimensions de l'orbite de la Lune, c'est-à-dire à la distance de la Lune à la Terre. Nous obtiendrons un carré M′ M′ M′ M′ indiquant en même temps la révolution de la Lune (révolution synodique ou lunaison) en faisant le tour du carré précédent M M M M, prolongeant chacun de ses côtés par une longueur ML égale au 1/4 de la lunaison, et en faisant passer les côtés d'un carré par les points extrêmes L ainsi obtenus.
La lunaison = 29,530589 jours. (Nous verrons d'après ce qui suit qu'en adoptant la période de précession déjà donnée par la Pyramide, nous pouvons calculer la lunaison par un calcul inverse, en partant de la précession ; mais la lunai-
p. 307son est ici prise comme fait d'observation, et c'est donc la précession qui doit être calculée). A raison d'une coudée pour un jour, le nouveau carré M′ M′ M′ M′ aura dès lors comme mesure de côté
M′M′ = 4500 cannes + (450 + 14,765) coudées
= 4500 cannes + 464,765 coudées
(9). Cherchons maintenant le carré qui se rapporte à la précession, et celui qui a trait à la nutation.
La précession est une période d'environ 26000 ans due à l'attraction du Soleil et de la Lune sur le sphéroïde terrestre ; la nutation est une période de 18,6 années due à l'attraction de la Lune.
L'effet de la nutation est superposé à l'effet de la précession, de telle manière que l'axe de rotation de la Terre décrit en 18,6 ans un petit cône autour d'une position moyenne, tandis que cette position moyenne elle-même décrit en 26000 années environ un cône (dont le demi-angle au sommet est d'environ 23°) autour d'une perpendiculaire à l'écliptique.
Le carré E E E E (E E = 4500 cannes) représente l'orbite terrestre ; le carré M′ M′ M′ M′ (M′ M′ = 4500 cannes + 464,765 coudées), l'orbite lunaire ; le soleil S est au centre des carrés.
La précession dépend simultanément de la
p. 308Lune et du Soleil ; c'est pourquoi le carré P P P P, qui y correspond, sera obtenu en ajoutant au côté du carré obtenu en dernier lieu M′ M′ M′ M′ (qui est le carré lunaire), une longueur qui représente l'action du Soleil, plus une longueur qui représente l'action de la Lune.
Le carré N N N N, qui comprendra également la nutation, sera obtenu en ajoutant à nouveau (cette fois au côté du carré de précession) la longueur qui représente cette action de la Lune.
Il reste donc à trouver les longueurs qui représentent ces actions.
Tout astronome sait qu'elles dépendent d'un facteur caractéristique, qui est le quotient de la masse du globe attirant divisée par le cube de sa distance à la Terre. En outre, l'action de la Lune est ici égale à 2,18 fois celle du Soleil (1).
Dans la mesure des dimensions des orbites on prend, en Astronomie, comme unité de longueur,
(1) Ce nombre s'accorde avec la masse de la Lune donnée par Bessel. Nous l'avons toujours utilisé dans nos Leçons d'Astronomie à l'Ecole militaire, mais sans lui accorder aucune importance spéciale, la masse de la Lune n'étant pas très bien connue ; mais, dès lors, de quel intérêt n'est-il pas de faire remarquer qu'ayant dès le début fait usage de ce nombre et sans aucune idée préconçue, il nous a conduit rigoureusement et sans aucune correction a posteriori, à l'étonnante vérification que nous allons rencontrer !
p. 309la distance de la Terre au Soleil. Prenons ici comme unité de masse, celle de la Terre. D'après ces conditions, puisque la masse du Soleil est égale à 324000, celle de la Terre étant 1, le facteur caractéristique de son action sera 324000, et celle de la Lune 324000 × 2,18 = 706320.
La somme de ces deux facteurs, somme qui intervient dans la précession, est alors égale à
324000 + 706320 = 1030320 ;
or, ce nombre n'est autre que 10000 fois la demie longueur 103,033 de la Chambre du Roi dans la Pyramide (le facteur caractéristique des remarquables calculs de M. Simpson) ou 2 × 1000 fois la diagonale 515,165 de la Chambre du Roi.
Les nombres précédents, 324000 et 706320, divisés par 106, donnent les fractions 0,324 et 0,706. Considérant celles-ci comme des fractions de coudée et comme représentant, d'après ce qui précède, les actions du Soleil et de la Lune, nous aurons pour le côté du carré de précession P P P P : P P = 4500 cannes + (450 + 14,765 + 1,030) coudées = 4500 cannes + 465,795 coudées = 4577,6325 cannes ; et pour celui du carré N N N N qui concerne et comprend aussi la nutation : N N = 4500 cannes + (450 + 14,765 + 1,030 + 0,706) coudées = 4500 cannes + 466,301 coudées = 4577,7502 cannes.
p. 310Construisons ces carrés, et ensuite les petits carrés N′ N′ N′ N′, dont les côtés sont perpendiculaires et parallèles aux diagonales du système de tous les grands carrés, et qui vont du carré terrestre d'où nous sommes partis jusqu'au carré extrême que nous venons d'obtenir. Le plan complet du grand carré de précession P P P P et des petits carrés de nutation N′ N′ N′ N′ représentent alors d'une manière convenable, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le système des deux périodes, la petite période de nutation étant superposée à la longue période de précession. Mais les valeurs exactes de ces périodes sont ainsi également représentées.
Nous avons, en fait, les théorèmes suivants: 10 fois le rayon du cercle de surface égale au carré de précession, est égal, en cannes, à la précession.
Le 1/10 du rayon du cercle de surface égale à un carré de nutation, est égal, en coudées, à la nutation.
Le 1/10 de ce dernier rayon est égal à
466,501 ─────── = 18,6 coudées, et la période observée 10 √2π
de la nutation est 18,6 années.
10 fois le rayon du premier cercle est égal à
45776,325 ───────── = 25826,53 cannes, √π
et la période de la précession des équinoxes don-
p. 311née par la somme des deux diagonales de la base de la Pyramide, est égale, pour le côté de valeur 9131,05, à 25826,51 années.
Si, maintenant, des deux moitiés de la longueur 25826,53 cannes, déduit des nombres d'Ezéchiel, nous faisons les deux diagonales d'un carré, le périmètre de ce carré sera égal, en cannes, à l'année tropique, et son côté 9131,06 reproduira, en cannes, le côté de la base de la Pyramide. Si donc, nous plaçons le centre du carré de la Pyramide sur celui de la Cité d'Ezéchiel, toutes les mesures de l'un seront en connexion systématique avec celles de l'autre. Il semble plus que probable qu'un nouveau champ d'investigation et de découverte est de cette manière ouvert aux chercheurs. Pour le moment, notre but était de démontrer l'existence d'une relation étroite entre la Grande Pyramide et le Temple d'Ezéchiel, et nous l'avons atteint.
(10). Nous devons chercher maintenant l'interprétation des nombres fondamentaux contenus dans la partie précédente du livre. Nous y trouverons une nouvelle et absolument décisive vérification de l'exactitude parfaite de la chronologie littérale de la Bible, de son accord avec la Pyramide, et du caractère inspiré de cette dernière.
Les nombres que nous avons à expliquer sont les 390 années et les 40 années de la dispersion
p. 312parmi les nations, de même que l'état de « sommeil historique » d'Israël et de Juda ; ce « sommeil historique » est symbolisé par un sommeil du prophète. Il est invité à dormir d'abord sur son côté gauche 390 années pour Israël, ensuite, ces 390 années étant écoulées, 40 années sur son côté droit pour Juda. Des liens sont mis sur le prophète, et sa propre captivité qui date de 617 av. J. C. est le symbole de celle de sa nation ; sa mission prophétique s'étend de 617 à 580 av. J. C. d'après les nombres donnés par lui même, lesquels comprennent un espace de 37 années, ainsi que notre précédente interprétation l'avait fait voir.
Les 390 ans, ajoutés à 40 font 430, nombre qui rappelle immédiatement le séjour en Egypte ; et il est digne de remarque que la subdivision en 390 et 40 est marquée dans cette autre captivité en Egypte, puisque c'est 390 années après l'arrivée des Israélites en Egypte que Moïse s'enfuit d'Egypte dans le Désert, et que ce fut 40 ans plus tard qu'il fit sortir son peuple d'Egypte. Ceci est une nouvelle preuve de l'exactitude des 430 années du séjour des Israélites en Egypte, données par la Bible, et Ezéchiel confirme ici la Genèse.
Or, dans la Pyramide, une année est représentée sur l'échelle chronologique par un pouce ; donc, par analogie, dans le système de mesures
p. 313d'Ezéchiel l'année prophétique sera représentée par un pouce d'Ezéchiel, soit par un pouce-canne, c'est-à-dire 6 pouces pyramidaux ; et dès lors, pour compter les années prophétiques d'Ezéchiel sur l'échelle chronologique de la Pyramide, nous devons multiplier par 6. Nous avons 430 × 6 = 2580 = 5 × 516 années (ou 5 périodes historiques) qui, à partir des deux dates-limites -617 et -580 de la mission d'Ezéchiel, nous conduisent à
-617 + 2580 = 1963 et -580 + 2580 = 2000,
c'est-à-dire, à l'entrée 1963,2 de l'Antichambre ou à la phase d'Organisation de la dernière période historique, celle de British Israël, et au centre 1999,825 de la Pierre de granit caractéristique du sol de cette chambre, pierre que l'étude de l'Apocalypse nous avait déjà conduit (§§ 74, 75) à regarder comme le symbole du Temple d'Ezéchiel. Les 37 années d'Ezéchiel sont les 37 années qui s'étendent, dans l'Antichambre, de l'Entrée au centre de la Pierre, ou de 1963 à 2000. Nous trouvons ainsi notre interprétation de Apoc. XI entièrement confirmée, selon laquelle les Deux Témoins ne sont autres qu'Israël et Juda. Les nombres qui leur sont assignés dans l'Apocalypse (XI., 2, 3) nous avaient déjà conduit, il y a maintenant plus de deux ans, précisément
p. 314aux deux dates 1963 et 2000, que nous venons de retrouver. (1)
Dans l'Apocalypse les Deux Témoins prophétisent, revêtus de sacs, durant un temps qui prend fin en 1963 : dans Ezéchiel, la période d'années durant laquelle ils portent leur iniquité se termine en 1963. Dans l'Apocalypse, comme en Ezéchiel, ils doivent porter témoignage ; ce témoignage, dans sa forme concrète, est le Temple décrit par Ezéchiel ; et la Pyramide, servant de clef d'interprétation, tout d'abord de l'Apocalypse et ensuite d'Ezéchiel, assigne l'année 2000 dans les deux cas comme date centrale de cette manifestation externe. (2)
(11). Cette claire identification des deux limites de l'espace de 37 ans d'Ezéchiel, venant après les preuves déjà accumulées dans ce travail, est de nature à écarter tout doute quant au caractère inspiré de la Pyramide. Mais cette force démons-
(1) Le présent appendice fut écrit en janvier 1894, et notre étude de l'Apocalypse à la fin de 1891, alors que nous ignorions complètement la signification du présent chapitre d'Ezéchiel.
(2) Observons que dans l'Antichambre la face sud de la Feuille de granit passe par le centre de la Pierre de granit ; c'est-à-dire que, la Feuille, comme le centre de la Pierre, marque 2000 sur l'échelle chronologique. Nous avons : face sud de la Feuille de granit = 2000,4 ; et centre de la Pierre = 1999,825.
p. 315trative s'accroît encore quand nous analysons d'autres traits de la prophétie. L'espace de 37 ans paraît se diviser en Ezéchiel en deux parties: (a) une première partie, dans laquelle les dates sont accumulées — 5e, 6e, 7e, 9e, 10e, 11e, 12e années de la captivité — et qui conduisent, pendant la 12e année, à la célèbre prophétie des ossements ressuscités et des deux bâtons ou rameaux, celui d'Israël et celui de Juda, réunis dans la main du prophète ; ceci se rapporte, ainsi que nous le dit expressément le livre d'Ezéchiel, à la réunion d'Israël et de Juda en un seul royaume, au sein duquel s'élèvera, comme témoignage aux nations, le Sanctuaire de l'Eternel; (b) une seconde partie, chronologiquement deux fois plus étendue que la précédente, mais dans laquelle il n'y a pas de dates mentionnées si ce n'est les 25e, 27e et 30e années; parmi celles-ci la 25e absorbe presque entièrement l'attention, par le fait qu'elle est celle de la prophétie qui contient la description entière du Temple et de la Cité, c'est-à-dire, du témoignage que donneront Israël et Juda après leur réunion.
Dans la Pyramide, cette subdivision des 37 années en deux parties existe d'une manière identique; la première s'étend de l'entrée de l'antichambre, 1963,2, jusqu'à l'arête nord, 1999,825 -
p. 31623,601 = 1976,224, de la pierre de granit; la seconde, de ce bord, 1976,224, jusqu'au centre de la pierre, 1999,825. Nous avons alors à considérer dans la Pyramide les trois points de subdivision
1963,2 1976,224 1999,825,
et en Ezéchiel, en ajoutant 2580 à -617, -605 et -580, les trois nombres
1963 1975 2000
[Le nombre 1975 d'Ezéchiel serait plus correctement écrit 1976, car c'est la fin de la 12e année qui est indiquée dans la prophétie (voir XXXII., 1; XXXIII., 21), et par conséquent -605 doit être remplacé d'une manière plus exacte par -604, qui donne 2580 - 604 = 1976].
Nous avons donc, dans le Livre d'Ezéchiel, de la manière la moins équivoque, l'explication du commencement du granit dans l'échelle chronologique de la Pyramide. Le commencement du granit est la réunion d'Israël et de Juda, les deux Témoins, en un royaume indestructible. Alors le Tout Puissant leur sacrera un Roi selon son cœur, et l'établissement de ce royaume est l'antitype du premier établissement de la royauté en Israël — savoir de ce premier établissement lors duquel Israël en réalité n'écouta pas la voix de l'Eternel.
Le commencement du règne de Saül, le pre-
p. 317mier roi, eut lieu en -1120 (dernière année du règne de Salomon, -1000 ; règne de Salomon, 40 années ; règne de David, 40 années ; règne de Saül, 40 années). La durée de 2580 années d'Ezéchiel est égale à 5 × 516 ; 6 périodes de 516 égalent 6 × 516 = 3096 ; et on a 3196 − 3096 = 1120. Il y a donc exactement 6 périodes historiques, telles que les indique Ezéchiel, entre le premier établissement de la royauté en Israël et celui qui caractérisera la réunion d'Israël et de Juda en 1976. Nous trouvons donc, dans tout ceci non seulement une détermination indubitable de l'époque 1976 pour la réunion future d'Israël et de Juda en Palestine, mais aussi une nouvelle démonstration de la parfaite exactitude de la chronologie de l'Ancien Testament.
(12). A la 25e année d'Ezéchiel -592 appartient la grande description du Temple. Or, ce nombre correspond dans la Pyramide au milieu 1999,825 -
23,601 ────── = 1988,025 de la distance entre l'arête nord 2
de la Pierre et son centre. Car on a -592 + 2580 = 1988. Telle sera probablement la date de la construction du Temple, et elle correspondra à celle de la Grande Pyramide, située sur un autre méridien ; la date de la construction de la Pyramide, d'après les nombres de M. Flinders Petrie, est -2173. Or, nous avons
p. 3188 × 520,165 = 4161,320
et 1988 - 4161 = - 2173. (1)
(13). Nous venons de considérer l'ensemble, 430 années, des deux périodes 390 et 40 années d'Ezéchiel relatives à Israël et à Juda. Mais il est maintenant nécessaire de trouver ces périodes composantes elles-mêmes dans la Pyramide. On les y trouve écrites avec une netteté surprenante, et, ce qui est remarquable, avec une reproduction du changement de direction mentionné au chap. IV., 4-8 d'Ezéchiel.
L'histoire d'Israël, nous l'avons vu, est symbolisée par le Passage horizontal et la Chambre de la Reine ; c'est là que nous devons par conséquent chercher la vérification. Elle nous enseignera que cette Chambre concerne également Juda.
Dans la Pyramide, les 390 années d'Israël finissent, selon la direction horizontale, à la limite extrême de la Chambre de la Reine ; et les 40 années de Juda se comptent ensuite dans la
(1) Si nous admettons que la construction finit au milieu de la seconde moitié de la pierre, commençant ainsi et finissant à égales distances du centre, elle durerait 23 ou 24 années ; Hérodote assigne semblablement 20 années à la construction de la Pyramide, et la construction du Temple et de la Maison Royale de Salomon a aussi occupé 20 années.
p. 319direction verticale, du sol jusqu'au sommet de la voûte de la chambre. Le commencement des 390 années est -617 ; la chambre finit, en direction horizontale, en 1727. Or, en années d'Ezéchiel, nous avons (1727 + 617) / 6 = 390,7. La hauteur de la chambre est de 244,6, c'est-à-dire, en années d'Ezéchiel, 244,6 / 6 = 40,8. Nous obtenons donc, dans les nombres entiers de ces quotients, les deux nombres 390 et 40. Concernant la correction systématique 0,7 à 0,8, elle est indiquée dans la chambre par ce même déplacement ou excentricité 5,65, qui a déjà été mis en œuvre plus haut (voir § 33) pour effectuer une correction dans l'échelle chronologique. 1727 et 244,6 deviennent en retranchant 5,65, 1721,4 et 239,0 ; et
1721 + 617
───────── = 389,73 = 390, et 239,0/6 = 39,83 = 40.
6
Ezéchiel est couché sur le côté gauche pour Israël, sur le côté droit pour Juda. Or un observateur étendu sur l'échelle chronologique de la Chambre de la Reine, l'axe de l'échelle allant des pieds à la tête, s'il est couché sur le côté gauche, regarde l'Ouest, direction dans laquelle Israël s'avance vers les Iles de l'Ouest ; tandis que couché sur le côté droit, il regarde vers l'Est, c'est-à-dire vers la Palestine, dans la direction du retour d'Israël et de Juda dans l'Orient Pro-
p. 320phétique. Il regarde alors également la niche, où se trouve l'étalon de mesure, la coudée sacrée, et qui est elle-même le symbole du Temple qui doit être élevé à l'Eternel.
(14). Les 10 jours de tribulation de l'Eglise de Smyrne en Apoc. II., 10, qui ont déjà été expliqués (§ 117), et qui concernent (British) Israël, se retrouvent dans les 390 années d'Ezéchiel. Ainsi que nous l'avons vu, il est nécessaire de prendre en considération les nombres de 30 années et de 7 années, qui sont mis en évidence au début du livre d'Ezéchiel comme pour indiquer qu'ils doivent servir de clef pour d'importantes déductions. Les 390 années constituent 10 jours de 39 années ; or, les 30 années ordinaires dont nous venons de parler constituent 30/6 = 5 années d'Ezéchiel ; 39 + 5 = 44 ; dix jours valant 44 donnent 440 années d'Ezéchiel ou 6 × 440 = 2640 années ; ce sont précisément les 2640 années auxquelles nous conduit l'Apocalypse et qui donnent le résultat significatif — 758 + 2640 = 1882. — 758 est la date de la Dispersion des 10 Tribus et 1882 celle du retour de British Israël (en Egypte).
Mon frère, M. Léon Lagrange, dont la remarque que le témoin Antipas de Apoc. II., 13, représente Christ, me suggéra le premier élément de
p. 321mon interprétation de la Lettre aux Sept Eglises, a fait sur le présent sujet deux observations que je joins aux miennes propres.
1. — Les 40 années (XXIX., 12 ; XXX., 13) relatives à l'Egypte trouvent leur interprétation comme suit. Les 40 années d'Ezéchiel font 6 × 40 = 240 années ordinaires, et 10 de ces jours font 2400. En ajoutant les 7 années dont nous avons parlé plus haut, ce nombre devient 2407. Or, la destruction de la dernière dynastie Egyptienne eut lieu en -525 (Cambyse, Perse), et nous avons -525 + 2407 = 1882, l'époque de la reconstitution de l'Egypte, après 24 siècles, par British-Israël.
2. — Les 7 mois de XXXIX., 12, 14, relatifs à Gog et Magog, donnent 7 × 29 ½ = 206,5 années, c'est-à-dire, une longueur de la Chambre du Roi ; ce qui paraît indiquer qu'il s'agit en Ezéchiel comme en Apocalypse, d'événements ayant trait à l'entrée du Seigneur dans son Règne.
VI. POSTSCRIPTUM CONTENANT DES RÉFLEXIONS DE PORTÉE CAPITALE.
p. 322La Prophétie de Zacharie.
Plus de deux années se sont écoulées depuis que ce travail a été écrit (Oct. - Nov. 1891). Depuis lors toutes nos réflexions sur le sujet ont entièrement confirmé nos premières déductions. Les cinq Appendices précédents (donnés tout d'abord dans l'édition anglaise de cet ouvrage), sont une preuve de cet accord confirmatif.
Nous désirons attirer particulièrement l'attention sur le fait, qui n'a jamais été perdu de vue dans notre travail, que le véritable objet de toute étude de la Parole de Dieu doit être l'édification spirituelle.
Le diagramme de la Pyramide, considéré dans sa forme générale est parlant ; il enseigne les vérités essentielles du salut au moyen d'une représentation accessible même aux enfants. Les Eglises devraient faire connaître publiquement et à tous ce diagramme.
Le lecteur a déjà pu apprécier la grande valeur de cet enseignement de la Pyramide au point de
p. 323vue spirituel ; sans reparler de la lumière inattendue que la Pyramide répand sur les « Lettres aux Sept Eglises », considérons, par exemple, ce simple fait entièrement externe, savoir : le parfait accord qui existe entre la Grande Pyramide et la Chronologie littérale de la Bible, c'est-à-dire avec une chronologie non faite pour les savants exclusivement, mais telle qu'un lecteur ordinaire peut l'établir par lui-même. (1)
Il appartient donc à tout chrétien de la posséder comme un instrument matériel de démonstration de l'exactitude de sa Bible ; et, cela va sans dire, cette assurance augmentera sa foi, rendra son étude de chaque partie de la Parole de Dieu plus fructueuse, et lui donnera le pouvoir de répondre victorieusement aux arguments de l'Incrédulité.
Un autre exemple est offert par la théorie de l'Identité, actuellement si clairement établie, et sans laquelle la plus grande partie des Livres Prophétiques demeure incompréhensible. Quand, après avoir d'abord suivi le développement de notre étude, nous arrivons aux preuves numé-
(1) La savante et bien connue chronologie du Prof. Totten, par exemple, ne peut être établie d'une façon aussi aisée ; cela vient de ce qu'elle n'est pas d'accord avec les indications immédiates de la Bible, ni par suite non plus avec la Pyramide.
p. 324riques apportées par le livre d'Ezéchiel, nous ne pouvons plus douter de ce fait un seul instant. Nous présumons que les faits contenus dans l'Appendice V produiront sur le lecteur le même effet déterminant qu'ils ont produit sur nous-même.
Les défenseurs de la théorie de l'Identité trouveront à cet égard dans la Pyramide non seulement le plus puissant mais aussi le plus populaire des arguments. L'existence cachée des Dix tribus est l'un des traits les plus évidents et caractéristiques du diagramme de la Pyramide (Passage Horizontal et Chambre de la Reine). La simple vue du diagramme est de nature à enseigner à l'Eglise une vérité dont le développement s'étend sur la Bible entière. Cette vérité finira par être universellement acceptée. Or c'est précisément à ce grand fait, considéré dans son rapport avec l'édification, que ce postscriptum est surtout consacré, et si nous sommes amené à en parler ainsi sous cet aspect d'édification, c'est parce que la Grande Pyramide jette un rayon de lumière inattendu sur l'interprétation Biblique de ce fait, et est destinée à détruire un déplorable malentendu qui existe sur ce point parmi les Chrétiens.
Les Chrétiens qui se rappellent le mot du Seigneur lui même : « Ne dites point en vous mêmes : …Nous avons Abraham pour père » (Luc III.; 8), éprouvent un sentiment de frayeur à la pensée qu'ils doivent se réjouir dans la possession matérielle des « portes de leurs ennemis », et la poussée d'orgueil individuel ou national que peut facilement susciter une pareille vue de leur situation propre, n'est pas loin de leur inspirer le désir, soit de nier le fait lui-même de l'Identité, soit d'appartenir plutôt au milieu de leurs frères les Gentils, auxquels une semblable épreuve morale est épargnée. De toute manière le sentiment qu'ils éprouvent les rend naturellement adversaires de la théorie de l'Identité.
p. 325D'autre part, l'homme de science, dont le métier est d'établir les faits, quels qu'ils puissent être, se sent contraint de considérer cette Identité comme un fait démontré.
Dans une pareille situation, quel sera l'état d'esprit du chrétien Anglo-Israélite, qui se rend compte que la Foi et la Science externe font également partie de la vérité et ne peuvent s'exclure l'une l'autre ? Comment conciliera-t-il le devoir d'égalité entre tous les enfants de Dieu, et son propre rang en tant que membre du peuple élu, destiné à conquérir matériellement le monde ? Sachant personnellement que de semblables difficultés introduisent des malentendus entre d'excellents chrétiens, dont certains défendent un côté de la question, tandis que d'autres se placent au point de vue opposé, et étant d'ailleurs persuadé que chaque parti possède une part de la vérité, nous demandons l'autorisation de présenter respectueusement aux deux partis ce qui nous paraît être la solution complète et satisfaisante. On s'adresse à des hommes qui, tant comme chrétiens que comme savants, cherchent sérieusement la vérité, et estiment utile que tout argument sincère soit admis à se faire entendre.
p. 326En tout cas, nous ne parlons pas ici de propre autorité ; ce que nous soutenons c'est que, sur la question dont il s'agit, l'Ecriture d'une part, la Pyramide d'une autre, donnent une réponse essentiellement positive, et offrent une solution radicale de nature à calmer toutes les appréhensions du sentiment chrétien le plus scrupuleux. Cette solution réside dans le fait que la puissance temporelle de British Israël est en connexion intime, si même elle n'est pas identique, avec celle de la Grande Babylone des derniers temps, de telle manière que les vrais Israélites, c'est-à-dire les vrais chrétiens en Israël, resteront comme tous les autres chrétiens appartenant à d'autres nations, et ainsi qu'il en a toujours été de l'Eglise de Christ, perdus dans la foule, méprisés et persécutés par le monde, jusqu'à la venue du Seigneur.
p. 327Cette solution, nous le savons, sera acceptée par eux comme une bénédiction de Dieu, attendu que par elle, et grâce à elle seule, ils pourront continuer à chercher sans aucun secours intermédiaire la paix telle que Christ la donne, et non celle que le monde prétend instituer.
Les preuves confirmatives du bien fondé de la vue que nous présentons ici surabondent à travers toutes les prophéties. Il nous suffira d'en signaler brièvement quelques unes prises parmi les plus importantes.
(1). Selon Daniel (XI., 41,45) le dernier pouvoir terrestre, celui qui soumettra l'Egypte (XI., 42) et dont la période de domination précède immédiatement la venue du Seigneur, tombera à son tour (XI, 45) comme ceux qui l'ont précédé ; et, dans le verset immédiatement suivant (XII., 1) par les mots « ton peuple » le prophète entend « quiconque sera trouvé inscrit dans le livre ». Or, la loi historique et la Pyramide, d'accord avec Daniel, présentent également cette puissance, British-Israël, comme la dernière d'une série de dix puissances terrestres.
(2). Dans l'Apocalypse, la Grande Babylone appartient aux tout derniers jours, ceux de la venue du Seigneur. Elle existe donc en même temps que British-Israël ; elle est décrite comme
p. 328étant une nation commerçante assise sur la Bête (Apoc. XVII., 3), comme exerçant une domination universelle ; et nous savons (Osée, XII., 7) qu'Ephraim est « un marchand ». (« Les balances de la tromperie sont dans sa main ») ; comparez ce passage avec celui de Apoc. VI., 5, 6, comme confirmation de notre interprétation de ce dernier passage, au § 62.) D'un autre côté, les deux témoins, les deux oliviers, les deux chandeliers (Apoc. XI., 3, 4) ou les vrais et fidèles Israël et Juda, les vrais croyants chrétiens sont durant ces derniers jours vaincus par la Bête, et leurs corps morts seront étendus dans les rues de la grande cité. (Apoc. XI, 7, 8) (§§ 73-77). Ainsi, dans l'Apocalypse comme dans Daniel, le véritable Israélisme dans lequel « il n'y a point de fraude » (Jean I., 47) est tout-à-fait distinct de la puissance mondiale de British-Israël. Ce seul fait, qu'il est dit en ces derniers temps, les temps de la Grande Babylone, « sortez de Babylone, mon peuple » (Apoc. XVIII., 4), prouve que, en ces derniers jours, le peuple de Dieu sera incorporé dans la Grande Babylone. Mais d'autre part, où est ce peuple sinon en British-Israël !
(3). En Ezéchiel XXIII, sont présentées les « deux femmes », « Ohola et Oholiba » les deux prostituées (Ezéch. XXIII., 2, 3, 4). Elles sont opposées à Israël-Juda, les deux témoins du Seigneur.
p. 329gneur, « les deux oints de l'Eternel, qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre » (Zach. IV., 14). D'abord (5-10) vient l'histoire de Ohola (Samarie) ; ensuite (11-35) celle de Oholiba (Jérusalem), qui sera remplie d'ivresse et de désolation par la coupe de sa sœur Samarie (33). Après cela, les deux femmes sont représentées ensemble, après avoir « en un même jour, souillé mon sanctuaire » (38), et dans les versets 40-43 il est parlé au singulier d'une (troisième) femme qui se prostituait, servant ici de type à ceux des derniers temps, « vieillie dans l'adultère », et qui se trouve par des traits évidents de ressemblance en connexion avec la Grande Babylone de l'Apocalypse. Comparez en Ezéch. XXIV et Apoc. XVIII., respectivement 34 avec 6 ; 41,42 avec 3,11-13 ; 45 avec 20 ; 47 avec 21, etc. Les chapitres XXVII., XXVIII sur Tyr, qui pourraient aussi être comparés avec le chap. XVIII de l'Apocalypse, sont uniquement applicables aux temps à venir (voyez XXVII.. 13, 14), temps de la puissance et de la domination du British-Israël (XXVIII., 11-19). Ce peuple n'est-il pas le même qui, en Daniel (XI, 45) dresse « les tentes de son palais entre les mers vers la montagne glorieuse et sainte. » Un fait serait à lui seul suffisant pour établir cette induction : Tyr est une « nation de p. 330 dix tribus ». Comparez Ezéchiel XXVIII., 13, avec Apoc., XXI., 12, 19-21.(4) La Pyramide, elle-même, confirme aussi les inductions précédentes. La période de British-Israël comme peuple chef, la dernière des dix périodes quinquaséculaires de l'histoire, est symbolisée, comme il a été montré, par le sol horizontal BT (fig. III). Or, le nombre de la Bête, qui est aussi le nombre de la Grande Babylone, assise sur la Bête (Apoc. XVII., 3. 5) se trouve écrit de la manière la plus frappante devant le visiteur qui, dans la Pyramide, va parcourir la phase de puissance maximum, ou phase d'Apogée de British-Israël, c'est-à-dire, le second passage bas, KP; car sur la face sud de l'Antichambre, entre le plafond et la face supérieure du passage, sont marqués trois intervalles verticaux, formant un frontispice, compris entre 4 lignes verticales équidistantes, la largeur de chaque intervalle étant de 6 pouces; (1) ce qui revient à dire que le nombre 666 est écrit de la manière la plus évidente et la moins équivoque sur le p. 331 « front » (Apoc. XVII., 5) de la puissance terrestre de British-Israël.
(1) « Our Inheritance », 5e édit., pp. 113, 114; observez attentivement la planche XV, qui met en évidence le système des quatre lignes et des trois intervalles de 6 pouces s'étendant du plafond de l'Antichambre au sommet de l'entrée. A la page 152 du même livre, M. Piazzi Smyth émet l'avis que les lignes ou rainures verticales sur la face sud de l'Antichambre, de 107,4 pouces à peu près chacune, signalent le nombre 108. S'il en est ainsi, la somme des quatre lignes signale, à son tour, le nombre fatidique 666. Car cette somme est égale à 4 × 108 = 2 × 216, ou 2 fois 6 × 6 × 6.
Mais nous n'avons pas épuisé le sujet. La Grande Babylone est « assise » sur la Bête; or, de même que la Bête, dans le passage horizontal conduisant à la Chambre de la Reine, marchait dans la confusion exprimée par son nombre 6 × 6 × 6 (§ 85), ainsi British-Israël progresse le long du sol horizontal BT (fig. III) dans la même confusion, car la longueur totale FP (fig. III) du sol de l'Antichambre et du second passage bas, c'est-à-dire, de la phase d'inspiration religieuse (organisation) et de la phase de puissance matérielle (apogée), est égale à 116,26 + 100,2 = 216,46 ou 216 = 6 × 6 × 6.
Enfin, le sol PT de la Chambre du Roi correspond à la phase de dégradation et de corruption de la période de domination de British-Israël, et comme nous avons été antérieurement conduits (§ 19) à décomposer le sol de la Chambre en deux rectangles horizontaux, dont les périmètres ont reproduit la période de la vie des peuples, nous p. 332 sommes maintenant amenés à considérer, dans un plan vertical, les deux rectangles construits, sous le sol, sur les deux demi largeurs TR, RP et sur l'élévation TT'; or chacun de ces rectangles a un périmètre égal à 2 (103 + 5) = 216 = 6 × 6 × 6.
L'axe de la Chambre du Roi marque l'établissement définitif du Règne; et ainsi, il est littéralement, c'est-à-dire géométriquement vrai qu'« Il nettoiera parfaitement son aire » (Matt. III., 12) et « écrasera Satan sous vos pieds » (Rom. XVI., 20). On voit donc que, de toute manière, la Grande Babylone est, dans la Pyramide, intimement unie à British-Israël.
(5). Ce qui précède est suffisant pour établir notre vue du sujet. Et cependant nous pouvons la rendre encore plus précise et plus sure par des citations du Livre de Zacharie. Nous venons de considérer successivement l'Ecriture et la Pyramide. L'extraordinaire prophétie de Zacharie les relie l'une à l'autre; et seule la Pyramide peut rendre cette prophétie intelligible. Nous avons spécialement ici en vue la figuration caractéristique du chap. V de Zacharie; elle va nous offrir la confirmation la plus précise de nos déductions précédentes.
Nous n'avons pas, disons-nous, l'intention de faire une étude générale du livre de Zacharie; nous en dirons seulement ce qui est nécessaire p. 333 pour l'explication du remarquable et décisif passage dont il vient d'être question.
Dans le Livre de Zacharie, comme dans le Livre d'Ezéchiel (Ezéchiel I-XI), il y a une introduction qui résume d'abord l'ensemble du sujet. Cette partie s'étend du chap. I au chap. VI.
Les premiers versets du chap. III introduisent deux puissances opposées l'une à l'autre dans l'histoire future du peuple élu : les serviteurs ou sacrificateurs fidèles de Dieu, et le Prince de ce Monde. Le chap. IV a trait au premier de ces deux facteurs ; le chap. V, au second.
On voit en Zach. IV., 1, le prophète « sortant de son sommeil », c'est-à-dire du sommeil historique où il a été plongé pour Israël et Juda (voir Ezéch. IV et notre Appendice V) ; et alors il voit en effet le vrai Israël et Juda, c'est-à-dire « les deux oliviers » (verset 3), « les deux oints de l'Eternel, qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre » (versets 12, 14 ; et Apoc. XI., 4, 10).
Ceux-ci sont « Zorobabel » (verset 6), c'est-à-dire d'après le sens du nom, les exilés en Babylone ; car pour l'œil spirituel, la puissance mondiale de British-Israël, la « grande montagne » (Dan. II., 35, 45), sera « devant » eux (7), ou à l'égard d'eux, comme le néant.
Le fil à plomb, le niveau, sera entre leurs p. 334 mains; c'est eux qui « ont établi la fondation de cette maison »; et c'est eux qui « l'achèveront aussi » (9.10).
En opposition au chap. IV., le chap. V représente Israël et Juda comme souillés par le monde (I Jean II., 15, 16).
Ils sont figurés par « deux femmes » (9) impures (par leurs ailes comme les ailes d'une cigogne » (Lev. XI., 13, 19; comp avec Apoc. XVI, 13); ce sont les deux prostituées d'Ezéchiel XXIII. Et que font ces deux femmes? Ici, comme en Ezéchiel, elles sont rapprochées d'une troisième impie qui est « l'impiété » (8), et elles bâtissent, dans l'intention d'établir celle-ci, une maison dans le pays de Shinar (11), c'est-à-dire dans le pays de Babylone; et là elle sera établie sur sa propre base (11), c'est-à-dire sur la Bête (Apoc. XVII., 3).
La troisième femme est en tout cas bien identifiée avec la Grande Babylone: cette Grande Babylone est un « mystère » (Apoc. XVII., 5), une iniquité cachée (2 Thess. II., 7); et, en Zacharie, la troisième femme est une « prostituée » (8) cachée au moyen d'« une masse de plomb » (8), le vil métal, en opposition avec « les deux canaux d'or » et « l'or » des deux « oints » (IV.,12, 14).
De plus, en quel endroit est cachée la « prostituée »? Au milieu d'un épha (V, 7), la mesure de p. 335 capacité pour le froment (Ezéchiel. XLV., 10, 11, 13, 14), c'est-à-dire au milieu du « froment de mon aire» (Esaïe XXI., 10) ; de ce froment que le Seigneur « amassera dans le grenier » (Matt. III., 12). Et l'introduction de cet élément géométrique nous conduit par lui-même à l'interprétation, par la Pyramide, de cette dès à présent très lumineuse prophétie.
Tout d'abord, nous observons que Zacharie étant ici, ainsi que cela ressort de tout ce qui précède, en relation étroite avec Ezéchiel, nous sommes très probablement invités à faire usage des unités d'Ezéchiel ; celles-ci nous sont connues par l'Appendice V.
C'est en effet le cas ; et nous allons en tirer immédiatement une nouvelle vérification de notre interprétation. Car l'épha (Zach. V., 7) où se trouve la prostituée, la Grande Babylone, étant un épha d'Ezéchiel (XLV., 11), et étant une mesure de capacité, c'est-à-dire, un volume, est égal à l'épha normal (Lév. XIX., 36) multiplié (voir Appendice V.) par le nombre fatidique 6 × 6 × 6.
Mais procédons par ordre. La prophétie du chap. V est écrite sur un « rouleau volant ; dont la longueur est de vingt coudées et la largeur de dix coudées… » ; c'est-à-dire, un rouleau dont les dimensions sont comme deux est à un, parce p. 336 qu'il s'y trouve écrit l'histoire des deux parties d'un peuple élu. « C'est la malédiction qui se répand sur toute la face du pays » (Zach. V., 1, 2, 3). Le rouleau nous donne l'idée d'un cylindre ou tube, dont la surface est de 20 × 10 = 200 coudées carrées ; ou, s'il s'agit ici de coudées d'Ézéchiel, c'est-à-dire de cannes, 6 × 6 × 200 = 7200 coudées pyramidales carrées, dont la centième partie est 72 coudées pyramidales carrées.
Considérons la Pyramide (fig. III). Nous avons à examiner, reposant sur l'aire ou table horizontale de la période de British-Israël, un tube formé par les premier et second passages bas (II et IV sur le plan) supposés s'étendre sans interruption à travers l'Antichambre ; ce tube ou « rouleau », dont la longueur est alors DP, finira en P à la seconde venue du Seigneur, et il comence en D, c'est-à-dire précisément à la « malédiction qui se répand sur toute la face du pays », cette malédiction consistant dans les sept tonnerres (Apoc. X., 3), lesquels sont symbolisés par la fin-sud caractéristique fD de la Grande Galerie (voir notre § 47).
Supposons que ce tube ou « rouleau » soit déplié et sa surface calculée. M. Piazzi Smyth donne pour la hauteur du passage, des nombres variant de 42,0 à 43,7 (1) pouces pyramidaux, p. 337 moyenne = 42,85 pouces pyramidaux ; la largeur est 41,4 et nous avons PD = 100,2 + 116,26 + 52,5 = 268,96. La surface est donc, en coudées pyramidales carrées,
(1) « Our Inheritance », 5e édit., p. 155.
2 (41,4 + 42,85) × 268,96
───────────────────────── = 72,49,
25 × 25
c'est-à-dire, les coudées carrées données par le rouleau de Zacharie. L'accord sera considéré comme tout à fait satisfaisant, si nous remarquons que la différence 0,49 correspondrait seulement, comme on peut le montrer, à une erreur d'une fraction d'un demi-pouce sur l'un des facteurs multipliés (la valeur exacte 72,00 correspondrait à une hauteur du passage égale à 42,28, c'est-à-dire une hauteur comprise entre les deux limites données plus haut.
En tout cas, c'est un fait que, en nombre entier de coudées carrées, le résultat est 72, c'est-à-dire, le rouleau de Zacharie divisé par 100.
Considérons maintenant l'épha (Zach. V., 6-11). De ce qui a été dit antérieurement (§ 4) nous sommes induits à penser qu'il correspond dans le symbolisme à la portion du tube qui court le long de l'Antichambre et du second passage bas, attendu que nous avons (fig. III) FP = 6 × 6 × 6. Or, nous allons voir que le volume de cette partie du tube ou « rouleau » est en effet égale à un épha.
p. 338L'épha est égal au bath, et tout lecteur connaissant la Pyramide sait que le coffre dans la Chambre du Roi, coffre dont le volume est 71250 pouces pyramidaux cubiques, contient 40 baths. Par conséquent, puisque 1 pouce-canne, ou un pouce d'Ezéchiel est égal à 6 pouces pyramidaux, on a
71250 × 6 × 6 × 6
1 épha d'Ezéchiel = ─────────────────
40
= 384750,00 pouces pyram. cub.
= 24,624 coudées pyram. cub.
Et pour le volume de la partie du tube FP,
42,85 × 41,4 × 216,46 = 383997,88 pouces pyram. cub.
= 24,576 coudées pyram. cub.
c'est-à-dire « l'épha ».
Peut-il rester le moindre doute, après une pareille confirmation à propos du volume de l'épha, venant elle-même après celle qu'avait déjà fournie la mesure de la surface du « rouleau »?
Plusieurs remarques subsidiaires peuvent être faites; par exemple, on voit en Zacharie que l'épha qui contient la prostituée cachée, est fermé de tous côtés, et si nous cherchons d'après cela la surface totale, nous la trouvons égale à 64,93, c'est-à-dire 64 = 2 × 2 × 2 × 2 × 2 × 2 = 26 coudées pyramidales carrées; où l'on voit de nouveau les deux parties du peuple élu rapprochées du nombre terrestre fatidique six.
p. 339L'impiété est, en Zacharie, V, 7, « au milieu de l'épha »; en Ezéchiel, XXIII, 39, elle est « au milieu de ma maison ». Or, nous allons voir que le centre de l'épha est en effet situé à mi-chemin entre deux points remarquables, appartenant tous les deux au commencement et à la fin de la prophétie relative à ces derniers temps. Le premier point, qui concerne la fin, est l'Axe R de la Chambre du Roi, ou l'établissement définitif du Règne. Il s'obtient en ajoutant à P = 2179,66 la demi-largeur 103,3 de la Chambre du Roi. Le second peut alors être obtenu en retranchant semblablement 103,3 de F = 1963,2. Or 1963,2 - 103,3 = 1860,2, c'est-à-dire, sur la première échelle chronologique ascendante OW (fig. III), le point où elle est coupée par la ligne verticale passant par f, fin sud du plafond de la Grande Galerie; de f à D, le long de fD se trouvent mesurés les Sept Tonnerres; la ligne verticale partant de f,
DB
coupe DB à une distance de D égale à ── = 20,3 ;
3
et elle coupe WA à une distance de W égale à
WA 1881,76 - 1813,7 68,06 ── = ───────────────── = ───── = 22,69. 3 3 3
Le premier point, sur DB, est 1910,7 - 20,3 = 1890,4, ou, ainsi qu'il a déjà été remarqué, la présente époque (voir § 49); et le second, sur WA, est p. 340 1881,76 - 22,69 = 1859,07 ; et nous venons justement de trouver 1963,2 - 103,3 = 1860,2.
Or, ce 1859,07 ou 1860,2 a été l'époque des premières révélations concernant le caractère sacré de la Grande Pyramide, et le grand fait de l'Identité. Les remarquables livres de John Taylor et de Glover furent publiés respectivement en 1859 et 1860. Nous avons déjà vu comment l'apparition des travaux de Piazzi Smyth et de Brück est signalée, sur l'échelle chronologique horizontale, en accord avec la période du témoignage (voir §§ 76 et 116).
Chacune des deux échelles chronologiques possède donc, dans cette question, ses points d'indication caractéristiques, et il est bien remarquable que tous ces éléments nécessaires de la théorie générale et de l'interprétation du sujet concourent précisément au point chronologique 1890-91, c'est-à-dire, à l'intersection des lignes horizontale et verticale menées par ces points d'abord déterminés. La ligne horizontale est tracée sur la surface du Grand Degré ; la ligne verticale est la verticale de f, (à l'extrémité sud du plafond de la Grande Galerie), f étant le point d'où partent les sept tonnerres ou la malédiction qui est sur toute la terre (Zach. V., 1, 2, 3).
On remarquera en outre que le « milieu de l'épha », le « milieu de ma maison » est préci- p. 341sément distant de 6 périodes historiques de 516 ans, ou 3096 années, du centre -1026 (voir § 12 et 1 Rois IX, 10) de la construction du Temple et du Palais Royal par Salomon ; car nous avons -1026 + 3096 = 2070,
et le centre de l'épha est
216,46
1963,2 + ─────────── = 2071,43.
2
Les réflexions que nous avons présentées, et auxquelles nous pourrions en ajouter d'autres, démontreront combien profondément intéressante est pour les chrétiens l'étude de la dernière période (BT, fig. III) qui s'ouvre aujourd'hui devant eux.
En résumant les faits que nous venons d'établir, nous pouvons conclure, dans un esprit calme, scientifique et chrétien :
1) Que la théorie de l'Anglo-Israël est vraie ; Israël et Juda, d'accord avec les promesses, domineront le monde. Cette partie de la vérité est parfaitement bien établie.
2) Que, pour la seconde fois, la première correspondant au règne du Huitième Roi (voyez notre interprétation de l'Apocalypse), il y aura une confusion, une union adultère du Monde et de l'Église ; le dernier grand pouvoir humain est assis ou fondé sur la Bête.
p. 342(3). Les croyants, les membres du corps de Christ, la véritable Eglise, qu'ils soient ou non Israélites selon la chair, protesteront contre cette union adultère, et au lieu d'être heureux, riches et en faveur auprès du Juda-Israel terrestre, ils seront méprisés et persécutés de toutes façons.
Déjà même de nos jours, nous pouvons prévoir cet état futur des choses. Plusieurs indices en sont donnés. Devons-nous, par exemple, rappeler ici les réflexions que présentait un récent numéro du Banner of Israël (21 février, 1894, the National Defence, p. 100), déplorant l'état actuel des esprits, le signalant comme un « fait scandaleux constituant offense contre Dieu qui nous a élus, et envoyés en tant que nation pour convertir les habitants de la terre ».
Devons nous noter les avertissements de ce livre terrible « Fifty Years in the Church of Rome » par Father Chiniquy, qui avertit les peuples Anglais et Anglo-Saxons du danger auquel ils sont exposés de la part de l'Eglise de Rome, Eglise dont les efforts pour assurer sa puissance sont sans cesse grandissants?
Il nous paraît inutile d'insister. Nous avons pensé qu'il était intéressant de signaler tous les points de vue, dans une étude sérieuse de la venue des temps solennels qui s'ouvrent devant nous. p. 343 La connaissance, et sa sévérité, croîtront à mesure que le temps s'écoule ; mais les recherches les plus hardies ne doivent pas être redoutées, si cette « douce lumière » nous conduit, qui est vie et vérité dans le Seigneur.
20 mars 1894.
APPENDICE VII.
p. 345Nouvelles mesures du mur sud de la grande galerie de la grande pyramide de Chéops (1), par C. Caratheodory, Ancien Elève de l'Ecole Militaire de Belgique.
La grande pyramide de Cheops, qui se trouve sur le plateau de Gizeh à l'ouest du Caire, l'un des plus anciens, sinon le plus ancien monument de l'histoire, a été, à diverses reprises, l'objet de travaux et d'études fort approfondis.
Déjà au XVIIe siècle, le professeur Greaves (1637) d'Oxford y prenait des mesures très exactes, au moyen desquelles Newton a même cherché à déterminer la longueur de la coudée de Memphis.
Les ingénieurs de l'expédition française mesurèrent la hauteur et la base de la pyramide. Howard Vyse et Perring en 1837, Ayrton en 1841, E. W. Lane, Aiton et Inglis en 1865, Waynman Dixon se succédèrent dans l'étude scientifique de l'édifice. Mais ce sont surtout les travaux de M. Piazzi Smith en 1865 (2) et de M. E. W. Flinders p. 346 Petrie en 1882-1883 (1) qui, étant entrepris d'une façon systématique, avec toutes les ressources que la science et la technique moderne mettaient à leur disposition, ont le plus contribué à faire connaître la grande pyramide d'une façon définitive et exacte.
(1) Bull. de l'Acad. roy. de Belgique (Classe des sciences), n° 1, pp. 31-41 ; 1901.
(2) Life and work at the Great Pyramid, by C. Piazzi Smith, Edinburgh, 1867, 3 vol. gr. in-8°.
Une description même succincte de la totalité du monument sortirait des limites de cette note. Elle peut d'ailleurs être facilement trouvée dans les ouvrages cités plus haut, ainsi que dans un autre livre de M. Piazzi Smith (2), et en français dans le livre de M. Ch. Lagrange. (3)
Cependant, malgré tous ces travaux effectués par tant de personnes différentes, les dimensions de la partie supérieure de la grande galerie inclinée qui se trouve au centre du monument, sont assez peu connues jusqu'à présent (4). La hauteur considérable de cette galerie (8 mètres environ), le manque absolu de lumière, la difficulté de trouver un point d'appui pour une échelle p. 347 sur un sol parfaitement poli et incliné de 2 pour 1 (exactement 26° 18′), ont été autant d'obstacles pour les observateurs qui se sont successivement occupés de la pyramide.
(1) The pyramids and temples of Gizeh, by W. M. Flinders Petrie. London, 1883, 1 vol. gr. in-8°.
(2) Our inheritance in the great pyramid. London, Burnett, 5th edit., 1890, 1 vol. in-8°.
(3) Sur la concordance qui existe entre la loi historique de Brück, la chronologie de la Bible et celle de la grande pyrade de Chéops. Bruxelles, 1893, 1 vol. in-8°.
(4) Fl. Petrie, loc. cit., p. 72.
La grande galerie a une longueur de plus de 48 mètres, mesurés suivant la pente. Elle est dirigée dans un plan médian nord-sud de l'édifice; les parements des murs n'y sont pas unis, mais forment une espèce de voûte à gradins et se composent de sept retraits ou parties en encorbellement les unes sur les autres (1). L'extrémité supérieure ou sud de la galerie se termine, près de l'entrée de la chambre du Roi, par une plate-forme horizontale de 1m, 50 environ de largeur, qu'on appelle le grand degré.
C'est à cet endroit qu'il est le plus facile d'atteindre la partie supérieure de la galerie. On peut aisément dresser une échelle sur le grand degré. Il y a également là dans le mur de parement est, et à hauteur du plafond, une ouverture de 0m, 80 environ de hauteur, qui conduit par le « passage de Davison » aux chambres supérieures qui surmontent, au nombre de cinq, la chambre du Roi. (Des pièces de bois au nombre de quatre, scellées p. 348 diagonalement de distance en distance dans l'angle de la maçonnerie, facilitent encore enfin l'ascension et en augmentent la sécurité.)
(1) Le plafond possède aussi de ces retraits ayant pour raison d'être d'empêcher la pression des pierres qui le composent de s'accumuler sur le mur de parement inférieur (nord).
À la demande de M. Ch. Lagrange, j'ai pris, le 2 avril 1900, avec l'aide de M. Et. Zigada, les dimensions de cette partie du monument.
Il s'agissait de mesurer la hauteur de chaque retrait du mur de parement sud au-dessus du niveau de la plateforme horizontale, et de mesurer en même temps la largeur de chacun des retraits (fig. 1).
Les premières de ces mesures ont été effectuées au fil à plomb, les autres au moyen du double décimètre. Le plomb du fil à plomb pesait environ 800 grammes; l'autre extrémité du fil s'enroulait autour d'un treuil fixé dans un cadre, dont on pouvait arrêter le mouvement au moyen d'une vis de pression. (Voyez fig. 2.)
Ces mesures ne sont pas entièrement nouvelles; on en trouve quelques-unes chez M. Piazzi Smith (1) et d'autres chez M. Petrie (2). Nous donnerons plus loin les différents chiffres obtenus, à titre de comparaison. C'est pour rendre les mesures actuelles comparables avec les leurs que nous avons exprimé nos chiffres en pouces [?image00348]
[Figure : Fig. 1. — Planche en deux vues de la paroi sud de la grande galerie de la Grande Pyramide, à l'échelle 1/100. À gauche, vue en « Élévation » : profil en gradins (corbeaux/assises successives en retrait), avec, en haut à gauche, un rectangle en pointillés portant l'inscription « Passage de Davison. » ; à la base du profil, une ouverture rectangulaire. À droite, vue en « Coupe » : un mur incliné à degrés dont les arêtes successives sont repérées, de bas en haut, par des doublets de lettres (un repère cursif sur la ligne pointillée intérieure et un repère imprimé sur l'arête extérieure) : A A, B B, C C, D D, E E, F F, G G ; plus haut, un point M marqué d'un petit décrochement en zigzag sur la ligne pointillée ; puis, au sommet, le point H. À droite, en regard des points G et H, se lit la mention « Passage de Davison. ». À mi-hauteur, à droite, une flèche horizontale indique « — Sud ». En bas de la coupe, une base horizontale reliant les points P (à gauche) et Q (à droite) ; sous cette base se trouvent, de gauche à droite, les points M₁, I et K, ce dernier relié par une ligne pointillée oblique descendant vers la gauche jusqu'à un point H₁. Légendes sous la planche, de gauche à droite : « Élévation. », « Échelle : 1/100 » (en fraction), « Coupe. » ; puis, centré au-dessous : « Paroi sud de la grande galerie. »]
[Figure : Fig. 2. — « Vue de l'appareil dans l'angle supérieur de la grande galerie. » (Échelle : 1/4, en fraction). Dessin d'un plan incliné montant, de gauche à droite, depuis un point M marqué d'un décrochement en zigzag, jusqu'à l'angle supérieur droit, où il rejoint une paroi verticale au sommet noté A ; juste au-dessous du sommet, sur la pente, le point H′ ; sur la verticale, sous A, le point R, puis, plus bas, une cote chiffrée peu lisible (de l'ordre de « 18 »), portée entre deux traits de rappel en pointillés. Contre la paroi verticale, sous ces repères, un appareil figuré en boîtier rectangulaire renfermant un tambour cylindrique hachuré muni d'une manivelle latérale à gauche, et, à l'intérieur du boîtier sous le tambour, une pointe/index triangulaire ; sous le boîtier, une nouvelle cote chiffrée peu lisible. De l'appareil descend, le long de la paroi verticale, un fil auquel est suspendu un poids allongé (plomb) à corps cylindrique et pointe conique inférieure, dont l'extrémité aboutit, en bas, aux points S (à gauche) et T (à droite, sur la paroi), reliés par un trait pointillé horizontal.]
p. 349 anglais (1) et en fractions décimales de cette unité de mesure. Les longueurs du fil à plomb étaient chaque fois rapportées sur un ruban d'acier, divisé en pieds et pouces anglais, et en ⅛ de pouce.Pour pouvoir atteindre le sommet de la galerie, nous avons dû lier deux échelles ensemble, et cependant chacune d'elles était tellement longue qu'il a été impossible de les faire pénétrer dans la pyramide par le chemin que suivent d'ordinaire les visiteurs : il a fallu débarrasser des pierres qui en ferment l'entrée, le trou que le khalife Al-Mamoun avait fait autrefois creuser dans les flancs de la pyramide pour en forcer le secret.
Pour vérifier notre appareil, nous avons mesuré deux hauteurs, d'abord suivant la méthode employée dans la pyramide (fil à plomb), ensuite directement au moyen du ruban d'acier. Les résultats ont été dans ces deux essais :
1° 12 pieds 11 pouces ⅞ et 12 pieds 12 pouces 2° 24 — 10 — ⅞ et 24 — 10 — ⁴⁄₈
donnant chaque fois une erreur de ⅛ de pouce.
Les hauteurs de chaque retrait ont été aussi mesurées chacune deux fois, et les différences
(1) Un pouce anglais = 0 m. 0254.
p. 350entre ces deux mesures ont été tout à fait du même ordre de grandeur que l'erreur précédente.
Voici ces mesures, ainsi que la distance I' entre le fil à plomb, dans la position H' (fig. 2), et l'extrémité nord P du grand degré. (Voyez fig. 1.)
Niveaux des | PREMIÈRE MESURE | SECONDE MESURE | MOYENNE 8 retraits | | | en pouces. ────────────┼────────────────────────┼────────────────────────┼────────── A | 6 pieds 11 pouces ⁷/₈ | 7 pieds. | 83.9 B | 10 pieds 0 pouce ¹/₈ | 10 pieds 0 pouce ¹/₈ | 120.1 C | 12 pieds 10 pouces ³/₈ | 12 pieds 10 pouces ²/₈ | 154.3 D | 15 pieds 7 pouces ⁴/₈ | 15 pieds 7 pouces ²/₈ | 187.4 E | 18 pieds 5 pouces ⁴/₈ | 18 pieds 5 pouces ³/₈ | 221.4 F | 21 pieds 2 pouces ³/₈ | 21 pieds 2 pouces ³/₈ | 254.4 G | 24 pieds. | 24 pieds 0 pouce ¹/₈ | 288.1 H' | 26 pieds 9 pouces ⁴/₈ | 26 pieds 9 pouces. | 321.25 I' | 3 pieds 3 pouces ⁴/₈ | 3 pieds 3 pouces ⁶/₈ | 39.75
Les deux derniers nombres H' et I' doivent être corrigés, pour obtenir (fig. 1) la hauteur H = HI et la distance I = IP relatives au point H.
En effet, d'après la figure 2, il faut, à cause de l'angle de pente du plafond de la galerie qui est de 28° d'après M. Fl. Petrie (1), ajouter à la valeur de H' la longueur RH ou RH' tg 28° ; et à cause de la construction de l'appareil de mesure, il faut ajouter à I' la longueur ST.
(1) Loc. cit., p. 73.
p. 351Ces longueurs valent, en observant que 39,37 pouces anglais sont égaux à 1 mètre :
RH = ½ (0ᵐ,032 + 0,0028) × 39,37 × 0,53171 = 0,3̅6̅ pouce anglais. ST = ½ × 0,032 × 39,37 = 0,63 pouce anglais.
Les nombres H et I sont donc définitivement :
H = 321,25 + 0,36 = 321,6 pouces anglais. I = 39,75 + 0,63 = 40,38 pouces anglais.
La largeur des retraits a été mesurée une seule fois au double décimètre ; nous donnons en regard les chiffres donnés par M. Fl. Petrie (1) ainsi que ceux auxquels M. Piazzi Smith est arrivé (2).
Largeurs des retraits | En mètres | En pouces anglais | Fl. Petrie | Piazzi Smith
a. | 0ᵐ,073 | 2,87 | 2,95 | 2,9
b. | 0ᵐ,077 | 3,03 | 2,92 | 3,0
c. | 0ᵐ,079 | 3,11 | 2,90 | 3,0
d. | 0ᵐ,082 | 3,22 | 3,08 | »
e. | 0ᵐ,078 | 3,07 | 3,20 | »
f. | 0ᵐ,076 | 2,99 | 2,98 | »
g. | 0ᵐ,073 | 2,87 | 2,90 | »
Les différences de hauteur entre les retraits, c'est-à-dire les hauteurs A₁B, B₁C, etc., de la figure 1, se trouvent aussi en partie chez M. Fl.
(1) Loc. cit., p. 73.
(2) Loc. cit., p. 90, vol. II.
p. 352Petrie (1) et peuvent être déduites en partie des mesures de M. Piazzi Smith.
Distances entre les retraits | En pouces anglais | Piazzi Smith | Fl. Petrie
O A | 83,9 | 84,9 | »
A₁B | 36,2 | 34,4 | »
B₁C | 34,2 | 33,3 | »
C₁D | 33,1 | 33,1 | 33,8
D₁E | 34,0 | » | 34,0
E₁F | 33,0 | » | 33,0
F₁G | 33,7 | » | 33,7
G₁H | 33,5 | » | 33,6
Nous avons également mesuré la distance HM du premier retrait du plafond incliné et trouvé 0ᵐ,37, soit 14,6 pouces anglais. Pour avoir les coordonnées du point M, il faut, d'après la figure, retrancher de I la longueur 14,6 cos 28° et de H la longueur 14,60 sin 28° ; nous trouvons alors :
MM₁ = 321,6 - 14,6 sin 28° = 314,8 (haut. de M) M₁P = 40,38 - 14,6 cos 28° = 27,49
Il est enfin intéressant de calculer quelle est la hauteur des différents retraits au-dessus du sol incliné de la grande galerie H₁K. Suivant M. Piazzi Smith, la largeur OP du
(1) Loc. cit., p. 73.
p. 353grand degré est de 61 pouces anglais, sa hauteur PH, au-dessus du sol de la galerie est de 36 pouces anglais et l'angle d'inclinaison de la galerie est de 26°18′ (1). La hauteur OK est dans ce cas de 5,84 pouces anglais. D'après M. Fl. Petrie, la largeur OP du grand degré près du mur de parement est, à l'endroit par conséquent où les mesures actuelles ont été prises, est de 61,1 pouces anglais ; sa hauteur PH est de 34,88, et l'angle de la galerie est de 26° 12′ 50″ ; il remarque de plus qu'à cet endroit le niveau du point O est inférieur à celui du point P de 0,64 pouce anglais ; alors la hauteur OK n'est plus que de 4,16 pouces anglais (2).
Nous effectuerons les calculs dans chacun de ces cas ; de cette façon apparaîtra la grandeur des erreurs dont toutes les hauteurs et en particulier la hauteur totale de la galerie sont encore entachées. Ces erreurs sont telles qu'il n'y a pas lieu de s'occuper des différences occasionnées par le fait que les parements entre les différents retraits ne sont pas exactement verticaux, comme M. Piazzi Smith l'avait déjà remarqué ; car il ressort des mesures de M. Fl. Petrie que, pour toute
(1) Life and work, t. II, pp. 74 et 161.
(2) Fl. Petrie, loc. cit., p. 75.
p. 354la hauteur considérée, le fruit du mur, si l'on faisait abstraction des retraits, n'atteindrait que 0,3 pouce anglais (1).
Comme, d'autre part, les erreurs peuvent s'être accumulées dans les mesures a, b, c, etc., tandis que la mesure de I a été prise directement deux fois et que nous avons l'équation de condition
a + b + c + d + e + f + g + I = 61,1,
tandis que, d'après les nombres donnés plus haut, cette somme est de 61,54, nous allons, dans les calculs qui suivent, remplacer ces nombres par d'autres corrigés en retranchant de chacun d'eux 0,06 pouce anglais, c'est-à-dire en employant les valeurs suivantes :
a = 2,8 e = 3,0 b = 3,0 f = 2,9 c = 3,0 g = 2,8 d = 3,2
Nous obtenons ainsi pour les hauteurs A, A₁, B, B₁, etc., au-dessus du plan incliné de la galerie, les résultats consignés dans le tableau suivant :
(1) Fl. Petrie, loc. cit., p. 73.
p. 355Hauteurs des retraits | D'après les dimensions | D'après les dimensions | Nombres donnés par
au-dessus de H₁K. | du grand degré | du grand degré | Piazzi Smith, Life and
| suivant Piazzi Smith. | suivant Fl. Petrie | Work, t. II, p. 90.
| (Pouces anglais) | (Pouces anglais) | (Pouces anglais)
A | 89,8 | 88,1 | 92,4
A₁ | 91,2 | 89,5 | »
B | 127,4 | 125,7 | 128,3
B₁ | 128,8 | 127,2 | »
C | 163,0 | 161,4 | 163,1
C₁ | 164,5 | 162,9 | »
D | 197,6 | 195,9 | 197,7
D₁ | 199,1 | 197,6 | »
E | 233,2 | 331,6 | (232)
E₁ | 234,7 | 233,1 | »
F | 267,6 | 266,1 | (267)
F₁ | 269,1 | 267,5 | »
G | 302,8 | 301,2 | (302)
G₁ | 304,1 | 302,6 | »
H | 337,7 | 336,2 | (337±)
Remarquons que les grandes différences obtenues pour ces nombres sont dues au fait que le grand degré, d'après une observation de M. Fl. Petrie, n'est pas horizontal, mais qu'il est incliné de l'ouest vers l'est. Comme ses dimensions sont données par M. Petrie dans le plan vertical de nos mesures actuelles à très peu près, ce sont les nombres de la deuxième colonne que nous tenons pour les meilleurs.
Les chiffres entre parenthèses sont ceux que M. Piazzi Smith a obtenus non pas suivant des
p. 356mesures directes, mais en admettant que les différences de hauteur au-dessus du sol incliné étaient, pour deux retraits consécutifs, de 35,0 pouces anglais. Les résultats donnés par cette hypothèse sont aussi exacts que cela était alors possible.
La hauteur totale de la grande galerie mesurée par Howard Vyse, en 1837, a été trouvée par lui égale à 336 pouces anglais. M. Piazzi Smith l'a estimée à 337 pouces anglais. Les résultats précédents montrent que la vérité doit être entre ces deux nombres.
Faisons, enfin, pour terminer, la remarque suivante : C'est que le fait, connu depuis longtemps, que l'arête supérieure sud de la grande galerie se projette verticalement au tiers du grand degré se vérifie parfaitement. En effet,
1 × 3/2 = 60,57 pouces anglais.
On peut aussi remarquer que la projection M₁ de l'arête M coïncide avec la réapparition, au-dessus de la surface du grand degré (fig. 1), des joints des deux rampes qui bordent la grande galerie. En effet, d'après M. Piazzi Smith (1), on a
M₁O = 33,4,
(1) Life and work, t. II, p. 75.
et nous avons trouvé pour
M₁P = 27,49,
ce qui donne
OP = 60,89,
tandis que les mesures directes de OP varient entre 60,8 et 61,1.
Berlin, le 6 décembre 1900.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDITION . . . . . . 7
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . 9
CHAPITRE PREMIER.
Loi de la vie des peuples, de Brück . . . . . . 23
CHAPITRE II.
Chronologie littérale de la Bible . . . . . . . . 39
CHAPITRE III.
Chronologie et symbolisme de la Grande Pyramide . . 47
État de la question . . . . . . . . . . . 47
A. Chronologie du passé . . . . . . . . . 62
B. Chronologie de l'avenir . . . . . . . . 66
a) La Loi de Brück symbolisée. Chambre du Roi. 66
b) Chambre de la Reine. (La Réforme et les
Anglo-Saxons) . . . . . . . . . . 75
c) La Prophétie . . . . . . . . . . 86
α) Livre de Daniel . . . . . . . . 86
β) Apocalypse . . . . . . . . . . 91
Le Livre scellé . . . . . . . . . 117
Le petit Livre . . . . . . . . . 130
Histoire du peuple élu . . . . . . 132
Histoire de l'Église de Christ . . . . 138
La période des sept coupes . . . . . . 149
γ) Digression. Coup d'œil rétrospectif sur les
chapitres IX à XII du Livre de Daniel . . . 154
δ) Les Épitres aux Sept Églises (Apocalypse) . 178
d) Système inférieur de la Pyramide. Passage des-
cendant et chambre souterraine . . . . . 219
CHAPITRE IV.
Pages
Conclusion . . . . . . . . . . . . . 231
RÉFLEXIONS DE L'AUTEUR . . . . . . . . . 233
APPENDICE I.
La base de la Grande Pyramide mesurée par M. Flin-
ders Petrie. Caractère intentionnel de ses irrégula-
rités . . . . . . . . . . . . . . . 267
APPENDICE II.
Relation numérique entre la Pierre de Jacob (Jacob's
Pillow), actuellement à Westminster, et la Grande
Pyramide ; établissant que les Anglo-Saxons pos-
sèdent à Londres un « signe » matériel de leur
identité (Gen. XXVIII, 10, 12) . . . . . . 271
APPENDICE III.
Les lois de population et la Grande Pyramide. Limite
de la population du globe et son époque . . . . 275
APPENDICE IV.
L'Eden, la Grande Pyramide et la « Pierre du Destin »
(Jacob's Pillow, Westminster), les repères de
l'Histoire . . . . . . . . . . . . 292
APPENDICE V.
Sur le livre d'Ezéchiel . . . . . . . . . 297
APPENDICE VI.
Postscriptum contenant des réflexions de portée capitale
La Prophétie de Zacharie . . . . . . . . . 322
APPENDICE VII.
Nouvelles mesures du mur sud de la grande galerie de
la Grande Pyramide de Chéops, par C. Carathéo-
dory, ancien élève de l'École militaire de Belgique 345