Bibliothèque › La Vie éternelle › Texte intégral
La Vie éternelle
Jean VI, 47, 54Celui qui croit en moi a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.
I
p. 5 Une des publications populaires de vulgarisation astronomique les plus connues a pris pour épigraphe cette réflexion : il est surprenant de voir presque tous les hommes, alors que le spectacle du ciel étoilé s'impose de lui-même à leurs regards, passer la durée entière de leur existence sans même se demander ce qu'une pareille manifestation signifie, et quelle place occupe dans cet ensemble la Terre où ils sont placés et à la destinée de laquelle se trouve, en fait, liée celle de l'Humanité.
Cette réflexion, qui est un reproche, s'adresse, chez ces instructeurs, à la masse, plus ou moins ignorante, des ordinaires lecteurs. Des hommes de science ou des vulgarisateurs considèrent comme un devoir social d'éveiller dans la foule la curiosité de l'homme moyen ; à celui-ci ils font honte de son p. 6 ignorance, et cherchent à le tirer en-dehors de lui-même pour lui faire connaître le monde extérieur. Or il est très piquant d'observer que si, retournant la situation, quelque revue populaire se formait tendante à appeler l'attention des hommes, au lieu du ciel extérieur sur le monde intérieur de leurs âmes, une épigraphe analogue pourrait lui servir d'introduction et la même réflexion enrégistrer l'étonnement légitime de ses promoteurs ; ici on constaterait qu'il est surprenant de voir la plupart des hommes qui composent ce qu'on appelle les milieux scientifiques, passer toute leur existence sans jamais avoir daigné vraiment porter leurs regards au dedans d'eux-mêmes ; apprécié le sérieux de la situation morale où un état interne, qui leur est commun avec les plus ignorants de leurs semblables, engage, par des lois étroites, aussi impitoyables que les lois mathématiques du monde extérieur, l'éternité de leur destinée.
II
Simple réflexion d'actualité, mais qui met en évidence deux tendances ou attirances profondes et opposées, propres à l'esprit humain : celle du monde extérieur, celle du monde spirituel ou inrieur ; et chacune de ces deux parties a en effet p. 7 quelque droit à se plaindre de l'indifférence de l'autre. On conviendra cependant que, dans l'état actuel des choses, ceux qui d'abord récriminaient (les zélateurs scientistes) sont de fait beaucoup mieux partagés que les défenseurs de l'observation interne. Sans doute, si tout le monde a vu le ciel étoilé et que les bêtes seules l'ignorent, tous les hommes ont aussi bien, contraints par la conscience, regardé forcément parfois leur âme : mais comme cette dernière vue apporte avec elle, presque chez tous, sinon l'effroi, du moins toujours plus de trouble que d'attrait, il en résulte que les contemplateurs courageux de ce monde intérieur sont en immense minorité comparativement au troupeau émerveillé que sollicite l'interrogation, en même temps avantageuse pour leur esprit, du milieu sans personnalité qui les entoure.
III
Veut-on encore approfondir? On reconnaîtra que ceci touche en réalité à l'un des problèmes les plus graves qui intéressent l'Humanité et inquiètent les âmes, et qu'il en est un peu de nos simples observations de milieu comme de ces reflets du Ciel qui, à la surface troublée de l'Océan, révèlent de loin à un observateur averti la présence d'un écueil ou d'un abîme.
p. 8 Tous les hommes étant, sinon égaux, du moins égaux en principe dans leur nature, les deux préoccupations opposées, celle de la nature extérieure et celle de l'Ame, se partagent en effet chez tous et chacun leurs influences adverses; et, consciemment ou non reconnue, mais toujours éprouvée, une lutte intime en résulte qui, attisée par les incompréhensions ou les contradictions de l'esprit et les révoltes ou les reproches de la conscience, produit et entretient chez tous les hommes quels qu'ils soient, dans un contact sans équilibre entre le fini et l'infini, un état de mal profond et endémique, mal dont la caractéristique première est, qu'on le veuille ou non, c'est-à-dire même chez ceux qui la nient, l'inquiétude de l'Au-Delà.
IV
Quels sont les caractères les plus généraux de cette situation ?
Tout d'abord : nous vivons avec la certitude que, nous disparus, le monde extérieur et ses lois immuables continueront d'exister. D'autre part, nous vivons aussi avec le sentiment intime et non moins assuré que notre être pensant ne peut non plus cesser d'être, c'est-à-dire qu'il se retrouvera dans ce monde extérieur dont l'existence va persister; p. 9 mais ici, — et c'est ce point qu'il faut bien noter, — sollicitée par l'incertitude de l'Avenir la préoccupation du devenir n'est pas cependant simplement d'ordre intellectuel : elle est invinciblement connexe d'une préoccupation morale où intervient la notion de la responsabilité, c'est-à-dire d'un compte à rendre et d'un jugement à subir.
C'est sous cette dernière face, et à cause d'elle, que, dès que nous pensons avec quelque profondeur, la Mort pèse sur nous, et que ce que nous appelons la fin nous semble redoutable. Le véritable mal dont nous souffrons nous apparaît alors, dans sa réalité réprobatrice sous la forme du Péché, lequel pénètre tellement la nature de l'homme qu'il ne faudrait rien moins semble-t-il qu'une nouvelle naissance pour amener la régénération de tout son être, Esprit, Ame et Corps.
V
Dans l'ordre logique des déductions, ceci conduirait en droite ligne maintenant à une analyse psychologique approfondie [1]. Nous n'en ferons p. 10 rien cependant. D'abord parce qu'il est trop certain que, vu les errements actuels, très peu nous suivraient ; ensuite, parce qu'il y a beaucoup mieux à faire. Bien loin de passer sur un autre terrain, p. 11 nous allons au contraire rester sur celui même de ce qu'on appelle la Science. Il n'est pas dit en effet que la tendance de cette Science à l'observation purement externe ne puisse, dans la question p. 12 qui nous occupe, savoir la recherche et la connaissance de l'Au-Delà, mieux conduite conduire alors cette Science elle-même beaucoup plus loin qu'elle le suppose, ou que peut-être elle le désire. Ce serait p. 13 l'application de l'excellent procédé de critique qui consiste, en entrant dans les vues de la partie adverse, à la contraindre par cela même à une vérité. Et, dans l'espèce, cela va consister, en revenant à la p. 14 considération de cette vulgarisation astronomique qui a été le point de départ de nos réflexions, et, en abondant dans son propre sens, à nous étonner que cette éducatrice qui, dans l'infini des étoiles,
… prétend lire au-dessus de sa tête,
p. 15 n'ait jamais songé à regarder ce qui, sur le globe étroit de la Terre, d'une manière tout aussi intéressante cependant, se passe sous ses pas. Cela en effet est tout aussi bien, au fond, de l'Astronomie.
VI
p. 16 Ceci même définit la destination et l'objet du présent opuscule. Il va consister, d'accord avec ce qu'on vient de dire, à établir que sans sortir de l'observation du monde externe, et en restant donc dans les voies de la science la plus positive, la solution du problème dont nous venons de nous occuper, savoir la Destinée de l'Ame après la Mort, existe, et, avec elle, la réponse à tous les doutes angoissés, à la soif de connaître, au besoin de certitude, d'espérance et de paix, qu'il suscite depuis tous les temps dans les âmes de tous les hommes.
p. 17 Et ce qu'immédiatement et sans aucune autre préparation nous commencerons par bien spécifier, c'est que, de même que la situation morale qui suscite le problème n'est pas une imagination ou un mirage, mais est prise aux moëlles même de l'Humanité, de même la solution dont il s'agit n'est pas le produit d'une vaine spéculation imaginative née dans le cerveau d'un homme d'aujourd'hui qui, regardant l'avenir et dédaignant un passé périmé, se poserait devant le monde en ridicule révélateur, mais tout uniment la simple mise en ordre de ce que le sens commun de tout le monde connaît, et, jusqu'à nos temps, reconnaissait depuis toujours [6].
VII
p. 18 En nous tenant uniquement et fermement, d'après tous ces préliminaires, au point de vue de l'observation externe, voici notre principe général de déduction :
Notre problème est celui de la destinée de l'homme individuel ; à ce problème chaque homme est, à titre égal, personnellement intéressé ; donc c'est aussi le problème qui concerne l'Humanité entière, considérée dans son unité sur le Globe terrestre ; et si quelque lumière, par une science externe positive, qui, comme telle, seule comporterait démonstration et certitude de fait, est susceptible de résoudre le problème de l'homme individuel, elle ne pourra se trouver que dans la science externe de la vie p. 19 de l'Humanité, vie dans laquelle, parce qu'elle est liée à celle du Globe, on peut pressentir des éléments positifs de Nombre et de Mesure.
Or nous allons voir qu'effectivement, en pressant cette première vue de plus en plus près, et sans céder d'une ligne un terrain très solide à une partie adverse toujours prête à nous contredire, on est ici sur une voie qui de manière rationnelle construit aussi naturellement que progressivement la solution demandée. Nous allons d'ailleurs y procéder dans des termes tellement simples et élémentaires qu'elle sera à la fois pour tous accessible et non récusable, et si nous entrons dans un pareil sujet en usant d'abord d'une forme essentiellement étroite et concrète, que l'on veuille bien ne pas s'en étonner. C'est en apparence seulement que ces prémisses peuvent paraître éloignées du but suprême à atteindre.
VIII
Partons de l'état actuel des choses dans le monde. Tout le monde connaît l'Histoire actuelle ou contemporaine. Elle signale au premier rang comme influence dominatrice mondiale l'Angleterre et les Etats-Unis ; la France, par l'acquis de son passé, et en dépit des coups qui viennent de lui être portés par l'Allemagne comme instrument, continuant p. 20 d'occuper en Europe une situation prépondérante. L'Italie s'essaie à la résurrection, comme grande puissance méditerranéenne ; et les revendications démocratiques, sous la forme dogmatique d'un communisme tyrannique, mais qui tend à s'assagir, prennent pour la première fois, par la Russie, corps d'État politique géographiquement et nationalement défini. En même temps un des caractères les plus remarquables de cette époque que nous traversons est le reflux de la civilisation vers les régions du monde oriental antique, comprenant dans son mouvement jusqu'à la Mésopotamie et l'Assyrie ; et dans ce reflux lui-même apparaît, comme un signe éclatant de cette rénovation, le rétablissement, en train de s'effectuer sous l'égide des Anglo-Saxons (Angleterre et États-Unis), de l'état juif en Palestine.
Qu'à partir de cet état présent, on recule maintenant à grandes vues dans le passé. Par dessus l'épopée napoléonienne qui a épanché sur l'Europe l'acquis de la civilisation française, on aperçoit le groupe de siècles où cette civilisation s'est progressivement formée et affirmée, en constituant à son Apogée l'époque universellement connue du Siècle de Louis XIV, (le Grand Siècle ; Richelieu-Louis XIV, 1630-1670). Avant cette manifestation de la France, dont le repère origine est le XIVe siècle, tout le monde sait également que ce qui a dominé l'Europe est une période non moins bien connue sous le nomp. 21 de Moyen Age, et qui a été celle du Pouvoir politique de la Papauté (1150), dominateur des peuples et des rois ; et enfin avant celui-ci, c'est-à-dire avant d'atteindre dans le passé les Romains, on rencontre, se terminant par l'éclat de Charlemagne et le Partage de son empire au traité de Verdun (843), un nouveau terme historique que caractérise le développement du royaume des Franks (centralisation, 600), pour arriver ensuite à l'époque mémorable où Constantin, transportant le siège de l'Empire à Constantinople (330), assigne une fin à la puissance politique de Rome. Celle-ci avait eu pour apogée l'époque que l'Histoire a consacrée sous le nom d'Age d'or de l'Empire romain, le siècle des Flaviens et des Antonins (80, date moyenne) ; et il est aisé de prolonger au-delà de cette grande étape historique, le tableau rétrospectif, car on ne sait pas moins que les Grecs, dont l'Apogée a été le Siècle de Périclès (− 430) avaient précédé les Romains dans la conduite civilisatrice du monde ; qu'eux-mêmes avaient été chronologiquement précédés par la civilisation et l'expansion colonisatrice juive-phénicienne, — (le siècle de Salomon et des Phéniciens) (− 950, − 1000) ; celles-ci mêmes, par le développement de la période égyptienne (Siècle des Ramsès, − 1430) ; et enfin les Egyptiens par les Assyriens (le Siècle de Semiramis et Ninus des Grecs, − 2000), dont les tablettes, retrouvées de nos jours dans leurs bibliothèques p. 22 millénaires, nous rapportent, vivante avant eux dans cet ordre des temps, la mention du Déluge universel qu'on retrouve d'ailleurs dans les traditions de tous les peuples de la Terre ; et enfin cette crise tellurique, arrivée d'après la Bible en − 2328, avait été contemporaine d'un groupe politique et social, alors existant dans la région géographique de l'Arménie, qu'on peut désigner, d'après le récit historique de ce Livre, sous le nom de Noachides.
Or si l'on veut bien, à partir de là, actuellement compter et récapituler, on verra, remarquant en outre que dans cette énumération on va marcher maintenant de l'Orient vers l'Occident, que l'on forme ainsi, atteignant nos propres jours, une liste de 10 peuples ou puissances, qui sont :
- Noachides.
- Assyriens.
- Egyptiens.
- Juifs-Phéniciens.
- Grecs.
- Romains.
- Franks.
- Papauté.
- France.
- Angleterre.
IX
p. 23 Qu'est-ce qui fait ici la solidité de notre déduction et celle de la base même qu'elle établit ? Mais c'est tout simplement que nous ne faisons que spécifier ce qu'on enseigne depuis toujours dans notre Enseignement moyen sous le nom d'Histoire générale.
Ce premier point établi, et avant de faire d'autres remarques sur notre liste de peuples, il nous importe de mettre en vue une donnée tout aussi générale, quoique d'un autre ordre, et dont plusieurs parmi les simples élèves de cet Enseignement moyen, auront probablement l'impression de faire la découverte, s'étonnant que leurs Maîtres autorisés ne leur en aient jamais parlé.
Nous venons, leur dirons-nous, de parler du Bloc de l'Histoire générale, que vous connaissez bien. Mais n'avez-vous jamais fait la réflexion singulière que ce développement de l'Histoire, de l'Est à l'Ouest, des régions du Tigre et de l'Euphrate jusqu'aux confins du continent européen (les Iles Britanniques) est en soi, si on regarde tout cela à la manière d'un physicien, un phénomène qui s'est passé à la surface d'une sphère qu'on appelle Terre (laquelle a des mouvements bien réglés de rotation sur elle-même et de révolution autour du Soleil), sphère d'un rayon bien déterminé de p. 24 6400 kilomètres ; et ne vous êtes-vous jamais donné la peine de faire attention au lieu où, sur cette sphère bien connue, se trouve placé le terme géographique qui sert de résidence à ce bloc historique ; nous voulons dire le lieu tout à fait unique et caractéristique que celui-ci occupe dans le système du Relief de la Terre (Continents et Océans) ?
Ce relief n'est nullement construit au hasard. Dans toutes les salles de Cours d'Histoire, on devrait disposer un grand Globe terrestre, et les élèves verraient alors, de telle sorte que plus jamais ils ne l'oublieraient, que le Relief de la Terre est construit suivant deux plans méridiens à angle droit. (Loi quadrangulaire du Relief de la Terre). Il suffit pour le voir de se placer dans l'axe, (c'est-à-dire devant le méridien) Européen-Africain ; de remarquer ensuite qu'exactement à l'opposite, c'est-à-dire en passant par-dessus le Pôle et sectionnant le Détroit de Behring, on a, couvrant un hémisphère, l'immense étendue de l'Océan Pacifique ; et que celui-ci est encadré entre les deux continents, formant deux S, de l'Asie-Australie et des Deux Amériques, les centres des deux S, c'est-à-dire le Détroit de la Sonde et l'Isthme de Panama, étant, comme chacun peut aisément s'en assurer, exactement à 180° l'un de l'autre en longitude.
On voit donc bien, puisque d'ailleurs le plan p. 25 méridien qui passe par ces deux points fondamentaux est à 90° sur le plan européen-africain, que le Relief, comme nous le disions, est construit quadrilatéralement, ou suivant deux plans méridiens à angle droit.
Mais ce n'est pas tout, et il y a un trait essentiel encore à noter : il consiste en ce que le système tout entier a un plan unique de symétrie, lequel est le plan Européen-Africain ; et cela est dû à la circonstance qu'on venait précisément d'observer que, dans ce plan, d'un côté du Pôle il y a une étendue aqueuse (le Pacifique) et de l'autre une étendue continentale (l'Europe-Afrique). Par conséquent on constate comme question de fait, et c'est évidemment un fait frappant et bien digne d'être signalé et d'attirer l'attention, que le bloc historique de l'Histoire générale est, au centre du système intégral du Relief, à cheval sur, et coupé en deux par le plan fondamental de symétrie de ce système.
Voilà sans conteste des caractères déterminés, et il semble, nous le redisons, que cela est bien digne d'être examiné, et à tous enseigné. Pour nous, si nous avions eu à donner un cours d'Histoire, c'est de cette manière que nous l'aurions commencé, sûr que les élèves auraient du même coup, par l'intérêt captivant que de telles vues comportent, appris et retenu ainsi à la fois, l'Histoire générale et la Géographie.
X
p. 26 Mais poursuivons quelque peu notre investigation.
Voici que nous savons où, sur la Terre, s'est passée et se passe la vie de l'Humanité, ou l'Histoire Générale dont nous nous occupons. Mais la Terre est une des planètes du système solaire ; celui-ci tout entier est entraîné dans l'Espace ; et il convient maintenant d'envisager aussi la situation qu'ainsi, avec le Soleil, nous, c'est-à-dire l'Histoire, occupons dans l'Univers entier. Cet Univers comprend, outre toutes les étoiles du Firmament que contemplent nos yeux, tout l'ensemble aussi des Nébuleuses. Chacune de celles-ci est un amas prodigieux d'étoiles ; et tous ces amas d'étoiles ou Nébuleuses sont dispersés dans l'Espace infini, à des distances inimaginables de l'amas qui constitue notre Firmament. Or, ainsi dispersées, ces Nébuleuses ne le sont point néanmoins au hasard par rapport à nous. Bien au contraire, elles forment un unique système ordonné par rapport à un plan de symétrie, et ce plan n'est autre que le Plan fondamental de notre propre amas d'étoiles, ou Firmament ; c'est-à-dire, notre amas ayant la forme bien connue d'une Lentille, le Plan directeur de cette Lentille. Ce plan d'ailleurs, tout le monde peut le reconnaître et le voir : il suffit, par une belle nuit, de regarder au Ciel le cercle p. 27 vaporeux qui nous entoure et qu'on appelle la Voie Lactée. C'est le plan de ce cercle qui est à la fois celui de notre Lentille et le plan de symétrie fondamental de l'Univers tout entier ; et comme il résulte des apparences que nous sommes dans la région toute centrale de ce cercle, c'est-à-dire de la Voie Lactée, il en résulte aussi que notre Humanité, et avec elle l'Histoire Générale, se trouvent, en fait, au centre du Monde pris dans son entièreté. On nous rappellera peut-être que nous avons dit plus haut qu'avec le Soleil nous étions en mouvement. Mais on peut recourir ici à une comparaison concrète qui, étant juste, ne diminue pas le sujet ; savoir le cas d'un voyageur qui, occupé à ses affaires dans une grande ville, par exemple Bruxelles, peut dire en traversant la Grand'Place que, malgré son mouvement, il est toujours au centre de la Ville.
XI
Le mouvement du Soleil dans l'Espace est sans nul doute réglé par les lois mathématiques de l'Attraction universelle. Le mouvement de la Terre (et des Planètes) autour du Soleil est mathématiquement réglé par ces mêmes lois jusque dans ses moindres détails, et il en est de même du mou- p. 28vement d'orientation de l'Axe de rotation de la Terre, qui, à la manière de l'axe d'une Toupie, tourne dans l'Espace en décrivant en 25 à 26 mille ans un cône, pendant que chaque jour la Terre effectue une rotation autour de cet axe.
Or constatant que tout dans l'œuvre de la Création est ainsi réglé par des Lois mathématiques, si nous redescendons maintenant sur notre globe pour y retrouver l'Histoire, ce sera une question fort naturelle que de nous demander si le grand mouvement qui depuis plus de 4000 ans y a déplacé progressivement le centre de la Civilisation de l'Est vers l'Ouest, alors surtout que nous voyons, ainsi qu'il a été remarqué, que le lieu ou Foyer de l'Histoire est précisément placé au centre de symétrie du système ordonné de son Relief, ne manifesterait pas aussi, formé qu'il est de termes successifs (les Peuples Chefs), une ordonnance voulue de nombres, c'est-à-dire, dans l'espèce, une Loi chronologique.
Cette idée de nombre à rencontrer ici, est d'ailleurs, pour le dire en passant, d'autant plus naturelle aussi que nous voyons la vie même des individus qui composent l'Humanité, avoir une durée moyenne déterminée, présenter des phases : 1°, enfance ; 2°, adolescence ; 3°, jeunesse ; 4°, maturité ; 5° décadence ; et l'organisme (le corps humain) qui sert, en la régissant, d'instrument à leur activité propre, être lui-même soumis aux conditions étroites d'une p. 29 construction géométrique déterminée et d'une mesure ordonnée des forces (poids, etc.) qui le sollicitent. Celles-ci font des organismes humains individuels autant de petits systèmes intimement dépendants du système terrestre lui-même auquel ils appartiennent.
XII
Eh bien, la loi chronologique que nous soupçonnons existe en effet, et ce n'est nullement sans norme, ou au hasard, et non plus dans cette partie de l'œuvre créatrice qu'en toute autre, que les peuples repères et conducteurs du plan de l'Histoire générale se sont succédé en se transmettant leurs acquis successifs. Et d'ailleurs la règle est simple : les peuples chefs successifs mesurent, en se continuant, des intervalles d'un peu plus de 5 siècles. C'est la Loi de l'Histoire, découverte par le Major du Génie Belge Remy Brück (1818-1870). Le nombre donné par Brück est 516 ans [7].
p. 30 C'est donc une Loi quinquaséculaire, et étudiée dans le détail, comme Brück l'a fait, elle montre que chacun de ses termes quinquaséculaires manifeste l'existence de 5 phases successives dont il se compose, et chacune d'environ un siècle ; savoir :
- Constitution.
- Préorganisation.
- Organisation.
- Apogée.
- Décadence
(ces phases seraient pour la période française, bien connue et près de nous, respectivement les 14e, 15e, 16e, 17e et 18e siècles). Mais, sans entrer dans ces détails qui dépasseraient le cadre du travail actuel, le lecteur, rien que par les quelques dates p. 31 propres aux Apogées successifs que nous avons notées dans notre coup d'œil d'ensemble sur le passé, ne voit-il pas en effet de lui-même, et d'une manière rudimentaire par cela même d'autant plus frappante, qu'en effet l'ondulation est quinquaséculaire ?
| # | Apogée | Date |
|---|---|---|
| 1 | Noachides | − 2528 (Déluge biblique) |
| 2 | Assyriens | − 2000 |
| 3 | Egyptiens | − 1450 / − 1500 |
| 4 | Juifs-Phéniciens | − 950 / − 1000 |
| 5 | Grecs | − 450 |
| 6 | Romains | + 80 |
| 7 | Franks | + 600 |
| 8 | Papauté | + 1150 |
| 9 | France | + 1650 / + 1670 |
| 10 | Angleterre, Anglo-Saxons | (induction : 2100, 2200) |
Cela suffit. Pour tout le monde, il y a une loi [8], et cette loi, ne fût-elle qu'une formule empirique, aurait en tout cas le mérite, très grand, de faire retenir, d'un trait, toute l'Histoire.
XIII
p. 32 Arrivé à ce point, quelqu'un dira peut-être : Vous avez commencé par nous parler de l'état moral de l'homme, de ses aspirations vers la vie éternelle et de sa préoccupation de la Mort et de l'Au-delà ; et nous n'avons jusqu'ici, avec un peu d'Astronomie, que les rudiments d'un cours d'Histoire. Et, effectivement : Tout ceci est purement extérieur et ne constitue qu'un cadre et qu'un vêtement. Mais aussi « l'Histoire » ne consiste pas p. 33 seulement dans la connaissance des pouvoirs politiques ou sociaux, de nature au fond purement animale, qui constituent les peuples, et de leurs efforts de compétition pour posséder la Terre. C'est en même temps l'Histoire des aspirations et des luttes de l'élément supérieur de l'esprit qui, tout assujetti qu'il est lui-même à des conditions externes, ambitionne cependant par un labeur incessant dont il se transmet l'acquis de génération en génération, de connaître de mieux en mieux le monde mystérieux qui l'enserre, — élément supérieur sans lequel le fait même de cette discussion n'existerait pas, et ni ce livre ni aucun livre ; et nous avons encore à traiter de cette seconde face du sujet.
Mais c'est en même temps le lieu de mettre en garde contre une illusion, constituant écueil dans l'ordre logique, et de laquelle semble procéder l'objection prématurée qu'on nous fait ici. Cette illusion consisterait à penser que l'on puisse, esprit et monde externe, isoler ces deux ordres dans l'investigation qu'on en fait. Dans la réalité, (celle que nous connaissons), les esprits ne communiquent pas directement entre eux. Ils ne le font jamais que par des intermédiaires matériels ou signes, que, quelle qu'en soit la nature et la diversité, on peut désigner sous le nom générique d'« Écriture » ; — tels les livres, les monuments, ou aussi bien des traces matérielles imprimées p. 34 par le passage des hommes et des civilisations sur la surface de la Terre. Par conséquent quand on se propose de reconstituer l'origine et l'évolution des idées au cours de l'Humanité, c'est encore, dans la réalité scientifique, à un phénomène matériel externe que l'on a forcément d'abord affaire ; c'est-à-dire qu'ici, ou dans l'espèce du problème posé, après avoir dressé (par la Loi quinquaséculaire, — dont on reconnaît déjà ainsi le rôle d'utilité logique) le cadre de l'Histoire générale, il s'agit maintenant d'établir à travers celle-ci l'Histoire plus particulière des Signes par lesquels, à la manière de repères, l'esprit y a jalonné sa marche ; et puisque, en dépit du caractère matériel de ces signes, nous nous trouverons tout de même ainsi en contact ou relation avec le monde moral et intellectuel, il n'est pas déraisonnable de penser qu'une lumière puisse en jaillir, de nature à éclairer même la destinée spirituelle de l'Homme. Ceci, semble-t-il, dissipera les difficultés de ceux qui ont jusqu'ici accepté de nous suivre.
XIV
Cherchons donc, dans le champ historique et géographique qui nous est délimité, — et même sur la surface entière de la Terre, c'est-à-dire en y envisageant même des groupements d'hommes, (tels la p. 35 Chine, le Japon, l'Inde) qui sont restés isolés en dehors du Foyer vivant de l'Histoire, — et en procédant d'abord par les plus grands traits, comme on doit scientifiquement le faire, — ce que l'Humanité nous a légué en tant que Signes de sa pensée.
Déjà sans doute, et si l'on veut, nous avons l'Histoire elle-même qui n'est autre chose que la suite des temps et des époques conservés de proche en proche, et de notoriété, dans la mémoire des hommes. Mais de cela nous formons, comme il a été dit, un terme de base, mis à part et qui va servir de fondement à tout le reste ; et ce que nous envisageons ici ce sont des données particulières qui, se détachant sur cet ensemble, constituent des témoins de nature à préciser les faits, et surtout de nature à nous faire pénétrer dans le monde supérieur et plus caché de la vie intellectuelle de l'Humanité.
Nous avons parlé de Livres et de Monuments. Abordons donc la question successivement par ces deux ordres de termes. On va voir que, sans s'engager dans le dédale d'une obscure érudition, le terrain se déblaie comme de lui-même, et que les plus savants n'en savent au fond pas plus sur ce sujet, — mais le peu est beaucoup, et décisif, — que ce qu'en peut connaître tout le monde ; et qu'ici, c'est-à-dire dans ce grave sujet, c'est comme partout une des marques de la vérité d'être p. 36 fort simple, et accessible aux hommes quand elle leur est vraiment nécessaire.
XV
Parlons d'abord des Livres. Il s'agit évidemment de ceux qui étendent leur vue sur les origines, et qui, ayant pour objet la destinée de l'Homme et de l'Humanité, peuvent seuls concerner notre objet et lui être utile. De ces Livres plusieurs existent qu'on appelle les Livres Sacrés de tels peuples et races. Mais la sélection entre les cinq ou six de cette nature qui se rencontrent est aisée : une condition en effet dans cette enquête doit leur être imposée, à savoir : 1°) de constituer une suite historique suivie et 2°) de posséder une Chronologie ; car celle-ci seule permet de situer les données historiques dans le temps. Or, à ce double égard, un seul livre existe et se présente, la Bible, (ou le Livre). Ni les livres (primitifs) de la Chine, ni ceux de l'Inde, ni, chez les Perses, le Zend Avesta, ni enfin, et très près de nous, le Coran, ne satisfont même au degré le plus rudimentaire à aucune de ces conditions.
Il y a donc ici un fait d'observation capital et unique dans son importance décisive ; savoir qu'il existe dans le monde un et un seul Livre (on l'appelle, p. 37 redisons-le, Le Livre ou La Bible), qui, prenant l'homme à son apparition sur la Terre en raconte progressivement et d'années en années l'histoire, le plaçant d'ailleurs à l'origine géographique du Foyer historique qu'autrement nous connaissons déjà, et suivant aussi parallèlement cette histoire à travers la série des 10 Peuples chefs de la Loi, par la succession des : Noachides, Assyriens, Egyptiens, Juifs-Phéniciens, Grecs, Romains.
D'ailleurs cette série il la continue en réalité et l'achève en annonçant la suite des 4 restants par la mention du 7e (les Franks) qui doivent paraître pendant un temps écourté, et faire place au 8e (la Papauté, ou le Faux Prophète), — celui-ci, comme facteur spirituel dont l'importance éclipse celle de tous les pouvoirs humains, étendant son influence sur les trois dernières cases du Bloc, savoir le 8e, le 9e, et la dernière et 10e (Papauté, France, Angleterre) ; et enfin il synthétise explicitement par le nombre 10, les 10 Puissances de la Loi, en nous montrant ces 10 ressuscitant toutes ensemble à la vie politique aux derniers temps, c'est-à-dire ceux où nous sommes.
Ainsi ce Livre, qui, par le seul fait de son caractère unique, attirait et commandait notre attention, ce Livre connaissait toute la Suite de l'Histoire. Mais il y a bien plus : il en connaissait aussi la p. 38 Loi chronologique ; et ce qu'un homme (Brück) par un trait de génie a vu au milieu du dernier siècle, il le savait lui depuis tous les temps ; puisque, envisageant par le moyen d'un autre homme (Daniel) — mais qui se sent, celui-ci, écrasé et confondu par ce qu'il sait être une révélation, et que, les temps n'étant pas encore venus, il déclare lui-même ne pas comprendre —, envisageant, disons-nous, sous la forme des organismes animaux qu'ils constituent, la vie des Peuples, cette Bible leur assigne pour période de durée successive exactement le nombre d'années 516 de la Loi de Brück.
XVI
Cherchons maintenant parmi les Monuments. De nouveau ici, ceux-là seuls, s'il en existe de tels, seront de nature à retenir notre attention, qui, dans le domaine où jusqu'à présent nous nous mouvons, et où tout est Nombre, Poids, et Mesure, présenteraient dans leur construction un caractère scientifique, par exemple mathématique et astronomique ; et en outre — mais contre toute espérance, car cela serait-il possible ! — écriraient, par des longueurs qui mesureraient des temps, la chrono- p. 39logie de l'Histoire, la dispensation de ses époques par la figuration d'un diagramme géométrique, et enfin la Loi de l'Histoire par la mesure géométrique de l'élément fondamental 516 de la durée d'un peuple, en accord exact avec la Loi de Brück. Or c'est de nouveau un fait, que, dans le monde, un Monument existe, et un seul, savoir la Grande Pyramide de Gizeh, (que les Anciens avaient mise au rang des Sept Merveilles du Monde), satisfaisant rigoureusement à toutes ces conditions ; et l'unité d'ailleurs qui sert à mesurer ici l'échelle chronologique et la durée 516, est empruntée au Globe terrestre dont elle est le 1/500.000.000 de l'Axe de rotation.
XVII
Tels sont les deux éléments, Livre et Monument, uniques dans le Monde, qui, contre toute probabilité à vue purement humaine, y existent, et sont l'un et l'autre en accord avec les données historiques externes, autrement connues d'abord (par la Loi de l'Histoire), de la vie de l'Humanité.
Mais il y a plus, et si, en présence de ceci, p. 40 on ne craint pas de pousser l'épreuve encore plus loin, un experimentum crucis redoutable reste à tenter. La Bible d'un côté, la Pyramide d'un autre, offrent des éléments qui supposent chez l'une et chez l'autre la connaissance du plan général de l'Histoire, et celle de l'élément fondamental, 516, de la durée de la vie des peuples. Mais chacune aussi possède son échelle chronologique, à origine et à terme déterminés absolus, et sur cette échelle des points de repère, indicateurs absolus des grands événements de cette Histoire. Or la question qui se pose est celle-ci : ces deux échelles coïncident-elles à cet égard rigoureusement ? S'il en était ainsi, les deux sources de connaissance, les deux témoins qu'elles constituent, n'établiraient pas seulement, chacune pour son compte la validité autorisée d'une part impressionnante d'information ; il s'ensuivrait que toutes les deux ne seraient, sous des formes différentes mais équivalentes, que l'expression exacte d'un fonds unique ; ou, ce qui est adéquat, se présenteraient comme deux œuvres différentes d'un unique et même Auteur.
Or cette épreuve, — redoutable parce que, dans notre soif de vérité, nous craignons toujours que la vérité nous échappe — cette épreuve donne le résultat attendu et victorieux. Les deux chronologies sont rigoureusement et exactement superposées. L'origine − 2528 de l'échelle de la Pyramide p. 41 est le Déluge − 2328 de la Bible ; dans la Pyramide le temps de la Loi (l'Exode) − 1516, est l'Exode − 1516 de la Bible ; les deux zéros 0 de l'Ère chrétienne coïncident [9] ; de même aussi, en arrivant à nos temps en est-il des deux origines + 1870, + 1870 de la Dernière période historique, celle du 10e et dernier Peuple chef de la série, et des deux fins + 2386, + 2386 de cette période ; et l'époque enfin qui doit inaugurer le Règne de Paix du Millénium, repère dans la Pyramide comme dans la Bible la même date + 2180, + 2180.
Dans cet ensemble concordant, la Bible, qui, en sa qualité de livre, raconte par ordre les événements, introduit les hommes, leurs caractères, leurs pensées et leurs mobiles, est nécessairement le terme vivant et prépondérant. Mais la Pyramide — que la Bible elle-même d'ailleurs cite explicitement en disant qu'il y aura dans le pays d'Égypte, à la pointe du Delta (voir les termes du texte Es. XIX, 19) un Monument qui sera un Autel dressé à l'Éternel, — donne par la vue même des p. 42 yeux, et à la manière d'un Miracle, une force de certitude matérielle que rien n'eût pu remplacer, à la déduction, toute mathématique soit-elle mais n'ayant d'appui que la raison abstraite, fondée sur les nombres que proposait le texte sacré.
Dans l'ordonnance du plan biblique, la Pyramide se présente comme le Monument divin de l'ordre dans la Vérité, opposé au Monument du désordre et de la confusion humains de la Tour de Babel.
XVIII
Nous voici arrivés à un second stage de notre investigation et de notre enquête. Nous connaissions le lieu géographique de l'Histoire et sa Loi chronologique. Cette loi quinquaséculaire périodique présentait en somme tout le caractère d'une loi physique, et (on peut tout au moins le supposer) pourrait s'expliquer par l'action de facteurs physiques agissant sur les intégrales d'individus qui constituent les peuples. Ce que nous venons de découvrir est d'un ordre différent. Tout d'abord, il y a dans la construction d'un Livre ou dans celle d'un Monument, par la disposition intentionnelle des parties, l'intervention d'une volonté consciente, et nous avons donc passé, d'un domaine p. 43purement physique, dans l'ordre supérieur de l'esprit et de la liberté. Mais en outre, d'après la nature de ce fait d'observation, la volonté qui a ici imprimé son seing n'est pas une volonté purement humaine, attendu que, dans l'hypothèse d'une simple volonté de cet ordre, et étant données les facultés connues de l'esprit humain, le fait est en lui-même inexplicable. Nous sommes donc en présence d'une Volonté consciente supérieure à celle de l'Homme; c'est-à-dire, et dussions-nous faire exploser toutes les Sociétés de science vulgarisatrice, que, par les déductions irrécusables de la science la plus positive, nous avons ici la démonstration tangible d'un Miracle [10].
p. 44Il faut d'ailleurs bien observer que des documents découverts, un Livre, un Monument, ne sont pas enveloppés du nimbe prestigieux qu'un éloignement d'élection réserve aux rêveries théosophiques, comme s'il s'agissait ici par exemple de quelque manuscrit thibétain ou bouddhique en connexion de nombres fatidiques avec tel temple de l'Hindoustan. Nous sommes en plein cœur de l'Histoire classique et positive, et des données les plus générales et connues qui se soient offertes aux yeux du monde dans tous les temps.
XIX.
Telle est la véritable position de la question, et elle nous prépare d'elle-même à tenter un troisième et dernier pas ; c'est-à-dire à passer, maintenant et enfin, du Monde de l'esprit et de la pure raison auquel tout ceci appartient encore en propre, dans celui, qui le domine tout entier, d'un ordre moral ou de la Conscience ; il va nous être ainsi permis de répondre d'une manière tout à fait précise et explicite à l'interlocuteur qui, tout à l'heure, nous demandait comment l'Histoire et la Géographie pourraient jamais nous conduire aux choses du Ciel.
p. 45Ici beaucoup, nous le savons, nous abandonneront. Nous continuerons donc pour les autres.
Nous sommes en possession d'un plan purement externe qui commande notre respect et contraint notre attention par la puissance scientifique démonstrative des preuves, et par l'autorité de même ordre des documents, et tout d'abord de la Bible qui, en fait, les renferme tous. Mais quelle est la raison d'être de ce plan lui-même ?
Cette raison c'est de nous faire reconnaître maintenant non plus la seule autorité de documents matériels uniques, mais celle d'un Homme, unique aussi entre tous les hommes, connu depuis les siècles par toute l'Humanité, dont Il a radicalement modifié les conditions d'existence, et qui se trouve être le centre vers et autour de qui tout, dans ce plan de l'Histoire universelle, tend pour ensuite graviter. Et le premier trait qui d'abord p. 46nous frappe dans l'esprit de cet Homme et dans tout son Enseignement c'est le témoignage suprême et constant qu'Il rend à l'autorité sans appel précisément du document ou Livre, la Bible, que nous avions appris à connaître dans ce qui précède ; qui, en cette qualité de Livre, synthétise l'Histoire en la pénétrant et l'approfondissant, et qu'Il appelle, Lui : « Les Écritures de Dieu ».
Ainsi, si nos documents étaient, pris en eux-mêmes et scientifiquement, uniques, il se trouve qu'ils ont aussi dans le Monde un Témoin, unique et le plus grand de tous.
XX.
Il faut ici nous arrêter un instant, car nous avons sans doute deviné quelle est dans sa grandeur et sa noblesse insoupçonnées la nature de la solution scientifique, que nous cherchions, du problème de l'Au-Delà. L'ordre en est profondément remarquable. On n'a fait jusqu'ici appel qu'à des faits externes positifs. Mais ces faits établissent, par l'Inspiration plénière de la Bible qu'ils démontrent, et le Miracle de la Pyramide, l'existence et la présence de Dieu, et dès lors aussi la divinité de Jésus-Christ qu'ils placent en leur centre. Ce sont donc eux qui, en mettant ainsi de manière écla-p. 47tante en évidence la mission de Jésus-Christ, nous conduisent à Lui pour recevoir ensuite de Lui-même la solution que nous cherchions. Le problème est donc, en puissance, scientifiquement résolu. Sa solution se trouve, on le voit, non dans de vaines et impuissantes spéculations, ou dans tels moyens anormaux et décevants par lesquels l'homme chercherait à se mettre en relation avec le monde invisible, mais dans l'enseignement du Christ à qui, d'après la démonstration d'abord scientifiquement faite de sa mission divine, appartient aussi bien que la connaissance du monde visible qui frappe nos yeux, celle de ce monde invisible vers lequel tend l'inquiétude de notre âme et de notre esprit. En d'autres termes encore, et dans l'ordre logique de la déduction méthodique, ce n'est pas une Religion, c'est la Science elle-même qui, au stage où nous sommes, après nous avoir prouvé Jésus-Christ par un Miracle, nous envoie actuellement comme disciples à Jésus-Christ.
Nous avons dès lors, suivant cette méthode, à nous approcher de Sa Personne pour tâcher de Le comprendre.
XXI.
Déjà un trait vient de nous frapper en Jésus-Christ, savoir le témoignage constant qu'Il rend p. 48aux Écritures comme étant vraiment la Parole de Dieu.
Un second trait ensuite s'impose à nous; c'est que tout en se tenant étroitement attaché au document écrit dont il s'agit, et en le maintenant donc être la base nécessaire et comme le degré du Temple, Lui-même n'a cependant personnellement rien écrit, et que son œuvre propre a été, par sa parole vivante et par des actes et un sacrifice plus démonstratifs et éloquents que cette parole même, d'éveiller en nous la connaissance d'un monde plus élevé que celui de l'esprit, savoir ce domaine sublime de la Charité qui est comme la Conscience du Cœur, et où la Vie domine autant la simple activité intellectuelle et affective, que cette dernière elle-même dominait déjà l'ordre de la substance inerte. D'ailleurs cette Vie supérieure, Il la révèle en la personnifiant; c'est par Son caractère qu'Il nous attire et se fait aimer; et lorsque notre âme, cédant à l'attrait à la fois du respect et d'une divine affection cherche, en luttant contre le sentiment de sa propre indignité, à se rapprocher de Lui pour l'imiter et se rendre conforme à Lui-même, lorsque émue par l'héroïsme et la générosité de son sacrifice sanglant, elle accepte ce sang divin, répandu pour elle, comme devant vraiment la laver de ses péchés, elle constate, par un fait d'expérience personnel, et que rien p. 49ne peut remplacer, qu'elle participe ainsi, réellement et substantiellement, à une Vie nouvelle, d'une autre espèce et qu'elle ne connaissait pas. Cette Vie ainsi acquise, ou cette acquisition d'une vie nouvelle et supérieure, c'est la Nouvelle Naissance; et l'état nouveau où l'âme se trouve transportée, et qui n'est plus caduc et passager comme celui de nos corps corrompus et de nos âmes souillées, c'est une vie qui ne finira jamais, c'est la Vie Éternelle.
XXII.
Ce caractère de Jésus par lequel il nous attire ainsi à Lui et se fait aimer, est aussi celui sous lequel, et par lequel, Il nous révèle l'Être éternel à qui nous-mêmes devons l'être, ou Notre Père comme le Sien. Dans le conflit de ce notre nature finie avec l'infini, Dieu ou cet Être éternel et tout puissant nous est inaccessible et incompréhensible, et sa pensée, étant donné notre état de corruption et de péché, loin de faire luire une lumière consolatrice, évoque bien plutôt en nous, par l'absolu de sa Justice, les ténèbres et l'épouvante. Mais Jésus-Christ, Emmanuel ou Dieu avec nous, est ce que nous pouvons connaître de ce Dieu infini; le caractère de Jésus-Christ c'est le caractère de Dieu; en Lui nous arrivons à ne plus seulement p. 50adorer et craindre, mais à aimer ; car ce Dieu qui nous a créés et nous a donné la vie, nous aime comme un Père aime ses enfants. En voyant Jésus-Christ nous voyons Dieu. Il est là, sur la Terre, avec nous.
XXIII.
Si l'amour et la bonté sont ainsi, les marques prédominantes du caractère du Christ, il en est une autre par laquelle celles-là mêmes, quoique implicitement, nous sont cependant tout aussi éloquemment affirmées. Cet autre caractère de Dieu et de Jésus-Christ, c'est l'Intelligence. Une intelligence profonde nous apparait toujours comme inséparable d'une profonde bonté ; or l'Intelligence de Dieu est tellement resplendissante dans ses œuvres, ces œuvres que nous connaissons aujourd'hui en partie par la Science, qu'à elle seule celle-ci, en devenant une institutrice de Religion, devrait nous persuader et nous enseigner, en nous montrant la Puissance de son Intelligence, la Bonté et l'Amour insondables de notre Créateur [11].
p. 51Celui qui en présence des propriétés des Nombres, de la Science de la Grandeur abstraite, qui est une création de Dieu appliquée dans tout le monde physique, — dans toute l'Astronomie, dans les théories du son, de la lumière, de l'électricité ; — qui, en présence des vérités admirables de la Géométrie, de l'existence seule de ce miracle étonnant de l'Espace infini à trois dimensions, au sein duquel est construit le monde étoilé, n'a pas éprouvé un sentiment d'adoration, n'a pas senti en son esprit l'admiration s'élever comme un hymne vers le Dieu tout-puissant qui a conçu ces merveilles, n'a, nous ne craignons pas de le déclarer, rien vraiment compris ni à la Mathématique, ni à la Géométrie. Si des faits historiques généraux comme ceux que nous avons signalés dans ce travail tendent à montrer qu'il y a essentiellement de la science dans la Religion, il n'est donc pas moins, et peut-être est-il encore plus vrai de dire qu'il y a de la religion dans la Science, et même que la véritable Science est de la Religion. Ces notions devraient être introduites dans nos écoles, dès l'enseignement moyen, et former le bréviaire des esprits d'élite dans l'enseignement supérieur… Mais nous savons qu'on est loin de là.
XXIV.
p. 52Enfin, à côté et au-dessus de ces caractères moraux ou intellectuels de Jésus-Christ, il en est un qui les domine tous, et qui étant la réprobation du Péché et comme sa flamme purificatrice, nous attire en Lui mais en nous condamnant. Ce caractère c'est la Sainteté. Et si ce caractère est au-dessus de tous les autres dans la gradation auguste de la perfection, c'est celui aussi où se concentre comme en un foyer toute la préoccupation de notre propre destinée; car c'est par sa sainteté seule que, se substituant à nous hommes pécheurs, Jésus-Christ peut être à la fois la voie et l'ouvrier de notre Rédemption (Rachat), et qu'il est, écartant tous les procédés décevants offerts, quels qu'ils soient, par d'autres hommes pécheurs, le seul et véritable Médecin et Curateur de nos âmes.
La corruption conduit à la Mort. Elle n'héritera point l'incorruptibilité. Étant pécheurs, la Vie éternelle ne peut nous être acquise que par le sacrifice de la victime sainte qui se substitue à nous-mêmes; et, la Justice de Dieu ne pouvant se renier elle-même, c'est le seul moyen d'acquérir cette Vie qui soit offert à l'homme, en échange d'un avenir éternel de peines tel que l'état présent p. [53]n'en constitue par avance qu'un pâle et menaçant reflet. — La vie éternelle, c'est le Don de Dieu en Jésus-Christ. Quiconque ira à Lui ne sera pas confus. Il passera ainsi de la Mort à la Vie [12].
XXV.
C'est donc à Jésus-Christ qu'il faut aller, et Il ne repousse, Il l'a dit, aucun de ceux qui vont à Lui.
p. [54]Le problème est donc résolu. Sa solution, redisons-le, consiste en ce que des données et preuves externes positives nous conduisent à Jésus-Christ, en qui se trouve la vie éternelle et dont les enseignements nous font connaître ensuite les choses de l'Au-Delà. Telle est la solution, et il n'y en a point d'autre. Aussi, si quelqu'un y contredisait et, déçu, avait attendu sur ce point quelque issue différente, nous devons lui déclarer ouvertement que nous n'avons dans ce cas plus rien à lui dire, car il serait prouvé, par son attitude même, qu'il a beaucoup plus cherché en tout p. 55ceci la satisfaction d'une vaine curiosité de son esprit [13], que d'un besoin profond de son âme dû à l'appréciation exacte de son état, pour dire le moins, d'imperfection morale ; et que dès lors, et quoique, en possession maintenant de la bienheureuse délivrance ou du Salut en Jésus-Christ nous ayions à apprendre beaucoup, et que l'amour infini de Dieu ait en réserve, dans les richesses de sa Révélation écrite, à combler de joie spirituelle, par une connaissance précise, les âmes et les esprits de ceux qu'Il a rassemblés, ces nouveaux et magnifiques dons ne sauraient concerner les hommes qui persistent dans leur état de séparation d'avec le Christ.
p. 56Si ces esprits aveuglés se retranchent ainsi d'eux-mêmes, leur attitude concourt néanmoins d'autant à mettre en relief, par le plus puissant des arguments, la convenance de la voie d'exposition que nous venons de suivre dans ce travail, et son absolue nécessité dans certains cas; par où nous entendons que cette voie d'argumentation seule serait encore capable de faire revenir sur eux-mêmes, s'ils la repassent dans leur esprit, ceux, dont nous venons de parler, qui n'accepteraient pas Jésus-Christ. En effet, s'ils ne veulent pas croire au Christ, nous les prierons de bien remarquer qu'avant de parler du Christ nous avons d'abord été contraints à la constatation, de fait, et la plus positive, de documents externes qui, par leur nature propre de Miracles, démontraient déjà, avec son Existence, la Présence de Dieu et l'intervention déterminée de son Esprit. Il ne fallait pour reconnaître cela aucune adhésion du Cœur; il suffisait du simple usage de la Raison. Or il en résulte que, s'ils ne veulent pas Le connaître dans son Amour, ils ont déjà néanmoins et forcément, qu'ils le veuillent ou non, rencontré ici Dieu dans sa qualité de Maître et de Dominateur, et que le mobile de la Crainte, au prix d'une humiliation totale de leur orgueil, subsiste, qui, par la Grâce de Dieu, peut encore les sauver.
XXVI.
p. 57D'autres, abondant dans un sens opposé au précédent, diront peut-être qu'ayant, par une éclatante démonstration, trouvé maintenant Jésus et la Vie éternelle, nulle autre connaissance ne leur est plus nécessaire ; et sans nul doute, de toute notre âme nous dirons avec eux que bienheureuses sont les âmes que, sans aucune préparation ou voie intellectuelle initiatrice, l'Esprit de Dieu a par une action directe tellement préparées et transformées, que, possédant la Vie, peu leur importe telle ou telle forme concrète de la vérité. Néanmoins, nous ferons remarquer à ces opposants qu'au point de vue scientifique, où la sagesse divine elle-même venait de les placer dans tout ce qui précède, leur attitude est irrationnelle ; elle ne tient nullement compte en effet d'une donnée de la question, savoir la nature du milieu où eux-mêmes qui parlent ainsi, sont contraints de se mouvoir pour agir, s'ils veulent désormais être ouvriers avec Dieu. C'est une des déclarations les plus remarquables du Seigneur qu'Il n'est pas venu pour abolir la Loi mais bien pour l'accomplir. Tout l'ordre que Dieu avait d'abord institué subsiste, et par conséquent l'homme aussi, tel qu'il est, avec toutes ses facultés naturelles. Le divin Médecin p. 58pose sa main sur notre cœur et l'incline, mais la vie et son battement normal persistent. Les Écritures avaient conduit et gardé le Peuple élu ; Christ qu'elles annonçaient est venu ; mais bien loin néanmoins de les déclarer désormais inutiles, non seulement Il a ordonné à ses élus de les sonder jour et nuit car elles rendent témoignage de Lui ; en outre et pour qu'elles soient leur guide et leur consolateur dans les jours qui s'écouleront encore jusqu'à sa Seconde Venue, Il les a matériellement accomplies elles-mêmes par le Ministère de l'Esprit, guidant la main de quelques disciples inspirés. Ces derniers écrits sont le Testament sacré et béni du Dieu qui est venu mourir pour nous ; et c'est par eux en particulier que, connaissant la pensée de Celui qui a les secrets de la Vie et de la Mort, il nous est possible, à nous êtres finis et qui retournons à la poussière, d'apercevoir néanmoins maintenant, non par de vaines imaginations, mais certainement et scientifiquement enseignés par un Livre, les horizons de l'Au-Delà, objet proprement dit de la présente étude.
XXVII.
Développons quelque peu cette vue. Comme on l'a constaté, dans la voie scientifique toute l'Apo-p. 59logie et la Démonstration du Christianisme peuvent être fondées sur la connaissance de la vie physique externe de l'Humanité, c'est-à-dire sur la Loi géographique et chronologique de son développement ou Histoire à la surface du Globe ; et cette Histoire elle-même ne sert que de cadre, en la repérant, au plan de la Dispensation divine des Deux Venues de Dieu en Jésus-Christ, — la Première dans l'abaissement du sacrifice, la Seconde comme Roi dominateur et Prince de la Paix.
De ces deux grands événements, le Premier, placé au centre de cette Histoire, est celui qui, attirant comme un phare éclatant les regards de l'Humanité, en a, depuis son Apparition, réglé, en le pénétrant, tout le développement ; et le Second, annoncé par la Bible, et déterminé par elle et par la Pyramide, séparément et en accord rigoureux, aura lieu dans environ deux siècles et demi, au cours de la période de domination du 10e et dernier peuple chef de la Loi historique (Angleterre ; Anglo-Saxons), c'est-à-dire, plus précisément, en + 2180. Or c'est à cette dernière époque aussi, et ceci toujours d'après les deux documents fondamentaux et indépendants de la Bible et de la Pyramide, qu'aura lieu la Résurrection d'entre les Morts, des Rachetés de Jésus-Christ ; c'est-à-dire que, pour eux, s'ouvrira et commencera alors une existence éternelle dont la noble félicité consistera p. 60 en ce que, dans la pleine conscience et la pleine possession de leurs facultés, ils pourront enfin servir la vérité sous un règne de paix véritable et de véritable justice.
Cette Résurrection est appelée la Première Résurrection ; non pas en ce que ceux qui en seront l'objet, c'est-à-dire les Rachetés qui constituent l'Assemblée ou Église de Jésus-Christ, doivent ensuite passer par aucune autre résurrection, la Vie éternelle leur étant désormais acquise et pour jamais ; mais afin de la distinguer de la Résurrection générale de tous les autres hommes [14], laquelle n'aura lieu qu'après la durée du Règne de Dieu qui s'appelle le Millénium.
La Seconde Venue en effet n'interrompra nullement le cours normal et habituel des générations humaines ; par elles la vie sur le Globe, et l'Histoire, se continueront ; mais, pendant ce Millénium, ceux qui (c'est-à-dire l'Église) auront eu part à la Première et bienheureuse résurrection, serviront, dans l'ordre nouveau qui s'établira alors entre le Ciel et la Terre, d'instruments administrateurs missionnés pour assurer le Règne béni de la Justice, de l'Amour, et de la Vérité.
p. 61 D'ailleurs, — il importe ici de détruire les imaginations fausses qui, par la vision vide et vague de purs esprits, enlèveraient toute réalité et toute vie sensible à ce nouvel état d'existence, — dans cette transformation et régénération de tout leur être les hommes ressuscités conserveront leur nature dans son intégrité, c'est-à-dire que chaque homme étant, par définition, un corps, une âme, un esprit indissolublement unis, le corps avec ses sens qui mettent l'âme et l'esprit en communication avec le monde extérieur physique, ressuscitera comme corps, mais régénéré et glorieux.
C'est un des traits les plus touchants de la sollicitude et de l'amour de Dieu, de nous avoir donné dans la Résurrection visible de Jésus-Christ et dans sa vie historique sensible au milieu de nous, après cette Résurrection, à nous qui, dans notre faiblesse, doutons toujours, la certitude absolue de cette ineffable réalité, et la joie d'une espérance magnifique qui ne peut être trompée.
De même, au cours de ce Règne glorieux d'une nouvelle activité, où la lumière sera rendue à nos yeux, l'ouïe à nos oreilles, où notre cœur continuera de battre, ce n'est pas — si nous avons l'indicible bonheur d'être ainsi sauvés de la corruption par le Sang de Christ — dans des espaces vides ou quelque impalpable éther que nous nous trouverons transportés, mais bien sur cette Terre p. 62 même où nos jours d'épreuve se sont passés, dont nous reverrons les détails géographiques connus et l'universelle activité sociale ; où aussi nous retrouverons, pour nous remémorer avec eux nos heures de lutte, de joie ou de misère, et bénir le Dieu de notre Salut, ceux que nous avons aimés et auxquels le Seigneur nous réunira.
Voilà ce que sera dans sa réalité tangible et intense, la Bienheureuse Résurrection d'entre les Morts, à laquelle, nous n'en pouvons douter si vraiment nous nous abandonnons à Sa Grâce, nous aurons part par le Sang de Christ et la Puissance de Dieu.
XXVIII
Il est à prévoir, dans l'ordre logique et en prolongeant naturellement ce que la Révélation vient de nous apprendre, que le développement de l'Humanité à la surface du Globe, développement dont le premier stage aura été constitué par le chaînon ou bloc maintenant établi et connu des 10 Peuples chefs de la Loi historique constituant notre Histoire générale, se réalisera ultérieurement dans son intégrité par une magnifique et pacificatrice progression. La période dominatrice du 10e Peuple, l'Angleterre, prend fin en + 2386, et, p. 63 comme cela est d'ailleurs annoncé, la Seconde Venue en + 2180 « abrégera » cette période, en ce sens qu'apparue au cours même de la période, elle en modifiera, à partir de là, le caractère et les effets. Mais en même temps une œuvre humanitaire immense restera à accomplir. Si, à l'époque de ce dernier et grand Événement, l'Évangile a pu être porté en témoignage devant toutes les nations, il est douteux, et le contraire est presque certain, qu'il ait à ce moment déjà porté ses fruits ; dès lors c'est donc le Règne béni de Jésus-Christ qui réalisera dans son intégrité l'Œuvre attendue, en couvrant la Terre de la Connaissance de l'Éternel. La contemporanéité de cet effort et du Règne lui-même s'accorde avec l'étendue des espaces géographiques qu'il restera en effet encore, dans deux siècles, à conquérir et à dominer, à une civilisation enfin inspirée de l'esprit de Dieu. Il suffit à cet égard de penser, par exemple et notamment, à l'immense étendue du Continent Asiatique ; — et d'ailleurs, à regarder les choses d'une manière plus profonde, et considérant ce que vaut notre civilisation chrétienne, en quelque manière à tout l'ensemble de la Terre habitée. Mais ce dont nous assure une induction scientifique légitime, c'est que le progrès, dans cette nouvelle dispensation des temps, s'effectuera — comme cela a déjà eu lieu jusqu'ici dans le Plan p. 64 de Dieu — suivant une norme dans les moindres détails mathématiquement ordonnée, et où le système quadrangulaire du Relief de la Terre, les périodes astronomiques du Ciel, et le canevas géométrique et cinématique de la Mathématique de l'Histoire continueront à servir de guides et de régulateurs.
XXIX
L'Écriture étend sa vue bien au-delà des temps mêmes du Millénium ; mais ce n'est pas, et ce ne veut pas être l'objet de ce travail, de séduire personne par l'attrait prestigieux d'horizons indéfinis qui lui voileraient en fait d'une manière funeste la réalité présente. Nous sommes encore trop près de la Croix de Jésus-Christ. Notre situation actuelle est en elle-même trop sérieuse et même tragique pour qu'il s'y agisse d'autre chose, dans la seule vue du salut des âmes inquiètes et angoissées par le Péché et la Mort, que d'user solidement et sobrement de l'Écriture pour leur annoncer, dans sa certitude positive et prochaine, l'Évangile de leur Résurrection.
p. 65 Et d'ailleurs ce point de vue de fait restreint, actuel et pratique, est d'autant plus commandé que, maintenu dans ces limites, le sujet comporte déjà en lui-même une somme de connaissances nécessaires, si l'on veut une Science, de nature à absorber la vie entière, intellectuelle, spirituelle, et même sociale, de ceux qui l'envisageront.À cet égard, et tout d'abord dans l'ordre spirituel et religieux, la préoccupation bénie et suprêmement consolante de la Résurrection, si elle éclaire la route obscure de nos misères de chaque jour, et dans une joie intérieure sans cesse renouvelée maintient au niveau notre courage et la volonté d'action, par le seul fait qu'elle reporte du même coup et constamment nos regards sur nous-mêmes, c'est-à-dire sur notre état de corruption et de péché, alimente aussi la Crainte, et, dans le tremblement, nous remémore la parole du Maître : Veillez. Car cette Mort que nous redoutons et que la Résurrection doit vaincre, nous n'en connaissons ni le jour, ni l'heure ; elle nous surprendra dans l'instant que nous ne pensons pas ; l'arbre restera là où il tombe ; et comme (ainsi que dans le sommeil, qui nous est ici un signe p. 66 constamment donné) le temps qui s'écoule entre l'instant de notre mort et celui de cette Résurrection n'existera pas pour nous (c'est-à-dire sera, pour nous, comme s'il n'existait pas), c'est bien, d'un instant à un autre que nous ne pouvons prévoir et qui, ainsi que l'expérience le prouve, déçoit tous les calculs humains, que nous pouvons nous trouver, tels que nous sommes dans cet instant-là, en présence de Celui qui, étant notre Sauveur, est par cela même et d'une manière d'autant plus redoutable, notre Juge. Sans la Sainteté, est-il déclaré, nul ne verra le Seigneur. Voilà une préoccupation incessante imposée, on peut le dire, à chacune de nos heures, et qui, les devançant, s'écrit devant chacun de nos pas.
Si de l'ordre religieux proprement dit, on passe à l'ordre intellectuel, — qui, nous le savons, n'est, ou ne doit être cependant, au fond, que de la religion — celui-ci non seulement nous présente en tout ceci une science complète dont tous nos instants ne suffiront jamais à absorber l'étendue, mais encore et surtout un instrument d'enseignement nécessaire, et à nous-mêmes et aux autres, pour maintenir contre les atteintes du doute inné qui nous travaille, et celles de l'Ennemi qui s'en sert, le niveau constant de notre foi ; pour défendre aussi avec les armes d'une Science véritablement positive l'Autorité des Écritures, c'est-à- p. 67dire par la vérité externe la vérité interne, contre les attaques de l'incrédulité, ou, ce qui est tout un, d'une « Science, faussement ainsi nommée ».
Enfin notre personnalité et nos intérêts les plus concrets et les plus prochains sont eux-mêmes, en cette affaire, engagés dans un milieu social que dirigent et travaillent des facteurs ou politiques ou religieux, lesquels, non plus ici par des discours ou des doctrines, mais par de véritables forces d'organisation externe, s'opposent à l'application sociale et effective des enseignements de la Parole de Dieu, ou à la diffusion de ses vues sans appel sur le vrai sens et le plan de l'Histoire ; — bien plus, qui dénaturant les intentions de cette Parole aux yeux du peuple qu'elles abusent, et en même temps connaissant néanmoins très bien la puissance de cette Parole, s'en revêtent, et substituent à la préoccupation du Règne de Christ et de Dieu qu'il faudrait attendre dans l'espoir de la Résurrection des corps et des âmes, la présence d'un règne humain bien visible où, sous le couvert et par le poison d'une Imposture, les corps et les âmes s'acheminent d'autant plus sûrement vers leur état final de perdition. Contre ces facteurs de destruction, opposés à la Croix de Jésus-Christ, il n'y a plus seulement une discussion à instituer ; une lutte est à soutenir, et qui, sous l'impératif de la Vérité, commande délibérément, pour que p. 68 force reste à la Loi de Dieu, une délibérée agression.
Tel est, parmi ces facteurs, et pour ceux qui seraient tentés de l'oublier, et qui croiraient pouvoir attendre dans une indolente certitude la Résurrection bienheureuse de leurs corps et de leurs âmes en un temps bientôt accompli ; le Faux Prophétisme, ou l'immense Imposture affublée des apparences du Christianisme que l'Écriture de Dieu annonce et dénonce comme devant occuper, séduire et décevoir le monde dans les Temps d'attente qui s'écoulent entre la Première et la Seconde Venue du Messie ; Imposture dont, sous forme effective et concrète, la Papauté romaine est le Représentant attitré ; dont les progrès, comme cela est déclaré, iront toujours (on l'observe assez aujourd'hui) en grandissant, et qui ne sera enfin démasquée et détruite aux yeux de tous que lors du Retour, attendu par toute l'Église de Jésus-Christ, du Seigneur à sa Seconde et glorieuse Venue.
Un autre facteur encore de destruction spirituelle, et celui-ci beaucoup plus inattendu mais non moins mathématiquement prédit et mesuré dans ses temps par l'Écriture, et qui se manifestera de plus en plus au cours des deux à trois siècles qui nous séparent de ce même Retour, sera provoqué par la réapparition au monde comme 10e et dernier p. 69 peuple chef de la Loi historique, du Peuple élu (Israël) sous la forme des Anglo-Saxons. Ceux-ci, comme le démontre positivement la Parole, ne sont autres que la Maison d'Israël ou les 10 Tribus qui, avec Juda et Benjamin, les Juifs, formaient le peuple hébreu. Cet Israël Anglo-Saxon est, on le sait et on le voit, le Défenseur d'office des Écritures ou de la Parole de Dieu. Mais comme Juda autrefois avait rejeté, celui-là, à la fin de l'Histoire, trahira spirituellement, et par sa compromission, dûe évidemment en grande partie à des intérêts de politique mondiale, avec le Faux-Prophète, il constituera sur la Terre entière cette Cité de Confusion ou Grande Babylone du Dernier temps, dont la description couronne avec l'Apocalypse la fin des écrits sacrés, et qui, politiquement et matériellement, sur la Terre termine l'Histoire générale. Ce sera le temps précédant le Retour du Seigneur, où Celui-ci, frappant à la porte des cœurs d'hommes qu'il a rachetés par son Sang, et interrogeant leur conscience leur demandera « s'il existe encore de la foi sur la Terre ».
XXXI
On voit, en présence de ce qui se prépare, qu'il ne faut pas dormir pendant ces temps-là. p. 70 Si quelqu'un ambitionne avoir part à la Première bienheureuse Résurrection, qu'il veille.
L'état de l'Univers au sein duquel nous sommes est plein d'énigmes et d'insondables mystères, parmi lesquels celui de la Mort et de notre Destinée, aux prises avec notre insatiable besoin d'Infini et notre indestructible attachement à la vie, est pour nous à la fois le plus obscur et le plus poignant.
Dans cette situation, il faut savoir borner notre vue : entre les infinis du temps qui nous sollicitent, restreindre notre pensée à ce court espace de quelques milliers d'années qui mesure comme une veille, dans l'Éternité, la vie passagère de l'Humanité. Ce que nous avons fait voir, c'est que, dans ce cadre étroit et qui convient à notre nature finie, des éléments de certitude absolue existent, disposés par la sagesse et la bonté de Dieu, qui nous conduisent directement à Christ, à la fois raison d'être et centre de ces éléments. Si la lumière du Soleil de Justice qui vient déjà d'écarter les obscurités de la raison débile, est alors assez puissante pour pénétrer et vaincre les ténèbres du cœur, l'équilibre rompu par le Péché se rétablira dans tout l'être, et c'est dans la paix d'une vérité totale que l'Amour infini pourra donner la Vie en se donnant Lui-même.
Si une seule âme, en lisant ces lignes, dans le sentiment de sa misère et l'angoisse de son p. 71 avenir, pouvait, par cette lumière de Dieu, trouver la paix et l'espérance en Jésus-Christ, ce nous serait le gain suffisant d'une course longtemps poursuivie, et bientôt terminée.
Le 8 février 1924.
Notes de l'auteur
- [Cette note, ouverte au § V (p. 9), court au bas des pages 9 à 16, parallèlement au texte courant.] a) L'idée de Péché est, en puissance, adéquate à celle de l'Existence même et de la Sainteté de Dieu, qu'elle suppose. L'incompatibilité du Péché de l'Homme et de la Sainteté de Dieu porte mathématiquement en elle le Jugement et la Condamnation. En dehors de ces notions absolues, tout le reste — c'est-à-dire ce qu'on appelle la Philosophie — n'est qu'une vaine et inutile logomachie. L'Être humain est une entité à trois parties : Esprit, Ame, Corps. Dans cet Être règnent actuellement, entre et dans ces trois éléments, le désordre et la corruption dont les facteurs premiers sont, propres à ces trois termes (et leur correspondant ici dans l'ordre inverse) : la Convoitise de la Chair, la Convoitise des Yeux, l'Orgueil de la Vie. Le mal qui est en nous, s'il peut jamais être vaincu, et il ne le sera qu'attaqué dans sa racine même, c'est-à-dire, dans l'espèce, par une transformation radicale de la nature de l'Homme, ne sera donc anéanti, puisque l'homme naît après avoir été engendré et conçu, que par un nouvel engendrement, une nouvelle conception, et une Nouvelle Naissance, ce qui implique la régénération de tout son être, Esprit, Ame, et Corps. — De la corruption et du désordre de la nature humaine, les marques, universellement odieuses à tous, se trouvent matériellement et irrécusablement d'abord dans le fait même des maladies du corps, puis dans la Mort, qu'accompagne l'épouvantable décomposition de ce corps ; mais si l'intensité de l'impression ressentie résulte ici de son caractère physique externe, la maladie et la mort de l'âme ne sont pas moins terribles, et, aussi bien que celles du corps, un objet sans consolation pour ceux qui, les constatant chez d'autres, en sont les témoins impuissants ; et l'esprit enfin, par la brûlure de ses remords sans cesse renouvelés ou le désespoir de l'irréparable déchéance, porte aussi en lui, et encore plus inexorable, le ver qui ne meurt point et déjà l'enfer du feu qui ne s'éteint pas. A ce dernier égard, si nous ne sommes pas régénérés, on n'aperçoit aucune cause par laquelle notre état actuel ne doive pas indéfiniment persister. Il en résulte que la Mort elle-même ne nous délivrera de rien ; et c'est certainement une des idées les plus fausses et les plus funestes de penser, ainsi qu'on le dit généralement, que la Mort soit une délivrance. — On ne se rend pas assez compte en effet que l'Enfer existe chez beaucoup dès ici-bas ; et les peines éternelles dont plusieurs goûtent ainsi les affres préparatoires, ne sont nullement un supplice inventé par la Justice de l'Être infini, mais la conséquence certaine et logique de notre état actuel de péché. On ne peut, disons-nous, douter de l'Enfer ; il existe dès à présent en germe, et nous le portons en nous-mêmes. — b) Tout ceci n'est qu'un système théologique : c'est une simple constatation de fait. Et si la trouvant trop dure, on se refuse, d'ailleurs fort déraisonnablement, à l'envisager en face, qu'on veuille bien cependant, et pour le moins, admettre les observations suivantes. S'il est un point de fait sur lequel le consentement universel existe, c'est d'abord, et certes pour le moins, que personne n'est heureux ; que d'autre part on est d'autant plus mécontent de soi que l'on est plus sincère, ce qui prouve à soi seul le désordre ou la corruption de notre être intérieur ; et il suffit d'analyser un peu et d'approfondir ces premières données, pour voir ensuite bien vite les abîmes qu'elles impliquent. Enfin, même si l'on proscrivait comme matière trop subjective et que tous ne peuvent atteindre, l'appel au témoignage unanime de la Raison et de la Conscience, l'argument ne suffirait-il pas de l'intérêt personnel, lequel sans nul doute règne en maître, celui-ci, sur un universel domaine, c'est-à-dire d'évoquer chez chacun l'amour de la vie, la constatation de la durée finie de celle-ci, dont nous comptons jalousement les instants, et la crainte de la Mort, qui nous gâte et empoisonne cette courte durée elle-même. Cette crainte nous ne l'aurions sûrement pas si nous n'étions pas tous hantés d'une part par la certitude d'une survie, et en même temps, dans le sentiment net de notre responsabilité et d'un compte à rendre, par l'attente d'une Justice et d'un Jugement. Une comparaison, au fond nullement puérile peut être à cet égard utilement introduite. Ceux qui ont passé des examens n'auraient qu'à étendre ici à la gravité d'une situation qui engage leur éternité, l'état d'appréhension et d'incertitude où ils ont pu se trouver quand il ne s'agissait cependant que de la décision d'un conseil humain, et d'une étape de leur destinée purement terrestre. Ce rapprochement, redisons-le, n'est nullement puéril. Il est tout-à-fait juste. Toute la vie, pour ceux qui ont une conscience, n'est en fait que la préparation à un examen. Cette idée sur laquelle on peut insister, impressive sous sa forme pratique, devrait même imprégner et dominer comme principe didactique moral, des enfants aux hommes, tous les degrés de notre Enseignement public. — c) La vue intérieure dont nous réclamions la considération évoque donc une question dont l'intérêt dépasse en soi celui de toutes les autres ; en outre, reconnue et proclamée telle par le consentement de tous les hommes pris individuellement ; et si puissante que, si un moment ils viennent à l'oublier, la Mort se charge, à chaque seconde qui s'écoule, d'y ramener comme par un glas, leur obsession de condamnés. Il ne s'agit pas d'un vain débat de métaphysique ou de préséance philosophique, mais d'une situation, si on peut dire, physique, — celle de passagers qui, quoi qu'ils en aient et puissent le regretter, sont embarqués, et sur un océan inconnu et incertain interrogent l'horizon, désirant ardemment, — mais sans espérance, car il faudrait, semble-t-il, qu'il descendît du Ciel, — la venue de quelque pilote. — d) De cette question d'ailleurs, c'est-à-dire la destinée de l'Ame après la Mort, nous venons de définir par ses éléments directeurs (monde externe, monde interne) la situation dans nos esprits ; et ceci va nous permettre d'apprécier d'emblée, en ce qui concerne sa solution, le caractère et la valeur des tendances de la science positive actuelle. Cette « Science » actuelle, estimant que rien dans le champ de la connaissance ne peut et ne doit échapper à ses méthodes a déjà elle-même plus ou moins, amené l'angoissant problème ; mais en constatant qu'à l'abord une erreur élémentaire de méthode qui consiste en rien moins qu'à ne pas tenir compte d'une des conditions fondamentales de la question ; par où nous voulons dire que cette science (qui, nous l'avons vu, se refuse à regarder en elle-même) n'aborde cette question qu'en tant que question purement intellectuelle, requérant la seule satisfaction d'une curiosité de l'esprit, et non, ce qui est en réalité son véritable et plus profond caractère, comme une question morale dont les vrais facteurs sont les puissances de l'âme responsable et consciente. Bien plus, non contente de négliger ainsi cet élément constitutif du problème, elle concourt par divers moyens à ruiner la considération de cet élément dans les esprits qui se confient à elle, — et cela revient à dire qu'au vrai point de vue scientifique, dont elle se croit cependant le mandataire, elle fausse complètement auprès d'eux la véritable solution, laquelle ne peut se reconnaître, étant donnés ses éléments constituants, que dans une vérité intellectuelle qui satisfasse en même temps la Conscience. Et si quelqu'un prétendait ici que la science positive, ne s'occupant que de faits objectifs n'a pas à se préoccuper des tendances de l'âme, nous répondrions immédiatement que cette prétendue science a d'elle-même révoqué la légitimité de sa revendication à un semblable droit d'exclusion, attendu que nul plus qu'elle n'intervient ici précisément pour asservir les âmes à une religion interne négatrice. — Les moyens par lesquels cette praticienne d'ordre supérieur s'ingénie en effet à savamment tuer son malade, sont variés, et pour bien fixer les idées, on en peut mentionner trois principaux, savoir : 1°) — C'est ici un effet d'atmosphère collectif, — en flattant par l'attrait propre de la connaissance la vanité de l'esprit, le traitement subi a pour résultat immanquable de nourrir dans les masses l'Orgueil. Celui-ci, qui dresse naturellement l'Homme contre Dieu [2], est la racine du Péché, et en rendant vains tous les efforts de la Grâce de Dieu, il devient, en même temps que de leur médiocrité, la condition la plus efficace de la Perdition des âmes. 2°) — A un niveau intellectuel de plus haute prétention, l'œuvre de destruction interne presque irrémédiable, consiste ensuite dans cet ensemble de doctrines, d'autant plus pernicieuses qu'elles revêtent une forme plus savante, qui anéantit dans les esprits l'Autorité de la Raison et y ébranlent la certitude des éléments fondamentaux, imposés par elle, (tels : le Nombre, l'Espace, le Temps), éléments qui, dans le monde créé, par le seul fait de leur existence, manifestent aussi la présence de Dieu. Ces éléments en effet ne se possèdent que par un véritable Acte de Foi intellectuelle, et c'est à cause de cela qu'en les attaquant ainsi dans leur racine, la « Science » attaque et ruine, du même coup, mais cette fois dans les cœurs, le principe de la Foi religieuse proprement dite [3]. 3°) — enfin, — et ceci appartient à un ordre comparativement fort inférieur, mais par cela même, étant au niveau de tous, d'import d'autant plus fâcheux, il convient de signaler la voie dans laquelle, aujourd'hui engagée, la Science s'essaie — si jamais il est ainsi soluble — à résoudre le problème de la Mort et de l'Au-Delà par des moyens expérimentaux. Ici se trouvent remplacées et détruites chez beaucoup, par l'attrait absorbant d'une pure curiosité intellectuelle où l'élément moral n'a plus de lieu, ces incitations intérieures de la Raison et de la Conscience qui, en les sollicitant vers Dieu dans le sentiment de leur misère et l'angoisse de leur destinée, auraient pu être chez eux le levier puissant, comme le plus noble mobile, de la purification et de l'élévation spirituelle [4]. ↩
- Par exemple, quand quelqu'un aujourd'hui, dans les milieux un peu vulgaires s'inféode trop, étant donné leur esprit, aux Revues et aux Sociétés d'Astronomie, c'est un signe presque certain qu'il n'a pas de religion ou n'est pas capable de religion. Ceci peut paraître ou puéril, ou paradoxal, ou exagéré ; mais c'est un fait d'observation. ↩
- Les éléments dont nous parlons sont proprement une démonstration de la Création ; et il s'agit de tout ce corps de fausses doctrines qui, par la Méta-géométrie et la Relativité, défiant le sens commun de tous les temps, conduit aujourd'hui des novateurs de plus en plus ardents au progrès, à attaquer la Mathématique elle-même ; déclarant par exemple (si le lecteur ne le croyait pas) qu'« il n'est pas certain que 2 et 2 font 4 ». — Que ceux qui voient, ne s'y trompent point : il y a de la Religion dans la Géométrie ; l'Espace infini à 3 dimensions est un Miracle qui démontre Dieu ; cet Espace est une Ecriture des Lois de la Grandeur Abstraite et ce fait à lui seul démontre la Création de Dieu. On reconnaîtra plus tard qu'en combattant ces fausses doctrines (qui ne sont rien moins, sous leurs apparences scientifiques, que des « profondeurs de Satan »), on défend directement dans ce qu'elle a de plus profond, la vérité religieuse elle-même. ↩
- Les pratiques auxquelles, pour entrer en communication avec le milieu anormal et dangereux de ces confins du monde invisible, on est contraint de se livrer, ou la seule tentative d'une telle communication, sont d'ailleurs sévèrement interdites à l'Homme par la Parole de Dieu ; et l'expérience montre assez qu'en effet, en écartant ceux qui enfreignent cette défense de la préoccupation de leur propre état de malaise spirituel et de péché, elle les éloigne fatalement aussi de la vue de Jésus-Christ et de la recherche du Salut. Ce mouvement d'allure expérimentale, qui prétend constituer une véritable science positive, — une Physique de l'Au-Delà, — et donner par une connaissance amorale satisfaction aux angoisses de l'âme ignorante de sa destinée et de son avenir, date de 1850 [5], et il n'y a aucun doute qu'au cours de la phase troublée que nous traversons actuellement, il n'aille en progressant et par conséquent en empirant. Parallèlement à ce qui a eu lieu dans presque toutes les branches des sciences, nul ne peut prévoir ici le caractère prodigieux des faits qui, peu à peu et à mesure, se multiplieront, séduisant les uns et écartant, en provoquant leur répulsion, les âmes et les organismes sains. ↩
- Coin du Grand Degré, dans la Pyramide. ↩
- Ce ne sera pas une des caractéristiques les moins remarquables et la moins piquante aussi de notre époque, que le conflit presque universel qui, dans le champ des idées, s'y manifeste entre les inventions ultraprogressistes qui, de bonne foi, nivellent constamment le passé pour édifier l'avenir, et le sens commun de l'homme, qui sent instinctivement que les racines de ce qui est stable puisent la vie dans ce qui a précédé, et ne permet pas qu'on touche à ce qui a toujours été lui. On en a eu déjà l'exemple dans la réprobation avec laquelle, en Science, ce sens commun renvoie à leurs cabanons les élucubrations pseudo-géométriques et relativistes qui cherchent à détruire les notions premières et d'évidence telles que le Nombre, l'Espace, le Temps, la Force ; et dans le champ d'intérêt plus concret et universel qui va nous occuper et qui sera celui de l'Histoire de l'Humanité à la surface du Globe, il en adviendra de même quand, par ses traditions, ce sens commun de l'Humanité, (qui signifiera commune connaissance de tous les hommes), se trouvera en présence des romans que ce que l'on appelle la « Science » prétend lui imposer aujourd'hui comme la seule vérité, au sujet des origines et de l'avenir de l'Homme sur la Terre. Il se trouvera, d'après la solution que nous allons exposer, que c'est bien ce sens commun de l'Humanité ou la communauté classique de ses traditions et de ses souvenirs, qui a raison contre les constructions émancipatrices d'aujourd'hui. Et s'il en est ainsi, on estimera sans doute que c'est aussi une force incomparable pour une conception qui a par elle-même une valeur scientifique, de se trouver d'accord, à l'inverse d'autres théories, avec ce que ce sens commun universel avait toujours enseigné. ↩
- Nous lisions récemment à propos d'un anniversaire de l'Historien Michelet, cette déclaration définitive : « Michelet est le plus grand Historien du XIXe siècle ». Nous disons, nous, que le plus grand Historien du XIXe siècle, et de tous les temps, est Remy Brück. Démonstration : Kepler et Newton sont les plus grands des astronomes, parce qu'ils ont découvert les lois des mouvements planétaires ; et Brück est le plus grand des Historiens, attendu qu'il a découvert la Loi de l'Histoire. Voilà la vérité. L'Histoire est-elle le journalisme, la peinture ou la poésie des Époques, ou l'Histoire est-ce « la Science de l'Histoire », la connaissance de ses lois ? Le littérateur Michelet qui a écrit « La Bible de l'Humanité » sans avoir jamais connu ce qu'est « la Bible », a de même passé son existence à épiloguer sur le détail des faits historiques sans s'être jamais douté qu'ils étaient dominés par une loi génératrice. La recherche de lois historiques se fait jour néanmoins, ici et là, à notre époque troublée ; mais on est étonné de constater ici encore le succès qu'obtiennent comme à l'envi et de préférence des idées qui s'écartent manifestement du sens commun. C'est ainsi qu'un des ouvrages de cet ordre les plus encensés a présenté pour expliquer les différences des différents peuples et races la théorie que leurs caractères différentiels propres provenaient de la nature des espaces qu'ils avaient traversés dans leurs « migrations » ! (les uns des landes, d'autres des montagnes, etc…). On pourra sans doute légitimement faire observer à l'illustre auteur de cette théorie, que, d'après le sens commun, il est beaucoup plus vraisemblable que l'on soit influencé par le milieu dans lequel on vit continuellement et à demeure, que par la route passagère qu'on a dû suivre pour y arriver ; et ensuite et surtout lui demander où donc il trouve sur le globe étroit de la Terre (a-t-il jamais regardé un globe terrestre ?) la place nécessaire à toutes ces « migrations », qui ne sont à l'aise que dans les espaces étendus de son cerveau. ↩
- Des savants positifs du plus grand mérite nous ont objecté qu'à la vérité il se manifeste ici une loi, mais qu'il n'y a au plus qu'une dizaine de termes, et qu'il faudrait un nombre plus grand d'observations. Nous ne demanderions pas mieux, et on voudrait évidemment pouvoir attendre ! Nous disons simplement, et ne prétendons pas faire sinon que, étant donné tout ce qu'on sait jusqu'ici, c'est-à-dire toute l'Histoire, ce tout, au contraire de ce qu'on pense généralement, présente une Loi ; et nous pensons que cela intéressera déjà bien des gens. Nos contradicteurs scientifiques ignoraient d'ailleurs que, ainsi que nous le verrons plus loin, l'Histoire générale a une durée finie et se termine par le 10me et dernier Peuple chef. Cette hypothèse, possible, leur a, à tort au point de vue scientifique, échappé. ↩
- Ce qui revient ici à dire que dans le dessin géométrique et symbolique de la Pyramide comme dans la construction systématique ordonnée de la Bible, le signe fondamental de repère, servant d'origine ou zéro chronologique, est le même événement central, savoir la Naissance du Christ. ↩
- Comment le constructeur de la Pyramide qui vivait au temps de Khéops, ou de la IVe dynastie Egyptienne, aurait-il pu, comme homme, connaître l'année exacte de l'Exode, à 500 ans de distance ; et, avec la même précision, à distance de 15 siècles celle de l'Ère chrétienne ; bien plus, et de même, qu'en + 1870 commencerait la période quinquaséculaire de domination du dernier Peuple chef. Et que dira-t-on pour la Bible. Il est déjà assez connu à peu près de tout le monde que plus de 500 ans avant l'Ère chrétienne, Daniel place d'une manière précise en + 30 le commencement du Ministère du Christ. Mais aujourd'hui ce ne sont plus seulement quelques grands traits prophétiques que l'on possède. Depuis, notamment, la connaissance de sa chronologie littérale (celle qu'un enfant pourrait établir), il est scientifiquement démontré, et au grand scandale des Docteurs de la Loi, c'est-à-dire de l'impuissante et antiscientifique Critique moderniste, que la Bible dans sa construction en Livres, Chapitres, Versets et jusque dans chacun de ses mots et lettres est un document plénièrement inspiré, c'est-à-dire l'œuvre intangible et parfaite de l'Esprit de Dieu. La thèse scientifique est ici qu'à ce dernier égard (c'est-à-dire la construction externe) il existe une forme normale de la Bible ou Parole de Dieu. Le résultat de l'analyse du document et d'une épreuve constamment répétée, est que cette forme, qui comprend pour le Nouveau Testament le « Texte reçu » du temps de la Réforme, est définie (et même quant au format du livre) par l'édition in-16 (Ostervald) Paris, 58, rue de Clichy, (1881, 1re édition). C'est ce que nous avons appelé La Bible signifiée. Ce livre matériel particulier est un Miracle actuel que chacun peut voir de ses yeux et toucher de ses mains. ↩
- Christ n'est-il pas la Parole, c'est-à-dire Celui par qui le Monde a été fait. Quels sentiments d'admiration n'éprouvons-nous pas quand nous pensons à Newton ! Ce n'est cependant qu'un homme éclairé par Lui. Les Équations de la Mécanique céleste, celles du Champ électro-magnétique, par exemple, et pour ne citer que cela, ne sont que des reflets. ↩
- Mais dehors seront éternellement les menteurs, les incrédules, tous ceux qui, artisans de leur propre infortune, détruisent eux-mêmes, de quelque manière que ce soit, leurs âmes, en méprisant dans un orgueil insensé, à la fois l'Amour et la Justice de l'Éternel. « C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ». Les gens du monde s'étonnent, ou s'indignent de cette sévérité de l'Écriture. Confondant avec l'approbation de la Conscience le satisfecit que, de connivence, leur délivre leur propre milieu, non seulement ils se croient en règle avec l'Absolu, mais dans le sentiment flatteur de leur propre justice, autorisés à lui réclamer des droits. Or sans aller jusqu'à aucune attribution à personne ni d'honneur, ni d'indignité, il y a ici une simple raison de sens commun de nature à leur faire comprendre et même reconnaître que, s'il existe plus tard un Royaume de Dieu, il est parfaitement raisonnable qu'ils en soient exclus : ce ne sera nullement par punition, c'est uniquement parce qu'ils y sont impropres ; ils n'y pourraient rendre aucun service. Bien plus, c'est parce qu'eux-mêmes, qui considèrent aujourd'hui comme fâcheux et presque de mauvaise compagnie de parler de la Conscience, de la Mort, de Dieu et de Jésus-Christ, seraient, dans un milieu où toutes les activités des cœurs et des esprits seront consacrées à la glorification et à la gloire de Dieu, extrêmement mal à l'aise et malheureux. — [Pour ces gens du monde aussi, la conception du monde n'est nullement celle d'hommes en état d'égalité devant Dieu par le péché ; mais bien la vue d'une société partagée en deux classes, savoir : les honnêtes gens et les criminels. Si quelqu'un veut, par une question de fait, se faire une idée du divorce effroyable qui, devant Dieu, existe entre ces deux manières de voir, qu'il lise le livre poignant — ce livre qui est aussi une bonne action — d'Albert Londres (Au Bagne, Paris, Albin Michel, 1925). Les lecteurs qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, discerneront, en observant les deux classes d'hommes conventionnelles, ce qui, aux yeux de Celui qui a su et saura encore avoir compassion des misérables, doit, non pas seulement chez ceux-ci, crier vengeance au Ciel. L'auteur de ce livre, par son appel éloquent à un effort de relèvement, portant d'ailleurs immédiatement sur des moyens matériels pratiques, a fait œuvre d'évangéliste, et la meilleure]. ↩
- Rien, on ne peut se lasser d'en protester, n'est plus destructif de la véritable piété que la vaine tendance à la curiosité. Il nous souvient d'avoir eu autrefois, à l'occasion de la Mathématique de l'Histoire, l'avantage de la visite d'un littérateur distingué, versant dans les idées théosophiques, (cette théosophie qui offre de beaux spécimens de perfection individuelle, mais qui par son contentement de soi et sa perfection même, en ignorant l'état de péché, est l'un des plus profonds ennemis du Christianisme). La seule préoccupation de notre interlocuteur, dès les premiers mots (et passant comme chose de second ordre sur ce que tout cela était un moyen de conduire à Jésus-Christ), fut que, si nos déductions étaient fondées, il fallait alors que sur chaque planète où il y aurait du péché, existât un système de dispensation définie analogue, supposant donc d'ailleurs que, comme lui, nous étions persuadé de cela, mais qu'il pouvait toujours, comme nous avions fait, commencer par la Terre. ↩
- Résurrection des hommes pour être Jugés, et qui consacrera, devant le Tribunal de Dieu, soit la condamnation, soit la justification par Christ. ↩